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  •  Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

     Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

     Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

    C’est un honneur pour nous, camarades, d’être présent aux côtés de votre organisation pour cette soirée en l’honneur des martyrs de la Révolution en Turquie et au Kurdistan.

    L’Unité Communiste de Lyon salue la lutte exemplaire que mène le TKP / ML – TIKKO. Elle salue cette lutte, menée dans des conditions difficiles, face aux fascistes, aux obscurantistes, aux impérialistes.

    Nous ne sommes pas une grande organisation influente et puissante, mais nous voulons cependant, nous aussi, à la mesure de nos forces et de nos moyens, participer à la solidarité internationaliste et anti-impérialiste. Dans ce but, au côté d’autres organisations, dont OCML-VP, ici présente, nous participons à la campagne de solidarité avec le Bataillon International du Rojava. Nous avons également participé à la rédaction d’une lettre ouverte aux organisations politiques et aux médias militants, pour leur demander de prendre position sur la question du combat en Syrie, et de cesser cette attitude de double-face, en soutenant en façade les forces de la révolution tout en appuyant les réactionnaires et les impérialistes.

    Nous venons ici déclarer notre soutien à la lutte du TKP/ML TIKKO. Trois dates ne peuvent que venir à l’esprit lorsqu’on pense à ces combats, à cette terrible épreuve.

    La première à eu lieu il y a 75 ans, il s’agit de la victoire de Stalingrad. Face aux armées fascistes-nazies, les soviétiques, sous la direction du comité de défense formé notamment de Molotov, Vorochilov et Staline, ont tenu bon face à l’ennemi. L’ont battu, l’ont écrasé.

    Le seconde à eu lieu il y a 50 ans, il s’agit de l’offensive du Têt, faite par l’Armée Nord Vietnamienne et par la guérilla Vietminh. Cette offensive a brisé la capacité de combattre de la plus puissante armée du monde, l’a humiliée, l’a réduite à abandonner le combat.

    La dernière est celle qui se déroule aujourd’hui, qui embrasse la Moyen-Orient dans son ensemble. Cette lutte est une lutte qui se mène contre les coalitions impérialistes, contre les fascistes, contre les obscurantistes. Elle est l’immense arène dans laquelle les armées des réactionnaires seront brisées.

    Pourquoi ? Car on ne peut briser les armées du peuple, on ne peut réduire au silence celles-ci. Les impérialistes et les ennemis du peuple essaient inlassablement et échouent, car les masses populaires représentent les forces créatrices.

    « Nous sommes résolument pour la paix et contre la guerre. Mais si les impérialistes s’entêtent à déclencher une nouvelle guerre, nous ne devons pas en avoir peur.

    Notre attitude devant cette question est la même que devant tous les désordres: primo, nous sommes contre, et secundo, nous n’en avons pas peur.

    La Première guerre mondiale a été suivie par la naissance de l’Union soviétique avec une population de 200 millions d’habitants.

    La Seconde guerre mondiale a été suivie de la formation du camp socialiste qui englobe une population de 900 millions d’âmes. Il est certain que si les impérialistes s’obstinent à déclencher une troisième guerre mondiale, des centaines de millions d’hommes passeront du côté du socialisme et seul un territoire peu étendu demeurera aux mains des impérialistes; il est même possible que le système impérialiste s’effondre complètement. » Ecrivait Mao Zedong, dans « De la juste résolution des contradictions au sein du peuple », en 1957.

    C’est ce que nous observons aujourd’hui. C’est cette prédiction dont nous verrons la réalisation, si les impérialistes s’obstinent. C’est la naissance de celui qui leur donnera le coup de grâce. Ils seront balayés, comme l’ont été les Hitler, les Mussolini, les Napoléon et tous les autres agresseurs.

    Les fascistes aussi connaîtront le même sort.

    Les fascistes d’AKP prétendent être les défenseurs du peuple Turc. Ils se disent ses amis, ils se disent les protecteurs des masses exploités. Or que font ils en réalité ? Ils vendent les travailleurs et les travailleuses en esclavage aux patrons et aux patronnes. Ils vendent la Turquie en esclave aux impérialistes, ils en sont les valets, les larbins. Ils pensent qu’ils seront gagnants dans ce conflit, alors qu’ils ne font que ramper et quémander une place aux puissances impérialistes, dont la France.

    Les fascistes ont toujours agi ainsi, ils sont les ennemis du peuple, ils sont des traitres à la cause qu’ils prétendent défendre.

    Le seul camp de la défense des intérêts des peuples de Turquie, c’est le camp de la révolution, c’est le camp de la liberté, c’est le camp du communisme. La seule force qui lutte contre les bourreaux des travailleurs de Turquie, c’est la voie révolutionnaire.

    C’est la voie de Kaypakkaya.

    C’est la voie que suivent celles et ceux qui se placent sous les portraits de Marx – Engels – Lenine – Staline et Mao !

    C’est le camp des martyrs que nous saluons aujourd’hui.

    La roue de l’histoire tourne, et écrase les impérialistes, les fascistes et leurs agents. L’avenir est rouge, l’avenir est communiste !

    Vive le TKP / ML – TIKKO, vive la lutte révolutionnaire !

    Vive le communisme !

  • Nouvel ouvrage numérisé : Lénine : la guerre des partisans − 1905

    Nouvel ouvrage numérisé : Lénine : la guerre des partisans − 1905

    Ouvrage majeur sur la conduite de la révolution, La Guerre des Partisans, est un des apports de Lénine. Une lecture incontournable, pour qui veut développer sa compréhension des questions relatives à la prise du pouvoir. Ce n’est pas un hasard si Lénine recommandait la lecture de Vom Kriege de Clausewitz à tout militant bolchevique.

  • La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat : La ligne de démarcation principale.

    La dictature du prolétariat

    La ligne de démarcation principale.

    Pour aller plus loin : 

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation se revendiquant du communisme. Elle est une organisation s’inscrivant dans une tradition et dans un héritage. Non pas un héritage mort et fétichisé, mais un héritage vivant et dynamique. Elle se revendique, fondamentalement, de l’intégralité de l’histoire du mouvement révolutionnaire et du mouvement ouvrier.

    Elle se revendique de la synthèse de l’expérience du mouvement ouvrier et révolutionnaire. D’une synthèse critique, capable de distiller les éléments justes de cette expérience. Cette synthèse est plus large que la seule existence des organisations communistes, que leur seul rôle. Elle doit embrasser l’ensemble de l’expérience, y compris celles qui ont été avortées, inachevées, perdues.

    Selon nous, cette synthèse de l’expérience ne se limite pas à tracer la physionomie d’une organisation à coup de citations, de galeries de portraits, de folklore et de mythes. Bien souvent, il nous est adressé la question de savoir si nous nous revendiquons de Staline, de Mao ou de Hoxha. Ce type de question est révélateur d’un certain état d’esprit qui prend les questions à l’envers. Se revendiquer d’un individu est, à notre sens, caduc et inintéressant dans la situation actuelle. Ces individus ont fait partie de l’histoire du mouvement révolutionnaire, du mouvement ouvrier. Nier leur existence ou n’embrasser que leur figure n’aurait pas plus de sens l’un que l’autre. Analyser leurs apports, en intégrer les aspects justes, en ôter les aspects faux, voilà comment nous comptons procéder pour avancer idéologiquement.

    D’autant que certains butent sur ces questions. La bourgeoisie à bien fait son travail, elle aiguille sciemment, au travers de sa propagande, au travers de l’Education Nationale, vers des formes stratégiquement inoffensives de contestation. L’importance de l’anarchisme et du trotskisme comme  mouvements dans les pays impérialistes est révélateur de cela. Cependant, bien souvent, la sympathie pour Trotski ne signifie pas une adhésion à ses thèses ni a ses pratiques. A l’inverse, combien de marxistes-léninistes autoproclamés orthodoxes se usent de l’entrisme, du fractionnisme, du liquidationnisme ?

    Il de s’agit pas de faire pour autant de l’éclectisme, et de brasser large pour se diluer idéologiquement, pour faire du centrisme, pour concilier l’inconciliable. Au contraire, il s’agit de progresser sans laisser la moindre zone d’ombre, sans laisser la moindre trace de poussière. Cacher l’inconsistance politique en se réfugiant dans une case, en se réfugiant sous une étiquette dont le contenu n’est pas maîtrisé n’est pas permis.

