Nous mettons à disposition le n°19 du journal Red Dawn, journal du MLKP-ICOR.
Nous proposons la version anglaise et nous proposerons une version française si possible.


Camarades,
Nous pensons qu’être présents et présentes à ce Newroz est une chose importante. Nous saluons toutes celles et tout ceux qui sont ici, ainsi que les organisateurs et organisatrices de l’événement.
Nous sommes souvent désemparés, en France, quand il s’agit de la solidarité internationale. Bien souvent, nous avons des difficultés à savoir comment lui donner une réalité concrète, à faire en sorte qu’elle ne soit pas faite que de déclarations, qu’elle puisse être une action réelle.
D’autant que la solidarité internationale est une chose vitale. Il n’est pas possible de séparer ce qui se passe dans l’Etat turc de ce qui se passe en France. Il n’existe pas de barrière étanche entre la situation des deux Etats. Nous formons un seul front contre les impérialismes, le capitalisme, le fascisme. Les victoires et les défaites des Kurdes et des Turcs révolutionnaires et progressistes ont une action sur notre situation politique et économique, tout comme nos victoires et nos défaites jouent sur la leur.
Lorsque nous entravons l’action de notre impérialisme, qui soutien le régime fasciste d’Erdogan, nous continuons à aider la victoire. Lorsque la classe ouvrière au sein de l’Etat turc mène la lutte contre le capitalisme et le fascisme, elle contribue à affaiblir notre impérialisme.
Tout comme il n’existe pas de barrière étanche entre les secteurs politiques et économiques, il n’en existe pas entre les moyens de répression. Les méthodes du gouvernement de l’Etat turc, employées aujourd’hui, ne sont pas un particularisme de cet Etat. Au fur et à mesure des années, nous voyons des méthodes similaires arriver en France.
Plus la situation se dégrade, plus la bourgeoisie fait appel à des méthodes qui évoquent celles de l’Etat turc. Dans quelques années, il n’est pas exclu -il n’est pas possible d’exclure !- le fait que notre gouvernement ou le prochain emploient recourent aux mêmes pratiques que celles d’Erdogan. C’est pour cela que nous devons nous battre. Et chaque coup porté affaiblit le système impérialiste dans son ensemble, tout en renforçant le camp du peuple.
En tant que membre de l’ICOR, nous sommes engagés dans le soutien d’actions concrètes, notamment celles qui ont été entreprises pour la construction d’hôpitaux à Kobâné. Nous pensons que cet exemple de solidarité est fondamental. Nous appelons chaque organisation de France à trouver, elles aussi, les moyens de pratiquer une aide matérielle.
Nous pensons également que les mobilisations politiques sont importantes et jouent un rôle. C’est pour cette raison que nous appelons -conjointement avec nos camarades de l’UPML- à un cortège révolutionnaire et internationaliste pour le premier mai, à Lyon. Quelque soient les différences idéologiques, nous appelons à ce que les organisations se retrouvant dans ces deux mots d’ordre -Révolution et internationalisme- rejoignent ce cortège.
Nous saluons la lutte des camarades Kurdes et Turcs, révolutionnaires et progressistes. Nous saluons leur courage.
Le 20 mars, à 19h30, jour de Newroz, le Conseil Démocratique Kurde en France appelle à une marche aux flambeaux à partir de la place Bellecour. Le centre culturel Mésopotamie, Partizan et l’Unité Communiste de Lyon se rallient à cet appel.

Longtemps interdit par les autorités du régime fasciste turc, le Newroz est une composante de l’identité kurde ; en le célébrant, les kurdes affirment qu’ils existent, peu importe ce qu’en pense Erdogan ou les autres oppresseur du peuple Kurde.
Depuis 4 mois, les grévistes de la faim tentent d’interpeller les gouvernements d’Europe sur la situation terrible en Turquie.
Parmi eux, des centaines de prisonniers politiques ainsi que la députée Leyla Güven qui a dépassé les 126 jours. A Strasbourg, 14 kurdes sont également engagé-e-s dans ce mouvement devant le Parlement Européen, la vie d’un certain nombre d’entre eux est aujourd’hui gravement en danger, il en est de même pour celle de Mme Leyla Güven. Un des grévistes est décédé d’inanition à la suite de cette grève mortelle.
Ces femmes et hommes demandent la fin de l’isolement du leader kurde Abdullah Öcalan et la libération de tous les prisonniers politiques. Le régime d’isolement auquel est soumis M. Öcalan est contraire aux conventions internationales régissant le respect des conditions d’incarcération des détenu-e-s. La Turquie doit respecter ce droit comme elle doit respecter les droits du peuple kurde à faire valoir son identité, sa culture et ses choix politiques. La solidarité active et concrète avec le peuple kurde passe également par le fait de dénoncer les politiques hypocrites des pays d’Europe, qui parlent sans cesse de liberté, mais commercent avec les pires dictatures du monde.
La Turquie n’est pas exempte de respecter les principes fondamentaux de la démocratie, des droits des minorités, de la liberté d’expression individuelle et collective. Les militants et militantes révolutionnaires et progressistes Kurdes, en Turquie, en Syrie et ailleurs, luttent non pas pour imposer une nouvelle oppression nationale, mais pour travailler à la libération et l’émancipation générale des populations.
Les Kurdes et leurs alliés internationaux au sein des Forces Démocratiques Syriennes, ont anéanti l’hydre fasciste Daesh. Aujourd’hui, ils sont abandonnés face à l’ogre fasciste Erdogan, sacrifiés pour des enjeux géostratégiques et économiques.

Marchons pour le Newroz, marchons pour la liberté des peuples !
