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  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 3

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 3

    La contre-offensive.

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

     

    L’offensive début le 19 novembre, dès le départ, les alliés Roumains et Italien sont pulvérisés. L’armée soviétique fonce, balayant tout sur son passage, écartant toutes les difficultés par la vitesse, la manœuvre, par l’habitude de la neige et du froid. Le deuxième jour, la ligne de vie des fasciste, la ligne de chemin de fer de Kalatch est prise. Elle signe la condamnation à mort de l’armée de Paulus.

    L’armée Allemande tente de se défendre, elle mord comme un animal pris au piège. Mais celui-ci est trop fort, trop puissant, trop minutieux pour lui laisser le moindre échappatoire. Les Allemands sont rejetés loin de Stalingrad. Ceux qui y sont toujours sont au mieux des prisonniers, au pire des condamnés à mort.

    Goering, le maître de la Luftwaffe, l’orgueilleux et pompeux seigneur, promet de ravitailler la poche, le Kessel. 500 tonnes sont à livrer hebdomadairement pour que l’armée résiste. Il s’agit d’une tâche impossible, dans laquelle l’aviation de transport et de bombardement paie un prix immense, tandis que la DCA soviétique et les chasseurs rouges s’en donnent à cœur joie. 

    Le froid est extrême, la faim est intense dans la poche. Les blessés meurent faute de soin, pendant que s’obstinent à une résistance sans objet les généraux fascistes. Pour retenir les troupes soviétiques le plus longtemps possible, ils sacrifient le sang de leurs hommes.

    Les bombardements, les assauts, brisent les hommes de la VIème armée. Elle est a bout de souffle. Elle s’éteint. Après plusieurs entrevues n’ayant pas débouché sur des possibilités de reddition, les soviétiques écrasent finalement la poche.

    Les Allemands rêvaient de traverser la Volga, ils le firent sous la forme de colonnes de prisonniers, chargés par la suite de reconstruire ce qu’ils avaient détruit. Les nazis furent furieux que leurs généraux ne se suicidèrent pas. Friedrich Paulus déclara, rejetant cette coupe de cigüe qu’était sa nomination au grade de Maréchal : « Les morts ne s’intéressent plus à l’histoire militaire. »

    Le 2 février, il y a 75 ans, une moisson de généraux se rendaient ainsi à l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans. 5 mois d’une bataille acharnée, dans laquelle un demi million de soldats soviétiques et 300 000 civils tombèrent, tandis que 600 000 hommes et femmes étaient blessées. Elle coûta aux nazis et à leurs alliés 400 000 hommes et 110 000 prisonniers. Ces pertes terribles, terrifiantes, furent amèrement pleurées par les soviétiques, mais purent être surmontées. Les Allemands, en revanche, perdaient l’élite de leurs troupes et ne s’en relevèrent pas.

    En réaction, le 18 février 1943, Gobbels fit son discours du Sportpalast, devant 14 000 membres du NSDAP, dans lequel il appela à la guerre totale et à la mobilisation intégrale de l’industrie et de la population Allemande. Ce discours hystérique fardé de rhétorique ne servit qu’à une chose : prolonger les souffrances des civils pris dans la guerre, pris dans l’étau d’un système criminel et despotique. Trop peu, trop tard pour vaincre. Juste à temps pour permettre les massacres, les ravages, les crimes. La fuite en avant ne servit que de sursis aux élites nazies.

    Elle coûta aux fascistes la guerre. Après Stalingrad, les fascistes ne stopperont les soviétiques qu’a deux reprises :

    à Kharkov, entre fin février et juillet, ce qui déboucha sur la plus grande bataille de chars de l’histoire, Koursk, où l’armée  Allemande fut pulvérisée et où sa colonne vertébrale fut brisée.

    à Varsovie, du fait de ses trop grandes lignes de communication, et où les fascistes en profitèrent pour écraser l’insurrection de Varsovie, orchestrée par un groupe de nationalistes anticommunistes, qui voulaient profiter de l’arrivée de l’Armée Rouge pour restaurer la Pologne dictatoriale et nobiliaire. Ce geste criminel coûta des milliers de vies humaines pour un résultat nul.

    Stalingrad est bel et bien le tournant de la guerre.

