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  • La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat

    La ligne de démarcation principale.

    Pour aller plus loin : 

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation se revendiquant du communisme. Elle est une organisation s’inscrivant dans une tradition et dans un héritage. Non pas un héritage mort et fétichisé, mais un héritage vivant et dynamique. Elle se revendique, fondamentalement, de l’intégralité de l’histoire du mouvement révolutionnaire et du mouvement ouvrier.

    Elle se revendique de la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire. D’une synthèse critique, capable de distiller les éléments justes de cette expérience. Cette synthèse est plus large que la seule existence des organisations communistes, que leur seul rôle. Elle doit embrasser l’ensemble de l’expérience, y compris celles qui ont été avortées, inachevées, perdues.

    Selon nous, cette synthèse de l’expérience ne se limite pas à tracer la physionomie d’une organisation à coup de citations, de galeries de portraits, de folklore et de mythes. Bien souvent, il nous est adressé la question de savoir si nous nous revendiquons de Staline, de Mao ou de Hoxha. Ce type de question est révélateur d’un certain état d’esprit qui prend les questions à l’envers. Se revendiquer d’un individu est, à notre sens, caduc et inintéressant dans la situation actuelle. Ces individus ont fait partie de l’histoire du mouvement révolutionnaire, du mouvement ouvrier. Nier leur existence ou n’embrasser que leur figure n’aurait pas plus de sens l’un que l’autre. Analyser leurs apports, en intégrer les aspects justes, en ôter les aspects faux, voilà comment nous comptons procéder pour avancer idéologiquement.

    D’autant que certains butent sur ces questions. La bourgeoisie à bien fait son travail, elle aiguille sciemment, au travers de sa propagande, au travers de l’Education Nationale, vers des formes stratégiquement inoffensives de contestation. L’importance de l’anarchisme et du trotskisme comme  mouvements dans les pays impérialistes est révélateur de cela. Cependant, bien souvent, la sympathie pour Trotski ne signifie pas une adhésion à ses thèses ni a ses pratiques. A l’inverse, combien de marxistes-léninistes autoproclamés orthodoxes se usent de l’entrisme, du fractionnisme, du liquidationnisme ?

    Il de s’agit pas de faire pour autant de l’éclectisme, et de brasser large pour se diluer idéologiquement, pour faire du centrisme, pour concilier l’inconciliable. Au contraire, il s’agit de progresser sans laisser la moindre zone d’ombre, sans laisser la moindre trace de poussière. Cacher l’inconsistance politique en se réfugiant dans une case, en se réfugiant sous une étiquette dont le contenu n’est pas maîtrisé n’est pas permis.

    L’adhésion n’est pas sur un branding d’image et de tableaux, mais bien sur une adhésion au contenu politique. Ce contenu politique que nous définissons comme ligne de démarcation principale, à l’heure actuelle, dans la poursuite de la construction d’un Parti Communiste Révolutionnaire efficace, est la dictature du prolétariat. Dans la situation actuelle, nous considérons que cette ligne est celle qui correspond à l’état actuel du militantisme au sein de notre Etat, mais également qu’elle est une question politique accessible aux plus larges masses, tout en étant profonde et complète.

    Pourquoi la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation ?

    Le choix de la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation est lié à un constat. Trop souvent, les organisations se revendiquant du communisme dressent une liste de points préalables sans fin à l’adhésion et au travail commun, ou à l’inverse évitent soigneusement cette question. Bien souvent, ces lignes de démarcations sont tracées dans le désert, et ne correspondent pas à des modalités pratiques ou politiques. Elles sont érigées en fétiches. Admirables ou non, justes ou non, elles n’en sont pas moins tout autant de barrières absconses car n’ayant pas de transcriptions concrètes dans la réalité ou dans la pratique, hors de l’iconographie.

    Nous avons voulu choisir une autre voie que celle de l’amoncellement de barrières qui ne font que recroqueviller les organisations autour d’un cristal de pure vérité autoproclamée, mais qui les privent de l’espace, de la marge de manœuvre permettant de débattre de la véracité de ce cristal, de le forger au fer de la critique, de la heurter au prisme de la science. Cette attitude sectaire de repli sur une vérité affirmée mais indémontrée, nous l’avons eue nous même, nous l’avons expérimentée et nous en avons, par le passé, éprouvé les limites.

    Nous voulons expérimenter une autre voie, plutôt que celle de la lame de rasoir, affûtée mais fragile, maniée d’une main incertaine, nous optons pour celle du creuset, de l’instance centrale de débat, dans lequel les diverses organisations doivent se fondre pour que naisse, par le travail et l’effort commun une organisation communiste pouvant déboucher sur un parti communiste. Tout n’a pas besoin d’être préalablement aplani avant d’avancer ainsi. De toute manière la dialectique et la vie font surgir chaque jour de nouvelles questions, de nouvelles luttes de ligne.

    Jamais le PC(b)US soviétique, jamais le PCC chinois, jamais le PTA albanais n’ont été monolithiques. Ces organisations ont certes tendu vers toujours plus d’unité, toujours plus d’efficacité, mais n’ont jamais été des blocs homogènes à 100%. Elles ont toujours connu une lutte de ligne intérieure. Nous considérons que l’unification n’est pas équivalente à la résolution immédiate de la lutte de ligne. La résolution de la lutte de ligne ne saurait être préalable au fait d’avancer, cela reviendrait à emplir un tonneau percé. Une base minimale simple, claire, et suffisante doit être dessinée comme préalable. Le reste des questions peut et doit se traiter dans le cadre du débat commun.

    Nous mêmes, faisons le choix d’avancer en commun.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation qui rassemble des communistes ayant une perception différente de leur idéologie. Certains sont marxistes, d’autres se perçoivent léninistes, d’autres maoïstes. Nous pensons que les questions idéologiques sur ces distinctions sont légitimes. Elles sont légitimes et doivent faire l’objet d’un débat scientifiquement argumenté. Seulement, l’Unité Communiste de Lyon considère que ces questions peuvent être résolues au sein d’une organisation unique. Leur résolution n’est pas un préalable au travail commun et à l’unification. Leur résolution en est même une conséquence, puisqu’elle créé le cadre scientifique qui permet de faire la démonstration claire et nette de la supériorité de telle thèse sur telle autre thèse. Elle permettra de rejeter les conceptions arriérées et périmées et de systématiser celles qui sont justes.

    Dans l’état actuel des choses, certaines questions ne sont pas non plus un préalable à l’adhésion. Bien souvent, la maîtrise du matérialisme-dialectique, du matérialisme-historique, de l’ensemble des facettes de l’idéologie a été placée comme une nécessité pour devenir adhérent. Comme l’exigence était trop élevée par rapport à ce que des néo-adhérents, des statuts intermédiaires artificiels étaient mis en œuvre. Des stagiaires ad vidam eternam, parfois, qui attendaient d’être considérés comme digne de devenirs des égaux.

    Bien souvent, du fait de l’organisation en sectes, refermées autour d’une vérité autoproclamée, la progression vers le centre de ces organisations cloisonnées ne se faisait pas en fonction de la progression dans la maîtrise de la théorie et de l’idéologie, mais bien uniquement en fonction du degré de mimétisme des positions du centre. Dans ces conditions là, la dégénérescence ne pouvait que se manifester tôt ou tard, la présomption et le procès d’intention remplaçant l’analyse, l’attaque et l’agression le débat, l’assénement de dogmes la démonstration de la justesse des thèses défendues.

    Nous voulons une progression en commun, vivante, critique et encourageant l’autocritique.

    Nous pensons que la question de la dictature du prolétariat est suffisante et constitue une ligne de démarcation suffisante pour adhérer. Elle n’a pas besoin d’être même formulée selon cette expression consacrée. Le fait de vouloir la constitution d’un pouvoir populaire où le prolétariat et ses alliés dirigent l’Etat contre les exploiteurs, est suffisant.

    Pourquoi est-il suffisant ? Parce qu’elle est la condensation de l’objectif politique stratégique du mouvement communiste à l’heure actuelle. Elle conditionne tout et est la condition de tout.

