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  • Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 2

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 2

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ?

    Partie 2 – Guerre et paix

    La politique intérieure de Macron est d’ores et déjà une politique d’agression massive contre les droits sociaux, politique dans la droite ligne de ce qu’avait entamé le Parti Socialiste, dépassant les désirs les plus fous de la grande bourgeoisie.

    La politique intérieure de la France est dans la même veine. Elle sert, premièrement, d’alibi à une sécurité renforcée et à l’augmentation des prérogatives de la police et des services de renseignements. Macron conçoit le monde qui entoure la France comme un monde « dangereux », face auquel celle-ci doit se renforcer, se protéger, se barricader. Tout comme à l’époque de l’élection présidentielle, Macron joue sur un discours prétendument rassembleur, affirmant qu’il n’existe pas de contradiction entre la pratique de l’Islam et la République française.

    « [L]a République n’a aucune raison d’être en difficulté avec l’islam, pas davantage qu’avec aucune autre religion. La laïcité du reste commande qu’elle n’ait pas à en connaître et veut simplement que soit garantie à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire. »

    Cependant, quelques lignes plus loin, il ne cache pas son intention d’intervenir dans la manière dont les croyants pratiquent leur foi.

    « C’est pourquoi dès l’automne, nous clarifierons cette situation en donnant à l’islam un cadre et des règles garantissant qui s’exerceront partout de manière conforme aux lois de la République. (Souligné par les militants et militantes de LREM, NdR) »

    Il s’agit d’un retour sur le devant de la scène de l’idée promue par Nicolas Sarkzoy d’un contrôle au travers d’une institution ad hoc, dans le but de contrôler les imams. Ce gallicanisme adapté à l’Islam n’a eu comme conséquence que d’accroître le sentiment de défiance entre des croyants se sentant constamment soupçonnés et épiés face à l’État et aux institutions. Même du point de vue de l’État, cela fut un échec.

    Répondre à la « menace intérieure », dans un gouvernement dominé par des personnalités aussi réactionnaires et virulentes que Gérard Collomb, ne se fait pas dans la dentelle. Hypocrite, Emmanuel Macron évoque le lien entre pauvreté et violence :

    « De cet ordre républicain, la sécurité est le premier pilier, car l’insécurité frappe avant tout les plus modestes, les quartiers les plus populaires, les classes populaires et moyennes qui n’ont pas forcément choisi là où elles habitent et en subissent toutes les conséquences. La police de sécurité du quotidien reconstitue cette proximité de la population et de la police qui donne un visage à l’autorité et qui conjure le sentiment d’abandon ou d’oubli de populations livrées à des lois qui ne sont plus celles de la République. »

    Mais il s’empresse de déclarer que leur infortune est liée au fait que les sans-le-sou n’ont «  pas forcément choisi là où elles habitent et en subissent toutes les conséquences. » Intrigante dichotomie. Dans ces quelques mots, Macron montre comment fonctionne la propagande réactionnaire : elle sépare les bons miséreux, qui courbent l’échine, qui acceptent sans maugréer leur sort, et les mauvais, ceux qui se tournent vers l’illégalité. Mais dans les faits, il ne s’adresse qu’aux premiers, comme si les autres étaient des deus ex machina, sortis de nulle part, sans lien avec le fait que le capitalisme engendre la misère, et que la misère engendre la violence. L’insécurité est le fruit de l’exploitation.

    Macron prétend répondre à cela par le retour des services publics et de l’emploi. Difficile à croire. Difficile à croire que la concentration des pouvoirs -et de la fiscalité- dans les mains de l’Etat permettrait un retour du tissus associatif, anémié par l’absence de soutien et de subventions. Dans les faits, la réponse est la répression. Police. Sécurité. Armée.

    C’est également ce qui est le destin des mobilisations et des occupations. La nouvelle direction de l’Etat entend trancher avec « le laxisme » de l’équipe précédente.

    « Pendant ces derniers mois, nous avons aussi mis fin aux occupations illégales du domaine public auquel nous nous étions trop habitués depuis des années à Notre-Dame-des-Landes comme à Bure qui laissaient les habitants dans le désarroi. »

    Réponse, là aussi, faite sous la forme de la répression, de la violence, de la brutalité à outrance, dans laquelle les forces de l’ordre françaises sont en passe, elles aussi, de devenir des championnes. Le renseignement, déjà renforcé par les blanc-seings signés par les gouvernements précédents, est à nouveau un point important du discours de Versailles.

