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  • TKP-ML : « L’appel du siècle », solution ou dissolution ?

    Note [du TKP-ML] : Cette brochure est une évaluation de « l’Appel pour la paix et la société démocratique » annoncé par le leader du PKK, A. Öcalan, le 27 février 2025.

    Tout d’abord, un bref rappel s’impose. À la suite de l’opération Déluge d’Al-Aqsa menée par la Résistance nationale palestinienne le 7 octobre 2023, le Proche-Orient a connu des développements d’une portée historique. Israël a lancé des opérations militaires d’abord contre Gaza, puis contre le Liban. Pendant ce temps, en Syrie, le régime Baas s’est effondré et le pouvoir est passé aux mains du gang salafiste et djihadiste HTS.

    Les contradictions entre les puissances capitalistes-impérialistes sur la scène internationale ont dégénéré en guerre ouverte avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les guerres et conflits en cours au Moyen-Orient. Cette situation redéfinit les alliances et les réalignements entre les puissances capitalistes-impérialistes sur la base de ces contradictions. Tous les partis se préparent à une nouvelle guerre de redivision (la troisième guerre impérialiste de division).

    Comme l’a dit le président Mao, « le chaos règne sous les cieux ».

    Il est impensable que ces développements n’affectent pas l’État turc et les classes dominantes turques. Depuis sa fondation, la Turquie est un marché semi-colonial pour l’impérialisme et, en raison de sa position géopolitique, elle a servi de « gendarme régional » pour les puissances impérialistes, ce qui rend cette situation d’autant plus inévitable.

    Si les buts et objectifs de la Turquie en Syrie sont bien connus, l’émergence de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie — dirigée par le mouvement national kurde et englobant diverses nationalités et confessions, en particulier la nation arabe — est devenue un facteur critique. Cette « autonomie » ayant de plus en plus de chances d’obtenir un statut officiel, les classes dominantes turques ont été contraintes d’élaborer une nouvelle politique sur la question nationale kurde.

    L’État turc s’est à nouveau tourné vers Abdullah Öcalan, qu’il maintient dans un isolement total sur l’île d’İmralı depuis 26 ans. Des informations sont apparues selon lesquelles un processus, qui n’était pas officiellement appelé « processus de solution », était en cours à la suite de réunions qui auraient débuté il y a environ un an. À la suite de ce processus, le 27 février, la « délégation d’İmralı » a annoncé un appel intitulé « Paix et société démocratique », rédigé personnellement par Öcalan. Après la lecture de la déclaration écrite en kurde et en turc, Sırrı Süreyya Önder, membre de la délégation, a partagé une note d’Öcalan : « Tout en présentant cette perspective, elle nécessite sans aucun doute l’abandon des armes, la dissolution du PKK et la reconnaissance du cadre juridique et politique pour la politique démocratique. »

    Ces développements ont une fois de plus mis au premier plan les discussions centrées sur la question nationale kurde. Naturellement, les approches des « partis » au processus diffèrent radicalement. Le mouvement national kurde a répondu à l’appel d’Abdullah Öcalan et a annoncé que les forces de guérilla déposeraient les armes. Il a été déclaré que le mouvement national kurde ne posait aucune condition au processus. Comme l’a dit Sırrı Süreyya Önder de la « délégation İmralı » : « Il n’y a pas de conditions pour cela. Il n’y a ni condition préalable, ni condition postérieure. » (3 mars 2025)

    La position des porte-parole de l’État turc sur le processus est bien connue, il n’est donc pas nécessaire de la rappeler.

    Ce n’est pas la première fois que l’État turc et le mouvement national kurde s’engagent dans des négociations directes ou indirectes sur la question nationale kurde. Par exemple, en 1993, sous l’initiative du président Turgut Özal, le chef du PKK, Abdullah Öcalan, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral pour la première fois le 20 mars 1993.

    Après la capture d’Öcalan le 15 février 1999, à la suite d’une conspiration internationale, il a appelé à un nouveau cessez-le-feu, que le PKK a déclaré en septembre 1999. Parallèlement, des ordres ont été donnés pour le retrait des forces de guérilla des frontières turques. Le PKK s’est largement conformé à cet appel, entamant une période d’« inaction unilatérale » qui a duré jusqu’en 2004.

    L’État turc n’ayant pris aucune mesure en vue d’une « solution », le PKK a mis fin à son cessez-le-feu unilatéral et a repris la lutte armée le 1er juin 2004. Le gouvernement AKP a lancé le processus dit « Initiative démocratique » en 2009 sous le nom de « Projet d’unité nationale et de fraternité ». Les pourparlers avec Abdullah Öcalan ont repris sur l’île d’İmralı, et des fonctionnaires de l’Organisation nationale du renseignement (MİT) et certains représentants de l’AKP ont tenu des réunions secrètes avec des représentants du PKK (cadres du KCK) à Oslo, en Europe. Ces réunions, connues sous le nom de « pourparlers d’Oslo », ont eu lieu entre 2009 et 2011.

    En décembre 2012, l’alors Premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan, a annoncé publiquement que des négociations étaient en cours avec Öcalan sur İmralı. À la suite de cette déclaration, début 2013, des représentants du gouvernement, dirigés par le sous-secrétaire du MİT, ont eu des discussions avec la « délégation d’İmralı ». Cette période, qui a duré de 2013 à 2015 et qui est devenue connue sous le nom de « processus de solution » dans le discours public, a vu le gouvernement AKP prendre des mesures juridiques pour institutionnaliser le processus. En 2014, une loi a été adoptée, la Grande Assemblée nationale turque (TBMM) a créé une « Commission des solutions » et le « Comité des sages » a été formé. Le 21 mars 2013, lors des célébrations du Newroz à Amed, la lettre d’Öcalan a été lue au public.

    Le 28 février 2015, la « délégation d’İmralı » et les représentants du gouvernement AKP ont tenu une conférence de presse conjointe au palais de Dolmabahçe. Au cours de cette conférence, le cadre de négociation en 10 points d’Öcalan a été lu, et il a été annoncé qu’Öcalan appelait le PKK à convoquer un congrès extraordinaire au printemps pour décider du désarmement. Cependant, en mars 2015, le président Recep Tayyip Erdoğan s’est opposé à l’accord de Dolmabahçe, déclarant qu’il n’avait pas donné son approbation et déclarant : « Je ne reconnais pas l’accord. »

    Vers la fin de l’année 2024, des rapports ont fait état d’un nouveau processus de « négociation » entre l’État turc et Abdullah Öcalan. Ce processus se distinguait des précédents par le fait qu’il n’était pas officiellement qualifié de « processus » et que les détails des réunions n’étaient pas divulgués au public. Alors que le mouvement national kurde n’aurait reçu aucune condition ou exigence, l’État turc, quant à lui, n’a pris aucun engagement et n’a fait aucune concession. Par conséquent, la nature de ce processus reste inconnue. Il convient toutefois de souligner l’importance de l’engagement renouvelé de l’État turc auprès d’Abdullah Öcalan concernant la question nationale kurde. La raison principale en est l’évolution de la situation au Moyen-Orient, en particulier en Syrie. Il est donc essentiel d’analyser la nouvelle politique de l’État turc dans ce contexte.

    Renforcer le « front intérieur »

    Il est entendu que l’agression d’Israël, le processus en cours en Syrie et les développements généraux au Moyen-Orient ont poussé l’État turc à développer une nouvelle politique. Les signes de cette politique ont commencé à apparaître il y a un an. Le premier signe est apparu lorsque le président de l’AKP, Recep Tayyip Erdoğan, a déclaré : « Lorsque nous regardons les événements que nous vivons aujourd’hui, nous voyons beaucoup plus clairement à quel point le front intérieur est crucial pour une nation. » (30 août 2024.) Plus tard, à New York, lors de la 79Assemblée générale des Nations unies, Erdoğan a réitéré cet accent en déclarant : « Les objectifs de notre front intérieur sont notre “Kızıl Elma” (pomme rouge). » (27 septembre 2024.)

    À la suite d’Erdoğan, Devlet Bahçeli, leader du MHP, a également mis l’accent sur le « front intérieur », déclarant : « Notre premier devoir est de fortifier notre front national et spirituel face à un monde chaotique. Notre front intérieur, qui est ébranlé, ainsi que notre unité et notre solidarité, qui sont menacées de dissolution, ne peuvent être ignorés, et nous ne le permettrons pas. » (2 octobre 2024.)

    Fruit de cette nouvelle stratégie politique, le processus a commencé lorsque le leader du MHP, Devlet Bahçeli, a serré la main du groupe du parti DEM à la Grande Assemblée nationale turque le 1er octobre 2024. Le même jour, Bahçeli a déclaré : « Nous entrons dans une nouvelle ère. Tout en appelant à la paix dans le monde, nous devons également assurer la paix dans notre propre pays. »

    Le même jour, le président de l’AKP, Recep Tayyip Erdoğan, a déclaré dans son discours à l’Assemblée générale : « C’est maintenant plus qu’une nécessité — c’est une obligation — de réaliser que, face à l’agression israélienne, ce ne sont pas les zones de conflit mais les zones de réconciliation qui doivent passer au premier plan, tant sur le plan national qu’international. » Autre signe de cette nouvelle stratégie politique, le 22 octobre 2024, Bahçeli déclare lors d’une réunion du groupe MHP au Parlement : « Si l’isolement du chef des terroristes est levé, qu’il vienne s’exprimer lors de la réunion du groupe du parti DEM au Parlement. Qu’il déclare que le terrorisme est complètement terminé et que l’organisation a été dissoute. » Erdoğan a également fait une déclaration : « Nous espérons que la fenêtre d’opportunité historique ouverte par l’Alliance des peuples ne sera pas sacrifiée pour des intérêts personnels. » (22 octobre 2024.) Suite à ces déclarations, la « délégation d’İmralı » a publié la déclaration d’Abdullah Öcalan, intitulée « Paix et société démocratique », marquant la 26année de son emprisonnement par l’État turc. Comme indiqué ci-dessus, bien que cet appel ait été rédigé par Öcalan lui-même, il semble être essentiellement le fruit de négociations menées au cours de l’année écoulée entre des représentants de l’État turc et Öcalan, qui ont finalement abouti à un certain accord. Étant donné qu’aucune explication officielle n’a été fournie au public concernant la nature de ces pourparlers ou de l’« accord » conclu, il est difficile de procéder à une évaluation concrète. Il est toutefois entendu qu’en échange du dépôt des armes et de la dissolution du PKK, certaines mesures ont été prises par l’État turc.

    Selon des informations accessibles au public, des négociations et des discussions entre l’État turc et Abdullah Öcalan sont en cours depuis un an. Il semble que l’État turc ait mené ce processus avec Öcalan, qu’il a maintenu en captivité — une situation intrinsèquement problématique et fondamentalement injuste. Dans ces conditions, il est nécessaire de parler de « diplomatie secrète ». Cela limite la possibilité de procéder à une évaluation objective de la question.

    L’appel d’Öcalan est-il une capitulation ?

    Tout d’abord, il convient de noter qu’il n’est pas inhabituel pour les parties en guerre d’engager des négociations avec leurs ennemis, de passer par des « processus de paix » ou de conclure des cessez-le-feu mutuels ou unilatéraux. Tout au long de l’histoire, les communistes et les dirigeants de divers mouvements de libération nationale et sociale ont pris des mesures pratiques similaires. Ces mesures doivent être considérées comme des manœuvres tactiques au service de l’objectif de la révolution et de la libération, tant que cet objectif n’est pas abandonné.

    Bien que l’appel d’Öcalan du 27 février, qui comprend la dissolution du PKK, représente une rupture politique significative, il ne faut pas oublier que ce n’est pas la première fois qu’il lance un tel appel. En effet, Öcalan a déjà affirmé dans plusieurs déclarations et écrits qu’en raison des revers subis par le socialisme et de l’effondrement des régimes révisionnistes modernes (ce qu’Öcalan appelle « l’effondrement du socialisme réel »), un changement de ligne (qu’il qualifie de « changement de paradigme ») était nécessaire et que de nouvelles méthodes et de nouveaux modèles d’organisation devaient être adoptés.

    Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est initialement apparu comme un mouvement national influencé par le marxisme, menant une guerre révolutionnaire contre les politiques de négation et d’extermination nationales des classes dominantes turques. Cependant, dans ses déclarations et ses défenses après son emprisonnement, Öcalan a renoncé au « droit à la libre sécession », c’est-à-dire à la demande d’établissement d’un État séparé. Au lieu de cela, il a conduit le mouvement national kurde vers ce qu’il a conceptualisé comme la « modernité démocratique », caractérisée par un « paradigme écologique, de libération des femmes et de nation démocratique ».

    Dans ses déclarations et ses défenses, Öcalan a défini son changement idéologique comme une « rupture avec le socialisme réel » et s’est distancié des idées socialistes révolutionnaires qui ont influencé la fondation du PKK. Au lieu de cela, il a introduit divers modèles alternatifs, y compris des théories écologiques, des courants « post-marxistes » et des tendances anarchistes, en tant que « nouveau modèle d’organisation » pour le mouvement national kurde. En ce sens, il n’y a rien de vraiment « nouveau » dans la dernière déclaration d’Öcalan.

    Toutefois, comme le montre la récente déclaration, il semble que même ce « paradigme » ait été abandonné. Notamment, Öcalan a explicitement décrit le PKK, l’organisation qu’il a dirigée lors de sa fondation, comme souffrant d’un « manque de sens et d’une répétition excessive ». Si cette remarque marque une rupture politique importante, elle doit également être comprise comme un appel à la direction pratique du mouvement national kurde pour qu’elle « actualise son sens ». En ce sens, il serait inexact d’interpréter la position d’Öcalan comme une « reddition ». Compte tenu de sa position idéologique, de ses manœuvres politiques et de son pragmatisme en tant que représentant d’un mouvement national, cela devient encore plus significatif. Par conséquent, réduire la question à un simple « liquidationnisme », une « reddition » ou même une « trahison » serait trompeur. Il ne faut pas oublier que la nation kurde s’est rebellée avant même l’apparition du PKK et que, avec le PKK, elle a soutenu sa rébellion par une guérilla de longue haleine. Une lutte nationale qui a subi l’oppression, l’interdiction de son existence et de sa langue, et des massacres ne peut pas être simplement résumée à une « capitulation » à ce stade. En outre, la question nationale kurde ne se limite pas au seul Kurdistan turc ; elle continue d’exister sous diverses formes dans différentes parties du Kurdistan.

