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  • Sur la dictature du prolétariat – II – les armes de la bourgeoisie.

    Sur la dictature du prolétariat – II – les armes de la bourgeoisie.

    Les armes de la bourgeoisie

    La lutte des classes est une donnée parfaitement intégrée par la bourgeoisie. Publiquement, ses sbires la nient, mais en interne, dans l’entre-soi de sa classe, elle ne peut que le reconnaître. Elle s’est également lancée dans l’étude de l’expérience socialiste, pour la combattre et la juguler.

    Ainsi, la bourgeoisie s’est dotée d’un plan de bataille. Elle a mis en œuvre diverses politiques pour parer l’éventualité d’une menace renouvelée. Elles ont pu se traduire par la cooptation des opposants, leur intégration dans l’establishment, leur corruption. Mao Zedong, ainsi, appelait ces politiques les « balles sucrées de la bourgeoisie. » Elles sont douces, mais tuent. Tuent les mouvements de lutte, tuent les mouvement révolutionnaires.

    Mais la corruption ne suffit pas, alors la bourgeoisie met d’autres moyens en branle. L’anticommunisme institutionnel en fait partie. Programmes scolaires, ouvrages « historiques », films de propagande camouflés, articles de presse… Tous les moyens sont mis en œuvre pour détourner les masses et la jeunesse des conceptions communistes. Les communistes et les progressistes sincères ont lutté avec ardeur pour que la vérité historique soit défendue le mieux possible. Cependant, l’affaiblissement de ce camp de la vérité a ouvert des brèches, dans lesquelles la bourgeoisie à pu s’engouffrer. 

     Ce n’est nullement un hasard si, en 2006, profitant de cet état de faiblesse, Göran Lindblad, membre suédois du groupe chrétien-démocrate du parlement européen, proposa la résolution 1481 dont les articles sont illustratifs :

    « Article 2 : Les régimes communistes totalitaires (…) ont été marqués sans exception par des violations massives des droits de l’homme. Ces violations (…) incluaient les assassinats et les exécutions (…), les décès dans les camps de concentration, la mort par la fin, les déportations, la torture, le travail forcé et d’autres formes de terreur physique collective.  

    Article 3 : Les crimes ont été justifiés au nom de la théorie de la lutte des classes et du principe de la dictature du prolétariat.

    Article 4 : « L’Assemblée reconnaît que malgré les crimes des régimes communistes totalitaires, certains partis communistes européens ont travaillé à la réalisation de la démocratie ».

    Article 6 : « Les partis communistes sont légaux et encore actifs dans certains pays alors qu’ils n’ont parfois même pas pris leurs distances par rapport aux crimes commis dans le passé par les régimes communistes totalitaires. »

    Dans le septième article, la phrase suivante figure :  « Le jugement moral et la condamnation des crimes commis jouent un rôle important dans l’éducation donnée aux jeunes générations. Une position claire de la communauté internationale sur ce passé pourrait leur servir de référence pour leur action future. »

    Ce principe revient, en catimini, à flatter les partis réformistes et à jeter l’opprobre sur les partis communistes révolutionnaires. Tant que les pseudo-partis communistes demeurent dans le cadre du respect de la légalité bourgeoise, tant qu’ils condamnent le communisme, ils ont, pour la bourgeoisie, leur place dans le jeu « démocratique. »

    A l’inverse, la bourgeoisie à l’intelligence de favoriser la « critique de gauche » du communisme. Ce communisme « pur », de « papier », qui n’aurait jamais été essayé. Par le passé, la ligne des bourgeois fut celle d’une critique « de droite. » Staline était, jusque dans les années 30, présenté comme l’héritier de Lénine, comme un communiste intégral, comme son fer de lance. Ce n’était pas Staline lui-même qui était visé par la bourgeoisie, mais le communisme. Les discours étaient donc axés autour d’argumentaires tels que « le communisme cause la misère, il cause la souffrance…Etc. »

    Le problème de cette ligne était qu’elle n’ouvrait qu’un unique front d’attaque. Celle-ci ne permettait pas de détacher les ouvriers, la jeunesse, de leur sympathie pour l’URSS et pour son équipe de direction. 

    L’opposition « de gauche » au sein de l’URSS, lorsqu’elle fut chassée, s’est très bien acoquinée avec la bourgeoisie la plus réactionnaire. L’une et l’autre partageaient la même haine contre l’Union Soviétique, contre le léninisme. L’une et l’autre ont fait longuement cause commune, y compris à travers les alliances les plus répugnantes.

    Surtout, elle offrait un nouvel angle d’attaque : désormais, le communisme n’était -à part dans la presse la plus réactionnaire- plus vraiment l’ennemi, il était devenu une cause louable, mais trahie. Le trotskisme est devenu, rejoint en cela par l’anarchisme, une division de l’offensive contre le communisme, attaquant par la gauche tandis que les réactionnaires attaquaient par la droite.

    Lénine et Trotski, d’opposés, sont devenus les meilleurs amis du monde dans les romans de la bourgeoisie. Les léninistes furent rebaptisés « staliniens. » Par ailleurs, les révisionnistes firent de même avec le maoïsme. Ces thèses se répandent toujours, s’aggravement même, les réformes des programmes scolaires présentant maintenant sur le même pied communisme et nazisme. L’extrême-gauche, les révisionnistes, la bourgeoisie et les fascistes applaudissent.

    Cette propagande donne naissance à d’intéressantes contorsions mentales. Nombre de militants et militantes des milieux alternatifs concèdent que la bourgeoisie use et abuse de propagande. Qu’elle déforme, mente et viole sa propre légalité, cela est une vérité bien acceptée. En revanche, il est hautement intéressant de voir que les mensonges sur l’URSS -mais également les racontars sur la Corée du Nord, Cuba, ou d’autres que, pourtant, nous ne soutenons pas de manière positive- sont acceptés sans broncher. Dire « Makhno était un pogromiste » entraine des hurlements sans fin ; clamer que Staline l’était n’entraine que des hochements de contentement et d’acceptation.

    Cette propagande entraine un reflexe de rejet pavlovien, que la fainéantise intellectuelle et la difficulté de trouver des documents fiables viennent parfaire. Les citations fausses, sans la moindre source d’origine, sont légion ; tandis que les textes, les sources directes ne sont pas disponibles. Quant elles le sont, elles ne sont pas lues. Quant elles sont lues, leurs apports tombent, hélas, régulièrement entre les mains de fétichistes de l’idéologie, d’idolâtres, et non de militants qui l’utilisent comme apport.

    Combien de membres du PCF déclarent ainsi soutenir Staline, défendre son héritage idéologique, tout en n’étant pas capable d’appliquer le léninisme dans leur grille n’analyse, tout en défendant avec force et vigueur le parti qui fut à la tête de l’assaut révisionniste ?

    Bien souvent, les exégètes forment la seule base idéologique sur laquelle les militants et militantes basent leur compréhension. Lénine n’est pas lu, ou peu, Staline, encore moins. Sont lus, par contre, les auteurs qui commentent, critiquent ces textes.

    La bataille idéologique se double d’une bataille historiographique. Un travail de titan reste à faire, consistant à réunir les sources, réunir les éléments fiables, tout ce qui peut permettre de faire éclater la vérité. Bien souvent, les militants et militantes communistes en sont réduits à instruire à charge et décharge les procès politiques qui leur sont faits. D’une certaine manière, c’est cette défense de l’héritage, cette confrontation aux assauts de la critique, qui durcit les militants communistes et les poussent à se tourner vers un approfondissement de leurs connaissances et de leur maîtrise idéologique.

