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  • Discours de Macron : Métro-Boulot-Hosto.

    Discours de Macron : Métro-Boulot-Hosto.

    Macron s’est à nouveau solennellement exprimé devant la population. Un cérémonial au protocole digne d’une République au style décidément très monarchique. Cette intervention était extrêmement attendue. Elle doit désormais indiquer quelle est la nouvelle stratégie du gouvernement dans un affrontement avec la pandémie. Après plusieurs mois d’échec, un sursaut était attendu anxieusement.

    Nous ne pouvons pas considérer que celle-ci réponde à nos attentes, ni à celles de la lutte contre la pandémie. Le confinement a été annoncé. Nous nous attendions à son annonce, mais pas à ses modalités.

    Malgré les contraintes qu’il impose, nous pouvons l’accepter.

    Nous ne sommes pas des individus qui se rebellent pour se rebeller. Nous avons la prétention de nous considérer comme des militants et des militantes sérieux et sérieuses. Il ne s’agit pas de persiflages, de grogneries. Nous avons le sens du devoir. Nous savons prendre en considération la gravité de la situation, et accepter des sacrifices.

    Dans la situation actuelle, nous jugeons acceptable de devoir renoncer à une vie « normale ». A ses agréments, à ses loisirs, à certaines de ces joies. Nous l’acceptons car nous plaçons toujours au premier plan l’intérêt populaire. En font partie la santé en général et le travail de ceux et de celles qui la protègent.

    Dans le silence assourdissant, celui du vide, de la disparition des applaudissements de 20h, nous les saluons toutes et tous.

    Pour eux et elles, pour les plus précaires, pour les plus vulnérables, nous acceptons cette part infime de sacrifice. Nous acceptons un confinement, en dépit du fait que celui-ci ne soit pas sans séquelles psychologiques.

    Seulement, nous n’acceptons pas d’être pris pour des idiots.

    Quelle auto-critique ?

    Une des constances est l’absence d’auto-critique de la part du gouvernement. Il aurait fait tout ce qui fallait. Notre pays posséderait le meilleur système de santé au monde, et la deuxième vague aurait parfaitement été anticipée. Pourtant les faits ont l’air de démontrer le contraire. Le Canard Enchaîné a ainsi démontré à plusieurs reprises l’incurie du gouvernement, les conflits d’autorité, le fonctionnement en grandes baronnies qui se tirent dans les pattes. Les hôpitaux ont ainsi reçu des milliers de test antigéniques destinés aux aéroports, mais simplement parce qu’il n’existait pas d’autorité compétente pour les commander. Une nouvelle fois, nous le mentionnons : la France est très mal classée dans sa gestion de l’épidémie (54e) par le Deep Knowledge Group.

    Les moyens termes, les demi-mesures, le « moindre mal » au profit de la sacro-sainte économie (celle de la grande bourgeoisie en tout premier lieu) nous ont mené face à cette situation impossible. La communication contradictoire, défaillante, l’absence de mesures éducatives font que 65 % des français et françaises portent des masques, souvent mal.1

    L’Economie-Reine.

    Bien qu’ayant pudiquement placé la défense de l’économie au dernier point, elle est le fil conducteur du discours. « Il faut protéger à tout prix les rentes de la grande bourgeoisie. Pour la petite, l’argent public fera l’affaire un temps. Et si elle meurt, ce n’est que du darwinisme ! » Voilà en somme la réalité.

    Ce confinement consiste finalement à racler l’existence jusqu’à l’os. Le métro-boulot-hosto devient désormais le mantra du gouvernement. Qu’importe si le cercle affinitaire ne correspond qu’à 6,4 % des clusters (cf. graphique).

    La stratégie du gouvernement consiste toujours à rogner autour du noyau dur des contaminations, sans jamais s’y attaquer. Il est hautement improbable que cela parvienne à faire passer les contaminations de 50 000 à 5 000 par jour.

    Education-contamination

    Dans l’éducation, croire que, dans un délais de quelques jours, il est possible de faire surgir un protocole miraculeux, un protocole capable de stopper les contaminations en milieu scolaire, c’est prendre le personnel éducatif pour des imbéciles. C’est également admettre à demi-mot que le premier s’est traduit par un échec total. Dans les faits les lieux d’éducation restent un des foyer de contamination premier. Que les enfants et les jeunes aient peu de formes graves, c’est un fait incontestable. Cependant, ils se contaminent. Ils contaminent les autres. Ce contournement du confinement le rend, de fait, inefficace.

    Fait illustratif : Tandis que l’émoi, légitime, autour du meurtre de Samuel Paty monopolisait les esprits, les masques fournis par l’Éducation Nationale ont été retirés du service. Ils sont soupçonnés d’être enduits d’un biocide toxique. L’Education Nationale a donc demandé aux enseignants de se débrouiller pour se protéger en attendant. Elle demeure un des seuls secteurs qui ne fournissent pas ses employés en protection. Le petit avantage d’être en cheville avec l’État : le droit du travail y est élastique.

    L’arrêt de la vie à sa dimension productrice signifie cependant que les transports en commun seront toujours aussi chargés, voire possiblement plus. Tandis que les loisirs d’après-travail rendaient les déplacements plus diffus. La compression des horaires signifie donc des départs groupés. Donc des transports saturés aux heures de pointe. Donc des contaminations, qui, elle, sont extrêmement difficile à retracer.

    En somme, une demi-mesure, qui se paie de la santé financière d’une partie de la population, et de la santé morale d’un grand ensemble, le tout pour des résultats dont on peut douter.

    Au pied du mur.

    Comme dit en amont, nous ne sommes pas des rebelles vains. Nous nous battons pour des causes que nous jugeons justes. L’accès à l’éducation en fait partie.

    Nous considérons effectivement qu’il est important son accès soit garanti au plus large nombre. Il est important que les élèves puissent aussi être intégré dans une communauté sociale qui les prémunissent contre l’isolement. Celui-ci, en plus de ses conséquences psychologiques, est terrain de recrutement des réactionnaires les plus virulents. Mais cela demandait des moyens, des fonds, des structures, qui ont été refusées alors que la deuxième vague s’annonçait. Nous ne pouvons pardonner les termes de Macron : « C’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays ». Conspués avant-hier. Encensés hier. Conspués à nouveau, la dure vie d’une catégorie sociale qui sert d’amortisseur.

