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  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Deuxième partie : L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Deuxième partie : L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    Nous n’avons pas caché nos désaccords et notre rejet intégral des positions du « PCF(mlm) » quant à leur positionnement vis-à-vis de la police. Ce même cas de figure s’est reproduit lors des élections présidentielles. Fustigeant tout rejet des élections, tout rejet du parlementarisme, tout rejet du choix pourri de offert par la bourgeoisie, les « Matérialistes » ont appelé, sous couvert d’arguments terroristes, à voter pour Macron.

    Lorsque ces mêmes drôles ont appelé à voter pour le fossoyeur des droits sociaux, Emmanuel Macron, lorsqu’ils se sont exclamés que sa victoire était celle de l’antifascisme, nous les avons, là aussi attaqués.

    Mais plutôt que de fonctionner par la rumeur, nous allons citer nos amis :

    En effet, lorsqu’une organisation indiquent le 28 avril que « Le fascisme, c’est l’étouffement de la politique, l’asséchement de la société civile, la mort de la démocratie.

    Pour cette raison, il faut avoir un regard plus que critique sur les petits rassemblements qui se sont organisés sous le mot d’ordre « Ni Macron ni Le Pen », à Paris, Nantes, Lyon [Auquel nous avons bien sûr appelé], Toulouse, Dijon et Clermont-Ferrand, tant par des lycéens d’un côté que des anarchistes de l’autre.

    Il s’agit là, en effet, d’une démarche anti-politique, sur une ligne ultra qui a déjà existé durant la guerre d’Espagne ou le Front populaire et qui combattait l’antifascisme au nom de la « radicalité »  » que disent-elle en vérité ? « Vous devez voter Macron pour sauver la Terre. »  Le soutien à la bourgeoisie, voilà la ligne qu’indique, tout en camouflant ses angoisses derrière une phraséologie vide de sens, le « PCF(mlm). » Même leurs articles sur « Comment nous allons faire la révolution » vont dans ce sens. Pas de question du Parti, pas de question d’un « classe contre classe. »

    Non. Rien de cela. Qu’écrivent-t-ils ? « L’élan capitaliste a considérablement affaibli la démarche révolutionnaire, au point que l’idée même de révolution se soit totalement affadie. Quant à la classe ouvrière, elle n’hésite pas à se tourner vers le nationalisme, afin de ne pas être broyé matériellement par la pression de la compétition capitaliste tant en France que sur le plan de la concurrence internationale. (…) Les monopoles apparaissent toujours plus forts, les acquis s’amenuisent toujours plus, le régime devient toujours plus dur sur le plan de la répression. L’unité populaire se développe alors inéluctablement.

    Sous quelle forme va-t-elle se développer ? Sous une forme démocratique, ou tendant à une forme démocratique. »

    Grossièrement, les Matérialistes, lesquels nous attaquent en nous traitant de réformistes, ne proposent -en fait- pas de révolution. Ils proposent un bloc démocratique avec la bourgeoisie libérale, avec la social-démocratie. Ils proposent, derrière ce concept de « front uni », derrière cette pitoyable imitation de l’Espagne, de faire un front démocratique pour protéger les valeurs républicaines, pour défendre l’unité populaire incarnée -selon eux- par l’esprit Charlie. Ils jettent par dessus bords tout ce qui fait l’idéologie, tout ce qui est révolutionnaire, tout ce qui a trait au combat. Pour faire quoi ? Pour protéger les droits démocratiques, qu’ils considèrent menacés. Pour s’allier avec tout et n’importe quoi, contre un fascisme constitué des groupes d’extrême-droite et des « mafias » des cités.

    Nous citons ici quelques extraits d’un florilège du ridicule : « Le mouvement « Je suis Charlie » a été historiquement une vague progressiste de nature petit-bourgeoise, permettant de vrais débats, sans pouvoir aller jusqu’au fond des choses, mais tout de même. C’est pour cette raison que la fraction la plus conservatrice de la société a été totalement opposé à ce phénomène, tout comme par ailleurs l’extrême-gauche devenue ultra-gauche. En fait, le mouvement « Je suis Charlie » correspond à tout un pan de la société qui est l’allié objectif de toute bataille pour une démocratie populaire. » (9 janvier 2017)

    « Dans le film « Le dictateur », le discours fait par le sosie du dictateur Adenoïd Hynkel est d’une très grande beauté et d’une énorme signification. Dans ce film de 1940, Charlie Chaplin synthétise les valeurs de l’unité antifasciste.

    On aurait tort de ne pas rapprocher ce texte de l’« esprit Charlie ». On y retrouve une approche très similaire, à la fois volontaire et bon enfant, consciente des exigences de l’époque et candide, résolument progressiste et avec des exigences démocratiques essentielles… » (3 février 2016)

    C’est bien avec les « Je suis Charlie » que se fera le front antifasciste ! (7 janvier 2016)

    Tout ça parce qu’ils sont effrayés par les fascistes, perdent toute contenance devant eux, et se jettent dans les bras de la collaboration avec la police, avec les institutions, avec les partis bourgeois. Tout cela par peur et par inconséquence. Quitte à déformer la vérité.

    Mao, que le « PCF(mlm) » se garde bien de citer, écrivait le 25 décembre 1947 : « Nous devons bannir de nos rangs tout idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux. »

    N’ayant aucune confiance dans les masses, la secte câline donc le candidat de la bourgeoisie et implore sa pitié, implore la protection de son bouclier. Et pendant ce temps, nous le martelons, nous sommes considérés comme les réformistes, dans l’affaire !

    Lors du dernier débat de l’élection présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les Matérialistes furent les seuls à trouver qu’elle avait pris l’ascendant. Dans un article intitulé « Bloquer Marine Le Pen à tout prix, même avec Emmanuel Macron », leur première phrase était la suivante :  « C’est sorti ? ça va mieux ? c’est bien ! » : pour que Marine Le Pen soit en mesure de prendre de si haut Emmanuel Macron, de se moquer ouvertement de lui, cela en dit long sur les faiblesses très graves de ce dernier lors du débat télévisé hier soir à l’occasion du second tour des élections présidentielles de 2017. L’intégralité des médias et même les partisans du FN sont d’accord pour conclure que leur fuhrerin s’est faite écraser. Mais les Matérialistes désirent tant, désirent à tout prix que Macron soit faible, qu’il ai l’air faible, sans quoi leur stratégie serait invalide.

    Il faut donc déformer la réalité. « Emmanuel Macron n’a pas fait le poids face à l’anticapitalisme romantique de Marine Le Pen. disent-ils. Cela passe par le vote pour Emmanuel Macron et on sait que les arguments s’opposant à cela sont nombreux.

    Mais ils sont tous faux : dès que l’on en prend un, on s’aperçoit qu’il n’a pas de substance, qu’il ne tient qu’au ressentiment, à l’anticapitalisme romantique, à l’incompréhension de ce qu’est le fascisme. (…) [U]n score conséquent du Front National lui offrirait une belle dynamique pour les élections législatives de juin, lui permettant ainsi de former des cadres et d’avoir accès à une encore plus importante exposition médiatique. » Les événements ont démontré que tout cela était faux. Le FN n’a pas gagné, n’a pas pris le contrôle de l’Assemblée. Grâce aux Matérialistes ? Non.

    Les prétendus-maoïstes se sont simplement prêtés à la farce de croire qu’ils avaient une influence quelconque sur les masses, en devenant les larbins de Macron, tout en se décrédibilisant auprès de leur auditoire.  Afin de préserver l’avenir, le progrès possible, donc contre le fascisme et la guerre ! concluent-ils. Comme si ce paravent nous protégerait d’un fascisme hypothétique, lequel n’aura pas besoin du FN pour se mettre en œuvre, si besoin est.

    Mais la victoire de Macron, en revanche, a donné naissance à des clameurs de joie et de chaleur de leur part. Présidentielles 2017 : « Marine Le Pen s’est brisée sur l’antifascisme

    Emmanuel Macron a reçu 65,8% des voix et c’est un succès de l’antifascisme. Avec 34,3% des voix, Marine Le Pen a clairement perdu : elle n’a pas réussi à rendre hégémonique un courant populiste et réactionnaire. » Heureusement, ils n’ont pas poussé le mauvais goût pour aller jusqu’à mettre une image de la prise du Reichstag, ornée du drapeau de l’Armée Rouge.

    Pour poursuivre : Et c’est pourquoi aussi ce succès repose sur la mobilisation massive des masses de culture socialiste et communiste, qui sont il est vrai orientées vers le réformisme, mais qui savent ce que signifie le fascisme. Jusqu’à aller, comble du réformisme-troskiste sur lequel est basé la pensée « PCF(mlm) », à déclarer : Si la Gauche ne parvient pas à se modifier de fond en comble, alors, malgré cette défaite de Marine Le Pen, elle disparaîtra simplement. De là à rejoindre le PS et les frondeurs, un petit pas reste à effectuer.

    La perle, le summum de la production de nos détracteurs est le suivant : un programme de dix points que le « PCF(mlm) » souhaite faire adopter. C’est dans ces dix points que le décalage intégral entre les prétendus matérialistes et la réalité se dévoile comme étant un divorce complet :

    1) il a été juste de mobiliser contre le fascisme et d’appeler à voter Emmanuel Macron le 7 mai 2017 ;

    2) le mouvement « Je suis Charlie », totalement oublié à Gauche, doit voir un musée lui être consacré Place de la République à Paris ;

    3) la France est née au XVIe siècle seulement avec François Ier et a été défini par le classicisme ;

    4) l’humanisme et les Lumières ont été des démarches progressistes universelles ;

    5) les huit guerres de religion contre le calvinisme doivent particulièrement être prises en compte ;

    6) il n’est pas acceptable que l’État rémunère les professeurs de l’école privée ;

    7) la destruction de l’environnement doit être analysée comme une catastrophe morale et comme expression du caractère erroné de l’anthropocentrisme ;

    8) le véganisme doit être entièrement respecté comme démarche progressiste, et soutenu ;

    9) les grands monopoles doivent être présentés comme l’ennemi principal et la base du fascisme et de la tendance à la guerre ;

    10) le but d’une société utopique doit être défendue.

    Il ne reste plus qu’a faire adopter ce programme de « transition » à la gauche et la révolution poindra à l’horizon. Le délire est total.

    Voilà ce qui justifie que nous parlions parfois, que nous évoquions cette secte, pour dénoncer sa ligne catastrophique, sa ligne sectaire, sa ligne pseudo-gauchiste, mais fondamentalement réformiste et droitière.

    Tous les arguments sont jetés dans la bataille pour justifier ce positionnement. Ceux et celles qui sont sur une ligne du rejet des élections ne sont, pour le « PCFmlm » que des gauchistes qui ne comprennent pas dans quelle nouvelle guerre d’Espagne nous sommes. Qui ne voient pas le danger du fascisme et le besoin d’une jonction Antifa-Macron. Qui sont, forcément, eux aussi, des agents du fascisme.

    Où alors est utilisé, en second couteau, le fait que les observateurs et les commentateurs ne font que rester dans leurs quartiers, dans leurs secteurs. Qu’ils n’embrassent pas de leur regard l’ensemble de la situation catastrophique.

    C’est aller bien vite en besogne, et oublier que, même au sein de notre jeune organisation, certains ont milité pendant des années dans des secteurs difficiles, dans des petites villes et des zones périurbaines où la norme était au fascisme. Et que pourtant, ils n’ont pas fait ce choix de devenir des Républicains. Non, ils ont lutté auprès des masses, avec les organisations de la classe ouvrière, avec la jeunesse populaire, avec la CGT.

    Mais la PCF(mlm) ne peut que rejeter cela ! Il exècre toute lutte de terrain, sous prétexte de demeurer dans une « offensive culturelle ». Au final il prend même position contre la mobilisation du 12 septembre.

    Car à leurs yeux, cela n’est pas assez pur, cela n’est pas assez authentique. Donc, « rien n’est à sauver. »

    La suite demain.

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Une réponse à la secte PCF(mlm) – première partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Une réponse à la secte PCF(mlm) – première partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ?

     Une réponse à la secte PCF(mlm)

    Une première approche.

    Dernièrement, la secte dénommée « Les Matérialistes », a publié un communiqué concernant la situation en Corée du Nord. Ce communiqué, inscrit dans une catégorie nommée « vers la guerre », est marqué par plusieurs éléments typiques, presque traditionnels, de ce groupuscule a l’existence presqu’intégralement virtuelle.

    Ce communiqué -mais il est loin d’être le seul, ni le premier dans ce style- n’est conçu que autour d’un seul axe : attaquer une organisation. C’est son seul et unique objectif, celui de salir la réputation d’un groupe politique, et l’accusant sans preuves, sans citations.

    Pour ceux et celles qui ne connaissent pas « Les Matérialistes », auparavant PCMLM [Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste], désormais PCF(mlm) [Parti Communiste de France marxiste-léniniste-maoïste], il est important de faire un bref rappel.

    Beaucoup ont eu l’occasion d’atterrir, un jour, sur leur site. Il est particulièrement bien nourri, regorge d’articles et -nous devons l’admettre- fournit également une quantité de documents numérisés particulièrement importante. De ce point de vue là, il s’agit de ressources inestimables, qui sont par ailleurs régulièrement consultées par de nombreux militants et militantes. C’est un fait que nous ne pouvons occulter.

    Mais, une fois rendu à César ce qui revient à César, quant vient l’heure de parler de politique, de parler concrètement de pratique, le ton change. Cette organisation s’est fait, d’ailleurs, une véritable spécialité d’étiqueter chacun de ses détracteurs comme étant, sans exceptions, ou presque, des fascistes. Chacun, à son tour, se voit attribué cet insigne honneur.

     Comme une forme de bizutage, chaque organisation communiste de l’Etat français, lorsqu’elle arrive à un certain degré de notoriété, se découvre un jour attaquée par le « PCF(mlm) ». Nous ne pouvons qu’éprouver une certaine fierté dans le fait que cette grande étape, celle d’être -plus ou moins clairement- assimilé comme étant des fascistes par eux, arrive si tôt. Nous les en remercions.