    Malheureusement, leurs détracteurs n’ont pas toujours ce rapport à l’histoire et à la recherche. Croire à tel ou tel fait se réduit à un acte de foi, un acte aveugle d’adhésion. Or, c’est bien là une faiblesse terrifiante.

    Les textes idéologiques permettent de juger, idéologiquement, de la position défendue par tel ou tel acteur, par tel ou tel auteur. Elle permet d’en éprouver le contenu, la cohérence. Certains trotskistes prétendent que les textes de Lénine ont été falsifiés par les « staliniens. » Quand bien même, quelle importance ?

    Qu’importe, si les arguments qui sont développés dans ceux-ci sont justes, paraissent judicieux, quel intérêt, même, d’en faire une recherche en paternité ? La vérité d’un argument de dépend pas de sa parenté, mais bien de sa capacité à être cohérent et juste.

    De même, si certains critiquent les actions de Mao Zedong, d’Enver Hoxha, cela ne signifie pas que ces auteurs n’ont pas apporté des enrichissements qui peuvent, aujourd’hui former un socle idéologique, permettre d’avancer.

    C’est avec ces armes que les communistes combattent la propagande de la bourgeoisie et de ses alliés objectifs.

    Seulement la bourgeoisie en dispose d’autres.

    Lorsque ne suffit pas la propagande pour étouffer la révolte, étouffer la voix des communistes, elle use d’autres moyens de pression.

    Elle use de la menace, légale ou illégale, par le biais de ses organisations de défense.

    D’une part, par ses relais institutionnels, qui entravent l’action des organisations communistes, qui entravent ses possibilités de développement de ses activités, y compris lorsque celles-ci sont légales. Par l’action de la police, qui réprime, qui opprime, qui surveille, qui fiche. Par l’action d’une justice, dont les procureurs sont aux ordres directs des gardes de sceaux, dont ils exécutent fidèlement les directives, dans le domaine de la répression et de l’écrasement.

    Par la menace illégale, par les milices, ses mercenaires, ses fascistes -parfaits auxiliaires de répression- qui traquent, menacent et tuent.

    Par l’armée, enfin, qui, en dernier ressort, est l’outil suprême de l’écrasement de la révolte du peuple. Ce que la douceur, ce que les balles enrobées de sucre ne peuvent obtenir, la peur et la douleur le feront.

    Si jamais cela ne suffit pas, le feu et le choc prendront le relais. Nulle lois, même celles promulguées par la bourgeoisie elle-même, même les largesses des droits de l’Homme, ne protègent. A la base, dans la vie de tous les jours, cette classe sociale ne s’entrave pas de limites légales pour ses affaires, pour ses plaisirs. Elle ne s’en entrave certainement pas pour sa survie.

    Les libertés fondamentales -expression ; opinion ; circulation…- portent mal leur nom. Liberté signifierait un caractère inaliénable, fondamentales signifierait que sans elle, le fondement de la société disparaît. En vérité, elles sont des droits formels.

    Formellement, la bourgeoisie donne le droit à l’expression. Il peut être retiré. Formellement, elle accorde des droits démocratiques, mais ils peuvent très bien, sans préavis, être amoindris, supprimés, bafoués. Un exemple illustratif est celui de la constitution européenne proposée au vote, par un referendum, en 2005. Contre toute attente, elle fut refusée, à la grande ire de la bourgeoisie de l’Etat français. Malgré le fait que, en droit, un referendum soit la forme d’expression suprême, cela n’a pas empêché qu’elle soit ratifiée. Un revers aurait été terriblement embarrassant et aurait nuit aux projets de l’impérialisme français.

    Menacée, la bourgeoisie ne reste nullement cloitrée à des formes démocratiques d’opposition. Elle est prête à tout, quitte à invoquer des monstruosités. Le nazisme, le fascisme, n’ont jamais gagné le pouvoir par les urnes seules. Mussolini fut coopté par Victor-Emmanuel III, roi d’Italie, pour former le nouveau gouvernement et écraser les grèves d’Italie du Nord. Hitler fut promu chancelier par Paul von Hindenburg, avec le soutien de Krupp, Thyssen, Blohm & Voss ou Porsche. L’un et l’autre de ces créatures sont des purs produits, des pures émanations des intérêts de la bourgeoisie la plus réactionnaire. Ils sont des âme damnées invoquées pour assouvir leurs objectifs, que ceux-ci soient en termes de guerre d’agression comme de guerre contre-révolutionnaire.

    Ce ne sont, hélas, nullement des élucubrations d’esprits sinistres, de tristes sires, qui poussent à décrire cette situation. Ces constats sont le fruit d’un regard sur l’Histoire, au cours de laquelle chacun de ces moyens de défense a été -est toujours- utilisé.

    La cooptation, la propagande, la répression, le fascisme sont des politiques réelles, réellement utilisées par la bourgeoisie pour se défendre. Elles sont les obstacles face auquel tous les révolutionnaires doivent se préparer à faire face.

  • Sur la dictature du prolétariat -I- Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    Sur la dictature du prolétariat -I- Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie est une lutte de longue haleine. Elle s’est manifestée d’une multitude de manières, au travers de méthodes différentes, avec des stratégies et des tactiques diverses et variées.

    L’expression de la lutte des classe s’est faite selon des méthodes spontanées, comme le luddisme, par la grève sur le tas, par des colères et des émeutes. Elle s’est faite au travers des organisations syndicales. Elle s’est faite également sous une forme politique, au travers de partis, notamment des partis ouvriers et communistes.

    La lutte s’est faite pacifiquement ou dans la violence, dans la victoire ou dans la défaite, dans la solidarité ou dans la trahison. Elle a accouché d’une somme d’expériences immense, dont les théoriciens, les idéologues mais également les praticiens ont su -ou non- tirer profit.

    L’utilisation de cette somme de matière a permis de déduire des lois sur le fonctionnement du système capitaliste, de la bourgeoisie, de l’Etat, des lois qui, en retour, on permis de développer une théorie révolutionnaire adaptée.

    La décantation, le travail de critique et de tri n’a pas été effectué par des sages sur leur montagne. Ce sont des individus, des organisations, ancrées dans la réalité de la lutte des classes, ancrées dans les masses, ancrées dans un lien étroit entre théorie et pratique. Ceux et celles qui n’ont pas fait vivre ce lien se sont égarés, ont dévié. Ou dans une dérive aventuriste, dans une fuite en avant éperdue ; ou, à l’inverse dans la désespérance, dans le fait de se vautrer dans la collaboration de classe, dans la trahison, dans l’opportunisme. L’une et l’autre, généralement, finissent par se rejoindre dans un renoncement à la révolution et à la lutte.

    Le réformisme est un courant particulièrement puissant au sein de la société. Il représente, en quelque sorte, la « norme » de base du rapport au pouvoir, du rapport à l’environnement politique. Spontanément, les masses et les individus sont réformistes, même sous la forme d’un réformisme radical. Etre confronté à l’exploitation pousse à s’en soustraire, à lutter. C’est là un phénomène logique et normal. Mais le fait de remettre en cause l’organisation de l’économie, le fait de remettre en cause l’Etat et son mode de fonctionnement, demande quelque chose qui ne peut se contenter du regard étroit d’un seul individu. Elle demande de se hisser au delà de l’horizon du simple vécu individuel, elle demande un apport théorique supérieur. Devenir l’architecte d’un nouveau système politico-économique, cela demande un travail plus poussé, encore au delà. Cela ne peut apparaître spontanément.

    C’est ainsi que ceux et celles qui rejettent l’idéologisation, la propagande, l’organisation des masses, sous prétexte qu’elle corrompt leur pensée pure et naïve, ne sont au final que les agents du réformisme le plus plat et le plus éhonté.

