Étiquette : XXème congrès

  • Vox populi, vox Dei ? Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Vox populi, vox Dei ? Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Vox populi, vox Dei ?

    Le questionnaire liquidateur du PCF.

    Notre position sur la question du PCF ne souffre guère d’ambiguïté. Elle est intégralement expliquée au sein de la publication que nous avions effectuée, un an auparavant, dans Pour en finir avec le Mythe du PCF. Aujourd’hui, cet ouvrage est en rupture de stock, nous prévoyons ainsi d’en éditer une deuxième version, corrigée, enrichie, améliorée.

    Au sein de ce livre, nous avons voulu retracer les raisons de la dégénérescence idéologique du PCF, laquelle s’est manifestée, avec une gravité croissante, tant dans le choix de rendre les armes en 1945, d’accepter le programme social-chauvin des « nationalisations démocratiques », les positions sur l’Algérie, sur mai 1968… les exemples sont loin de manquer.

    D’une manière générale, le PCF s’est parfaitement glissé dans le lit de la ligne du PCUS après la déstalinisation. C’est au nom de la coexistence pacifique de Nikita Khrouchtchev que le PCF a combattu l’idée d’indépendance de l’Algérie, sous prétexte que celle-ci pourrait déclencher une guerre ouverte.

    Aujourd’hui, le Parti Communiste Français n’est plus que l’ombre de lui-même, tant idéologiquement qu’organisationellement. Cela s’illustre par les visées annexionistes du mouvement de la France Insoumise, lequel se verrait bien prendre la place du PCF et du PS dans de nombreux endroits.

    Cela ne signifie pas que nous logeons ses membres à la même enseigne. Nous comprenons, dans une certaine mesure, l’ardeur avec laquelle certains essaient de se battre en son sein. Comment les en blâmer ? Nous ne nions pas qu’il existe une sincère opposition à la ligne décidée par la direction du PCF, que celle-ci est constituée de militantes et de militants qui sont des camarades, dévoué à la lutte contre la bourgeoisie. Mais cette oppositions est enferrée dans un piège sans fin. Dans les rangs de celle-ci se retrouvent autant des personnes avec lesquelles nous sommes dans un relatif accord idéologique -considérant comme déterminant le XXème congrès du PCUS dans l’effondrement du camp socialiste. D’autres, en revanche, s’approchent plutôt d’une ligne  typiquement campiste ou révisionniste. Ils sont dans la négation de la restauration capitaliste qui suit la déstalinisation, dans une adhésion intégrale à la ligne brejnevienne, et ne comprennent les facteurs intérieurs qui expliquent l’échec de l’URSS.

    Avec les uns comme les autres, il nous paraît important de mener le débat, de poser scientifiquement les questions idéologiques, pour qu’elles soient tranchées et pour que chacun, chacune, avance.

    Mais quel que soit leur position idéologique, celle-ci est enchaînée par la maîtrise de l’appareil dont dispose la direction du PCF. Lors du dernier congrès, que nous avons abondamment commenté dans notre ouvrage, l’opposition s’est ainsi plainte que la direction avait avancé la date de dépôt des textes, dans le but de brusquer leur rédaction et de rendre impossible une discussion autour de leur contenu.

    A la fête de l’Humanité de 2016, le stand des oppositionnels de Saint-Quentin est ainsi attaqué par une escouade de gros-bras de la sécurité, de peur que les militants et militantes ne gênent une discussion prévue le lendemain. L’affaire bénéficie d’un écho remarquablement faible, de la part de victimes souffrant d’un syndrome de Stockholm, mais préférant demander, par voie de plainte, l’arbitrage de la justice bourgeoise. Hallucinant.

    Le prochain congrès se déroule d’ores et déjà sous les mêmes auspices, avec une volonté de ne pas avoir de débat idéologique au sein du PCF, uniquement une adhésion à des formules déjà déterminées, basées sur le réformisme le plus plat et le plus servile.

