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  • Communiqué de presse de l’Assemblée Générale de l’Université Lumière Lyon 2 – 12 décembre 2018

    Communiqué de presse de l’Assemblée Générale de l’Université Lumière Lyon 2 – 12 décembre 2018

    Communiqué de presse faisant suite à l’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 du 12 décembre 2018

    Entre temps, l’administration de l’Université Lyon 2 Lumière a annoncé une fermeture administrative. Certaines dispositions prises en assemblée générale sont donc de facto inapplicables. L’Unité Communiste de Lyon considère que les fermetures administratives sont des méthodes de démobilisation utilisés par les directions des universités pour casser les mouvements. Elles sont une politique de la terre brûlée dirigée à l’encontre des mouvements étudiants. 

     

    L’Assemblée des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 s’est tenue le 12 décembre 2018 sur le campus de Bron, après le succès de l’AG des étudiant.e.s et des personnels de la semaine précédente. Appelée simultanément par le Mouvement des Étudiant.e.s Étranger.e.s, Solidaires Étudiant.e.s, le Collectif des Doctorant.e.s et Non-Titulaires, le comité jeunes du Nouveau Parti Anticapitaliste 69 et l’Unité Communiste Lyon, celle-ci a réuni plus de 600 personnes (soit plus du double de l’AG du 6 décembre).

    Organisée dans la continuité de l’AG du 6 décembre 2018, celle-ci maintient l’ensemble des revendications qui y ont été défendues, à savoir :

    – L’opposition à toute augmentation des frais d’inscription à l’Université, et plus largement pour la gratuité de l’enseignement supérieur.

    – Le retrait de Parcoursup et de la loi relative à « l’Orientation et la Réussite des Étudiants », et plus généralement l’opposition à toute forme de sélection à l’Université.

    – Le retrait du « plan licence ».

    – L’augmentation des moyens alloués à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, ainsi qu’une meilleure gestion budgétaire de l’Université (fin des dépenses inutiles, affectation prioritaire des moyens à destination des étudiant.e.s les plus défavorisé.e.s).

    – L’augmentation des bourses en nombre et en montant.

    – La facilitation des procédures d’inscription des étudiant.e.s étranger.e.s (Campus France), ainsi que la gratuité de ces dernières.

    – L’augmentation du nombre de logements publics à destination des étudiant.e.s et pour la réduction de leur coût.

    – L’adaptation du service public d’enseignement supérieur aux personnes les plus discriminées ou en difficulté (personnes LGBTI+, en situation de handicap, sans-papier.e.s…).

    – L’opposition à la répression policière des étudiant.e.s, lycéen.ne.s et personnels mobilisé.e.s, à toute intervention policière au sein et autour des campus universitaires et des lycées, et l’amnistie des personnes inculpées lors des mobilisations sociales.

    – La convergence des luttes en cours (mobilisation lycéenne, gilets jaunes, etc.).

    – La restauration de l’ISF.

    – La démission d’Emmanuel Macron.

    – Une meilleure inclusion des minorités, des personnes marginalisées et de leurs revendications.

    – La régularisation de tou.te.s les sans-papier.e.s.

    De manière à ce que le mouvement étudiant puisse perdurer dans les semaines à venir, l’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 appelle à présent à la mise en place d’un comité de mobilisation.

    Considérant par ailleurs que l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s extra-communautaires et la sélection à l’Université participent d’un même processus de casse du service public d’enseignement supérieur, l’AG appelle l’ensemble des personnels à rejoindre le mouvement étudiant ; en ce sens, celle-ci appelle les organisations syndicales professionnelles présentes à l’Université Lumière Lyon 2 à soutenir les étudiant.e.s en lutte et à organiser la mobilisation du personnel. Plusieurs interventions au cours de l’Assemblée Générale appellent cependant les organisations syndicales et politiques à ne pas s’approprier le mouvement.

    Parce que la lutte pour un enseignement supérieur démocratique est internationale, l’Assemblée Générale des Étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2 est solidaire avec la grève des étudiant.e.s colombien.ne.s mobilisé.e.s pour l’Université publique, gratuite et de qualité, contre le report du budget de l’enseignement supérieur vers celui de l’armée et contre la privatisation de l’ESR.

    Comme la semaine précédente, l’Assemblée Générale appelle l’ensemble des membres de la communauté universitaire à rejoindre les mobilisations sociales suivantes :

    – La manifestation lycéenne et étudiante organisée le jeudi 13 décembre 2018 au départ de la place Jean Macé à 9h30. L’Assemblée Générale rappelle par ailleurs qu’à l’occasion de cette manifestation s’organisera un Pink Bloc en non-mixité sans hommes cisgenres hétéros.

    – L’Assemblée Générale lycéenne et étudiante organisée le même jour à 11h30 à la Bourse du Travail à l’issue de la manifestation précédemment citée.

    – Le rassemblement organisé le 14 décembre 2018 à 10h dans la cour centrale du campus Berges du Rhône en protestation à l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s extra-communautaires.