    « La sécurité recouvre également la lutte contre le terrorisme. Sur ce point, nous avons poursuivi les transformations indispensables, réarmé notre organisation à tous les niveaux en particulier grâce à la loi sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme qui a permis de sortir de l’état d’urgence et d’instituer dans notre droit les instruments indispensables pour lutter contre le terrorisme contemporain. »

    Nouvelles dispositions juridiques, possibilités de traitement préventif des menaces, transfert de compétences à l’administration à la place des juges… Les législateurs n’ont pas chômé pour permettre à la répression d’être la plus efficace possible. Ils ont d’ailleurs trouvé des alliés qui, au premier abord, pouvaient surprendre, tels que Force Ouvrière ou Lutte Ouvrière, mais qui, in fine, est une position logique, compte tenu de leur contenu idéologique.

    Intérieur et extérieur se rejoignent. Les questions relatives aux réfugiés, aux migrations, aux centres de rétention sont peu évoquées. Il faut dire qu’il s’agit d’un sujet qui divise, même chez les parlementaires de LREM, lesquels, sans expérience politique, réagissent parfois avec des sentiments humanitaires à la souffrance des réfugiés. D’une manière générale, quand ils sont évoqués, c’est pour justifier l’intervention impérialiste française en Afrique, pour justifier les bombes et les crimes.

    « Cette jeunesse, aujourd’hui, qui quitte l’Afrique pour prendre tous les risques et qui n’a pas droit dans une large majorité à l’asile, c’est la jeunesse du désespoir, c’est la jeunesse à qui on n’a plus donné de projet, qui vient du golfe de Guinée ou d’une bonne partie du Sahel. La France et, avec elle, l’Europe doivent rebâtir les termes d’un partenariat car cette Histoire contemporaine ne nous rappelle qu’une chose : nous ne sommes pas une île et nous avons destin lié. »

    Ces partenariats qui font consensus des humanitaires aux impérialistes ne sont qu’une seule et même chose: un pillage organisé des ressources de l’Afrique et son asservissement. Mais, intégrant cette question dans un cadre plus général, Emmanuel Macron en fait un tableau propre à frapper de terreur l’imagination.

    « Le terrorisme, le fracas du monde, l’immigration, nos échecs en matière d’intégration, les tensions de notre société depuis plusieurs décennies s’entrechoquent bien souvent dans la confusion et font germer une peur culturelle, civilisationnelle, le sentiment sourd que ce monde qui advient imposerait de renoncer à celui d’où nous venons avec ses fondamentaux et ses valeurs. »

    Le leitmotiv de Macron est donc celui de la peur. Quant aux « valeurs » de la France, elles sont un mystère récurent. Comme si cela n’avait pas un contenu de classe.

    « Nous vivons dans un pays qui ressent sourdement la peur d’un effacement culturel, d’un déclin lent de ses propres repères, des repères historiques qui ont forgé notre nation. » Avec une ligne pareille, il peut s’assurer la sympathie de celles et ceux qui croient en une menace sur la France, dominée, effacée, dont la culture et la langue est sur le point de dépérir… Et cela va de LFI et ses alliés -dont le PRCF- jusqu’aux plus réactionnaires des chauvins. Il est notable, d’ailleurs, que si « les riches » -jamais la bourgeoisie- existent dans les écrits de Jean-Luc Mélenchon, ils n’existent jamais dans les questions internationales, où seul règne l’interêt de la France et des « français », sous une forme a-classiste et a-sociale.

    Le discours de Versailles est un exemple même du discours chauvin. Sa rhétorique est celle de l’encerclement, du déclin de l’impérialisme français.

    « Ce projet ne peut se déployer que si nous en finissons avec ce renoncement où nous nous sommes enfermés depuis 40 ans qui voudrait que la France ne soit qu’une puissance moyenne. Cette idée nous a étouffés et meurtris, je crois moi que la France a les moyens de devenir de nouveau une puissance du XXIème siècle. » (Souligné par les militants de LREM)

    « Il nous faut la meilleure école, la meilleure université, la meilleure recherche.

    C’est pourquoi il nous faut la meilleure armée, les meilleurs systèmes de défense possibles. Dans un monde dangereux, la sécurité et les valeurs de civilisation doivent pouvoir se défendre lorsqu’elles sont menacées. »

    Menacées par qui ? Difficile à dire. Terrorisme, impérialisme russe… La guerre économique américaine est évoquée, mais elle n’est pas traitée concrètement. Cependant, Emmanuel Macron n’est pas avare en propositions pour changer la donne.

  • Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 1

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 1

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ?

    Partie 1 : Concentration du pouvoir et des impôts.

    Emmanuel Macron s’est exprimé devant le Parlement, réuni à Versailles, le 9 juillet. Dans un décorum d’Ancien Régime, il a pris la parole et s’est adressé aux parlementaires dans un discours fleuve de 85 minutes. Le coût de l’événement, immense, a contribué à entretenir une crispation autour des dépenses de la présidence de la République, entre usage de jet pour 100 pauvres kilomètres, vaisselle hors de prix et piscine privée à Brégançon.

