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  • Communiqué de presse de l’Assemblée Générale de l’Université Lumière Lyon 2 – 12 décembre 2018

    Communiqué de presse de l’Assemblée Générale de l’Université Lumière Lyon 2 – 12 décembre 2018

    Communiqué de presse faisant suite à l’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 du 12 décembre 2018

    Entre temps, l’administration de l’Université Lyon 2 Lumière a annoncé une fermeture administrative. Certaines dispositions prises en assemblée générale sont donc de facto inapplicables. L’Unité Communiste de Lyon considère que les fermetures administratives sont des méthodes de démobilisation utilisés par les directions des universités pour casser les mouvements. Elles sont une politique de la terre brûlée dirigée à l’encontre des mouvements étudiants. 

     

    L’Assemblée des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 s’est tenue le 12 décembre 2018 sur le campus de Bron, après le succès de l’AG des étudiant.e.s et des personnels de la semaine précédente. Appelée simultanément par le Mouvement des Étudiant.e.s Étranger.e.s, Solidaires Étudiant.e.s, le Collectif des Doctorant.e.s et Non-Titulaires, le comité jeunes du Nouveau Parti Anticapitaliste 69 et l’Unité Communiste Lyon, celle-ci a réuni plus de 600 personnes (soit plus du double de l’AG du 6 décembre).

    Organisée dans la continuité de l’AG du 6 décembre 2018, celle-ci maintient l’ensemble des revendications qui y ont été défendues, à savoir :

    – L’opposition à toute augmentation des frais d’inscription à l’Université, et plus largement pour la gratuité de l’enseignement supérieur.

    – Le retrait de Parcoursup et de la loi relative à « l’Orientation et la Réussite des Étudiants », et plus généralement l’opposition à toute forme de sélection à l’Université.

    – Le retrait du « plan licence ».

    – L’augmentation des moyens alloués à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, ainsi qu’une meilleure gestion budgétaire de l’Université (fin des dépenses inutiles, affectation prioritaire des moyens à destination des étudiant.e.s les plus défavorisé.e.s).

    – L’augmentation des bourses en nombre et en montant.

    – La facilitation des procédures d’inscription des étudiant.e.s étranger.e.s (Campus France), ainsi que la gratuité de ces dernières.

    – L’augmentation du nombre de logements publics à destination des étudiant.e.s et pour la réduction de leur coût.

    – L’adaptation du service public d’enseignement supérieur aux personnes les plus discriminées ou en difficulté (personnes LGBTI+, en situation de handicap, sans-papier.e.s…).

    – L’opposition à la répression policière des étudiant.e.s, lycéen.ne.s et personnels mobilisé.e.s, à toute intervention policière au sein et autour des campus universitaires et des lycées, et l’amnistie des personnes inculpées lors des mobilisations sociales.

    – La convergence des luttes en cours (mobilisation lycéenne, gilets jaunes, etc.).

    – La restauration de l’ISF.

    – La démission d’Emmanuel Macron.

    – Une meilleure inclusion des minorités, des personnes marginalisées et de leurs revendications.

    – La régularisation de tou.te.s les sans-papier.e.s.

    De manière à ce que le mouvement étudiant puisse perdurer dans les semaines à venir, l’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 appelle à présent à la mise en place d’un comité de mobilisation.

    Considérant par ailleurs que l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s extra-communautaires et la sélection à l’Université participent d’un même processus de casse du service public d’enseignement supérieur, l’AG appelle l’ensemble des personnels à rejoindre le mouvement étudiant ; en ce sens, celle-ci appelle les organisations syndicales professionnelles présentes à l’Université Lumière Lyon 2 à soutenir les étudiant.e.s en lutte et à organiser la mobilisation du personnel. Plusieurs interventions au cours de l’Assemblée Générale appellent cependant les organisations syndicales et politiques à ne pas s’approprier le mouvement.

    Parce que la lutte pour un enseignement supérieur démocratique est internationale, l’Assemblée Générale des Étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 est solidaire avec la grève des étudiant.e.s colombien.ne.s mobilisé.e.s pour l’Université publique, gratuite et de qualité, contre le report du budget de l’enseignement supérieur vers celui de l’armée et contre la privatisation de l’ESR.

    Comme la semaine précédente, l’Assemblée Générale appelle l’ensemble des membres de la communauté universitaire à rejoindre les mobilisations sociales suivantes :

    – La manifestation lycéenne et étudiante organisée le jeudi 13 décembre 2018 au départ de la place Jean Macé à 9h30. L’Assemblée Générale rappelle par ailleurs qu’à l’occasion de cette manifestation s’organisera un Pink Bloc en non-mixité sans hommes cisgenres hétéros.