    Pour que les écoles restent ouverte durant la pandémie, cela demanderait des moyens supplémentaires conséquents. L’emploi d’une cohorte de personnels, d’enseignants, d’aides, mais également de matériels permettant de pouvoir assurer le suivi à distance pour les malades et les plus vulnérables. Il en est de même pour le supérieur, dans lequel l’indigence est encore plus criante, et où le recours à distanciel est devenu la norme.

    Mais il faut pourtant maintenir tout cela ouvert, pour que la sainte ligne du CAC40 ne soit pas irritée. Sans école, pas de parents au travail, donc une grogne es vrais maîtres du pouvoir. En fait de « responsabilité personnelle », Macron fait appel au système D.

    Et cet argent existe ! Même dans une perspective qui n’implique pas de révolution !

    Exigeons que les grands capitalistes paient.

    Pendant la Première Guerre mondiale, tandis que les travailleurs étaient mués en chair à canon, il a été obligé d’arracher de la bourgeoisie une maigre compensation : un impôt sur le revenu progressif. Il était temporaire, et n’a été maintenu que parce que le butin de l’écrasement de l’Allemagne s’est avéré fort décevant. Mais la bourgeoisie n’a jamais désarmé et elle a tenté encore et toujours de l’anéantir. Il faudrait que les pauvres paient seuls l’entretien de leur propre outil d’oppression : l’État.

    Aujourd’hui les grands capitalistes se sont renforcés dans la pandémie. Ils lorgnent sur les commerces en faillite, sur les bars fermés, ils y voient une manne immense. Une occasion d’installer leurs franchises, leurs monopoles. De concentrer toujours plus de capital entre leur main, mouvement inéluctable du capitalisme. Nous réclamons que ce soient eux, ces parasites, ces héritiers fortunés, ces nantis, qui soient mis à contribution. Leurs fortunes sont faites de l’accaparement indu des richesses. Qu’ils les rendent !

    Ce n’est ni la révolution, ni une grande étape dans la lutte.

    C’est une première justice pour ceux et celles qui voient leurs niveaux de vies s’effondrer.

    Le gouvernement devra assumer sa responsabilité. Il devra assumer de jouer avec la vie des individus, de jouer avec le feu.

    Nous n’hésiterions pas un instant, si nous en avions les moyens, pour nous saisir de l’ensemble des moyens de production, pour nous saisir de ces richesses, et pour en assurer la redistribution et la remise en service. Mais une remise en service dans le but de satisfaire les besoins de l’humanité, non d’une clique de bandits.

    Nous appelons l’ensemble des organisations et individus qui partagent ce constat et ce souhait et se mettre en rapport avec nous. Face aux défis de la période, le camp du peuple doit répondre !

    1https://covid19.healthdata.org/france?view=mask-use&tab=trend

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie I

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie I

     

    Loi travail :

    Comprendre le plan de la bourgeoisie.

    La Loi Travail a bénéficié, dans la bouche du président du MEDEF, Pierre Gattaz, d’un nom élogieux. Elle est, à ses yeux, aux yeux de la bourgeoisie, la mère de toutes les réformes. Elle mérite ce terme. Elle le mérite amplement, car elle forme la grande bataille menée par les capitalistes et les exploiteurs contre les droits des travailleurs et des exploités.

    Elle est, à juste titre, peinte comme l’acte de décès du CDI, comme l’acte de décès de la valeur des contrats, de la valeur des conventions collectives, des protections sociales.

    Si cette réforme est menée jusqu’au bout – et il ne fait nul doute que le gouvernement de Macron, construit dans cette optique, est tout disposé à mener cette bataille- elle deviendra un marqueur, un repère, comme la plus grande défaite syndicale de l’histoire récente.

    Cette courte brochure est conçue comme un aide-mémoire du contenu et des conséquences de cette loi. Dans ce cadre, nous ne prétendons pas fournir l’analyse la plus détaillée et la plus approfondie de la loi travail et de sa mise en œuvre.

    Cependant, l’Unité Communiste Lyon veut apporter une mise en perspective de cette loi, au sein d’un contexte économique et politique particulier, ainsi que l’articulation de celle-ci avec d’autres offensives de la part de la bourgeoisie. Nous voulons apporter un peu de recul et permettre de replacer cette offensive dans un processus de longue durée, du combat de la bourgeoisie pour accroître l’exploitation et extorquer sans cesse plus de plus-value de la part des travailleurs et des travailleuses

    L’irruption de la loi El-Khomri ainsi que le programme de Macron ne sont pas des incidents de parcours, ni des erreurs de la part de nos dirigeants. Ces attaques suivent un plan cohérent, logique, établi de manière efficace. En somme, il s’agit d’un véritable plan de guerre contre les masses populaires et contre les travailleurs. Ce plan dispose d’un agenda, de manœuvres d’encerclement, de batailles frontales et d’opérations en sous-main. Il ne s’agit pas de pierres lancées à l’aveuglette, mais bien de tactiques imbriquées les unes avec les autres, doublées d’une utilisation particulièrement savante de phénomènes extérieurs, comme l’instauration de l’état d’urgence.

    Offensives contre la protection sociale, offensives contre l’assurance chômage, les retraites, l’assurance maladie. Mais également une offensive contre l’enseignement et l’éducation.

    Menées à terme, ce combat frontal de la bourgeoisie contre les travailleurs et travailleuses ne vont pas manquer de déclencher un torrent de conséquences économiques et politiques. La déferlante de misère sera terrible, sans précédent. La bourgeoisie le sait et se prépare d’ores et déjà à faire face.

    Cette brochure a pour objet d’opérer un retour en arrière sur la genèse et les raisons de cette réforme. Il est essentiel de prendre un temps pour aborder la méthode particulière avec laquelle le gouvernement compte la mettre en œuvre, avant même d’en survoler le contenu.

    Par la suite, nous voulons la relier aux autres offensives en cours contre les droits sociaux, pour finir par en aborder les conséquences économiques et politiques, ainsi que ce que l’Unité Communiste de Lyon considère comme étant la conduite à tenir.

     

    La genèse de la loi travail

    L’Education Nationale tend à nous présenter l’Histoire d’une manière positiviste, se dirigeant vers un « avenir meilleur » illusoire. Cela tend à nous tromper sur la manière dont les événements se sont déroulés, mais également sur le fait que de nombreuses avancées sociales ont été obtenues par la lutte, par l’épreuve de force, voir par la violence directe.