    À ce stade, la question nationale kurde a dépassé le « paradigme » d’Öcalan à maintes reprises. Les réactions à sa déclaration ont placé la nation kurde et la réalité du Kurdistan à l’ordre du jour mondial. Le principal responsable de cette situation n’est autre qu’Öcalan lui-même, qui est maintenu dans un isolement total sur une île depuis 26 ans. Malgré toutes ses faiblesses et ses lacunes, la lutte ininterrompue de la nation kurde, et surtout sa résistance armée, a été le facteur déterminant. Même dans son état actuel, le mouvement national kurde, qui a débuté au Kurdistan turc et s’est ensuite étendu au Kurdistan de l’Irak, de la Syrie et de l’Iran, est devenu un sujet du discours politique non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans le monde entier. Cette évolution a sans aucun doute été façonnée par la direction pratique du PKK et par l’élévation du peuple kurde à Öcalan à une position symbolique de « direction nationale », même si ce n’est pas le cas dans la pratique directe.

    C’est pourquoi il est problématique d’évaluer la situation en partant du principe que, sous la direction d’Öcalan, le Mouvement national kurde s’est rendu par la négociation et est prêt à être dissous, imposant ainsi la liquidation du mouvement révolutionnaire dans son ensemble. Évaluer la question uniquement à travers cette possibilité est fondamentalement une question de ligne idéologique et politique. La question nationale kurde reste l’une des principales contradictions dans notre région. Sa résolution, que ce soit par tel ou tel moyen, ou la réduction de son intensité et de son urgence ne signifie pas nécessairement que d’autres contradictions dans notre région, ou même la contradiction principale, seront également résolues.

    Ceux qui fondent toute leur analyse et leur critique sur la « capitulation » et la « liquidation » exposent leur propre insécurité idéologique et politique. Plus important encore, ils révèlent leur tendance à lier l’ensemble du processus révolutionnaire exclusivement à la lutte de la nation opprimée, sans tenir compte de la lutte des classes au sens large.

    Comme tout mouvement national, le Mouvement national kurde peut, bien entendu, conclure des accords et des compromis avec l’ennemi qu’il combat. Cette possibilité existe depuis l’émergence du mouvement national et, à certains stades de la guerre, il est compréhensible que le mouvement reconnaisse et mette en avant cette possibilité comme une considération tactique. Cependant, le fait de se focaliser continuellement sur cette possibilité en tant que question principale reflète une approche problématique. Ce ne sont pas les possibilités qui doivent rester intransigeantes, mais les principes. Il est essentiel d’être inébranlable sur les principes tout en conservant une certaine flexibilité dans la formulation des politiques en fonction des conditions concrètes.

    Principe : le droit de faire librement sécession

    Tout d’abord, il est problématique qu’un droit fondamental tel que le droit à la libre sécession, qui découle de l’existence même d’une nation opprimée, fasse l’objet d’une renonciation, en particulier lorsque cette renonciation est exprimée par un seul individu (Öcalan) dans des conditions de captivité. De plus, criminaliser le fondement légitime et juste sur lequel repose la lutte de la nation opprimée, tout en proposant un compromis (ou un accord) avec la bourgeoisie dominante de la nation oppresseur, ne change pas la réalité : la nation kurde en Turquie reste une nation opprimée.

    Un autre aspect problématique de la déclaration d’Öcalan est son insistance sur ce que l’on appelle le « destin commun des Turcs et des Kurdes ». Cette rhétorique est fréquemment utilisée par les représentants de la nation oppresseur. Des expressions telles que « fraternité » et « nous sommes comme la chair et les os » ne servent qu’à masquer et à légitimer l’oppression exercée par la nation dominante sur la nation opprimée. La véritable fraternité entre les nations ne peut être discutée que lorsque la pleine égalité nationale est reconnue. Par conséquent, la véritable question n’est pas de renouveler et de renforcer une soi-disant « alliance turco-kurde », mais plutôt de mettre fin aux injustices historiques imposées à la nation kurde.

    Les Kurdes de Turquie existent en tant que nation et sont soumis à l’oppression nationale par la nation dominante. Les changements dans la forme ou les méthodes de cette oppression — que son intensité augmente ou diminue — ne nient pas le fait que les Kurdes sont une nation. Cela n’invalide pas non plus leurs demandes démocratiques légitimes et justes, en particulier leur droit à la libre sécession, qui découle de leur statut de nation.

    En général, la question nationale, et plus particulièrement la question nationale kurde, est en fin de compte une question de droits et de statut. Comme le terme lui-même le suggère, il ne s’agit pas uniquement d’un problème à résoudre sur une base de classe. Si sa résolution finale est liée à la lutte des classes, cela ne l’empêche pas de produire diverses « solutions » intermédiaires en cours de route. À l’époque de l’impérialisme et des révolutions prolétariennes, certaines questions nationales ont été, d’une manière ou d’une autre, « résolues » par l’intervention impérialiste.

    La demande de statut d’État, qui est au cœur de la question nationale en termes de garantie des droits nationaux et d’établissement d’un espace économique indépendant, peut prendre différentes formes. Elle peut évoluer vers des arrangements tels que l’autonomie ou la fédération, comme le montrent divers exemples historiques. En effet, l’établissement de droits culturels collectifs, d’un statut politique et de structures organisationnelles, notamment en ce qui concerne la langue, constitue un stade avancé du point de vue des critères nationaux. En ce sens, il s’agit d’un changement de statut. En outre, ces revendications sont les revendications démocratiques de la bourgeoisie nationale opprimée contre la bourgeoisie dominante de la nation oppresseur. La possibilité que ces revendications soient instrumentalisées par l’impérialisme ou cooptées pour d’autres intérêts n’invalide pas leur contenu démocratique. Dans notre cas spécifique, la solution à la question nationale kurde réside dans la réalisation des droits nationaux-collectifs de la nation kurde, y compris le droit à la sécession, à la fédération, à l’autonomie et aux droits culturels. Renoncer ou refuser d’exiger ces droits nationaux-collectifs ne signifie pas que la question nationale kurde a été résolue, ni que la contradiction entre les nations oppresseurs et opprimées a disparu.

    C’est pourquoi, dans son « Appel pour la paix et la société démocratique », Öcalan déclare que « la conséquence inévitable d’une dérive excessivement nationaliste, telle que la création d’un État-nation séparé, d’une fédération, d’une autonomie administrative et de solutions culturalistes, n’apporte pas de réponse à la sociologie de la société historique ». Si cette déclaration met en évidence une impasse dans la résolution de la question nationale, elle accepte aussi implicitement le privilège d’État de la nation turque tout en rejetant, même au sens démocratique bourgeois, le droit de la nation kurde à établir un État indépendant, qui découle de son statut de nation. Un tel point de vue est, bien entendu, inacceptable pour les communistes.

    En Turquie, la question nationale kurde n’est toujours pas résolue. Elle se poursuit avec toute son intensité. Contrairement aux affirmations d’Öcalan, la question des droits nationaux de la nation kurde en Turquie persiste.

    L’ère de la lutte armée est-elle terminée ?

    D’autre part, il est nécessaire de souligner la réalité suivante : lorsqu’il s’agit de résoudre la question nationale kurde, il faut se méfier des récits qui peuvent être formulés comme « déposer les armes et ouvrir la voie politique », récits qui ont également trouvé un écho dans les rangs du mouvement kurde. S’il est compréhensible que ceux qui se trouvent du côté de la nation oppresseur promeuvent de tels récits, ceux-ci n’ont aucune valeur réelle pour le prolétariat et les peuples opprimés du monde. Après tout, « si un peuple n’a pas d’armée, il n’a rien ! ». Il s’agit là d’un autre principe.

    Bien sûr, « la lutte politique démocratique au lieu de la lutte armée » est un choix. Mais ce qui est décisif, c’est de savoir si les conditions sont réunies pour un tel choix. Dans les circonstances actuelles en Turquie, en laissant de côté les obstacles bien connus à la « lutte politique démocratique », même les moindres miettes de démocratie bourgeoise ne sont plus tolérées. En Turquie, les conditions d’une « politique démocratique » ont toujours existé sur le papier, mais dans la pratique, elles n’ont aucun fondement réel. Le fascisme n’est pas seulement une forme de gouvernement, c’est le mode de gouvernance et l’essence même de la politique. C’est pourquoi la moindre revendication de droits ou toute lutte démocratique et révolutionnaire est accueillie par la terreur fasciste. Dans la période récente, sous le soi-disant « système présidentiel », le fascisme AKP-MHP a imposé une politique de répression fasciste contre toutes les demandes démocratiques, y compris la liberté d’expression. L’un de ceux qui ont fait l’expérience la plus aiguë de cette réalité est le national kurde.

    Il ne faut pas oublier que le mouvement national kurde a eu recours à la lutte armée parce qu’il n’y avait pas de voie pour la lutte démocratique, puisque le déni et l’anéantissement lui étaient imposés. Ce n’était pas seulement un choix, mais une nécessité dans les conditions de la Turquie et du Kurdistan turc. Il y a eu des mouvements nationaux kurdes qui n’ont pas pris les armes, mais qui n’ont pas pu échapper à la lourde répression du fascisme. Cette réalité, tout comme elle l’était dans le passé, reste valable aujourd’hui. L’existence de certains changements ne signifie pas que le fascisme a été éliminé ou que les contradictions, notamment la question nationale kurde, ont été résolues.

    D’autre part, la propagande qui assimile la lutte armée à un manque de stratégie politique sous couvert de « solution » et de « paix » est fondamentalement erronée. La lutte armée est, en soi, une forme de politique. Pendant des années, ceux qui ont avancé des arguments politiques sous prétexte de critiquer la lutte armée, tout en reconnaissant l’affirmation justifiée du « rôle de la force au Kurdistan », ne peuvent pas effacer le fait que la lutte armée est aussi une lutte politique.

    La recherche d’une réconciliation avec le fascisme conduit à des théories infondées telles que « la lutte armée n’est pas une lutte politique » et même que « la lutte armée entrave la lutte démocratique ». Comme la pratique l’a constamment démontré, « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Le rejet de cette réalité par ses praticiens indique leur position idéologique et leur décision actuelle de mener la politique par d’autres moyens.

    En outre, l’affirmation selon laquelle « l’ère de la lutte armée a pris fin » ne peut être qu’un rêve dans les conditions actuelles, où les préparatifs d’une nouvelle guerre impérialiste de division sont en cours, en particulier au Moyen-Orient. En outre, le processus a invalidé à plusieurs reprises la déclaration d’Öcalan selon laquelle « l’ère de la lutte armée a pris fin ». Par exemple, alors qu’Öcalan faisait cette déclaration en 2013, au même moment, la nation kurde remportait des succès grâce à une lutte armée à la vie à la mort contre Daesh au Rojava. En outre, il est évident qu’actuellement, au Rojava, il n’y a pas d’autre option que de répondre par la résistance armée aux attaques directes de la Turquie et de ses groupes mandataires. Comme ces réalités l’ont constamment prouvé, non seulement « l’ère de la lutte armée » n’est pas terminée, mais en particulier dans les conditions du Moyen-Orient, il est clair qu’elle reste une nécessité. Les vérités sont révolutionnaires et l’ère de la lutte armée n’est pas terminée. Dans la situation actuelle du système capitaliste impérialiste, avec les signes de l’émergence d’une nouvelle guerre de division, et dans la réalité d’aujourd’hui où le monde s’arme de plus en plus sous prétexte de « défense », les théories suggérant que l’ère de la lutte armée a pris fin pour le prolétariat, les peuples opprimés et les nations du monde sont, au sens le plus large, équivalentes à désarmer les opprimés et sont, bien sûr, inacceptables.

    Une « société démocratique » est-elle possible dans les conditions du fascisme ?

    Dans sa déclaration, Abdullah Öcalan évoque les relations turco-kurdes, parle d’un « esprit de fraternité » et propose une « société démocratique » et une « réconciliation démocratique » comme méthodes fondamentales pour trouver une solution. Cependant, sous le capitalisme, il n’y a pas de démocratie qui soit indépendante ou au-dessus des structures de classe. Chaque classe a sa propre conception de la démocratie et la met en œuvre en conséquence. Par conséquent, une « société démocratique » ou une « démocratie » ne peut être véritablement réalisée dans un système capitaliste dominé par la bourgeoisie. Une véritable démocratie populaire et une société démocratique ne peuvent exister que dans un État populaire, où le peuple détient le pouvoir.

    Il est illusoire d’attendre de l’État turc qu’il crée une « société démocratique ». L’approche fondamentale est erronée dès le départ. Même si l’appel à une « société démocratique » est lancé, la réalité reste que le processus se déroule à huis clos. Sans une explication publique complète de ce qui se passe, même la possibilité d’une « discussion démocratique » est hors de question. De plus, l’une des parties impliquées se trouve dans une situation d’isolement sévère. Avant toute chose, le lourd isolement imposé à Öcalan doit être levé et il doit être libéré. Si l’objectif est véritablement une société démocratique, Öcalan doit au moins bénéficier de conditions lui permettant de travailler librement et de communiquer sans restriction avec son organisation.

