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  • Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :  Une instrumentalisation.

    Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :  Une instrumentalisation.

    Manifeste de Philippe Val contre l’antisémitisme moderne :

    Une instrumentalisation.

                    Dimanche 22 avril, 300 personnalités, et non des moindres, ont signé, dans les colonnes du journal Le Parisien, une tribune. Celle-ci s’insurge contre le « nouvel antisémitisme » en France.

                    Il serait possible de se réjouir, de voir derrière cela une ferme intention de lutter contre le développement fulgurant d’une extrême-droite radicale, raciste et antisémite. De voir une condamnation de l’existence des Bastions Sociaux, de se dresser contre les opérations menées par les Jeunesses Identitaires.

                    En somme, de voir un texte important fustiger l’attitude de Gérard Collomb, qui considère que condamner le fascisme est une « gesticulation. »

                    Mais nous sommes dans la France en 2018. Et les signataires de cette pétition lui donnent d’ores et déjà un contenu politique dont on ne peut qu’être méfiant.

                    Manuel Valls ; Bernard Cazeneuve ; Laurent Wauquiez ; Nicolas Sarkozy ; Alain Finkielkraut sont de la partie. Voilà qui annonce la couleur. En fait de texte progressiste, en fait de texte dénonçant le racisme, il s’agit d’une instrumentalisation pure et simple de la question de l’antisémitisme. Elle est de plus, orchestrée par Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo, notoirement connu pour son soutien la politique d’Israël tout comme pour ses tendances à l’islamophobie quelque peu débordantes.

                    Les pétitionnaires dénoncent rien moins qu’une « épuration ethnique » et exigent le fait que  « que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par (le concile) Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ».

                    Oui, l’antisémitisme existe, c’est un fait. Oui, il est présent dans les masses populaires, une forme latente, dans certains milieux anticapitalistes, sous l’équation juif = bourgeois. Oui, il est sain et il est légitime de le combattre. Il existe également du fait de l’instrumentalisation  par des réactionnaires de la question de l’existence d’Israël et de la politique de cet Etat. « au vieil antisémitisme de l’extrême droite s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des juifs en victimes de la société » dit le texte. Une manière de faire exactement ce même tour de passe-passe, et de faire de l’antisionisme un antisémitisme pour le combattre.

                    Mais cette réaction, cet antisémitisme, qui le combat ? Ce ne sont nullement les signataires de cette pétition. Eux ont comme ambition de créer un faux débat, un faux choix. Etre contre eux, selon eux, c’est cautionner et soutenir l’antisémitisme. Un désaccord avec eux serait un geste de sympathie en direction d’une nébuleuse terroriste islamiste. Cela revient à prendre en otage le débat, à prendre en otage la lucidité politique. Il s’agit d’une méthode terroriste au sens premier du terme.

                    Qui lutte contre l’antisémitisme ? Ce sont les communistes et les progressistes. Ce sont eux qui, par l’éducation, par l’explication, font prendre conscience que ce qui forme le grand fossé dans la société n’est pas la question religieuse. Ce ne sont ni les différences de nation, de religion, de genre qui le sont, mais les différences de classe qui priment. Ce sont elles qui répartissent la population en deux camps antagoniques : les masse populaires contre la bourgeoisie. Les prolétaires contre ceux qui les exploitent.

                    Cette tribune est le fruit d’une coalition de réactionnaires qui, à aucun moment, ne cherchent à lutter contre l’antisémitisme. Elle n’est que de l’huile versée sur les flammes déjà rugissantes du racisme et de l’islamophobie qui en est le paravent. Elle sert de catalyseur à toute une mentalité pogromiste présente dans unes partie des masses de France. Les réactionnaires et les fascistes veulent attiser cette xénophobie, cette tendance au conflit, veulent l’instrumentaliser et s’en servir comme appui pour écraser les masses populaires dans leur ensemble.

                    Eux sont du côté de ceux qui, en secret, se réjouissent de l’antisémitisme. Ils sont ceux et celles qui, cyniquement, instillent les luttes entre les ethnies, entre les genres, entre les nations pour le compte de leurs intérêts.

                    Oui, les religions portent un poids réactionnaire. Elles défendent des modes d’organisation de la société basées sur des conceptions rétrogrades, patriarcales, obscurantistes. Il est légitime de combattre les aspects réactionnaires des pratiques. Mais combattre ces aspects ne signifie pas réclamer un recours au couperet du législateur, autrement que par une non-ingérence des affaires religieuses dans les affaires publiques. Kalinine, brillant éducateur, président de l’URSS de 1924 à 1947, résumait ainsi sa politique : « Chez nous, personne n’est persécuté pour sa religion. Nous la voyons comme une erreur idéologique comme les autres, et nous la traitons par l’éducation. »

                    Les signataires de cette tribune ne veulent pas appuyer les éléments progressistes parmi les membres de la communauté des fidèles. Ce n’est pas leur but. Leur but est de frapper fort, violemment, contre les musulmans. Leur but est de déclencher un Pearl Harbor religieux, en s’attaquant au symbole le plus sacré des religions monothéistes, leur livre, le Coran. Exiger la réécriture ou la condamnation de certains passages, cela revient à frapper au cœur ceux et celles qui croient. Cela revient à exiger un acte d’auto-humiliation pour des communautés déjà frappées par la stigmatisation quotidienne. D’autant que les individus pris dans l’abominable spirale de la radicalisation religieuse n’ont jamais été des lecteurs avides du Coran ou des textes religieux. Car, miroir des fascistes, les obscurantistes mentent et déforment sans vergogne les faits pour qu’ils collent à leur désirs et leurs projets.

                    Non, tout ce qui les intéresse, c’est de se positionner dans la course à la réaction la plus virulente. Une compétition dans laquelle Les Républicains et le Front National rivalisent pour tenter d’appuyer les thèses les plus putrides, les plus réactionnaires, les plus fascisantes. Ils rivalisent pour nourrir les masses de messages incitant à la haine raciale. Ils rivalisent pour semer la discorde et le chaos parmi des masses populaires qui ont le plus grand besoin d’union et d’unité.

                    La bourgeoisie sent que les masses se raidissent, même privées d’un parti politique révolutionnaire. Elles se raidissent contre les menaces, contre les assauts, contre les liquidations de leurs droits. Elles se raidissent, se durcissent, radicalisent leur pensée. Semer la discorde, semer les germes de la guerre, voilà une méthode qui permet de les fragmenter.

                    Rejetons l’agitation et la propagande des provocateurs réactionnaires ! Opposons la solidarité de classe à l’agression raciste camouflée. Ne laissons pas la bourgeoisie diviser ceux qu’elle exploite, ceux qu’elle opprime. Ne laissons pas les fascistes imposer leur chape de plomb sur la société et sur le monde ! Défendons les droits démocratiques des minorités religieuses.

                    Défendons la solidarité populaire ! Dénonçons le racisme  !

  • Victoire en Catalogne !

    Victoire en Catalogne !

    Victoire en Catalogne !

                    Dure semaine pour le régime de Madrid. Le Parti Populaire, héritier des organisations franquistes, subit deux humiliations coup sur coup. Premier événement, l’anniversaire, toujours présent dans les mémoires, de la mise en orbite de Carrero Blanco, dauphin de Francisco Franco, par l’organisation indépendantiste Basque Euskadi Te Askatasuna. Anniversaire dont la célébration et la mention ont valu à plusieurs reprises des condamnations par la justice de l’Etat Espagnol.