    Mais le fond de l’affaire est ailleurs. Il est dans le fond du discours plus que dans la forme qu’a pu prendre cet événement. Les prétentions d’humilités qu’a pu mettre en avant le Président de la République ne peuvent qu’être risibles dans le sanctuaire du pouvoir monarchique. Un semblant hypocrite d’autocritique a été tenté. Il ne concerne que quelques points particuliers. Nous ne voyons pas auprès de qui s’excuse le Président de la République, tant il a pu remplir avec un zèle dévoué les objectifs que lui ont assignés les grands et grandes bourgeois et bourgeoises. Cependant, de l’autre côté il annonce des résultats magnifiques, résultats qu’un an d’exercice du pouvoir de peuvent permettre de mesurer, même dans le cadre de la politique bourgeoise, en particulier concernant l’éducation. Cela mis de côté, le fond du discours est plus que glaçant.

    La conception du pouvoir chez Emmanuel Macron pourrait quasiment être caractérisée comme un orléanisme à la sauce macronnienne. Au travers de lui, la bourgeoisie exerce en commandite directe le pouvoir. Humble, mais pas tant que ça, puisque tout suinte l’arrogance d’un pouvoir qui avance, pour reprendre la formulation de Clausewitz « en vedette », il est sur la crête de la vague et doit poursuivre son avancée avant que le contrecoup de sa politique de kamikaze ne l’entrave ou ne le paralyse.

    Certaines caractéristiques de l’État vu par Macron peuvent évoquer un retour à une période gaullienne, avec une concentration des pouvoirs et une concentration des compétences entre les mains de l’État. Le projet de réforme constitutionnelle de LREM vise à cela. Il vise à réduire le nombre de parlementaires, donc de réduire la représentativité de ceux-ci -déjà plus que minable en régime bourgeois- il vise également à changer la fonction de Président et à pouvoir doter celle-ci d’un pouvoir plus étendu. Pour le moment, le Président, hormis ce discours, n’a pas la possibilité de s’exprimer devant les parlementaires ni de débattre avec eux. N’étant pas responsable devant le parlement, il ne peut participer à cet événement au nom de la séparation des pouvoirs. Avec la réforme constitutionnelle, il le pourra.

    Seul des naïfs invraisemblables tels que Jean-Luc Mélenchon peuvent y voir une avancée ou une démocratisation. Celui-ci s’est exprimé « Victoire ! Macron s’incline. La prochaine fois, il devra écouter et répondre. Victoirissime, » Nous ignorons où Monsieur Mélenchon voit une victoire dans le fait que les pouvoirs se concentrent davantage entre les mains du Président de la République. Même les élus de « Les Républicains » ont fait preuve d’une clairvoyance nettement plus importante, en qualifiant cette manœuvre de « fusion » entre le poste de président et de premier ministre, l’irresponsabilité en plus. Dictant l’ordre du jour des débats, il pourra donner le ton à sa majorité, ajouter un système de commande directe de l’exécutif sur le législatif. Mélenchon ne le voit pas, car il est aveuglé par cette idée de mano-à-mano entre lui-même et le président de la République, tout comme son obsession l’avait poussé à se présenter à Hénin-Beaumont pour faire face à Marine Le Pen. Pourtant, son virage à 180° cinq ans après semblait illustrer un certain renoncement à ce genre de pratiques, qui ne lui portèrent guère chance.

    La culture politique de Macron, comme mentionné plus haut, est celle d’un orléaniste. Elle est celle de la direction directe, absolutiste. Il ne voit dans le Parlement qu’un rempart inutile, un espace de tergiversation et de négociation sans raison, autre que pour respecter la tradition. Missile kamikaze de la bourgeoisie, il n’a que faire de ces négociations, de ces entraves. N’ayant, pour le moment, pas l’intention de réfléchir à l’avenir politique, elles lui sont pénibles, lui sont insupportables. Au mieux le Parlement doit être une chambre d’enregistrement qui doit répercuter servilement les désirs de la grande bourgeoisie.

    Le discours, en tant que tel, n’est pas si libéral. Il est pire. Il met fin au pseudo-tabou libéral de la non-intervention de l’Etat. Au contraire, il annonce que les contribuables -payant des impôts auxquels la bourgeoisie se soustrait d’ores et déjà- paieront pour aider les grands trusts et les grands monopoles à maintenir ou accroître leurs taux de profit. In fine, cette taxation pour aider la grande bourgeoisie est un prélèvement sur salaire. Les travailleurs et une part de la petite bourgeoisie devront davantage cotiser pour que les grands patrons et les grands bourgeois ne soient pas menacés par la crise. En clamant qu’avant de partager le gâteau, il faut un gâteau, Emmanuel Macron indique que les prochaines années se dérouleront sous le mot d’ordre du sacrifice pour que «un jour » l’économie soit en embellie et que le mensonger ruissellement reprenne. En attendant, il promet une résurrection économique sous l’égide d’un capitalisme « populaire ».