    La question de la dictature du prolétariat est le nœud gordien de la lutte. L’atteindre impacte la forme de l’organisation et la question des rapports qui se nouent en son sein. Elle explique le fait qu’une organisation politique communiste ne peut atteindre cet objectif que sous la forme d’un parti de type nouveau, tel que défini par Lénine. Elle conditionne le fonctionnement interne, la nécessité d’avoir un centralisme démocratique, le fait de devoir lutter contre le fractionnisme, contre l’entrisme. Elle conditionne le fait qu’un Parti Communiste n’est pas une clique, une bande, une coterie, mais une organisation conçue, organisée, architecturée pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie et créer l’Etat prolétarien. Elle explique que les organisations de ce type ne sont pas des salons de discussion, ni de plaisant clubs, mais des outils conçu pour la plus grande efficacité.

    Sommes-nous pour de meilleurs salaires, pour de meilleurs horaires de travail, pour une meilleure couverture santé, pour une défense des droits des chômeurs ? , oui, nous le sommes. Mais limiter là notre revendication politique revient, au final, à demeurer au niveau de l’économisme. Il s’agit du travail des organisations syndicales, du travail des organisation de masse, de défense des masses populaires et de ses intérêts.

    La question de la dictature du prolétariat politise la question. Elle pose la question du pouvoir de la bourgeoisie, de la nature de son Etat, de la nature de ses institution, de la nature du rapport que peuvent avoir les exploités avec celle-ci. Vouloir défendre ce projet, c’est comprendre le fait que l’Etat n’est pas amendable, qu’il n’est pas possible de négocier sa forme, de se contenter du cadre étriqué de sa prétendue démocratie. La question de la dictature du prolétariat pose de manière concrète la question de la révolution. Elle le pose d’une manière non-abstraite, non comme un but final, non dans une perspective messianique, millénariste, mais comme un moyen concret. Un moyen concret de disposer des outils pour ériger et construire le socialisme puis le communisme. Elle redonne ainsi au marxisme sont caractère fondamental de guide pour l’action, et non d’un fétiche.

    La question de la dictature du prolétariat pose également la question du programme. De construire le socialisme dès qu’une zone est sous le contrôle du pouvoir populaire. La question de la dictature du prolétariat pose également celle de la démocratie populaire. La dictature du prolétariat implique deux aspects insécables : celui de la démocratie pour les masses, celui de la dictature contre les ennemis du peuple.

    En elle, elle pose la question des soviets, du contrôle populaire sur l’économie, de l’organisation démocratique de celle-ci. Elle pose la question de l’économie politique, de la planification, de la question du rapport avec la nature et avec l’écologie. Elle pose la question d’une économie non plus au service du profit d’une poignée de parasites, mais bien pour répondre à des besoins.

    La dictature du prolétariat pose également la question de la difficile gestion de la question des experts, de la bureaucratie d’Etat, du besoin de spécialistes. Elle pose la question de la liquidation en tant que classe de la bourgeoisie, par le fait d’éliminer le besoin social de ces catégories de population.

    Elle pose la question de la contrainte ou de la répression contre celles et ceux qui y sont hostiles et qui veulent s’organiser contre le pouvoir populaire. A la fois contre les irréductibles ennemis du peuple, mais également contre les menées intérieures qui peuvent être faites par certains individus, voire par des corps sociaux entiers comme ceux des experts bourgeois, qui peuvent tenter de se constituer leurs royaumes personnels au sein de l’Etat prolétarien, et, de ce fait, le ronger peu à peu. Elle pose la question de l’éducation des masses, de l’accès à la culture et au savoir, pour résoudre la dépendance vis-à-vis de ces experts, pour avancer vers la résolution de la contradiction entre travail manuel et intellectuel.

     Elle pose la question de la capacité à rallier les larges masses populaires, à les convaincre du bienfondé de l’Etat populaire par la mise en œuvre d’une politique qui donne des résultats. Elle pose la question de comment se met en œuvre ce ralliement, qui ne peut se faire -et ne s’est pas fait- par la contrainte, mais bien par un lent travail d’éducation des masses sur ce que signifiait cette étape du socialisme, y compris après la conquête du pouvoir par les bolcheviks ou par les organisations révolutionnaires. Elle pose la question des cadres du débat démocratique au sein d’une république soviétique.

    Elle pose la question de son affermissement, de la résolution des contradictions non-antagoniques par le débat, le dialogue, l’explication ou la conviction. Elle pose les bases de la résolution de la question de la structure patriarcale de la société, du sexisme, du racisme, des maux qui sont tout autant  de fléau dans la société pourrissante dans laquelle nous vivons.

    Elle pose la question de la défense et des relations internationales, de la volonté de soutien aux opprimés croulant sous le joug d’autres Etats capitalistes, de l’impérialisme, du colonialisme…

    Elle ouvre la voie vers une société sans classe ni Etat, vers une société communiste.

    A l’inverse la dictature du prolétariat démarque les communistes du réformisme, du révolutionnarisme romantique, de l’opportunisme. Elle est ce qui démarque des partis qui ne comprennent pas la nature de classe de l’Etat, son caractère profond de force d’oppression d’une classe contre une autre. Elle est ce qui démarque, fondamentalement de celles et ceux qui sont inconséquents, qui rêvent d’un grand soir sans en assumer les implication. Elle est ce qui forme une démarcation entre le messianisme, l’utopisme, l’idéalisme et la volonté d’avancer de manière cohérente, construite, organisée, structurée et efficace. Elle est la distinction entre le vœux pieux et la victoire.

    La question de la dictature du prolétariat porte chacun de ses aspects en son sein. Comme dans la création d’un dictionnaire, nous considérons qu’elle est une réponse nécessaire et suffisante, simple et accessible à tous et à toutes à la question de quelle est notre ligne de démarcation.

  • Vœux de l’Unité Communiste de Lyon pour l’année 2018

    Vœux de l’Unité Communiste de Lyon pour l’année 2018

    A tous et toutes,

    Camarades,

    En ce début d’année 2018, l’Unité Communiste de Lyon adresse ses vœux les plus chaleureux à l’ensemble des exploités et des opprimés.  Elle leur adresse des vœux de lutte, de combativité, de solidarité. Des vœux qui ne peuvent se réaliser par une force métaphysique, mais uniquement sous l’égide d’une plus grande organisation, d’une plus grande structuration, d’une unité de volonté sans cesse trempée par la lutte commune.

    Car, à l’échelle mondiale, une déferlante réactionnaire et belliciste frappe les masses. Elle n’épargne aucune région du globe. Qu’elle soit par les attaques sur les droits sociaux ; par les rhétoriques obscurantistes ou par la guerre, elle suit la même logique : diviser ceux qui ont tout en commun, pour les écraser dans le détail et les exploiter.

    Un sentiment apocalyptique noie ce début d’année. Un sentiment d’être au bord du précipice.

    Camarades, la guerre couve partout dans le monde.

    Le jeu de provocation que mène les USA contre la Corée du Nord se poursuit. Devant le refus de la RPDC de courber l’échine devant Trump, une véritable campagne en faveur du conflit se développe, jouant sur les ressorts les plus éhontés pour obtenir l’adhésion ou la neutralité de la plus grande partie de l’échiquier politique.

    Une tension palpable entre OTAN et forces Russes demeure particulièrement importante. Cet été, les manœuvres de Zapad-2017, au cours desquelles les Russes ont opéré une véritable démonstration de force, ont hypnotisé les occidentaux, lesquels redoutaient même une escalade militaire de grande ampleur. Le régime Ukrainien tout comme les directions des Etats Baltes poursuivent une radicalisation basée sur la réhabilitation des nazis locaux, tandis que la Russie joue sur une imagerie impériale pour justifier ses prétentions et sa politique d’expansion.

    En Afrique, en Asie tout comme au Moyen-Orient, les impérialismes mènent diverses campagnes pour contrôler ces zones ou les ressources de leurs sous-sols. Ces guerres directes ou indirectes entraînent des blessés, des morts, des exils chez les populations touchées. Les pions des impérialistes, auparavant encensés et récompensés de distinctions prestigieuses, comme le prix Nobel de la paix, dévoilent leur vrai visage.

    En Europe centrale et occidentale, même la situation est loin d’être calme. Que ce soit la ligue réactionnaire portée par les urnes en Autriche, ou les tensions en Catalogne, lesquelles peuvent déboucher sur une guerre civile, les nuages s’amoncellent.

    La misère s’accroît partout dans le monde. Pour la deuxième fois, l’espérance de vie aux USA a reculé. Le gouvernement américain vient de lancer une réforme fiscale qui exempte la bourgeoisie américaine de taxes, privant les masses populaires des USA de soins, de protection sociale. C’est ce modèle, directement inspiré par Thatcher et Reagan, que Macron veut importer ici.