    – La manifestation interprofessionnelle et intersyndicale organisée le 14 décembre 2018 au départ de la place Jean Macé à11h30 pour l’augmentation du SMIC et des minima sociaux, le rétablissement de l’ISF et la convergence des luttes.

    – La manifestation organisée le 18 décembre 2018 au départ de la place de la République à 18h à l’occasion de la Journée Internationale des Migrant.e.s.

    Un blocage des deux campus (PDA et BDR) de l’Université Lumière Lyon 2 est appelé par l’AG le jeudi 13 décembre 2018 de manière à permettre aux étudiant.e.s comme aux membres du personnel de participer à la manifestation lycéenne et étudiante. L’AG appelle également la présidence de l’Université à banaliser les cours lors des jours de mobilisations sociales, afin de ne pas entraver l’engagement des étudiant.e.s et des personnels.

    L’Assemblée Générale des étudiant.e.s de l’Université Lumière Lyon 2

  • Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie II  : le déficit syndical

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie II : le déficit syndical

    Le déficit syndical.

    Partie II

    La syndicalisation, au sein de l’Etat français, est une courbe en cloche. En constante augmentation au cours de la première moitié du XXe siècle, elle s’effondre peu à peu. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : En 1949, environ 42% des travailleurs et des travailleuses sont syndiquées. En 1958, le taux descend déjà à 24%. Les années 70 voient apparaître une certaine embellie : 27/28%, puis, à partir des années 80, c’est la lente descente en enfer. 1988 : 15% ; 1997: 10%. Aujourd’hui, selon les sources et les méthodes de calcul, le taux de syndicalisation serait entre 8 et 12%. Or, le taux de syndicalisation et la force des grèves peut se corréler : le nombre de journées individuelles non travaillées descend au même rythme que le nombre de syndiqués.

    Les causes sont multiples. Une certaine déception vis-à-vis de la CGT, un sentiment de trahison par la CFDT. Des attaques idéologiques, des pressions, des menaces envers les syndicalistes, envers les syndiqués… Le fait également que le syndicalisme ouvrier est touché par la liquidation d’une partie de l’industrie, par la fragmentation des usines, par les délocalisations et les sous-traitances. Les mobilisations coûtent cher, également, et avec la baisse des salaires réels, il est difficile, sans solidarité, sans appui, sans garantie de succès, d’exiger de la part de travailleurs de perdre une partie de leur salaire pour des promesses.

    Le fait également que la CGT, suivant la trajectoire d’une PCF qui se fourvoie, se perd, s’étouffe, s’étrangle, tandis qu’en son sein, des professionnels, des carriéristes se hissent vers des fonctions importantes, se taillent leur royaume personnel.

    Les raisons sont multiples, mais les conséquences sont dramatiques. Des syndicats plus faibles, cela entraîne une phénomène d’auto-intoxication. La faiblesse limite la possibilité d’exercer un travail efficace, d’être protecteur, d’être offensif. Cette crise de confiance fait que les positions modérées, de droite, sont renforcées et jouent la carte de la compromission avec le patronat. Il en ressort que le cycle se répète. Comment appeler à autre chose que des journées d’action perlées, qui démoralisent, qui affaiblissent, lorsque le sentiment général, dans les Etat-major des syndicats, est que personne ne suivra ?

    La CGT, à l’heure actuelle, est dans ce cas de figure. Elle est paralysée, d’une part, par la montée d’une couche carriériste en son sein. Elle est victime de ses contradictions internes. Une sourde lutte, mais néanmoins particulièrement acérée, s’est faite entre les Unions Locales et les Fédérations. Les une représentant la réalité concrète de la lutte des classes dans un secteur donné, les autres étant victimes d’une force d’organisation corporatiste, privilégiant la parole de l’aristocratie ouvrière, des syndicalistes de carrière, des droitiers.

    Dans le cadre du reflux du mouvement ouvrier, ces fédérations ont, relativement, gagné en poids, tout comme les positions qu’elles défendent. Le manque de confiance que peut avoir la CGT en ses propres forces fait, sur lequel surfe la ligne trade-unioniste des fédérations, est une des raisons qui fait que le syndicat peine à se mettre en branle. Quant aux autres organisations syndicales, elles semblent dans l’expectative. FO a joué sur les deux tableaux, sa direction se compromettant, tandis que sa base s’est mobilisée. Solidaire demeure en retrait, dans une lutte de concurrence contre la CGT. Dans ce cas de figure, malgré son apparence de syndicat « gauchiste », Solidaire apparaît comme jouant la carte de la modération. Quant à la CFDT, elle déchante de son expérience du « dialogue » avec le gouvernement, mais demeure extérieure à la mobilisation.

    La solidarité entre les différentes branches professionnelles est aussi critiquable. Il n’existe pas de mot d’ordre commun aux manifestations des fonctionnaires et du privé. Les deux ont mobilisé leurs forces et les ont faites défiler, mais séparément. Une manière de ne pas prendre en compte la gravité de la situation.

    Les outils comme Front Social, qui tentent de pouvoir suppléer à ce manque de confiance, sont souvent traités en persona non grata. Il existe une méfiance importante à leur encontre, méfiance nourrie par certaines thèses plus ou moins fausses.