    Öcalan justifie son appel à la dissolution du PKK et au dépôt des armes en arguant qu’en Turquie, « le déni d’identité a été résolu » et « des progrès ont été réalisés en matière de liberté d’expression ». Cependant, il est évident pour tous qu’aucun progrès fondamental n’a été réalisé dans ces domaines. La soi-disant « reconnaissance » de l’existence des Kurdes est, au mieux, une reconnaissance superficielle. Même cette reconnaissance limitée n’a été obtenue qu’au prix d’une lutte qui a coûté d’innombrables vies. Il est donc clair qu’elle ne correspond à aucun statut concret en termes de résolution de la question nationale. En outre, à ce stade, la situation concernant la liberté d’expression est si sombre qu’elle ne laisse aucune place au débat.

    Le sujet qu’A. Öcalan néglige, ou plutôt qu’il évalue mal parce qu’il n’aborde pas la question d’un point de vue de classe, est la racine de la question nationale en général, et de la question nationale kurde en particulier. La question nationale kurde ne peut être réduite à des questions de déni d’identité et de liberté d’expression, et la nation kurde elle-même n’est pas la source de ce problème.

    Le problème réside dans l’oppression nationale imposée à la nation kurde. Cette oppression n’est pas seulement dirigée contre le peuple kurde en général, mais affecte l’ensemble de la nation kurde — à l’exception d’une poignée de grands propriétaires féodaux et de quelques grandes figures bourgeoises qui se sont pleinement intégrées aux classes dirigeantes turques. Les travailleurs kurdes, les paysans, la petite bourgeoisie urbaine et les petits propriétaires terriens continuent tous à souffrir de l’oppression nationale. À la suite de la lutte de la nation kurde, certaines concessions ont été faites dans la politique d’oppression nationale de la nation dominante, mais la politique d’oppression nationale se poursuit sans interruption. La question nationale kurde n’est toujours pas résolue. Dans notre région, la résolution de la question nationale kurde reste l’une des tâches de la révolution démocratique populaire. Dans les conditions du fascisme, il est impossible de parvenir à une résolution révolutionnaire de la question nationale kurde. Cependant, grâce à la lutte révolutionnaire-démocratique, certaines étapes peuvent être franchies. Soutenir des mesures progressistes qui contribuent à résoudre la question nationale kurde et d’autres contradictions majeures en Turquie et au Kurdistan turc, tout en intégrant ces réformes dans la lutte révolutionnaire, n’est pas incorrect.

    Cependant, propager les réformes comme une solution et, plus encore, prétendre que dans les conditions actuelles, la nation kurde a exercé son droit à l’autodétermination, est tout à fait trompeur. Öcalan, dans sa déclaration, affirme qu’« il n’y a pas de voie non démocratique pour la construction et la mise en œuvre du système. Il ne peut y en avoir. La réconciliation démocratique est la méthode fondamentale ». Dans le monde d’aujourd’hui, dans la réalité de la société de classes, ce point de vue est fondamentalement erroné. Dans la réalité des divisions de classe, le concept de démocratie est également basé sur les classes. L’ordre mondial capitaliste impérialiste, qui repose sur le système de la propriété privée, et la réalité de l’État en Turquie et au Kurdistan turc, prouvent que l’État n’est rien d’autre qu’un « instrument d’oppression d’une classe sur une autre. » Même les démocraties bourgeoises sont de plus en plus contestables dans les conditions actuelles.

    Dès sa création, la démocratie bourgeoise en Turquie et au Kurdistan turc a revêtu un caractère fasciste. « Notre pays n’a jamais vraiment connu la vraie démocratie bourgeoise, il n’en a goûté que quelques miettes. » (İbrahim Kaypakkaya, Collected Works, Nisan Yayımcılık.)

    Ainsi, au-delà des autres contradictions, l’émergence de la question nationale kurde et la politique d’oppression nationale imposée à la nation kurde ont été menées sous le couvert de la « démocratie ».

    L’émancipation, la liberté et l’indépendance de la classe ouvrière turque, du peuple ouvrier et de la nation kurde ne peuvent être obtenues au sein du système ou par le biais de sa soi-disant démocratie. La lutte pour la libération des peuples turcs et kurdes, ainsi que de diverses autres nationalités et confessions, ne dépend pas de la « réconciliation démocratique », mais nécessite des méthodes et des outils de lutte en dehors du système. Ce n’est pas une question de choix mais de nécessité historique.

    Le fascisme de la République de Turquie doit être pris pour cible !

    À ce stade, l’État turc, qui avait qualifié Öcalan de « chef terroriste », le présente désormais comme une figure prônant la paix et la recherche d’une solution. Bien que la propagande médiatique de l’État présente ce processus comme l’« élimination du terrorisme », des discussions émergeront en même temps, tant au niveau national qu’international, sur les obligations de l’État turc, la démocratisation et les mesures qu’il doit prendre.

    En effet, dans la note transmise au public par Sırrı Süreyya Önder — bien qu’absente de la déclaration officielle d’Öcalan (probablement parce que l’État turc n’a pas permis qu’elle soit incluse), Öcalan souligne ce que l’État turc doit faire en échange de l’« accord » conclu. Il évoque des changements juridiques et constitutionnels qui garantiraient les droits politiques de la nation kurde, soulignant que le processus de désarmement et de dissolution du PKK devrait être synchronisé avec des réformes juridiques démocratiques dans le pays. Ces demandes, dans les conditions du fascisme, sont indéniablement « progressistes » et « démocratiques ». Qu’elles soient mises en œuvre est une tout autre question.

    Indépendamment des calculs du fascisme turc, ces revendications doivent être soutenues et défendues.

    En général, en ce qui concerne la question nationale, et plus particulièrement la question nationale kurde, le prolétariat conscient de sa classe a une position claire. Elle vaut d’être réitérée :

    « […] Quelle que soit sa nationalité, le prolétariat turc conscient de sa classe soutiendra inconditionnellement et sans équivoque le contenu démocratique général du mouvement national kurde qui cible l’oppression, la tyrannie et les privilèges des classes dominantes turques, cherche à abolir toutes les formes d’oppression nationale et vise à l’égalité des nations. De même, il soutiendra inconditionnellement et sans équivoque les mouvements des autres nationalités opprimées dans la même direction.

    […] Quelle que soit sa nationalité, le prolétariat turc, conscient de sa classe, restera entièrement neutre dans les luttes menées par la bourgeoisie et les propriétaires terriens de diverses nationalités pour obtenir leur propre supériorité et leurs privilèges. Le prolétariat turc conscient de sa classe ne soutiendra jamais les tendances du mouvement national kurde qui cherchent à renforcer le nationalisme kurde ; il ne soutiendra jamais le nationalisme bourgeois ; il ne soutiendra jamais les luttes de la bourgeoisie kurde et des propriétaires terriens pour garantir leurs propres privilèges et leur supériorité. En d’autres termes, elle ne soutiendra que le contenu démocratique général du mouvement national kurde et n’ira pas au-delà ». (İbrahim Kaypakkaya, Collected Works, Nisan Yayımcılık, p. 194.)

    En conclusion, un nouveau processus a débuté dans le contexte de la question nationale kurde avec l’appel d’Abdullah Öcalan. Le facteur distinctif de ce processus par rapport aux précédents est la nouvelle orientation politique mise en œuvre par la bourgeoisie compradore turque sous le discours de la « consolidation du front intérieur ».

    C’est pourquoi il faut reconnaître que ce processus comporte des risques non seulement pour le mouvement national kurde, mais aussi pour le fascisme de la République de Turquie. L’équation de la solution ou de la dissolution n’est pas seulement une question pour le mouvement national kurde, mais aussi un sujet de préoccupation pour l’État turc lui-même.

    La question fondamentale est ici que le « le bout pointu de la flèche » ne doit pas être dirigé contre le Mouvement national kurde ou Abdullah Öcalan, mais contre le fascisme turc. L’origine et la cause de la question nationale kurde sont le fascisme de la République de Turquie, la dictature fasciste de la bourgeoisie compradore turque.

    Le fascisme de la République de Turquie est en crise. En raison de cette crise, il cherche à se « réconcilier » avec le Mouvement national kurde. Dans ces conditions, il est nécessaire d’être solidaire du Mouvement national kurde.

    La critique, bien sûr, est possible et même nécessaire. Cependant, l’ennemi principal ne doit pas être oublié, l’accent doit rester sur la lutte révolutionnaire des peuples de Turquie, y compris les nations turque et kurde, ainsi que diverses nationalités et communautés religieuses.

    La question de savoir si « l’appel du siècle » aboutira à une solution ou à une dissolution sera en fin de compte déterminée par le processus en cours et la lutte elle-même. Il est donc nécessaire que l’opposition démocratique révolutionnaire ne reste pas indifférente, mais intervienne activement dans le processus.

    Renvoyer la solution de la question nationale kurde à la révolution sous le couvert d’une « vraie solution », invoquer le droit à la libre sécession tout en négligeant la dynamique actuelle de la question, c’est se déconnecter de la réalité politique du moment. Une telle approche est inacceptable du point de vue des intérêts de la révolution démocratique populaire en Turquie. La question ne doit pas être réduite à une simple question de pouvoir, mais doit être appréhendée avec clarté idéologique.

  • Quelle libération en Syrie ?

    Introduction

    Le mercredi 27 novembre dernier, l’Organisation de libération du Levant (Hayat Tahrir al-Cham, HTC), a lancé une vaste offensive contre les positions du régime de Bachar al-Assad. Le vendredi 29 novembre dernier, le HTC est rentré dans Alep, et le lendemain, il contrôlait la ville alors que les troupes gouvernementales se retiraient. Actuellement, le HTC continue son offensive vers Damas, conjointement avec l’Armée nationale syrienne. Le HTC et l’Armée nationale syrienne sont aujourd’hui les deux principales forces antigouvernementales en Syrie.

    Fondé en 2017, le HTC est issu directement du Front Fatah al-Cham, qui est la scission d’Al-Qaïda en Syrie (le Front al-Nosra) d’Al-Qaïda en 2016 ; et de la fusion de divers groupes islamistes, dont certain issus de la décomposition de l’État islamique en Syrie. Depuis sa fondation, le HTC contrôle Idlib et dirige le Gouvernement de salut syrien.

    Le HTC a profité de l’état de faiblesse du Hezbollah au Liban et de la Russie (soutiens du régime de Bachar al-Assad), affaiblis dans leur guerre respective contre Israël et contre l’Ukraine, pour lancer son offensive sur une ligne de front alors figée depuis plus de 5 ans. Cependant, le HTC se prépare à une telle offensive depuis au moins 2020. La débandade des troupes gouvernementales, n’opposant aucune résistance sérieuse aux troupes rebelles à Alep, a stupéfait autant les observateurs internationaux que syriens — dont le régime de Bachar al-Assad lui-même.

    L’avancée fulgurante de HTC en Syrie, et la perspective prochaine de voir le régime de Bachar al-Assad chuter après plus d’une décennie de guerre civile, ont suscité beaucoup de réactions.

    La « libération nationale » ?

    Pourquoi défendre la lutte de libération nationale de HTC en Syrie ?

    Dans un précédent article1, nous avons posé la question « pourquoi défendre la libération nationale », et nous avons ainsi défini ce qu’est une lutte de libération nationale, et pourquoi les communistes doivent en tout lieu et en tout temps être à l’avant-garde de celles-ci. Les communistes doivent se battre avec et à la place de la bourgeoisie pour le contenu démocratique de la libération nationale, dont la révolution communiste a besoin. Sans révolution démocratique là où elle est nécessaire, la révolution communiste est impossible — d’une part, elle n’est tout simplement pas à l’ordre du jour politique des masses, et d’autre part, le développement du mouvement communiste est freiné par l’absence de droits démocratiques. Lorsque la bourgeoisie abandonne les tâches révolutionnaires bourgeoises, le prolétariat doit s’en emparer et les réaliser.

    La libération nationale, au sens marxiste, est une lutte nationale démocratique. Mais toutes les luttes nationales ne sont pas des luttes démocratiques, c’est-à-dire que toute libération d’une nation n’est pas une libération nationale au sens où nous l’entendons. Il peut exister des luttes de libération nationale qui ne sont pas des luttes démocratiques, c’est-à-dire dont le contenu démocratique est secondaire, et dont le contenu compradore ou féodal est principal. Cependant, ces luttes ne sont alors généralement pas qualifiées de « libération nationale », parce qu’elles laissent alors les communistes indifférents. Pourquoi ? Parce que cette « libération » n’est pas démocratique, elle est la libération d’une fraction des classes réactionnaires contre une autre.

    La lutte de « libération nationale » de HTC en Syrie est une de ces luttes.

    La Syrie est une semi-colonie dominée par les impérialismes russe et chinois, et disputée par les impérialismes occidentaux. La Syrie est un lieu de lutte directe entre les impérialistes challengers (russe et chinois) et les impérialistes hégémoniques (occidentaux), qui est à ce titre analogue à l’Ukraine.

    En toute circonstance, les communistes doivent appliquer une analyse de classe. La Syrie est aujourd’hui un pays semi-colonial, dominé par le capitalisme compradore (bureaucratique) et les vestiges féodaux.

    Quelles sont les classes en lutte aujourd’hui en Syrie ? L’État syrien que dirige Bachar al-Assad représente la bourgeoisie bureaucratique compradore. Le HTC représente les féodaux. Ni la bourgeoisie bureaucratique compradore de l’État syrien, ni les féodaux de HTC ne portent un contenu démocratique, car ce ne sont que deux classes réactionnaires en lutte pour la domination de la Syrie, c’est-à-dire la gestion du capitalisme compradore (bureaucratique).