    C’est le luxe et l’opulence d’une bourgeoisie parasitaire que nous payons chaque jour un peu plus cher. Les augmentations significatives de taxes sur les produits de consommation courante, sur les dépôts bancaires, sur la vie de tous les jours sont payées le plus largement par les masses populaires. La bourgeoisie fait financer les moyens de maintenir son ordre injuste par les deniers du peuple.

    De dures luttes seront à mener cette année, pour défendre la paix mais également pour préparer la lutte frontale contre la bourgeoisie.

    Mais ces sombres nuages ne peuvent faire oublier, camarades, un fait essentiel !

     La roue de l’Histoire tourne, et la bourgeoisie ne saurait l’arrêter, la stopper, la retourner. Elle se heurte sans cesse aux masses qu’elle jette dans la misère. Elle se heurte sans cesse à tout ceux et celles qu’elle a bafoué et trompé. Chaque fois que la bourgeoisie croit gagner un nouveau marché, croit trouver une nouvelle manière d’amasser des richesses, elle creuse un peu plus son tombeau.

    La démocratie bourgeoise est rejetée et conspuée par des parts toujours plus larges de la population, que ce soit en France ou ailleurs. Elle se démasque chaque fois davantage comme une mascarade, comme un rideau de fumée, comme de la poudre jetée aux yeux.

    Ni le capitalisme, ni son système politique corrompu n’est en mesure de faire face aux défis de demain. Et cela, les masses populaires, dans leur plus large majorité, le ressentent parfaitement. Le sentiment révolutionnaire grandit peu à peu, en réponse aux attaques subies, en réponse à la trahison.

    L’an passé, la bourgeoisie a espéré que le centième anniversaire de la Révolution Prolétarienne d’Octobre serait un chant au clairon, devant une tombe, par des folkloriques et des nostalgiques. Il n’en est rien.

    La défaite des pays socialistes est un revers, non une faillite. La bourgeoisie elle-même en a connu plusieurs avant de s’imposer comme la classe hégémonique. Le socialisme et, ultimement, le communisme sont toujours l’avenir.

    Le mouvement communiste au sein de notre Etat se recompose toujours, et l’Unité Communiste de Lyon compte jouer son rôle dans cette recomposition. Son but est qu’émergent les bases d’une unité large, d’habitude d’échange et de travail commun, sans esprit de secte ou de cercle. Que l’isolement et l’ignorance mutuelle soient remplacée par la reconnaissance mutuelle et par l’idée de  rapprochement.

    Nous espérons pouvoir contribuer à la naissance de cet espace, au sein duquel les contradictions pourront être résolues de manière positive et scientifique. Que puisse naître l’organisation qui nous manque tous.

    A l’échelle internationale, malgré les dires et les racontars de la bourgeoisie, la lutte révolutionnaire est un flambeau qui ne s’éteint pas. Le drapeau rouge flotte toujours sur des bastions, au sein des bases naxalbari, au sein des zones de guérilla philippines, au fronton des communes libérées par les forces révolutionnaires au Kurdistan.

    De nouveau, l’idée d’une internationale prend le chemin de la concrétisation. Partout, en cette année 2018, le monde appelle une lutte unifiée, pour que soit battue la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon souhaites donc, à toutes et tous, ses meilleurs voeux de combativité, d’endurance, de solidarité et de volonté !

    En avant vers une année de lutte et de combats !

    Vive la lutte révolutionnaire et populaire !

    Vive le communisme !

  • 2017 : Le bilan – partie 2 : Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    2017 : Le bilan – partie 2 : Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    Bilan de l’Unité Communiste de Lyon

    L’année passée fut riche en expérience, en luttes, mais également en avancées pour l’Unité Communiste de Lyon, qui doit faire décanter cette somme d’expérience pour lui permettre de s’adapter à sa tâche : être une des pierres de la création d’un Parti Communiste révolutionnaire.

    A la conférence de Bottrop, nous camarades présents expliquaient ainsi nos tâches :  Actuellement, essayant de régler nos problèmes les uns après les autres, nous tentons avec tous les camarades de France représentés ici, en suivant l’exemple du groupe « l’Emancipation du travail » de Plekhanov, tout en participant aux luttes, de renforcer notre capacité à diffuser plus largement les idées marxistes-léninistes. Nous le faisons par la rédaction de brochures, par l’édition, par la diffusion, par la formation. Par ce travail, nous cherchons à contribuer à accroitre l’influence du marxisme-léninisme et à l’étendre à de nouveaux milieux. Ces milieux, formés dans la lutte des classes, contribuerons à former la base d’un tel congrès d’unification.

    Pour remplir ces tâches, l’Unité Communiste de Lyon à fondé son site internet, sur lequel, entre le 1er janvier 2017 et aujourd’hui, plus de 150 articles ont été publiés, ainsi que 21 brochures de notre plume et 37 ouvrages numérisés dont des inédits en français. Ce site internet à ainsi connu près de cent mille visites depuis avril 2017, permettant de diffuser l’idéologie marxiste-léniniste ainsi que les positions et la ligne politique de l’Unité Communiste de Lyon.

    Nous avons de grands chantiers.

    L’Unité Communiste de Lyon travaille, tout d’abord, au sein de son congrès, à son propre développement. Celui-ci doit nous permettre de développer notre stratégie d’unification, de déterminer quelles en sont les modalités, quelles en sont les lignes de démarcation.

    Nous travaillons toujours à la constitution de notre Centre de Recherche Marxiste, dont l’un des pans les plus importants est la constitution du Centre de Documentation Révolutionnaire. Bien qu’ayant subit des retards, le développement de ce centre ce poursuit toujours.

    Son but demeure de cataloguer l’ensemble de la documentation révolutionnaire disponible, sous chacune de ses formes, et de la mettre le plus largement possible – au travers d’une interface efficace- à la disposition du plus large nombre. Plus largement, son but consiste à pouvoir disposer d’un pool de talents, de traducteurs, de correcteurs, pour permettre la mutualisation la plus poussée et pratiquer l’économie des forces au sein du mouvement communiste francophone.

    A terme, nous maintenons la volonté de proposer des collaborations transorganisationelles sur les différentes questions idéologiques, politiques ou même pratiques, dans le but de contribuer à briser l’esprit de secte, malheureusement toujours aussi puissant dans notre Etat.

    Nous voulons régénérer notre idéologie par ce travail, lui redonner vie et profondeur, permettre de l’adapter à la réalité concrète, mais également d’ouvrir de débat pour que chacun en tire profit.

    Nous avons lancé, dans le même ordre d’idée, une plate-forme de médias, encore embryonnaire, nommée Planète Rouge. Celle-ci a pour volonté de libérer la parole et la capacité d’expression des militants et militantes communistes, en s’ouvrant aux contributions individuelles de manière large. Tant que la publication reste dans le cadre du débat prolétarien, de l’apport, mais également dans le cadre de la défense de la dictature du prolétariat et de ses implications logiques, la parole est ouverte.

    L’Unité Communiste de Lyon fut présente au meeting de l’ICOR, où elle a pris par ailleurs la parole. Cette conférence a été l’occasion de nouer des liens internationaux, mais également de pouvoir s’inscrire dans une dynamique de travail hors du cadre restreint de notre Etat. Nous ne considérons pas l’ICOR comme un outil parfait, il est plus que nécessaire qu’un travail sérieux soit fait en son sein, mais cependant, elle représente une étape, elle répond à un besoin, une nécessité de l’heure actuelle : celle d’un cadre de débat et d’unification.

    Nous voulons impulser une politique d’unité et d’unification dans l’ensemble de notre Etat. Cette politique d’unification doit rompre avec ce qui a été tenté avant. A l’issue de notre congrès nous formulerons nos thèses sur la question de l’unité au sein et à l’extérieur de notre Etat. Pour autant, nous confirmons notre constat, exprimé à la conférence de l’ICOR: « nous n’avons qu’un milieu Marxiste-léniniste minuscule, morcelé. Morcelé par un sectarisme de groupes qui se voient chacun comme un Etat-major et qui ne créent pas de cadre de discussion qui permette d’apporter une solution scientifique aux problèmes, qui n’apporte aucune mutualisation des expériences de lutte. » Ce sont à ces problèmes immenses que l’Unité veut s’attaquer.

