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  • Communiqué de l’ICOR sur le 8/9 mai 1945.

    Communiqué de l’ICOR sur le 8/9 mai 1945.

    Appel de l’ICOR pour la journée de lutte internationale contre le fascisme et la guerre le 8 et 9 mai, le 6 août et le 1er septembre 2019 (Résolution de l’ICOR)

    Il y a 74 ans, les 8 et 9 mai 1945, la fin du fascisme hitlérien et de la Seconde Guerre mondiale était actée. Cette victoire revient surtout l’Armée rouge, aux dizaines de milliers de partisans, aux civils, mais aussi aux forces que les Alliés avaient mobilisé afin de vaincre, au péril de leur vie, la bête fasciste.

    Peu après, les États-Unis lancèrent les premières bombes atomiques de l’histoire – le 6 août 1945 sur Hiroshima et le 9 août 1945 sur Nagasaki – guidés par la crainte que l’influence socialiste de l’Union soviétique ne s’étende. 100 000 personnes sont mortes immédiatement, au moins 130 000 à la fin de 1945 puis de nombreuses autres dans les années suivantes.

    Il y a 80 ans, le 1er septembre 1939, l’impérialisme allemand au travers de son régime fasciste hitlérien avait provoqué la Seconde Guerre mondiale. Plus de 55 millions de morts de cette guerre impérialiste nous le rappellent ! Le mouvement mondial pour la paix doit se renforcer, se coordonner au niveau mondial !

    En commémoration de ces trois événements, l’ICOR célèbre les 8 et 9 mai, 6 août et 1er septembre de chaque année la Journée contre la Guerre. Les dates varient en fonction des régions du monde, pour correspondre au jour le plus marquant.

    Actuellement, la cause de la guerre consiste en particulier dans les contradictions inter-impérialistes croissantes. Le principal fauteur de guerre est l’unique superpuissance : les États-Unis avec leur président, le fascisant Trump. Cependant la lutte contre la guerre impérialiste doit se retourner contre les préparatifs de guerre et contre les actions guerrières de n’importe quel impérialisme.

    Aujourd’hui il est plus urgent que jamais de construire un front uni anti-impérialiste, anti-fasciste international contre le fascisme et la guerre ! En novembre 2018, l’ICOR a lancé un appel international en ce sens.

    L’hostilité à la mort du fascisme hitlérien était dirigée contre l’Union soviétique socialiste et les forces révolutionnaires du monde. “L’extermination du marxisme et de ses racines”, annoncée par Hitler avec arrogance, se termina en 1945 par une défaite cuisante de la réaction anticommunisme. A l’inverse, même,  le camp socialiste vit le jour. Aujourd’hui, il est nécessaire que la lutte pour le socialisme prenne un nouvel essor. Ce n’est qu’avec la victoire mondiale du socialisme que les causes du danger de guerre seront surmontées, que les peuples vivront ensemble en paix et en accord avec la nature.

    A l’heure actuelle, la tendance générale de la préparation impérialiste à la guerre s’intensifie. La Syrie et l’Ukraine restent les points focaux du danger de guerre. Les États-Unis menacent agressivement la souveraineté du Venezuela. Ils sont déjà en guerre contre le peuple vénézuélien : ils ont organisé une situation d’approvisionnement catastrophique, qui est censée justifier une invasion “humanitaire”. Ils génère la menace et une peur constante. Ces forces jouent un jeu dangereux. Elle jouent avec le feu : le danger d’un conflit militaire et d’une confrontation directe de différentes forces armées. Tout cela dans une lutte pour accroître leur influence et les possibilités de contrôle du pays possédant les plus grandes réserves de pétrole du monde.

    Une nouvelle course aux armements nucléaires est lancée avec la fin du traité FNI [Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty – Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.], qui visait à limiter les missiles nucléaires à moyenne portée entre les États-Unis et la Russie.

    Le régime fasciste d’Erdogan menace ouvertement d’attaquer l’ensemble du Rojava/de la Syrie du Nord. Dès le déclenchement des conflits, l’ICOR a été du côté de la révolution démocratique au Rojava.

    Le président américain Donald Trump continue de soutenir l’Etat d’Israël, sioniste, par ses provocations violant le droit international. Notamment celle reconnaissant le plateau du Golan comme partie intégrante d’Israël. De façon démagogique, toute critique justifiée de l’État d’Israël et de son gouvernement réactionnaire est diffamée comme « antisémite ».

    En vue des élections européennes de ce mois de mai, l’Union européenne (UE) tente de se présenter comme une puissance de paix. En réalité, l’UE est un bloc impérialiste qui se bat de manière de plus en plus indépendante pour le pouvoir mondial. Avec la construction de la structure militaire par la « Coopération structurée permanente » (PESCO), le caractère agressif devient plus clair. L’ICOR Europe participe aux élections européennes sous le slogan : « La rébellion contre l’UE impérialiste est justifiée ! Vive la solidarité internationale – renforcez l’ICOR ! »

    De plus en plus de gouvernements et de partis bourgeois du monde entier se dirigent vers une  droite de plus en plus réactionnaire, ce qui augmente le danger de guerre. Il s’agit non seulement de Donald Trump aux États-Unis, mais aussi de Narendra Modi en Inde, Recep Tahip Erdogan en Turquie ou Jair Bolsonaro au Brésil.

