Étiquette : Sélection à l’université

  • Soutien aux sans-facs de Lyon 2 face a la répression : on continue la lutte contre la sélection !

    Soutien aux sans-facs de Lyon 2 face a la répression : on continue la lutte contre la sélection !

    Alors que le collectif des sans-facs de Lyon 2 occupait depuis lundi matin les bureaux de la présidence de l’université, cette dernière a fait le choix honteux d’employer la force contre ces jeunes qui se battent pour une université ouverte à toutes et tous. En effet, ils et elles ont été délogé-es par la police samedi 15 octobre vers 16H30. Voici donc la réponse de Nathalie Dompnier quand on l’interpelle sur la question de la sélection et de la hausse des frais d’inscriptions pour les étudiant-es étrangers hors UE : des dizaines et des dizaines de CRS. Suite au rassemblement de soutien aux sans-facs organisé le mardi 18 octobre, 3 militant-es ont été arrêté-es par la police et ont passé plus de 40h en garde à vue. Nous dénonçons la répression policière qui s’abat contre les militant-es de notre camp social et nous demandons la fin des poursuites contre les militant-es interpellé-es. Nous exprimons notre soutien total au collectif des sans-facs et aux militants interpellés, nous ne céderons pas face à la répression et continuerons de nous battre pour le droit d’étudier.

    Depuis l’occupation, de nouvelles victoires ont été obtenues par le collectif des sans-facs : dix inscriptions de jeunes dans la filière de leur choix, ainsi que la mise en place d’une procédure d’exonération des frais d’inscription pour tous les étudiant-es concerné-es par les frais différenciés. Ils et elles continueront à se battre pour les inscriptions, contre la réforme raciste “Bienvenue en France” à Lyon 2 et ailleurs, et pour une université ouverte à toutes et tous, gratuite et émancipatrice.

    Ce n’est ni au personnel ni aux étudiant-es de payer le manque de moyens à l’université. Avec la mobilisation des raffineurs rejointe par d’autres secteurs, les transporteurs, les cheminot-es, la fonction publique, il est essentiel qu’étudiant-es et travailleurs-ses nous nous mettons en ordre de bataille pour un meilleur avenir.

    La répression ne nous arrêtera pas : nous appelons à un rassemblement de soutien aux sans-facs à l’occasion de la CFVU de l’Université Lyon 2, le vendredi 20 octobre à 9h, en cour centrale du campus Berges du Rhône.

  • Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant le blocage de l’université Lyon II.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant le blocage de l’université Lyon II.

    L’Unité Communiste de Lyon salue la décision de l’Assemblée Générale de Lyon II, réunie ce matin sur le campus de Bron, de mettre en place de manière concrète la grève étudiante. En effet, les étudiants et étudiantes se sont réunies et ont choisi, dans une très large majorité, de voter le blocage illimité de l’Université.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que le blocage des universités, au même titre que les autres modes d’expression de la grève et de la lutte, est un moyen légitime. Le blocage est à la fois un outil tactique et un outil stratégique.

    Il est un outil tactique dans le sens où il permet à la mobilisation étudiante de prendre réellement corps, de bouleverser la routine imposée par un bachotage toujours plus fort, à chaque réforme. Il permet de créer les espaces de mobilisation, mais également les espaces d’information, de prise de décision et de mise en œuvre des actions concrètes. Comprendre les enjeux, les menaces et les attaques pour les contrer.

    Il permet de se dégager de l’épée de Damoclès constante que fait peser le contrôle des absences sur les étudiants et les étudiantes, et, parmi eux et elles, sur les plus précaires et les plus vulnérables : les boursiers et boursières. Ce chantage n’est pas négligeable !

    Le blocage est une arme stratégique, au même titre que la grève elle-même, pour permettre de peser dans la bataille. Elle est le moyen d’expression, le moyen de combat de la grève étudiante. Elle est ce qui pèse dans la bataille d’usure qui se joue face à un gouvernement directement au service des ennemis de classe.

    Les dernières années ont vu l’émergence d’une perception ultra-individualiste et libérale de la grève : celle-ci devrait ne plus gêner, ne plus perturber la vie de tous les jours, d’usagers pris et d’usagères prises en otage. Elle devrait se faire en catimini, loin des yeux, loin de la vie, et n’être qu’une idée abstraite, un concept.

    Or, les attaques sont concrètes. Les méfaits des réformes liquidatrices sont concrets. Les enjeux sont concrets. La réponse ne saurait être autre chose qu’une réponse tout aussi concrète ! Les trains roulants, les usines tournantes, les hôpitaux soignants, les facultés ouvertes ne le sont que parce qu’elles sont animés par un personnel qui travaille, qui s’use, qui s’épuise dans des conditions toujours plus précaires. Les formations délivrées par ces dernières, tout comme au sein des autres établissements ne peuvent être coupée d’un droit de regard de la part des étudiantes et des étudiants, qui ont toute légitimé à rejeter le fait d’être traités comme une clientèle -une clientèle, qui plus est, qui est flouée par ce qu’on lui propose comme avenir !

    L’Unité Communiste de Lyon affirme le droit de ceux qui produisent de ceux qui travaillent, d’exercer leur pouvoir de blocage de l’activité et de la production. Elle soutient que la légitimé est entre les mains des assemblées générales faites par les travailleurs et travailleuses, par les étudiants et étudiantes, par chaque secteur.

    D’autres ne sont pas de cet avis. Contre la grève, un vaste front réactionnaire se forme. Quoiqu’ils en disent, quoi qu’ils prétendent, les fascistes marchent aux ordres de LREM. Malgré le maquillage pseudo-social, malgré les prétention populiste, ils sont les petites mains du gouvernement. A chaque mouvement social, ceux-ci se démasquent et révèlent leur véritable nature : celle des croupions de la bourgeoisie.

    Ils instrumentalisent les inquiétudes et les tracas de ceux qui ne sont pas en grève, ils surfent sur celles-ci, mentent autour d’elle, les gonflent, leur font prendre une ampleur démesurée pour saboter les mouvements et pour initier des mouvements de masse réactionnaire.

    Ils nient que chaque avancée sociale s’est payée chèrement. Chaque droit est une conquête, chaque perte de celui-ci est un coup de pelle dans les charniers du passé. Ils parlent de prise d’otage quand leur profits sont touchés. Que diront-ils quand leur pouvoir le sera ?

    Malgré leur verbiage, malgré leurs entraves, la détermination et le courage sont dans les rangs de ceux et celles qui luttent. Emmanuel Macron et son gouvernement sont, nous l’écrivons une fois de plus, des kamikazes au service de la bourgeoisie. Ils sèment le chaos et la misère, liquident autant qu’ils peuvent les conquêtes sociales, chargent tambour battant contre les masses.

    Mais chemin faisant, ces laquais, ces âme-damnées de la bourgeoisie creusent leur tombeau, ainsi que celui du système dont ils sont les serviteurs. Jetant dans la rue des centaines de milliers de personne, grossissant les grèves et les manifestations. Une nouvelle vague militante, écœurée par le réformisme, dépitée par les promesse de politiciens professionnels du mensonge, menace de tout submerger.