    L’Unité Communiste de Lyon avance sur ces chantiers stratégiques essentiels. Cela ne l’empêche pas de travailler au jour le jour auprès des masses et d’être présente dans les luttes. Lutte contre la loi travail, antifascisme, syndicalisme, solidarité internationale… L’Unité Communiste de Lyon, dans la mesure de ses moyens, s’est impliquée dans chacun de ces combats.

    Aujourd’hui, l’Unité Communiste de Lyon avance et se transforme.

    L’Unité Communiste de Lyon demeure une organisation jeune. En presque deux ans d’existence, bien des vicissitudes restent à traiter. Cependant l’Unité Communiste de Lyon considère qu’elle a franchi le stade la plus critique de son existence, à savoir le fait de s’inscrire dans la durée. Nous avons acquis la certitude que ce que nous construisons, même si il est voué à disparaître dans une unification, n’est pas un simple feu de paille, mais bien le fait de construire un outil qui nous manquait.

    Une étape, à nos yeux, à été franchie. L’Unité Communiste de Lyon est désormais une organisation reconnue, tant à l’échelle de notre Etat qu’internationalement. Elle est une organisation possédant une physionomie politique, déterminée par des lignes de démarcation. Elle est une organisation ayant un contenu, une pratique.

    Mais nous ne nous laissons pas gagner par la fièvre du succès, et nous nous devons d’être vigilants et critiques.

    Nous avons un devoir d’autocritique sur le fait que nous n’ayons pas tenus tous nos engagements, que nous n’ayons pas répondu de manière convenable à tous les appels au devoir, à tous les appels de nos camarades.

    C’est un fait indéniable. C’est un fait que nous ne saurions escamoter, il est l’incarnation de nos faiblesses et de nos manques. Nous travaillons à les éliminer pour progresser. Eliminer le libéralisme et les tendances petite-bourgeoises qui nuisent à son activité. Eliminer les tendances au dogmatisme comme à l’empirisme, au folklorisme… La liste est longue et la lutte, constante.

    Mais il ne s’agit pas d’espérer que la perfection naisse d’elle même. Nous partons d’un monde dominé par l’idéologie bourgeoise, par ses pratiques, par ses failles. Nous ne voulons pas être de ceux qui se déclarent parfaits et au dessus de tous reproches. Mais nous voulons tendre vers l’amélioration, vers le progrès, en s’inspirant de ce qui fut réalisé par le passé.

    Nous nous inspirons de l’expérience chinoise et des 5 Haos qu’elle a initié :

    ·         « 1. Avoir une correcte pensée politique.

    ·         2. Pratiquer l’entraide entre camarades pour renforcer l’unité du collectif

    ·         3. Apprendre des plus avancés et apprendre aux retardataires

    ·         4. Savoir innover et économiser en travaillant

    ·          5. Remplir les normes de production. »

    L’Unité Communiste de Lyon avance. Elle est dans sa phase de congrès, laquelle doit lui permettre de pouvoir clarifier ses positions et sa stratégie. Elle avance vers plus d’efficacité, plus d’influence. Elle avance en luttant contre ses propres tendances au sectarisme et au localisme. Elle progresse et s’enrichit de son expérience.

    Elle forme un nouveau creuset dans lequel ses militants avancent, derrière des principes de camaraderie, derrière une volonté de débat prolétarien, pour contribuer efficacement au combat politique. Elle doit réussir à ne pas devenir une secte parmi d’autres, à être ouverte, tout en ne sombrant pas dans la démagogie et dans le centrisme.

    Ce sont là les tâches assignées à ce congrès, étape essentielle dans la vie d’une organisation. Ce sont là les passages obligés pour partir d’un bilan et se tourner vers l’avenir.

    2018 sera une année, elle aussi, de lutte et de combats. Une année critique à plus d’un titre, tant en termes de politique intérieure que de situation internationale. Les immenses tendances au conflit mises en branle l’année passé seront pas stoppées par les vœux pieux annoncés lors des fêtes de fin d’année. 2018 démarre sous le signe de l’incertitude, de la tension et de l’attention. Au milieu de ce maelstrom guerrier et antisocial, les communistes doivent faire front contre les projets de la bourgeoisie.

  • Appel à un communiqué commun des organisations communistes pour le 100 ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.

    Appel à un communiqué commun des organisations communistes pour le 100 ème anniversaire de la Révolution d’Octobre.

    Le centième anniversaire, nous devons parler d’une seule voix.

        Nous avons rédigé ce communiqué dans le but de proposer une expression commune à tous les communistes pour cette date essentielle. Il sera également traduit pour en faire proposition aux organisations politiques non-francophones. Nous avons les premiers retours et les premières signatures qui reviennent, notamment de la part de l’UPML (Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste), du CUC (Cellule Unité Communiste), du BUPRACOM (Bureau de Propagande et d’Agitation Communiste), de la  Tribune Marxiste-Léniniste ainsi que des Editions prolétariennes. Nous espérons que cette démarche sera bien accueillie et offrira la possibilité à une expression commune, par delà le cordon sanitaire de la bourgeoisie et de l’anticommunisme. 

    La Révolution d’Octobre a 100 ans cette année. La date est importante, incontournable même.

    L’événement n’est pas seulement historique, il est également un symbole. Il est un symbole pour les communistes comme pour la bourgeoisie.

    De notre point de vue, cet anniversaire correspond à la démonstration de la possibilité de remporter une victoire décisive contre la bourgeoisie, victoire des masses populaires dirigées par le Parti Communiste. Elle est l’illustration de la possibilité de pouvoir construire le socialisme dans un pays, dans une terre libérée de l’oppression capitaliste, du poids de la bourgeoisie.

    La Révolution Prolétarienne d’Octobre a démontré qu’elle libérait les opprimés et les opprimées, les exploités et les exploitées, tout comme elle libérait les forces productives. Elle a démontré les fantastiques possibilités d’une société, lorsque les entraves du parasitisme lui sont ôtées.

     

    Mais elle est aussi un symbole pour la bourgeoisie. Qu’elle mente sur la Révolution Prolétarienne d’Octobre, qu’elle essaie de la faire passer pour une révolution de palais, pour un coup d’Etat, cela n’a rien d’étonnant.

    Mais celle-ci n’a de cesse de traiter cet évènement d’avenir comme une chose du passé, comme quelque chose de mort, comme une parenthèse, comme une anomalie de l’histoire. Elle nie la lutte actuelle des forces communistes révolutionnaires, en Inde, aux Philippines, au Népal, en Turquie, au Kurdistan… Elle nie l’existence toujours vivace de grandes organisations populaires et communistes.

     

    Cela, nous devons le lui rappeler. Lui rappeler qu’un spectre hante le monde, celui du communisme. Nous devons porter ces immenses espoirs en avant, les rappeler aux yeux et aux oreilles de ceux qui refusent de voir que la lutte continue.

    Mais nous même, avons un pas en avant à franchir, au sein de l’Etat français. Nous ne pouvons pas nous contenter de célébrer un folklore. Nous ne devons pas considérer la Révolution Prolétarienne d’Octobre comme un fétiche.

    Le plus grand hommage qu’il est possible de lui rendre, c’est d’avancer, ensemble, tous d’un pas dans la direction de l’unité et de la construction du Parti Communiste révolutionnaire.

    Ce travail immense, nous devons le poursuivre, car nous avons un rôle historique à jouer.

     

    L’Histoire et les masses sont nos juges.

     

    L’Histoire et les masses sont nos juges. Nos seuls juges. Qu’importe ce que la bourgeoisie et ses laquais pensent de nous. Qu’importe ce que les éternels détracteurs peuvent bien dire. Qu’importe les racontars des trotskistes, les lancinantes complaintes des libertaires sur l’autoritarisme de supposé de la révolution.

     

    Qu’allons-nous pouvoir offrir aux masses et à l’Histoire en ce centenaire ? Des déclarations séparées, des célébrations éparses ? Des analyses, brillantes certes, mais qui ne restent que dans nos organisations, nos cercles, dans nos sectes, dans nos groupuscules ?

    Notre responsabilité face à ce centenaire est immense. Elle nous appelle, exige de nous que nous grandissions et que nous avancions. Elle exige de nous que nous soyons en mesure de faire un bond qualitatif. Si nous ne saisissons pas cette chance, nous n’aurons fait que célébrer la Révolution sans en tirer la moindre conclusion, en la traitant comme la traite la bourgeoisie.

    Célébrer la Révolution, cela signifie célébrer le résultat d’une lutte pour l’unité.