    Le réformisme se traduit, dans un sens, par une subordination de la stratégie à la tactique. Elle considère que les « buts de la guerre », pour reprendre la formulation de Clausewitz, se conditionnent aux « moyens de la guerre », les tactiques. Le réformisme est avant tout un pragmatisme : avancer autant que possible, autant que faire ce peu, essayer d’amender les choses, essayer d’encercler la société capitaliste et l’emmener, démocratiquement, en respectant les formes et la légalité, vers une autre étape, socialiste.

    Cette absence de compréhension du caractère antagonique des contradictions entre le prolétariat -exploité- et la bourgeoisie -vivant de cette exploitation- est un des paramètres qui explique cette ligne. En ne comprenant pas la nature de l’Etat : émanation directe du pouvoir de la classe dominante ; en ne comprenant pas le fait que la bourgeoisie soit active, agissante ; le réformisme fait le lit de la collaboration de classe, du clientélisme, de l’opportunisme.

    Sans faire de procès d’intention, la faillite de la compréhension ne naît par forcément d’une révision cynique de la théorie. Elle découle potentiellement d’une erreur sincère. Mais cette erreur forme une plaie qui se surinfecte aisément de la lâcheté, de l’envie de carrière, du renoncement.

    A l’inverse, son miroir, le gauchisme, ne prend en compte que les « buts de la guerre » mais pose une négation sur les moyens, sur les tactiques. Cette négation des étapes produit l’effet suivant : l’idéologie est prisonnière d’un palais des glaces, se heurtant sans cesse à des écueils invisibles, incapable de comprendre les moyens de les franchir, incapable de pouvoir développer une tactiques qui soit adaptée.

    Cette absence de pensée tactique accouche d’un opportunisme spontanéiste, prêt à voir dans les « expressions pures » du peuple, une étincelle de révolution, même lorsque les mots d’ordres sont au lynchage et aux pogroms. Elle accouche d’un aventurisme, d’une surestimation de la capacité à rallier les masses, à convaincre les tenants de positions arriérées. Elle confine donc au sectarisme.

    Les deux sont reliés dialectiquement, sont les frères jumeaux l’un de l’autre et mènent l’un à l’autre. La route du gauchisme au droitisme est une route de la pureté au compromis, du compromis à la compromission, de la compromission à la trahison.

    Ces deux fautes idéologiques, ces deux déviations, sont dans l’incapacité de créer les conditions permettant à l’humanité de faire ce gigantesque bond en avant du capitalisme vers le socialisme. La première parce que son horizon est celui de la lutte parlementaire, du crétinisme, la seconde car elle se contente de la critique et de l’utopisme.

    Il existe bien des « sages de la montagne », qui, du haut de leur sommet, lorgnent sur la société avec leur longue vue, dessinent d’improbables arabesques sur des tableaux noirs, perfectionnent leur maquette de société future. Ces sages sont d’illustres compteurs d’histoires, sont capable de peindre de merveilleuses fresques. Ce qui leur manque, en revanche, c’est un chemin entre la société actuelle et la société merveilleuse, rêvée, parfaite et imperfectible.

    Bien souvent, ces « sages » se muent en gardiens d’une idéologie ossifiée, sclérosée, fétichisée. Exposés comme autant de trésors, ces dogmes inapplicables, inappliqués donc, ne servent que pour pourfendre les impurs, les impies, ceux qui ne prient pas la sagesse de l’utopisme, sa pureté, ceux qui se salissent les mains à changer la société.

    Le marxisme, en opposition à l’utopisme, se base sur un constat qui n’est pas nouveau : ainsi, dès 1845, Marx, dans ses Thèses sur Feuerbach, écrivait : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde : il s’agit maintenant de le transformer. » Fondamentalement, les clichés instantanés de la société, aussi précis soient-ils, ne servent à rien. De même les maquettes d’une société future ne servent, dans le fond, à rien non plus. Tant que rien ne permet de transformer l’un en l’autre, tant que rien n’illustre les processus dialectique qui opèrent au sein de la vieille société, qui permettent de l’emmener vers la nouvelle, ces travaux demeurent une perte de temps.

    Là réside l’idée majeure du marxisme. Apporter la jonction entre les deux, la jonction entre le monde actuel et le monde meilleur : la société communiste ; sans classe ; sans Etat ; sans exploitation. Le marxisme n’est pas un utopisme qui définit les règles d’une société parfaite, inventée. Il est un outil de combat pour transformer le monde.

    Autour de ce constat s’est accumulé une synthèse d’expériences, perpétuellement enrichies par de nouveaux apports, par l’étude, par l’analyse des rapports sociaux, des rapports économiques, par le décryptage du vivant.

    Seulement l’application ne s’est pas faite dans un laboratoire, dans un environnement confiné, dans le virtuel. Elle s’est faite dans la lutte frontale, syndicale, politique, révolutionnaire, contre la bourgeoisie, contre les fascistes. Elle s’est faite dans la paix et dans la guerre, dans la lutte légale et illégale.

    Les victoires de l’idéologie marxiste ont amené au pouvoir des partis communistes, lesquels se sont retrouvés avec la responsabilité écrasante de devoir construire le socialisme, étape de transition vers le communisme. Or cette tâche ne s’est pas faite sous la forme d’un examen, d’une évaluation, où les réponses sont connues, où un corrigé parfait existe. Elle s’est faite en se heurtant à des problèmes concrets et réels, à des périls mortels. Elle s’est faite à travers une expérimentation constante.

    Ces expériences ont, de fait, échoué. Il n’existe plus ni URSS, ni République Populaire de Chine -excepté formellement- ni d’autres pays socialistes. Cet échec révèle que des erreurs ont été commises, que des insuffisances sont apparues. Les marxistes authentiques cherchent à comprendre ces erreurs, à les analyser, à en tirer des corrections pour qu’elles ne se reproduisent pas.

    Elles ont créé une somme titanesque de ressources et de documents à analyser. Les rejeter en bloc reviendrait à se priver intégralement de cette manne de connaissances.

    Pourtant, la moindre imperfection suffit, pour les gardiens du dogme et de la pureté, pour rejeter l’ensemble. Ironie des ironies, ces mêmes gardiens, attendant la pureté parfaite pour que vienne l’avènement de la société sans faille, végètent. Confrontés, bien malgré eux, au réel, ils s’excommunient, s’injurient, s’accusent. Incapable de faire face à la réalité, d’être maîtres de leur situation, ces purs se vautrent dans la compromission, dans la concession, dans l’opportunisme. D’aventuristes de la pureté, ils finissent leur trajectoire dans les bras de la social-démocratie, dans le réformisme, dans l’anticommunisme viscéral, voire dans le fascisme.

    Lorsque mis en face de leurs contradictions, ces aventuriers agissent bien souvent comme des bêtes prises au piège. Mordent, attaquent, mais ne parviennent pas à apporter une réponse satisfaisante, autre que superficielle, aux problèmes qui se posent actuellement, aux questions de la société actuelle, à comment bouleverser l’ordre capitaliste, le battre, et de ses ruines faire émerger la société socialiste, la société communiste.

    Or, le choix, le marxisme-léninisme dans son ensemble, indépendamment des débats qui ont cours en son sein, pose la question des étapes. Nullement dans le but cynique d’instaurer une dictature, une bureaucratie, un Etat inutile. Ces étapes ne sont pas le fruit d’une soif de guerre, de sang, d’une volonté de nuire à autrui, de causer de la souffrance et du tort. Elles sont des passages obligés car, dans la lutte des classes, le terme de lutte n’est pas usurpé. Elle peut, certes, se dérouler pacifiquement, sans violence directe, sans conflagration, mais également prendre une tournure brutale et sans pitié.