    Nous savons apprécier les couronnes que nous tressent nos adversaires et nos ennemis. Même les épines les plus acérées sont comme les lauriers de la gloire lorsqu’elles proviennent de groupes de ce genre.

    Nous, de notre plume, leur retournons donc la politesse.

    Sommes nous des acharnés, à vouloir faire cela ? Nous répondrons à la toute fin.

    S’agit-il de polémiquer avec le « PCF(mlm) » ? Non. Non, car polémiquer induit un débat, le sous-entend. Or, il est, par définition, impossible de débattre avec une secte. Recroquevillée sur une foi, sur un dogme, la secte ne peut que parer les coups, que riposter et mordre, mais ne peut pas débattre. Elle exploserait immédiatement.

    Or, pour le « PCF(mlm) », la revendication de l’héritage maoïste est dévoyée, lessivée, vidée de son contenu. De guide pour l’action, le maoïsme devient une référence religieuse, il est utilisé comme le ferait une inquisition, pour attaquer, mais jamais pour bâtir. Qu’on-t-il jamais bâti, ces individus ? Un parti de poussières autoproclamé.

    Non, nous ne polémiquerons pas. Mais nous ripostons, car nous n’acceptons pas les accusations, car nous n’acceptons pas la souillures. Nous répondons pour exposer, au vu et au su de tous nos lecteurs, la farce qu’est cette secte.

    Dans le communiqué incriminé, nous nous devons de souligner deux aspects essentiels : d’une part la méthode d’attaque terroriste et par l’insinuation, d’autre par le fait que ce communiqué noie le poisson et évite intégralement de prendre position, confirmant son origine génétique : une bête conçue pour nous mordre, rien de plus.

    « Ainsi, voilà ce que nous trouvons : Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. Il faut avoir le romantisme le plus délirant d’Alain Soral ou Dieudonné pour y voir des vertus (ils y seront d’ici quelques jours pour un voyage organisé), et il est vrai qu’un tel « anti-impérialisme » totalement national-révolutionnaire se retrouve également chez des gens se voulant de gauche (comme « Unité Communiste de Lyon » et autres révisionnistes et réformistes du genre). » (7 septembre 2017)

    Ce communiqué réussit donc le tour de force de nous citer dans le même paragraphe que Dieudonné et Alain Soral. Nous pensons que nos positions relatives à la question du fascisme et de l’impérialisme français sont claires et nettes. Il aurait été de bon ton de citer notre communiqué au titre de preuve, pour en extraire les parties incriminées. Mais peut-être est-ce déjà trop demander ? Et cela aurait nuit à la manœuvre.

    Cette insinuation, qui fleure bon l’accusations sous-jacente d’antisémitisme, est d’autant plus savoureuse qu’elle prête le flanc à la contre attaque. Car, bien que cela soit en filigrane, il est possible, de déduire que Israël possède une place particulière dans le cœur de cette organisation. Il est tout à fait possible de consulter la page Mit naganes in di hent – Culture juive et antisémitisme pour s’en rendre compte.

    Par ailleurs, un bref regard sur les positions du PCF(mlm) et de ses formes précédentes est éloquent. Depuis 2006, les positionnements sur le soutien à la Palestine ont peu à peu disparu, pour faire place à une critique en règle -ou plutôt un bombardement- des positions des organisations palestiniennes et des soutiens à cette cause. Chaque manifestation contre l’impérialisme israélien est traitée avec une suspicion de « fascisme » et d’antisémitisme telle qu’elle justifie, in fine, le soutien à la seule « démocratie » du Moyen-Orient.

    Nous sommes taxés d’être des « nationaux-révolutionnaires » ou d’autres sornettes de ce genre. Soit. Nous ne comprenons pas ce que cela signifie, mais il est évident que, sous les doigts des rédacteurs du communiqué qui nous attaquait, cela n’avait probablement pas valeur de compliment.

    Le communiqué enchaîne les attaques sur le fait que nous soyons des « révisionnistes et des réformistes », sans jamais citer quels passages de nos textes, pourtant très aisément disponibles, leur permettent de parvenir à ce constat. Au sein de notre communiqué relatif à la Corée du Nord, effectivement, nous ne développons pas de positions révolutionnaires, le communiqué ayant volonté à dénoncer une escalade militaire entre blocs géopolitiques antagoniques. A dénoncer cette escalade et à dénoncer la campagne de propagande comparant le régime de Pyongyang à un régime génocidaire et fou.

    L’attaque contre le communiqué que nous avons publié sur la Corée n’est qu’un prétexte.

    Nous ne doutons pas que ce cache derrière quelques rancœurs. Probablement les critiques -citées pour le coup- concernant certaines des positions développées au fil des différents communiqués de cette secte.

    Lorsque les policiers ont manifesté pour réclamer de meilleurs moyens de maintenir l’ordre bourgeois et de commettre des meurtres impunément, nous les avons effectivement attaqués, tout comme Lutte Ouvrière. Lorsqu’ils ont exigé un musée de « l’esprit Charlie », nous n’avons pu même contenir certains rires, tant la déclaration ne pouvait prêter qu’à cela.

    Pour mémoire, le 22 octobre 2016, dans un article intitulé « A propos du mouvement des policiers et du rôle de la police » voici ce que nous retrouvons comme diatribes : « Depuis mai 68, où il n’y a pas eu de morts, aux manifestations contre la Loi Travail, où la police a servi littéralement de punching-ball aux anarchistes, il y a une continuité [dans la désescalade de la violence] très subtile [trop, probablement] menée par la direction policière, tout à fait dans l’esprit républicain – franc-maçonnerie.

    Cela ne signifie bien sûr pas qu’il n’y a pas de la casse, avec un prix humain certain, comme Malik Oussekine ou Rémi Fraysse, mort il y a deux ans. Toutefois, la police ne torture pas, ne tabasse pas, ne tire pas : les violences se passent à la marge des normes. [C’est nous qui le soulignons]

    Quant à la situation dans les cités, seule la petite-bourgeoisie radicalisée peut tenter de prétendre que c’est là une généralité, alors que cela se passe totalement aux marges de la société française et, qui plus est, avec une présence importante des mafias.« 

    En pleine mobilisation réactionnaire, partageant, pour le coup, des positions similaires avec Lutte Ouvrière, voilà ce que disaient les laquais de la police que sont « les Matérialistes » : « La police comme tradition, comme courant de pensée, n’existe plus ; la police est désormais un organe de répression peuplé non plus de volontaires choisissant une appartenance idéologique et culturelle, mais d’individus tentant une carrière comme une autre. (…)

    Tout policier sait par exemple que les deals de drogues ne sont en France pas réellement inquiétés ; cette contradiction entre leur rôle officiel et la réalité saute aux yeux. Les situations de ce type étant tout à fait nombreuses, les malaises sont très grands chez les policiers.

    Ceux-ci tendent, de par le poids idéologique de la réaction, à l’extrême-droite, mais une minorité en tire un point de vue républicain social tout à fait antifasciste.

    Pour cette raison, il est idiot de mener campagne contre les « violences policières » [également, nous le soulignons], de protester devant des commissariats et autres activités petites-bourgeoises en quête d’une police neutre. » (19 mai 2016)

    L’article, dans son intégralité, serait à citer. Il est un monument, une Joconde de bêtise et de fanatisme à la Duterte : tuer les dealers et faire respecter l’ordre, voilà le sens profond de ces articles. L’application du slogan trotskiste du « policier étant un travailleur sous l’uniforme » est poussée jusqu’au bout. La dénaturation du marxisme est totale. Le PCF(mlm) réussit le tour de force de se faire le suppôt de la police, quitte à l’exempter de tous les crimes. Ainsi le 12 février 2017, en pleine affaire Théo, la secte ose : « Le premier aspect [du crime commit], c’est bien sûr la nature de la violence policière et son contexte précis, qui tous deux sont tout à fait bien circonscrits.

    En effet, il ne s’agit pas de la Police nationale en générale, mais d’une unité militarisée, la « Brigade Spécialisée de Terrain ». » Nous sommes rassurés. Nous sommes sûrs et certains que les victimes des violences policières sauront apprécier.

    Mais le « PCF(mlm) » tente de se raccrocher à la gauche en écrivant : « Tout le monde aimerait, en réalité, disposer d’une police au service réel du peuple. Cela ne sera cependant possible que dans une démocratie populaire. » Probablement que oui. Mais un océan sépare ces deux situations, un océan dans lequel les auteurs de ce torchon se noient. Un jour, la police, l’Etat, l’armée seront populaire. Mais, comme des alchimistes, les pseudo-matérialistes pensent que le plomb de la police bourgeoise peut se transmuter directement en or de la police prolétarienne, au service des masses. D’une part c’est un tour de passe-passe, l’URSS ou la Chine faisant usage de milice, non de police, d’autre part cela revient, bel et bien, à escamoter la nature de classe des institutions.

    Police, Etat…. Ne mutent pas. Les institutions de la dictature du prolétariat ne sont pas les mêmes que celles de la bourgeoisie. Elles naissent du démantèlement de l’ancien monde, sont d’un autre bois, d’une autre chair, d’une autre nature de classe, du fait de leur contenu politique.

    Il faut ne pas avoir fréquenté les quartiers populaires, ne pas avoir fréquenté les manifestations, ne jamais sortir de chez soi et ne jamais quitter sa gated-community pour voir les choses ainsi. Il faut dire que, hormis le 11 janvier 2015, où ils sont sortis fanfaronner au milieu de la multitude « je suis Charlie », la présence du PCF(mlm) ou de ses ramifications, dans les manifestations, tient purement et simplement du domaine du mirage.

    Les adulateurs de Renaud que sont le « PCF(mlm) » peuvent claironner autant qu’ils veulent, ils agissent en idéalistes et essaient de déformer la réalité pour la faire coller à leurs désirs et à leurs fantasmes. Ecraser les dealers, écraser les « communautarismes », fantasmer sur les mafias. Cela rejette, in fine, les Matérialistes dans une position de soutien à l’Etat bourgeois et aux forces de l’ordre. Ils peuvent, eux aussi, revendiquer une palme du crypto-fascisme.

    Comment ne pas attaquer un positionnement aussi réactionnaire ?

    Et pourtant ! Ils parviennent à faire plus fort encore, quant à leur posture vis-à-vis d’Emmanuel Macron, lors de son élection. Ils parviennent à se vautrer davantage dans l’opportunisme, dans la collaboration de classe, dans le fait de devenir un paillasson de la bourgeoisie.

    La suite sera publiée demain.

  • Le souverain mépris de Macron.

    Le souverain mépris de Macron.

    Le souverain mépris de Macron.

    Qui sont les fainéants ? Qui sont les cyniques ? Qui sont les extrémistes ?

    Dans son discours à Athènes, le Président de la République s’est fendu d’une attaque brutale contre la mobilisation naissante. Accompagné du souriant social-traître Tsipras, de SYRIZA, le nouveau maître du pouvoir s’est ainsi exprimé sur les réformes : «Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes.» Tout comme à Forbach, où il s’en est pris aux intellectuels et aux journalistes («Les journalistes ne m’intéressent pas (…) [Ils] ont un problème. Ils s’intéressent trop à eux-mêmes et pas assez au pays». «Des esprits tristes englués dans l’invective permanente»), le discours d’Athènes laisse un goût étrange en bouche.

    Voilà donc comment la bourgeoisie perçoit celles et ceux qui veulent lutter contre son pouvoir, contre ces réformes. Elle trépigne, s’énerve, ne comprend pas que les travailleurs, les travailleuses, ne veulent pas se saigner à blanc pour sauver « le pays ». Par « pays », il est bien évident que Macron veut dire « la bourgeoisie de l’Etat français. »

    Certains s’en sont emparés -on ne les blâmera pas de l’avoir fait. Ainsi, Mélenchon tweetait « Abrutis, cyniques, fainéants, tous dans la rue les 12 et 23 septembre ! » Montrant par là même un infléchissement dans sa tentative de faire cavalier seul.

    Certains se sont brodés, sur la base de ces insultes, un bel étendard, digne de la campagne de Coluche.

    Mais, derrière les slogans, derrière les mots, il est nécessaire d’aller un peu plus loin. Creusons quelque peu l’insulte, l’injure, lancée par le Président.

    Car nous ne sommes ni les fainéants, ni les cyniques, ni même les extrémistes de l’histoire.

    Qui, entre la bourgeoisie et les classes populaires, sont les fainéants ?

    Est-ce celui ou celle qui sème, qui produit, qui construit, qui soude, qui boulonne, qui pioche, qui soigne, qui éduque ?

    Est-ce celle ou celui qui, sur le travail des autres, sur leur sueur, sur leur sang, amassent des millions, des milliards ?

    La bourgeoisie, en particulier la grande bourgeoisie, ne produit aucune richesse, aucune marchandise, aucune nourriture, elle ne produit rien. Elle n’est qu’un exploiteur, un parasite -un fainéant au sens premier du terme : fait-néant.  Elle ne fait rien d’utile, rien de nécessaire. Elle est une nuisance, un frein au développement économique et social.

    Certes, la vie d’un bourgeois comporte du stress et de la tension. Elle n’est pas de tout repos. Mais non pour les raisons que connaît un travailleur. Pour la bourgeois, la vie est un stress car elle est un jeu -qui parfois se mue en guerre- entre membres de cette classe sociale. Tout comme un grand joueur de poker prend des risques et subit un stress. Tout comme le joueur de poker, cette douleur et ce stress est superflu, inutile, volontairement subi. Les bourgeois se tressent des couronnes d’épines et de douleur.

    Quand un bourgeois se targue de « prendre des risques », il s’agit pour lui de conquérir des marchés, de prendre à ses concurrents, de les écraser, de les ruiner. En rien, il ne s’agit de mieux répondre aux besoins des masses. En rien il ne s’agit de risques pris pour améliorer le sort de l’humanité. D’une manière général, les risques sont par ailleurs assumés aux plus bas échelons, par ceux qui réalisent ces commandes, menacés sans cesse par le chômage, la précarité, ou même les aventures militaires.

