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  • 100 ans du PC (1920-2020) – 3/3

    100 ans du PC (1920-2020) – 3/3

    Aujourd’hui

    Aujourd’hui, il peine à pouvoir se dégager de cette situation. L’opposition interne existe, mais elle se heurte à un problème fondamental : la structure en tant que telle est devenue un frein à la rénovation du PCF. Un cercle vicieux s’est installé : quand le PCF perds, les « politiques » ont une plus grande voix au chapitre, ce qui fait que le PCF prend de meilleures positions, ce qui renforce l’emprise des élus, ce qui place en minorité l’opposition politique, ce qui réduit les scores… et le cycle recommence sans cesse, alors que la machine s’affaiblit graduellement. La véritable solution serait une déchirante remise en question de rapport du PCF à ses bastions, à ses élus, à ce qui en fait un Parti établi et intégré. Un parti dans lequel les conceptions comme l’eurocommunisme on fait leur nid.

    En somme, il lui faudrait traverser un terrible désert pour renaître à nouveau, plus grand et plus fort. Mais cette Anabase1 est difficile à avaler pour tout militant ou toute militante. Elle reviendrait à jouer la carte liquidatrice… une carte bien amère.

    Qu’en conclure ?

    Pour formuler une analyse rapide de la trajectoire du PCF celle-ci est un drame en trois actes, à l’image des tragédies grecques. Après l’acte de la construction, des expérimentations politiques, des tentatives de s’imposer comme une force politique, est venu l’acte de la guerre. Bref, brutal, mais marquant. Couvrant le PC des lauriers de la gloire. Mais il s’ensuit un troisième acte, celui de l’intégration dans la démocratie bourgeoise, du remplacement de la figure du militant par celle de l’élu, de l’institutionnalisation du Parti. Un parti qui, dès lors, n’as plus eu de cesse que de s’étioler, de se faner.

    Nous avions écrit, dans notre ouvrage En finir avec le mythe du PCF2 que ce qui fait la force du PC, aujourd’hui encore, c’est son passé, plus, bien plus, que son avenir. Mais ce passé, ces ors, à qui appartiennent-ils réellement ? Sont-ils un crédit mort, lié organiquement à un Parti qui ne les fait plus vivre ? Sont-ils au contraire un héritage vivant, réel, que chaque militant et militante, chaque groupe, chaque organisation qui se revendique de la révolution prolétarienne mondiale, peut revendiquer comme sien?

    Nous affirmons que, sans en revendiquer nullement l’exclusivité, nous portons une partie de cet héritage. La mosaïque de groupes communistes qui existent aujourd’hui sont tous, même à leur corps défendant, des héritiers d’une histoire, d’une expérience.

    Aujourd’hui, que faire ?

    Nous sommes toutes et tous les orphelins du PCF.

    Nous pensons que la question de l’organisation politique, du Parti, est une question vitale, centrale, que chaque communiste doit avoir à l’esprit.

    Le PCF est de plus en plus concurrencé, notamment par des mouvements plus libres de leurs actes, tels que LFI. Il peine aujourd’hui a se démarquer et à justifier son existence, en dépit des qualités individuelles de ses membres. Dans le paysage politique français, il est transparent, translucide, et ne parvient pas à se trouver une place. Il y a d’une part une certaine forme de censure par omission, les médias ne l’invitant pas, mais il y a également une incapacité à pouvoir générer un engouement. Replié sur lui

    La lutte de ligne que le PCF a connu se retrouve aussi, à l’échelle microscopique, dans l’hostilité entre les sectes qui prétendent chacune avoir découvert la vérité ultime, et qui considèrent toute déviation vis-à-vis de celle-ci comme une hérésie qu’il faut éliminer par tous les moyens. Qui refusent d’acter l’existence d’autres organisations politiques proches, en faisant des non-êtres, des non-organisation, des non-acteurs de la construction du parti.

    Ce sectarisme féodal, ces seigneuries, occupent le même rôle que les bureaucraties stériles : elles forment des fiefs qu’il faut défendre, même au prix de l’objectif final. Chacun, conscient des efforts immenses consentis pour se recréer un corpus théorique, idéologique, une physionomie politique, ne veut les diluer, les perdre, dans un rapprochement, une fusion.

    Lénine avait fait sienne l’adage de Napoléon « on s’engage…et on voit ». Cette volonté d’être en avant, de chercher l’opportunité tactique, de prendre des risques, de prendre des initiatives. Lénine l’a employé avec maestria dans la conduite de la politique d’unité. Les fragments de parti qui existent sont tout autant des forces que des faiblesses. Elles sont des forces dans le sens où elles ont donné une approche originale, novatrice, dépoussiérée de nombreuses questions. Hostiles les unes aux autres, elles entretiennent donc une émulation involontaire, dans laquelle chacun doit rivaliser avec les autres pour proposer un contenu d’une meilleure qualité que celui des autres. Pour avoir une meilleure communication, pour être plus inventif ou attractif.

    Mais les réponses complètes, finales, aux questions qui se posent (la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier, la synthèse de l’expérience révolutionnaire, une compréhension profonde de la théorie) ne peuvent être réalisées dans le féodalisme sectaire. La route vers le Parti, la route vers la fin de notre situation d’orphelins, ne peut être défrichée qu’au travers d’un bond qualitatif. Et ce bond qualitatif demande une accumulation quantitative.

    Savoir regarder dans le temps long.

    Une erreur terrible serait de prendre l’histoire du triptyque SFIC – PC – PCF comme quelque chose d’isolé, de solitaire. De croire que le PCF s’est auto-suscité, s’est auto-invoqué, et qu’il n’est pas né d’un long processus d’agrégation, de décantation, de fusions et de clivages.

    Comprenons-nous : dans la France actuelle, il existe une kyrielle d’organisations communistes se revendiquant, sous des approches diverses et parfois contradictoires, de cet immense héritage communiste. Mais beaucoup – et c’est un travers bien naturel – se figurent qu’elle pourront, dans un développement graduel, dans une accumulation uniquement quantitative, prendre la place, occuper la fonction, qu’un PC a pu occuper pendant de longues décennies.

    C’est oublier que les racines du PCF étaient présentes longtemps avant que les premiers fruits ne puissent être cueillis. Il a fallu, au cours de l’ensemble du XIXe siècle, opérer un long, un très long processus d’agrégation des différents groupes, des différentes sectes, des mini-partis. Ces agrégations n’ont pas été opérées de gaîté de cœur, et ont donné lieu à des conflits de fiefs, de chefferies, de clans. Il a fallu un cadre immense, celui de la première puis de la deuxième internationale, pour permettre de pouvoir créer un espace général de décantation idéologique, un espace d’unification, qui puisse permettre que le débat prolétarien, que le débat idéologique réel, dépasse le simple cadre de l’invective, du défi, parfois de l’insulte. C’est aussi l’autorité de la IIIe internationale, autorité conférée par la réussite de la révolution Russe, qui placé les chefferies devant des choix : s’unifier et avancer, ou être des renégats.

    Nous ne faisons pas exception à ces critiques, nous mêmes, sommes – bien involontairement ! traversés par ces tendances, par cette terrible pesanteur. Nous essayons de trouver des moyens de compenser, d’élargir notre horizon : travail unitaire, processus de construction commune avec l’UPML, intégration dans l’ICOR… Aucun de ces moyens n’est en soit suiffant. Mais ils contribuent à maintenir un memento mori3 dans notre organisation : nous n’oublions pas qu’elle est destinée à disparaître au profit de quelque chose de plus grand, de plus efficace, de plus approchant de notre but. Nous ne sommes pas le Parti, nous ne sommes pas l’embryon du Parti, nous sommes à-peine, des cellules-souche, travaillant à devenir quelque chose de nouveau.

    Ce sont des moyens de prendre conscience du fait que nous ne sommes pas une île, mais bien que nous nous incluons dans un processus qui nous dépasse, dont les objectifs sont plus importants que l’existence de nos sectes respectives.

    Apprendre du PCF, c’est savoir regarder la réalité en face. Savoir regarder les succès, les défaillances, les échecs. C’est aussi savoir conserver ce qu’il y a de juste, en tirer l’essentiel, pour en faire la synthèse la plus actuelle. Ce n’est pas importer la ligne de 1947 en 2021, en voyant la France brisée, menacée de domination. C’est comprendre le monde actuel avec l’expérience d’hier.

    Le PCF a eu son histoire, il a été ce qu’il a été, ni plus ni moins. Mais ce que sera son héritage ne dépend que de nous !

    Bibliographie indicative :

    Christofferson, M. S., & Olivera, P. (2014). Les intellectuels contre la gauche : L’idéologie antitotalitaire en France, (1968 – 1981) (2. éd. revue et augm). Agone.

    Cœuré, S. (1999). La grande lueur à l’Est : Les Français et l’Union soviétique, 1917-1939. Seuil.

    Furet, F. (1995). Le passé d’une illusion : Essai sur l’idée communiste au XXe siècle. France loisirs [u.a.].

    Hobsbawm, E. J. (2003). L’âge des extrêmes : Le court vingtième siècle : 1914-1991. Ed. Complexe.

    Hourmant, F. (2015). 2. La dénonciation de L’Archipel du Goulag. In Le désenchantement des clercs : Figures de l’intellectuel dans l’après-Mai 68 (p. 57‑91). Presses universitaires de Rennes. http://books.openedition.org/pur/24615

    Lacroix-Riz, A. (2012). L’histoire contemporaine toujours sous influence. Le Temps des cerises : Éditions Delga.

    Marcuse, H. (1971). Le Marxisme soviétique. Gallimard.

    Pinto, D. (1985). De l’antiaméricanisme à l’américanophilie. Commentaire, N°18, 874‑879.

    Traverso, E. (2012). L’ histoire comme champ de bataille : Interpréter les violences du XXe siècle. Ed. La Découverte.

    PCC (1963) D’où proviennent les divergences ? ­Réponse à Maurice Thorez et d’autres camarades (1963) | lesmaterialistes.com. (s. d.).

    1 Wikipédia définit l’Anabase ainsi : « Le terme « anabase » désigne une longue expédition militaire en référence à l’Anabasede Xénophon, employé dans le sens « ascension dans le haut pays » ou « expédition de la mer vers l’intérieur montagneux d’un pays ». Nous l’employons ici comme une « traversée du désert », à l’exemple de la Longue Marche en Chine, laquelle à transformé la nature du PCC, en faisant le Parti qui a conduit à la victoire.

    2Écrit en 2016, nous n’en disposons plus que d’exemplaires numérisés. Il sera réédité après correction de certaines erreurs factuelles sur l’histoire du PCF.

    3Souviens toi que tu dois mourir.

  • Vœux de l’Unité Communiste

    Vœux de l’Unité Communiste

    L’année 2020 se termine. Jusqu’au bout, elle a été une année complexe, difficile. Des problématiques inédites se sont posées, qui ont dû demander une adaptation et une transformation.

    Nous souhaitons à toutes et tous d’excellentes fêtes de fin d’année. Après une année 2020 marquée par la pandémie, les menaces de guerre, les attentats, et l’avancée de la réaction, des lueurs d’espoir apparaissent.

    L’année 2020 mérite un bilan.

    Elle a été marquée par une pandémie inédite depuis plus d’un siècle. Nos pensées vont vers les victimes de celle-ci. 1,840,631 au moment où ces lignes sont rédigées.

    Partie de Chine, la zoonose Covid-19 secoue encore le monde. Elle continue ses ravages, battant semaines après semaines les records de victimes journalières. Les USA approchent doucement d’un nombre de morts supérieur à leurs pertes durant la Seconde Guerre mondiale, tandis que le bilan d’autres États reste inconnu. Si le vaccin arrive, sa distribution sera aussi le reflet des inégalités sociales et économiques mondiales.

    Le confinement est à ce jour l’expérience la plus universellement vécue par l’humanité, avec des écarts considérables dans la manière dont il a été vécu. Des écarts en fonction des caractères, mais aussi en fonction des rôles dans la société. Pour le prolétariat et pour les travailleurs et travailleuses essentielles, il n’a d’ailleurs existé que sous la forme de l’extinction de la vie sociale, celle-ci se limitant aux fonctions économiques.

    Cette reconnaissance de l’essentiel a mis involontairement en exergue l’inutilité et le parasitisme d’une partie de la population : la grande bourgeoisie. Ne produisant rien, oisive, inutile, voire néfaste. Spéculant sur les évolutions boursières, pariant sur l’aggravation ou la résorption de la crise. Jouant avec les vies, et les morts.

    La pandémie a bouleversé les habitudes de vie. Elle a isolé les individus. Elle a fait naître des solidarités immenses, vitales, mais a brisé également le lien social. Cet isolement, cette atomisation, a facilité l’infiltration des conceptions conspirationnistes, y compris dans les rangs des organisations se revendiquant du communisme. Ce fléau s’est greffé sur les désirs et les espoirs d’un monde plus juste. Il s’est nourri des faillites, des incompétences, des imbécilités et des mensonges des gouvernements. Mais ce conspirationnisme est aussi notre miroir, celui de notre propre faiblesse et de notre incapacité à apporter les réponses aux questions que se posent les exploités et les exploitées. Au même titre, la réaction, le conservatisme, le repli est tout autant le reflet de notre faillite à présenter les traits d’un monde meilleur, plus juste, de progrès réel.

    Si la pandémie a été l’événement majeur de la période, il n’est pas possible de faire l’impasse sur le reste.

    La crise écologique continue de s’approfondir. Les immenses incendies en Australie ont dévasté des centaines d’hectares de forêt, mettant en péril la survie même d’espèces. Pendant ce temps, en Antarctique, le glacier Thwaites menace de rompre. S’il se détache, à lui seul, il augmentera le niveau des océans de 65 cm. Ceux qui considèrent que les questions climatiques et écologiques sont des problèmes de demain sont des aveugles ou des naïfs.