    Dans le monde entier, les peuples reprennent espoir. Les résistances comprennent qu’elles ne sont plus des combat d’arrière garde, mais bien l’avant garde du monde nouveau qui émergera de la victoire.

    Les autres fronts, vidés de leurs réserves, s’effondrent. L’Afrique est libérée de la présence Allemande et Italienne. En juillet 1943, les alliés peuvent ainsi débarquer en Sicile et prendre pied sur le continent.

    Sans la bataille de Stalingrad, rien de cela n’aurait été possible. Ni débarquement, ni libération. Si les capitulards, les collaborateurs, les agents du compromis et de la trahison n’avaient pas connu les procès de Moscou, n’avaient pas été traqués par le NKVD, rien de cela n’aurait été possible.

    L’URSS a serré les dents, serré les poings, serré les rangs pour que le monde soit libre.

    A ce moment, le monde entier le savait et l’honorait. Aujourd’hui, par anticommunisme ou pour des raisons géopolitiques, certains veulent taire cette victoire des défenseurs de la liberté.

    Pourtant l’épée de Stalingrad, forgée sous les ordres du roi Georges VI, demeure un symbole de la dette du monde vers ces peuples. « Aux cœurs d’aciers de Stalingrad, le roi George VI fait présent de cette épée en témoignage de la reconnaissance du peuple britannique »

    Présent à la remise de celle-ci, à Téhéran, Roosevelt nota : « lorsque Staline prit l’épée sur son coussin de velours, il eu les larmes aux yeux, je les ai vues, ensuite il rabaissa l’épée dans un mouvement de noblesse spontané ».

    Vorochilov, dans sa maladresse proverbiale, la fit tomber par terre à grand fracas, chose que les actualités ont pudiquement coupé.

    Aujourd’hui, l’appel de la mère patrie, cette immense statue de béton de 85 mètres de haut, rappelle le sacrifice des peuples soviétiques. Ne les oublions pas. N’oublions pas non plus que certains immondes personnages tentent de les classer dans les « morts du communisme. »

    L’URSS paya plus cher que cette triste liste de décès Les concessions qu’elle dû faire envers l’armée, les ingénieurs, les cadres d’usine se payèrent chèrement. L’URSS ne fut plus jamais la même. Comme nous l’avons mentionné dans notre brochure sur le 9 mai 1945, les agents de la restauration des rapports capitalistes, les liquidateurs de l’économie planifiée, les anesthésistes de la lutte des classe reprirent des forces.

    Nikita Khrouchtchev, qui fut commissaire politique à Stalingrad, est illustratif de cela. Les liens que celui-ci tissa avec l’armée, avec les ingénieurs, le propulsèrent, avec Mikoïan et Kossyguine, comme les leviers de l’offensive de droite au sein du PC(b)US. Après la guerre, s’appuyant sur ces concessions, ces sinistres personnages vont œuvrer à liquider la ligne léniniste, ce qu’ils parviendront à faire. En 1952, au XIXe congrès du PC(b)US, la ligne défendue par les bolcheviks est minorisée. En 1956, elle est marginalisée et remisée, tandis que les masses sont épuisées par les 27 millions de sacrifiés pour la paix et la liberté.

    Hélas, l’expression ‘ »les meilleurs s’en vont les premiers » n’est pas que vacuité. Les meilleurs militant bolcheviks ont fait don de leur vie, de leur chair, pour sauver le monde. L’URSS, en tant qu’Etat socialiste, s’est ainsi offert lui-même tout entier.

    Ne l’oublions, cela aussi, jamais !

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    Stalingrad

    En été 1942, les fascistes tentent de reprendre l’avantage. Mais ils ont perdu une grande partie de leur allant, de leur entrain, de leur vigueur. La victoire se recherche dans le sud, dans le Caucase, dans la jonction avec la Volga, dans les champs de pétrole de Bakou. Les Allemands prennent finalement Sébastopol, après 8 mois de siège. Ils avancent et prennent Rostov-sur-le-Don en juillet. La ville, minée, explose littéralement sous leurs yeux.