    Les travailleurs, les travailleuses, qu’ils ou elles soient en formation ou en exercice, les retraités et retraitées, ceux qui produisent les richesses du monde, qui les produisaient, qui les produiront, tout comme ceux qui sont privés de tout par la rapacité et l’avidité de la bourgeoisie, tous se dressent et réclament leur dû.

    Non pas une illusoire nationalisation -prétendument démocratique ou non- sous l’égide d’un Etat bourgeois qui œuvre à les enfermer, mais bien d’une prise réelle des moyens d’exercer le pouvoir et d’en priver les exploiteurs et les exploiteuses !

    Les travailleurs, les travailleuses sont le monde, et le monde est à eux !

  • Solidarité avec le mouvement étudiant.

    Communiqué de solidarité avec le mouvement étudiant. 

    L’Unité Communiste de Lyon exprime sa solidarité vis-à-vis des étudiants, des étudiantes, des lycéens et lycéennes face à la répression qu’ils et elles subissent .Bordeaux ; Dijon ; Grenoble ; Strasbourg ont eu la visite de la police. Montpellier et le lycée autogéré de Paris celles des fascistes. Lille et Nantes ont bénéficié de l’attaque successive des deux. Le 22 mars a été un pic important, avec l’expédition organisée par l’apprenti fasciste Philippe Pétel et ses sbires, dans le but de casser la lutte.

    La répression est double. Elle est celle des institutions, de l’Etat, de la police, de la justice pour la première part. Elle s’est traduite par des mises sous tutelle, comme au Mirail, par des interventions de police, comme à Dijon, par l’intimidation, par la menace, par les volontés de juguler la mobilisation émergente.  Cette répression là est la compagnonne des mouvements étudiants depuis qu’ils existent.  Mais elle va en s’intensifiant davantage, à chaque fois que la crise s’approfondit, à chaque fois que les tensions sociales montent, à chaque fois que de nouveaux arsenaux juridiques sont mis en œuvre.

    Cette répression se double d’une nouvelle dimension, celle de l’intervention direct et extra-légale des réactionnaires et des fascistes. Ayant le vent en poupe, les petits leaders fascistes ou fascisants tentent de générer un mouvement de masse réactionnaire sur la base de mots d’ordres ultra-individualistes tels que la liberté d’étudier. Si ces mouvements existent depuis longtemps, la participation des enseignants et des enseignantes à ceux-ci forment une étape supplémentaire. Les attaques fascistes contre la faculté de Montpellier, mais également contre celle de Lille et le lycée autogéré de Paris sont révélatrice de la nature profondément bourgeoise et pro-gouvernementale des mouvements fascistes.

    Ils sont des mouvements qui n’ont d’autre ambitions que de servir au mieux d’auxiliaires extra-légaux de la police et de la bourgeoisie. Leur seule action est celle de briser les luttes populaires, de fragmenter les exploités et les exploitées, les opprimés et opprimées pour qu’ils et elles soient docilement asservies.

    L’Unité Communiste de Lyon salue celles et ceux qui prennent le chemin de la lutte, ceux et celles qui se dressent contre l’injustice, contre la sélection, contre la liquidation des droits sociaux. Elle est solidaire des personnes ayant subit les foudres de la répression.

    L’Unité Communiste de Lyon invite les étudiants et les étudiantes à s’organiser pour ne plus subir ces attaques, à renforcer les organisations de jeunesse et les syndicats étudiants, dans le but de pouvoir répliquer. C’est là également où l’importance des organisations antifascistes prend son sens, pour éviter que les luttes sociales ne soient noyées sous la répressions, écrasées dans le sang par les supplétifs policiers.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à participer aux assemblées générales décisionnaires pour étendre et renforcer ce mouvement. La lutte qui se déroule à l’heure actuelle est cruciale pour l’avenir des étudiants et des étudiantes, pour celui des lycéens et lycéennes. Mais elle est aussi cruciale dans le sens où elle est un des fronts de la grande lutte générale pour la défense des intérêts des classes populaires. Elle est un des fronts de la bataille des classe aigüe qui se joue actuellement.

    Ensemble, soyons unis et unies contre les répression !

    Les fascistes et la police n’ont pas leur place dans les universités !

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie 1

    Quelle légalité en régime bourgeois ?

    Partie 1

    Cette brochure est une réponse à chaud à plusieurs événements qui ont défrayé l’actualité récente. Garde à vue de Nicolas Sarkozy, réforme de la SNCF et attaques contre les droits sociaux, mais également la mise sous tutelle de la faculté de Toulouse le Mirail et les agressions fascistes commises sous les ordres de la président de l’Université Montpellier III Paul Valéry contre les étudiants qui l’occupaient. Nous accordons notre solidarité à toutes celles et tous ceux qui subissent la répression de la bourgeoisie, des réactionnaires, des fascistes et des impérialistes partout dans le monde. Nous voulons également dire que cette répression est une norme du régime bourgeois, du capitalisme. Elle en est l’enfant naturel, un enfant à géométrie variable en fonction des classes sociales.

                    La bourgeoisie et les anticommunistes ne se sont jamais privés de se servir de la dictature du prolétariat comme d’un épouvantail pour dissuader les masses de rejoindre les organisations communistes. Insistant sur l’aspect « dictatorial », escamotant tout ce qui compose le caractère prolétarien des Etats socialistes, ces forces réactionnaires ont travesti et déformé le sens de cette forme nécessaire de pouvoir. Par effet de miroir, cela servait à légitimer leur ordre « démocratique » et légaliste. Et cela marche !

                    Par le truchement de l’Education Nationale, de ses programmes de propagande, ce sont des millions de jeunes qui ressortent chaque année avec une conviction ancrée dans leur esprit : la démocratie bourgeoise est le meilleur régime qui soit. L’acquisition de cette notion est le fil conducteur du programme d’Histoire du secondaire. Tout est mis en place pour y parvenir, depuis la légitimation de la république et de la démocratie -démocratie de propriétaires d’esclaves ! – dans l’Antiquité, jusqu’aux politiques de libéralisation des services publics, vus en terminale. Les régimes socialistes, fasciste et nazi sont traités dans le même chapitre, pour créer une impression de similitude et d’unité entre eux, renforçant la thèse de la gémellité entre eux, dans le but d’éloigner la jeunesse des idées communistes et de toute sympathie pour les expériences révolutionnaires. Tout est fait pour qu’un sentiment de positivisme émerge : l’Histoire va vers le mieux, vers le meilleur, et chaque année qui s’écoule nous rapproche d’une perfection idéaliste.

                    Il en ressort que même dans l’extrême-gauche, il réside un anticommunisme extrêmement fort, qui se traduit par le fait qu’il y a une sympathie pour les opposants aux régimes socialistes, furent-ils des fascistes comme Soljenitsyne, et qu’entre le socialisme et le régime bourgeois, nombre préfèrent ce dernier.