    – L’Assemblée Générale lycéenne et étudiante organisée le même jour à 11h30 à la Bourse du Travail à l’issue de la manifestation précédemment citée.

    – Le rassemblement organisé le 14 décembre 2018 à 10h dans la cour centrale du campus Berges du Rhône en protestation à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s extra-communautaires.

    – La manifestation interprofessionnelle et intersyndicale organisée le 14 décembre 2018 au départ de la place Jean Macé à11h30 pour l’augmentation du SMIC et des minima sociaux, le rétablissement de l’ISF et la convergence des luttes.

    – La manifestation organisée le 18 décembre 2018 au départ de la place de la République à 18h à l’occasion de la Journée Internationale des Migrant.e.s.

    Un blocage des deux campus (PDA et BDR) de l’Université Lumière Lyon 2 est appelé par l’AG le jeudi 13 décembre 2018 de manière à permettre aux étudiant.e.s comme aux membres du personnel de participer à la manifestation lycéenne et étudiante. L’AG appelle également la présidence de l’Université à banaliser les cours lors des jours de mobilisations sociales, afin de ne pas entraver l’engagement des étudiant.e.s et des personnels.

    L’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2

  • Une nouvelle année de lutte dans les universités !

    Une nouvelle année de lutte dans les universités !

    Une nouvelle année de lutte !

    L’an passé a été sous le signe de la lutte contre les réformes du secondaires et du supérieur.

    La machine infernale Parcoursup, loin de connaître des ratés, a fonctionné au delà des rêves de ses créateurs ! Elle a fourni un contingent d’élèves à recruter pour les écoles et les université. Le reste, l’immense reste, n’a pas été jugé nécessaire. Il est donc rejeté.

    La nouvelle organisation du bac est un coup mortel donné aux lycées et à la valeur des diplômes qu’ils délivrent.

    Dans les universités, la fin des compensations annuelles, la mise en place de modalités d’examen, la réduction des effectifs placent les étudiants et les étudiantes, principalement les plus vulnérables et les plus précaires, dans des situations intenables.

    La privatisation progressive de l’université en menace son fondement même, tandis que les investisseurs privés vont pouvoir régner en maîtres, au travers de présidents d’universités dotés des pleins pouvoirs.

    D’où viennent les privatisations ?

    Les accords de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) demandent aux signataires d’ouvrir à la concurrence le marché de l’éducation. Cette ouverture intéresse beaucoup d’investisseurs de d’entreprises, qui sont intéressés par plusieurs choses :

    Mettre sous tutelle la recherche -TOTAL ou Areva finançant ainsi la recherche sur leur nouveaux moyens de détection des gisements, mais également les études sur l’impact écologique de celles-ci, par exemple.

    Faire des étudiants une main d’oeuvre correspondant à leurs besoins en terme de recrutement, qui, de plus, paie elle-même sa formation. Les investisseurs ne sont pas stupides, ils réfléchissent en termes de retours sur investissements. Une filière non rentable est liquidée

    Mais ce n’est pas tout !

    Les annonces du Cap 2022 vont aggraver encore les choses.

    Les lycées et les universités seront en autonomie budgétaire, avec comme objectif le maximum d’économies. Les proviseurs et présidents d’universités seront même récompensés s’ils sont avares. De la copie d’examen au voyage scolaire, tout sera rationalisé à outrance.

    Les frais d’inscriptions sont laissé au choix de la président. Aujourd’hui, 90€ en moyenne est payé comme « contribution à la vie étudiante », demain ce chiffre pourra être multiplié par dix, par cent. Bienvenue dans l’université à 9000€ l’année.

    Les services de la vie étudiante et lycéenne seront externalisés : cela signifie poliment « privatisés ». Ce sont des marchés captifs, dans lesquels Sodexo ou Elior se tailleront des monopoles. Serrez-vous la ceinture !

    Les bourses du CROUS, déjà faibles, doivent être remplacées par des prêts bancaires. Cela créé du PIB et permet aux généreux prêteurs de s’assurer des rentes sur le dos des étudiants et étudiantes. La fac à l’américaine arrive, avec une entrée dans la vie active à -100 000 €.

    Le Benchmarking des universités : tout comme les hôpitaux, les universités seront notés. Des agences de notation évalueront la valeur de leurs services. Une licence, un master n’aura juridiquement plus la même valeur selon les universités.

