Étiquette : Santé

  • Les vaccins appartiennent à l’humanité – pas aux groupes pharmaceutiques !

    Les vaccins appartiennent à l’humanité – pas aux groupes pharmaceutiques !

    Résolution de l’ICOR

    C’est une grande réussite que, grâce aux recherches de beaucoup de personnes, plusieurs vaccins soient déjà proches de l’approbation ou soient actuellement administrés un an  seulement après les premières infections à Covid-19. C’est un succès, même si un contrôle strict et une évaluation scientifique de leur efficacité et de leur tolérabilité doivent se  poursuivre. Le succès, l’étendue des vaccins, la qualité et la sécurité pourraient être bien  plus importants si cette recherche sur les vaccins ne se trouvait pas aussi sous le signe de  la rivalité des groupes pharmaceutiques dans l’intérêt de la concurrence impérialiste. La  Russie, par exemple, utilise son vaccin Spoutnik V sur le marché latino-américain pour  prendre l’avantage sur ses rivaux capitalistes des États-Unis, de l’Allemagne, de la France  et du Japon. La société chinoise Sinovac a signé des contrats de tests et de fabrication de  son vaccin avec de nombreux pays. La production de vaccins à ARNm a également permis  d’obtenir un nouveau type de vaccin. En raison notamment de sa structure simple, plusieurs millions de doses de vaccin peuvent être produites en quelques semaines. Le vaccin et le traitement médical nécessaire doivent être accessibles à tous les pays et à  toutes les personnes, en particulier aux pauvres. Mais plus l’approbation des vaccins par  les grandes sociétés pharmaceutiques Pfizer/Biontech, Moderna et AstraZeneca se  rapproche, plus il devient clair que les impérialistes ont l’intention de s’en assurer la  majeure partie. Par exemple, selon Oxfam, seuls quelques pays, qui ne représentent que  13 % de la population mondiale, se sont déjà assuré plus de la moitié de toutes les doses  de vaccin. Pour le Pérou, l’un des pays où le taux de mortalité par habitant est le plus élevé  dans la pandémie, les livraisons de vaccins ne sont annoncées que pour le mois d’août de  l’année prochaine. 

    La Covax-Facility (Covid-19 Vaccines Global Access), créée en 2020 par l’Organisation  mondiale de la santé, est censée assurer une distribution équitable du vaccin. Mais il y a  peu d’engagements financiers pour les objectifs qu’elle s’est elle-même fixés. Et la  distribution envisagée par Covax est tout sauf équitable : les pays qui peuvent payer leurs  propres doses de vaccin doivent avoir la priorité sur ceux qui dépendent de l’argent de  l’aide. Nous rejetons cette politique impérialiste inhumaine en matière de santé dans les  termes les plus forts possibles ! 

    Même dans les pays impérialistes, nous critiquons la politique de vaccination. Elle s’appuie  unilatéralement sur de grands centres de vaccination au lieu de se concentrer sur les soins  des médecins de famille à proximité du domicile. Et là aussi, la pandémie de Covid-19 est  une maladie de la pauvreté.  

    Nous exigeons : L’ordre de vaccination doit être basé sur des critères strictement  médicaux et infectieux – partout dans le monde, quelles que soient les possibilités  financières des pays et des individus ! En particulier, il faut tenir compte aussi de la  

    logistique nécessaire : Les pays qui ont des possibilités limitées pour la réfrigération  nécessaire des vaccins doivent notamment recevoir les vaccins d’AstraZeneca et de  Moderna et similaires, dont la réfrigération est moins compliquée. À l’heure actuelle, la  vaccination devrait être volontaire ; il ne faut pas introduire la vaccination obligatoire par la  porte de derrière au moyen de certains droits spéciaux pour les personnes qui ont été  vaccinées. 

    Les vaccinations sont des acquis de l’évolution de l’humanité à laquelle tous les  gens ont droit ! Au lieu de cela, dans le capitalisme/impérialisme, les vaccins qui  peuvent décider de la vie et de la mort servent à réaliser des profits ! Mettre fin au droit de brevet sur les vaccins ! 

    En avant vers le socialisme – pour une société dans laquelle les acquis de  l’humanité profitent également à tous ! 

    Signataires (en date du 17/12 2020, d’autres signataires sont possibles):

    1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire 

    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie 

    3. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine) 

    4. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes)) 

    5. PCT Parti Comuniste du Togo 

    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie 

    7. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan) 

    8. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    9. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge) 

    10.NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal)) 

    11.PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal) 

    12.NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka 

    13.CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)) 

    14.БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    15.БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes)) 

    16.PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine)

    17.MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne) 

    18.UC Unité Communiste, France 

    19.UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 

    20.KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg) 

    21.RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas 

    22.UMLP União Marxista-Leninista Portuguesa () 

    23.MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse) 

    24.MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan) 

    25.KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine 

    26.PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste) 

    27.NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    28.PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant)) 

    29.BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou

    30.PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine 

    31.PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay) 

  • Communiqué de l’UCL sur le 11 mai.

    Communiqué de l’UCL sur le 11 mai.

    Comme l’ensemble de la population, nous avons pris note de la déclaration d’Emmanuel Macron relative au déconfinement.

    Nous considérons que nous sommes hostiles, dans l’état actuel des choses, à ce que l’activité des écoles et d’un grand nombre de lieux de travail reprennent le 11 mai.

    Nous considérons que, à l’heure actuelle, il n’existe aucune des conditions qui puisse permettre à cette reprise d’avoir lieu dans des conditions de sécurité suffisantes.

    A l’heure actuelle, les études sur l’immunité acquise contre le virus donnent des résultats plutôt déprimant.

    • A Wuhan, seul 2 à 3 % du personnel médical, pourtant très exposé, a développé des anticorps.
    • Il y a eu des cas de recontamination (il y a eu plusieurs cas recensés en Corée du Sud), ce qui laisse supposer une caractère cyclique de l’épidémie, notamment du fait des mutations du virus.
    • Certaines études laissent supposer que les réactions immunitaires, plus fortes après la première exposition, pourraient en réalité aggraver l’état de santé des patients. L’une des causes des décès étant une surréaction immunitaire.

    Donc il n’y a pas, de très loin, d’immunité de masse, ni en Chine, ni en France.

    • Les test sont particulièrement faibles, la France est un des pays qui a le moins dépisté : 5000 dépistages par million. C’est 5 fois moins que la Suisse, 4 fois moins que l’Allemagne.
    • Il n’y a toujours pas de matériels qui permettent une protection suffisante de la population, et donc de pouvoir faire passer le taux de contamination en dessous de 1.
    • Le système hospitalier, sans être complètement saturé, reste sous une tension forte, avec un personnel, un matériel, qui s’épuise. Il a besoin de pouvoir souffler.

    Aussi terrifiant que cela puisse paraître, il faut envisager que la sortie réelle, définitive, peut potentiellement arriver uniquement après la mise en œuvre d’un vaccin définitif.

    Nous jugeons que la réouverture des lieux d’éducations, sous un prétexte cynique (le risque de décrochage et d’accroissement des inégalités), n’a vocation qu’à décharger les parents pour qu’ils retourner travailler. Elle fait courir des risques immenses tant à la communauté éducative qu’aux élèves, et, par voie de conséquence, à leur parents et leurs proches…

    Ce sont uniquement des impératifs économiques qui dictent cette reprise prématurée. Dans son rapport du 7 avril, l’OIT estime que 2,7 milliards de travailleurs et de travailleuses sont touchés par le confinement, soit 81 % de la main d’œuvre mondiale. La productivité mondiale a diminué de 6,7 %, ce qui correspond à 195 millions d’emplois à plein temps.

    1,25 milliards de personnes (soit 38 % de la main d’œuvre mondiale) est menacée soit dans son salaire, soit dans son temps de travail. Le commerce de détail, l’hôtellerie, la restauration, l’activité manufacturière sont les plus touchés par la crise économico-sanitaire.

    Les femmes, en particulier dans l’aide à la personne et les tâches domestiques, et les populations des pays dominés (dans lesquels le secteur informel représente une part immense de l’économie) sont les plus touchés.

    L’effondrement du secteur informel ailleurs aura d’ailleurs des répercutions sur l’économie ici-même, accentuant par là même la crise économique mondiale.

    C’est donc devant cette situation que la bourgeoisie envisage de passer les morts en perte et profit.

    • D’une part, il y a l’avidité et l’appât du gain, la contraction de près de 10 % du PIB effraie les exploiteurs.
    • Il y a la peur panique qu’une fraction de la bourgeoisie puisse tirer profit de la situation mieux qu’elle, et capter les intérêts des investisseurs.
    • Surtout, une inquiétude immense les étreint : le premier pays qui lâchera le confinement sera probablement bien placé pour occuper les vides dans le commerce international, et donc prendre l’ascendant sur les autres.

    Cette panique doit les empêcher de dormir, sachant que la Chine est économiquement sur le pied de guerre, alors que l’Europe et les USA sont au point mort. Une grande partie de la bourgeoisie se converti alors progressivement à une ligne que nous pourrions qualifier de Raoult-Trumpienne. Cette ligne est répercutée massivement dans les journaux bourgeois, tels que le Figaro.

    • Elle appelle à un déconfinement le plus rapide possible.
    • Elle considère qu’il faut « prendre des risques », risques que la bourgeoisie est prête à faire assumer aux classes populaires.
    • Elle offre, en échange, un élixir de longue vie, une promesse de soin, le fameux traitement à la chloroquine. Ce traitement, qui a suscité des espoirs immenses, est devenu un enjeu plus politique que médical. L’étude d’impact de ce produit a d’ailleurs été maquillée grossièrement pour permettre d’être élogieuse. Voir ici

    Elle s’accompagne donc d’une intense propagande de défiance envers le confinement et envers une politique d’État jugée trop timorée. Même le poulain des exploiteurs, Macron, a du mal à prendre une posture aussi radicale, qui le mettrait dans une position très inconfortable. Sa rencontre avec Raoult ne peut être cependant comprise que comme un premier pas vers un déconfinement.