                    Pourtant, un regard un tant soit peu sérieux sur les arguments de la bourgeoisie permet de voir que ceux-ci ne tiennent pas la route, et que, ironiquement, ils justifient totalement la dictature du prolétariat. Le mensonge craque régulièrement, et l’Histoire ne peut être intégralement bâillonnée. Ainsi, les crimes coloniaux transparaissent dans les manuels scolaires, tout comme les guerres et les massacres commis par la France et les impérialistes. Progressivement, le voile se lève sur le passé, lorsqu’il est jugé qu’il est suffisamment éloigné pour ne pas faire de vagues.

                    Lorsqu’un regard un tant soit peu objectif pourra être posé sur l’époque que nous vivons, le mythe du positivisme s’effondrera immédiatement. Il ne fait nul doute que les générations futures ne pourront regarder l’époque que nous vivons, tant ici que dans le monde entier, que comme un âge de barbarie et d’injustice.

    Car l’injustice et la transgression de la légalité forment les bases du fonctionnement du régime bourgeois.

                    La maîtrise de l’appareil d’Etat et des instances décisionnelles a permis à la bourgeoisie, dès son arrivée au pouvoir avec la Révolution Française, d’édicter ses règles. Elle a maquillé cela derrière une idée d’égalité stricte aux yeux de la Loi, déclarant que l’application de celle-ci correspond à un hypothétique intérêt général. Or, quelle communauté d’intérêt peut résider entre celui qui exploite et celui qui est exploité ? La prétendue égalité devant la loi n’est nullement résolue par un traitement « égal » par la justice, elle est au contraire aggravée. Cela n’est d’ailleurs pas une erreur, mais un objectif pour la bourgeoisie.

                    Dans les faits, les lois et les forces de l’ordre ne sont que des satellites du pouvoir bourgeois. Les lois sont conçues pour assurer l’exploitation la plus pacifique et la plus efficace des forces des travailleurs et des travailleuses. C’est là où réside la notion d’ordre public. Celui-ci correspond à un idéal pour la bourgeoisie. Une société tournant à la perfection, permettant de maximiser le taux d’exploitation, sans heurts, sans conflits. L’ennui est que les contradictions propres au capitalisme jettent des poignées entière de sable dans les roulements de cette machinerie idéale. La concurrence au sein de la bourgeoisie elle-même, la baisse tendancielle du taux de profit, la paupérisation croissante des masses… tout ce qui créé une tendance à l’entropie tend à parasiter et à nuire au bon fonctionnement de la société capitaliste « parfaite. » Jetant le peuple dans la misère, semant la mort et le chaos au travers du monde, elles forment le ferment du conflit.

                    La bourgeoisie a donc conçu ses outils dans le but de réprimer et d’écraser les masses. Marx parlait, dans La guerre civile en France, des détachements armés spéciaux de la bourgeoisie : la police. Contrairement à ce que peuvent penser celles et ceux qui, comme Lutte Ouvrière, avaient fait le choix de soutenir les revendications des manifestants et manifestantes de la Police, les policiers ne sont pas des prolétaires sous l’uniforme. Ce sont des forces détachées des travailleurs, détachées des masses populaires, organisées dans le but stratégique principal de les réprimer. Fondamentalement, l’absence de condamnation des crimes et des meurtres commis par les policiers et policières contre les masses populaires, les Wissam ; les Adama ; les Théo… sont le reflet de cette conception. Ces agents n’ont pas, aux yeux de la justice, commis un crime, ils ont simplement exercé avec trop d’intensité leur mission.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Loin de là. Elle a créé un canevas légal offrant des « libertés fondamentales » et des « libertés constitutionnelles », mais elle s’est également doté des moyens de réduire leur possibilité d’expression. L’utilisation pleine et entière des droits démocratiques concédés ou arrachés à la bourgeoisie se heurte à des obstacles, des pièges, des chausse-trappes. Si elles peuvent être suspendues, c’est qu’elles ne sont pas « fondamentales ». Nous préférons leur donner leur véritable nom, qui est de « droits formels. » Cela les renvoie à leur véritable nature, qui est celle de droits formellement accordés par la bourgeoisie, mais qui n’ont qu’une valeur tout aussi formelle. Combien de manifestations réprimées ? Combien d’arrestations arbitraires ? Combien de nasses ? Combien d’intimidations, combien d’injures ? Combien de réquisition des travailleurs et des travailleuses sous la contrainte ? L’usage du droit de grève, surtout dans les secteurs essentiels de l’économie, se heurte à l’intervention de la police ou de l’armée pour éviter tout désagrément trop important, pour ne pas nuire aux rendements des investissements de la bourgeoisie. Lorsque les propos dérangent, la censure n’est jamais loin, alors quid des actes ?

                    Un exemple dans le domaine universitaire illustre les limites des droits démocratiques. Les conseils d’administration sont censés être des instances décisionnelles et souveraines dans les décisions qu’elles prennent. Les élus, choisis au cours d’élections, sont théoriquement dépositaire d’un mandat donné par la communauté universitaire. Pourtant le jeu est truqué dès le début, puisque toute décision n’allant pas dans la droite ligne des directives de l’Etat peut entraîner la mise sous tutelle. En somme, si les choix « démocratiques » ne sont pas en accord avec des décisions prises par l’échelon supérieur, elles sont nulles et non avenues. Cette situation arrive à l’université du Mirail, où toutes les instances sont suspendues.

                    Mais lorsque l’arsenal légal ne suffit pas, la bourgeoisie et l’Etat n’hésitent pas à violer leur propre légalité, qui est celle qu’ils et elles ont imposée ! Parfois, l’application des lois et le respect de celles-ci deviennent une lutte. L’objectif derrière est toujours le même : maintenir ou accroitre son profit, sa rentabilité. Non par une méchanceté atavique, mais bien par un sens aigu de ses intérêts de classe et d’individu au sein de celle-ci. La bourgeoisie a toujours vu le Droit du Travail comme une entrave, comme un bridage, de sa possibilité d’exploiter au maximum le prolétariat. Régulièrement, celui-ci, tant qu’il existe, est transgressé, y compris même dans les institutions et dans les administrations dépendantes de l’Etat. CDD à la chaîne, heures supplémentaires non payées, contrats frauduleux, conditions de travail et de sécurité terrifiantes… etc. Les exemples ne manquent, hélas, pas. Le fait d’obtenir un respect de la loi est déjà un combat de chaque instant pour l’Inspection du Travail tout comme pour les Prud’hommes. Dans les néo-colonies, la situation est encore plus dramatique. Les grèves se sont succédées à Mayotte pour demander, l’an passé, l’application du Code. Dans les régions les plus écrasées par l’impérialisme français, il n’est pas question de droits, mais uniquement d’exploitation, de surexploitation.

                    En revanche, le népotisme, les arrangements entre amis, tout est bon pour offrir des coupe-files, des droits de passage et des exemptions pour les bourgeois et leurs clans. De nombreux articles sur les héritiers et héritières de places importantes ont montré que celles-ci et ceux-ci ne devaient leur place que grâce à ces arrangements. Leurs résultats scolaires étaient d’ailleurs exécrables. Ainsi, Jean Sarkozy a mis sept ans à réaliser sa Licence de Droit, en bénéficiant de dérogations exceptionnelles. Cela ne l’a pas empêché d’être pressenti pour diriger l’EPAD [Etablissement Public pour l’Aménagement de la région de la Défense] en 2009, fait évité in extremis par le tollé suscité.

