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  • Déclaration ICOR sur le meurtre raciste de George Floyd.

    Déclaration ICOR sur le meurtre raciste de George Floyd.

    En avant vers la rébellion mondiale contre le racisme et l’anticommunisme de l’impérialisme ! 

    Depuis le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd le 25 mai dernier dans la ville de Minneapolis, les émeutes de masse aux États-Unis se sont étendues et intensifiées. Dans tout le pays, ce sont surtout les jeunes qui se soulèvent contre la violence policière et le racisme et réclament justice. Aujourd’hui ce mouvement est devenu international avec des millions de participants. Les policiers responsables du meurtre doivent tous être inculpés et condamnés ! Partout dans le monde, le meurtre de George Floyd est devenu un symbole de l’oppression raciste, et les gens descendent dans la rue pour protester – tout comme contre la droitisation des gouvernements impérialistes – jeunes et vieux, personnes de différentes couleurs de peau ensemble. Le racisme a une longue histoire aux États-Unis.

    Les luttes souvent acharnées contre le racisme ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Le racisme a toujours été utilisé comme une méthode de division contre le développement de la solidarité de classe. Depuis des années déjà la résistance des Afro-Américains comprend aussi la lutte contre la violence policière. Mais les troubles de masse actuels ne se limitent pas à cela. Aux États-Unis, la crise économique et financière mondiale entraîne une augmentation par bonds du chômage, qui atteint 40 millions de personnes, ainsi que de la pauvreté et de la misère, avant tout parmi les minorités particulièrement exploitées et opprimées.

    De nombreuses personnes ne peuvent plus payer leur loyer et perdent même leur assurance maladie en plein milieu de la pandémie. La crise du coronavirus a déjà coûté la vie à plus de 100 000 personnes. L’interpénétration de la crise économique et financière mondiale, et de la crise du coronavirus, de la crise environnementale et de la rechute économique de l’impérialisme US-américain a développé une force et une profondeur énormes et est liée à une crise politique ouverte et à une aggravation de la polarisation sociale. 

    La population noire et latino-américaine est particulièrement touchée par ces évolutions. Une grande partie des ouvriers particulièrement exploités et opprimés aux États-Unis sont noirs ! Ce sont surtout les jeunes qui voient leur avenir menacé et qui se soulèvent contre les effets de ce système social impérialiste ! Les manifestants se heurtent à une violence policière brutale. Les gens en tirent leurs conclusions.

    L’indignation, l’amertume et la colère se déchaînent – mais surtout la détermination à ne plus jamais accepter le racisme comme une normalité et le désir d’alternatives sociales. La classe dirigeante déploie une campagne de propagande pour intimider et diviser. D’une manière ouvertement anticommuniste, Trump affirme effrontément que les manifestants sont « des radicaux de gauche, des anarchistes et des antifascistes » et les déclare « terroristes ».

    Avec la mobilisation de la Garde nationale sur par divers gouverneurs américains sur ordre de Trump et sa demande d’utilisation de l’armée américaine pour réprimer les protestations, on pratique des méthodes ouvertement fascistes. Trump montre qu’il est prêt à tout. Aux États-Unis et dans le monde entier, les gens rejettent la brutalité policière et la répression croissante et remettent donc de plus en plus en question les conditions sociales qui prévalent. Les protestations de masse quotidiennes dans tout le pays ont obtenu e.a. que Trump a retiré la Garde nationale de Washington. Partout, ce sont aussi des policiers qui se mettent consciemment du côté des manifestants.

    Toute la tendance du capitalisme à produire des crises et la déstabilisation progressive du système impérialiste mondial s’expriment comme à travers une loupe. C’est un défi pour les ouvriers et les masses aux États-Unis. La solidarité inébranlable des révolutionnaires et des masses du monde leur appartient ! Le soulèvement aux États-Unis, en lien avec les luttes menées dans le monde entier, a le potentiel d’un mouvement révolutionnaire qui changera la société. Le renforcement des forces révolutionnaires est particulièrement important ! L’ICOR fera tout tout son possible pour enraciner le véritable socialisme comme alternative au système impérialiste pourri. 

    Organisons la solidarité avec les masses en lutte ! 

    Vive la solidarité internationale ! Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! 

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous ! 

    Signataires (en date du 09.06 2020, d’autres signataires sont possibles): 

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo 

    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun 

    3. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya) 

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine) 

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes)) 

    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh) 

    8. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Mar- xist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste)) 9. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran) 

    10.БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare) 

    11. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine 

    12.MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne) 

    13.UCLyon Unité Communiste Lyon, France 

    14.UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 

    15.BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie)) 

    16.KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg) 

    17.MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise) 

    18.RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas 

    19.MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse) 

    20.MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan) 

    21.KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine 

    22.БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes)) 

    23.PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste) 

    24.NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste) 

    25.PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant)) 

    26.PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou) 

    27.PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine 

    28.PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay) 

    29.CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)) 

  • Une seule étincelle peut déclencher un incendie de commissariat (For the People – Twin Cities)

    Une seule étincelle peut déclencher un incendie de commissariat (For the People – Twin Cities)

    Cette déclaration a été écrite par les camarades de l’organisation For The People – Twin Cities, basé à Minneapolis, cœur des protestations aux États-Unis d’Amérique, et publié sur le journal The People’s Voice News. En voici la traduction.

    Une seule étincelle peut déclencher un incendie de commissariat, sur la victoire historique des habitants de Minneapolis au 3e district

    Dans la nuit du 28 mai, le peuple, les masses colonisées (en particulier les masses New Afrikan) de Minneapolis ont remporté une énorme victoire. Ils se sont soulevés, au nom de la justice pour George Floyd et tous les noirs et indigènes qui ont été assassinés par l’État colonisateur, et ont chassé les porcs de leur forteresse d’étain, ont pris leurs armes, les ont redistribuées et ont brûlé la station. Le peuple réclame ce qui lui revient de droit par un militantisme pur et dur. L’État colonial-impérialiste des soi-disant « États-Unis » s’effondre sous nos yeux. Le peuple comprend les mensonges du réformisme et de l’électoralisme, leurs fausses promesses, et il a déclaré « Plus jamais ça ! Assez, c’est assez ! ». Ainsi ils ont appris leur propre pouvoir, et que lorsqu’ils sont unis, rien ne peut les arrêter.

    En outre, il convient de noter que ce qui a été démontré à Minneapolis ce soir-là (et les soirées qui ont suivi) symbolise les principes de la guerre populaire prolongée en microcosme. Pendant trois jours, le peuple s’est rassemblé à l’extérieur du commissariat, jetant des bouteilles, tirant des feux d’artifice sur les cochons, éteignant les gaz lacrymogènes, pillant un magasin Target [chaîne américaine de grande distribution, NDT.] pour redistribuer les richesses, abattant les barricades… Ils étaient inébranlables. Ils sont passés d’une stratégie défensive, définie par des retraites et des regroupements tactiques occasionnels, à un équilibre stratégique dans lequel les masses avaient acquis la position nécessaire pour commencer à défier véritablement la ligne de défense du commissariat, et enfin à l’offensive stratégique, qui a culminé avec la prise d’assaut, l’expropriation et la destruction du commissariat. Rien ne pouvait les arrêter, et ils ne tardèrent pas à déclarer la victoire, les porcs détruisant leur propre barricade pour échapper à la juste colère des masses. Et avec le feu de la forteresse d’étain en arrière-plan, le peuple buvait, dansait, riait, faisait la fête. Un vestige vaincu, le peuple en liesse. Le tigre de papier était battu par le vent et la pluie.