                    Deuxième événement, la Catalogne a voté. Elle a voté avec une majorité absolue en faveur de l’Indépendance, contrebattant les plans des loyalistes. Elle accorde un soutien vif, renouvelé, aux résultats du référendum du 1er octobre.

                    Le gouvernement de Madrid, pour mémoire, avait tenté de saboter la tenue de ce référendum sur la question de l’indépendance. Arrestations, violences, sang et os brisés avaient parsemé cette journée. La victoire des indépendantistes fut contestée. Les dirigeants de la Généralité furent inquiétés pénalement, tandis que le Roi vomissait un torrent d’injure sur l’infidélité de ses sujets. Une situation ténue et angoissante s’était installée, tandis que tous les gouvernements d’Europe se préparaient à soutenir un écrasement de la Catalogne. Cyniques, ricanant, les réactionnaires et les fascistes agitaient l’image de Lluis Companys, assassiné par leurs soins, après avoir déclaré l’indépendance de la Catalogne.

                    Alors que la tension était à son comble, Puigdemont a reculé. Ce recul fut une déception pour beaucoup, pour d’autres un recul tactique. Toujours est-il que de sont côté, le gouvernement madrilène, lui, n’a pas hésité. Il a frappé par l’article 155, prenant le contrôle de toutes les institutions, se démasquant une nouvelle fois pour ce qu’il est, constitutionnellement parlant : une monarchie absolue maquillée en démocratie. Cependant, pour conserver cette image de brave démocrate, il fallait promettre un vote, celui-ci a pris pour date le 21 décembre.

                    Mal lui en a pris. Echaudés par leur victoire, les indépendantistes ont mis les bouchées doubles pour gagner des voix. Les hésitants, horrifiés par la main de fer de l’Etat, se sont ralliés à eux, dans cette volonté de pouvoir se protéger contre les exactions d’une police descendant tout droit du fascisme.  Les unionistes ont été marginalisés.

                    Les urnes ont parlé, ce 21 décembre, accordant 72 sièges aux indépendantistes sur les 135 en jeu. Pire humiliation pour Rajoy et sa formation, elle arrive toute dernière et ne dispose que de trois sièges. Un score minable et une gifle magistrale. Rajoy est marginalisé, pour sa stratégie, au sein de son parti. Son parti est marginalisé au sein de la Catalogne. Même selon ses règles, le gouvernement de Madrid sombre.

    Source : Le Figaro

                    Le camp de l’indépendance exulte. Malgré son caractère hétérogène, la coalition a remporté la passe d’arme la plus difficile de son existence, celle de battre l’adversaire sur son propre terrain. Certains, comme Podemos, à la charnière des deux camps, tentent de jouer les conciliateurs pour tirer leur épingle du jeu. Une stratégie qui arrive trop tard, dans un climat de rupture déjà consommé.

                    Ayant perdu la partie, le gouvernement Espagnol tente la stratégie du torpilleur. Il a fait voter une loi facilitant le déménagement des sièges sociaux des compagnies hors de la Catalogne. Comme la victoire ne peut être acquise, il pratique la politique de la terre brûlée. Vider la Catalogne de son intérêt économique. Ironie de la chose, cette manœuvre à contribué à la défaite des unionistes, dont les soutiens furent horrifiés de perdre leur travail par la faute du gouvernement central.

                    La réaction du Roi Felipe VI fut une explosion de colère, tandis que Rajoy fut mis en accusation au sein même de son parti pour sa stratégie désastreuse. Toujours est-il que leur réaction politique tarde à se faire sentir, celle-ci se limitant pour le moment à refuser de rencontrer le Président Puigdemont. Nul doute que les choses ne seront pas simples, que l’Etat espagnol de cédera pas sans combattre. Nul doute qu’il ne se laissera pas diviser ainsi, ni que le roi n’accepte de renoncer à la possession de cette partie si riche de son territoire. Nul doute non plus que si conflit il y a, l’Etat espagnol sera appuyé par ses voisins, au premier chef desquels trône notre Etat.

                    L’Unité Communiste de Lyon accorde son soutien à la volonté indépendantiste, dans la mesure où celle-ci est le reflet de la volonté populaire du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nous saluons la victoire des indépendantistes, voulant briser la tutelle de Madrid, avec l’espoir que ce précédent ouvre la voie vers d’autres combats.

                    Nous espérons que cette victoire ouvre les yeux sur un certains nombre de sujets concernant notre propre Etat, notamment le fait que les possessions d’outre-mer, tout comme l’existence du Franc CFA, sont une perpétuation d’une logique colonialiste et impérialiste.

                    Vive la Catalogne !

  • Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    Halte à la provocation Americano-Israélienne !

    L’Unité Communiste de Lyon condamne le déplacement de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Jérusalem.

    L’Unité communiste de Lyon considère que le déplacement de l’Ambassade des USA à Jérusalem, de même que la reconnaissance accordée à cette ville comme capitale de l’Etat d’Israël sont des actes de provocation dangereux.

    Dans un nuancier allant de la bêtise la plus crasse à la provocation assumée, nous ne pouvons que supposer le pire. Nous ne pouvons que déceler les odeurs rances d’un désir de bain de sang.

    Isolé aux USA, pris dans le tumulte d’affaires plus scandaleuses les unes que les autres, Trump mène une politique aventuriste, tant contre la Corée du Nord que dans ce cas précis, tentant de fédérer les milieux les plus obscurantistes et les plus réactionnaires des USA derrière lui.

    Isolé dans l’Etat Israélien par les scandales de corruption, le fascisant Netanyaou mène lui aussi une politique de provocation, pour déclencher un climat de paranoïa et de terreur dans l’Etat d’Israël, et ainsi fédérer les milieux réactionnaires autour de lui.

    L’un et l’autre provoquent un casus belli en annexant Jérusalem. La ville sainte des religions du Livre passerait ainsi sous l’escarcelle intégrale d’un Etat ségrégationniste, réactionnaire et belliciste.

    Comment les Palestiniens et les Palestiniennes pourraient ne se sentir dans une légitime colère lorsque le siège de leur autorité est ainsi absorbé par l’occupant ? Il s’agit d’une remise en cause de chaque gain, de chaque avancée, aussi faibles, aussi fragile soit-elle, vers l’édification d’un Etat Palestinien.

    Comment les populations musulmanes pourraient-elles réagir autrement que par la colère lorsque la mosquée d’Al-Aqsa, un des cœurs de leur religion est menacée d’être encerclée de barbelés ?

    Ils et elles ne le peuvent pas. Les organisations de la résistance Palestinienne appellent à un nouvel Intifada contre l’opération menée par Israël.

    Cette action vise, justement, à provoquer cette escalade de colère, de violence, cette escalade conflictuelle, laquelle peut porter loin. Car, derrière cette question, des enjeux immenses se trament.

    Les réactionnaires et les colonialistes d’Israël veulent en profiter pour étendre leurs colonies, leurs possessions territoriales, étendre leur contrôle de la Cisjordanie, déjà fragmentée en éclats. Ces agents provocateurs mettent sciemment en danger les civils israéliens et palestiniens pour assouvir leurs ambitions.

    Les impérialistes US renforcent ainsi leur bastion dans le secteur, assurant et  consolidant ce point d’ancrage, en plein milieu d’une zone stratégique de premier ordre, mêlant champs de pétrole et canal de Suez. Il s’agit également de se contrer l’implantation sans cesse croissante des bases russes et des intérêts chinois dans le Moyen-Orient. Au sein de ce pays, des sectes réactionnaires, apocalyptiques, applaudissent Donald Trump comme un nouveau croisé de la religion chrétienne.