    La croyance, entretenue par le PCF, que ces assemblées sont dirigées par la France Insoumise, que ce sont des instruments de liquidation du syndicalisme, que ce sont des groupes noyautés par des organisations politiques vicieuses… les rumeurs sont légion. Pourtant, la tâche de Front Social n’est pas contradictoire avec le rôle des syndicats. Elle est même complémentaire.

    Elle permet de mobiliser dans un rythme qui est le sien, de créer un climat de mobilisation, de jouer un rôle coordinateur et, qui sait ?, peut-être directeur dans la lutte. Elle joue un rôle essentiel pour que la mobilisation ne soit pas intoxiquée, écrasée. Elle est un outil qui manque cruellement.

    Nombreux, nombreuses sont celles et ceux qui ont en tête des souvenirs de mobilisations massives et constantes. Le CPE, en 2006, reste la référence du type. Mais de nombreux facteurs font que la situation n’est pas comparable.

    La situation morale n’était pas la même. Aujourd’hui, le sentiment général est empreint de fatalisme, est miné par plus de dix ans de défaites successives. L’entrain, la combativité, semble être au plus bas. Si des facteurs contingents entrent en ligne de compte, aussi triviaux que la météo, d’autres existent.

    Qu’on le veuille ou non, la social-démocratie avait mobilisé ses forces à outrance. Elle avait été, de facto, l’élément dirigeant de cette lutte. UNL / FIDL / UNEF et d’autres relais avaient pignon sur rue. Son but final: gagner les élections. Aujourd’hui, cette social-démocratie a les dents usées, est décrédibilisée et n’est que peu tolérée dans les rangs des manifestations. Cela ne signifie pas qu’elle soit morte, car cet espace politique devient désormais l’apanage de nouvelles forces, comme la France Insoumise.

    Mais surtout, le climat n’était pas le même. Aujourd’hui, le sentiment général est que, en dehors des journées de mobilisation, globalement, il ne se passe rien.

    Si le corps de bataille demeure la classe ouvrière, demeure les travailleurs, ceux qui peuvent causer un réel dégât aux revenus de la bourgeoisie, d’autres force jouent un rôle. La jeunesse, notamment, est particulièrement absente de cette mobilisation. La jeunesse est ce qui a créé un climat de mobilisation, d’agitation, un climat de combat, un climat de solidarité, également.

    Lycées et universités n’ont pas connu de perturbation autres que superficielles. Aujourd’hui, plus d’un mois après la première date de mobilisation de grande ampleur, aucune des universités de l’Etat français n’est en grève.

    La aussi, le syndicalisme de lutte a connu une terrible hémorragie. Celle-ci est due à plusieurs aspects concomitants : Une responsabilité des organisations politiques, un changement générationnel et un échec à transmettre l’expérience.

    Les organisations politiques ont une responsabilité écrasante. Si certains, certaines s’y sont investies avec sincérité, si des organisations ont lutté pour faire des syndicats étudiants de lutte des fronts efficaces, l’inverse est aussi vrai. Nombreuses sont celles qui ont agit avec opportunisme autour de cette question du syndicalisme étudiant de lutte.

    Les uns en ne prenant aucune part au syndicalisme étudiant, en en restant en retrait, sous divers arguments. L’un des plus frappants est basé sur une analyse ouvriériste, laquelle, dans un contexte étudiant, ne manque pas de sel. Cette manière quelque peu dissonante de vomir les étudiants « petit-bourgeois », tout en en faisant partie est quelque peu cocasse, mais elle est malheureusement révélatrice d’une visions idéologique déformée et tronquée, basée sur le folklore et le paraître.

    D’autres en attaquant même ce syndicalisme, sous des prétextes antiautoritaires. Affaiblissant, par là même, toute possibilité de lutte. Celle-ci est l’apanage d’une ultragauche liquidatrice, laquelle, par son radicalisme de façade, se marie particulièrement bien avec certaines marges de la petite bourgeoisie.

    D’autres encore en utilisant les organisations syndicales comme des marchepieds de leur organisation, en les considérant uniquement comme cela. En les utilisant au mépris de la démocratie interne, au mépris de la nécessité d’un front syndical, pour les laisser exsangues et épuisées. Tel est ce qui est arrivé à Solidaire Etudiant – SESL – durant ces dernières années, où une véritable guerre interne s’est livrée entre une faction liquidatrice et une faction syndicaliste.

    Bon nombre de membres d’organisations bourgeoises, dont le Parti de Gauche, se sont servi sans ménagement du syndicalisme étudiant comme faire valoir ou comme marchepied. A la mairie de Grenoble, l’adjoint au maire est ainsi un ancien membre de la FSE Lyon, laquelle est devenue par la suite membre de solidaire. Ces opportunistes se sont servi du travail des unes, des uns, et des autres pour progresser dans l’appareil de leur organisation et devenir ainsi des professionnels de la politique.

    Le résultat parle de lui-même aujourd’hui, avec des forces qui semblent, malheureusement, bien épuisées.

