L’Union
Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon
se sont rencontrées à nouveau pour faire le point de notre activité
et déterminer comment poursuivre nos objectifs. À ce titre, nous
avons débattu de plusieurs choses, notamment de la conjoncture
actuelle.
Une situation
complexe ici.
La conjoncture
actuelle est complexe. Au niveau de notre État, en dépit de la
mobilisation immense de l’année passée, en dépit de celle qui
naît actuellement, la grande bourgeoisie monopoliste continue son
offensive. L’anniversaire de un an de Gilets Jaunes marquera
peut-être une relance du mouvement, dont les causes n’ont pas été
éteintes. Le 5 décembre marque une autre étape dans la création
d’un grand mouvement de lutte sociale.
Cependant, nous
constatons que, en dépit des efforts et de la bonne volonté de ceux
qui luttent, en dépit de grèves très dures, que ce soit dans le
privé ou dans le public, il n’a pas été possible d’obtenir une
victoire autre qu’une dilution dans le temps du programme du
gouvernement.
L’attitude de
celui-ci est particulièrement résolue. Aiguillonnée par la crise,
mais également par la faiblesse des organisations et partis
ouvriers, la grande bourgeoisie avance à grand pas. Elle ne
s’embarrasse plus de prétentions démocratiques. Elle fait usage
de la répression massive, et construit un arsenal juridique pour
être toujours plus efficace. Les mouvements de luttes actuels ne
parviennent pas à contrecarrer cette résolution.
Dans le même
temps, elle mène une double campagne : une pour se prétendre
écologiste et espérer ainsi place des candidats
écologistes-libéraux en lice pour les prochaines échéances
électorales. L’autre pour instiller la haine et la division,
entretenant un brasier pogromiste contre ceux et celles qui sont
issus de l’immigration, contre les réfugiés et réfugiées,
contre les migrants et migrantes. Sous couvert de lutte contre
l’islam radical, c’est une campagne raciste et discriminatoire
qui est menée.
Pourtant cette
attitude n’est pas révélatrice d’une force, mais d’une
situation de faiblesse. C’est par dépit que les grands bourgeois
et les grandes bourgeoises avancent avec une telle brutalité.
Eux-mêmes sentent le sol qui se dérobent sous leurs pieds, du fait
de la concurrence internationale, de la surexploitation des
ressources, de la baisse des rendements de leurs investissements, de
l’endettement sans fond. Surtout, c’est le fait que leurs
laquais, leurs serviteurs politiciens et politiciennes sont sans
cesse désavoués par les masses populaires. L’illusion
démocratique, de l’alternance, du respect des programmes, est
morte. Tuée par la répression, tuée par le mépris, tuée par
l’incapacité du gouvernement de prendre réellement en
considération l’urgence climatique, pourtant vitale.
Le mur auquel se
confrontent ces luttes, cet obstacle invisible, c’est la
politisation et l’organisation de celles-ci. Les Gilets Jaunes ont
déjà, à leur niveau, franchi une étape immense, en posant les
questions non plus en termes économiques, mais également en termes
politiques, en posant la question du régime, du pouvoir politique et
de sa nature, et en fédérant autour de l’idée d’une démocratie
plus juste, bâtie une un contenu de classe, d’une ébauche de
démocratie populaire.
Permettre aux
luttes de franchir cette étape, de s’incarner dans une
organisation politique, voilà l’une des tâches des communistes
dans leur ensemble.
Partout dans le
monde, la lutte se développe.
Internationalement,
la situation est à la fois critique et porteuses de grands espoirs.
Les mouvements sociaux frappent partout dans le monde, faisant
reculer les gouvernements de certains pays. Chili, Equateur, Irak,
Liban, Hong Kong …. etc. , sont le théâtre d’affrontements
importants. Partout dans le monde, les peuples se révoltent contre
les mêmes maux, contre les mêmes exploiteurs, contre les
impérialismes. L’Unité Communiste de Lyon et l’Union
Prolétarienne Marxiste-Léniniste, membres de l’ICOR, saluent ces
luttes. Nous considérons que nous avons un rôle à jouer, en tant
qu’internationalistes, dans le soutien politique mais aussi
pratique à ces luttes importantes. Nous soutenons la création du
Front Antifasciste et Anti-impérialiste impulsé notamment par
l’ICOR et l’ILPS. Nous appelons à ce que les organisations
présentes en France s’incluent dans cette démarche essentielle,
dans l’esprit d’une alliance internationale révolutionnaire.
Il existe,
parallèlement à cela, une autre situation importante : celle
du Rojava. Elle a été au centre des discussions de la IV Conférence
Internationale du Moyen-Orient de l’ICOR. Nous considérons que le
combat mené par les FDS et leurs alliés est à la fois un combat
extrêmement important en tant que tel, pour les enjeux de la
résistance à l’oppression et à l’obscurantisme. Mais il
éprouve également notre capacité, en tant que militants au sein
d’un pays impérialiste, à réaliser une solidarité concrète et
à comprendre réellement les enjeux de la lutte révolutionnaire
démocratique.