    Plus original, l’Arabie Saoudite veut pousser à l’escalade dans le but d’entrainer son rival Iranien, de le contrer. L’hostilité manifeste des deux puissances régionales est à son comble, chacune se livrant en Syrie une proxy war au travers d’intermédiaires. L’Arabie Saoudite voit dans Israël un fer de lance pour contrer un Iran en expansion rapide.

    Nul doute que d’autres puissances s’empresseront de souffler sur les braises, d’un côté ou de l’autre, dans le but qu’éclate un conflit de grande ampleur. Le gouvernement français n’a pour le moment pas émit de position claire à ce sujet, Emmanuel Macron déclarant que la décision de Trump était cependant regrettable.

    Nettement moins nuancé, le CRIF s’est empressé de l’appeler a soutenir sans réserve la position américaine.  Cette déclaration précipitée, hasardeuse et dangereuse illustre le fait que le CRIF ne représente qu’une fraction des juifs et juives de France. Historiquement, ce conseil se montre proche des positions les plus réactionnaires en Israël.

    La paix doit être entendue !

    La provocation doit cesser ! Ces mesures unilatérales, aventuristes, provocatrices, prises par les USA et Israël, doivent être annulées. Ce jeu d’apprenti-sorcier risque de se payer en fleuves de sang, de sang du peuple, des masses, de gens qui n’ont pas de haines les uns envers les autres, pas d’intérêt à ces conflits.

    Cette provocation ne sert que les intérêts d’une bande de vampires opportunistes, qui se régalent des dividendes du conflit : les bourgeois et les bourgeoises, les impérialistes et les colonialistes.

    Cette provocation alimente l’antisémitisme au sein de la France, tout comme elle alimente la croisade pogromistes et racistes contre les musulmans et musulmanes, contre les personnes issues de l’immigration. Ce n’est pas un hasard si Manuel Valls posait à côté d’une ministre israélienne d’extrême-droite.

    L’Unité Communiste de Lyon soutient et soutiendra toutes les initiatives opposées à cette annexion et à ces provocations à la guerre.

    L’Unité Communiste de Lyon déclare accorder son soutien à la résistance palestinienne dans son ensemble, tout en accordant un soutien positif au projet politique des communistes Palestiniens, dans leur lutte pour qu’une paix juste et durable émerge.

    L’annexion faite par Israël est l’imposition d’un Apartheid, d’une ségrégation raciste et coloniale. L’Unité Communiste de Lyon soutient la position du mouvement communiste , en Palestine comme dans le monde, depuis 1947 : un seul Etat, binational, laïc, démocratique et populaire.

    La naissance de cet Etat ne peut se faire hors de la lutte !

    Vive la lutte anticolonialiste, vive la lutte anti-impérialiste !

    Palestine vivra, Palestine vaincra !

  • Filoche antisémite ?

    Filoche antisémite ?

    Filoche antisémite ?

    Gérard Filoche est désormais expulsé du Parti Socialiste à la suite d’un tweet. Celui-ci présentait Macron avec un brassard marqué d’un dollar évoquant celui du NSDAP, entouré de Jacques Attali, de Patrick Drahi et de Jacob Rothschild le tout agrémenté d’un drapeau Etatsunien et Israélien. L’origine de la photo, issue de la fachosphère, plus précisément de Egalité et Réconciliation, a déclenché le feu aux poudres, entraînant des plaintes de la LICRA et du CRIF et poussant le bureau du Parti Socialiste à voter, à l’unanimité, son exclusion.« C’est une décision très négative, ça va affaiblir le PS car ça repose sur un mensonge » déclare Filoche, qui annonce saisir la commission des conflits.

    Le coordinateur du parti, Rachid Temal, a déclaré : « La famille socialiste (…) a été durement marquée par ce tweet antisémite. (…) Nous touchons à l’essentiel même de nos valeurs, parmi lesquelles les valeurs de la République, l’humanisme, le combat contre le racisme et l’antisémitisme. (…) Il n’est pas possible qu’un dirigeant du Parti socialiste puisse tweeter ce tweet qui reprend les codes antisémites des années 30. (…) Ce soir le PS a pris la seule décision qu’appelait ce tweet ».

    Quant à Jacques Attali, il a annoncé son intention de porter plainte pour incitation à la haine raciale.

    Gérard Filoche a agit avec une stupidité manifeste en publiant cette image, laquelle est clairement antisémite, formant une négation de l’impérialisme français, alimentant -c’est bien son rôle- les approches complotistes et souverainistes. Il s’en est rapidement excusé au travers du même média, retirant l’image et expliquant qu’il avait été inconséquent en la publiant.

    Bien que cela soit révélateur d’une manière d’agir sans réflexion, sans jugement, sans prise de conscience, nous penchons tout de même l’hypothèse de la bonne foi dans ce cas de figure. Filoche n’est pas particulièrement connu pour ses ambiguïtés quant à l’antisémitisme. De ce point de vue là, il semble que la déferlante qui le frappe révèle des troubles sous-jacents au sein du Parti Socialiste, mais bien également au sein de la société française.

    Nous n’aimons pas Gérard Filoche, qui est l’incarnation même du trotskisme dans toute sa splendeur. Il est issu, comme Mélenchon, de l’OCI, cette secte lambertiste, véritable ANPE du trotskisme, centrale de l’entrisme, dont sont issus également Corbière ; l’ex-premier ministre Jospin [comme quoi les trotskistes ont déja exercé le pouvoir !] ; mais aussi le conseiller d’Emmanuel Macron Romain Goupil ; ou encore Gilbert Collard.

    Membre d’une gauche anticommuniste, il est notoirement connu pour avoir, en 1991, sauté de joie à l’annonce de la chute de l’URSS, titrant l’édito de son torchon trotskiste, alors à la LCR, d’un grand « Champagne ! » Il l’a célébré comme l’apothéose de la réussite d’une lutte qui fut l’alpha et l’oméga du mouvement trotskiste : la lutte contre le communisme. De même nous n’aimons guère le sale rôle de rabatteur qu’il effectue au sein du Parti Socialiste, dont il est membre du bureau politique, incarnant une gauche domestiquée, uniquement maintenue pour entretenir l’illusion d’un possible virage à gauche du parti qui a causé le plus de tort aux travailleurs.

    Pourtant, malgré le fait que nous n’apprécions pas ce laquais servile, nous trouvons que sa menace d’expulsion soulève des aspects inquiétants. Si nous le défendons aujourd’hui, ce n’est pas comme nous défendrions un camarade. Nous ne partagerions pas ce que pouvait écrire le NPA sur lui : « Au sein de ce parti de tous les reniements, Gérard Filoche, à sa façon, a défendu les intérêts du monde du travail. » Les trotskistes ne se renient pas. Filoche était un faux-ami, un faux-camarade, un agent de la diversion, un rabatteur de la bourgeoisie.

    Pourtant nous le défendons aujourd’hui.

    Nous ne le défendons pas comme l’ont fait certains, criant à l’omerta, criant au complot juif, clamant que Gérard Filoche venait de trouver la foi, l’illumination, en se dressant contre le lobby, le complot, ou d’autres élucubrations. Non.

    Nous le défendons sur la base de ce qui nous paraît être une manœuvre basse, sordide, utilisant cette erreur comme prétexte pour attaquer ce personnage, mais également pour amplifier un climat vénéneux.