    L’adhésion n’est pas sur un branding d’image et de tableaux, mais bien sur une adhésion au contenu politique. Ce contenu politique que nous définissons comme ligne de démarcation principale, à l’heure actuelle, dans la poursuite de la construction d’un Parti Communiste Révolutionnaire efficace, est la dictature du prolétariat. Dans la situation actuelle, nous considérons que cette ligne est celle qui correspond à l’état actuel du militantisme au sein de notre Etat, mais également qu’elle est une question politique accessible aux plus larges masses, tout en étant profonde et complète.

    Pourquoi la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation ?

    Le choix de la dictature du prolétariat comme ligne de démarcation est lié à un constat. Trop souvent, les organisations se revendiquant du communisme dressent une liste de points préalables sans fin à l’adhésion et au travail commun, ou à l’inverse évitent soigneusement cette question. Bien souvent, ces lignes de démarcations sont tracées dans le désert, et ne correspondent pas à des modalités pratiques ou politiques. Elles sont érigées en fétiches. Admirables ou non, justes ou non, elles n’en sont pas moins tout autant de barrières absconses car n’ayant pas de transcriptions concrètes dans la réalité ou dans la pratique, hors de l’iconographie.

    Nous avons voulu choisir une autre voie que celle de l’amoncellement de barrières qui ne font que recroqueviller les organisations autour d’un cristal de pure vérité autoproclamée, mais qui les privent de l’espace, de la marge de manœuvre permettant de débattre de la véracité de ce cristal, de le forger au fer de la critique, de la heurter au prisme de la science. Cette attitude sectaire de repli sur une vérité affirmée mais indémontrée, nous l’avons eue nous même, nous l’avons expérimentée et nous en avons, par le passé, éprouvé les limites.

    Nous voulons expérimenter une autre voie, plutôt que celle de la lame de rasoir, affûtée mais fragile, maniée d’une main incertaine, nous optons pour celle du creuset, de l’instance centrale de débat, dans lequel les diverses organisations doivent se fondre pour que naisse, par le travail et l’effort commun une organisation communiste pouvant déboucher sur un parti communiste. Tout n’a pas besoin d’être préalablement aplani avant d’avancer ainsi. De toute manière la dialectique et la vie font surgir chaque jour de nouvelles questions, de nouvelles luttes de ligne.

    Jamais le PC(b)US soviétique, jamais le PCC chinois, jamais le PTA albanais n’ont été monolithiques. Ces organisations ont certes tendu vers toujours plus d’unité, toujours plus d’efficacité, mais n’ont jamais été des blocs homogènes à 100%. Elles ont toujours connu une lutte de ligne intérieure. Nous considérons que l’unification n’est pas équivalente à la résolution immédiate de la lutte de ligne. La résolution de la lutte de ligne ne saurait être préalable au fait d’avancer, cela reviendrait à emplir un tonneau percé. Une base minimale simple, claire, et suffisante doit être dessinée comme préalable. Le reste des questions peut et doit se traiter dans le cadre du débat commun.

    Nous mêmes, faisons le choix d’avancer en commun.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation qui rassemble des communistes ayant une perception différente de leur idéologie. Certains sont marxistes, d’autres se perçoivent léninistes, d’autres maoïstes. Nous pensons que les questions idéologiques sur ces distinctions sont légitimes. Elles sont légitimes et doivent faire l’objet d’un débat scientifiquement argumenté. Seulement, l’Unité Communiste de Lyon considère que ces questions peuvent être résolues au sein d’une organisation unique. Leur résolution n’est pas un préalable au travail commun et à l’unification. Leur résolution en est même une conséquence, puisqu’elle créé le cadre scientifique qui permet de faire la démonstration claire et nette de la supériorité de telle thèse sur telle autre thèse. Elle permettra de rejeter les conceptions arriérées et périmées et de systématiser celles qui sont justes.

    Dans l’état actuel des choses, certaines questions ne sont pas non plus un préalable à l’adhésion. Bien souvent, la maîtrise du matérialisme-dialectique, du matérialisme-historique, de l’ensemble des facettes de l’idéologie a été placée comme une nécessité pour devenir adhérent. Comme l’exigence était trop élevée par rapport à ce que des néo-adhérents, des statuts intermédiaires artificiels étaient mis en œuvre. Des stagiaires ad vidam eternam, parfois, qui attendaient d’être considérés comme digne de devenirs des égaux.

    Bien souvent, du fait de l’organisation en sectes, refermées autour d’une vérité autoproclamée, la progression vers le centre de ces organisations cloisonnées ne se faisait pas en fonction de la progression dans la maîtrise de la théorie et de l’idéologie, mais bien uniquement en fonction du degré de mimétisme des positions du centre. Dans ces conditions là, la dégénérescence ne pouvait que se manifester tôt ou tard, la présomption et le procès d’intention remplaçant l’analyse, l’attaque et l’agression le débat, l’assénement de dogmes la démonstration de la justesse des thèses défendues.

    Nous voulons une progression en commun, vivante, critique et encourageant l’autocritique.

    Nous pensons que la question de la dictature du prolétariat est suffisante et constitue une ligne de démarcation suffisante pour adhérer. Elle n’a pas besoin d’être même formulée selon cette expression consacrée. Le fait de vouloir la constitution d’un pouvoir populaire où le prolétariat et ses alliés dirigent l’Etat contre les exploiteurs, est suffisant.

    Pourquoi est-il suffisant ? Parce qu’elle est la condensation de l’objectif politique stratégique du mouvement communiste à l’heure actuelle. Elle conditionne tout et est la condition de tout.

    La question de la dictature du prolétariat est le nœud gordien de la lutte. L’atteindre impacte la forme de l’organisation et la question des rapports qui se nouent en son sein. Elle explique le fait qu’une organisation politique communiste ne peut atteindre cet objectif que sous la forme d’un parti de type nouveau, tel que défini par Lénine. Elle conditionne le fonctionnement interne, la nécessité d’avoir un centralisme démocratique, le fait de devoir lutter contre le fractionnisme, contre l’entrisme. Elle conditionne le fait qu’un Parti Communiste n’est pas une clique, une bande, une coterie, mais une organisation conçue, organisée, architecturée pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie et créer l’Etat prolétarien. Elle explique que les organisations de ce type ne sont pas des salons de discussion, ni de plaisant clubs, mais des outils conçu pour la plus grande efficacité.

    Sommes-nous pour de meilleurs salaires, pour de meilleurs horaires de travail, pour une meilleure couverture santé, pour une défense des droits des chômeurs ? , oui, nous le sommes. Mais limiter là notre revendication politique revient, au final, à demeurer au niveau de l’économisme. Il s’agit du travail des organisations syndicales, du travail des organisation de masse, de défense des masses populaires et de ses intérêts.

    La question de la dictature du prolétariat politise la question. Elle pose la question du pouvoir de la bourgeoisie, de la nature de son Etat, de la nature de ses institution, de la nature du rapport que peuvent avoir les exploités avec celle-ci. Vouloir défendre ce projet, c’est comprendre le fait que l’Etat n’est pas amendable, qu’il n’est pas possible de négocier sa forme, de se contenter du cadre étriqué de sa prétendue démocratie. La question de la dictature du prolétariat pose de manière concrète la question de la révolution. Elle le pose d’une manière non-abstraite, non comme un but final, non dans une perspective messianique, millénariste, mais comme un moyen concret. Un moyen concret de disposer des outils pour ériger et construire le socialisme puis le communisme. Elle redonne ainsi au marxisme sont caractère fondamental de guide pour l’action, et non d’un fétiche.

    La question de la dictature du prolétariat pose également la question du programme. De construire le socialisme dès qu’une zone est sous le contrôle du pouvoir populaire. La question de la dictature du prolétariat pose également celle de la démocratie populaire. La dictature du prolétariat implique deux aspects insécables : celui de la démocratie pour les masses, celui de la dictature contre les ennemis du peuple.

    En elle, elle pose la question des soviets, du contrôle populaire sur l’économie, de l’organisation démocratique de celle-ci. Elle pose la question de l’économie politique, de la planification, de la question du rapport avec la nature et avec l’écologie. Elle pose la question d’une économie non plus au service du profit d’une poignée de parasites, mais bien pour répondre à des besoins.

    La dictature du prolétariat pose également la question de la difficile gestion de la question des experts, de la bureaucratie d’Etat, du besoin de spécialistes. Elle pose la question de la liquidation en tant que classe de la bourgeoisie, par le fait d’éliminer le besoin social de ces catégories de population.