    15 millions de visons ont été abattus préventivement par le Danemark. Cette quantité astronomique démontre également la vulnérabilité de l’industrie agro-alimentaire aux épidémies. Nous ne pouvons oublier que les grandes pandémies, Ebola, SRAS, COVID, SIDA, sont avant tout des zoonoses : des maladies qui ont franchi la barrière des espèces.

    La promesse creuse d’Emmanuel Macron de faire entrer l’écologie dans la Constitution est révélatrice : comme de nombreux sujets d’importance, ils ne sont que des colifichets, des jouets, des arguments électoraux. La « vague verte » qui s’est emparée de plusieurs grandes villes à la suite des élections municipales montre rapidement les limites de l’écologie inconséquente : des aménagements – positifs certes – mais extrêmement limités.

    Car la réalité est là : tant qu’il n’existe pas un contrôle populaire sur la production, la plus grande partie de l’iceberg est laissée intouchée. La production détermine bien largement davantage la consommation que l’inverser. Si les actions individuelles sont louables, leur faiblesse fait que confirmer la phrase de Lénine ‘hors du pouvoir, tout n’est qu’illusion’. Il n’en demeure pas moins, non plus, que les partis verts puissent tout à fait être les chevaux sur lesquels miseront les franges les plus libérales de la bourgeoisie pour les prochaines élections.

    Car l’avenir économique – et donc, de fait politique – est inquiétant. La pandémie, sans la déclencher, contribue à accélérer la crise économique et la dégradation de la situation générale, en particulier au niveau de la dette. De surcroît, l’Europe et les USA en ont proportionnellement plus souffert que les puissances montantes, particulièrement asiatiques. La pandémie jette donc de l’huile sur le feu des rapports de force internationaux. Nous avons pu le voir dès le début de l’année avec l’assassinat du général iranien Solemani, mais aussi avec les alliances criminelles entre le gouvernement de Barzani et celui d’Erdogan. Partout, se dessinent les nouvelles alliances et les nouveaux blocs. D’autres, comme l’UE, se délitent, avec la réalisation du Brexit. L’entropie, la tendance au chaos, règne.

    La défaite de Donald Trump marque, à l’inverse, un « retour à la normale », à une direction plus rationnelle de l’impérialisme américain. Mais les USA eux-mêmes sont divisés, marqués par une hostilité profonde, par des clivages immenses. Leur situation est celle d’un empire approchant du déclin. Et, comme le mentionnait déjà Gramsci, c’est dans ce clair-obscur, d’un nouveau monde qui ne demande qu’à naître, que surgissent les monstres.

    La poursuite de l’offensive.

    La pandémie n’a pas stoppé les projets du gouvernement. Au contraire. Les réformes se sont poursuivies avec un rythme effréné. Le KO technique des organisations de lutte, l’isolement, la torpeur du confinement, ont laissé un boulevard. Il aurait été sot de ne pas en profiter ! Et le gouvernement le sait bien. Il avance sur le terrain économique, sur les droits sociaux, mais également porte ses coups sur le cœur de la démocratie et sur les droits fondamentaux.

    Allié d’occasion de celui-ci, le terrorisme a endeuillé l’Europe à nouveau. Tandis que la crise et la détresse radicalisent une partie de la population vers le fascisme suprémaciste, le chauvinisme, d’autres, ceux et celles qui ne trouvent pas leur place ici, sont happés par l’autre branche de la réaction. L’islamisme réactionnaire, qui n’est qu’une variante de la rengaine fasciste, a frappé à plusieurs reprises. Dans la foulée, les gouvernements en ont profité pour enserrer encore davantage la société. Les lois se multiplient, vexatoires, méprisantes, mais dangereuses. Dangereuses car elles étranglent toujours plus les libertés démocratiques. La police, rempart ultime, voit aussi son rôle gradir, son impunité s’affirmer.

    La question de la fascisation mérite d’être posée. Elle demande une analyse sérieuse, profonde, qui ne peut pas uniquement se nourrir de caricatures ou de fantasmes. Il n’est pas évident pour nous, en France, pays impérialiste puissant, de savoir même à quoi ressemble la dictature brutale de la bourgeoisie.

    Il est possible cependant de voir que l’arc narratif formé par les compromis de 1945 se clôture. Les vestiges de la période des trente glorieuses, les vestiges des concessions accordées ou arrachées pendant la guerre froide, sont progressivement balayés. Les exploiteurs n’en ont plus besoin. Pourquoi s’en encombrer ? Les syndicats, les partis politiques populaires et combatifs, ont été pour la plupart broyés ou intégrés dans le « jeu démocratique ». Le miroir aux alouettes de la transition pacifique du capitalisme au socialisme les ont trompés. Aujourd’hui, ce miroir se fracture. Ne voyons-nous pas, par facilité, du fascisme là où réside simplement la dictature normale de nos exploiteurs ?

    Une nouvelle étape ?

    Des éléments semblent pourtant indiquer une nouvelle étape. Les exploiteurs possédaient des moyens répressifs pour détruire toute opposition sérieuse. Ils n’hésitaient pas, non plus, à transgresser leurs propres lois pour liquider les obstacles les plus gênants. Cependant, aujourd’hui, grâce notamment à l’emploi cynique de la stupéfaction des attentats, une nouvelle dimension est apparue. D’une part, le recours à l’enfermement et à la sanction administrative, court-circuitant l’échelon judiciaire. D’autre part celui du traitement « préventif », autorisant de prendre en compte l’intention. Ces éléments préfigurent l’usage massif – et légal, de la rétention de sûreté, empruntée au droit Allemand. Cette Sicherungsverwahrung a été adoptée en Allemagne en 1933 et est toujours en vigueur, tandis que son pendant français est mis en place en 20111.

    A cela s’adjoint l’intense propagande raciste et xénophobe, axée autour de l’islamophobie. Cette campagne rejoint désormais la lutte contre les courants politiques, donnant naissance au répugnant concept d’islamophobie. A travers ce concept, amorphe, inepte, les exploiteurs et les fascistes détiennent une arme redoutable. Nul doute qu’elle sera utilisée pour tenter de conjurer l’inévitable crise de régime qui se profile prochainement.

    Certes le capitalisme et l’impérialisme renoncent progressivement aux interfaces démocratiques. Certes, les droits sociaux et politiques sont attaqués. Mais ce n’est pas par choix, mais par obligation. Le capitalisme est affaibli. Affaibli économiquement. Affaibli politiquement. Sa dureté n’est que le miroir de cette fragilité.

    L’adhésion au système capitaliste, l’adhésion à une démocratie pourrie, fausse, s’effrite. L’adhésion au système d’exploitation est progressivement remise en cause. Les luttes sont plus fortes et plus radicales que jamais, tandis que les exploités et exploitées cherchent des voies politiques pour changer le monde. Pour le moment, les issues politiques sont dominées par le conspirationnisme, par la réaction ou par des voies insuffisantes. Nul n’est à blâmer si ce n’est nous même de ne pas être à la hauteur des attentes des masses.

    Nous devons impérativement reconnaître que les failles ne raisonnement ne nous ont pas épargnés. Certains, y compris dans ceux qui se revendiquent du même héritage historique et idéologique que nous, ont été happé par les logiques conspirationnistes. L’isolement, la méfiance, le sectarisme, la surestimation constante des difficultés en sont le terreau. Nous devons en finir !

    Luttons ensemble !

    Nous adressons également tous nos vœux aux organisations révolutionnaires et particulièrement aux organisations communistes présentes en France et ailleurs.

    Nous saluons l’ensemble des organisations membres de l’ICOR ainsi que l’ILPS. Nous saluons le travail réalisé pour la création du Front International Anti-Impérialiste et Anti-fasciste. En dépit des conditions terribles, l’ensemble du travail avance. Nous sommes fiers et fières de pouvoir les revoir à nouveau et travailler conjointement sur l’anniversaire de la Commune de Paris, pour en faire un succès.

    Notre appartenance à cette coordination internationale ne fait pas de nous des aveugles, nous saluons le travail immense réalisé par les organisations, ici, en France.

    Nous saluons les luttes syndicales, les luttes indépendantistes, les luttes anti-impérialistes. Nous saluons ceux et celles qui portent le drapeau rouge, le drapeau noir, le Gilet Jaune, la Chasuble Rouge, la blouse blanche, ou celui de leur terre, qu’ils et elles veulent libre.

    Nous saluons les organisations communistes. Nous serions des imbéciles de clamer posséder le monopole de la légitimité.

    Nous pensons qu’il faut saluer les travaux qui ont été réalisés, les luttes menées, dans des conditions extrêmement difficiles. Nous voulons reconnaître ce travail et sa valeur. Notre seul souhait étant que l’ensemble des efforts, séparés, que nous menons vers des buts similaires, puissent se mutualiser. Que tombent les barrières qui nous séparent, et que nous pussions faire pas après pas un travail commun pour que naisse la synthèse dont nous avons besoin : celle qui nous permette d’avancer vers la fondation des outils de la révolution.

    Le centenaire du PCF est un anniversaire important. Nous en parlerons bientôt pour apporter notre position. Mais nous pensons qu’elle peut se résumer ainsi : il existe deux héritages de ce centenaire de combat. Un héritage organisationnel, que nous critiquons fermement, en dépit des qualités immenses de celles et ceux qui le composent. Un héritage organisationnel qui, hélas, a emmené la structure PCF vers un renoncement progressif et, nous le pensons, définitif.

    Mais aussi un héritage d’expérience, de lutte, de combats, un héritage qui reste à défricher tant sa dimension est importante. Un héritage vivant, constant, qui s’incarne aujourd’hui dans ceux et celles qui veulent poursuivre jusqu’au bout la lutte révolutionnaire. Un héritage dont nous osons réclamer une parcelle, car nous sommes tous et toutes, que nous le voulions ou non, fils et filles du congrès de Tours.

    Nous saluons cependant le PCF pour ce qu’il a été et pour ce que ses membres voudraient qu’ils soient : l’outil de l’avenir, l’outil de la victoire.

    A ce titre, nous proposons que, en cette année d’anniversaire de la Commune de Paris, il soit possible d’entamer un travail, autant que possible, pour que cette unité, unité dont nous avons toutes et tous besoin, puisse s’initier. Nous en avons besoin pour que notre activité grandisse en importance et en influence, pour que nous puissions franchir cette « accumulation quantitative » qui permette le bond qualitatif vers un parti communiste puissant et efficace, mais également pour que nous puissions atteindre notre but premier : servir le peuple et mettre fin au règne des exploiteurs.

    Il est clair, quoiqu’on puisse penser, qu’une nouvelle ère commence. Plus dure. Plus complexe. Elle nous obligera à intensifier nos efforts et à conjuguer nos forces. Nous ne pouvons plus traiter les questions politiques comme avant. Nous appelons à ce que la mentalité sectaire du ‘temps de paix ‘ s’efface. Construire les outils de défense et de lutte n’est pas un luxe. C’est une nécessité vitale. Si nous ne le faisons pas, nous serons balayés.

    L’année 2021 n’est pas écrite. Ce qu’elle sera dépend de nous, un nous au sens large, qui inclut tous ceux et toutes celles qui veulent qu’un monde nouveau naisse : Un monde de justice, un monde d’égalité, un monde de liberté réelle. Un monde communiste !

    1https://blogs.parisnanterre.fr/content/la-r%C3%A9tention-de-s%C3%BBret%C3%A9-quand-le-droit-fran%C3%A7ais-adopte-une-institution-allemande#:~:text=Depuis%20son%20introduction%20en%201933,mesure%20p%C3%A9nale%20la%20plus%20controvers%C3%A9e.&text=La%20r%C3%A9tention%20de%20s%C3%BBret%C3%A9%20est%20une%20mesure%20p%C3%A9nale%20permettant%20d,%C3%A9viter%20la%20commission%20de%20r%C3%A9cidives.

  • Lénine trône à Gelsenkirchen (Allemagne).

    Lénine trône à Gelsenkirchen (Allemagne).

    L’Unité Communiste adresse ses félicitations au MLPD pour la mise en place de la statue de Lénine à Gelsenkirchen.

    La mise en place de cette statue, dans le contexte actuel, est un coup d’éclat.

    Elle démasque l’hypocrisie des capitalistes et des anticommunistes.

    Quand les statues représentes des gens de leur classe, des colonialistes, des esclavagistes ou des criminels économiques, ils considèrent que les déboulonner serait nier l’histoire. Qu’il faut faire avec, et qu’il faut les accepter.

    En revanche, le MLPD a du mener une bataille judiciaire et obtenir l’arbitrage d’un tribunal pour avoir gain de cause. C’est bien une preuve éclatante que la toponymie, les statues, les symboles occupent un espace mental. Qu’elles contribuent à définir les parts du passés jugés légitimes par l’historiographie dominante.

    C’est donc une victoire symbolique importante.

    Elle rentre dans le cadre d’une reconquête de l’espace urbain par les symboles de la révolution. Elle contribue à lutter contre l’effacement de la mémoire révolutionnaire et du mouvement internationaliste.

    Nous pensons également que, au-delà du symbole, cette statue joue un rôle dans notre actualité politique. Nous regardons cette statue non pas comme un élément du passé, anachronique. Elle est un point d’encrage dans un avenir qui va naître. Dans un avenir qui est le seul à pouvoir détourner de la catastrophe écologique, économique, sanitaire et sociale.

    Le capitalisme, en dépit de son triomphe, a montré ses limites. En fait de fin de l’histoire, il incarne la fin de l’espoir. Il a montré que la sommes des égoïsmes ne faisait pas avancer l’humanité vers le mieux, mais vers un crépuscule de misère, de stagnation, de guerres. Il n’est plus porteur d’utopie, à part pour une poignée de super-capitalistes, qui vivent sur la misère de milliards d’êtres humains.

    Aujourd’hui, devant cette statue, nous voyons le choix, un choix important qui reflète comment nous la considérons. Comme une chose morte ou comme une chose vivante.