    Depuis plusieurs années, celui-ci semble exprimer des relents plus que putrides. Un sentiment de montée en pression fait jour peu à peu. Il ne date pas d’hier. Depuis la crise de 2008, des tentacules fascistes semblent étendre leurs ramifications dans l’ensemble de la société.

    2015 et les attentats jouent un rôle de catalyseur. Ce qui, avant, était considéré comme des positions honteuses, s’affiche désormais comme une norme. Le terme islamo-gauchiste, réservé à l’extrême-droite, fait même une percée dans le vocabulaire des élections présidentielles. Et ces termes n’apparaissent pas dans une frange proche de l’extrême-droite, mais sortent de la bouche du socialiste Manuel Valls, illustrant la porosité de la politique bourgeoise aux idées fascisantes.

    Manuel Valls, battu, humilié, ridiculisé lors de ces élections, s’est mué en croisé agressif et vindicatif, cherchant à opérer une résurrection par ce biais.

    Aujourd’hui, les attaques pleuvent sans cesse.

    Les « vallsistes » mènent aujourd’hui une campagne de haine permanente. Ce courant protéiforme fédère autant des droitiers notoires que l’équipe dirigeante de l’ex-journal gauchiste Charlie Hebdo. Chacun se lance dans le conflit, instrumentalisant sans la moindre honte tout ce qui peut servir à nourrir leur guerre raciste.

    Un jour contre Sonia Nour, à la suite d’une déclaration qui, il est vrai prêtait particulièrement le flanc à ce genre d’attaques.

    Un jour contre Obono et Mélenchon, en faisant les agents de l’antisémitisme et de l’islamofascisme ou gauchisme, selon le gout du jour.

    Un autre jour contre la France Insoumise et contre le PCF, en prenant appui sur l’affaire Salah Hamouri, tentant d’assimiler l’opposition au colonialisme israélien à de l’antisémitisme. Sur ce point, l’attitude des députés FI et PCF fut exemplaire, quittant l’Assemblée plutôt que de couper dans le jeu sournois des provocateurs.

    Un autre jour contre Edwy Plenel et Mediapart, affaire dans laquelle le dessinateur et éditorialiste Riss a truqué sans vergogne les déclaration de Plenel, lui attribuant des déclarations de guerre fictives.

    Aujourd’hui, c’est Filoche qui arrive sur les bancs de l’accusation pour les raisons précitées. C’est une manière d’enfoncer le clou, mais aussi la liquidation d’un opposant à une dislocation du PS, et à sa reconstruction sous la forme d’une organisation réactionnaire sur toute la ligne.

    Dans le même ordre d’idée, l’avocat Dupont-Moretti subit les foudres de Bernard Henri Levy quant au fait de respecter les droits, pourtant constitutionnels, de la défense, sous prétexte de la qualité de l’accusé.

    Pour finir, dans une note plus exotique, Finkielkraut s’en est pris à la campagne #balancetonporc, utilisée, selon lui, pour « noyer le poisson de l’Islam. »

    Valls et ses réseaux ne partent pas bille en tête, seuls. Macron les adoube. La bourgeoisie les encense. Les classes dominantes les applaudissent : ils et elles préparent l’après Macron.

    L’ennemi de la campagne, l’extrême-droite, n’est plus la cible. Il cède la place aux contestataires de gauche, aux passeurs de migrants, aux anarco-autonomes, aux antifas, aux syndicalistes, aux communistes, à tout ce qui s’oppose à la guerre antisociale.

    L’extrême-droite n’est plus l’ennemi, elle incarne une voie de secours pour la bourgeoisie, après la destruction du centre, inéluctable, liée à la politique kamikaze de Macron.

    A la droite de Macron, un monstre se forme. Un vieux rêve de la droite se réalise, celui d’une jonction donnant naissance à une droite élargie. Wauquiez ouvre les bras au retour d’une Marion Maréchal-Le Pen, ayant fini son éclipse, après avoir « pour le moment, définitivement quitté la politique. » C’est dans ce pôle que réside les espoirs des classes dominantes.

    Derrière ses attaques de surface, une lame de fond balaie également les questions historiques. Lors des anniversaires de 1917 ou de l’assassinat du Che par les milices fascistes, certains intellectuels s’en sont ainsi donnés à cœur joie.

    Pascal Ory, un éminent tapis de bain de la bourgeoisie, officiant à Science Po paris, a ainsi expliqué que Lénine et Che Guevara étaient les parrains de rien moins que le terrorisme international dans son ensemble.

    Une belle manière d’entretenir la chimère de l’islamo-gauchisme, de l’islamo-communisme, et d’opérer une jonction sur deux des projets de la bourgeoisie : mener des guerres de diversions, en instillant la haine au sein des classes populaires, et souffler sur les braises de l’anticommunisme.

    Dans une certaine mesure, l’Islamo-gauchisme remplace, ainsi, le judéo-bolchevisme.

    Ce ne sont pas que des mots.

    Ces attaques ont un caractère de préparation idéologique. Une préparation idéologique au sens propre, frappant les contestations qui vont immanquablement naître de la politique de Macron et de ses sbires. Une préparation idéologique et une mobilisation des esprits dans un sens réactionnaire.

    Une lame de fond dangereuse, tant dans les discours politiques que dans la loi, se met en branle. Tout ce qui s’oppose, même les modérés, même les républicains peuvent être taxés de terroristes ou d’agent du terrorisme.

    Pendant ce temps, les vrais bourreaux, les véritables ennemis du peuple sont protégés, se pâment, se gavent de profits. Pendant ce temps, les apprentis terroristes fascistes, comme ceux de Dijon, sont libres. Libres de semer la haine, libre de frapper. Ce n’est pas l’Etat bourgeois, ce n’est pas la bourgeoisie qui mettre un terme à ces actions.

    Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces, notre unité, notre solidarité.

  • De l’état d’urgence à l’Etat d’urgence.

    De l’état d’urgence à l’Etat d’urgence.

    De l’état d’urgence à l’Etat d’urgence.

    Depuis novembre 2015, l’Etat français vit au rythme de l’état d’urgence.

    A la suite de l’attaque contre la rédaction du journal Charlie Hebdo, en janvier 2015, puis de l’attentat massif du 13 novembre de la même année, l’état d’urgence fut mis en place. Celui-ci, hérité de la Guerre d’Algérie, dotait l’Etat de possibilité étendues de répression. Sans revenir en détail sur ces mesures, l’aspect essentiel est le fait qu’elles contournaient l’échelon judiciaire pour remettre les questions de sécurité entre les mains de l’administration. L’accent était mis sur un traitement préventif des menaces sur la sécurité publique, non sur un traitement « curatif ».

    Au final, à la date du premier novembre 2017, laquelle met officiellement fin à cette situation, le bilan est le suivant : 4 469 perquisitions, 754 assignations à résidence, dont 350 dans la première phase. 625 armes trouvées, sans que le lien avec des activités terroristes puisse être systématique. 25 000 fichés S dont 9 700 en rapport à la « radicalisation. »

    Si le gouvernement annonce fièrement une trentaine d’attentats déjoués, dans les faits le bilan de l’état d’urgence est plus qu’en demi-teinte. In fine le taux de succès des perquisitions et des autres opérations s’est montré particulièrement bas, et, de plus, de moins en moins efficace. Dans la très large majorité des cas, les suspects ont été arrêtés sur des soupçons derrière lesquels aucune preuve n’existait, dans le cadre d’une politique du chiffre et de l’image. Les critiques contre l’usure des forces de police et de l’armée ont été pointées du doigt par les cadres de ces administrations, de même que par les analystes spécialisés en sécurité.