    Ces risques sont futiles, sont superflus, ne sont le fait que du jeu de concurrence des bourgeoisies entre-elles. Ils n’ont aucun raison d’être. Une production planifiée et organisée y mettrait fin.

    Quand un bourgeois ou un de ses laquais dit travailler dur, il ment. Il joue, il joue et parie sur la vie et le destin d’autrui.

    Car les bourgeois sont les fainéants.

    Qui sont les cyniques ?

    Dans la bouche du valet Macron, les cyniques sont ceux qui voudraient  capitaliser sur la grogne sociale pour avancer leurs positions.

    Certes, il en existe, il existe de vrais cyniques, de vrais opportunistes, de vrais gourous qui rêvent de chair fraiche dans les mouvements, de votes, de postes et de places. Ils ont régulièrement leur place dans nos colonnes.  Inutile de parler d’eux ici.

    Mais en revanche, Macron, n’attaque pas ces carriéristes. Il les applaudit même, car il sait, en bon requin, que leur soif de postes, de places, d’estrades les amèneront tôt ou tard à lui manger dans la main. En réalité, il s’en prend à la CGT, aux organisations combatives, aux syndicats de lutte, aux organisations politiques prônant l’antiparlementarisme et la révolution. Dans une rhétorique digne de l’ultra-gauche la plus infantile, il brocarde les salauds qui tenteraient d’organiser les travailleurs et des les mener au combat. Un jour, peut-être même s’exprimera t’il sur la nécessité d’auto-organiser la production contre les syndicats et contre les codes contraignants et liberticides.

    Mais qui sont, en vérité, les cyniques ? Dans une brochure intitulée Tout est marché, nous prenions certains exemples.

    Vendeurs de sang, vendeurs de chair, vendeurs d’organes, vendeurs de morts, promoteurs véreux, chefs d’entreprise sans scrupules, politiciens corrompus… Les voilà nos cyniques ! Tel Martin Shkreli, qui, pour ses profits personnels, multiplie le prix de vente d’un médicament contre le VIH par 3500%. Il n’est pas un cas isolé, il est le digne fils de sa classe.

    Tel François Fillon, des corrompus, des opportunistes, des profiteurs. Qu’importe si l’argent détourné aurait pu financer une école, un hopital.

    Seuls les profits les animent, seul la soif de rendements, la soif de taux d’exploitation, le goût du luxe, leur soif de niveau de vie plus élevée, d’écrasement des faibles et des exploités les animent.

    Les voilà, les vrais cyniques, ce sont les bourgeois !

    Qui sont les extrémistes ?

    Sommes-nous des extrémistes ? Dans l’échiquier politique, c’est un fait, nous sommes sur une des ailes. Dans l’Assemblée, nous n’avons aucune place, aucun espace. Nous sommes politiquement hors de clous.

    Pour Macron, ce terme revoit, pêle-mêle dans une seule nébuleuse, tout ce qui peut coller au vocable « extrémiste » : Fasciste, nazi, gauchiste, taliban, « féminazi », écolo-radical, autonome, maoïste…

    L’idée est d’associer un sentiment de répulsion à cela, un sentiment de dégoût, un sentiment d‘a-normal, d’hors de la norme.

    Si nous sommes, relativement au centre, à l’extrême-gauche, cette question est biaisée. Elle est liée à une difficulté de trouver un référentiel correct. Dans l’absolu, qui sont les extrémistes ?

    Est-ce extrémiste que de défendre le fait de vouloir mettre fin à l’oppression, à la domination, à l’exploitation, de vouloir liquider le sous-développement, l’inégalité d’accès à l’éducation, d’offrir des soins, des logements décents et en nombre suffisant, l’accès à la culture et aux loisirs ? Est-ce extrémiste ?

    L’entêtement de la bourgeoisie à s’accrocher à son mode périmé d’accaparation des ressources, à ses privilèges de classe, là réside l’extrémisme. Maintenir les masses la tête sous l’eau, dans l’exploitation, dans la misère, dans le sous développement, dans la mort par la faim, par la maladie, par la guerre, voilà leur moyen de dégager du profit. Là réside le crime.

    Certes, nous ne reculons pas devant des moyens durs pour la lutte, mais ils ne sont que le miroir de la résistance obsessionnelle de la bourgeoisie. Nazisme, fascisme, obscurantisme, violence policières, terrorisme d’Etat, guerre civile… elle utilise tous les moyens pour maintenir dans un carcan les exploités.

    Certes nous défendons le principe de la dictature du prolétariat, mais elle est le bouclier contre les méfaits des assassins, des bandits, des conspirateurs et des restaurateurs du pouvoir bourgeois.

    Nous agissons de manière logique, cohérente, sans débordement, sans soif de sang. Nous agissons avec des moyens à la mesure de la tâche que nous nous fixons :  celle de faire choir notre bourreau : la bourgeoisie et en premier lieu la bourgeoisie de l’Etat français, celle qu’incarne Macron.

    Car la bourgeoisie, voilà la véritable extrémiste.

    Voilà qui sont donc les fainéants, les cyniques, les extrémistes. Nous rejoignons alors Macron. Nous ne les laisserons pas se mettre en travers de notre route ni de celle de la lutte !

    Nous n’oublions pas les injures. Nous n’oublions pas le mépris. Nous n’oublions pas les crimes de la bourgeoisie.

  • Halte à la campagne de propagande de guerre contre la Corée du Nord.

    Halte à la campagne de propagande de guerre contre la Corée du Nord.

    Halte à la campagne de propagande de guerre contre la Corée du Nord.

    Quelle menace peut bien représenter la Corée du Nord pour la paix mondiale ? Il faudrait qu’elle soit pourtant immense pour justifier que chaque semaine, chaque jour, de nouveaux articles de presse, de nouveaux discours qui la ciblent comme l’ennemi à abattre.  Jours après jours les appels à attaquer ce pays se multiplient, tout comme nombre d’articles soulignant sa terrible dangerosité.

    Certes jours derniers, la Corée du Nord a notamment annoncé avoir procédé à un nouvel essai nucléaire, celui d’une bombe à hydrogène. Cet essaie entrainant une série de nouveaux appels à sanctions, notamment de la part du dirigeant US Donald Trump. Celui-ci, d’après les analystes de l’IRIS [Institut de Recherche et d’Initiative Stratégique] n’exclurait pas une utilisation de frappes « chirurgicales » et un recours à la force armée, option déjà envisagée à plusieurs reprises.

    Son dirigeant, son arsenal nucléaire, ses forces conventionnelles, ses hackers semblent autant d’épées de Damoclès au dessus d’un monde présenté comme en paix. Elle est régulièrement, dans les films (The interview) ; dans les jeux vidéos (Crysis) montrée comme un monstre agressif et criminel.

    Cette campagne pour attaquer la Corée du Nord serait, dans le fond, une croisade pour l’humanité, pour l’humanitaire, pour la démocratie, pour la paix et pour l’amour et la fraternité entre les peuples. Une croisade orchestrée au premier chef par des individus magnifiques, des paladins de la paix, tels Donald Trump et Emmanuel Macron.

    Et cela marche. Cela marche même particulièrement bien, puisque même des opposants virulents à ces cliques sont prêts à marcher en première ligne pour écraser -de nouveau- Pyongyang sous les bombes. Ils peignent d’ores et déjà Kim Jong-Un en nouvel Hitler et rêvent de le massacrer.

    Que les choses soient claires, il ne s’agit pas pour nous de porter aux nues le Juche, de clamer les grandeurs de la direction du Parti du Travail de Corée, ou encore de tresser des couronnes à son dirigeant. Ce n’est pas notre propos. Nous pensons que bien des éléments sont à critiquer sur la situation Nord Coréenne. Nous ne saurions pour autant en faire une critique point par point, car, une nouvelle fois, les éléments et la connaissance précises de la situation manquent.

    Par un paradoxe fascinant, la propagande contre la RPDC dispose d’une portée immense. Y compris dans les rangs des forces de gauche, parmi même un grand nombre de révolutionnaires déclarés. Celles et ceux qui, dans les déclarations des capitalistes, sont capables de voir ce qui relève de la propagande, ici, voient leur esprit si critique anesthésié quant le sujet vient à la Corée. Tout comme sur l’URSS, sur la Chine populaire ou sur l’Albanie, un deux poids deux mesures est fait. Ainsi, tout est cru, tant que cela frappe le pays.

    Les mensonges odieux sont ainsi repris et amplifiés. Les légendes sur la circulation de biographies racontant que Kim Il Sung savait composer des sonates à deux ans, le fait que les Coréens du nord croiraient dans des licornes ou dans des dragons… Toute logique s’efface quand les arguments anticommunistes apparaissent. Equipe de foot fusillées, exécutions au canon de 23mm, tout est permis, sans restriction.

    Cette propagande cherche à présenter la direction de la RPDC comme folle furieuse et inconséquente.

    Pyongyang rasée par les bombardiers US pendant la guerre de Corée.

    Sans soutenir positivement la Corée, nous ne doutons pas que les dirigeants de la Corée du Nord ne sont pas les enfants turbulents, les voyous, prêts à lancer leurs armes nucléaires pour assouvir une fictive volonté de domination mondiale. La guerre, le peuple coréen n’en connaît que trop bien le prix. Les dévastations de la guerre de Corée, fruit de la volonté de partition imposée par les USA, marque encore les esprits. Les bombardements, les armes bactériologiques, les viols commis par les troupes de l’ONU… 4 millions de morts en tout, causés uniquement pour faire barrage à la lame de fond révolutionnaire et anti-impérialiste, entre 1950 et 1953.

    Nul doute que le gouvernement nord-coréen n’est pas la seigneurie de la guerre qu’on nous présente. Nul doute que la politique de sanctuarisation du territoire, qui justifie l’arme atomique, répond à une menace, une pression extérieure. L’armée coréenne n’a pas la force de conquérir la péninsule. Elle n’est qu’une force de sauvegarde, donc le budget étrangle la population et entretient un pléthorique corps d’officiers.

    Un prix a payer pour ne pas être balayé, pour conserver une indépendance politique. Le régime Nord Coréen se débat dans une nasse qui lui a été très majoritairement imposée par un environnement extérieur hostile.

    Depuis les années 50 les pressions contre cet Etat pacifique n’ont pas cessé. La RPDC n’a de revendication territoriale qu’un fond marin, dont le tracé frontalier fut fait à son grand désavantage, elle ne mène pas d’invasion, de bombardements, d’annexion, n’occupe pas d’autres pays, ne pratique pas la politique de la sanction punitive contre les nations jugées turbulentes.

    Dans ce contexte, comment la blâmer de développer l’arme nucléaire ? Après tout, le monopole de la possession de cette arme par les « grands » est la garantie de leur dissuasion. Les « petits » devraient donc être vassalisés pour être protégés ? Est-ce là une leçon de justice, que de refuser les moyens de se protéger à l’agressé ?

    Pourtant, c’est précisément ce qui se déroule sous nos yeux. Et, pour s’être mal comportée, on inflige à sa population les carences, les embargos. On inflige le barrage à celles et ceux qui n’ont d’autres torts que de vouloir se protéger des menaces constantes.

    Certains arguent que les « libérer » du régime leur rendraient service. Que le régime est mauvais et néfaste. Bien que les sources de ces arguments soient partiales et -parfois- ridicules, là n’est, de toute manière, pas la question. Il n’est pas nécessaire d’être un amoureux du régime pour trouver curieux cette campagne. Il n’est pas nécessaire d’être un partisan du Juche pour flairer quelque chose de nauséabond dans cette affaire.

    Depuis quand, sous prétexte que le régime nous déplait, marchons-nous avec les fauteurs de guerre, avec les criminels, avec les éventreurs de villes et les violeurs ? Nous n’acceptons pas une seule bombe impérialiste.

    Combien d’abominables dictatures sanglantes et corrompues existent par delà le monde ? Combien d’entre-elles font passer la Corée du Nord pour un paradis ?

    Elles n’ont pas la faveur des médias un tant soit peu indépendants, elles sont parfois sermonnées par les dirigeants du « monde civilisé »… entre deux signatures de contrats. Elles ne souffrent d’aucunes menaces, d’aucune sanctions. Pourquoi cette incohérence ?

    Pourquoi un régime égalitaire comme la RPDC est il ciblé, tandis que les monarchies obscurantistes du Golfe vivent en paix, tandis les birmans génocident allègrement, avec la complicité du « prix nobel de la paix » Aung San Suu Kyi, soutenue par les agents impérialistes et notamment ceux de la firme Total?

    Les bonnes dictatures collaborent économiquement avec les impérialistes. Certes, certaines font tâche et les exactions commises sont parfois gênantes. Mais tant qu’elles livrent l’or noir, leurs ressources souterraines, tant qu’elles luttent contre les mouvements de libération nationale, elles sont des amies des différents blocs impérialistes. Gare à eux, cependant, de ne pas commettre l’outrecuidance de se croire indépendants !

    La Côte d’Ivroire de Gbagbo était un parangon de vertu pour la France, jusqu’à ce que son gouvernement se décide à signer des contrats avec les chinois. Même chose pour un Kadhafi, invité d’honneur de Sarkozy, à l’époque, par la suite éliminé après avoir ouvert Benghazi aux navires russes. Même chose encore concernant la famille Assad, amie de la France jusqu’à l’alignement sur l’orbite moscovite.

    L’avis sur ces régimes s’est radicalement mué en un temps record, lorsque les laquais n’ont plus aussi bien obéi. Or, l’un des reproches, si ce n’est le plus fondamental fait à la Corée du Nord, c’est bel et bien de laisser son marché intérieur hors de la mondialisation, hors des appétits sournois, c’est bel et bien d’être hors-jeu. Mais c’est bel et bien, et ce, malgré elle, le fait d’être aussi un pivot géopolitique.

    Car, que cherchent les USA à provoquer ainsi l’escalade ?

    1) Effrayer la Chine.