    Nous redoutons que celui-ci prenne la forme d’un déconfinement « à la hongroise », c’est à dire d’une possibilité de sortie qui se limite au travail et qui remette à d’autres lendemain la possibilité d’exercer les droits démocratiques, notamment celui de manifester.

    L’Unité Communiste de Lyon s’inquiète également du caractère hégémonique des théories conspirationnistes.

    L’inquiétude face à la situation, le sentiment d’impuissance nourrissent ces théories. A cela s’ajoute une peur panique devant le sentiment d’être le jouet de la nature et des éléments, cette peur panique pousse à chercher des boucs-émissaires et des explications « rassurantes », « rassurantes » car faisant intervenir des acteurs humains, identifiables.

    Elles place des biais d’intentionnalité dans chacune des actions qui ont pu donner naissance au virus et le disséminer. Ainsi, il y a eu des controverses sur l’origine du virus, sur son « utilité » ou sur l’attitude des autorités par rapport à la crise. Or, nous remarquons des similitudes frappantes et classiques :

    • Un biais d’intentionnalité : il existe un « but » à ce qui se passe.
    • Des acteurs nébuleux et monolithiques.
    • Une aggravation volontaire de la situation par les autorités.

    Elles ont été souvent diffusées et soutenues par des acteurs en mal de reconnaissance, à l’exemple du très controversé Dr Luc Montagnier, qui préconisait la papaye pour guérir le VIH ; ou encore par les groupes fascisants, pour semer les germes de la terreur et de la discorde.

    En revanche, ce qui devient inquiétant, c’est sa diffusion larvée par des médias « mainstream », comme le Nouvel Obs ou le Point, qui mettent en avant des titres racoleurs et répugnants.1 Elle est reprise également au niveau des directions politiques, telle Trump ou même Macron2. A noter que le Figaro, qui défend une ligne libérale, s’est empressé de démonter l’argumentaire. L’idée d’un virus de longue durée, du type VIH, ne fait effectivement pas les affaires de la politique anti-confinement.

    • Nous dénonçons cette campagne de désinformation propre à stimuler l’inquiétude et à anesthésier toute analyse rationnelle de la situation.
    • Nous soutenons que les processus d’apparition des virus et des zoonoses sont suffisamment maîtrisés pour qu’une origine naturelle et une diffusion par les canaux de la mondialisation soit la théorie centrale.
    • Nous constatons que les États ont agi de manière différentes, et que des contradictions très importantes sont apparues dans les gouvernements, montrant qu’il n’y a pas de plan unique et que les États ont souvent réagi dans la panique et la précipitation.
    • Que, selon l’adage de « à quelque chose malheur est bon », certaines cliques de la bourgeoisie utilisent cette catastrophe sanitaire. Les investisseurs, d’ailleurs, sans vergogne, se sont reconvertis vers les secteurs sanitaires. Cela ne signifie pas qu’elles l’aient provoquée.
    • Nous considérons que la politique de lutte contre les Fake News, menée par Facebook, est faite sous une forme contre-productive. En permettant de créer un sentiment de persécution, elle donne un caractère de prophétie autoréalisatrice aux théoriciens du complot.
    • Nous dénonçons également la préparation mentale à une ère de dureté.

    D’autant qu’il y aura des tensions extrêmement fortes à l’issue de ce confinement. Des tensions économiques, sociales, et donc, par voie de conséquence, politiques. Si le spectre du chômage est une peur constante, quotidienne, il s’ajoute à cela d’autres phénomènes. Notamment, l’effondrement d’une partie de la petite bourgeoisie commerçante, petite-manufacturière, sous-traitante (notamment dans l’automobile) pose des questions inquiétantes. L’attitude de 3 000 000 d’artisans et d’artisanes, ruinés, peut créer une situation d’instabilité politique majeure, voire de crise de régime.

    L’Unité Communiste de Lyon, ainsi que l’UPML en France, mais aussi les coordinations mondiales de l’ICOR et de l’ILPS appellent à préparer une solidarité active et à construire un mouvement pour défendre les intérêts des travailleuses et des travailleurs.

    Nous appelons :

    • A ne faire aucun sacrifice pour les intérêts de la bourgeoisie et de militer pour un report du déconfinement dans les secteurs à risque.
    • A la construction de front uni locaux, avec l’ensemble des forces progressistes, anticapitalistes et populaires.
    • A la coordination des organisations politiques pour préparer un premier mai offensif, malgré la situation.
    • A la réunion et la coordination des organisations communistes dans le but de faire entendre une position politique claire et à construire un mouvement de masse.
    • A une diffusion la plus large possible d’explications scientifiques et rationnelles sur la pandémie, permettant de lutter tant que le conspirationnisme, mais également d’être armé politiquement pour affronter la situation future.

    1https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200417.OBS27646/comment-est-apparu-le-coronavirus-la-pression-monte-sur-pekin-qui-se-defend-de-toute-desinformation.html

    2https://www.atlantico.fr/pepite/3588872/gestion-du-virus-en-chine–emmanuel-macron-estime-qu-il-y-a-des-choses-qui-se-sont-passees-et-qu-on-ne-sait-pas-

  • Coronavirus = complot ?

    Coronavirus = complot ?

    Nous écrivons cet article dans le but de pouvoir faire le bilan de discussions que nous avons eu entre camarades ou avec d’autres camarades d’autres organisations. Il s’agit également de faire un point sur des positions que nous avons pu retrouver « flottantes » dans les réseaux sociaux.

    Toutes les crises font naître des interrogations. Et il est légitime de mettre en doute la parole des autorités. Les gouvernements bourgeois ne sont pas des exemples en matière d’honnêteté et de probité.

    Dans l’histoire, il y a eu des complots et des conjurations. Un grand nombre. Mais dans l’histoire, ils ont joué un rôle secondaire, de remous de surface, d’incidents plus que de remises en cause profonde de la société. Un conspiration secrète ne le reste que peu de temps.

    Dans le cas du Coronavirus, un très grand nombre de théorie plus ou moins crédibles sont apparues. C’est un phénomène logique en temps de crise. Il est quelque part rassurant d’imaginer que ce sont les autorités qui inventent des faits immenses tels que le réchauffement climatique ou les pandémies. Cela donne l’impression que ce n’est pas nous même, en tant qu’espèce, qui sommes à la merci de forces plus grandes que nous. D’une manière générale, notre cerveau est conçu pour raisonner par association et par corrélation. Il fonctionne comme une machine à trouver des complots.

    Nous avons ainsi une tendance naturelle à mettre en relation des faits qui sont parfois de simples coïncidences. Cela était vital à une époque reculée. « Je suis malade après avoir mangé ces baies inconnues, elles doivent être toxiques. » ; « J’ai été fiévreux après avoir bu cette eau, elle doit être impure. » Ces mécanismes se retrouvent dans les superstitions : « j’ai vu un chat noir et ma journée était pourrie, il y a une relation ». Cette tendance se retrouve dans la manière dont nous percevons les événements, avec une unité de temps : « La 5G et le Coronavirus apparaissent en même temps, ils sont liés. » Il s’agit d’un premier biais cognitif.

    Deuxième biais : l’équivalence entre les causes et les conséquences. Un grand évènement ne peut avoir qu’une grande cause. Les morts de célébrités sont des exemples constants et récurrents de ce fonctionnement : Lady Di, Claude François, Michael Jackson… mais aussi les personnalités politiques. Pourtant, à bien regarder certains événements, les causes sont parfois fortuites. Le Général Patton meurt d’un refus de priorité à droite, par exemple.

    Troisième biais : l’intentionnalité. La narration entre les causes et les conséquences, qui sont au cœur de l’enseignement de l’histoire, sont trompeurs. L’enchaînement des événements, en particulier lorsqu’il fait intervenir la nature, n’est pas toujours intentionnel. Il existe des paramètres contingents qui échappent à notre appréhension. De même, des processus volontairement déclenchés échappent parfois au contrôle de leurs initiateurs. Dans le cas qui nous intéresse, les politiciens et les politiciennes, les capitalistes comme toutes les autres classes adoptent des stratégies de survie ou de profit en fonction de la situation. Le fait qu’un événement soit utilisé de manière opportune ou opportuniste ne présume en rien de son origine.

    Autre aspect, la tendance paradoxale à s’estimer impuissant et à surestimer la puissance des autorités ou de particuliers. Le système démocratique par représentation dépossède la population du moindre droit de regard sur son fonctionnement. Très souvent, il y a une tendance à le percevoir comme quelque chose d’obscur et d’occulte. Le sentiment qui se développe est que des forces peuvent tout et imposent tout. Il y a une part de vrai : il existe une dictature des intérêts bourgeois. Mais cela ne signifie ni la toute puissance ni l’occultisme. Non seulement la nature est une force immense, bien supérieure à l’humanité, mais les régimes politiques, quel qu’ils soient, y compris des régimes autoritaires ou dictatoriaux, doivent composer, négocier, manœuvrer pour essayer de réaliser leurs objectifs avec la plus grande efficacité et avec le moins de casse possible.

    Prendre le raisonnement à l’envers, en se disant « à qui profite le crime » pour essayer d’en déceler l’origine, c’est raisonner avec une pétition de principe : l’idée qu’il existe une raison première, une intention, derrière chaque acte. Chaque acteur cherche à exploiter les situations nouvelles au mieux possible : cela ne signifie nullement qu’ils en soient les auteurs.

    Dans les raisonnements, il est essentiel d’appliquer avant toute chose le principe de parcimonie. Ce principe, parfois nommé le rasoir d’Ockham, nous indique que, le plus souvent, l’hypothèse la plus simple est la meilleure. Si le COVID-19 ressemble à une grosse grippe brutale, c’est que c’est probablement une grosse grippe brutale, avec les mêmes mécanismes d’apparition que d’autres grippes du même type (H1N1 par exemple.)

    Les zoonose, ces transmissions de virus entre espèces sont rares, mais elles sont dévastatrices. Lorsqu’elles arrivent, elles font naître des virus contre lesquels nous ne sommes pas protégés, contre lesquels nous n’avons pas d’immunité. Si les occurrences sont rares, elles sont marquantes.