En Turquie, Erdogan est en position de force. La position géostratégique de la Turquie fait que l’État turc est très courtisé. Les impérialistes américains, français, allemands, mais également russes et chinois rêvent de s’attirer les bonnes grâces d’Ankara, pour en faire une tête de pont au Moyen-Orient. Pour obtenir cette position, les grandes puissances sont prêtent à tout concéder à Erdogan. Qu’importent, alors, la question des droits démocratiques, qu’importent les agressions militaires, qu’importent les libertés des peuples de Turquie ou des régions contrôlées militairement par celle-ci !
Erdogan et son parti fasciste, l’AKP, prétendent faire de la Turquie une grande puissance impérialiste, ils prétendent restaurer l’Empire Ottoman, et cherchent à rallier la population autour de ce projet illusoire. Toute aspiration à la liberté, à la démocratie, est présentée comme une entrave à la grandeur turque, et est réprimé dans le sang.
Mais derrière les beaux discours, et les promesses de grandeur, Erdogan et l’AKP ne font qu’enchaîner les peuples de l’État turc. Loin d’une restauration impériale, le régime se vend au plus offrant, il est un agent exécuteur, un laquais, un larbin de l’impérialisme ; il vend la force de travail de son État aux entreprises étrangères, comme Renault, qui engrange des profits immenses en surexploitant des peuples réduits en esclavage.
Erdogan vend des projets de Grande Turquie, mais il ne la voue qu’à être une prison des peuples, qu’a être un camp de concentration à ciel ouvert. Ses rêves de grandeur ne font que creuser sa tombe. Les Hitler et Mussolini ne sont que de passage, mais les peuples restent, et finissent toujours par gagner.
Nous, militants et militantes progressistes et révolutionnaires, nous le clamons : les fascistes n’ont jamais été le camp du peuple. Ils ont toujours agi pour l’intérêt exclusif des cartels et des grands monopoles. Ils se disent pour le peuple, mais ne font que le livrer pieds et poing liés, muselé, à ses exploiteurs.
Nous sommes pour libérer les masses populaires de Turquie, du Kurdistan, de France, de l’exploitation et de l’oppression. Aucun peuple n’est notre ennemi, aucun n’est une menace pour l’autre. Ce sont nos bourreaux, nos exploiteurs, qui nous dressent les uns contre les autres, qui nous divisent et qui instillent les haines.
Signataires : Centre Culturel Mésopotamie ; Partizan ; Unité Communiste de Lyon


Ce communiqué à été écrit dans le cadre d’un comité de soutien au Rojava à Lyon, auquel participe plusieurs organisations progressistes et révolutionnaires. Il a été diffusé en tract au cours d’un rassemblement de soutien au combat de la politicienne Kurde Leyla Güven à Lyon, le vendredi 25 Janvier 2019.
La défaite de l’organisation fasciste obscurantiste Daesh est presque consommée, grâce notamment à la lutte héroïque des combattants et combattantes des YPG, YPJ, et de toutes les autres forces unies au sein des Forces Démocratiques Syriennes. La paix n’est cependant pas à l’ordre du jour, le régime fasciste turc ayant affirmé sa volonté de lancer une offensive meurtrière sur le Rojava, avec la bénédiction du gouvernement américain. Ne nous y trompons pas, le départ des forces américaine s’inscrit dans une stratégie plus globale de domination du Proche Orient. L’état Turc écrasera les peuples au nord de la Syrie, offrant une marge de manoeuvre pour leurs opérations futures des Impérialistes.
Si les États-Unis opèrent un retrait tactique, ce n’est que pour pousser leurs alliés (français et allemands notamment) à avancer. Le conflit a atteint un degré nouveau, qui se traduit par un changement du mode opératoire. Les affrontements par milices interposées, permis par une exacerbation des conflits au sein du peuple (ethniques, religieux, entre hommes et femmes…), sont dépassés. Maintenant, les grandes puissances impérialistes se préparent à intervenir directement avec leurs forces armées. Chacun se prépare, veut sa sphère d’influence, veut écraser, diviser, dominer, et c’est pour cette raison que le projet révolutionnaire au Kurdistan Syrien (Rojava) représente un obstacle.
Le Rojava est l’épine dans le pied des impérialistes, l’épine qui , à terme, va détruire leur projet de division, et de domination. Le projet mis en place au Rojava par le mouvement de libération Kurde permet aujourd’hui la cohabitation de tous les peuples, sans distinctions d’ethnies, de religions, de genres, ou de sexualités. Un danger réel, quand on sait que ces différences ont permis depuis toujours aux impérialistes de dominer le Proche-Orient.
C’est notamment pour cette raison que le leader Öcalan est aujourd’hui incarcéré en isolement total par l’État turc, avec la bénédiction des puissances occidentales. Un isolement qui en dit long sur les intentions de ces grandes puissances ; toutes les interventions publiques auxquelles Abdullah Öcalan a eu droit ont en effet été vectrices d’apaisement dans la région. Une grève de la faim, soutenue dans plusieurs villes d’Europe, a lieu en ce moment même, pour exiger le droit à la parole pour le dirigeant kurde. Certains participant-e-s à cette grève, notamment Leyla Güven, sont dans un état de santé critique après deux mois de désobéissance civile. Leur lutte pour le droits des prisonniers politiques en Turquie ne doit pas être laissé sous silence !

Le 12 décembre, l’État fasciste turc avec le gouvernement Erdoğan à la tête a annoncé une nouvelle invasion militaire contre la région autonome de la Syrie du Nord. Les attaques prévues sont extrêmement étendues, à savoir sur une longueur de 500 km. Entre-temps, le camp de réfugiés de Mexmur et la zone des Kurdes Yézidi à Sengal ont été bombardés, faisant plusieurs morts et blessés. L’une des raisons principales est l’objectif déclaré d’anéantir la zone libérée du Rojava/Fédération démocratique du nord et de l’est de la Syrie, où vivent ensemble différents groupes ethniques sous un régime d’autonomie.