    Le danger est général:

    Les diplômes décernés par ces futures université seront des diplômes qui ne seront plus qualifiants mais basés sur des compétences. Cela signifie qu’ils ne donneront pas le droit à un statut garanti par la loi ou par les conventions collectives. Un étudiant sortant de Master 2 demain pourra être embauché avec le salaire d’un personnel non-qualifié. Non seulement cela tire les salaires vers le bas pour cette future génération, mais également pour ceux qui sont sortis avant, mis en concurrence avec une main d’oeuvre servile -la loi Travail le permet. Il s’agit d’une attaque voilée contre les salaires qui frappera tout le monde sans exception.

    Se battre !

    Seule la lutte paie ! : les réformes d’aujourd’hui ne sont pas nouvelles. Elles sont dans les cartons depuis plusieurs dizaines d’années (2005 pour l’autonomie des lycées par exemple). Si elles n’ont pas été appliquées plus tôt, c’est uniquement grâce à la mobilisation, la lutte, les grèves des enseignants et enseignantes, des personnels et des étudiants et étudiantes ! Aujourd’hui, le gouvernement kamikaze de Macron veut attaquer de nouveau. Il faut se défendre !

    Partout en France, des assemblées générales on lieu. Elles rassemblent de plus en plus d’étudiants, d’étudiantes, mais aussi de membres de la communauté pédagogique et de membres du personnel. Ces assemblées générales sont le ferment de la lutte !

    Les enseignants du secondaire, que cela soit le général et le professionnel, se mobilisent pour défendre l’avenir des lycéens et des lycéennes, qui sont en première ligne dans ces réformes.

    Que faire ?

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les étudiants et les étudiantes à rejoindre et soutenir les syndicats de lutte présents dans l’université. Non seulement ils luttent contre les réformes qui menacent vos droits, mais ils ne se limitent pas à des actions d’éclat. Leur travail tout au long de l’année est essentiel pour aider à recenser les problèmes, à les régler et à faire respecter les droits.

    Les Assemblées Générales sont des instances d’informations, de mobilisation, mais surtout sont des instances démocratiques de la lutte. Elles les lieux de débat tant sur le contenu des réformes que les lieux de décision de la forme et des modalités de la lutte. L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre celles organisées par les syndicats de lutte.

    Ici, à Lyon, la lutte doit prendre corps !

    L’université ou le lycée d’hier ne sont pas parfaits. Ces établissements sont des machines qui reproduisent les inégalités sociales. Etudiant ou étudiante salariée, issus de milieux populaires, en difficulté… Les chances sont loin d’être les même pour tous ! Mais il ne faut pas céder d’un pied, car chaque réforme aggrave cette situation.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la lutte syndicale est nécessaire et vitale en tant que lutte défensive. Mais elle considère aussi que seul l’organisation politique peut permettre de porter le combat plus loin.

    Seul l’organisation politique peut forger l’outil nécessaire, un outil révolutionnaire, pour mettre fin de manière plein et entière à l’inégalité dans l’éducation comme dans toute la société. Que seul cette lutte révolutionnaire peut mettre fin à une société basée, sur l’exploitation capitaliste, l’aliénation du travail, sur l’oppression.

    Pour une éducation Gratuite, Critique et Populaire !

  • Solidarité avec le mouvement étudiant.

    Communiqué de solidarité avec le mouvement étudiant. 

    L’Unité Communiste de Lyon exprime sa solidarité vis-à-vis des étudiants, des étudiantes, des lycéens et lycéennes face à la répression qu’ils et elles subissent .Bordeaux ; Dijon ; Grenoble ; Strasbourg ont eu la visite de la police. Montpellier et le lycée autogéré de Paris celles des fascistes. Lille et Nantes ont bénéficié de l’attaque successive des deux. Le 22 mars a été un pic important, avec l’expédition organisée par l’apprenti fasciste Philippe Pétel et ses sbires, dans le but de casser la lutte.

    La répression est double. Elle est celle des institutions, de l’Etat, de la police, de la justice pour la première part. Elle s’est traduite par des mises sous tutelle, comme au Mirail, par des interventions de police, comme à Dijon, par l’intimidation, par la menace, par les volontés de juguler la mobilisation émergente.  Cette répression là est la compagnonne des mouvements étudiants depuis qu’ils existent.  Mais elle va en s’intensifiant davantage, à chaque fois que la crise s’approfondit, à chaque fois que les tensions sociales montent, à chaque fois que de nouveaux arsenaux juridiques sont mis en œuvre.

    Cette répression se double d’une nouvelle dimension, celle de l’intervention direct et extra-légale des réactionnaires et des fascistes. Ayant le vent en poupe, les petits leaders fascistes ou fascisants tentent de générer un mouvement de masse réactionnaire sur la base de mots d’ordres ultra-individualistes tels que la liberté d’étudier. Si ces mouvements existent depuis longtemps, la participation des enseignants et des enseignantes à ceux-ci forment une étape supplémentaire. Les attaques fascistes contre la faculté de Montpellier, mais également contre celle de Lille et le lycée autogéré de Paris sont révélatrice de la nature profondément bourgeoise et pro-gouvernementale des mouvements fascistes.