    Mais les bénéfices secondaires de l’état d’urgence ont permis certaines choses réjouissantes pour la bourgeoisie et ses gouvernements successifs : l’usage systématique de la répression contre les mobilisations sociales et politiques. L’état d’urgence et les largesses accordées par la loi aux policiers -soutenues par Lutte Ouvrière, ne l’oublions pas, et par la secte « Les Matérialistes »- ont permis une surenchère de brutalité et de violence contre les parts les plus exploitées et les plus opprimées de la population : les travailleuses, les travailleurs et les individus originaires de l’immigration.

    La liste sans cesse plus longue de victimes des violences policières l’illustre. La liste tout aussi croissante d’incarcérés ou d’inculpés des mouvements sociaux également. Comme le chante l’Internationale : l’Etat opprime et la Loi triche.

    Pour la bourgeoisie, qui lançait, à ce moment, une vague immense d’offensive contre les conquêtes sociales, l’état d’urgence tombait à point nommé. Surfant sur ces événements, sur ce choc, sur ce traumatisme, il lui a été possible de combattre avec une virulence nouvelle la lutte, fondamentale, contre la Loi Travail, en 2016.

    Une nouvelle ère s’est ouverte dans la répression. Mais cette situation a également donné un fantastique grain à moudre aux réactionnaires et aux fascistes. Les apprentis-Mussolini se sont enrichis d’un appui de poids : l’ex premier ministre Manuel Valls. Celui-ci, en défendant une thèse ultra-réactionnaire, celle selon laquelle expliquer le terrorisme, même sociologiquement, revenait à le justifier, s’est démasqué comme une des pointes de la réaction. Aujourd’hui encore, il est un des piliers de la réaction la plus virulente au sein de l’Etat français.

    D’une manière générale, comme nous l’avions développé dans un article passé, le terrorisme est une arme de l’extrême-droite.

    Les forces révolutionnaires et progressistes ont fait usage de méthodes violentes et brutales. Bombes, exécutions, fusillades… Mais non en visant les masses et la population. L’usage tactique de l’attentat est une chose, comme opération militaire visant à cibler des points vulnérables ou symboliques de l’ennemi, à l’exemple de l’attaque du 24 avril faite par les Naxalbaris, contre une école militaire. Le terrorisme en est une autre, l’usage de la terreur contre les masses, est l’arme exclusive des réactionnaires et des fascistes. Les fascistes de Daesh et de l’extrême-droite sont, dans ce cadre, les deux faces d’une seule et même pièce.

    Aujourd’hui, l’état d’urgence est fini. Mais vient l’Etat d’urgence.

    Entrant en vigueur le 1er novembre, la nouvelle loi antiterroriste vient transcrire la grande majorité des dispositions contenues dans l’état d’urgence dans le droit commun. De fait, l’état d’urgence n’est pas aboli, il est intégré comme nouvelle norme.

    La loi antiterroriste est un véritable pain béni pour la bourgeoisie. Une nouvelle fois, la bourgeoisie trouve une capacité à utiliser les opportunités qui s’ouvrent à elle. Si l’impérialisme, le capitalisme, l’exploitation, la misère, les discriminations forment le terreau du terrorisme, la bourgeoisie n’a pas dirigé ces attaques. Les complots dont se nourrissent l’extrême-droite n’ont pas lieu d’être. En revanche, elle tire profit.

    En l’occurrence, le caractère durable des menaces provenant du terrorisme international permet de justifier tout un panel de mesures qui sont tout autant de « bénéfices secondaires. »

    La politique d’Emmanuel Macron est une politique de kamikaze social, nous le maintenons. Elle entrainera misère, paupérisation, destruction du niveau de vie et de l’état de santé général des plus larges masses. Elle entrainera fatalement une réaction sociale, organisée ou confuse, cadrée ou explosive.

    Que ce soit la Ligue des Droits de l’Homme ou Amnesty International, un grand nombre d’acteurs et d’ONG ciblent le contenu de cette loi, pour ses caractéristiques foncièrement dangereuses.

    Premièrement, ce qui est ciblé est le maintient de l’autorité préfectorale, administrative, comme couperet. Le préfet devient l’homme fort, la femme forte, de ce nouveau dispositif. Tout comme dans l’état d’urgence, c’est sa décision qui permet les assignations à résidence, tout comme les « visites domiciliaires », ces perquisitions qui ne disent plus leur nom.

    Les contrôles aux frontières ou au sein de l’Etat pourront être plus fréquents et plus poussés « si la situation l’exige », un terme flou et non contraignant juridiquement. Toute personne refusant le contrôle ou pouvant avoir un profil suspects peut être refusé à l’entrée d’un événement, y compris public.

    La propagation « d’idées et de théories menaçantes », sur des « documents écrits » ou des « propos tenus » dans les lieux -de culte dit la loi- peut permettre leur fermeture pendant 6 mois. Une nouvelle fois, il est délicat juridiquement de comprendre qu’est ce qui peut être interprété comme tel. Si le Sénat avec rejeté ces termes, le gouvernement a fait pression pour les maintenir, insistant sur le fait qu’il n’est plus nécessaire de disposer de preuves matérielles pour agir.

    Sans être directement intégrée à la loi, celle-ci pose un cadre juridique autorisant le fichage des voyageurs internationaux. Ce passenger name record pourra recenser toutes les informations relatives aux déplacement des individus. Le journal Les Echos.fr note ainsi, le 30 octobre : Nom, dates de vol, itinéraire, type de bagage, adresse, et même le moyen de paiement des billets pourront être exploités. Un système équivalent devrait également être mis en place pour le transport maritime.

    Une manière de suivre à la trace.

    De même, la police des frontières dispose désormais d’un rayon d’action étendu. Avant limité aux intérieurs des gares, ports, aéroports, il se dilate maintenant à 20km tout autour de ces sites. Cela couvre donc près de 2/3 du territoire. La durée de rétention double également, passant de 6 à 12 heures.

    Sachant que l’ex-maire de Lyon et ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait précisé que  « les personnes dont la nationalité étrangère peut être déduite d’éléments objectifs extérieurs à la personne même de l’intéressé » seraient ciblés, il est clair que des dérives dangereuses se présentent  d’ores et déjà.

    La seule concession est au niveau de l’assignation à domicile, laquelle s’assouplit pour s’intégrer dans une vie de tous les jours et dans la vie professionnelle. Cependant, cette nouvelle signifie surtout la possibilité de banaliser cette mesure d’exception.

    La bourgeoisie sait se saisir des opportunités pour accroître son arsenal répressif, en tablant sur le choc et sur le traumatisme pour faire passer ses intérêts en douce. Ainsi le fichage ADN des délinquants et criminels sexuels, mesure passée à la suite de nombreuses affaires et scandales, s’est étendu, en douce, à tous les placés en garde à vue, formant ainsi une titanesque base de données. Ce dossier sert notamment à la traque des militants et militantes.

    Nul doute que la nouvelle loi pourra aisément s’appliquer pour écraser les mouvements populaires, les mouvements progressistes, les luttes sociales. Cet arsenal est suffisamment souple et non contraignant pour pouvoir se transformer en hachoir à classe populaire.

