Étiquette : Seconde guerre mondiale

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 2

    Stalingrad

    En été 1942, les fascistes tentent de reprendre l’avantage. Mais ils ont perdu une grande partie de leur allant, de leur entrain, de leur vigueur. La victoire se recherche dans le sud, dans le Caucase, dans la jonction avec la Volga, dans les champs de pétrole de Bakou. Les Allemands prennent finalement Sébastopol, après 8 mois de siège. Ils avancent et prennent Rostov-sur-le-Don en juillet. La ville, minée, explose littéralement sous leurs yeux.

    Rostov-sur-le-Don est une ville discrète, mais importante. Importante car sa perte entraine une vague de réforme en URSS. Une vague de réformes qui entame un relâchement de la bride des généraux, dont les tendances bonapartistes suscitaient une légitime méfiance. Des réformes concédées par l’urgence de la situation, donnant plus de liberté aux ingénieurs en chef, aux dirigeants d’usine, aux directeurs de camps de travail, aux officiers, aux généraux. Une concession terrible, dans un pays marqué par la lutte des classes aigüe, une concession faite au monde pour le protéger du fascisme. Surtout, le célèbre Ordre du Jour N° 227 est édicté. Plus un pas en arrière ! L’Armée Rouge raidit sa résistance, se prépare à l’affrontement le plus important, le plus stratégique.

    Des concessions qui seront payées par le pouvoir bolchevik, bien des années plus tard, par sa propre perte.

    Hitler fait une erreur monumentale, en croyant l’ennemi en déroute. Lorgnant sur deux lièvres stratégiques en même temps, il découpe ses forces entre la VIème armée de Paulus et la IV armée blindée de Hoth. Le premier fonce vers Stalingrad et la Volga, le second vers Bakou et son pétrole. Les deux échouent, mais ne le savent pas encore.

    Stalingrad suscite, bien qu’il s’en défende, l’obsession du Führer. La ville est placée sur la charnière entre le Caucase et le reste de l’Union, elle est un noud de communication important, un axe fluvial essentiel. Elle est la dernière grande barrière qui sépare l’hitlérisme des immenses plaines, à l’est, mais également de la jonction avec l’Iran, l’Irak, avec Rommel au loin. Prendre la ville revient à priver l’URSS de son potentiel énergétique. Prendre la ville revient à la couper en deux. Prendre la ville revient à gagner une position de force inestimable, à se doter d’une base de départ pour prendre également Moscou à revers.

    Mais Stalingrad est plus que ça, elle est aussi un symbole. La ville, auparavant Tsarytsine, est une ville qui est entrée dans l’Histoire lorsque, en janvier 1920, Simon Boudienny ; Kliment Voroshilov et le jeune Joseph Staline reprennent la ville aux blancs. Cette victoire mit un coup d’arrêt aux opérations des tsaristes dans le secteur, permit de gagner Astrakan et l’embouchure, permit de consolider la jeune république soviétique. La ville hypnotise les nazis, qui y voient en coup fatal porté au prestige du gouvernement soviétique et de sa direction.

    Hitler insiste pour faire de la prise de Stalingrad un bain de sang, un massacre, un holocauste. Hitler mobilise la Luftwaffe pour frapper fort. 600 bombardier frappent la ville le 23 août 1942. Ce raid a le douteux privilège d’être le premier à déclencher une tornade de flamme. Cette tempête ravage la ville, tuant environ 40 000 citoyens soviétiques. Cependant, les monceaux de ruines n’avantageront pas les envahisseurs. Chaque mètre carré de la cité est un piège, chaque immeuble une forteresse. Le silo à grain de Stalingrad, ainsi, eut à subir un siège en règle avant de tomber. Une colline, le Kourgane de Mamaï, devient un enjeu aussi important qu’un sommet himalayen.

    L’Usine Barrikady tout comme l’usine Octobre Rouge continuèrent à produire leurs chars T-34, les meilleurs chars du monde, jusqu’à ce que les nazis l’assiègent. Là encore, les ouvriers rejoignirent les milices au combat, compensant leur inexpérience par leur courage.