    Ils sont des mouvements qui n’ont d’autre ambitions que de servir au mieux d’auxiliaires extra-légaux de la police et de la bourgeoisie. Leur seule action est celle de briser les luttes populaires, de fragmenter les exploités et les exploitées, les opprimés et opprimées pour qu’ils et elles soient docilement asservies.

    L’Unité Communiste de Lyon salue celles et ceux qui prennent le chemin de la lutte, ceux et celles qui se dressent contre l’injustice, contre la sélection, contre la liquidation des droits sociaux. Elle est solidaire des personnes ayant subit les foudres de la répression.

    L’Unité Communiste de Lyon invite les étudiants et les étudiantes à s’organiser pour ne plus subir ces attaques, à renforcer les organisations de jeunesse et les syndicats étudiants, dans le but de pouvoir répliquer. C’est là également où l’importance des organisations antifascistes prend son sens, pour éviter que les luttes sociales ne soient noyées sous la répressions, écrasées dans le sang par les supplétifs policiers.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à participer aux assemblées générales décisionnaires pour étendre et renforcer ce mouvement. La lutte qui se déroule à l’heure actuelle est cruciale pour l’avenir des étudiants et des étudiantes, pour celui des lycéens et lycéennes. Mais elle est aussi cruciale dans le sens où elle est un des fronts de la grande lutte générale pour la défense des intérêts des classes populaires. Elle est un des fronts de la bataille des classe aigüe qui se joue actuellement.

    Ensemble, soyons unis et unies contre les répression !

    Les fascistes et la police n’ont pas leur place dans les universités !

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ?

    Partie 1

    Cette brochure est une réponse à chaud à plusieurs événements qui ont défrayé l’actualité récente. Garde à vue de Nicolas Sarkozy, réforme de la SNCF et attaques contre les droits sociaux, mais également la mise sous tutelle de la faculté de Toulouse le Mirail et les agressions fascistes commises sous les ordres de la président de l’Université Montpellier III Paul Valéry contre les étudiants qui l’occupaient. Nous accordons notre solidarité à toutes celles et tous ceux qui subissent la répression de la bourgeoisie, des réactionnaires, des fascistes et des impérialistes partout dans le monde. Nous voulons également dire que cette répression est une norme du régime bourgeois, du capitalisme. Elle en est l’enfant naturel, un enfant à géométrie variable en fonction des classes sociales.

                    La bourgeoisie et les anticommunistes ne se sont jamais privés de se servir de la dictature du prolétariat comme d’un épouvantail pour dissuader les masses de rejoindre les organisations communistes. Insistant sur l’aspect « dictatorial », escamotant tout ce qui compose le caractère prolétarien des Etats socialistes, ces forces réactionnaires ont travesti et déformé le sens de cette forme nécessaire de pouvoir. Par effet de miroir, cela servait à légitimer leur ordre « démocratique » et légaliste. Et cela marche !

                    Par le truchement de l’Education Nationale, de ses programmes de propagande, ce sont des millions de jeunes qui ressortent chaque année avec une conviction ancrée dans leur esprit : la démocratie bourgeoise est le meilleur régime qui soit. L’acquisition de cette notion est le fil conducteur du programme d’Histoire du secondaire. Tout est mis en place pour y parvenir, depuis la légitimation de la république et de la démocratie -démocratie de propriétaires d’esclaves ! – dans l’Antiquité, jusqu’aux politiques de libéralisation des services publics, vus en terminale. Les régimes socialistes, fasciste et nazi sont traités dans le même chapitre, pour créer une impression de similitude et d’unité entre eux, renforçant la thèse de la gémellité entre eux, dans le but d’éloigner la jeunesse des idées communistes et de toute sympathie pour les expériences révolutionnaires. Tout est fait pour qu’un sentiment de positivisme émerge : l’Histoire va vers le mieux, vers le meilleur, et chaque année qui s’écoule nous rapproche d’une perfection idéaliste.

                    Il en ressort que même dans l’extrême-gauche, il réside un anticommunisme extrêmement fort, qui se traduit par le fait qu’il y a une sympathie pour les opposants aux régimes socialistes, furent-ils des fascistes comme Soljenitsyne, et qu’entre le socialisme et le régime bourgeois, nombre préfèrent ce dernier.