    Aujourd’hui, c’est une autre torpille que lance le PCF contre tout débat idéologique en son sein. Celle-ci est pourtant sous une forme, à priori, relativement innocente. Il s’agit d’un simple questionnaire adressé à 500 000 personnes.

    Pourtant, ce questionnaire porte en lui des germes ravageurs.

    Nous, qui nous retrouvons notamment dans l’héritage issu de l’expérience chinoise, n’avons pas de problème avec les enquêtes. Elles sont même nécessaires et incontournables pour comprendre la réalité sociale. Sans enquête, il ne peut y avoir qu’une compréhension livresque, morte, fétichisée de la réalité sociale, des aspirations des masses, de leur état d’esprit. Lorsque Mao explique la nécessité de l’enquête, celle-ci se fait dans le but de comprendre toute la dialectique interne de la société qu’il étudie.

    Le fait de mener l’enquête fait partie du travail militant, est un aspect essentiel, car il permet de se saisir des aspirations légitimes des masses, de les analyser, de les reformuler, d’en systématiser les aspects justes et de combattre les aspects erronés. Le tout permettant, non comme une chose séparée, mais bien dans le cadre de l’activité politique, de disposer de mots d’ordres justes et correspondants à l’état d’esprit des masses, mais également de permettre une progression politique de celles-ci.

    Dans le cas du présent questionnaire, la démarche n’est pas la même.

    « Vous voulez être entendus

    Comme nous, vous en avez assez de voir la parole populaire méprisée, ignorée, trahie.

    Le Parti communiste lance une grande consultation citoyenne dans le pays pour débloquer la situation. Pour avoir un grand débat public, faire émerger les exigences populaires, ouvrir des solutions face à la crise. Un grand débat pour donner votre avis sur la France, l’Europe, le monde.

    Nous avons tous un bout de la solution

    Vos exigences, exprimées et rassemblées doivent former un mandat populaire à rendre incontournable. Donc, à vous d’écrire la politique, à vous la parole !

    Prenez la parole !

    Le questionnaire, proposé 500 000 personnes dans le pays est un point de départ. Vos réponses seront synthétisées au niveau national et rendues publiques. »

    Si l’idée peut apparaître louable, elle est, pourtant, fondamentalement dangereuse.

    D’une part car la forme même du questionnaire rend toute analyse faussée. Elle n’apprend rien sur les désirs des masses. Que signifie le fait de cocher telle ou telle case ? La bourgeoisie et le prolétariat n’aspirent-ils pas à la prospérité et à la sécurité, ainsi qu’a la possibilité d’avoir moins de travail et plus de loisir ? Pourtant, derrière ces questions, le contenu de classe imprime une réalité différente.

    Quels sont les contenus des items suivants ?

    « Renforcer et transformer l’Education Nationale pour faire réussir tous les jeunes ? », qui peut se dire contre ? Mais cependant, cela signifie t-il une éducation privatisée, à l’exemple des friskols, ou une éducation de masse, ouverte à tous, laïque, critique et populaire ?

    « Je veux un meilleur salaire ? », « je veux des meilleurs conditions de travail », « je veux un emploi stable », « je veux un meilleur vivre-ensemble »… chacune de ces propositions peuvent être lues d’un point de vu bourgeois, libéral, droitier, ou peuvent être lues d’un point de vue populaire. Encore qu’il aurait pu être de bon ton, pour au moins sauvegarder les apparences, de parler de l’abolition du salariat.

    Chacun aspire le meilleur pour soi et ses proches, seulement cette aspiration se réalise, pour la bourgeoisie par l’écrasement, l’asservissement, l’aliénation des masses. Pour le prolétariat, cela passe, au contraire, par la lutte révolutionnaire et l’anéantissement de la bourgeoisie et de son ordre.

    Pourquoi ne pas demander, tant qu’a tomber dans la platitude, si la lutte contre la mort paraît une bonne ou une mauvaise chose ?

    Ce questionnaire ne cherche pas à stimuler la combativité des masses, ni à connaître les aspirations de celles-ci, il ne cherche qu’a superposer des conceptions déjà hégémoniques au sein du PCF sur les conceptions de celles-ci.