    Paradoxalement, cette loi est un aveu de faiblesse pour le gouvernement français. Un aveu du fait que le soft power de la démocratie bourgeoise et du modèle capitaliste est déclin. La désillusion frappe une très large majorité de la population, ainsi que le ressentiment et la colère.

    Mais également, cet ultima ratio qu’est l’état d’urgence n’est plus. En cas de nouvelles menaces, d’où qu’elles proviennent par ailleurs, que pourrait faire l’Etat ?

    L’Etat de siège, forme suprême de la suppression des libertés démocratiques et des libertés publiques, est-il encore réalisable ?

    Les analystes militaires, et le numéro 131 de Défense & Sécurité Internationale dédie un article sur le sujet, considèrent que le format de l’armée française ne lui permet pas d’être utilisée sur des opérations de longue durée, y compris sur le territoire français. Elle n’est plus conçue que sur un modèle « à l’anglaise », d’un corps ultra-mobile et surentrainé, là pour faire des expéditions militaires courtes et intenses. Réduite encore par les logiques d’économie et de gel des budgets -ce qui provoqua le départ du chef d’Etat major des Armées- la détérioration de la capacité d’action illustre le fait suivant : l’Etat français est un colosse aux pieds d’argiles, usé. Mais l’usure rend agressif. La loi antiterroriste l’illustre. L’armée française et la police se tourneront-ils vers la contractualisation pour compenser ? Les questions restent en suspens.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi répressive comme une tentative d’étrangler les mobilisations et l’expression démocratique au sein de l’Etat français. Elle dénonce cette loi comme une menace pour les respect même des procédures judiciaires et des droits de la défense. Cette loi créé les bases d’une société du soupçon permanent et du traitement administratif de la répression. Elles est fondamentalement un retour aux lettres de cachet de l’Ancien Régime.

    Nous n’avons guère d’illusion sur la valeur de la démocratie bourgeoise. Nous n’avons guère d’illusion sur le fait que la bourgeoisie ne s’encombre pas de sa propre légalité, lorsque celle-ci l’entrave.

    Nous ne doutons pas que la bourgeoisie n’aura de cesse d’étrangler les mouvements progressistes et révolutionnaires, sous les prétextes de sécurité de l’Etat et de la Nation.

    La seule sortie positive de la situation de menace liée au terrorisme international est la destruction du terreau qui le génère. L’impérialisme et la misère qu’il sème, l’exclusion sociale, la fragmentation et l’atomisation des individus, la discrimination en sont, nous le répétons, les facteurs d’origine.

    Seule une révolution socialiste, au final, peut briser le terreau intérieur.

    Seule la destruction de l’impérialisme, l’extérieur.

    Ni lois liberticides, ni prisons ne le peuvent !

  • Contre les manigances de la bourgeoisie, défendre le journalisme d’investigation.

    La situation ne date pas d'hier, mais l'ampleur que celle-ci prend est plus qu'inquiétante. La révélation, par le journal le Canard Enchaîné, du Penelopegate a entrainé une réaction virulente. Celle-ci est particulièrement révélatrice de l'état d'esprit, inquiétant, dans lequel se trouve la bourgeoisie de France.

    L'attitude de crier à la théorie du complot, au lynchage médiatique, de crier à l'invention de faits était, auparavant, un apanage plutôt réservé à l'extrême-droite. Combien de fois les fascistes et consorts ont-ils déversé leur haine sur les "journalopes" ?

    Nous aurons, par ailleurs, l'occasion de revenir sur ce mot-valise et sur tant d'autres, mais le propos, pour le moment, n'est pas ici.

    La presse n'est pas étrangère à la lutte des classes. Un tour d'horizon des publications suffit pour s'en convaincre. La carte tracée par le Monde Diplomatique / Acrimed l'illustre parfaitement. Il n'est nullement étonnant que nous ne trouvions guère de publications favorables aux idées communistes, que nous ne trouvions que peu de médias luttant contre l'influence des conceptions et des idées bourgeoises. Nous en prenons bien-sûr acte. Nous ne tarissons pas de critiques à l'égard de certains journaux, de certains médias. Ce n'est pas un hasard si, au classement de la liberté de la presse, l'Etat Français arrive 45ème.

    Encore faut-il être capable de pouvoir discerner deux choses différentes : ce qui est du ressort de la retranscription de faits à travers une grille de lecture réactionnaire et l'invention pure et simple de faits. C'est une ligne de démarcation qui devient majeure, en ces temps de faits alternatifs. C'est celle que nous posons entre une presse bourgeoise du type du Figaro, du Point, de BFM-TV ou autres, et celles issues de la fachosphère, les F.Desouche, les Minute, les Dreuz, les La Gauche m'a tuer, mais aussi les Infowars des USA… etc. C'est dans cette catégorie également que nous classons les médias de la Maskirovka [le camouflage / la tromperie] en commande directe depuis le Kremlin: Russia Today; Russia beyond the headlines et Sputnik.

    Cette distinction est essentielle, car c'est ce qui permet de poser les bases d'une activité militante, le fait de disposer d'informations factuelles. Nous ne comptons pas sur les médias bourgeois pour l'analyser, mais bien sur nos propres forces. Cependant, sans informations, sans intelligence, aucun travail n'est possible.

    Nous même, dans nos propres rangs, devons combattre la tendance qui peut exister à la déformation des faits, à l'invention, laquelle est en infraction complète avec la phrase de Lénine "Seule la vérité est révolutionnaire." Nous avons, nous aussi, notre lot de censeurs, d'adeptes de Dame Anastasie parmi ceux qui se disent dans nos rangs.

    Les journalistes d'investigation jouent un rôle important, en faisant éclater les scandales que la bourgeoisie tente d'enterrer. Le Canard Enchaîné est critiquable sur un certains nombres de points, par ailleurs soulevés dans plusieurs publications  [Le Vrai Canard ; Un délicieux canard laquais…], mais un simple coup d'œil au nombre d'affaires révélées par celui-ci nous montre combien il peut être une épine dans le pied d'une bourgeoisie qui, en plus d'établir les règles, n'hésite pas à les transgresser. 

    Le scandale Stavinsky, l'affaire des diamants de Giscard d'Estaing, l'affaire Maurice Papon, les faux électeurs de Tibéri, mais encore le scandale du sang contaminé ou les tractations, les arrangements, les manigances de nombreux hommes et femmes politiques de ces dernières années… Ce journal a plusieurs fois été au centre de l'actualité.

    Plusieurs fois, le Canard Enchaîné a été attaqué pour ses publications, pour ses révélations. C'est une chose logique. La bourgeoisie, prise la main dans le sac, ne fait généralement pas œuvre de contrition et d'autocritique. Comme un enfant capricieux, elle trépigne, elle accuse, elle rejette la faute. Nombre de fois, elle ne s'exprime pas sur le fond de l'affaire, mais se contente d'attaquer le fait qu'elle soit révélée.

    Ainsi, lorsque cet homme, auprès du journaliste de Quotidien, pourtant émission de TF1, comparait le fait de révéler un scandale et celui de conduire un train pour Auschwitz. Difficile de ne pas voir, dans les propos de ce militant, une pointe d'agressivité mal placée. Rien de neuf.

    Résultats de recherche d'images pour « quotidien auschwitz »

    Sauf qu'une terrible lame de fond réactionnaire, alimentée par les tensions internationales, par l'aggravation de la lutte des classes en période de crise, déferle. Elle donne naissance à ce fruit vénéneux, celui de la traque aux journalistes, celui de l'affrontement entre les médias et les politiques, notamment initié par Donald Trump.