    Elle pose la question de la contrainte ou de la répression contre celles et ceux qui y sont hostiles et qui veulent s’organiser contre le pouvoir populaire. A la fois contre les irréductibles ennemis du peuple, mais également contre les menées intérieures qui peuvent être faites par certains individus, voire par des corps sociaux entiers comme ceux des experts bourgeois, qui peuvent tenter de se constituer leurs royaumes personnels au sein de l’Etat prolétarien, et, de ce fait, le ronger peu à peu. Elle pose la question de l’éducation des masses, de l’accès à la culture et au savoir, pour résoudre la dépendance vis-à-vis de ces experts, pour avancer vers la résolution de la contradiction entre travail manuel et intellectuel.

     Elle pose la question de la capacité à rallier les larges masses populaires, à les convaincre du bienfondé de l’Etat populaire par la mise en œuvre d’une politique qui donne des résultats. Elle pose la question de comment se met en œuvre ce ralliement, qui ne peut se faire -et ne s’est pas fait- par la contrainte, mais bien par un lent travail d’éducation des masses sur ce que signifiait cette étape du socialisme, y compris après la conquête du pouvoir par les bolcheviks ou par les organisations révolutionnaires. Elle pose la question des cadres du débat démocratique au sein d’une république soviétique.

    Elle pose la question de son affermissement, de la résolution des contradictions non-antagoniques par le débat, le dialogue, l’explication ou la conviction. Elle pose les bases de la résolution de la question de la structure patriarcale de la société, du sexisme, du racisme, des maux qui sont tout autant  de fléau dans la société pourrissante dans laquelle nous vivons.

    Elle pose la question de la défense et des relations internationales, de la volonté de soutien aux opprimés croulant sous le joug d’autres Etats capitalistes, de l’impérialisme, du colonialisme…

    Elle ouvre la voie vers une société sans classe ni Etat, vers une société communiste.

    A l’inverse la dictature du prolétariat démarque les communistes du réformisme, du révolutionnarisme romantique, de l’opportunisme. Elle est ce qui démarque des partis qui ne comprennent pas la nature de classe de l’Etat, son caractère profond de force d’oppression d’une classe contre une autre. Elle est ce qui démarque, fondamentalement de celles et ceux qui sont inconséquents, qui rêvent d’un grand soir sans en assumer les implication. Elle est ce qui forme une démarcation entre le messianisme, l’utopisme, l’idéalisme et la volonté d’avancer de manière cohérente, construite, organisée, structurée et efficace. Elle est la distinction entre le vœux pieux et la victoire.

    La question de la dictature du prolétariat porte chacun de ses aspects en son sein. Comme dans la création d’un dictionnaire, nous considérons qu’elle est une réponse nécessaire et suffisante, simple et accessible à tous et à toutes à la question de quelle est notre ligne de démarcation.

  • 2017 : Le bilan – partie 1 : Le bilan de l’année politique.

    2017 : Le bilan – partie 1 : Le bilan de l’année politique.

    2017 : Le bilan

    L’année 2017 s’achève.

    2017, année centenaire de la Grande Révolution d’Octobre, a été une année riche, complexe, éreintante. Elle fut intense en termes de calendrier politique et en termes d’offensives de la part de la bourgeoisie. Elle fut une année intense en termes d’activités militante.

    L’Unité Communiste de Lyon en dresse un bilan, tout comme un bilan de son activité.

    Partie I : Le bilan de l’année politique

    L’année 2017 a été une année en trident. Une année marquée, au sein de l’Etat français, par trois aspects majeurs.

    Le premier fut celui des présidentielles, dans lesquelles l’Unité Communiste de Lyon a adopté une position de boycott et de rejet, appelant conjointement avec le Groupe Antifasciste de Lyon et Environs, ainsi que des individus, à un rassemblement le 4 février, dans le but de dénoncer la mascarade présidentielle.

    Les élections présidentielles ont ramené au centre du débat toute la putréfaction politique. Le barycentre du débat fut, in fine, la question de l’immigration, la question de l’Islam, la question du terrorisme. Des sujets qui furent autant de tremplins pour l’expression des fascistes.

    Nous considérions alors, et nous considérons toujours, que les positions de soutien critique -en particulier au second tour- que la position trotskiste de « ni boycott, ni vote » ou, pire, que le soutien sans faille à Macron étaient des positions erronées. Cette élection a été une formidable cuve de décantation pour les mouvements politiques. Elle a permis de voir le poids terrible du réformisme et des conceptions parlementaristes de la lutte, même au sein des mouvements communistes ou anarchistes. Ce poids est logique et compréhensible, il n’est pas réellement possible de le blâmer tant qu’une issue révolutionnaire, par le truchement d’une organisation capable de la diriger, n’existe pas.

    A notre sens, et nous le maintenons, la seule possibilité de sortir « par en haut » de cette mascarade, dans l’état actuel des choses, était l’idée d’impulser une ligne d’opposition extra-parlementaire. Cette opposition extra-parlementaire demeure à construire, conjointement, sans esprit de cercle ou de secte. Elle demeure la possibilité de pouvoir réclamer une légitimité à l’expression politique issue de l’extérieur de l’Assemblée, du Parlement, ou des organisations traditionnelles et institutionnelles.

    Ces élections ont débouché, au final, non pas sur un raz-de-marée Bleu Marine, comme certains prophètes l’annonçaient, mais sur une victoire hégémonique du centre, sur une victoire de la lance la plus affûtée de la bourgeoisie : Macron. Cette victoire à eu deux effets.

    ·         D’une part la bourgeoisie à les mains libre pour faire ce qu’elle veut. Et, depuis elle ne s’en prive pas. Chemin faisant, le centre s’attire la haine des classes populaires et même d’une partie de la petite bourgeoisie, laissant supposer son effondrement aux prochains enjeux électoraux.

    ·         D’autre part le concept du FN est arrivé à bout de souffle, s’est effondré sous son propre poids. Mais, derrière la difficulté tactique et passagère, se consolident les bases pour une poussée nettement plus puissante d’ici les prochaines élections.

    Ces deux effets laissent présupposer des élections particulièrement glaçantes. Si Laurent Wauquiez, l’autoproclamé Trump français, parvient à réussir son opération, il sera le centre d’un coalition redoutable, d’autant que, à gauche, l’opposition, si elle parvenait au second tour, se heurterait à une levée de boucliers sans précédent. Même un Mélenchon parvenant à fédérer et à rassembler très largement se heurterait à une croisade sans précédent de la part du patronat et de la bourgeoisie.

    La classe des exploiteurs, dès les élections passées, s’est mise en marche -sans jeu de mot – avec brusquerie et brutalité. Tous les fronts sociaux ont été attaqués.

    ·         Le Droit du Travail, avec une poursuite de l’ANI (Accord National Interentreprises) de la Loi El-Khomri, devenue la Loi Travail finale. Son but est toujours le même, liquider le contrat de travail, baisser les salaires, donner le contrôle absolu au patronat. Sa finalité : un contrat unique, conçu comme le mix parfait entre CDI et CDD, c’est à dire déterminé uniquement par les tâches à effectuer, et non plus par une durée.

    ·         Des attaques contre l’éducation, contre l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, avec une ligne réactionnaire vers le premier (uniformes, rigidité, programme nationaliste) , et libérale vers les seconds (fin du bac comme examen, appel aux contractuels, autonomie de gestion et de frais d’inscription…). L’objectif final : privatiser en catimini l’enseignement et briser le cadrage des diplômes, ce qui leur donne leur valeur aux yeux de conventions collectives agonisantes.

    ·         Des attaques sur le système d’imposition, permettant de pouvoir casser l’alimentation des caisses de cotisation. Systèmes de cotisation sociales d’ailleurs directement en ligne de mire, avec une offensive plein tubes contre la Sécurité Sociale, contre les Retraites, contre l’Assurance Chômage. Une offensive qui a déjà écrasé les APL, menaçant ainsi les parts les plus précarisées de la société, et qui vise à s’étendre et se poursuivre.

    ·         Des attaques contre les collectivités locales, en ayant pour ambition de supprimer leur autonomie et de recentrer la forme de l’Etat en un état de type gaullien, ultra-vertical et hyper-concentré, tout en développant à l’extrême la Révision Générale des Politiques Publiques, cette entreprise de purge des services.

    ·         Des lois sécuritaires qui visent à briser la capacité combative des travailleurs et des travailleuses. Elles permettent un répression à tout va, sans la moindre retenue. Elles se sont accompagnées d’un discours visant à les justifier, discours dont Manuel Valls fut le porte-étendard, véritable agent-provocateur, visant à stigmatiser sans cesse les musulmans et à faire naître une composante politique, véritable ennemi-intérieur : l’islamo-gauchiste.

    ·         Une politique anti-migrants scélérate et criminelle, sans la moindre pitié, chassant les réfugiés, détruisant leurs biens, semant la terreur… Tout cela, avec, en fond, l’omniprésence de l’opportuniste en chef : Gérard Collomb, grand clientéliste et bras armé de la répression.