    Vox populi, vox Dei ? L’argument du désir des masses, du désir d’une population vidée de son contenu de classe, est un argument creux, démagogue. En faisant cela, le PCF se met à la remorque de conceptions qui peuvent être réactionnaires, sous prétexte qu’elles puissent être hégémoniques. Le rôle d’un Parti est de  stimuler, de diriger la lutte, de la faire progresser politiquement, non de devenir un porte-parole neutre de la population -comme si cela avait un sens- y compris des thèses fausses et erronées.

    Si 95% des sondés disent que le communisme est mauvais, le Parti Communiste – si tant est que ce terme ait encore un sens pour lui – doit-il se mettre à le clamer ? Ou, au contraire, devrait-il lutter contre ces idées fausses, en faisant, au sein des masses, d’une part la démonstration de la supériorité du système socialiste sur le capitalisme, et le fait, en pratique, que l’idéologie marxiste-léniniste est celle qui permet la libération des masses ? C’est ce que ferait un parti communiste. Un Parti Communiste est capable de déterminer la part juste des idées des masses, et les aspects faux. Il soutient les unes et lutte contre les autres.

    Admettons que le communisme soit majoritairement rejeté par le prolétariat. Les militants communistes peuvent, pour autant, s’appuyer sur la minorité la plus avancée, la moins touchée par les verbiages anticommunistes. Mais les militants et militantes doivent aussi, en s’appuyant sur le vécu des masses, sur leurs conditions de vie, sur l’exploitation et la domination qu’elles subissent, démontrer que la lutte contre la bourgeoisie et pour la révolution est la seule voie qui apporte une résolution. Même si cela demande de lutter, parfois de manière aigue, contre des conceptions fausses. Au faux vox populi, nous préférons le vox proletari.

    Un parti opportuniste, amorphe, démagogique comme le PCF, lui, ne cherche qu’a canaliser vers la réforme la colère des masse, où de s’appuyer sur elle pour avancer sont propre programme. Programme qui correspond aux intérêts de la classe qu’il sert réellement : la petite-bourgeoise et l’aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme.

    Le « mandat populaire » est vide de contenu de classe.

    Comment serait-il crédible que ce questionnaire puisse être démocratique et valable ? Quel contrôle peut être effectué sur l’utilisation du contenu ? En supposant que les 500 000 personnes qui rempliraient ce questionnaires seraient, pour un part, constitués de mauvais esprits qui tenteraient d’envoyer le PCF dans une voie plus ridicule encore que celle qu’il prend actuellement, que ferait la direction des résultats ? Les adouberait-elle, ou les enterrerait-elles ?

    La citation attribuée à Staline -une parmi tant, non-sourcée- indique qu’il aurait déclaré, avec justesse, que l’important n’est pas tant le vote que celui qui le compte.

    Combien d’organisation, de mouvements, font le coup de la plate-forme internet pour permettre l’expression publique et populaire, prétendument, mais pour ensuite n’en tenir aucunement compte ? N’est-ce pas déjà le cas de la France Insoumise, voir même celui de La République En Marche, une façade de démocratie, mais un contrôle interne opaque et obscur.

    Le nouveau paradigme du mouvement, prenant le pas sur les partis, le permet pleinement. Un mouvement, pour reprendre la citation de Mélenchon n’est  «ni vertical, ni horizontal, il est gazeux, c’est-à-dire que les points se connectent de façon transversale: on peut avoir un bout de sommet, un bout de base, un bout de base qui devient un sommet…». Un parti, en revanche, fonctionne autour de statuts, de règles, de congrès, de conférences, d’assemblées générales, d’instances démocratiques et décisionnelles. Ces mêmes instances, déjà torpillées par le PCF, sont maintenant en passe d’être liquidées complètement.

    In fine ce questionnaire se prétend « exploratoire », mais il est manipulatoire. Il sert a faire adouber un programme déjà dessiné sur le fond, au sein du PCF. Ce programme électoral -à défaut de programme politique réel- tente d’utiliser la vox populi, la voix populaire, pour justifier un programme intégralement réformiste.