    Nous, qui tournons les yeux vers nos prédécesseurs, bénéficions d’un immense avantage. Nous avons leur expérience. Leur histoire. Leurs victoires et leurs revers. Nous pouvons soit les confiner dans le fétichisme et le folklore, les utiliser comme des excuses pour refuser d’avancer, soit en tirer la substance profonde, en tirer les enseignements, et avancer.

    Cette statue, nous qui sommes en France, doit nous interroger. Le mouvement communiste dans notre pays, malgré des progrès importants, ne parvient pas à franchir l’étape de la secte. Nous pouvons continuer ainsi, végéter, rester marginaux, nous mépriser les uns et les autres et refuser de reconnaître nos existences mutuelles.

    Nous pouvons continuer à fuir nos responsabilités vis-à-vis des travailleurs et des travailleuses de notre pays, vis-à-vis de ceux et celles qui subissent le joug de notre impérialisme.

    Nous pouvons attendre, en ordre dispersés, que la pandémie ressurgisse. Que nous soyons dans la situation de payer la crise. Que nous soyons face à une nouvelle guerre.

    Ou nous pouvons prendre comme point de ralliement la mise en place de cette statue. En faire un symbole de l’unité renouvelée et de la volonté commune d’avancer. Dépasser le sectarisme. Briser le chauvinisme d’organisation. Travailler ensemble, sur la base de nos expériences aux uns et aux autres, et forger la synthèse qui correspond à notre époque et à nos tâches. Ce choix dépend de nous, mais nous devrons en accepter les conséquences.

    Nous avons fait le notre. Il est dans l’élaboration commune, au sein de l’ICOR, avec l’expérience et le savoir commun, par le débat démocratique prolétarien, d’une voie pour la révolution et pour apporter une nouvelle utopie.

    Nous saluons Lénine. Nous saluons le MLPD. Nous saluons l’ICOR. Nous saluons le Front International Anti-impérialiste.

    Ensemble vers la victoire !

    Die Kommunistische Einheit gratuliert der MLPD zur Aufstellung der Lenin-Statue in Gelsenkirchen.


    Die Errichtung dieser Statue ist im gegenwärtigen Kontext eine große Leistung.

    Sie entlarvt die Heuchelei der Kapitalisten und Antikommunisten.
    Wenn Statuen Menschen ihrer Klasse, Kolonialisten, Sklavenhändler oder Wirtschaftskriminelle darstellen, sind sie der Ansicht, sie zu entlarven, hieße, die Geschichte zu leugnen. Dass mit ihnen umgegangen werden muss und dass sie akzeptiert werden müssen.
    Die MLPD hingegen musste einen Rechtsstreit ausfechten und ein Schiedsverfahren vor einem Gericht erwirken, um ihren Fall zu gewinnen. Dies ist ein klarer Beweis dafür, dass Toponymie, Statuen und Symbole mentalen Raum einnehmen. Dass sie dazu beitragen, jene Teile der Vergangenheit zu definieren, die von der herrschenden Geschichtsschreibung als legitim angesehen werden.
    Es ist daher ein wichtiger symbolischer Sieg.
    Es ist Teil einer Rückeroberung des städtischen Raums durch die Symbole der Revolution. Sie trägt zum Kampf gegen die Auslöschung des revolutionären Gedächtnisses und die internationalistische Bewegung bei.

    Wir glauben auch, dass diese Statue über das Symbol hinaus eine Rolle in unseren politischen Nachrichten spielt. Wir betrachten diese Statue nicht als ein anachronistisches Element der Vergangenheit. Es ist ein Einfärbungspunkt in einer Zukunft, die im Begriff ist, geboren zu werden. In einer Zukunft, die als einzige von ökologischen, wirtschaftlichen, gesundheitlichen und sozialen Katastrophen ablenken kann.

    Der Kapitalismus hat trotz seines Triumphes seine Grenzen gezeigt. Tatsächlich verkörpert sie am Ende der Geschichte das Ende der Hoffnung. Sie hat gezeigt, dass die Summe des Egoismus die Menschheit nicht zum Besten geführt hat, sondern zu einem Zwielicht von Elend, Stagnation und Kriegen. Sie ist nicht mehr der Träger der Utopie, abgesehen von einer Handvoll Superkapitalisten, die vom Elend von Milliarden von Menschen leben.

    Heute, vor dieser Statue, sehen wir die Wahl, eine wichtige Wahl, die widerspiegelt, wie wir sie sehen. Als totes Ding oder als lebendes Ding.
    Wir, die wir unsere Augen auf unsere Vorgänger richten, haben einen immensen Vorteil. Wir haben ihre Erfahrung. Ihre Geschichte. Ihre Siege und Rückschläge. Wir können sie entweder auf Fetischismus und Folklore beschränken, sie als Entschuldigung dafür benutzen, dass wir uns weigern, vorwärts zu gehen, oder wir können die tiefste Substanz aus ihnen ziehen, aus ihnen lernen und vorwärts gehen.

    Diese Statue, wir, die wir in Frankreich sind, müssen uns in Frage stellen. Die kommunistische Bewegung in unserem Land schafft es trotz wichtiger Fortschritte nicht, die Bühne der Sekte zu überschreiten. Wir können so weitermachen, dahinvegetieren, am Rande bleiben, uns gegenseitig verachten und uns weigern, unsere gegenseitige Existenz anzuerkennen.
    Wir können uns weiterhin unserer Verantwortung gegenüber den Arbeitern unseres Landes entziehen, gegenüber denen, die unter dem Joch unseres Imperialismus leiden.
    Wir können verstreut warten, bis die Pandemie wieder auftaucht. Dass wir in der Lage sind, für die Krise zu zahlen. Dass wir vor einem neuen Krieg stehen.

    Oder wir können die Aufstellung dieser Statue als Sammelpunkt nehmen. Machen Sie sie zu einem Symbol der erneuerten Einheit und des gemeinsamen Willens, vorwärts zu gehen. Überwindung der Bigotterie. Organisatorischen Chauvinismus abbauen. Auf der Grundlage der gegenseitigen Erfahrungen zusammenarbeiten und eine Synthese schmieden, die unserer Zeit und unseren Aufgaben entspricht. Diese Entscheidung liegt bei uns, aber wir werden die Konsequenzen tragen müssen.

    Wir haben unsere gemacht. Es geht darum, innerhalb der ICOR mit gemeinsamer Erfahrung und gemeinsamem Wissen durch proletarisch-demokratische Debatten einen Weg zur Revolution und zur Verwirklichung einer neuen Utopie auszuarbeiten.

    Wir grüßen Lenin. Wir grüßen die MLPD. Wir grüßen die ICOR. Wir grüßen die Internationale Antiimperialistische Front.

    Gemeinsam dem Sieg entgegen!


  • Se fédérer – appel unitaire.

    Se fédérer – appel unitaire.

    L’Unité Communiste de Lyon s’est portée signataire de cet appel. Nous considérons qu’il va dans le bon sens et qu’il est important de l’appuyer. Nous voulons mener une politique unitaire cohérente : les enjeux sont trop importants pour se contenter de ce que nous avons fait par le passé. Tout comme nous sommes signataires du Front International Antifasciste, nous le sommes de cet appel à se fédérer.

    Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux : nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps. Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées. Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance. Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements. Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer. Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence de verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale. Si « nous sommes en guerre », c’est bien en guerre sociale. D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es. Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques. Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements. Ce qui est « extrême », ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage. Ce qui est « extrême », c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

    Nous n’avons plus peur des mots pour désigner la réalité de ce qui opprime nos sociétés. Pendant des décennies, « capitalisme » était devenu un mot tabou, renvoyé à une injonction sans alternative, aussi évident que l’air respiré – un air lui-même de plus en plus infecté. Nous mesurons désormais que le capitalocène est bien une ère, destructrice et mortifère, une ère d’atteintes mortelles faites à la Terre et au vivant. L’enjeu ne se loge pas seulement dans un néolibéralisme qu’il faudrait combattre tout en revenant à un capitalisme plus « acceptable », « vert », « social » ou « réformé ». Féroce, le capitalisme ne peut pas être maîtrisé, amendé ou bonifié. Tel un vampire ou un trou noir, il peut tout aspirer. Il n’a pas de morale ; il ne connaît que l’égoïsme et l’autorité ; il n’a pas d’autre principe que celui du profit. Cette logique dévoratrice est cynique et meurtrière, comme l’est tout productivisme effréné. Se fédérer, c’est répondre à cette logique par le collectif, en faire la démonstration par le nombre et assumer une opposition au capitalisme, sans imaginer un seul instant qu’on pourrait passer avec lui des compromis.

    Mais nous ne sommes pas seulement, et pas d’abord, des « anti ». Si nous n’avons pas de projet clé en mains, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à théoriser, penser mais aussi pratiquer des alternatives crédibles et tangibles pour des vies humaines. Nous avons besoin de les mettre en commun. C’est là d’ailleurs ce qui unit ces expériences et ces espérances : les biens communs fondés non sur la possession mais sur l’usage, la justice sociale et l’égale dignité. Les communs sont des ressources et des biens, des actions collectives et des formes de vie. Ils permettent d’aspirer à une vie bonne, en changeant les critères de référence : non plus le marché mais le partage, non plus la concurrence mais la solidarité, non plus la compétition mais le commun. Ces propositions sont solides. Elles offrent de concevoir un monde différent, débarrassé de la course au profit, du temps rentable et des rapports marchands. Il est plus que jamais nécessaire et précieux de les partager, les discuter et les diffuser.

    Nous savons encore que cela ne suffira pas : nous avons conscience que la puissance du capital ne laissera jamais s’organiser paisiblement une force collective qui lui est contraire. Nous connaissons la nécessité de l’affrontement. Il est d’autant plus impérieux de nous organiser, de tisser des liens et des solidarités tout aussi bien locales qu’internationales, et de faire de l’auto-organisation comme de l’autonomie de nos actions un principe actif, une patiente et tenace collecte de forces. Cela suppose de populariser toutes les formes de démocratie vraie : brigades de solidarité telles qu’elles se sont multipliées dans les quartiers populaires, assemblées, coopératives intégrales, comités d’action et de décision sur nos lieux de travail et de vie, zones à défendre, communes libres et communaux, communautés critiques, socialisation des moyens de production, des services et des biens… Aujourd’hui les personnels soignants appellent à un mouvement populaire. La perspective est aussi puissante qu’élémentaire : celles et ceux qui travaillent quotidiennement à soigner sont les mieux à même d’établir, avec les collectifs d’usagers et les malades, les besoins quant à la santé publique, sans les managers et experts autoproclamés. L’idée est généralisable. Nous avons légitimité et capacité à décider de nos vies – à décider de ce dont nous avons besoin : l’auto-organisation comme manière de prendre nos affaires en mains. Et la fédération comme contre-pouvoir.

    Nous n’avons pas le fétichisme du passé. Mais nous nous souvenons de ce qu’étaient les Fédérés, celles et ceux qui ont voulu, vraiment, changer la vie, lui donner sens et force sous la Commune de Paris. Leurs mouvements, leurs cultures, leurs convictions étaient divers, républicains, marxistes, libertaires et parfois tout cela à la fois. Mais leur courage était le même – et leur « salut commun ». Comme elles et comme eux, nous avons des divergences. Mais comme elles et comme eux, face à l’urgence et à sa gravité, nous pouvons les dépasser, ne pas reconduire d’éternels clivages et faire commune. Une coopérative d’élaborations, d’initiatives et d’actions donnerait plus de puissance à nos pratiques mises en partage. Coordination informelle ou force structurée ? Ce sera à nous d’en décider. Face au discours dominant, aussi insidieux que tentaculaire, nous avons besoin de nous allier, sinon pour le faire taire, du moins pour le contrer. Besoin de nous fédérer pour mettre en pratique une alternative concrète et qui donne à espérer.

    Dès que nous aurons rassemblé de premières forces, nous organiserons une rencontre dont nous déciderons évidemment ensemble les modalités.

