Étiquette : Solidarité

  • La résistance populaire ne se dissout pas ! Solidarité avec la Jeune garde et Urgence Palestine !

    Unité communiste exprime sa pleine solidarité avec la Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine, tous deux l’objet d’une procédure de dissolution administrative par le ministère de l’Intérieur. Plus tôt dans l’année, en février, le Collectif Palestine vaincra avait déjà été victime d’une même procédure pour les mêmes motifs réactionnaires hypocrites.

    La Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine sont accusés de faire la promotion de la violence et du terrorisme. Derrière ces mots diffamants, il y a l’autodéfense populaire et la libération nationale palestinienne ! La lutte de la Jeune garde antifasciste et du Collectif urgence Palestine sont nos luttes, et celles de tous les progressistes conséquents.

    Un mouvement profondément populaire animé par une cause profondément juste ne peut pas être dissout. Nous avons une conviction totale dans la résilience du mouvement antifasciste et anticolonial et dans la victoire de leur cause. La résistance antifasciste et anticoloniale sont nécessaires, la Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine survivront à toutes les tentatives de dissolutions et en ressortiront renforcés.

    Dans tous les pays impérialistes, comme la France, la réaction antipopulaire grandit. Avec elle, la répression s’intensifie contre les révolutionnaires, les syndicalistes, les antifascistes, les anticolonialistes, les antiracistes, les féministes, les LGBTI, les écologistes, les animalistes, etc. En tant que communistes, nous devons défendre toutes les luttes progressistes contre la montée de la réaction. Leur répression est notre répression. Leur force est notre force.

    Aucune lâcheté devant l’État français, bourgeois, impérialiste et colonialiste ! Vive la lutte antifasciste et anticoloniale en France ! Vive la Jeune garde antifasciste et le Collectif urgence Palestine !

  • Déclaration commune internationale pour la Palestine

    Intensifier les actions et faire avancer de plus en plus puissamment le mouvement militant de masse en soutien à la cause palestinienne !

    Plus de 11 mois se sont écoulés depuis le début de l’offensive criminelle de l’État terroriste d’Israël contre le peuple palestinien. Depuis lors, plus de 40 000 Palestiniens ont été tués, parmi lesquels des femmes et des enfants, et plus de 100 000 ont été blessés.

    Par leurs bombardements, leurs assassinats et leurs occupations, les sionistes ont forcé plus d’un million de Palestiniens à se déplacer vers le sud de la bande de Gaza. Il ne fait aucun doute que les sionistes génocidaires préparent une opération visant à occuper le sud de la bande de Gaza. Les sionistes veulent anéantir le peuple palestinien, s’emparer de son territoire et de ses ressources, en essayant de pousser les Palestiniens vers le désert du Sinaï en Égypte, un vieux projet de déplacement forcé qui ouvre la voie à l’occupation définitive de tout le territoire de la Palestine.

    Rafah, une ville située au sud de la bande de Gaza, a servi de refuge aux Palestiniens, concentrant près de 1,5 million de personnes sur un petit territoire, où elles vivent sous les bombardements et les entraves des forces israéliennes à l’aide humanitaire.

    Cette situation aggrave la crise humanitaire, car la population palestinienne de Rafah souffre de maladies infectieuses dues au manque d’eau potable, à l’absence de mesures d’hygiène, à l’insécurité alimentaire, à l’absence d’hôpitaux et d’abris dans de bonnes conditions, en raison de l’offensive constante des sionistes. De nombreux enfants meurent non seulement des bombardements, mais aussi du manque de nourriture. Environ 80 % des enfants palestiniens de moins de cinq ans sont parfois incapables de manger tous les jours, selon les rapports d’une agence de santé de l’ONU.

    À cela s’ajoute l’intention des sionistes de frapper moralement le peuple palestinien, par divers actes de violence allant au-delà des massacres de civils. La destruction préméditée de temples, de maisons, d’écoles, d’universités et d’hôpitaux, ainsi que la privation d’eau et d’énergie, perturbent sauvagement la vie des Palestiniens, sapent leurs espoirs et les exposent à une mort lente.

    Les sièges d’hôpitaux violent les règles les plus élémentaires de la guerre et ont un effet désastreux : ils détruisent l’infrastructure nécessaire pour soigner les malades et les blessés, tuent le personnel médical et assiègent les zones environnantes.

    Le peuple palestinien doit subir que les soldats des forces sionistes se moquent de son malheur et le méprisent, en dansant sur les ruines de ses maisons, en enregistrant des scènes ignobles en se vantant de leurs actions et avec des publicités télévisées absurdes. Leurs vidéos sur les médias sociaux sont remplies de discours anti-palestiniens, couplés aux déclarations racistes des dirigeants israéliens et à une éducation violente de leurs enfants, leur apprenant à haïr les Palestiniens dès leur plus jeune âge.

    Le génocide contre le peuple palestinien n’est pas seulement l’œuvre du sionisme israélien. Les États impérialistes qui le soutiennent sont également responsables, en particulier les États-Unis et le Royaume-Uni, ainsi que d’autres gouvernements impérialistes européens, l’Allemagne, la France, l’Italie, etc., complices. Les impérialistes américains soutiennent inconditionnellement leur « chien de proie » au Moyen-Orient. Ils ont utilisé leur droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer toute initiative de paix. Ils ont envoyé des armes et de l’argent aux sionistes pour renforcer leur puissance militaire. Et récemment, dans un acte que beaucoup considèrent comme historique, le Congrès américain a adopté un projet de loi visant à sanctionner la Cour pénale internationale pour avoir ordonné l’arrestation de dirigeants politiques sionistes.

    Face à tout cela, le peuple palestinien et ses organisations de résistance offrent une résistance héroïque dans les conditions données et continuent de porter des coups à l’occupation et aux troupes d’invasion génocidaires. Nous exprimons notre soutien le plus total à cette résistance.

    Le génocide contre le peuple palestinien a déclenché une solidarité internationale qui n’a jamais cessé depuis octobre [2023]. Les prolétaires et les peuples du monde ont porté haut la cause de la libération de la Palestine, condamnant la féroce offensive sioniste.

    Surmontant la répression des États réactionnaires, les masses ont organisé des rassemblements et de grandes mobilisations exigeant l’arrêt de l’agression, poussant au boycott des entreprises israéliennes ou de celles qui soutiennent les sionistes, exigeant la rupture des relations et des traités de leurs gouvernements avec Israël, jusqu’au développement extraordinaire, ces derniers mois, du mouvement étudiant, qui a enflammé les universités et les rues, des États-Unis à l’Europe et dans le monde entier, rappelant le mouvement de solidarité avec la cause du peuple vietnamien dans les années soixante et soixante-dix.

    Sous cette pression de masse, certains gouvernements ont rompu leurs relations avec Israël et ont contraint les instances internationales à engager des actions en justice. La Cour internationale de justice (CIJ), qui s’est prononcée sur le procès intenté par l’Afrique du Sud, a ordonné aux sionistes d’arrêter immédiatement les opérations militaires dans la bande de Gaza. La CIJ a émis des mandats d’arrêt à l’encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de son ministre de la défense, Yoav Gallant. Mais dans le même temps, elle a ordonné l’arrestation de deux dirigeants du Hamas. Ce dernier fait montre le caractère bourgeois de la CPI en mettant sur le même plan la violence des oppresseurs et celle des opprimés.

    Face à cette situation, il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire d’intensifier les actions et de faire avancer de plus en plus puissamment le mouvement militant de masse en soutien à la cause palestinienne ! La pression populaire doit se traduire par des grèves de solidarité et des actions de plus en plus fortes contre les gouvernements qui soutiennent Israël et les ambassades israéliennes dans tous les coins du monde.

    Les partis et organisations communistes marxistes-léninistes-maoïstes doivent jouer un rôle de plus en plus important dans ce mouvement, autour de revendications de masse communes :

    • exiger que les troupes israéliennes quittent la bande de Gaza et la Cisjordanie ;
    • exiger que les troupes impérialistes quittent la région et cessent leurs actions militaires au Moyen-Orient en soutien à l’État d’Israël et contre les forces solidaires du peuple palestinien, en Mer Rouge, au Liban, etc. ;
    • exiger la rupture des relations diplomatiques, commerciales et militaires avec Israël ;
    • exiger que les dirigeants sionistes soient jugés pour crimes de guerre et génocide.