    Le maintient de l’exploitation par le capitaliste prime sur la légalité. Si les travailleurs menacent les intérêts du patronat, gare à eux ! Que dire, alors, de la situation révolutionnaire, laquelle vise à nier le pouvoir de la bourgeoisie, à le détruire.

    L’irruption du fascisme forma, par exemple, l’une des réponses de la bourgeoisie aux menaces qui pesaient sur elle. Le fondement du fascisme n’était nullement une perversion morale, mais était, au contraire, ancré profondément dans la lutte des classes.

    Le fondement des dictatures réactionnaires, des croisades anti-bolcheviques, suivait une logique similaire : écraser la menace.

    Non pas parce que la bourgeoisie serait intrinsèquement mesquine, sadique, incapable d’empathie. Simplement parce que celle-ci possède des intérêts, qu’elle en a une conscience particulièrement aigüe et qu’elle se dote des moyens et des politiques adaptées à l’ambition de les accroître et de les défendre.

    Nous disons, au contraire, que, s’ils pensent comme un prolétaire ou comme un bourgeois, c’est qu’ils sont l’un ou l’autre. Un prolétaire a une conscience de classe prolétarienne parce qu’il est prolétaire.

    Ce que nous devons bien remarquer, c’est que la théorie idéaliste comporte une conséquence pratique. Si l’on est bourgeois, dit-on, c’est que l’on pense comme un bourgeois ; donc, pour ne plus l’être, il suffit de changer la façon de penser en cause et, pour faire cesser l’exploitation bourgeoise, il suffit de faire un travail de conviction auprès des patrons. C’est là une théorie défendue par les socialistes chrétiens ; ce fut celle aussi des fondateurs du socialisme utopique.

    Mais c’est aussi la théorie des fascistes qui luttent contre le capitalisme non pour le supprimer, mais pour le rendre plus « raisonnable » ! Quand le patronat comprendra qu’il exploite les ouvriers, disent-ils, il ne le fera plus. Voilà une théorie complètement idéaliste dont on voit les dangers. (G. Politzer, 1941)

    La lutte des classe n’est pas à sens unique, elle n’est pas que de la part du prolétariat montant « à l’assaut du ciel. » Elle est à double sens. La bourgeoisie, également, mène une lutte contre le prolétariat, contre son unification, contre son organisation, contre son idéologie, contre la révolution.

    Avant celle-ci, pendant celle-ci, après celle-ci, la bourgeoisie lutte jusqu’à la mort, jusqu’à sa disparition, contre le pouvoir du peuple et pour la restauration de son ordre.

    Cette raison est le socle de la nécessité de la dictature du prolétariat. Non par goût, mais par besoin.

  • Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Nous payons cher.

    Nous payons, aujourd’hui, chèrement, une lourde addition.

    Cette addition est le fruit d’un cumul d’erreurs, de manques étalés sur une longue période. Elle est le fruit maudit d’une conjonction de facteurs, de responsabilités, de failles, de déviations, d’abandons et de trahisons.

    Elle est ce qui explique la faiblesse des idées communistes, la faiblesse des organisations, des fronts, des luttes.

    Il existe, d’une part, des facteurs extérieurs, liés à la victoire de la contre-révolution en URSS, en Chine, en Albanie. Ces facteurs jouent un rôle considérable à l’échelle mondiale. Seulement ils n’expliquent pas tout.

    Il existe une responsabilité interne, intérieure, propre au mouvement communiste de l’Etat français. Une responsabilité que partage chaque militant ou militante communiste.

    S’en dédouaner, rejeter la faute sur la bourgeoisie, sur les fascistes, sur les trotskistes, sur les idées petites bourgeoises revient à pratiquer une politique de l’autruche. Nombreux sont ceux et celles qui pratiquent cela, avec un art consommé. Faire peser la faute sur des boucs-émissaires est une tendance qui existe. Elle doit être combattue.

    Les léninistes sont particulièrement bien placés pour comprendre l’inanité de cette position : ils subissent avec une régularité d’horloge les sempiternelles attaques des anarchistes et des trotskistes, les accusant d’avoir fait échouer leurs révolutions.

    Sur ce plan là, trotskistes, boukhariniens, anarchistes s’entendent à merveille. Accuser les autres forces, nier leur responsabilité et leur bilan.

    Cela, les communistes doivent le balayer. Mordre à cet hameçon reviendrait à s’aveugler.

    Comment reprocher à la bourgeoisie d’agir en fonction de ses intérêts ? La bourgeoisie agit dans son intérêt, dans un jeu qui lui est propre. Transgresser ses propres lois, agir en propagandiste anticommunistes, être aux aguets face à toute contestation, tout ceci est logique et cohérent.

    Comment reprocher à des forces politiques et idéologiques contraires d’agir en fonction de leur stratégie ? Impossible. Tout autant, cela n’a pas de sens de reprocher, fondamentalement, à des forces non-communistes de ne pas agir en communistes.

    L’application des conceptions politiques, pourtant, de peut être en négation de la loi fondamentale du darwinisme : la survie du plus adapté.

    Prenons l’exemple de Kronstadt. Indépendamment des causes de l’insurrection en tant que tel, le reproche des anarchistes est le suivant : « vous avez écrasé l’insurrection. » C’est un fait. L’insurrection, dirigé contre le pouvoir soviétique, a été écrasée par celui-ci. Le gouvernement soviétique agissait en fonction d’une logique qui lui était propre et à laquelle les insurgés étaient opposés. En cela, le conflit était inévitable.

    En revanche, si l’insurrection a échoué, cela est du fait de sa propre et intégrale responsabilité. Elle ne peut blâmer la force de l’ennemi. Sa faille première est sa propre faiblesse.

    Le premier reproche que devraient faire les anarchistes serait le suivant : « où notre stratégie fut-elle mauvaise ? » et non « l’ennemi s’est comporté en ennemi. » L’environnement politique, social, économique est quelque chose sur lequel il n’est possible que d’avoir une prise indirecte.

    Il est, certes, transformable par la dialectique, par l’action consciente, mais il n’en représente pas moins une toile de fond avec laquelle il est nécessaire de composer. Si une insurrection lancée à Lyon échoue car elle n’est pas soutenue, la raison principale n’est pas « les individus n’ont pas soutenu », elle est « nous avons échoué dans nos tâches de mobilisation, d’organisation, de structuration. »

    Lorsque les trotskistes accusent les « staliniens », ils nient le fait que leur ligne est pourrie. Lorsque les anarchistes accusent les communistes, ils oublient de s’accuser eux-mêmes de leurs fautes. A l’inverse, lorsque nous avons connu des échecs, nous avons, avec justesse, critiqué -en premier lieu- nos manques.

    Lorsque les révisionnistes font surgir la chute de l’URSS de derrière les fagots et qu’ils nient le long cheminement et le long pourrissement, ils agissent en parfaits imbéciles.

    Lorsque nous analysons 1991, nous y voyons la marque de 1956 et du XXe Congrès. Lorsque nous regardons ce congrès, nous n’y voyons pas la main seule de Nikita Khrouchtchev, mais bien l’aboutissement, une première étape, dans un processus de restauration du pouvoir de la bourgeoisie. Cette restauration n’est pas le fruit d’agents malins, de mauvais génies, elle est le fruit d’erreurs dans notre propre camp, chez nos camarades, chez ceux chez qui nous puisons nos sources.

    C’est l’analyse sans concession, l’autocritique sans pitié qui peut nous permettre d’avancer efficacement, plus solidement.