    Pour rejoindre cet appel : appelsefederer@riseup.net

    Premières et premiers signataires :

    Nicole Abravanel, Étienne Adam, Christophe Aguiton, Omar Aktouf, Dominique Alcalde, Jean-Claude Amara, Franck Antoine, Sonia Anton, Emmanuel Arvois, Jacky Assoun, Claude Bailblé, Bernard Baissat, Benjamin Ball, Philippe Banka, Ludivine Bantigny, Philippe Barre, Christophe Baticle, Franc Bardou, Stefan Bekier, Gilbert Belgrano, Olivier Belmontant, Cecilia Benevides, Rémi Bénos, Judith Bernard, Alain Bertho, Jacques Bidet, Stéphane Bikialo, Philippe Blanchet, Evelyne Bleu, Françoise Bloch, Christophe Boëte, Pascal Boissel, Françoise Boman, Thierry Borderie, Mathieu Borie, Benoit Borrits, Bernard Bosc, Stephen Bouquin, Aïcha Bourad, Leila Bourad, Driss Boussaoud, Jacques Boutault, Sarah Boyé, François Brun, Pascal Buresi, Noëlle Burgi-Golub, Laurent Bussière Saint-André, Marie-Claire Cailletaud, Claude Calame, Cécile Canut, Pépita Car, Jean-Pierre Castex, Jean-Noël Castorio, Aurélien Catin, Marc Cefallo, Christian Celdran, Dominique Cellier, Jean-Marc Cerino, Frédéric Certain, Maureen Chappuit, Bernard Charlot, Luc Chelly, Nara Cladera, Charlotte Cléro, Yves Cohen, Gérald Collas, Marie-Agnès Combesque, Jean-Louis Comolli, Léon Crémieux, Marcel Cunin, Laurence D., Alain Damasio, Hugues Débotte, Laurence De Cock, Eric Decamps, Stéphanie Dechezelles, Hervé Defalvard, Christian Delacroix, Frédéric Delarue, Jean-René Delépine, Jean-Étienne Delerue, Christine Delphy, Bruno Della Suda, Christian de Montlibert, Robert Descimon, Catherine Deston-Bottin, Rom Desh, Sophie Desrosiers, Michel Defalvard, Serge D’Ignazio, Paul Dirkx, Joss Dray, Marnix Dressen-Vagne, Jean-François Dubost, Frédéric Dufaux, Jean-Michel Dufays, Anne Dufresne, Stéphane Elmadjian, Jean-Paul Engélibert, Didier Epsztajn, Annie Ernaux, Kévin Espinas,  Jean-Claude Eyraud, Laurent Eyraud-Chaume, Guillaume Faburel, Patrick Farbiaz, Dimitris Fasfalis, Jean Fauché, Daniel Faugeron, Pascale Fautrier, Mathieu Ferradou, Alexandre Ferran, Mathieu Fernandez, Renaud Fiévet, Yann Fiévet, Sylviane Finucci, Marianne Fischman, Fabrice Flipo, Jeremie Foa, Bernard Friot, Karën Fort, Fanny Gallot, Alain Gallucci, Edith Galy, Florent Gaudez, Franck Gaudichaud, Bertrand Geay, Julie Gervais, Jean-Pierre Gesbert, Denis Gheerbrant,  Guy Giani, Pascale Gillot, Pierre-Eliel Girard, Julien Gonthier, Renée Gramaize, Christophe Granger, Lena Grigoriadou, Elie Haddad, Jean-Marie Harribey, Benoît Hazard, Odile Hélier, Leila Hicheri, Thomas Hippler, Maryvonne Holzem, Thierry Huve, Mathias Isimat-Mirin, Magali Jacquemin, Nicole Jacques-Lefèvre, Bruno Jacquin, Sylvain Jay, Samy Johsua, Anne Jollet, Claudine Katz, Jacques Kebadian, Marjorie Keters, Pierre Khalfa, Mohamed Khenniche, Jean-Luc Kop, Isabelle Krzywkowski, Anne Kubler, Marc Lacreuse, L’1consoloable, Francis Landron, Patrick Lao, Mathilde Larrère, Sylvie Larue, Ginette Lavigne, Stéphane Lavignotte,  Pascal Le Brun, Michelle Lecolle, Sylvie Le Cocq, Hervé Le Crosnier, Dominique Lefèvre, Corinne Le Fustec, Bernard Lemann, Christophe Lemasson, Romain Le Meur, Alain Lenud, Yann Leredde, Benoît Leroux, Michel Letté, Pascal Liberatore, Wenceslas Lizé, Olivier Long, Camille Louis, Michael Lowy, Fanny Madeline, Christian Mahieux, Chowra Makaremi, Pascal Maillard, Jean Malifaud, Jean-Claude Mamet, Françoise Maquin, Rémi Marie, Philippe Marlière, Killian Martin, Gilles Martinet, Gustave Massiah, Christian Maurel, Laurence Maurel, Julie Maurice, Éliane Meillier, Véronique Melchior, Irène Menahem, Rémi Merindol, Denis Merklen, Henri Mermé, Isabelle Mestre, Valérie Mettais, Stéphane Michot, Noufissa Mikou, Sylvain Milanesi, Jacques Millet, Sylvie  Monchatre, Ana Doldan Montiel, Bénédicte Monville De Secco, José-Luis Moraguès, Corinne Morel-Darleux, Marc Moreigne,  Mikael Motelica-Heino, Séverin Muller, Alain Munier, Philippe Nabonnand, Claire Nancy, Corinne Nativel, Joël Nayet, Toni Negri,  Olivier Neveux, Jean Noviel, Pierre Odin, Bertrand Ogilvie, Denis Orcel, Cléo Pace, Luca Paltrinieri, Dominique Paturel, Frédéric Paschal, Dolores Pazos, Willy Pelletier, Irène Pereira, Évelyne Perrin, Anita Perez, Elsa Peyronne, Nicole Phelouzat, Olivier Piazza, Stéphane Pichelin, Alexandre Pierrepont, Francky Poiriez, Raphael Porteilla, Emmanuelle Posse, Antoine Poulain, Paul Poulain, Claude Pourcher, Stéfanie Prezioso, Pierre Prim, Claudio Pulgar-Pinaud, Isabelle Quaglia, Yves Quintal, Makan Rafatjou,Marie  Rama-Menahem, Nelly Rintaud, Daniel Rome, Patrick Rossignol, Marc Roudet, Benoît Rougelot, Théo Roumier, Pierre Rousset, Gilles Sabatier, Isabelle Saint-Saëns, Maria Eleonora Sanna, Gaëlle Santin, Pierre Sauve, Hélène Schneider, Michel Seigneuret, Pinar Selek, Marie Sellier, Alexandre Siguier, Patrick Silberstein, Alessandro Stella, Benjamin, Tauziac, François Ternynck, Jacques Testart, Edwige Thaille, Fanny Thomas, Sylvie Thomas, Lucky Tiphaine,  Vincent Touchaleaume,  Véronique Tribouilloy, Julien Troccaz, François Tronche, Marc Tzwangue, Sixtine van Outryve, Patrick Vassallo, Sarah Vaucelle, Françoise Vergès, Francis Verne, Frédéric Verhaegen, Julien Vigouroux, PierrVila, Bastien Villeflayoux, Pascal Vitte, Elise Voguet, Nicolas Voisin, Christiane Vollaire, Sophie Wauquier, Louis Weber, Roger Winterhalter, Béa Whitaker, Sylvie Wolf, Catherine Wolff, Carole Yerochewski, Isabelle Yhuel, Pierre Zarka, Olivia Zemor, Jeanne Zoundjihekpon, Élisabeth Zucker 

    Aggiornamento histoire-géo, ACU (Association des communistes unitaires), Association De(s)générations, CAPJPO-Europalestine, Cerises la coopérative, Changer de Cap, Collectif Droit à la Belle Ville, Collect’IF paille, Émancipation collective, Fédération des syndicats SUD-Rail, Gilets jaunes enseignement recherche, Gilets jaunes de Plaine Commune, Jardins Communs, Jarez Solidarités, La Suite du monde, Le Paria, On prend les champs, PEPS (Pour une écologie populaire et sociale), Questions de classe(s), Réseau pour l’Autogestion, les Alternatives, l’Altermondialisme, l’Ecologie, le Féminisme, Union syndicale Solidaires, Union syndicale SUD Industrie, Unité Communiste de Lyon

  • Message de l’ICOR aux organisations communistes de France.

    Message de l’ICOR aux organisations communistes de France.

    Ce document est un message envoyé par la coordinatrice principale de l’ICOR aux organisations communistes et anti-impérialistes présentes en France. Ce message a été distribué le plus largement possible aux organisations dont l’ICOR possède les adresses. Mais plus largement il s’adresse à tous ceux et toutes celles qui se retrouvent dans la volonté de participer à la lutte pour la construction d’une coordination internationale. Nous saluons cette initiative que nous jugeons pertinente dans la période actuelle, et nous appelons nous même à rejoindre l’ICOR et à rejoindre le Front Uni des organisations impulsé par l’ICOR et l’ILPS.

    Chers camarades,
    Chères camarades,

    En tant que coordinateur principal de l’ICOR, nous vous adressons ce courrier.

    Nous pensons que nous partageons plusieurs constats sur la situation actuelle. Elle est particulièrement grave et emplie d’incertitude. Nous pensons également que nous partageons tous et toutes la volonté de pouvoir poursuivre et intensifier les luttes. Nous vous adressons donc ce courrier, dans le but de proposer de coopérer ensemble.

    Nous voulons serrer les rangs, accroître la coopération entre les différentes forces, et permettre de faire face aux défis de la situation actuelle.

    Il existe des incertitudes immenses sur les issues politiques et sociales de la crise économique et sanitaire. Des incertitudes sur le bilan humain, des incertitudes sur le bilan économique, des incertitudes sur la situation géopolitique.

    Mais il existe également des certitudes. Deux d’entre elles peuvent être tenues pour acquises :

    • Les bourgeoisies vont essayer de tirer profit autant que possible de la situation. Les méthodes ne sont pas forcément tout à fait connues, mais les buts le sont : compenser les pertes et engranger de nouveaux profits. 
    • Les forces progressistes, révolutionnaires, et particulièrement le mouvement communiste auront un rôle de premier plan à conquérir et à jouer. 

    Dans cette situation, la manière dont le mouvement communiste réagira peut être décisif. Nous pouvons sortir renforcés de cette épreuve et en capacité de pouvoir mener de nouvelles batailles. Nous pensons qu’il est essentiel que, partout où cela est possible, la voix communiste, la voix des intérêts du prolétariat, des classes exploitées, de ceux et celles qui subissent le plus la crise, soit la plus forte possible.

    Nous vous invitons, d’ailleurs, à devenir un participant de l’AIAFUF (Front uni international anti-impérialiste et antifasciste). Cette initiative a été lancée par les deux formations internationales les plus importantes et les plus actives à l’heure actuelle, l’ICOR et l’ILPS.  Avec ces deux formations internationales, environ 500 organisations du monde entier forment la fondation. Les participants du front uni peuvent être des formations internationales, des organisations individuelles ou des personnes. La construction résolue de ce front uni nous semble nécessaire de toute urgence dans un monde où la rivalité inter-impérialiste s’accroît, où le danger de guerre augmente et où les possibilités même de la vie sont détruites de plus en plus rapidement. Le front uni est plus large dans sa diversité politique que l’ICOR, c’est une forme d’organisation plutôt large : c’est un mouvement organisé, dans laquelle chaque organisation peut choisir de s’impliquer et chacun décide lui-même comment et sous quelle forme il participe aux activités. 

    Cependant, nous n’en faisons pas une condition pour coopérer. Nous respectons les stratégies et les positionnements des organisations politiques. Cependant, nous désirons pouvoir travailler localement, régionalement, au niveau des États et plus largement avec toutes les forces qui veulent coopérer. Cela dans le but notamment d’organiser une solidarité locale, de répondre politiquement aux projets de la bourgeoisie, mais aussi de préparer les mouvements de masses qui naîtront lors de la décrue. 

    Nous partageons certains constats simples et unitaires : 

    • Le système de production capitaliste est incapable de répondre aux besoins matériels et culturels de la population. Il est également incapable de pouvoir exister sans ravager la planète et sans exposer l’humanité à de nouvelles pandémies. 
    • A terme, il met en péril les possibilités même de survie de l’humanité. 
    • La loi du marché a montré ce qu’elle signifie en pratique : la pénurie pour faire monter les prix, la recherche de la rentabilité maximale, quitte à sacrifier les travailleurs et les travailleuses. Elle génère également des coût astronomiques pour le matériel médical, dont la production est contrôlée par des monopoles immenses.
    • Le système capitaliste n’est pas réformable, il n’est pas conçu dans le but de satisfaire les besoins des masses populaires, dans le respect des capacités de régénération de la planète.

    Nous pensons qu’il existe des tâches immédiates sur lesquelles il est possible de travailler.

    • Impulser & renforcer les réseaux d’entraide et de solidarité. 
    • Faire en sorte de pouvoir mutualiser nos forces pour les faire vivre, les faire grandir et les faire fusionner. Nous voulons rationaliser les efforts, non les disperser. 
    • Construire des réseaux de solidarité d’auto-organisation de la classe ouvrière et des masses populaires pour soutenir les personnes les plus touchées dans leur vie quotidienne. 
    • Lutte pour les revendications sociales et politiques de masse au sens de la résolution ICOR – Corona au niveau local, régional, national et international. 


    Nous pensons que ces éléments forment la base minimale de travail commun et de mise en œuvre de campagnes communes. Ils peuvent être discutés. Nous voudrions proposer un communiqué unitaire le plus largement partagé possible entre toutes les organisations politiques qui veulent lutter pour le socialisme et pour la révolution. Nous voulons, camarades, parler avec vous, vous connaître, coopérer, répondre à l’immense tâche qui s’ouvre devant nous ! 

    A lire :

    https://unitecommuniste.com/international/appel-de-licor-et-de-lilps-pour-la-construction-dun-front-mondial/
  • Appel à l’unité d’action des communistes présents et présentes en France.

    Appel à l’unité d’action des communistes présents et présentes en France.

    Nous avons rédigé cet appel avec nos camarades de l’UPML, faisant suite à deux lettres ouvertes proposant un travail conjoint des communistes. Nous considérons que la situation actuelle ne nous autorise pas à rester dispersés et désunis. Nous avons, en tant que militants et militantes communistes, une « obligation de moyens » dans le fait de lutter et de chercher, constamment, les moyens de pouvoir progresser et avancer. Nous relançons donc cet appel, et nous invitons celles et ceux qui se retrouvent dans son analyse et ses mots d’ordres à prendre contact avec nous. Ripostons ensemble, construisons ensemble, gagnons ensemble.

    21 Avril 2020.

    La crise mondiale liée à la pandémie représente la situation la plus grave qu’a connu la planète depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle secoue de fond en comble le monde. Avec plus de la moitié de la population en confinement, elle fournit également l’expérience la plus universelle de l’histoire de l’humanité.

    Toujours est-il que cette situation chaotique peut déboucher soit sur une aggravation générale et durable de la situation sur la planète entière, soit sur des perspectives nouvelles de lutte et de victoire pour le mouvement ouvrier, le mouvement des opprimés et opprimées, le mouvement communiste. Nous considérons que cela dépendra de notre action et de notre capacité à travailler ensemble.

    Les bourgeoisies préparent leur sortie de confinement. Elles développent des plans pour passer à l’offensive sur les droits sociaux, profiter de la période de trouble pour justifier un durcissement des institutions et de la répression.