    En même temps, nous invitons à ce que les manifestations de solidarité avec le peuple de Palestine et la dénonciation du génocide sioniste s’accompagnent d’une dénonciation de l’action menée en Inde par l’État fasciste Hindutva de Modi, grand soutien du gouvernement de Netanyahu, avec l’appui de l’impérialisme américain, contre les peuples indigènes et tribaux de ce pays. Une campagne génocidaire, appelée « Opération Kaghaar », au cours de laquelle sont perpétrés des massacres et des déportations forcées, des assassinats de civils et de chefs tribaux, d’activistes et de dirigeants révolutionnaires, ainsi que la persécution de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme qui s’y opposent. Cette opération vise à étouffer la lutte de libération des masses indiennes, la guerre populaire anti-impérialiste des masses populaires.

    Les travailleurs et les peuples du monde doivent soutenir la résistance et la guerre de libération nationale du peuple palestinien, dans le cadre de la lutte pour la libération finale des peuples de l’exploitation et de l’oppression capitalistes et impérialistes, qui sera possible avec le triomphe des révolutions dans chaque pays et l’avancée de la révolution prolétarienne mondiale, pour éradiquer toutes les formes d’oppression et d’exploitation de la surface de la terre.

    Prolétaires et peuples du monde, unissez-vous contre l’impérialisme !

    Vive la lutte de libération du peuple palestinien !

    Vive la Palestine libre !

    Comité international de soutien à la guerre populaire en Inde
    Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan
    Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
    Parti communiste de Turquie – marxiste-léniniste (TKP-ML)*
    Union des travailleurs communistes (marxiste-léniniste-maoïste) — Colombie
    Comité de construction du parti communiste maoïste de Galice
    Parti communiste maoïste — Italie
    Parti prolétarien de Purbo Bangla (PBSP)/Bangladesh*
    Voie rouge d’Iran (groupe maoïste)
    Groupe d’étude révolutionnaire (USA)
    Parti communiste révolutionnaire d’Uruguay
    Parti communiste de l’alliance prolétarienne chinois*
    Parti marxiste-léniniste italien
    Parti maoïste russe
    Regroupement prolétarien du Pérou
    Comité communiste maoïste — Brésil
    Unité communiste — France

    Liste ouverte aux signatures. Pour signer, écrire à : ICSPWIcsgpindia@gmail.com

    Lal Salaam

    *Avec notes.

  • ICOR : À bas le régime de mollahs ! Pour une révolution démocratique et antifasciste en Iran sur la voie du socialisme

    ICOR : À bas le régime de mollahs ! Pour une révolution démocratique et antifasciste en Iran sur la voie du socialisme

    Résolution d’ICOR sur la campagne de solidarité avec le soulèvement ouvrier et populaire en Iran

    La situation d’une fermentation révolutionnaire en Iran exige la solidarité et le soutien de l’ICOR. Nous nous sommes engagés à ce que : « Aucune lutte ne doit jamais rester seule » !

    Le soulèvement national des ouvriers et du peuple se déploie dans 190 villes d’Iran et dans les 31 provinces. Il y a des grèves, des manifestations, voire des actions armées. Les travailleurs industriels des grands centres de l’industrie pétrolière et gazière, des raffineries, de la sidérurgie et de la transformation du sucre constituent la force décisive. La lutte contre la double exploitation et l’oppression de la masse des femmes est une force motrice exceptionnelle. Les camarades kurdes apportent également une tradition de lutte particulièrement forte. Les femmes, les étudiants et les lycéens, les retraités, les commerçants dans les bazars participent jour après jour. Le caractère peut être qualifié de fermentation vers une révolution antifasciste et de démocratie nouvelle sur la voie du socialisme.

    Pour que ce soulèvement se poursuive avec succès jusqu’à la chute du régime sous la direction du mouvement ouvrier, la solidarité internationale est un renforcement essentiel. L’ICOR doit assumer sa responsabilité pour la coordination pratique et la révolutionnarisation des luttes internationales ainsi que pour la prise de conscience à ce sujet. C’est pourquoi nous développons une campagne de solidarité avec la lutte du peuple iranien qui contient des éléments suivants :

    • Un large travail d’information sur la fermentation révolutionnaire en Iran par les organisations de l’ICOR dans leur pays. Pour cela, des conférences du PC iranien et du MLPD en anglais, entre autres, peuvent être mises à disposition. Utilisation pour la propre construction du parti. Publication des chansons et des slogans du mouvement et si possible d’une affiche.
    • Discussion idéologico-politique approfondie et si possible unification sur le caractère du régime (la caractérisation comme fascisme est controversée), de l’Iran (la caractérisation comme néo-impérialiste est controversée) et de la révolution (la controverse porte sur le fait de savoir s’il s’agit actuellement d’une révolution antifasciste-démocratique en voie vers le socialisme ou d’une révolution socialiste). Propagation de la séparation de l’Église et de l’État/de la religion. Un État devrait accorder des droits et des libertés démocratiques aux êtres humains et les protéger de la tutelle religieuse par la contrainte.
    • Organiser des événements, des manifestations et d’autres actions de solidarité. Organiser et soutenir les actions de solidarité des femmes. Gagner des organisations et des partis révolutionnaires à l’ICOR.
    • Établir autant que possible des relations avec des organisations de travailleurs, de femmes et de jeunes, développer des partenariats et des liens de solidarité durables.
    • Une journée d’action mondiale unique et commune en accord avec les camarades iraniens fin novembre, début décembre.

    Signataires (en date du 28/11/2022, d’autres signataires sont possibles) :

    1. PCPCI Parti Communiste Proletarien de Côte d’Ivoire
    2. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PCT Parti Comuniste du Togo
    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. SPB Socialist Party of Bangladesh (Parti socialiste du Bangladesh)
    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))
    11. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)
    12. CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste))
    13. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    14. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)
    15. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    16. UC Unité Communiste, France
    17. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    18. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    19. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa (Union marxiste-léniniste portugaise)
    21. RMP Российская маоистская партия (Rossijskaya maoistskaya partiya) (Parti maoïste russe)
    22. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    23. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    24. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    25. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    26. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    27. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou
    28. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
  • ICOR : Message de solidarité

    ICOR : Message de solidarité

    Nous, camarades de plusieurs organisations de l’ICOR en Europe, nous envoyons nos salutations communistes et solidaires à nos camarades du Parti Maoïste de Russie membre de l’ICOR. Vous avez décidé d’organiser des manifestations et de contribuer à organiser la lutte des femmes qui est fragmentée dans tout le pays.

    Nous saluons et soutenons votre initiative et votre courage face à la répression qui s’intensifie. Nous sommes sûrs que vous mener votre lutte avec prudence pour que nos organisations se renforcent dans l’avenir.

    Votre action a lieu dans un contexte où les pays occidentaux sont eux aussi en pleine propagande de guerre, et où l’accès à l’information sur les luttes en Russie est difficile. Soutenir nos camarades c’est soutenir les luttes progressistes, démocratiques et révolutionnaires de Russie. C’est contribuer à la paix et non à la guerre.

    Nous allons faire connaître votre lutte dans nos pays et nous appelons à un soutien large au mouvement des femmes combatives en Russie ! Les droits des femmes sont attaquées de partout et dans beaucoup de pays. Mais les femmes se défendent et luttent ! La 3ème conférence mondiale des femmes de la base qui se prépare pour le mois de septembre en Tunisie renforcera nos liens et notre solidarité ! Le combat contre l’exploitation et l’oppression ne peut se passer de « la moitié du ciel», des femmes et du féminisme !

    Camarades de plusieurs organisations de l’ICOR en Europe, 22 Mai 2022

  • Solidarité avec Nantes Révoltée !

    Solidarité avec Nantes Révoltée !

    Nous affirmons notre solidarité avec le média Nantes Révoltée.

    Nous relayons ici la pétition contre leur interdiction : https://chng.it/YpKxTMDyxc

    Gérald Darmanin a annoncé hier « J’ai décidé d’engager le contradictoire qui permettrait la dissolution de ce groupement de fait. » Le gouvernement souhaite donc museler Nantes Révoltée.

    L’accusation est d’avoir relayé une manifestation « contre l’État, contre les policiers ». Ce simple relais d’information est donc suffisant pour justifier une procédure de censure brutale.