    Un nouvel avenir est possible, et, osons le dire, à notre portée. Un optimisme révolutionnaire est justifié. Le nihilisme et le défaitisme reflètent un révolutionnaire qui n’écoute pas le peuple, qui ne suit pas la ligne de masse, qui ne fait aucune enquête sociale mais s’assied et exige des autres qu’ils s’engagent dans des débats idéologiques mesquins et insipides, ou dans des projets réformistes inutiles. Ce n’est pas un allié du peuple, et le peuple le sait. Ils comprennent mieux leur propre lutte militante que quelqu’un qui s’est assis et a mémorisé toutes les œuvres de Lénine et de Mao mais n’a pas réellement appliqué ce savoir pour lutter et se battre à leurs côtés.

    La situation est révélatrice de qui, parmi les masses, est le plus avancé et le plus militant, et c’est avec eux que l’avenir de l’humanité est possible. Nous devons nous unir à eux, nous devons nous battre à leurs côtés et apprendre avec eux par la lutte et par le combat.

    Et si l’optimisme révolutionnaire est justifié, nous devons aussi reconnaître que ces soulèvements sont spontanés. Ils manquent de direction et d’organisation claire, même avec leur succès profond, et à mesure que les succès des soulèvements spontanés s’accumulent, nous voyons la nécessité d’élaborer un plan de longévité avec le peuple. Notre tâche principale en tant que communistes est de travailler sans relâche pour transformer le caractère de ce soulèvement de celui de rébellion spontanée à celui de révolution organisée et soutenue, et nous savons qu’en ce qui concerne l’apprentissage de la réalisation de cette tâche, il n’y a pas de meilleur enseignant que l’expérience dans le creuset de la lutte elle-même. Les porcs se fatigueront et s’affaibliront, et nous raffermirons nos forces et notre pouvoir. Laissons le peuple porter cette première victoire parmi tant d’autres à venir. C’est le début d’un mouvement qui ne peut être arrêté ; pas quand le peuple est conscient du pouvoir qu’il a entre les mains, des centaines de mains qui ont pris d’assaut le commissariat. C’est la juste rage du peuple qui brûle, un feu et qui ne sera étouffée par aucun porc et aucun État colonisateur. Maintenant plus que jamais, nous voyons par notre propre expérience ce que Mao voulait vraiment dire quand il disait « une seule étincelle peut allumer un feu de prairie »… Ou dans ce cas, un feu de commissariat.

    Ensemble et en avant !

    For the People – Twin Cities

    Traduction: E. Deka

  • Halte à l’agression contre l’Iran !

    Halte à l’agression contre l’Iran !

    Cette déclaration assez brève est en cours de débat au sein de l’ICOR, certaines appellations sont donc amenées à être modifiées, ainsi que l’ajout d’une liste de signataires.
    Nous ajoutons à cela qu’il y a eu, régulièrement, la mention d’un « impérialisme iranien ». Nous considérons que cette appellation est fausse et infondée. Elle se base sur la confusion entre l’influence de l’Iran en tant que puissance régionale et son ingérence dans des conflits du Moyen-Orient et l’impérialisme en tant que tel.
    Du fait de la concurrence internationale et de la pression des grandes puissances impérialistes, toute bourgeoisie est confrontée à deux destins : soit être assujettie et devenir compradore, dominée, soit s’épanouir et tendre vers l’impérialisme. L’Iran, Etat relativement autonome (paradoxalement, à cause des sanctions internationales), n’échappe pas à cette tendance. La bourgeoisie iranienne tente de trouver sa place « au soleil » pour reprendre les termes de Bismarck. Mais cette tendance, naturellement présente dans cette classe, ne signifie pas que l’Etat iranien puisse être classé comme Etat impérialiste.

    Cela paraît une nuance, mais considérer les USA et l’Iran sur un même pied d’égalité, sans voir que l’un est un agresseur et l’autre un agressé, revient à botter en touche et à refuser de s’opposer aux agressions entre Etats. Nous sommes hostiles à toute guerre impérialiste, où que ce soit, d’autant que l’objectif premier d’une intervention en Iran serait de figer cet Etat dans une position de dominion compradore, comme cela pouvait être le cas à l’époque du régime du Shah.

    Cependant, il ne faut pas nourrir d’angélisme, à terme, la Chine ou la Russie ne lui réservent pas d’autre sort. La seule issue est dans la révolution prolétarienne et dans la construction d’un Etat socialiste.

    Nous nous opposons fermement à l’escalade guerrière au Moyen-Orient. Les USA se démasquent une nouvelle fois comme les principaux porteurs de guerre dans le monde.

    Le général Soleimani, haut gradé de l’armée iranienne et personnage influent du régime, a été tué par une frappe américaine en Irak le 3 janvier 2020. Il représentait les opérations extérieures de Téhéran et notamment les liens avec les milices chiites. Sa mort a été apprécié de manière très diverse en Iran comme au Moyen-Orient. Certains ont salué en lui un héros, d’autre un bourreau. Nous-mêmes ne l’avons jamais vu comme un porte-flambeau de la liberté, mais bien comme un agent réactionnaire, bien qu’opposé à l’impérialisme dominant des USA.

    Toujours est-il que sa mort est un coup dur porté au gouvernement iranien. Elle est révélatrice de l’agressivité US et de la vulnérabilité iranienne.

    Cela fait des années que les tensions entre les USA et l’Iran ont cru progressivement. Les raisons de cette attitude sont multiples :

    • Une question économique : l’avidité américaine pour les matières premières et le pétrole, dont celui de l’Iran échappe au contrôle des majors américaines.
    • Une question de politique intérieure : par une ironie du sort incroyable, le même Trump dénonçait le fait que les Démocrates voulaient attaquer l’Iran pour assurer leur réélection. Trump cède aussi aux désirs d’une partie des « faucons », dans le but de les rallier.
    • Une question géopolitique : le détroit d’Ormuz est un passage vital pour l’économie occidentale. Son ouverture ou sa fermeture joue sur la santé du capitalisme. De plus, derrière la question de l’Iran se trouve la question de la Russie. Empêcher que celle-ci accède aux mers chaudes est une constante dans la géopolitique US et anglaise depuis le milieu du XIXe siècle. les décisions unilatérales des USA, superpuissance militaire, qui augmentent les tensions comme au Proche Orient, leur permettent d’éliminer ou de réduire l’influence économique et politique des autres puissances impérialistes, comme celles de l’UE. Les conflits locaux (1° et 2° guerres du Golfe etc) ont toujours un aspect de règlement de compte (repartage des zones d’influence) entre impérialistes.