     

    Nous voulons que les communistes de l’Etat français, pour l’anniversaire de la Révolution d’Octobre, parlent d’une seule voix et marchent d’un seul pas. Nous voulons pouvoir crier, ensemble, à la face de la bourgeoisie, que la lutte est loin d’être finie. Que cent ans après, nous avons appris, nous avons avancé, et que nos coups redoubleront, jusqu’à la victoire finale.

     

    Nous, l’Unité Communiste de Lyon, sommes un grain de sable à l’heure actuelle, au regard d’autres. Nous sommes de construction récente, nous sommes peu nombreux, bien que nous nous renforcions régulièrement. Nous n’avons que peu d’héritage, peu d’histoire.

    C’est, paradoxalement, ce qui nous permet de rédiger cet appel. Nous n’avons ni appareil à défendre, ni inimités existantes, ni hostilités envers qui que ce soit -excepté peut-être certaines sectes que nous aurions froissées.

    Nous comprenons les clivages, les inimités, les hostilités. Chacun possède ses raisons, et elles sont certainement, à des degrés divers, justifiées. Mais, dans cette lutte immense contre le capitalisme et contre l’impérialisme, dans cette date aussi essentielle, nous pensons que nous devons être capable de nous rassembler, même ponctuellement.

     

    Peut-être cette déclaration est-elle naïve, peut-être sera t’elle écartée d’un revers de la main. Mais nous la formulons tout de même. Nous voulons parler d’une seule voix pour cet événement.

    Une seule affiche, un seul communiqué -qui n’empêche nullement la tenue d’autres événements- une ligne défendue. Pour que, partout, dans chaque ville où des militants communistes marxistes-léninistes, marxistes-léninistes-maoïstes se trouvent, la même marque soit apposée. Qu’elle soit incontournable. Que la bourgeoisie elle-même ne puisse l’étouffer.

    Pour mettre en commun nos ressources, mettre en commun nos forces. Pour que, pour ce centenaire, nous soyons une seule voix, un seul flambeau.

     

    L’Unité Communiste de Lyon propose ainsi que soient invitées les organisations se revendiquant de la Révolution d’Octobre, de l’héritage de la construction du socialisme en URSS, se revendiquant, également, de la même volonté d’organiser la classe ouvrière, d’organiser la révolution prolétarienne aujourd’hui.

    Que ceux et celles qui sont opposés à l’impérialisme français, au parlementarisme, au réformisme, parlent d’une seule voix.

     

    D’une manière pratique nous proposerions : Une affiche commune, signée des organisations participantes, financée dans la mesure de nos moyens respectifs.

    Un communiqué commun, porteur d’une analyse commune sur la Révolution d’Octobre, mais également sur la situation sociale et politique dans l’Etat français.

    Si possible, une série de conférences et d’événements dans laquelle les organisations pourraient s’investir dans la mesure de leurs moyens, et permette une expression conjointe pour cette date.

     

    Nous pensons que nous ne pouvons faire l’impasse sur cette expression, pour cette date, dans un Etat où les forces révolutionnaires sont faibles et embryonnaires. Nous pensons que ne pas parler d’une seule voix, reviendrait à laisser libre champ à l’expression de la bourgeoisie, de ses « historiens », de ces sycophantes, des révisionnistes et des réformistes.

     

    L’héritage de la Révolution d’Octobre est le nôtre. Défendons-le, partageons-le !

    Nous proposons le communiqué suivant :

    Centenaire de la révolution d’octobre :

    La révolution prolétarienne est toujours le phare qui éclaire le monde !

    La révolution prolétarienne d’octobre fête son premier centenaire. Elle fut plus qu’une lueur d’espoir pour tous les exploitées et toutes les exploités, pour les opprimées et les opprimés. Elle fut un phare immense, embrasant la nuit obscure.

    En pleine grande guerre impérialiste, tandis que les prolétaires étaient sacrifiés par millions pour le repartage du monde au profit de grands trusts, elle fut l’incarnation du rejet de la guerre et de la volonté de paix.

    En plein enfer colonial, elle apporta un espoir à tous les peuples souffrant sous le joug des impérialistes. Un espoir de pouvoir s’émanciper et se réaliser en tant que nation. Un espoir de chasser les occupants et les bourreaux. Au sein de cette prison des peuples qu’était l’Empire Russe, elle apporta un vent de liberté.

    Au cœur d’une Europe pouilleuse et miséreuse, elle fut pour les prolétaires, pour les paysans et les paysannes une illustration du fait que les patrons et les patronnes, les créanciers, les créancières, les banquiers et banquières, en somme les parasites qui vivent de la sueur des autres n’étaient pas nécessaires. Qu’il était possible de gouverner sans eux. Qu’il était nécessaire de gouverner contre eux.

    Dans les sociétés réactionnaires, traditionalistes, patriarcales, cette révolution fut également le point de départ d’avancées majeures, d’une possibilité d’émancipation, par delà des sexes, des genres, des préférences.

    Octobre 1917 était tout cela. Elle était plus que « la terre, le pain, la paix », elle était l’incarnation des masses montant à l’assaut du ciel, sous la direction du Parti Bolchevik.

     Octobre 1917 était le point de bascule entre une société où la recherche du profit dicte sa loi et une où la satisfaction des besoins devient l’objectif. Une société rationnelle, juste, équitable, sans les pillages, sans les gâchis, sans l’anéantissement de la planète qui sont inhérents au capitalisme.

    Voilà ce qu’était Octobre 1917.

    Les « historiens » bourgeois voudraient remiser ces espoirs aux oubliettes. Peindre de sang la libération des masses. Tronquer et escamoter les faits. Mentir et inventer. Créer une fiction dans laquelle la Révolution était le coup d’Etat d’une clique, d’une bande de criminels. Voilà ce que la bourgeoisie voudrait.

    Elle ne lésine pas sur les moyens. D’une part en attaquant le socialisme, en attaquant le communisme, en attaquant les fondements d’une société juste, sans états ni classe, en clamant que l’exploitation est la mère de toute vie.

    De l’autre en se faisant les porte-paroles d’une ultragauche anticommuniste, prétendant que les révolutionnaires n’étaient pas assez purs, pas assez désintéressés, que la révolution est belle, sur le papier.

    Elle ment sans honte dans les médias, dans les publications « scientifiques », dans les productions hollywoodiennes, dans ses romans. Elle ment dans les programmes scolaires, essayant de faire de la République des Soviet un symétrique du Reich nazi.

    D’un côté comme de l’autre, leur idée est de faire de ce centenaire gênant une œuvre de musée des horreurs, ou de la minimiser, de la neutraliser, de l’aseptiser, d’en faire un fétiche du passé. Certains prétendus communistes vont certainement contribuer à cela. Ils n’acceptent qu’en façade l’idée révolutionnaire, font mine de le défendre, mais en sapent sans cesse les bases.

    Nous ne les laisserons pas brader cet héritage ! Soyons unis autour de la défense de ce sommet de l’Histoire et de la lutte des classes.

    Nous avons, entre nous, des désaccords, des controverses, des conflits, des dissensions -souvent, des haines -parfois. Nous sommes une multitude d’organisations et une multitude de points de vues.

    Mais, aujourd’hui, nous parlons d’une seule voix, car sur ce point, nous sommes unanimes.

    Nous parlons d’une seule voix pour nous hisser à la hauteur de l’enjeu, à la hauteur de l’importance de cette célébration.

    Nous parlons d’une seule voix car, quelque soient nos désaccords, nous nous retrouvons sur une chose : La révolution prolétarienne n’est pas le passé. Elle est l’avenir de l’humanité.

    Elle est l’avenir, contre les menaces de guerre, contre le bellicisme, contre la volonté de lancer de nouveau les masses les unes contre les autres pour les profits d’une clique.

    Elle est l’avenir, contre l’exploitation capitaliste, contre la misère qui s’accroît, contre la privation des biens les plus fondamentaux.

    Elle est l’avenir, contre la domination impérialiste -et de notre impérialisme, contre l’écrasement des peuples, contre la surexploitation colonialiste, contre la marche à la mort pour les profits.

    Elle est l’avenir, contre le carcan rétrograde et réactionnaire qui emprisonne l’ensemble de la population.

    Elle est la condition pour que l’humanité de s’asphyxie pas, qu’elle continue à avancer sans faire de la Terre une poubelle toxique ou un champ de ruines.