    Avant toute chose, il faut reconnaître quelque chose d’essentiel : c’est tout de même une belle couronne de lauriers que le gouvernement dresse à ce média. Dissoudre un groupe qui n’est accusé de rien de particulier, juste parce que celui-ci possède une portée médiatique au-delà du milieu militant, est quelque chose de rare. À titre de comparaison, il avait fallu scandales sur scandales, violences sur violences, pour que l’État daigne taper sur les doigts de Génération Identitaire. Dissolution par ailleurs cosmétique : le gouvernement a absorbé une partie du programme, Zemmour et ses sbires milliardaires le reste.

    Cette censure qui ne dit pas son nom est une illustration des limites de la démocratie telle que conçue par les exploiteurs et leurs relais politiques. Il est possible de parler de tout, il est possible de parler de rien, tant que cela ne menace pas l’ordre établi. Les informations sont généralement noyées dans un brouhaha algorithmique que en limitent la diffusion, ou la rendent illisible. Et les marges de tolérance laissées s’amenuisent d’années en année. Plus le temps passe, plus nous voyons les espaces d’expression être cloisonnés et contrôlés.

    Ces menaces de dissolution qui touchent le média Nantes Révoltée sont cependant inquiétantes. Ces menaces d’interdiction ou de dissolution sont toujours plus nombreuses. Dès que l’occasion apparaît, le couperet de la loi tombe. C’est une manière de briser les volontés et de casser la portée des médias alternatifs. Ainsi, on peut se rappeler les menaces de Laurent Wauquiez contre le Lyon Antifa Fest entres autres mesures de répression et de brimades. Seulement il s’agit d’une gradation supplémentaire. Nantes Révoltée n’est pas seulement menacée, elle est dans l’engrenage implacable de la dissolution.

    Certes, nous avons critiqué à plusieurs reprises la vision développée par Nantes Révoltée de la pandémie et du Pass Sanitaire. Elles n’ont jamais empêché le fait que nous les considérons comme des camarades de lutte et que ceux qui les attaquent sont nos ennemis. Nous nous devons aussi de saluer le travail qui a été réalisé par eux au cours des années pour informer sur les méfaits du gouvernement et des exploiteurs. Nous pensons que le gouvernement ne recherche pas l’installation d’une espèce d’hypothétique régime totalitaire basé sur la destruction de la vie sociale. Au contraire, nous pensons que s’il peut choisir entre les scénarios de Dix-neuf cent quatre-vingt-quatre et de Le Meilleur des mondes1, il choisira le second. Plus souple, plus socialement acceptable, plus à même de susciter l’adhésion. C’est d’ailleurs pour cela que, malgré les 500 000 cas de Covid, il ne pense qu’a lever les mesures de distanciation sociale.

    Mais, en dépit du fait que nous pensons que tout ce que fait le gouvernement ne participe pas à une conspiration contre la Liberté avec un L majuscule, il est indéniable que des faits graves se produisent. Le capitalisme non seulement n’a plus besoin des compromis qu’il avait du faire face aux partis communistes puissants et à l’URSS, mais il subit une crise profonde et dangereuse. Dès lors, nous voyons les droits économiques fondre comme neige au soleil. Et dans la foulée de leur disparition, la colère monte. Les droits et les libertés politiques, concédées par les exploiteurs, sont alors eux aussi attaqués. La censure revient.

    Dans le climat actuel une véritable mobilisation de masse est faite, par le truchement des médias les plus influents, inféodés à des entreprises monopolistes. Cette mobilisation de masse développe trois thématiques : 1) il faudra se serrer la ceinture. 2) il existe un ennemi intérieur dangereux, un hydre islamo-gauchiste. 3) pour régler la crise, il faut un homme fort, un pouvoir fort, un César ou un Napoléon. Pendant ce temps, la société se caporalise.

    Un baromètre OpinionWay pour le Cevipof2 indique ainsi que si 57 % des français se plaignent de la richesse outrancière des milliardaires, ils sont de plus en plus nombreux et nombreuses à chercher une réponse dans un pouvoir fort, unique, militarisé. Il existe un espace dans lequel s’engouffrent les apprentis Perón, les apprentis Mussolini, voir pire encore.

    Nous dénonçons cette procédure inacceptable ! Elle démasque le gouvernement pour ce qu’il est : une parodie de démocratie qui camoufle de plus en plus mal une dictature de classe. Nous n’acceptons aucune dissolution parmi ceux qui font partie du camp du peuple ! La censure muselle le peuple, mais elle ne peut stopper sa colère !

    1Dans 1984, la société est privée d’information, de loisirs, de divertissement. Tout est fait pour asséchez l’esprit humain. Dans Brave New World, au contraire, il s’agit d’une société du divertissement, de l’abondance, dans lequel les informations sont noyées dans un maelström de bruit.

    2Centre de recherches politiques de Sciences Po

  • L’antifascisme n’est pas un crime !

    L’antifascisme n’est pas un crime !

    Nous apportons notre soutien aux camarades antifasciste poursuivis par la justice.

    Nous citons ici le communiqué officiel réalisé par la GALE.

    « Le 21 septembre 2021, 7 personnes ont été convoquées, perquisitionnées et/ou arrêtées sur leur lieu de travail afin d’être placées en garde à vue. Les faits qui leur sont reprochés :

    • Violence en réunion n’ayant pas entraîné d’ITT
    • Groupement en vue de commettre des délits durant une manifestation
    • Participation à une manifestation non déclarée
    • Refus de donner leur codes de chiffrement (téléphone portable)

    Parmi les 7 interpelés, 4 sont envoyés en détention et les 3 autres se retrouvent soumis à un contrôle judiciaire. Ces faits se réfèrent aux évènements survenus lors de la manifestation contre le pass sanitaire du 28 août dernier, où l’extrême droite et plus précisément le groupe antisémite et ultra-réactionnaire, CIVITAS, a été confronté à une riposte populaire d’un grand nombre de manifestant.e.s qui n’acceptaient plus leur agressivité fasciste (propos homophobes, agressions, revendications antisémites). »

    Après la censure exercée contre le Lyon Antifa Fest, cette descente de police est un nouveau coup porté contre l’antifascisme lyonnais et la mouvance autonome. Si être pris pour cible par l’État avec un tel acharnement est une forme de couronnement, cette couronne n’en est pas moins tressée d’épines. Les arrestations, les garde à vues, les procès, les détentions usent, épuisent, découragent… Même contre des personnes dévouées corps et âmes à la cause antifasciste, elles laissent des séquelles.

    Le fait que le parquet se soit lui-même pourvu est illustratif : l’État a vu une opportunité d’écraser des militants et des militantes qui lui causaient un gêne depuis plusieurs années. Car le but de l’État est clair : même lorsque les fascistes ne portent pas plainte, il faut se suppléer à eux pour réprimer. C’est une nouvelle fois une démonstration de la collusion entre institutions et réaction. Une collusion qui s’apparente chaque fois davantage à une complicité manifeste et consciente.

    C’est pour cela que la solidarité est vitale : pour que la lutte ne cesse pas, pour que ceux qui sont exposés soient protégés, pour faire front ensemble. D’autant que notre espace de liberté, notre espace de manœuvre en tant que forces progressistes et révolutionnaire se restreint. De nouvelles lois répressives contribuent à construire un arsenal répressif toujours plus efficace. Toujours plus sournois aussi : comme ce délit de ne pas donner son code de téléphone.

    Nous avons pu voir, depuis plusieurs années déjà, la situation se dégrader économiquement et politiquement. Comme nous l’avions mentionné dans notre communiqué de soutien au Lyon Antifa Fest, certains milliardaires, comme Bolloré, voient désormais le fascisme comme une option politique viable pour résoudre les problèmes qu’ils rencontrent. Si les milliardaires français sont presque tous marqués par l’extrême-droite, ils jugeaient plus profitable de soutenir des options libérales. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

    Ce n’est pas une formule creuse que de dire que « plus que jamais », il nous faut serrer les rangs et nous soutenir mutuellement. Dans le combat antifasciste, il existe différentes approches, différentes conceptions, différents regards posés sur cette question. Aujourd’hui, il faut les regarder comme des pratiques qui s’articulent les unes avec les autres, dans un seul front commun contre un ennemi commun.

    Nous saluons nos camarades inculpés. Nous les assurons de tout notre soutien et nous rejoignons les voix de ceux et celles qui exigent leur libération immédiate et l’arrêt des poursuites contre eux !

    L’antifascisme n’est pas un crime !

