Étiquette : Russie

  • Le Parti Maoïste de Russie appelle à une journée d’action le 22 mai 2022 sous le slogan « Le féminisme n’est pas toxique »

    Le Parti Maoïste de Russie appelle à une journée d’action le 22 mai 2022 sous le slogan « Le féminisme n’est pas toxique »

    Nous publions cet appel du Parti Maoïste de Russie à une journée d’action en faveur du féminisme le 22 mai. En effet, en Russie, le pouvoir promeut une vision traditionnaliste et rétrograde de la société. Considérés comme des idées occidentales « extrémistes », les mouvements féministes et LGBT sont accusés de saper les bases de la société russe. Avec la guerre, une fracture encore plus grande s’est formée entre Russie et Occident. Cela accentue la pression sur celles et ceux qui veulent connaître une évolution des mœurs et des rapports sociaux et familiaux. Il ne faut pas oublier que, en 2016, le gouvernement Russe avait déjà dépénalisé les violences conjugales. Nos camarades du RPM sont en première ligne face à la répression : leur travail est irremplaçable ! Soutenons les et soutenons l’ICOR !

    Contre la censure anti-féministe et la répression en russie!

    Après la chute du capitalisme bureaucratique en 1991, le mouvement des femmes de masse de la Russie a commencé à se développer progressivement. Cette évolution a été facilitée par la disparition de la pression du révisionnisme soviétique et par un fort échange culturel avec les pays occidentaux. Mais la base la plus importante du développement du féminisme russe a été les réformes néolibérales du gouvernement, qui ont gravement affecté la position des femmes dans la société. Le nombre d’emplois féminins a diminué en raison de l’effondrement de secteurs entiers de l’économie. Les revenus des femmes ont été touchés par la baisse générale du niveau de vie. Le nombre de femmes impliquées dans la prostitution a augmenté et les femmes ont été activement exportées à l’étranger. Dans les années 1990, la situation criminelle ne s’est pas améliorée en raison du niveau élevé de banditisme et de la grande consommation d’alcool. Tout cela a conduit à un niveau élevé et constant de violence à l’égard des femmes. Toutefois, le gouvernement Eltsine n’a pas mené une politique antiféministe active.

    Une nouvelle étape dans le développement du mouvement de femmes massif a commencé avec la montée en puissance du Nouvel Impérialisme en Russie et l’accession au pouvoir de Poutine. Comme dans tout pays néo-impérialiste, la Russie a vu à la fois la progression des mouvements de libération et une croissance réciproque du fascisme de régime et des transformations réactionnaires de la société. Depuis la fin des années 2000, le gouvernement russe, de plus en plus clérical et antidémocratique, s’est mis à prôner systématiquement la restriction de l’avortement dans le pays (« semaine de silence », consultations d’un psychologue et d’un prêtre, interdiction soudaine de l’avortement pendant une semaine dans certaines régions du pays, discours sur la nécessité d’adopter l’expérience allemande des articles 218-219 du code pénal allemand). En 2013, une loi homophobe et lesbophobe contre la « propagande de l’homosexualité » a été adoptée, suivie d’une répression contre la communauté LGBT. En 2017, les violences domestiques ont été légalisées en Russie.

    Parallèlement, la rhétorique de la maternité imposée (dans le contexte d’un programme d’incitation à la fécondité assorti de récompenses en espèces pour avoir de nombreux enfants) et de l’anti-féminisme par les représentants du parti au pouvoir Russie Unie (« Единая Россия »), ainsi que par l’opposition de poche de Poutine représentée par le CPRF, le LDPR et Russie Juste (« Справедливая Россия »), s’est renforcée. Dans le même temps, le mouvement des femmes russes se développait activement. Alors qu’au début des années 2010, le féminisme russe empruntait beaucoup aux tendances occidentales du mouvement des femmes et s’appuyait sur le soutien de fondations occidentales pour ses activités, dans la seconde moitié des années 2010, le féminisme russe s’est massivement orienté vers des positions féministes radicales, qui disposaient d’une base de masse plus solide. Le début de l’année 2019-2020 a vu les premières grandes manifestations de rue des féministes, alors que la Douma d’État de la Fédération de Russie examinait une loi contre les violences domestiques (qui n’a finalement pas été adoptée). Le mouvement des femmes russes connaît également une croissance rapide sur les médias sociaux. Mais malheureusement, le mouvement est encore décentralisé. Toutes les tentatives de créer une organisation féministe/un parti féministe pan-russe ont jusqu’à présent échoué. Les féministes sont dispersées dans les villes. Dans certaines villes, il existe 2 ou 3 organisations féministes qui sont en désaccord les unes avec les autres.

    En mai-juin 2021, plusieurs députés de Russie Unie (Inga Yumasheva, députée à la Douma d’État et membre du Comité de la famille, des femmes et des enfants ; Vitaly Milonov, député à la Douma d’État et politicien homophobe bien connu en Russie) et Gennady Zyuganov, chef du Parti communiste de la Fédération de Russie, se sont prononcés en faveur de l’interdiction du féminisme radical en Russie. Milonov a appelé à assimiler les féministes russes aux terroristes et aux néo-nazis. Le 29 septembre 2021, Andrey Tsyganov, président de la commission pour la protection des enfants contre les contenus destructeurs sous l’égide de Roskomnadzor, a suggéré que le mouvement LGBT, les féministes radicales et le mouvement Child Free (c’est-à-dire les personnes qui ne veulent pas avoir d’enfants) soient déclarés extrémistes (c’est-à-dire terroristes et interdits en Russie).

    Enfin, le 29 janvier 2022, Vladimir Poutine a demandé au chef de cabinet adjoint Sergey Kirienko, lors du Conseil russe des droits de l’homme, d’envisager la création d’un registre des « contenus toxiques » d’ici le 1er juin. Par « contenu toxique », l’ordre de Poutine inclut le féminisme radical, les LGBT et la liberté des enfants, mis sur un pied d’égalité avec la violence, la zoophilie et l’anti-vaccination, d’une part. Il est également important de noter que les officiels comprennent le féminisme radical comme n’importe quel type de féminisme, car ils ne sont pas au courant des tendances. Pour eux, tout ce qui nécessite un changement dans la position des femmes en Russie est radical. Cette dernière initiative, si elle est couronnée de succès, aura un impact sérieux sur les droits des femmes et des personnes LGBT en Russie, ce sur quoi compte la bourgeoisie monopolistique, qui la promeut par le biais de ses politiciens réactionnaires.

    Le féminisme russe reste fragmenté pour l’instant. Le mouvement des femmes en Russie a également été durement touché par la vague d’émigration massive de militants démocratiques du pays après le déclenchement de la guerre d’agression contre l’Ukraine. Le mouvement LGBT a été sévèrement étouffé par la répression ces dernières années. La guerre impérialiste avec l’Ukraine est une excuse commode pour imposer le fascisme et les réformes réactionnaires. Le régime de Poutine évolue rapidement vers une dictature fasciste, une censure totale et une répression de masse.

    Le parti maoïste russe prépare activement une protestation contre l’initiative anti-femmes de la bourgeoisie russe. Nous avons programmé les premières manifestations panrusses pour le 22 mai. Nous essayons d’unir le mouvement féministe dans le pays, nous mettons en place un comité de résistance, nous renforçons l’initiative sur le terrain. Nous essayons d’impliquer dans la lutte toutes les forces démocratiques, de femmes et de jeunes qui seront affectées par l’initiative de répression et de censure des autorités russes.

    Nous appelons nos camarades d’ICOR des autres pays à faire preuve de solidarité internationale et à organiser des actions de solidarité avec notre lutte pour la liberté des femmes en Russie, la lutte pour la démocratie et le socialisme réel le 22 mai 2022.

  • MMLPL : L’humanité est-elle menacée par une troisième guerre mondiale ?

    MMLPL : L’humanité est-elle menacée par une troisième guerre mondiale ?

    Nous publions ce document de la Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine (MMLPL).

    En attendant, les opérations de mobilisation des forces terrestres et navales, qui sont armées de divers types d’armes létales, se poursuivent près des frontières ukrainiennes. D’une part, il y a un renforcement militaire russe à la frontière ukrainienne. La Russie a déplacé plus de 175 000 soldats à sa frontière avec l’Ukraine. Elle a également mené des exercices militaires conjoints avec la Biélorussie. D’autre part, il y a des porte-avions des impérialistes occidentaux et de l’OTAN, qui fournissent un soutien financier et militaire au régime existant en Ukraine. Alors que Poutine justifie son renforcement militaire à la frontière avec l’Ukraine en condamnant les intentions agressives de l’OTAN et des puissances occidentales, les médias occidentaux appellent à la fermeté face aux menaces russes agressives contre la souveraineté de l’Ukraine. Les informations sur une invasion russe imminente, diffusées à haute voix par les médias occidentaux, ne doivent-elles pas être prises au sérieux ? S’agit-il d’une campagne de propagande créée par la Central Intelligence Agency américaine dans le but d’influencer l’opinion publique ? Face à ces développements, le monde a commencé à retenir son souffle par crainte du déclenchement d’une troisième guerre mondiale en Europe, qui pourrait étendre son feu au reste du monde, comme cela s’est produit pendant les première et deuxième guerres mondiales.

    Avant l’effondrement de l’Union soviétique en 1989, l’Ukraine et de nombreuses autres républiques indépendantes entourant la Russie faisaient partie de l’Union soviétique. Mais l’interaction d’une crise économique et politique prolongée a conduit à l’effondrement du bloc de l’Est et à la dérive de l’Union soviétique pour se transformer en un nouvel État capitaliste impérialiste. La logique qui unit les républiques indépendantes à l’Union soviétique, dont l’Ukraine, était la pensée politique fondée par Lénine, qui mettait l’accent sur le droit des peuples à l’autodétermination et sur leur libre choix d’adhérer ou non au groupe soviétique, et c’est ce qui les a fait rejoindre le groupe après la Révolution de 1917, au regard d’une égalité effective, cohérente et complète entre toutes les parties. Mais cet héritage politique léniniste laissera progressivement la place après la mort de Staline à une domination supra-bureaucratique. Cette domination s’est encore incarnée avec l’effondrement de l’Union soviétique et les tentatives du régime impérialiste russe montant d’imposer son hégémonie par la force aux anciennes républiques indépendantes.

    Mais face à la désintégration de l’Union soviétique et à la faiblesse de l’entité russe au cours des années 90 du XXe siècle, et à l’accélération des États-Unis d’Amérique pour s’imposer au monde comme une puissance super impériale, à travers l’annonce par George Bush père de l’établissement d’un nouvel ordre mondial de paix, de prospérité et de démocratie, il s’avère que la victoire des États-Unis et de l’Occident impérialiste sur l’Union soviétique est frauduleuse. Après la chute de l’ennemi commun à l’Est, le bloc occidental lui-même a commencé à se diviser et à se désintégrer, alors qu’il entrait dans une nouvelle phase d’une crise économique et politique complexe par la multiplicité des actions et des réactions à la surproduction et à la baisse du taux de profit du mode de production capitaliste. Ces différences étaient clairement évidentes dans les guerres des Balkans au début des années 1990, lorsque les positions des impérialistes occidentaux sur les massacres sanglants qui ont accompagné la désintégration de la Yougoslavie étaient nombreuses.

    Malgré la tentative des États-Unis d’Amérique d’affirmer leur autorité, en s’appuyant sur leur écrasante supériorité militaire, avec un certain succès lors de la première guerre du Golfe en 1991, et plus négativement lors de l’invasion de l’Afghanistan en 2001 et de l’Irak en 2003, cette faiblesse a conduit à un déclin progressif devant les gangs fascistes islamistes. Cela a conduit à une accélération de l’expulsion des forces américaines de toutes les parties du Moyen-Orient stratégiquement vital.

    Après une période relativement courte d’affaiblissement de l’impérialisme russe au cours des années 90, cet impérialisme a commencé à se rassembler sous la direction de l’ancien chef du KGB Poutine et à se réaffirmer, à travers l’énorme machine militaire héritée de la période de la guerre froide et basée sur ses importantes réserves d’énergie, en particulier le gaz naturel, qui peut être utilisé pour faire chanter les pays qui en dépendent le plus. Sans affronter directement ses rivaux impérialistes, il a fait de son mieux pour approfondir les divisions entre eux, grâce à l’utilisation intelligente de la guerre électronique et de la propagande secrète. Elle s’est ensuite manifestée dans l’affaiblissement de l’Union européenne comme le soutien aux forces populistes lors du référendum sur le Brexit, en France et en Europe de l’Est, ainsi qu’un soutien à la candidature de Trump aux États-Unis.