    La nature même du régime ne pose, en revanche, pas de problème. L’Arabie Saoudite, nettement plus réactionnaire, est cependant le parfait allié de la France et des USA, et également un agent de la lutte contre l’influence iranienne et chiite au Moyen-Orient.

    Les puissances européennes ont appelé à la désescalade, mais n’ont pas condamné l’assassinat en lui-même. Dans les communiqués, le fautif a invariablement été l’Iran et son « rôle négatif dans la région ». Cette attitude de neutralité bienveillante vis-à-vis de l’action américaine est révélatrice : l’hypothèse d’une guerre est considérée comme acceptable.

    Donald Trump a affirmé que si jamais l’Iran tentait quoique ce soit, 54 cibles militaires, civiles ou culturelles seraient frappées en représailles. Le nombre faisant référence au nombre d’otages de l’ambassade US de Téhéran durant la crise des otages de 1979-1981. Cette action serait un crime de guerre.

    Trump a d’ores et déjà renforcé le contingent présent dans les bases autour de l’Iran.

    Nous exprimons notre vive inquiétude face à un risque d’envenimement des conflits et d’embrasement de la région. Si ce n’est pas la IIIe Guerre mondiale, cette escalade de la tension n’en est pas moins un signe de la tournure profondément explosive des relations internationales.

    L’UCL n’a aucune sympathie vis-à-vis du régime réactionnaire iranien. Il est hostile à tout progrès social et en particulier à l’émancipation des femmes iraniennes. Cependant, nous savons reconnaître qui, dans la situation, est l’agresseur et qui est l’agressé. Mettre les deux sur le même plan signifierait cautionner les assassinats extra-judiciaires et les actes de guerre.

    Malgré notre antipathie pour le régime iranien, nous sommes résolument hostiles à toute intervention militaire de la part des USA ou de tout autre armée dans la région. Les résultats de ces opérations militaires sont bien connus : dévastation, chaos, misère, morts et, ultimement, installation de pouvoirs ultra-réactionnaires. La solution face aux régimes réactionnaires réside dans le soutien aux masses populaires et à leurs organisations démocratiques et révolutionnaires. Lorsque les masses populaires d’Iran se sont soulevées contre le régime des ayatollahs, nous les avons soutenues.

    Les armées étrangères d’occupation ne sont pas des sources de paix et de prospérité pour les travailleurs et les travailleuses de ces pays. Elles ne sont que des maux pour ceux qui vivent dans les régions dominées, et ne servent qu’à transformer les zones occupées en colonies.

    Nous sommes hostiles à toute escalade militaire dans la région, tout comme nous reconnaissons le droit pour les pays du Moyen-Orient d’expulser les armées d’occupation étrangères. Chasser l’impérialisme est le préalable à la libération du capitalisme !

    Halte à l’agression US !

    Halte aux menaces de guerre !

    Signataires (07/01/2020)

    UCL ; UPML

  • Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Dimanche dernier, le président de l’État turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé une offensive contre le Rojava, état autonome contrôlé par les forces démocratiques syriennes, coalition politique et militaire de différentes forces dont la plus influente est le YPG/YPJ, bras militaire du PYD Kurde.

    Ce n’est pas une première, l’an dernier déjà, le régime fasciste turc a mené des opérations contre le canton d’Afrin, son objectif étant d’écraser le Rojava. En effet, cette zone représente tout ce que les réactionnaires turcs ont en horreur: l’autonomie des kurdes au bord de la frontière Turque, et des revendications politiques progressiste en contradiction avec les intérêts des fascistes turcs dans la région.

    Le Moyen-Orient est une véritable poudrière, et, depuis toujours, un champ de bataille où les puissances impérialistes se disputent les zones d’influence. La question du nord Syrien est dès lors un sujet épineux entre ces puissances. Les États-Unis ont apporté un soutien matériel aux FDS, afin de combattre Daech, et ont mis en place une zone de sécurité entre le Rojava et l’état Turc, en espérant créer une zone tampon. Cette zone militaire permet aux Américains de se rapprocher de l’ennemi principal des intérêts Américains du continent, l’état Iranien. Les FDS ont accepté cette alliance de circonstance comme aide matérielle bienvenue dans le combat contre les fascistes djihadistes, vu le risque de l’isolation totale face à Daech et aux Turcs, mais aussi comme moyen de pression sur l’état Syrien qui jongle dangereusement entre l’alliance de fait et l’opposition armée contre les FDS selon les circonstances tactiques de la guerre.

    L’état Turc, avancent leurs pions de manière à prendre le contrôle de cette région, pour taire la contestation au régime fasciste, et étendre leur influence, dans un projet de restauration de la suprématie Turque, dans un esprit digne des fascistes génocidaires Jön Türk. Les FDS doivent, pour les impérialistes, se soumettre et servir leurs intérêts sans conditions, ou être exterminés par les Turcs. Permettre la création d’une région autonome en Syrie, qui exporte des idéologies progressistes dans le continent, présente sur le long terme une grande menace pour les forces impérialistes.

    Erdogan représente un danger mortel, car il manie parfaitement les opérations de marketing géopolitique qui iront dans son sens avec l’accord tacite des impérialistes. Les fascistes Turcs courtisent les états-unis pour trouver un terrain d’entente qui livrera le Nord Syrien aux milices djihadistes et à l’armée Turque, conduisant les peuples de la région, Kurdes, Arabes, Assyriens, Yézidis, etc. à l’extermination pure et dure, et à la soumission aux néo-Ottomans.

    Assad, dans son jeu d’opportunisme réactionnaire et son lien fondamental avec les impérialistes Russes et Chinois, se présente comme un allié de circonstance potentiel qu’il ne faut pas négliger. Face aux Turcs et ses milices fascistes, l’état Syrien aura la responsabilité de joindre les opérations militaires avec les FDS pour créer une zone tampon contre les Turcs, au risque de vendre la Syrie aux djihadistes. Les Américains et les forces européennes n’hésiteront pas à livrer la Syrie au plus offrant tant que le montant des gains est suffisant, et Erdogan est leur partenaire le plus prometteur.

    Il est certains que nos camarades qui se battent sur place contre la barbarie fasciste, ainsi que les peuples du territoire Syrien auront à traverser encore bien des épreuves, nous, communistes, avons le devoir de soutenir les peuples opprimés, en combattant notre propre bourgeoisie, notre propre impérialisme, la France jouant un rôle important dans la déstabilisation de la région, l’héritage du protectorat français de Syrie est encore chaud dans l’esprit de nos bourreaux.

    Nous dénonçons la politique génocidaire du régime fasciste d’Erdogan, et nous dénonçons la volonté des impérialistes d’asservir les peuples du Moyen-Orient par l’outil formidable que représente pour eux les forces fascistes.

    Nous continuerons de soutenir nos camarades et les peuples opprimés, pour la libération totale et inconditionnelle des peuples face aux réactionnaires et aux impérialistes de tout bords.