Depuis le début, l’ICOR se tient aux côtés de la lutte de libération du peuple kurde. Et ceci dans l’unité de la parole et de l’action, comme dans la construction de la « Clinique ICOR » à Kobanê et son aménagement écologique ; dans d’innombrables manifestations et à l’échelle mondiale lors de la dernière Journée de solidarité avec Afrine en mars 2018. Elle suit le principe : Aucune lutte de libération ne doit se trouver seule et isolée !
Concernant l’attaque contre Afrine, l’ICOR avait écrit : « La coopération et la coordination mondiales des luttes pour la paix, la liberté, le socialisme dans la préparation de la révolution socialiste internationale est à l’ordre du jour. Toute lutte progressiste doit faire partie de la lutte anti-impérialiste mondiale et de la construction d’un front uni anti-impérialiste. »
La construction démocratique au Rojava/Syrie du Nord représente la lutte réussie contre l’État islamique, pour la démocratie et la liberté, les droits de la femme, la protection de l’environnement, le respect de toutes les ethnies et religions. Elle encourage les combattants pour la liberté dans le monde entier. Inversement, la solidarité internationale est marquée par la solidarité inébranlable et inclut la lutte de libération kurde dans la lutte mondiale contre l’impérialisme. L’ICOR a développé sa solidarité pratique avec la « Clinique ICOR ». La 8e brigade de l’ICOR vient de terminer son travail et a mis en place un système photovoltaïque solide à la maternité. Il renforce le travail de la clinique avec la puissance du soleil – pratiquement et comme symbole de l’énergie de la révolution du Rojava. Ce qui est déterminant pour cette révolution est le fait que les forces de l’autogestion du Rojava se fient avant tout aux propres forces des ethnies au Rojava et à la force de la lutte de libération kurde. Cette position a mobilisé le soutien à l’échelle mondiale. Le caractère anti-impérialiste est une épine dans le pied d’Erdoğan, des États-Unis et de toutes les forces impérialistes concurrentes. Car en Syrie, diverses puissances se battent pour la division de la sphère d’influence. Ainsi, la Turquie diffame les combattants kurdes de l’YPG en les qualifiant de terroristes. C’est une dérision qu’Erdoğan semble faire preuve de solidarité avec le peuple palestinien, mais attaque brutalement le peuple kurde.
Avec le retrait des troupes américaines du Nord de la Syrie Trump joue, de concert avec Erdoğan, un sale jeu froid et dangereux qui vise à liquider la lutte de libération kurde. Les forces kurdes SDF, YPG et YPJ n’avaient jamais l’illusion que l’armée américaine serait une force de protection. Le projet A des États-Unis de renverser le régime Assad et de refouler l’impérialisme iranien et russe, a échoué. Maintenant Trump joue au niveau tactique de nouveau la carte d’Erdoğan dans le cadre de l’OTAN. Cette manœuvre se heurte à une opposition massive même dans ses milieux gouvernementaux. Le ministre de Défense Mattis et l’envoyé spécial pour la Syrie ont tout de suite démissionné. L’armée américaine déclare que l’objectif de vaincre Daech en Syrie est obtenu. C’est un mensonge en toute conscience de cause. Il y a encore 3 000 fascistes armés de Daech à Hajin en Syrie, d’autres 20 000 se trouvent du côté irakien de la frontière. Environ 3 000 fascistes de Daech sont prisonniers de l’administration autonome syrienne. Une attaque de la part de la Turquie présente un danger aigu pour le Rojava démocratiquement autonome et pour un nouveau renforcement de Daech. La « coalition anti-Daech » impérialiste révèle ici son vrai visage hostile aux peuples.
* Arrêt immédiat de toute agression de l’État fasciste turc et de toutes les puissances impérialistes et régionales !
* Lutte contre la coopération réactionnaire des différents gouvernements tels que l’Allemagne, les États-Unis et d’autres avec le gouvernement fasciste turc.
* Solidarité avec la région d’autonomie démocratique de la Syrie du Nord, avec la lutte pour la liberté kurde et palestinienne !
* Construction d’un front international de résistance anti-fasciste et anti-impérialiste contre le fascisme et la guerre à l’échelle mondiale !
* En avant avec la construction de l’ICOR !
* Renforcez la voix kurde dans l’ICOR !
* En avant, préparons la révolution socialiste internationale !
Signataires (en date du 03/01/2019, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

La politique de disparition en garde à vue, visant à créer une société réduite au silence en instillant la peur la plus féroce, a été largement pratiquée en tant que politique d’État par l’Etat Turc après le coup de la junte fasciste militaire du 12 Septembre 1980. Pendant de nombreuses années, des centaines de personnes ont disparu pendant ces gardes à vue.
La lutte pour la justice et la vérité pour le peuple et l’organisation des “Mères du Samedi” entreront le 25 août 2018 dans leur 700e semaine de leur existence. La terreur d’État a condamné ces personnes à vivre dans les limbes, entre l’existence et la non-existence, la mort et la vie.
Les proches des défunts, des disparus et les défenseurs des droits de l’homme qui les soutiennent exigent :
Le 27 mai 1995 ce mouvement a débuté devant le lycée de Galatasaray, ses participants ont commencé leur quête de justice par un sit-in silencieux. Cette place est toujours habitée par les ombres des morts comme par l’espoir de la survie. Elle est devenue le lieu de mémoire de la lutte et de la volonté de justice. Devant ce lycée, avec persévérance et conviction, chaque samedi depuis 28 ans, malgré la neige ; la pluie ; le froid ; la chaleur ; les cordons de police et leurs matraques ; malgré qu’ils soient traînés par les cheveux dans la boue ; détenus à plusieurs reprises ; les proches ne cèdent pas. Malgré leur âge, malgré le temps, toujours avec un oeillet dans la main et dans l’autre les photos des visages juvéniles des disparus. Ce 25 août, ils seront là pour la 700 ème fois.