    Les tentatives de l’impérialisme russe pour s’affirmer et surmonter la faiblesse du début des années 90 ont porté sur l’imposition d’un contrôle plus strict sur l’économie nationale, puis par des opérations militaires violentes en Tchétchénie, au cours de la période 1999-2000, comme un avertissement contre de futures les tentatives de sécession de la Fédération de Russie. Les forces russes sont intervenues en Géorgie en 2008 pour soutenir la sécession de l’Ossétie du Sud et contrecarrer le rapprochement géorgien avec l’OTAN, puis ont annexé la Crimée en 2014, en réponse à la Révolution orange en Ukraine et à l’émergence d’un gouvernement pro-occidental qui voulait rejoindre l’OTAN. L’intervention des forces armées russes en Syrie a également été décisive pour empêcher la chute d’Assad et la perte éventuelle de la base navale russe de Tartous. Contrairement au succès des États-Unis d’Amérique dans les années 70 et 80 à expulser l’Union soviétique du Moyen-Orient, en particulier d’Égypte et d’Afghanistan, la Russie est aujourd’hui revenue en force, alors que les États-Unis se retirent. Dans bon nombre de ces actions militaires, la Russie a bénéficié du soutien manifeste ou tacite de la Chine, car la Chine cherche à affaiblir l’emprise américaine sur la région.

    L’impérialisme américain n’a pas vaincu l’avancée de l’impérialisme russe, mais a poursuivi sa politique d’encerclement de cet impérialisme montant, comme il l’a fait avec l’ex-Union soviétique. Le fer de lance de cette politique a été l’expansion des membres de l’OTAN, car l’impérialisme américain a réussi à attirer de nombreux pays qui faisaient auparavant partie du bloc soviétique. Cela a fait que l’impérialisme russe s’est senti menacé par les efforts visant à faire entrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN. Cela constituait l’une des principales demandes de Poutine pour désamorcer la crise ukrainienne : un engagement de l’Ukraine à ne pas rejoindre l’OTAN et le retrait des forces ou des armes étrangères des pays qui ont rejoint l’OTAN depuis 1997.

    La Russie a demandé aux États-Unis et à l’OTAN notamment de s’abstenir de toute activité militaire dans l’ancien bloc de l’Est. S’abstenir de déployer des missiles suffisamment proches pour frapper la Russie. Et mettre fin à l’extension de l’OTAN vers l’est. Mais les médias occidentaux ont jugé ces demandes complètement déraisonnables, contrairement à l’ancien secrétaire d’État américain James Baker qui a promis qu’« il n’y aura pas d’extension de l’OTAN… d’un pouce vers l’est ». Mais depuis lors, l’OTAN s’est étendue de 1 000 km vers l’est et a également promis que l’Ukraine et la Géorgie deviendraient un jour membres. Les impérialistes américains et européens ont également apporté un soutien maximal aux différentes révolutions colorées, notamment en Ukraine, qui a reçu depuis 2014 2,5 milliards de dollars d’aide militaire américaine. Ils dirigent également la propagande et les protestations contre la misère économique et la tyrannie des dirigeants pro-russes.

    La référence ici est cependant ancrée dans les difficultés économiques de l’impérialisme russe, notamment avec la chute des prix du pétrole dans le sillage de la crise de 2008. Le revenu réel a chuté de 11 % entre 2013 et 2020. De plus, le taux d’inflation est actuellement supérieur à 8 %, ce qui entraîne une baisse du niveau de vie de la classe ouvrière. C’était la véritable raison des protestations qui ont éclaté après l’arrestation de Navalny l’année dernière, ainsi que des résultats décevants des élections du parti Russie Unie de Poutine.

    Partant de la position purement défensive de l’impérialisme russe et de sa conscience que les États-Unis eux-mêmes sont confrontés à de grandes difficultés, de son inquiétude face à la montée de la Chine et de son souci de ne pas s’impliquer sur trop de fronts à la fois, comme démontré par son retrait humiliant d’Afghanistan, Poutine a commencé à menacer d’intervenir en Ukraine, ce qui l’aide à cimenter son image d’homme fort de l’impérialisme russe, surtout face à sa popularité en baisse, à la lumière des scandales de corruption, des politiques de plus en plus répressives contre les politiciens de l’opposition et les journalistes, et les difficultés économiques croissantes du pays.

    Il est clair que le motif de Poutine pour attiser les flammes de la superpuissance nationaliste russe est une tentative de détourner l’attention des gens des problèmes intérieurs. Pendant de nombreuses années, Poutine a su surfer sur la vague du boom pétrolier, sa cote de popularité atteignant près de 70 %. Ce pourcentage est également passé à environ 85% en raison de l’humeur chauvine après l’annexion de la Crimée. Cependant, sa popularité repart à la baisse, tombant à 50% en 2020 – et même plus bas selon les sondages d’opinion.

    Un conflit de faible intensité continue avec les forces séparatistes russes dans l’est de l’Ukraine malgré diverses tentatives de cessez-le-feu. Même si l’impérialisme russe s’abstient d’une invasion pure et simple, il faire pression pour renforcer son soutien aux forces séparatistes ou pour saper l’unité de l’Ukraine en tant qu’État sur d’autres fronts. Quant à l’impérialisme américain et européen, même s’il n’intervient pas militairement pour protéger le territoire ukrainien, il continuera à fournir armes et entraînements à l’armée ukrainienne. Il pourrait également répondre par des mesures économiques préjudiciables à la Russie, telles qu’une interdiction complète des principales banques d’État et agences d’investissement russes, ainsi que de nouvelles sanctions visant les mines, les métaux, le transport maritime, les assurances et les médias.

    Mais il ne semble pas que les impérialistes russes et américains aient un intérêt direct à une confrontation militaire immédiate et directe. L’invasion de l’Ukraine par la Russie est une chose, mais la maintenir en est une autre, Poutine devra tenir compte du fait qu’il devra faire face à une rébellion intérieure, même si l’invasion réussit, ce qui pourrait déstabiliser davantage les positions de l’impérialisme russe à la fois sur le plan interne et extérieurement. L’occupation de Kiev et des villes ukrainiennes du sud nécessitera une énorme force militaire et un coût financier et humain que Poutine pourrait ne pas être en mesure de payer. Il est clair qu’une grande partie de la population ukrainienne rejetterait l’invasion russe si elle se produisait. Depuis les manifestations de Maidan en 2014, qui ont conduit au renversement du gouvernement de Ianoukovitch, nous avons vu le pays promouvoir le nationalisme ukrainien réactionnaire anti-russe et l’idéologie d’extrême droite. Le soutien de l’OTAN à l’Ukraine a également augmenté de façon spectaculaire dans les années qui ont suivi l’annexion de la Crimée par la Russie. Selon un récent sondage, près de 60 % des Ukrainiens voteraient pour l’adhésion à l’OTAN s’il y avait un référendum, même si le pays est divisé selon des lignes géographiques. Il est donc peu probable que la Russie soit en mesure d’absorber l’Ukraine sous la menace d’une arme.

    Si une occupation à grande échelle de l’Ukraine est hors de question, les menaces de Poutine ne sont pas totalement vaines. Il est possible que la Russie lance une petite guerre ou une frappe chirurgicale contre les installations militaires ukrainiennes. Cela peut inclure l’annexion de toute la région du Donbass, qui est déjà sous le contrôle des forces pro-russes, ou l’établissement d’un corridor terrestre vers la Crimée précédemment annexée, ou la relance du soi-disant projet de la Nouvelle Russie, qui comprend une tentative d’isoler l’Ukraine de la mer Noire.

    La phase actuelle, surtout depuis la crise économique mondiale de 2008, est caractérisée par l’accélération de la tendance agressive des puissances impérialistes mondiales qui se sont retrouvées dans un état de chaos depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1989, et leur course effrénée pour surmonter leur crise chronique de surproduction et la détérioration du taux de profit qui lui est associée. Cette dernière crise constitue le véritable moteur des diverses politiques impérialistes agressives contre la classe ouvrière, contre l’indépendance des peuples et contre l’unité de l’homme et de la nature. L’escalade des tensions dans la région russe entre les impérialistes russes et occidentaux est l’un des épisodes de la tentative de transcender le capitalisme mondial jusqu’à sa crise chronique, et où il recourt, par la propagande et les médias, à mobiliser les travailleurs dans toute guerre attendue en incitant à des conflits nationaux, racistes et chauvins et à des arguments sur la démocratie et la menace pour la paix mondiale. À la lumière de cette réalité, la mobilisation mondiale de la classe ouvrière pour résister à la menace impérialiste contre la paix mondiale devient la tâche principale de ses organisations d’autodéfense, en particulier les organisations communistes et révolutionnaires et l’alliance internationale contre l’impérialisme et le fascisme.

    À cet égard, Lénine dit : « Nous, marxistes, nous distinguons des pacifistes et des anarchistes en reconnaissant la nécessité d’étudier chaque guerre séparément (du point de vue de Marx sur le matérialisme historique). L’histoire a connu de nombreuses guerres qui étaient des guerres progressistes – malgré toutes les horreurs, les épreuves, les maux et les douleurs que toute guerre produit inévitablement, quoi qu’il arrive –, c’est-à-dire que ces guerres ont été bénéfiques au développement humain et ont contribué à détruire des régimes particulièrement néfastes et réactionnaires (État absolu ou servage, par exemple) et à détruire la tyrannie la plus barbare d’Europe (turque et russe). »

    Lénine ajoute dans son livre sur le socialisme et la guerre paru en 1915, qu’« il est impossible d’éliminer les guerres sans éliminer les classes et sans instaurer le socialisme ». Cela signifie que la poursuite de la domination impérialiste sur le monde ne fera que conduire à plus de maux, de guerres et de massacres humains. Nous reconnaissons pleinement la légalité, le caractère progressiste et la nécessité des guerres civiles, à savoir les guerres déclarées par les opprimés contre la classe oppressante, par les esclaves contre les esclavagistes, les serfs-paysans contre les propriétaires terriens et les salariés contre la bourgeoisie. Lénine distingue deux camps de classe, le camp impérialiste-capitaliste et le camp ouvrier.

    Auparavant, pendant la guerre froide, les grandes puissances impérialistes avaient suspendu une épée nucléaire au-dessus de la tête de l’humanité. Elle reste suspendue dans un monde qui n’obéit plus aux diktats de blocs cohérents, et où le niveau d’armement de nombreuses nations en armes de destruction massive n’a jamais atteint son degré actuel. Quels que soient les calculs rationnels des partis dominants impérialistes, des éruptions soudaines, une escalade et une immersion dans la destruction irrationnelle de l’homme et de la nature ne peuvent être exclues. Aujourd’hui, cependant, la classe ouvrière et les forces révolutionnaires sont appelées partout à s’opposer aux alliances, aux renforcements militaires, aux manœuvres et aux menaces des différents partis les uns contre les autres. Seule la classe ouvrière internationale est capable d’empêcher la tyrannie impérialiste actuelle.

    MMLPL
    (Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line / Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)
    Février 2022

  • La Biélorussie à l’heure du choix.

    La Biélorussie à l’heure du choix.

    Les élections du 9 août 2020 ont redonné le pouvoir à la direction de Alexandre Loukachenko, en poste depuis 1994. Celles-ci se sont déroulées dans un climat de grande tension, notamment à la suite des élections législatives de novembre 2019, lesquelles ont donné un très large ascendant aux organisations présidentielles. Obtenant 80,08 % des voix, la coalition autour de la présidence a écrasé l’opposition, incarnée par Svetlana Tsikhanovskaïa. L’opposition a dénoncé des scrutins truqués, des pressions, des tricheries.

    Elle a appelé à des manifestations pour contester le résultat des élections. Celles-ci ont été réprimées par la police, laquelle a tiré à balles réelles, entraînant plusieurs blessés graves et des milliers d’arrestation. Le 11 août, la dirigeante de l’opposition a fui le pays, pour se réfugier dans la proche Lituanie. Depuis cet exil, elle a incité à continuer la mobilisation contre le régime.