    Les navires de la Volga réussirent à ravitailler les armées acculées au fleuve, en faisant preuve d’une obstination sans faille, tandis que les faucons rouges disputaient au Stukas et aux Focke-Wulf la supériorité aérienne au dessus de la ville. Le meilleur de l’armée Allemande se heurte aux moujiks et aux ouvriers et ouvrières soviétiques.

    La guerre est cruelle, elle est impitoyable. Les soldats allemands découvrent la terreur du combat urbain. Chaque fenêtre peut héberger un camarade de Vassili Zaitsev, le plus célèbre tireur d’élite de la RKKA. Chaque pan de mur peut cacher le soldat armée d’un pistolet-mitrailleur qui emmènera l’envahisseur au Walhalla. Chaque pas emmène sur une mine. L’armée Allemande s’use, se fragilise. 

    Les soviétiques, à ce moment là, étaient en infériorité numérique. Souvent, les anticommunistes, appuyés sur les documents issus de la propagande fasciste, les représentent comme une force immense, grouillante, amorphe et atone. Souvent, l’imagerie représente l’armée rouge comme attaquant vagues après vagues pour submerger l’ennemi sous le nombre. Cette métaphore insectoïde ne sert qu’a avilir les combattants soviétiques. Stalingrad se déroule du fort au faible, et ce n’est que par son extraordinaire force, sa mobilisation exemplaire, que le peuple soviétique pu remonter la pente, quantitativement et qualitativement. Le prêts-bails commençait à peine, bien qu’il joua un rôle dans la capacité de résistance soviétique que seuls les dogmatiques peuvent exclure.

    Tandis que la 62ème armée et la 64ème se battaient pour chaque pouce de terrain, la Stavka prépara une opération pour bousculer le cours de la guerre. C’est là une réunion qui est restée célèbre dans les mémoires de Joukov, dans lesquelles il démontre ainsi la manière dont le gouvernement soviétique dirige la guerre. La décision est collégiale, le débat est sincère, les désaccords ne débouchent pas sur des sanctions. Le haut-commandement soviétique se professionnalise, tandis que celui des nazis s’enfonce dans l’irréel.

    Joukov lui-même en parle ainsi, pour répondre aux accusations de Khrouchtchev :

     « Il faut dire, comme je m’en suis convaincu au cours des longues années de la guerre, que J. Staline n’était pas du tout un homme devant qui les problèmes difficiles ne pouvaient être évoqués ; avec qui on ne pouvait discuter et même défendre énergiquement son point de vue. Si certains affirment le contraire, je dirai simplement que leurs assertions sont fausses. »

     Aux séances du Comité d’Etat à la Défense qui se tenaient à n’importe quel moment de la journée, en règle générale au Kremlin ou bien dans la villa de Staline, les problèmes les plus importants étaient étudiés et résolus. Très souvent, aux séances du Comité d’Etat à la Défense, éclataient de vives discussions, au cours desquelles les opinions s’exprimaient de manière précise et tranchée. D’habitude, J. Staline allait et venait autour de la table, écoutant attentivement ceux qui discutaient. Lui-même était peu loquace, et n’aimait pas la prolixité des autres. Souvent, il arrêtait ceux qui parlaient par un « soyez plus brefs » ou « soyez plus clairs ».

     Il ouvrait les séances sans mot d’introduction. Il parlait bas, avec aisance uniquement de la question. Il était laconique et formulait clairement ses pensées. J. Staline était un homme volontaire qui, comme on dit, n’avait pas froid aux yeux.

    Une seule fois, je l’ai vu assez abattu. Ce fut à l’aube du 22 juin 1941, sa conviction en la possibilité d’éviter la guerre venait d’être détruite.