    « Si l’on veut partager le gâteau, la première condition est qu’il y ait un gâteau. Et ce sont les entreprises, rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs qui font ce gâteau et personne d’autre. Il est mensonger de défendre les salariés si on ne défend pas les entreprises. »

    Derrière le slogan de capitalisme populaire se cache une nouvelle farce au goût amer. Il s’agit de faire participer les travailleurs et les travailleuses au capitalisme. Les faire participer en investissant dans leur propre machine à exploiter, dans l’espoir que cela leur donne la possibilité d’être des travailleurs-actionnaires. Dans les faits, il s’agit, là encore, d’une saisie directe sur le salaire des travailleurs, et d’un actionnariat plus que pervers. Cette duperie sous vernis autogestionnaire contribue à saper la situation des travailleurs et des travailleuses. D’une part car le taux de profit de l’entreprise aura une conséquence directe sur les rentrées d’argent des exploités, mais également car ils auront tout intérêt à le hausse au maximum, quitte à devoir sacrifier sur d’autres plans, au niveau des conditions de travail ou au niveau des licenciement. Ce genre de marché de dupe fait que cette parodie d’autogestion est un coup de poignard dans le dos des travailleurs. De plus, il offre au grands bourgeois des garanties de capitaux, tandis qu’ils peuvent commettre des délits d’initiés à la chaîne.

    La question de la fiscalité est évoquée de nouveau, mais pour servir d’artillerie lourde dans le but de pulvériser les droits sociaux. Auparavant, les caisses de cotisation sont le fait des travailleurs et des travailleuses (au sens large) eux et elles-mêmes. Ces cotisations permettent de doter la Sécurité Sociale ; l’assurance chômage et les retraites d’un budget de fonctionnement. Ce budget de fonctionnement est ce qui garantit des droits individuels à la santé, à la retraite, au chômage. A l’origine, l’Etat lui-même n’avait pas de droit de regard sur ces questions. Innaceptable pour la grande bourgeoisie ! Elle n’a eu de cesse de vouloir mettre tout cela sous la coupe de son Etat, pour le brimer, le réduire et le briser. Macron, désormais touche au but. Sa fiscalité rassemble sous la même ligne de compte l’ensemble de ces caisses séparées.

    « La solidarité nationale est de plus en plus financée par l’impôt, ce que vous avez voté en matière d’Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l’ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d’un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l’autre. »

    CSG -dont on peut remercier Michel Rocard, membre du Parti Socialiste- qui, malgré ses apparences, est payée dans la sa très grande majorité par le prolétariat et une partie de la petite bourgeoisie. La grande bourgeoisie s’y soustrait, car les revenus du capital sont taxés d’une manière ridiculement faible (1,1%). Désormais, l’Etat possède la haute main pour ventiler les rentrées d’argent de l’impôt comme bon leur semble. Voilà l’annonce de Macron :

    « il n’y a plus un droit au chômage, au sens où l’entendait classiquement, il y a l’accès à un droit qu’offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé. »

    Il n’existe donc plus de droit au chômage fruit des cotisations individuelles. Il existe une aumône que l’Etat bourgeois pourra verser, selon ses modalités, sont son bon vouloir, aux pauvres, aux sans-le-sou, aux exclus et exclues qui, à ses yeux, le mériteraient. La contrepartie empoisonnée, la voici :

    « Cette réforme a permis d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs tout en préservant la compétitivité et en garantissant le maintien des droits mais ceci conduit aussi à transformer la philosophie même de notre solidarité nationale et en quelque sorte d’en retrouver le sel. »

    La grande bourgeoisie promet plus de salaire direct contre une réduction massive du salaire indirect. Ce qu’elle entend par pouvoir d’achat ne peut être compris autrement qu’en termes de bénéfices engrangées par les fabricants de biens de consommation. En fait de cadeau fait aux masses populaires, il s’agit de cadeaux faits aux grands trusts. De plus, la dévastation de la protection sociale obligera les masses populaires à se tourner vers les assurances, les fonds de pension, les mutuelles. Voilà l’objectif final de la bourgeoisie : mettre le main sur un marché qui lui échappait, sur une manière d’engranger des sommes faramineuses sur la santé et la maladie, sur la misère et la souffrance. D’autant que cette trésorerie lui offre aussi des moyens de réaliser des investissements profitables ailleurs. Rappelons-nous un instant du rôle de ces caisses dans la crise des subprimes. Certains et certaines ont tout perdu dans cette gigantesque arnaque. Voici le « sel » que Macron souhaite retrouver.