    De son côté, le gouvernement a, lui aussi, incité à ce que ses soutiens descendent dans la rue. Une manifestation favorable au régime s’est déroulée, dans laquelle le Parti Communiste du Bélarus, formé par les anciens cadres du régime, s’est joint aux soutiens à Loukachenko, tandis que les syndicats ont rejoint principalement l’opposition. Un division du Parti Communiste, le Parti Communiste des Ouvriers de Biélorussie, a lui aussi, rejeté la position du PCB pour rejoindre les oppositionnels.

    Ces mobilisations sont appréciés de manière très variée depuis la France. Les réactions et les attitudes ont été parfois d’un soutien clair au régime, parfois d’un soutien à l’opposition. Ces visions diamétralement opposées sont le reflet de la complexité de la situation biélorusse et de l’imbrication des enjeux.

    Une situation complexe.

    Pourquoi la politique du Bélarus est elle si complexe ? Le Bélarus est un de ces pays-pivots, dont l’importance géopolitique est immense. Il représente l’une des voies qui mènent au cœur de la Russie, les autres étant par les pays Baltes et par l’Ukraine. Le Bélarus, dans la conception soviétique puis russe, fait partie de la sphère de sécurité vitale du pays. Pour la conception occidentale, marquée par les théorie de Mahan, Spykman et Brzezinski, il fait partie de ces espaces à contrôler pour refouler (roll back) la Russie vers l’Asie.

    Depuis la terrible saignée de la Seconde Guerre mondiale, la Russie ne peut tolérer un régime qui lui soit hostile dans son espace de sécurité. Elle considère qu’il s’agit, pour elle, d’une question vitale et non-négociable. Un changement radical d’orientation, de la part du régime Biélorusse, une orientation pro-occidentale, serait peut-être un casus belli. L’occident, quant à lui, avance prudemment ses pions, soutenant politiquement et financièrement les oppositions. D’autres intérêts s’entremêlent, comme les appétits chauvins polonais. Une partie des nationalistes voudraient récupérer la ville de Brest-Litovsk et revenir à la Grande Pologne du traité de Riga (1922).

    De plus le pays est une interface économique essentielle pour le transfert du gaz et du pétrole russe vers l’occident. Le pays raffine le pétrole et le revend, encaissant au passage une plus-value importante. Cependant, ce parasitisme, aux yeux de la Russie, entraîne des tensions régulières, et contribue à nourrir le projet de pipe-lines qui passeraient par le fond des mers.

    En dépit de cela, le régime de Loukachenko répond globalement aux besoins de la Russie. Il forme un flanc garde et un glacis protecteur. Quant à sa nature politique, elle fait débat. En dépit de certaines apparences et références à l’Union Soviétique, le régime est loin d’être socialiste. Une partie de l’économie est entre les mains de monopoles d’États, mais cette propriété juridique ne signifie pas que les rapports de production ne soient pas capitalistes.

    Bélarus: nouvelle manifestation de l'opposition, la pression monte ...
    Le Bélarus est hautement dépendant de la Russie pour ses approvisionnements.

    Depuis 1994, d’ailleurs, Loukachenko a accompagné la réduction de ces droits sociaux et la privatisation progressive de l’économie. Le niveau de vie des habitants de la Biélorussie s’est réduit progressivement. Il a également mis en place des mesures réactionnaires, notamment les « lois anti-parasites », qui frappent les plus démunis, les chômeurs et les chômeuses. Malgré certains fantasmes, liés au fait que les droits sociaux en termes d’accès à l’éducation, au logement, aux soins, soient maintenus, grâce notamment à la rente pétrolière, le régime se montre férocement réactionnaire sur les questions de société, notamment sur les droits des LGBT et sur le droit des femmes.

    Il possède, dans le fond, la majorité des caractéristiques d’un régime social-démocrate poussé jusqu’au bout de sa logique, pourrissant, oscillant entre redistribution des richesses et maintien d’un modus vivendi avec les intérêts de sa bourgeoisie. Il peut se comparer à une espèce de péronisme1 ou à d’autres régimes dans lesquels la bourgeoisie nationale tente de trouver un moyen terme entre indépendance et intégration dans une sphère impérialiste.

    Car les relations de voisinage sont particulièrement délicates.

    Les difficiles relations de voisinage.

    Le Bélarus est l’antichambre de la Russie, comme la Pologne est l’antichambre de l’occident. Durant la période précédant les élections, du fait de l’accroissement des tensions entre Est et Ouest, il s’est retrouvé à plusieurs reprises en situation de terrain d’enjeu.

    En théorie, le pays est dans un processus de fusion et d’intégration dans la Fédération de Russie. Dans les faits, le processus est au point mort. Les cliques qui soutiennent Loukachenko ne voulant pas perdre le contrôle de l’économie et être phagocytées par la bourgeoisie russe. Cependant, le pays maintient des exercices militaires conjoints avec la Russie. En 2017, par exemple, les exercices militaires ZAPAD-2017 se sont déroulés sur son sol, simulant une intervention vers les États Baltes et la Pologne. La situation d’avant-poste du Bélarus est d’ailleurs déplaisante (il en était de même pour la RFA et la RDA d’ailleurs.) Dans le cas d’un affrontement majeur en Europe, le pays, qui a perdu 25 % de sa population durant la dernière guerre, est certain d’être à nouveau un champ de bataille central. Cette situation n’est pas sans être déplaisante.

    Les mercenaires perdus.

    En fin juillet, l’arrestation de plusieurs centaines de mercenaires d’une société militaire privée russe a jeté de l’huile sur le feu. Ces professionnels du combat ont été officiellement soupçonnés de vouloir déclencher un scénario à la syrienne ou à la « euromaïdan », dans lequel des agents provocateurs ont sciemment fait exploser les tensions.

    Cependant, les analyses des images de l’arrestation laissent plutôt supposer qu’il s’agit d’une scénette de plus dans la grande pièce de théâtre des relations diplomatiques russo-biélorusse2. Les documents vus correspondent plus au scénario d’un transit de troupes soit vers le Donbass, soit vers les pays chauds, qu’à un projet de déstabilisation par la Russie du scrutin biélorusse.

    Les relations entre Russes et Biélorusses sont d’ailleurs loin d’être binaires et simples. La Biélorussie, qui devrait être, à terme, intégrée dans la Fédération de Russie, renâcle. Elle est un petit frère turbulent. A plus d’un titre, elle évoque la délicate relation entre la Corée du Nord et la Chine. Les deux sont, de fait, des pays dirigés par une bourgeoisie nationale. Les deux sont néanmoins inclus dans une orbite géopolitique, laquelle leur assure une protection. Mais les deux ne veulent pas d’un destin de soumission totale à une sphère impérialiste ou une autre. Il en résulte une diplomatie parfois erratique.

    En réponse à la hausse des taxes sur les échanges entre les deux pays, à partir de janvier 2020, le Bélarus s’est alors tourné vers de nouveaux partenaires commerciaux, dont les USA. Ceux-ci ont saisi la balle au bond, allant jusqu’à proposer 80 000 tonnes de pétrole début août. Sans être un changement d’allégeance, cette opération a été destinée à rappeler à la Russie que le Bélarus possède une certaine souveraineté. Elle s’est d’ailleurs soldée par une renégociation des accords énergétiques entre les deux pays.

    Il est notable que les opposants mis à l’index par le Bélarus ne sont pas tous des pro-européens. Ainsi le site OPEX 360 note : Autre opposant, Viktor Babaryko a été mis sous les verrous car soupçonné d’être à la tête d’un « groupe organisé » accusé de « fraudes » et de « blanchiment d’argent », via la banque Belgazprombank, filiale du géant gazier russe Gazprom, qu’il a dirigée. Le 14 juillet, sa candidature a été écartée par la commission électorale.

    Quand aux influences occidentales, elles sont assez transparentes. Il est certain que l’occident appuie l’opposition. Le refus de l’UE de reconnaître le résultat des élections en Biélorussie est un fort signal dirigé vers les opposants. Cependant ce soutien à l’opposition ne signifie pas que celle-ci soit une marionnette docile entre les mains d’agents de l’étranger. Comme dans l’écrasante majorité des situations politiques, les causes premières sont les contradictions internes, endogènes, et non pas l’influence externe, exogène. La lutte des classes au sein de la Biélorussie est, comme ailleurs, le principal moteur.

    Le peuple biélorusse otage des impérialismes.

    L’opposition, à l’heure actuelle, s’est soudée autour de l’image de Svetlana Tsikhanovskaïa. Elle porte un programme de plate-forme libérale, rassemblant pèle-mêle les intérêts des directeurs de trust d’Etat – lesquels désireraient devenir des patrons à part entière – mais également les aspirations populaires à plus de démocratie et au maintien des conquêtes sociales de l’ère soviétique. La question du leadership, de la direction du mouvement de contestation, est cruciale pour déterminer son évolution. Elle est aussi ce qui déterminera sa nature de classe profonde. Elle oscille, logiquement, à la recherches d’appuis et d’alliés, y compris internationaux. Pour une analyse plus poussée, nous renvoyons au communiqué du PMR ICOR.

    https://unitecommuniste.com/icor/declaration-du-parti-maoiste-russe-pour-une-bielorussie-sans-loukachenko-et-sans-capitalistes/

    Dans certains argumentaires, nous trouvons que cette lutte de classe « fait le jeu » d’un impérialisme ou d’un autre. Dans le monde plein, saturé, quadrillé par les impérialismes, c’est un fait, oui. Chaque mouvement des uns et des autres impacte les rapports de forces internationaux. Mais cette vérité était déjà celle qui, il y a 103 ans, poussait certains à rejeter toute sortie de la guerre de la Russie soviétique, accusant les bolcheviques de faire le jeu de l’impérialisme allemand, voir Lénine d’être l’agent du Kaiser. Au moment des grands empires, certains et certaines éminentes marxistes rejetaient ainsi les mouvements nationaux, sous prétexte qu’ils avaient « raté leur entrée dans l’histoire » et que tout mouvement national était une dilution de l’avancée vers la révolution prolétarienne.

    C’est oublier que, même si les rapaces impérialistes tentent de planter leurs griffes dans chaque mouvement, ce sont les luttes populaires, les combats aux marges des citadelles de l’impérialisme qui contribuent à l’affaiblir. La lutte des bolcheviques, dans le maillon faible de l’impérialisme qu’était l’Empire russe, n’était pas si éloignée de cela. Il en est de même pour la lutte des Kurdes, accusée de « faire le jeu des américains ».

    Dans les faits, la déstabilisation du régime, si le gouvernement l’emporte, risque effectivement de mettre à mal les marges de manœuvre de Loukachenko. Mais, au lieu de « démocratiser » le pays, le résultat pourrait très bien être de le jeter encore davantage dans l’orbite de Moscou. Loukachenko et Poutine se sont d’ailleurs contactés pour s’assurer mutuellement de leur solidarité en cas d’aggravation de la situation.

    La population du Bélarus est elle en dehors de l’histoire, réduite à jouer le rôle de soutien d’un impérialisme ou d’un autre ? Doit-on leur interdire de lutter sous prétexte que cela pourrait « faire le jeu » d’un impérialisme ou d’un autre ? Elle n’est pas guidée par des bolcheviques, malgré la présence de groupes qui combattent avec sincérité contre l’ingérence et contre le capitalisme. Cependant, ce n’est que dans l’action, dans la lutte, que peut émerger une direction révolutionnaire, liée aux masses populaires, capable de trouver le chemin escarpé vers une société juste.

    Quelle position ?

    Cette question est difficile à trancher, comme toutes les questions réelles et concrètes, une fois qu’on sort des bornes rassurantes du cas d’école. Elle est néanmoins révélatrice des clivages et des perceptions variées au sein du mouvement révolutionnaire et du mouvement communiste. Entre ceux qui feront confiance intégralement aux hommes et aux femmes biélorusses pour choisir un régime conforme à leurs intérêts et ceux qui considèrent que l’impérialisme est trop fort.

    Tant que les impérialismes existent, il ne peut exister de « démocratie » pour les espaces qui sont des enjeux géopolitiques. Cette constatation est valable tout aussi bien pour les régimes polonais, hongrois, turcs, ukrainiens… Ces espaces sont trop précieux pour ne pas être contrôlés d’une main de fer. Lorsqu’on regarde des pays dans lesquels les changements de régime ont abouti, les résultats ne sont pas forcément rassurants. Le cas de la Pologne, de la Hongrie, de l’Ukraine est inquiétant. Ces pays sont employés comme glacis protecteurs pour l’Europe, tout comme fers de lance pour frapper les intérêts russe en plein cœur. Mais croire qu’il faut obtenir des garanties de succès avant d’avancer, c’est surtout renoncer éternellement. Chaque lutte présente les caractéristiques d’un coup de poker plus que d’une partie d’échec, comme l’avait déjà déterminé Clausewitz.