    De fait, l’opportunisme a joué en plein son rôle. Les « ténors » ont conservé le monopole de la maîtrise des ordres du jour des mobilisations. Quittant les universités, ils et elles ont laissé un désert. D’autant que l’expérience de celles et ceux qui avaient dirigé plusieurs mouvements, qui avaient fait tout le travail invisible de mobilisation, s’est perdue.

    Liquidé, le syndicalisme étudiant de lutte est revenu quinze ans en arrière.

    Dans le vide créé, les cortèges de tête sont nés. Dans un sens, ils sont le corps informel qui unit, pour le moment, la jeunesse radicale, un certains nombre d’organisations politique et antifascistes, et, de manière sans cesse croissante, un certain nombre de syndiqués.

    Les cortèges de tête représentent l’émergence d’une nouvelle composante dans les manifestations. Ce cortège possède une double nature. Il rassemble à ceux et celles qui se veulent incarner la radicalité politique, mais également ceux et celles qui se veulent incarner la radicalité de l’action.

    Ce cortèges sont issus de l’influence du mouvement autonome, lequel a rengainé, en partie, son discours sectaire pour s’orienter vers une politique d’unité « K-ways et chasubles » avec les syndicats. Ce fléchissement est une manifestation d’une realpolitik à laquelle les autonomes se conforment. Malgré leur fond anti-organisation, bon nombre se sont rendus compte de leur incapacité à pouvoir mobiliser, de leur besoin de l’existence d’autres forces politiques et syndicales. Certains ont avancé politiquement, ont réellement progressé dans leur analyse de la situation. D’autres, en revanche, sont plus opportunistes.

    Le but d’une partie de ces autonomes est d’avoir des cortèges qui les protègent lorsqu’ils font leurs actions. Seuls, ils seraient écrasés par la police et la bac. In fine, ne pouvant avancer sur leurs forces propres, du fait de leur sectarisme, ils finissent par vivre au dépend de ceux auxquels ils sont hostiles. Cela donne parfois, ironiquement, un discours presque droitier, prêt à toutes les concessions pour obtenir de la masse dans les manifestations, dans le but de pouvoir poursuivre leur mode d’action.

    Mais là, nous commençons à toucher du doigt un des problèmes fondamentaux de notre situation politique : la question de la victoire promise. Car, dans la mobilisation, le but fondamental est la victoire. Or, quelle victoire peut être obtenue ?

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    Le « PCF(mlm) » un « parti » contre les masses.

    Difficile de ne pas attaquer ces drôles, lorsque de telles positions ridicules sont proférées, salissant le drapeau rouge de la révolution, salissant le maoïsme, salissant le marxisme-léninisme, salissant l’intégralité et l’ensemble du mouvement révolutionnaire, l’ensemble de son héritage, l’ensemble de ses figures et de ses acteurs.

    Le « PCF(mlm) » a beau publier des communiqués sur le Président Gonzalo et sur la Guerre Populaire Prolongée, difficile de voir la moindre trace de combativité dans ses écrits. Les dix points de son programme feraient rougir de honte et de rage tout membre actif du mouvement communiste international, tant ils sont du domaine du ridicule. Mais la suite vaut le détour. Quant à sa Guerre Populaire Prolongée, le « PCF(mlm) » la transcrit de la manière suivante dans ses écrits : Soutenir la police, soutenir la bourgeoisie, soutenir Emmanuel Macron, mais attaquer les communistes et les syndicats.

    Difficile, là aussi, de ne pas citer leur dernière vomissure, derrière quels arguments la secte justifie sa non-participation aux manifestations du 12 septembre : « Il y a deux manières de voir les manifestations contre la réforme du code du travail qui ont eu lieu hier à l’appel de la CGT.

    Soit on y voit une expression d’un mouvement social de secteurs protégés au sein d’un pays capitaliste développé, porté par un syndicat recevant un financement très important de la part des institutions dont il est à considérer d’ailleurs comme une composante. Soit on y voit une expression de la lutte des classes.

    Il va de soi que c’est la première manière de voir les choses qui est juste, et il faut relever de la petite-bourgeoisie pour s’imaginer que la seconde interprétation puisse avoir un sens.(…) Et les travailleurs en général savent très bien que les syndicalistes sont des corrompus et des opportunistes, doublés d’un culture de beauf les rendant insupportables. Qui va se mettre en grève un mardi du côté des masses pour participer à un tel folklore totalement inutile ? (…) C’est une insulte à notre époque, aux défis de notre temps. De près comme de loin, il n’y a rien à sauver, c’est entièrement condamné par l’Histoire : c’est une preuve que face au réchauffement climatique, pour la défense de la Biosphère, pour l’instauration d’une économie planifiée, pour la relance de la culture et des valeurs de civilisation, il faut un travail de fond dans les masses, avec les masses, et non se mettre à la remorque des syndicats, des cogestionnaires, des manifestations ritualisées. »

    Derrière la phraséologie gauchiste, une nouvelle fois, point le droitisme. Puisque rien n’est à sauver maintenant, ne faisons rien ! Voilà le mot d’ordre de celles et ceux qui ont déserté la rue et les masses depuis belle lurette, si tant est qu’ils s’y soient jamais aventurés. Nous aurions pu écoper cent mouvements, cent luttes, que nous n’aurions jamais pu les rencontrer pour nous expliquer avec eux. La pureté n’est pas de ce monde, et les Matérialistes non plus.