    A aucun moment dans l’Histoire, l’humanisme et la bonne volonté n’ont imprégné l’esprit du patronat. Chaque avancée fut une bataille, chaque pas en avant eut à briser une résistance.

    Au cours du XIXe siècle, la lente montée en puissance des organisations de défense des travailleurs, la lente conquête de droits démocratiques et sociaux ne s’est nullement faite par la douceur. Gagner le droit de pouvoir s’organiser en syndicat fut obtenu dans le conflit, face à une opposition ferme de la bourgeoisie.

    Les avancées fulgurantes obtenues lors du Front Populaire en 1936, mais également les droits progressivement acquis par les travailleurs et les travailleuses ne se sont pas produites comme « allant de soi ». Dans l’imaginaire collectif, elles auraient été concédées par une bourgeoisie qui -soudain- se serait rendu compte que sa rapacité folle risquait d’entraîner des crises économiques mondiales, des cataclysmes, des guerres, de la misère… Dans les faits, ces luttes ont arraché ces droits. La bourgeoisie n’a cédé ces droits seulement car elle y fut contrainte. Seulement car la force du mouvement ouvrier et du mouvement révolutionnaire international la mettait devant deux issues possibles : céder du terrain ou risquer le tout pour le tout -la confrontation ouverte- dans la lutte entre la révolution et la contre-révolution.

    Elle céda, tout en gardant à l’esprit que ces concessions n’avaient qu’un caractère temporaire. La bourgeoisie n’a jamais renoncé à ce désir de pouvoir reprendre ce dont elle s’estime avoir été volée. La parenthèse vichyste, entre 1940 et 1944 fut, par ailleurs, une illustration de ce dont elle était capable pour consolider et défendre ses positions. Elle liquida les syndicats, emprisonna les militants et les militantes progressistes et révolutionnaires.

    Cependant, l’après-guerre ne lui laissa pas cette possibilité.

    En 1945, le programme du C.N.R. -Comité National de Résistance- fut adopté. Il était le fils du compromis entre les forces de la résistance, majoritairement communistes, et la bourgeoisie. Ce nouvel accord, dit « patriotique » fut donc signé avec le PCF, lequel en échange rendit les armes et dissolu les milices, contre l’avis même du Kominform. Il est celui qui donna naissance notamment à la Sécurité Sociale, aux monopoles publics, mais aussi à la création des Comités d’Entreprise.

    Malgré l’évolution sociale-impérialiste de l’URSS, après la déstalinisation en 1956, malgré l’aggravation du caractère social démocrate du PCF, la bourgeoisie demeura dans une situation où sa marge de manœuvre restait faible. Il existait une réelle inquiétude quant à un risque de basculement de l’État français dans le bloc est. In fine, celui-ci était par ailleurs fort probablement surestimé, en particulier par les USA, lesquels furent terrifiés de l’élection de François Mitterrand de 1981. De plus, la très large majorité de la population de l’Etat français demeurait très fermement acquise aux idées de justice sociale, d’équité, d’état providence.

    Dans les années 1980, chez les anglo-saxons, les dirigeants Reagan et Thatcher appliquent les thèses de “l’école de Chicago.” Cette école économique et politique est celle qui donna naissance au concept de l’ultra-libéralisme. Animée par Milton Friedman, prix nobel d’économie de 1976; par Georges Stigler, nobélisé, quant à lui en 1982, elle contribua à développer une approche de l’organisation de l’économie basée sur la liquidation des services publics.

    Le président américain et la première ministre britannique ont ainsi ouvert la voie à la destruction des protections sociales au sein de ces Etats. D’une part, la liquidation des acquis sociaux et la politique d’austérité permettaient de rogner sur les dépenses publiques. Elles permettaient également d’orienter les ressources de l’Etat dans la course à l’armement. D’autre part, elles offraient un moyen de maintenir une illusion de richesse -en baissant les impôts- et d’augmenter le taux d’exploitation des travailleurs en assouplissant les normes de travail.

    Son application dans l’Etat français s’est fait d’une manière nettement plus tardive, postérieure à la fin de la Guerre Froide. Après 1991, il n’existe plus de raison de maintenir les compromis pris en 1936, en 1945 ou en 1968. Il ne reste plus de danger stratégique, uniquement des difficultés tactiques.

    La bourgeoisie peut dès lors renouer avec ses rêves d’antan : réduire au strict minimum les impôts, briser le carcan du code du travail, liquider la protection chômage, vue comme un filet de sécurité trop séduisant pour les travailleurs, lesquels pourraient ne pas être assez effrayés par son spectre pour ne pas céder sur leurs conditions de travail.

    Les premières attaques sur les retraites, comme le CIP en 1995, ont entraîné une levée de bouclier massive. Les tentatives du CPE / CNE en 2006 ont également été battues en brèche. Il s’agissait de timides pointes, lancées par une bourgeoisie qui s’enhardissait.

    Entamée en 2007, la RGPP – Révision Générale des Politiques Publiques – prononce l’acte de décès des services publics. Ils sont désormais des secteurs d’activité où le privé a tout autant sa place.

    L’irruption de la crise économique de 2008 a contribué à accélérer l’évolution de la situation. Elle a poussé la bourgeoisie à frapper, non seulement pour accroître ses rentes et sa richesse, mais également par la peur d’être prise elle-même dans le maelstrom des effondrements. Il ne faut pas sous-estimer ce paramètre, puisqu’il est un des facteurs expliquant l’acharnement de celle-ci à briser les droits sociaux.

    Les présidences de Chirac, y compris sous la cohabitation avec la gauche, et de Sarkozy ont ouvert le bal des hostilités franches. La bourgeoisie a commencé à développer ce qui était son Saint-Graal : le contrat unique. Ce Graal pulvériserait à la fois les contraintes liées au CDI (impossibilité de pouvoir licencier aisément) et le CDD (trop rigide car basé sur le temps) pour le remplacer par un contrat qui serait construit autour d’une tâche, par une négociation faite en fonction de comment sait se vendre le travailleur ou la travailleuse… en somme la forme la plus libérale et la plus minime du lien contractuel.