    Historiquement fond de commerce de l'extrême-droite, l'acharnement médiatique, même autour de faits indubitables, est devenu une ligne comme une autre. Aux USA, la campagne de Trump s'est déroulée dans une ambiance d'opposition aux médias, y compris ceux -comme Fox News- marqués pour leur sympathie pour les Républicains.

    Comptant sur les médias alternatifs et sur les faits alternatifs, cette campagne -comme nous le développions dans notre dossier sur la guérilla informationnelle– a surpris tous les observateurs pour sa capacité à déborder les facultés d'analyse des spécialistes.

    Dès lors, quelle raison reste-t-il pour ne pas employer cet argument ? Aucune. Ainsi, quand Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, ouvre le meeting de François Fillon, il fait huer les journalistes par les militants présents. Quand Fillon prend la parole, il ouvre le feu directement contre eux, les accusant d'avoir voulu le salir.

    Le ton est donné, la campagne se fera contre les journalistes, contre la vérité, contre les faits.

    C'est une brèche ouverte, elle avalise le fait que la tricherie, le mensonge frontal, sont désormais une ligne comme une autre. Les faux existent depuis longtemps, comme armes de la réaction. Pensons ainsi au Protocole des sages de Sion, créé de toutes pièces par l'Okrhana. Pensons aux fausses accusations, aux inventions, de la propagande anticommuniste. Les exemples ne mentent pas. Mais ce qui marque une nouvelle étape, c'est le caractère ouvert et l'aplomb considérable des menteurs.

    Dans les années 1940, avant d'être parmi les victimes du Mont Valérien en 1942, le philosophe communiste Georges Politzer publia un ouvrage: Révolution et contre révolution au XXe siècle.  Cet ouvrage caractérise pleinement la conception de la vérité qu'ont les bourgeois en période de crise.

    En citant ceci, nous ne sommes pas en train de considérer que la bourgeoisie de France est devenue ouvertement fasciste. Nous considérons, en revanche, qu'elle utilise des méthodes qui s’apparentent à celles utilisées par les réactionnaires et les chauvins de toute espèce. Seulement, les fascistes n'ont pas hésité à clamer qu'ils avaient comme ambition de déformer la vérité, chose que la bourgeoisie se défend de faire.

    Dans cette conférence, intitulée : « la liberté de la science », M. Rosenberg a fait la déclaration suivante :" Il y a une conception catholique et une conception protestante de l'histoire. A côté des conceptions religieuses de l'histoire apparaissent les conceptions nationalement teintées. Nous croyons qu'il est temps d'annoncer une façon allemande de considérer l'histoire" (M. Rosenberg, "Blut und Ehre", tome 2 ; page 210).

    M. Rosenberg constate donc qu'il y a une déformation ecclésiastique et une déformation chauvine de l'histoire. Il en tire la conclusion qu'il est temps d'ajouter aux déformations déjà existantes une déformation nouvelle, la déformation « allemande », c'est-à-dire, selon lui, national-socialiste.

    Déformer ainsi les faits, c'est ce que M. Rosenberg appelle « la liberté national-socialiste de la science ».

    Déformer l'histoire, c'est refaire l'histoire du passé selon les besoins du présent ; c'est subordonner l'histoire aux exigences d'une propagande.

    (…)

    Dans "Mein Kampf", M.Hitler établit la comparaison entre la propagande politique et la réclame.

    "Que dirait-on, écrit-il, d'une affiche destinée à vanter un nouveau savon et qui dirait qu'il y a aussi d'autres bons savons ? On secouerait la tête. Il en est exactement de même en ce qui concerne la réclame politique" ("Mein Kampf", édition allemande de 1 935, page 200).

    M.Hitler montre lui-même qu'il conçoit la propagande politique comme une réclame politique, conduite selon les principes de la publicité commerciale. Il soutient que la propagande vraie est, comme la publicité vraie, celle qui réussit, et que la propagande n'a pas à chercher la vérité objective dans la mesure où elle est favorable à d'autres pour l'exposer ensuite avec sincérité doctrinale aux masses."

    Mais la réalité ne se truque pas éternellement. Les faits reviennent au galop quand ils sont chassés. Il n'est pas possible d'abolir la lutte des classes par le mensonge, ni d'abolir aucun des faits issus de lois objectives de l'économie et de la société.

    Si nous savons que la presse bourgeoise ne nous sera jamais favorable, nous savons aussi que la vérité teintée par la réaction est préférable au mensonge et à l'analyse complotiste. Inutile de s'offusquer de l'inégalité de traitement qui nous est accordée, à nous qui voulons défendre le camp du peuple.

    C'est une des fautes des candidats de la gauche réformiste radicale, tels que Jean-Luc Mélenchon, dont les militants ont dénoncé l'inégalité de couverture de son meeting de Lyon. En rentrant dans ce jeu dangereux de l'attaque contre les médias, non de l'explication de la place de ceux-ci dans la lutte des classes, le candidat de la gauche insoumise dérape. Ce dérapage est le miroir de la grande faiblesse stratégique de cette candidature : sa négation de cette lutte.

    La question médiatique est une question centrale dans la diffusion de l'idéologie communiste. Nous savons que dans ce cadre précis, la presse bourgeoise nous sera résolument verrouillée et hostile. Nous ne pouvons compter que sur nos propres médias pour cette tâche essentielle.

    Cependant, indépendamment de ce but positif, nous considérons qu'il est essentiel que la liberté d'enquête et de révélation des journalistes soit défendue. Nous avons pu voir, avec la révélation de nombreuses pratiques de la Police, combien le droit démocratique à l'information est un droit précieux.

    Le fait de pouvoir contrer les fausses nouvelles, les rumeurs, est une chose essentielle. Lorsque la Police ment pour prétendre qu'elle sauve des enfants de voitures en feu, nous devons le savoir.

    Les attaques des réactionnaires, des bourgeois, des fascistes et de la police, contre ceux qui viennent fouiller dans leurs affaires, sont révélatrices. Elles sont une illustration du fait que ceux qui cherchent à faire éclater la vérité sont des alliés objectifs des progressistes dans la lutte des classes.

    Nous ne pouvons que saluer le travail des journalistes d'investigation honnêtes, et nous ne pouvons qu'espérer que les scandales, que peuvent révéler ces travaux, servent de catalyseur à une colère populaire juste.

    Contre les falsificateurs, les révisionnistes et les menteurs !

    Encore une fois, la vérité seule est révolutionnaire.

  • Valls ne ment pas.

     

    Dernièrement, devant les médias, Manuel Valls a réussi à déclencher un torrent de rires et de moqueries. Dans « L’Emission politique » sur France 2, jeudi 5 janvier, l'ancien premier ministre a affirmé qu'il avait été obligé de recourir au 49.3, contre sa volonté. Son excuse étant que les députés frondeurs de son parti -dont il semble grossièrement surestimer la combativité- auraient gêné la mise en œuvre de la loi El-Khomri.

    Chacun et chacune est allé de son bon mot sur le fait d'avoir subi cette terrible douleur que d'avoir appliqué le 49.3.

    Pourtant, derrière les rires, derrières les moqueries, autre chose se trame.

    Manuel Valls ne ment pas lorsqu'il affirme qu'on l'a forcé à appliquer cette mesure.

     

    "On" lui a imposé le 49.3.

    "On" lui a ordonné d'appliquer 6 fois cette procédure pour forcer la main des députés.