    Fondamentalement, la pression sur la Corée du Nord est une manière de s’attaquer à plus faible que soi, de faire une démonstration de force. Une démonstration de force dirigée indirectement contre la puissance montante de la région, contre le nouvel acteur incontournable : la Chine.

    Trump ne tarit pas d’éloges envers Poutine -pour le moment- mais ne manque pas d’invectiver l’Empire du milieu. Elle est de plus en plus perçue comme une menace stratégique pour la primauté des USA dans le Pacifique, d’autant que près de 90% du commerce mondial circulera dans cet océan d’ici quelques décennies.

    Or la Chine ne restera pas cloîtrée sur son territoire, elle cherche à s’étendre, à investir, à acheter, à vendre. Fatalement, se pose la question des lignes de communication et de leur sécurité. Fatalement se pose la question de la projection de force -à laquelle la Chine tente de répondre par ses commandes de porte-avions. Fatalement, se pose la question de la rivalité, dans un monde plein, entre USA et Chine.

    2) Discipliner la Corée du Sud.

    La chute du régime de Park Chung-Hye et l’élection de Moon Jae-In ne laissent pas les USA indifférents. Ces événements ont suscité très rapidement l’envoi de navires de guerre vers les eaux coréennes. Le passage d’un régime farouchement anti-RPDC à une ligne ouverte au dialogue est loin de faire les affaires des américains.

    La Corée est un des secteurs stratégiques dans la pensée géopolitique américaine. Elle est un des points à tenir coûte que coûte. Cela expliquât notamment l’engagement militaire de la guerre de Corée. Dans l’esprit US, la paix et la réunification de la Corée sont exclus. Ils donneraient naissance à une péninsule trop faible pour jouer un rôle géopolitique fort, entre les deux puissances : Japon et Chine. Dès lors, la Corée serait immanquablement intégrée dans une orbite.

    Celle du Japon est exclue, tant la colère et le ressentiment des coréens contre l’occupation japonaise est vivace. Tant les crimes et les massacres, jamais reconnus, marquent les mémoires.

    Une Corée unifiée deviendrait partie intégrante du dispositif chinois et ferait peser une insupportable menace sur le Japon.

    Bien que le régime de Moon Jae-In soit particulièrement intéressé par les ressources minières et la main d’œuvre de la Corée du Nord, bien qu’il s’agisse là d’appétits économiques voraces, cette volonté de paix est le reflet d’un sincère désire et d’un sentiment qui existe dans la population sud-coréenne. Elle est positive en ce sens là. l’affaiblissement de la chape de plomb dictatoriale délivre le pays.  Même les rumeurs des tabloïds pitoyables, inventant mensonges sur mensonges sur la RPDC ne suffisent pas à créer un sentiment belliqueux chez eux.

    La présence militaire US s’est renforcée, et les essais nucléaires coréens servent de justification à ce renforcement. Les USA, cependant, s’en servent pour maintenir une domination et une occupation sur la péninsule, dans le but de la rattacher de force à leur orbite géopolitique.

    3) Restaurer la domination dans le Pacifique

    Avec le relatif affaiblissement US, le Pacifique menace de ne plus valoir son nom. Le recul de l’influence étasunienne fait émerger des régimes qui ne s’alignent plus avec l’unique polarité possible dans la région depuis 1945.

    Le régime de Duterte, aux Philippines, à ainsi rompu un certains nombre d’accords commerciaux avec les USA, notamment sur le plan militaire. Pourtant, depuis sa conquête en 1898-1899 par les USA, prise aux Espagnols, les Philippines étaient vues comme un des flanc-garde de l’océan Pacifique, véritable oceanus nostrum des USA.

    Même la fidèle Taiwan montre parfois des oscillations inquiétantes, tandis que l’île est un verrou essentiel dans le dispositif de containement américain, toujours actif.

    Le Japon, lui aussi, réarme et se rééquipe. Il se rééquipe face à la montée de la Chine, pour épauler les USA. Mais cette montée en puissance contrôlée et appuyée n’est pas sans évoquer celle du Japon de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, lorsque l’Angleterre le soutint contre la Russie. Pourtant, cela n’a nullement empêché les deux alliés de se retrouver aux prises l’un contre l’autre, lorsque les circonstances changèrent.

    La montée en puissance, militairement, des différents acteurs facilite ces escalades, lesquelles peuvent parfois être aussi explosives qu’un baril de poudre.

    Les communistes n’applaudissent pas les bombardiers impérialistes.

    Dans ce contexte de montée des tensions, les doivent combattre la propagande de guerre impérialiste. Il n’existe nulle raison valable de porter la mort, de porter le feu sur la RPDC. Cette possible escalade doit être combattue. D’autant que si jamais l’Etat français s’invite dans l’affaire, cela ne sera nullement par humanisme, mais bien par un vorace appétit de marchés.

    Nous sommes pour la paix entre les peuples et entre les nations. Les invasions, les guerres de rapines, les annexions et les déstabilisations n’entraînent que mort de dévastation, pour le profit des grands capitalistes, payés pas le sang des masses.

    Nous sommes pour la révolution prolétarienne et la solidarité internationale. Nous sommes hostiles à toute action militaire contre le régime nord-coréen. Nous considérons que son opposition à l’ingérence étrangère et à l’impérialisme américain est juste.

    Même au sein des dictatures réactionnaires, et nous ne caractérisons pas la RPDC ainsi, la voie du changement ne peut passer qu’au travers de l’action des masses de ces mêmes états. Celles et ceux qui applaudissent les bombardements en prétextant que ceux-ci vont améliorer la situation apportent, de fait, un soutien aux agresseurs impérialistes.

    Même un opposant complet au régime de Kim Jong-Un se doit de comprendre cela.

    Les bombardements et les invasions n’apportent que le malheur, la misère et la domination impérialiste.

    Halte à l’escalade contre la République Populaire et Démocratique de Corée ! Halte au jeu dangereux des agresseurs.

    Paix entre les peuples ! Guerre entre les classes !

  • Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Que chaque force politique ou syndicale ait une stratégie, cela va de soi. A l’exception de celles et ceux qui se complaisent dans le suivisme intégral -il y en a- il s’agit d’une des raisons fondamentale de l’existence des organisations et des groupes.

    Ces stratégies sont diverses et variées, elles reflètent les conceptions politiques et idéologiques de celles et ceux qui les mettent en pratique. Elles sont également diversement compatibles. Certaines se marient très bien avec d’autres, permettant la naissance d’alliances, d’autres, au contraire, sont antagoniques. Elles ne peuvent pas former de synthèse -même temporaire- et ne conduisent qu’à l’affrontement et l’anéantissement.

    Dans la situation actuelle, nous considérons qu’il existe une réelle urgence. L’offensive de la bourgeoisie, que nous avons détaillée dans notre brochure Le plan de la bourgeoisie, sera terrible. Elle concernera tous les aspects de la vie des travailleurs et des travailleuses, ainsi que des chômeurs, retraités et invalides. Ces attaques de fond sur les contrats de travail, sur le salaire, sur le niveau de vie, se traduira par une terrible vague de misère.

    Sous-estimer les ravages de cette offensive est grave. Certaines organisations ont tendance à le faire et à ne pas traiter la question de la lutte avec le sérieux nécessaire. Il s’agit d’une erreur. Mais lorsque certains tentent cyniquement de s’en servir comme d’un marchepied, quitte à causer sa faillite, une autre étape est franchie, celle de la trahison pure et simple.

    Que chaque organisation, que chaque courant politique essaie de faire triompher son point de vue au sein de la lutte, la cause est entendue. Là, encore, la cohérence règne. Le problème serait plutôt si le silence régnait au lieu du débat, et, surtout, du débat de fond. Mais les dirigeants des organisations et des mouvements qui sacrifient les luttes, en particulier les luttes aussi essentielles, pour se construire un petit promontoire, deviennent des ennemis de la lutte.

    Celle qui s’annonce est d’une importance qui dépasse la question des intérêts de telle ou telle clique de professionnels de la politique.

    Déjà, les vautours rodent.

    Force Ouvrière annonce clairement, sans ambages, son intention de trahir, en refusant toute unité le 12 septembre. Dernier coup de poignard en date, de la part d’un syndicat conçu comme fossoyeur des luttes, comme un fer de lance de l’anticommunisme.

    Le Parti Socialiste annonce sa volonté de rejoindre la lutte contre une loi qu’il a mise en œuvre lui même. Il tente de se recréer une virginité politique, après 5 ans passés à écraser les travailleurs et les travailleuses. Charognards parmi les charognards, ils attendent leur heure.

    Combien d’organisations syndicales et politiques vont jouer ce jeu de double face ? Nous l’ignorons.

    Toujours est-il qu’une légitime méfiance ne peut que résider en face de celles et ceux qui ne voient que leurs intérêts personnels au sein de la lutte.

    Il s’agit, malheureusement, de l’orientation que semble prendre la direction de  la France Insoumise, au travers du discours de Mélenchon, à Marseille.

    Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les militants et militantes qui s’engagent dans ce mouvement. Des militants et des militantes correctes, honnêtes, dévoués et sincères sont dans leur rangs, mais sa direction, quant à elle, est nettement plus sujette à caution. C’est ce que nous déplorons. La stratégie qui se met en œuvre est dangereuse, car elle n’engage pas seulement la personnalité et les désirs de la direction de la FI, dont nous n’avons que faire, mais elle a des répercutions sur la lutte sociale, sur l’unité et la force du mouvement de contestation. Elle agit comme un coin enfoncé dans le front contre les réformes de Macron, contre les attaques du patronat, contre l’abîme de misère qui nous contemple.

    Les batailles de chefs, les batailles de petites bureaucraties internes, pour des queues de cerises, ne nous intéressent guère en tant que tel, mais les répercutions qu’elles engendrent oui, car nous les payons. Les membres de l’appareil des organisations sont dans une tour d’ivoire. Ils ne sont pas les victimes des défaites. Les masses le sont, et, c’est là l’une des phrases emblématique du mouvement maoïste, nous devons « servir le peuple » et non « se servir du peuple. »

    Dans le cas de la FI, la stratégie que la direction prend est le reflet de l’origine politique de ses cadres. Au final, celle-ci est trustée par des professionnels de la politique, par des tribuns formés à la même école, partageant le même habitus de classe de membre de l’appareil d’Etat.

    Corbière et Mélenchon, pour ne citer qu’eux, ont tous les deux été formés à l’école du lambertisme, cette branche particulièrement chauvine et sectaire du trotskisme. L’un et l’autre ont été membres du PCI, dans lequel Lambert évoluait, et ont suivi sa voie, au travers de ses évolutions. Cela a laissé sa marque, a constitué leur fond politique. Celui-ci, mâtiné d’entrisme, de fractionnisme, d’avancées drapeau replié, ils ne l’ont pas renié un seul instant. Cette culture politique ne se marie pas particulièrement avec l’honnêteté politique, ni avec le fonctionnement démocratique au sein des organisations.

    La création de la FI, elle-même, est une parfaite illustration.

    Le Nouvel Observateur, dans un article intitulé La France insoumise : organisation cherche révolution ! met le doit sur cette ambigüité. Les chefs de la FI sont tous des dirigeants politiques issus du sérail, rompus à toutes les combines. Ce sont des professionnels. Ils entendent le rester, en formant, selon des méthodes éprouvées, une chape de plomb au sommet de l’organisation.

    Repousser la convention nationale, pour mettre fin au « blabla » dénigré par Jean-Luc Mélenchon, cela signifie reconduire, jusqu’aux calendes grecques, une direction qui dispose du contrôle absolu de l’ordre du jour et de l’appareil.

    Elle est une organisation prétendument horizontale, mais d’une opacité totale. Les procédés employés sont obscurs et indéchiffrables. Les comités de base, nommés groupes d’appui, le terme révèle leur nature non-décisionnaire, peuvent se réunir en convention, certes. Mais le pouvoir de ces conventions n’est défini nul par. Il demeure à la discrétion des dirigeants.

    La prise de décision est le fruit des groupes dirigeants uniquement, ou, lorsque cela va dans leur sens, du plébiscite. Dans la mesure où, si des décisions leur déplaisent, il reste la manne titanesque des 500 000 adhérents internet, prêts à faire fonctionner une démocratie du clic. La dizaine de milliers d’adhérents de terrain sont ainsi noyés par les invérifiables centaines de milliers de cyber-militants.

    D’autant que les plates-formes internet ressemblent à des listes de courses infinies, où chacun peut trouver ce qui lui plait. Mais la cohérence politique n’est pas au rendez-vous. Ni le démocratisme. A nos yeux, cette manière de fonctionner ôte toute parole aux militants et militantes de la FI. Ces plateformes sont censées être le reflet de la parole de la base, mais les positions de la FI sont pourtant des copies-carbones des ouvrages du chef, écrits longtemps en amont. Il est douteux de croire que spontanément, les positions de militants, majoritairement hostiles aux aventures militaires, s’alignent sur celles d’ouvrages aussi répugnants que l’ère du peuple et le hareng de Bismarck, lesquels sont véritables incarnations du social-chauvinisme agressif. Nous ne pouvons croire que les militants et militantes sincères s’alignent sur les positions d’individus comme Djorge Kumanovic, digne héritier des barbouzes de Mitterand et des réseaux Foccart. Et ce, tandis que retentit la Marseillaise, l’hymne de l’impérialisme français. Le maquillage à coups d’Internationale n’aura duré qu’un temps, l’heure est au chauvinisme le plus brutal, sur le dos des adhérents.

    Cette prétendue démocratie interne n’est qu’un prétexte à l’adhésion, au final. Elle n’est pas un débat, elle est un collier de chaines que doivent porter les militants et militantes de la FI.

    Car la démocratie au sein des organisations ne se nourrit pas de ces « plateformes. » Au mieux, cela se termine pas la mise en œuvre d’organisations criblées de fractions, sans unités, perdues par les affrontements entre cliques et entres chapelles. Au pire, celles-ci ne sont tout simplement pas écoutées, pas prises en compte. Elles ne sont pas plus démocratiques que la démocratie bourgeoise qu’elles prétendent remplacer ou améliorer.