    Autour de ce front principal, des fronts secondaires : l’assurance chômage, l’assurance maladie, les retraites et l’éducation. Plusieurs raisons à cela :

    Premièrement, la bourgeoisie exècre l’impôt. Elle est prête, paradoxalement, à dépenser des fortunes dans le salaire de spécialistes de l’optimisation fiscale pour ne pas avoir à en payer.

    Deuxièmement, ces secteurs apparaissent comme une hérésie terrible à leurs yeux. Cotiser pour se couvrir en cas de maladie, en cas de chômage, pour préparer sa retraite, sans utiliser cet argent pour investir, pour s’enrichir, cela leur apparaît comme une aberration complète.

    Ce marché est fantastique : 294 milliards d’euros en 2013 pour les retraites, à titre d’exemple. Cela représente 13% du PIB. L’assurance maladie, quant à elle, représente plus de 400 milliards d’Euro. Comment ne pas, dans ces conditions, rêver d’en faire un secteur privé ?

    Comment ne pas rêver de fonds de pension, de mutuelles privées, de tous ces dispositifs capables de créer richesse et prospérité ?

    Quant au marché de l’éducation, dont le budget est de 92.49 milliards, il pourrait être une manne fantastique dans la mesure où le privé pourrait s’y implanter massivement, mais, surtout, dans la mesure où il pourrait être utilisé pour former précisément la main d’œuvre parfaite pour les investisseurs. De plus, nous le verrons dans les parties suivantes, il peut permettre certains avantages secondaires importants.

  • Nouvelles brochures numérisées : F. Engels – Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme – V. Lénine – De l’Etat.

    Nouvelles brochures numérisées : F. Engels – Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme – V. Lénine – De l’Etat.

     

    Nous publions ces deux brochures, représentant deux textes importants de l’histoire du mouvement communiste.

    La première est une brochure de F. Engels, rédigée alors que la théorie de l’évolution de Darwin venait d’être émise. Elle est une pierre essentielle dans l’avancée de la compréhension de la dialectique appliquée aux espèces, mais également forme une intéressante approche des questions sur le lien entre l’Homme et la nature, première base fondamentale de l’écologie.

    La seconde est une courte brochure faite par Lénine sur la question de l’Etat. Elle est essentielle quant à la question de la révolution, du réformisme et de la nature de l’Etat bourgeois. Elle fait partie du corpus de textes de base, que chaque communiste se doit de maîtriser.

    Nous vous souhaitons bonne lecture.

  • Appel unitaire à manifester – Lundi 19 juin – 18h00 Hotel de Ville

    Appel unitaire à manifester – Lundi 19 juin – 18h00 Hotel de Ville

     

    TOU·TE·S UNI·E·S CONTRE CE GOUVERNEMENT ANTISOCIAL

    LE TEMPS EST À LA MOBILISATION !

    Nous connaissons déjà les intentions offensives de Macron contre le code du travail et nos conditions d’existence. Ne lui laissons aucun délai pour appliquer ses mesures antisociales : le temps est à la mobilisation, pas à la négociation !

    • La loi El Khomri permet aux accords de branche et d’entreprise de s’appliquer même en étant moins favorables aux travailleurs que le code du travail. Macron prévoit d’étendre ces abus aux salaires et au temps de travail : c’est la remise en cause du SMIC et des 35 heures.

    • En plus du salaire direct, c’est le salaire différé qui est attaqué (ce qu’on appelle les cotisations sociales). En passant une part du salaire différé en salaire direct, Macron désire fragiliser et condamner à terme notre système de protection sociale : assurance chômage, assurance maladie et hôpitaux, allocations familiales, retraite, etc : toutes les aides sociales en souffriront.

    • En plafonnant les indemnités prud’homales, Macron souhaite donner les pleins pouvoirs aux patrons pour licencier abusivement les salariés.

    • Avec 120000 suppressions de postes dans la fonction publique, les fonctionnaires des collectivités territoriales mais également de l’Éducation nationale n’ont qu’à bien se tenir. Ces suppressions rendront caduques ses promesses de réduire la taille des classes scolaires.

    • Comme ses prédécesseurs, Macron entend renforcer la présence militaire française en Afrique et au Moyen-Orient ainsi que les politiques sécuritaires en France : parade en blindé, voyage au Mali s’inscrivant dans l’impérialisme français, prolongation de l’état d’urgence, renforcement des pouvoirs de la police, nomination de Gérard Collomb en tant que ministre de l’Intérieur, sans doute récompensé pour l’ensemble de son œuvre sécuritaire : répression des mouvements sociaux, vidéosurveillance, criminalisation des prostituées, expulsions locatives, chasse aux sans-papiers…

    • La construction de plus de prisons ne servira non pas à les désengorger mais à emprisonner plus de personnes précaires, dans le cadre de la criminalisation de la précarité.

    Comme toujours, cette marche forcée vers l’ubérisation touchera plus durement les plus précaires d’entre nous, les femmes et les personnes issues de l’immigration.

    Macron entend mener ses attaques à l’aide d’ordonnances dont l’application immédiate sans l’aval de l’Assemblée Nationale limitera drastiquement notre capacité d’organisation. C’est pourquoi il est primordial de construire la mobilisation la plus large possible en se constituant en tant que front social et ainsi se doter d’une véritable capacité d’action. Syndicalistes et associations, jeunes et moins jeunes, précaires, nous devons tou·te·s passer outre l’inertie, la division et le sectarisme pour passer à l’offensive dès maintenant.

    LUNDI 19 JUIN À 18H
    Départ : Hôtel de Ville
    VENEZ TOU·TE·S MANIFESTER !

  • Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Dernièrement, un reportage fait par l’émission Envoyé Spécial, diffusé le 12 janvier 2017, a soulevé des haut-le-cœurs parmi de nombreux spectateurs. En cause, une séquence -isolée par le média Taranis News- montrant un entrepreneur modifiant des containers pour en faire des logements à destination des migrants. Si l’acte en lui-même paraît bien inoffensif, le discours, quant à lui, a choqué.