    Un exemple même de raisonnement fallacieux. Puisque la solution n’est pas parfaite, ils la rejettent en bloc, ils l’écartent et refusent de mener la lutte de ligne. Ils replient leur drapeau et retournent « embrasser des flics. » Ils ne tracent aucune ligne de démarcation entre ce qui est « à améliorer » et ce qui est « à combattre. » Ils rejettent la CGT dans les rangs de l’ennemi. Gauchisme, toujours, prétexte à la ligne de droite : ne rien faire.

     Nous aurions pu leur rappeler cette citation de Mao : « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. »

    La culture du « il faut », la culture du « un jour » la culture de l’utopisme et du crachat facile. Si nous suivions leur ligne, il nous faudrait rentrer dans nos chaumières et attendre. Ne pas participer aux grèves, ne rien faire. Espérer qu’un messie naisse, espérer toujours et sans fin, comme dans n’importe quelle religion, comme dans n’importe quelle secte.

    L’Unité Communiste de Lyon est fière d’avoir dans ses rangs des militants et des militantes de la CGT. Elle est fier de savoir qu’ils mènent une lutte de ligne contre les tendances opportunistes et réformistes de ce syndicats. Elle est consciente que cet outil n’est pas parfait. Mais il existe. Et, contrairement à la « ligne de masse » liquidatrice du « PCF(mlm) », cet outil possède une action sur la société, une action sur les événements. Leur culture de « beauf », ciblée par le prétendu-parti leur sert d’argument massue.

    L’argument culturel sert ici de justification à tout et n’importe quoi. « Mais une telle alliance de la CGT et de l’ultra-gauche, des merguez et des kebabs, du pastis et de la cannette qui est lancée sur la police, est totalement hors-jeu historiquement. » Comment comprendre cette phrase ? Tout lecteur objectif ne peut que se demander si nous ne rentrons pas dans une performance littéraire plus qu’un texte militant. Au loin, point même une lueur de racisme, qui flamboie.

    Si les masses n’ont pas une pratique parfaite, si les organisations syndicales ont une direction droitière et bourgeoise, à qui peut-on en imputer la responsabilité, si ce n’est à notre faiblesse dans la lutte ? Si la CGT dévie, c’est au communistes de combattre cette déviation, non de se mettre en retrait et de cracher leur venin.

    Mais les masses, les travailleurs et les travailleuses, eux-mêmes, elles-mêmes, ne sont pas à la hauteur des désirs du « PCF(mlm). »

    Cette même ligne qui crache sur les ouvriers, les insulte, les injurie, sans vouloir prendre part aux organisations de masse de la classe ouvrière, en restant à l’orée des usines. Cette ligne leur a fait écrire ceci le 27 avril 2017 : « Les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens n’ont pas été à la hauteur du mot d’ordre «¡No pasarán!»

    En acceptant hier la présence de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens, les ouvriers de cette usine qui va fermer ont été en-dessous de tout. Quelle honte ! » Belles et sages paroles. Est-ce là leur vision du maoïsme ? Est-ce là leur regard sur les masses ?

    Lorsque nous lisons leurs communiqués, comment ne peut pas penser au communiqué qui nous cible, et appliquer à eux-mêmes leur propre médecine : « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. »

    Chaque position du « PCF(mlm) » est à l’avenant. Dès que l’opportunité de présenter une position répugnante se présente, ils s’en saisissent. Dès que quelque action que ce soit est faite, dès qu’un mouvement naît, il est immédiatement conspué par cette secte, car imparfait. Incapable de se saisir de la réalité, incapable de proposer quoique ce soit de correct, cette organisation agit comme le Renard dans la fable de la Fontaine, ne pouvant trouver à portée de main les fruits mûrs, qu’il envie : « Mais comme il n’y pouvait atteindre :

    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. «  « 

    Voilà la base de leur aigreur contre notre organisation, voilà pourquoi, dans un même paragraphe, ils nous associent à Soral et Dieudonné. Rouges de honte d’être pris la main dans le sac de leur inconséquence, ils s’aigrissent et injurient leurs détracteurs.

    Voilà pourquoi nous avons donc eu l’honneur de leurs colonnes au travers d’un article sur la Corée du Nord.

    Parce que cette secte est un conglomérat qui essaie de justifier par sa peur panique du fascisme des positions réactionnaires. Elle traite la police comme un rempart pour défendre la République, alors qu’elle est l’outil premier de l’écrasement des masses. Elle traite les bourgeois comme des alliés dans un front uni, alors qu’ils sont les premiers bourreaux des exploités. Eux, trouvent grâce à leurs yeux.

    Mais en revanche, des ouvriers, des travailleurs, des exploités qui ne seraient pas assez révoltés, assez révolutionnaires, assez végan, assez straight edge. Comble du comble, ils n’auraient pas assez la culture prolétarienne pour être digne d’être dans le grand parti « PCF(mlm) ».