    Cette direction n’a pas hésité à fonctionner en décrétant des positions, en imposant des choix correspondant aux désirs de celle-ci, dévoilant le fait que la démocratie n’est que de façade. Ainsi, au cours des élections, les militants de la FI et du PCF ont parfois œuvré en bonne intelligence. Localement, les comités de base ont choisi la voie de l’alliance par opposition à celle de l’affrontement. Cela ne correspondant pas à l’ordre du jour de la direction, celle-ci n’a pas hésité à court-circuiter des candidats que les comités de base avaient pourtant intronisés, en alliance avec d’autres forces.

    Pourquoi une telle attitude ?

    Cela car les dirigeants de la FI sont affamés de postes et de fauteuils.

    Mouvement sans bases d’appui, la FI n’a d’autre choix que de les prendre là où elle peut : sur le terrain de ses proches. Sa popularité, face au PCF moribond et face au PS marqué du sceau de l’infamie, le lui permet.

    D’autant qu’en 2012, le « combat des chefs » entre Mélenchon et Le Pen, a été un échec. Courageux mais pas téméraire, le chef s’est reporté sur une cible facile, où, au lieu d’avoir une bataille, il y aurait une victoire facile. Terne, mais efficace. Oublié le tonitruant discours du 14 mai 2012 sur les parachutés, sur les planqués. La bataille d’ensemble, le raz-de-marée a échoué, place à l’avancée, les dents serrées, en prenant les places des alliés de la veille.

    Ainsi, le choix de Marseille, où Jean-Luc Mélenchon fut parachuté, est illustratif.

    Cette stratégie de vampirisation de l’espace ne contribue pas à créer les bases d’une unité, même tactique, avec des forces qui ne cherchent qu’à s’imposer comme centre unique.

    Il est notable que la grosse tête de Mélenchon n’est pas une nouveauté. Celui-ci, ainsi, le 13 mai 2017, tweetait « Je rappelle aux antifascistes d’opérette que c’est moi qui ai gagné en justice le droit de qualifier Le Pen de « fasciste. » Les antifascistes sauront apprécier cette marque de respect. Mais tant que la portée des propos se limite à blesser les égos, tant qu’il s’agit de vantardise, les choses restent gérables.

    Mais lorsque la question s’étend à la lutte sociale, la tournure devient nettement plus aigre.

    Les discours de Jean-Luc Mélenchon, à la suite des législatives, entrent dans cette droite ligne. Se proclamant centre de l’opposition, déclarant ainsi le 18 juin 2017 « c’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. » La date et le contenu en disent plus qu’un long discours. La poignée de députés FI seraient le point d’encrage de la « résistance sociale », seuls contre tous. Qu’importe le vide de sens du terme, le résultat est là. Ni syndicats, ni partis opposés à la politique du gouvernement, ni rien. L’alpha et l’oméga, pour l’ »ex »-lambertiste, c’est son mouvement. Ni plus ni moins.

    Dans un effort de gymnastique mentale intense, ils réussissent même à revendiquer les abstentionnistes comme étant des alliés, comme faisant partie du même mouvement. Y compris lorsque ces mêmes abstentionnistes « dégageaient » l’ancien PS en même temps que les autres candidats. Or, la lutte terrible qui s’annonce se marie mal de cette politique autocentrée. Pourtant c’est bien cette voie que choisit le tribun.

    Lors du discours de clôture de leur université d’été, à Marseille, entre les 25 et 27 août, Mélenchon, avant que retentisse la Marseillaise, déclarait : « La vague dégagiste va reprendre et s’amplifier, elle a rendez-vous le 23 septembre. C’est le moment de venir, les gens, d’exprimer dans la démocratie de la rue, les leçons des élections que vous avez porté avec vos bulletins de vote et par l’abstention. » Manière particulièrement dérangeante de présenter les choses. En effet, la CGT et les organisations syndicales d’une manière générale, Front Social et la plupart des organisations politiques prennent comme date le 12 septembre. Jean-Luc Mélenchon décrète, quant à lui,  que le 23 septembre sera le point de départ de la lutte. Il s’agit d’une dangereuse manière de faire cavalier seul.

    Pour se placer au centre, les dirigeants de la FI se doivent de renier toute légitimité, voir toute existence aux autres forces. Cette conception sectaire, nous ne la connaissons que trop bien, hélas. A l’inverse, ce que ciblent d’ailleurs plusieurs communiqués, des comités locaux se sont emparés sans ménagement de cette date de lutte, pour en revendiquer la paternité, nous reviendrons dessus par la suite.

    Le 23 septembre n’est pas une date anodine. Elle est la « journée de la paix », journée impulsée et investie par la Némésis de la FI, le PCF. L’espoir de la direction de la FI, c’est d’apparaitre seul, tandis que ses concurrents sont occupés ailleurs.

    Ce comportement n’est pas seulement détestable, il est dangereux. Il est dangereux car il table sur la liquidation de toutes les organisations politiques et syndicales qui ne lui sont pas directement inféodées. Elle table sur le fait de tout broyer pour rester seul récipiendaire des lauriers de la victoire.
    Sauf que, sans mobilisation unitaire, sans sincérité, il n’existera pas de victoire.

    Les élucubrations marseillaises de JLM laissent un goût de cendre en bouche, un goût amer, entretenu par l’idée que la mobilisation sur la loi travail risque de se faire sur deux fronts : contre le gouvernement et contre les récupérateurs assoiffés de postes et de mairies.

    L’attitude de Jean Luc Mélenchon, en vérité, est celle d’un liquidateur, prêt à tout pour s’imposer, quitte à faire payer aux masses le prix le plus fort. En ce sens, il opère un juste retour auprès de ses sources d’origines, le trotskisme. Il ne désire rien plus que l’effondrement de la CGT, du PCF, de toutes les organisations qui sont sur le même créneau que lui. S’il ne se hisse que sur un champ de ruine, celui lui conviendra.

    Si il faut marcher seul, il le fera, car c’est là son gagne-pain, là sa carrière.

    Déjà, ses lieutenants ont manœuvré pour instiller la méfiance entre la CGT et Front Social. La CGT ressent comme une tentative de l’affaiblir la naissance de ce front. Comment la blâmer ? C’est bel et bien ce que les fidèles de Mélenchon ont à l’esprit en s’y investissant. La CGT apparaissant comme un bastion du PCF -ce qui n’est pas faux en soi- la direction de la FI impulse une ligne qui vise à ne pas marcher avec elle, voir même contre-elle, pour ne pas donner le moindre grain à moudre au PCF. Lorsqu’elle « marche » avec la CGT, la situation n’est pas forcément plus joyeuse. Ainsi, les Communistes Libertaires de la CGT – une émanation de Alternative Libertaire, se sont feint du communiqué suivant :

    Mélenchon piétine l’indépendance de la CGT

    samedi 26 août 2017

    La France Insoumise se prend maintenant pour la grenouille qui avale le bœuf !

    Nous avons pendant longtemps défendu pied à pied l’indépendance de la CGT vis-à-vis du PCF. Puis le délitement du PCF nous a conduits à défendre l’idée que l’indépendance vis-à-vis d’un parti ne veut pas dire apolitisme. Nous défendons l’idée que la CGT doit inscrire son activité dans une perspective de révolution sociale et dans le respect du pluralisme des sensibilités politiques qui partagent le mouvement le mouvement ouvrier.

    Alors quand les militants de Mélenchon veulent imposer leur calendrier et leur leadership sur le mouvement social et la CGT en entretenant une confusion complète (voir l’affiche ci-joint), nous sommes encore debout contre de telles pratiques !

    Une mise au point du Bureau confédéral devient nécessaire devant la multiplication de ces pratiques par des militants FI !

    L’affiche incriminée a de quoi, en effet, entraîner cette réaction épidermique. Entre le bleu-blanc-rouge, les portraits de Mélenchon, toute l’iconographie de la FI y passe. Cependant, le macaron de la CGT achève de créer un effet douteux  d’OPA hostile.

    Pourtant, hormis ces quelques agents, Front Social n’est pas un front visant à saper la CGT, mais au contraire, à permettre une dynamique unitaire, plus large, plus puissante. La nécessité de ce front est pourtant largement comprise.

    Dans les « cortèges de tête » de la lutte de 2016, même les mouvances autonomes, pourtant rarement pro-CGT, appelèrent au cortège de « K-ways noirs et chasubles rouges », manière de promouvoir une unité d’action large entre syndicats, forces politiques radicales et groupes variés.

    Nous ne doutons pas que ces idées puissent faire leur chemin dans la large majorité des esprits, au cours des débats et des discussions qui peuvent avoir lieu lors de la construction de ce mouvement. Nous ne doutons pas qu’une large majorité de militants et militantes FI s’y rallient et en sont convaincus.

    Mais nous redoutons que la direction liquidatrice de la FI l’emporte et poursuive ce jeu dangereux, nous redoutons qu’elle ne sabote purement et simplement le travail unitaire pour sacrifier la lutte sur l’autel de ses petits intérêts.

    Nous redoutons cela, car c’est ce qui transparait des messages de Mélenchon, ce qui transparait de ses discours, ce qui transparait de sa stratégie de lessivage de ses alliés.

    Nous pensons que cette lutte à un caractère hautement stratégique, et qu’elle ne peut être le théâtre de cette comédie ridicule.

    Nous pensons qu’une grande part des militantes et des militants de la FI feront le bon choix, le moment venu. Celui de la lutte sincère et unitaire. Mais nous espérons que cela leur ouvrira les yeux sur la direction de son mouvement, et qu’ils sauront en chasser les éléments opportunistes et carriéristes, dussent-ils en être les fondateurs et les animateurs principaux.

    Dans la lutte stratégique qui s’ouvre, il n’est possible de n’avoir qu’une seule stratégie : celle du combat sans esprit de recul, sans esprit de capitulation et de négociation.

    Ceux et celles qui luttent contre cette loi doivent ne former qu’un seul rang, une seule ligne de front. Cela n’éteint pas les divergences, les désaccords, les conflits, les hostilités en fonction des clivages politiques internes.

    Il s’agit d’un phénomène normal au sein d’une lutte. C’est ainsi également que la conscience politique évolue, dans le creuset des débats, dans la bataille d’idées, dans les échanges. Nous même ne cacherons pas notre idéologie ni notre drapeau, de même que nous invitons chacun des acteurs à faire de même.

    Mais ce qui ne se marie pas avec la lutte, c’est la cuisine secrète, les manigances, la mesquinerie et la fourberie, dont certains courants et certaines idéologies sont coutumières. Ceux-là n’ont pas leur place dans nos rangs. Ils n’ont de place qu’auprès des bourgeois et des exploiteurs, à quémander des miettes et des postes.

    La lutte commence ! Menons-là jusqu’au bout !

  • Grève a Mayotte !

    Grève a Mayotte !

    Grève à Mayotte !

    Mayotte revient sur le devant de la scène, en grande pompe. Une nouvelle fois, le prolétariat de l’île se mobilise dans une grève massive contre les exploiteurs de la métropole. Aujourd’hui, l’île est paralysée, faute de carburant.

    Pour mémoire, en 2016, un mouvement de grande ampleur, pour « l’égalité réelle » s’était lancé, poussant à un bras de fer important entre les populations locales et les représentant de l’Etat impérialiste. Au final, ce mouvement se termina par la signature d’accords par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Solidaires, FSU et FAEN, très probablement sous la pression de la métropole. Les accords signés n’ont pas débouché sur une amélioration substantielle de la situation pour l’île, toujours marquée par la pauvreté, la misère, et la domination coloniale. Pourtant, les habitants n’étaient pas particulièrement exigeants. Ils réclamaient principalement l’application du Code du Travail.  Or, dans les « joyaux d’outre-mer », pour reprendre la phraséologie d’un certain tribun social-chauvin, l’application de la loi est déjà une lutte. Ironie des ironies, la mise en œuvre de l’accord est prévue pour le premier janvier 2018, à une date où le Code du Travail sera d’ores et déjà pulvérisé par les ordonnances Macron.

    Aujourd’hui, la grève part de la lutte des travailleurs de Total. L’intersyndicale FO – CGTMA réclame une augmentation de 15% du salaire pour tous les employés. Pour appuyer leur demande, les travailleurs bloquent le dépôt pétrolier. Cependant, la réaction de la direction n’est pas particulièrement porteuse d’une impression de volonté de dialogue :  « Nous avons rencontré un employeur qui affiche beaucoup de mépris [Il est parti en vacances le 13 aout, en indiquant que les ouvriers choisissaient mal leur jour de grève.]. Nous avons proposé une augmentation générale de 15% des salaires et comme la direction nous avait promis hier mercredi qu’elle allait nous faire une proposition en ce sens, on a écouté ses propositions. L’ennui est qu’il n’y a pas de proposition » rapporte ainsi le porte-parole de l’intersyndicale, El Anziz Hamidou.

    La direction prétend l’inverse. En revanche, elle appuie, quant à elle, ses arguments sur un raisonnement simple : bloquer le dépôt est un casus belli. Le 13 aout, le directeur, avant de partir en congé, a ainsi menacé le délégué syndical de représailles si la grève ne cessait pas. Du fait de la pénurie de carburant, la préfecture a indiqué, sous l’injonction du MEDEF, qu’elle ne respecterait pas le droit de grève des travailleurs, en débloquant certaines stations. Ainsi, le 19 aout, par exemple, les forces de l’ordre sont intervenues pour chasser les grévistes et permettre le passage de camion citernes.

    BFM business indique : » Le président du Medef Mayotte, Thierry Galarme, a demandé au préfet d’étendre l’arrêté de réquisition pour l’ approvisionnement en carburant de tous les véhicules assurant la livraison de denrées alimentaires, des véhicules du BTP, des véhicules de transports scolaires – à quelques jours de la rentrée qui a lieu mercredi -, des véhicules des entreprises de sécurité privée concourant à la sécurité des personnes et des biens aux côtés des forces de l’ordre et de tous les véhicules commerciaux (sur présentation d’un Kbis) ». En somme, cela signifie que le droit de grève n’est qu’un mot creux, tout comme l’ensemble des droits formels accordés par la bourgeoisie.