                    Pourtant, un regard un tant soit peu sérieux sur les arguments de la bourgeoisie permet de voir que ceux-ci ne tiennent pas la route, et que, ironiquement, ils justifient totalement la dictature du prolétariat. Le mensonge craque régulièrement, et l’Histoire ne peut être intégralement bâillonnée. Ainsi, les crimes coloniaux transparaissent dans les manuels scolaires, tout comme les guerres et les massacres commis par la France et les impérialistes. Progressivement, le voile se lève sur le passé, lorsqu’il est jugé qu’il est suffisamment éloigné pour ne pas faire de vagues.

                    Lorsqu’un regard un tant soit peu objectif pourra être posé sur l’époque que nous vivons, le mythe du positivisme s’effondrera immédiatement. Il ne fait nul doute que les générations futures ne pourront regarder l’époque que nous vivons, tant ici que dans le monde entier, que comme un âge de barbarie et d’injustice.

    Car l’injustice et la transgression de la légalité forment les bases du fonctionnement du régime bourgeois.

                    La maîtrise de l’appareil d’Etat et des instances décisionnelles a permis à la bourgeoisie, dès son arrivée au pouvoir avec la Révolution Française, d’édicter ses règles. Elle a maquillé cela derrière une idée d’égalité stricte aux yeux de la Loi, déclarant que l’application de celle-ci correspond à un hypothétique intérêt général. Or, quelle communauté d’intérêt peut résider entre celui qui exploite et celui qui est exploité ? La prétendue égalité devant la loi n’est nullement résolue par un traitement « égal » par la justice, elle est au contraire aggravée. Cela n’est d’ailleurs pas une erreur, mais un objectif pour la bourgeoisie.

                    Dans les faits, les lois et les forces de l’ordre ne sont que des satellites du pouvoir bourgeois. Les lois sont conçues pour assurer l’exploitation la plus pacifique et la plus efficace des forces des travailleurs et des travailleuses. C’est là où réside la notion d’ordre public. Celui-ci correspond à un idéal pour la bourgeoisie. Une société tournant à la perfection, permettant de maximiser le taux d’exploitation, sans heurts, sans conflits. L’ennui est que les contradictions propres au capitalisme jettent des poignées entière de sable dans les roulements de cette machinerie idéale. La concurrence au sein de la bourgeoisie elle-même, la baisse tendancielle du taux de profit, la paupérisation croissante des masses… tout ce qui créé une tendance à l’entropie tend à parasiter et à nuire au bon fonctionnement de la société capitaliste « parfaite. » Jetant le peuple dans la misère, semant la mort et le chaos au travers du monde, elles forment le ferment du conflit.

                    La bourgeoisie a donc conçu ses outils dans le but de réprimer et d’écraser les masses. Marx parlait, dans La guerre civile en France, des détachements armés spéciaux de la bourgeoisie : la police. Contrairement à ce que peuvent penser celles et ceux qui, comme Lutte Ouvrière, avaient fait le choix de soutenir les revendications des manifestants et manifestantes de la Police, les policiers ne sont pas des prolétaires sous l’uniforme. Ce sont des forces détachées des travailleurs, détachées des masses populaires, organisées dans le but stratégique principal de les réprimer. Fondamentalement, l’absence de condamnation des crimes et des meurtres commis par les policiers et policières contre les masses populaires, les Wissam ; les Adama ; les Théo… sont le reflet de cette conception. Ces agents n’ont pas, aux yeux de la justice, commis un crime, ils ont simplement exercé avec trop d’intensité leur mission.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Loin de là. Elle a créé un canevas légal offrant des « libertés fondamentales » et des « libertés constitutionnelles », mais elle s’est également doté des moyens de réduire leur possibilité d’expression. L’utilisation pleine et entière des droits démocratiques concédés ou arrachés à la bourgeoisie se heurte à des obstacles, des pièges, des chausse-trappes. Si elles peuvent être suspendues, c’est qu’elles ne sont pas « fondamentales ». Nous préférons leur donner leur véritable nom, qui est de « droits formels. » Cela les renvoie à leur véritable nature, qui est celle de droits formellement accordés par la bourgeoisie, mais qui n’ont qu’une valeur tout aussi formelle. Combien de manifestations réprimées ? Combien d’arrestations arbitraires ? Combien de nasses ? Combien d’intimidations, combien d’injures ? Combien de réquisition des travailleurs et des travailleuses sous la contrainte ? L’usage du droit de grève, surtout dans les secteurs essentiels de l’économie, se heurte à l’intervention de la police ou de l’armée pour éviter tout désagrément trop important, pour ne pas nuire aux rendements des investissements de la bourgeoisie. Lorsque les propos dérangent, la censure n’est jamais loin, alors quid des actes ?