    Voilà pourquoi nous les avons cités. Nous maintenons ce choix. Eux nous ont répondu, avec leur coprolalie habituelle. Mais à frapper trop vite, le paladin de la pureté dérape et tombe.

    Dans leur attaque contre l’UCL, dans leur tentative de nous faire endosser la tunique de Nessus et de nous faire passer pour des réformistes, le « PCF(mlm) » échoue. Il échoue même à faire un communiqué correct sur la Corée !

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie III – La fin du CDI

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie III – La fin du CDI

    Les funérailles du contrat de travail.

     

    L’accord d’entreprise au dessus de la loi et du contrat de travail

    Pour accompagner cette mesure qui fragilise d’ores et déjà les accords de branche, le patronat, par le truchement de ses exécutants, se dote d’un second couteau. Les ordonnances tendent à mettre en place une présomption de conformité sur les accords signés en entreprise par rapport à la loi. Cela signifie donc que, jusqu’à preuve du contraire, les accords décidés « démocratiquement » au sein de l’entreprise sont juridiquement valables, même lorsque leurs décisions sont contraires à la loi. En somme, cela leur confère une puissance terrible, puisque tant qu’il n’existe pas de désaccord majeur, la loi est shuntée et l’accord prend sa place.

    Il s’agit d’une mesure particulièrement retorse.  Elle permet en pratique, de faire tout ce que le patron peut désirer.

    Elle entraîne de facto une rupture dans la nature même du CDI. Cela permet de pouvoir obtenir des modifications de temps de travail, des modifications de normes de travail, mais également de créer des facilités pour abaisser les salaires et licencier avec une aisance totale.

    L’accord prime également sur le contrat de travail. Cela signifie qu’il est tout à fait possible de faire mettre en place des dispositions désavantageuses ne figurant pas dans, ou étant contradictoires avec le contrat. Quelque soit la négociation faite en amont, au cours de l’entretien d’embauche, elle n’aura pas de valeur et ne formera pas une protection pour le ou la salariée. Le désaccord se traduit d’une manière claire et nette : le salarié peut être licencié s’il refuse de s’y soumettre.

    Par ailleurs, un principe général de primauté de l’accord d’entreprise sur le contrat de travail est prévu. Jusqu’à aujourd’hui, on ne pouvait se voir imposer un accord moins favorable que le contrat de travail. Avec les ordonnances, toutes les mesures négociées par accord d’entreprise (via des chantages à l’emploi ou aux salaires) s’imposeront aux salariés, même à ceux qui auront négocié des mesures plus favorables sur leur contrat. En cas de désaccord, c’est un licenciement à la clef.

    Le recours au référendum, comment casser les syndicats sous prétexte de démocratie.

    Un des points les plus ingénieux de cette réforme est de changer la manière de négocier les choses au sein de l’entreprise. Le terme ‘démocratie’ est un terme plus que positivement connoté. Il évoque la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté d’action. Pourtant, dans les faits, la démocratie est un couteau à double tranchants. La démocratie des uns n’est pas celle des autres.

    Le tour de force du patronat est de tenter de faire passer les syndicats, outils de défense des travailleurs, pour des freins à la démocratie, pour les cliques de passéistes. Pour shunter les syndicats, pour réussir une manœuvre en débordement, les capitalistes optent pour une méthode fascinante : « l’expression populaire . »

    Depuis les années 80-90, des accords dérogatoires aux accords de branches sont proposés par le patronat. Ces accords ne sont pas des cadeaux, mais sont défavorables, de manière croissante, aux salariés. D’une manière générale, les syndicats majoritaires, lorsqu’ils font leur travail correctement, s’opposent  à l’idée de signer ces accords. Pour le patron, cette situation de blocage est intolérable, inacceptable.

    Avec la loi travail première génération, deux mesures sont mises en œuvre: la représentativité n’est plus systématique et devient au prorata de la participation aux élections du CE d’entreprise. En second lieu, le renforcement du caractère majoritaire des accords. Ainsi, la loi travail prévoit que pour être valable, un accord doit être signé par un ou plusieurs syndicats ayant obtenu au moins 50% des voix au premier tour des élections du CE. Si les syndicats majoritaires refusent l’accord, il peut être fait appel au référendum d’entreprise pour faire passer celui-ci.

    Avec la nouvelle mouture, Macron, la procédure est encore plus simple, le référendum peut être pris à la simple initiative de l’employeur, permettant de passer au dessus de la représentativité des syndicats, de les écarter du processus.

    Les votes au sein des entreprises sont loin d’être une belle démocratie, pure et parfaite. Généralement la question est posée d’une manière alambiquée, des pressions et un chantage à l’emploi sont exercés…etc. Ainsi s’exerce la démocratie patronale, par le vote truqué et la lutte pied à pied contre les organisations de défense des travailleurs et de des travailleuses.