                    Par ailleurs, la prétendue concurrence censée être au service des consommateurs est un mythe, car il est nettement plus intéressant financièrement d’obtenir des arrangements et des alignements que de se mener la guerre -jusqu’à un certain point, il est vrai. Les pratiques anticoncurrentielles sont très régulièrement évoquées et pointées du doigt par les commissions de surveillance, mais les amendes d’apparence lourde (plusieurs centaines de millions d’Euros) sont sans commune mesure avec les bénéfices, et ne forment qu’une somme forfaitaire à affranchir pour légaliser la tricherie. Les scandales des études truquées -sur l’obésité par la société Mars, mettant hors de cause le sucre dans les gains de poids ; ou sur la toxicité du diesel par Volkswagen- sont légion.

                    Pour les bourgeois et les bourgeoises, il est hors de question que l’argent extorqué par l’exploitation leur échappe. Cette classe sociale n’a toujours pas digéré l’idée d’un impôt progressif, pendant qu’elle applaudit à deux mains la Cotisation Solidaire Généralisée et la Taxe sur la Valeur Ajoutée. Pourquoi ? Parce que ces deux dernières ne la concernent quasiment pas. L’argent des bourgeois ne sert pas principalement à la consommation, mais à l’investissement. Ces impôts les effleurent sans jamais réellement les impacter. Pour le reste, les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale sont là pour amortir les cotisations. Les arrangements existent, permettant d’exempter d’impôts certains et certaines, comme ce fut le cas pour Liliane Betancourt, alors première fortune de France. La bourgeoisie lorgne d’ailleurs sur les profits, mais n’apprécie guère les dépenses. L’idéal pour elle est de laisser les pertes et les dépenses aux frais des contribuables -auxquels elle ne participe pas !- pour en privatiser les profits. Ainsi, la privatisation de la SNCF laissera l’entretient des voies à l’Etat, mais l’exploitation et les profits seront captés par les investisseurs. A l’époque de Mitterrand, les nationalisations ont servi, de facto, de bouclier contre les mauvais jours, avant d’être remises entre les mains des capitalistes, une fois l’embellie revenue.

                    Gare à celle ou celui qui oserait protester ou se révolter ! La loi est déjà un couperet d’une dureté  terrible envers les faibles, tandis qu’elle est d’une douceur d’ange envers les puissants et les puissantes. La garde à vue de Nicolas Sarkozy est un exemple éclatant de traitement différencié des individus en fonction de leur catégorie sociale. « Du jamais vu » s’est exclamé l’avocat pénaliste Dupont-Moretti, devant le fait que Nicolas Sarkozy ait pu rentrer dormir chez lui et interrompre ainsi la garde à vue. Une ironie pour celui qui en faisait son sabre contre les révoltes populaires. Imaginerait-on une telle pusillanimité envers quelqu’un issu des milieux populaires ? Imaginerait-on une telle douceur, lorsque des affaires de viols en garde à vue sont légion, quant les blessures et les meurtres défraient régulièrement la chronique ? La bourgeoisie à tout les droits, même lorsqu’elle est accusée d’affaires de haute trahison, même lorsqu’on la soupçonne d’avoir eu sa campagne financée illégalement par Mouammar Kadhafi, même lorsqu’elle viole et est condamnée, comme un Roman Polanski, toujours libre et coulant des jours paisibles en France. Cette impunité, cette classe en use et abuse, par ailleurs, pour son divertissement, pour des affaires répugnantes. La bourgeoisie, cette classe pourrissante, se comporte en prédateur constant.

                    Lorsque la bourgeoisie passe devant la barre, les condamnations sont tellement ridicules qu’elles déshonorent définitivement ceux et celles qui les prononcent. Les crimes les plus graves ne se paient que de sursis ou de peines de prison jamais exécutées. Jérôme Cahuzac, ainsi, n’a pas passé une seule nuit en prison depuis sa condamnation. Et quant bien même ! La ségrégation sociale fait son œuvre en prison, où ces coqs en pâte bénéficient de quartiers privés, de visites, de droits exceptionnels, impensables pour les prisonniers et prisonnières de classe populaire, qui forment la très large majorité des condamnées.

                    Car, de l’autre côté de la barrière sociale, la transgression de la loi se paie chèrement, même lorsque la jurisprudence pourrait être favorable. Vouloir manger, vouloir échapper au froid, à la misère, peut se payer chèrement. Quelques pates volées pour nourrir une famille dans le dénuement peuvent valoir un séjour en prison. Pour peu que cela se conjugue avec une nationalité étrangère, cela peut se terminer tragiquement, car régulièrement la police transgresse les pouvoirs, déjà larges, qui lui sont accordés.

                    Les lois, qui écrasent déjà les masses populaires, dans leur contenu comme dans leur application, ne suffisent pas à la bourgeoisie pour écraser. Grâce à sa possession d’un grand nombre de médias, grâce au fait que ses relais ministériels conçoivent les programmes et la propagande scolaire, elle a un poids considérable idéologiquement parlant. Ce n’est pas pour rien que Marx écrivait que « les idées dominantes ne sont autre que les idées de la classe dominante. » Quand cela ne suffit pas, elle invente l’information, ment sans la moindre vergogne. Récemment, la manière dont a été traité la question du statut des cheminots est une illustration de l’absence totale de respect de la part des politiciens de la bourgeoisie pour les masses populaires. Cela se reflète dans l’absentéisme massif, qui illustre le rejet de la politique bourgeoise par le peuple.

                    Lors des conflits sociaux, généralement la police et l’armée suffisent très largement à écraser toute contestation. Mais parfois, les cadres légaux, bien que déjà largement en faveur des bourgeois et des bourgeoises, ne sont pas adaptés. Les exploiteurs se tournent alors vers des supplétifs pour faire le sale travail, hors des cadres légaux, hors-la-loi, mais dans un sentiment d’impunité total.

                    Les casseurs de grève, les agents provocateurs, les vigiles réactionnaires et les fascistes servent à cela. Ils et elles servent à compléter l’action répressive de la police, dans des cadres non-normés. Plusieurs usines en France ont eu la visite de ces gros bras, notamment Alibert en 2000 ; Yoplait en 2002 mais également PSA ou Faurecia…Au niveau universitaire, un exemple vient de défrayer la chronique, puisque très tard le 22 mars, à l’université Paul Valery de Montpellier, des supplétifs fascistes et des vigiles ont été envoyés par le doyen de la faculté de Droit pour briser l’occupation d’un amphithéâtre. Les brutes ont frappé les étudiants et les étudiantes à coup de lattes en bois, sous le regard goguenard des administratifs, avant de sortir devant une haie d’honneur faite par la police. Cela n’est pas sans rappeler la destruction des locaux syndicaux par la présidence de l’Université Lyon II en novembre 2007, ainsi que l’envoi de plusieurs syndicalistes devant un conseil de discipline digne des cours de Vichy. Ironie de l’histoire, l’action, mal préparée, s’est traduite par un retour de flamme terrible, contraignant le président à la démission. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres.