    Elle est la condition pour que l’humanité quitte cette ère d’obscurité . Pour que débute une Histoire dont le fil directeur n’est plus la succession des guerres, des crimes. Dont le moteur n’est plus la lutte pour la survie, contre l’oppression et l’exploitation. La révolution ouvre une aube nouvelle pour l’humanité, une nouvelle séquence dans son histoire. Nous sommes à l’orée de celle-ci.

    La Révolution a une portée universelle, qui embrasse chaque partie de la planète. Partout dans le monde, partout sur la Terre, le prolétariat est la classe qui doit diriger, la seule classe à même de mettre fin à l’exploitation. La seule capable de mettre fin à la division en classes de la société, contre la division du monde en groupes hostiles et aux intérêts antagoniques.

    Nous avons besoin d’un Parti Communiste révolutionnaire pour former l’Etat-major de cette classe, pour aller vers la révolution.

    Aujourd’hui, nous ne formons qu’une seule voix, qu’une seule ligne, qu’un seul camp : celui de la révolution. Celui de la destruction du capitalisme et de l’impérialisme.

    Dans d’autres Etats, les communistes avancent sur le chemin de la révolution, sur le chemin de l’exercice d’un pouvoir populaire et démocratique. Nous les saluons et nous prenons exemple sur leur combat !

    Aujourd’hui, nous clamons que notre héritage, celui de 1917, n’est pas un héritage de musée, mais est une arme, un outil, pour construire l’avenir !

    Le phare de 1917 n’est pas mort. Il renaîtra et éclairera de nouveau le monde !

    Le communisme est la jeunesse du monde !

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste et révisionniste ?

    Alors que nous publions au fur et à mesure ce texte, le 19 septembre une première réponse des matérialistes vient d’émerger. Une nouvelle fois, rien n’est démontré et tout est asséné. Asséné le fait qu’il faille s’isoler. Asséné le fait qu’il faille rester discret. Asséné le fait de ne pas militer dans les syndicats, dans les masses. Asséné le fait qu’ils détiennent la ligne parfaite, mais qu’ils ne sont pas en mesure de la partager.

    C’est bien là une manière erronée et idéaliste de voir les chose, de croire qu’il faille s’isoler des masses et de leurs luttes, de leurs forces et de leurs travers, pour s’instruire. C’est bien là, encore, la preuve que les Matérialistes sont des alchimistes d’alcôves, non des chercheurs.

     C’est là la marque de l’absence complète de matérialisme de la part de la secte.  Qu’écrivait, à ce sujet, le philosophe Georges Politzer: Etre matérialiste en pratique, c’est agir conformément à la philosophie en prenant pour facteur premier et le plus important la réalité, et, pour facteur second, la pensée.

    Nous allons voir quelles attitudes prennent ceux qui, sans s’en douter, tiennent la pensée pour le facteur premier et sont donc à ce moment idéalistes sans le savoir.

    Comment appelle-t-on celui qui vit comme s’il était seul au monde ? L’individualiste. Il vit replié sur lui-même ; le monde extérieur n’existe que pour lui seul. Pour lui, l’important, c’est lui, c’est sa pensée. C’est un pur idéaliste, ou ce qu’on appelle un solipsiste. (Voir explication de ce mot, première partie, chap. II.)

    L’individualiste est égoïste, et être égoïste n’est pas une attitude matérialiste. L’égoïste limite l’univers à sa propre personne.

    Celui qui apprend pour le plaisir d’apprendre, en dilettante, pour lui, assimile bien, n’a pas de difficultés, mais garde cela pour lui seul. Il accorde une importance première à lui-même, à sa pensée.

    L’idéaliste est fermé au monde extérieur, à la réalité. Le matérialiste est toujours ouvert à la réalité ; c’est pourquoi ceux qui suivent des cours de marxisme et qui apprennent facilement doivent essayer de transmettre ce qu’ils ont appris.

    Celui qui raisonne sur toutes choses par rapport à lui-même subit une déformation idéaliste.

    Il dira, par exemple, d’une réunion où il a été dit des choses désagréables pour lui : « C’est une mauvaise réunion ». Ce n’est pas ainsi qu’il faut analyser les choses ; il faut juger la réunion par rapport à l’organisation, à son but, et non pas par rapport à soi-même.

    Le sectarisme n’est pas non plus une attitude matérialiste. Parce que le sectaire a compris les problèmes, qu’il est d’accord avec lui-même, il prétend que les autres doivent être comme lui. C’est donner encore l’importance première à soi ou à une secte.

    Le doctrinaire qui a étudié les textes, en a tiré des définitions, est encore un idéaliste lorsqu’il se contente de citer des textes matérialistes, lorsqu’il vit seulement avec ses textes, car le monde réel disparaît alors. Il répète ces formules sans les appliquer dans la réalité. Il donne l’importance première aux textes, aux idées. La vie se déroule dans sa conscience sous, forme de textes, et, en général, on constate que le doctrinaire est aussi sectaire.

    Croire que la révolution est une question d’éducation, dire qu’en expliquant « une bonne fois » aux ouvriers la nécessité de la révolution ils doivent comprendre et que, s’ils ne veulent pas comprendre, ce n’est pas la peine d’essayer de faire la révolution, c’est là du sectarisme et non une attitude matérialiste. (Principes élémentaires de philosophie)  Pourtant, malgré les démonstration de sa vacuité politique, de son absence de pratique, de ses prises de position inconséquentes, elle persiste. Elle persiste à mordre tout ce qui est un miroir de son inutilité. Ainsi le « PCF(mlm) »  nous attaque comme étant des « réformistes » et des « révisionnistes. » A cela, nous répondons.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation jeune. Elle l’est doublement. Elle est jeune car elle n’a qu’un an et demi de vie active derrière elle. Elle n’a donc pas eu le temps de trancher toutes les questions qui se posent à elle. Elle est jeune car les militants et les militantes qui la composent sont, eux aussi, en grande partie, jeunes.

    Pourtant, nous avons essayé d’avancer certaines thèses générales, certains positionnements, en somme, nous avons tracé des lignes de démarcation qui font notre physionomie politique. Si nous les comparons avec celles que nous avons précité chez le « PCF(mlm) », nous ne trouverons guère de points de jonction. Il est vrai que notre soutien va à la Palestine -même si nous ne soutenons pas forcément le programme politique de toutes les composantes de la résistance ; que nous condamnons les revendications -passées et présentes- des manifestations de policiers ; que nous avons appelé à la constitution progressive d’une opposition extra-parlementaire plutôt que de voter pour Emmanuel Macron. Il est vrai aussi que nous appelons aux manifestations contre la Loi Travail. Cela nous démarque de nos détracteurs.

    Nous avons également formulés nos bases politiques dans divers textes, lesquels nous servent de références et nous serviront jusqu’au congrès. Ces textes sont disponibles sur notre site. Dans les brochures sur la question du socialisme, des bases du communisme, du maoïsme, sur la question de la dictature du prolétariat, nous avons, nous le pensons, bien établi nos bases théoriques. Celles-ci sont inspirée de l’expérience de la Commune de Paris, de la Révolution d’octobre, de la guerre civile chinoise. Celles-ci rejettent les conceptions réformistes de Karl Kautsky tout comme celles des trotskistes et des anarchistes.

    Nous reconnaissons la nécessité d’une organisation révolutionnaire, le Parti Communiste, bâtie autour d’un objectif : la révolution prolétarienne, la destruction du pouvoir de la bourgeoisie ainsi que la construction du socialisme, fut-ce sur une seule portion de la Terre.

    Nous reconnaissons la nécessité de la dictature du prolétariat et le fait que cette dictature du prolétariat soit l’outil principal de la lutte contre la restauration du capitalisme, mais également pour la construction du socialisme.

    Cela pourrait n’être que des leçons bien apprises, et rester de papier. Après tout, malgré leur fonds documentaire immense et richement doté, les matérialistes ne sont pas capable de faire d’autres choses que d’ânonner des textes pour se légitimer. Bien qu’il soit probablement difficile de trouver des textes de Mao défendant la police de l’Etat bourgeois.

    Dans nos prises de position publiques, ainsi que dans nos communiqués, nous avons défendu un embryon de programme, limité, temporaire, comprenant des étapes, dans le but de partir de la situation actuelle et de tenter de pouvoir avancer -politiquement et organisationellement. Ces mots d’ordre ne pouvaient se contenter d’être des appels à la révolution. Ils se devaient d’avoir un caractère intermédiaire -même très basique- et transitoire. Cela n’empêche pas que nous pensons que la stratégie générale est celle de préparer la Révolution Prolétarienne, non un bloc défensif autour de la démocratie bourgeoise.