  • #SOSCOLOMBIA, Rassemblement de solidarité

    #SOSCOLOMBIA, Rassemblement de solidarité

    Aujourd’hui, à la place Bellecour avait lieu un rassemblement de soutien aux Colombiennes et Colombiens en lutte, et une commémoration à la mémoire de celles et ceux qui y ont perdu la vie. Depuis le 28 avril, se déroulent une mobilisation sociale massive et une grève générale contre les réformes fiscales du président Duque. Ces réformes visent à augmenter la TVA sur de nombreux produits essentiels, à réduire ou supprimer des aides sociales ainsi qu’à hausser les impôts de nombreux ménages, et cela dans le but de financer la lutte contre la pandémie du covid-19. La réponse du gouvernement à ces protestations a été une violente répression : on décompte des dizaines de mort·e·set des centaines de blessé·e·s.

    La communauté colombienne lyonnaise a organisé ce rassemblement pour appeler à la solidarité internationale et visibiliser leur cause, constatant la passivité des autres gouvernements. Des actions symboliques ont été menées pour rendre hommage aux victimes de la police colombienne, accompagnées par des moments plus joyeux de chants et de danses célébrant l’espoir de la population colombienne de transformer leurs conditions de vie.

    Nous avons pris la parole pour donner notre point de vue sur la situation, nous vous la retranscrivons :

    « Nous vous remercions d’avoir organisé ce rassemblement. La solidarité internationale est d’une importance majeure.

    Nous saluons la lutte du peuple colombien contre son gouvernement. C’est une importance capitale et il faut le souligner : oui, il y a la répression, mais elle existe parce que le peuple colombien s’est soulevé dans son ensemble. Trop longtemps, les colombiens et les colombiennes ont été l’otage de gouvernements réactionnaires, écrasé·e·s par la poigne des USA proches. Et il faut parler de la répression, oui, mais il faut aussi dire qu’elle existe, car les institutions, le gouvernement, tremble devant ceux et celles qui se soulèvent. La Colombie, en tant que terre d’enjeux, a toujours subi une pression particulière de la part de l’impérialisme. Et voir ces luttes se développer est essentiel !

    Nous trouvons terrible ce qui s’y passe. Et nous nous demandons ce qu’il nous faut faire.

    Il y a nous, qui regardons ce qui se passe là-bas, sans savoir quoi faire. Vous avez lancé une initiative de solidarité concrète et c’est extrêmement important. Nous ne pouvons pas que rester extérieur. La solidarité peut être sous des formes symboliques, artistiques, politiques ou financières. Mais c’est important qu’elle ne soit pas un vain mot, un mot creux.

    Nous ne pouvons pas oublier non plus que si il existe un océan physique qui nous éloigne de la Colombie, cela ne se passe pas sur une autre planète.
    Il n’existe pas d’océan entre les méthodes répressives qui sont appliquées là-bas et ici. Rien ne nous garantit qu’un jour, la répression des exploiteurs ne s’abatte pas sous la même forme ici même, avec la même violence. Rien ne nous prémunit contre cela

    Gardons à l’esprit que les luttes que mènent les Colombiens et les Colombiennes sont des luttes qui participent, comme les nôtres, à une lutte générale. Chaque victoire, où qu’elle soit, nous prémunit davantage contre l’écrasement. Nous sommes tous un seul front de lutte contre l’ensemble des impérialismes, du capitalisme et de l’exploitation. Chaque victoire où qu’elle soit contribue à affaiblir cet ennemi. Chaque fois qu’en Colombie, en Turquie, en France, des victoires arrivent, elles élargissent notre champ des possibles et contribuent à l’émancipation générale de l’humanité

    Soutenons les luttes et les organisations de lutte colombiennes !
    Vive la solidarité internationale ! À bas la répression et les régimes fascistes ! »

    Unité Communiste manifeste son soutien à tout·e·s ses frères, sœurs et adelphes Colombien·ne·s en lutte, ainsi qu’aux proches des victimes des violences policières. Nous saluons également nos camarades du Partido Comunista de Colombia – Maoista, membres de l’ICOR.

  • Construire la solidarité populaire avant que la crise ne frappe !

    Construire la solidarité populaire avant que la crise ne frappe !

    Avec l’organisation de lutte Drapeau Rouge, nous avons initié des tables de solidarité depuis plusieurs semaines. Ces tables ont vocation à permettre de distribuer des produits de première nécessité, mais également à en collecter auprès de ceux et celles qui peuvent en donner. Au travers de ces tables, nous essayons de développer une politique de solidarité. Elles ont été accueillies chaleureusement par les habitants et habitants du quartier. Cela nous a également donné la possibilité d’échanger avec les habitants et les habitantes du quartier de Vaise, dans l’agglomération lyonnaise.

    Nous avons également commencé à réaliser des distributions auprès des étudiantes et des étudiants, qui, bien souvent, sont en face de problèmes considérables pour boucler leurs fins de mois.

    Nous ne sommes pas les seuls à faire ce travail, et nous n’avons de prétention à quoique ce soit. Nous saluons d’ailleurs l’intégralité des initiatives de solidarité populaire qui ont été lancées1. Leur travail est exemplaire. Nous voulons apporter nous aussi notre contribution, jouer notre rôle, couvrir une plus grande surface de terrain. Nous voulons, en somme, que le slogan « servir le peuple » se concrétise.

    Nous appelons d’ailleurs à multiplier ces actions et à les renforcer. Nous espérons qu’il sera possible de les centraliser davantage, d’éviter les doublons, de ne pas laisser de déserts, et de travailler en bonne entente.

    Car, hélas, le climat social et politique ne va pas en s’arrangeant. De sombres nuages s’accumulent à l’horizon.

    Nous sommes dans l’œil du cyclone.

    Depuis des décennies une profonde crise économique couve. L’économie peine depuis longtemps déjà. La crise du Covid amplifie simplement le phénomène.

    Nous n’en voyons que les prémices.

    Pour le moment, le gouvernement maintient un grand nombre d’entreprises sous perfusion. Les aides « Covid » maintiennent un semblant de niveau de vie. Si certaines entreprises se gavent de cet argent public, se gavent de dette, elles permettent aussi de faire échapper bon nombre à la misère. Mais elles ne les endureront pas éternellement. Le gouvernement réfléchit à l’après-pandémie. L’arrêt des aides signifiera probablement une contraction de l’économie et la fermeture d’un nombre encore plus grands d’entreprises vulnérables. Ce darwinisme économique profitera aux plus forts, aux plus puissants, et contribuera encore davantage à polariser la société et à concentrer le capital.

    Contrairement à une idée reçue, la dette n’est absolument pas un problème. Il n’y a ni urgence à l’annuler, ni à la rembourser. Les taux d’emprunts sont extrêmement bas, négatifs parfois, ce qui fait que certains paient pour prêter aux États. Mais ce poids est dangereux lorsqu’il est utilisé politiquement pour justifier une politique de liquidation des droits sociaux. Au nom du fétiche de « l’économie saine », une offensive nouvelle se prépare vers les droits sociaux. Alors qu’ils sont précisément ce qui – y compris dans une perspective non révolutionnaire — est ce qui peut permettre de surmonter la crise. La sécurité sociale, les aides pour les chômeurs et les retraites sont les enfants de la misère de 1945-1947. Ils sont précisément ceux qui ont permis l’expansion économique des années suivantes.

    Mais les capitalistes, les banquiers, les rentiers et les parasites ne pensent pas ainsi : ils sont des ravageurs, qui ne voient pas d’autre chose que la rentabilité à court terme, que l’accroissement de leurs rentes, de leurs bénéfices. Leurs actions ne sont d’aucune stratégie : après eux, le déluge ! Pour échapper à la misère, à la précarité, nous ne pourrons compter que sur nous même. La seule véritable solution est une économie dirigée vers la satisfaction des besoins culturels et matériels de l’humanité. C’est là, uniquement là, qui réside une économie saine, sans dettes et sans crises.

    Tant que l’économie sera axée sur la recherche du profit maximal, sur l’exploitation sans vergogne, il y aura des crises constantes.

    Notre solidarité contre leur charité.

    Paniers repas, bons d’achats, réductions… les opérations commerciales menées par les grandes surfaces ont été nombreuses. Quelles que soient leurs formes, elles partagent un trait commun : elles sont un bon investissement plus qu’un sacrifice. Premièrement, les opérations commerciales sont un bon moyen de fidéliser la clientèle et de réaliser une campagne de communication positive qui améliore l’image de la marque.