    A bas le fascisme, à bas l’impérialisme !

  • Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    Appel international à la solidarité avec le Venezuela

    L’ICOR appelle à une journée internationale de mobilisation pour soutenir le peuple du Venezuela contre les tentatives de coup d’Etat orchestrées par les impérialismes étrangers et la grande bourgeoisie réactionnaire.

    En tant qu’Unité Communiste de Lyon, membre de cette coordination, nous relayons cet appel :

    Dans le contexte de la 3ème Conférence régionale de l’ICOR Amérique, qui s’est tenue à Lima les 13 et 14 avril de cette année, il a été convenu ce qui suit :
    Nous serons actifs en solidarité avec le Venezuela et nous avons convenu que le 16 mai 2019 serait le jour commun des activités de chaque organisation de l’ICOR pour dénoncer l’agression et les menaces de guerre contre le peuple vénézuélien par le gouvernement impérialiste US.

    L’impérialisme US a fait tomber son masque et pris la tête de l’agression contre le Venezuela, avec l’intention de renverser le gouvernement légitime et constitutionnel de Nicolás Maduro.

    Depuis le 9 mars 2015, date à laquelle Barack Obama a signé le décret « extraterritorial » déclarant que le Venezuela constituait une « menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis en raison de la situation au Venezuela », des actions ont commencé afin de provoquer une crise au Venezuela. Il faut surtout mettre en relief le blocus économique et financier contre la Banque centrale du Venezuela. Cela a créé les conditions pour voler les réserves internationales en ordonnant aux fonctionnaires du Département d’État et du Département des finances des États-Unis de bloquer toutes les transactions commerciales et d’empêcher ainsi l’accès aux achats réguliers pour l’importation de denrées alimentaires, médicaments et autres biens de consommation nécessaires pour la population.

    Nous soulignons que la détérioration des conditions de vie du peuple vénézuélien est directement liée au blocus économique imposé comme mesure unilatérale par les États-Unis et soutenu par leurs alliés. Cette mesure a fait perdre au Venezuela quelque 114,302 milliards de dollars, et il faut mettre en avant le crime de l’appropriation illégale de la compagnie pétrolière vénézuélienne CITGO, basée aux États-Unis, et de ses actifs.  Ceci est souligné par le fait que EUROCLEAR retient des millions de dollars, que la Banque d’Angleterre retient également de l’argent et que les compagnies maritimes internationales et les ports imposent nombre d’obstacles opérationnels, augmentant le temps et le coût des frais pour empêcher ainsi l’accès aux biens de consommation. C’est de cette manière que fonctionne ce réseau d’actions visant à l’effondrement de l’économie vénézuélienne.

    D’un point de vue politique, l’impérialisme mise à créer des crises dans le pays en s’appuyant sur un député, Juan Guaidó, qui s’est autoproclamé président sur une place publique. Depuis cet acte, et grâce à sa reconnaissance par plusieurs pays, on a beaucoup essayé pour inciter le mécontentement dans les rues. Il y a eu des tentatives de faire craquer les Forces Armées Nationales Bolivariennes, d’introduire de force des camions transportant de la prétendue aide humanitaire à travers les frontières colombienne et brésilienne ; il y a eu trois attaques graves contre le système d’alimentation électrique, chaque fois provoquant une panne de courant, dont la première était la plus importante avec plus de cinq jours d’affilée. Néanmoins, tout acte de sabotage et d’ingérence a été réprimé par l’unité civilo-militaire, le peuple vénézuélien défendant sa souveraineté dans les rues.

    L’impérialisme US-américain est le principal ennemi du peuple vénézuélien, et comme le disent les porte-parole du régime Trump : « Les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés » ; les agressions vont donc continuer. De même, le peuple vénézuélien a déclaré la résistance active : défendre sa patrie, son droit à l’autodétermination, sa souveraineté, ses richesses naturelles, qui sont finalement le but de ceux qui se considèrent maîtres du monde ; ils veulent renverser le pouvoir politique, soumettre le peuple et enfin piller ses richesses.

    Nous, peuples du monde, faisons preuve de solidarité avec le peuple vénézuélien et sa résistance héroïque. Nous disons : PLUS D’AGGRESSIONS CONTRE LE VENEZUELA, PAS DE GUERRE et ARRÊTEZ LE BLOCUS. Nous appelons, pour jeudi 16 mai 2019, à la Grande Journée de solidarité avec le Venezuela et sa Révolution Bolivarienne, et demandons des activités publiques, des protestations, des vidéos, des manifestations et des activités sur les réseaux sociaux, parmi les hashtags : l

    #TrumpHandsOffVenezuela #TrumpManosFueraDeVenezuela #TrumpHorsduVenezuela

    #NoBlockadeOnVenezuela #NoAlBloqueoContraVenezuela #NonaublocusduVenezuela

    #ICORInSolidarityWithVenezuela #ICORSolidariaConVenezuela #ICORSolidaireavecleVenezuela

  • Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Résolution de l’ICOR sur la situation au Venezuela.

    Ne touchez pas au Venezuela ! Pas d’intervention impérialiste
    dans les affaires intérieures du Venezuela !
    Le peuple doit décider lui-même de son sort !

     

    Conformément à l‘appel de notre organisation ICOR, Plataforma Socialista « Golpe de Timon », l’ICOR condamne le plus sévèrement le coup d’État actuel qui se développe au Venezuela, entrepris le 23 janvier par l’auto-proclamation du président, Juan Guaidó, comme président par « intérim » de la République et ceci de la part de l’assemblée nationale tout en méprisant la Cour suprême. Il essaie d’usurper le pouvoir que le peuple, en plein exercice de sa souveraineté, a donné au président légitime réélu, Nicolas Maduro, dans les élections démocratiques du 20 mai 2018.

    Cette tentative forcée d’un changement de régime est perpétrée par l’impérialisme US-américain qui, de façon éhontée, a pris l’avant-garde de la direction politique de l’opposition de laquais, soutenu par les gouvernements droitistes fantoches dans la région.

    L‘origine de la crise politique actuelle est le blocus économique rigoureux dont souffre le peuple du Venezuela et qui est pratiqué par les centres impérialistes des États-Unis et de l’UE. Avec une stratégie d’étranglement ils tâchent de fermer les voies par lesquelles le pays reçoit des vivres, médicaments, équipements, pièces de rechange etc.  Ce faisant, ils tirent profit du caractère dépendant et basé sur des exportations en nombre réduit pour promouvoir une crise économique et politique nationale et de cette manière retirer le soutien du peuple à la révolution bolivarienne.

    L’OTAN poursuit la même politique. Cela a plongé le Venezuela dans une situation extrêmement dangereuse et critique. Les activités criminelles et contraires au Droit international de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la France et d’autres membres de l’Union Européenne (UE) font partie d’une stratégie généralisée de pillage des réserves en pétrole du Venezuela et d’endiguement de l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans toute l’Amérique latine. De cette manière les contradictions inter-impérialistes s’aggravent massivement sur le dos du peuple vénézuélien avec le danger d’un conflit armé.