    Effrayés par le fantasme du fascisme, le « PCF(mlm) » s’obstine à avoir comme stratégie un front uni, une ligue défensive. Il n’a décidemment pas compris le fait que la bourgeoisie et le capitalisme ne se dirige pas immanquablement vers cela. Que la nécessité du fascisme correspondait, au moment de sa mise en place, au moment où la bourgeoisie lui a ouvert grand les bras, à la répression du mouvement révolutionnaire.

    Dans la situation de l’enfant effrayé par l’ombre de l’homme qui a vu l’ombre du loup, la secte est tellement obnubilée par cette peur du fascisme qu’elle est prête à toutes les alliances, à tous les compromis, à toutes les reptations. Pour eux, être straight edge est une condition sine qua non  pour être quelqu’un de fréquentable -d’où leurs crachats sur les merguez-pastis CGT, ou encore sur le Kebab-bière des autonomes- mais en revanche, il est possible de marcher avec Gattaz.

    Nous ne partageons pas cela. Nous pensons que nous sommes effectivement faibles, nous sommes dispersés, nous sommes atomisés et éclatés en sectes. Mais nous devons avancer avec cette stratégie générale : l’heure n’est pas à la compromission avec le patronat et la bourgeoisie, mais bien à la construction d’une force indépendante, offensive, révolutionnaire.

    Nous ne sommes pas le parti communiste qui dirigera la révolution, nous sommes une organisation qui demeure au niveau du cercle, laquelle a pour vocation de s’unifier, d’avancer, de disparaître. Nous ne sommes donc pas sur un pied d’égalité, au niveau organisationnel, avec le Grand Parti qu’est le « PCF(mlm) », nous n’avons pas sa grandiose influence sur les masses non plus. Pourtant, nous ne considérions pas que des appels à la révolution, de but en blanc, soient le mot d’ordre de 2016, ni celui des élections de 2017, ni celui du mouvement qui vient. Sans outils adaptés, il nous est impossible de pouvoir faire autre chose que des sauts de cabri en l’air en criant « révolution. » C’est là un fait. Il faut mentionner que, pour lui, le Parti est achevé, le Parti est prêt, il est construit et architecturé pour sa mission : diriger les masses pour la révolution. Seulement, entre inscrire « Parti » partout et entre en assumer d’une manière réelle les tâches, un océan se forme, océan que les courtes jambes du « PCF(mlm) » l’empêchent de franchir. Nous reviendrons là dessus, mais toujours est-il que nous ne prenons pas de leçons de la part de ceux qui s’isolent et se coupent des masses, jours après jours.

    Durant les élections, tandis que les révolutionnaires du « PCF(mlm ») appelaient à voter pour Emmanuel Macron -comme si leur influence changerait un tant soit peu la donne- nous développions le mot d’ordre d’opposition extra-parlementaire. Opposition qui se caractérise, effectivement, par un contenu réformiste – il s’agit d’une mesure transitoire – mais permettant une prise de parole, une prise de position, un gain d’influence de conceptions extra et anti parlementaires. Il s’agissait également de la possibilité d’initier des embryons de débat et de démocratie populaire, dans la mesure des moyens et de l’influence des forces politiques hostiles à la démocratie bourgeoise. Il s’agit, également, pour nous, de politiser les questions qui peuvent être développées dans des groupes comme Front Social, et de quitter la sphère de lutte économiste pour aller vers le politique.

    De ce point de vue, tactique, nous avons agit d’une manière réformiste. Mais le fond de l’affaire se juge sur la stratégie. La nôtre est d’avancer dans le but de forger les organisations révolutionnaires. Le PCF(mlm) a également eu, durant les élections, une ligne réformiste. A la différence que ce dernier, après avoir vomi son communiqué, a replié son drapeau et est rentré paisiblement dans ses pénates. Nous avons, de notre côté, participé aux mobilisations antiparlementaires, tels que le rassemblement du 4février 2017 à Lyon, pour rejeter les candidatures de Le Pen, de Macron et de Mélenchon. L’Unité Communiste de Lyon à un bilan d’activité qui est le reflet de ses forces encore naissantes, mais qui n’a pas de leçon à recevoir d’un monde virtuel animé par des gourous, suivi par des zélotes.

    Quant à l’accusation de révisionnisme, elle mérite d’être creusée. Nous avons expliqué plus haut que nous rejetons les conceptions de la seconde internationale, que nous rejetons celles des anarchistes et des trotskistes. Nous avons, dans plusieurs publications, attaqué les conceptions issues du XXème congrès du PC(b)US, de même que celles défendues par le PCF aujourd’hui. Nous pensons que l’attaque de « révisionnisme », chez le PCF(mlm), est un automatisme que ne sous-tend aucune recherche ou aucune logique. Dès que quelque chose rentre en contradiction avec ses délires de secte, il s’y attaque avec rage.

    Peut-être s’empressent-t-ils d’attaquer le fait que nous ne tracions pas une ligne dans le sable entre Mao Zedong et Enver Hoxha. Nous ne l’avons pas tracé, non pas par volonté d’éclectisme, mais bien parce que nous considérons que ceux et celles qui, parfois hâtivement, tracent cette ligne dans le sable ne la tracent que se réfugier confortablement dans une case, la défendre avec fétichisme et dogmatisme, et être incapable de pouvoir faire un travail scientifique, un travail de chercheur, pour déterminer ce qui est juste et ce qui est faux. Nous pensons que ceux qui opèrent ainsi opèrent dans le dogme et non dans la réalité.

    Dans notre brochure intitulée Fin de partie, nous abordions cette question. « Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises. »

    Bien des individus qui se revendiquent pas forcément de Mao Zedong sont prêts à reconnaître la nécessité de la lutte des classes sous le socialisme, de manière également aigue et révolutionnaire, sans pour autant adhérer à la forme du concept de la Révolution Culturelle. Pourtant, ils adhérent au fond de ce concept. Faut-il les vouer aux flammes ? Faut-il les exclure sans rémission ? Faut-il avancer avec eux et progresser, sur la base d’un travail commun, vers une analyse commune ? Nous pensons qu’on ne peut faire l’économie de ce travail. Ainsi, nous comptons inclure, au sein de notre congrès prochain, les thèses suivantes dans nos textes de référence.

    « Nous nous revendiquons de l’expérience du mouvement communiste international, de son histoire, de son héritage. Certains de nos membres sont maoïstes, d’autres ne le sont pas. Notre organisation, au stricto sensu, ne l’est pas. Pourquoi ?

    Nous considérons, dans notre majorité, que le maoïsme, que l’expérience de la Chine, mais également que les expériences qui sont menées par les groupes communistes révolutionnaires, à travers le monde, représentent les expériences les plus poussées, les plus abouties idéologiquement parlant.

    Seulement, nous sommes dans un contexte qui n’est pas le même, nous sommes dans un niveau de développement organisationnel et idéologique dix crans en dessous de ce qu’illustrent les philippins, les afghans, les indiens ou bien d’autres encore.

    Suffit-il ne s’en revendiquer comme d’un fétiche, de prétendre importer leur modèle dans l’Etat français pour parvenir à leur niveau ? Il s’agit d’une incompréhension de comment les choses fonctionnent, de comment la dialectique et l’organisation avance. Il s’agit d’une incompréhension de comment un parti se construit et de comment sa construction se manifeste par des bonds qualitatifs.

    Il ne suffit pas de se retrancher derrière une adhésion, derrière un sponsor de radicalité, il reste à faire la démonstration d’une ligne juste.

    Nous, dans notre grande majorité, considérons que la Révolution Culturelle est le pinacle de la lutte pour le socialisme, pour le communisme. Nous nous en revendiquons. Seulement l’événement en tant que tel n’a pas de sens si il est réduit à sa dimension historique, s’il n’est pas analysé pour son sens idéologique, politique, sa transcription pratique. 

    Quand nous nous revendiquons de cette révolution, nous nous revendiquons d’une certaine conception de la lutte des classes au sein de l’organisation et du lien actif des communistes avec les masses, de leur mise en mouvement pour mener la lutte contre les déviationnistes. 