                    Un exemple dans le domaine universitaire illustre les limites des droits démocratiques. Les conseils d’administration sont censés être des instances décisionnelles et souveraines dans les décisions qu’elles prennent. Les élus, choisis au cours d’élections, sont théoriquement dépositaire d’un mandat donné par la communauté universitaire. Pourtant le jeu est truqué dès le début, puisque toute décision n’allant pas dans la droite ligne des directives de l’Etat peut entraîner la mise sous tutelle. En somme, si les choix « démocratiques » ne sont pas en accord avec des décisions prises par l’échelon supérieur, elles sont nulles et non avenues. Cette situation arrive à l’université du Mirail, où toutes les instances sont suspendues.

                    Mais lorsque l’arsenal légal ne suffit pas, la bourgeoisie et l’Etat n’hésitent pas à violer leur propre légalité, qui est celle qu’ils et elles ont imposée ! Parfois, l’application des lois et le respect de celles-ci deviennent une lutte. L’objectif derrière est toujours le même : maintenir ou accroitre son profit, sa rentabilité. Non par une méchanceté atavique, mais bien par un sens aigu de ses intérêts de classe et d’individu au sein de celle-ci. La bourgeoisie a toujours vu le Droit du Travail comme une entrave, comme un bridage, de sa possibilité d’exploiter au maximum le prolétariat. Régulièrement, celui-ci, tant qu’il existe, est transgressé, y compris même dans les institutions et dans les administrations dépendantes de l’Etat. CDD à la chaîne, heures supplémentaires non payées, contrats frauduleux, conditions de travail et de sécurité terrifiantes… etc. Les exemples ne manquent, hélas, pas. Le fait d’obtenir un respect de la loi est déjà un combat de chaque instant pour l’Inspection du Travail tout comme pour les Prud’hommes. Dans les néo-colonies, la situation est encore plus dramatique. Les grèves se sont succédées à Mayotte pour demander, l’an passé, l’application du Code. Dans les régions les plus écrasées par l’impérialisme français, il n’est pas question de droits, mais uniquement d’exploitation, de surexploitation.

                    En revanche, le népotisme, les arrangements entre amis, tout est bon pour offrir des coupe-files, des droits de passage et des exemptions pour les bourgeois et leurs clans. De nombreux articles sur les héritiers et héritières de places importantes ont montré que celles-ci et ceux-ci ne devaient leur place que grâce à ces arrangements. Leurs résultats scolaires étaient d’ailleurs exécrables. Ainsi, Jean Sarkozy a mis sept ans à réaliser sa Licence de Droit, en bénéficiant de dérogations exceptionnelles. Cela ne l’a pas empêché d’être pressenti pour diriger l’EPAD [Etablissement Public pour l’Aménagement de la région de la Défense] en 2009, fait évité in extremis par le tollé suscité.

                    Par ailleurs, la prétendue concurrence censée être au service des consommateurs est un mythe, car il est nettement plus intéressant financièrement d’obtenir des arrangements et des alignements que de se mener la guerre -jusqu’à un certain point, il est vrai. Les pratiques anticoncurrentielles sont très régulièrement évoquées et pointées du doigt par les commissions de surveillance, mais les amendes d’apparence lourde (plusieurs centaines de millions d’Euros) sont sans commune mesure avec les bénéfices, et ne forment qu’une somme forfaitaire à affranchir pour légaliser la tricherie. Les scandales des études truquées -sur l’obésité par la société Mars, mettant hors de cause le sucre dans les gains de poids ; ou sur la toxicité du diesel par Volkswagen- sont légion.

                    Pour les bourgeois et les bourgeoises, il est hors de question que l’argent extorqué par l’exploitation leur échappe. Cette classe sociale n’a toujours pas digéré l’idée d’un impôt progressif, pendant qu’elle applaudit à deux mains la Cotisation Solidaire Généralisée et la Taxe sur la Valeur Ajoutée. Pourquoi ? Parce que ces deux dernières ne la concernent quasiment pas. L’argent des bourgeois ne sert pas principalement à la consommation, mais à l’investissement. Ces impôts les effleurent sans jamais réellement les impacter. Pour le reste, les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale sont là pour amortir les cotisations. Les arrangements existent, permettant d’exempter d’impôts certains et certaines, comme ce fut le cas pour Liliane Betancourt, alors première fortune de France. La bourgeoisie lorgne d’ailleurs sur les profits, mais n’apprécie guère les dépenses. L’idéal pour elle est de laisser les pertes et les dépenses aux frais des contribuables -auxquels elle ne participe pas !- pour en privatiser les profits. Ainsi, la privatisation de la SNCF laissera l’entretient des voies à l’Etat, mais l’exploitation et les profits seront captés par les investisseurs. A l’époque de Mitterrand, les nationalisations ont servi, de facto, de bouclier contre les mauvais jours, avant d’être remises entre les mains des capitalistes, une fois l’embellie revenue.