    Cependant, la crise que subit le Venezuela ne peut pas seulement être ramenée aux menaces et activités de l‘extérieur. Il est important de noter que la direction du gouvernement a aussi commis des erreurs ; les concessions faites à des parties de la bourgeoisie, des vices tels que la corruption, le bureaucratisme et le manque d’efficacité se sont manifestés qui ont aussi détérioré les conditions de vie du peuple vénézuélien. La gauche du Venezuela n’a pas pu consolider sa force d’organisation ni faire une proposition pour avoir une plus grande influence sur la réalité politique nationale dans le but de régler la dispute concernant l’orientation et le positionnement de la voie stratégique vers le socialisme ; et la possibilité s’est affaiblie d’avancer dans la maîtrise des défis révolutionnaires. **

    D’une part les conditions mentionnées ci-dessus poussent les masses populaires à prendre des positions qui rejettent le caractère social-démocrate qui semble gagner de plus en plus d’influence dans les rapports de force au sein du gouvernement. Et d’autre part elles mènent à ce que des parties de l’opposition de droite concentrent le mécontentement et gagnent des secteurs de la population où, avant, elles n’avaient pas la possibilité de gagner en influence. Pour cette raison, des actions violentes sous couvert de protestations ont été déclenchées dans certaines de ces communes et ont été réalisées par des groupes de l‘extrême droite, y compris par des groupes paramilitaires.

    Aujourd’hui la situation ne présente plus seulement une menace. Il s’agit de la tentative d’un coup d’État, initié sans aucun doute à Washington, et où les États-Unis pointent un revolver sur la tempe du peuple vénézuélien et le prennent en otage pour obtenir que le gouvernement national se rende ou accepte des « négociations » ; la proposition va de la simple extradition jusqu’à l’appel démagogique à des élections « libres ». Le succès de cette tentative de coup d’État aurait comme conséquence l’effondrement de l’État national avec des retombées pour tout le continent.

    La révolution bolivarienne a produit des améliorations innovatrices pour la situation des femmes dans les domaines de l’éducation, de la santé, des soins aux personnes âgées et aux parents isolés et de l’administration communale ; des formes de l’auto-organisation de la base se sont développées, un signal pour toute l’Amérique latine.

    En ce moment de clarification il est important d’adresser des messages de solidarité de la part de pays alliés, d’organisations multilatérales, de partis et de mouvements sociaux dans le monde, pour rassembler ce grand mouvement anti-impérialiste qui fait valoir la vérité du Venezuela, s’oppose résolument à l’éventualité d’une guerre, demande des solutions sans paternalisme ni intervention, et qui accompagne la défense du pays et encourage la solidarité avec le peuple vénézuélien et le gouvernement légitimement élu face au siège.

    Seuls l’unité et le courage du peuple vénézuélien avec ses profondes racines historiques anti-impérialistes, en unité et solidarité internationales, sont en mesure d’infliger une nouvelle défaite à l’impérialisme US-américain. C’est au mouvement révolutionnaire de gauche de reconstruire le moral collectif avec un programme qui permet d’unifier les luttes populaires, les oriente vers la perspective du socialisme et l’ensemble du peuple travailleur à le construire et le défendre. Nous ne doutons pas une seconde que la victoire du peuple vénézuélien revient à faire échouer la stratégie impérialiste qui est de reprendre le contrôle de l’Amérique latine, car dans cette tentative d’une guerre au Venezuela ils compromettent leur crédibilité en tant que maîtres du monde.

    L‘issue de la crise est révolutionnaire !

    ** Ce paragraphe n’est pas soutenu par le NDMLP Sri Lanka, mais ils acceptent la résolution dans sons ensemble.

    Signataires (en date du 28/02/19 – liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. PCPCI   Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire, Côte d’Ivoire
    2. ORC   Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    4. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    5. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    6. PCT   Parti Communiste du Togo Togo
    7. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    8. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    12. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    15. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    16. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    17. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    18. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    19. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    20. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    21. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    22. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    23. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    24. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    25. PC/ML   Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)
    26. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    27. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    28. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    29. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)
    30. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    31. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela
  • Communiqué du Comité de soutien au Rojava, Lyon

    Communiqué du Comité de soutien au Rojava, Lyon

    Ce communiqué à été écrit dans le cadre d’un comité de soutien au Rojava à Lyon, auquel participe plusieurs organisations progressistes et révolutionnaires. Il a été diffusé en tract au cours d’un rassemblement de soutien au combat de la politicienne Kurde Leyla Güven à Lyon, le vendredi 25 Janvier 2019.


    Contre l’agression impérialiste au Proche-Orient, soutenons le Rojava !

    La défaite de l’organisation fasciste obscurantiste Daesh est presque consommée, grâce notamment à la lutte héroïque des combattants et combattantes des YPG, YPJ, et de toutes les autres forces unies au sein des Forces Démocratiques Syriennes. La paix n’est cependant pas à l’ordre du jour, le régime fasciste turc ayant affirmé sa volonté de lancer une offensive meurtrière sur le Rojava, avec la bénédiction du gouvernement américain. Ne nous y trompons pas, le départ des forces américaine s’inscrit dans une stratégie plus globale de domination du Proche Orient. L’état Turc écrasera les peuples au nord de la Syrie, offrant une marge de manoeuvre pour leurs opérations futures des Impérialistes.

    Si les États-Unis opèrent un retrait tactique, ce n’est que pour pousser leurs alliés (français et allemands notamment) à avancer. Le conflit a atteint un degré nouveau, qui se traduit par un changement du mode opératoire. Les affrontements par milices interposées, permis par une exacerbation des conflits au sein du peuple (ethniques, religieux, entre hommes et femmes…), sont dépassés. Maintenant, les grandes puissances impérialistes se préparent à intervenir directement avec leurs forces armées. Chacun se prépare, veut sa sphère d’influence, veut écraser, diviser, dominer, et c’est pour cette raison que le projet révolutionnaire au Kurdistan Syrien (Rojava) représente un obstacle.

    Le Rojava est l’épine dans le pied des impérialistes, l’épine qui , à terme, va détruire leur projet de division, et de domination. Le projet mis en place au Rojava par le mouvement de libération Kurde permet aujourd’hui la cohabitation de tous les peuples, sans distinctions d’ethnies, de religions, de genres, ou de sexualités. Un danger réel, quand on sait que ces différences ont permis depuis toujours aux impérialistes de dominer le Proche-Orient.

    C’est notamment pour cette raison que le leader Öcalan est aujourd’hui incarcéré en isolement total par l’État turc, avec la bénédiction des puissances occidentales. Un isolement qui en dit long sur les intentions de ces grandes puissances ; toutes les interventions publiques auxquelles Abdullah Öcalan a eu droit ont en effet été vectrices d’apaisement dans la région. Une grève de la faim, soutenue dans plusieurs villes d’Europe, a lieu en ce moment même, pour exiger le droit à la parole pour le dirigeant kurde. Certains participant-e-s à cette grève, notamment Leyla Güven, sont dans un état de santé critique après deux mois de désobéissance civile. Leur lutte pour le droits des prisonniers politiques en Turquie ne doit pas être laissé sous silence !