    Mais les travailleurs et les travailleuses, les agriculteurs et agricultrices et les jeunes du monde ne sont pas d’accord ! Des millions de personnes se lèvent pour défendre la paix, dans la lutte antifasciste, dans la résistance contre la menace d’une catastrophe écologique et contre le démantèlement des droits sociaux et politiques. Cela se manifeste dans le monde entier par des luttes croissantes de la classe ouvrière et des masses populaires.

    Dans la rue contre les impérialistes bellicistes !

    Tous les impérialistes hors de Syrie !

    Solidarité avec les luttes de libération kurde et palestinienne !

    Ne touchez pas au Venezuela !

    Pour la construction d’un front uni anti-impérialiste et antifasciste international !

    Pour la paix, la liberté et le socialisme !

    En avant avec la construction de l’ICOR !

    (Image de couverture : extrait de Allemagne, année 0)

  • Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    L’ICOR appelle à une journée internationale de mobilisation pour soutenir le peuple du Venezuela contre les tentatives de coup d’Etat orchestrées par les impérialismes étrangers et la grande bourgeoisie réactionnaire.

    En tant qu’Unité Communiste de Lyon, membre de cette coordination, nous relayons cet appel :

    Dans le contexte de la 3ème Conférence régionale de l’ICOR Amérique, qui s’est tenue à Lima les 13 et 14 avril de cette année, il a été convenu ce qui suit :
    Nous serons actifs en solidarité avec le Venezuela et nous avons convenu que le 16 mai 2019 serait le jour commun des activités de chaque organisation de l’ICOR pour dénoncer l’agression et les menaces de guerre contre le peuple vénézuélien par le gouvernement impérialiste US.

    L’impérialisme US a fait tomber son masque et pris la tête de l’agression contre le Venezuela, avec l’intention de renverser le gouvernement légitime et constitutionnel de Nicolás Maduro.

    Depuis le 9 mars 2015, date à laquelle Barack Obama a signé le décret « extraterritorial » déclarant que le Venezuela constituait une « menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis en raison de la situation au Venezuela », des actions ont commencé afin de provoquer une crise au Venezuela. Il faut surtout mettre en relief le blocus économique et financier contre la Banque centrale du Venezuela. Cela a créé les conditions pour voler les réserves internationales en ordonnant aux fonctionnaires du Département d’État et du Département des finances des États-Unis de bloquer toutes les transactions commerciales et d’empêcher ainsi l’accès aux achats réguliers pour l’importation de denrées alimentaires, médicaments et autres biens de consommation nécessaires pour la population.

    Nous soulignons que la détérioration des conditions de vie du peuple vénézuélien est directement liée au blocus économique imposé comme mesure unilatérale par les États-Unis et soutenu par leurs alliés. Cette mesure a fait perdre au Venezuela quelque 114,302 milliards de dollars, et il faut mettre en avant le crime de l’appropriation illégale de la compagnie pétrolière vénézuélienne CITGO, basée aux États-Unis, et de ses actifs.  Ceci est souligné par le fait que EUROCLEAR retient des millions de dollars, que la Banque d’Angleterre retient également de l’argent et que les compagnies maritimes internationales et les ports imposent nombre d’obstacles opérationnels, augmentant le temps et le coût des frais pour empêcher ainsi l’accès aux biens de consommation. C’est de cette manière que fonctionne ce réseau d’actions visant à l’effondrement de l’économie vénézuélienne.

    D’un point de vue politique, l’impérialisme mise à créer des crises dans le pays en s’appuyant sur un député, Juan Guaidó, qui s’est autoproclamé président sur une place publique. Depuis cet acte, et grâce à sa reconnaissance par plusieurs pays, on a beaucoup essayé pour inciter le mécontentement dans les rues. Il y a eu des tentatives de faire craquer les Forces Armées Nationales Bolivariennes, d’introduire de force des camions transportant de la prétendue aide humanitaire à travers les frontières colombienne et brésilienne ; il y a eu trois attaques graves contre le système d’alimentation électrique, chaque fois provoquant une panne de courant, dont la première était la plus importante avec plus de cinq jours d’affilée. Néanmoins, tout acte de sabotage et d’ingérence a été réprimé par l’unité civilo-militaire, le peuple vénézuélien défendant sa souveraineté dans les rues.

    L’impérialisme US-américain est le principal ennemi du peuple vénézuélien, et comme le disent les porte-parole du régime Trump : « Les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés » ; les agressions vont donc continuer. De même, le peuple vénézuélien a déclaré la résistance active : défendre sa patrie, son droit à l’autodétermination, sa souveraineté, ses richesses naturelles, qui sont finalement le but de ceux qui se considèrent maîtres du monde ; ils veulent renverser le pouvoir politique, soumettre le peuple et enfin piller ses richesses.