    ·         Une poursuite et une volonté d’intensification de la politique impérialiste de la France. Notamment au travers d’opérations militaires de grande envergure, mais également en maintenant le diktat du Franc CFA sur une Afrique chaque jour plus étranglées par l’impérialisme et le néo-colonialisme.

    ·         En revanche, un regard plus que conciliant sur les méfaits et les abus commis par la bourgeoisie. Malgré les cadeaux, malgré les offrandes, fiscales ou légales, sa soif de richesse n’est toujours pas assouvie. Dernière offre en date, une hausse de 40% du salaires des maires des grandes villes.

    Ce qui mène au dernier point, la lutte contre les attaques de la bourgeoisie. Cette lutte, marquée par les journées d’actions, n’a pas, pour le moment, été à la hauteur de la tâche qui lui incombe. Cependant, elle avance toujours. Front Social est une expérience qui a porté certains fruits, malgré la défiance qui existe -et qui n’a pas lieu d’être- entre les syndicats et ce front. De même, une certaine étape dans le rapport à la violence à été franchie. Les cortèges de tête » ont matérialisé une radicalité dans l’action, auparavant diffuse. Cela ne les a pas empêchés de chercher à mener une difficile politique d’unité avec les organisations plus traditionnelles. Cette combativité et cette conflictualité au sein de chacune des manifestation a été le reflet d’une montée en tension sans cesse aggravée avec la police.

    La misère sociale qui se profile risque d’être terrible. Les grands gagnants, dans la situation actuelle, sont les fascistes, tant ils sont appuyés sans cesse par des provocateurs tels Valls, Onfray, Finkielkraut, Zemmour et autres. 2017 est une année que les fascistes peuvent saluer.

    Dans ce cadre, nous avons, par ailleurs participé à la mise en place d’une mobilisation antifasciste sur Lyon. Une lutte importante s’est engagée, durant la première partie de l’année, contre le Bastion Social. Ce squat détenu par les fascistes servait à instrumentaliser la misère des sans domiciles fixes pour la tourner contre les réfugiés. Par la mobilisation, ce « bastion » a été contraint à fermer. Cependant, lorsqu’un appel à la mobilisation pour une manifestation antifasciste internationale s’est lancé, la préfecture s’est empressée de l’interdire. Lorsqu’un rassemblement a tout de même été lancé, la police s’est empressée de l’encercler.

    L’Etat s’est montré, une fois nouvelle, sous son jour le plus sombre.

    Le centenaire de la Révolution d’Octobre a occupé un grand nombre d’esprits. Combien ont pu avoir l’espoir qu’un sursaut grandiose en naîtrait ? Cet anniversaire à été l’occasion de tirer des conclusions sur la situation et la stratégie des forces communistes dans le monde, dont ferons, plus tard, le bilan. Mais elle fut l’occasion de remettre sur le devant de la scène la question de la révolution et celle de la dictature du prolétariat. Elle fut également un marqueur, par les réaction qu’elle a suscité, de la véritable nature politique de certains courants et de certaines organisations, lesquelles se sont empressées d’attaquer ce contenu politique et de ne rester que sur des questions démocratiques.

    Elle fut l’occasion, cependant d’une campagne d’affichage de notre part, ainsi que de la participation à la conférence de l’ICOR, à laquelle nous avons participé au côtés de nos camarades de l’UPML, mais également d’une galaxie d’organisations politiques internationales, unis autour d’un but : unifier le mouvement communiste.

    En effet, l’année politique ne serait être complète sans évoquer les questions internationales.

    Celle du Moyen-Orient, tout d’abord, où la situation Syrienne prend de manière sans cesse croissante la tournure d’une répétition générale avant un conflit inter-impérialiste de grande ampleur. Où l’Etat turc joue un billard à plusieurs bandes, faisant monter les enchères entre occident et Russie, pour tenter de s’imposer comme la puissance du secteur, en face de l’Iran.

    La réapparition du conflit israélo-palestinien, à la suite des provocations de l’Etat colonialiste, au travers du nouvel emprisonnement de Salah Hamouri, mais également avec la tentative conjointe de Netanyahou et de Trump de faire de Jérusalem la capitale de l’Etat hébreux.

    Enfin, surtout celle de nos camarades Kurdes, qui, pris en étau entre Daesh et les Etats interventionnistes, se battent dos au mur pour construire un espace de liberté entre les mâchoires de l’ennemi. L’écrasement du Kurdistan Irakien et de sa tentative d’indépendance ont révélé un fois de plus que les papiers, les traités, les votes, les lois ne protègent pas. Seule la mobilisation populaire et le peuple en arme sont la garantie effective de l’indépendance.

    Dans cet ordre d’esprit, la Catalogne a vu les regards se plonger vers elle. La question de l’indépendance d’une partie de l’Etat espagnol est intervenue à plusieurs reprises. Elle prouve là aussi que les votes et les référendums ne sont nullement des garanties pour l’exercice de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, un nouveau gouvernement indépendantiste à été élu, mais il n’existe nulle preuve que l’Etat espagnol puisse tolérer la moindre velléité d’indépendance.

    De l’autre côté de la Terre, les menaces de guerre couvent. Entre les USA et la Corée du Nord, la tension monte sans cesse. Les provocateurs américains semblent jouer un jeu dangereux, pour tenter de soumettre le régime Nord Coréen. Au cour de l’année, nous avons à plusieurs reprise rappelé les raisons de ce conflit, notamment après la victoires aux élections d’une ligne pacifiste en Corée du Sud. Aujourd’hui, la Corée du Nord déclare que les sanctions de l’ONU représentent un acte de guerre, la situation est donc loin de la désescalade.

    2017, d’un point de vue politique, fut une année brûlante. Elle le fût tout autant d’un point de vue diplomatique. 2018 offre une promesse d’être une année tout aussi cruciale, tant à l’intérieur qu’a l’internationale.

    Il reste aux organisations communistes à donner leur réponse à ces défis, à trouver la voie pour les surmonter.

    L’Unité Communiste tiendra sa place à côté d’elles, dans cette lutte à l’échelle de la planète pour constituer un nouveau front révolutionnaire.

  • Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

    Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

    Déclaration de l’UCL concernant le 100ème anniversaire de la révolution d’Octobre.

    Aujourd’hui, 7 novembre 2017, nous célébrons le centième anniversaire de la Révolution d’Octobre. Nous célébrons le soulèvement des masses populaires, des ouvriers et des paysans, renversant le gouvernement provisoire de Kerensky, et mettant en œuvre, sous la direction du Parti Bolchevique, la dictature du prolétariat.
    Cette date est un jalon de l’Histoire. Non seulement de l’Histoire contemporaine, mais de l’Histoire de l’Humanité.
    Elle représente un point de bascule dans l’histoire de la lutte des classes.

    Elle n’est pas un événement isolé, fortuit, un accident de l’Histoire. La Révolution d’Octobre n’est pas orpheline, elle est le fruit d’un processus long, ardu, émaillé de difficulté, teinté de sang.

    De l’insurrection paysanne de Thomas Munstzer, en passant par les niveleurs anglais, par la Révolution Française et la conspiration des Egaux de Baboeuf, par la révolution de 1848, la Commune de Paris ou 1905 et le Potemkine… Octobre Rouge est loin d’être un acte isolé.

    De même Octobre donna naissance à bien d’autres. Octobre ne fut ni isolé, ni stérile. De cette révolution naquit une lame de fond qui secoua l’intégralité du monde. Cette lame de fond donna naissance à des révoltes, des révolutions, des tentatives d’apporter un gouvernement soviétique aux masses exploitées et opprimées. Allemagne, Finlande, Hongrie, connurent ces révolutions, noyées dans le sang, écrasées -y compris par la social-démocratie, dévoilant par là-même son vrai visage.

    Contre cette tentative d’écrasement, la Révolution Russe se dota de son armée populaire, l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans et écrasa tant les réactionnaires que les interventionnistes. C’est ainsi qu’elle assura sa survie ainsi que la possibilité de concrétiser l’Etat prolétarien.

    Octobre apporta, au milieu de la putréfaction des charniers coloniaux, le vent de la liberté. Désormais, pour tous les peuples prisonniers de l’impérialisme et du colonialisme, une espoir existait.

    Octobre donna naissance, également, à l’immense entreprise de construction du socialisme. La plus grande aventure de l’Humanité, lui permettant de se hisser hors des horreurs de l’esclavage, de l’exploitation, de la misère et de l’oppression, débutait. La première expérience de construction du socialisme prenait forme.