    Rostov-sur-le-Don est une ville discrète, mais importante. Importante car sa perte entraine une vague de réforme en URSS. Une vague de réformes qui entame un relâchement de la bride des généraux, dont les tendances bonapartistes suscitaient une légitime méfiance. Des réformes concédées par l’urgence de la situation, donnant plus de liberté aux ingénieurs en chef, aux dirigeants d’usine, aux directeurs de camps de travail, aux officiers, aux généraux. Une concession terrible, dans un pays marqué par la lutte des classes aigüe, une concession faite au monde pour le protéger du fascisme. Surtout, le célèbre Ordre du Jour N° 227 est édicté. Plus un pas en arrière ! L’Armée Rouge raidit sa résistance, se prépare à l’affrontement le plus important, le plus stratégique.

    Des concessions qui seront payées par le pouvoir bolchevik, bien des années plus tard, par sa propre perte.

    Hitler fait une erreur monumentale, en croyant l’ennemi en déroute. Lorgnant sur deux lièvres stratégiques en même temps, il découpe ses forces entre la VIème armée de Paulus et la IV armée blindée de Hoth. Le premier fonce vers Stalingrad et la Volga, le second vers Bakou et son pétrole. Les deux échouent, mais ne le savent pas encore.

    Stalingrad suscite, bien qu’il s’en défende, l’obsession du Führer. La ville est placée sur la charnière entre le Caucase et le reste de l’Union, elle est un noud de communication important, un axe fluvial essentiel. Elle est la dernière grande barrière qui sépare l’hitlérisme des immenses plaines, à l’est, mais également de la jonction avec l’Iran, l’Irak, avec Rommel au loin. Prendre la ville revient à priver l’URSS de son potentiel énergétique. Prendre la ville revient à la couper en deux. Prendre la ville revient à gagner une position de force inestimable, à se doter d’une base de départ pour prendre également Moscou à revers.

    Mais Stalingrad est plus que ça, elle est aussi un symbole. La ville, auparavant Tsarytsine, est une ville qui est entrée dans l’Histoire lorsque, en janvier 1920, Simon Boudienny ; Kliment Voroshilov et le jeune Joseph Staline reprennent la ville aux blancs. Cette victoire mit un coup d’arrêt aux opérations des tsaristes dans le secteur, permit de gagner Astrakan et l’embouchure, permit de consolider la jeune république soviétique. La ville hypnotise les nazis, qui y voient en coup fatal porté au prestige du gouvernement soviétique et de sa direction.

    Hitler insiste pour faire de la prise de Stalingrad un bain de sang, un massacre, un holocauste. Hitler mobilise la Luftwaffe pour frapper fort. 600 bombardier frappent la ville le 23 août 1942. Ce raid a le douteux privilège d’être le premier à déclencher une tornade de flamme. Cette tempête ravage la ville, tuant environ 40 000 citoyens soviétiques. Cependant, les monceaux de ruines n’avantageront pas les envahisseurs. Chaque mètre carré de la cité est un piège, chaque immeuble une forteresse. Le silo à grain de Stalingrad, ainsi, eut à subir un siège en règle avant de tomber. Une colline, le Kourgane de Mamaï, devient un enjeu aussi important qu’un sommet himalayen.

    L’Usine Barrikady tout comme l’usine Octobre Rouge continuèrent à produire leurs chars T-34, les meilleurs chars du monde, jusqu’à ce que les nazis l’assiègent. Là encore, les ouvriers rejoignirent les milices au combat, compensant leur inexpérience par leur courage.

    Les navires de la Volga réussirent à ravitailler les armées acculées au fleuve, en faisant preuve d’une obstination sans faille, tandis que les faucons rouges disputaient au Stukas et aux Focke-Wulf la supériorité aérienne au dessus de la ville. Le meilleur de l’armée Allemande se heurte aux moujiks et aux ouvriers et ouvrières soviétiques.

    La guerre est cruelle, elle est impitoyable. Les soldats allemands découvrent la terreur du combat urbain. Chaque fenêtre peut héberger un camarade de Vassili Zaitsev, le plus célèbre tireur d’élite de la RKKA. Chaque pan de mur peut cacher le soldat armée d’un pistolet-mitrailleur qui emmènera l’envahisseur au Walhalla. Chaque pas emmène sur une mine. L’armée Allemande s’use, se fragilise. 