                    L’Etat et la police eux mêmes cherchent, lorsque la situation leur paraît nécessaire, à provoquer les heurts qui permettent d’écraser un mouvement. Les scandaleuses action de « policiers-casseurs », maintes fois repérées et dénoncées, en sont l’illustration. L’usage, la aussi, des fascistes, mais également d’infiltrés et d’indics servent à créer les conditions qui permettent l’intervention des forces conventionnelles et permettent d’attaquer médiatiquement les mobilisations. L’Etat et le gouvernement ne sont absolument pas neutres par rapport à la question des mobilisations. Les institutions leur sont intégralement hostiles, car s’opposant à leur mission première : le maintient de l’exploitation maximale la plus pacifique possible.

                    Si les choses prennent une tournure réellement dangereuse pour les intérêts de la bourgeoisie, il ne fait aucun doute que celle-ci sera capable de faire passer la violence à un échelon supplémentaire. Pour le moment, les transgressions, même criminelles, restent une exception plus qu’une norme opérationnelle. Cependant, la frontière est très mince entre les deux. Contrairement à ce que pensent les réformistes-radicaux, les bourgeois et les bourgeoises ne lâcheront pas les moindres miettes, sauf sous la contrainte la plus terrible. Quant à laisser le pouvoir aux masses populaires… Lorsqu’une occupation d’amphithéâtre débouche sur un tabassage, que doit-on conclure sur la volonté de faire chuter de leur piédestal les exploiteurs ?

                    La bourgeoisie n’a jamais reculé devant les intimidations, les assassinats ou la mise en place de milices fascistes pour se défendre. Il s’agit par ailleurs de la raison d’être du fascisme. Ce n’est pas par hasard que Eugène Schueller, le père de Liliane Betancourt, fut un des fondateurs, avec Eugène Deloncle, de la Cagoule. L’un et l’autre voyaient dans cet outil un moyen d’écraser les luttes sociales, pour le bénéfice de la bourgeoisie. Contrairement à ce que pensent certains, la question du fascisme n’est pas strictement posée sous la forme de l’accession au pouvoir -de manière formelle- d’un parti fasciste. L’écrasement des mouvements révolutionnaires et des mouvements ouvriers n’a pas besoin du FN. Il n’a même pas besoin d’un régime raciste. Après tout les Frei Korps qui massacraient les révolutionnaires étaient le fruit d’un consensus allant de l’extrême-droite jusqu’au SPD -le Parti Socialiste Allemand.

                    Ce qui caractérise le fascisme, finalement, c’est la question du terrorisme érigé en moyen de maintenir l’exploitation. C’est cette transgression systématique de la légalité bourgeoise érigée en norme. Pour reprendre Dimitrov « Le fascisme au pouvoir est, comme l’a caractérisé avec raison la XIIIe Séance Plénière du Comité exécutif de l’Internationale Communiste, la dictature terroriste ouverte des éléments les plus réactionnaires, les plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier. » (Dimitrov, Fascisme et classe ouvrière, 1935)

                    Déjà, dans les régions dominées par la France, l’ordre le plus abject règne. Assassinats à la sauvette d’orpailleurs en Guyane, meurtres d’opposants aux laquais de la France, viols et prostitution d’enfants… Et lorsque les langues se délient, ceux qui osent briser l’omerta sont saqués, tel Anders Kompass, qui avait révélé les crimes de la France au Centrafrique. De toute manière, il n’existe pas d’autorité internationale capable de pouvoir obtenir justice pour les victimes. Que peuvent les familles Rwandaises ou Libyennes contre l’Armée Française ?

                    Un jour ce traitement peut devenir aussi celui qui s’applique en métropole, avec l’accroissement de la misère, des tensions sociales, avec la casse violente de toutes les protections dont peuvent bénéficier les masses. La bourgeoisie, même à son corps défendant, sera contrainte d’utiliser cela pour conserver son pouvoir, conserver son ordre, conserver ses profits.

    La question de l’absence réelle légalité à laquelle se contraint la bourgeoisie pose des questions sous-jacentes importantes. Deux d’entre elles méritent d’être abordées : celles des normes et des privilèges.

  • Stoppons Parcoursup – Le Nouveau Bac – La sélection

    Stoppons Parcoursup – Le Nouveau Bac – La sélection

    Lycéens et lycéennes, que vaudra votre Bac ?

    Bacheliers et bachelières, serez-vous traités comme du bétail ?

    Etudiants et étudiantes, que vaudront vos diplômes ?

    Parents, voulez-vous voir vos enfants déclassés ?

    Enseignantes et enseignants, deviendrez-vous des robots à notes ?

    Personnels et administratifs, serez-vous les larbins d’investisseurs ?

    Le chaos et la misère,

    voilà l’avenir que le gouvernement vous réserve !

    Surfant sur l’échec pitoyable de Post Bac, le gouvernement mène un charge, tambour battant, contre les droits sociaux, contre l’avenir de la jeunesse, contre la situation de l’enseignement et de l’éducation. Cette bataille qui s’ouvre est cruciale : elle est la bataille pour l’avenir !

    Un Baccalauréat sans valeur.

    Aujourd’hui, l’accès au Bac ne se fait pas dans les mêmes conditions. L’inégalité sociale est flagrante, la sélection est impitoyable. Cependant, dans la théorie, un Bac est équivalent à un autre Bac. Cette garantie est le fait d’un examen national, encadré, sous anonymat. Cette garantie précaire est une protection pourtant vitale.

    Car le gouvernement a pour ambition de remplacer cette épreuve par un contrôle continu doublé d’un grand oral. Ce contrôle continu rassure probablement certains, mais il ouvre en réalité les portes de l’enfer.

    Car le contrôle continu ouvre la voie aux variables. Comment évalue un enseignant dépend de sa personne, dépend de son appréciation, dépend de nombre de facteurs. La note est subjective et, parfois, pédagogique. Si les notes deviennent le critère d’accession au Bac, les enseignants ne sont plus que des machines à distribuer des tickets pour le show final. Chaque contrôle devient un examen, alors que le principe de l’année scolaire est d’apprendre à maîtriser les connaissances et les compétences pour se présenter à l’examen. S’il n’est plus possible d’avoir de marge de manœuvre, toute pédagogie sombre dans les oubliettes au profit du bachotage.

    Tricherie, corruption et conflit sont les conséquences directe de ce mode de fonctionnement. Pressés, tenus à la gorge, les élèves chercherons à tout prix à avoir les notes maximales, quitte à quitter les sentiers de la légalité. Chaque mauvaise note devient une menace sur la poursuite d’étude, une mauvaise notre n’est plus un avertissement sans frais, elle devient une déclaration de guerre face à l’avenir de l’élève.