    Aujourd’hui, nos propres faiblesses pèsent pour beaucoup. Notre faiblesse en tant que force d’opposition à la bourgeoisie est le reflet de notre faiblesse en tant qu’organisations divisées, qui, elle-même est le reflet de notre faiblesse dans la manière dont nous traitons la question de l’unité et dont nous traitons les questions idéologiques.

    Qui, aujourd’hui, lit Marx ? Qui lit Engels ? Qui lit Lénine, Staline, Mao, Hoxha, Ho Chi-Minh, Dimitrov, Kaypakkaya, Gonzalo, Gramsci ?

    Personne ou presque.

    D’une part car les sources sont difficiles à trouver, qu’elles demandent de la recherche. D’autre part parce que quand des livres sont lus, ce ne sont pas des sources primaires mais des exégètes. « La pensée de Lénine » vue par tel ou tel auteur, « Comprendre Marx », par un sociologue universitaire, Trotski dépeignant Staline…

    Comment ne pas penser directement à cette citation de J. Staline, dans les Cinq Conversations avec des Économistes Soviétiques, (1941-1952).

    « Il est nécessaire que nos cadres aient une connaissance approfondie de la théorie économique Marxiste.

    La première vieille génération de Bolcheviks était très solide théoriquement. Nous avons appris le Capital par cœur, fait des tableaux synoptiques, tenu des discussions et évalué chacun notre compréhension. C’était notre force et cela nous a aidé beaucoup.

    La deuxième génération a été moins préparée. Ils étaient occupés par des questions pratiques et la construction. Ils ont étudié le Marxisme avec des livrets.

    La troisième génération a été élevée sur des articles satiriques et de presse. Ils n’ont aucune compréhension profonde. Ils doivent être pourvus avec une alimentation qui est facilement digestible. La majorité a été élevée non en étudiant Marx et Lénine mais avec des citations.

    Si la chose continue plus loin de cette façon les gens dégénéreront bientôt. »

    Cette lutte pour l’idéologie est une lutte que nous devons gagner pour remonter la pente. Sa perte est ce qui a fait accepter la dégénérescence du Parti Communiste, ce qui a permis de justifier l’intégralité des reculs idéologiques de celui-ci. Le plus souvent, les opportunistes se camouflèrent derrière une connaissance des textes supérieure, qu’ils camouflèrent en maîtrise idéologique, des arguments d’autorité, des démonstrations creuses.

    Cette perte de maîtrise idéologique se fait ressentir avec un mordant terrible. Elle explique la résurgence d’idées écrasées, battues, anéanties. Des conceptions, par ailleurs, non pas balyées par la violence physique, mais par la démonstration, par la dialectique, par l’expérience. Supprimer les traces de l’expérience a infligé une terrible amnésie au militants et militants, aux communistes et aux progressistes sincères.

    Elle a entraîné la renaissance des modes de pensée idéalistes et basées sur une analyse petite-bourgeoise de l’économie : l’anarchisme. La renaissance de ces conceptions et de ces méthodes d’analyse fait renaître toutes sortes de perversions de l’esprit telles que le post-modernisme.

    Elle a entrainé la renaissance et la survie des conceptions mencheviks, dont le trotskisme. Lequel se caractérise par une phraséologie de gauche mais un bloc systématique avec les positions sociale-démocrates, réformistes.

    Au sein des léninistes, elle a semé la confusion et le trouble. Cette privation idéologique explique l’attachement fétichiste des militants et des militantes à une structure -le PCF- plus qu’à une idéologie. La destruction de la verticalité léniniste : Théorie > idéologie > programme > structure > ligne se traduit par une inversion des priorités.

    Mettre la structure comme chapeau, comme sommet, de l’application de la théorie léniniste, est une fausseté terrible, qui condamnent ses tenants à l’inaction, à la soumission, à la lutte de tranchée dans des conditions telles que le succès est impossible. Le PCF, agissant comme une version miniature de l’Etat bourgeois, est régi par les mêmes règles : inamendable, impossible à conquérir, verrouillé, prêt à la violence et à l’exclusion. Prétendre le contraire reviendrait à avaliser les thèses réformistes ou trotskistes sur l’Etat.

    Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises.

  • Nouvel ouvrage : La recherche de la vérité à propos de Staline – Youri Yémélianov [2005]

    Nouvel ouvrage : La recherche de la vérité à propos de Staline – Youri Yémélianov [2005]

    La lutte contre le révisionnisme idéologique et contre le révisionnisme historique sont indissociables.

    Les attaques formulées contre Joseph Staline, durant le XXe congrès du PCUS, ont servi de paravent à une transformation en profondeur des rapports de production au sein de l’Union Soviétique. Véritable opération-camouflage pour justifier un revirement dans l’économie, dans l’idéologie, dans la politique extérieure, cette rupture est à étudier au plus près.

    Cet ouvrage est intéressant et apporte un éclairage original  grâce à plusieurs aspects : d’une part car il attaque les accusations faites par Nikita Khrouchtchev contre Staline ; de l’autre parce qu’il mentionne une période charnière, celle du milieu des années 1930, en apportant un éclairage sur la réforme constitutionnelle de 1935.

    Qu’on soit d’accord ou non avec les conclusions de l’auteur, ces thèses méritent une certaine attention.

  • Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    Nouvel ouvrage : Révolution et contre-révolution au XXe siècle – Georges Politzer – 1941

    La question du fascisme  est sur toutes les lèvres. Cependant, la connaissance de son contenu idéologique reste -trop souvent- superficielle, parcellaire, basée sur des idées générales.

    Georges Politzer en fournit, depuis la gueule du loup, une analyse essentielle. Pour son grand malheur, ce philosophe communiste était bien placé pour le connaître, vivant dans l’Etat français occupé.

    Sa brochure, écrite vraisemblablement dès fin 1940, mais publiée en 1941 clandestinement, répond au discours de l’idéologue du IIIème Reich : Alfred Rosenberg. L’architecte de la pensée nazie voulait régler son compte aux idées de la Révolution Française, des Lumières, du socialisme scientifique. Au final, dévoilant son jeu, il révèle la vraie nature de son projet : un simple projet d’asservissement de l’humanité, maquillé en libération de « l’or par le sang. »

    Cette lecture est plus que nécessaire pour comprendre les bases théoriques du fascisme – nazi et, ainsi, entreprendre de le combattre idéologiquement parlant.

    Georges Politzer, fusillé au Mont Valérien le 23 mai 1942, ne vit pas le drapeau rouge de la révolution hissé sur le Reichstag, la tanière de la bête. Mais en l’assassinant, comme tant d’autres, les fascistes l’ont rendu immortel.

    A nos yeux, l’héritage de Georges Politzer, bien que membre du PCF, revient à ceux et celles qui poursuivent la ligne marxiste-léniniste. Cet héritage de saurait revenir à des révisionnistes et des falsificateurs, lesquels, au lieu de l’honorer, l’assassinent une fois de plus.

    Honorons sa mémoire et sa lutte -tandis que, dans deux semaines, cela fera 75 ans qu’il fut assassiné- en poursuivant son combat.

    Nous citons les dernières lignes de son ouvrage : 

    Et c’est ainsi que l’Union soviétique apparaît, dans tous les domaines, comme l’espoir des peuples. M. Rosenberg voudrait faire croire que l’obscurantisme règnera pendant des millénaires ! Mais à la vérité, il n’y a pas de puissance au monde qui puisse faire oublier la science et la raison, sauvegardées et protégées par l’Union soviétique qui crée la civilisation exempte de barbarie, la civilisation socialiste.

    Et comment voudrait-on faire croire aux peuples que la misère à laquelle ils sont voués est inscrite dans les lois de la nature et qu’ils doivent la subir avec résignation ? Ils voient bien que la misère ne règne que là où subsiste le capitalisme et qu’elle a disparu à tout jamais, comme les crises et le chômage, là où le capitalisme a été renversé.