    Après le 22 juin 1941, et pendant la durée de la guerre, J. Staline de concert avec le Comité Central du Parti et le Gouvernement soviétique, assura la ferme direction du Pays, de la guerre et de nos relations internationales » (Mémoires, 1970)

    Obligés d’accentuer de jours en jours leurs efforts pour tenter de prendre la ville, les nazis s’enferrent dans un piège. Persuadés d’être les maîtres, ils négligent leurs flancs et leurs protections. Ils se persuadent que l’arrivée de l’hiver sera leur victoire, car les Soviétiques devront se battre sur deux fronts : eux et la Volga impraticable, charriant des blocs de glace.

    Ils croient la victoire a portée de main. Chaque jour, les journaux nazis trépignent de ne pouvoir sortir la manchette « Stalingrad gefallen ! » Stalingrad est tombé. Hitler se justifie, disant qu’il ne veut pas d’un nouveau Verdun, qu’il faut réduire petit à petit la poche. Italiens et Roumains, alliés méprisés, gardent leurs arrières, dans le froid, la misère, les privations.

    L’offensive soviétique est méticuleusement préparée par Joukov. Il visite lui-même les secteurs du front. L’idée est la suivante : encercler la VIème armée Allemande dans Stalingrad, l’écraser et foncer vers l’ouest, rejeter les hordes d’envahisseurs le plus loin possible.

  • Nouvelle brochure numérisée : Pensées à propos des Racines de Classe de la Contre-Révolution dans le Territoire de l’Union soviétique – Alexei Danko

    Nouvelle brochure numérisée : Pensées à propos des Racines de Classe de la Contre-Révolution dans le Territoire de l’Union soviétique – Alexei Danko

    Pensées à propos des Racines de Classe de la Contre-Révolution dans le Territoire de l’Union soviétique

    Alexei Danko

    Cet article d’Alexei Danko, traduit par le Dr. Adélard Paquin, apporte un intéressant éclairage sur la lutte des classes en URSS et sur le combat de la bourgeoisie pour obtenir la restauration du capitalisme. Ces pensées corroborent les thèses que nous développions sommairement au sein de notre brochure sur le 9 mai 1945 quant au lien entre la guerre et l’affaiblissement du PC(b)US.
    Ainsi, Alexei Danko déclare :

    « La guerre et les conséquences militaires sévères ont infligé des pertes énormes à l’Union soviétique non seulement d’un point de vue de classe, d’un point de vue matériel et en termes de population, mais ont aussi renforcé un certain nombre de tendances dangereuses pour la dictature du prolétariat. »

    Mais, loin de s’arrêter à cet aspect, Alexei Danko effectue un état des lieux sans concession sur les rapports de classes au sein de l’URSS et sur les insuffisances de la direction politique précédente.

    La lecture de cette brochure ne peut qu’être encouragée pour tout militant ou toute militante. Elle est une fenêtre supplémentaire sur les questions relatives au délitement idéologique et politique de l’Union Soviétique.

  • 6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

    6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

    6 juin 1944 – une bataille pour l’Histoire.

    La Seconde Guerre mondiale s’est terminée 72 ans auparavant. Elle est un événement dont bien peu de témoins directs subsistent. Pourtant, elle conserve une place importante, elle demeure un jalon sinistre dans l’histoire de l’humanité.

    Les événements qui lui sont liés sont toujours célébrés avec vigueur. Ils sont également commentés avec intensité, surtout lorsque les dates approchent de chiffres ronds. Ainsi, le 70 ème anniversaire de la fin de la guerre fut l’occasion pour la Russie de procéder à une démonstration de force, déployant un matériel militaire renouvelé et à la pointe du progrès.

    Les célébrations du 6 juin ne font pas exception à la règle. Celles-ci ont même revêtu un caractère diplomatique particulier au fil des années.

    Les exemples ne manquent pas. Ces célébrations furent marquées par le boycott de la part du général de Gaulle, percevant cette célébration comme une manifestation de l’invasion américaine, par l’intégration de l’Allemagne, comme un geste de réconciliation, mais également -et même principalement- par un rapport très particulier envers l’URSS et la Russie.