    Autant de méthodes qui permettent, par la pression, d’extorquer, d’arracher, d’obtenir tout ce qu’ils et elles veulent de leurs travailleurs, en employant un camoufflage démocratique.

    Une manœuvre redoutable, mais qui n’est qu’une mise en bouche d’un autre pan de la bataille : l’anéantissement complet du CDI.

    Frapper le CDI.

    Dans le fond, le contrat de travail est l’objectif stratégique du gouvernement.

    A la base, l’argument des libéraux et des liquidateurs est le suivant : le code du travail est une horreur complexe, trop lourde à gérer, entravant le fonctionnement de la libre-entreprise, instillant un poison mortel dans l’économie. En somme, il faudrait le liquider pour que les entreprises puissent avancer économiquement, devenir plus fortes et apporter de meilleurs services.

    Si peut-être certains naïfs et certaines naïves sont réellement et sincèrement convaincus par ces arguments, la réalité montre un visage nettement moins souriant. Le patronat, qui considère l’employé comme une marchandise et une force de travail, ne voit en lui qu’un moyen de produire de la plus-value. Le contrat l’étouffe, dans sa quête sans fin du profit. Au regard du patron, il est l’ennemi n°1. Aujourd’hui en position de force, sans commune mesure, il lui livre une offensive qui se mue en bataille d’anéantissement.

    Il existe deux types d’attaques contre le CDI. Elles sont d’une part la mise en place de dispositions permettant d’outrepasser les bornes définies par le contrat de travail, tel que la possibilité de licencier en payant une amende. Ce qui est présenté comme une sanction pour l’employeur devient une somme forfaitaire à régler à l’Etat pour licencier à volonté.

    De l’autre part, elles sont constituées par la mise en œuvre de dispositions rendant négociables chacun des points du contrat. Nikita Khrouchtchev, dans une des rares citations passées à la postérité, parlait ainsi de la négociation: « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable. » Si nous n’avons guère de sympathie pour ce fossoyeur du socialisme en URSS, cela n’empêche que cette phrase est d’une véracité sans limites.

    Les modifications du CDI sont importantes : la première est liée à la période d’essai. Celle-ci ne pouvait excéder légalement 2 mois pour un employé, 3 pour un ingénieur, 4 pour un cadre, avec une possibilité de renouvellement si celle-ci existait dans la convention collective. Aujourd’hui, la période d’essai prend des proportions immenses, étant devenue négociable intégralement dans le cadre défini par le droit international du travail, soit 12 mois.

    12 mois de période d’essai, cela signifie un purgatoire interminable, en permanence sous la crainte d’un avis de renvoi, d’une fin de contrat. En somme, il s’agit d’un siège éjectable constant, ou d’un travail avec le revolver sur la tempe.

    Le second élément est le préavis. Il était de 1 mois pour 6 mois d’ancienneté, 2 mois à partir de deux ans. L’employeur ne pouvait se débarrasser de son employé du jour au lendemain, offrant une marge de manœuvre limitée mais existante pour permettre d’anticiper la perte de rémunération. Les seules dérogations concernaient les fautes graves.

    La loi désirée par le patronat abolit ce préavis et peut permettre, si les accords d’entreprise le valident, de mettre à la porte un employé du jour au lendemain, avec une perte immédiate de toute rémunération.

    Le troisième élément sont les congés familiaux, notamment le cas scandaleux de la suppression du congé accordé dans une situation de décès d’un enfant. Cette suppression  avait été abandonnée dans la loi El-Khomri. Elle fait son retour discret, malgré le caractère impitoyable et cynique de cette suppression.  Ainsi, le congé devient d’une durée soumise à la négociation.

     Les indemnités de licenciement étaient auparavant garanties par un plancher correspondant à 1/5ème de mois par année, accompagnées par 2/15ème au delà de dix ans d’ancienneté. Ces aspects seront, comme les autres, soumis à négociation. Il s’agit d’une manière d’ôter les barrages qui pourraient nuire à la mise en place d’un licenciement.

    Ces licenciement eux-mêmes peuvent être faits sur la base de motifs définis par la pseudo-négociation. Ainsi, à l’heure actuelle, les juges contrôlent la légitimité du licenciement, pour s’assurer qu’il soit bien conforme au code du travail. Désormais, si l’entreprise décide que plusieurs retards induisent un renvoi, le juge ne pourra qu’accepter la situation et valider celui-ci.

    Normaliser le CDD et développer un contrat unique.

    En théorie, le CDI constitue une norme pour l’emploi. Il est le contrat de travail type, les autres ne devant être réservés qu’à des situations spécifiques et exceptionnelles. Dans la pratique, déjà, le patronat ne s’encombre par particulièrement de scrupules à ce sujet.

    Le CDD n’a pourtant un caractère légitime, au regard du droit du travail, que dans les cas suivants :

    ·                  Combler l’absence d’un salarié (maladie, congés…)

    ·                  Faire face à un surcroît d’activité.

    ·                  Fournir un contrat saisonnier pour des employés de secteurs n’ayant pas une activité régulière : agriculture ; tourisme ; restauration et hôtellerie.