    Sur la sixième partie du globe, où règne le socialisme construit sous la direction du parti de Lénine et de Staline, le renversement du capitalisme a donné aux peuples miséreux de l’ancienne Russie tsariste le bien-être croissant.

    Il est prouvé, pour la première fois dans l’histoire, par la vie concrète de 193 millions d’hommes, que le bonheur est bien de ce monde. Le pays qui a réalisé le socialisme et qui, grâce à cela, est devenu la puissance économique et militaire la plus forte, était un pays battu en 1 917.

    Demeuré capitaliste, il eût été dépecé par les impérialismes et réduit à l’état de pays vassal.

    Le renversement du capitalisme a rendu possible sa libération et son essor sans précédent.

    Il a permis en même temps de transformer l’ancienne Russie tsariste qui fut, selon la formule de Lénine, « une prison pour les peuples », en union fraternelle où les peuples égaux collaborent dans l’esprit de l’amitié stalinienne.

    L’exemple de l’Union soviétique nous montre ainsi que c’est en renversant le capitalisme dans notre pays que nous pourrons reconquérir la liberté et l’indépendance de la France ; que c’est l’émancipation sociale qui nous ouvrira la voie de la libération nationale.

    L’œuvre immense de la construction du socialisme fut accomplie sous la direction du continuateur génial de Lénine, sous la direction de Staline.

    C’est vers lui que se tournent les travailleurs exploités et les peuples opprimés du monde entier, parce qu’ils reconnaissent en lui le guide authentique de l’humanité en marche vers sa libération, celui qui dirige les peuples en s’appuyant sur la science du marxisme-léninisme qu’il a lui-même enrichie, et qui incarne, comme Lénine, le chef des peuples d’un type nouveau, unissant la connaissance des lois de l’histoire à une aptitude sans précédent à les appliquer, dirigeant les peuples en faisant appel à la raison et au dévouement à un idéal véridique ; aimé des masses immenses qui ont appris par leur expérience à voir en lui le pilote sûr de leurs destinées.

    La voie du Parti communiste français est la voie du grand Staline.

    C’est la voie de la victoire.

    La Révolution victorieuse d’Octobre 1917 a vengé l’héroïque Commune de Paris, noyée dans le sang par Thiers et les Versaillais qui avaient imploré et obtenu l’aide de Bismarck, en échange de quoi ils ont signé un lourd traité.

    Notre lutte est celle des Communards qui avaient uni indissolublement la cause de l’émancipation des travailleurs et celle de la liberté de la patrie.

    Cette lutte donnera à la France et au monde le pain, la liberté et la paix.

  • Nouvelle brochure : De la dictature intégrale sur la bourgeoisie – Tchang Tchouen-Kiao – 1975

    Nouvelle brochure : De la dictature intégrale sur la bourgeoisie – Tchang Tchouen-Kiao – 1975

     

    Existe t-il un sujet plus nécessaire à aborder que celui de la dictature du prolétariat ?

    Ce concept forme une ligne de démarcation fondamentale entre le communiste et le réformisme, entre le léninisme et le révisionnisme. La dictature démocratique du peuple, la dictature sur la bourgeoisie et la démocratie populaire, sont tout autant de sujets tabous.

    La bourgeoisie a lutté de toutes ses forces contre l’idéologie communiste. Par mille manœuvres, elle a tenté de vider chaque concept de son contenu. Elle a attaqué la dictature du prolétariat, non pas frontalement, mais par la manœuvre sournoise, par la négation de la dictature qu’elle-même impose.

    Le maintien, voir la résurgence, des idées réformistes est le fruit de ce travail de sape.

    La révolution et la dictature du prolétariat ont été abandonnés par la quasi intégralité des organisations politiques.

    Pourtant elle demeure, non par choix, non par goût, mais par nécessité, une étape incontournable dans la construction du socialisme.

    En 1975, lorsque Tchang Tchouen-Kiao écrit cette brochure, bien des troubles ont eu lieu.

    La victoire des révisionnistes en URSS, après 1956.

    Les tentatives de restauration du capitalisme, par Liu Shaoqui, par la clique de Lin Piao, la Révolution Culturelle…

    Elle est une fenêtre sur la nécessité de la lutte des classe jusqu’au bout, y compris sous le socialisme, contre les renégats et les agents des intérêts de la bourgeoisie.

  • Nouvelle publication : Falsificateurs de l’Histoire

    Nouvelle publication : Falsificateurs de l’Histoire

    Nous mettons à disposition cet ouvrage, produit sous la direction de V. Molotov et de J. Staline.

    Pourquoi celui-ci ? Car il revient sur un sujet particulièrement brûlant, à savoir le traité de non-agression germano-soviétique et les relations internationales. Loin de la vision caricaturale présentée, utilisée, triturée pour servir la thèse des « frères jumeaux » entre URSS et IIIe Reich, ce texte rappelle quelles étaient réellement les conditions diplomatiques des années 1930. Elle pointe du doigt le double-jeu des pays capitalistes, lesquels n’ont eu de cesse d’alimenter le nationalisme et l’expansionnisme nazi, dans l’espoir que celui-ci serve leurs intérêts et écrase la menace communiste.

    A quelques jour du 8 mai, jour anniversaire de la destruction du nazisme et du fascisme ; en ce jour anniversaire où Hitler, acculé, encerclé par l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans, se logeait une balle dans la tête ; en ce climat politique si dramatique ; nous considérons qu’il est essentiel de briser les mythes sur une Seconde Guerre mondiale, toujours présente dans les esprits, mais si souvent mal comprise.

    Cette publication n’a pas vocation à dénigrer le courage et l’esprit de sacrifice qui anima l’ensemble des combattants et des combattantes du front antifasciste, nous considérons que le meilleur moyen de rendre hommage au résistant polonais ; au membre du Normandie-Niémen ; au pilote de la R.A.F. ; au marin U.S. ; à la W.A.A.F. ou à la tireuse d’élite de l’Armée Rouge, est ne ne nier aucune des raisons qui amenèrent à cette guerre. Elle est aussi de reconnaître que ce jeu dangereux, ce rôle d’apprenti sorcier, est une constante malheureuse, découlant logiquement de l’antagonisme entre pays impérialistes, mais également de l’antagonisme entre les exploités et les exploiteurs.

    Les 24 millions de morts payés par l’U.R.S.S. sont un avertissement.

    Le 8 et le 9 mai, célébrons dignement l’écrasement du fascisme ! Halte à la révision de l’histoire !

     

     

  • Nouvelle catégorie : Documents et ouvrages.

    Nouvelle catégorie : Documents et ouvrages.

    L’Unité Communiste de Lyon entame un travail progressif de mise à disposition, sur son site internet, d’ouvrages d’autres organisations communistes.
    Ces PDF sont disponibles gratuitement, téléchargeables librement, pour permettre d’accéder à des sources rares, de nourrir le débat, en somme d’avancer dans le travail théorique pour la création d’une nouvelle organisation communiste.

    Symboliquement, nous choisissons l’ouvrage du TKP M/L – TIKKO, « On ne peut être communiste sans défendre le Maoïsme« , pour commencer ce travail.

    Non seulement en signe de solidarité avec les camarades communistes Turcs, qui combattent en première ligne contre le fascisme et l’obscurantisme, mais également parce que ce texte soulève la question de la lutte contre le révisionnisme, le réformisme, la déviation droitière.

  • Les bases du Communisme

    Les bases du Communisme

     

    Aujourd’hui, l’Unité Communiste de Lyon annonce la sortie d’une nouvelle brochure, dont nous reproduisons ici l’introduction. Cette brochure est disponible gratuitement au format PDF sur notre site. Elle est disponible également pour une faible somme auprès de nos militants.