    Ainsi, régulièrement, le 6 juin est l’occasion de mettre de côté la Russie, d’ignorer le rôle de sa population ou, au contraire, de flatter son nationalisme en omettant les autres républiques soviétiques. Elle sert également à la réprimander, lorsque l’occident estime qu’elle dépasse les bornes.

    Dernièrement, l’Ukraine fut également invitée, nullement pour rendre hommages à ses combattants, mais dans un but narquois d’instrumentalisation de ces célébrations.

    Comment pourrait-il en être autrement ?

    Le front européen de la Seconde Guerre mondiale s’est majoritairement joué sur le front de l’est. Les steppes de Russie, d’Ukraine, les marécages de Biélorussie, la toundra de la Carélie ont été les lieux où la machine de guerre nazie s’est embourbée, s’est épuisée, s’est brisée.

    Cela, le monde ne peut l’ignorer, y compris chez les capitalistes. Il est gênant que les batailles décisives aient eu lieu à Leningrad, Moscou, Stalingrad, Koursk… Gênant aussi, le fait que le drapeau rouge soit celui qui flotta sur Berlin en ruine.

    Les troupes qui libérèrent l’Europe portaient le marteau et la faucille, les chars étaient marqués de caractère cyrilliques, les hommes qui les maniaient venaient de toutes les républiques de l’URSS.

    Dans ce contexte, le 6 juin apparaît comme la victoire alliée, celle qui permet de maintenir la parité. Le débarquement est ainsi mis en avant comme l’étape clé vers la chute de l’Allemagne nazie. Au sein de l’Etat français, elle est d’autant plus célébrée qu’elle se déroule sur un sol national humilié par 1940 et la collaboration. Elle est la jonction entre les alliés, les Forces Françaises Libres et la résistance.

    Elle permet de mettre de côté l’URSS, maintenant la Russie, de choisir de l’ignorer ou au contraire de l’inviter comme si elle devait être redevable.

    Il ne s’agit pas de nier l’effort de guerre allié. Les communistes et les honnêtes gens ne doivent pas écarter les sacrifices et le courages des soldats alliés qui sautèrent, dans la nuit, sur Sainte Mère-Eglise, dans les marais inondés du Merderet.

    Pas plus, ils n’oublient pas les troupes qui débarquèrent à Utah, Omaha, Juno, Sword et Gold, ces plages rentrées dans l’histoire. Ils n’oublient pas la terrible guerre des haies, l’épreuve de nerfs, les combats sanglants pour un chemin creux, pour une butte, pour un ruisseau. Entre le 6 juin 1944 et le 31 juillet -prise d’Avranches- une lutte infernale s’est ainsi déroulée dans le bocage normand, dans un terrain où l’avantage était principalement à la défense.

    Les communistes du monde entier n’oublient pas non plus ceux qui sont tombés à Dieppe, à Messine, à Salerne, à Anzio, devant le mont Cassino.

    Ils n’oublient pas non plus les pilotes, les équipages, qui, nuit après nuit, jour après jour, s’enfermaient dans les cockpits de leurs forteresses volantes, de leurs spitfires pour affronter, dans la solitude du ciel, l’aviation ennemie.

    Ils n’oublient pas les marins, affrontant le péril des sous-marins, pour livrer les vivres et l’équipement permettant de gagner la guerre.

    Aucune personne ne bonne foi ne peut oublier les travailleurs et les travailleuses des usines et des champs, qui, avec ardeur, fournirent de quoi nourrir les soldats et les civils.

    Les communistes n’oublient pas le front antifasciste, n’oublient aucune des personnes civiles ou militaire, qui apportèrent leur pierre dans la lutte contre le fascisme, le nazisme, le militarisme.

    Nous ne l’oublions pas, nous n’enterrons pas cela sous un tapis, car nous ne faisons pas de la déformation de l’histoire. L’histoire n’est pas un champ de bataille mémoriel. Elle est une bataille pour la vérité.