    Nous devons toutes et tous protester !
    Contre l’agression impérialiste !
    Contre les despotes !
    Pour la libération des prisonniers politiques !
    Pour la paix et la liberté des peuples du Proche-Orient !
  • Rencontre Trump / Kim Jong Un, un espoir de paix ?

    Rencontre Trump / Kim Jong Un, un espoir de paix ?

    Rencontre Trump / Kim Jong Un, un espoir de paix ?

    L’improbable rencontre a eu lieu. Le 13 juin, le président des USA et celui de la RPDC se sont rencontrés à Singapour. Après une série de tensions importantes, de menaces d’intervention militaire, de provocations liées à l’arme nucléaire, les deux Etats se sont concertés en “terrain neutre.”

    A la suite de 12h de conférence, les deux dirigeants ont signé l’un et l’autre une déclaration commune. Celle-ci est extrêmement succincte  :

     

    • « Les Etats-Unis et la RPDC s’engagent à établir de nouvelles relations entre les Etats-Unis et la RPDC en accord avec les désirs de paix et de prospérité de leurs peuples. »
    • « Les Etats-Unis et la RPDC joindront leurs efforts pour établir une paix durable et stable dans la péninsule coréenne. »
    • « Réaffirmant la Déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018, la RPDC s’engage à œuvrer pour la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne. »
    • « Les Etats-Unis et la RPDC s’engagent à récupérer les restes de militaires des Etats-Unis, [morts ou disparus durant la guerre de Corée]  à commencer par le rapatriement immédiat de ceux déjà identifiés. »

     

    La déclaration est plus que symbolique. Seul le dernier point est concret, le reste demeure marqué par le flou, marqué par le vague. Ce n’est pas une feuille de route sur la suppression des armes nucléaires, ce n’est pas un bouleversement géopolitique, ce n’est pas la fin de la présence US en Corée du Sud non plus. Pas de signature d’un traité de paix, qui justifie cette présence militaire, les deux Etats étant, juridiquement parlant, toujours en guerre.

    Pourtant il existe des choses à analyser : d’un point de vue d’image, Kim Jong Un est le grand gagnant. Non pas en ayant gagné un ascendant sur Donald Trump, mais en ayant pu parler “à sa hauteur”, en étant apparu comme un dirigeant d’envergure équivalente. Le fait que, dans l’appréciation générale de la situation, les USA et la RPDC ont été jugés à égalité est, en réalité, une immense victoire pour la diplomatie coréenne. La direction de la RPDC est donc ainsi légitimée aux yeux du monde.

    Les exercices militaires communs entre la Corée du Sud et les USA sont également suspendus. Ces exercices ont régulièrement été dénoncés par la RPDC comme des provocations et comme des pressions exercées contre elle. L’arrêt de ces exercices militaires est donc perçu comme un soulagement pour l’ensemble de la péninsule, nord comme sud, dont la population aurait payé un lourd tribut en cas de guerre. Il est d’ailleurs notable que 2 millions de civils sont morts lors de la guerre de Corée, principalement victimes des bombardements sur les zones urbaines opérées par l’US Air Force et les alliés. Civils coréens du sud et du nord sont donc certainement hostiles à l’idée de se retrouver de nouveau sous les bombes.

    La destitution de Park Geun-hye, ancienne présidente de la Corée du Sud, fille du dictateur Park Chung-hee, marionnette d’une secte anticommuniste, avait créé une situation de tension importante. L’irruption d’un parti favorable à l’apaisement des tensions dans la péninsule avait poussé les USA à envenimer à dessein la situation. Pour ne pas perdre leur bastion en Corée, leur flanc-garde contre les intérêts chinois et russes, les USA ne pouvaient tolérer ni élections libres, ni diplomatie indépendante de la part de Séoul.

    Le modus vivendi de Singapour est donc une surprise positive pour le camp de la paix. La promesse de dénucléarisation est une promesse, certes, mais une promesse qui demeure positive.

    Dans la situation incertaine et instable que nous vivons actuellement, où les provocations et les tensions sont en constante inflation, cette rencontre et cette déclaration commune, tout en n’étant qu’un bout de papier, sont néanmoins de bonnes nouvelles pour la planète entière.

    Nous regardons le risque de guerre dans l’Asie tout comme sur tous les autres continents, comme l’émanation des intérêts rapaces des capitalistes monopolistes. La situation conflictuelle en Corée est la porte d’entrée d’une situation conflictuelle sino-américaine ou russo-américaine. Il ne s’agit pas de dire qu’un impérialisme est plus moral, plus soutenable qu’un autre, à travers cela. Mais il s’agit de pointer du doigt le caractère particulièrement agressif et menaçant, dans cette partie du globe, de celui des USA.

     

  • Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

    Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

    Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

                Les USA ont annoncé le 8 mai leur intention de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, mis en place par le président Obama en 2015. Cet « épouvantable accord », ce « pire accord jamais signé » est désormais caduc, comme Donald Trump l’avait évoqué lors de sa campagne. L’argument avancé est celui d’une violation des principes de celui-ci par l’Iran. Or, rien ne démontre, à l’heure actuelle, que ces violations puissent avoir la moindre base de réalité.

                En échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui étaient en place contre le régime réactionnaire de Téhéran, celui-ci s’engageait à limiter son programme nucléaire, à faciliter les inspections et les contrôles et à modifier une partie de ses infrastructures pour qu’elles ne puissent servir à produire de l’équipement nucléaire militaire. Dans les faits, les inspections et les accords n’empêchent nullement la mise en place d’un programme militaire, mais l’accord compte sur le fait que la bourgeoisie iranienne à nettement plus intérêt à pouvoir commercer internationalement que de rester brimée par les sanctions et les embargos.

                Cela a permis au pétrole iranien d’inonder les marchés et à l’Iran de pouvoir récupérer 150 milliards d’avoirs qui étaient gelés par les sanctions. Pour la bourgeoisie iranienne et pour son développement économique, l’accord fait figure de succès important.

                L’ennui est que la situation géopolitique ne se nourrit pas que de paix. Plusieurs acteurs voient d’un œil particulièrement maussade l’idée d’une ouverture de l’Iran. Les USA voient dans cet Etat, tout comme dans l’Afghanistan, des zones qui doivent servir à maintenir la Russie loin des mers libres et des mers chaudes. Or, le rapprochement important entre Russie et Iran est une chose détestable aux yeux des stratèges US. Maintenir l’Iran sous embargo, sous fermeture, c’est s’assurer une sécurité sur la zone de front sud.