    Aborder les bases du communisme est  un thème central et nécessaire.

    Central et nécessaire dans le sens où, sans celui-ci, il n’est pas possible de poser les fondations qui structureront notre organisation et son développement. 

    La connaissance des bases de la théorie communiste est une condition primordiale de l’engagement.

    Un militant communiste doit les connaître, les maîtriser.

    Un militant communiste doit, également, chercher à les approfondir au maximum et à les maintenir actualisées. Cela exige un travail constant, de recherche, de mise à l’épreuve, mais également de porter un regard et une curiosité sur toutes les questions, sociales comme scientifiques. 

    Ne pas connaître ses bases, se contenter d’une certaine sympathie, d’un certain engouement pour l’idée, mais rester à la surface, cela mène à des pièges, des impasses. Cela créé également une vulnérabilité aux déviations droitières, tel le réformisme, ou, à l’inverse, gauchistes, tel l’aventurisme.

    Il ne s’agit pas d’en avoir une vision scolaire, d’être  « au-dessus de la moyenne », il s’agit d’être à la pointe.

    Ne pas les connaître, c’est, bien involontairement, se faire l’agent du révisionnisme et de l’anticommunisme. 

    La formation est, dans le parcours militant d’un communiste, quelque chose de permanent. Nul ne connaît tout sur tout, nul de maîtrise avec une égale maestria l’ensemble des questions. Tout évolue, change, et avoir une vision, un rapport ossifié à la théorie, c’est dévier vers le dogmatisme.

    Négliger ce travail reviendrait à ne marcher que d’une jambe. A l’inverse, élever au niveau de fétiche la formation, ne pas la confronter au réel et à la pratique, cela reviendrait à ne marcher qu’avec l’autre jambe. L’un et l’autre amènent à tourner en rond. 

    Le communisme n’est pas une « ontologie », une « utopie. » Il n’est pas pour autant, comme le clament les autonomes, « ici et maintenant. »

    Il n’est pas hors de l’histoire, hors du temps, hors des lieux. Il est un projet à construire, une opération par laquelle l’Humanité entre dans sa phase supérieure, mais dont elle porte, déjà, au cœur de ses gênes, les prémices.

     

     

     

  • 99 ans après, la révolution d’octobre est toujours un phare éclairant l’avenir !

     

    Nous célébrons cette année le 99ème anniversaire de la Révolution d'Octobre -25 octobre selon le calendrier julien en vigueur dans l'Empire Russe, dans la nuit du 7 au 8 novembre pour le calendrier grégorien.-

    99 ans après, cette révolution marque toujours une étape titanesque franchie par les masses en lutte, sous la direction du Parti Bolchevik. En effet, après la Commune de Paris, en 1871, elle est la seconde expérience d'un régime nouveau, d'un régime qui à chassé la bourgeoisie et les capitalistes, elle est la seconde expérience de prise du pouvoir par le peuple.

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    Cette révolution à jeté à bas les résidus du tsarisme et du parlementarisme bourgeois. Elle à jeté à bas la fausse démocratie, laquelle marchât sur les revendication du peuple en cette dure année 1917: Le pain, la terre, la paix.

    Les bolcheviks ont démontré aux yeux des masses la fausseté du réformisme, qui s'est enterré lui même, en tentant de servir deux maîtres à la foi: le capital et le peuple, ne finissant que par servir le premier des deux.

    Ils ont démontré aux yeux des masses que seule une révolution conduite de manière déterminée, organisée et structurée de la manière la plus poussée pouvait battre les forces de la réaction et de la bourgeoisie.

    Ils ont démontré que l'alliance étroite et renforcée des paysans et des ouvriers était invincible tant qu'elle était dirigée avec justesse par le Parti.

    Ils ont démontré que les masses pouvaient partir à l'assaut du ciel, et gagner !

    Cette révolution a été le coup d'envoi de la construction de l'Etat socialiste, de l'Etat prolétarien, sous la direction du Parti Communiste (bolchevik) d'Union Soviétique.

    Cette révolution a ouvert la voie à un processus long, émaillé de difficultés, de victoires et de reculs, qu'a été la lente édification du socialisme.

    Elle a été un laboratoire expérimental de l'avancée humaine, de l'avancée des droits des travailleurs, des droits des femmes, des droits des minorités opprimées. Tout comme elle a démontré que la bourgeoisie n'abandonnait pas, d'abandonnait jamais tant qu'il lui restait des forces, et que seule la dictature du prolétariat permettait au peuple de tenir sa forteresse contre les assauts des réactionnaires.

    Elle a démontré la véracité des thèses de Lénine sur la possibilité de construire le socialisme, même si la  terre entière n'avait pas basculée dans la révolution, enterrant les théories pourries des capitulards et des couards.

    Elle a démontré que les pays socialistes, par leur supériorité en terme de forces productives, pouvaient rattraper les pays capitalistes, les dépasser, tout en fonctionnant avec économie et sans gaspillage.

    Elle a donné un formidable élan d'espoir aux peuples opprimés, souffrant dans la nuit du colonialisme, de l'esclavagisme. Elle à inspiré les mouvements de libération nationale, les a aidé, les a mené sur le chemin de la liberté.

    La révolution bolchevik a ouvert l'ère des révolutions populaires, de celle de l'Albanie, de la Chine, de la République Tchèque, de Cuba… L'ère des luttes victorieuses contre l'impérialisme: Chine, Corée, Viet-Nam, Algérie…etc. Elle a ouvert une ère de lumière.

    Hélas, dans les recoins, plus forte est la lumière, plus forte est l'ombre.

    La bourgeoisie paniquée a soutenu les hordes fascistes, a mené les bouchers sanglants, les Hitler et les Mussolini à la conquête du monde, dans une croisade antibolchevique génocidaire, raciste et criminelle.

    C'est le second anniversaire que nous devons célébrer. Celui, de la parade du 7 Novembre 1941, aujourd'hui, il y a 75 ans.

    Fight for Moscow. Parade 1941

    Devant l'ennemi assiégeant Moscou, lors du dur hiver 1941, rien n'avait plus de symbolisme, rien n'incarnait plus le courage et la détermination aux yeux du peuple, aux yeux du monde, que de célébrer l'instant ou les masses ont jeté le gant du défi contre la bourgeoisie et les réactionnaires, et où ils prirent les armes et les vainquirent.

    L'Armée Rouge, renouvelant ce défi, défilèrent dans Moscou, et se portèrent à la contre-attaque, repoussant les nazis et sauvant la capitale. Le discours de Staline reste une exemple même du parallèle évident qui existait entre les deux situations:

    "Il y avait un temps où notre pays était dans une position toujours plus difficile. Rappelez-vous l'année 1918, quand nous avons célébré le Premier Anniversaire de la Révolution d'Octobre. En ce temps-là les trois-quarts de notre pays était dans les mains d'interventionnistes étrangers.
    Nous avions temporairement perdu l'Ukraine, le Caucase, l'Asie Centrale, l'Oural, la Sibérie et l'Extrême-Orient. 
    Nous n'avions aucun allié, nous n'avions aucune Armée Rouge – nous commencions juste à la créer – et nous avons éprouvé un manque de pain, un manque d'armes, un manque d'équipement.
     
    En ce temps-là 14 États ont été rangés contre notre pays (incluant les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France-) 
    Mais nous ne sommes pas devenus déprimés ou découragés! 
    Au milieu de l'incendie de guerre, nous avons organisé l'Armée Rouge et avons converti notre pays en un camp militaire. 
    L'esprit du grand Lénine nous a inspiré ce temps-là, pour la guerre contre les interventionnistes étrangers. Et qu'est-il arrivé ?