La résistance courageuse de quatre générations commence à être connue du monde entier, malgré la pression des gouvernements successifs. Le temps écoulé fait comprendre que les disparus ne reviendront pas, mais les familles réclament leurs dépouilles mortelles, pour faire leur deuil, pour qu’ils aient une sépulture décente, pour qu’ils puissent se recueillir. “Si toutes les mères se réunissaient, aucune ne pleurerait et personne ne mourrait.” Berfo ana, Kiraz ana, Guzel ana et toutes les autres mères qui nous ont quitté resteront un symbole. Le drapeau de leur lutte continuera de flotter.
cette résistance honorable a commencé à être en mesure d’annoncer au monde entier, toute la pression, en dépit de quatre générations en cours; Le temps écoulé fait comprendre que les morts ne reviendront pas mais les familles ont besoin des ossements de leurs proches pour en faire le deuil, et qu’un lieu personnel leur permette de se recueillir. « Si toutes les mères se réunissaient aucune mère ne pleurerait et personne ne mourrait » Berfo ana, Kiraz ana, Guzel ana, et toutes les autres mères, qui nous ont quittées restent un symbole et le drapeau de la lutte qu’elles portaient continuera de flotter.
Nous avons été assassiné parce que nous sommes des Kurdes, parfois des Alévis, parfois des Arméniens, parfois des Laz, parfois des Circassiens. Mais nous sommes massacrés et assassinés avant tout parce que nous refusons d’être des personnes soumises, obéissantes, silencieuses, parce que nous sommes des opposants. Nous ne devons pas oublier. S’habituer à l’injustice est aussi affreux que de produire une injustice. Aujourd’hui l’Etat fasciste turc ne connaît pas de limites dans la répression qu’il inflige à la population. Les actions des “Mères du Samedi” sont un élément très important dans le rejet de ces politiques, lesquelles visent à imposer une société uniforme, obéissante et soumise.
En tant que nouvelles femmes, nous continuerons à être leur voix en Europe durant la 700ème semaine de cette résistance honorable. Nous invitons tous ceux et celles qui vivent et luttent pour une vie digne et humaine, en particulier les femmes, à participer aux manifestations dans toutes les régions d’Europe, le samedi 25 Août.

USA, Angleterre, France d’un côté, Russie de l’autre, se font face. Chacun se menace de missiles, chacun se jauge, chacun se scrute. Dernièrement, le ton s’est haussé entre les différentes puissances militaires. Les USA et la coalition occidentale ont, en effet, annoncé leur intention de procéder à une action militaire dans le but de riposter à une attaque chimique présumée de la part du gouvernement Syrien contre les opposants au régime. L’intervention directe prendra probablement la forme de tirs massifs de missiles de croisières « beaux, nouveaux et intelligents » -dixit Trump.
La Russie, de son côté, a annoncé son intention de stopper ces missiles à l’aide de ses nouveaux systèmes d’armes, les S-400, déployés autour de ses bases. Pour les uns comme pour les autres, les muscles se gonflent. Pour les uns comme pour les autres, la guerre de Syrie est l’occasion de pratiquer un test grandeur nature des systèmes militaires de pointe, tant pour séduire une clientèle que pour marquer de stupeur les forces adverses. L’addition est payée, au final, en sang syrien.
La Syrie est, pour le grand malheur des peuples qui l’habitent, un enjeu géopolitique sans cesse plus important pour les puissances impérialistes. Point d’achoppement, point de fixation, point de confrontation, la Syrie est un espace courtisé, et cette cour ne se fait pas que dans la douceur et la tendresse.
D’un côté par la Russie, qui cherche à s’affranchir du barrage formé par le détroit du Bosphore, sous contrôle Turc, pays membre de l’OTAN. Celle-ci s’élance vers les mers chaudes, vers les mers libres, vers l’accès à l’océan mondial.
De l’autre, une coalition tactique des Etats occidentaux, qui voient, chacun, dans la montée en puissance de la Russie une menace. Une nouvelle fois, un cercle d’acier est bâti autour de celle-ci, dans le but de la contenir, de l’étouffer, de l’étrangler. C’est dans la mise en place de cet étau que se trouve la raison fondamentale du soutien de la part de l’occident aux rebelles, y compris fascistes.
Disons le clairement, le plan de déstabilisation du régime en place, son remplacement par une clique au service des intérêts de l’occident -ou au moins anti-russe- a échoué complètement. Il a fait long feu. Cette permutation qui devait s’opérer, surfant sur les mobilisations de 2011, s’est muée en une impitoyable guerre civile.
Cette guerre civile a connu différentes phases, différents retournements d’alliances. D’affrontement binaire entre pro et anti Bachar Al-Assad, elle est devenue un billard à quatre bande, avec l’entrée fracassante de l’Etat Islamique d’un côté, de l’autre, l’irruption des Forces Démocratiques Syriennes. Les puissances régionales, Iran, Israël, Arabie Saoudite, Turquie, ont chacune joué leurs cartes, dans l’espoir de pouvoir sortir renforcé de l’affrontement, dans l’espoir de gains, territoriaux, politiques, ou dans l’espoir d’affaiblir les concurrents et les adversaires. La Turquie en a d’ailleurs profité pour porter sa guerre génocidaire hors de ses frontières, et pourchasser les combattants et combattantes de la Liberté au Rojava.
Cette guerre touche à sa fin. Les forces soutenues par l’occident et l’Etat Islamique sont en lambeaux. La Turquie et la Russie ont trouvé un modus vivendi sur le dos des révolutionnaires Kurdes. Mais l’enjeu est bien trop important pour être réglé si simplement. L’occident ne veut pas perdre les têtes de pont payées si chèrement. Alors l’escalade reprend, avec l’idée, cette fois, d’une intervention directe de la part des forces militaires occidentales en Syrie. Un acte qui entrainerait inévitablement une escalade militaire accrue, laquelle pourrait potentiellement dégénérer.