    Les lycées n’ont pas tous la même réputation. Le Bac anonyme, malgré ses faiblesses, permettait une harmonisation de la valeur de celui-ci. Sans cette étape, un Bac portera, pour le meilleur et pour le pire, le sceau de son établissement d’origine. Il deviendra subjectif. Un Bac de lycée bourgeois et un Bac de  lycée populaire seront deux morceaux de papiers sans la moindre valeur en commun. Pire, le Grand Oral doit compter pour 15% de la note. Comment ne pas croire que la subjectivité, les à-priori, les jugements de valeur et de classe ne joueront pas sur la note ?

    Cela ouvre la voie à des établissements d’élite, chers, réservés aux nantis, aux riches, avec des bacs portant leur sceau, mais purgeant sans merci à la moindre faille. Pour avoir un bac prestigieux, il faudra passer par le tiroir-caisse.

    A l’inverse, les élèves des classes populaires, déjà stigmatisés sur le marché du travail, le seront d’autant plus en fonction de la réputation de leur établissement. Cela ouvre la voie à tout un univers de suspicion envers l’établissement. Un bac obtenu de justesse dans un lycée difficile sera synonyme de mauvais élève, mais un bac obtenu haut la main jettera le doute sur la probité des enseignants. D’ores et déjà, APB et ses appréciations posaient ces problèmes, le nouveau Bac et Parcoursup les multiplieront au centuple !

    La saveur des Bacs : un goût douteux.

    Liquider les filières pour remplacer la Terminale par une « classe de maturité » dans laquelle les élèves choisissent la composition de leurs cours, cela peut paraître une excellente idée. Sauf que l’emballage camoufle un contenu nettement moins charmant.

    Cette fragmentation n’a pas pour but de répondre à des intérêts pédagogiques. Elle laisse entre les mains des chefs d’établissement la possibilité de pouvoir ventiler comme bon leur semble les options proposées. Libérés de l’obligation d’entretenir des filières jugées moins prestigieuses, certains les liquideront discrètement. Cela ouvre la voie à des lycées L, des lycées ES, des lycées S;  STMG ; STSS…etc. Ces lycées se feront la guerre entre eux pour capter les bons élèves, lesquels auront un Bac AAA, tandis que celui des autres aura une cote de confiance moindre.

    Ces Bacs seront constitués de blocs de compétences, non de qualifications. Loin d’être un simple jeu d’appellation, la nature de ces termes est juridique. Une qualification a une valeur reconnu, quantifiable, donnant droit à un statut. Une compétence est une choses sans valeur qui sert à meubler un CV et à le faire valoir. Mais cela reste à la libre appréciation du recruteur. 

    Parcoursup ou le règne de l’arbitraire.

    Admission Post-Bac avait entamé ce travail de liquidation du droit d’accès à l’enseignement supérieur. En préparant un système sélectif, autour d’un algorithme obscur, APB créait un préalable, désormais les universités n’étaient plus tenues de conserver des places pour les nouveaux arrivants. Elles en ont profité pour inscrire en catimini une sélection illégale, sur des critères académiques, et pour pouvoir installer une gestion autoritaire des flux d’étudiants, les dispatchant au cours « d’entretiens d’orientation. »

     Parcoursup poursuit cette logique. Désormais les conseils de classe ont le devoir impératif de commenter la question de l’accès à l’université. Ce fait est tout sauf anodin. Commenter un droit est un préalable à poser des conditions à son respect.

    Parmi ces conditions, la question d’une acquisition de pré-requis est une des plus frappantes. Elle signifie donc que l’obtention du Bac n’est plus un critère en soi, mais qu’il doit s’accompagner d’une remise à niveau. Or, cette remise à niveau est une aubaine pour les écoles privées et pour quelques enseignants et enseignants sans vergogne : voilà un marché offert en cadeau. Voilà une belle manière de soutirer de l’argent aux étudiants et à leur famille, alors que les bourses elles-mêmes sont en passe d’être remplacées par des prêts bancaires.

    Mais surtout, la suppression de la hiérarchisation est une bombe atomique lancée sur l’orientation. L’élève ne pose plus ses demandes, il devient une variable, un objet, une marchandise, placée dans un réservoir au sein duquel les écoles viennent se servir au gré de leurs désirs. En fait d’orientation, c’est une mise à disposition qui se fait. Il est par ailleurs magnifique de constater que le gouvernement a prévu un amendement qui garanti l’opacité de son outil. Ce vote s’est fait de manière éloquente, l’amendement ayant été titré comme décrivant une possibilité d’accès au processus d’attribution des voeux, mais contenant en fait un texte qui le rend impossible à obtenir de manière claire. Une sorte d’aveu en demi-teinte.

    L’Université et la sélection.

    L’Université elle-même n’est pas épargnée par cette politique. Affamée par la baisse constante des budgets, elle se retrouve dans une situation où il lui est impossible de pouvoir accueillir les néo-bacheliers. Cette politique de sevrage de date pas d’hier, nous y revenons plus loin. Ses effets, en revanche, sont clairement visibles : les places se tarissent, les universités purgent entre deux semestres et elles aiguillent de forces leurs étudiants vers les places restantes, en leur faisant miroiter des débouchés qui n’existent nulle part.

    Avec l’étranglement qui s’accroît, les universités sont mises en demeure de trouver d’autres manières de pouvoir faire face. L’une des solutions est celle de la hausse des frais d’inscription, que certains voudraient voir passer à 4 000 ou 5 000 €, l’autre est celle de la réduction des places et des filières.

    Déjà une première rationalisation a été opérée, transformant la première année d’université en Terminale-bis, mais servant en fait de pédiluve avant l’entrée dans les études. En fonction des désirs du conseil d’administration, les aiguillages se font par une sélection informelle.

    L’an dernier, le ridicule tirage au sort a été mis en place pour pallier à ce problème de place. Ce tirage au sort n’a permis que de légitimer le fait de laisser sur le carreau des étudiants privés de places, tout en en prenant arbitrairement d’autres. Ce ridicule achevé a permis une chose : avaliser une sélection active, la rendre acceptable.

    L’année qui s’ouvre est celle d’une sélection accrue, elle est celle de l’hémorragie. Elle est une année de tous les dangers, d’autant que le syndicalisme étudiant de lutte a été étrillé durant la décennie précédente.

    -Lycées et Universités sont dans le même bateau.-

    D’où sortent ces attaques ?

    Il existe une triple stratégie derrière ces transformations de l’enseignement secondaire et de l’université. La première est une stratégie visant à se conformer aux accords de l’OMC, stipulant que l’éducation est un marché qui se doit d’être ouvert à l’investissement privé et dans lequel la concurrence du secteur public doit être la plus réduite possible. Cette stratégie est celle de la libéralisation la plus large de l’enseignement.