    Un parcours dur. Un parcours émaillé de difficultés. Un parcours émaillé de contradictions, de trahisons. Un parcours nappé du sang de 24 millions de citoyens soviétiques, des centaines de milliers de partisans de toutes nations, qui versèrent leur sang pour que la croix gammée ne règne pas sur le monde. Un parcours terrassé, au final, par la contre-révolution de 1956, avec la liquidation du socialisme en URSS, signant la victoire de l’ennemi de classe intérieur.

    Mais Octobre donna naissance, au travers de la lutte armée contre les réactionnaires et les occupants, à un autre Octobre, celui de la révolution chinoise. Il accoucha, in fine de la Révolution Culturelle, de la révolution Cubaine, de la lutte héroïque du peuple Vietnamien et de bien d’autres.

    Aujourd’hui, encore, Octobre engendre des enfants, en Inde, au Kurdistan, aux Philippines. Aujourd’hui, partout dans le monde, comme cent ans avant. Ceux qui vivent dans la nuit de l’oppression tournent leurs regards vers le phare qu’est la révolution.

    Tous ces événements, sans exceptions, s’articulent autour d’une charnière, d’un pilier, 1917. Ou elles en sont les prémices, ou elles en sont issues, mais toutes sont liées de manière intime à la Révolution Prolétarienne de 1917.

    Ecrire sur le centenaire de cette date, pour un militant  ou une militante communiste, est une tâche ardue. Elle est une tâche ardue du fait de la nature même de l’événement, que tant et tant de critiques, d’exégètes et de commentateurs veulent nier ou pervertir. Elle est une tâche ardue du fait des causes profondes de celle-ci, qui sont légion. Elle est ardue, également, car elle n’est pas qu’un flash, pas qu’un éclair, mais bien une étape vers une construction qui s’est poursuivie pendant des dizaines d’années, avec le regard qu’il est essentiel d’avoir sur les conséquences de cette Révolution. Elle l’est, aussi, au final, car elle ouvre une ère d’expérience qu’il nous faut encore distiller, pour en extraire toute la substance et l’amener à notre situation actuelle.

    Ecrire sur 1917, cela revient à embrasser un ensemble d’aspects, un ensemble d’angles de vues, un ensemble quasiment infini de questions. Economiques ; politiques ; militaires ; sociétales. Un ensemble qui se subdivise de manière fractale, concernant les moindres aspects de la vie de tous les jours de la part des citoyens -et in fine, surtout des citoyennes- soviétiques, jusqu’à la construction de l’économie politique soviétique. Ni la guerre, ni l’amour, ni la vie, ni la mort, ni l’art ne sont épargnés par l’influence immense de cette révolution et de ses conséquences.

    Cela revient à devoir les traiter, de plus, non pas dans leurs aspects statiques, comme les icones, les peintures, les photographies prenant la poussière dans un musée, mais bien comme un ensemble en mouvement, un ensemble dialectique, un plasma s’entrechoquant.

    La bourgeoisie voudrait ne voir qu’un comptabilité morbide, qu’un coup d’Etat apportant la misère et la mort. Les anarchistes et les critico-utopistes ne voudraient en voir que les imperfections, s’en servir pour condamner l’ensemble. Les dogmatiques et les fétichistes, à l’inverse, que les succès, que les réalisations, restant bouche bée et acritiques devant la moindre réalisation, en niant les faillites et les manques.

    Alors que la réalité n’est pas à mi-chemin entre les deux, elle est différente, elle est l’explosion de créativité et d’émancipation que donne la révolution, elle est également l’œuvre de construction expérimentale d’une société nouvelle, dont les règles, dont les lois, dont le fonctionnement n’était pas connu, pas établi, dont tout restait à découvrir.

    Ecrire sur 1917, c’est finalement embrasser autre chose qu’un vase clôt, qu’une unité de lieu dans laquelle certains voudraient voir se dérouler une farce comique, d’autres une tragédie. Ecrire sur 1917, c’est écrire sur le monde et sur les répercutions planétaires de la Révolution Prolétarienne. Ecrire sur 1917, c’est remettre la future URSS, naissante, dans un espace mondial, dans un ensemble vivant et réactif, qui est influencé et influence, qui réagit et agit, qui ne reste pas indifférent à ce qui se déroule dans cet Empire Russe, monstrueuse prison des peuples, accouchant d’un monde nouveau.

    Ecrire sur 1917 amène à évoquer les colonies, amène à évoquer l’impérialisme, amène à évoquer le nazisme.

    Ecrire sur 1917 revient à évoquer des trajectoires qui vont amener certains à passer du prolétariat aux plus hautes fonctions, amène les peuples écrasés à se soulever, amène les femmes vers l’émancipation, mais également les trajectoires qui amènent aux trahisons, aux échecs, les trajectoires qui donnent naissance à ce clair-obscur ou naissent les monstres, pour paraphraser Gramsci. Des trajectoires subventionnées par l’anticommunisme, qui finissent dans le ravin de Babi Yar ou dans les fours de Auschwitz.

    Ecrire sur 1917 est à la fois écrire sur hier, mais également écrire sur aujourd’hui et sur demain. Ecrire sur le passé et sur l’avenir. 1917 est à la fois le passé de l’Humanité, mais également son avenir.

    Aujourd’hui, nous rendons hommage à la révolution de 1917. Rend hommage, mais, également, souligne que celle-ci n’est pas un fétiche, pas une icone morte, mais bel et bien un guide, une expérience, dans la bataille des classes qui se joue actuelle, bataille des classes dont la fin ne peut être qu’au travers de la liquidation du pouvoir de la bourgeoisie, de son ordre d’exploitation injuste, de son Etat.

    En commun avec d’autres organisations, l’UPML (Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste), du CUC (Cellule Unité Communiste), du BUPRACOM (Bureau de Propagande et d’Agitation Communiste), de la  Tribune Marxiste-Léniniste ainsi que des Editions prolétariennes, nous avons publié ce communiqué :

    La révolution prolétarienne est toujours le phare qui éclaire le monde !

    La révolution prolétarienne d’octobre fête son premier centenaire. Elle fut plus qu’une lueur d’espoir pour tous les exploitées et toutes les exploités, pour les opprimées et les opprimés. Elle fut un phare immense, embrasant la nuit obscure.

    En pleine grande guerre impérialiste, tandis que les prolétaires étaient sacrifiés par millions pour le repartage du monde au profit de grands trusts, elle fut l’incarnation du rejet de la guerre et de la volonté de paix.

    En plein enfer colonial, elle apporta un espoir à tous les peuples souffrant sous le joug des impérialistes. Un espoir de pouvoir s’émanciper et se réaliser en tant que nation. Un espoir de chasser les occupants et les bourreaux. Au sein de cette prison des peuples qu’était l’Empire Russe, elle apporta un vent de liberté.

    Au cœur d’une Europe pouilleuse et miséreuse, elle fut pour les prolétaires, pour les paysans et les paysannes une illustration du fait que les patrons et les patronnes, les créanciers, les créancières, les banquiers et banquières, en somme les parasites qui vivent de la sueur des autres n’étaient pas nécessaires. Qu’il était possible de gouverner sans eux. Qu’il était nécessaire de gouverner contre eux.

    Dans les sociétés réactionnaires, traditionalistes, patriarcales, cette révolution fut également le point de départ d’avancées majeures, d’une possibilité d’émancipation, par delà des sexes, des genres, des préférences.

    Octobre 1917 était tout cela. Elle était plus que « la terre, le pain, la paix », elle était l’incarnation des masses montant à l’assaut du ciel, sous la direction du Parti Bolchevik.

     Octobre 1917 était le point de bascule entre une société où la recherche du profit dicte sa loi et une où la satisfaction des besoins devient l’objectif. Une société rationnelle, juste, équitable, sans les pillages, sans les gâchis, sans l’anéantissement de la planète qui sont inhérents au capitalisme.

    Voilà ce qu’était Octobre 1917.

    Les « historiens » bourgeois voudraient remiser ces espoirs aux oubliettes. Peindre de sang la libération des masses. Tronquer et escamoter les faits. Mentir et inventer. Créer une fiction dans laquelle la Révolution était le coup d’Etat d’une clique, d’une bande de criminels. Voilà ce que la bourgeoisie voudrait.

    Elle ne lésine pas sur les moyens. D’une part en attaquant le socialisme, en attaquant le communisme, en attaquant les fondements d’une société juste, sans états ni classe, en clamant que l’exploitation est la mère de toute vie.

    De l’autre en se faisant les porte-paroles d’une ultragauche anticommuniste, prétendant que les révolutionnaires n’étaient pas assez purs, pas assez désintéressés, que la révolution est belle, sur le papier.