    La crise sanitaire a de nouveau démasqué les gouvernements et leur vraie nature : des agents serviles des intérêts capitalistes, prêts à sacrifier la santé et la vie des travailleuses et des travailleurs. Elle rétablit également la vérité sur le caractère essentiel du travail des ouvrières et des ouvriers, des agricultrices et des agriculteurs…etc. Par opposition, elle rappelle le caractère parasitaire de la grande bourgeoisie, laquelle ne vit que comme un vampire sur le dos de celles et ceux qui, avec la nature, produisent toutes les richesses. Il existe parmi les masses populaires un immense désir de justice sociale, tout comme une immense combativité potentielle. Cependant, l’efficacité de la propagande réactionnaire peut également faire basculer l’issue de la crise en faveur du chauvinisme, du fascisme, de la collaboration de classe.

    Nous avons un travail massif immense à réaliser, quelles que soient nos stratégies.

    Le mouvement communiste international peut sortir renforcé de cette épreuve. Le fait de parvenir à réaliser cette tâche immense dépend en partie de la capacité des organisations politiques qui composent ce mouvement de coopérer et de surmonter les écueils pour travailler ensemble.

    Nous pensons qu’il est essentiel que, partout où cela est possible, la voix communiste, la voix des intérêts du prolétariat, des classes exploitées, de ceux et celles qui subissent le plus la crise, soit la plus forte possible. Que des fronts unis puissent naître et se renforcer, pour contrer les plans de la bourgeoisie et des impérialistes, mais également pour faire naître ou pour renforcer les forces qui rendront la victoire possible.

    Un travail défensif est nécessaire, pour protéger les droits sociaux, économiques et politiques des masses populaires, pour s’opposer à la guerre, au fascisme… dans le cadre de fronts unis les plus larges possibles. Mais également un travail offensif, pour conquérir de nouveaux droits sociaux, économiques et politiques, pour rassembler et organiser largement les masses vers la lutte politique. Une lutte politique pour une nouvelle société, à laquelle toujours plus de travailleuses et de travailleurs aspirent. Cette société ne peut être que le véritable socialisme.

    Nous mêmes, membres de l’UCL et de l’UPML, soucieux de collaborer systématiquement, travaillons au sein de la Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires (ICOR). Cette coordination fait partie du Front Uni International construit avec la Ligue internationale de luttes des peuples (ILPS). Nous avons fait ce choix car nous considérons qu’on ne pouvait se contenter de notre activité isolée. Nous respectons les choix stratégiques de toute organisation et le fait qu’elles puissent ne pas souhaiter adhérer à la coordination dans laquelle nous sommes. Ce n’est pas le but de notre courrier mais celui de nous rapprocher pour agir ensemble.

    Travaillons ensemble, discutons, rencontrons-nous dans la mesure du possible. On pourrait s’imaginer des campagnes de solidarité commune – au niveau local, régional, national, continental, pour construire une défense et une riposte la plus large possible. Mais faisons un premier pas par cet appel commun !

    Nous pensons que les positions à défendre en commun peuvent se résumer simplement autour de constats :

    • Le système de production capitaliste est incapable de répondre aux besoins matériels et culturels de la population. Il est également incapable de pouvoir exister sans ravager la planète et sans exposer l’humanité à de nouvelles pandémies. A terme, il met en péril les possibilités même de survie de l’humanité.
    • L’échec du libéralisme : Même les États les plus ouvertement libéraux ont pris des mesures pour protéger les intérêts de leurs bourgeoisies. C’est une démonstration de plus de la collusion entre États et exploiteurs & exploiteuses.
    • La loi du marché a montré ce qu’elle signifie en pratique : la pénurie pour faire monter les prix, la recherche de la rentabilité maximale, quitte à sacrifier les travailleurs et les travailleuses. Elle génère également des coûts astronomiques pour le matériel médical, dont la production est contrôlée par des monopoles immenses.
    • Le système capitaliste n’est ni réformable ni amendable. Il doit être détruit et remplacé par un système économique, planifié, conçu dans le but de satisfaire les besoins des masses populaires, dans le respect des capacités de régénération de la planète. Place à la société du futur – le socialisme révolutionnaire !

    Notre propagande prend vie en lien avec les luttes des masses :

    • Pour un système de santé répondant aux besoins réels et prévisionnels.
    • Aucune législation spéciale du travail et aucun recul du droit du travail durant la crise et après celle-ci.
    • Non à une reprise économique et scolaire sans protection
    • Apporter de l’aide aux plus démunis, protéger et organiser les personnes les plus vulnérables dans un esprit internationaliste.
    • Condamnation et sanctions pour les responsables des victimes, dues à la gestion bourgeoise de la crise sanitaire.
    • Contre la droitisation des politiques, contre la militarisation des appareils d’États et la fascisation. Pour la défense et l ‘élargissement de nos droits et libertés démocratiques. Lutter contre l’action des forces réactionnaires, qui utilisent régulièrement les crises pour faire du prosélytisme ou instiller des idées racistes / réactionnaires.
    • Halte à toutes les guerres de rapine et à toutes les opérations de repartage du monde entre puissances impérialistes.

    Au delà de ces tâches immédiates, et en lien étroit avec elles, préparons les luttes à venir dans une période qui va ébranler les bases économiques et surtout politiques d’un système dépassé. On verra des révoltes, des insurrections et des effervescences révolutionnaires naître. La crise engendrera d’énormes souffrances pour les masses, mais aussi des potentialités pour renverser le capitalisme. La bourgeoisie s’y prépare – et nous !? Ces mouvements forts auront-ils une perspective et une direction unifiée ?

    • Parlons-nous entre organisations et mettons ensemble ce que nous avons en commun, sans esquiver le débat sur nos divergences. L’heure est à la coopération, à l’unité d’action !
    • La voix de la révolution socialiste doit se faire entendre. Développons des méthodes et des moyens pour une propagande, pour un débat large sur l’alternative socialiste au niveau de la société. Combattons l’anticommunisme à l’œuvre comme « dernière arme » de la bourgeoise pour défendre son système pourri.
    • Apprenons les uns des autres et soutenons mutuellement nos efforts pour construire une alternative révolutionnaire.

    Camarades, travaillons ensemble, agissons ensemble. Le temps du confinement, qui concerne plus de la moitié de la population mondiale, est un temps que nous devons mettre à profit pour préparer l’après-pandémie.

    Faisons avancer la lutte du prolétariat, faisons de cette crise sanitaire le point de départ d’une grande victoire politique, d’un nouveau jalon vers le socialisme !

    UPML et UCL, membres de l’ICOR

    ANNEXE : Nos constatations sur la situation actuelle.

    • Cette pandémie est coûteuse en termes de vies humaines. Si les critiques occidentales se portent principalement vers la Chine, en l’accusant de minimiser sa surmortalité, il ne fait aucun doute que chaque État tend à pratiquer une politique similaire. Cette surmortalité est un critère qui dévoile publiquement l’insuffisance des moyens sanitaires, y compris dans des pays considérés comme développés ou dans des puissances impérialistes.
      • La première vague, qui a déferlé sur l’Asie-Pacifique, semble stoppée pour le moment. Cependant, rien ne permet de s’assurer qu’elle ne réapparaisse pas.
      • La seconde vague touche l’Europe et les USA. Elle a stoppé l’activité économique de la plupart des États du « vieux continent ». Les USA deviennent le nouveau centre de celle-ci. La politique de Trump semble être celle d’un « darwinisme immunologique », laissant vivre ceux qui survivent, et mourir ceux qui n’ont pas de mutuelle.
      • Une troisième vague, sur les pays les plus pauvres et les plus dominés, pourrait naître. Ce serait elle qui serait la plus dévastatrice tant les infrastructures sont défaillantes.
    • Cette pandémie était envisagée et considérée comme une certitude. De nombreux acteurs ont dénoncé l’impréparation des systèmes de santé face à son irruption. Cependant, pour des raisons d’austérité et de rentabilité, l’ensemble des pays impérialistes ont eu tendance à réduire leur possibilité de soigner massivement la population, et ont remis sans cesse à plus tard toute politique de santé publique sur cette question et toute politique de coordination sérieuse.

    • Cependant, ce n’est pas tant la hausse de la mortalité qui pose problème, pour la bourgeoisie, que le coup d’arrêt porté à l’économie mondiale. La bourgeoisie peut sans problème accepter des génocides ou des massacres. Mais elle n’accepte pas le moindre ralentissement de ses rendements. Or, la pandémie a accéléré le développement de la crise économique. Elle préexistait à celle-ci, mais la maladie a eu un effet catalyseur. En désorganisant les chaînes de production, cette situation met en péril les pays dépendant des importations pour leurs denrées alimentaires. Ce sont souvent des pays de monoculture, comme les États dominés d’Afrique ou d’Asie. Ces États produisent pour l’export, et ne sont absolument pas auto-suffisants. Une famine mondiale peut se profiler.
    • Dans l’ensemble des pays touchés, le coût économique de cette crise risque de créer des vagues de chômage immenses. De plus, les différentes bourgeoisie en profitent pour s’attaquer aux droits sociaux, y compris les plus élémentaires. Non seulement elles comptent faire payer la crise aux masses populaires, mais elles escomptent même en tirer profit. Elles ont invoqué une économie de guerre pour justifier que les pertes soient socialisées, tandis que les profits tombent toujours dans la poche des mêmes bandits.
    • La politique de confinement, qui concerne plus de la moitié de l’humanité, accentue les inégalités de classe et les inégalités entre hommes et femmes. Les prolétaires et les femmes en subissent les conséquences les plus néfastes. Désignés « travailleuses et travailleurs essentiels », les prolétaires sont constamment exposés, sans protection, aux risques de contamination. Les femmes subissent de manière accrue la pression des tâches domestiques ainsi que les risques de violence et de viols.

    • Le durcissement de la situation économique se traduit mécaniquement par un durcissement de la situation politique interne aux pays. Déjà dans certains États comme la Hongrie, le spectre du fascisme se fait menaçant.
    • La situation est propice également au développement d’idées chauvines, bellicistes ou réactionnaires. Dans certains États, le racisme décomplexé a frappé. Les étrangers et les étrangères sont accusés de propager le virus. Un climat pogromiste s’installe. Les théories conspirationnistes et les rumeurs les plus folles circulent. Les peurs peuvent être employées comme une épée par les réactionnaires, pour frapper dans l’intérêt des bourgeois et des bourgeoises.

    • L’affaiblissement de certaines puissances entraîne de fait un risque accru de guerre. Nul ne sait, à l’heure actuelle, dans quelle situation seront les États d’occident à la sortie de cette crise. Les choix qui sont faits à l’heure actuelle peuvent les avoir durablement affaiblis. Il ne fait aucun doute que d’autres États en profiteront logiquement. Peut-être pour certaines nations, cela sonne l’heure de la liberté, mais pour d’autres, cela se résumera à un changement de maître. Il y aura certainement des luttes de libération qu’il faudra soutenir, mais également des affrontements inter-impérialistes qu’il nous faut dénoncer et combattre.

  • 1400 morts en France, 2000 aux USA…Que faire ?

    1400 morts en France, 2000 aux USA…Que faire ?

    1400 morts hier en France.

    Près de 2000 morts aux USA.

    Ce sont des chiffres qui paraissent abstraits. Pour la France ils représentent un doublement de la mortalité journalière (600 000 morts par an, soit 1 600 par jour). Ce sont des chiffres qui correspondent à des temps de guerre, et qui sont encore incomplets.

    Derrière ces chiffres se cache une réalité et des responsabilités. Les responsabilités de l’intégralité des gouvernements de droite et de gauche depuis la fin du XXe siècle, qui ont tous cherché à liquider l’hôpital et la recherche scientifique.


    • C’est la responsabilité de Michel Rocard (PS), qui, dans les
      années 1990, commence à mettre en place la CSG pour financer la
      Sécurité Sociale. On commence à l’affamer et la finançant de
      manière fixe et plus selon ses besoins.

    • Les cadeaux fiscaux de Lionel Jospin (PS aussi), pour faire avaler
      les 35h, qui créent un manque à gagner supplémentaire. Dans le
      même temps, un deuxième aspect, qui rejoint l’attaque contre le
      financement de la Sécurité Sociale, concerne les excédents
      budgétaires. Les années où la Sécurité Sociale dispose de plus
      que ses besoins, ceux-ci sont exonérés — auprès du patron. Des
      micro-accords dérogatoires permettent d’étendre cela auprès
      d’autres entreprises. Au final, cela signifie qu’une partie du
      salaire brut n’est pas versée au salarié, mais rentre dans la
      poche du patron.


    • La mise en place de la RGPP, Révision Générale des Politiques
      Publiques, par Sarkozy, en 2008, qui autonomise les services publics
      et leur donne la responsabilité de trouver des financement et
      d’être retable, mais même profitable. Elle est ce qui créé
      hémorragie la plus grande dans les hôpitaux en termes de place.
      Dans les universités, elle s’est traduite par la LRU (Loi sur la
      Responsabilité des Universités) qui a liquidé toutes les
      recherches qui ne débouchaient pas sur une valeur sonnante et
      trébuchante.


    • Les politiques de la coalition EELV-PS-PRG entre 2012 et 2017, puis
      le règne de LREM, qui tous ont continué la même politique de
      sacrifice sur l’autel des intérêts financiers.

    LR, PS, EELV, PRG font mine d’être offusqués de ces morts. Ce sont pourtant des responsables indirects de ceux-ci. Toute personne qui suit le PS et ses déclaration n’a jamais vu la moindre once d’autocritique de la part de cette organisation pour le quinquennat de Hollande et pour ses méfaits passés. Tous ceux et celles qui suivent les fanfarons et les fanfaronnes de LR les voient s’exempter de la moindre responsabilité. Pourtant, les responsables sont connus et connues.