    ·                  Pour limiter les emplois en CDD et encourager celui en CDI, celui-ci est encadré par une série de règles :

    ·                  parce qu’une clause du contrat le prévoit,

    ·                  parce qu’un avenant est proposé au salarié avant l’échéance de son contrat.

    ·                  18 mois dans la plupart des cas, ou 9 mois lorsque le contrat est conclu dans l’attente de l’arrivée d’un salarié recruté en CDI, ou 24 mois si le contrat est exécuté à l’étranger, s’il est conclu dans le cadre du départ définitif d’un salarié avant la suppression de son poste ou en cas d’accroissement exceptionnel d’activité.

     

    ·                  Existence d’un délai de carence, empêchant théoriquement l’employeur de faire cumuler CDD sur CDD à l’employé. A noter que cette disposition se retourne parfois contre ce dernier, qui se retrouve sans le sou durant la période de carence, avant de repartir pour un nouveau contrat précaire.

    ·                  Lorsque le contrat se poursuit après l’échéance du terme du CDD, il se transforme automatiquement en CDI et le salarié conserve l’ancienneté acquise pendant son CDD.

    La réforme qui se dessine souhaite remettre en cause ces règles, sachant qu’elles ne sont déjà que peu respectées, y compris au sein des entreprises et administrations publiques. La discussion se fera au niveau de l’entreprise, au travers de la conclusion d’accords collectifs pour assouplir ces règles. Cela permettra notamment d’élargir les cas de figure permettant de justifier le CDD.

    Exemple illustratif : un employeur peut s’autoriser par accord d’entreprise à conclure un CDD « pour faire face aux besoins liés à l’organisation de l’entreprise », une formule qui n’est nullement encadrée juridiquement, mais qui est, au contraire, suffisamment vague pour permettre de s’adapter à tous les cas de figure. Poussé à l’extrême le même procédé, si l’employeur négocie l’extension du délai maximum du CDD, ou la suppression du délai de carence, la situation débouche sur le fait que le CDD devient une norme qui se substitue au CDI.

    Pour les salariés, les conséquences sont les suivantes :

    ·         Précarisation de l’emploi : il n’est pas possible de savoir quand et combien de temps le travail peut durer.

    ·         Une précarité qui bloque la possibilité de défense et de contre-attaque au niveau des droits, la précarité devenant une norme.

    ·         Une difficulté de pouvoir se défendre contre les abus aux Prud’hommes, étant donné que les accords internes aux entreprises permettent quasiment tout.

    Les employeurs ont également un rêve fou, sur le point de se concrétiser. Ce rêve est celui du recours au CDI de projet. Le CDI oldschool ne permet pas de faire varier la masse salariale suffisamment efficacement et donne un sentiment de sécurité préjudiciable à une exploitation accrue des travailleurs. Le CDD, par son caractère déterminé, est toujours trop rigide, car il ne permet pas de faire face aux aléas que peuvent rencontrer les entreprises. Le CDI de projet correspond à une adaptation d’un contrat auparavant réservé aux entreprises en BTP. Ce nouveau type de contrat revient, globalement, à faire de l’embauche à la tâche, sans précision de durée aucune, ce qui est une situation qui fut vivement combattue par le mouvement social, car cela entraînerait une précarité terrible.

    Ce rêve permettrait de liquider le CDI et le CDD pour ne former plus qu’une seule situation unique : un contrat vague, décidé intégralement par le patron, permettant de disposer d’une main d’œuvre corvéable à merci. Le Saint Graal du patronat.

    Les licenciements à la pelle.

    Le licenciement pour motif économique, déjà réformé sous Hollande, est à nouveau dans le viseur. En plus de la question du délais de recours, déjà abordé, trois pistes sont reprises :

              augmenter les seuils d’effectifs pour rendre obligatoire le plan de sauvegarde de l’emploi ; aujourd’hui, à partir de plus de 10 licenciements sur 30 jours, l’employeur a l’obligation de mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi qu’il doit négocier en priorité, avec des mesures d’accompagnement des salariés licenciés dans leur reclassement. Macron veut alléger l’obligation en faisant en sorte d’alléger le plan de sauvegarde de l’emploi.

              le droit du licenciement pour motif économique est conditionné de l’obligation pour l’employeur de trouver une solution de reclassement pour le salarié. Avec la loi, plus d’obligation individuelle d’aide au reclassement, l’employeur ne serait obligé que de publier une série de propositions d’emplois, à charge de l’employé de trouver son bonheur.

              le motif économique de licenciement doit être apprécié nationalement au niveau du groupe sans tenir compte des moyens du groupe à l’étranger ; cela a été amorcé par la loi Macron, les grands groupes internationaux n’ont plus à assurer la pérennité de leurs filiales, lesquelles peuvent être fermées, même si le groupe prospère.

    Tous ces aspects offrent, au final, un pouvoir titanesque aux patrons, aux exploiteurs. Cela leur permet d’agir comme bon leur semble avec leurs employés.

    Mais comme la bourgeoisie est particulièrement généreuse avec elle-même, elle double cette offensive d’une seconde, plus discrète, rendant toute défense des travailleurs impossible.