    Le destin du peuple de Biélorussie, de ses masses populaires, est là. Soit parvenir à s’extraire de la lutte entre impérialismes, soit demeurer sous le joug de l’un ou de l’autre et de ses pions. L’apport que nous pouvons faire, ici, depuis la France, ne peut passer que par le soutien aux organisations communiste et populaires de ces pays. Les déclarations et les analyses n’ont de sens que si elles sont accompagnées par des actes. Il faut avoir confiance dans les masses du Bélarus pour assurer la double tâche qui est la leur : à la fois conserver l’indépendance nationale de ce pays enclavé et piégé dans le jeu des puissances, et à la fois permettre une politique de progrès social, d’émulation et d’égalité. Cette double tâche ne peut s’assigner depuis l’extérieur. En revanche, il est possible de soutenir des organisations dans lesquelles il faut avoir un certain degré de confiance.

    Bien sûr, la décantation de la situation au Bélarus est potentiellement explosive. Elle crée une instabilité dans la région, instabilité qui peut profiter à des fauteurs de guerre. C’est dans ce cadre-là que le mouvement anti-guerre des puissances impérialistes doit être capable de montrer sa force et sa solidarité. Or, il demeure dispersé, et dans un refus de travailler conjointement. C’est une regrettable attitude, qui entrave son développement et son renforcement. Pourtant, plus l’entropie, la tendance au chaos, fait son lit, appuyée par la crise, plus nos responsabilités en tant que communistes sont grandes.

    Construire le front international pour pouvoir jouer un véritable rôle.

    Le choix de notre organisation, en dépit de sa taille, est de coopérer dans le cadre du Front Uni Antifasciste, animé par l’ICOR et l’ILPS, mais également de s’inscrire dans la coordination ICOR comme membre à part entière. Nous pensons que c’est cette participation et le soutien que nous pouvons accorder aux organisations qui luttent sur le terrain qui peut donner sens à notre positionnement. Nous avons ainsi republié la position du Parti Maoïste de Russie, que nous considérons comme juste et précise. Nous attendons des nouvelles des positions de nos camarades biélorusses membres de l’ICOR. Nous invitons les individus qui veulent contribuer à faire grandir cette coordination à rejoindre les amis de l’ICOR et les organisations membres.

    Derrière le positionnement des organisations politiques, il se pose une question de fond, question ouverte : qu’est ce qui doit primer ? La lutte des classes ou les considérations géopolitiques ?

    Nous appelons à la solidarité avec les inculpés de la lutte, ici et ailleurs. Nous appelons à soutenir les organisations populaires en Biélorussie. Nous appelons à organiser et animer un mouvement anti-interventionniste et anti-guerre en France et en Occident.

    1En référence au courant politique autour de Juan Perón, en Argentine, lequel se basait sur une certaine justice sociale et une redistribution des richesses, sans jamais n’avoir tendu vers le socialisme. Le péronisme était un régime de bourgeoisie nationale qui essayait de s’ériger de manière autonome. Cependant le destin des bourgeoisies, dans l’ère impérialiste, est simple : tendre vers l’impérialisme elle-même ou tendre vers le faire de devenir cliente (compradore) d’un impérialisme.

    2http://www.opex360.com/2020/07/30/letrange-arrestation-de-mercenaires-de-la-societe-militaire-privee-russe-wagner-en-bielorussie/

  • Solidarité avec le Rojava – Défendez la révolution démocratique en Syrie du Nord-Est

    Solidarité avec le Rojava – Défendez la révolution démocratique en Syrie du Nord-Est

    Appel de l’ICOR pour la World Resistance Day [Journée mondiale de résistance] – Journée internationale pour Kobanê

    Pour la cinquième fois, l’ICOR appelle à la journée mondiale pour Kobanê, qui est cette année dénommée World Resistance Day. C’est dans ce sens que j’appelle toutes les organisations membres, les Amis de l’ICOR et toutes les personnes pacifiques et les organisations combatives du monde : Faites du 2 novembre 2019 le jour de la résistance mondiale contre l’attaque turque ! Organisez des manifestations, des actions devant les ambassades des impérialistes impliqués, mobilisez et faites le travail de persuasion parmi les masses. 

    En 2014, encore au milieu des luttes acharnées contre le Daesh fasciste et de la victoire imminente des combattants de libération unis à Kobanê, il y a eu la première journée  mondiale pour Kobanê. En janvier 2015, la ville a été libérée et puis reconstruite selon les objectifs de la « Fédération démocratique de la Syrie du Nord-Est ». Avec une solidarité internationale impressionnante, dont fait partie le Centre médiacl ICOR, qui a été construit en 9 mois par des brigadistes. Avec l’autonomie démocratique, l’égalité des femmes et des hommes, les principes écologiques pour la protection de la nature, le Rojava représente la perspective d’une société libérée.  

    Aujourd’hui, en 2019, Rojava est à nouveau le théâtre d’une résistance efficace et courageuse contre l’invasion de la Turquie, qui viole le droit international et travaille étroitement avec le Daesh et les djihadistes. Depuis le 9 octobre 2019, le régime barbare turc couvre les combattants et la population civile de terreur, d’attentats à la bombe en utilisant aussi des bombes au phosphore interdites. Sous la direction des SDF (Forces démocratiques syriennes), la population arabo-kurde et tous les autres groupes ethniques qui y vivent ont défendu leur territoire, causé des défaites à l’armée turque sur le terrain et obtenu en lien avec la résistance solidaire mondiale un armistice, qui est pourtant constamment brisé. Les accords entre la Russie et la Turquie (accord de Sotchi) et entre la Turquie et les États-Unis signifient la trahison des intérêts du peuple kurde ainsi que des autres groupes ethniques vivant dans la région. Les SDF, en tant que représentantes légitimes de la population vivant dans le nord de la Syrie, n’ont même pas été invitées ou amenées à la table des négociations. Un diktat impérialiste de « paix » a été négocié entre les puissances dominantes. Le marchandage avec Erdogan a largement satisfait ses objectifs de guerre. 

    Mazlum Abdi Kobanê, le commandant général des SDF, a clairement indiqué qu’elles se félicitent bien sûr de l’armistice, mais que la majorité des points de l’accord de Sotchi ne sont pas dans l’intérêt de la population et ne sont pas reconnus par les SDF. 

    Abdi Kobanê exprime sa gratitude pour la remarquable solidarité internationale : « Mes remerciements à tous ceux qui, dans le monde entier, sont devenus la voix de notre peuple contre l’occupation turque » . Avec l’avertissement : « Les gens sur les places et dans les rues, les amis qui nous soutiennent…. doivent tous être vigilants et continuer leur travail. »

    Retrait de toutes les troupes étrangères de la Syrie du Nord-Est – immédiatement !

    Non à tout diktat de négociations impérialistes ! 

    Solidarité avec la révolution démocratique au Rojava !

  • Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Dimanche dernier, le président de l’État turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé une offensive contre le Rojava, état autonome contrôlé par les forces démocratiques syriennes, coalition politique et militaire de différentes forces dont la plus influente est le YPG/YPJ, bras militaire du PYD Kurde.

    Ce n’est pas une première, l’an dernier déjà, le régime fasciste turc a mené des opérations contre le canton d’Afrin, son objectif étant d’écraser le Rojava. En effet, cette zone représente tout ce que les réactionnaires turcs ont en horreur: l’autonomie des kurdes au bord de la frontière Turque, et des revendications politiques progressiste en contradiction avec les intérêts des fascistes turcs dans la région.

    Le Moyen-Orient est une véritable poudrière, et, depuis toujours, un champ de bataille où les puissances impérialistes se disputent les zones d’influence. La question du nord Syrien est dès lors un sujet épineux entre ces puissances. Les États-Unis ont apporté un soutien matériel aux FDS, afin de combattre Daech, et ont mis en place une zone de sécurité entre le Rojava et l’état Turc, en espérant créer une zone tampon. Cette zone militaire permet aux Américains de se rapprocher de l’ennemi principal des intérêts Américains du continent, l’état Iranien. Les FDS ont accepté cette alliance de circonstance comme aide matérielle bienvenue dans le combat contre les fascistes djihadistes, vu le risque de l’isolation totale face à Daech et aux Turcs, mais aussi comme moyen de pression sur l’état Syrien qui jongle dangereusement entre l’alliance de fait et l’opposition armée contre les FDS selon les circonstances tactiques de la guerre.

    L’état Turc, avancent leurs pions de manière à prendre le contrôle de cette région, pour taire la contestation au régime fasciste, et étendre leur influence, dans un projet de restauration de la suprématie Turque, dans un esprit digne des fascistes génocidaires Jön Türk. Les FDS doivent, pour les impérialistes, se soumettre et servir leurs intérêts sans conditions, ou être exterminés par les Turcs. Permettre la création d’une région autonome en Syrie, qui exporte des idéologies progressistes dans le continent, présente sur le long terme une grande menace pour les forces impérialistes.

    Erdogan représente un danger mortel, car il manie parfaitement les opérations de marketing géopolitique qui iront dans son sens avec l’accord tacite des impérialistes. Les fascistes Turcs courtisent les états-unis pour trouver un terrain d’entente qui livrera le Nord Syrien aux milices djihadistes et à l’armée Turque, conduisant les peuples de la région, Kurdes, Arabes, Assyriens, Yézidis, etc. à l’extermination pure et dure, et à la soumission aux néo-Ottomans.

    Assad, dans son jeu d’opportunisme réactionnaire et son lien fondamental avec les impérialistes Russes et Chinois, se présente comme un allié de circonstance potentiel qu’il ne faut pas négliger. Face aux Turcs et ses milices fascistes, l’état Syrien aura la responsabilité de joindre les opérations militaires avec les FDS pour créer une zone tampon contre les Turcs, au risque de vendre la Syrie aux djihadistes. Les Américains et les forces européennes n’hésiteront pas à livrer la Syrie au plus offrant tant que le montant des gains est suffisant, et Erdogan est leur partenaire le plus prometteur.

    Il est certains que nos camarades qui se battent sur place contre la barbarie fasciste, ainsi que les peuples du territoire Syrien auront à traverser encore bien des épreuves, nous, communistes, avons le devoir de soutenir les peuples opprimés, en combattant notre propre bourgeoisie, notre propre impérialisme, la France jouant un rôle important dans la déstabilisation de la région, l’héritage du protectorat français de Syrie est encore chaud dans l’esprit de nos bourreaux.

    Nous dénonçons la politique génocidaire du régime fasciste d’Erdogan, et nous dénonçons la volonté des impérialistes d’asservir les peuples du Moyen-Orient par l’outil formidable que représente pour eux les forces fascistes.

    Nous continuerons de soutenir nos camarades et les peuples opprimés, pour la libération totale et inconditionnelle des peuples face aux réactionnaires et aux impérialistes de tout bords.

    A bas le fascisme, à bas l’impérialisme !

  • La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    1914-1918 : le centenaire.

    Partie 2 : La guerre désirée – par les bourgeoisies.

    Chaque bourgeoisie s’est investie dans cette guerre atroce. L’historien Jacques R. Pauwels a ainsi travaillé sur la question des raisons des entrées en guerre des différents Etats. Dans 1914-1918 : la grande guerre des classes, il fait un retour sur la boucherie impérialiste.

    A l’exception de la Serbie, qui ne pouvait que rejeter l’ultimatum Austro-hongrois -conçu d’ailleurs pour être inacceptable, et hormis la République de Chine qui croyait naïvement pouvoir chasser certains occupants en entrant dans le conflit, tous les camps se valent. Chacun recherche l’affrontement, ou cherche à pousser l’autre à l’affrontement, pour des raisons on ne peut plus crapuleuses. Cela demande de revenir un brin en arrière, tant dans l’histoire de la diplomatie que dans l’histoire de l’économie.

    Car ce qui caractérise cette guerre, c’est sa veulerie et sa crapulerie.