                    Gare à celle ou celui qui oserait protester ou se révolter ! La loi est déjà un couperet d’une dureté  terrible envers les faibles, tandis qu’elle est d’une douceur d’ange envers les puissants et les puissantes. La garde à vue de Nicolas Sarkozy est un exemple éclatant de traitement différencié des individus en fonction de leur catégorie sociale. « Du jamais vu » s’est exclamé l’avocat pénaliste Dupont-Moretti, devant le fait que Nicolas Sarkozy ait pu rentrer dormir chez lui et interrompre ainsi la garde à vue. Une ironie pour celui qui en faisait son sabre contre les révoltes populaires. Imaginerait-on une telle pusillanimité envers quelqu’un issu des milieux populaires ? Imaginerait-on une telle douceur, lorsque des affaires de viols en garde à vue sont légion, quant les blessures et les meurtres défraient régulièrement la chronique ? La bourgeoisie à tout les droits, même lorsqu’elle est accusée d’affaires de haute trahison, même lorsqu’on la soupçonne d’avoir eu sa campagne financée illégalement par Mouammar Kadhafi, même lorsqu’elle viole et est condamnée, comme un Roman Polanski, toujours libre et coulant des jours paisibles en France. Cette impunité, cette classe en use et abuse, par ailleurs, pour son divertissement, pour des affaires répugnantes. La bourgeoisie, cette classe pourrissante, se comporte en prédateur constant.

                    Lorsque la bourgeoisie passe devant la barre, les condamnations sont tellement ridicules qu’elles déshonorent définitivement ceux et celles qui les prononcent. Les crimes les plus graves ne se paient que de sursis ou de peines de prison jamais exécutées. Jérôme Cahuzac, ainsi, n’a pas passé une seule nuit en prison depuis sa condamnation. Et quant bien même ! La ségrégation sociale fait son œuvre en prison, où ces coqs en pâte bénéficient de quartiers privés, de visites, de droits exceptionnels, impensables pour les prisonniers et prisonnières de classe populaire, qui forment la très large majorité des condamnées.

                    Car, de l’autre côté de la barrière sociale, la transgression de la loi se paie chèrement, même lorsque la jurisprudence pourrait être favorable. Vouloir manger, vouloir échapper au froid, à la misère, peut se payer chèrement. Quelques pates volées pour nourrir une famille dans le dénuement peuvent valoir un séjour en prison. Pour peu que cela se conjugue avec une nationalité étrangère, cela peut se terminer tragiquement, car régulièrement la police transgresse les pouvoirs, déjà larges, qui lui sont accordés.

                    Les lois, qui écrasent déjà les masses populaires, dans leur contenu comme dans leur application, ne suffisent pas à la bourgeoisie pour écraser. Grâce à sa possession d’un grand nombre de médias, grâce au fait que ses relais ministériels conçoivent les programmes et la propagande scolaire, elle a un poids considérable idéologiquement parlant. Ce n’est pas pour rien que Marx écrivait que « les idées dominantes ne sont autre que les idées de la classe dominante. » Quand cela ne suffit pas, elle invente l’information, ment sans la moindre vergogne. Récemment, la manière dont a été traité la question du statut des cheminots est une illustration de l’absence totale de respect de la part des politiciens de la bourgeoisie pour les masses populaires. Cela se reflète dans l’absentéisme massif, qui illustre le rejet de la politique bourgeoise par le peuple.

                    Lors des conflits sociaux, généralement la police et l’armée suffisent très largement à écraser toute contestation. Mais parfois, les cadres légaux, bien que déjà largement en faveur des bourgeois et des bourgeoises, ne sont pas adaptés. Les exploiteurs se tournent alors vers des supplétifs pour faire le sale travail, hors des cadres légaux, hors-la-loi, mais dans un sentiment d’impunité total.

                    Les casseurs de grève, les agents provocateurs, les vigiles réactionnaires et les fascistes servent à cela. Ils et elles servent à compléter l’action répressive de la police, dans des cadres non-normés. Plusieurs usines en France ont eu la visite de ces gros bras, notamment Alibert en 2000 ; Yoplait en 2002 mais également PSA ou Faurecia…Au niveau universitaire, un exemple vient de défrayer la chronique, puisque très tard le 22 mars, à l’université Paul Valery de Montpellier, des supplétifs fascistes et des vigiles ont été envoyés par le doyen de la faculté de Droit pour briser l’occupation d’un amphithéâtre. Les brutes ont frappé les étudiants et les étudiantes à coup de lattes en bois, sous le regard goguenard des administratifs, avant de sortir devant une haie d’honneur faite par la police. Cela n’est pas sans rappeler la destruction des locaux syndicaux par la présidence de l’Université Lyon II en novembre 2007, ainsi que l’envoi de plusieurs syndicalistes devant un conseil de discipline digne des cours de Vichy. Ironie de l’histoire, l’action, mal préparée, s’est traduite par un retour de flamme terrible, contraignant le président à la démission. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres.