    Peste bubonique, Peste pulmonaire, Anthrax, Rage, Variole, VIH, Ebola, Grippe aviaire, Grippe espagnole, Grippe de Hong Kong, SRAS, MERS…

    Ces épidémies et pandémies se sont toutes développées en suivant des schémas similaires : une proximité avec l’animal réservoir et des canaux de diffusion rapides.

    Avec le développement de la mondialisation, ces pandémies prennent une tournure internationale toujours plus croissantes. Elles désenclavent des maladies locales et leur permettent de pouvoir se répandre partout sur Terre. Un des exemples les plus typiques est celui du VIH. Le VIH est certainement plus ancien que son apparition aux USA, dans les années 1980. Il est très probablement apparu dès les années 1920 à Kinshasa, capitale du Congo. A ce moment, la colonisation a entraîné des bouleversement dans l’organisation du pays. Cela s’est manifesté par l’afflux de main d’œuvre vers les centres urbains ainsi que le déploiement d’exploitations forestières et minières. Sans logistique, les villes et les mines devaient trouver de l’alimentation là où elles pouvaient : en chassant dans la forêt profonde. Cela a mis au contact l’Homme avec des virus inconnus et à très grande capacité de mutation. L’infection est restée dans le secteur, avant de se répandre progressivement le long du fleuve. C’est finalement avec le développement de l’aviation, qu’il s’est répandu.


    • À
      voir : SIDA, la piste Africaine.

    La Grippe Espagnole, contrairement à ce que son nom indique, est née au Kansas, dans un élevage mixte de porcs et de volaille. Elle est apparue par la fusion entre la « grippe saisonnière » que portait un éleveur, et la grippe aviaire, que portait un poulet. Les deux peuvent infecter les porcs. Il s’en est suivi une contamination croisée, qui a débouché sur cette grippe ravageuse.


    • À
      lire : L’origine du virus de la grippe espagnole de 1918
      enfin précisée.

    Le cas, plus récent, du SRAS de 2003 a été extrêmement bien documenté, malgré le sceau du secret. Il a été possible de retrouver le patient zéro et de connaître le procès de contamination. Après avoir acheté des aliments au « marché humide » de la province du Guangdong. Les animaux sont tués sur place, dans le but d’avoir une viande la plus fraîche possible. Or, ces marché empilent des espèces qui ne se croisent pas habituellement, et dont les virus ne sont jamais en contact. A l’époque, sur les étals, il y avait notamment des espèces sauvages, braconnées, ramenés des forêts. Non seulement elles étaient proches, mais leurs sangs se mêlaient sur les étals. A Foshan, le 16 novembre 2002, un homme est tombé malade après avoir concocté un plat à base de poulet, de serpent et de chat-civette. C’est dans ce cadre qu’est apparu le SARS-CoV.


    • À
      voir : en bref, la prochaine pandémieparu…en
      novembre 2019.

    Les zoonoses existent et sont nombreuses. Mais malgré cette récurrence et le fait que les procédés de création des virus soient connus, tout comme leurs méthodes de diffusion, un nombre croissant de théories du complot éclosent. Il ne s’agit pas de creuser toutes les théories, cela serait long, fastidieux et inutiles : elles sont bâties pour la plupart sur la foi en des principes intangibles, et non sur des preuves. Toutes les thèses qui impliquent une manipulation mentale, la 5G, ou l’inexistence du virus sont indémontrables, et, par voie de conséquence, impossibles à réfuter. Nous nous focaliserons sur deux théorie qui ont pris une certaine ampleur dans le mouvement communiste et chez certains progressistes :


    • Le
      virus provient d’un laboratoire local.

    • Le
      virus a été importé par les USA.

    Les preuves de l’un comme de l’autre sont extrêmement faibles. La première se base sur la mise en place, en 2017, d’un laboratoire de type P4 à Wuhan, avec l’aide de l’institut Pasteur. Elle supposerait des études sur des virus militaires ou des armes bactériologiques, avec l’hypothèse qu’une expérience se serait échappée. Derrière cela, il existe un fantasme sur le complexe militaro-industriel et sur la peur panique de l’utilisation des armes biologiques. Dans l’ensemble, les preuves sont réfutées en détail dans un fact-checking fait par l’AFP. https://factuel.afp.com/non-le-coronavirus-detecte-en-chine-na-pas-ete-cree-en-laboratoire-puis-brevete

    Mais les preuves sont absentes et illogiques.


    • Les
      armes bactériologiques ont effectivement été utilisées dans
      l’histoire. Mais le plus souvent de manière artisanale. On peut
      citer le cas du siège de Caffa, en 1346, dans lequel les Mongols,
      infectés par la Peste, l’ont transmise aux assiégés. Il s’agit
      du premier acte de l’épidémie en Europe. Cependant,
      l’empoisonnement des puits par les cadavres est contesté. Il
      semble plus que cela ait été le fruit des déplacement de rats
      entre les deux camps.


    • Dans
      la Première Guerre mondiale, des expérimentations ont été
      faites. Elles visent à empoisonner les chevaux. Durant la Seconde
      Guerre mondiale, d’autres expérimentations sont faites, notamment
      par les britanniques. Mais seuls les japonais de l’Unité 731
      l’ont employée sur le terrain, contre les Chinois. Mais cela
      reste anecdotique.

    • Le
      cas de la Corée est plus épineux. Il est encore débattu.
      Cependant, l’ouverture des archives soviétiques laisse penser que
      cela n’a pas été le cas. « Le
      gouvernement soviétique et le Comité central du PCUS furent
      induits en erreur. La diffusion par la presse d’informations
      concernant l’utilisation par les Américains d’armes
      bactériologiques en Corée était basée sur des informations
      fallacieuses. Les accusations contre les Américains étaient
      fausses
      .
      » « Nous
      recommandons que la question d’une guerre bactériologique

      […] ne
      soit plus abordée au sein d’organisations internationales et
      d’organes de l’ONU
      .
      […] Les
      ouvriers soviétiques impliqués dans la fabrication de la prétendue
      preuve d’un emploi d’armes bactériologiques seront sévèrement
      punis.

      »1



    • La
      signature de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques
      le 10 avril 1972 (entré en vigueur le 26 mars 1975)
      les interdit officiellement.
      Des
      recherches clandestines continuent d’être menées cependant.
      Celles-ci sont cependant l’apanage de pays qui ne possèdent par
      l’arme nucléaire (comme l’Irak) ou qui sont marqués
      idéologiquement par des tendances eugénistes et racistes (comme
      l’Afrique du Sud, qui cherchait des armes ciblant uniquement les
      noirs).

    En dernière instance, le rôle militaire est quasiment nul et leur utilisation opérationnelle est anecdotique. Les armes biologiques possèdent un très grand nombre de défauts qui les rend nettement moins pratique que d’autres. Principalement un, leur caractère non discriminant. Mais d’autres critères disqualifient le COVID-19 comme un virus militaire, tout comme le VIH.


    • Argument
      fondamental : une arme, pour être intéressante, doit être
      utile. Soit tactiquement, soit stratégiquement. La création
      d’armes stratégique se base sur le principe de stupeur et d’effroi.
      Comme
      arme stratégique, des armes nettement plus efficaces existent.
      Or, un virus est inquiétant mais ne présente pas le caractère de
      stupeur. Comme
      arme tactique, elle est absolument épouvantable : elle peut se
      retourner sans prévenir
      problème contre les troupes de celui qui l’a employée.


    • Le
      VIH et le COVID serait de très médiocres candidats à une
      utilisation militaire. L’un comme l’autre ont un délai
      d’incubation très long, bien trop long pour les échéanciers
      extrêmement brefs d’une opération militaire. De plus, même
      mortel, un virus de ce type est contre-productif. Il pose le même
      problème que l’utilisation de certaines déclinaisons de l’arme
      nucléaire, comme la bombe à neutron. Même dans une santé
      précaire, les soldats se sachant condamnés forment des adversaires
      terribles, fanatiques, impitoyables. Cette walking
      ghost phase

      a poussé à l’abandon de la bombe à neutrons par exemple.


    • De
      plus la surmortalité concerne principalement les personnes âgées,
      tandis que celles qui sont en âge de combattre ou de travailler
      sont à 80 % asymptomatiques. Une nouvelle fois, le très
      faible potentiel militaire d’une telle invention laisse songeur.

    De plus :


    • Un
      virus artificiel se repère assez aisément du fait de la répétition
      de séquences génétique homologues à celles d’autres virus
      connus. Un
      virus « fabriqué » présente
      des anomalies, telles que l’inclusion de séquences génétiques
      issues d’autres virus. Les théories sur l’inclusion de
      « morceau de VIH » sont apparues un moment sur les
      réseaux, mais ont été rétractées par leurs auteurs.


    • Les
      laboratoires d’armes biologiques ont toujours été placés dans les
      lieux les plus éloignés pour éviter précisément ce type de
      problèmes (et pour éviter l’espionnage!). Un
      laboratoire type P4, faisant travailler conjointement français et
      chinois n’est pas un très bon candidat. Les exemples de centres
      de recherche sur les armes top secrètes ou de terrain
      d’expérimentation existent. Ils sont tous loin des grandes villes
      : Lop Nor pour la Chine, Vozpojdiénié dans la mer d’Aral pour
      l’URSS, régions éloignées de la Mandchourie pour l’unité 731
      durant
      l’occupation.


    • Les
      processus d’apparition du virus sont tout à fait cohérents et
      logiques. Les
      espèces réservoir sont grossièrement situées, de même que les
      espèces capable de transmettre le virus à l’homme. Si la date de
      la pandémie n’était pas prévisible, en revanche, le fait
      qu’elle ait lieu « un jour » était inévitable.

    L’argument selon lequel ce virus pourrait être une attaque a été lancé par un site de fake news canadien. Là encore, aucune preuve n’est avancée. Si elle a connu une popularité importante, c’est du fait de sa reprise par des officiels chinois.