                L’Arabie Saoudite est une rivale de l’Iran. Tant du fait de la question du pétrole et de son exportation que d’une rivalité religieuse entre l’une -sunnite- et l’autre -chiite. L’Arabie Saoudite se méfie de la puissance croissante de cet Etat, en particulier d’un point de vue militaire. En 2010, Wikileaks révélait ainsi que l’Arabie Saoudite enjoignait les USA à frapper l’Iran, en demandant que ceux-ci « coup[ent] la tête du serpent

                La Turquie et l’Iran ont fait preuve d’une rivalité forte sur la question du régime Syrien. La Turquie essayant de s’accaparer le Kurdistan ainsi que plusieurs portions de la « Syrie utile » tandis que l’Iran joue le rôle de soutien au régime de Bachar Al-Assad, par ailleurs chiite, tout comme les Iraniens. Alors que la Turquie arme et soutien l’ASL, l’Iran fait de même pour le régime.  L’une et l’autre sont des puissances régionales et devenir, qui veulent s’affirmer sur le Moyen-Orient.

                Israël, sur le dossier Iranien, fait front avec l’Arabie Saoudite et la Turquie. Le soutien de l’Iran à la résistance du Hezbollah, au Liban tout comme la rivalité géopolitique d’une manière générale a poussé Israël à combattre en faisant feu de tout bois contre l’Iran. A l’époque du mandat d’Obama, l’Etat hébreux devait même être tempéré par son allié américain, du fait de sa lourde tendance à vouloir porter la guerre. L’accord sur le nucléaire Iranien fut vécu par beaucoup de soutiens à Israël comme une trahison et un reniement, entraînant un refroidissement brutal des relations israélo-américaines.

                Dès l’annonce du retrait de l’accord, Israël à procédé à des frappes, le 11 mai, sur des cibles iraniennes en Syrie. Ces frappes avaient pour justification officielle le fait que l’Iran voudrait utiliser le plateau du Golan, espace stratégique éminent, comme tête de pont contre l’Etat hébreux. Ces arguments illustrent au mieux la paranoïa, au pire le cynisme d’Israël. Israël qui, lors du 70ème anniversaire de la Nabka [la catastrophe] a tué plus d’une cinquantaine de Palestiniens et blessé plus de 2000. La tension est plus que palpable dans la région, et menace de dégénérer en une guerre ouverte, laquelle ne peut que se surinfecter par les interventions étrangères, tant la région est importante géopolitiquement et géo-économiquement.

                Paris, Berlin et Londres ont dénoncé ce retrait et cette tendance à la guerre, bien qu’eux-même la portent en agissant dans le conflit Syrien et Lybien. Non pas par grandeur d’âme, bien sûr, mais parce que l’Iran pourrait devenir un partenaire commercial important et lucratif pour les puissances impérialistes. Or, qu’est ce qui empêche simplement d’ignorer la décision américaine de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien ? Une chose simple, mais méconnue : l’extra-territorialité du droit américain.

                En 1977, le Foreign Corrupt Practice Act est mis en place. En 1998, cette loi visant à lutter -officiellement- contre la corruption s’étend aux entreprises étrangères. Cette loi se double de lois criminalisant le commerce avec les Etats sous embargo -en l’occurrence Iran, Cuba, Libye, Soudan…), puis, après 2001, de lois antiterroristes accroissant l’autorité des agences de renseignement américaines.

                En 2010, la loi Dodd-Franck permet à la Securities and Exchange Commission de réprimer toute infraction à la législation US, même si les acteurs sont tous étrangers. La même année, le FOreign Account Tax Complicance Act donne la possibilité au Fisc US d’agir de manière extra-territoriale.

                En 2016, enfin le Justice Against Sponsors of Terrorism Act permet aux citoyens US de porter plainte contre les Etats dont sont issus les individus ayant commis des attentats.

                Cet ensemble d’éléments fait que tout ce qui peut relier les USA à un acte qui leur déplaît est passible de poursuites judiciaires. Comme le cite Le Monde Diplomatique « Il suffit, écrit Me Paul-Albert Iweins, bâtonnier et ancien président du Conseil national des barreaux, qu’une opération contestée ait été libellée en dollars ou qu’un échange de courriels ait transité par un serveur américain pour que la juridiction américaine se reconnaisse compétente. » (Jean-Michel Quatrepoint, janvier 2017)

    En somme, dès qu’une entreprise à un orteil en territoire américain, dès qu’elle utilise une monnaie américaine, dès qu’elle est en lien plus ou moins direct avec des intérêts US, elle est soumise, de facto comme de jure au droit américain. Or, dans les faits, le dollar est la monnaie d’échange la plus utilisée et chaque grande entreprise est liée par des accords sous une forme ou une autre, avec des intérêts US. Donc il n’est pas possible de rester à l’écart des décisions intérieures des USA.

                En somme, si, pour le cas de Cuba, de l’Irak avant 2003 ou de l’Iran, une entreprise d’un Etat X veut braver l’embargo, elle subira forcément des rétorsions de la part du département de la Justice Américaine. A titre d’exemple, voici les sanctions prises contre quelques entreprises entre 2008 et 2017 (source : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4082.asp)

                Ces sanctions découragent les Etats de mener des politiques contraires aux USA. Ce système de sanction, de plus, lance des amendes qui envoient des sommes colossales dans les caisses de l’Etat. Elles se dédoublent d’un système de corruption généralisé, car les intermédiaires et les sources sont rémunérées. Une ONG dénonçant une entreprise touche une part de l’amende. De plus, les peines sont également relatives à l’intérêt que porte aux entreprises l’Etat américain et ses entreprises. Déjà cité plus haut, l’article du Monde Diplomatique précise : « Dans une affaire de corruption en Indonésie, Alstom était associé à un groupe japonais, Marubeni. Celui-ci a composé dès 2012 avec le DOJ et n’a été condamné qu’à 88 millions de dollars d’amende. La facture pour Alstom, négociée en 2014, sera neuf fois plus élevée. Marubeni n’intéressait pas les poids lourds américains du secteur, alors qu’Alstom était déjà une cible pour General Electric. »

                Le doit américain, basé sur la common law, laisse, de plus, la possibilité d’interprétation et de jurisprudence la plus large. Comme l’Etat US n’est pas neutre dans l’affaire, c’est une machine infernale qui se met en branle.

    L’impérialisme américain montre, dans cette affaire, ses muscles. Il rappelle sa puissance à la face du monde et impose encore des volontés géopolitiques – pour le moment. Cette manœuvre n’est pas tant une démonstration de force qu’un aveu de la nécessité pour les USA, de durcir le ton. L’attitude de la Chine, dernièrement, en remettant en place des barrières douanières sur les produits US, illustre une certaine guerre économique larvée. L’impérialisme US jette un pavé dans la mare avec l’affaire iranienne, en coupant l’herbe sous le pied de la Russie et même de l’Europe, mais également en fragilisant encore la situation au Moyen-Orient.

    Cependant, nous nous méfions de ceux et celles qui font feu de tous bois contre lui, quitte à ignorer les autres. Quitte, surtout, à passer sous silence l’impérialisme français, qui, lui aussi, mène une politique criminelle, rapace et belliqueuse. Nous n’oublions pas que cibler notre propre impérialisme est une priorité, car il est à la fois notre premier bourreau, mais également il est celui sur lequel nous pouvons avoir une influence, pour soutenir ceux qu’il opprime. Nous ne tombons pas dans le piège de certaines organisations sociales-chauvines.