    Qu’est-ce que le « capitalisme semi-féodal » ? Comment le capitalisme peut-il être « semi-féodal » ? Prochainement, un article dédié au problème de la relation entre féodalisme et libération nationale donnera une réponse satisfaisante à ces questions. Cependant, nous pouvons déjà affirmer ce qui suit :

    Le mode de production féodal a disparu avec l’apparition et l’extension mondiale du mode de production capitaliste. Cependant, dans les pays semi-coloniaux, le capitalisme qui s’est développé est un capitalisme semi-féodal, à la campagne. Ces pays sont semi-coloniaux semi-féodaux, parce que leurs modes de production sont le capitalisme semi-colonial et le capitalisme semi-féodal. Dans ce dernier, des élites sociales précapitalistes, issues du mode de production féodal, dominent toujours. Ces élites sociales dites « féodales » sont les propriétaires terriens. Dans les semi-colonies, même lorsque le capitalisme semi-féodal cesse d’être dominant à la campagne (par exemple, des suites d’une réforme agraire), et que le capitalisme compradore (bureaucratique) devient dominant sur tout le territoire (y compris à la campagne), les rapports de production semi-féodaux et les élites féodales peuvent subsister dans des vestiges féodaux.

    En Syrie, les élites féodales sont les chefs religieux et les chefs tribaux (cheiks). Ce sont les élites féodales syriennes qui sont la direction politique de HTC.

    La lutte nationale de HTC n’a pas de contenu démocratique, elle est principalement réactionnaire.

    Soutenir le HTC dans sa lutte contre le régime de Bachar al-Assad, c’est soutenir une alliance dirigée par des élites féodales dans sa lutte contre la bourgeoisie bureaucratique compradore, c’est-à-dire prendre parti dans la lutte réactionnaire entre deux classes dominantes pour la domination du semi-colonialisme en Syrie. Le HTC n’a pas d’autres projets que d’intégrer la bourgeoisie bureaucratique compradore et de devenir sa fraction dominante à la place de celle de Bachar al-Assad.

    La lutte de libération nationale de HTC n’est pas une lutte démocratique. Elle n’est dirigée que contre la fraction au pouvoir de la bourgeoisie bureaucratique compradore, et ne subvertit en rien le semi-colonialisme. Est-ce que le HTC combat l’impérialisme, le capitalisme compradore (bureaucratique) et les vestiges féodaux ? Non. Au contraire, il se propose d’être leur nouveau champion en Syrie.

    Le « moindre réactionnaire » ?

    Certains communistes défendent que soutenir la lutte réactionnaire d’une classe réactionnaire serait justifié en Syrie par l’ignominie du régime de Bachar al-Assad. Si personne ne peut contester ladite ignominie, cela ne représente en rien un argument de classe, c’est-à-dire la justification d’une position révolutionnaire !

    Les spéculations selon lesquelles le HTC serait préférable au régime de Bachar al-Assad ne sont basées sur rien de sérieux, et surtout, sur aucune analyse de classe ! Le HTC promet de respecter les minorités religieuses et de mettre fin au régime de terreur de Bachar al-Assad, mais depuis quand les communistes sont-ils réduits à écouter et croire les promesses qu’une classe réactionnaire fait dans sa lutte pour l’accession au pouvoir ?

    Les communistes doivent défendre l’autonomie politique de classe du prolétariat, et ne pas se rabaisser à soutenir le « moindre réactionnaire », qui finit toujours par ne plus être « moindre ». Lorsque des tâches révolutionnaires démocratiques existent, comme c’est le cas dans les pays (semi-)coloniaux, (semi-)féodaux ou fascistes, les communistes doivent adapter leur stratégie révolutionnaire aux conditions concrètes de la lutte. Dans la révolution démocratique, les communistes peuvent s’allier avec la bourgeoisie progressiste pour réaliser les tâches démocratiques. Mais cette alliance, ce n’est jamais soutenir une classe moins réactionnaire qu’une autre dans sa lutte réactionnaire. Premièrement, les communistes ne doivent défendre que ce qu’il y a de progressiste dans la lutte de la bourgeoisie, c’est-à-dire sa lutte pour les droits démocratiques (contre l’oppression nationale, le féodalisme ou le fascisme). Deuxièmement, les communistes ne doivent jamais se placer sous la direction de la bourgeoisie progressiste, c’est-à-dire ne jamais sacrifier l’autonomie politique de classe du prolétariat. Les communistes doivent mener la lutte démocratique pour leurs propres fins, et dans celle-ci ils doivent trouver autant d’alliés que possible, mais ils doivent diriger leur alliance pour que celle-ci serve leurs fins. Aucune analogie avec la stratégie du front uni démocratique ne peut justifier de soutenir « le moindre réactionnaire ».

    Choisir le « moindre réactionnaire », ce n’est jamais une position révolutionnaire, et ce n’est jamais une position scientifique non plus. Croire sur parole ce qu’affirme le HTC, ce n’est ni plus ni moins qu’un exercice de pensée désidérative (wishful thinking), c’est-à-dire accorder du crédit au HTC parce que nous désirons qu’il soit préférable à Bachar al-Assad, et non pas parce que nous avons de bonnes raisons de le penser. Cela revient à ignorer l’analyse de classe et à lui préférer les discours. Bien sûr, l’horreur réactionnaire du régime de Bachar al-Assad rend compréhensible une telle déviation, mais le rôle des communistes est précisément de maintenir une position de classe révolutionnaire. Sinon, nous sommes condamnés à abandonner toute stratégie et à nous contenter d’allers-retours permanents entre « moindres réactionnaires ».

    Par exemple, pendant la 1re Guerre mondiale inter-impérialiste, il est vrai que la IIIRépublique était moins réactionnaire que le IId Reich, et il est vrai aussi que le IId Reich était moins réactionnaire que l’Empire tsariste. Idem, pendant la Guerre froide, il est vrai que l’URSS révisionniste et social-impérialiste était moins réactionnaire que les USA. Alors, que faire ? Pendant la 1re Guerre mondiale inter-impérialiste, aurait-il fallu défendre la guerre de l’impérialisme français contre l’impérialisme allemand, et la guerre de l’impérialisme allemand contre l’impérialisme russe ? Pendant la Guerre froide, aurait-il fallu défendre le révisionnisme et le social-impérialisme soviétique contre l’impérialisme américain ? Non.

    La différence entre l’alliance et la liquidation, entre le compromis tactique et la compromission stratégique, c’est l’autonomie politique de classe.

    La « résistance islamiste » ?

    Certains communistes inscrivent le HTC dans la continuité d’un mouvement de résistance islamiste au Moyen-Orient, notamment parce que celui-ci a affirmé son soutien au Hamas et au Jihad islamique palestinien (JIP).

    Dire qu’une organisation est « islamiste », c’est ne rien dire. Pas seulement parce que ce terme amalgame une infinie diversité religieuse et politique, mais parce qu’il ne nous dit rien de la nature de classe de l’organisation en question.

    Ainsi, le Hamas est un mouvement nationaliste bourgeois ; le JIP est un mouvement nationaliste petit-bourgeois ; l’État islamique en Syrie et en Irak est (pour ce qu’il en reste) un mouvement fasciste-féodal ; et les talibans, Al-Qaïda et le HTC sont des mouvements féodaux.

    Si chacun de ces mouvements peut être qualifié de « mouvement de résistance », la nature de classe de cette résistance diffère entre chacun d’eux, et avec elle, l’existence ou l’absence d’un contenu démocratique. Un mouvement de résistance peut être progressiste ou réactionnaire, c’est-à-dire mener une lutte démocratique de libération nationale ou non, selon sa nature de classe.

    Par exemple, voilà ce que nous dit le Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan sur le mouvement de résistance des talibans :

    « Le C(M)PA ne considère pas les luttes armées des talibans contre les occupants américains et leur régime fantoche comme des luttes armées de libération nationale, mais les considère comme une guerre de résistance réactionnaire qui cherche à mettre fin à la situation coloniale du pays afin de préserver une situation semi-coloniale.

    […]

    Il est évident pour nous que les luttes armées menées par les différents groupes d’Al-Qaïda et de l’État islamique contre les forces américaines et russes dans un certain nombre de pays arabes ne sont pas des “luttes armées de libération nationale”, mais plutôt une résistance réactionnaire contre elles. […] »2

    De plus :

    « Les forces réactionnaires panislamistes telles que l’État islamique, Al-Qaïda, les talibans d’Afghanistan et du Pakistan, ainsi que les mouvements islamistes qui s’appuient sur ces forces et en sont proches dans d’autres pays du Grand Moyen-Orient, y compris en Afrique du Nord, ailleurs en Afrique et en Asie centrale, [sont les] représentant [des] intérêts du féodalisme et de la bourgeoisie compradore, soit en guerre contre les forces d’occupation impérialistes, soit en relation avec les États réactionnaires de la région […]. »3

    Comme vu plus haut, la nature de classe de HTC et de sa lutte le distingue nettement d’autres mouvements islamistes du Moyen-Orient, comme le Hamas et le JIP, qui mènent une lutte démocratique de libération nationale. Le Hamas et le JIP luttent contre le colonialisme en Palestine, le HTC ne lutte pas contre le semi-colonialisme en Syrie. Le Hamas et le JIP sont respectivement bourgeois et petits-bourgeois, le HTC est féodal. La lutte du Hamas et du JIP représente les intérêts matériels et politiques des masses populaires palestiniennes, la lutte de HTC représente les intérêts des féodaux syriens.

    Évidemment, une partie des masses syriennes est engagée dans le HTC, ou le soutient, mais cela ne change pas sa nature de classe, c’est-à-dire les intérêts qu’il représente : ce qui importe, c’est sa direction politique. Par exemple, une partie des prolétaires et des petits bourgeois palestiniens sont engagés dans le Hamas, ou le soutiennent, mais cela ne change pas sa nature bourgeoise, parce que sa direction politique est bourgeoise.

    Du point de vue révolutionnaire communiste, mais aussi du point de vue des masses syriennes, la victoire éventuelle de HTC ne serait pas une avancée par rapport au statu quo.

    1 « Pourquoi défendre la libération nationale ? », Unité communiste, 4 juillet 2024.

    2 « A Glimpse at the Joint International Statement of the Eight Latin American Maoist Parties and Organizations », Shola Jawid, juin 2018.

    3 Ibidem.

  • ICOR : Résolution du webinaire du front uni anti-impérialiste et antifasciste

    ICOR : Résolution du webinaire du front uni anti-impérialiste et antifasciste

    Résolution du webinaire du front uni anti-impérialiste et antifasciste avec plus de 100 participants d’au moins 25 pays le 15 mai 2022

    Après presque trois mois de guerre injuste contre l’Ukraine, les participants sont d’accord : cette guerre doit cesser immédiatement ! Nous condamnons l’agression impérialiste de la Russie, qui a déclenché la guerre avec l’invasion de l’Ukraine. Nous condamnons la provocation impérialiste de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, qui se poursuit depuis des décennies. Pendant des années, des milliards ont été injectés en Ukraine afin d’étendre les armements de ce pays. Les États-Unis ont 800 bases militaires dans le monde entier afin d’imposer leur domination mondiale, et ils continuent d’être le principal fauteur de guerre dans le monde.

    Avec la livraison continue d’armes lourdes et le changement de l’objectif de la guerre par une victoire de l’Ukraine, la grande menace d’une 3e guerre mondiale, avec le potentiel de devenir une guerre nucléaire, est devenue très réelle et proche.

    Nous sommes solidaires de la lutte héroïque du peuple ukrainien contre l’invasion barbare de l’impérialisme russe. Cependant, nous distinguons clairement les masses et le gouvernement ultra-réactionnaire de Zelensky, qui coopère ouvertement avec les fascistes. Nous sommes solidaires de tous les camarades et organisations internationalistes en Russie, qui s’opposent à cette invasion dans des conditions les plus difficiles. Aux camarades des deux pays, nous disons : continuez votre travail, mais protégez également vos organisations et continuez à les développer dans les nouvelles conditions.

    Nous exigeons le retrait de toutes les troupes russes d’Ukraine et des troupes de l’OTAN de la frontière russe et de l’Europe de l’Est. Tous ceux qui ont causé cette guerre doivent payer les dommages. La guerre a exacerbé la crise environnementale et l’approvisionnement alimentaire à un point tel que des vies sont menacées. Cela provoquera des soulèvements de la faim, que nous devrons reprendre dans notre lutte.

    Nous voulons tous promouvoir la construction du front uni anti-impérialiste et antifasciste avec encore plus de vigueur. Nous combinons cela avec la construction de nos organisations révolutionnaires et diffusons la perspective d’un avenir socialiste. Alors les guerres impérialistes, la réaction interne, l’exploitation et l’oppression des travailleurs prendront fin. Gagnons la jeunesse pour cela.

    Résistance active contre la menace d’une 3ème guerre mondiale, contre la militarisation de la société, la répression, le (social-)chauvinisme et l’anticommunisme contre tout ce qui est progressiste ! L’épine dorsale de la résistance active sont les travailleurs du monde ; ses forces les plus actives sont la jeunesse !

    Nous condamnons également la politique israélienne sioniste et impérialiste contre le peuple palestinien et le meurtre de la journaliste Shireen Abu Akleh et l’attaque provocatrice et méprisante lors de ses funérailles.

    Nous continuons à condamner fermement les attaques de la Turquie fasciste contre le mouvement de libération kurde et les attaques contre le nord de l’Irak et le nord de la Syrie, qui violent le droit international.

    Nous prévoyons les activités suivantes :

    Faisons du 6 août (jour de commémoration d’Hiroshima) une journée internationale de lutte contre la mort nucléaire ! Retrouvons-nous pour le prochain webinaire le 24 juillet 2022, pour discuter du contenu, faire des préparatifs et échanger nos expériences sur les activités prévues.

    Nous soutenons le processus préparatoire de la Conférence mondiale des femmes en Tunisie, qui se déroulera à Tunis du 3 au 10 septembre. Dans ce cadre, une première mesure est le soutien des camarades femmes russes, qui organisent une journée d’action le 22 mai contre la répression du mouvement des femmes en Russie, sous le slogan « Le féminisme n’est pas toxique ». (Voir le précédent article du blog)

    Vive la solidarité internationale !

    Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !

  • Prolétaire Debout n°11 – Octobre 2019

    Prolétaire Debout n°11 – Octobre 2019

    Bulletin de l’Union Prolétarienne marxiste-léniniste

    Troupes turques, hors de Syrie, 

    hors du Rojava !

    Une vague de protestations parcourt toute la planète pour stopper le génocide des kurdes et empêcher la destruction du mouvement le plus progressiste que la région ait jamais connu. 

    Face à cela, les gouvernements des pays impérialistes veulent jeter un écran de fumée sur cette guerre d’agression. Les medias à leur service, la qualifient d’ « offensive » alors qu’il s’agit d’une attaque délibérée d’un Etat contre un autre Etat, la Syrie. Peu importe ce qu’on pense du régime d’Assad, la Syrie a droit aussi à sa souveraineté territoriale. Les pays comme la France et les USA n’en parlent pas; ils l’ont eux-mêmes violée en y envoyant des centaines d’hommes des « forces spéciales » ! 

    Erdogan a eu le feu vert !

    Trump en retirant les troupes US donnait le feu vert à fasciste Erdogan. Stoltenberg, secrétaire de l’OTAN, alliance militaire agressive dont fait partie la Turquie déclarait : « Il faut agir avec modération. »   C’est clair, ils soutiennent les agresseurs aujourd’hui comme il y a quelques mois quand les troupes turques avaient franchi la frontière pour occuper la région d’Afrin. 

    Macron s’indigne devant les caméras, réclamant une « réunion d’urgence du  conseil de sécurité de l’ONU » et le ministre des affaires étrangères Le Drian réclame aussi « une réunion de la coalition anti Daesh » dont fait partie la Turquie et des régimes réactionnaires qui ont soutenu les djihadistes. Ils savent qu’en gros les relations « positives« , politiques et économiques, que la France  a avec la Turquie seront préservées. La France comme les autres impérialismes ménage Erdogan espérant s’en faire un allié contre les autres.

    Qui sont les « terroristes »?

    Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) — une alliance de kurdes et d’autres populations locales — ont lutté en première ligne contre Daesh et l’ont vaincu quasiment seuls. Une fois le territoire kurde libéré, ils ont reconstruit leur pays, appliquant l’égalité homme/femme,  la laïcité, le respect de l’environnement avec leur propre administration démocratique. Actuellement, ils sont bombardées par l’aviation et l’artillerie turques; en route pour une annexion pure et simple, l’armée occupe des villes du Rojava. 

    Soutenons les Forces Démocratiques Syriennes !

    Les FDS sont le fruit magnifique de la résistance populaire –« le printemps arabe » en 2011 —  à la dictature sanglante de Bachar El Assad. Elles ont conquis leur indépendance face aux interventions étrangères de Daesh, des USA, de l’UE et de la Russie, au prix du sang. 11 000 combattants et combattantes sont tombés pour leur liberté ! Et pour notre liberté !

    La lueur d’espoir, cette société en gestation au Rojava, les réactionnaires veulent l’écraser. Pas plus qu’en Palestine les grandes puissances impérialistes ou des voisins tout aussi impérialistes comme la Turquie ne reconnaissent les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tant pis si se produit un génocide, une épuration ethnique comme dans l’ex-Yougoslavie. Et maintenant, Le Drian s’étonne que les djihadistes détenus par les FDS soient libérés par les bombardements et l’armée turcs. Les politiciens bourgeois de tout bord connaissaient la présence des ces groupes fascistes quand ils ont laissé faire Erdogan!!

    En quoi cela nous concerne-t-il ?

    Ce conflit, comme beaucoup d’autres, n’est pas un conflit local, régional. La responsabilité du régime syrien est importante, mais les impérialistes de tout bord ont participé à faire de cette région du Proche Orient un baril de poudre : soif de pétrole, soutien aux régimes réactionnaires (Emirats, Qatar, Arabie Saoudite, Israël), interventions militaires et boycotts économiques, etc.

    Quand la liberté recule, quand les inégalités progressent, quand la force et le profit justifient la guerre, quand l’environnement est détruit, c’est une défaite pour  toute l’humanité. 

    C’est la paix mondiale qui est menacée. Tous les grands profiteurs industriels et financiers poussent à la guerre. Leurs Etats capitalistes-impérialistes rivalisent pour le contrôle de la Syrie et pour écraser Rojava. 

    Il y a plus d’un siècle, Jaurès disait : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage« .

    Construire un Front anti-impérialiste!

    Avec l’ICOR (la Coordination Internationale des partis et Organisations Révolutionnaires), l’Union Prolétarienne ML dénonce l’agression et les complices de l’agression !

    En janvier 2019, l’ICOR déclarait : « Depuis le début, l’ICOR se tient aux côtés de la lutte de libération du peuple kurde… Aucune lutte de libération ne doit se trouver seule et isolée !… La coopération et la coordination mondiales des luttes pour la paix, la liberté, le socialisme, dans la préparation de la révolution socialiste internationale sont à l’ordre du jour. 

    Nous appelons à créer et à rejoindre les comités de soutien pour aider politiquement et financièrement la résistance. Nous appelons toutes les organisations progressistes, tous les comités antiguerre à se mobiliser et à mobiliser autour d’eux pour faire échouer les plans des impérialistes. 

    Nous appelons à nous rapprocher les uns des autres pour construire un Front Uni International Anti Impérialiste, contre la guerre et contre le fascisme.

    Seule la solidarité active internationale avec les peuples en lutte pour leur liberté peut arrêter les fauteurs de guerre

    La guerre, l’armement – la France complice : Les ventes d’armement français, 3ème exportateur mondial, ont progressé de 30% en 2018. Le Proche et le Moyen-Orient restent la première région d’exportation de la France. Les marchands d’armes ont gagné 594,5 millions d’euros de commandes en dix ans de la Turquie fasciste. 

    La « trêve » en Syrie du Nord-Est – NON au diktat impérialiste !
    Cette « trêve » du 17/10 n’est pas observée par l’armée turque – l’agression continue !. Erdoǧan exige cependant que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) se retirent d’une « zone de sécurité » d’une profondeur de 30 km tout le long de la frontière syrienne. Zone qui serait ensuite contrôlée par l’armée turque.
    Trump et Erdoǧan exigent rien de moins que la reddition complète de la Fédération démocratique du nord-est de la Syrie devant l’invasion. Selon cette « trêve », ce n’est pas l’agresseur qui doit se retirer mais l’agressé !
    Les porte-paroles des FDS ont déclaré qu’ils respectaient le cessez-le-feu, qu’ils soutiennent la paix. Mais  les FDS n’accepteront pas un retrait de la région suivi de l’occupation turque. Trump et Erdoǧan veulent affaiblir la résistance!
    L’objectif des actions des différentes puissances impérialistes — en particulier des impérialismes américain, russe et turc — vise à se repartager les futures sphères d’influence en Syrie, à  liquider la Fédération démocratique du nord-est de la Syrie. Il est légitime que les forces kurdes exploitent tactiquement les contradictions entre les puissances impérialistes. Aucune confiance dans les impérialistes ! La lutte pour le Rojava continue !

    Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste Membre de la Coordination Internationale des Partis et Organisations Révolutionnaires (ICOR) : www.icor.info    contact-upml@riseup.net  blog : upml.org

  • Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Dimanche dernier, le président de l’État turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé une offensive contre le Rojava, état autonome contrôlé par les forces démocratiques syriennes, coalition politique et militaire de différentes forces dont la plus influente est le YPG/YPJ, bras militaire du PYD Kurde.

    Ce n’est pas une première, l’an dernier déjà, le régime fasciste turc a mené des opérations contre le canton d’Afrin, son objectif étant d’écraser le Rojava. En effet, cette zone représente tout ce que les réactionnaires turcs ont en horreur: l’autonomie des kurdes au bord de la frontière Turque, et des revendications politiques progressiste en contradiction avec les intérêts des fascistes turcs dans la région.

    Le Moyen-Orient est une véritable poudrière, et, depuis toujours, un champ de bataille où les puissances impérialistes se disputent les zones d’influence. La question du nord Syrien est dès lors un sujet épineux entre ces puissances. Les États-Unis ont apporté un soutien matériel aux FDS, afin de combattre Daech, et ont mis en place une zone de sécurité entre le Rojava et l’état Turc, en espérant créer une zone tampon. Cette zone militaire permet aux Américains de se rapprocher de l’ennemi principal des intérêts Américains du continent, l’état Iranien. Les FDS ont accepté cette alliance de circonstance comme aide matérielle bienvenue dans le combat contre les fascistes djihadistes, vu le risque de l’isolation totale face à Daech et aux Turcs, mais aussi comme moyen de pression sur l’état Syrien qui jongle dangereusement entre l’alliance de fait et l’opposition armée contre les FDS selon les circonstances tactiques de la guerre.

    L’état Turc, avancent leurs pions de manière à prendre le contrôle de cette région, pour taire la contestation au régime fasciste, et étendre leur influence, dans un projet de restauration de la suprématie Turque, dans un esprit digne des fascistes génocidaires Jön Türk. Les FDS doivent, pour les impérialistes, se soumettre et servir leurs intérêts sans conditions, ou être exterminés par les Turcs. Permettre la création d’une région autonome en Syrie, qui exporte des idéologies progressistes dans le continent, présente sur le long terme une grande menace pour les forces impérialistes.

    Erdogan représente un danger mortel, car il manie parfaitement les opérations de marketing géopolitique qui iront dans son sens avec l’accord tacite des impérialistes. Les fascistes Turcs courtisent les états-unis pour trouver un terrain d’entente qui livrera le Nord Syrien aux milices djihadistes et à l’armée Turque, conduisant les peuples de la région, Kurdes, Arabes, Assyriens, Yézidis, etc. à l’extermination pure et dure, et à la soumission aux néo-Ottomans.

    Assad, dans son jeu d’opportunisme réactionnaire et son lien fondamental avec les impérialistes Russes et Chinois, se présente comme un allié de circonstance potentiel qu’il ne faut pas négliger. Face aux Turcs et ses milices fascistes, l’état Syrien aura la responsabilité de joindre les opérations militaires avec les FDS pour créer une zone tampon contre les Turcs, au risque de vendre la Syrie aux djihadistes. Les Américains et les forces européennes n’hésiteront pas à livrer la Syrie au plus offrant tant que le montant des gains est suffisant, et Erdogan est leur partenaire le plus prometteur.

    Il est certains que nos camarades qui se battent sur place contre la barbarie fasciste, ainsi que les peuples du territoire Syrien auront à traverser encore bien des épreuves, nous, communistes, avons le devoir de soutenir les peuples opprimés, en combattant notre propre bourgeoisie, notre propre impérialisme, la France jouant un rôle important dans la déstabilisation de la région, l’héritage du protectorat français de Syrie est encore chaud dans l’esprit de nos bourreaux.

    Nous dénonçons la politique génocidaire du régime fasciste d’Erdogan, et nous dénonçons la volonté des impérialistes d’asservir les peuples du Moyen-Orient par l’outil formidable que représente pour eux les forces fascistes.

    Nous continuerons de soutenir nos camarades et les peuples opprimés, pour la libération totale et inconditionnelle des peuples face aux réactionnaires et aux impérialistes de tout bords.

    A bas le fascisme, à bas l’impérialisme !

  • Communiqué du TKP-ML à l’issue de son premier congrès.

    Communiqué du TKP-ML à l’issue de son premier congrès.

    AVEC LE PARTI, AVANÇONS VERS LA RÉVOLUTION,

    GLOIRE À NOTRE 1ER CONGRÈS !

    Aux Turcs, Kurdes et autres nationalités de notre peuple.

    AVRIL 2019.

    Établi sous la direction du camarade Ibrahim Kaypakkaya le 24 avril 1972, notre parti a accompli aujourd’hui son 1er Congrès. Ibrahim Kaypakkaya en demeure, dans l’esprit, l’organisateur, mais il n’a pu le diriger organisé à cause de son emprisonnement et de son assassinat.

    Le prolétariat international et les partis communistes, qui incarnent sa lutte, ont toujours, malgré les victoires et défaites historiques, marché en avant. En n’abandonnant pas le drapeau rouge depuis le premier jour de sa fondation, notre parti TKP-ML est resté un poids important dans les luttes.

    Notre parti TKP-ML a accompli son premier congrès avec succès. Ce congrès est vu par le parti comme un creuset, une plateforme, dans laquelle les faiblesses et les limites de notre expérience sont discutées. Nous y avons également formulé les manières de dépasser ces faiblesses et limites. Au cours de ce congrès, l’expérience et la connaissance sont consolidés dans le but de construire sur nos propres forces pour faciliter la marche en avant de notre Parti.

    Notre 1er Congrès a une importance historique spéciale pour le prolétariat international, le prolétariat de notre pays et notre peuple. Notre congrès embrassant fermement ses principes, a salué les victoires des fondateurs de notre parti et rejeté fermement toute forme d’attaque liquidatrice. Ce cap est maintenu, malgré les offensives contre-révolutionnaires contre notre parti, en avril 2015 par l’impérialisme allemand en collaboration avec l’État turc. Malgré, après ceci, l’attaque opportuniste, scissionniste et liquidatrice dirigée par un groupe minoritaire au sein du Parti. Attaque « de gauche » dans les mots, mais de droite dans la pratique. C’est cela qui a été rejeté par le congrès.

    Dans le climat actuel, où la lutte révolutionnaire fait face à des conditions extrêmement désavantageuses, le mouvement populaire [En Turquie] est en reflux, à la suite d’attaques sévères de la part de la dictature fasciste, contre les forces révolutionnaires et patriotes-révolutionnaires. Notre parti TKP-ML a montré sa détermination en organisant avec succès son 1er congrès. En ce sens, notre congrès fur une réponse idéologique et politique aux attaques de la dictature fasciste. Personne ne peut douter qu’ils recevront aussi une réponse en bonne et due forme, sur le champ de bataille, de notre part.