    Durant le XIXe siècle, les jeux de la diplomatie européennes poussent à essayer de créer un équilibre entre les différentes puissances. Chaque nation garde en mémoire le souvenir de l’aventure napoléonienne et des ravages qu’elle a pu causer, et la ligne directrice de chaque empire, royaume ou république, est de tenter de limiter les risques d’apparition d’un hégémonie nouvelle. La Sainte-Alliance, fondée en 1815, avait pour but de veiller à cela, en faisant appel à des valeurs religieuses surannées, rassemblant la Prusse, l’Autriche et la Russie. Véritable chape de plomb contre le développement des aspirations à la liberté, elle a fait de la première partie du XIXe siècle un contre-coup de l’élan révolutionnaire de la fin du XVIIIe.

    Cette politique s’est peu à peu décantée, donnant naissance progressivement à des puissances globalement équilibrées, mais, de ce fait, intrigant constamment les unes contre les autres. Une Allemagne ciblant l’Autriche, mais se méfiant d’une alliance entre France et Russie, une Autriche tentant de maintenir un souffle de vie dans la Sainte-Alliance, tout en tenant de se liguer avec l’Allemagne pour éviter une descente vers l’Adriatique de la Russie. Un Empire Ottoman grignoté de toute part, mais trouvant dans des amitiés avec l’Allemagne la possibilité de se maintenir, une France essayant de se lier avec la Russie pour emprisonner les puissances centrales… Et une Angleterre soufflant le chaud et le froid, voulant à tout prix maintenir la division.

    Ce jeu d’équilibre aurait pu continuer éternellement si, parallèlement à cela, le capitalisme n’était pas rentré dans une nouvelle phase, celle de l’impérialisme.

    A la fin du XIXe siècle, un bouleversement s’est produit dans le fonctionnement du capitalisme. Les besoins de capitaux toujours plus grands des industries les ont poussées à se rapprocher et à fusionner avec les banques. Les capitaines d’industries se sont alors mués en investisseurs, toujours à l’affût des placements les plus juteux. Or, si le marché national pouvait être intéressant pour les produits de consommation, pour la vente de marchandise, des profits incommensurables se trouvaient par delà les mers et les océans. Pour les engranger, il faut des conquêtes. Pour réaliser ces conquêtes et les tenir, les bourgeoisies s’appuient -et s’appuient toujours- sur les Etats, sur les armées. Les pavillons nationaux sont avant tout les pavillons des cartels, des trusts, des monopoles industriels et bancaires.

    Alors que les conquêtes coloniales, commencées avec la conquête de l’Amérique, servaient à la base à découvrir et conquérir de nouveaux marchés, ainsi que, parfois, à résorber un « trop-plein » de population, elles se sont muées de plus en plus en terrain d’investissement, produisant des superprofits monstrueux. Les colonies et les dominions devenaient une obsession pour les bourgeois qui les tenaient, et ne pas en posséder revenait à courir le risque d’être écrasé.

    Pour les Etats lancés tard dans l’aventure, comme l’Allemagne, ce retard devenait menaçant. Pour l’Autriche Hongrie, enclavée, cela devenait, là aussi, une situation ingérable. Quant à l’empire Ottoman, les conquêtes occidentales se faisaient même sur son dos. En 1885, le partage du monde, signé à Berlin, laissait l’Italie, le Japon, l’Allemagne lésés. Lésés et furieux. D’autant que, à cette date, à l’exception de l’Abyssinie et de la Chine, le monde est partagé. Chaque mouvement se fait désormais en se heurtant à des possessions, des protectorats et des zones d’influences d’autres puissances.

    Logiquement, à la tête d’un immense empire colonial, la France aurait dû pulvériser sans la moindre difficulté l’Allemagne, dont les minuscules possessions ne sauraient être comparées à la magnificence de l’Empire français. Pourtant, elle s’est maintenue. Ce paradoxe illustre une des caractéristiques fondamentales de l’impérialisme : son caractère putréfié.

    En situation de monopole sur un pré carré, la bourgeoisie française ne s’est guère posée de problèmes. Les investissements ont pour but de rapporter le plus possible, ce qui implique, finalement, de ne placer que le minimum dans le développement technologique et industriel, le minimum dans la possibilité d’expansion du niveau de vie des masses populaires, et de faire montre en flèche les fortunes d’une poignée de parasites. La « tonte de coupons » est ce qui est le plus prisé en termes de rendement. Mais pendant ce temps, l’industrialisation, le développement de biens de consommation, piétinent. Les colonisés meurent sous les coups de l’administration coloniale, massacrés, surexploités… mais les populations de métropoles ne voient guère la couleur de ces richesses non plus. Quelques miettes, tout au plus. La France de cette époque est un pays miséreux et arriéré, hormis dans les citadelles de l’impérialisme.

    De son côté, la bourgeoisie Allemande avance à marche forcée pour compenser son retard. Pour contrer la France, elle mise tout sur l’industrialisation, sur l’artillerie lourde, sur les voies ferrées. Déjà en 1870, face à la Prusse, cette mobilité supérieure à fait ses preuves. Contre l’Angleterre, elle développe activement une marine de guerre ultra-moderne, équipée de machineries à mazout, alors que les dreadnoughts anglais dépendent du charbon -moins calorifère, plus pénible à transporter, demandant un équipage pléthorique. La weltpolitik du Kaiser permet de s’approvisionner auprès des puits de pétrole de l’empire Ottoman. L’Allemagne prépare une entrée fracassante sur la scène internationale. Elle peut même narguer à plusieurs reprises la France au Maroc, en déployant ses navires de guerre flambants neufs dans les eaux du protectorat. La bourgeoisie Allemande a repoussé dans le temps ses projets d’oisiveté et d’aisance pour se préparer à arracher sa place au soleil. Voilà ce qui explique que l’Allemagne puisse développer son industrie et mener un paternalisme social de front, tandis que la France agricole demeure dans un sous-développement industriel et social.

    Au fur et à mesure que le XIXe siècle cède sa place au XXe, les impérialismes se regardent avec une agressivité toujours plus grande. Chacun cherche à jouer ses cartes.

    Il n’existe, dans ce conflit, aucun Etat dont les bourgeoisies n’aient pas eu des motifs criminels. Il est impossible de dégager un « camp du bien » et un « camp du mal » qui puisse s’illustrer, l’un vis-à-vis de l’autre, par des qualités morales supérieures, par une volonté d’agir pour la liberté, pour la protection des peuples, pour mettre fin à l’escalade furieuse et criminelle orchestrée par les impérialistes et par les marchands de canons.

    Les Alliés ont déclaré qu’ils représentaient le camp du droit quand les puissances centrales étaient celui de la force. C’est une vérité incontestable. Les Alliés se sont appuyé sur des traités forgés lorsqu’ils étaient en position de suprématie. Leur droit était celui des puissances impérialistes anciennes, dominantes, mais en perte de vitesse, qui avaient étouffé sous les traités inégaux le développement des concurrents internationaux, dont l’Empire Allemand. La force était celle de ceux qui voulaient s’imposer, gagner leur « place au soleil », pour reprendre la formulation de Bismarck. Ce droit prenait les borugeoisies de ces pays à la gorge, leur mettait le revolver sur la tempe. Ou prendre une place plus importante, ou être broyées.

    Dire, comme l’a fait Mélenchon, qui, décidément, ne peut s’empêcher de s’exprimer à tort et à travers, que la guerre est la faute du Kaiser, revient à mentir. Tout a été fait pour que la guerre ait eu lieu. Seulement, les Alliés ont manœuvré pour bénéficier de l’avantage moral de jouer le rôle de défenseurs, non d’agresseurs. Mais chaque belligérant a présenté sa cause comme étant juste, seulement, l’histoire n’a retenu que le slogan du vainqueur.

    La France des Lumières, elle aussi, avait ses revendications. Blessée par la défaite de 1870, la bourgeoisie française n’avait pas toléré la perte de l’Alsace-Lorraine. Non que les Alsaciens, locuteurs de l’Allemand, ne lui manquent particulièrement, mais, en revanche, ses ressources en sous-sol et son patrimoine industriel, oui.

    Les gouvernements français successifs vont pousser par ailleurs cet esprit revanchard jusqu’à l’obsession. Ainsi, dans le manuel d’apprentissage de la lecture Le tour de la France par deux enfants, glorifiant la grandeur de la mère-patrie, les protagonistes sont des orphelins qui quittent l’Alsace. Le système scolaire français tire d’ailleurs ses racines de cette volonté de revanche : l’éducation Allemande, vue comme meilleure, est une des raisons qui poussent à la création de l’Education Nationale. Elle est vue comme particulièrement utilitariste : augmenter les compétences techniques de la Nation et l’unifier sous le patriotisme en prévision de la guerre. L’enseignement de l’Histoire est d’ailleurs fait uniquement sous cet angle là : instiller l’idée que la France est une grande nation, belle et humaniste, et que les Alsaciens croupissent dans l’obscurantisme en attendant la libération. Il s’agit également de l’argument qui sous-tend la colonisation. Il s’agit d’une mission civilisatrice au premier plan.

    L’aspect colonial joue de manière très importante dans la rivalité franco-allemande, mais également dans l’alignement diplomatique de l’Angleterre. Les Allemands sont devenus des rivaux. Bien que rivale de la bourgeoisie impérialiste française durant les conquêtes coloniales, bien qu’ayant mené un « grand jeu » contre l’expansion de celle de la Russie dans l’Asie Centrale, la bourgeoisie anglaise redoute le développement de l’Allemagne. Surtout, elle est particulièrement soucieuse de protéger la Belgique, qu’elle considère comme un dangereux balcon vers ses côtes. Pour s’assurer la division de l’Europe et sa sécurité, elle est prête à mobiliser ses troupes.

    La Russie tsariste veut sortir de son enclavement. Elle a chèrement payé sa vulnérabilité lors de la Guerre Russo-japonaise en 1904-1905, où ses navires de guerre, épuisés après 9 mois de mer du fait de la fermeture de Suez par les Anglais, ont été pulvérisés par les Japonais. Elle cherche à s’affranchir des Dardanelles, pour ne pas être coincée par l’Empire Ottoman. Elle s’appuie sur le panslavisme pour affirmer son rôle de grand-frère sur les autres peuples slaves et les unifier sous sa tutelle. L’empire, prison des peuples, est un Etat arriéré et putréfié, qui fonctionne à la mobilisation réactionnaire, autour de l’antisémitisme notamment. La révolution de 1905 a poussé le Tsar à lâcher du lest, mais, aux yeux des grands seigneurs, ce ne sont que des concessions temporaires, qui seront reprises par la suite.

    L’Autriche et l’Empire Ottoman, dans ce conflit, sont plus des proies qu’autre chose. Ces empires d’un style suranné tombent en déliquescence. Tout comme l’Empire Russe, ils se maintiennent par les coups de forces et la répression. Mais au sein d’eux bouillonne un tumulte d’agitation nationale. La Russie et l’Angleterre lorgnent sur les Balkans, cette dernière et la France louchent aussi avec envie sur le Levant et le Moyen-Orient, d’autant que cela permettrait de couper l’Allemagne de ses positions dans la région.

    Chacun court vers la guerre. Même ceux qui sont neutres savent que ce n’est que leur engagement qui leur permettra de siéger à la table des gagnants et te toucher leur pactole à la fin de la guerre. Des USA au Portugal, le monde retient son souffle en attendant de voir le conflit qui va se dérouler.

  • Sur la situation en Ukraine : la position du KSRD – ICOR

    Sur la situation en Ukraine : la position du KSRD – ICOR

    La position sur la situation en Ukraine du KSRD [Conseil de Coordination du Mouvement de la Classe Ouvrière en Ukraine]

    Nous relayons ce positionnement de nos camarades membres de l’ICOR en Ukraine non comme une position de l’UCL, mais bien comme un texte d’information pour apporter autre chose comme point de vue que celui qui filtre au travers des agences pro-occidentales ou des relais de Moscou. Nous pensons que les marxistes-léninistes d’Ukraine sont plus que légitimes pour apporter leur pierre à la réflexion des communistes en France, d’autant que leurs positions sont partagées par la Plate-Forme Marxiste-Léniniste de Russie.

    La situation en Ukraine

    L’évolution de la situation en Ukraine depuis 2014 suscite de nombreux débats. À cet égard, nous nous devions d’apporter une clarification fondamentale sur la base d’une analyse de classe.

    Le régime politique qui a existé en 2010-2013 et qui a été dirigé par l’ancien président Viktor Ianoukovitch a été caractérisé par l’autoritarisme et par une forte concentration du pouvoir dans les mains d’un groupe politique représentant la plus grande société financière et industrielle nationale appelée SCM [System Capital Management, qui est un holding intégralement détenu par un homme d’affaire nommé Rinat Akhmetov]. En fait, le régime a fait de l’Ukraine sa propriété privée. Des militants prolétaires progressistes, des journalistes, disparaissaient et mouraient d’année en année. La classe ouvrière vivait dans un climat de peur.