    Au sein des universités, elle s’est traduite par le processus de Bologne. Ce processus vise à développer des compétences élargies pour les universités, de doter les président et les présidentes ce celles-ci de pouvoirs accrus. Elle a pour ambition de réduire le financement étatique des universités et de les pousser à nouer des partenariats avec le privé pour trouver les fonds nécessaires à son fonctionnement. Ces partenaires privés ont des places attitrées dans les conseils d’administration, ce qui leur permet de peser – plus que quiconque !- sur les décisions, notamment sur la question de la masse salariale et la gestion du personnel dans le but de réduire les coûts de fonctionnement. Plus encore, elle offre la possibilité aux investisseurs de définir les maquettes des  filières, de pouvoir créer leurs propres Licences ou Masters qui correspondent étroitement à leurs intérêts. Car, derrière les déclarations de principe  sur l’excellence et la beauté de l’enseignement, le but d’un capitaliste reste le retour sur investissement. Cette politique s’est incarnée dans la Loi sur la Responsabilité des Universités, fortement combattue à l’époque, et désormais actée.

    La politique vers les lycées n’était pas différente. En 2005, François Fillon avait été le fer de lance de la mise en place d’une politique d’autonomie des lycées. Celle-ci a avorté suite à la mobilisation massive des enseignants et enseignantes, des élèves et de l’hostilité des administrations. Mais l’idée n’a pas été détruite, elle a simplement été repoussée à plus tard. Déjà, à cette époque, les projets de nouveau bac fleurissaient. Treize ans après, l’offensive reprend de plus belle, mais face à une opposition dévastée.  En fracturant davantage les situations des lycées, l’idée est d’accorder la gestion des recrutements et de la masse salariale aux chefs d’établissements, devenant « patrons » de leur lycée.  L’idée est également d’individualiser le statuts des enseignants, de compter d’une manière sans-cesse accrue sur des contractuels, en somme de s’attaquer sournoisement au statut des fonctionnaires.

    Car la deuxième stratégie est là : benchmarker les lycées et les universités. La Révision Générale des Politiques Publiques, orchestrée par Sarkozy, poursuivie par Hollande, suralimentée par Macron, a pour ambition d’évaluer et d’étalonner la performance des services publics. Cela pourrait passer pour une idée candide, mais les critères retenus sont terrifiants. L’idée est de prendre comme maître étalon la rentabilité du privé et de l’appliquer au public. Or, ce qui est concevable dans le cadre d’une entreprise capitaliste, dont le maître-mot est cette rentabilité, ne peut l’être dans le cadre d’un hôpital, d’un lycée, d’une université. Il est exigé d’atteindre un équilibre entre recettes et dépenses pour des administrations qui ne peuvent être, par définition, rentables. Cette rationalisation se traduit donc par la désertification, par le rassemblement dans des pôles concentrés, mais également pas une attaque sur le statuts des individus qui travaillent en son sein. Remplacer l’emploi public par de l’emploi précaire, voilà leur solution. La qualité passe à la trappe, de toute manière elle n’est pas éprouvée par ceux qui détermine ces lois, lesquels ont les écoles de leur classe sociale tout comme leurs hôpitaux privés. Qu’importe si les frais d’inscription sont haussés ou si les frais de soins explosent, les banques seront ravies de prêter de l’argent. Il s’agit également d’un des bénéfices secondaires, celui de forcer à l’emprunt privé, à la place de bourses sociales moribondes.

    Troisième objectif stratégique, la bataille de l’emploi. Véritable manœuvre de génie, cette opération ciblant les universités et les lycées sert de contrefort à l’offensive sur l’emploi. Fragmenter en petites filières estampillées par telle ou telle entreprise, en tel ou tel bac de telle ou telle valeur, les stratèges de ces réformes veulent également casser les convections collectives. L’individualisation des statuts et des situations rend leur catégorisation impossible, et donc la garantie des droits qui y sont associés tout aussi impossible. Une licence Nintendo ; un Master philosophie-Véolia, n’ont de valeur qu’aux yeux de l’entreprise sponsor. Si les désirs changent, leur valeur s’effondre. Les différentes « saveurs » de bac, croisés avec la confiance variable accordées aux établissements -à quand des agences de notation ?- débouchent sur un chaos infernal. Dans la bataille contre le Code du Travail que mène le gouvernement, c’est là un immense gain : toutes les prochaines générations seront privées de toute reconnaissance, la compétence l’emportant sur la qualification. Par rebond, ces sous-travailleurs tirent vers le bas la situation de ceux qui sont encore couverts, obligés de s’aligner sur ce nivellement par le bas.

    Voilà les objectifs stratégiques que veulent atteindre les gouvernements successifs. Faire la part belle au privé, à la rentabilité, à la soumission à l’employeur.

    L’ironie de la chose est que, à terme, cette politique désavantage même les capitalistes. La soumission de la recherche et de l’enseignement aux petits intérêts égoïstes et tactiques du patronat de peut déboucher, au final, que sur un enseignement amputé, amoindri, soumis et subjectif. Il ne peut déboucher que sur un effondrement des recherches non-rentables actuellement, mais porteuses à l’avenir. Il est une impasse scientifique et technologique, une illustration de la nature pourrissante du capitalisme et de l’impérialisme.

    Que faire ?

    Rejeter – Désobéir – Lutter !

    Ne nous berçons pas d’illusions, le système scolaire connaît des vices et des défaillances graves, la sélection sociale est déjà présente dans ses gènes. Mais chaque recul l’accroît, la renforce, draine davantage vers l’échec scolaire, vers la précarité sociale. Nous ne devons pas reculer !

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les parents d’élèves à déclarer leur hostilité à cette réforme qui n’aura comme effet qu’accroître la précarité et la misère parmi les larges masses populaires. Elle appelle à condamner cette réforme, à le rejeter au loin, comme un coup de poignard dans le dos de l’avenir de la jeunesse.

    Elle appelle les enseignants et le personnel administratif à empêcher le fonctionnement de cette gare de triage obscure et arbitraire. Les enseignants sont sommés d’être des agents de la sélection. Utiliser cette position pour la rendre impossible à mettre en œuvre est possible. Il suffit de répondre positivement à chaque vœux, et particulièrement à ceux qui concernent l’accès à l’université. Celui-ci est un droit, il n’a pas à être entravé.

    Au final, la lutte demeure cependant ce qui décidera de l’avenir.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle les lycéens et les lycéennes à s’informer, se mobiliser, à définir les modalités de la manière dont ils envisagent le combat pour leur avenir. Elle appelle à la jonction avec les étudiants et étudiantes qui luttent également.

    L’Unité Communiste de Lyon soutient les initiatives de mise en place d’Assemblées Générales, instances démocratiques de la lutte, lieu d’information, de mobilisation, de débat et de décision. Cette instance est l’instance suprême des luttes.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre les syndicats combatifs et à les renforcer, car l’outil syndical est une arme essentielle dans la lutte contre ces réformes.

    Déjà inégalitaire, l’accès à l’éducation est un droit qui doit se défendre. L’Unité Communiste de Lyon est pour une éducation gratuite, laïque, critique et populaire. Mais il ne faut pas se laisser abuser, tant que le capitalisme est le système économique dirigeant, l’éducation sera toujours sous la coupe de la loi du marché et de l’inégalité.

    Une grande bataille se prépare, elle est essentielle ! Soyons au rendez-vous. Soyons unis et combatifs !

    Soyons victorieux et victorieuses !

    L’Unité Communiste de Lyon est membre des Amis de l’ICOR [Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires], elle est également membre de la campagne de soutien au Bataillon International du Rojava, qui combat contre les réactionnaires, les fascistes et les impérialistes, au côté du peuple Kurde et de ses alliés.