    • Or,
      en tout premier lieu, il s’agit d’une réponse du berger à la
      bergère. La Chine a été agonie d’injures et de critiques sur sa
      gestion de la crise. Les USA, dans la bouche de Trump, s’en sont
      servi comme d’un fer de lance pour la frapper. La Chine a saisi
      l’opportunité de riposter.

    • Elles
      sont reprises par des groupes campistes, admirateurs du régime
      chinois. Ils le caractérisent comme un régime favorable aux
      travailleurs et travailleuses, et sont prêts à toutes les
      gymnastiques mentales pour essayer de l’exonérer de ses torts.

    Mais les USA auraient-ils raison de disséminer une maladie ? Peu crédible.


    • Admettons
      que la situation soit extrêmement critique et brutale. La
      bourgeoisie cherche-t-elle a anéantir ou à conquérir ? Si la
      bourgeoisie est « prête à tout », elle n’a cependant pas
      utilisé d’armes de ce type même dans des périodes ou toutes les
      bourgeoisies dans leur ensemble pouvaient se sentir menacées dans
      leur bastions. Ni
      la
      werewolf

      nazie, ni les
      stay behind

      de la CIA, ni les troupes en Corée ou au Vietnam ne les ont
      utilisées.
      Pourquoi
      la situation actuelle serait plus menaçante ?

    • Cette
      question de l’anéantissement est une question importante dans les
      doctrine militaires des différents États.
      L’arme nucléaire est conçue, par exemple, en Russie, comme ne
      devant être utilisée que dans le cas où l’existence de l’Etat
      serait directement menacée. Or,
      il est extrêmement rare qu’une guerre menace directement un État
      et sa survie.
      Il s’agit d’une vision idéalisée de la nature d’un conflit
      militaire, la très grande majorité des conflits se résolvant par
      une négociation. Même
      la Seconde Guerre mondiale a maintenu les fondements de l’État
      Allemand , de l’Italie ou du Japon. Les mêmes appareils d’État
      sont restés en place, à l’exception de la RDA.

      • Si
        les Etats accumulent autant d’armes c’est pour plusieurs raisons
        : Dissuader une autre puissance d’avoir la tentation de
        détruire l’Etat en possédant une capacité de seconde frappe
        (c’est à dire riposter même après avoir été touché).

      • Disposer
        d’une capacité de saturation des défenses antimissiles : un
        missile balistique n’est pas invulnérable à une interception.
        C’est
        pour cela que la plupart sont « mirvés », c’est à
        dire possèdent un grand nombre d’ogives.


      • Disposer
        d’une souplesse d’usage (sous-maris, avions, armes tactiques, armes
        stratégiques…) ce
        qui implique des doublons et donc des redondances.


      • Avoir
        une force à la hauteur de son territoire. La
        France possède théoriquement une puissance capable de tuer une
        population équivalente à la sienne (67 millions). Mais les autres
        États
        doivent non seulement le faire, mais le faire sur
        un plus grand espace.
        Or, chaque grande région de la Russie doit être en mesure de
        posséder cette force de seconde frappe partout.

      • Trouver
        aussi des débouchés pour les industries nucléaires, qui sont des
        cartels puissants, tout comme l’industrie du missile. La
        France en est un excellent exemple, avec des sociétés qui sont
        toutes dédiées à cela.


    • En
      revanche : Les
      armes stratégiques n’ont pas
      n’a pas vocation à être employée de manière offensive, ce qui,
      de toute manière, jetterait l’opprobre sur l’État
      qui le ferait. Or, comme le montre Clausewitz dans
      vom kriege
      ,
      la
      défensive joue un rôle moral prépondérant. Celui
      qui se défend contre un État qui vient d’anéantir la population
      civile d’une grande ville (dans le cas d’un usage stratégique),
      ne reculera devant rien.


    • La
      tentation de la guerre nucléaire a joué un rôle de premier plan
      dans la doctrine de l’après guerre. Mais elle a été abandonnée. 
      La stratégie des représailles massives a été la norme aux USA
      jusqu’en 1962, mais a été remplacée par la riposte graduée.
      Pourquoi ? Car elle était inadaptée. Il y a besoin, même
      entre blocs antagonistes, de marges de manœuvre. Même entre
      cliques rivales, la bourgeoisie est capable de trouver des compromis
      pour avancer (l’UE, après tout, c’est un bon exemple de compromis
      !).

    • Reconstruire
      un pays détruit est un marché, un bon marché pour les
      entreprises. Il suffit de penser à Haliburton pour l’Irak. Mais
      c’est un rendement nettement plus faible que d’exploiter une
      région conquise intacte. Même les envahisseurs comme les nazis ont
      essayé de capturer le maximum de potentiel industriel, même en
      URSS.

    • Celui
      qui aurait lancé cette épidémie a surtout causé des pertes
      économiques terribles sans avoir gagné le moindre avantage. Tuer
      la Chine, pour les USA, c’est tuer un fournisseur et un partenaire
      économique, tout comme un concurrent. Si on le pose la question de
      « à qui profite le crime », ce n’est pas si
      évident. Une crise ou une guerre n’est pas toujours avantageux.
      Parfois, le compromis et la coopération le sont plus.

    • Si
      des tensions existent entre USA et Chine, à l’heure actuelle,
      elles sont des tensions qui devraient déboucher sur des
      négociations ou des renégociations. Elles ne sont pas au paroxysme
      de la brutalité et ne justifieraient pas l’énorme coût de
      l’épidémie.

    Pour ces raisons, et pour d’autres, nous pensons que la thèse officielle sur l’origine du virus tient globalement la route. Cela ne veut pas dire que cette situation ne peut pas ne pas être utilisée géopolitiquement ou économiquement. Mais nous pensons qu’il faut être extraordinairement prudent dans la manière dont ces questionnements peuvent être abordés.

    Des camarades, des organisations, des individus pour lesquels nous avons un grand respect et que nous estimons se posent des questions légitimes sur la pandémie. Seulement, nous pensons que la véritable question n’est pas tant l’origine du virus. Elle n’a, au demeurant, que peu d’importance. Si elle était une nouvelle arme, elle n’en serait pas moins un « tigre de papier » de plus. Son importance, à la limite, est ailleurs.

    S’il y en a une, elle n’est pas dans le « à qui la faute », mais bien dans le rapport que nous entretenons avec la nature, rapport qui prend et qui prendra mécaniquement une tournure toujours plus catastrophique si rien n’est fait.

    La vitesse de contamination, le fait qu’elle se soit propagée par les voies de la mondialisation, le fait qu’elle n’ait pas respecté la moindre frontière… sont des choses dont il faut tenir compte.

    La vulnérabilité immense des pays, même les plus développés, face à cette crise est un deuxième aspect. Tant d’un point de vue médical que d’un point de vue financier. Nous pensons que ce sont ces aspects qui seront bien plus déterminants que l’origine. En revanche, les discours maladroits peuvent nourrir des rhétoriques de division des masses, de défiance envers des conseils sanitaires justifiés. Ils peuvent même contribuer à fragmenter les exploités dans une recherche d’un bouc émissaire ou dans une chasse aux sorcières.

    L’expérience du passé montre que les sociétés, lorsque la peur et l’incompréhension s’installe, peuvent très facilement passer dans des raisonnements qui amènent à agir comme dans les procès de Salem, ou dans les pogroms de Russie.

    Soyons responsables, soyons efficace : combattons les fake news combattons les théories du complot : exposons la responsabilité de la bourgeoisie, de son avidité et de son avarice. Soulignons sa vulnérabilité et sa dépendance face au travail concret des masses populaires.

    Combattons les thèses qui expliquent le monde par un pouvoir occulte : désignons concrètement l’ennemi. Il n’est pas si fort, il n’est pas si puissant. Il est, lui aussi, une espèce en voie de disparition.

    1Cold War International History Project, Virtual Archive : Resolution of the Presidium of the USSR Council of Ministers. Date : 05/02/1953

  • La guerre virale et le grand confinement.

    La guerre virale et le grand confinement.

    La France entre désormais, conjointement avec d’autres États européens, dans un régime de confinement et de quarantaine. Demain, 17 mars, à 12h00, toutes les activités non vitales et les contacts sociaux seront stoppés pour une durée indéterminée.

    Père de la Nation, Macron a grondé ceux et celles qui ont bravé l’interdit du confinement. Il ne s’agit pas de soutenir ces actions, mais de les comprendre : la confiance dans la qualité du système de santé français et dans l’invulnérabilité de notre pays face aux phénomènes catastrophiques, ainsi que le sentiment que les épidémies sont d’un autre temps et d’autres lieux ont joué. De plus, les chiffres des dépistages paraissent si dérisoires qu’ils n’aident pas à prendre conscience de l’ampleur du problème. Les 5 500 cas ne sont que ceux qui sont certifiés, et il est impossible de savoir combien d’autres existent.

    Désormais, le monde extérieur apparaît bien lointain.

    Les élections, qui se sont tenues dans des conditions extrêmement précaires, sont désormais gelées. Il n’y aura pas de second tour dans l’immédiat.

    Les frontières entre l’UE et le reste du monde sont coupées pour 30 jours. Cette bunkérisation de l’Europe peut réjouir certainement l’extrême-droite, qui y voit une « protection ». En réalité, nous sommes la menace. Cette fermeture nous désole d’un point de vue symbolique, mais nous espérons surtout qu’elle puisse limiter le risque de propagation de la pandémie vers des pays au système de santé défaillant. Les 7 % de mortalité que connaît l’Italie seront une goutte d’eau comparé au risque d’une contamination de l’Afrique subsaharienne ou de l’Inde.

    Nous regardons le choix de l’Angleterre ou de certains États avec une stupeur mêlée d’effroi. Si la question de l’immunité est, à terme, la seule solution viable, son irruption soudaine et la saturation des systèmes de soins entraînera fatalement une surmortalité.