    Il est important de dire que le discours, effectivement, est loin de plaider l’humanisme. Il est plutôt même pétri dans une forme qui prête de flanc au racisme : « Le migrant toute la journée, je me demande ce qu’il fait. Il va jouer au ballon […] les journées sont longues quand on ne travaille pas !”
    Les formulations, elles aussi, font froid dans le dos. Notamment cette idée de camps de cent migrants répartis dans chaque département, ne pouvant qu’évoquer de bien sinistres souvenirs. Quant à la déshumanisation de l’autre… « Moi je trouve qu’il est bien notre container à migrants. »

    Mais ce qui a le plus marqué les esprits, c’est bel et bien l’appât du gain « 10 000 migrants fois 10€ la nuit […] ça fait 100 000 € par jours. » Le chiffre d’affaires a de quoi faire rêver plus d’un entrepreneur : 36 millions d’Euros par an. Cela créé des vocations à se placer sur une segment de marché neuf : « [il y a 8 ans] il n’y avait pas de migrants, il n’y avait pas de marché, il n’y avait pas de besoin », d’autant que se lancer dans le secteur n’a rien de hasardeux. « Il y a une commande de l’Etat, il y a une commande de l’Europe, donc forcément, vous avez un appel d’offre. » Le premier à remporter l’appel d’offre étant le grand vainqueur.

    Le cynisme choque. C’est là quelque chose de tout à fait humain. Pourtant l’entrepreneur répond « Est-ce que celui qui vend de l’aspirine doit gagner de l’argent parce que il(sic.) exploite la misère des gens qui ont mal à la tête. », tout en ajoutant que « Je pense que les gens sont assez lucides pour comprendre. »
    Il semble que non.

    Tout comme nous avions, lors d’un article précédent, joué le rôle d’avocat du diable pour un Manuel Valls tentant péniblement de se défendre de l’usage du 49.3, nous ne pouvons que faire de même ici, et rappeler quelques vérités.

    Il est légitime, bien sûr, d’être choqué par le discours de cet entrepreneur, de le voir poser des chiffres sur la vie d’individus, sur leur misère, sur leur souffrance. Les confiner dans des containers comme logement à effectivement de quoi choquer.

    Mais, pourtant, cet individu respecte deux des lois inhérentes au capitalisme, deux de ses lois fondamentales.

     La première étant « tout est marché. » Dans le capitalisme, la loi du profit est la loi maîtresse. Tout ce qui peut être un investissement rentable, tout ce qui peut trouver des débouchés est potentiellement un marché. Il n’existe aucune exception à cette règle.

    La seconde, qui est son corolaire direct : « si ce n’est pas moi qui en profite, ce sera mon voisin et après moi, le déluge. » Quel que soit le marché, à partir du moment où il peut être porteur, d’autant plus s’il est possible d’y être pionnier et de s’y établir en monopole, un capitaliste s’y implantera. Même si le secteur est le plus répugnant, le plus criminel, le moins éthique possible, un investisseur se présentera. Pourquoi ? Car si ce n’est pas lui qui s’en saisit, le risque qu’il lui échappe et qu’il tombe entre les mains d’un autre est suffisant pour justifier que tombent les barrières telles que la moralité.

    Le marché migratoire choque. C’est légitime. Mais chaque chose, chaque compartiment de l’existence de chaque individu, dans ses hauts et ses bas, est un marché. Rien n’est trop répugnant pour l’investisseur. 

    La santé est un marché.

    Mais que dire également du marché de la Santé ?

    Martin Shkreli, un investisseur de hedge-funds, fin 2015, a racheté une société pharmaceutique produisant un médicament contre le paludisme et contre des maladies opportunistes se déclarant chez les malades du VIH. Son premier acte à été de faire passer le prix de la pilule de 13.5$ à 750$ soit une augmentation de plus de 6500%.

    D’une manière générale, la recherche et le développement des laboratoires pharmaceutiques ne réfléchit qu’en termes de rentabilité. Les maladies orphelines, dont les traitements ne seraient pas un marché suffisant, dépendent de la charité pour trouver des financements.
    Les complotistes et les passionnés de légendes urbaines qui va jusqu’à lancer des rumeurs sur le sabotage de recherches. Qui n’a jamais entendu la légende de « quelqu’un qui a trouvé un remède miracle et qui a vu sa maison incendiée ? » Pour autant, le laboratoire qui développerait un remède miracle pour le cancer ou le Sida serait couvert d’or. Pour les investisseurs et les actionnaires, cela serait un pactole monstrueux. Ensuite, ils investiraient ailleurs lorsque ce laboratoire ne serait plus source de profit. Encore une fois, la loi du marché règne.

    Que dire du scandale de l’homéopathie ? L’absence totale de valeur médicale de ces produits n’empêche pas qu’ils soient mis en avant, qu’il y ait un engouement pour ceux-ci. Pourtant la présence de principe actifs dans les produits est tout simplement nulle. Les produits « miracles » de parapharmacie sont également une source de profits monstrueux. Pourtant la lecture de leur composition révèle généralement que le seul effet qui peut être attendu de la prise de ces produits ne serait un effet placebo.

    Que dire également de cliniques qui facturent des actes inutiles, radios ; scanners ; IRM ; actes payés à prix d’or ? En octobre, le journal Slate, lorsqu’il n’est pas occupé à défendre pas Finkielkraut, a rapporté le récit d’une famille de l’Utah qui s’est rendue compte qu’ils avaient payé 40$ pour l’acte d’avoir leur bébé remis entre les bras de la mère.

    Le modèle de santé anglo-saxon frappe à notre porte. L’hôpital public souffre déjà de son alignement sur les cliniques, mais gare lorsque les patients deviendront des clients !

    La chair et le sang, tout se vend.

    Dernièrement, une publicité à fleuri dans les rues des Etats-Unis à destination de la jeunesse et -en particulier- d’une part endettée de la jeunesse : les étudiants. Cette publicité se résume ainsi: « Besoin de livres ? [les livres scolaires sont extrêmement chers aux USA] Pas d’inquiétude ! Donnez votre plasma [sanguin.] » Cette entreprise, ensuite, revend le plasma acquis auprès d’endettés pour 8000 $ à des personnes âgées voulant littéralement une dose de sang neuf. Le trafic d’organe prospère également, non pas par simple vice, mais bien parce qu’il existe des acheteurs prêt à payer des sommes colossales pour acheter un rein, un foie, un cœur ou une rétine.

    Des populations dans la misère vendent leurs organes pour subsister, même si les conséquences sont bien souvent désastreuses pour eux et elles. Le système capitalisme est un grand consommateur de chair, et les industries qui les avalent font fleurir leur chiffre d’affaires.