    Mais le directeur de Total ne s’arrête pas à cela. Le Journal de Mayotte du 20 aout explique :  » « Après avoir fait interpeller le délégué syndicat FO dans l’après-midi, le DG accompagne les forces de l’ordre dans l’intervention du dépôt de Longoni où les grévistes ont été séquestrés illégalement pendant plus de 3 heures et empêchant, entre autres, les mères de famille de rentrer chez elles », écrit le syndicat. « Le directeur de Total Mayotte se trompe de statut et de responsabilité car il a accompagné les gendarmes mobiles déguisé en militaire », affirme également FO. »

    Voilà la réponse des impérialistes à Mayotte : répression et force militaire. Voilà le visage de Total à Mayotte, où le directeur se prend pour un barbouze. Il s’agit là d’une illustration parfaite de la méthode de traitement des conflits sociaux dans les colonies et néo-colonies de l’Etat français. Aveu, également, de la proximité entre les grands complexes industriels et l’armée.

    Areva, Total, Bouygues, Lafarge…etc. Tous se nourrissent de ces liens.

    L’Unité Communiste de Lyon ne voit, dans la possession de ces territoires, nulle chance pour ces habitants. Nulle chance pour ses travailleurs. Nulle chance pour ses intellectuels. La présence de l’Etat français, et il s’agit d’un point fondamental qui nous sépare des sociaux-chauvins, est une plaie purulente pour les habitants.

    Total, comme la très large majorité des entreprises françaises à Mayotte, profite du caractère insulaire de l’île pour imposer un monopole complet et dégager des surprofits supplémentaires. Elle profite du caractère colonial des rapports pour extorquer davantage de plus-value des masses de ces îles ou de ces territoires.

    Elle traite les habitants avec un mépris issu en droite ligne de la période coloniale, de la période impériale, laquelle ne s’est jamais réellement achevée.

    L’Unité Communiste de Lyon affirme sa solidarité avec les travailleurs en lutte de l’usine Total. Elle affirme sa solidarité avec cette lutte pour un niveau de vie meilleur. Elle affirme également sa solidarité avec celles et ceux qui ne veulent plus du joug d’une métropole qui brime et opprime.

    Certains esprits chagrins peuvent clamer que ‘sans la France, Mayotte serait les Comores.’ A cela nous ne pouvons répondre qu’une chose : « sans la France, les Comores seraient bien autre chose que ce qu’elles sont aujourd’hui.  » Il s’agit de l’occasion de rappeler que ce sont les mercenaires français et sud-africains, qui ont saboté l’expérience révolutionnaire des Comores de 1975 à 1978. Celle-ci, s’inspirant en partie de l’expérience de la Chine populaire et de la Révolution Culturelle, était la plus à même d’apporter espoir et émancipation à la jeune nation. A la place, ils ont installé des agents, des valets, qui enferment dans la misère et le désespoir les masses.

    A nos yeux, les arguments qui légitiment le maintient de la France sur ses positions territoriales sont des arguments faux et creux. Ils ne servent qu’a instiller l’idée que notre impérialisme serait « mieux » que celui des autres.

    Il n’en est rien.

    Chaque lutte contre l’hydre impérial est une lutte que doivent soutenir tous les militants et militantes révolutionnaires.

    Solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Mayotte !

    A bas l’impérialisme français ! A bas le capitalisme !

  • Le terrorisme comme arme de l’extrême-droite.

    Le terrorisme comme arme de l’extrême-droite.

    Le terrorisme comme arme de l’extrême-droite.

    La veille effectuée sur les attaques terroristes illustre d’une manière terrible la situation internationale : pas un jour ne passe sans qu’une bombe, une balle ou un véhicule ne soit utilisé dans le but de semer la terreur au sein des populations civiles. En Irak, en Syrie, en Afghanistan mais également dans de nombreux états africains, la mort frappe par surprise avec une régularité d’horloge terrifiante.

    Ces derniers jours n’ont pas fait exception. Un grand nombre d’attaques et d’assassinats ont été menés partout dans le monde.

    Fusillade à Waza, au Cameroun ; voiture bélier en Catalogne et à Charlottesville ; assassinat du dirigeant du TKP/ML – Tikko, Nubar Ozanyan, par balle… Le et caetera est terrible.

    La liste, chaque jour, s’allonge. Le traitement médiatique de ces attaques a été le reflet d’une terrible arithmétique : la valeur de la vie n’est pas là même en fonction de la position géographique et de l’origine. A nos yeux, ces morts sont des drames équivalents.

    Les pensées de nos militants vont, ainsi, vers les victimes de ces actes, vers leurs familles, vers les blessés. Nous exprimons notre solidarité par delà les océans et les frontières. Ces actes, hélas, ne sont pas isolés.

    Derrière les actions, un nombre incalculables de tentatives : incendies de mosquées, piraterie maritime contre les réfugiés, menaces de mort…

    Malheureusement les exemples sont légion.

    Quelles que soient les cibles, quelles que soient les auteurs, quelles que soient les méthodes, ces attaques portent une marque similaire : celle des provocateurs fascistes, des provocateurs réactionnaires, des assassins et des fauteurs de guerre. Chacun de leurs actes ne servent qu’à tuer, blesser, mutiler des civils, des membres des classes populaires ou ceux et celles qui vouent leur vie à servir le peuple.

    Leurs actions ne visent nullement à desserrer l’étau autour des opprimés et des exploités, mais, au contraire, à insuffler la méfiance, la paranoïa, la défiance et l’hostilité entre celles et ceux que tout devrait réunir. Ces crimes visent à briser toute solidarité entre ceux qui courbent l’échine sous le joug des mêmes exploiteurs.

    Le mouvement révolutionnaire et progressiste a parfois utilisé les attentats et les assassinats, il est vrai. Mais ces attaques ne furent jamais des crimes aveugles, des massacres commis pour envenimer les choses. Il s’agissait d’actes inclus dans une stratégie de défense ou de soulèvement.

    Lorsque les partisans, les combattants de la libération nationale, les révolutionnaires frappaient les rouages essentiels de l’ennemi.

    Lorsqu’ils frappaient ses moyens de communication, ses installations essentielles et ses agents.

    Rien de commun en cela avec les actes commis aujourd’hui. En plus d’un siècle et demi de militantisme, les révolutionnaires ont eu le temps de disserter sur le terrorisme individuel, sur l’usage de la terreur au sein des masses. Les communistes rejettent cette stratégie, laquelle sert in fine les intérêts de l’Etat et des exploiteurs, laquelle brise l’organisation des masses en mouvement politiques et syndicaux, laquelle dresse les uns contre les autres les membres des classes populaires.

    La stratégie terroriste renforçait les pouvoirs des Etats réactionnaires. Et c’est bien pour cela que les réactionnaires l’emploient.

    Fascistes et fascistes-obscurantistes, malgré leur haine de façade, marchent main dans la main.

    Ils marchent main dans la main dans leur course à la guerre réactionnaire, servant de valets aux grandes puissances impérialistes, qui les nourrissent lorsqu’elles le jugent nécessaire.

    Suprématistes blancs, identitaires et Daesh sont ainsi des alliés objectifs.

    Ils portent la même idéologie. Les uns et les autres se servent d’un argument de pseudo nostalgie d’un âge d’or fictif: Apartheid ; Califat ; Monolithisme racial… Mais ils veulent, en vérité, soumettre les classes populaires à la dictature intégrale  des exploiteurs ; refouler les femmes dans les églises, les maternités et les cuisines ; briser et brimer toute volonté d’émancipation, tout esprit de liberté.

    Ils sont les miroirs les uns des autres.

    Lorsque Daesh s’exclame que l’occident rejette les musulmans et les maltraitent, les fascistes y voient leur programme. Lorsque ces derniers commettent des attaques et des agressions , Daesh s’en sert de moyen de recrutement. Lorsque Daesh fait agir ses agents, les fascistes, en bons charognards, s’empressent de se servir de ces actes pour justifier leurs attaques contre les musulmans. Ainsi, le cycle se répète, s’intensifie, se poursuit.

    Lorsque ce cycle ne s’entame pas, les fascistes n’hésitent pas à opérer des attaques eux-mêmes, à mentir, à inventer des faits. Leur théorie pourrie étant incapable d’analyser la réalité, ils se doivent de la tordre. Mensonges et stratégie de la tension sont leurs armes. Tant que cela sert leurs objectifs, tout est bon. La leaderless resistance américaine, ainsi, mène assassinats, attentats, crimes sur crimes en rêvant que cela déclenche une « guerre des races ». Ils espèrent ainsi que les autorités feront appel à eux pour rétablir l’ordre et la discipline.

    Lorsque, en utilisant les arguments des fascistes, les impérialistes interviennent, sèment des bombes, sèment la misère et la surexploitation, ils créent les conditions d’implantation des organisations réactionnaires obscurantistes. Lorsque ces organisations attaquent, ces actions servent à renforcer les factions les plus belliqueuses des états dominants.

    Cette boucle est une boucle infernale. Elle est une boucle dont la conclusion est l’hégémonie politique des réactionnaires dans les pays impérialistes comme dans les pays dominés.

    Seules les organisations révolutionnaires peuvent la briser. Seules les organisations révolutionnaires peuvent avancer vers la voie de la paix, de l’émancipation de la fin de la misère et de l’exploitation.

    En stoppant les interventions militaires et la subordination économique. En nuisant à l’impérialisme des pays dominants dans les métropoles. En mobilisant les masses populaire pour abattre le pouvoir des agresseurs.

    En organisant les masses des pays dominés pour avancer sur le chemin de l’indépendance réelle, sur le chemin de l’émancipation.

    Ce n’est que lorsque le cercle terrible, menant à la mort et à la misère, sera remplacé par celui de l’entraide et de la coopération, sous le signe de la lutte politique contre la bourgeoisie, que les crimes finiront. Cette issue est la seule.

    Les fascistes et les charognards ne cherchent qu’à marcher sur les cadavres pour s’en faire des piédestaux. Ils ne veulent que les utiliser pour vociférer leurs discours de haine et de division.

    Ils utilisent la mort et la souffrance comme un moyen pour recruter et fédérer dans leurs projets guerriers.

    Ne prêtons pas l’oreille à ces vermines abjectes.

    Rejetons-les et chassons-les.

    Soyons solidaires, unitaires, et avançons ensemble, internationalement, dans la lutte contre l’impérialisme et, au premier chef, notre propre impérialisme !

    Ni guerres ni attentats entre les classes populaires.

    Unité et solidarité contre la bourgeoisie et ses serviteurs fascistes !

  • Sur le 90ème anniversaire de la Gande Révolution Socialiste d’Octobre. (2007)

    Sur le 90ème anniversaire de la Gande Révolution Socialiste d’Octobre. (2007)

    Sur le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre. 

    2007

    Le 100 ème anniversaire de la Révolution d’Octobre est un évènement considérable. Il ne s’agit pas de commémorer un évènement quelconque, une simple date. Il s’agit d’un point de rupture titanesque.

    Si la Commune de Paris fut un premier coup de hache dans le pouvoir de la bourgeoisie, en instaurant la première dictature du prolétariat, la Révolution d’Octobre instaura la première expérience de construction du Socialisme.

    Le fait qu’elle ait eu lieu est le fruit de facteur conjecturels (guerre, épuisement…) mais également d’une préparation de longue haleine. Sans le travail de construction du Parti Bolchevik, cette révolution serait restée chimère et utopie.

    Entre Que faire et la Révolution, quinze années d’écart. Un océan de travail, légal ou illégal, clandestin ou au vu et su de tous. Quinze années de lutte terrible dans les coulisses, pour que la grande première existe.

    Une révolution marquée par la guerre, que les bolcheviks ont du apprendre à faire. Marquée par les interventions étrangères, la haine implacable du capitalisme contre les travailleurs. Marquée aussi par la solidarité prolétarienne, l’amitié entre les peuples et entre les travailleurs.
    Entre la Révolution et le XXème congrès du PCUS, qui enterra le socialisme, 39 ans de travail acharné, pour faire d’un Etat arriéré une force politique et économique de premier plan, sans impérialisme, sans exploitation, sans misère. Une œuvre bâtie dans l’encerclement, dans la guerre, dans la douleur et dans la menace. Dans l’expérimentation, dans la découverte, avec des victoires, des revers, des erreurs. Mais une œuvre qui éclaire toujours, qui rayonne.

    Un matériel immense que les communistes doivent étudier, comprendre, analyser, pour renaître plus forts et plus puissants. Aguerris par l’expérience entière du mouvement communiste international.

    Cette brochure, que nous reproduisons ici, célébre, il y a dix ans, le 90 ème anniversaire. Elle est une déclaration pertinente et pleine de bon sens sur les questions relatives à la construction du socialisme.

    Une lecture supplémentaire à ajouter à sa bilbliothèque.

    Sur le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre

    Revolutionary Democracy

    2007

    Publié par l’UCL en 2017


    Voici le message de salutations adressé au groupe Ray O. Light lors de la réunion tenue à New York pour célébrer le 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre. 

    La célébration du 90ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre à New York, en plein cœur de la citadelle de l’impérialisme américain, est un sujet de première importance et nous estimons que c’est une question de grand honneur d’envoyer un message fraternel de salutations à cette occasion au nom de la revue Revolutionary Democracy

    Marx a fait observer que les révolutions des dix-septième et dix-huitième siècles n’étaient pas des révolutions Anglaise et Française, mais des révolutions d’un modèle européen dans lequel la victoire de la bourgeoisie a représenté la victoire d’un nouvel ordre, la victoire d’un nouvel ordre de la société, la victoire de la propriété bourgeoise sur les rapports de propriété féodaux. La victoire de la révolution russe en octobre 1917 a vu la victoire du nouvel ordre prolétarien et la victoire des rapports de propriété socialistes sur les rapports de propriété bourgeois: il s’agissait d’une révolution sur un modèle mondial, comme cela a été souligné par la formation du camp démocratique au côté de l’URSS socialiste en tant que résultat de l’instauration des démocraties populaires de l’Europe centrale et du sud-est et de la République populaire de Chine, de sorte qu’un tiers de l’humanité fût libéré du joug du capital. 