    Les soviétiques, à ce moment là, étaient en infériorité numérique. Souvent, les anticommunistes, appuyés sur les documents issus de la propagande fasciste, les représentent comme une force immense, grouillante, amorphe et atone. Souvent, l’imagerie représente l’armée rouge comme attaquant vagues après vagues pour submerger l’ennemi sous le nombre. Cette métaphore insectoïde ne sert qu’a avilir les combattants soviétiques. Stalingrad se déroule du fort au faible, et ce n’est que par son extraordinaire force, sa mobilisation exemplaire, que le peuple soviétique pu remonter la pente, quantitativement et qualitativement. Le prêts-bails commençait à peine, bien qu’il joua un rôle dans la capacité de résistance soviétique que seuls les dogmatiques peuvent exclure.

    Tandis que la 62ème armée et la 64ème se battaient pour chaque pouce de terrain, la Stavka prépara une opération pour bousculer le cours de la guerre. C’est là une réunion qui est restée célèbre dans les mémoires de Joukov, dans lesquelles il démontre ainsi la manière dont le gouvernement soviétique dirige la guerre. La décision est collégiale, le débat est sincère, les désaccords ne débouchent pas sur des sanctions. Le haut-commandement soviétique se professionnalise, tandis que celui des nazis s’enfonce dans l’irréel.

    Joukov lui-même en parle ainsi, pour répondre aux accusations de Khrouchtchev :

     « Il faut dire, comme je m’en suis convaincu au cours des longues années de la guerre, que J. Staline n’était pas du tout un homme devant qui les problèmes difficiles ne pouvaient être évoqués ; avec qui on ne pouvait discuter et même défendre énergiquement son point de vue. Si certains affirment le contraire, je dirai simplement que leurs assertions sont fausses. »

     Aux séances du Comité d’Etat à la Défense qui se tenaient à n’importe quel moment de la journée, en règle générale au Kremlin ou bien dans la villa de Staline, les problèmes les plus importants étaient étudiés et résolus. Très souvent, aux séances du Comité d’Etat à la Défense, éclataient de vives discussions, au cours desquelles les opinions s’exprimaient de manière précise et tranchée. D’habitude, J. Staline allait et venait autour de la table, écoutant attentivement ceux qui discutaient. Lui-même était peu loquace, et n’aimait pas la prolixité des autres. Souvent, il arrêtait ceux qui parlaient par un « soyez plus brefs » ou « soyez plus clairs ».

     Il ouvrait les séances sans mot d’introduction. Il parlait bas, avec aisance uniquement de la question. Il était laconique et formulait clairement ses pensées. J. Staline était un homme volontaire qui, comme on dit, n’avait pas froid aux yeux.

    Une seule fois, je l’ai vu assez abattu. Ce fut à l’aube du 22 juin 1941, sa conviction en la possibilité d’éviter la guerre venait d’être détruite.

    Après le 22 juin 1941, et pendant la durée de la guerre, J. Staline de concert avec le Comité Central du Parti et le Gouvernement soviétique, assura la ferme direction du Pays, de la guerre et de nos relations internationales » (Mémoires, 1970)

    Obligés d’accentuer de jours en jours leurs efforts pour tenter de prendre la ville, les nazis s’enferrent dans un piège. Persuadés d’être les maîtres, ils négligent leurs flancs et leurs protections. Ils se persuadent que l’arrivée de l’hiver sera leur victoire, car les Soviétiques devront se battre sur deux fronts : eux et la Volga impraticable, charriant des blocs de glace.

    Ils croient la victoire a portée de main. Chaque jour, les journaux nazis trépignent de ne pouvoir sortir la manchette « Stalingrad gefallen ! » Stalingrad est tombé. Hitler se justifie, disant qu’il ne veut pas d’un nouveau Verdun, qu’il faut réduire petit à petit la poche. Italiens et Roumains, alliés méprisés, gardent leurs arrières, dans le froid, la misère, les privations.

    L’offensive soviétique est méticuleusement préparée par Joukov. Il visite lui-même les secteurs du front. L’idée est la suivante : encercler la VIème armée Allemande dans Stalingrad, l’écraser et foncer vers l’ouest, rejeter les hordes d’envahisseurs le plus loin possible.