    Le RN, incapable d’assumer son programme, se prétend désormais grand défenseur du service public, en espérant gagner des voix. Leur existence se fait coup de déclarations agressives demandant toujours plus de répression, plus de brutalité, plus d’ordre. Les ultras de la réaction soufflent sur les braises des tensions sociales tout en se présentant comme des sauveurs. En réalité ils auraient exécuté le même programme que les autres, répression fasciste en supplément.

    A cela s’adjoint l’attitude des EHPAD, qui sont souvent des machines à amasser un fric considérable, tout en étant des mouroirs hors de prix. Ce sont dans ces lieux fermé, remplis de personnes vulnérables, que les pertes humaines les plus grandes ont lieu.

    Derrière cela il y a l’incurie, l’incompétence, l’aveuglement dans la croyance à l’invulnérabilité des pays occidentaux, à croire que les pandémies sont d’autres temps et d’autres lieux. Cela, malgré la terrible leçon d’humilité que nous recevons, se voit aussi dans les déclarations abjectes sur les « pokémons » ou sur l’expérimentation de vaccins en Afrique. D’autres, comme Trump, en profitent pour menacer de guerre, pour avancer leurs pions. Orban le fascisme, l’armée, au Brésil, un retour à la dictature…

    Le plus triste, ce sont ceux et celles qui se retrouvent intoxiqués par les agents les plus sournois du libéralisme. Toute critique du gouvernement n’est pas une main tendue, ni un espoir. Parmi ceux et celles qui critiquent le confinement, il y a ceux, il y a celles, qui en réalité préfèrent sauver l’économie et sacrifier ceux qui doivent être sacrifiés. Quand ils demandent, « la liberté, des masques et de la chloroquine », c’est pour reprendre au plus vite le chemin du travail, c’est pour « vivre et laisser mourir. » Bien des personnes qui passent pour des héros de la médecine sont en réalité de ceux qui veulent donner un os à ronger, donner un peu d’homéopathie, et remettre la France, vaille que vaille, au travail.

    Déjà, le confinement montre les écarts de classe. Les travailleuses et les travailleurs les plus essentiels ne sont pas les actionnaires, les bourgeois et les bourgeoises, ce sont ceux et celles qui produisent les richesses, toutes les richesses issues de la société. Eux, elles, sont aussi en première ligne, comme les soignantes et les soignants, sacrifiés pour que la machine à exploiter tourne au mieux possible. De plus on ne vit pas confiné en cité comme en banlieue pavillonnaire.

    Cette promiscuité aggrave les violences conjugales et familiales, sans parler des viols. Quant à la division genrée du travail, elle se voit dans les longues files d’attentes pour les produits alimentaires, parfois presque exclusivement féminines.

    Il faut, dans ce cadre, voir la mortalité aux USA non comme un particularisme, mais bien comme la résultante de l’aboutissement du processus de liquidation des droits sociaux. Elle est la trajectoire obligée de tous les pays défaillant, au système de santé hors de prix et sans protection sociale. A cela se surajoute le caractère profondément inégalitaire et la division raciale de la société. Les afro-américains et les afro-américaines représentent le plus grand contingent de morts. Nul doute que les alt-right doivent jubiler.

    On voit bien quelle est la réalité de l’Union Européenne. Cette machine vue comme « monolithique, asservissant les peuples et détruisant les nations souveraines » s’est révelée pour ce qu’elle est réellement : un château de carte. Une alliance fragile, bâclée, dans laquelle les pôles dominants (France et Allemagne, principalement) mènent des politiques contradictoires. Contradictoires car conformes à leurs intérêts spécifiques et exclusifs. Si l’UE était l’incarnation d’un ordre autoritaire, cet ordre serait bien minable.

    Aujourd’hui est chaotique.

    Et il faut penser à après.

    Le confinement dure en France depuis plus de trois semaine. Il est, depuis quelque jour, une expérience à laquelle est confrontée la plus grande majorité de l’humanité. Nul ne sait encore comment est-ce que le confinement finira, ni dans combien de temps. Il ne semble pas que l’État, le gouvernement, sache vraiment comment s’y prendre.

    Mais il est clair que, lorsque ce déconfinement aura lieu, il nous jettera dans un monde différent de celui d’avant. Différent d’hier, mais paradoxalement très proche d’avant-avant-hier.

    La bourgeoisie va vouloir nous faire payer. D’une part parce que les richesses sont le produit du travail de ces travailleurs et de ces travailleuses essentiels (ainsi que de la nature), et absolument pas le fruit du travail de la bourgeoisie. C’est donc fatalement ici qu’elles seront puisées.

    De l’autre, car la bourgeoisie ne le peut pas, du fait de sa situation de classe en concurrence contre elle-même. Le moindre affaiblissement, dans les rendements, dans la richesse, dans la capacité d’investir ou d’agir, peut se répercuter sur sa place dans la société.

    Elle ne le veut pas non plus, dans le sens où elle est également très attachée à son train et son confort de vie, et où la possibilité de pouvoir faire endosser le poids des dettes à d’autres qu’elle.

    Elle explore des voies pour pouvoir parvenir à cela. Soit dans la réduction drastique des salaires et des conditions de travail, soit en faisant main basse sur les économies des petits épargnants et des petites épargnantes. Ainsi, la nouvelle législation peut permettre de porter la durée maximale du travail hebdomadaire à 60h, limiter le repos à 9h entre les prises de service, travailler 7j/7. Bien évidemment cette législation est « temporaire ». Mais ce temporaire signifie ce qu’il signifie. Ou plutôt il laisse un vide.

    Deuxième voie, la saisie de l’épargne. Elle a été employée par exemple à Chypre. Elle est vendue comme un système égalitaire, c’est à dire que « les plus riches paient le plus ». Mais en réalité, c’est une arnaque des plus répugnantes. Pourquoi ? Parce que, comme pour la TVA ou comme pour la CSG, ce n’est pas linéaire ! L’épargne est en réalité quelque chose qui est majoritairement une solution pour les classes sociales les plus modestes. Lorsque le niveau de vie évolue, le plus souvent l’argent se dirige vers de l’immobilier, puis, encore plus haut, dans l’investissement. Une saisis de 10 % des comptes d’épargne serait très largement majoritairement payée par les plus modeste.

    Aucune autre option n’est non plus particulièrement réjouissante. La possibilité d’une hyperinflation et d’une dévaluation de la monnaie frapperait, là aussi, les ménages modestes et les petits épargnants et épargnantes.

    Dans chacun de ces scénario, l’issue est une situation durable de précarisation et de vulnérabilité. De plus il faut les faire accepter à la population, ou, à défaut, contraindre à ce que cette acceptation soit faite. Cela signifie ce que cela signifie: un régime plus dur, plus répressif, essayant de jouer sur une mobilisation réactionnaire.

    Cette mobilisation dans un sens réactionnaire n’est pas un fantasme nouveau. Depuis maintenant de nombreuses années, un certain nombre d’animateurs et d’animatrices des mouvement de droite et d’extrême-droite rêvent de pouvoir constituer cette réanimation du Parti de l’Ordre, cette droite élargie. C’est la position des individus charnière : Zemmour, Morano, Maréchal… qui essaient de pouvoir constituer ce pôle.

    Ce pôle, en s’appuyant sur des conceptions et des idées réactionnaires, sur le complotisme, la xénophobie… avec le soutien et la bénédiction de la bourgeoisie, peut prendre une place centrale dans la vie politique. Ou du moins il ressemble assez à la formule ad hoc pour la période.

    Il est sûr et certain qu’il y aura des mobilisations, des luttes et des combats importants à mener. Des combats pour les droits économiques, mais aussi des combats pour les droits politiques. Ils risquent de se dérouler dans un contexte particulièrement difficile. Les définitions de la légalité telles que nous les connaissons actuellement, tout comme la définition de la liberté, ne seront peut-être plus valables dans un temps relativement restreint. Or, par voie de conséquence, ce qui est valable pour la situation économique, le droit du travail, le niveau de vie, se répercute également vis à vis de la vie politique. Une dégradation économique entraînant fatalement des troubles, la vis se serrera également politiquement parlant.

    Il faut donc se préparer à cela.

    Il n’est plus possible de fonctionner comme nous avons fonctionné avant. Il n’est plus possible de se contenter de ce que nous pouvions faire en temps « normal ». Il faut trouver les moyens de faire plus, d’être plus, de mieux coopérer et de mieux travailler.

    Un grand nombre d’organisations et de groupes ont opté pour la solidarité de terrain et l’entraide. C’est un premier jalon important, vital, pour pouvoir résister. Ce sont des initiatives qui méritent d’être soutenues, qui méritent d’être amplifiées, qui méritent d’être élargies autant que possible. Il est plus que louable de vouloir essayer de limiter la casse et de poser également les bases d’une solidarité populaire.

    Nous avons besoin de décanter idéologiquement et politiquement, pour comprendre les enjeux actuels et comment s’y conformer, car nous ne pouvons plier la réalité à notre volonté. A cela, il faut également serrer les rangs et se renforcer. Dans un sens, cette expérience sera un test important pour toutes les organisations et pour tous les groupes qui existent. Elle illustrera comment le bagage théorique et idéologique de celles-ci va se transcrire, comment elles vont devoir s’adapter à une situation nouvelle, dans un contexte mouvant, compliqué et plus risqué que jamais.

    Nous ne sortirons de cette situation, vainqueur, que si nous sommes soudés, unis, unitaires. Que si nous plaçons au plus haut degré de l’importance la lutte populaire, contre les exploiteurs, contre les oppresseurs, contre l’impérialisme et contre le fascisme. Que si nous arrivons à faire l’unité grâce, et non pas malgré, à la lutte contre le sexisme, le racisme, les *phobies en tout genre.

    Internationalement, à l’échelle du continent, de l’État, de la région, de la ville, nous ne tiendrons que si nous avons des front unis, simples, accessibles, compréhensibles, sans sectarisme. Il nous faut trouver les moyens de nous défendre, mais aussi les moyens de gagner.

  • La bataille de l’histoire. IX et fin.

    La bataille de l’histoire. IX et fin.

    Nous nous battons pour des intérêts supérieurs.

    Un des passages les plus importants du manifeste est celui-ci :

    « Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

    Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

    Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat.

    2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. »

    Cela doit former un guide constant pour les objectifs premiers d’une organisation politique communiste. Nous faisons régulièrement face à des conflits entre sectes, parfois pour un terrain, parfois pour un individu, parfois pour le prestige. Or, l’expérience démontre que les guerres de repartage entre organisations militantes sont des jeux à sommes négatives. Elles contribuent à épuiser, à dégoûter et à faire fuir les militants et les militantes. Nous avons donc intérêt à rallier par une politique unitaire et une politique de paix. Les organisations mènent parfois des campagnes liquidatrices pour agrandir leurs forces, mais, chemin faisant, elles sèment des dégâts terribles. Dans un conflit liquidateur mené entre deux forces, caricaturalement, sur 10 personnes, 4 abandonnent. Nous même avons pu voir les pertes que le scissionnisme cause.

    Certains vont même jusqu’à pratiquer le « lessivage », en détruisant absolument tout sur leur passage dans le but d’arracher un ou deux membres supplémentaires. Nous devons faire autrement, mais, surtout, mieux. Nous Devons être unitaires et considérer les choses sous l’angle du front unique, au sein duquel il est possible de rassembler les forces unitaires et loyales tandis que seront progressivement isolés – de leur propre fait, par leur propre action – les opportunistes, les profiteurs, les sectaires. Nous devons collaborer avec toutes les forces qui possèdent une stratégie qui ne soit pas contradictoire et antagonique avec la nôtre à moyen – long terme. Cela implique d’ailleurs des organisations qui ne sont pas communistes et qui ne sont pas objectivement anticommunistes1 Nous considérons qu’il faut non seulement être à l’initiative constante des politiques de rassemblement et d’unité, mais également faire en sorte que celles-ci se caractérisent par leur politique de la porte ouverte en n’excluant aucune force sur les a priori, dans la mesure où elles respectent des principes élémentaires de coopération. Les liens de travail ont tous pour objectif d’accroître l’influence de ceux qui luttent contre la bourgeoisie, d’accroître son unité dans l’action et d’augmenter son efficacité. Cela permettra l’approfondissement idéologique et la progression pratique.

    En tant que groupe qui se targue d’être l’organisation qui porte l’idéologie révolutionnaire, il nous revient de faire la démonstration de notre logique.

    Réussir à appliquer une politique qui soit profondément marxiste, ce n’est pas dans le clivage à qui mieux mieux, mais au contraire, dans nos prises de position publiques, représenter l’expression des tendances profondes des masses populaires dans ce qu’elles ont de combatif et de progressiste. C’est ce qui permet à une organisation de devenir un centre de gravité.

    Notre politique n’est pas de prendre parti, de mener un projet « féodal » ou de nous immiscer dans les conflits internes de forces extérieures. Notre politique s’intéresse à ce qui se passe, mais pour défendre une ligne qui doit permettre que les contradictions secondaires soient traitées de manière convenables.

    Il existe trois type de compréhension principaux de l’environnement par les organisations. Ce classement insiste sur ce qui est l’aspect principal de la compréhension de la part de ces organisations. Parfois, de manière secondaire, d’autres formes peuvent émerger un temps, puis disparaître.


    • Un type tribal/clanique,
      comme pour un
      certain nombre de groupes antifascistes,
      qui considère les liens organisationnels comme des liens
      affinitaires et de loyauté. Elle est en deçà
      de la compréhension
      politique des choses. En dernière instance, elle tend à être
      viscérale, marquée par les sautes d’humeur de sa direction, tout
      aussi clanique. Elle tend aussi a être contaminatoire, en refusant
      de travailler avec les partenaires des partenaires de leurs
      adversaires. Stratégiquement, ce mode d’organisation finit par
      s’étioler par l’isolement ou par s’effondrer sous le poids de son
      succès, étant donné qu’il n’est pas capable de pouvoir grandir
      sans mettre en péril le centre de
      la famille ou du clan.