Ce processus
révolutionnaire démocratique et anti-impérialiste a été décrit
avec une grande palette de termes par différents courants
politiques. Certains se montrent des apologues acritiques, incapables
d’en voir les limites. D’autres, au contraire, n’ont vu que
celles-ci, et ont rejeté l’intégralité de la lutte des FDS, du
YPG, des volontaires internationaux, des communistes et des
non-communistes. Nous pensons que nous sommes difficilement en mesure
de donner des leçons de révolution à ceux qui ont vaincu Daesh et
qui font face à l’armée turque. Nous ne pouvons surtout pas
exiger d’eux qu’ils se fassent massacrer jusqu’aux derniers
pour l’honneur et la pureté révolutionnaire. Nous avons des
critiques à formuler, et nous les formulons de camarades à
camarades, dans un esprit de soutien. Peut-être, comme l’affirment
les puristes, le PKK et le PYD finirons par trahir la lutte, à
devenir des agents de l’impérialisme et à être des relais locaux
de telle ou telle force, comme le fait Barzani. Mais nous laissons
les prophètes à leurs prophéties. Pour le moment, les faits ne
leur donnent pas raison.
Nous appelons à
soutenir les initiatives de l’ICOR en direction du Rojava,
notamment la construction d’infrastructures médicales. Nous ne
nous satisfaisons pas de slogans, nous voulons pouvoir agir de
manière concrète.
Travailler à
construire une riposte unitaire.
C’est dans cet
esprit que nous travaillons à construire un comité qui puisse
intégrer autour d’un même ordre du jour les organisations membres
de l’ICOR et leurs adhérents et adhérentes. Nous appelons ceux et
celles qui seraient intéressés par l’ICOR ou les Amis de l’ICOR
à se mettre en rapport avec nous. En particulier, nous appelons les
organisations anti-impérialistes des zones contrôlées ou dominées
par l’impérialisme français a travailler avec nous pour créer un
front contre notre premier ennemi : notre propre bourgeoisie.
Dans le même ordre
d’idée, nous continuons de soutenir l’idée d’un nécessaire
travail commun entre les organisations communistes, tant à l’échelle
de notre État qu’à l’échelle internationale. Nous considérons
que l’importance immense des tâches que les militants et
militantes communistes, internationalistes, anti-impérialistes ont a
remplir transcende le chauvinisme d’organisation. Nous saluons les
organisations qui ont fait un premier pas en notre direction. Nous
espérons que d’autres suivront. L’unité ne peut se contenter de
déclarations d’intentions, elle se doit d’être réelle.
Nous ne nions pas
les débats idéologiques qui existent entre organisations. Ils sont
la preuve d’une santé et d’une vigueur du courant communiste,
ici. Cependant, nous pensons que nombre de ces débats ne sont pas
contradictoires avec une coopération approfondie entre
organisations.
L’UCL et l’UPML
ne font pas exception à cette règle. Cependant, nous pensons que
les objectifs que nous avons à remplir exigent de briser le
sectarisme et le chauvinisme d’organisation. Nous avançons nous
même sur la voie d’une fusion organisationnelle.En dépit des
débats idéologiques, politiques, programmatiques, nous considérons
que nous avons à faire à un ennemi implacable. Ne nous ignorons
pas !
Nous appelons à
des prises de position communes, notamment sur l’actualité
politique ou internationale. Nous appelons à un travail commun,
unitaire, réalisé dans un esprit de camaraderie, non de
concurrence. Nous appelons à une collaboration dans l’analyse de
l’actualité, mais également de notre héritage historique.
Nous mettons en
projet plusieurs chantiers importants pour la construction de nos
organisations. Plusieurs formations seront faites pour élever le
niveau de compréhension théorie, idéologique et politique de nos
membres. Elles donneront lieu à des publications extérieures Nous
préparons également plusieurs campagnes, dont certaines sont
inspirées par l’ICOR, mais d’autres correspondent à la
situation nationale ou locale.
En 2021, le 150e
anniversaire de la Commune de Paris sera aussi l’occasion de tirer
les enseignements de cette expérience fondamentale, tant d’un
point de vue idéologique qu’organisationnels.
Nous considérons
que notre travail conjoint avance d’une manière satisfaisante et
ouvre la voie à un renforcement de nos organisations, mais également
de l’influence des conceptions révolutionnaires communistes dans
l’ensemble de la société de notre pays.
Avançons,
ensemble, vers la construction du Parti qui nous manque. Avançons,
ensemble, vers la victoire.