    Des individus ou des groupes qui méconnaissent la Révolution Culturelle ne peuvent-ils pas adhérer cependant aux conclusions politiques que nous tirons de cet événement ? Nous n’en doutons pas.

     

    Nous voulons mener la bataille d’anéantissement idéologique. Nous voulons croiser le fer et pourfendre les idées fausses. Nous voulons tirer à boulet rouge sur les défauts de la cuirasse des autres forces, tandis qu’elles fassent de même. Non par amour de la joute, mais bien car les plantes vigoureuses ne poussent pas sous serre.

    Nous écoutons nos ennemis pour ces raisons. Nos ennemis nous apprennent beaucoup de nos faiblesses, cherchent et trouvent les failles, les erreurs, les manques. Ils sont nos éducateurs les plus dévoués.

    Nous voulons pouvoir faire de même avec nos camarades. Nous voulons créer un espace de débat dans lequel les questions peuvent être exposées, les raisonnements illustrés et expliqués en détail, avec patience. Cet espace manque cruellement.

    Ce n’est que dans cet espace que l’unification idéologique peut se faire.

    Cette bataille se fait dans nos rangs comme hors de nos rangs.

     

    Régénérer l’idéologie communiste passe par la démonstration de la véracité de celle-ci, de la véracité des apports de ses continuateurs. Certains camarades commettent une faute terrible, compréhensible, mais terrible tout de même, qui est de sauter directement aux conclusions et d’invalider tout processus de pensée, sous prétexte que sa conclusion est fausse. Certains camarades apportent des raisonnements justes, aux conclusions tronquées. Les communistes ont un travail de maïeutique à mener, faire accoucher les idées justes, lesquelles pointent souvent derrière des raisonnements incomplets ou trop étroits. Rejeter en bloc ce qui n’est pas parfait revient à s’enterrer dans un utopisme sans fin, comme le font les anarchistes.

    N’oublions jamais nos propres failles, n’oublions jamais qu’aucun d’entre nous n’est né communiste. Nous avons appris la théorie, l’idéologie, l’histoire. Elle n’est pas innée, elle n’était pas métaphysiquement en nous. Certaines personnes, certaines organisations ont eu la patience de nous aiguiller, de débattre, de nous aider à nous débarrasser de nos idées fausses. Notre tâche n’est pas de faire tomber des couperets, sauf dans des cas où une ligne rouge serait franchie, mais de faire avancer et progresser l’ensemble de nos camarades.

    Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous comprenons des maoïstes dans notre organisation. Pourtant, nous ne rejetons pas comme un bloc les apports faits par Enver Hoxha, en les jugeant hérétiques, nuls et sans intérêt. De même que nous ne rejetons pas certains écrits de Plekhanov. La déviation de Hoxha après la mort de Mao Zedong rend elle caduque les apports du PTA à la lutte contre le révisionnisme soviétique ? La trahison de Plekhanov rend elle fausse la théorie sur la conception moniste de l’Histoire ? A l’inverse, ceux qui se plaisent à évoquer la rencontre Mao-Nixon ; celle-ci rend elle intégralement faux tout ce que Mao a pu produire, tout ce que l’expérience chinoise peut avoir développé comme matériaux à étudier ? »

    Bien des attaques sur le « révisionnisme » servent en fait à camoufler une chose. Le Parti Communiste est un parti politique, l’adhésion y est sur la base de la politique défendue. Il n’est pas possible d’attendre et d’espérer que les adhérents maîtrisent de A à Z l’idéologie pour adhérer. Souvent, cet argument sert à maintenir dans des rangs subalternes, non-décisionnels, ad vidam eternam les nouveaux adhérents. Souvent, cela sert à faire du groupe dirigeant un référentiel ultime, en terme de pureté et de perfection idéologique. Souvent, cela sert à justifier l’existence d’une secte supplémentaire.

    Pourquoi ? Parce que certains sont dans la terreur d’avoir à perdre leur petit royaume, parce qu’ils ont peur de la remise en cause, peur de la bataille idéologique, peur de devoir lutter pour défendre des conceptions idéologiques et pour faire progresser les individus. Ils capitulent devant la difficulté – ils capituleront devant la bourgeoisie -, ils capitulent devant l’angoisse, ils capitulent devant leurs propres lacunes, comblées à coup de dogmes, comblées à coup de folklore.

    Nous avons construit l’Unité dans un but : faire l’unité. Nous l’avons construite dans une stratégie, celle de la faire fusionner -et non pas d’être phagocyté !- avec d’autres organisations, sur la base d’un débat franc et ouvert, bâti sur l’idée d’un accord stratégique minimal. Nous l’avons construite pour qu’elle meure, mais qu’elle engendre des descendants moindres, mais plus forts et plus influents.

    Une base minimale qui soit celle à partir de laquelle il est possible de travailler conjointement, dans le cadre d’une seule organisation, pour avancer en commun. Cette base d’organisation n’a pas besoin d’être immense, elle n’a pas besoin d’être suraffûtée, elle à besoin d’être nécessaire et critique. Elle doit correspondre aux besoins de l’heure actuelle, doit correspondre aux attentes du moment, doit permettre d’initier la nouvelle machine de lutte et d’organisation.

    Les groupuscules comme ‘Les Matérialistes’ et leur prétendu PCF(mlm) peuvent très bien choisir de poursuivre leur chemin idéaliste, leur volonté de pureté et de se placer sur un piédestal. Ils peuvent continuer leur chemin vers les cimes de la pensée, mais ils demeureront des cerveaux en bocal, isolés, rejetant tout.

    Ce sont, après tout, pour ces raisons que personne ne les a jamais vu faire de diffusion, de manifestation, d’événement publics, d’intervention vers la classe ouvrière. Car ils ne sont que des sages de la montagne, ces même sages que nous évoquions dans notre brochure sur la dictature du prolétariat.

    Nous avons expliqué, dans ce texte, les raisons de nos désaccords. Nous ne doutons pas qu’ils vont, à la lecture de ces lignes, bouillir de rage, se mettre dans une colère noire, répondre par un déversement d’injures, d’insultes, par un flot continuel de critiques et de menaces voilées. Ils ont d’ores et déjà commencé à fourbir leurs armes, blessés qu’ils sont dans leur orgueil.

    Mais nous n’en avons cure. Nous nous adressons aux masses, aux militants, aux militantes, qui, les deux pieds dans la réalité, rencontrent la vie. Nous laissons la poussière prendre encore la poussière. Nous les laissons décanter, fermenter, et finalement rejoindre un humus de groupes en décomposition.

    Nous ne répondrons plus à ces alchimistes dans leur tour d’ivoire, étant donné qu’ils rejoignent, par leurs prises de position, le camp des réactionnaires, des exploiteurs. Nous en avons fini avec eux.

    Peut-être commettons-nous des erreurs, peut-être en commettrons-nous d’autres, des graves et des moins graves. Mais nous les ne les commettons que car nous nous confrontons à la réalité, au terrain, à ses évolutions. Que car tous travaillons, justement, dans la matière et non dans l’idée.

    Nous continuerons à avancer, avec des erreurs et des manques, mais nous avancerons, notamment pour briser l’esprit de secte et de cercle qui parasite le mouvement communiste de l’Etat français.

    Pour briser les chapelles et les ministères de prêtres qui se parent de rouge, mais ne savent qu’être les bergers de la bourgeoisie.

    Sommes-nous, alors des acharnés, à vouloir répondre de la sorte ? Probablement. Mais, malgré son jeune âge, malgré ses faiblesses, malgré ses erreurs, l’Unité Communiste de Lyon ne tolérera jamais d’être conspuée de la sorte. Elle ne tolérera jamais qu’une secte d’adulateurs de la police, de crypto-fascistes, de petits intellectuels bas de gamme émette des injures à son encontre.

    Nous leur avons rendu la politesse, en leur faisant l’honneur de les citer, d’apporter des preuves. Nous avons tracé une ligne de démarcation entre eux et nous, entre les philosophes et les alchimistes de l’idéalisme et ceux qui veulent avancer, combattre, et non se placer dans une tour d’ivoire.

    Non un dogme, mais un guide pour l’action, voilà ce qu’est censé être le communisme. Les Matérialistes en ont fait un fétiche et un dogme de l’inaction.

    Nous portons toujours haut le drapeau de la révolution prolétarienne, celui-là même que le PCF(mlm) rejette et salit.

    En avant vers la construction d’un vrai Parti !

    Le communisme est la jeunesse du monde !