    L’idée de l’accord d’association avec l’UE est née dans les profondeurs du régime en 2011. Il visait principalement les profits des entreprises de SCM, de ses alliés et de sa superstructure politique. Au cours de la période 2011-2013, Kiev a mené des négociations intensives avec l’UE, plaidant publiquement en faveur du renforcement de l’indépendance vis-à-vis de la Russie et de ses intérêts. Toutefois, à partir de 2013, l’accaparement et la corruption à tous les niveaux ont conduit à des déséquilibres importants dans l’économie, que le régime de Ianoukovitch a essayé de compenser par l’augmentation de la dette extérieure. Mais le FMI et d’autres institutions du capital mondialisé ont proposé des fonds en échange de la soumission complète des intérêts du pays. La bourgeoisie nationale représentée par le SCM et ses alliés ne s’est pas montrée intéressée et a lancé des appels d’offres à l’Occident, essayant d’obtenir les conditions de négociation les plus favorables.

    Entre-temps, la situation économique s’est détériorée et, avant la signature de l’accord d’association avec le Kremlin de l’UE, Kiev s’est vu proposer une alternative : quitter l’association et se rapprocher de la Fédération de Russie, avec un prêt à faible taux d’intérêt de 15 milliards de dollars. La clique Ianoukovitch a accepté, en dépit de la massive et agressive propagande pendant 3 ans sur l’ »intégration européenne ». Malgré toutes les exhortations personnelles des dirigeants européens (dont la chancelière allemande Angela Merkel), l’accord n’a pas été signé.

    Ce renversement de tendance a été un facteur important dans l’évolution de la situation. Une partie politiquement active de la société, percevait comme positive le contenue de la propagande pro-européenne et ne pouvait accepter le refus du  » vecteur européen  » par l’élite au pouvoir. A Kiev et dans d’autres grandes villes, les  » euromaidans « , des réunions de masse et des manifestations de soutien au  » vecteur  » sont apparues et ont commencé à se développer. Ces mobilisations ont été immédiatement soutenues par les pays occidentaux sur les plans organisationnels, financiers et politiques. Ces mobilisations ont été dirigées par les forces de droite et bourgeoises  » oppositionnelles « , spéculant habilement sur la perturbation de la classe ouvrière par la politique et des crimes du clan Yanoukovitch.

    Le régime a rapidement pris des mesures fermes contre ces protestations, et, en un mois, il a perdu tout contrôle sur la situation. La manipulation habile des  » dirigeants maidanais « , associée à l’athmosphère de protestation, réelle, des masses, ont conduit à l’élargissement des protestations jusqu’au renversement du régime. Ces événements présentaient, dans leur essence, certaines caractéristiques de la révolution démocratique nationale contre la domination oligarchique des acolytes du SCM. Mais il était tout à fait prévisible et attendu que la droite et les dirigeants populistes s’emparent immédiatement du pouvoir, dans le pays désormais entre leurs mains. En 3 mois, les élections présidentielles extraordinaires ont été remportées par Petro Porochenko, l’un des plus grands  » oligarques  » nationaux, qui, quelques années auparavant seulement, ne dédaignait pas d’être ministre dans le gouvernement Ianoukovitch. Cette fois, Porochenko s’est présenté comme un combattant contre l’ancien régime, pour l’ »avenir européen du pays ».

    La Russie, vaincue localement dans la lutte pour l’Ukraine, a immédiatement réagi en fomentant une rébellion armée dans la région autonome de Crimée, soutenue par les troupes régulières russes. Il en a résulté une occupation militaire et l’annexion de facto de la Crimée a entraîné une forte détérioration des conditions de vie de sa population. De plus, en mars-avril 2014, avec l’aide de combattants pré-entraînés et d’une propagande mensongère, Moscou a pris l’initiative de se saisir des institutions publiques dans les principales villes des régions de Donetsk et de Lugansk. Ces zones ont été choisies uniquement su fait que l’l’influence administrative du régime évincé y était la plus forte, presque totale. Pour cette raison, les forces armées locales n’ont pas résisté à ceux qui se sont emparés des institutions de l’Etat.

    Dans ce contexte, les nouvelles autorités de Kiev ont décidé de lancer une  » opération antiterroriste « , l’ATO, dans le Donbass contre les rebelles pro-russes. L’ATO a rapidement rencontré une résistance organisée, bénéficiant d’un approvisionnement particulièrement important de la part de la Russie. En août 2014, l’armée régulière russe est arrivée au Donbass, principalement avec des groupes tactiques de petites dimensions, de l’ordre du bataillon. À l’automne 2014, la ligne de front s’est stabilisée. Les deux parties constituent des forces militaires structurées, les rebelles pro-russes reçoivent tout type de soutien de la Russie, et les armées locales sont commandées par des officiers de l’armée russe.

    Ainsi, nos travailleurs sont devenus victimes de la lutte entre les différents centres d’influence impérialistes. D’une part, les travailleurs de la majeure partie du pays sont exposés à la propagande officielle, détournant leur attention des problèmes sociaux urgents vers des idées nationalistes qui sont étrangères aux intérêts de classe réels de ces travailleurs. En conséquence, les sentiments de droite dans la société se sont accrus, ce qui a renforcé les forces de droite telles que le « secteur droit » [Pravyï sektor], la « liberté » [Vseukrainske ob’iednannia « Svoboda »] et autres. La  » décommunisation  » a été lancée, les symboles communistes ont été interdits. En plus des véritables escouades de volontaires, un certain nombre de  » bataillons  » oligarchiques ont été créés, financés par une grande capitale et agissant dans son intérêt, y compris les conflits commerciaux. Dans le pays, il y a des conseillers militaires de l’Occident et de ses alliés (USA, Canada, UE, Israël et autres).

    Une partie de ce processus a déclenché une recrudescence patriotique sincère parmi les masses, dirigée contre l’agression sanglante de Poutine et les régimes fantoche du Donbass. Cette augmentation s’exprime, entre autres, dans le mouvement des volontaires qui assistent les forces ukrainiennes sur la ligne de front. En outre, la guérilla populaire contre les juntes locales pro-Kremlin s’intensifie dans la partie occupée du Donbass. Malheureusement, la plupart des patriotes sincères ne voient pas l’autre côté de la question, à savoir l’impérialisme occidental et le régime de Kiev, dont la rhétorique patriotique et même anti-impérialiste est liée à ses intérêts politiques et commerciaux.

    A son tour, la classe ouvrière du Donbass et de la Crimée est soumise à la propagande impérialiste féroce du Kremlin, qui tente de créer l’illusion de l’ »autodétermination des peuples » et de la « lutte anti-fasciste ». En fait, les forces pro-moscovites utilisent des méthodes pro-fascistes qui sont typiques des dictatures militaires réactionnaires du monde entier. Les soldats de l’armée régulière de Poutine et des groupes armés locaux pro-russes apportent la mort et la destruction à notre pays et à ses travailleurs. La partie de l’Ukraine occupée par ces troupes s’est transformée en une zone d’anarchie et de peur, où règnent les bandits armés, ayant souvent un passé criminel. Les travailleurs font des grèves et protestent, mais ces actions sont durement réprimées par les juntes locales, qui licencient des centaines de manifestants. En fermant les yeux sur tout cela, la majorité des  » forces de gauche  » révisionnistes, telles que le PCU révisionniste, ainsi que des groupes volontaires et/ou trotskistes, soutiennent directement ou indirectement les actions de Moscou, y compris l’agression militaire réfléchie suivie d’une vaste campagne internationale de promotion.

    Nous, marxistes-léninistes ukrainiens, sommes fermement opposés à toute forme d’agression impérialiste dans notre pays. Nous appelons nos camarades de tous les pays à abandonner l’idée que certains impérialistes peuvent être meilleurs que d’autres. L’impérialisme, le capitalisme se traduisent toujours par la guerre et par la violence. Les aspirations des travailleurs ukrainiens ne sont pas de suivre la propagande bourgeoise, mais de lutter pour les droits réels, pour des salaires décents et une protection sociale adéquate, pour des niveaux de vie plus élevés. Et, bien sûr, ils ont le droit de vivre sans guerre, sans le rugissement des obus sous les paroles mensongères du Kremlin ou de la bourgeoisie occidentale.


    A bas les envahisseurs impérialistes !


    Vive la révolution socialiste !


    Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !


    Le Conseil du KSRD

    Ukraine

  • Tensions syriennes

    Tensions syriennes

    Tensions syriennes

                  USA, Angleterre, France d’un côté, Russie de l’autre, se font face. Chacun se menace de missiles, chacun se jauge, chacun se scrute. Dernièrement, le ton s’est haussé entre les différentes puissances militaires. Les USA et la coalition occidentale ont, en effet, annoncé leur intention de procéder à une action militaire dans le but de riposter à une attaque chimique présumée de la part du gouvernement Syrien contre les opposants au régime. L’intervention directe prendra probablement la forme de tirs massifs de missiles de croisières « beaux, nouveaux et intelligents » -dixit Trump.

                    La Russie, de son côté, a annoncé son intention de stopper ces missiles à l’aide de ses nouveaux systèmes d’armes, les S-400, déployés autour de ses bases. Pour les uns comme pour les autres, les muscles se gonflent. Pour les uns comme pour les autres, la guerre de Syrie est l’occasion de pratiquer un test grandeur nature des systèmes militaires de pointe, tant pour séduire une clientèle que pour marquer de stupeur les forces adverses. L’addition est payée, au final, en sang syrien.

                    La Syrie est, pour le grand malheur des peuples qui l’habitent, un enjeu géopolitique sans cesse plus important pour les puissances impérialistes. Point d’achoppement, point de fixation, point de confrontation, la Syrie est un espace courtisé, et cette cour ne se fait pas que dans la douceur et la tendresse.

                    D’un côté par la Russie, qui cherche à s’affranchir du barrage formé par le détroit du Bosphore, sous contrôle Turc, pays membre de l’OTAN. Celle-ci s’élance vers les mers chaudes, vers les mers libres, vers l’accès à l’océan mondial.

                    De l’autre, une coalition tactique des Etats occidentaux, qui voient, chacun, dans la montée en puissance de la Russie une menace. Une nouvelle fois, un cercle d’acier est bâti autour de celle-ci, dans le but de la contenir, de l’étouffer, de l’étrangler. C’est dans la mise en place de cet étau que se trouve la raison fondamentale du soutien de la part de l’occident aux rebelles, y compris fascistes.

                    Disons le clairement, le plan de déstabilisation du régime en place, son remplacement par une clique au service des intérêts de l’occident -ou au moins anti-russe- a échoué complètement. Il a fait long feu. Cette permutation qui devait s’opérer, surfant sur les mobilisations de 2011, s’est muée en une impitoyable guerre civile.

                    Cette guerre civile a connu différentes phases, différents retournements d’alliances. D’affrontement binaire entre pro et anti Bachar Al-Assad, elle est devenue un billard à quatre bande, avec l’entrée fracassante de l’Etat Islamique d’un côté, de l’autre, l’irruption des Forces Démocratiques Syriennes. Les puissances régionales, Iran, Israël, Arabie Saoudite, Turquie, ont chacune joué leurs cartes, dans l’espoir de pouvoir sortir renforcé de l’affrontement, dans l’espoir de gains, territoriaux, politiques, ou dans l’espoir d’affaiblir les concurrents et les adversaires. La Turquie en a d’ailleurs profité pour porter sa guerre génocidaire hors de ses frontières, et pourchasser les combattants et combattantes de la Liberté au Rojava.

                    Cette guerre touche à sa fin. Les forces soutenues par l’occident et l’Etat Islamique sont en lambeaux. La Turquie et la Russie ont trouvé un modus vivendi sur le dos des révolutionnaires Kurdes. Mais l’enjeu est bien trop important pour être réglé si simplement. L’occident ne veut pas perdre les têtes de pont payées si chèrement. Alors l’escalade reprend, avec l’idée, cette fois, d’une intervention directe de la part des forces militaires occidentales en Syrie. Un acte qui entrainerait inévitablement une escalade militaire accrue, laquelle pourrait potentiellement dégénérer.