    La prostitution légale et l’industrie pornographique sont tout autant de placements financiers qui attirent les investisseurs. Qu’importe la maltraitance, qu’importe la culture du viol. Si cela s’achète, quelqu’un doit le vendre.  Aux USA uniquement, la pornographie représente un chiffre d’affaires de 10 000 milliards de $ par an, d’après le site Economy&co. Dans le Sud-Est asiatique, le tourisme sexuel représente entre 2 et 14% du PIB des pays. Si les actes en eux même sont du ressort de l’économie informelle, les tour-opérateurs qui font la promotion de ce tourisme n’en sont pas moins légaux et déclarés. Le gouvernement ukrainien faisait même, malgré la prohibition de la prostitution, une référence à peine voilée à celle-ci en vantant, y compris dans les fêtes consulaires, le « chaleureux accueil de la population. » Les libéraux argueront qu’il est possible de faire ce qu’on veut de son corps, que c’est une liberté. Nous paraphraserons Staline, lorsqu’il exprimait cette idée on-ne-peut-plus juste : Il n’existe pas de liberté pour celui ou celle qui doit se vendre pour survivre. Vendre sa chair n’est pas un choix, c’est un acte de survie à laquelle on est contraint et contrainte par la force des choses, par la force de l’exploitation. Nous n’y voyons pas le moindre romantisme.

    Education rentable, éducation minable.

    L’éducation est tout autant un marché. Les écoles privées fleurissent dans les pays nordiques et anglo-saxons, et le modèle s’exporte. D’après l’International Finance Corporation, le marché représente à l’échelle mondiale 380 milliard d’euro, de quoi attirer des investisseurs. Des sociétés comme l’anglais Pearson, leader mondial, trustent une grande part du marché, y compris par des filiales low-cost destinées aux pays en voie de développement clients de l’Angleterre.
    Des professeurs formés à la va-vite, des impératifs de paiement, la recherche principale n’est absolument pas humanitaire, mais pécuniaire. Le conseil d’administration y veille. Dans les pays nordiques, les Friskoles des pays nordiques fonctionnaient au sponsoring par les entreprises. Le gain était une main-d’œuvre adapté parfaitement à leurs besoins. Lorsque ces entreprises se sont retirées, après la crise de 2008, celles-ci ont tout simplement rogné leurs budgets, au prix de la qualité de l’enseignement.

    En Europe, le processus de Bologne ouvre la voie à une pénétration du capitalisme dans les universités, à une subordination de l’éducation supérieure et de la recherche aux intérêts privés. La Loi sur la Responsabilité des Universités à ainsi permis la création de master Philosophie-Véolia à Lyon III, de Licence Nintendo à Lyon I…etc. Lorsque les recherches environnementales seront financés par Total, nous sommes certains que les dégâts des fracturations hydrauliques, pour le gaz de schiste, seront passés sous silence.

    Le marché des matières premières, de l’énergie, sont parmi ceux qui, dans l’histoire de l’humanité, ont généré les guerres les plus brutales et les plus violentes. Areva, Total sont probablement parmi les entreprises les plus criminelles de l’Etat Français, soutenant les juntes, armant des milices, arrosant d’argent des cliques de bandits. Lorsque Areva s’implante au Niger, elle s’entoure de sa milice, l’armée française. Si elle est menacée, la société réplique par l’or, en corrompant et achetant, puis par le feu.  Lorsque Total annonce qu’il s’intéresse à un gisement, gare à celui qui est assis dessus. Il est, dans les pays d’Afrique, quasiment devenu proverbial de dire « lorsqu’un européen trouve du pétrole, il est aux anges ; lorsqu’un africain en trouve, il pleure. »

    Derrière le pétrole et l’électricité se niche le crime, les meurtres, les coups d’Etats.

    C’est également valable derrière le café et les fèves de cacao. L’alimentation est un marché colossal dans lequel on ne s’encombre pas non plus d’une grande morale. Qu’importe si le dumping brise l’économie d’un pays, ou si le hype autour du Quinoa fait flamber les prix de celui-ci, jusqu’à le rendre inabordable pour les Péruviens. L’agroalimentaire est une industrie capitaliste comme un autre, avec sa recherche de rendements maximaux. Lorsque interrogés sur ce qui les avait le plus surpris aux USA, plusieurs individus ont répondu « tout est doux et sucré, même le pain. » Sucrer partout au mépris de la santé, tant que cela développe une addiction. Les industries versent en quantité sel et sucre dans les aliments, le but n’étant pas de nourrir, mais de faire qu’ils soient trouvés bon et qu’ils poussent à être rachetés. Le site santé magazine ainsi explique :

    Le sel donne plus de saveur

    Les industriels ont parfois la main lourde sur le sel car il relève et masque le goût de certains produits bas de gamme utilisés dans les plats préparés.

    Ce nutriment contribue également à augmenter notre sensation de faim et de soif. Il accroît la quantité d’eau présente dans les aliments et augmente leur poids… Bref, l’ajout de sel est un réel bénéfice pour l’industrie agroalimentaire…

     Pas de morale en régime capitaliste, s’il faut empoisonner pour faire du profit, cela se fera. Ruiner la nature n’est pas un obstacle non plus. L’industrie agro-alimentaire, la production agricole engendrent ne nombreux maux, tant par rapport à la maltraitance des travailleurs, des animaux, que de la nature en général. La production éthique est aussi un marché, qui justifie de gonfler les prix pour une simple question de branding. Le marché du bio est un marché, avec ses investisseurs, ses mascarades, ses mensonges aussi. Dès lors qu’il est possible de générer des espèces sonnantes et trébuchantes, tout est bon.

    La mort rapporte.

    Si la vie est un marché, la mort en est un tout aussi porteur. Les vendeurs de tabac ne se gênent pas pour faire la promotion de leurs produits de manière détournée. Si ils ont été étrillés par les pouvoirs publics, ils n’en poursuivent pas moins un jeu typiquement libéral: si cela vous tue mais que cela rapporte, nous le produirons. Pour autant, le client est averti et cela n’est pas notre propos précisément. En revanche un secteur bien souvent oublié est celui des obsèques.
    La mort d’un être cher est, sans l’ombre d’un doute, un des événements les plus durs qu’un individu puisse vivre. Pourtant, là encore, le capitalisme trouve une manière de s’insinuer vicieusement pour tirer un maximum de profit.