                    L’Etat et la police eux mêmes cherchent, lorsque la situation leur paraît nécessaire, à provoquer les heurts qui permettent d’écraser un mouvement. Les scandaleuses action de « policiers-casseurs », maintes fois repérées et dénoncées, en sont l’illustration. L’usage, la aussi, des fascistes, mais également d’infiltrés et d’indics servent à créer les conditions qui permettent l’intervention des forces conventionnelles et permettent d’attaquer médiatiquement les mobilisations. L’Etat et le gouvernement ne sont absolument pas neutres par rapport à la question des mobilisations. Les institutions leur sont intégralement hostiles, car s’opposant à leur mission première : le maintient de l’exploitation maximale la plus pacifique possible.

                    Si les choses prennent une tournure réellement dangereuse pour les intérêts de la bourgeoisie, il ne fait aucun doute que celle-ci sera capable de faire passer la violence à un échelon supplémentaire. Pour le moment, les transgressions, même criminelles, restent une exception plus qu’une norme opérationnelle. Cependant, la frontière est très mince entre les deux. Contrairement à ce que pensent les réformistes-radicaux, les bourgeois et les bourgeoises ne lâcheront pas les moindres miettes, sauf sous la contrainte la plus terrible. Quant à laisser le pouvoir aux masses populaires… Lorsqu’une occupation d’amphithéâtre débouche sur un tabassage, que doit-on conclure sur la volonté de faire chuter de leur piédestal les exploiteurs ?

                    La bourgeoisie n’a jamais reculé devant les intimidations, les assassinats ou la mise en place de milices fascistes pour se défendre. Il s’agit par ailleurs de la raison d’être du fascisme. Ce n’est pas par hasard que Eugène Schueller, le père de Liliane Betancourt, fut un des fondateurs, avec Eugène Deloncle, de la Cagoule. L’un et l’autre voyaient dans cet outil un moyen d’écraser les luttes sociales, pour le bénéfice de la bourgeoisie. Contrairement à ce que pensent certains, la question du fascisme n’est pas strictement posée sous la forme de l’accession au pouvoir -de manière formelle- d’un parti fasciste. L’écrasement des mouvements révolutionnaires et des mouvements ouvriers n’a pas besoin du FN. Il n’a même pas besoin d’un régime raciste. Après tout les Frei Korps qui massacraient les révolutionnaires étaient le fruit d’un consensus allant de l’extrême-droite jusqu’au SPD -le Parti Socialiste Allemand.

                    Ce qui caractérise le fascisme, finalement, c’est la question du terrorisme érigé en moyen de maintenir l’exploitation. C’est cette transgression systématique de la légalité bourgeoise érigée en norme. Pour reprendre Dimitrov « Le fascisme au pouvoir est, comme l’a caractérisé avec raison la XIIIe Séance Plénière du Comité exécutif de l’Internationale Communiste, la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier. » (Dimitrov, Fascisme et classe ouvrière, 1935)

                    Déjà, dans les régions dominées par la France, l’ordre le plus abject règne. Assassinats à la sauvette d’orpailleurs en Guyane, meurtres d’opposants aux laquais de la France, viols et prostitution d’enfants… Et lorsque les langues se délient, ceux qui osent briser l’omerta sont saqués, tel Anders Kompass, qui avait révélé les crimes de la France au Centrafrique. De toute manière, il n’existe pas d’autorité internationale capable de pouvoir obtenir justice pour les victimes. Que peuvent les familles Rwandaises ou Libyennes contre l’Armée Française ?

                    Un jour ce traitement peut devenir aussi celui qui s’applique en métropole, avec l’accroissement de la misère, des tensions sociales, avec la casse violente de toutes les protections dont peuvent bénéficier les masses. La bourgeoisie, même à son corps défendant, sera contrainte d’utiliser cela pour conserver son pouvoir, conserver son ordre, conserver ses profits.

    La question de l’absence réelle légalité à laquelle se contraint la bourgeoisie pose des questions sous-jacentes importantes. Deux d’entre elles méritent d’être abordées : celles des normes et des privilèges.