    La Révolution russe a survécu aux tentatives de l’impérialisme mondial d’étrangler la République des travailleurs dès sa naissance et est parvenue à la victoire contre la réaction intérieure et extérieure dans la guerre civile. Elle a réussi à ramener rapidement les forces productives au niveau de 1913. Par la suite se déroula l’une des périodes les plus extraordinaires de l’histoire mondiale, qui a vu l’industrialisation de l’URSS à l’intérieur de plans successifs de cinq ans (les plans quinquennaux, note du traducteur) de sorte que l’État ouvrier est devenu le premier État industriel en Europe, ainsi que la création des fermes collectives des paysans pauvres et moyens. Ces victoires ont été précédées par les victoires politiques dirigées par Staline, le grand continuateur des œuvres de Lénine, contre les oppositions de «gauche» et de droite. L’opposition de «gauche» dirigée par Trotsky et Preobrazhensky désirait « surindustrialiser » prématurément la Russie soviétique dans les débuts de la Nouvelle Politique Économique avant même que la production industrielle soit retournée aux niveaux de la période tsariste, sur la base des capitaux extraits de la l’exploitation de la paysannerie, une mesure qui aurait mortellement affaiblie l’alliance des travailleurs et des paysans. L’opposition de droite dirigée par Boukharine a tracé les grandes lignes d’une politique d’industrialisation légère fondée sur l’expansion de l’abondance d’un marché de paysans riches. Staline a réalisé une politique d’industrialisation centrée sur la construction de l’industrie lourde mécanique et financée principalement par les nouvelles valeurs créées dans l’industrie soviétique par la classe ouvrière elle-même. La mise en place des nouveaux rapports agricoles socialistes correspondait précisément au point de vue de Marx qui faisait valoir que: les moyens de production devraient être la propriété de la société dans son ensemble plutôt que celle des fermes collectives comme cela a été fait par l’instauration des Stations de Machines et Tracteurs; que les fermes collectives devraient être formées par la paysannerie pauvre et moyenne à l’exclusion de la paysannerie riche que Lénine appelait la dernière classe capitaliste. Ces réalisations colossales ont été rendues possibles par l’enthousiasme au travail des masses par le biais du mouvement Stakhanov et les campagnes d’émulation socialiste. En 1936 Staline a été en mesure d’annoncer que l’URSS était une société qui a jeté les bases d’une société socialiste dans laquelle l’exploitation des classes n’existait plus. L’économie socialiste a été la base matérielle pour la consolidation de l’union volontaire des nations et des nationalités fondée sur le droit à la sécession qui jeta les bases de l’Union soviétique. Elle jeta aussi les bases de l’émancipation des femmes soviétiques qui jouissaient maintenant de facilités sans précédent dans les conditions du socialisme. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Staline a affirmé que les nouvelles tâches de la classe ouvrière étaient d’achever la construction de la société socialiste et de commencer la transition vers le communisme. La société soviétique atteingnait la notoriété dans le monde entier par le biais de la formation de la nouvelle culture socialiste réaliste associée avec les noms de Gorki, Maïakovski, Fadayev, Ostrovsky, Deinika, Vera Mukhina, Eisenstein, Poudovkine, Chostakovitch, Khatchatourian, Ivanov, Koretsky et Kukrinsky.

    Les réalisations économiques de l’URSS, la défaite politique de l’opposition et l’élimination de la cinquième colonne dans la société soviétique à travers les procès pour trahison ont été les conditions préalables essentielles pour la victoire sur le fascisme qui a coûté  27 millions de morts au pays. La victoire de l’Armée rouge dans la Grande guerre patriotique a jeté les bases pour la mise en place des nouvelles démocraties en Europe de l’Est et du Sud-Est et en Asie. L’Union soviétique a très rapidement rétabli les forces productives à leur niveau d’avant-guerre et en 1950 il était le double de celui de 1940. Les plans pour jeter les fondements de la société communiste étaient de nouveau à l’avant-plan en URSS alors que le PCUS(b) a appuyé les démocraties populaires de l’est et de l’ouest sur la voie de l’avancement vers le socialisme.

    Après la mort de Staline, la révolution en Union soviétique et dans la majorité des démocraties populaires est entrée dans sa phase descendante. Déjà en 1948/49, la Yougoslavie de Tito a commencé la liquidation de sa démocratie populaire et la formation d’une économie de marché. Elle a été le précurseur de ce qui se préparait progressivement en Union soviétique et dans les démocraties populaires, à l’exception de l’Albanie. L’héritage de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre a été liquidé en URSS en 1954-58 avec la fin de la planification dirigée pour la mise en place de la société communiste, la circulation des moyens de production en tant que marchandises dans le secteur public et la transformation concomitante du travail libre associé de la société socialiste en une situation où la force de travail est devenue une marchandise, alors que le profit est maintenant devenu le critère de l’efficacité des entreprises. Le Vingtième congrès du PCUS et l’élimination des communistes Kaganovitch et Molotov de la direction du parti en juin 1957 par le biais d’un coup d’Etat militairo-policier dirigé par Serov et Zhukov ont été les corollaires de la contre-révolution néolibérale.

    Du 90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre nous devons tirer les leçons des réalisations de l’Union soviétique et aussi les enseignements qui se dégagent de sa destruction. Comme l’impérialisme et en particulier l’impérialisme américain est en train de se déchaîner dans le monde entier, il est plus clair que jamais que la voie de la démocratie et le socialisme est la seule voie à suivre pour l’émancipation des peuples du monde entier.

    Nous souhaitons tout le succès possible à votre célébration du 90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.

    Longue vie à la grande Révolution Socialiste d’Octobre!
    Longue vie aux idées immortelles de Marx, Engels, Lénine et Staline!
    Vive la solidarité de la classe ouvrière et des masses travailleuses à travers le monde! 

    Delhi
    1er novembre 2007.

    Traduit de l’anglais par Garde Rouge

     

  • Menace sur les APL

    Menace sur les APL

     

    Menace sur les APL: le gouvernement affame les plus précaires.

    L’idée ne date pas d’hier.  Après avoir germé durant le quinquennat précédent, l’idée de baisser les APL, pour in fine les supprimer, est désormais annoncée. Une nouvelle fois, la clique de bandits macronistes frappe, et frappe fort.

    Depuis quelques jours, cette opération occupe le devant de la scène. Elle commence par une baisse de 5€ par mois. Cette première baisse s’appliquera en octobre, par la suite, le gouvernement compte l’amplifier pour la doubler puis la tripler.

    5€ nous dit-on, ce n’est pas grand chose. Mais 5€, dans le budget resserré d’une personne étranglée par la pauvreté, cela n’a pas la même valeur que pour un bourgeois. Pour les uns, c’est un pourboire, pour d’autres, ce sont des choix cruciaux.

    Nombre de tweets et de publications dans les réseaux sociaux se sont empressés de fournir une illustration concrète de ce que signifie cette somme :


    Ce tweet de Merry Laballe, en date du 24 juillet 2017, illustre parfaitement l’attaque qui est faite aux précaires, aux personnes en difficulté, aux étudiants. En tout 20% des ménages bénéficient de ces aides, 20% de la population n’étant pas en mesure d’envisager sereinement l’avenir.

    Ce n’est pas un maigre droit que l’on retire à ces individus, même si pour certains ou certaines, qui ne connaissent pas le sens du labeur, pour qui la misère est une abstraction, cette liquidation n’a rien d’important. Comment, notamment, ne pas penser à la députée LREM Claire O’Petit, qui a ainsi expliqué que c’était « ou ça, ou on augmente les impôts »- impôts auxquels la bourgeoisie échappe- en enchainant avec : « Mais bon sang, allez voir ailleurs… Ça va messieurs dames. Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? »

    Passons sur le cynisme affiché de ces députés, lesquels ont le mérite, il est vrai, de dire ce qu’ils pensent sans langue de bois. Intéressons-nous à l’argumentaire.

    Le perpétuel couteau économique, placé sur la gorge du prolétariat est plus qu’évident ici : «ça, ou augmenter les impôts », menace permettant de séparer en deux  la population : les pauvres, profiteurs, opportunistes, toujours à l’affût de l’aide sociale ; la brave classe moyenne, écrasée par l’impôt, devant se saigner pour entretenir la plèbe oisive. Une manière d’exciter les uns contre les autres.

    En second lieu, nous retrouvons également cette déconnexion totale et intégrale de la part de la bourgeoisie de ce que signifient la vie et le travail des masses prolétariennes. 5€, ce n’est pas qu’un « tacos », pas qu’une « pinte », pas qu’un loisir. Pour certains, pour certaines, c’est le sacrifice d’un rare loisir, le sacrifice d’un peu de qualité de vie…Toute action impactant le budget d’un ménage modeste entraine une réaction sur sa qualité de vie, voire même sur sa possibilité à faire face aux dépenses courantes.

    Cette mesure est un marché de dupe. Son intérêt est double pour la bourgeoisie :

    Sous prétexte de faire des économies pour l’Etat, les APL, lesquelles « coutent en tout 18 Milliards d’euros par an au Budget de l’Etat » sont ciblées. Une baisse de 5 euros par mois et par ménage représenterait ainsi une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros, soit 97,5 millions sur les trois derniers mois de l’année en cours.

    « Dépenser moins« , pour l’Etat, c’est une manière de réaliser un tour de passe-passe.

    C’est une manière de retirer une partie du salaire réel des travailleurs.

    En réduisant les dépenses de l’Etat, le gouvernement prétend ainsi réduire la ponction opérée par les impôts. Il se présente ainsi en porte étendard du pouvoir d’achat, en agent grandiose du retour des richesses usurpées.

    Or, l’impôt, qui finance les APL, tout comme les charges finançant les retraites, l’Assurance Maladie ou l’assurance chômage, redistribue cet argent. Certes la bourgeoisie y échappe, par milles manigances, mais dans son principe, ce système contribue à une redistribution moins injuste.

    Ce système contribue à une forme de salaire élargi, comprenant les bénéfices retirés de l’accès à ces droits sociaux et à ces services.

    Rendre l’argent aux contribuables, ne plus « ponctionner » les salaires, revient en fait à accroitre les inégalités. Pour une poignée d’euros en plus sur le salaire, fondés à être dépensés dans la consommation, la perte de salaire réelle est immense.

    De l’autre côté, les cadeaux se multiplient envers les riches, comme des annonces de réduction de l’ISF.

    Ce n’est qu’un début

    Les APL sont dans le collimateur des gouvernements depuis un certain temps, ainsi en juillet 2015, la commission des finances du Sénat déclarait : « Du point de vue de leur gestion, les aides se présentent par ailleurs comme une prestation coûteuse. Fondées sur un barème excessivement complexe, elles mettent en œuvre des règles d’abattement et de neutralisation visant à tenir compte des variations de revenus et d’activité des bénéficiaires, qui sont à l’origine d’un montant significatif d’indus : 43 % du total des indus identifiés en 2013 par les caisses prestataires, soit 1,57 Md€. Pour la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), qui en verse la quasi-totalité, elles représentent un coût de gestion que l’on peut estimer à environ 600 M€, soit 3,5 % de leur coût total. Ces prestations engendrent par ailleurs une fraude qui peut être estimée à environ 280 M€, soit 28 % du total des fraudes détectées par la CNAF… »

    Dans la bouche des bourgeois, « fraude » signifie « arrêt de mort », sauf lorsqu’elle est accompagnée du terme « fiscale. » Cette volonté de liquidation n’est pas toute neuve, mais elle n’est pas non plus isolée.

    Cette mesure, envisagée depuis longtemps par les cabinets de conseil et autres commissions ministérielles de la bourgeoisie, avait tardé jusqu’ici à être mise en place. En effet, en rognant sur la solvabilité des locataires, elle se heurte aux intérêts d’un secteur particulier du capitalisme français, mais néanmoins très importants : celui de la spéculation immobilière.

    Certes, il est vrai que les APL engraissent en partie l’inflation des loyers. Les propriétaires et les agences s’en servent pour se goinfrer d’argent public. Mais l’argument s’effondre, miné par l’hypocrisie d’un gouvernement intégralement à la solde de la bourgeoisie.

    Car, lorsque interpellé sur le sujet, le gouvernement a annoncé ne pas vouloir légiférer sur une limitation des loyers, pour ne pas pénaliser les propriétaires -qui vivent parfois en rentiers et en parasites, entretenant un parc de logements vides pour maintenir la spéculation immobilière.

    L’immobilier français est déjà à la peine depuis quelques années, et ses difficultés risquent d’être amplifiées par la baisse des dotations aux collectivités territoriales, qui assument en pratique une part essentielle des projets des promoteurs.

     S’attaquer aux APL, ce n’est pas anodin. C’est la mise en place, dans les années 70, des APL (en lieu et place de l’ancien système d’aide à la pierre) qui avait à l’époque ouvert la voie à la flambée de l’immobilier. Il est difficile de mesurer à l’avance les conséquences d’une mesure de ce type. La spéculation immobilière joue en effet un rôle absolument fondamental, ici comme dans tous les principaux pays capitalistes.

    En France, la seule bulle immobilière a tiré à bout de bras la « croissance » pendant des années. Un bien immobilier, c’est une garantie qui permet aux ménages, aux entreprises, aux Etats et aux banques d’emprunter, de s’endetter. Que la valeur de leur bien s’effondre, pour cause d’éclatement de la bulle immobilière, et ils n’auront plus de garantie, ils ne seront plus solvables, et risquent la faillite pure et simple. Et cette faillite peut engendrer des réactions en chaine, étant donné le fonctionnement instable du capitalisme financier.

    Aux Etats-Unis, c’est le retournement en 2006 du marché immobilier américain qui avait provoqué la crise des subprimes et avec elle la crise de 2008 qui avait déstabilisé le capitalisme mondial. Nous verrons prochainement si la rapacité aveugle des capitalistes français, et si la politique à courte vue des gouvernements à leurs ordres ne finira pas, en définie, par se retourner contre eux-mêmes.