    Nous, peuples du monde, faisons preuve de solidarité avec le peuple vénézuélien et sa résistance héroïque. Nous disons : PLUS D’AGGRESSIONS CONTRE LE VENEZUELA, PAS DE GUERRE et ARRÊTEZ LE BLOCUS. Nous appelons, pour jeudi 16 mai 2019, à la Grande Journée de solidarité avec le Venezuela et sa Révolution Bolivarienne, et demandons des activités publiques, des protestations, des vidéos, des manifestations et des activités sur les réseaux sociaux, parmi les hashtags : l

    #TrumpHandsOffVenezuela #TrumpManosFueraDeVenezuela #TrumpHorsduVenezuela

    #NoBlockadeOnVenezuela #NoAlBloqueoContraVenezuela #NonaublocusduVenezuela

    #ICORInSolidarityWithVenezuela #ICORSolidariaConVenezuela #ICORSolidaireavecleVenezuela

  • Déclaration du MLPD sur le Venezuela

    Déclaration du MLPD sur le Venezuela

    Solidarité avec les ouvriers et les larges masses au Venezuela contre les menaces et les attaques impérialistes des États-Unis ! Renforçons la perspective révolutionnaire dans la lutte pour la libération nationale et sociale !

    Déclaration du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) sur le Venezuela, 19 mars 2019

    Le Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) appelle tous les démocrates et révolutionnaires du monde à défendre le droit à l’autodétermination du peuple vénézuélien contre la subversion US-américaine et les menaces d’intervention ! Protestation mondiale déterminée le jour X en cas d’invasion ou de coup d’état ! Combattons toute ingérence impérialiste – qu’elle vienne des États-Unis, de la Chine ou de la Russie ! Soutenons la construction de forts partis marxistes-léninistes, véritablement révolutionnaires, et la préparation commune de la révolution socialiste internationale !

    Déclaration du Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) sur le Venezuela

    Solidarité avec les ouvriers et les larges masses au Venezuela contre les menaces et les attaques impérialistes des États-Unis !

    Renforçons la perspective révolutionnaire dans la lutte pour la libération nationale et sociale !

    Le Parti marxiste-léniniste d’Allemagne (MLPD) appelle tous les démocrates et révolutionnaires du monde à défendre le droit à l’autodétermination du peuple vénézuélien contre la subversion US-américaine et les menaces d’intervention ! Protestation mondiale déterminée le jour X en cas d’invasion ou de coup d’état ! Combattons toute ingérence impérialiste – qu’elle vienne des États-Unis, de la Chine ou de la Russie ! Soutenons la construction de forts partis marxistes-léninistes, véritablement révolutionnaires, et la préparation commune de la révolution socialiste internationale !

    L’auto-proclamation du président parlementaire ultra-réactionnaire Juan Guaidó comme président intérimaire du Venezuela le 23 janvier 2019 a été étroitement coordonnée et contrôlée de facto par l’impérialisme US. Cette tentative de prise du pouvoir à la manière d’un putsch a été immédiatement reconnue et acclamée par un groupe de gouvernements de droite et fascisants d’Amérique latine. Il en va de même pour la plupart des pays de l’UE, notamment à l’instigation du gouvernement fédéral allemand. Indépendamment du positionnement politique vis-à-vis du gouvernement Maduro, cette ingérence prétentieuse doit être résolument combattue par l’opinion publique démocratique mondiale ! Les blocus qui y sont associés sont une cause essentielle de la misère parmi les larges masses concernant leur approvisionnement en nourriture, en électricité ou en soins de santé de base. La subversion des États-Unis provoque notamment un nouveau foyer de guerre.

    Au début de ce millénaire, un climat révolutionnaire et anti-impérialiste s’est répandu parmi les masses en Amérique latine, à partir du soulèvement populaire en Argentine, el Argentinazo. Une partie importante de la classe ouvrière et de la population du Venezuela avait une perception révolutionnaire d’elle-même et aspirait au socialisme. De larges masses ont soutenu le président charismatique Hugo Chavez. Sous la devise de la « Révolution bolivarienne » et la directive idéologique du « socialisme du 21siècle », de vastes mesures sociales et socio-politiques ont été mises en œuvre sous Chavez – concernant le rôle des femmes dans la société, la promotion de logements bon marché, la gratuité des soins de santé et de l’éducation. Tout cela a été financé par les recettes pétrolières encore bouillonnant à l’époque. Toutefois, une économie indépendante n’a pas été établie, la base alimentaire restait fortement dépendante des importations et l’influence des supermonopoles internationaux dans les secteurs de l’automobile et de l’alimentation est restée intacte. La nationalisation des compagnies pétrolières était propagée de manière trompeuse comme un transfert à la propriété commune. En vérité, le Venezuela est resté un pays capitaliste dépendant.