La coalition occidentale semble vouloir prendre cette voie. Une voie qui serait pavée de sang. Elle est applaudie par certains « démocrates » qui sont en réalité des bellicistes maquillés. De l’autre côté, certains, certaines, fantasment. Fantasment sur la figure de Poutine, fantasment sur l’entrée en lice d’une prétendue « flotte chinoise », rêvassent sur une guerre de l’Eurasie contre l’occident. Nourries à coup de publications de Russia Today ou de Sputnik, ces rêveries n’en sont pas moins des tromperies.
Tromperies sur la nature politique de la Chine et de la Russie actuelle, tromperie envers les engagements et les discours sur le rôle de la Russie dans la guerre en Syrie et dans le conflit entre les Kurdes d’Afrîne et la Turquie.
Nous ne voulons pas de guerre, nous exécrons la guerre impérialiste, cette guerre de rapine, cette guerre pour l’or, cette guerre qui est payée du sang des masses populaires. Cette guerre est une lutte entre alliances impérialistes pour un nouveau partage du monde. Elle est une guerre de bourgeois contre d’autres bourgeois, tandis que les massent paient le prix fort. Dans ce conflit, la force porteuse d’escalade et d’aggravation est l’occident, non la Russie, en effet, mais nous ne nous cachons pas derrière cela pour soutenir en sous-main la présence militaire de la Russie et le régime Syrien.
A nos yeux, la seule solution viable, qu’il est possible de soutenir positivement, est celle du projet des Forces Démocratiques Syriennes : Une Syrie démocratique, dans laquelle le droit et les aspirations des peuples comme des masses populaires qui les constituent sont respectés.

Après une longue période de stagnation, en face d’une résistance héroïque, les troupes turques et leurs supplétifs -mercenaires, assassins et djihadistes- sont parvenus à percer. Afrîne vit désormais un état de siège. La ville est le refuge de milliers de civils, fuyant les bombardements, les chars, les meurtriers de la seconde armée de l’OTAN.
Les YPG / YPJ et leurs alliés, ainsi que les volontaires des bataillons internationaux, tiennent leur rôle jusqu’au bout. Mais l’impitoyable machine mathématique ne laisse guère entrevoir d’espoir : que peuvent 15 000 combattants et combattantes des armées populaires, encerclées, contre les bombardiers, les chasseurs, les blindés, l’artillerie lourde, les gaz de combat ?
Les Forces Démocratiques Syriennes et le peuple Kurde ont été trahies !
Par l’occident, dont la France, qui les ont encensés lors de leurs combats contre Daesh -allié objectif de la Turquie. Hier, les portraits des combattants et des combattants kurdes étaient dans tous les magazines, dans tous les journaux. Aujourd’hui, pour satisfaire les ambitions de l’ami Erdogan, l’occident livre sans sourciller les kurdes à leur bourreaux.
Par la Russie et par Damas. La promesse d’une aide, extorquée en échange d’un renoncement à l’indépendance du Rojava (Le Kurdistan Syrien) ne s’est pas concrétisée par le moindre acte réel. Soucieux de plaire au maître d’Ankara, Poutine accepte de céder une partie de la Syrie, en échange d’une plus grande proximité géopolitique avec le pays vacillant qu’est l’Etat Turc.
Ces actes illustrent un fait essentiel, crucial : les grandes puissances géopolitiques ne considèrent leurs alliés que comme des pions, comme des mouchoirs jetables, comme des agents qu’elles utilisent puis abandonnent. Les « démocraties » regardent sans mot dire le massacre qui se prépare.
Pour des enjeux géopolitiques ou économiques, on laisse l’armée Turque massacrer. Dans cette affaire, notre impérialisme, celui de la France, n’est pas neutre, il soutient activement Erdogan, par des partenariats économiques, par l’exploitation conjointe des masses populaires turques, par un soutien politique sans faille.
L’Etat français impose le silence. Les médias sont muets. Afrîne meurt dans l’obscurité d’une nuit sans fin.
L’Unité Communiste de Lyon, membre des Amis de l’ICOR en France, appelle à la solidarité concrète avec le peuple Kurde, avec ses organisations de combat et ses alliés. L’ICOR est la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires, rassemblant 49 partis et organisations sur 4 continents. Fin 2014 l’ICOR a conclu un pacte de solidarité avec la lutte de libération kurde. Nous appelons à le concrétiser !
Nous appelons à soutenir financièrement et politiquement les campagnes de solidarité envers les forces combattantes, mais également en faveur de la reconstruction du Rojava encore libre. La Campagne de Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava, dans le but de fournir une assistance médicale aux forces combattant contre la réaction, l’impérialisme et le fascisme.
Le 21 mars -nouvel an Kurde ou Newroz– l’ICOR appelle à une journée de mobilisation en solidarité avec le peuple Kurde. L’Unité Communiste de Lyon appelle les organisations et les individus qui désirent participer à ce mouvement de solidarité, à le renforcer, à le développer, à nous contacter pour donner à cet événement l’ampleur qu’il mérite.
Ce 21 mars doit être une démonstration de force et de solidarité envers nos camarades qui luttent et tombent pour la Liberté, pour l’Egalité, pour la Révolution !
Aujourd’hui, l’Unité Communiste de Lyon appelle à participer à la manifestation de solidarité, à 15 h 00, place Bellecour. Soyons nombreux et nombreuses à répondre à cet appel !
Par notre engagement et notre solidarité, nous contribuons à défaire les menées des impérialistes et de leurs agents fascistes et réactionnaires.