    Elle s’inscrit également dans une volonté de supprimer les concessions accordées aux classes laborieuses. Elle s’inscrit dans l’offensive généralisée et débridée contre l’ensemble des conquêtes sociales.

    Elle forme l’un des fronts d’attaque, dans la bataille d’anéantissement que veut provoquer le gouvernement.

    La nécessité de la Lutte

    La récente réaction du gouvernement face aux réactions quant à sa réforme ne peut que nous encourager à poursuivre dans le sens de la lutte. En effet, furieux de son impopularité, Le président Macron aurait déclaré à ses troupes que la baisse des APL était d’une « Connerie sans nom ». Une réaction qui tranche avec l’attitude d’arrogance de ses sbires.

    Mais aucun projet ne se retire sans combat. Nous aurons à protéger nos droits de la même manière que nous les avons obtenus :

    Par la lutte.

    Macron a raison d’attaquer en été, quand les travailleurs, quand les travailleuses se reposent. Mais cet été est sous le signe de la préparation intense de la lutte.

    Front social a multiplié les initiatives pour mobiliser la population. La CGT et les syndicats combatifs se préparent.

    La lutte s’annonce, cruciale et sans répit.

    La contestation de pacotille, à l’Assemblée, ne suffira nullement. Au mieux, elle n’est qu’une tribune du refus. Bien souvent, elle tourne à la farce, à la bouffonnerie, incapable de briser le quatrième mur : le fait de déclarer que la démocratie bourgeoise est la dictature des capitalistes.

    Ce n’est que dans la rue, par l’occupation de lieu de travail, par la grève que nous réussirons à imposer un coup d’arrêt à ces réformes.

    Le 12 septembre, la CGT déclenchera les hostilités, nous devons rejoindre et investir nos forces dans le Front Unis contre le Gouvernement Macron et l’offensive bourgeoise !

    LUTTONS AUJOURD’HUI POUR NOUS DROITS.

    DEMAIN CONSTRUISONS NOTRE POUVOIR !

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie VI – Les conséquences et la lutte qui s’annonce.

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie VI – Les conséquences et la lutte qui s’annonce.

    Les conséquences et la lutte qui s’annonce.

    Quelles conséquences ?

    La loi travail, dans un sens, illustre parfaitement les contradictions du capitalisme. Dans la course aux marchés, surtout dans une période où les capitalistes sont aiguillonnés par la crise, ceux-ci tentent de réduire au plus bas le coût de production de leurs marchandises, pour parvenir à surnager dans le marasme et, peut-être même, à prendre des parts de marché à d’autres.

    Comme on ne peut nourrir à l’économie une machine, ils choisissent de rogner là où c’est possible : sur les salaires et sur la possibilité de licencier comme bon leur semble. Il s’agit pour eux de pouvoir adapter la main d’œuvre à ‘l’évolution de l’économie et du marché, en rationalisant le plus possible leur masse salariale.

    Dans les faits, cette attitude alimente une loi objective de l’économie capitaliste : la tendance à la paupérisation relative et absolue. Le manuel d’économie politique d’URSS de 1955 caractérise cette tendance de la manière suivante : “La loi générale de l’accumulation capitaliste est l’expression concrète du fonctionnement de la loi économique fondamentale du capitalisme, la loi de la plus-value. La course à la plus-value aboutit à l’accumulation des richesses entre les mains des classes exploiteuses et à l’augmentation de l’appauvrissement et de l’oppression des classes non possédantes.

    Le développement du capitalisme s’accompagne de la paupérisation relative et absolue du prolétariat.

    La paupérisation relative du prolétariat consiste en ce que dans la société bourgeoise la part de la classe ouvrière dans le montant global du revenu national décroît sans cesse, alors que la part des classes exploiteuses est en progression constante.(…)

    La paupérisation absolue du prolétariat consiste dans l’abaissement pur et simple de son niveau de vie.

    L’ouvrier se paupérise de façon absolue, c’est-à-dire qu’il devient véritablement plus pauvre qu’auparavant ; force lui est de vivre encore plus mal, de se nourrir plus chichement, d’être plus souvent sous-alimenté, de s’entasser dans les caves et les greniers-La richesse croît dans la société capitaliste avec une rapidité invraisemblable, parallèlement à la paupérisation des masses ouvrières”.

    (V. Lénine « La paupérisation dans la société capitaliste »,Œuvres t. XVIII, p. 405-406 (éd. russe).)

    Pour enjoliver la réalité capitaliste, l’économie politique bourgeoise s’efforce de nier la paupérisation absolue du prolétariat. Les faits cependant attestent qu’en régime capitaliste le niveau de vie de la classe ouvrière est en baisse constante. Gela se manifeste sous bien des formes. La paupérisation absolue du prolétariat se traduit par la baisse du salaire réel. Comme on l’a déjà dit, la hausse des prix des objets de consommation courante, l’augmentation des loyers et des impôts entraînent la diminution constante du salaire réel des ouvriers.

    La paupérisation absolue du prolétariat se manifeste par l’ampleur et la durée accrues du chômage.

    Elle se manifeste dans l’intensification et dans l’aggravation des conditions de travail, qui aboutissent au vieillissement rapide de l’ouvrier, à la perte de sa capacité de travail, à sa transformation en invalide. L’intensification du travail et l’absence de mesures nécessaires à la protection du travail multiplient les accidents et les cas de mutilation.

    La paupérisation absolue du prolétariat se manifeste dans de plus mauvaises conditions d’alimentation et de logement des travailleurs, ce qui a pour effet de ruiner la santé et d’abréger la vie des travailleurs.

    La loi travail ouvre les vannes d’un effondrement brutal du niveau de vie des travailleurs et travailleuses. Paradoxalement, elle contribue à fragiliser le pouvoir et la situation des capitalistes. Réduire le niveau de vie des travailleurs, cela revient à réduire leur possibilité d’achat, même si celle-ci peut être maintenue un temps par l’endettement.

    Cela revient à fragiliser et à épuiser l’économie, en la ralentissant. Par voie de conséquence, cela poussera également les patrons à licencier et à jeter à la rue les travailleurs qui ne sont pas utiles. Cela fragilise également les patrons et les patronnes les plus faibles, et des secteurs les plus vulnérables, et peut les pousser à mettre la clé sous la porte, ou à vendre à bas prix leurs entreprises. Cela favorise une reconcentration de l’économie dans un cercle encore plus restreint de capitalistes. Même une grande partie de la petite bourgeoisie libérale, qui soutient Emmanuel Macron corps et âme, découvrira, à ses frais, qu’elle a été trompée.

    Si le mouvement de Macron tente de maintenir une illusion de hauts salaires, en faisant rentrer une partie du salaire indirect en direct, cette illusion ne peut tenir qu’un temps restreint. Au final, l’addition se retrouve être bien trop lourde pour être payée, et la misère la plus crasse s’installe.

    Le gouvernement de Macron est un gouvernement kamikaze. Il n’est conçu que pour remplir cette mission, servir la bourgeoisie et affirmer son ordre, sans la moindre considération pour son avenir. Il appliquera sa politique avec pertes et fracas. Seulement, en brûlant l’intégralité des fusibles qui maintiennent la « paix sociale », Emmanuel Macron et ses sbires vont lancer dans la rue une masse en colère. Colère qui trouvera un échappatoire politique, quel qu’il soit. 

    La croisée des chemins se trouve ici. Elle réside dans cette simple question : quel contenu aura cette colère ?

    La position centrale de Macron le sert, tactiquement, mais cause un verrou stratégique. Quelle alternance peut naître en face d’un pouvoir de ce type ? Toutes les organisations politiques pouvant éventuellement jouer ce rôle sont mouillées avec plus ou moins d’intensité dans des tractations et des ralliements à LREM. Cela a démasqué aux yeux des travailleurs et des travailleuses la collusion et l’accord de fond qui unit toutes ces forces bourgeoises.

    Il n’existe décemment pas de possibilité que les futures échéances électorales se déroulent dans la joie et la douceur.

    La colère des masses sera trop forte.

    Les opportunistes la guettent, pour s’en servir comme d’un marchepied pour leurs carrières, pour leurs fauteuils, pour leurs sinécures. Ceux-ci ne désirent rien d’autre que de faire de ce cri de désespoir un sésame pour leur entrée dans l’Assemblée. Ils se peignent en héros du peuple, mais ne veulent que perpétuer un jeu qui fait leur bonheur, leur confort, qui leur permet d’avoir leurs cours et leur royaumes.

     Les 60% d’abstention, de vote blanc ou nul illustrent le fait que les masses ne mordent pas dans ces discours, tant ils sonnent vides, tant ils sonnent creux.

    Les fascistes, les réactionnaires, les obscurantistes, guettent également la colère populaire. Eux veulent l’instrumentaliser et surfer sur elle pour en faire un mouvement de masse, de mobilisation, qui suit leur ligne idéologique. Ils veulent la diriger contre des ennemis fictifs, soumettre les travailleurs aux projets d’agression et d’expansion de la bourgeoisie. Ils sont les apôtres du mythe de l’intérêt national, tout en nourrissant un projet d’une société d’ordre social. Intérêt national signifiant intérêt de la bourgeoisie, ordre social qui signifie ordre des exploiteurs.

    Ces fascistes et ces réactionnaires ne sont pas à négliger. Ils sont une carte dans le jeu de la bourgeoisie, une carte maîtresse pour faire taire les revendications sociales, exiger des sacrifices et mobiliser pour la guerre impérialiste.

    La bourgeoisie peut très bien jouer les apprentis-sorciers et les nourrir d’argent et de publicité. Elle le fait déjà dans une certaine mesure, tant ils peuvent être tactiquement utiles, comme supplétifs de la police ou comme agents provocateurs. Il s’agit d’une option politique qui pourrait également devenir viable, dans le but de rappeler à l’ordre la pays, tant celui-ci aura été déchiré par l’hémorragie sociale.

    Ironiquement, certains « antifascistes » ont soutenu l’hypothèse d’un Macron sauveur contre une Le Pen fasciste. Ils ont déclaré que sa victoire était celle de la liberté contre l’oppression. Or, en mai 2017, rien n’indiquait une possibilité de victoire du FN, d’une part, ni d’une possibilité pour un FN élu d’appliquer son programme, de l’autre.

    En mai 2022, la situation pourrait bien être toute autre. En « repoussant le fascisme », ces prétendus révolutionnaires se sont discrédités auprès de leurs auditoires, tout en soutenant l’entrée, en fraude, de l’acteur qui permet de réaliser leur prophétie.

    La seule solution : l’organisation politique.

     La lutte contre la loi travail est l’étape première pour permettre une victoire plus générale. Cependant, il est essentiel d’être honnête : il est improbable qu’elle débouche sur une conclusion heureuse à court terme. Une épreuve de force entre la bourgeoisie et les travailleurs, dans l’état actuel des choses, est à l’avantage du patronat.

    Cela n’est pas une conclusion défaitiste, mais illustre que la lutte doit se placer dans un échéancier plus large, et surtout sous une forme plus approfondie. Limitée à l’option économiste et syndicale, elle court le risque de n’être intense qu’un moment, puis de s’éteindre.

    De même, poussée à son paroxysme, la grève générale économique, elle peut fort bien être battue en brèche par une bourgeoisie organisée, structurée, dotée d’un esprit de classe et de réserves supérieures.

    Elle doit être menée sans esprit de recul, en luttant contre toute volonté de capitulation. Là réside le travail du Front Social, qui porte la lutte durant cet été d’offensive à outrance, qui forme un lien, un ciment, une base autour de laquelle doivent s’agréger les forces syndicales et politiques.

    Des accusations existent, qui justifient une défiance entre Front Social et les syndicats. Cette hostilité est notamment entretenue par la rivalité entre le PCF et la FI, autour de qui sera le nouveau Parti Socialiste. Ces manœuvres qui entretiennent ce climat de division doivent être jugulées. Le Front Social doit vivre, grandir et combattre. Il doit être le fer de lance de la lutte.

     Mais elle doit donc trouver une issue politique. Une issue non dictée par l’opportunisme, mais bien par les objectifs que poursuit cette mobilisation : liquider le capitalisme.

    Cette lutte sera un succès si, au travers de celle-ci naissent les bases de la contre-offensive et de la victoire. Si émerge une nouvelle génération de militants combatifs et résolus, un pas sera franchi sur le chemin de la victoire. Si jamais se renforcent les organisations de défense de travailleurs, un autre sera fait. Si jamais se renforcent les organisations antifascistes, lesquelles auront fort à faire pour lutter contre l’étranglement policier et contre les provocateurs fascistes, un autre pas.

    Si jamais les organisations révolutionnaires avancent sur la voie de la construction d’un front résolu, unitaire, dévoué à arracher la légitimité politique à la bourgeoisie, un bond de géant sera fait. L’Unité Communiste défend la thèse de l’opposition extra-parlementaire comme étape pour contrer le pouvoir absolu de la bourgeoisie, elle invite les organisations et les individus partageant cette idée à travailler en commun pour qu’elle se concrétise.

    Les communistes ont un rôle éminent à jouer dans cette lutte, tant pour l’aspect tactique et pratique que pour trouver une issue stratégique.

    Ce rôle est à plusieurs échelles, tant en soutenant les positions les plus avancées dans la lutte, les plus révolutionnaires et les plus politiques. Mais également en luttant contre l’introduction de mots d’ordres capitulards, de collaboration de classe ou à des déviations chauvines. Cependant, les tendances à l’aventurisme peuvent, elles aussi, saper l’unité du mouvement et risquer d’isoler dans le sectarisme les militants et militantes politiques.

    Un travail long mais essentiel commence, la bataille s’ouvre et n’est pas prête de se refermer, d’autant qu’un statu quo ante bellum est improbable. Cette tâche est immense, les forces qui veulent l’entreprendre doivent donc se hisser à sa hauteur.

    Pour la lutte jusqu’à la victoire !

    Vive le communisme !