    Nous avons défait les interventionnistes, regagné tous nos territoires perdus et avons réalisé la victoire. 
    Aujourd'hui notre pays est dans une bien meilleure position alors c'était il y a 23 ans. 
    Aujourd'hui il est plusieurs fois plus riche dans l'industrie, l'alimentation et les matières premières. 

    Aujourd'hui nous avons des alliés qui conjointement avec nous forment un front uni contre les envahisseurs allemands. Aujourd'hui nous avons la sympathie et l'appui de tous les peuples d'Europe, qui sont tombés sous le joug de la tyrannie Fasciste. Aujourd'hui nous avons une armée et une marine splendides, défendant la liberté et l'indépendance de notre pays avec leurs vies. Nous n'éprouvons aucun manque sérieux ou d'alimentation ou d'armes ou d'équipement.
    Notre pays entier, tous les peuples de notre pays, supportent notre armée et marine, les aidant à briser les hordes Nazies.
    Nos réserves dans la main d'œuvre sont inépuisables. L'esprit du Grand Lénine nous inspire pour notre Guerre Patriotique aujourd'hui comme il l'a fait il y a 23 ans.

    (…)Laissez la bannière victorieuse du grand Lénine flotter sur vos têtes!
    Détruisez totalement les envahisseurs allemands!

    Mort aux armées allemandes d'occupation!
    Vive notre Patrie glorieuse, sa liberté et indépendance!
    Sous la bannière de Lénine – en avant à la victoire!"

    L'Armée Rouge est partie de la place Rouge, devant le mausolée de Lénine, pour finir sa course devant le bunker de la chancellerie, exterminant les dernier SS -français qui plus est- protégeant leur Moloch hitlérien assoiffé de sang.

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    Hélas, un triste anniversaire est à célébrer aussi. Celui de la trahison du XX ème congrès du PCUS

    La révolution bolchevik et la construction du socialisme en URSS ne se sont pas déroulés comme s'écoule une douce nuit d'été. Cela a été une lutte de chaque instant. Cela a été un combat ardu, impitoyable. Cela était également une expérimentation, qui devait déceler les pièges au moment où elle posait le pied dessus.

    Or, il est un fait indéniable, c'est que la victoire de la révolution d'octobre n'a pas été complète. Elle a été battue par un ennemi insidieux et protéiforme: la bourgeoisie, laquelle s'est accordée ainsi un sursis.

    1917-1956, voilà les 39 années de socialisme qu'a connu l'Union Soviétique. A la suite de cela, le révisionnisme, l'opportunisme, le social impérialisme prirent le dessus sur le marxisme-léninisme et menèrent le pays à la ruine, sabotèrent les partis communistes honnêtes et loyaux, et portèrent au nu le droitisme et le réformisme.

    Présenter l'Histoire de l'URSS comme un monolithe  revient à faire disparaitre par un tour de passe-passe le XX ème congrès du PCUS et ses conséquences, et il revient à faire apparaître, de manière subite, de manière complotiste, la classe sociale bourgeoise, qui liquide l'URSS.

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    Or, qu'est ce que nier le congrès de 1956 et la victoire des révisionnistes: C'est nier l'existence du révisionnisme, nier la liquidation des principes fondamentaux du léninisme par la clique de Khrouchtchev, c'est coller à la ligne de coexistence pacifique pitoyable, c'est coller à la monétarisation de l'économie, c'est coller aux principes économiques stupides de développement des biens de consommation et de l'industrie légère au détriment du développement de fond du pays.

    C'est adopter sans embage la coercition fasciste de Brejnev, qui traite ses opposants de malades mentaux et les fait enfermer dans des asiles psychiatriques, au lieu d'utiliser le débat et la persuasion, sous le prétexte qu'être contre lui, c'est être malade. C'est participer au retour de l'héritage dans la législation soviétique, c'est participer, le sourire au lèvre, à la clique antisoviétique, vils servants du complexe militaro-industriel soviétique.

    C'est jeter l'héritage de Staline par dessus-bord. C'est faire insulte à l'URSS socialiste. C'est cracher au visage de Voroshilov, de Molotov, de Kaganovitch, qui subirent la répression et les accusation de la clique révisionniste.

    C'est également nier la légitimité de ceux qui continuèrent le marxisme authentique, ceux qui rejetèrent la trahison: Enver Hoxha, Mao Zedong, Che Guevara…. En revanche c'est prodiguer mille caresses à la clique anticommuniste de Tito, milles caresses aux partis révisionnistes. C'est nier un pan entier de l'histoire du mouvement communiste et ouvrier, c'est rester benoitement sur un fantasme, c'est ne pas être tourné vers l'avenir.

    Faire surgir la contre-révolution de derrière les fagots, c'est être un antimarxiste.

    La clique liquidatrice de l'URSS n'est pas sortie de nulle part. Elle est la maturation d'une bourgeoisie intérieure qui trouve sa base sociale quelque part ! Or, une des lois de la dialectique est que les choses naissent, grandissent, ou stagnent et meurent. Si une bourgeoisie, qui est toujours au pouvoir, y est parvenue, c'est qu'elle s'est nourrie et à grandi sur un terreau.

    Comment y répondent les révisionnistes: "Ce sont des aigrefins, ce sont des déçus, des ambitieux, des agents étrangers. Jamais une classe sociale née de la restauration du capitalisme amorcée en 1956."

    Pourtant c'est bien cela. C'est bien que des failles à colmater sont apparues. Il nous faut les trouver.

    Nous, nous les cherchons, nous les cherchons dans le travail des continuateurs du marxisme, de ceux qui ont critiqué avec justesse et avec fraternité les manques de la direction soviétique. Ces mêmes dont les révisionnistes se privent d'étudier les écrits. Nous les cherchons, ces failles, par nos cherches, par nos analyses, par un travail minutieux que doivent faire les communistes, pour que l'idéologie soit la plus aiguisée.

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    Mais pour les folkloristes cela serait briser en éclat le paradigme du "paradis" socialiste, casser leur folklore, leur mythe, en bref, cela leur causerait de la peine.

    Nous n'avons aucune sensiblerie vis-à-vis de notre histoire. Elle n'existe pas pour nous faire plaisir, elle existe pour être critiquée, pour que nous en tirions des conclusions et des améliorations. Si nous n'avons pas vaincu, c'est que nous avons failli. Il nous FAUT le comprendre.

    C'est la le travail dévolu à notre génération de militant communistes: faire émerger cette synthèse, aiguiser la lame la plus affûtée de la théorie, et ne pas l'utiliser comme un hachoir. C'est là nos tâches, que de porter au plus haut notre compréhension de notre propre histoire, de notre propre héritage.

    Ne laissons pas les bandits réformistes prendre en otage l'héritage de 1917

    Ne laissons pas le bandit Poutine prendre en otage l'héritage de 1941

    Ne laissons pas les bandits révisionnistes mentir sur le sens de 1956

    Nous, communistes, nous ne devons pas que crier le nom de la révolution de 1917. Que crier au nom des défenseurs de Moscou. Nous devons nous montrer dignes d'eux. Digne de l'héritage idéologique que nous ont laissé nos prédécesseurs. Or, cette dignité se gagne en relevant le gant de la bataille idéologique, pour restaurer sa grandeur. De la bataille organisationnelle en construisant de nouveau nos organisations, notre parti, que les révisionnistes nous ont volé et ont annihilé. De la bataille suprême, en battant une bonne fois pour toute la bourgeoisie impérialiste de France, la bourgeoisie impérialiste du Monde entier !