    A défaut de choix, ce questionnaire sert à préparer le terrain à un programme social démocrate de bas étage, dans le seul but de court-circuiter les adhérents qui s’accrochent à une idée révolutionnaire. Le prochain congrès du PCF sera dominé par cette voix du peuple que prétend incarner ce questionnaire. Il est déjà le texte de congrès. Il incarne déjà la ligne opportuniste, apolitique, économiste qui sera mise en oeuvre.

    Car là réside le drame. Combien de militants et de militantes sincères s’accrochent pour garder une « vieille maison » auquel ils et elles ont vouées -nous utilisons désormais l’accord de proximité- leurs vies ? Suffisamment pour que cela soit triste. Nous les comprenons, nous comprenons qu’ils et elles puissent vouloir renflouer le Titanic, puissent vouloir sauver ce qui fut, à une autre époque, le poing d’acier du prolétariat en lutte.

    Le PCF est irrécupérable. Sa structure n’est pas celle qui convient à un parti de type léniniste. Il n’est plus qu’un outil rouillé de conquête ou -plutôt- de conservation de quelques mairies, de quelques bastions. Il n’est pas un outil qui correspond à la tâche révolutionnaire, il n’est pas un parti révolutionnaire.

    Nous ne voulons pas, pour autant, construire nous-mêmes un mur de Berlin entre les militants et militantes PCF sincères et nous. Celles et ceux qui partagent le même fond idéologique sont dans la même bataille, livrent le même combat. Nous pensons qu’ils et elles ont tort sur cette question cruciale, et nous regrettons qu’ils soient les otages d’une direction, de cliques, qui se servent d’eux, les essorent, les mettent à leur service comme recruteurs « de gauche », pour maintenir en vie un zombie.

    Aujourd’hui, symbole de la déliquescence de ce zombie, Pierre Laurent compte supprimer la référence au communisme. Même au seuil de la mort, ce recul demeure grave. Même si le PCF ne l’a guère portée dignement, la destruction de cette référence idéologique demeure dans la droite ligne d’une tentative d’éliminer le communisme de la scène publique, de l’exterminer.

    A celles et ceux qui souhaitent répondre au questionnaire, nous ne pouvons que les inciter à le subvertir au maximum et à diffuser cette subversion. Celle-ci ne peut, à nos yeux, que passer par la mise sur la table, de la manière la plus massive et la plus large, d’un élément central, essentiel, incontournable de la définition politique du communisme : la dictature du prolétariat.

    Quelque soient les symboles, les noms, les termes employés dans les textes de congrès, ils n’ont pas de sens si ils ne forment pas le socle, la base, autour de laquelle tout s’agrège -cadres, structure, organisation, principes de direction.

    Nous ne pouvons qu’appeler les militants et militantes du PCF à acter que leur parti ne correspond plus à cela. Nous ne pouvons que les appeler à en faire le deuil et à avancer. Avancer vers la construction de l’outil qui manque aux masses, à l’heure actuelle : un parti léniniste, un parti pour battre la bourgeoisie, un parti pour construire le socialisme, capable de diriger l’action des masses vers la victoire.

  • Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique – 1956

    Deux Critiques Contemporaines du Vingtième Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique

    1956

    La question du XXème congrès du PC(b)US est une question plus que centrale. Elle représente, en quelque sorte, un point de bascule, le point à partir duquel le camp socialiste se fissura, se fragmenta, et, pour finir, se scinda.

    Aujourd’hui, nous produisons deux textes, l’un de Neil Goold militant communiste irlandais; l’autre de Moni Guha, militant indien. Les deux sont intéressant à plus d’un titre, notamment du fait de leur précocité, puisqu’ils furent l’un et l’autre publiés en 1956.

    Nous reproduisons ici la préface qui présente les deux documents.