    • Un type parasitaire-sectaire,
      qui nous retrouvons in
      fine
      chez
      un
      très grand nombre d’organisations politiques se revendiquant du
      communisme.
      Ces organisations et leur vision se caractérisent par leur tendance
      à considérer qu’ils sont le centre unique, qu’ils sont seuls
      détenteurs de la vérité pure, et donc non-améliorable. Ils
      voient dans toute apparition d’une organisation un concurrent
      qu’il faut étrangler, jamais un partenaire avec lequel il faut
      travailler. Ces organisations se greffent sur les forces qui
      existent, non dans le but de les développer, mais dans le but de
      vampiriser jusqu’à l’épuisement celles-ci. Le
      travail commun est fondamentalement rendu impossible par leur
      stratégie :
      leur renforcement peut
      être réalisé par la liquidation de tout ce qui n’est
      pas eux.
      Par
      ailleurs, leurs perspectives de victoires sont infimes. Elles ne
      peuvent pas recruter parmi les classes populaires ou parmi les
      prolétaires, car leurs discours
      sont calibrés pour une petite bourgeoisie radicale dont ils sont
      par ailleurs issus en grande majorité. Ils condamnent leurs
      adhérents à être des stagiaires à vie ou à être modelés comme
      des clones des positions de la direction, répétant un bréviaire
      de mauvaise qualité. Leur victoire, leur renforcement, précipite
      paradoxalement leur perte, car elle augmente l’entropie au sein de
      leur organisation, les forçant donc à épurer pour rester
      monolithiques.

    • Nous
      pensons que le but d’une organisation politique doit être de
      rayonner et de s’intéresser à tout. Chaque lutte, quelle qu’elle
      soit, ne peut être découpée de la lutte des classes. Elle a sa
      place dans l’ordre du jour de l’organisation. Nous considérons
      qu’il faut mener une politique qui vise à rassembler et unifier
      les luttes, non sur la base d’une juxtaposition des mots d’ordres
      ou des revendications, mais bien sur celle d’une synthèse.
      L’attitude de groupes comme ARM Combat sur la question des
      féminicides montre leur conception erronée : la lutte contre
      le sexisme ou contre le racisme ne divise pas les exploités et les
      exploitées. Elle est au contraire la base qui permet une alliance
      sincère.

    • À
      ce titre, nous sommes voués à mener une politique d’ensemble
      vis-à-vis de la lutte des classes,
      des mouvements, mais aussi des organisations politiques,
      communistes ou non communistes. Leur
      situation, leurs débats, leurs faiblesses ou leurs forces influent
      sur la lutte générale. C’est parce que nous avons conscience que
      notre objectif premier est la victoire générale du prolétariat
      contre les exploiteurs que nous menons une politique de paix et de
      coopération. C’est
      cette capacité d’influence et d’hégémonie au sens gramscien
      du terme qui permet d’avancer vers le parti et vers la victoire.

    Pour le moment, l’esprit de cercle est auto-entretenu par des polémiques traitées par-dessus la jambe, et qui n’ont pas de réel impact dans la vie des masses populaires. Elles sont assénées sur la base d’un travail scientifique d’une qualité parfois douteuse, lancées comme des pavés dans la mare, avec l’exigence que tout s’arrête pour y répondre. Régulièrement nous avons été invectivés par des navigateurs en solitaire du léninisme, exigeant que nous tranchions avant toutes choses, et toutes affaires cessantes, telle ou telle question précise. Au lieu d’avoir un travail d’élaboration, de décantation, de conception commune, positive, il s’agissait de torpilles lancées, non pas contre le travail et l’activité de terrain de notre organisation, mais uniquement sur des points ultra-précis et ultra-spécifiques de notre corpus historique.

    Nous pouvons, oui, prendre le temps d’y répondre. Nous le ferons plus tard. Mais ce n’est pas notre priorité. Notre priorité est dans notre travail militant et dans l’élaboration d’un projet à long terme. Et l’aboutissement de ce projet ne demande pas la résolution de ce type de questions en amont. Nous dirions même que la résolution de cette question ne peut se faire que si nous avons la masse critique pour y répondre d’une manière claire, scientifique, définitive.

    Nous pensons que donc, pour avancer vers le Parti, il nous faut être capable d’avoir une base d’unité large, souple, positive, avec une confiance dans la bonne volonté de chacun et de chacune de s’investir d’un point de vue pratique et théorique. Mais pour cela, il faut partir également, non pas de notre perception de notre histoire et de notre politique, mais bien de la leur.

    Avant le Parti, il existe des étapes. Mais ces étapes ne peuvent être surmontées que par une compréhension de notre situation actuelle, que par une politique juste et uniquement en ayant en tête l’efficacité comme maître mot. Les lignes de démarcations, sans lesquelles aucune unité n’est possible, doivent prendre en compte à la fois la situation actuelle et les questions les plus brûlantes de notre actualité, mais également le fait qu’il faut laisser un espace pour que ces questions puissent être tranchées scientifiquement et autrement que par la présomption.

    Surtout, soit l’adhésion s’adresse à des docteurs ès marxisme, léninisme ou maoïsme, soit elle a vocation à organiser les exploités et les exploitées. Nous ne pensons pas nous même être forcément autre chose que des étudiants et des étudiantes de l’expérience révolutionnaire et de l’expérience de la lutte. Ce que nous en avons compris, en revanche, c’est que ce qui est déterminant n’est pas l’auto définition idéologique, mais la transcription de l’idéologie dans une politique. Les noms à rallonge servent de démarcation dans le microcosme militant. Mais aux yeux des masses populaires, c’est le contenu politique qui prime. C’est d’ailleurs sur cette base que le recrutement se fait, non sur l’adhésion ou l’opposition aux théories de Préobrazenski, de Lyssenko ou de Liu Shaoqi.

    C’est l’importance du programme, non pas en tant que programme électoral, mais en tant que programme de développement et de bases minimales, simples, de l’organisation. Nous sommes pour une démocratie populaire, une démocratie sur une base de classe, une démocratie dont la bourgeoisie est exclue. Ce programme minimal pose la question de sa réalisation, et toutes les questions sous-jacentes : dictature du prolétariat, collectivisation, planification économique et planification écologique, lutte contre les contradictions de développement et entre travail manuel et intellectuel, lutte contre les discriminations et les inégalités, internationalisme prolétarien… Or, l’expérience de la lutte des Gilets Jaunes nous a montré que la question de la démocratie populaire et de son opposition à la dictature du patronat étaient des questions politiques fondamentales, mais directement accessibles. Il en était de même pour « le pain, la terre, la paix » des bolcheviques.

    Nous ne sommes pas seuls à penser ainsi.

    Nous ne sommes pas les seuls à vouloir nous unifier et à vouloir construire le Parti. Nous ne sommes pas non plus les seuls à penser qu’il existe des éléments de réponse dans la résurrection de notre histoire et dans son analyse. Il faut rendre à César ce qui revient à César. Nous ne pouvons pas oublier, par exemple, le travail réalisé par V.G. et Communisme-Bolchevisme (aujourd’hui marxisme.fr) . Ce travail était, pour beaucoup, une première approche. Les Éditions Prolétariennes ont contribué à faire vivre des documents irremplaçables, tout comme la Bibliothèque Marxiste. Feu le PCMLM (PCF-MLM ; à Gauche…) a compilé patiemment, une quantité astronomique de documents introuvables ailleurs. Malgré les débats extrêmement brusques entre nos organisations, nous ne pouvons le nier. Les éditions Delga, elles aussi, ont réalisé un travail important et incontournable. Le fait que nous ne soyons pas d’accord avec le PRCF ne doit pas nous empêcher de le dire.

    Chacune de ces initiatives a des limites, avec des choix parfois contestables, notamment la mise à l’index de certains auteurs. Mais – indépendamment de la volonté et de la ligne de leurs auteurs – toutes contribuent à faire renaître la possibilité de développer une analyse historique fine et efficace. Et plus celle-ci sera maîtrisée, plus elle sera intégrée profondément, plus elle permettra, à terme, de faire naître une nouvelle génération de cadres communistes. Elle permettra aussi de rompre avec les dogmes et les mythes, dans le but de construire une histoire solide.

    L’histoire totalitaire, l’histoire hagiographique, téléologique, holistique est une histoire empoisonnée. Protège comme une carapace, comme un blindage. Épais, dur, supposément impénétrable. Mais derrière, les chairs sont molles et flasques. Elles ne supportent pas les coups et ne savent y résister. Nous ne devons pas avoir peur de ces coups. Ils nous endurcissent et nous rendent plus aptes à dépasser les erreurs et les insuffisances. Apporter une histoire réelle, une histoire vivante, une histoire sociale des expériences révolutionnaires et socialistes est vital. Il est la condition à une renaissance d’un véritable courant communiste révolutionnaire, combatif et capable d’être en liaison avec les masses. Il est la possibilité de pouvoir vaincre les maux qui nous contaminent. Le folklorisme n’est un fin placage, qui camoufle le néant. Le dogmatisme est une coulée de fonte : dur et cassant. Inflexible et indéformable, il vole cependant en éclat sous les coups. La compréhension approfondie, quant à elle, est pareille à l’acier : elle est souple mais résistante. Elle s’adapte aux environnements et aux contraintes, tout en restant résiliant. C’est ce que nous devons atteindre. C’est dans un mouvement dialectique : unification et approfondissement, et liaison avec la pratique que nous pouvons avancer.

    La bataille pour l’histoire est un de ces fronts. Elle aussi ne peut être remportée sans un travail commun, dans le but d’élaborer une histoire commune, une histoire des communistes. Nous appelons à le concrétiser, entre autres initiatives, en rassemblant les volontés les plus sincères. Nous pensons qu’il s’agit d’un des moyens d’avancer, ensemble, vers notre rassemblement, vers notre unification, notre renforcement et, ultimement, notre victoire.

    1Même si certaines peuvent l’être subjectivement.

  • Appel de l’ICOR et de l’ILPS pour la construction d’un front mondial.

    Appel de l’ICOR et de l’ILPS pour la construction d’un front mondial.

    L’ILPS et l’ICOR travaillent conjointement de longue date pour unifier le mouvement communiste international. La ligue et la coordination unissent aujourd’hui leurs forces dans la construction d’un Front Uni Anti-Impérialiste et Anti-Fasciste à l’échelle du monde entier. Ce travail d’une importance primordiale doit être soutenu. Les organisations de France -et des régions sous contrôle directe de la France- ne doivent pas et ne peuvent pas rester à l’écart de cette initiative.

    Il est possible de la soutenir en tant qu’individu en participant aux activités des Amis de l’ICOR ; en tant que groupe en s’affiliant directement au front. Pour toute information supplémentaire, il est possible de s’adresser à nous par voie de mail, ou de prendre rendez-vous avec nos militants.

    Les critères d’adhésion sont larges et le débat est ouvert au sein du front pour permettre son évolution future, mais également une décantation politique basée sur le critère premier de l’efficacité. En ces temps troublés, l’existence d’une telle structure est vital.

    L’ICOR et l’ILPS forment les deux plus grandes structures d’organisations, d’associations et de rassemblement de militants et militantes communistes au monde. Ce rapprochement et ce travail commun forment donc une rupture dans l’isolement international du mouvement communiste.

    APPEL À LA CONSTRUCTION D’UN FRONT UNI ANTI-IMPÉRIALISTE
    ET ANTI-FACISTE INTERNATIONAL

    Construisons le front uni anti-impérialiste international contre le pillage impérialiste, le terrorisme d’État, la fascisation, le fascisme, l’intervention militaire étrangère, la subversion et les guerres d’agression! Pour la libération nationale et sociale, la démocratie et le socialisme ! 

    La crise économique et financière mondiale de 2008 a servi d’agent incendiaire à la lutte pour le repartage du monde. L’impérialisme américain agressif et anti-populaire reste la puissance impérialiste la plus forte et le principal fauteur de guerre. Cependant, un monde multipolaire est apparu. 

    La concurrence inter-impérialiste s’intensifie. Toutes les puissances impérialistes poussent agressivement en avant dans la bataille pour la suprématie sur les ressources et la main-d’œuvre bon marché, les marchés, les domaines d’investissement et les sphères d’influence. Une lutte acharnée pour le repartage du monde fait rage parmi les grandes puissances impérialistes. Le danger de guerre mondiale s’accroît.

    De nouvelles puissances sont apparues tandis que d’autres régressent. C’est la loi du développement inégal. La conséquence inévitable dans les conditions de l’impérialisme est une concurrence inexorable entre les puissances impérialistes. Elles ne sont unies que dans leur exploitation et leur oppression du prolétariat et des êtres humains du monde, donc dans leur hostilité face à la lutte de libération des masses exploitées et opprimées, en particulier la classe ouvrière révolutionnaire et les partis révolutionnaires du monde.

    Dans ce contexte, il est temps de créer une force qui s’oppose à ce système impérialiste mondial de façon organisée et par son unification croissante: dans un front uni anti-impérialiste contre le pillage impérialiste, les contraintes néo-libérales, le terrorisme d’État, le racisme, la fascisation, les interventions militaires étrangères et les guerres d’agression – pour la libération nationale et sociale, la démocratie, la liberté et le socialisme ! Il est temps que le prolétariat opprimé et les peuples de ce monde, avec leurs mouvements spécifiques et nationaux, se joignent à ce mouvement planétaire, commun, croissant et tourné vers l’avenir.

    L’éclaircissement sur le caractère de l’impérialisme, la discussion des changements dans le système impérialiste mondial et le consensus, les décisions et les justes conclusions pour la stratégie et la tactique des forces démocratiques du monde sont les tâches fondamentales du front uni anti-impérialiste.