                    La coalition occidentale semble vouloir prendre cette voie. Une voie qui serait pavée de sang. Elle est applaudie par certains « démocrates » qui sont en réalité des bellicistes maquillés. De l’autre côté, certains, certaines, fantasment. Fantasment sur la figure de Poutine, fantasment sur l’entrée en lice d’une prétendue « flotte chinoise », rêvassent sur une guerre de l’Eurasie contre l’occident. Nourries à coup de publications de Russia Today ou de Sputnik, ces rêveries n’en sont pas moins des tromperies.

                    Tromperies sur la nature politique de la Chine et de la Russie actuelle, tromperie envers les engagements et les discours sur le rôle de la Russie dans la guerre en Syrie et dans le conflit entre les Kurdes d’Afrîne et la Turquie.

                    Nous ne voulons pas de guerre, nous exécrons la guerre impérialiste, cette guerre de rapine, cette guerre pour l’or, cette guerre qui est payée du sang des masses populaires. Cette guerre est une lutte entre alliances impérialistes pour un nouveau partage du monde. Elle est une guerre de bourgeois contre d’autres bourgeois, tandis que les massent paient le prix fort. Dans ce conflit, la force porteuse d’escalade et d’aggravation est l’occident, non la Russie, en effet, mais nous ne nous cachons pas derrière cela pour soutenir en sous-main la présence militaire de la Russie et le régime Syrien.

                    A nos yeux, la seule solution viable, qu’il est possible de soutenir positivement, est celle du projet des Forces Démocratiques Syriennes : Une Syrie démocratique, dans laquelle le droit et les aspirations des peuples comme des masses populaires qui les constituent sont respectés.

  • Lettre d’information n°2 de l’ICOR concernant la situation à Afrîne

    La traduction que nous vous proposons est une traduction issue de nos propres militants. Elle sera complétée et corrigée à la suite de la publication de la version définitive par l’ICOR.

    Lettre d’information n°2 de l’ICOR concernant la situation à Afrîne

    Chers camarades,

    Ci-dessous est la lettre d’information n°2 concernant les récents développements à propos de la solidarité avec Afrîne et contre l’agression fasciste Turque.

    1. Les forces armées des fascistes Turcs et les gangs fascistes qui leurs servent d’alliés ont occupé Afrîne. La journée d’action internationale prévue par l’ICOR et l’ILPS [Ligue Internationale des Peuples en Lutte] doit devenir un événement incontournable.

    Cédant face à la supériorité de l’armée Turque, les forces armées des YPG/YPJ ont du se replier. La population a été évacuée. A peu près la moitié de la ville a été capturée par les forces turques. 500 civils ont perdu la vie, 1030 ont été blessés, tandis que 820 soldats des FDS [Forces démocratiques Syriennes] sont tombés. Les FDS ont déclaré que désormais elles feront usage de la guérilla dans et autour d’Afrîne.

    Depuis le 20 janvier 2018, le régime fasciste Turc a mené une guerre d’agression contre le canton d’Afrîne de la Fédération Démocratique de Syrie du Nord / Rojava. La Turquie, membre de l’OTAN, a adjoint à son attaque des supplétifs syriens fascistes, lesquels se cachent sous l’appélation « Armée Syrienne Libre. » Dans les faits, les rangs de cette armée sont constitués de différentes cliques issues d’Al-Qaïda ; d’Al-Norsa et de l’Etat Islamique. Les combattants et combattantes des FDS, avec les Unités de Défense du Peuple et les Unités de Défenses des Femmes (YPG – YPJ) comme noyau dur, appuyés par les masses populaires, ont mené une résistance héroïque de huit semaines contre l’armée Turque, la seconde armée de l’OTAN, malgré sa supériorité numérique, militaire et technique.

    Dans le centre-ville d’Afrîne, de grandes manifestations et mobilisations. Le 8 mars, des milliers de femmes ont marché dans les rues de la ville assiégée pour dénoncer la violence du régime d’Erdogan à l’encontre des femmes. Les masses d’Afrîne ont offert une résistance vaillante.

    Dans le Kurdistan-sud/Irakien, là aussi, des centaines de milliers de personnes ont pris la rue. Les unités armées des FDS qui étaient engagées dans le combat contre les fascistes de l’Etat Islamique ont accouru à Afrîne pour renforcer la résistance sur place. Les combattants et combattantes du Bataillon International de la Liberté ont joué un rôle important dans la défense. Le MLKP nous a informé que, dans ce combat héroïque, leurs camarades Ruhat Askara ; Erdal Demirhan et Sedat Akyuz sont tombés. Nous portons le deuil aux côtés des familles de tous les combattants et combattantes de la Liberté, ainsi que des civils, qui ont donné leur vies pour la résistance.

    L’association Kurde KCDK-E a adressé un appel urgent au monde, écrivant : « La Russie soutient et aide l’attaque de l’Etat Turc contre Afrîne en retirant ses soldats des environs de la ville. Les USA ont déclaré que la coopération avec les forces kurdes ne concerne que la rive est de l’Euphrate et qu’ils n’interféreront pas avec l’occupation d’Afrîne. Les USA ont également déclaré qu’ils approuvaient cette occupation. Depuis le début, les Nations Unies ignorent les massacres de la population civile, le bombardement des villages et la destruction des foyers, opérations faites pour déclencher un mouvement de réfugiés. De ce faits, ils sont devenus des complices de ces crimes. Deux réunions du Conseil de Sécurité de l’ONU ont eu lieu, pour discuter de la protection des civils dans la guerre de Syrie. Aucune n’a adopté une résolution explicite en lien avec Afrîne et avec la population civile présente. L’Etat Turc ne reçoit pas seulement un soutien politique de la part de l’ONU, des USA et de l’UE. Pour l’attaque sur Afrîne, les armes de l’OTAN, les avions de fabrication américaine et les chars Allemands Léopard ont été utilisés. »

    L’armée Turque et le gang de fascistes ont subit des pertes lourdes. Au lieu du Blitzkrieg de trois jours escompté, il leur a fallu 58 jours pour pouvoir atteindre Afrîne ! Les combattants et combattantes de la Liberté ont épousé une cause juste et ont un moral intact, ce qui a joué un rôle décisif dans la victoire à Kobanê.  Cela est encourageant et une force grandissante de millions d’hommes et femmes ont pris la rue dans le monde entier en solidarité avec Afrîne. La solidarité internationale grandit de jours en jours. Nombre d’organisations de l’ICOR s’activent de tout cœur à l’animer. En Allemagne, 20 000 personnes ont manifesté à Hanovre en dépit des tentatives massives de blocage par la police.

    2. Actions internationales de solidarité avec Afrîne le 21 mars.

    Les développements récents  soulignent, avec un fort accent anti-impérialiste l’importance d’une journée mondiale d’action de solidarité avec Afrîne le 21 mars. L’ICOR rejoint l’ILPS dans cet appel commun. Le 21 mars est également le jour traditionnel du nouvel an célébré par les Kurdes et d’autres peuples du Moyen-Orient.  Plus encore, il est un symbole de résistance contre l’oppression, pour la Liberté et la Démocratie. Avec cette journée d’action, l’ICOR honore ses obligations contractées dans la mise en place du Pacte de Solidarité avec la lutte de libération Kurde, tant contre l’aggravation de la guerre impérialiste pour le dépeçage de la Syrie, que contre l’attaque du fasciste Turc Erdogan sur le canton d’Afrîne, au nord de la Syrie. La coopération avec l’ILPS, le mouvement de libération Kurde et ses alliés dans différents pays est à la fois une étape significative dans la coopération contre les forces impérialistes dans le monde, tout comme une étape dans le développement d’un « Front anti-impérialiste et antifasciste unifié » à l’échelle mondiale, dans l’esprit de la résolution finale de la troisième conférence mondiale de l’ICOR.

    3. Le but explicite de l’agression fasciste, selon Erdogan, est de liquider la Fédération Démocratique de Syrie du Nord et les réalisations de la révolution démocratique au Rojava.

    Cyniquement, les révisionnistes et les trotskistes ont poignardé dans le dos la lutte de libération nationale et déclarant que celle-ci fragmente la Syrie. Cela n’a pour but que de défendre le régime réactionnaire d’Assad et l’impérialisme Russe [|Pour ce qui est de la France, les Trotskistes ont applaudi à deux mains l’ASL, et ne se sont pas privés de participer hypocritement aux manifestations organisées par les Kurdes tout comme à celles organisées par les pro-Erdogan.] Nilüfer Koç, vice-président du Congrès National du Kurdistan (KNK), déclarait en mars 2018 : ‘La Fédération Démocratique de la Syrie du Nord (FDSN), est une alliance de Kurdes, d’Arabes, d’Assyriens, de Tchétchènes, de Turkmènes et des communautés religieuses Yezedies, Chrétiennes, Alévies et MusulmanesElle est une obstacle a la partition de la Syrie car elle se dresse pour l’unité de celle-ci et se bat pour la transformation radicale du régime actuel, répressif, du parti Baas. La FDSN combat pour l’unité et non la division de la Syrie.« 

    La défense d’Afrîne doit être un combat anti-impérialiste. Cela rend d’autant plus crucial la création d’un lien avec les travailleurs et travailleuses Turques et Arabes, tout comme les opprimés de foi musulmane, et d’agir contre tout séparatisme chauvin. La résolution de Seconde Conférence de l’ICOR au Moyen-Orient déclare : « Une coopération plus étroite entre les luttes de libération Kurdes et Palestinienne et des forces révolutionnaires croissantes peuvent donner une importante impulsion à la combinaison entre les forces révolutionnaires et progressistes. (…) La révolution démocratique [est] (…) un signal (…) qui illustre comment la lutte pour la démocratie et la Liberté peuvent déboucher sur une perspective positive. » A l’heure actuelle, les attaques réactionnaires et les menaces du régime sioniste en Israël, ainsi que celles de l’impérialisme Américain, contre la Palestine, le Liban et la Syrie se sont accrues. Elles ont déjà débouché sur des confrontations militaires directes. Après qu’un appareil militaire israélien, qui bombardait Damas, ait été abattu le 10 février, le Maher Al-Taher/FPLP a déclaré : « Tel Aviv n’est plus de maintenir isolés Gaza, le Liban ou la Syrie. … La coordination de la résistance a pris la décision stratégique de riposter sur chaque front contre Israël lorsque celui-ci attaque sur l’un d’entre eux. »

    Les forces anti-impérialistes sincères ont également des questions relatives à la coopération entre les FDS et l’armée Américaine. N. Koç a ainsi répondu a cet interrogation : « La Russie a exigé le leadership politique de la FDSN et que le canton d’Afrîne soit remis entre les mains du régime Syrien… Le Canton de Cizîrê, lui aussi, n’a pas été libéré pour les USA, mais bien pour les Kurdes, les Arabes, les Assyriens, les Yézédis, les Tchétchènes et les Turkmènes. Les YPG/YPJ et les Forces Démocratiques Syriennes sont constituées d’hommes et de femmes qui ne sont pas des mercenaires et des outils au service des USA.  La coopération des YPG/YPJ et des FDS avec les forces Américaines ou Russes était une coopération militaire contre l’Etat Islamique (…) Cela signifie : Cizîrê n’est pas une colonie Russe, ni Afrîne une colonie Russe (…) Les deux superpuissances [peuvent voir] les choses sous un angle différent, mais l’essentiel est la manière dont les habitants de la FDSN les conçoivent.(…) La résistance d’Afrîne parle pour elle-même : Afrîne ne sera pas une néo-colonie de quelque puissance que ce soit, quelqu’en soit le coût. »

    La bataille de Kobanê a déjà démontré que la solidarité internationale est une arme puissante. Elle est dirigée contre la contre-révolution internationale et contre tous les impérialistes. La révolution démocratique au Rojava est une épine dans le pied de tout ceux-ci. La lutte pour Afrîne, aujourd’hui, est une lutte pour tous ceux et celles que se sont dressés pour la paix, la liberté, la démocratie et le socialisme.

    4.Les récents développements de la situation à Afrîne illustrent qu’aucune aide n’est à attendre de la part des puissances impérialistes tant pour la population Kurde que pour les peuples de Syrie.

    Plus de sept million de personnes ont quitté la Syrie et près d’un demi-million ont été tués. Le régime réactionnaire d’Assad et toutes les puissances impérialistes et réactionnaires portent l’entière responsabilité de cette situation. Chacune veut se partager la Syrie sur le dos des peuples qui la composent. Les Etats-Unis, comme premiers fauteurs de guerre, veulent agressivement étendre leur influence, de pair avec l’OTAN. Les autres impérialistes et puissances régionales, comme la Russie, la Turquie, l’Iran ou l’Arabie Saoudite veulent se maintenir dans la région et accroître leur emprise.