    "On" lui a demandé d'imposer la loi El-Khomri.

    Ce "on" n'est pas un mystique groupe, une chose obscure, c'est simplement une classe qui défend ses intérêts, la bourgeoisie.

     

    Valls ne ment pas quand il se défend d'avoir voulu, dès le départ, appliquer cette méthode. Et c'est là justement le point de clivage avec les futurs candidats à la présidentielle. Ceux qui, parmi une "gauche" qui se dissout lentement dans l'opportunisme et le ridicule, voudraient croire que Manuel Valls a choisi d'appliquer le 49.3, par conviction profonde.

    Manuel Valls, comme le Parti Socialiste, ne se caractérise pas par une idéologie libérale, la loi El-Khomri n'était pas dans leur programme présidentiel. Ils ne sont pas des libéraux faisant de l'entrisme et qui se sont démasqués, ricanant, une fois à l'Elysée.

    La vérité est toute autre.

    Une fois arrivé au pouvoir, le Parti Socialiste s'est mis sous les ordres de ceux qui sont les véritables maîtres de l'Etat; la bourgeoisie. C'est là cette vérité que refusent d'énoncer les partis réformistes, c'est que la démocratie bourgeoise n'est que la dictature des intérêts de cette classe. C'est le programme de la bourgeoisie qu'a été contraint d'appliquer le Parti Socialiste.

    C'est l'ordre du jour des capitalistes, des patrons et des patronnes, des exploiteurs, des rentiers, qui s'est imposé contre le menu programme du PS. C'est la bourgeoisie qui a ordonné la loi El-Khomri, elle est l'émanation de son intérêt.

    Et le PS a appliqué servilement, comme un brave valet, cet ordre du jour.

    Car ce qui caractérise le Parti Socialiste, ce n'est pas le libéralisme. Non. C'est l'opportunisme lâche. Ils n'ont pas renâclé, ils ont exécuté la tâche qui leur était demandée par les bourgeois. C'est cette même tâche qui sera exigée au parti qui le remplacera.

    C'est la bourgeoisie qui a imposé le 49.3, que le laquais Valls a appliqué.

    C'est vers elle que nous devons tourner notre colère, vers tous ceux qui, aussi, sont ces mercenaires de la politique, mentent sur la nature réelle du pouvoir et de l'Etat, sur sa nature de classe.

    Ceux qui veulent jouer ce jeu de tricheur que sont les élections présidentielles.

    Ceux qui mentent en prétendant que votre bulletin est votre arme la plus puissante.

    Ceux qui vous promettent monts et merveilles en omettant ceci: si vous voulez toucher aux intérêts de la bourgeoisie, préparez vous à la guerre.

    Non par méchanceté. Simplement parce qu'elle a une conscience aiguë de ses intérêts et qu'elle se donne les moyens de les défendre.

    Tout comme nous, nous désirons renverser la bourgeoisie et tailler en pièces son ordre injuste. Nous parce que nous serions d'une méchanceté sans bornes, mais car tel est notre intérêt, l'intérêt de la classe que nous défendons. Tel est l'intérêt de l'humanité.

    Tant que le système capitaliste durera, la bourgeoisie imposera son ordre du jour, ses intérêts, au détriment de l'humanité. Tant qu'elle aura la haute main sur les institutions, elle ordonnera à des Manuel Valls d'utiliser le 49.3, voire même de violer sa propre légalité.

    Tant que l'opportunisme régnera, il existera de braves Valls pour exécuter servilement ces tâches.

    Refusons l'échéance pourrie de 2017.

    Pas une voix pour le jeu des bourgeois !

  • Manuel Valls candidat aux primaires.

     

    L'annonce est tombée. 

    Dans son fief d'Evry, Manuel Valls, actuellement premier ministre, à annoncé sa candidature à la primaire de la gauche, qui se tiendra à la mi-janvier. 

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    (Manuel Valls lors de l'anniversaire du SPD en Allemagne)

    Après avoir brocardé, durant l'été, la "gauche de la gauche" sur l'affaire du Burkini, la déclarant "inassimilable", le voilà qui tient un discours à l'opposé totale:  «Je constate la division. Mais jusqu'à quand allons-nous subir ce spectacle? Il y a une exigence de rassemblement.» Après la ligne dure, Valls serait sur une position de synthèse ? Dans le fond, sa position est très pragmatique: «Je ne veux pas que la France revive le traumatisme de 2002. L'extrême droite est aux portes du pouvoir. Son programme ruinerait les petites gens et les retraités. Il nous ferait sortir de l'Europe, et de l'Histoire. À nous tous de la renvoyer dans les cordes», à lire entre les lignes: "je suis le seul espoir contre Le Pen, ralliez-vous à mon panache." Pour autant, n'est ce pas, la position sur l'Europe mise de côté, précisément le bilan du PS au pouvoir que le candidat énonce ? De même: «Je veux me battre contre la droite, son candidat, son programme, ses vieilles recettes des années 80, qui nous présente comme une avancée un recul social généralisé. Je ne veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins. Je ne veux pas que nos enfants aient moins de professeurs. Je ne veux pas que l'on casse notre sécurité sociale», pour autant, c'est là encore le bilan du Parti Socialiste. Qu'il n'y aie pas eu trop de saccage dans les rangs des enseignants est certes une vérité partielle, après tout, ne sont-ils pas une des catégories sociale qui votent le plus PS ?

    Ironique combat, hormis cela, que celui d'un Manuel Valls redevenu subitement de gauche, après le passage au 49.3 d'une loi El-Khomri qui liquide l'existence du code du travail.

     Dans tous les cas de figure, le Parti Socialiste à déjà jeté l'idée de faire un programme par dessus-bord. La primaire ne se résumera donc qu'a des affrontements de personnalités. Dans celle des candidats en lice, celle de Valls apparaît comme glaçante. Apôtre du tout sécuritaire, incarnant une ligne dure contre les immigrés et les mouvements sociaux, l'homme à la mâchoire perpétuellement crispée sera t'il le candidat contre Fillon ? 

    Manifestation sans-papiers 03.jpg

    ( Manifestation de soutien à des sans-papiers de Lille en grève de la faim pour demander leur régularisation le 7 janvier 2013 rue de Solférino, Paris.)

    Si c'est le cas, les élections promettent d'être un spectacle particulier, où il est à craindre que les débats et l'agitation ne jettent de l'huile sur le feu de la réaction. Qu'elle soient une bataille alignée sur l’extrême-droite.
    Les élections ne changent guère de choses. Mais le racolage populiste fait par les candidats laisse des séquelles. Pour eux c'est un jeu, pour d'autre ce sont des tracas, des difficultés, des vies brisées par la xénophobie, le racisme, le sexisme, l'homophobie et bien d'autres.

    Tous les candidats se comportent en laquais de la démocratie bourgeoise, du pouvoir des capitalistes, tous se comportent en agents de l'impérialisme français.

    Nous n'allons pas appeler à voter. Le débat et la lutte ne se trouvent pas là. Nous devons reconstruire le camp du peuple, le camp des progressistes. Lutter, ce n'est pas mettre un bulletin dans une urne pour "le moins pire", c'est avant tout construire les outils de combat qui apporteront, non pas la promesse, mais la garantie d'un avenir meilleur.

    Pas une seule voix pour les partis bourgeois !
    Ne donnons aucun crédit à ces mythes électoraux !
    Le pouvoir n'est pas dans l'urne, il est dans le combat !