    Les thèses du Vingtième Congrès du PCUS en 1956 ont gagné l’appui non seulement d’un certain nombre de partis, qui plus tard s’en sont distancés eux-mêmes en partie. Le Parti Communiste de Chine, le Parti Communiste du Vietnam et le Parti des Travailleurs de Corée mais aussi le Parti du Travail d’Albanie, lequel a mené le combat contre les positions du PCUS de l’intérieur du Kremlin lui-même à la réunion des 81 Partis Communistes et Ouvriers en 1960. Par la suite, il a étendu cette lutte pour embrasser la gamme entière du révisionnisme moderne.

    Dans ce contexte les articles de Neil Goold et Moni Guha représentent un accomplissement substantiel. Encore plus car les deux critiques ont été publiées à la suite du Vingtième Congrès et furent mis sous presse avant la publication du ‘Rapport Secret’ de Khrouchtchev dans le ‘New York Times’ en juin 1956.

    L’article de Neil Goold est tirée du livret comprenant trois articles de sa main intitulés ‘Le vingtième Congrès et Après’, lequel fut réimprimé par la maintenant défunte organisation Communiste Britannique et Irlandaise en 1973. Neil Goold était un Irlandais qui a vécu et travaillé en Union soviétique de 1929 aux années 30 et qui a épousé une russe. Il devint un communiste et a soumis sa demande pour devenir membre du PCUS. On lui a suggéré qu’il devait retourner en Irlande et rejoindre le Parti communiste d’Irlande. Il était actif dans le PCI de 1937 à 1939, lorsqu’il fut interné dans le camp de concentration Curragh au début de la guerre. À sa sortie de prison il s’est opposé au CCPP, pour s’être audissous lui-même, sa direction n’étant pas préparée à mettre en œuvre une politique internationaliste d’appui pour le front uni contre le fascisme, après l’invasion par les nazis de l’URSS en 1941. Une telle politique serait allée à l’encontre de la politique de neutralité de Valera, qui était compatissante à l’idée d’une alliance avec l’Allemagne Nazie contre la Grande-Bretagne. Au début des années 1950 Neil Goold était actif dans la Connolly Association à Londres où il est entré en conflit avec l’opportunisme de C. D. Greaves. En avril, 1956 il a publié l’article publié ci-dessous. L’année suivante, ayant rétabli contact avec sa femme et son fils, il est retourné en Union soviétique.

    En 1956 le Parti communiste de l’Inde au Bengale Ouest a été divisé en deux sections, les Dangeites qui étaient les avocats de la Démocratie Nationale et un deuxième groupe qui a soutenu la conservation du programme de la Démocratie Populaire. Le rapport de Khrouchtchev a été accueilli par les partisans de Dange et fut opposé par les Anti-Dangeites. Face à une vague de ressentiment parmi les rangs, le CCPP a à la hâte organisé une réunion du Corps Général