    Depuis 2017, l’UE et le gouvernement fédéral allemand sont aussi officiellement impliqués dans les mesures de sanction et d’embargo contre le Venezuela. Sous la direction des États-Unis, les comptes étrangers sont gelés, les transactions financières internationales sont empêchées, les paiements pour le pétrole livré bloqués sur des comptes bloqués, la propriété vénézuélienne à l’étranger, en particulier les secteurs de la production et de la logistique de la compagnie pétrolière publique, est donnée en gage de force aux grands groupes internationaux de premier plan en compensation de la perte de profits due aux réformes sociales du gouvernement Chavez de l’époque. Ce sont principalement ces mesures de l’impérialisme US-américain et aussi de l’UE qui sont responsables du fait que des livraisons importantes de nourriture et de médicaments essentiels ne peuvent plus être payées, ne sont plus effectuées ou bien sont refusées. Sous l’effet de la chute massive du prix du pétrole et de l’effondrement généralisé de la production industrielle dû au manque de pièces de rechange, les salaires réels ont baissé de plus de 75 % au cours des trois dernières années. En même temps, l’inflation galope à des sommets vertigineux. Ainsi, l’approvisionnement dans le pays, qui dépend presque entièrement des importations, a donc été détérioré de manière ciblée, et un exode massif a également été provoqué. La « préoccupation pour le peuple vénézuélien » présentée en public par le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maaß, et l’auto-portrait comme « gardien de la démocratie » sont donc de la pure hypocrisie !

    La nouvelle Russie impérialiste et la Chine sociale-impérialiste se présentent comme des « sauveteurs en détresse » avec des prêts et des livraisons d’armes importants. Ils se font payer pour cela avec des concessions pour l’exploitation future de pétrole et d’or. Le Venezuela doit environ 63 milliards de dollars US principalement à la Chine et à la Russie, après que les dettes envers la Banque mondiale et le FMI avaient été remboursées encore du temps de Chavez. Déjà en 2014, le Venezuela a dû céder 13 % de sa production pétrolière à la Chine pour assurer le service de sa dette. 500 000 barils de pétrole brut ont été livrés à la Chine chaque jour. La National Petroleum Corporation1 de la Chine participe à divers projets d’exploitation au Venezuela. Les compagnies pétrolières et gazières russes planifient une nouvelle exploitation de gaz naturel offshore en plus de leurs participations actuelles. En décembre 2018, la Russie a conclu un accord d’investissement avec le Venezuela pour 5 milliards d’euros supplémentaires, y compris aussi dans le secteur minier. L’agression de l’impérialisme US-américain vise également l’influence accrue de ces concurrents néo-impérialistes tels que la Chine et la Russie dans ce que l’on appelle « l’arrière-cour des États-Unis ».

    Pour le MLPD s’applique la pleine solidarité « avec le peuple vénézuélien dans sa lutte pour le droit de décider lui-même de son destin par une voie démocratique », déjà exprimée en juin 2017 par l’ICOR. Toutes les forces démocratiques sont appelées à protester dans le monde entier contre cette atteinte impérialiste à la souveraineté nationale du Venezuela.

    De manière cynique, une situation d’approvisionnement catastrophique pour les larges masses est d’abord provoquée et ensuite, par une mise en scène de « livraisons d’aide » prétendument « humanitaires » pour l’opposition, un prétexte est systématiquement construit pour entrer aussi directement en action par une intervention militaire. C’est un jeu dangereux avec le feu et le danger d’un conflit militaire et d’une confrontation directe de diverses forces impérialistes dans la lutte pour l’influence et l’accès au pays avec les plus grandes réserves de pétrole du monde. Ce qu’il faut, c’est l’unité anti-impérialiste internationale qui se positionne contre toute ingérence impérialiste !

    Cependant, la conscience anti-impérialiste et révolutionnaire profondément enracinée dans une grande partie des masses vénézuéliennes, qui, en raison de leurs expériences, détestent l’impérialisme US-américain, ne doit être considérée que partiellement comme soutien de Maduro. Diriger l’offensive principale contre l’agression US-américaine et ses complices ne peut pas signifier que l’on renonce à la critique de la politique du gouvernement Maduro. La bourgeoisie au pouvoir s’est développée sous son gouvernement ; la dette extérieure et les actionnaires (y compris des rangs du Parti de Chavez et des militaires dans les étages exécutifs) ont été servis en grande partie ponctuellement, même pendant la crise économique la plus profonde, et la corruption s’est répandue jusqu’au gouvernement lui-même. La dépendance impérialiste s’est accrue, en particulier vis-à-vis de la Chine et de la Russie, de même que l’accent unilatéral mis sur les pures exportations de pétrole tout en important de grandes quantités de produits alimentaires de base. Ceci est justifié par Maduro et la critique croissante à son égard est repoussée par la référence à « initier d’abord un plan, un programme, qui mène à la construction du socialisme bolivarien » (discours au 4e Congrès du PSUV en juillet 2018). Au plan idéologique, Maduro continue à répandre le concept illusoire du « socialisme du 21ème siècle ».