    Nos masses exploitées… Ouvriers, paysans, femmes, jeunes gens…

    La dictature fasciste a gagné des positions par la violence. Ses porte-paroles continuent de lancer des menaces et à vociférer des attaques vicieuses contre le peuple. Ils ont rendu difficile les conditions le lutte du mouvement populaire. Mais cela ne doit jamais être interprété comme un fait négatif ou être compris dans le mauvais sens. Si tout allait dans leur sens, ils n’auraient pas besoin de brailler autant. Non !, le fait est que rien ne se déroule selon leurs plans, et ils sont incapables de régner comme ils le souhaiteraient. La crise économique, qui s’aggrave tous les jours de plus en plus, a atteint un point où ils ne peuvent plus la gérer en continuant de charger le fardeau sur le dos des masses travailleuses.

    C’est pour cela que les exploiteurs hurlent autant.

    Même s‘ils essayent de discipliner la classe laborieuse en lui imposant la pauvreté et la faim, nous voyons des exemples concrets de la manière dont la classe prolétarienne unifiée s’organise et défait ses agresseurs.

    C’est pour cela qu’ils menacent autant.

    Les exploiteurs souhaitent désespérément une bonne nuit de sommeil, à la suite du cauchemar interminable causé par la résistance du peuple Kurde. Peuple qu’ils ont tant essayé d’effacer en détruisant ses maisons et en les égorgeant dans leurs caves. Après un réveil brutal face à la résistance du peuple et la guerre au Rojava, défaisant leurs hallucinations, comme ce fantasme d’une « occupation de Damas en trois jours », ils sont en train d’essayer de trouver une cachette en sécurité, lovés sous les ailes de plusieurs puissances impérialistes.

    C’est pour cela qu’ils voient des « terroristes » partout ou ils posent les yeux.

    Malgré toutes les attaques, ils voient des milliers de femmes et de personnes LGBTI+ s’unir et occuper les rues.

    C’est pour cela qu’ils continueront leurs attaques sexistes.

    En résumé, les motivations de toutes ces attaques ouvertes, ces menaces, ces massacres, tortures, condamnations, etc. sont leur horreur d’avoir à considérer leur inévitable futur, sombre et sans espoir pour eux.

    C’est pour cela qu’ils sont terrifiés ! En raison de cette peur, ils beuglent. Plus ils vocifèrent et braillent, plus ils sont effrayés, et plus violents encore ils seront ! Ils se comportent comme un monstre blessé qui voit sa mort approcher ! Mais la peur ne peut pas les sauver ! Et, sans le moindre doute notre offensive sera à la hauteur de nos souffrances, de notre exploitation, de ns oppressions et des massacres que nous subissons.

    Pour nous, cet aspect de la question que nous observons est essentielle. C’est la lutte organisée du peuple qui va les ensevellir dans les ténèbres. C’est notre fureur consciencieuse et notre hostilité de classe qui écrasera les réactionnaires !

    C’est précisément dans conscience de la réalité que notre parti, TKP-ML, a tenu son 1er Congrès. Il l’a tenu pour signifier que la résistance est toujours en cours, que la lutte continue, et qu’il existe de l’espoir et une volonté déterminée pour la victoire. Le 1er Congrès est une torche éclairant les ténèbres qu’imposent les classes dirigeantes, pour guider le chemin des masses exploitées et les Turcs et Kurdes oppressés. Nous appelons toutes les masses laborieuses à nous rejoindre pour porter, ensemble, cette torche et pour prendre part à la guerre pour la liberté et l’émancipation !

    La plus grande peur des classes dominantes est le pouvoir organisé des masses. Les masses organisées et intégrées au Parti communiste seront les initiatrices de la fin obscure de leur règne. Notre parti, le TKP-ML, avec son congrès et son programme communiste révolutionnaire, a mis en exergue la tâche et la volonté d’intégrer les masses de notre peuple, des autres nations et nationalités. Également, il met en avant la nécessité de remplir notre devoir de manière efficace, et de préparer les rangs pour cette guerre. Notre marche révolutionnaire ira en avant quand, avec détermination, nous aurons réalisé ces tâches, et qu’elles seront portées par le pouvoir de création illimité des masses.

    Dépasser nos limites est notre devoir !

    Le congrès, qui a pour but de se préparer la conquête du pouvoir, déclare que notre tâche immédiate à accomplir est de cibler les faiblesses et les déficiences que nous pouvons identifier comme étant des obstacles à la réalisation de la révolution, pour ainsi avancer vers l’avenir. Cela sera réalisé en restant lié à la lutte des classes et en ciblant les points les plus cruciaux des contradictions. Cela sera achevé sous le contrôle des masses. Avec un plan de travail à court et long terme dans les champs politiques, idéologiques et organisationnels, les objectifs du TKP-ML sont :

    • le développement de la Guerre Populaire,
    • l’organisation des masses laborieuses dans les villes,
    • une intégration plus profonde de la nation Kurde,
    • l’intégration de toutes les dynamiques des masses oppressées, incluant les femmes, la jeunesse populaire et les sans-emploi.

    Notre congrès fut organisé dans un environnement où la démocratie totale existe. Les points importants de notre ordre du jour ont été discutés, et les décisions ont été prises. La teneur du congrès a synthétisé les discussions sur le programme de notre parti et l’a validé. Au même moment, le parti a intégré différents amendements et ajouts dans les statuts, basés sur les suggestions formulées au cours du congrès.

    Notre 1er Congrès a aussi pris des décisions historiques sur la lutte de libération des femmes, en décidant l’établissement de l’Union des Femmes Communistes (Komünist Kadınlar Birliği / KKB) comme une organisation autonome dirigée par le parti.

    Notre 1er congrès a dirigé l’orientation du parti vers un approfondissement idéologique, vers l’accroissement des compétences politiques, vers le renforcement de la solidité organisationnelle, et pour plus de détermination militaire face aux offensives contre notre camp, particulièrement en contre les attaques impérialistes et fascistes.

    Notre parti a pris ces décisions concrètes et importantes, parmi d’autres, au cours du 1er congrès pour que les problématiques soulevées ne le restent pas uniquement en théorie. Avec ces nouvelles organisations et les nouveaux ajustements, notre parti sera capable d’atteindre la dynamique désirée. Cette dynamique sera réalisée par l’analyse de manière plus large les décisions intégrées dans le programme, de la stratégie aux politiques que le parti mène. Notre mission n’est pas d’écrire la révolution sur le papier, mais de la réaliser en pratique.

    En ce sens, notre congrès appelle à tout le peuple, les millions d’oppressés et exploités, tous les travailleurs, Kurdes, femmes et jeunes gens à prendre part à la Révolution Populaire Démocratique, pour établir le pouvoir du peuple, pour l’émancipation et la liberté contre la dictature fasciste. Sans la Révolution Populaire Démocratique, nous ne pouvons pas démolir leurs palais, avancer vers notre futur et réaliser le progrès. Il est évident, au regard de l’histoire, que la dictature fasciste actuelle ne peut être démolie que par la Guerre Populaire.

    Notre parti, le TKP-ML, a souligné la crise de régime des classes dirigeantes turques dans son premier congrès. Dans le même temps, il a aussi mis à l’ordre du jour le combat contre la fragmentation des forces révolutionnaires et démocratiques et le besoin d’unir nos forces. Des décisions claires ont été prises sur cette question, pour continuer à défendre la ligne de lutte idéologique, pour créer des principes communs contre l’agression par les classes dirigeantes, en accord avec nos objectifs directs. Les masses travailleuses oppressées l’exigent de nous, et le TKP-ML accomplira tous les efforts possibles pour remplir ses objectifs.

    Sans le moindre doute, la crise politique et économique mentionnée plus tôt ne s’applique pas qu’a la bourgeoisie turque. Pendant que le système impérialiste-capitaliste continue de pourrir, il continue aussi d’accentuer la contradiction entre les peuples opprimés du monde envers l’impérialisme et la réaction. Il n’est pas possible de parler d’un endroit du monde où, malgré la fragmentation du pouvoir populaire, les masses opprimées ne sortent pas dans les rues en nombre. D’un autre côté, il est un fait que la direction juste de la révolution, constituée par les mouvements communistes, qui en sont la force subjective, n’arrivent pas à suffisamment organiser et transformer la colère générale en révolution. La réflexion sur ce problème permet de tirer la conclusion que la raison première de ceci est la grande faiblesse actuelle des relations internationales révolutionnaires, et l’absence d’une organisation générale et inclusive des organisations.

    Avec les décisions prises dans le 1er congrès, notre parti TKP-ML est prêt à franchir les étapes pour résoudre les faiblesses dans le camp internationaliste, avec la formule « développer la révolution de notre pays pour servir la révolution mondiale ». Pendant que le TKP-ML fera tous les efforts pour accomplir les tâches de la révolution dans notre pays, il fera tout pour étendre la solidarité avec toute initiative révolutionnaire dans la lutte des classes des autres pays. Il travaillera également à la mise en place et au renforcement de la direction idéologique et politique de la révolution prolétarienne mondiale, qui sera le trait d’union de toutes ces luttes.

    Notre 1er congrès a honoré notre martyr et membre du parti Nubar Ozanyan, voyant en lui un exemple de l’implication de notre parti au Rojava. La ligne de notre parti, d’Ibrahim Kaypakkaya à Mehmet Demirdag, et Nubar Ozanyan, souligne le caractère communiste et la qualité des cadres, en qui nous voyons un exemple pour tous et toutes. Il fut souligné que nous pouvons vaincre les difficultés présentes en prenant exemple sur le camarade Ozanyan.

    Notre leader communiste, Ibrahim Kaypakkayya, nos secrétaires généraux martyrs Süleyman Cihan, Kazim Celik et Mehmet Demirdag, immortalisés pendant la guerre, et notre camarade Nubar Ozanyan, auquel ce congrès fut dédié, furent des commandants des forces militaires de notre parti dans des moments difficiles. Ils continueront de nous guider au sein du parti, avec leur direction politique et idéologique, et nous démontreront encore le vrai sens de ce qu’est une révolution dans la réalité.

    GLOIRE À NOTRE 1ER CONGRÈS !

    VIVE NOTRE PARTI TKP-ML, L’ARMÉE POPULAIRE TIKKO, L’ORGANISATIONDE JEUNESSE TMLGB, ET L’ORGANISATION DES FEMMES KKB !

    VIVE LA GUERRE POPULAIRE !

    VIVE LE MARXISME-LÉNINISME-MAOÏSME !

    VIVE L’INTERNATIONALISME PROLÉTARIEN !

    COMITÉ CENTRAL DU TKP-ML – BUREAU POLITIQUE

    AVRIL 2019

  • Communiqué du Comité de soutien au Rojava, Lyon

    Communiqué du Comité de soutien au Rojava, Lyon

    Ce communiqué à été écrit dans le cadre d’un comité de soutien au Rojava à Lyon, auquel participe plusieurs organisations progressistes et révolutionnaires. Il a été diffusé en tract au cours d’un rassemblement de soutien au combat de la politicienne Kurde Leyla Güven à Lyon, le vendredi 25 Janvier 2019.


    Contre l’agression impérialiste au Proche-Orient, soutenons le Rojava !

    La défaite de l’organisation fasciste obscurantiste Daesh est presque consommée, grâce notamment à la lutte héroïque des combattants et combattantes des YPG, YPJ, et de toutes les autres forces unies au sein des Forces Démocratiques Syriennes. La paix n’est cependant pas à l’ordre du jour, le régime fasciste turc ayant affirmé sa volonté de lancer une offensive meurtrière sur le Rojava, avec la bénédiction du gouvernement américain. Ne nous y trompons pas, le départ des forces américaine s’inscrit dans une stratégie plus globale de domination du Proche Orient. L’état Turc écrasera les peuples au nord de la Syrie, offrant une marge de manoeuvre pour leurs opérations futures des Impérialistes.

    Si les États-Unis opèrent un retrait tactique, ce n’est que pour pousser leurs alliés (français et allemands notamment) à avancer. Le conflit a atteint un degré nouveau, qui se traduit par un changement du mode opératoire. Les affrontements par milices interposées, permis par une exacerbation des conflits au sein du peuple (ethniques, religieux, entre hommes et femmes…), sont dépassés. Maintenant, les grandes puissances impérialistes se préparent à intervenir directement avec leurs forces armées. Chacun se prépare, veut sa sphère d’influence, veut écraser, diviser, dominer, et c’est pour cette raison que le projet révolutionnaire au Kurdistan Syrien (Rojava) représente un obstacle.

    Le Rojava est l’épine dans le pied des impérialistes, l’épine qui , à terme, va détruire leur projet de division, et de domination. Le projet mis en place au Rojava par le mouvement de libération Kurde permet aujourd’hui la cohabitation de tous les peuples, sans distinctions d’ethnies, de religions, de genres, ou de sexualités. Un danger réel, quand on sait que ces différences ont permis depuis toujours aux impérialistes de dominer le Proche-Orient.

    C’est notamment pour cette raison que le leader Öcalan est aujourd’hui incarcéré en isolement total par l’État turc, avec la bénédiction des puissances occidentales. Un isolement qui en dit long sur les intentions de ces grandes puissances ; toutes les interventions publiques auxquelles Abdullah Öcalan a eu droit ont en effet été vectrices d’apaisement dans la région. Une grève de la faim, soutenue dans plusieurs villes d’Europe, a lieu en ce moment même, pour exiger le droit à la parole pour le dirigeant kurde. Certains participant-e-s à cette grève, notamment Leyla Güven, sont dans un état de santé critique après deux mois de désobéissance civile. Leur lutte pour le droits des prisonniers politiques en Turquie ne doit pas être laissé sous silence !

    Nous devons toutes et tous protester !
    Contre l’agression impérialiste !
    Contre les despotes !
    Pour la libération des prisonniers politiques !
    Pour la paix et la liberté des peuples du Proche-Orient !
  • Arrêt immédiat de toute agression de la Turquie et ses partenaires réactionnaires contre le Rojava !