    Lénine définissait ainsi cette tendance : Le social chauvinisme, c’est la “ défense de la patrie ” dans la guerre actuelle. De cette position découlent, par voie de conséquence, la renonciation à la lutte de classe pendant la guerre, le vote des crédits militaires, etc. Les social-chauvins pratiquent en fait une politique anti prolétarienne, bourgeoise, car ils préconisent en réalité, non pas la “ défense de la patrie ” au sens de la lutte contre l’oppression étrangère, mais le “ droit ” de telles ou telles “ grandes ” puissances à piller les colonies et à opprimer d’autres peuples. Les social-chauvins reprennent à leur compte la mystification du peuple par la bourgeoisie, selon laquelle la guerre serait menée pour la défense de la liberté et de l’existence des nations, et se rangent ainsi aux côtés de la bourgeoisie contre le prolétariat. Sont des social-chauvins aussi bien ceux qui justifient et exaltent les gouvernements et la bourgeoisie d’un des groupes des puissances belligérantes que ceux qui, à l’instar de Kautsky, reconnaissent aux socialistes de toutes les puissances belligérantes un droit identique à la “ défense de la patrie ”. (Les principes du socialisme et la guerre de 1914-1915 , 1915)

    Luttons contre les provocations militaires et la course à la guerre. Luttons contre l’impérialisme américain et ses alliés. Luttons contre l’aventurisme militaire de notre propre impérialisme ! Soyons solidaires contre le spectre de la guerre !

     

  • Tensions syriennes

    Tensions syriennes

    Tensions syriennes

                  USA, Angleterre, France d’un côté, Russie de l’autre, se font face. Chacun se menace de missiles, chacun se jauge, chacun se scrute. Dernièrement, le ton s’est haussé entre les différentes puissances militaires. Les USA et la coalition occidentale ont, en effet, annoncé leur intention de procéder à une action militaire dans le but de riposter à une attaque chimique présumée de la part du gouvernement Syrien contre les opposants au régime. L’intervention directe prendra probablement la forme de tirs massifs de missiles de croisières « beaux, nouveaux et intelligents » -dixit Trump.

                    La Russie, de son côté, a annoncé son intention de stopper ces missiles à l’aide de ses nouveaux systèmes d’armes, les S-400, déployés autour de ses bases. Pour les uns comme pour les autres, les muscles se gonflent. Pour les uns comme pour les autres, la guerre de Syrie est l’occasion de pratiquer un test grandeur nature des systèmes militaires de pointe, tant pour séduire une clientèle que pour marquer de stupeur les forces adverses. L’addition est payée, au final, en sang syrien.

                    La Syrie est, pour le grand malheur des peuples qui l’habitent, un enjeu géopolitique sans cesse plus important pour les puissances impérialistes. Point d’achoppement, point de fixation, point de confrontation, la Syrie est un espace courtisé, et cette cour ne se fait pas que dans la douceur et la tendresse.

                    D’un côté par la Russie, qui cherche à s’affranchir du barrage formé par le détroit du Bosphore, sous contrôle Turc, pays membre de l’OTAN. Celle-ci s’élance vers les mers chaudes, vers les mers libres, vers l’accès à l’océan mondial.

                    De l’autre, une coalition tactique des Etats occidentaux, qui voient, chacun, dans la montée en puissance de la Russie une menace. Une nouvelle fois, un cercle d’acier est bâti autour de celle-ci, dans le but de la contenir, de l’étouffer, de l’étrangler. C’est dans la mise en place de cet étau que se trouve la raison fondamentale du soutien de la part de l’occident aux rebelles, y compris fascistes.

                    Disons le clairement, le plan de déstabilisation du régime en place, son remplacement par une clique au service des intérêts de l’occident -ou au moins anti-russe- a échoué complètement. Il a fait long feu. Cette permutation qui devait s’opérer, surfant sur les mobilisations de 2011, s’est muée en une impitoyable guerre civile.

                    Cette guerre civile a connu différentes phases, différents retournements d’alliances. D’affrontement binaire entre pro et anti Bachar Al-Assad, elle est devenue un billard à quatre bande, avec l’entrée fracassante de l’Etat Islamique d’un côté, de l’autre, l’irruption des Forces Démocratiques Syriennes. Les puissances régionales, Iran, Israël, Arabie Saoudite, Turquie, ont chacune joué leurs cartes, dans l’espoir de pouvoir sortir renforcé de l’affrontement, dans l’espoir de gains, territoriaux, politiques, ou dans l’espoir d’affaiblir les concurrents et les adversaires. La Turquie en a d’ailleurs profité pour porter sa guerre génocidaire hors de ses frontières, et pourchasser les combattants et combattantes de la Liberté au Rojava.

                    Cette guerre touche à sa fin. Les forces soutenues par l’occident et l’Etat Islamique sont en lambeaux. La Turquie et la Russie ont trouvé un modus vivendi sur le dos des révolutionnaires Kurdes. Mais l’enjeu est bien trop important pour être réglé si simplement. L’occident ne veut pas perdre les têtes de pont payées si chèrement. Alors l’escalade reprend, avec l’idée, cette fois, d’une intervention directe de la part des forces militaires occidentales en Syrie. Un acte qui entrainerait inévitablement une escalade militaire accrue, laquelle pourrait potentiellement dégénérer.

                    La coalition occidentale semble vouloir prendre cette voie. Une voie qui serait pavée de sang. Elle est applaudie par certains « démocrates » qui sont en réalité des bellicistes maquillés. De l’autre côté, certains, certaines, fantasment. Fantasment sur la figure de Poutine, fantasment sur l’entrée en lice d’une prétendue « flotte chinoise », rêvassent sur une guerre de l’Eurasie contre l’occident. Nourries à coup de publications de Russia Today ou de Sputnik, ces rêveries n’en sont pas moins des tromperies.

                    Tromperies sur la nature politique de la Chine et de la Russie actuelle, tromperie envers les engagements et les discours sur le rôle de la Russie dans la guerre en Syrie et dans le conflit entre les Kurdes d’Afrîne et la Turquie.

                    Nous ne voulons pas de guerre, nous exécrons la guerre impérialiste, cette guerre de rapine, cette guerre pour l’or, cette guerre qui est payée du sang des masses populaires. Cette guerre est une lutte entre alliances impérialistes pour un nouveau partage du monde. Elle est une guerre de bourgeois contre d’autres bourgeois, tandis que les massent paient le prix fort. Dans ce conflit, la force porteuse d’escalade et d’aggravation est l’occident, non la Russie, en effet, mais nous ne nous cachons pas derrière cela pour soutenir en sous-main la présence militaire de la Russie et le régime Syrien.

                    A nos yeux, la seule solution viable, qu’il est possible de soutenir positivement, est celle du projet des Forces Démocratiques Syriennes : Une Syrie démocratique, dans laquelle le droit et les aspirations des peuples comme des masses populaires qui les constituent sont respectés.