    Déjà en 2011, dans le livre « L’aube de la révolution socialiste internationale », le MLPD a qualifié le caractère de cette politique :

    « Le programme anti-impérialiste bourgeois du ‘socialisme du 21e siècle’ est une illusion et ses contenus sont tout sauf révolutionnaires. Ce programme cherche, au moyens des nationalisation, à contourner le problème décisif – la question du pouvoir.

    Les rapports de propriété ne changent pas quand les propriétaires changent…

    L’installation de gouvernements anti-impérialistes de gauche a, au mieux, limité l’influence décisive du capital financier international sur les pays en question, mais sa domination sans partage n’est pas surmontée. N’ont été obtenues que des concessions aux intérêts nationaux des masses populaires, une politique sociale et de réformes progressiste par en haut qui visent à prévenir une aggravation de la lutte des classes. Cela a amélioré les conditions de vie du peuple et élargi les possibilités de construire des auto-organisations des masses. Mais en même temps la nécessité de construire un puissant mouvement anti-impérialiste révolutionnaire fut mise en question. » (Stefan Engel, « L’Aube de la révolution socialiste internationale », p. 551/552)

    Il s’avère vrai ce qui a été prédit, de manière pertinente, dans ce livre :

    « Tous les anti-impérialistes doivent être conscients du fait que les impérialistes ne regarderont pas de telles évolutions pendant un temps infini. Aussitôt qu’ils considèrent que leurs intérêts sont sérieusement en danger et que la situation sera favorable, ils insisterons sur le replacement de tels gouvernements. » (ibid., p. 552)

    La théorie du « socialisme du 21siècle » est en définitive une théorie révisionniste de la voie pacifique vers le socialisme. Elle a semé une grande confusion dans le mouvement révolutionnaire international et a notamment contribué à contenir de nouveau les aspirations révolutionnaires des masses, en particulier en Amérique latine au début du millénaire, et à les orienter vers les voies réformistes ou parlementaires.

    Avec le développement au Venezuela, la théorie du « socialisme du 21e siècle » a complètement échoué – non pas le socialisme, mais l’illusion d’une « transformation pacifique » des pays opprimés par le néocolonialisme en États souverains indépendants de l’impérialisme et d’une transition pacifique au socialisme a fini en déroute.

    Néanmoins, la revendication d’indépendance du Venezuela vis-à-vis de l’impérialisme US-américain reste une épine dans son pied et un obstacle sérieux dans la lutte concurrentielle internationale. Les impérialistes US et le capital financier international font tout ce qu’ils peuvent pour forcer de nouveau le pays qui possède les plus grandes réserves pétrolières du monde sous le joug de leur exploitation néo-coloniale.

    L’échec évident des illusions, le développement négatif des conditions de vie des masses ainsi que l’intensification des développements porteurs de crise dans le pays, sont accompagnés de déception, de résignation et de désorientation parmi les masses tant qu’elles ne voient pas de véritable alternative socialiste. Par conséquent, il est crucial de promouvoir la construction d’organisations véritablement révolutionnaires qui puissent communiquer des conclusions positives de la confusion idéologique, des crises politique et économique du système et des conditions de vie catastrophiques. La perspective du peuple vénézuélien réside dans la lutte pour une véritable libération nationale et sociale comme composant intégral d’une révolution socialiste internationale.

    A cette fin, les forces révolutionnaires et marxistes-léninistes au Venezuela et dans le monde doivent être renforcées et encouragées à construire leurs propres partis. Nous, révolutionnaires allemands, pouvons l’affirmer en particulier à partir des expériences amères et instructives de la révolution de Novembre 1918 en Allemagne : il y a cent ans, les forces révolutionnaires se sont détachées beaucoup trop tard de la social-démocratie, le parti communiste s’est construit beaucoup trop tard. Le KPD a été fondé alors que la situation révolutionnaire s’était déjà calmée de nouveau. La révolution fut réprimée dans le sang, les forces bourgeoises réactionnaires s’emparèrent du pouvoir et les dirigeants de la révolution, Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, furent brutalement assassinés. Renforcez donc la construction du parti révolutionnaire marxiste-léniniste !

    La solidarité internationale est nécessaire :

    Ne touchez pas au Venezuela !

    Contre toute ingérence et dépendance impérialistes !

    Vive la solidarité internationale !

    Pour la construction d’un front uni antifasciste et anti-impérialiste international !

    Renforçons l’ICOR, le regroupement important des révolutionnaires du monde !

    En avant avec la préparation de la révolution socialiste internationale !

  • Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Ne touchez pas au Venezuela ! Pas d’intervention impérialiste
    dans les affaires intérieures du Venezuela !
    Le peuple doit décider lui-même de son sort !

     

    Conformément à l‘appel de notre organisation ICOR, Plataforma Socialista « Golpe de Timon », l’ICOR condamne le plus sévèrement le coup d’État actuel qui se développe au Venezuela, entrepris le 23 janvier par l’auto-proclamation du président, Juan Guaidó, comme président par « intérim » de la République et ceci de la part de l’assemblée nationale tout en méprisant la Cour suprême. Il essaie d’usurper le pouvoir que le peuple, en plein exercice de sa souveraineté, a donné au président légitime réélu, Nicolas Maduro, dans les élections démocratiques du 20 mai 2018.