    Il s’agit d’une évolution dangereuse, notamment car le grand nombre d’acteurs impérialistes, comme les USA, la Russie, Israël, l’Iran et la Turquie ont franchi l’étape de l’intervention directe avec leurs armées. Cela exacerbe terriblement le danger de guerre. Avec cynisme, les impérialistes occidentaux versent des larmes de crocodile sur les victimes civiles dans la Ghouta et dans l’est de Damas, en pointant du doigt les crimes de guerre d’Assad et de la Russie, notamment l’usage du gaz, mais restent silencieux sur la terreur exercée contre les civils par les gangs islamo-fascistes, gangs auxquels ils ont donné naissance. Dans le même temps, le silence est total quant à l’agression militaire faite par la Turquie, membre de l’OTAN. L’ICOR rejette catégoriquement toute intervention impérialiste dans quelque région de la Syrie que ce soit. Elle défend un mouvement pour la paix mondiale et pour la lutte des masses contre les agressions militaires par l’intégralité des puissances impérialistes sans exception.  L’ICOR rejette l’utilisation des armes chimiques, biologiques et nucléaires contre les peuples. Elle réclame le bannissement et la destruction de ces armes. Les intérêts du peuple Kurde, ainsi que de tous les peuples du Moyen-Orient ne peuvent être uniquement réalisés qu’à travers une lutte anti-impérialiste et la victoire contre l’impérialisme.

    Les développements récents démasquent la nature de l’impérialisme de manière claire. Les guerres impérialistes et le danger de guerre ne peuvent être éliminés que par la destruction du système impérialiste mondial, par la révolution. Seule la lutte pour un futur socialiste offre une issue.

    Pour parvenir a cette fin, l’ICOR et ses organisations membres doivent se renforcer davantage !

  • Lettre d’information de l’ICOR sur la situation à Afrin

    Lettre d’information de l’ICOR sur la situation à Afrin

    Afrin– Lettre d’information no 1

    20.02.2018

    1. Le Pacte de solidarité de l’ICOR avec la lutte de libération kurde

    Le Pacte de solidarité de l’ICOR, adopté en mars 2015, était un engagement volontaire à développer un travail pratique intensif de solidarité avec le Rojava, libéré de Daesh, à soutenir sa construction et à relier la lutte de libération kurde au mouvement révolutionnaire et ouvrier international. Il a été signé par 37 organisations. Les brigades de solidarité de l’ICOR avec 177 brigadistes de 10 pays pour construire le centre de santé à Kobaně en sont un exemple brillant. Entre-temps il est achevé en tant que maternité et plus de 4 000 bébés y sont déjà nés. Après que le régime fasciste turc a lancé une campagne d’extermination contre la lutte de libération kurde et les structures d’autonomie démocratique au Rojava, le pacte de solidarité a été modifié en octobre 2016. En cas d’escalade aiguë des attaques contre le Rojava, on avait déclaré, le cas échéant, d’appeler à une journée d’action mondiale. Ceci a également été confirmé à l’unanimité par la 3e Conférence mondiale de l’ICOR! Cette escalade aiguë s’est maintenant produite avec la guerre impérialiste pour la division de la Syrie.

    2. L’attaque du gouvernement fasciste turc contre Afrine
    Le 20 janvier 2018, le régime fasciste turc d’Erdoğan a attaqué militairement le canton d’Afrine dans la Fédération démocratique de la Syrie du Nord/Rojava. L’EI fasciste (Daesh) fut en grande partie battu par l’alliance militaire des Forces démocratiques syriennes (FDS) en Syrie sous la direction des forces d’autodéfense kurdes YPG et YPJ. Un facteur important à cet égard a été le lien avec la solidarité organisée à l’échelle mondiale, dans laquelle l’ICOR a également joué un rôle majeur.

    Dans une déclaration de l’organisation de l’ICOR MLKP, chargée de construire l’ICOR au Moyen-Orient, il est dit : « Afin d’empêcher la démoralisation de la population, ils (la Turquie) mènent une propagande massive. Les médias mentent en battant leur plein. Malgré toutes leurs pertes, ils rêvent toujours de contrôler les régions du Rojava et d’anéantir le mouvement pour la liberté. Mais ce que les fascistes et les contre-révolutionnaires de la région ont oublié : Le peuple a une volonté ! Ils ont gagné la liberté au Rojava et vivent une vie décente. Ils ont une avant-garde qui lutte et ils sont organisés. Les travailleurs, les femmes, les jeunes et les opprimés ont gagné la sympathie des peuples de ce monde. » (Bulletin international, 2/2018 – traduit de l’allemand)

    L’attaque militaire de la Turquie a été menée, tolérée par l’impérialisme américain et en coopération avec le régime russe de Poutine.

    Le 10 février, l’équipe syrienne de défense aérienne a abattu un chasseur israélien du F-16 près de la frontière commune. L’armée de l’air israélienne avait déjà attaqué des cibles en Syrie à plusieurs reprises. Elle a justifié ses attaques récentes comme réponse à un drone « iranien » qui aurait pénétré dans l’espace aérien israélien.

    L’année dernière, les États-Unis et la Russie s’étaient mis d’accord sur leurs zones d’influence. A l’ouest de l’Euphrate, la Russie et la Syrie feraient valoir leurs droits, à l’est les États-Unis. Les contradictions entre les États-Unis et la Russie s’accentuent actuellement.

    Le président turc Erdoğan menace l’impérialisme américain d’une « gifle ottomane », s’ils continuent à maintenir leur coopération avec les forces militaires des SDF. Depuis quelque temps, les forces fascistes islamistes iraniennes se trouvent sur le territoire syrien.

    L’impérialisme allemand est impliqué indirectement, mais maintenant aussi directement dans la guerre de la Turquie et dans l’agression contre Afrine, en fournissant des chars et en participant à des vols de reconnaissance en coopération avec les États-Unis. De plus il collabore étroitement avec le régime fasciste turc d’Erdoğan. Et il s’efforce de renforcer ses relations avec le régime irakien en lui offrant une formation militaire, afin d’accroître son influence au Moyen-Orient.

    Alors que les impérialistes les plus divers se sont servis jusqu’à présent avant tout de mercenaires ou de forces mandataires, maintenant un développement est en train de se produire où ils peuvent s’affronter directement, en particulier les États-Unis et la Russie. C’est un nouveau foyer incendiaire et dangereux pour la paix dans le monde.

    Au fur et à mesure que la crise du système impérialiste s’approfondit, la peur de développements révolutionnaires s’accroît chez les forces dirigeantes. Elles n’ont pas oublié le soulèvement démocratique en Afrique du Nord et dans le monde arabe, survenu fin 2010/début 2011. Par la répression, des concessions et l’établissement temporaire de gouvernements islamistes pro-impérialistes, il a abouti, après le renversement des dictatures, dans une impasse.

    Les États-Unis, en tant que principal belliciste dans le monde, ont provoqué le développement en Syrie de façon déterminante dans leur lutte pour l’influence en Syrie respectivement au Moyen-Orient. La Russie tente agressivement d’assurer son accès stratégique à la Méditerranée et coopère avec le régime anti-populaire d’Assad.

    Dans cette situation, il est très important que les forces kurdes et leurs alliés de toutes les populations du Nord de la Syrie se battent explicitement indépendamment de toutes les forces impérialistes. Riza Altun, membre du comité exécutif de la communauté des sociétés du Kurdistan (KCK) a expliqué dans l’article « La lutte pour la liberté poursuit sa propre ligne » (https://anfdeutsch.com, 28.01.2018): « Le maintien du régime en Syrie est très important pour la Russie. Mais l’approche russe va au-delà du régime en Syrie et d’Assad. Ce n’est pas Assad, mais la domination et l’hégémonie de la Russie en Syrie qui sont considérées comme absolues. (…) Alors que les États-Unis établissent d’un côté des relations avec les YPG, ils menacent et font chanter les YPG de l’autre côté pour les mettre en conformité avec une ligne nationaliste et d’État national. (…) Les États-Unis, donc une force impérialiste qui veut établir son propre système mondial, essaient d’exploiter les valeurs créées par la lutte pour la liberté d’une société. (…) Nous sommes engagés dans une lutte anti-impérialiste. (…) Les partenaires stratégiques de notre ligne sont les forces démocratiques mondiales, les forces sociales et les forces anti-systémiques. » (traduit de l’allemand)

    L’ICOR fait clairement la distinction entre les forces révisionnistes, néo-révisionnistes et trotskystes qui, actuellement, poignardent ouvertement dans le dos la lutte de libération du Rojava et la résistance à l’agression fasciste de la Turquie. C’est un atout de l’organisation révolutionnaire mondiale ICOR et de sa position anti-impérialiste cohérente.

    3. Le mouvement ouvrier et révolutionnaire international est mis au défi

    Afrine lutte – Afrine vit!

    Malgré l’agression, depuis un mois, des forces armées turques et des bandes fascistes se dissimulant comme islamistes, les lignes de défense kurdes des unités de défense du peuple et des femmes continuent à résister sans fléchir. Les combattants composés de multiples ethnies – femmes et hommes – offrent une résistance farouche avec un grand courage héroïque, et les troupes d’invasion turques de la deuxième plus grande armée de terre de l’OTAN ne progressent que très lentement et se heurtent à une résistance féroce.

    Il y a une large mobilisation des masses au Rojava. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Afrine contre l’invasion turque. Des dizaines de milliers de personnes ont participé à une marche à travers le Rojava jusqu’à Afrine.

    Au Rojava, des milliers de personnes des autres cantons viennent dans le canton d’Afrine pour lutter contre l’invasion de la Turquie. Depuis une semaine, des dizaines de milliers de femmes manifestent dans le centre d’Afrine malgré les bombardements.

    La déclaration de Leila Khaled de la direction du FPLP (Front du peuple pour la libération de la Palestine) est un signal important dans la lutte contre la division entre Arabes et Kurdes. Elle a déclaré lors du 3e Congrès du HDP (Parti Démocratique des Peuples – Turquie) : « Je vous salue de la part du peuple palestinien. … Aujourd’hui, à Ankara, j’ai vu deux façades différentes. D’une part, tous les policiers qui ont encerclé la salle de congrès et occupé les rues. Nous voyons la même image également en Palestine. Mais d’autre part, j’ai vu ici les peuples de Turquie et du Kurdistan. Les voix qui s’élèvent dans cette salle couvriront le bruit des chaînes de toutes les prisons et deviendront l’écho des voix de tous les peuples. … Nous aussi, nous élevons nos voix contre la guerre en Afrîne. … Les peuples construisent la vie et l’avenir. Depuis cette salle, je salue tous les peuples qui résistent » (ANF, 11.2.2018)

    Dans le contexte de la solidarité avec Afrine, des millions de personnes dans le monde entier sont déjà descendues dans les rues et des manifestations ont lieu chaque jour. Dans de nombreux pays, nous connaissons également une forte polarisation, en particulier entre Kurdes et Turcs. Dans ce contexte, l’ICOR fait un travail d’éducation très important dans l’esprit de l’internationalisme prolétarien!

    La 3e Conférence mondiale de l’ICOR en automne 2017 a décidé de développer l’initiative pour un front uni anti-impérialiste et antifasciste, également contre l’accroissement du danger de guerre, le virement à droite des gouvernements et la fascination des appareils d’État.

    L’ICOR est mise au défi de défendre la révolution démocratique d’Afrine/Rojava contre l’invasion militaire du régime turc, de défendre la lutte du peuple syrien pour sa libération du régime d’Assad et contre l’ingérence de toutes les forces impérialistes, et aussi dans la lutte contre le danger d’une guerre mondiale.

    À cette fin, une journée mondiale d’action serait appropriée pour la solidarité avec la lutte pour la démocratie et la liberté, pour le retrait immédiat de toutes les troupes turques d’Afrine, pour le retrait de toutes les troupes impérialistes de Syrie et pour la paix, la liberté, le socialisme.

    Le développement actuel contribue à clarifier le caractère de l’impérialisme et qu’il ne peut y avoir de libération de l’exploitation et de l’oppression par le biais ou en alliance avec les impérialistes. Seule la lutte pour un avenir socialiste offre une issue. Pour ce faire, il faut renforcer l’ICOR même et toutes ses organisations membres.