    Plusieurs mesures sont de l’ordre du bon sens, il faut le souligner. Les aides mises en place pour permettre aux soignants et aux soignantes de travailler le plus efficacement possible, le fait de leur permettre de se reposer à proximité, la réquisition des taxis… Ce système contribue à soulager leur tâche immense, dans lequel ils sont et elles sont héroïques. Nous appelons d’ailleurs à participer au dispositif enpremiereligne.fr pour aider les soignants et soignantes.

    Cela ne compense pas, cependant, des années d’oubli, de liquidation, de destruction du système de santé. Cependant, il faut reconnaître que l’État bourgeois joue le jeu. Cependant, il reste le problème immense des emplois vitaux pour le fonctionnement du pays ou des emplois manuels invisibles, qui ne peuvent être remplacés par le télétravail. Si certaines activités sont arrêtées, cette situation est loin d’être générale, et fait peser sur le prolétariat les plus grands risques.

    A ce titre, nous rentrons dans une économie de guerre. Cette économie de guerre a pour but de gagner contre le virus, mais de limiter également la casse au niveau de l’économie. Il faut reconnaître à la bourgeoisie qu’elle a l’intelligence de savoir quand faire des concessions et quand temporiser. Durant toute la période qui s’ouvre, l’État joue un rôle immense. Un comble pour un modèle soit-disant libéral.

    300 milliards d’Euros sont mis sur la table pour tenter de maintenir dans une parenthèse le pays. Des promesses mirobolantes ont été faites, reste à voir si elles se concrétiseront. Cela représente du jamais vu.

    Cependant, cette dette se paiera. Elle sera payée chèrement en sortie de crise. Il n’y a pas que la « guerre » qui compte, mais également la manière dont on sort de celle-ci. Et l’issue de cette lutte contre l’ennemi viral sera une autre épreuve de force : qui paiera l’addition ?

    Servira t-elle de prétexte à racler jusqu’à l’os les droits sociaux, les droits des travailleurs et des travailleuses ? Il faudra bien relancer l’économie, après tout. Macron l’a lui-même dit : il faut faire des sacrifices. Et certains plus que d’autres, beaucoup plus que d’autres.

    La bourgeoisie elle même sera t-elle obligée de faire des concessions durables ? Après la Première Guerre mondiale, la France était ruinée. Elle voulait faire payer ses dettes par l’Allemagne, en l’essorant à mort. Or, elle n’est pas parvenu à le faire, notamment devant la résistance ouvrière. La bourgeoisie a du alors accepter qu’un impôt sur le revenu progressif soit mis en place. Une autre raison était l’apparition de la SFIC, futur PC, qui jouait un rôle de premier plan dans les luttes ouvrières.

    Nous appelons à respecter les mesures de sécurité, a mettre tout en œuvre pour limiter les contaminations. Nous appelons à penser en priorité aux plus précaires et aux plus fragiles. Le confinement est une phase pénible dans une lutte que nous pouvons et devons gagner. Nous avons conscience que cette période de stress est propice a une explosion des violences conjugales ou au sein de la famille, ainsi qu’aux violences sexuelles. Nous rappelons que le confinement ne doit pas être un piège mortel, et que le coronavirus tue moins que les féminicides. Quand la situation se dégrade, les femmes subissent toujours davantage.

    Nous appelons à la solidarité et à l’effort commun. Nous appelons à dénoncer les fake news et les théories conspirationnistes.

    Nous appelons également à mettre à profit cette période pénible pour renforcer la connaissance et la maîtrise de la théorie révolutionnaire. Car une grande lutte se préparera à l’issue de cette crise : elle sera cruciale !

  • Cap catastrophe 2022 : la santé – partie 3

    Cap catastrophe 2022 : la santé – partie 3

    Santé : la liquidation

    Partie 3

    « Transformer les services publics », voilà l’intitulé sous lequel s’ouvre la troisième partie du doucment. « Le Comité a souhaité concentrer sa réflexion sur un nombre limité de réformes : celles-ci répondent en effet à des attentes fortes des Français en termes d’amélioration du service public, et elles permettent de conjuguer amélioration du service rendu et réduction de la dépense publique. » Voila comment mêler démagogie et liquidation.

    Les premières mesures concernent la santé. Il est intéressant de voir, à la syntaxe hasardeuse de l’article, qu’un effort limité a été concédé pour camoufler la véritable teneur de celui-ci. L’article présente des problèmes réels : « Les symptômes de ces difficultés sont connus : délais d’attente, engorgement des urgences des hôpitaux à défaut de solutions de proximité en matière de soins primaires et d’urgence, renoncement aux soins, et épuisement des professionnels concernés. » Mais la question posée de manière insistante est celle du coût.

    Toutes les propositions sont axées autour de cette ligne rouge, celle de réduire les dépenses et de réduire les remboursements de soins par la Sécurité Sociale, anticipant sa liquidation. En prétendant assouplir et simplifier l’accès aux soins pour limiter le renoncement à ceux-ci, les rédacteurs et rédactrices de l’article le complexifient et le figent. Les parcours santé, ces étapes mises en œuvre pour cloisonner l’accès aux spécialistes sont davantage balisés, avec des sanctions prises au niveau des remboursements.

    « rembourser les soins fournis par les professionnels de santé exerçant en ville à la condition qu’ils se soient inscrits dans un système de coordination entre les acteurs. Dans le cas contraire, ces professionnels ne seraient pas « conventionnés » et leurs actes ne pourraient donc pas donner lieu à remboursement par la sécurité sociale »

    S’ajoute à cela une « américanisation » de la gestion financière : « mettre en place des modalités de facturation du patient à l’hôpital qui améliorent le recouvrement et simplifient la vie de l’usager (paiement à l’entrée, prise d’empreinte de carte bancaire, forfaitisation …) »

    Dans le même temps, la situation critique au sein des hôpitaux est contrée par une « souplesse » au niveau de la masse salariale :

    « rénover l’organisation interne, la gestion des ressources humaines, le management et le dialogue social dans les établissements publics de santé pour redonner aux managers les moyens de répondre au besoin d’adaptation constante du système de santé. »

    Ces dernières années, les fermetures de maternités jugées « non-rentables », d’hôpitaux de rééducation, d’antennes de proximités ont été pointées du doigt tant par les militants que par la société civile. Hypocritement, les élus locaux ont régulièrement accouru à la rescousse de l’hôpital local, bien qu’ils ou qu’elles soient de partis participant à leur liquidation. Cette crise, les rédacteurs la conjurent en promettant monts et merveilles :

    « mieux adapter l’offre de soins aux besoins locaux, notamment en améliorant la répartition de l’offre sur le territoire (cela passe par le renforcement des groupements hospitaliers de territoire, qui favorisent l’émergence de projets structurés par territoire) et en mettant en place une plateforme d’orientation, d’information et de coordination au service du patient ;

    développer la délégation de compétences aujourd’hui exercées par les médecins (par exemple les métiers d’infirmier en pratique avancée), en s’inspirant des exemples européens et internationaux réussis. Par exemple, certaines vaccinations ou le suivi de patients malades chroniques pourraient être assurés par des infirmiers »

    Ces deux aspects sont significatifs, le premier parce qu’il revient à jouer sur les « lignes intérieures » et à tenter de compenser le manque criant par une rationalisation supérieure et une ventilation plus performante. En somme, il revient à exploiter au maximum l’état de misère sans le résoudre.

    Le second est à l’envi, puisqu’il créé un échelon intermédiaire entre corps infirmier et médecins pour combler en partie la pénurie sans menacer le statu des médecins. Héritiers du fonctionnement en corporation -l’ordre des médecins est une survivance de Vichy- les médecins sont les grands défenseurs du numerus clausus, qui permet entretenir la rareté de leurs activités, leur garantissant ainsi des revenus considérables, au mépris des patients. Il s’agit d’ailleurs d’une corporation que la grande bourgeoisie soutient, malgré ses hypocrites vœux de libéralisme.

    Créer cette sous-catégorie permet ainsi de combler un vide sans s’aliéner le soutien d’une catégorie de population traditionnellement plus qu’à droite.

    Autre réponse, comme un tour de magie, est le recours au numérique. La télémédecine est présentée comme la nouvelle panacée, permettant une gestion d’un plus grand nombre de patients et de diminuer le nombre d’hospitalisations.

    « généraliser en priorité la télémédecine à tous les citoyens vivant dans une commune identifiée comme étant un désert médical, augmenter le recours à la télésurveillance à domicile pour un meilleur suivi des maladies chroniques, donner accès aux actes de télémédecine à toutes les professions médicales, diminuer le nombre d’hospitalisation en EHPAD »

    Plutôt que de relâcher le sacro-saint numerus clausus, mieux vaut acter que ruralité rime avec désert médical et liquider le contact humain pour le remplacer par des SMS. L’avenir paraît bien sombre pour les personnes âgées. Mais l’essentiel est résumé dans le petit paragraphe de conclusion.

    « Ces réformes permettront d’améliorer les conditions de travail des personnels grâce au désengorgement de l’hôpital et au rééquilibrage avec la médecine de ville et donc de répondre au maise (sic) actuel. Ces réformes devraient enfin permettre de rendre le système de santé plus efficient, en générerant plus de 5 Mds€ d’économies. »

    5 milliards d’euros d’économie, cela vaut bien quelques vieux et vieilles dans l’isolement. La grande bourgeoisie, dans les faits, s’en moque, elle a ses hôpitaux qui lui sont réservés, ses passe-droits, ses copinages… Elle n’est pas concernée.

    Le numérique sert également d’onguent miracle face à la perte d’autonomie des personnes vulnérables ou âgées. Mais en fait d’onguent, il s’agit, là encore, de rationaliser à outrance les soins et la gestion d’individus qui sont parfois dans l’isolement ou dans le dénuement et pour qui le contact avec le personnel soignant est un des rares contacts sociaux. Le maintient souhaité des personnes âgées ou vulnérables à domicile peut passer pour une initiative positive, mais, dans les faits, elle n’est qu’un paravent au fait de réduire les coûts.