    Cette tentative forcée d’un changement de régime est perpétrée par l’impérialisme US-américain qui, de façon éhontée, a pris l’avant-garde de la direction politique de l’opposition de laquais, soutenu par les gouvernements droitistes fantoches dans la région.

    L‘origine de la crise politique actuelle est le blocus économique rigoureux dont souffre le peuple du Venezuela et qui est pratiqué par les centres impérialistes des États-Unis et de l’UE. Avec une stratégie d’étranglement ils tâchent de fermer les voies par lesquelles le pays reçoit des vivres, médicaments, équipements, pièces de rechange etc.  Ce faisant, ils tirent profit du caractère dépendant et basé sur des exportations en nombre réduit pour promouvoir une crise économique et politique nationale et de cette manière retirer le soutien du peuple à la révolution bolivarienne.

    L’OTAN poursuit la même politique. Cela a plongé le Venezuela dans une situation extrêmement dangereuse et critique. Les activités criminelles et contraires au Droit international de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la France et d’autres membres de l’Union Européenne (UE) font partie d’une stratégie généralisée de pillage des réserves en pétrole du Venezuela et d’endiguement de l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans toute l’Amérique latine. De cette manière les contradictions inter-impérialistes s’aggravent massivement sur le dos du peuple vénézuélien avec le danger d’un conflit armé.

    Cependant, la crise que subit le Venezuela ne peut pas seulement être ramenée aux menaces et activités de l‘extérieur. Il est important de noter que la direction du gouvernement a aussi commis des erreurs ; les concessions faites à des parties de la bourgeoisie, des vices tels que la corruption, le bureaucratisme et le manque d’efficacité se sont manifestés qui ont aussi détérioré les conditions de vie du peuple vénézuélien. La gauche du Venezuela n’a pas pu consolider sa force d’organisation ni faire une proposition pour avoir une plus grande influence sur la réalité politique nationale dans le but de régler la dispute concernant l’orientation et le positionnement de la voie stratégique vers le socialisme ; et la possibilité s’est affaiblie d’avancer dans la maîtrise des défis révolutionnaires. **

    D’une part les conditions mentionnées ci-dessus poussent les masses populaires à prendre des positions qui rejettent le caractère social-démocrate qui semble gagner de plus en plus d’influence dans les rapports de force au sein du gouvernement. Et d’autre part elles mènent à ce que des parties de l’opposition de droite concentrent le mécontentement et gagnent des secteurs de la population où, avant, elles n’avaient pas la possibilité de gagner en influence. Pour cette raison, des actions violentes sous couvert de protestations ont été déclenchées dans certaines de ces communes et ont été réalisées par des groupes de l‘extrême droite, y compris par des groupes paramilitaires.

    Aujourd’hui la situation ne présente plus seulement une menace. Il s’agit de la tentative d’un coup d’État, initié sans aucun doute à Washington, et où les États-Unis pointent un revolver sur la tempe du peuple vénézuélien et le prennent en otage pour obtenir que le gouvernement national se rende ou accepte des « négociations » ; la proposition va de la simple extradition jusqu’à l’appel démagogique à des élections « libres ». Le succès de cette tentative de coup d’État aurait comme conséquence l’effondrement de l’État national avec des retombées pour tout le continent.

    La révolution bolivarienne a produit des améliorations innovatrices pour la situation des femmes dans les domaines de l’éducation, de la santé, des soins aux personnes âgées et aux parents isolés et de l’administration communale ; des formes de l’auto-organisation de la base se sont développées, un signal pour toute l’Amérique latine.

    En ce moment de clarification il est important d’adresser des messages de solidarité de la part de pays alliés, d’organisations multilatérales, de partis et de mouvements sociaux dans le monde, pour rassembler ce grand mouvement anti-impérialiste qui fait valoir la vérité du Venezuela, s’oppose résolument à l’éventualité d’une guerre, demande des solutions sans paternalisme ni intervention, et qui accompagne la défense du pays et encourage la solidarité avec le peuple vénézuélien et le gouvernement légitimement élu face au siège.

    Seuls l’unité et le courage du peuple vénézuélien avec ses profondes racines historiques anti-impérialistes, en unité et solidarité internationales, sont en mesure d’infliger une nouvelle défaite à l’impérialisme US-américain. C’est au mouvement révolutionnaire de gauche de reconstruire le moral collectif avec un programme qui permet d’unifier les luttes populaires, les oriente vers la perspective du socialisme et l’ensemble du peuple travailleur à le construire et le défendre. Nous ne doutons pas une seconde que la victoire du peuple vénézuélien revient à faire échouer la stratégie impérialiste qui est de reprendre le contrôle de l’Amérique latine, car dans cette tentative d’une guerre au Venezuela ils compromettent leur crédibilité en tant que maîtres du monde.