    L’occident veut oublier l’URSS sous la direction de Staline. Certains « communistes » veulent oublier l’occident. Les deux fautent.

    Que l’allié d’hier soit devenu un ennemi, dès le canon tu, est une chose. Mais cela n’empêche pas qu’il fut un allié. Que Churchill, Macarthur, Patton, de Gaulle ou d’autres aient eu une part de cynisme, c’est un fait indéniable et impossible à oublier. Le fait que les considérations géopolitiques, politiques, économiques aient dicté, pour la bourgeoisie et les impérialistes, cette guerre, également. Mais ceux et celles qui se sont battus contre le nazisme, contre le fascisme, méritent un respect unanime.

    Aujourd’hui, en ce 6 juin, nous n’oublions pas ceux qui sont tombés, ceux qui se sont battus.

    Nous n’oublions pas le sacrifice des soldats alliés et des soldats et soldates soviétiques !

    Vive la lutte antifasciste internationale !

  • 9 mai 1945, n’oublions jamais l’URSS !

    9 mai 1945, n’oublions jamais l’URSS !

    Nous commémorons, ces jours-ci, la victoire de la coalition antifasciste contre la bête fasciste – nazie. 

    Commémorer cette victoire exige de revenir sur l’importance de l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans, laquelle fut un des artisans essentiels de la victoire. Il est important, également, de rendre hommage à l’Union Soviétique, ses habitants, son gouvernement, sa direction politique, laquelle à mené un long combat contre les envahisseurs et ont payé le prix fort les rêves de l’impérialisme, de la croisade raciste et bolchevique.
    Nous publions cette brochure,, rédigée par nos soins, pour apporter notre pierre à l’entretient de cette mémoire, à l’entretient de cet héritage politique.

    Le document étant relativement long : 18 pages ; nous en reproduisons ici l’introduction et la conclusion.

    Le 9 mai 1945, le canon se taisait en Europe.

    Une journée après l’armistice de Reims avec les forces occidentales, l’armée Allemande et le gouvernement du nouveau Führer Karl Donitz capitulaient sans condition devant les forces soviétiques.

    Près de 4 ans après l’invasion de l’URSS par les forces allemandes, l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans prenaient Berlin et terrassaient la bête nazie.

    27 millions de citoyens et de citoyennes soviétiques, sans distinction d’âge, de qualité, de religion ou d’ethnies, avaient perdu la vie. Par les balles, les bombes, les massacres, les camps de prisonniers dont on ne revient pas. Certaines Républiques Socialistes, comme la R.S.S. de Biélorussie, ont perdu ainsi près de 25% de leur population.

    Environ 6 millions de juifs avaient été victimes de la Shoah, que celle-ci fut par balle ou dans les camps de la mort.

    Entre les mains des bouchers nazis, environ 1.8 millions de Polonais sont morts ; entre 130 000 et 500 000 Roms furent assassinés ; environ 200 000 handicapés ; entre 10 000 et 15 000 homosexuels.

    L’occupation Allemande, à l’Est ou à l’Ouest, s’est traduite par la terreur, la famine, les privations, les dénonciations et la répression. Des fleuves de sang ont été versés pour assouvir le fantasme de domination impériale des capitalistes d’Allemagne et de leurs alliés.

    Dans Berlin en ruine, c’est à ce règne de terreur que les soldats et les soldates de l’Armée Rouge sont venus mettre fin. Ils et elles ont mis à bas cette construction criminelle, ce moloch assoiffé du sang des peuples.

    Nous leur rendons hommage aujourd’hui, ainsi qu’à tous les combattants et les combattantes -qu’ils et elles fussent avec uniforme ou sans- qui se sont battus, par quelques moyens que ce soit, au sein du front antifasciste.

    Par là même, nous rendons hommage à la résistance oubliée des Coréens, des Chinois, des Indochinois, des Indonésiens, contre l’oppression coloniale japonaise et contre la double oppression franco-japonaise sur l’Indochine.