    Elle ment sans honte dans les médias, dans les publications « scientifiques », dans les productions hollywoodiennes, dans ses romans. Elle ment dans les programmes scolaires, essayant de faire de la République des Soviet un symétrique du Reich nazi.

    D’un côté comme de l’autre, leur idée est de faire de ce centenaire gênant une œuvre de musée des horreurs, ou de la minimiser, de la neutraliser, de l’aseptiser, d’en faire un fétiche du passé. Certains prétendus communistes vont certainement contribuer à cela. Ils n’acceptent qu’en façade l’idée révolutionnaire, font mine de le défendre, mais en sapent sans cesse les bases.

    Nous ne les laisserons pas brader cet héritage ! Soyons unis autour de la défense de ce sommet de l’Histoire et de la lutte des classes.

    Nous avons, entre nous, des désaccords, des controverses, des conflits, des dissensions -souvent, des haines -parfois. Nous sommes une multitude d’organisations et une multitude de points de vues.

    Mais, aujourd’hui, nous parlons d’une seule voix, car sur ce point, nous sommes unanimes.

    Nous parlons d’une seule voix pour nous hisser à la hauteur de l’enjeu, à la hauteur de l’importance de cette célébration.

    Nous parlons d’une seule voix car, quelque soient nos désaccords, nous nous retrouvons sur une chose : La révolution prolétarienne n’est pas le passé. Elle est l’avenir de l’humanité.

    Elle est l’avenir, contre les menaces de guerre, contre le bellicisme, contre la volonté de lancer de nouveau les masses les unes contre les autres pour les profits d’une clique.

    Elle est l’avenir, contre l’exploitation capitaliste, contre la misère qui s’accroît, contre la privation des biens les plus fondamentaux.

    Elle est l’avenir, contre la domination impérialiste -et de notre impérialisme, contre l’écrasement des peuples, contre la surexploitation colonialiste, contre la marche à la mort pour les profits.

    Elle est l’avenir, contre le carcan rétrograde et réactionnaire qui emprisonne l’ensemble de la population.

    Elle est la condition pour que l’humanité de s’asphyxie pas, qu’elle continue à avancer sans faire de la Terre une poubelle toxique ou un champ de ruines.

    Elle est la condition pour que l’humanité quitte cette ère d’obscurité . Pour que débute une Histoire dont le fil directeur n’est plus la succession des guerres, des crimes. Dont le moteur n’est plus la lutte pour la survie, contre l’oppression et l’exploitation.La révolution ouvre une aube nouvelle pour l’humanité, une nouvelle séquence dans son histoire. Nous sommes à l’orée de celle-ci.

    La Révolution a une portée universelle, qui embrasse chaque partie de la planète. Partout dans le monde, partout sur la Terre, le prolétariat est la classe qui doit diriger, la seule classe à même de mettre fin à l’exploitation. La seule capable de mettre fin à la division en classes de la société, contre la division du monde en groupes hostiles et aux intérêts antagoniques.

    Nous avons besoin d’un Parti Communiste révolutionnaire pour former l’Etat-major de cette classe, pour aller vers la révolution.

    Aujourd’hui, nous ne formons qu’une seule voix, qu’une seule ligne, qu’un seul camp : celui de la révolution. Celui de la destruction du capitalisme et de l’impérialisme.

    Dans d’autres Etats, les communistes avancent sur le chemin de la révolution, sur le chemin de l’exercice d’un pouvoir populaire et démocratique. Nous les saluons et nous prenons exemple sur leur combat !

    Aujourd’hui, nous clamons que notre héritage, celui de 1917, n’est pas un héritage de musée, mais est une arme, un outil, pour construire l’avenir !

    Le phare de 1917 n’est pas mort. Il renaîtra et éclairera de nouveau le monde !

    Le communisme est la jeunesse du monde !

    Le monde appelle le Communisme de ses voeux, pour mettre fin à l’écrasement, à l’exploitation, aux guerres et à la misère.

    Au séminaire de Bottrop en Allemagne, les 25-26-27 octobre, aux côtés de nos camarades de l’ICOR – Coordination internationale des parti et organisation révolutionnaire, rassemblant 59 organisations révolutionnaires de 33 pays, les délégués de l’Unité Communiste de Lyon se sont exprimés sur l’actualité de la Révolution d’Octobre.
    L’Unité Communiste de Lyon salue chaleureusement les membres de cette coordination, en ce jour anniversaire.

    Nous reproduisons ici, in extenso, l’intervention de nos délégués :

    « En complèment de ce qui à été dit pas nos camarades de France [de l’ Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste] nous avons en France une situation sociale porteuse d’espoir.

    Nous sommes sous le coup d’une crise économique qui n’en finit pas. La classe ouvrière est sans cesse attaquée par les réformes de la bourgeoisie. La petite bourgeoisie est encore pléthorique, mais est menacée sans discontinuer de tomber dans le prolétariat, voire le sous-prolétariat.

    Le mouvement social se développe, voire se radicalise, notamment face à la répression qui s’aggrave sans cesse, en particulier avec l’application de lois antiterroristes.

    Mais nous n’avons qu’un milieu Marxiste-léniniste minuscule, morcelé. Morcelé par un sectarisme de groupes qui se voient chacun comme un Etat-major et qui ne créent pas de cadre de discussion qui permette d’apporter une solution scientifique aux problèmes, qui n’apporte aucune mutualisation des expériences de lutte.

    La social-démocratie, le révisionnisme, le trotskysme, l’anarchisme triomphent, car là où le balais de passe plus, la poussière s’accumule.

    Nous avons besoin d’un Parti ! Et nous avons besoin d’un congrès d’unification pour le constituer. Mais l’expérience démontre qu’on ne peut pas passer directement par les groupuscules actuels, qui refusent de renoncer à leurs prérogatives.

    Actuellement, essayant de régler nos problèmes les uns après les autres, nous tentons avec tous les camarades de France représentés ici, en suivant l’exemple du groupe « l’Emancipation du travail » de Plekhanov, tout en participant aux luttes, de renforcer notre capacité à diffuser plus largement les idées marxistes-léninistes. Nous le faisons par la rédaction de brochures, par l’édition, par la diffusion, par la formation. Par ce travail, nous cherchons à contribuer à accroitre l’influence du marxisme-léninisme et à l’étendre à de nouveaux milieux. Ces milieux, formés dans la lutte des classes, contribuerons à former la base d’un tel congrès d’unification.

    Aujourd’hui nous parlons tous d’une seule voix à l’occasion du centenaire de la Révolution Bolchevique. Demain, c’est ensemble que nous mènerons la lutte jusqu’à la victoire finale.

     Nous sommes le monde, et le monde est à nous !

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

  • Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie III  : la faiblesse politique.

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie III : la faiblesse politique.

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie III : la faiblesse politique.

    Contrairement à d’autres travaux en plusieurs parties, nous ne publions pas immédiatement la brochure correspondante. En effet, à la lecture de certains commentaires produits par nos lecteurs, nous considérons que des corrections sont à apporter sur la première partie, ainsi que des éclaircissements. Ceux-ci concernent principalement la question du PCF après la Libération, et son choix de la collaboration de classe ; mais également une explication de notre position sur l’URSS d’après le XXème congrès du PC(b)US.

    Il existe, au sein du mouvement contre la Loi Travail, un facteur limitatif qui est inhérent à sa nature même. Le désespoir qui se rencontre chez celles et ceux qui luttent contre cette loi est logique. Comment croire à une victoire lorsque la situation se présente sous cette forme. La bourgeoisie ne reculera pas car cette lutte lui apparaît vitale. Elle déploie tout ce qui fait sa force, à savoir tant la brutalité et la brusquerie que le simple fait qu’elle dispose de reins d’une solidité  sous-estimée.

    Même si elle était utilisée à plein rendement, l’action des syndicats ne suffirait pas. L’attaque de la part de la bourgeoisie va au-delà d’une offensive pour baisser les salaires, d’une offensive sur les conditions de travail. L’action de la bourgeoisie frappe tous les compartiments de la vie des classes populaires, depuis le travail jusqu’à l’accès à l’éducation et à la culture, en passant par les droits démocratiques.

    Imaginons une grève massive et suivie : combien de temps tiendrait-elle avant que les ressources des travailleurs, avant que la démoralisation, avant que l’individualisme prenne le dessus ? Difficile à dire. Mais il n’est pas difficile de dire que la bourgeoisie, qui vient de passer 60 ans a tolérer des concessions temporaires issues du CNR, serait capable d’encaisser le choc et de tenir le temps que les choses se tassent.