    La proposition 7 « Simplifier la vie des personnes en situation de handicap et celle de leurs proches. » fait office de jonction entre deux angles d’attaques importants. La question du handicap scolaire est traitée sous l’angle du vœux pieux, de la volonté de « bien faire », de faciliter l’accès à des classes spécialisées et à une meilleure inclusion dans le système scolaire. Rien à redire. A l’exception du fait, fondamental, qui est que les moyens pour réaliser cela ne sont pas mis en œuvre, étant donné les sombres projets du gouvernement concernant l’éducation.

  • François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, le mépris glacé de la bourgeoisie.

    François Fillon, dont la campagne s’enfonce à chaque pas dans un tel bourbier, est pourtant en mesure de réussir un nouveau tour de force : Il a réussi à atteindre un nouvel Everest du haïssable.

    Intervenant auprès d’aides-soignants et aides-soignantes, dans une maison de retraite, le candidat des Républicains s’est montré d’une insensibilité invraisemblable à leur situation dramatique.

    Sous-payé, victime d’un manque de reconnaissance total, ce personnel épuisé, éreinté, travaillant dans des conditions édifiantes, ne réclamait pourtant que son dû : une paie complète et du repos.

    Fillon n’a trouvé à dire qu’une laconique phrase, se résumant ainsi : « vous faites 39h, comme nous. »

     

    Reconnaissons un mérite à François Fillon. Son incapacité à émettre un brin de chaleur humaine, à exprimer un brin de compassion, fait de lui un être franc. Cassant, froid, inhumain, mais franc.

    Fillon incarne, avec une perfection d’artiste, la pensée bourgeoise dans toute sa splendeur :

    Réactionnaire, pétrie de valeurs démodées, passéiste, sexiste, homophobe ;

    Sans pitié pour les travailleurs et les travailleuses, pour lesquels cette classe n’a pas la moindre compassion, la moindre empathie ou sympathie. Et pour cause, syn pathos, souffrir avec, Fillon ne le peut. Il ne le peut car il n’est pas en mesure de comprendre ce que cela signifie qu’une fin de mois difficile, qu’un travail qui étrangle, étouffe. Non, lui ne connaît que l’opulence des salons parisiens, ou, à l’extrême rigueur, de Sarthe. Il ne connaît que l’argent facile, le népotisme, le piston, les arrangements.

    Fillon ne peut comprendre ce que c’est un métier.

    Il ne peut comprendre, surtout, ce qu’est un métier réalisé dans des conditions dramatiques, où chaque jour ressemble au renflouement d’un Titanic qui ne demande qu’à sombrer.

    Fillon ne peut pas comprendre ce que c’est qu’un métier rendu absurde par l’étranglement des moyens, par le management idiot, par des moyens inadaptés.

    Il n’en comprend pas les composantes humaines, le rapport aux patients, il n’en voit que l’aspect comptable.

    Cet aspect comptable, la bourgeoisie le connaît bien, en revanche. Le comprend bien. Un denier dépensé pour prolonger la vie d’un inutile, n’est-ce-pas un mauvais calcul ?

    C’est ce rapport, ce lien uniquement financier, qui pousse François Fillon à s’exprimer en disant : « Vous voulez que je fasse de la dette ? »

    Sa réponse devait tomber comme un couperet, comme le tranchant d’une lame, pour en finir avec ce débat. Pour François Fillon, cet argument est le point Godwin-bis des bourgeois.

    Pour ses interlocuteurs, ses interlocutrices, c’est un coup de poing absurde, qui ne peut que sonner comme un « en plus, il faut payer ? »

    Fillon, iceberg sans états d’âmes, ne fait pourtant que traduire la réalité qui a mené à cela. Cette dette érigée en seigneur intégral, qui a poussé le gouvernement prétendument socialiste à poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs. Cracher sur Fillon est une chose, mais il n’est que l’agent, le laquais.

    Les autres candidats ne commettront pas l’erreur de le mentionner à haute voix. Mais fondamentalement, tous se logent à la même enseigne. Tous savent, dans leur fort intérieur, que derrière la démagogie, derrière les sourires, les promesses et les discours, derrière tout cela, il y aura une terrible réalité.

    C’est celle d’un système économique pourrissant, vicié, incapable de répondre aux besoins de la société. C’est celle d’un système qui recule même, qui ravale même les miettes arrachées de haute lutte.

    Quoiqu’ils, ou elles, en disent, quoiqu’ils ou elles promettent, tout le jeu de l’élection se déroulera dans ce système qui ne tient pas ses promesses.

    Les communistes authentiques, non les pâles copies qui salissent notre drapeau, ne mentent pas là dessus. Pour balayer la dette, pour faire éclater d’un coup le carcan qui entrave le système de santé, il faut plus qu’une loi, plus qu’une promesse.

    Les bourgeois, les bourgeoises, vivent exemptés d’impôts, exemptés de charges fiscales. Par la corruption, la manœuvre, la tricherie, sous les yeux complices de la justice, ils et elles échappent à toutes sanctions. Ce sont eux, la dette. Ce sont leurs malversations que nous payons. Malversations effectuées par l’argent qui est pris aux travailleurs, par l’exploitation.

    Leur demander de payer cela, d’être honnête, n’entrainerait que rires gras et moqueries.

    Il faut une révolution.

    C’est ce dont nous avons besoin.

    Pas d’une « insurrection citoyenne », ou d’un autre gag, mais bien d’une révolution qui porte au pouvoir le Parti représentant les intérêts des travailleurs et des travailleuses. Pas seulement pour faire beau, mais pour pouvoir transformer la société.

    Il faut une révolution qui chasse les parasites vivant des rentes de la dette de l’Etat. Qui saisisse les moyens de production, usurpés par une classe sociale inutile et improductive. Qui les remette entre les mains du peuple tout entier, pour que plus jamais l’exploitation de puisse exister.

    Les bourgeois et les bourgeoises, nous ne les oublierons pas !

    Nous leur ferons découvrir le travail, honnête et productif.

    Nous leur ferons découvrir le labeur des ateliers, des hôpitaux, des bureaux, des champs.

    Mais qu’ils se réjouissent ! Ils n’auront jamais à découvrir ce qu’ils ont fait subir, des années durant, aux travailleurs, aux travailleuses. Ils et elles auront la chance de travailler dans un système où l’exploitation sera abolie, où les fruits du travail seront pour toutes et tous.

    Ils et elles auront la chance de participer à cet effort commun, de se réhabiliter, de se racheter, de ne plus être ces pantins glacés, venus vomir leur bile sur les travailleurs et travailleuses de la santé, un beau matin de mars.

    Mais qu’ils soient avertis, car ils entravent cette avancée vers ce soleil radieux, qu’ils soient avertis par les mots prononcés par Lénine : « Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

  • Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Migrants, santé, éducation, vie et mort. Tout est un marché en régime capitaliste.

    Dernièrement, un reportage fait par l’émission Envoyé Spécial, diffusé le 12 janvier 2017, a soulevé des haut-le-cœurs parmi de nombreux spectateurs. En cause, une séquence -isolée par le média Taranis News- montrant un entrepreneur modifiant des containers pour en faire des logements à destination des migrants. Si l’acte en lui-même paraît bien inoffensif, le discours, quant à lui, a choqué.

    Il est important de dire que le discours, effectivement, est loin de plaider l’humanisme. Il est plutôt même pétri dans une forme qui prête de flanc au racisme : « Le migrant toute la journée, je me demande ce qu’il fait. Il va jouer au ballon […] les journées sont longues quand on ne travaille pas !”
    Les formulations, elles aussi, font froid dans le dos. Notamment cette idée de camps de cent migrants répartis dans chaque département, ne pouvant qu’évoquer de bien sinistres souvenirs. Quant à la déshumanisation de l’autre… « Moi je trouve qu’il est bien notre container à migrants. »

    Mais ce qui a le plus marqué les esprits, c’est bel et bien l’appât du gain « 10 000 migrants fois 10€ la nuit […] ça fait 100 000 € par jours. » Le chiffre d’affaires a de quoi faire rêver plus d’un entrepreneur : 36 millions d’Euros par an. Cela créé des vocations à se placer sur une segment de marché neuf : « [il y a 8 ans] il n’y avait pas de migrants, il n’y avait pas de marché, il n’y avait pas de besoin », d’autant que se lancer dans le secteur n’a rien de hasardeux. « Il y a une commande de l’Etat, il y a une commande de l’Europe, donc forcément, vous avez un appel d’offre. » Le premier à remporter l’appel d’offre étant le grand vainqueur.

    Le cynisme choque. C’est là quelque chose de tout à fait humain. Pourtant l’entrepreneur répond « Est-ce que celui qui vend de l’aspirine doit gagner de l’argent parce que il(sic.) exploite la misère des gens qui ont mal à la tête. », tout en ajoutant que « Je pense que les gens sont assez lucides pour comprendre. »
    Il semble que non.

    Tout comme nous avions, lors d’un article précédent, joué le rôle d’avocat du diable pour un Manuel Valls tentant péniblement de se défendre de l’usage du 49.3, nous ne pouvons que faire de même ici, et rappeler quelques vérités.

    Il est légitime, bien sûr, d’être choqué par le discours de cet entrepreneur, de le voir poser des chiffres sur la vie d’individus, sur leur misère, sur leur souffrance. Les confiner dans des containers comme logement à effectivement de quoi choquer.

    Mais, pourtant, cet individu respecte deux des lois inhérentes au capitalisme, deux de ses lois fondamentales.

     La première étant « tout est marché. » Dans le capitalisme, la loi du profit est la loi maîtresse. Tout ce qui peut être un investissement rentable, tout ce qui peut trouver des débouchés est potentiellement un marché. Il n’existe aucune exception à cette règle.

    La seconde, qui est son corolaire direct : « si ce n’est pas moi qui en profite, ce sera mon voisin et après moi, le déluge. » Quel que soit le marché, à partir du moment où il peut être porteur, d’autant plus s’il est possible d’y être pionnier et de s’y établir en monopole, un capitaliste s’y implantera. Même si le secteur est le plus répugnant, le plus criminel, le moins éthique possible, un investisseur se présentera. Pourquoi ? Car si ce n’est pas lui qui s’en saisit, le risque qu’il lui échappe et qu’il tombe entre les mains d’un autre est suffisant pour justifier que tombent les barrières telles que la moralité.