    L‘issue de la crise est révolutionnaire !

    ** Ce paragraphe n’est pas soutenu par le NDMLP Sri Lanka, mais ils acceptent la résolution dans sons ensemble.

    Signataires (en date du 28/02/19 – liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. PCPCI   Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire, Côte d’Ivoire
    2. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    4. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT   Parti Communiste du Togo Togo
    7. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    15. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    16. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    20. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    21. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    24. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    25. PC/ML   Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)
    26. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    27. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    28. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    29. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    30. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • Venezuela : le basculement.

    Venezuela : le basculement.

    Venezuela : le basculement.

    Le régime social-démocrate de Nicolas Maduro vient de subir un coup très dur. Juan Guaido, président du Parlement et opposant à Nicolas Maduro, s’est autoproclamé président de la République du Venezuela.

    Il a immédiatement bénéficié de l’appui inconditionnel des États-Unis, puis du Canada, de la Colombie, du Pérou et du Brésil. Au matin, Emmanuel Macron, sans la moindre vergogne, a apporté son soutien au putschiste, accompagnant son tweet d’un salut à ceux qui « marchent pour la liberté ». Cela ne s’invente pas. Désormais de Juan Guaido un personnage central diplomatiquement, politiquement et géo-politiquement.

    La Russie, par la voix de Vladimir Poutine, a apporté en revanche son soutien à son allié d’outre-Atlantique. Cependant, ce n’est nullement par sympathie pour le progressisme que cette déclaration a été faite. C’est uniquement pour des raisons primordiales de géopolitique. La Chine, autre partenaire du Venezuela, s’est fendue d’une communiqué indiquant qu’elle s’opposait aux ingérences étrangères au sein du pays.

    La carte des Etats et de leurs positions sur la question dessine un monde clivé. Un bloc eurasiatique qui soutien majoritairement Maduro, et un monde « des îles » pour reprendre la terminologie de Brzezinski, qui soutient Juan Guaido.

    Le Venezuela est désormais en situation de double-pouvoir. Reste à savoir qui l’emportera, sachant que les USA ont précisé que toutes les options étaient sur la table en cas d’utilisation de la force par l’armée. Malgré le fait que Nicolas Maduro ait pu prêter serment devant la cour suprême, malgré que l’armée lui soit fidèle, il n’est pas dit qu’un coup de force, qu’une guerre, ne soit pas envisageable dans les heures ou les jours qui suivent.

    D’un côté comme de l’autre, les deux camps mobilisent dans le but d’apporter leur soutien à leur dirigeant. Des affrontements ont éclaté, avec des morts et des blessés des deux côtés.

    Comment en est-on arrivé là, après la période de consensus apparent du régime de Chavez ?

    En vérité, en 20 ans de direction « bolivarienne », le Venezuela n’a été que peu transformé dans sa structure économique. La manne financière du pétrole s’est simplement un peu plus ouverte à l’ensemble de la population, entretenant une économie de rente, qui satisfaisait les besoins immédiats de la population, sans toutefois permettre une véritable transformation économique. En résumé, peu a été investi pour faire du Venezuela un État indépendant.

    La direction sociale-démocrate n’a pas touché à ce qui faisait l’essentiel des forces des grands trusts, des grands groupes de la bourgeoisie. Ces bastions sont restés intactes. La presse et les industries sont en grande partie entre les mains d’une poignée de grands bourgeois, qui n’ont jamais abandonné le fait d’espérer récupérer leur paradis perdu. Tant que les prix du pétrole étaient hauts, tant que le mouvement populaire soutenait la direction de l’État, cette bourgeoisie était limitée dans ses marges de manœuvre. Elle a mené des luttes contre le gouvernement, elle a conspiré pour détacher les masses de leur soutien au gouvernement, elle a toujours poursuivi ses ambitions de retour.

    Elles ont trouvé une oreille attentive à Washington, qui n’apprécie guère la présence d’un allié géopolitique de la Russie sur sa chasse gardée. Or, malgré les discours des chavistes et des proches de Maduro, le pays est dans une cruelle dépendance vis-à-vis des USA. Assis sur les plus grands réserves mondiales de brut, le pays n’a aucune industrie qui lui permette d’en tirer directement profit. Tout le raffinage est fait au pays de l’oncle Sam, d’autant que, très lourds, les hydrocarbures vénézuéliens demandent des moyens considérables en termes d’infrastructures.

    Pour maintenir le consensus avec la population et garder la bourgeoisie calme, le gouvernement du Venezuela a dilapidé l’argent du pétrole. Sans politique d’industrialisation ambitieuse, permettant un contrôle sur toute la chaîne de production du pétrole, le Venezuela a été pris au piège.

    Avec la baisse des cours du brut, avec un détachement d’une partie de la base populaire, la direction du Venezuela est vulnérable à un coup de force. Les bourgeoisies réactionnaires d’Amérique du Sud ont senti le vent tourner et font des pieds et des mains pour chasser les gouvernements progressistes.