    Deuxièmement, il s’agit parfois d’une affaire bien rentable. Au moment où Notre-Dame était ravagée par les flammes, nous écrivions :

    « Un don est défiscalisé à 60 %. Les entreprises paient un impôt, donc, mais vers le secteur de leur choix. Et elles ne le paient qu’a 40 %, le reste étant, donc, à la charge des contribuables. Cela fait donc que ces derniers paient pour les choix d’image de l’entreprise, à hauteur de 60 %. Ainsi, en 2016, 369 millions d’euros ont été réellement versés par les entreprises, tandis que l’État a dû abonder de 990 millions d’euros. (selon les rapports de la Cour des comptes.) LVMH fait figure de grand pionnier, pompant à elle seule 61 600 000 € en 2018, loin devant les 8 suivantes, qui ne représentent que, cumulée, 21 000 000 €. Une manière de faire un bel effet levier sur les ambitions du peloton de tête des fortunes.

    Troisième aspect, le gonflement des dons en nature et le mécénat « de compétences ». Pour le premier, il s’agit de faire des dons qui sont défiscalisés, mais en ne prenant régulièrement pas comme base le prix de revient du produit donné, mais son prix de vente final, accompagné de la marge du distributeur. De plus, lorsque Auchan, Carrefour, Casino donnent des produits alimentaires, il arrive régulièrement que ceux-ci soient inexploitables (trop proches de la fin de la Date Limite d’Utilisation), et donc auraient été perdus. Il s’agit donc d’une manière de valoriser les pertes et de faire des dons qui peuvent même rapporter.

    Le mécénat de compétence, quant à lui, consiste à fournir de la main d’œuvre pour des travaux. Une manière d’ajuster l’activité de l’entreprise. En temps normal, la prestation est facturée uniquement du coût du salaire, mais des entreprises en profitent pour saler l’addition, sachant qu’elle est couverte par l’État. De plus, les « Établissements Administratifs Publics » peuvent offrir des prestations en nature à titre de dédommagement. Une nouvelle manière de rentrer dans les frais de l’entreprise. »2

    En dernière instance, les capitalistes ne parlent pas la langue de la solidarité. Aux mieux, ils prodiguent la charité philanthropique, celle qui soulage la peine temporairement, sans jamais s’attaquer au fond du problème.

    Il en est de même chez ceux et celles qui, au nom d’une « solidarité » hypocrite, sont là pour avancer des positions réactionnaires et antipopulaire. Les obscurantistes voient dans la misère un terrain de recrutement et de diffusion de leurs idées. D’autres, comme Bastion Social, y voient une occasion de diffuser la haine raciale et de fragmenter les exploités et exploitées. En dernière instance, la misère est un terrain comme un autre pour eux. Leur but est de l’utiliser, non d’y mettre un terme.

    Une voie différente.

    Notre solidarité est différente dans son fondement. Nous voulons mettre fin à ce cycle infernal de souffrances, d’exploitation, de misère. Nous ne nous réjouissons d’aucun malheur. De celui de l’ouvrier qui sait son poste condamnée, de l’artiste qui peine à se nourrir, de l’étudiant isolé dans son 9 m². Nous ne nous réjouissons pas plus de celui de la petite bourgeoisie commerçante, endettée, étrillée par les loyers, les traites, les impôts. Leur intérêt objectif est de mettre fin à la dictature de l’exploitation, à la dictature du capital, à la concentration toujours croissante des richesses dans des mains toujours moins nombreuses.

    Nous savons que tout ne se réglera pas par quelques tables et un peu d’entraide. Le problème est plus profond. Le problème est structurel. Il concerne l’ensemble de structure économique, le capitalisme comme mode économique dominant. Cette société d’inégalité se maintient par la force et par la propagande. Par une force sans cesse plus omniprésente, brutal. Par une propagande qui fait croire à l’égalité des chances, à la méritocratie, au « que le meilleur gagne », alors que les dés sont truqués.

    Pour nous, l’économie, la production de richesses culturelle et matérielles doit servir les intérêts de la population, doit permettre à l’humanité de poursuivre sa route, sans ravager la planète. Mais nous ne pouvons faire confiance qu’à nous même, qu’à un contrôle absolu sur l’économie, pour y parvenir. Nous avons besoin d’une nouvelle démocratie, d’un nouveau système.

    Nous pouvons faire mieux !

    Nous avons un monde à gagner. Un nouveau monde à construire. Face aux défis de la crise climatique, des menaces de guerres, de la misère et de l’obscurantisme, il n’existe pas une infinité de solutions. Soit rester prisonniers, écrasés par l’étau de l’exploitation, intoxiqués par les mensonges racistes, enfermés par une société pourrissante, soit perdre nos chaînes et faire front. Ensemble, solidaires, unitaires, nous pouvons être le changement révolutionnaire !

    1. Nous pourrions cependant ajouter un bémol à cela : l’organisation néo-fasciste Bastion Social prétend à une « solidarité populaire ». Dans les faits, elle se limite à des actions d’instrumentalisation de la misère sur des critères raciaux/ethniques. De fait, ces actions sont plus du domaine du prosélytisme et de la charité hypocrite que de la réelle solidarité populaire. A notre sens, celle-ci doit se doubler d’une volonté d’unifier les classes populaires dans le but de changer également le fond de notre société.
    2. Notre-Dame de Paris, une charité bien ordonnée

  • Liberté pour Georges Abdallah !

    Liberté pour Georges Abdallah !

    APPEL AU MOIS INTERNATIONAL D’ACTIONS POUR LA LIBERATION DE GEORGES ABDALLAH 

    Depuis l’arrestation de Georges Abdallah, nombreux ont été les collectifs et comités de soutien qui peu à peu se sont créés pour  défendre avec acharnement notre camarade et exiger sa libération. Cet héritage fondateur de cette lutte, nous l’avons depuis  toujours reconnu et clamé. En 2015 néanmoins, pour le cinquième anniversaire de la manifestation organisée à Lannemezan par  ces militants de longue date, volonté a aussi été exprimée d’intensifier ce combat et de coordonner les forces existantes pour  amplifier la mobilisation et parvenir à établir un véritable changement du rapport de force appelé par notre camarade lui-même.  De-là, l’acte de naissance de la Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah sur la base de la déclaration suivante,  rédigée à l’époque : 

    « Nous, les participants à la réunion de soutien de Lannemezan ayant eu lieu après la manifestation du 24 octobre 2015 pour Georges Abdallah, appelons à l’intensification de la campagne de mobilisation pour la libération de notre camarade Georges  Abdallah. 

    Nous nous reconnaissons dans l’identité politique de Georges Abdallah, combattant et résistant arabe, communiste libanais, symbole d’aujourd’hui du combat contre l’impérialisme, le sionisme, le capitalisme et les Etats réactionnaires arabes. Georges  Abdallah est un prisonnier politique de l’Etat français depuis plus de trois décennies et ce sous les applaudissements des  Etats-Unis et de l’entité sioniste. Son combat est le nôtre. Nous voulons une Palestine libre et victorieuse. Nous voulons la  fin du colonialisme à travers le monde et sous toutes ses formes, la fin du capitalisme et de l’exploitation et nous soutenons  la lutte des peuples contre toutes les oppressions. Nous nous reconnaissons dans le combat de Georges Abdallah contre la  guerre d’invasion du Liban par les sionistes et pour la libération de la Palestine qu’il a mené avant d’être arrêté en 1984 par  la police française. Nous nous reconnaissons dans son engagement révolutionnaire sans faille durant ses 3 décennies  d’incarcération et sa farouche détermination combattante face à une justice de classe. Et nous serons à ses côtés le jour de  sa libération pour continuer à lutter avec lui. 

    Nous sommes internationalistes et nous avons pleinement conscience que c’est l’Etat français qui maintient Georges  Abdallah en prison. C’est cet Etat français et ses gouvernements successifs de droite et de gauche se disant républicain ou se disant socialiste qui met comme condition à la libération de ce militant intransigeant son reniement. Depuis plus de 30 ans, Georges Abdallah est debout face à ses geôliers et comme les milliers de prisonnières et prisonniers palestiniens, il ne cède rien. Il résiste et se bat pour la liberté. 

    La décision de non libération de Georges Abdallah est une décision politique et c’est pourquoi nous nous battons sur le  terrain politique. 