    Arrêt immédiat de toute agression de la Turquie et ses partenaires réactionnaires contre le Rojava !

    Arrêt immédiat de toute agression de la Turquie et ses partenaires réactionnaires contre le Rojava !

    Communiqué de l’ICOR – 2 janvier 2019

    Le 12 décembre, l’État fasciste turc avec le gouvernement Erdoğan à la tête a annoncé une nouvelle invasion militaire contre la région autonome de la Syrie du Nord. Les attaques prévues sont extrêmement étendues, à savoir sur une longueur de 500 km. Entre-temps, le camp de réfugiés de Mexmur et la zone des Kurdes Yézidi à Sengal ont été bombardés, faisant plusieurs morts et blessés. L’une des raisons principales est l’objectif déclaré d’anéantir la zone libérée du Rojava/Fédération démocratique du nord et de l’est de la Syrie, où vivent ensemble différents groupes ethniques sous un régime d’autonomie.

    Depuis le début, l’ICOR se tient aux côtés de la lutte de libération du peuple kurde. Et ceci dans l’unité de la parole et de l’action, comme dans la construction de la « Clinique ICOR » à Kobanê et son aménagement écologique ; dans d’innombrables manifestations et à l’échelle mondiale lors de la dernière Journée de solidarité avec Afrine en mars 2018. Elle suit le principe : Aucune lutte de libération ne doit se trouver seule et isolée !

    Concernant l’attaque contre Afrine, l’ICOR avait écrit : « La coopération et la coordination mondiales des luttes pour la paix, la liberté, le socialisme dans la préparation de la révolution socialiste internationale est à l’ordre du jour. Toute lutte progressiste doit faire partie de la lutte anti-impérialiste mondiale et de la construction d’un front uni anti-impérialiste. »

    La construction démocratique au Rojava/Syrie du Nord représente la lutte réussie contre l’État islamique, pour la démocratie et la liberté, les droits de la femme, la protection de l’environnement, le respect de toutes les ethnies et religions. Elle encourage les combattants pour la liberté dans le monde entier. Inversement, la solidarité internationale est marquée par la solidarité inébranlable et inclut la lutte de libération kurde dans la lutte mondiale contre l’impérialisme. L’ICOR a développé sa solidarité pratique avec la « Clinique ICOR ». La 8e brigade de l’ICOR vient de terminer son travail et a mis en place un système photovoltaïque solide à la maternité. Il renforce le travail de la clinique avec la puissance du soleil – pratiquement et comme symbole de l’énergie de la révolution du Rojava. Ce qui est déterminant pour cette révolution est le fait que les forces de l’autogestion du Rojava se fient avant tout aux propres forces des ethnies au Rojava et à la force de la lutte de libération kurde. Cette position a mobilisé le soutien à l’échelle mondiale. Le caractère anti-impérialiste est une épine dans le pied d’Erdoğan, des États-Unis et de toutes les forces impérialistes concurrentes. Car en Syrie, diverses puissances se battent pour la division de la sphère d’influence. Ainsi, la Turquie diffame les combattants kurdes de l’YPG en les qualifiant de terroristes. C’est une dérision qu’Erdoğan semble faire preuve de solidarité avec le peuple palestinien, mais attaque brutalement le peuple kurde.

    Avec le retrait des troupes américaines du Nord de la Syrie Trump joue, de concert avec  Erdoğan, un sale jeu froid et dangereux qui vise à liquider la lutte de libération kurde. Les forces kurdes SDF, YPG et YPJ n’avaient jamais l’illusion que l’armée américaine serait une force de protection. Le projet A des États-Unis de renverser le régime Assad et de refouler l’impérialisme iranien et russe, a échoué. Maintenant Trump joue au niveau tactique de nouveau la carte d’Erdoğan dans le cadre de l’OTAN. Cette manœuvre se heurte à une opposition massive même dans ses milieux gouvernementaux. Le ministre de Défense Mattis et l’envoyé spécial pour la Syrie ont tout de suite démissionné. L’armée américaine déclare que l’objectif de vaincre Daech en Syrie est obtenu. C’est un mensonge en toute conscience de cause. Il y a encore 3 000 fascistes armés de Daech à Hajin en Syrie, d’autres 20 000 se trouvent du côté irakien de la frontière. Environ 3 000 fascistes de Daech sont prisonniers de l’administration autonome syrienne. Une attaque de la part de la Turquie présente un danger aigu pour le Rojava démocratiquement autonome et pour un nouveau renforcement de Daech. La « coalition anti-Daech » impérialiste révèle ici son vrai visage hostile aux peuples.   

    * Arrêt immédiat de toute agression de l’État fasciste turc et de toutes les puissances impérialistes et régionales !

    * Lutte contre la coopération réactionnaire des différents gouvernements tels que l’Allemagne, les États-Unis et d’autres avec le gouvernement fasciste turc.

    * Solidarité avec la région d’autonomie démocratique de la Syrie du Nord, avec la lutte pour la liberté kurde et palestinienne !

    * Construction d’un front international de résistance anti-fasciste et anti-impérialiste contre le fascisme et la guerre à l’échelle mondiale !

    * En avant avec la construction de l’ICOR !

    * Renforcez la voix kurde dans l’ICOR !

    * En avant, préparons la révolution socialiste internationale !

     

    Signataires (en date du 03/01/2019, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    2. SDP   Social Democratic Party (Parti social-démocrate), Kenya
    3. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    5. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    6. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    7. NCP (Mashal)   Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    8. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    9. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    10. БРП(к)   Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))
    11. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    12. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    13. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    14. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    15. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    16. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    17. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    18. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    19. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    20. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    21. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    22. UCL Lyon Unité Communiste Lyon, France
    23. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Leniniste, France
    24. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    25. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    26. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    27. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)
    28. BDP   Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
  • Déclaration du MLKP sur la situation en Syrie / Rojava

    Déclaration du MLKP sur la situation en Syrie / Rojava

    Les présents communiqués ont été rédigés en amont de la décision américaine de retrait de la Syrie. Nous regardons le départ des américains, de notre côté, comme un événement qui présente des aspects positifs et négatifs. Certes, le repli des troupes US signifie une défaite dans la capacité d’intervention directe des USA dans les conflits mondiaux. Dans ce sens il est révélateur d’un affaiblissement de leur étau, mais l’espace et le terrain concédé n’est pas forcément entre les mains des progressistes et des révolutionnaires. 

    Dans les faits, nous ne croyons pas à un départ abrupt et non-négocié de la part des USA. Nous pensons que des accords ont été trouvés pour permettre aux Turcs de faire le « sale boulot » sans salir encore davantage la réputation de l’US Army et des troupes spéciales. Il est probable qu’un consensus ait également été trouvé avec la Russie pour permettre un règlement de la question syrienne, sur le dos des peuples qui la constituent. En somme, le repli US est comme la disparition d’un grand caïd de la pègre, stimulant les appétits de ceux et celles qui voudraient prendre sa place. 

    Dans une situation plus que complexe, les forces combattantes des FDS et leurs alliés ont fait le choix tactique de trouver un modus vivendi auprès du régime d’Assad. Cette annonce a été applaudie avec un lâche soulagement par ceux qui soutenaient sans le dire ce régime tout en faisant mine de soutenir les FDS. Nous regardons ce choix comme rationnel en regard de la situation, mais nous ne doutons pas du fait que Assad et ses alliés ne voient dans les Kurdes et dans les FDS que des marchepieds pour leurs ambitions propres. D’une manière générale, la seule alliance stratégique, durable, sincère, ne peut être que avec le mouvement révolutionnaire international et la solidarité désintéressée organisée par celui-ci. 

    Nous voyons notre engagement dans l’ICOR comme la manière la plus efficace de faire vivre concrètement cette solidarité. 

    Nous invitons tout ceux et celles qui veulent la faire vivre également à rejoindre les amis de l’ICOR et les organisations de l’ICOR en France.

    A bas l’impérialisme, vive la Révolution !

    Nous avons appris que les impérialistes américains ont mis une prime sur la tête de nos camarades Cemil Bayık, Murat Karayılan et Duran Kalkan, les trois dirigeants du KCK et du PKK. Apparemment, les impérialistes déclarent qu’ils récompenseront le déshonneur et la décadence avec des millions de dollars. Disons le clairement : Tous les dollars des banques américaines ne valent pas un révolutionnaire. Aucune personne d’honneur ne daignerait être l’instrument de ce sale tour.

    L’argent est le leur, mais les montagnes sont à nous !

    Cette décision de l’impérialisme américain est un pas contre-révolutionnaire visant la liquidation, une tactique de guerre sale qui porte différents messages pour l’Etat turc, ses collaborateurs dans la région et le mouvement de libération kurde. Cependant, face à nos peuples, elle est nulle et non avenue.

    L’autodétermination est le droit le plus fondamental de notre nation kurde. Et lutter contre les obstacles qui se dressent devant ce droit est aussi un droit et un devoir moral. Le PKK est un parti politique qui lutte pour les droits et libertés démocratiques, il tire sa légitimité de nos peuples, de sa lutte pour cette juste cause. Et ses cadres dirigeants sont tous des figures révolutionnaires respectueuses.

    Les listes colorées du fascisme turc, la « générosité » des impérialistes américains ou en général, les décisions  » recherchées  » des Etats exploiteurs contre les partis et personnalités révolutionnaires, patriotiques, communistes, n’ont aucune légitimité à quelque condition et motif que ce soit. Tout cela n’est rien d’autre que la politique qu’ils appellent de leurs vœux pour la continuité de leurs ordres d’exploitation.

    Le PKK et ses cadres dirigeants sont les créateurs d’une histoire qui a défié les grandes puissances ; une histoire qui a épuisé au moins 6 présidents américains, enterré des dizaines de présidents d’Etat fascistes et capitalistes. Par conséquent, nous ne doutons pas que leurs montagnes et leurs camarades auront une vie assez longue pour jeter l’insolent Trump et ses collaborateurs dans la poubelle de l’histoire. Il n’y a pas de mort pour ceux qui luttent pour la révolution !

    Les impérialistes sont les ennemis de la révolution !

    Les Etats-Unis veulent utiliser ou modifier les équilibres existants au Moyen-Orient pour leurs propres intérêts. Les responsables de millions de morts dans de nombreux endroits du monde, au Vietnam, en Amérique latine et, enfin, en Irak, imposent maintenant leurs propres normes de brutalité. Ceux qui ont commis toutes sortes de massacres et d’attaques ne peuvent pas juger l’avant-garde des peuples avec leurs identités et leurs mains sanglantes.

    En voulant appliquer la même conspiration impérialiste contre les cadres dirigeants du PKK et du KCK, ce qu’ils ont déjà fait contre le dirigeant du peuple kurde Abdullah Öcalan, les Etats-Unis tentent de restreindre le mouvement kurde et de créer une perturbation dans leurs rangs, mais en même temps, ils donnent un message ouvert à leur Etat bourgeois turc collaborateur dans le dossier du PKK.

    L’objectif des impérialistes américains est clair, inutile d’en dire plus. En ce sens, la position de nos peuples doit également être claire. Du peuple kurde, patriote, jusqu’à tous les peuples de Turquie, les individus, les organisations, les associations qui réclament la liberté, la justice et la paix doivent élever la voix contre cette décision des impérialistes ainsi que les attaques de l’armée bourgeoise turque qu’ils soutiennent, et dire « stop » à cette sale guerre.

    Jusqu’à présent, ceux qui font de la montagne leur foyer et de la révolution leur chemin, n’ont jamais cherché à obtenir le consentement ou l’approbation de personne tout en contestant l’ordre de la cruauté. En tant qu’avant-garde d’une lutte qui tire son pouvoir du peuple et des opprimés, ils n’entreront dans aucune liste de terreur. Leur place est dans le cœur des peuples, leur pouvoir est dans le soutien de million d’hommes et de femmes. Aucune loi ni aucun État n’a réussi à empêcher cette volonté et il n’y a aucun pouvoir de l’empêcher par la suite.

    En tant que MLKP, nous protestons contre cette décision impérialiste contre nos camarades de lutte, les cadres dirigeants du KCK, du PKK et du HPG, et nous appelons nos peuples à élever la voix partout et à sortir dans la rue.

    L’appel du mois Novembre

    Le mois passe, et nous pensons à nouveau à nos immortels. Nos pensées vont à ceux et celles qui sont tombés en martyrs dans la lutte pour la liberté ; renforçons notre existence révolutionnaire sous leur lumière !

    Au nom du camarade Erdal Balcı, premier martyr du MLKP, assassiné par l’Etat fasciste turc le 4 novembre 1994, notre parti a déclaré le mois de novembre « le mois des martyrs », afin de commémorer de manière active et organisée les martyrs de la révolution. En effet, cette attitude était avant tout une question de responsabilité envers les martyrs de notre parti. Mais en même temps, en termes de relation véritable et révolutionnaire avec les martyrs de la révolution, c’est le reflet de la manière inclusive et unificatrice qui forme nos pas révolutionnaires depuis la fondation de notre parti comme une valeur essentielle à garder en vie. C’est pourquoi nous embrassons et acceptons comme martyrs tous ceux et celles qui ont participé à la lutte pour la liberté, la démocratie et le socialisme. En ce sens, chaque année, en novembre, avec ceux qui ont donné leur vie pour la lutte révolutionnaire dans les rangs de notre parti, nous nous souvenons de tous les martyrs de la révolution, visitons leurs tombes, sommes avec leurs familles, organisons des commémorations avec divers événements afin de diffuser et maintenir leurs rêves vivants.