    Partout dans le monde, comme en Ukraine, en Syrie, au Yémen, au Venezuela, en Asie de l’Est et ailleurs, la bataille impérialiste pour la domination du monde est menée sur le dos des peuples. La tendance générale à la préparation impérialiste de la guerre exacerbe le danger de guerre. Elle se manifeste de plus en plus dans la montée de mouvements fascistes, dans les guerres commerciales, l’armement massif, les manœuvres militaires à grande échelle, par les provocations ciblées, les menaces d’invasion, les conflits locaux jusqu’à la confrontation directe des pays impérialistes et finalement jusqu’au danger imminent d’une IIIe guerre mondiale.

    Le front uni anti-impérialiste doit être un front uni antifasciste. Les dirigeants fascistes ou fascisants comme Trump, Erdoğan, Modi ou Bolsonaro, mais aussi le développement vers la droite des gouvernements et des partis bourgeois dans la plupart des démocraties bourgeoises ainsi que la fascisation des appareils d’État doivent être rejetés et arrêtés avec détermination et de façon combative. Cette tâche est urgente. 

    L’impérialisme c’est la réaction sur toute la ligne. Le front uni anti-impérialiste met donc à l’ordre du jour la lutte pour la préservation et l’extension des droits et libertés démocratiques. Nous visons l’anticommunisme des dirigeants qui tente de discréditer le socialisme comme alternative à l’impérialisme aux yeux des masses.

    Sous le règne du néolibéralisme et du terrorisme d’État, les ouvrières et ouvriers du monde souffrent de conditions d’exploitation et d’oppression toujours pires. Dans l’impérialisme, les forces productives révolutionnaires, malgré tous les progrès sociaux et techniques, se transforment finalement en leur contraire. Il y a des grèves quotidiennes dans tous les continents, qui sont de plus en plus liées aux luttes populaires des larges masses. Mais ces luttes sont encore en grande partie isolées, se déroulent dans le cadre national et sans l’échange suffisant d’informations et sans le soutien mutuel des révolutionnaires et des ouvriers dans le monde entier. Seule une classe ouvrière internationale unie et mobilisée, avec le prolétariat industriel moderne en son centre, peut affronter le système impérialiste mondial et devenir une force supérieure! La classe ouvrière internationale doit être l’épine dorsale et la force dirigeante du front uni anti-impérialiste.

    Le prolétariat mondial cherche et a besoin de l’alliance avec tous les peuples opprimés du monde – les paysans pauvres, peuples indigènes, femmes, jeunes, réfugiés, travailleurs migrants, minorités et tous ceux qui luttent pour la démocratie et la liberté. Les luttes de libération dans de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, les luttes de libération des peuples philippin, kurde, palestinien et autres ont un adversaire impérialiste commun: le capital financier international, et elles exercent une influence révolutionnaire et un rayonnement tourné vers l’avenir. Leurs expériences doivent être mises à la disposition de tous les exploités et opprimés du monde!

    La surexploitation de la nature accélère la transition vers une catastrophe environnementale planétaire qui met en danger les bases d’existence de l’humanité. Les ouvrières et ouvriers sont particulièrement touchés par les conditions de travail qui mettent leur santé en danger; les petits agriculteurs, les travailleurs agricoles et d’autres groupes importants de la population sont également gravement touchés par les inondations, les ouragans et les sécheresses. La lutte pour l’emploi, de meilleures conditions de travail ou des salaires plus élevés doit être combinée et coordonnée avec la lutte pour sauver l’environnement de l’économie de profit capitaliste effrénée!

    Des milliards de femmes particulièrement opprimées doivent combiner leur lutte pour l’égalité des droits, contre l’empreinte patriarcale-féodale des sociétés, pour la libération de la femme avec la lutte anti-impérialiste et le mouvement ouvrier et révolutionnaire.

    La jeunesse du monde voit son avenir menacé. Elle est souvent au premier plan   des luttes de masse. Son énergie et son dynamisme doivent être renforcés par une conscience anti-impérialiste claire et sa formation en tant que combattants inébranlables pour l’avenir.

    Nous appelons à relier la création du front uni anti-impérialiste avec un débat sur la stratégie concernant la manière dont il faut lutter pour une société libérée de l’exploitation et de l’oppression. Nous supposons que de nombreuses forces participantes considèrent le socialisme comme une alternative.

    Combattons l’impérialisme! À bas le pillage impérialiste, le terrorisme d’État, la fascisation de l’État, le fascisme, les interventions militaires étrangères, la subversion et les guerres d’agression!

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous!

    Pour la libération de l’humanité de l’exploitation et de l’oppression – pour la libération nationale et sociale, la démocratie, la liberté et le socialisme !

  • 2e appel de l’UPML / UCL aux organisations communistes

    Deuxième appel de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon aux organisations communistes présentes sur le territoire français. 

    Camarades, il y a urgence! 

    En tant que communistes, nous devons jouer un rôle dans les luttes actuelles en remettant en cause la légitimité du pouvoir actuel. Celles-ci illustrent l’exacerbation des contradictions de classe, et débouchent sur une situation explosive. Depuis la fin du XXe siècle, la bourgeoisie est à l’offensive non-stop. D’une part car elle le peut, avec le recul des organisations ouvrières, de l’autre, car elle le doit, du fait de l’exacerbation de la concurrence internationale et de la crise économique. 

    Cette accélération des attaques de la part des gouvernements successifs s’est encore accrue avec l’élection de François Hollande et celle d’Emmanuel Macron. La bourgeoisie est parvenue à obtenir des victoires significatives dans des domaines centraux: 

    Au niveau social (loi El-Khomri et loi Travail, transformation des modes de financement des caisses de cotisation et leur étranglement progressif, hausse générale du coût de la vie, baisse de l’accès aux services de base et leur privatisation et dégradation générale des services publics), dans le démantèlement des droits et libertés bourgeoises, si limités soient-ils (intégration de l’état d’urgence dans la Constitution, réduction des droits de grève et de manifester), dans la croissance constante des violences policières et dans la surveillance/le contrôle des mouvements d’opposition et des révolutionnaires. La militarisation et l’intervention agressives de l’impérialisme français agissent dans le monde entier dans un contexte de confrontation et d’hostilités grandissant faisant progresser le danger mondial de guerre. La destruction de l’environnement naturel continue d’une manière effrayante en France et dans le monde entier. Il n’est plus un secret que l’on va à grands pas vers une catastrophe pour les bases même de notre existence! Actuellement, dans de plus en plus de pays, les luttes éclatent: les masses ne veulent plus vivre comme avant! 

    Les communistes révolutionnaires seront-ils capables de montrer l’alternative communiste dans ce contexte de combats acharnés? 

    Les mouvements sociaux en France ont été forts, puissants et combatifs, mais pour l’essentiel infructueux. Ils ont cependant permis de gagner du temps, mais n’ont pas battu en brèche les projets de la bourgeoisie. Elle a dû, parfois, faire usage du 49,3, mais, dans l’ensemble, elle a gagné ses batailles. Ni les syndicats, ni les Gilets Jaunes, ni aucun mouvement social, aussi radical soit-il, n’est parvenu à pouvoir souder durablement un front synthétisant et défendant avec rigueur les intérêts des classes populaires. Cette tâche demande des outils politiques, capables de dépasser les revendications économiques et sectorielles, et d’en dégager une perspective politique. Cette tâche demande aussi une idéologie qui le permette : pas seulement un « anti-capitalisme », mais le communisme et la méthode scientifique matérialiste-dialectique. 

    Sans cela, il n’est possible que de rendre les coups, mais il n’est pas possible de construire les moyens de remporter des victoires, qu’elles soient économiques ou politiques. 

    Le soleil ne se couche pas sur le royaume de la bourgeoisie. Ou si peu. 

    Nous devons faire un bilan critique de notre travail et de notre rôle dans ces luttes. En dépit du fait que ces sept dernières années ont été le cadre d’offensives constantes, les prises de position communes, le travail commun (théorique ou de terrain) est resté embryonnaire. 

    Des obstacles compréhensibles, mais néanmoins inacceptables sur le fond, se sont constamment dressés sur le chemin du rapprochement des communistes. 

    L’hypothèse d’un travail commun, invitant largement, a été bien accueillie à la base, mais n’a pas été prise au sérieux aux sommets.

    A plusieurs reprises nous avons fait des propositions allant dans ce sens. Ces propositions ont rencontré un écho très positif des militants de la base de presque toutes les organisations avec lesquelles on a discuté. Mais en tant qu’organisations, les réactions ont été à 95 % un silence assourdissant, y compris de la part d’organisations faisant officiellement la promotion de cette démarche. 

    Nous prenons au sérieux cette question, car nous considérons que l’isolement dans lequel les organisations communistes se trouvent n’est pas tolérable. Nous nous sommes organisés, UCL et UPML, non pas pour ajouter nos groupes à la longue liste de ceux qui existent déjà, non pas pour avoir notre vérité autoproclamée, cataloguée à l’inventaire des autres, mais bel et bien pour être entendu largement

    Ce qui doit passer en premier, l’intérêt suprême des prolétaires et des masses, c’est celui de la lutte menée contre l’impérialisme – et au premier chef notre impérialisme – contre le capitalisme, contre les exploiteurs et exploiteuses tout comme contre les différentes formes d’oppressions. Cet intérêt suprême doit dépasser les intérêts particuliers de nos organisations respectives. Si nous les avons constituées, c’est comme un outil temporaire, permettant d’avancer selon un mode opératoire efficace pour construire un parti ayant vocation à devenir le parti révolutionnaire. 

    Ne devons-nous pas nous démarquer de l’anarchisme, de l’anarcho-syndicalisme et du trotskisme ? 

    Il existe des obstacles que nous comprenons parfaitement. Mais surmonter les obstacles fait partie de nos tâches les plus brûlantes ! La fondation de ces organisations s’est faite dans un creuset suffisamment large, avec des critères qui ont été progressivement et dialectiquement affinés. Ces critères se sont notamment affinés avec la progression idéologique, politique, organisationnelle et opérationnelle. Il ne suffisait pas à Lénine d’être juste sur le fond, il lui a fallu l’être également sur la forme, sur la pratique. De plus, les dirigeants comme Lénine ou Mao ont toujours posé la question de l’efficacité de l’organisation. 

    Avec notre proposition d’une Alliance des Communistes nous ne voulons pas non plus « reproduire le CNU », comme nous avons pu l’entendre. Nous ne souhaitons pas recommencer un débat théorique « hors sol ». Ce que nous proposons c’est une alliance pour l’action politique. Alliance engageant une coopération pratique dans la lutte des classes. Notre coopération engendrera nécessairement des débats qui pourront se poursuivre si on le souhaite. L’adhésion de l’UPML et de l’UCL à l’ICOR ne devrait pas être un obstacle non plus, ni l’adhésion d’autres organisations à d’autres associations ou coordinations internationales. 

    Oui, nous nous trouvons aussi devant des responsabilités internationales incontournables, vu le rôle dévastateur de l’impérialisme français dans le monde. MAIS : Toutes les objections avancées sont, à notre sens, des erreurs voire des prétextes pour rester en dehors de la construction de cette Alliance politique et pour maintenir un entre-soi « confortable ». 

    Une grande partie des questions peuvent trouver une solution dans un débat plus large et commun. 

    Nous considérons qu’il est de notre devoir de proposer à nouveau une prise de position politique commune sur le sujet de la/les lutte/s en cours et à venir. Nous considérons également qu’il est important de pouvoir apparaître ensemble dans les luttes et les manifestations pour que pèse notre engagement de forces et pour permettre de faire apparaître les mots d’ordre révolutionnaires. 

    Cela possède un caractère d’étape. Il est important que nous nous rencontrions les uns les autres. Que nous puissions nous reconnaître et nous connaître – par des rencontres bilatérales ou multilatérales. C’est une étape fondamentale pour nouer des liens, mais également pour se déterminer les uns les autres par rapport aux lignes de démarcation qui peuvent – et doivent – exister. Nos comportements sont marqués par la méfiance, par la défiance : il existe un travers terrible, dans lequel toute autre organisation communiste est considérée immédiatement comme une concurrente ou une ennemie. Il est logique que nous agissions ainsi, car, bien souvent, nous ne nous connaissons pas ! Nous reproduisons ainsi entre nous le mode de pensée bourgeois et petit bourgeois : concurrence, rivalité, prétention … 

    Ces étapes – rencontres, reconnaissance mutuelle – sont déjà, en soi, des avancées conséquentes dans l’idée de rassembler et de donner corps à un front communiste dont nous avons grand besoin. 

    À moyen terme, il est fondamental que puisse naître une coordination permanente des organisations communistes de France ou présentes en France, ainsi que dans les régions dominées par celle-ci. Cette coordination est une condition sine qua non pour pouvoir faire progresser en influence à la fois le courant communiste dans la société et chaque organisation communiste prise individuellement. Il existe certes des lignes rouges à définir, et très certainement des organisations qui, par leurs prises de position, par leur pratique, par leurs agissements, se mettront d’elles-mêmes hors de notre camp. Il existe également des organisations, qui, pour ces raisons, suscitent la réprobation générale et l’animosité. Nous pensons que, là aussi, c’est à nous de déterminer, conjointement, une base minimale correcte, et de ne pas laisser l’anticommunisme servir de juge à ces situations. 

    Nous considérons que l’unité des communistes est un enjeu de taille Cet enjeu n’est pas qu’une histoire d’addition de membres d’une organisation à une autre. Il s’agit également de franchir un bond qualitatif : construire les bases d’une riposte aux agressions de nos capitalistes, de notre impérialisme et promouvoir le socialisme-communisme. 

    Avancer sur notre travail ne dépend que de nous. Avançons pour combattre, combattons pour gagner ! 

    Dans ce sens, nous vous souhaitons une bonne année combative 2020 pendant laquelle nous avancerons vers l’unité des communistes! 

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! 

    Unite.communiste.lyon@gmail.com, unitecommuniste.com/

    contact-upml@riseup.net, upml.org

    membres de l’ICOR (Coordination internationale des Organisations et Partis Révolutionnaires), site Icor.info