    Les USA ont également imposé des sanctions particulièrement cruelles. Ils peuvent le faire grâce à leur arme la plus terrible : l’extra-territorialité de leur droit. En somme, il suffit qu’une entreprise utilise des dollars ou commerce avec une entreprise US pour qu’elle soit obligée de respecter la loi américaine ou qu’elle puisse être jugée aux USA. Ces méthodes d’étranglement expliquent le fait qu’il n’est pas possible, pour aucun pays, d’ignorer les embargos US.

    Le Venezuela a été ainsi consciencieusement étouffé, affamé. Et le gouvernement de Maduro, prisonnier de son deal social-démocrate, prisonnier du « moindre mal » et des « demi-mesures », s’est finalement retrouvé à combattre son propre peuple. Tel est le lot de tous ceux qui, comme le disait Saint-Just « font les révolutions à moitié » et qui creusent en fait leur tombeau.

    Nous ne disons pas que Maduro est un communiste. Il ne l’est pas. Le Venezuela n’était pas un État socialiste. C’est précisément cela qui l’a rendu si vulnérable, si fragile, si isolé. La demi-mesure n’a finalement pas permis d’amadouer la bourgeoisie, au contraire, elle lui a permis de fourbir ses armes et de préparer sa contre-offensive.

    En fait d’un dictateur, Maduro est au contraire un démocrate empêtré dans ses contradictions. Il est empêtré par un respect des libertés démocratiques, dont ses opposants ont su profiter.

    Certains, certaines, ici ou ailleurs, se sont empressés de soutenir l’opération faite par l’opposition. Au nom d’une conception abstraite de la « liberté », portée au-dessus de tout, ils et elles applaudissent aux côtés de Trump, de Bolsonaro et de Macron. Ils et elles réclament l’intervention de forces extérieures pour « restaurer la démocratie ». Comme si celle-ci pouvait naître sous les chenilles des chars US ou sous les balles des escadrons de la mort !

    Leur « liberté » à ces individus, est la liberté des tyrans de réclamer leur trône. Est une liberté bourgeoise, d’opprimer et d’exploiter. Et ils sont prêts à lutter jusqu’à la mort pour lutter contre les abominables autoritaristes qui veulent empêcher cette liberté de s’exercer.

    Par ailleurs, quelques drôles, goguenards, se sont empressés de tacler Mélenchon sur le soutien qu’il a apporté à Maduro. De pointer la contradiction entre réclamer la chute du gouvernement en France et dénier aux putschistes leur légitimité. Il nous est rare de défendre Mélenchon, mais nous ne pouvons que lui donner raison dans sa démarche. Il est logique que face à une agression de ce type, un gouvernement puisse se défendre, tandis que le gouvernement français est un oppresseur complet des droits démocratiques et sociaux.

    Cependant, qu’on ne soit pas dupe. Si Mélenchon était élu, il ferait au maximum la même chose que Maduro. Du fait de son réformisme, il finirait, par la politique du moindre mal, mais la politique de conciliation de classe, à jouer, pour ne pas rompre avec la bourgeoisie, le bourreau des exploités pour le compte des exploiteurs. Une répression « de gauche » certes, une répression de VIème République, mais une répression féroce, comme à pu avoir été celle du SPD contre les Spartakistes.

    Nous, communistes, savons que la bourgeoisie n’hésite pas pour reprendre son pouvoir, pour maintenir ou accroître ses profits. Elle ne recule devant aucune bassesse, devant la violation de n’importe quelle loi, y compris les siennes. Nous savons qu’elle ment, qu’elle instille la détresse et le désarroi chez les masses populaires, qu’elle est prête à faire envahir les pays par tous les Hitler possibles pour reprendre sont paradis perdu. Elle est prête à tuer, assassiner, pratiquer le terrorisme et la guerre civile pour ne pas être éjectée de l’histoire.

    La question du pouvoir n’est pas un choix. Elle se heurte à un terrible prisme : celui de la confrontation avec la réalité. Or, dans l’expérience de la lutte des classes, une seule forme de pouvoir a pu triompher. Un pouvoir organisé autour de la démocratie la plus large pour les travailleurs, les exploités, les opprimés. Un pouvoir organisé de la manière la plus ferme contre les exploiteurs, les opportunistes, les ennemis du peuple. Ce pouvoir est la dictature du prolétariat, fer de lance tant pour remettre entre les mains des masses populaires les leviers du pouvoir, que pour l’ôter des mains de la bourgeoisie.

    La menace qui pèse sur le Venezuela pose des question et des inquiétudes. Le risque d’une guerre civile n’est pas exclu, tout comme celui d’une intervention étrangère. L’attitude générale des puissances mondiales ou régionales dénote une tendance à la surinfection des tensions internationales et infra-nationales. Cette tendance générale à la guerre, nous, communistes, devons-nous y opposer de toutes nos forces, en mettant dans la balance, face aux chauvinismes et aux impérialismes, l’internationalisme prolétarien !