    Nous appelons toutes les forces militantes, comités de soutien, associations, partis, syndicats à exprimer leur solidarité et à  multiplier les initiatives pour faire connaître la cause de Georges Abdallah et pour que s’élève l’exigence de sa libération.

    Nous appelons à une campagne nationale pour la libération de Georges Abdallah, menée dans le respect de ses engagements  et de son parcours. Nous appelons également à la multiplication des initiatives internationales : Leila Khaled du FPLP le  déclare si justement : « Georges Abdallah est un symbole pour les révolutionnaires à travers le monde ». 

    Nous appelons à ce que cette campagne soit menée sur deux axes principaux :  

    1. soutien au peuple palestinien et à son combat pour la victoire ; solidarité avec la lutte des prisonnières et des  prisonniers palestiniens et défense du droit au retour et à l’autodétermination des Palestiniens. 2. soutien aux quartiers populaires et à leurs luttes d’émancipation ; solidarité avec les inculpés de la répression ;  soutien aux révoltes contre les violences policières ; lutte contre le racisme d’Etat. 

    Nous appelons d’ores et déjà à des temps forts de mobilisation : rassemblements et manifestations à Lannemezan, Paris,  Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux, Bruxelles, Beyrouth… A des meetings dans différentes villes de France, d’Europe ou du  monde arabe. A l’implication des forces libanaises et palestiniennes qui mettent en avant la cause de Georges Abdallah (FPLP,  PCL) ; à un appel à soutien des partis politiques et syndicats en accord avec la demande de libération de Georges Abdallah  (PCF, NPA, CNT, FA, PIR…). A l’organisation d’événements lors de dates communes de mobilisation (journée de la terre,  journée internationale des prisonniers politiques, 1er mai…). A la multiplication des efforts de sensibilisation et d’information  auprès des médias à diffusion large (L’Humanité, Politis, Le monde diplo, radios et presses militantes). 

    Nous désignons dès à présent les cibles communes à interpeller : les autorités françaises et libanaises. Plusieurs  interpellations ont eu lieu dans différentes villes de France (Valls, Taubira, F. Hollande) et il faut multiplier ces interpellations.  Les Etats-Unis, partie civile dans le procès et toujours actifs pour bloquer la libération de Georges Abdallah, doivent  également être interpellés et les autorités libanaises doivent se positionner fermement pour la libération de Georges  Abdallah. 

    Une, deux, trois, mille initiatives pour la libération de Georges Abdallah ! 

    Il est de nos luttes, nous sommes de son combat ! 

    Palestine vivra, Palestine vaincra !  

    La victoire ou la victoire ! 

    Lannemezan, le 24 octobre 2015 » 

    Cette ligne de défense de notre camarade sur cette base politique est aujourd’hui toujours la nôtre : Georges Abdallah, au quotidien,  est de nos luttes et pas un acte militant n’est mené sans que nous réaffirmions que nous sommes de son combat. Depuis cinq ans,  cette bataille sur le terrain politique, effectivement conduite dans le respect des engagements de notre camarade et de son  parcours, est menée partout et par nous tous, selon les axes cités dans la déclaration de 2015 mais aussi plus largement au sein  de toutes les luttes sociales et politiques, à travers des manifestations, des rassemblements, des meetings, des repas solidaires,  des appels à signatures, des courriers adressés aux autorités françaises et libanaises et des semaines d’actions coordonnées entre  toutes les forces engagées dans ce combat pour la libération de Georges Abdallah. Cet engagement à Paris, dans les régions, sur  le plan national et désormais aussi largement sur le plan international – du fait de l’investissement de tous les soutiens à Georges  Abdallah, dans la diversité de nos expressions – accroit chaque jour un peu plus la pression exercée ; et les multiples réactions – lues dans la presse, perceptibles aussi à travers les réponses des Gardes des sceaux et des ministres de l’Intérieur qui se sont  succédé aux courriers d’élus ou encore traduites par les visites exceptionnelles menées auprès de notre camarade par des 

    représentants politiques et religieux haut placés ou par la réponse lancée par le Président français, lors de sa visite à Beyrouth,  aux militants libanais réclamant la libération de Georges Abdallah – toutes ces réactions sont autant de signes à saisir de la justesse  de la lutte menée et qu’il nous faut poursuivre sur la même dynamique et énergie en cherchant à interpeller encore plus directement  les représentants de l’Etat français quand cela est possible ou encore en se mobilisant tous ensemble pour frapper d’une seule  main. 

    Cette ligne de conduite, Georges Abdallah ne cesse de nous en donner les clés quand à plusieurs reprises, dans ses déclarations, il met en exergue la force de cette solidarité unitaire et coordonnée. Ainsi, rappelons simplement là encore quelques-uns de ses  messages où il nous encourage à poursuivre dans ce sens : 

    « Encourageons, toujours plus camarades, les divers processus de convergence des luttes aussi bien au niveau local qu’au niveau régional et à plus forte raison au niveau international » (Georges Abdallah – déclaration du 20 octobre 2018) 

    « Ce changement du rapport de force passe avant tout par l’inscription de cette démarche solidaire dans la dynamique globale de la  lutte en cours en assumant toujours plus le terrain de la lutte anticapitaliste et antiimpérialiste » car « il ne s’agit pas de faire comme  si nous ne savons pas que la dite justice est toujours une justice de classe au service d’une politique de classe inscrite dans la  dynamique globale d’une guerre de classe à l’échelle nationale et internationale » (Georges Abdallah – déclaration du 23 juin 2018). 

    C’est en ce sens et toujours fidèles à cette ligne et aux principes d’action politiques rappelés ici que nous appelons aujourd’hui à,  non plus une semaine internationale d’actions mais à un mois complet d’actions pour que nous tous, les soutiens à notre camarade,  nous ne laissions pas un espace politique libre sur le plan local, régional, national et international sans que soit mise à l’ordre du  jour l’exigence de la libération de notre camarade Georges Abdallah.  

    A Albertville, Amiens, Annecy, Aubagne, Aubervilliers, Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Gennevilliers, Grenay, Grenoble,  Lannemezan, Lille, Lyon, Marseille, Montauban, Montpellier, Morlaix, Nanterre, Nîmes, Paris, Pau, Saint-Denis, Saint-Etienne, Tarbes,  Thionville, Toulouse, Troyes ; dans les Alpes-Maritimes, en Corse, dans le Finistère, le Gers, en Gironde, en Haute-Marne, dans les  Hautes-Pyrénées, l’Hérault, l’Ile de France, le Lot-et-Garonne, dans le Nord et le Pas de Calais, au Pays de Cornouaille, en Poitou 

    Charentes, au Puy-de-Dôme, en région Rhône-Alpes, en Seine-Maritime et dans le Tarn-et-Garonne. ; en Algérie, en Allemagne, en  Angleterre, en Argentine, en Belgique, au Brésil, au Canada, en Espagne, en Grèce, en Inde, en Italie, au Kurdistan, au Liban, au  Luxembourg, au Maroc, en Palestine occupée, au Pérou, en Pologne, en Roumanie, en Tunisie, en Turquie – partout en France et dans  le monde où le combat de Georges Abdallah est relayé et l’exigence de sa libération portée, partout où nous sommes tous – soutiens  solidaires actifs à notre camarade – , multiplions les actions de mobilisation et intensifions la pression sur les représentants et les  lieux du pouvoir de l’Etat français pour qu’enfin soit signé par le ministre de l’Intérieur actuel l’avis d’expulsion conditionnant la  libération de notre camarade et que soit gagné ce combat de mise à mort de cette perpétuité réelle inique. 

    Nous tous, – anarchistes, autonomes, antifascistes, anti-impérialistes, antisionistes, communistes, démocrates, écologistes,  internationalistes, libertaires, marxistes-léninistes, marxistes-léninistes-maoïstes, républicains insoumis, révolutionnaires,  trotskystes ; engagés dans des partis, syndicats, fronts, campagnes, associations, collectifs, comités, mouvements et réseaux  multiples ; engagés aux côtés de notre camarade dans les luttes politiques pour la Palestine, en soutien à l’Intifada et contre la  Normalisation ; pour la défense des luttes des peuples et de leurs résistances ; pour la défense des prisonniers politiques et des  prisonniers révolutionnaires ; contre l’enfermement carcéral ; contre les violences policières ; pour la défense des immigrations et des  quartiers populaires ; contre le racisme ; pour la défense des travailleurs, de leurs acquis et de leurs droits ; pour celle des gilets jaunes ;  pour le combat de l’émancipation des femmes ; contre la torture et la peine de mort – mobilisons-nous une fois de plus, tous ensemble  là où nous sommes, dans cette diversité qu’est la nôtre, du 22 septembre 2020 au 24 octobre 2020 pour qu’à cette date, la dixième 

    manifestation à Lannemezan soit la dernière et que nous puissions enfin concrétiser ce désir profond que nous portons tous en nous  depuis ces si nombreuses années : « nous serons à ses côtés le jour de sa libération pour continuer à lutter avec lui ! ». 