    La direction des deux groupements a réduit la question du Vingtième Congrès à un simple question de soutien ou d’opposition à Staline. C’était Moni Guha, avec quelques camarades, qui ont protesté contre cette méthode de présentation de la question et trouve en ceci la signification politique et idéologique: ils ont argumenté que le point centrale de la charge était les principes et l’idéologie du Marxisme-Léninisme. Dangeite et anti-Dangeite ont fait front commun contre cette interprétation. ‘Un Comité pour la Défense du Marxisme-Léninisme et de Staline’ a été formé sur l’initiative de Moni Guha et un prospectus a été distribué parmi les communistes dans lequel il a été explicitement soutenu que ‘le 20ème Congrès est le Congrès du Révisionnisme et il doit être battu comme Lénine s’est battu contre la Seconde Internationale et la Sociale Démocratie’ (Cette ligne a été incorporée dans la Préface du livre ‘Vingtième Congrès et Staline‘). L’agitation avait un impact tel que la direction du CCPP a été contrainte d’organiser un forum ouvert. Mais ce forum fut publié dans ‘Parichaya’, un magazine littéraire qui était pratiquement contrôlé par le groupe Dangeite. Le premier article du forum ouvert a été écrit par Saroj Acharva, un intellectuel Marxiste renommé, défendant le Vingtième Congrès et diffamant ‘la méthode mécanique sans vie de Staline’. Le deuxième article, celui de Moni Guha dénonçait le 20ème Congrès comme le Congrès du Révisionnisme et soulignait le besoin primordial de le combattre. Le troisième article était de Abdul Momin, victime de la période Ranadive, ex-secrétaire-général du B.P. T U. C., ex-membre du Comité Provincial du CCPP et la figure légendaire de la Grève Carter Calcutta. Il doit être noté que les Camarades Moni Guha, Momin et Satya Gupta (un fonctionnaire de ‘Parichaya’) ont conjointement projeté le contenu de leurs articles. Après la publication de l’article de Abdul Momin, les dirigeants de ‘Parichaya’ ont brusquement fermé le forum ouvert sans accompagner cela d’une raison. Celle-ci étant probablement liée a l’influence de l’article Chinois, ‘Sur l’Expérience Historique de la Dictature du prolétariat’ qui a soutenu et développé les thèses de Khrouchtchev. Cependant, Camarade Satya Gupta fut capable de publier son histoire ‘la Conversation des Morts – Marx, Engels, Lénine et Staline’ sur le Vingtième Congrès. L’article de Moni Guha publié ci-dessous fait partie d’un plus long morceau publié en juillet 1956 au Bengali; il est réimprimé à partir de la traduction anglaise publiée dans le Proletarian Path, Vol. 1, No 4, juin 1994, pp. 40-46.

  • La Signification Historique du Vingtième Congrès -1995- Victor Anpilov

    La Signification Historique du Vingtième Congrès -1995- Victor Anpilov

    La Signification Historique du Vingtième Congrès

    -1995-

    Victor Anpilov

    Dans l’optique de poursuivre notre publications de travaux difficilement disponible en français, nous publions aujourd’hui un article de V. Anpilov, rédigé en 1995, revenant sur l’oeuvre de destruction opérée par Khrouchtchev et Brejnev contre le socialisme. Ci-dessous, nous reproduisons la courte introduction de l’article, illustrative de son contenu. Bien que marqué par un point de vue enveriste, avec une relative gratuité, il n’en demeure pas moins un document à lire. 

    « Sur le 40ème anniversaire du Vingtième Congrès nous publions une analyse qui soutient que c’était un événement historique qui a été appelé à Établir la correspondance entre les nouvelles relations de production découlant de la destruction du mode socialiste de production entre 1953 et 1956 et la superstructure toujours ‘non reformée’. Dans cette perspective le congrès apparaît comme une partie intégrante d’un processus objectif ne dépendant pas de la volonté des acteurs sur la scène historique, ni du rôle subjectif joué par les Membres du Politburo ou du ‘Rapport Secret’ de Nikita Khrouchtchev. Le Vingtième Congrès a préparé le terrain pour le déplacement de Molotov, de Kaganovitch et de Shepilov de la direction du PCUS en 1957, éliminant ainsi la dernière résistance politique à la conversion des moyens de production dans l’industrie Soviétique en commodités et l’introduction du principe de rentabilité dans les entreprises en 1957-58. Dans les années après le Vingtième Congrès, le PCUS et le CPC ont voilé la signification réelle de l’événement. En faisant ainsi avec grand soin ils ont conjointement obscurci la nécessité de principe de la transition au communisme en URSS comme cela avait été décrit par Staline, la transition à la Dictature du prolétariat et la construction du socialisme dans la République populaire de Chine; pour la conservation de la dictature du prolétariat jusqu’à la victoire du communisme à l’échelle mondiale et la nécessité de l’abolition des classes sous le socialisme. L’analyse suivante a été présentée de la part du Comité International pour la Restauration de l’Union soviétique à une réunion tenue à Rome en juillet, 1995 par le groupe ‘Iniziativa Comunista’ à l’occasion de la publication de l’édition italienne du livre ‘Conversations en Prison’ par le Leader du Parti des Ouvriers Communistes russes, Victor Anpilov. »