    Après tout, le jeu en vaut pleinement la chandelle.

    De fait, l’action syndicale  touche ses limites.

    L’une des raisons de la faiblesse de l’action syndicale est qu’elle n’est pas reliée à une action politique.

    L’action syndicale ne suffit pas. C’est pour cela que l’action politique existe. Le syndicalisme possède des limites du fait de sa nature même. A l’exception de ceux et celles qui sont restés bloqués dans une conception du XIXe siècle, dans laquelle le syndicalisme en tant que tel pouvait apporter l’émancipation à l’humanité, la plupart des acteurs politiques anti-capitalistes sont unanimes pour reconnaître que l’action politique prime.

    Le syndicalisme seul opte pour une vision de la bataille centrale entre exploiteur et exploités au travers de la grève générale. Celle-ci, comme une ultime charge, doit faire tomber les patrons et remettre entre les mains des travailleurs leurs outils de production.

    D’autre part car le syndicalisme seul, tout comme l’autogestion seule, ne remettent fondamentalement pas en cause l’économie de marché et le capitalisme. Le fait d’être une usine autogérée ne prémunit nullement des questions de rentabilité, d’exploitation, de salaire et de concurrence. Non pas par égoïsme de la part des acteurs de la base, mais bien parce que l’expression de leur intérêt personnel est d’accroître leur niveau de vie, d’améliorer leur situation. Bel et bien parce que leur vue demeure « en dessous de l’horizon. »

    Mais dans le domaine de l’action politique, la force politique hégémonique, cent ans après 1917, demeure issue des organisations réformistes. L’électoralisme, le respect des institutions, des cadres définis par la bourgeoisie, de son jeu, de ses règles.

    Pourtant, dans leur fort intérieur, et l’immensité de l’abstention l’indique, les masses populaires sont conscientes de ce jeu de dupes. Elles sont conscientes que les politiciens et les politiciennes qui se battent pour gagner l’Elysée ou un siège à l’Assemblée sont mues par l’opportunisme le plus bas et le plus crasse. Les naïfs -il en existe toujours- ne trouvent guère de chemin vers le sommet de ces organisations pyramidales, lesquelles ne sont que le règne de la coterie, de la corruption, du copinage.

    Tous les petits scandales concernant les députés dits « radicaux », tous les à-côtés, tous les petits privilèges illustrent leur caractère fondamentalement petit-bourgeois.

    Et lorsque ils et elles, ces tribuns de la plèbe modernes, sont élus, ils et elles ne font rien. D’une part car le jeu est truqué. De l’autre car les balles sucrées de la bourgeoisie tuent autant que les vraies, quant il s’agit de s’intéresser aux volontés de changement.

    La social-démocratie, qui ne se limite pas au Parti Socialiste, mais embrasse le PCF comme la France Insoumise, avec leurs spécificités, à quoi se réduit-elle, finalement ?

    Un échec. Un échec qui, du fait de son caractère hégémonique, frappe durement, durablement le moral des masses populaires. Un échec qui explique cette démoralisation. Les jeux vicieux des forces politiques opportunistes n’y sont pas non plus étrangers. Dans un article récent, nous fustigions le jeu en solo de Mélenchon, le fait qu’il ait opté pour une ligne liquidatrice, dangereuse, dont le but était d’émerger comme le centre de la contestation, quelqu’en soit le prix. Ce type de jeu dangereux, pour occuper la place du PS et du PCF, pour occuper ses places fortes, comme une transposition des luttes féodales à l’heure actuelle, se paie par des défaites. Se paie par des divisions, par des affaiblissements, par des brèches profondes et qui courent le risque de s’infecter. Les carriéristes ne s’en inquiètent pas outre mesure, ont-ils déjà eu à faire au code du travail ?

    De l’autre côté de l’échiquier, une autre déviation se développe, une déviation nourrie par le gauchisme. Sans être aussi dangereuses que la première, elle n’en fait pas moins fausse route, tandis que grandit le risque de fractures nourries par le sectarisme.

    Radicalité cosmétique ou réformisme, au final, sans stratégie, amènent au même résultat. La tactique de confrontation avec la police, tout comme de menus dégâts causés aux banques et aux symboles du capitalisme, ne peut, en soi, amener à une victoire.

    Supposons un débordement complet des forces de police durant une manifestation. Supposons un champ libre pour les manifestants, comme le désirent les aficionados de la manifestation sauvage. Supposons que l’ensemble des objectifs que se fixent les autoproclamés radicaux soit atteints.

    Même en supposant tout cela, rien n’est gagné pour autant. Des débordements, des émeutes, des insurrections même, l’Histoire en a connu des centaines. Mais cette théorie qui stipule que toute manifestation porte en elle les germes du Grand Soir est illusoire.

    D’une part du fait que, spontanément, les individus se tournent vers le réformisme. Détruire un système politique et un système d’organisation de la société implique une mobilisation forte, qui ne vise pas à remplacer simplement les têtes.

    Dans ce sens, le mythe du « bon maître », ou du « gouvernement ouvrier » allant « du PS au NPA » défendu par les trotskistes, a la vie dure. Il correspond in fine, au fait de remettre au centre du jeu les organisations sociale-démocrates, à leur donner les coudées franches.

    De fait, la solution politique, le cadre qui sous-tend chacune des luttes, est la question de l’accaparation du pouvoir par la bourgeoisie, par le fait de l’existence du système d’oppression et de domination issu du capitalisme, issu de l’impérialisme, au service des intérêts d’une classe : la bourgeoisie.

    Cela, les anarchistes le comprennent, cela les autonomes le comprennent. Là où réside le vide, la faille, c’est dans la stratégie qui permet d’avancer.

    La stratégie qui permet de répondre tant à la question de la Loi Travail, mais également aux questions relatives à tout ce qui touche à l’exploitation capitaliste et impérialiste ne peut sortir de nulle part. Elle ne peut pas naître de manière spontanée. Elle est fille d’une idéologie capable d’analyser la société, capable d’analyser le fonctionnement de l’économie et de la société. Elle ne peut pas non plus s’appliquer en tombant des airs, elle nécessite des relais, qui sont les organisations révolutionnaires communistes. Or, ces organisations capable de jouer ce rôle n’existent pas à l’heure actuelle.

    Ce vide est le fruit de la pression de la bourgeoisie, certes, mais également d’erreurs de la par des organisations communistes.

    Il serait aisé de jeter la pierre sans faire un acte d’autocritique sur les faillites propres à notre mouvement et -même- à notre organisation. L’amateurisme, l’impréparation, la vulnérabilité au flux et au reflux, tout autant de travers petit-bourgeois, ne nous épargnent pas. La présomption, elle même, ainsi que les jugements à l’emporte pièce, nous touchent. Comme, nous l’espérons, d’autres, nous essayons d’avancer dans le but de les résoudre. Comme d’autres, nous l’espérons, nous essayons de le faire avec bonne foi, avec des erreurs -parfois terribles, peut-être- mais dans le but de nous corriger et d’avancer.

    C’est le fait que nous pensons sincèrement que cette position n’est pas que la notre, mais qu’elle est celle de la plupart des organisations communistes de l’Etat français, qui nous pousse à avancer sur le chemin de l’unité.

    Car les forces révolutionnaires sont particulièrement faibles, actuellement. Elles sont non seulement faibles mais dispersées. Elles sont non seulement dispersées, mais parfois même hostiles les unes aux autres. Pourtant elles sont les seules à pouvoir apporter une solution positive à cette lutte, en la replaçant dans son cadre véritable : une des batailles de la lutte des classes. Une des batailles dans une stratégie de construction et de mise en œuvre de l’outil qui nous manque : le Parti Communiste.

    In fine, la quadrature de cercle se trouve réduite à cette équation : soit la bataille pour la loi travail est vue comme une guerre en soi, dans quel cas la défaite est assurée, soit elle est vue comme une bataille dans laquelle les organisations politiques communistes doivent être capable de développer des mots d’ordres, d’intégrer les parties les plus avancées des masses populaires, de grandir en influence, en efficacité, en structuration. Dans ce cas uniquement, une défaite syndicale peut se muer en victoire politique.

    Nous sommes une année symbolique. Cent ans après la révolution bolchevique, laquelle à vu s’imposer comme une force dirigeante un Parti qui n’était pourtant considéré, huit mois avant, que comme un petit groupe, voir, pour ses détracteurs, comme une secte, voir, pour ses détracteurs, comme une secte.

    Nous devons nous inspirer du travail du Parti Bolchevik, en particulier quant à la question de l’unification, quant à la question de la construction de l’outil révolutionnaire.