    Une, deux, trois, mille initiatives pour la libération de Georges Abdallah ! 

    Il est de nos luttes, nous sommes de son combat ! 

    Palestine vivra, Palestine vaincra !  

    La victoire ou la victoire ! 

    Paris, le 19 septembre 2020 

    Campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com 

    Premiers signataires : Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah – Campagne internationale pour la libération  de Georges Abdallah – Samidoun Palestinien Prisoner Solidarity Network – Campagne internationale pour la libération  d’Ahmad Sa’adat et ses camarades – CLGIA – Le CRI Rouge pour la défense des prisonniers révolutionnaires – Comité d’action  et de soutien aux luttes du peuple Marocain – CAPJPO-EuroPalestine – PIR – ANC – UJFP – Collectif Palestine Vaincra – FUIQP  (Istres – Martigues) – Association Car t’y es libre 

    Agenda non exhaustif des actions programmées sur Paris et sa région durant le mois international d’actions

    Du 22 septembre au 24 octobre sont d’ores et déjà programmées à Paris et sa région les initiatives suivantes : 

    – 19 septembre 2020 : « Ils roulent pour le Tour de France / Nous pédalons pour la Palestine ! » : participation à la déambulation en  vélo pour la Palestine dans les rues de Paris (initiative organisée par de nombreuses organisations de soutien à la Palestine) en  parallèle à l’arrivée du tour de France dans la région parisienne, pour dénoncer la participation de l’entité sioniste à cet événement  sportif. 

    – 26 septembre 2020 : participation à la « soirée des solidarités internationales », organisée à Nanterre en lien avec l’Arène et l’AFPS  locale 

    – 30 septembre 2020 : soutien à l’un de nos camarades qui passe en procès au tribunal de grande instance pour son implication dans  les manifestations contre la COP21 

    – 1 octobre 2020 : présence à la conférence avec Pierre Stambul dont l’intitulé est « Proche-Orient : la paix est-elle encore possible ? » – 7 octobre 2020 : participation au rassemblement pour exiger la libération de Mumia Abu Jamal 

    – 10 octobre 2020 : participation à la rencontre nationale et au meeting d’Ile de France de l’ANC à Saint-Denis, sur le thème : Une  exigence : retrait de tous les soldats français d’Afrique ! » 

    – 17 octobre 2020 : participation à l’accueil de la marche de la solidarité des sans-papiers à Paris et aussi au rassemblement aussi au  pont Saint-Michel en hommage aux victimes du 17 octobre 1961 

    – 23 octobre 2020 : départ du car de Paris pour Lannemezan 

    – 24 octobre 2020 : 10ème manifestation à Lannemezan 

    A prévoir aussi : un rassemblement devant le Ministère de l’Intérieur et un rassemblement hebdomadaire sur 4 semaines dans le  quartier populaire de Ménilmontant à Paris. 

    Merci de faire connaître à l’adresse de la campagne unitaire les initiatives programmées dans le cadre de ce mois international  d’actions pour aider à leur diffusion. 

  • Message sur le plan de création de l’ILPS-Europe

    Message sur le plan de création de l’ILPS-Europe

    En tant que communistes et plus particulièrement en tant qu’organisation membre du Front Uni International, impulsé par l’International League of People Stuggle (ILPS) et l’International Coordination Of Revolutionnaries Parties and Organisations (ICOR), nous saluons le plan de création de l’ILPS-Europe. Nous leur souhaitons un développement rapide et de grands succès. Leur développement consolide celui de l’ensemble du mouvement communiste international.

    E.V.

    Jose Maria Sison, Président émérite de la Ligue internationale de lutte des peuples

    4 avril 2020

    Chers collègues,

    La Ligue internationale de lutte des peuples est un front uni d’organisations de masse pour la lutte anti-impérialiste et démocratique à différents niveaux. Depuis sa fondation en 2001, elle a une portée internationale. Mais pour atteindre la profondeur, elle doit construire ses forces composites aux niveaux régional, national et local.

    Elle peut gagner du souffle à chaque niveau en ayant davantage d’organisations de masse comme composantes de chaque préoccupation.

    Pr. Jose Maria Sison

    Elle peut également gagner en ampleur en pouvant s’allier à d’autres formations de front unique à tous les niveaux. On peut appeler cela l’élargissement de l’alliance pour rassembler la plus grande force possible afin d’isoler et de submerger l’adversaire.

    Pour construire l’ILPS à n’importe quel niveau, vous devez connaître la situation dans son champ d’application géographique et vous devez rassembler les organisations de masse que vous pouvez à un moment donné. Vous devez réunir les délégations de ces organisations afin d’échanger des points de vue et des expériences, de convenir d’un programme d’action et d’élire l’organe qui dirigera le travail et la lutte qui découlera de l’assemblée.

    Je suis heureux que dans votre projet de création de l’ILPS-Europe vous appréciez sa place dans la structure de l’ensemble de l’ILPS et que vous ayez fait des préparatifs pour la mise en place de cette formation régionale en connaissant la situation en Europe, en réunissant des délégations de différents pays, en formulant un programme d’action et en élisant votre organe directeur régional.

    Sur la formation de l’ILPS-Europe

    En formant l’ILPS-Europe, vous prenez en compte et tirez profit de la charte et du programme de l’ensemble de l’ILPS et vous vous concentrez sur les conditions, les préoccupations et les demandes des peuples de la région et des pays qui la composent afin de poursuivre et de faire progresser la lutte anti-impérialiste et démocratique pour le socialisme et la solidarité dans l’intérêt des peuples d’Europe.

    Vous devez construire l’ILPS-Europe comme un front uni de formations de masse définies en son sein aux niveaux régional et national. Vous pouvez attirer dans le giron de l’ILPS plus d’organisations anti-impérialistes et démocratiques intéressées par l’une des préoccupations de l’ILPS. En même temps, vous pouvez avoir une alliance et une coopération consensuelle, consultative et pratique avec d’autres organisations qui sont indépendantes de l’ILPS mais qui ont un intérêt commun avec l’ILPS.

    En raison de l’aggravation de la crise du système capitaliste dans le monde et en Europe, il existe des formations de masse anciennes et nouvelles qui mènent des luttes anti-impérialistes et démocratiques sur un large éventail de questions de nature économique, sociale, politique, culturelle et environnementale et qui touchent la classe ouvrière en général, les migrants et les réfugiés, les femmes, les jeunes, l’intelligentsia et d’autres secteurs de la société.

    Le capitalisme monopoliste a aggravé l’exploitation du prolétariat et du reste de la population, en particulier sous la politique du néolibéralisme. Il leur a infligé le chômage, la précarité de l’emploi, des salaires réels plus bas, un coût de la vie plus élevé, l’érosion des services sociaux, des mesures d’austérité, la discrimination sexuelle, la diminution des opportunités pour les jeunes, la dégradation de l’environnement et une augmentation de la fiscalité sur les personnes (mais pas sur les sociétés commerciales) sous divers prétextes.

    Dans le même temps, le capitalisme monopoliste a aggravé l’oppression du peuple. Des lois, des politiques et des pratiques anciennes et nouvelles sont utilisées pour restreindre les droits démocratiques et les libertés fondamentales. Les moyens d’information et d’éducation dominants répandent des préjugés chauvins, racistes et fascistes. Pire encore, des mouvements fascistes sont apparus et collaborent avec les forces coercitives de l’État contre le peuple et les forces démocratiques.

    Vous construisez l’ILPS-Europe à un moment où le prolétariat et les peuples de la région s’élèvent, comme dans d’autres régions du monde, contre l’escalade de l’exploitation et de l’oppression en raison de la politique néolibérale de cupidité débridée, du terrorisme d’État, de la montée du fascisme et des guerres d’agression sans fin déclenchées par l’impérialisme américain. Votre lutte en Europe est nécessairement liée aux luttes des peuples à l’échelle mondiale.