    « 60 millions de consommateurs » les ont épinglé: les assurances obsèques sont des opportunistes de bas-étages. La mort est un marché particulier dans le sens où il s’adresse souvent à des personnes en situation de vulnérabilité. Faire payer chèrement une protection inutile est un jeu bien scandaleux. Nous citons BFM business au sujet des pompes funèbres : « Le prix total des obsèques, hors caveau et concession, s’établit à 3.350 euros en moyenne contre 3.098 en 2011, soit une augmentation de 8,18%, plus du double de l’inflation sur la période », constate l’association de consommateurs, qui a envoyé en mai-juin des enquêteurs anonymes dans 818 magasins funéraires.

    Pour François Michaud-Nérard, directeur général des Services funéraires de la Ville de Paris, cette augmentation des tarifs n’est pas une surprise. Il juge même cette hausse supérieure à l’inflation « normale » car « 40 à 50% des charges des entreprises de pompes funèbres sont de la main d’oeuvre » qui augmente plus que l’inflation, précise-t-il. En outre, « au moment d’un décès, les familles ont souvent du mal à faire réaliser plusieurs devis », explique-t-il. Et quand bien même elles le feraient, « certaines entreprises cherchent à recréer des monopoles, ce qui fausse la concurrence », constate-t-il. Les consommateurs pensent interroger deux entreprises différentes et s’adressent sans le savoir au même groupe. »

    Sans vergogne, tirer du profit du malheur des autres est un art. Et si ce n’est pas eux, ce sera un autre groupe qui prendra ce marché.

    Causer le mort est un marché juteux et nous ne saurions finir ce petit tour d’horizon sans mentionner une industrie qui est passée maître dans l’art de l’infliger : l’armement.

    401 milliards de dollars de ventes réalisées en 2014. Un marché dans lequel nous sommes, dans l’Etat français, 4ème derrière les USA, l’Angleterre et la Russie [les données chinoises sont fort opaques mais probablement plusieurs entreprises sont présentes dans le top 20, notamment la firme Norinco].

    L’Etat Français est plutôt bien représentés, par ailleurs. Airbus Group ; Thales ; SAFRAN ; DCNS, quant à lui est 23ème.  Si pour certains, il y a de quoi sauter de joie et sortir le champagne, nous ne regardons cela qu’avec répugnance.

    Tuer est un marché sur lequel les investisseurs se pressent, tant il est immense. La recherche est aiguillonnée pour trouver de nouvelles méthodes d’assassinats, de meurtre et de mutilation. Si la façade se couvre de non-létal et de précision chirurgicale, les bombes à sous-minutions, les mines, les pièges blessent et tuent. Areva ne se prive pas de fournir de l’uranium appauvri qui nucléarise les conflits et pollue durablement les champ de bataille. Les nanotechnologies ont connu une de leur premières applications pratiques dans les bombes fuel-air, les plus puissantes bombes non-nucléaires, réputées pour leur capacité à entrainer des barotraumas par l’effet de surpression [poumons perforés, tympans éclatés.. ]. C’est un marché mirobolant, dans lequel la publicité joue aussi un grand rôle.

    Sans sauter à pied joint dans le point Godwin, même les exterminations d’êtres humains, le travail forcé, sont tout autant de secteurs dans lesquels l’investissement capitaliste fait merveille. Les camps de travail sont tout autant d’occasions de pouvoir employer une main d’œuvre à bas coût, y comprit des individus qualifiés. L’industrie allemande [et de France aussi] ne s’est nullement gênée pour employer des morts de faim, des condamnés, des opposants. Tant que l’argent coule à flot, tant que les profits s’accumulent, tout est possible.

    Les prisons sont des centres à profit. Le programme de privatisation en France a donné naissance à un puissant marché dans le domaine, dominé par des sociétés comme Bouygues pour le bâtiment ou Sodexo pour la fourniture en alimentation. Mais le champion toute catégorie reste les USA, avec la plus grande population carcérale du monde. L’administration pénitentiaire du Colorado admet ainsi un chiffre d’affaires de 65 millions de dollars par an grâce à la vente de poissons et de lait de chèvre.

    Nous citons Blasting news : « Les prisons privées sont gérées par trois entreprises : Corrections Corp. of America, le premier acteur du secteur, GEO Group Inc. et Management and Training Corp. Le secteur des prisons privées ne connaît pas la crise : CCA a ainsi vu son chiffre d’affaires augmenter de plus de 500% depuis sa création en 1983.

    En 2012, le prix Nobel d’économie Paul Krugman dénonce l’influence des lobbyistes des prisons privées sur les politiques carcérales. Les entreprises de prisons privées favorisent ainsi l’adoption par le Congrès de lois contribuant à augmenter la population carcérale : la loi sur la seconde récidive (Three-strike laws), permettant une condamnation à perpétuité dès la troisième infraction, la loi sur les peines incompressibles (Truth-in-sentencing laws), ainsi que la très controversée loi anti-immigration en Arizona, permettant à la police d’arrêter quiconque ne pouvant pas prouver qu’il est entré légalement aux Etats-Unis. Les contrats des prisons privées avec l’Etat fédéral comprennent de plus une « clause d’occupation », affirmant que les autorités locales doivent garantir un taux de remplissage des prisons privées entre 80% et 100% pendant 20 ans, indépendamment de l’évolution du taux de criminalité́. »

    Le capitalisme, c’est le crime cynique de l’exploiteur.

    Ce petit tour d’horizon du capitalisme n’a pas pour but d’exempter de toute responsabilité notre entrepreneur en containers. Il est simplement là pour remettre les choses en perspectives. Le capitalisme ne se soucie pas d’être humains.

    Le capitalisme n’est pas là pour répondre aux besoins, mais uniquement aux désirs, qu’il n’hésite pas à susciter lui-même.

    Les investisseurs, les patrons et patronnes, la classe capitaliste ne voit que trois choses dans ses frères et sœurs d’espèce.

    Une main d’œuvre servile et qui doit produire le plus à des coûts les plus bas.
    Des clients et des marchés qui doivent payer le plus cher possible.
    Des concurrents à assujettir et à éliminer.