    Ce sont eux qui se sont rebellés contre le déshonneur, l’égoïsme et l’injustice de la propriété privée qui divisent le monde en classes…. Ceux qui ont lutté jusqu’à la mort contre l’inégalité des races, des langues et des sexes ; contre l’ordre qui fait souffrir les ouvriers et les ouvrières dans les griffes de la faim, de la pauvreté, du chômage ; qui détruit l’environnement en transformant la science et la technologie en arme contre la nature et l’humanité…. Ils ne se méfiaient pas des valeurs pour lesquelles ils sont venus au premier plan ; ils ne regrettaient rien. Leurs âges, les années qu’ils ont passées dans la lutte révolutionnaire, leurs expériences, leurs capacités, les responsabilités qu’ils ont assumées sont sans égales. Cependant, ils sont devenus égaux en étant la volonté d’avant-garde, dans un esprit de sacrifice et d’immortalité. En effet, tous allaient au devant de la mort, pourtant ils étaient tous pleins d’énergie vitale. Ils avaient des désirs, des rêves et de l’amour qui étaient étroitement liés à la lutte d’émancipation de la classe ouvrière et des opprimés. Malgré cela, ils ne se sont pas placés dans une vie sûre, loin de la mort. Poursuivant leurs justes rêves dans des conditions et à des époques différentes, ils ont choisi de se promener au bord de différentes falaises. Et ils reproduisent leur bonheur dans ces choix….

    Oui, la lutte pour la liberté et le socialisme exige des prix élevés. Parce que les ennemis des peuples ne renoncent pas et ne renonceront jamais à se mobiliser pour toutes sortes d’oppression, de cruauté, de meurtre et de massacre au nom de leur pouvoir. De plus, afin de préserver ne serait-ce qu’une forme spécifique de leur souveraineté, ils s’en prennent à la torture, à la prison et aux pièges de la mort contre les révolutionnaires. Ceux qui décident de marcher sur ce chemin rocailleux, sur lequel ils se dotent des valeurs et de la culture de la lutte révolutionnaire, sont nécessairement les bienvenus pour en payer le prix. Parce qu’un chemin libre de sacrifices, de paiement des prix contre les pièges et les embuscades, arrive finalement à abandonner la ligne que l’ennemi trace. Au lieu de rester une simple opposition, la révolution se situe au-delà de cette ligne, là où les martyrs de la révolution le soulignent.

    En effet, le prix n’est pas payé seulement en étant gardé en prison ou en tombant en martyr. Dans le cadre de la lutte révolutionnaire, nous payons tous des prix différents à des degrés divers. Il s’agit ici de savoir si nous restons en arrière ou si nous sautons en avant après avoir fait face aux prix ; si nous allons être vaincus jusqu’aux limites tracées ou si nous allons les dépasser pour gagner l’avenir.

    En ce sens, en plus de préserver leur honorable mémoire, novembre est en fait l’appel lancé à tous les partis révolutionnaires et à leurs cadres pour qu’ils s’interrogent sur la pratique de ceux qui sont tombés pour un monde égal et libre. C’est l’occasion d’intérioriser les valeurs qu’ils ont laissées derrière eux, un tremplin pour nous permettre d’élargir notre horizon révolutionnaire.

    Avec cette conscience, nous, en tant que MLKP, réaffirmons une fois de plus notre respect et notre loyauté envers la mémoire de nos camarades, qui sont tombés martyrs dans les rangs de notre parti et d’autres partis révolutionnaires antifascistes au nom de la liberté, de la justice, de la fraternité entre les peuples, de la libération de la femme et du socialisme.

  • Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

    Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

    Accord nucléaire sur l’Iran : l’embargo imposé et la guerre qui couve.

                Les USA ont annoncé le 8 mai leur intention de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, mis en place par le président Obama en 2015. Cet « épouvantable accord », ce « pire accord jamais signé » est désormais caduc, comme Donald Trump l’avait évoqué lors de sa campagne. L’argument avancé est celui d’une violation des principes de celui-ci par l’Iran. Or, rien ne démontre, à l’heure actuelle, que ces violations puissent avoir la moindre base de réalité.

                En échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui étaient en place contre le régime réactionnaire de Téhéran, celui-ci s’engageait à limiter son programme nucléaire, à faciliter les inspections et les contrôles et à modifier une partie de ses infrastructures pour qu’elles ne puissent servir à produire de l’équipement nucléaire militaire. Dans les faits, les inspections et les accords n’empêchent nullement la mise en place d’un programme militaire, mais l’accord compte sur le fait que la bourgeoisie iranienne à nettement plus intérêt à pouvoir commercer internationalement que de rester brimée par les sanctions et les embargos.

                Cela a permis au pétrole iranien d’inonder les marchés et à l’Iran de pouvoir récupérer 150 milliards d’avoirs qui étaient gelés par les sanctions. Pour la bourgeoisie iranienne et pour son développement économique, l’accord fait figure de succès important.

                L’ennui est que la situation géopolitique ne se nourrit pas que de paix. Plusieurs acteurs voient d’un œil particulièrement maussade l’idée d’une ouverture de l’Iran. Les USA voient dans cet Etat, tout comme dans l’Afghanistan, des zones qui doivent servir à maintenir la Russie loin des mers libres et des mers chaudes. Or, le rapprochement important entre Russie et Iran est une chose détestable aux yeux des stratèges US. Maintenir l’Iran sous embargo, sous fermeture, c’est s’assurer une sécurité sur la zone de front sud.

                L’Arabie Saoudite est une rivale de l’Iran. Tant du fait de la question du pétrole et de son exportation que d’une rivalité religieuse entre l’une -sunnite- et l’autre -chiite. L’Arabie Saoudite se méfie de la puissance croissante de cet Etat, en particulier d’un point de vue militaire. En 2010, Wikileaks révélait ainsi que l’Arabie Saoudite enjoignait les USA à frapper l’Iran, en demandant que ceux-ci « coup[ent] la tête du serpent

                La Turquie et l’Iran ont fait preuve d’une rivalité forte sur la question du régime Syrien. La Turquie essayant de s’accaparer le Kurdistan ainsi que plusieurs portions de la « Syrie utile » tandis que l’Iran joue le rôle de soutien au régime de Bachar Al-Assad, par ailleurs chiite, tout comme les Iraniens. Alors que la Turquie arme et soutien l’ASL, l’Iran fait de même pour le régime.  L’une et l’autre sont des puissances régionales et devenir, qui veulent s’affirmer sur le Moyen-Orient.

                Israël, sur le dossier Iranien, fait front avec l’Arabie Saoudite et la Turquie. Le soutien de l’Iran à la résistance du Hezbollah, au Liban tout comme la rivalité géopolitique d’une manière générale a poussé Israël à combattre en faisant feu de tout bois contre l’Iran. A l’époque du mandat d’Obama, l’Etat hébreux devait même être tempéré par son allié américain, du fait de sa lourde tendance à vouloir porter la guerre. L’accord sur le nucléaire Iranien fut vécu par beaucoup de soutiens à Israël comme une trahison et un reniement, entraînant un refroidissement brutal des relations israélo-américaines.

                Dès l’annonce du retrait de l’accord, Israël à procédé à des frappes, le 11 mai, sur des cibles iraniennes en Syrie. Ces frappes avaient pour justification officielle le fait que l’Iran voudrait utiliser le plateau du Golan, espace stratégique éminent, comme tête de pont contre l’Etat hébreux. Ces arguments illustrent au mieux la paranoïa, au pire le cynisme d’Israël. Israël qui, lors du 70ème anniversaire de la Nabka [la catastrophe] a tué plus d’une cinquantaine de Palestiniens et blessé plus de 2000. La tension est plus que palpable dans la région, et menace de dégénérer en une guerre ouverte, laquelle ne peut que se surinfecter par les interventions étrangères, tant la région est importante géopolitiquement et géo-économiquement.

                Paris, Berlin et Londres ont dénoncé ce retrait et cette tendance à la guerre, bien qu’eux-même la portent en agissant dans le conflit Syrien et Lybien. Non pas par grandeur d’âme, bien sûr, mais parce que l’Iran pourrait devenir un partenaire commercial important et lucratif pour les puissances impérialistes. Or, qu’est ce qui empêche simplement d’ignorer la décision américaine de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien ? Une chose simple, mais méconnue : l’extra-territorialité du droit américain.

                En 1977, le Foreign Corrupt Practice Act est mis en place. En 1998, cette loi visant à lutter -officiellement- contre la corruption s’étend aux entreprises étrangères. Cette loi se double de lois criminalisant le commerce avec les Etats sous embargo -en l’occurrence Iran, Cuba, Libye, Soudan…), puis, après 2001, de lois antiterroristes accroissant l’autorité des agences de renseignement américaines.

                En 2010, la loi Dodd-Franck permet à la Securities and Exchange Commission de réprimer toute infraction à la législation US, même si les acteurs sont tous étrangers. La même année, le FOreign Account Tax Complicance Act donne la possibilité au Fisc US d’agir de manière extra-territoriale.

                En 2016, enfin le Justice Against Sponsors of Terrorism Act permet aux citoyens US de porter plainte contre les Etats dont sont issus les individus ayant commis des attentats.

                Cet ensemble d’éléments fait que tout ce qui peut relier les USA à un acte qui leur déplaît est passible de poursuites judiciaires. Comme le cite Le Monde Diplomatique « Il suffit, écrit Me Paul-Albert Iweins, bâtonnier et ancien président du Conseil national des barreaux, qu’une opération contestée ait été libellée en dollars ou qu’un échange de courriels ait transité par un serveur américain pour que la juridiction américaine se reconnaisse compétente. » (Jean-Michel Quatrepoint, janvier 2017)

    En somme, dès qu’une entreprise à un orteil en territoire américain, dès qu’elle utilise une monnaie américaine, dès qu’elle est en lien plus ou moins direct avec des intérêts US, elle est soumise, de facto comme de jure au droit américain. Or, dans les faits, le dollar est la monnaie d’échange la plus utilisée et chaque grande entreprise est liée par des accords sous une forme ou une autre, avec des intérêts US. Donc il n’est pas possible de rester à l’écart des décisions intérieures des USA.

                En somme, si, pour le cas de Cuba, de l’Irak avant 2003 ou de l’Iran, une entreprise d’un Etat X veut braver l’embargo, elle subira forcément des rétorsions de la part du département de la Justice Américaine. A titre d’exemple, voici les sanctions prises contre quelques entreprises entre 2008 et 2017 (source : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4082.asp)

                Ces sanctions découragent les Etats de mener des politiques contraires aux USA. Ce système de sanction, de plus, lance des amendes qui envoient des sommes colossales dans les caisses de l’Etat. Elles se dédoublent d’un système de corruption généralisé, car les intermédiaires et les sources sont rémunérées. Une ONG dénonçant une entreprise touche une part de l’amende. De plus, les peines sont également relatives à l’intérêt que porte aux entreprises l’Etat américain et ses entreprises. Déjà cité plus haut, l’article du Monde Diplomatique précise : « Dans une affaire de corruption en Indonésie, Alstom était associé à un groupe japonais, Marubeni. Celui-ci a composé dès 2012 avec le DOJ et n’a été condamné qu’à 88 millions de dollars d’amende. La facture pour Alstom, négociée en 2014, sera neuf fois plus élevée. Marubeni n’intéressait pas les poids lourds américains du secteur, alors qu’Alstom était déjà une cible pour General Electric. »

                Le doit américain, basé sur la common law, laisse, de plus, la possibilité d’interprétation et de jurisprudence la plus large. Comme l’Etat US n’est pas neutre dans l’affaire, c’est une machine infernale qui se met en branle.

    L’impérialisme américain montre, dans cette affaire, ses muscles. Il rappelle sa puissance à la face du monde et impose encore des volontés géopolitiques – pour le moment. Cette manœuvre n’est pas tant une démonstration de force qu’un aveu de la nécessité pour les USA, de durcir le ton. L’attitude de la Chine, dernièrement, en remettant en place des barrières douanières sur les produits US, illustre une certaine guerre économique larvée. L’impérialisme US jette un pavé dans la mare avec l’affaire iranienne, en coupant l’herbe sous le pied de la Russie et même de l’Europe, mais également en fragilisant encore la situation au Moyen-Orient.

    Cependant, nous nous méfions de ceux et celles qui font feu de tous bois contre lui, quitte à ignorer les autres. Quitte, surtout, à passer sous silence l’impérialisme français, qui, lui aussi, mène une politique criminelle, rapace et belliqueuse. Nous n’oublions pas que cibler notre propre impérialisme est une priorité, car il est à la fois notre premier bourreau, mais également il est celui sur lequel nous pouvons avoir une influence, pour soutenir ceux qu’il opprime. Nous ne tombons pas dans le piège de certaines organisations sociales-chauvines.

    Lénine définissait ainsi cette tendance : Le social chauvinisme, c’est la “ défense de la patrie ” dans la guerre actuelle. De cette position découlent, par voie de conséquence, la renonciation à la lutte de classe pendant la guerre, le vote des crédits militaires, etc. Les social-chauvins pratiquent en fait une politique anti prolétarienne, bourgeoise, car ils préconisent en réalité, non pas la “ défense de la patrie ” au sens de la lutte contre l’oppression étrangère, mais le “ droit ” de telles ou telles “ grandes ” puissances à piller les colonies et à opprimer d’autres peuples. Les social-chauvins reprennent à leur compte la mystification du peuple par la bourgeoisie, selon laquelle la guerre serait menée pour la défense de la liberté et de l’existence des nations, et se rangent ainsi aux côtés de la bourgeoisie contre le prolétariat. Sont des social-chauvins aussi bien ceux qui justifient et exaltent les gouvernements et la bourgeoisie d’un des groupes des puissances belligérantes que ceux qui, à l’instar de Kautsky, reconnaissent aux socialistes de toutes les puissances belligérantes un droit identique à la “ défense de la patrie ”. (Les principes du socialisme et la guerre de 1914-1915 , 1915)

    Luttons contre les provocations militaires et la course à la guerre. Luttons contre l’impérialisme américain et ses alliés. Luttons contre l’aventurisme militaire de notre propre impérialisme ! Soyons solidaires contre le spectre de la guerre !