    Le marché migratoire choque. C’est légitime. Mais chaque chose, chaque compartiment de l’existence de chaque individu, dans ses hauts et ses bas, est un marché. Rien n’est trop répugnant pour l’investisseur. 

    La santé est un marché.

    Mais que dire également du marché de la Santé ?

    Martin Shkreli, un investisseur de hedge-funds, fin 2015, a racheté une société pharmaceutique produisant un médicament contre le paludisme et contre des maladies opportunistes se déclarant chez les malades du VIH. Son premier acte à été de faire passer le prix de la pilule de 13.5$ à 750$ soit une augmentation de plus de 6500%.

    D’une manière générale, la recherche et le développement des laboratoires pharmaceutiques ne réfléchit qu’en termes de rentabilité. Les maladies orphelines, dont les traitements ne seraient pas un marché suffisant, dépendent de la charité pour trouver des financements.
    Les complotistes et les passionnés de légendes urbaines qui va jusqu’à lancer des rumeurs sur le sabotage de recherches. Qui n’a jamais entendu la légende de « quelqu’un qui a trouvé un remède miracle et qui a vu sa maison incendiée ? » Pour autant, le laboratoire qui développerait un remède miracle pour le cancer ou le Sida serait couvert d’or. Pour les investisseurs et les actionnaires, cela serait un pactole monstrueux. Ensuite, ils investiraient ailleurs lorsque ce laboratoire ne serait plus source de profit. Encore une fois, la loi du marché règne.

    Que dire du scandale de l’homéopathie ? L’absence totale de valeur médicale de ces produits n’empêche pas qu’ils soient mis en avant, qu’il y ait un engouement pour ceux-ci. Pourtant la présence de principe actifs dans les produits est tout simplement nulle. Les produits « miracles » de parapharmacie sont également une source de profits monstrueux. Pourtant la lecture de leur composition révèle généralement que le seul effet qui peut être attendu de la prise de ces produits ne serait un effet placebo.

    Que dire également de cliniques qui facturent des actes inutiles, radios ; scanners ; IRM ; actes payés à prix d’or ? En octobre, le journal Slate, lorsqu’il n’est pas occupé à défendre pas Finkielkraut, a rapporté le récit d’une famille de l’Utah qui s’est rendue compte qu’ils avaient payé 40$ pour l’acte d’avoir leur bébé remis entre les bras de la mère.

    Le modèle de santé anglo-saxon frappe à notre porte. L’hôpital public souffre déjà de son alignement sur les cliniques, mais gare lorsque les patients deviendront des clients !

    La chair et le sang, tout se vend.

    Dernièrement, une publicité à fleuri dans les rues des Etats-Unis à destination de la jeunesse et -en particulier- d’une part endettée de la jeunesse : les étudiants. Cette publicité se résume ainsi: « Besoin de livres ? [les livres scolaires sont extrêmement chers aux USA] Pas d’inquiétude ! Donnez votre plasma [sanguin.] » Cette entreprise, ensuite, revend le plasma acquis auprès d’endettés pour 8000 $ à des personnes âgées voulant littéralement une dose de sang neuf. Le trafic d’organe prospère également, non pas par simple vice, mais bien parce qu’il existe des acheteurs prêt à payer des sommes colossales pour acheter un rein, un foie, un cœur ou une rétine.

    Des populations dans la misère vendent leurs organes pour subsister, même si les conséquences sont bien souvent désastreuses pour eux et elles. Le système capitalisme est un grand consommateur de chair, et les industries qui les avalent font fleurir leur chiffre d’affaires.

    La prostitution légale et l’industrie pornographique sont tout autant de placements financiers qui attirent les investisseurs. Qu’importe la maltraitance, qu’importe la culture du viol. Si cela s’achète, quelqu’un doit le vendre.  Aux USA uniquement, la pornographie représente un chiffre d’affaires de 10 000 milliards de $ par an, d’après le site Economy&co. Dans le Sud-Est asiatique, le tourisme sexuel représente entre 2 et 14% du PIB des pays. Si les actes en eux même sont du ressort de l’économie informelle, les tour-opérateurs qui font la promotion de ce tourisme n’en sont pas moins légaux et déclarés. Le gouvernement ukrainien faisait même, malgré la prohibition de la prostitution, une référence à peine voilée à celle-ci en vantant, y compris dans les fêtes consulaires, le « chaleureux accueil de la population. » Les libéraux argueront qu’il est possible de faire ce qu’on veut de son corps, que c’est une liberté. Nous paraphraserons Staline, lorsqu’il exprimait cette idée on-ne-peut-plus juste : Il n’existe pas de liberté pour celui ou celle qui doit se vendre pour survivre. Vendre sa chair n’est pas un choix, c’est un acte de survie à laquelle on est contraint et contrainte par la force des choses, par la force de l’exploitation. Nous n’y voyons pas le moindre romantisme.

    Education rentable, éducation minable.

    L’éducation est tout autant un marché. Les écoles privées fleurissent dans les pays nordiques et anglo-saxons, et le modèle s’exporte. D’après l’International Finance Corporation, le marché représente à l’échelle mondiale 380 milliard d’euro, de quoi attirer des investisseurs. Des sociétés comme l’anglais Pearson, leader mondial, trustent une grande part du marché, y compris par des filiales low-cost destinées aux pays en voie de développement clients de l’Angleterre.
    Des professeurs formés à la va-vite, des impératifs de paiement, la recherche principale n’est absolument pas humanitaire, mais pécuniaire. Le conseil d’administration y veille. Dans les pays nordiques, les Friskoles des pays nordiques fonctionnaient au sponsoring par les entreprises. Le gain était une main-d’œuvre adapté parfaitement à leurs besoins. Lorsque ces entreprises se sont retirées, après la crise de 2008, celles-ci ont tout simplement rogné leurs budgets, au prix de la qualité de l’enseignement.

    En Europe, le processus de Bologne ouvre la voie à une pénétration du capitalisme dans les universités, à une subordination de l’éducation supérieure et de la recherche aux intérêts privés. La Loi sur la Responsabilité des Universités à ainsi permis la création de master Philosophie-Véolia à Lyon III, de Licence Nintendo à Lyon I…etc. Lorsque les recherches environnementales seront financés par Total, nous sommes certains que les dégâts des fracturations hydrauliques, pour le gaz de schiste, seront passés sous silence.

    Le marché des matières premières, de l’énergie, sont parmi ceux qui, dans l’histoire de l’humanité, ont généré les guerres les plus brutales et les plus violentes. Areva, Total sont probablement parmi les entreprises les plus criminelles de l’Etat Français, soutenant les juntes, armant des milices, arrosant d’argent des cliques de bandits. Lorsque Areva s’implante au Niger, elle s’entoure de sa milice, l’armée française. Si elle est menacée, la société réplique par l’or, en corrompant et achetant, puis par le feu.  Lorsque Total annonce qu’il s’intéresse à un gisement, gare à celui qui est assis dessus. Il est, dans les pays d’Afrique, quasiment devenu proverbial de dire « lorsqu’un européen trouve du pétrole, il est aux anges ; lorsqu’un africain en trouve, il pleure. »

    Derrière le pétrole et l’électricité se niche le crime, les meurtres, les coups d’Etats.

    C’est également valable derrière le café et les fèves de cacao. L’alimentation est un marché colossal dans lequel on ne s’encombre pas non plus d’une grande morale. Qu’importe si le dumping brise l’économie d’un pays, ou si le hype autour du Quinoa fait flamber les prix de celui-ci, jusqu’à le rendre inabordable pour les Péruviens. L’agroalimentaire est une industrie capitaliste comme un autre, avec sa recherche de rendements maximaux. Lorsque interrogés sur ce qui les avait le plus surpris aux USA, plusieurs individus ont répondu « tout est doux et sucré, même le pain. » Sucrer partout au mépris de la santé, tant que cela développe une addiction. Les industries versent en quantité sel et sucre dans les aliments, le but n’étant pas de nourrir, mais de faire qu’ils soient trouvés bon et qu’ils poussent à être rachetés. Le site santé magazine ainsi explique :

    Le sel donne plus de saveur

    Les industriels ont parfois la main lourde sur le sel car il relève et masque le goût de certains produits bas de gamme utilisés dans les plats préparés.

    Ce nutriment contribue également à augmenter notre sensation de faim et de soif. Il accroît la quantité d’eau présente dans les aliments et augmente leur poids… Bref, l’ajout de sel est un réel bénéfice pour l’industrie agroalimentaire…

     Pas de morale en régime capitaliste, s’il faut empoisonner pour faire du profit, cela se fera. Ruiner la nature n’est pas un obstacle non plus. L’industrie agro-alimentaire, la production agricole engendrent ne nombreux maux, tant par rapport à la maltraitance des travailleurs, des animaux, que de la nature en général. La production éthique est aussi un marché, qui justifie de gonfler les prix pour une simple question de branding. Le marché du bio est un marché, avec ses investisseurs, ses mascarades, ses mensonges aussi. Dès lors qu’il est possible de générer des espèces sonnantes et trébuchantes, tout est bon.

    La mort rapporte.

    Si la vie est un marché, la mort en est un tout aussi porteur. Les vendeurs de tabac ne se gênent pas pour faire la promotion de leurs produits de manière détournée. Si ils ont été étrillés par les pouvoirs publics, ils n’en poursuivent pas moins un jeu typiquement libéral: si cela vous tue mais que cela rapporte, nous le produirons. Pour autant, le client est averti et cela n’est pas notre propos précisément. En revanche un secteur bien souvent oublié est celui des obsèques.
    La mort d’un être cher est, sans l’ombre d’un doute, un des événements les plus durs qu’un individu puisse vivre. Pourtant, là encore, le capitalisme trouve une manière de s’insinuer vicieusement pour tirer un maximum de profit.