    Défendre l’Histoire, défendre le 9 mai.

    L’occident l’oublie, la Russie de Poutine le porte aux nues, en le vidant de son contenu anti-impérialiste. Le 9 mai est une lutte, une bataille.

    D’une part pour que l’oubli n’emporte pas les héros de Stalingrad, de Leningrad, de Rostov-sur-le-Don ; pour que l’histoire n’efface pas le souvenir de la résistance soviétique, de la résistance communiste. Pour que le mythe de la Wehrmacht propre et sans reproche n’efface pas la responsabilité de l’appareil militaire. Pour que les causes de cette guerre ne soient pas oubliées.

    Pour qu’elle ne recommence pas de nouveau, pour que le XXIe siècle ne soit pas celui d’une Troisième, d’une Quatrième Guerre mondiale, d’un nouveau charnier pour les peuples.

    De l’autre pour qu’elle ne soit pas dépolitisée, vidée de son contenue, transformée en un immonde chauvin, impérialiste, revanchard et nationaliste. Pour que la mémoire du drapeau rouge ne serve pas de marchepied à un nouvel irrédentisme grand-russe, à un nouveau chauvinisme pan-quelque chose, pan-slave comme pan-germanique.

    Pour que l’honneur de ceux qui sont tombés pour la Liberté, de ceux et celles qui ont donné leur vie, à qui celle-ci a été volée, ne soient pas tombés en vain. Qu’ils et elles ne soient pas assassinés une nouvelle fois par la révision, la falsification de l’histoire.

    Pour citer le verbatim du film d’Alain Resnais (1957) Nuit et brouillard :

    « Neuf millions de morts hantent ce paysage.

    Qui de nous veille de cet étrange observatoire, pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? Quelque part parmi nous il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus…

    Il y a tous ceux qui n’y croyaient pas, ou seulement de temps en temps.

    Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s’éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »

    Tant que l’impérialisme, tant que le capitalisme, de néo-colonialisme ne seront pas finis, ne seront pas devenus des époques du passé, le monstre concentrationnaire restera.

    « Certains camarades affirment qu’étant donné les nouvelles conditions internationales, après la deuxième guerre mondiale, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ils estiment […] que les Etats-Unis d’Amérique se sont suffisamment soumis les autres pays capitalistes pour les empêcher de se faire la guerre et de s’affaiblir mutuellement ; que les hommes avancés du capitalisme sont assez instruits par l’expérience des deux guerres mondiales, qui ont porté un sérieux préjudice à l’ensemble du monde capitaliste, pour se permettre d’entraîner à nouveau les pays capitalistes dans une guerre entre eux ; que, de ce fait, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ces camarades se trompent. Ils voient les phénomènes extérieurs affleurant à la surface, mais ils n’aperçoivent pas les forces profondes qui, bien qu’agissant momentanément de façon invisible, n’en détermineront pas moins le cours des événements. En apparence, la « sérénité » règne partout : les Etats-Unis d’Amérique ont réduit à la portion congrue l’Europe occidentale, le Japon et les autres pays capitalistes ; l’Allemagne (de l’Ouest), la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, tombés dans les griffes des U.S.A., exécutent docilement leurs injonctions. Mais on aurait tort de croire que cette « sérénité » puisse se maintenir « pour l’éternité » ; que ces pays supporteront sans fin la domination et le joug des Etats-Unis d’Amérique ; qu’ils n’essaieront pas de s’arracher du joug américain pour s’engager sur le chemin de l’indépendance. […] Pour supprimer l’inévitabilité des guerres, il faut détruire l’impérialisme. » (Staline, 1952)

    N’oublions pas.

    Aujourd’hui, la menace couve, la menace gronde.

    Pour qu’elle n’éclate pas, le camp de la paix doit être fort, décidé, uni.

    Ne laissons jamais la boucherie recommencer.