    En harmonie avec le Front uni international

    Tout en construisant l’ILPS-Europe, vous devez également être en harmonie avec l’engagement international et la politique de l’ILPS en front uni avec d’autres formations internationales et organisations individuelles. En ce moment, l’ILPS initie conjointement avec la Coordination internationale pour la révolution (ICOR) la formation du Front uni international anti-impérialiste et antifasciste (AIAIUF), qui vise à inclure d’autres formations internationales.

    Dans ce type de front uni international de plus en plus large, l’ILPS espère amplifier les forces communes et individuelles des participants, s’entendre par consensus sur des tâches et des actions communes et maintenir des relations consultatives et consensuelles entre des participants égaux et se respectant mutuellement.

    Les participants ont le droit à l’indépendance et à l’initiative et ne sont pas liés par le centralisme démocratique. Ils s’accordent à conserver et à accroître leurs forces et leurs capacités respectives, à faire des déclarations communes ou similaires, à entreprendre des actions et des campagnes communes sur certaines questions à certaines dates ou périodes convenues.

    Nous pouvons nous attendre à ce que les protestations de masse mondiales qui ont éclaté de façon spectaculaire depuis l’année dernière continuent de s’étendre et de s’intensifier et prennent des formes plus élevées de lutte non seulement pour un changement de régime mais aussi pour un changement de système. Elles signalent la transition vers des luttes anti-impérialistes plus importantes et la résurgence de la révolution prolétarienne-socialiste mondiale.

    La montée des luttes anti-impérialistes et démocratiques est la conséquence de l’aggravation rapide de la crise du système capitaliste mondial. La crise de surproduction a été aggravée et accélérée par l’adoption de technologies plus avancées, la diminution délibérée des revenus réels et nominaux des travailleurs, l’accumulation rapide du capital dans les mains de la bourgeoisie monopoliste et l’émergence de nouvelles puissances impérialistes en plus des puissances traditionnelles.

    Intensification des contradictions inter-impérialistes

    Toutes les puissances impérialistes, traditionnelles et nouvelles, semblaient bien s’entendre sous les auspices de la mondialisation néolibérale tant qu’elles pouvaient exploiter les travailleurs de tous les pays et transférer le fardeau de la crise aux pays sous-développés et moins développés. Mais la crise de surproduction s’est aggravée trop vite pour perturber l’équilibre des forces entre les puissances impérialistes, au point que la concurrence économique et la rivalité politique sont devenues de plus en plus prononcées.

    Le changement le plus spectaculaire a été le déclin stratégique des États-Unis, qui sont passés du statut de superpuissance unique de 1991 à 2008 à celui de simple puissance dans un monde multipolaire. La Chine a développé son économie à un point tel que les États-Unis la considèrent comme son principal concurrent économique et son principal rival politique. L’Union européenne elle-même est ébranlée par la sortie de la Grande-Bretagne et est mise à rude épreuve par la récession prolongée depuis la crise financière de 2008.

    Le prolétariat et les peuples d’Europe de l’Est et de Russie sont scandalisés par la dégradation des conditions de passage d’un régime révisionniste à un capitalisme débridé. Ils s’indignent de la montée du chômage, de la perte drastique des services sociaux et des mesures répressives. Ils ont un fort désir de changement de système du capitalisme au socialisme.

    Les puissances impérialistes d’Europe occidentale sont encore principalement alignées sur les États-Unis et le Japon au sein du FMI, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du G-7, du G-20 et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais certains pays ont des besoins particuliers qui les obligent à avoir des relations amicales avec la Russie et la Chine. L’alliance des États-Unis et des puissances d’Europe occidentale est mise à l’épreuve et mise à rude épreuve par les fréquentes demandes de sanctions et d’actions d’agression des États-Unis contre leurs ennemis.

    A l’exception de l’Asie du Sud-Est où la Chine revendique 90 % de la mer de Chine méridionale et est agressive, les Etats-Unis restent le premier fauteur de troubles du monde capitaliste. Mais ils ont décliné précisément à cause de l’excès de zèle impérial, en dépensant trop dans les bases militaires à l’étranger et les guerres d’agression sans fin, et en ayant fait des concessions économiques, commerciales et technologiques majeures à la Chine jusqu’en 2018.

    Alors que les contradictions inter-impérialistes s’aggravent, nous pouvons nous attendre à ce que les puissances impérialistes fassent davantage d’efforts pour transférer le fardeau de la crise aux États clients ainsi qu’à leur propre classe ouvrière et à la classe moyenne. Nous devons être très attentifs à la manière dont la bourgeoisie monopoliste exploite la classe ouvrière et dont elle génère le chauvinisme, le racisme et le fascisme afin d’obscurcir les racines de la crise et de prévenir la montée des forces révolutionnaires.

    La crise du système capitaliste mondial qui s’est développée depuis le krach financier de 2008 n’a pas été résolue par la bourgeoisie monopoliste et a conduit à une crise plus profonde et plus grave en cette année 2020. La ligne néolibérale de la mondialisation impérialiste s’est effilochée après plus de 40 ans de domination.

    Alors qu’elle fonctionne et alarme la plupart des pays, la pandémie de Covid-19 est utilisée par les gouvernements bourgeois pour renforcer le contrôle social et appliquer des mesures répressives. Mais elle sert également à exposer et à souligner le caractère antisocial du capitalisme monopoliste et les déprédations flagrantes que la politique néolibérale a engendrées. Les larges masses populaires sont donc incitées à se rebeller.

    Elles sont scandalisées par le fait que la bourgeoisie monopoliste utilise depuis longtemps le mode néolibéral d’exploitation effrénée et se sert de la pandémie comme excuse pour prendre des mesures de sauvetage financier et bénéficier de prétendus plans de relance. Ils sont révoltés de voir qu’ils sont soumis à des conditions de vie pires, à savoir des revenus faibles, le chômage, l’absence de domicile fixe, l’érosion des prestations sociales et la privation de soins de santé et d’autres services sociaux.

    Construire le mouvement de masse à travers le Front uni

    Nous pouvons nous attendre à ce que, dans les mois et les années à venir, la lutte de classe entre la bourgeoisie monopoliste et le prolétariat s’intensifie et à ce que la lutte entre les mouvements fascistes et antifascistes s’intensifie en Europe ainsi que dans d’autres régions du monde. Il est urgent de construire le mouvement de masse par le biais du front uni des forces révolutionnaires dans les luttes anti-impérialistes et démocratiques pour la libération nationale, la démocratie et le socialisme.

    En Europe, nous devons être capables d’éveiller, d’organiser et de mobiliser le prolétariat (y compris les travailleurs migrants) et la classe moyenne, qui se réduit et vit dans la précarité. La politique économique néolibérale a fait ressortir le pire caractère antisocial, antiprolétarien et antipopulaire du capitalisme monopoliste.

    Quel que soit le taux de croissance du PIB, il signifie l’augmentation implacable de la dette publique insoutenable au profit de la bourgeoisie monopoliste, la maximisation du profit privé en comprimant les revenus de la classe ouvrière, la montée du chômage, les mesures d’austérité, l’érosion des prestations sociales et la diminution des services sociaux.

    En Europe occidentale, le prolétariat et les populations de tous les pays souffrent de l’aggravation des conditions de la crise économique et financière, celles de certains pays étant plus touchées que celles d’autres pays. En Europe de l’Est et en Russie, le prolétariat et la population sont dégoûtés par la nouvelle détérioration de leurs conditions, de la période de régime révisionniste à la période actuelle de capitalisme débridé.

    Alors que la crise du capitalisme s’aggrave, chaque clique dirigeante de la bourgeoisie monopoliste utilise les appareils coercitifs de l’État pour réprimer la montée du mouvement de masse révolutionnaire et génère les courants de chauvinisme, de racisme et de fascisme. Le prolétariat et le peuple sont ainsi mis au défi de riposter avec le mouvement anti-impérialiste et démocratique pour le socialisme.

    De nombreuses questions se posent et appellent à l’action de la part des larges masses populaires. Mais la tâche principale est de construire le mouvement de masse par le front uni des forces révolutionnaires et de faire avancer la lutte de classe contre la bourgeoisie monopoliste et de viser le socialisme. Les forces révolutionnaires en Europe doivent faire avancer les luttes anti-impérialistes et démocratiques de concert avec les peuples des autres régions et du monde entier.

    Merci.