Vive la lutte internationale des peuples ! Vive la lutte anti-impérialiste !

Parti de Tunisie en 2011, le « printemps Arabe » s’est répandu comme une traînée de poudre à travers le proche et le Moyen-Orient. Ce mouvement s’est finalement heurté à deux types de régimes.
Des régimes fantoches, comme celui de Ben Ali et de Moubarak, l’un et l’autre étant des marionnettes sans grand soutien populaire, rapidement tombés de leurs piédestaux.
Des régimes autoritaires, mais disposant d’une assises sociale ou clanique, dans lesquels les tentatives de coups de force ont fait long feu et se sont transformés dans leurs nature, du fait de l’intrusion étrangère, pour devenir des leviers d’un bouleversement géopolitique.
Les deux cas de figure dans lesquels la situation s’est éternisée sont la Lybie et la Syrie. Dans les deux cas, les Russes avaient des intérêts forts dans le secteur.
En 2011, il ne fait pas de doute que Nicolas Sarkozy n’a pas oublié l’incartade avec Poutine, pourtant jugé encore faible. Cela joue probablement un rôle dans le fait que la France soit en tête d’opérations visant à soutenir les rebelles anti-Kadhafi en Libye. Kadhafi, accueilli en grande pompe en France en 2007, comme un ami par le président français, est vu comme un ennemi mortel en 2011. Celui qui servait de barrière anti-migrant a commis le crime de lèse-majesté d’octroyer une base navale aux Russes à Benghazi. Surfant alors sur le printemps Arabe, les Français, soutenus par les USA -et non l’inverse !- font tomber son régime, pour le remplacer par le chaos.

Fait intéressant, l’Italie et l’Allemagne s’opposent ou s’abstiennent lors des votes à l’ONU concernant ces sujets. L’Allemagne était alors engagée dans la construction du projet de pipeline sous-marin Nord Stream 1, dont l’administrateur n’était autre de l’ancien chancelier Gerhard Schroeder. Celui-ci devait permettre de contourner les Etats Baltes et la Pologne [ainsi que le Belarus, au grand dam de celui-ci] pour délivrer le précieux gaz, provenant de Bakou II, à l’Europe occidentale. 2011, d’autre part, c’est l’accident du Fukushima, à la suite duquel l’Allemagne stoppe ses centrales nucléaires, augmentant d’autant sa dépendance énergétique. Ce projet à fini par capoter à la suite de questions de découpage des fonds marins, mais a été remplacé par un second projet, lequel n’est pas concerné par les sanctions contre la Russie.

L’Italie, quant à elle, était en discussion sur la construction d’un autre pipeline, South Stream, permettant, quant à lui, de contourner l’Ukraine, la Turquie, la Roumanie. Ce projet, en concurrence avec celui des USA, nommé Nabucco, aurait arrosé directement la Bulgarie, la Serbie, puis l’Italie. Celui-ci a été abandonné le 1er Décembre 2014, d’une part du fait des entraves mises en place par l’UE, de l’autre comme mesure de rétorsion de la part de la Russie, qui a diminué l’approvisionnement en gaz de l’Europe.
A Lattaquié, l’armée Russe a pris ses quartiers, construisant une base aérienne, à quelques pas à peine de la frontière avec la Turquie. A Tartous, le long de la mer méditerranée, ils avaient installé une base navale. Celle-ci est essentielle à la stratégie Russe de débordement du cercle de fer qui l’entoure.
La Syrie était une cliente de longue date de la Russie et la France. La première pour des liens géopolitiques datant de l’époque de l’URSS, la seconde pour le mandat donné par la S.D.N. après la Première Guerre mondiale.
La France s’est toujours prévalue d’être la protectrice tutélaire des Chrétiens d’Orient, ce qui lui octroyait un informel mais très concret droit de regard sur les affaires au Levant. Les liens de clientèle avec le Liban et avec la Syrie ont néanmoins perduré, sous des formes également mafieuses.
La concurrence de la part de la Russie a, en revanche, toujours été regardée comme une intrusion malvenue. L’accroissement de cette présence a joué un rôle certain dans l’appui de notre Etat à l’opposition contre Bachar Al-Assad. Comme en Côte d’Ivoire, la France, déçue par son laquais, choisit d’en placer un autre. Gbagbo contre Ouattara, Bachar Al-Assad contre l’ASL. A cette plaie s’est surajouté, comme une surinfection, la question de la base Russe, qui aiguillonne tous les acteurs géopolitiques. Avec la question Turque, la question Kurde, la question confessionnelle et la présence d’un Etat en faillite, l’Irak, la région est un bocal de nitroglycérine.
Au lieu d’une permutation propre et nette, l’affaire a cafouillé dans les grandes largeurs. Depuis 2011, la Syrie s’enfonce dans le chaos, dans un billard à quatre bandes, entre Loyalistes, ASL, Forces Démocratiques Syriennes, que nous soutenons au travers, notamment, de la participation à la campagne sur le Bataillons International] et Etat Islamique.
Le passage d’une contestation pacifique et basée sur des revendications démocratique a un guerre civile est délicat à retranscrire. Les responsabilités sont floues et confuses. Il ne fait pas de doute que le régime a cherché à étouffer la contestation, cependant la présence d’agents provocateurs hostiles au régime, tirant aveuglément dans la foule, est attestée par plusieurs témoins.
D’une manière générale, cette brochure n’a pas vocation à trancher cette épineuse question. Toujours est-il qu’un soutien logistique et des moyens technologiques ont été fournis aux rebelles, leur permettant de se montrer particulièrement efficaces contre l’armée loyaliste.