    C’est là la nature du capitalisme dans ses gènes. Elle n’est pas amendable ni contrôlable. Ceux qui prétendent dissocier un « bon » d’un « mauvais » capitalisme sont naïfs ou mentent. Les processus qui amènent à la rapacité la plus avide, la plus abjecte sont dans les fondements même de ce système qui ne se traduit que par la misère, la pénurie, la spéculation et la guerre.
    Le capitalisme à visage humain n’est qu’un conte de fées écrit pour donner l’espoir d’un amendement, d’une amodiation. Mais il est impossible car nul ne peut changer la nature du capitalisme, qui est de faire du profit.

    Les candidats aux élections présidentielles de 2017 s’inscrivent tous dans cette démarche mensongère. Du NPA au programme de syndicat, qui négocie la dimension des entraves au Front National qui se pare d’un voile rouge mais n’est que la forme la plus agressive de capitalisme, en passant par un Mélenchon social-chauvin et impérialiste, nul ne condamne le capitalisme et sa nature criminelle.

    Nous ne coupons pas dans ce jeu. Nous ne sommes pas des réformistes masqués en révolutionnaires. Nous voulons briser le pouvoir de la bourgeoisie, le pouvoir de l’impérialisme. Nous n’avons pas honte de le dire, nous devons la combattre pied à pied sans lui laisser la moindre possibilité de riposter. Nous devons briser son Etat, son outil d’oppression. Nous devons la contraindre, s’il le faut par la force, à abandonner son pouvoir et à être jugée pour ses crimes et détruire en tant que classe sociale.

    La bourgeoisie est un parasite mortel dont l’humanité doit guérir pour avancer.

    Il nous faudra du temps, de l’énergie, de la résolution pour reconstruire ce que le révisionnisme a détruit, ce que l’opportunisme a saccagé. Nous avons besoin d’un Parti. Nous avons besoin d’une Internationale. Nous avons besoins, cent ans après, d’une nouvelle révolution!

  • À Oullins, on meurt encore de l’amiante.

     

    Depuis plus de dix ans, divers cas de pathologies liées à la présence d'amiante -cancers du poumon, de la plèvre, troubles respiratoires aigus- se sont déclarés chez les cheminots qui travaillaient aux ateliers d'Oullins [Département du Rhône].
    L'amiante, pourtant interdite d'utilisation depuis 1997, est toujours présente dans le matériel roulant de la SNCF construit avant cette date.
    Les cheminots qui travaillent aux ateliers d'Oullins subissent toujours aujourd'hui un contact constant avec cette matière hautement cancérigène, et ce, depuis des années.
    La CGT a pourtant effectué un travail de recueil des plaintes de cheminots malades à cause de leur exposition à l'amiante sur leur lieu de travail et de celles des familles de ces mêmes travailleurs, décédés également à la suite d'une exposition importante à ces produits.
    Malgré le grand nombre de plaintes centralisées, la direction de la SNCF rechigne sans cesse à mettre à la disposition de ses ouvriers les dispositifs de protection nécessaires, masques, combinaisons, pour réduire les risques d'inhalation de fibres dangereuse.
     Depuis que l'amiante est déclaré cancérigène par l'Etat, le problème n'est toujours pas réglé: les cheminots continuent de mourir et les seules mesurettes qui sont prises grâce à la pression des syndicats ne sont en rien suffisantes pour protéger efficacement le personnel.

    Face à des améliorations qui ne viennent pas, toujours repoussées aux calendes grecques, et face à une justice qui se refuse à reconnaître la responsabilité de la SNCF dans les maladies qui touchent les cheminots, nous soutenons les revendications de la CGT.

    Nous exigeons un désamiantage du site d’Oullins.
    Nous exigeons la reconnaissance complète de la responsabilité de la SNCF.
    Nous exigeons une compensation offerte aux familles des victimes de l’amiante.

    L'Etat français est cruellement en retard en termes de respect des normes de sécurité et de santé. Chaque année, les maladies professionnelles et les accidents du travail prennent un lourd tribut sur le contingent des travailleurs et des travailleuses. Chaque année, les dégâts physiques et moraux, les harcèlements et la placardisation frappent des dizaines de milliers de prolétaires. Les mesures judiciaires à la suite d'accidents mortels frappent les responsables, mais aux échelons les plus bas. Les dirigeants, les actionnaires, ceux qui  sont les premiers responsables, échappent à toutes sanctions. Comment seraient-ils condamnés ? La justice est à eux.

    Alors une attitude comme celle de la SNCF n'est en rien étonnante, pour les entreprises privées, les profits des actionnaires sont plus importants que la vie des ouvriers et des ouvrières.  Le capitalisme agit avec la plus grande désinvolture quant à la vie des travailleurs. Leur mort, leur santé, leur protection ne sont que des variables de coût calculées comme les autres. Faire des profits, en faire vite, avec le rendement maximum, voilà leur unique mot d'ordre. Qu'importe si le travail devient un moulin à os, dont les ouvriers et ouvrières ressortent brisés ou malades. Qu'importe si les employés et les employées se suicident. Ce ne sont que des données statistiques.

    Nous, communistes, nous ne nous satisfaisons pas de cela. Les actionnaires, les patrons et les patronnes agissent en vulgaires parasites qui se repaissent du travail des ouvriers et des ouvrières. Ils vivent de rente et d'exploitation, et pour garantir et augmenter celles-ci, commentent méfaits sur méfaits, crimes sur crimes.
    Ils seront jugés, et pas uniquement par l'histoire.
    Il n'est pas possible, il est illusoire de croire que le patronat acceptera de partager son pouvoir, d'être fair play, de partager les richesses. Il est illusoire de croire que, tant qu'il lui restera une once de pouvoir, il acceptera de céder aux revendications et aux réformes que promettent ceux qui croient au pouvoir des urnes.

    Souvent, les révolutionnaires sont traités d'utopistes car ils veulent détruire le pouvoir de la bourgeoisie et construire celui du peuple. Mais n'y a t'il pas plus grande naïveté que de croire qu'il est possible de négocier avec le propriétaire d'esclave ?

    "La force prime le droit," phrase souvent attribuée à Bismarck, est toujours une vérité constante.
    La force des patrons fait office de loi. Et si jamais de doux rêveurs touchent à cette loi, les bourgeois et les bourgeoises n'hésiteront pas à la briser.

    Mais qu'ils prennent gare. Car la force, la vraie force, est celle du peuple. Et le peuple n'oubliera pas leurs méfaits, lorsqu'il les chassera de leur trône d'or.