    L’Unité Communiste de Lyon milite pour la construction d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable de pouvoir servir de fer de lance contre les exploiteurs, contre l’Etat bourgeois, qui opprime, contre l’oppression politique et sociale. Elle lutte également, au premier chef, contre l’impérialisme français, bourreau de l’Afrique.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que la révolution socialiste est la seule méthode qui peut remettre le pouvoir entre les mains des masses populaires, dans un Etat dirigé par elles, contre les exploiteurs et les impérialistes. Pour l’Unité, la démocratie populaire et le monopole  par le peuple des outils de production est la seule voie qui permette de répondre aux problèmes de la misère, du chômage, de la destruction de l’environnement, en liquidant la loi du profit pour la remplacer par le fait de répondre aux besoins matériels et culturels du peuple.

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  • Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    Parcoursup – Nouveau Bac – Deux arnaques !

    L’idée d’aller plus loin qu’Admission Post-Bac ne date probablement pas d’hier. Les dispositions qui sont au sein de Parcoursup étaient déjà inscrites dans le patrimoine génétique de cette machine à dispatcher les élèves. Ce centre de triage permet donc d’inverser les rôles : ce sont les écoles qui se servent en fonction des élèves qui les intéressent. Les autres auront, peut-être, une place dans une filière à l’université. En revanche, la nouvelle forme du Bac n’a pas échappé à nos analystes, lesquels ont replacé celle-ci dans son contexte de bataille contre le code du travail.  Vous pouvez retrouver cette analyse particulière ici.

    Un autre avantage de ce nouveau système sera de pouvoir rationaliser à outrance le fonctionnement des filières. Il sera possible de créer une division géographique des options, faisant que les lycées, au lieu de proposer un éventail de choix, seront des lycées « S »; « ES »; « L »; « STMG »…etc. L’idée derrière cela est de rationaliser la masse salariale, qui pourra être ventilée en fonction des besoin, grâce à l’autonomie des lycées. Cela veut dire des lycées à vitesse différentes, des lycées avec une équipe enseignante usée et épuisée par le fait qu’elles soit exploitée au maximum. En somme, cela veut dire que les lycées destinés aux classes populaires ne feront plus que de la gestion de flux, tandis que les lycées de l’élite capterons une part sans cesse plus importante des budgets. 

    L’Unité Communiste de Lyon a rédigé ce tract à destination des lycéens, des lycéennes, du corps enseignant et des parents d’élève pour les avertir du danger qui court !

    Le gouvernement prépare la fin du droit d’accès aux études supérieures.

    APB l’avait préparée, Parcoursup la poursuit. L’attaque contre le droit à l’accès démocratique aux études supérieures est plus que jamais menacé.

    Sous prétexte de vouloir rationaliser l’Enseignement Supérieur, l’Etat et les gouvernements successifs attaquent, fondamentalement, le droit aux études. Alors que les Universités sont censées garantir un accès aux études supérieures, déjà mis à mal par leur coût, par leur caractère élitiste, l’Etat cherche à briser ce droit.

    Tirant prétexte des difficultés d’organisation du baccalauréat et des faillites d’APB, le gouvernement manœuvre pour attaquer les universités et la valeur du baccalauréat.

    Post-Bac a représenté une première phase d’un travail de sape. Auparavant, les universités devaient garantir dans chaque filière une place pour les néo-bacheliers. En installant cet outil, les universités ont pu commencer à instiller des systèmes de gestion de flux, distribuant les élèves en fonction des désirs du conseil d’administration de la faculté.

    Les universités préparent en sous-main la sélection. D’ores et déjà certaines mettent en place des systèmes de purges pour exclure les étudiants qui connaissent des difficultés.

    Le fait que les enseignants doivent maintenant donner un avis sur l’orientation vers l’université est tout sauf anodin ! Cela signifie que l’accès à celles-ci ne sera plus un droit qu’elles doivent automatiquement respecter, mais qu’il sera soumis à condition.

    Ces conditions peuvent être une « remise à niveau d’un an ». Belle manière de pouvoir créer des écoles et des structures de remise à niveau, belle manière donc de soutirer encore de l’argent aux étudiants ou à leur famille – tandis que les bourses sont réduites à peau de chagrin . Les écoles ne s’en priveront pas, car elles représentent une année supplémentaire à payer.

    La suppression de la hiérarchisation fait que l’élève n’est plus maître de son choix. Parcourup ne permet plus de formuler des vœux, il créé un pool dans lesquels les écoles et l’enseignement supérieur privé viennent se servir sans vergogne. Il n’y a plus de prise sur les choix, il s’agit juste de se rendre disponible avant d’être aiguillé.

    Mais ce n’est pas tout !…

    La fin du Bac.

    Un baccalauréat unique, par un examen spécifique, représente une garantie -déjà maigre- d’égalité de valeur. En revanche, le bac que prépare le gouvernement, par l’intrusion du contrôle continu, sera estampillé en fonction de l’établissement d’origine. Les bacs n’auront donc plus la même valeur selon le prestige de l’établissement.

    Cela ouvre la voie à des établissements d’élite, chers, réservés aux nantis, aux riches, avec des bacs portant leur sceau, mais purgeant sans merci à la moindre faille. Pour avoir un bac prestigieux, il faudra passer par le tiroir-caisse.

    A l’inverse, les élèves des classes populaires, déjà stigmatisés sur le marché du travail, le seront d’autant plus en fonction de la réputation de leur établissement. Cela ouvre la voie à tout un univers de suspicion envers l’établissement. Un bac obtenu de justesse dans un lycée difficile sera synonyme de mauvais élève, mais un bac obtenu haut la main jettera le doute sur la probité des enseignants. D’ores et déjà, APB et ses appréciations posaient ces problèmes, le nouveau Bac et Parcoursup les multiplieront au centuple !

    Surtout, les Bacs seront distordus, déformés, faits pour ne pas être reconnus sur le marché du travail. Le Bac ne sera plus une garantie d’un statut, d’un salaire. Il ne sera plus qu’un coûteux chiffon.

    Macron et ses sbires veulent privatiser le plus largement possible le système éducatif.

    Le marché de l’éducation est gigantesque ! Et pour le moment il échappe en grande partie aux investisseurs, aux patrons et aux patronnes. C’est intolérable à leurs yeux !

    Qu’importe la qualité de l’enseignement, qu’importe la qualité des cours, ce qu’ils veulent c’est former une main d’œuvre exploitable, servile et jetable. Qu’importe s’il faut payer pour se faire exploiter après, cela est même un bénéfice secondaire ! Stages non-payés, formations couteuses, tout est bon pour gagner sur les deux tableaux.

    Ce n’est pas une fatalité ! Refusons ce piège !

    Enseignants et enseignantes ! Refusez de remplir les avis concernant les universités !

    Elèves ! Mobilisez-vous contre cette arnaque qui attaque vos droits !

    Parents d’élèves ! Exigez la fin de cette mesure ! Protégez l’accès au savoir pour tous !