    « 60 millions de consommateurs » les ont épinglé: les assurances obsèques sont des opportunistes de bas-étages. La mort est un marché particulier dans le sens où il s’adresse souvent à des personnes en situation de vulnérabilité. Faire payer chèrement une protection inutile est un jeu bien scandaleux. Nous citons BFM business au sujet des pompes funèbres : « Le prix total des obsèques, hors caveau et concession, s’établit à 3.350 euros en moyenne contre 3.098 en 2011, soit une augmentation de 8,18%, plus du double de l’inflation sur la période », constate l’association de consommateurs, qui a envoyé en mai-juin des enquêteurs anonymes dans 818 magasins funéraires.

    Pour François Michaud-Nérard, directeur général des Services funéraires de la Ville de Paris, cette augmentation des tarifs n’est pas une surprise. Il juge même cette hausse supérieure à l’inflation « normale » car « 40 à 50% des charges des entreprises de pompes funèbres sont de la main d’oeuvre » qui augmente plus que l’inflation, précise-t-il. En outre, « au moment d’un décès, les familles ont souvent du mal à faire réaliser plusieurs devis », explique-t-il. Et quand bien même elles le feraient, « certaines entreprises cherchent à recréer des monopoles, ce qui fausse la concurrence », constate-t-il. Les consommateurs pensent interroger deux entreprises différentes et s’adressent sans le savoir au même groupe. »

    Sans vergogne, tirer du profit du malheur des autres est un art. Et si ce n’est pas eux, ce sera un autre groupe qui prendra ce marché.

    Causer le mort est un marché juteux et nous ne saurions finir ce petit tour d’horizon sans mentionner une industrie qui est passée maître dans l’art de l’infliger : l’armement.

    401 milliards de dollars de ventes réalisées en 2014. Un marché dans lequel nous sommes, dans l’Etat français, 4ème derrière les USA, l’Angleterre et la Russie [les données chinoises sont fort opaques mais probablement plusieurs entreprises sont présentes dans le top 20, notamment la firme Norinco].

    L’Etat Français est plutôt bien représentés, par ailleurs. Airbus Group ; Thales ; SAFRAN ; DCNS, quant à lui est 23ème.  Si pour certains, il y a de quoi sauter de joie et sortir le champagne, nous ne regardons cela qu’avec répugnance.

    Tuer est un marché sur lequel les investisseurs se pressent, tant il est immense. La recherche est aiguillonnée pour trouver de nouvelles méthodes d’assassinats, de meurtre et de mutilation. Si la façade se couvre de non-létal et de précision chirurgicale, les bombes à sous-minutions, les mines, les pièges blessent et tuent. Areva ne se prive pas de fournir de l’uranium appauvri qui nucléarise les conflits et pollue durablement les champ de bataille. Les nanotechnologies ont connu une de leur premières applications pratiques dans les bombes fuel-air, les plus puissantes bombes non-nucléaires, réputées pour leur capacité à entrainer des barotraumas par l’effet de surpression [poumons perforés, tympans éclatés.. ]. C’est un marché mirobolant, dans lequel la publicité joue aussi un grand rôle.

    Sans sauter à pied joint dans le point Godwin, même les exterminations d’êtres humains, le travail forcé, sont tout autant de secteurs dans lesquels l’investissement capitaliste fait merveille. Les camps de travail sont tout autant d’occasions de pouvoir employer une main d’œuvre à bas coût, y comprit des individus qualifiés. L’industrie allemande [et de France aussi] ne s’est nullement gênée pour employer des morts de faim, des condamnés, des opposants. Tant que l’argent coule à flot, tant que les profits s’accumulent, tout est possible.

    Les prisons sont des centres à profit. Le programme de privatisation en France a donné naissance à un puissant marché dans le domaine, dominé par des sociétés comme Bouygues pour le bâtiment ou Sodexo pour la fourniture en alimentation. Mais le champion toute catégorie reste les USA, avec la plus grande population carcérale du monde. L’administration pénitentiaire du Colorado admet ainsi un chiffre d’affaires de 65 millions de dollars par an grâce à la vente de poissons et de lait de chèvre.

    Nous citons Blasting news : « Les prisons privées sont gérées par trois entreprises : Corrections Corp. of America, le premier acteur du secteur, GEO Group Inc. et Management and Training Corp. Le secteur des prisons privées ne connaît pas la crise : CCA a ainsi vu son chiffre d’affaires augmenter de plus de 500% depuis sa création en 1983.

    En 2012, le prix Nobel d’économie Paul Krugman dénonce l’influence des lobbyistes des prisons privées sur les politiques carcérales. Les entreprises de prisons privées favorisent ainsi l’adoption par le Congrès de lois contribuant à augmenter la population carcérale : la loi sur la seconde récidive (Three-strike laws), permettant une condamnation à perpétuité dès la troisième infraction, la loi sur les peines incompressibles (Truth-in-sentencing laws), ainsi que la très controversée loi anti-immigration en Arizona, permettant à la police d’arrêter quiconque ne pouvant pas prouver qu’il est entré légalement aux Etats-Unis. Les contrats des prisons privées avec l’Etat fédéral comprennent de plus une « clause d’occupation », affirmant que les autorités locales doivent garantir un taux de remplissage des prisons privées entre 80% et 100% pendant 20 ans, indépendamment de l’évolution du taux de criminalité́. »

    Le capitalisme, c’est le crime cynique de l’exploiteur.

    Ce petit tour d’horizon du capitalisme n’a pas pour but d’exempter de toute responsabilité notre entrepreneur en containers. Il est simplement là pour remettre les choses en perspectives. Le capitalisme ne se soucie pas d’être humains.

    Le capitalisme n’est pas là pour répondre aux besoins, mais uniquement aux désirs, qu’il n’hésite pas à susciter lui-même.

    Les investisseurs, les patrons et patronnes, la classe capitaliste ne voit que trois choses dans ses frères et sœurs d’espèce.

    Une main d’œuvre servile et qui doit produire le plus à des coûts les plus bas.
    Des clients et des marchés qui doivent payer le plus cher possible.
    Des concurrents à assujettir et à éliminer.

    C’est là la nature du capitalisme dans ses gènes. Elle n’est pas amendable ni contrôlable. Ceux qui prétendent dissocier un « bon » d’un « mauvais » capitalisme sont naïfs ou mentent. Les processus qui amènent à la rapacité la plus avide, la plus abjecte sont dans les fondements même de ce système qui ne se traduit que par la misère, la pénurie, la spéculation et la guerre.
    Le capitalisme à visage humain n’est qu’un conte de fées écrit pour donner l’espoir d’un amendement, d’une amodiation. Mais il est impossible car nul ne peut changer la nature du capitalisme, qui est de faire du profit.

    Les candidats aux élections présidentielles de 2017 s’inscrivent tous dans cette démarche mensongère. Du NPA au programme de syndicat, qui négocie la dimension des entraves au Front National qui se pare d’un voile rouge mais n’est que la forme la plus agressive de capitalisme, en passant par un Mélenchon social-chauvin et impérialiste, nul ne condamne le capitalisme et sa nature criminelle.

    Nous ne coupons pas dans ce jeu. Nous ne sommes pas des réformistes masqués en révolutionnaires. Nous voulons briser le pouvoir de la bourgeoisie, le pouvoir de l’impérialisme. Nous n’avons pas honte de le dire, nous devons la combattre pied à pied sans lui laisser la moindre possibilité de riposter. Nous devons briser son Etat, son outil d’oppression. Nous devons la contraindre, s’il le faut par la force, à abandonner son pouvoir et à être jugée pour ses crimes et détruire en tant que classe sociale.

    La bourgeoisie est un parasite mortel dont l’humanité doit guérir pour avancer.

    Il nous faudra du temps, de l’énergie, de la résolution pour reconstruire ce que le révisionnisme a détruit, ce que l’opportunisme a saccagé. Nous avons besoin d’un Parti. Nous avons besoin d’une Internationale. Nous avons besoins, cent ans après, d’une nouvelle révolution!

  • Pollution à Lyon: les intérêts privés responsables !

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    (Source de l'image: Lyon Capitale)

    "Le préfet a demandé à Gérard Collomb de prendre des mesures afin que les TCL soient gratuits vendredi. Pour l'heure, aucune suite positive n'a été donnée à cette demande du côté de la Métropole." (Source le Progrès)

    En plein pic de pollution, la mairie et Lyon Métropole, ainsi que les acteurs qui bénéficient de la "délégation de service public" -manière discrète de privatiser- préfèrent ne pas renoncer à leurs bénéfices, surtout avec la manne considérable du 8 décembre. Qu'importe la santé, tant que les actionnaires des TCL conservent leur argent. Aucun étonnement à avoir, de la part d'un soutien fervent d'Emmanuel Macron.

    Pour autant, les charognards ne rechignent pas à se servir de ce pic de pollution pour attaquer la lutte des travailleurs "Problème, la CGT appelle depuis quelques jours les employés de TCL à faire grève ce jour-là. Une prise de position qui exaspère Pascal Blache, le maire du 6e arrondissement. [Participant, par ailleurs, à la mascarade fascisante et pseudo-putschiste de "jour de colère"] Selon lui, les grévistes ont leur part de responsabilité dans ce pic de pollution rencontré actuellement. Les faibles températures limitent, pour le moment, l’utilisation des cyclos et autres modes doux." (Source Lyon People)

    Opportunisme de bas étage qui cherche à faire endosser la responsabilité du pic aux travailleurs et travailleuse des TCL. Et qui exige que la CGT "prenne ses responsabilités." Même discours que pendant l'Euro de Football, argument cassant la mobilisation contre la loi El-Khomri.

    Si quelqu'un doit prendre ses responsabilités, c'est la direction des TCL, qui doit cesser de faire obstacle aux revendications des travailleurs et des travailleuses des TCL. C'est à eux d'assumer l'intégralité de la responsabilité de la situation. A travers elle, ce sont les actionnaires qui sont la chape de plomb qui bloque toute résolution positive de cette situation.

    Les bourgeois, les bourgeoises et leurs intérêts de classe ne sont que des freins au développement d'une société capable de prendre en compte l'environnement. Tant que ce sont ces intérêts qui la dirige, la Loi du profit régnera.

     

    Organisons nous pour les chasser !