La Russie a fait de même de son côté, le 15 septembre 2015, Vladimir Poutine déclare « Nous soutenons le gouvernement de Syrie. Nous fournissons, et nous continuerons à [lui] fournir aide et assistance technique et militaire ». Mais là où elle a réussit à œuvrer particulièrement intelligemment, c’est dans le fait de saisir la balle au bond. L’irruption du terrorisme de l’Etat Islamique en France et en occident ont permis de transgresser les barrières de l’engagement militaire.
Si l’occident est resté d ans une politique du drone strike et des opérations limitées, la Russie a fait preuve d’un investissement très important dans le conflit. Surtout, elle l’a fait de manière efficace. Au lieu d’actions sporadiques, elle a utilisé ses troupes en appui tactique des forces loyalistes. A partir du 30 septembre 2015, celle-ci ne reculent plus.
Les pertes sont modiques (26 hommes, deux hélicoptères et un bombardier détruit par la Turquie) alors que les résultats sont immenses. Deux effets sont notables : le premier est une démonstration de force et de capacité d’intervention qui stupéfie les observateurs. La Russie use, parfois sans grand discernement, de ses armes de pointe. Dès le premier jour, elle met en scène un lancer de missiles 3M-54 Kalibr, dont nous avons parlé plus tôt. Cela ne se justifie pas techniquement, pas plus que l’emploi de Tu-22M pour bombarder au jugé. Mais l’occasion est trop belle pour ne pas tenter d’en étal.
La seconde est politique : elle dore un blason fort terni. Les campistes se pâment et portent aux nues la moindre avancée comme si elle était le fait de l’Armée Rouge ; les fascistes saluent Poutine et Bachar comme des remparts à l’Islamisme ; la droite fait de même. Finalement, seul le PS, les trotskistes et certains anarchistes restent solidaires de l’ASL. Le camp pro-occidental s’étiole.
Dans un sens, la guerre de Syrie est une nouvelle guerre d’Espagne, d’un point de vue géopolitique. Chaque camp s’y jauge, jauge ses adversaire, fait preuve se sa capacité opérationnelle à soutenir telle ou telle force. La différence est que le camp du progrès, incarné par les FDS, est nettement moins puissant et nettement moins soutenu.
Ce conflit est l’occasion d’une rencontre entre deux acteurs géopolitiques opposés.
La Turquie soutient l’ASL et, en sous-main, fourni une assistance à l’Etat Islamique. Son objectif stratégique est de conquérir le nord de la Syrie, de rafler les régions riches de ce secteur et de détruire les bases arrières de la guérilla du PKK. Elle a donc des visées antagoniques à celles de la Russie, sur la question de l’intégrité territoriale de la Syrie, mais également vis-à-vis de ses alliés de l’OTAN, qui soutiennent de manière croissante la très efficace armée des FDS, notamment l’YPG. Le brouillard de guerre est total.
Le 24 novembre 2015, la Turquie abat un Su-24M Russe, qui avait franchi son espace aérien. Un pilote est tué. Un froid s’installe, avec des sanctions prises. Elle met un an a se dénouer.
Son dénouement, en revanche, est incroyable. La Russie et la Turquie se rapprochent et concluent un accord. Cela permet de terminer la bataille d’Alep-est, la Turquie donnant l’ordre à l’ASL de se retirer et de remonter frapper les arrières des forces Kurdes. Elle illustre une capacité de la Russie à pouvoir trouver des modus vivendi entre forces antagoniques, au prix de la vie des progressistes sincères.
Aujourd’hui, ce conflit est en passe de se régler. l’EI est en déroute. Le temps du partage, pour la Russie, est venu. Elle a proposé aux YPG et aux combattants du Rojava de réintégrer la Syrie et de se mettre sous sa protection, en échange de la perte de l’indépendance. Face au refus de ceux-ci, elle se contente de regarder la Turquie tenter d’écraser la poche d’Afrin.
Le régime d’Erdogan, pourtant membre de l’OTAN, vacille sur son alignement. C’est un signe. Erdogan flaire que son engagement au côté de l’UE est un jeu de dupe. Malgré ces liens économiques avec l’Allemagne, malgré que l’Europe le soutienne, l’entrée dans l’Union se heurte à une fin de non recevoir constante. Il est l’allié gênant, le larbin faisant le sale boulot, tandis que ses maîtres gardent les mains propres. Persona non grata en occident, il s’ouvre au chant des sirènes moscovites.
Le 21 novembre 2016, nous écrivions dans La Turquie fait les yeux doux à l’organisation de Shanghai : « Cherchant sa place dans un échiquier géopolitique au sein duquel elle voudrait exister en tant que puissance régionale, pas seulement en tant que zone d’opération, logiquement, elle monnaie.
Elle a monnayé sa politique sur les migrants auprès de l’UE, acceptant subsides et investissements, mais n’obtenant pas ce qu’elle souhaite, une reprise des discussion sur son adhésion. Critiqué -mais pas condamné- par l’Union Européenne et l’ONU à la suite de la vague de répression qui s’est abattue sur le pays depuis Juillet, ciblant principalement les progressistes de HDP et les kurdes, le président de l’Etat Turc a donc répondu par une pique.
Erdogan a donc déclaré: « Certains pourraient me critiquer mais je fais part de mes opinions. Par exemple, je me demande pourquoi la Turquie ne rejoindrait-elle pas l’Organisation de Shanghai? » De même, il menace d’un référendum sur le processus d’adhésion à l’UE avant la fin de l’année si celle-ci ne reprend pas les négociations.
Bonne marchande, elle monnaie son allégeance à l’autre coté, pour flairer si l’Organisation de Shanghai lui offre mieux. Quant à savoir si il s’agit d’un virage complet ou d’un bluff pour faire monter les enchères, difficile à dire.
Pour autant cela est révélateur de la situation particulière dans laquelle se trouve l’équilibre militaire: La Turquie, depuis son apparition, à la partition de l’Empire Ottoman, a été l’objet de toutes les attentions, pour bloquer l’URSS naissante, pour verrouiller ses détroits, à l’inverse, de pressions de l’URSS pendant la Seconde Guerre Mondiale, pour qu’elle intervienne; mais également bastion de l’OTAN et de la réaction pendant la guerre froide. »
Les alliances sont instables et sont souvent empreintes d’esprit de girouette. Mais elles sont révélatrices des rapports de forces internationaux. Aujourd’hui, des Etats opportunistes peuvent déclarer leur souhait de se lier à la Russie, non par amour, mais bien parce qu’elle semble apporter un nouveau souffle impérialiste, un nouveau partage du monde, dans lequel certains aimeraient se voir jouer le rôle de gagnants.

C’est un honneur pour nous, camarades, d’être présent aux côtés de votre organisation pour cette soirée en l’honneur des martyrs de la Révolution en Turquie et au Kurdistan.
L’Unité Communiste de Lyon salue la lutte exemplaire que mène le TKP / ML – TIKKO. Elle salue cette lutte, menée dans des conditions difficiles, face aux fascistes, aux obscurantistes, aux impérialistes.
Nous ne sommes pas une grande organisation influente et puissante, mais nous voulons cependant, nous aussi, à la mesure de nos forces et de nos moyens, participer à la solidarité internationaliste et anti-impérialiste. Dans ce but, au côté d’autres organisations, dont OCML-VP, ici présente, nous participons à la campagne de solidarité avec le Bataillon International du Rojava. Nous avons également participé à la rédaction d’une lettre ouverte aux organisations politiques et aux médias militants, pour leur demander de prendre position sur la question du combat en Syrie, et de cesser cette attitude de double-face, en soutenant en façade les forces de la révolution tout en appuyant les réactionnaires et les impérialistes.
Nous venons ici déclarer notre soutien à la lutte du TKP/ML TIKKO. Trois dates ne peuvent que venir à l’esprit lorsqu’on pense à ces combats, à cette terrible épreuve.
La première à eu lieu il y a 75 ans, il s’agit de la victoire de Stalingrad. Face aux armées fascistes-nazies, les soviétiques, sous la direction du comité de défense formé notamment de Molotov, Vorochilov et Staline, ont tenu bon face à l’ennemi. L’ont battu, l’ont écrasé.
Le seconde à eu lieu il y a 50 ans, il s’agit de l’offensive du Têt, faite par l’Armée Nord Vietnamienne et par la guérilla Vietminh. Cette offensive a brisé la capacité de combattre de la plus puissante armée du monde, l’a humiliée, l’a réduite à abandonner le combat.
La dernière est celle qui se déroule aujourd’hui, qui embrasse la Moyen-Orient dans son ensemble. Cette lutte est une lutte qui se mène contre les coalitions impérialistes, contre les fascistes, contre les obscurantistes. Elle est l’immense arène dans laquelle les armées des réactionnaires seront brisées.
Pourquoi ? Car on ne peut briser les armées du peuple, on ne peut réduire au silence celles-ci. Les impérialistes et les ennemis du peuple essaient inlassablement et échouent, car les masses populaires représentent les forces créatrices.
« Nous sommes résolument pour la paix et contre la guerre. Mais si les impérialistes s’entêtent à déclencher une nouvelle guerre, nous ne devons pas en avoir peur.
Notre attitude devant cette question est la même que devant tous les désordres: primo, nous sommes contre, et secundo, nous n’en avons pas peur.
La Première guerre mondiale a été suivie par la naissance de l’Union soviétique avec une population de 200 millions d’habitants.
La Seconde guerre mondiale a été suivie de la formation du camp socialiste qui englobe une population de 900 millions d’âmes. Il est certain que si les impérialistes s’obstinent à déclencher une troisième guerre mondiale, des centaines de millions d’hommes passeront du côté du socialisme et seul un territoire peu étendu demeurera aux mains des impérialistes; il est même possible que le système impérialiste s’effondre complètement. » Ecrivait Mao Zedong, dans « De la juste résolution des contradictions au sein du peuple », en 1957.
C’est ce que nous observons aujourd’hui. C’est cette prédiction dont nous verrons la réalisation, si les impérialistes s’obstinent. C’est la naissance de celui qui leur donnera le coup de grâce. Ils seront balayés, comme l’ont été les Hitler, les Mussolini, les Napoléon et tous les autres agresseurs.
Les fascistes aussi connaîtront le même sort.
Les fascistes d’AKP prétendent être les défenseurs du peuple Turc. Ils se disent ses amis, ils se disent les protecteurs des masses exploités. Or que font ils en réalité ? Ils vendent les travailleurs et les travailleuses en esclavage aux patrons et aux patronnes. Ils vendent la Turquie en esclave aux impérialistes, ils en sont les valets, les larbins. Ils pensent qu’ils seront gagnants dans ce conflit, alors qu’ils ne font que ramper et quémander une place aux puissances impérialistes, dont la France.
Les fascistes ont toujours agi ainsi, ils sont les ennemis du peuple, ils sont des traitres à la cause qu’ils prétendent défendre.
Le seul camp de la défense des intérêts des peuples de Turquie, c’est le camp de la révolution, c’est le camp de la liberté, c’est le camp du communisme. La seule force qui lutte contre les bourreaux des travailleurs de Turquie, c’est la voie révolutionnaire.
C’est la voie de Kaypakkaya.
C’est la voie que suivent celles et ceux qui se placent sous les portraits de Marx – Engels – Lenine – Staline et Mao !
C’est le camp des martyrs que nous saluons aujourd’hui.
La roue de l’histoire tourne, et écrase les impérialistes, les fascistes et leurs agents. L’avenir est rouge, l’avenir est communiste !
Vive le TKP / ML – TIKKO, vive la lutte révolutionnaire !
Vive le communisme !