    Nous sommes dans une année symbolique, à nous d’en faire une année charnière.

    A nous, communistes, de surmonter les obstacles qui nous séparent de la création de cette organisation. De surmonter les différents, de poser les questions justes, et de savoir déterminer lesquelles sont des préalables à l’organisation et lesquelles se traitent au sein d’une seule organisation.

    Au final, les difficultés que nous rencontrons proviennent toutes de là.

    A nous, communistes, de parler d’une voix unique, lorsque l’heure du combat vient. La solution à la lutte, aux luttes qui se mènent ne surgira pas ex-nihilo, elle doit être bâtie.

    A nous de relever le drapeau de la révolution prolétarienne.

    A nous de faire renaître l’espoir de 1917.

  • Trois brochures numérisées.

    Trois brochures numérisées.

    Multiple mise à jour dans nos brochures.

      

    Trois ouvrages de tailles et de contenu différents : un extrait des mémoires de Sam Darcy, communiste américain, notamment connu pour son rôle dirigeant dans la grande grève générale de 1934, à San Francisco. Ce militant syndical et politique méconnu dans l’Etat français nous illustre, ici, le fonctionnement de la jeune démocratie soviétique et de son système d’élection.

    Le second est un texte écrit par Lénine pour le premier congrès de la III ème Internationale. Les Thèses de sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne, comme l’indique leur nom, traitent de la lutte révolutionnaire contre la bourgeoisie, et fournissent un apport nourri par trois ans d’expérience pratique au sein de la future URSS.

    Le dernier est un article sur Joseph Staline, soulignant les apports théoriques et pratiques faits par ce dirigeant au marxisme-léninisme. Ce document, rédigé lors du soixante-dixième anniversaire de Staline, doit être mis, bien évidemment, en perspective avec les critiques postérieures au décès du secrétaire général du PC(b)US, cependant, des aspects importants et essentiels se retrouvent dans un document qui tente de synthétiser une vie de lutte.

    Nous vous souhaitons bonne lecture.

  • Nouvelles brochures numérisées : F. Engels – Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme – V. Lénine – De l’Etat.

    Nouvelles brochures numérisées : F. Engels – Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme – V. Lénine – De l’Etat.

     

    Nous publions ces deux brochures, représentant deux textes importants de l’histoire du mouvement communiste.

    La première est une brochure de F. Engels, rédigée alors que la théorie de l’évolution de Darwin venait d’être émise. Elle est une pierre essentielle dans l’avancée de la compréhension de la dialectique appliquée aux espèces, mais également forme une intéressante approche des questions sur le lien entre l’Homme et la nature, première base fondamentale de l’écologie.

    La seconde est une courte brochure faite par Lénine sur la question de l’Etat. Elle est essentielle quant à la question de la révolution, du réformisme et de la nature de l’Etat bourgeois. Elle fait partie du corpus de textes de base, que chaque communiste se doit de maîtriser.

    Nous vous souhaitons bonne lecture.

  • Sur la Dictature du Prolétariat – VII – Contre les anciens bourgeois et les nouveaux.

    Sur la Dictature du Prolétariat – VII – Contre les anciens bourgeois et les nouveaux.

    Contre les anciens bourgeois et les nouveaux.

    ..

    L’histoire et les rapports sociaux ne s’écrivent pas en un jour. La victoire de la révolution prolétarienne sur près de la moitié de la planète s’est retrouvée réduite à néant. C’est là l’une des grandes tragédies de l’histoire contemporaine. Une victoire considérée comme acquise, balayée par la restauration du capitalisme. La bourgeoisie s’est emparée de ces déboires pour en faire une illustration d’une « faillite génétique du système communiste. »

    La chute de l’URSS, du camp socialiste, la restauration du capitalisme en Chine Populaire, tout ceci s’est mué en argument massue.

    Cet argumentaire a été, involontairement, appuyé par les révisionnistes. Indépendamment de son courage pendant la guerre d’Algérie, face à l’impérialisme français, le livre d’Henri Alleg Le grand bond en arrière: reportage dans une Russie de ruines et d’espérance publié en 1998, est illustratif. La restauration apparaît comme un phénomène incompréhensible, imprévisible, impossible à prévoir. Elle est décrite comme le fait d’une clique d’opportunistes, d’une poignée d’agents de la restauration du capitalisme.

    Elle n’est pas vue comme une conséquence d’un processus dont le point de bascule fut la déstalinisation. Accuser Ielstine d’être le responsable de la fin de l’URSS revient à nier le processus qui lui a permis de l’effectuer. Rejeter la faute sur Gorbatchev, en faire le diable lui-même, revient, là aussi, à observer une écume de surface pour comprendre les abysses.

    Pourtant étudier cette question est un des points essentiels pour comprendre la plus grande défaite de la classe ouvrière.

    Cela d’ailleurs ne peut amener qu’à une parenthèse fascinante sur l’état d’esprit politique des forces révisionnistes actuelles.

    D’une part se trouvent celles qui ont définitivement rejeté le socialisme, qui prennent fait et cause pour le réformisme, pour la social-démocratie, qui rejettent l’URSS, la dictature du prolétariat, la révolution. La direction du PCF fait partie de ce groupe. Dans un sens, sa position, fausse, est néanmoins cohérente.

    La position des « léninistes » orbitant autour du PCF, quant à elle, est nettement plus ambigüe. Bien souvent, les membres de ces organisations défendent Staline contre les positions pro-1956. Mais d’une part, la défense est purement cosmétique, de l’autre elle est paradoxale. Cosmétique car elle ne s’accompagne pas de conclusions politiques et organisationnelles. Paradoxale car elle implique certaines choses. Bien que rejetant généralement Mao Zedong, les tenants de cette position soutiennent les critiques d’Enver Hoxha sur la déviation soviétique. Mais ils escamotent le fait que le PCF s’est porté en première ligne de l’attaque contre le Parti du Travail Albanais. Ils escamotent la contre attaque commune sino-albanaise contre la ligne déviationniste de l’organisation française. Par ce fait, ils ne condamnent qu’en surface les thèses fausses du PCF, qu’ils se refusent à expliciter. Cette position est une impasse idéologique et organisationnelle.

    La dictature du prolétariat n’est pas qu’un mot jeté en l’air, qu’un fétiche. Elle correspond, sous le socialisme, à une lutte intense, frontale entre une bourgeoisie toujours puissante, toujours ancrée dans la société, toujours maîtresse et experte, face à un prolétariat qui n’a qu’un avantage limité sur son ennemi. Ce sont des aspects déjà évoqués plus haut.

    Mais cette lutte des classes sous le socialisme ne se contente pas d’une simple lutte contre les ennemis d’hier. Elle se poursuit contre la génération, spontanée, d’autres ennemis du socialisme et du communisme, ainsi Lénine dans, La maladie infantile du communisme. 1920 : « La dictature du prolétariat, c’est la guerre la plus héroïque et la plus implacable de la nouvelle classe contre un ennemi plus puissant, contre la bourgeoisie dont la résistance est décuplée du fait de son renversement (ne fût-ce que dans un seul pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie, mais encore dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production. Car, malheureusement, il reste encore au monde une très, très grande quantité de petite production : or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions. Pour toutes ces raisons, la dictature du prolétariat est indispensable. » (Lénine. 1920)

    Relâcher, comme le prônent les anarchistes, la dictature du prolétariat, laisser le libéralisme régner, cela revient à encourager la bourgeoisie à se reconstruire et à se restaurer. En URSS, le poids de la guerre, les concessions qui ont du être accordées par le régime, ont entrainé un relâchement de la lutte des classes aigüe qui caractérisait les années 30.

    Pour reprendre ce que nous écrivions dans notre brochure : 9 mai 1945 : n’oublions jamais l’URSS.

    « Dans cette terrible épreuve, le régime soviétique a opéré une manœuvre en tenaille contre ses ennemis. Il a durci le ton face aux agents du défaitisme, face à la Vème colonne fasciste en son sein, face aux capitulards, aux bonapartistes, aux traitres. Sans les grandes purges, il est douteux que l’URSS n’ait pas eu à faire face à des trahisons, des défections, des contre-révolutions.

    Mais il a du également faire des compromis vers certaines couches de la population, pourtant ciblées par la lutte des classes. Les ingénieurs en chef, les généraux, les directeurs d’usines, les experts en tous genres ont bénéficiés d’un relâchement.

    Ces concessions étaient le fruit de l’urgence, de la nécessité, de l’importance de faire bloc contre la menace de guerre et contre sa concrétisation.

    La constitution de 1935, par exemple, illustre ce bloc national : la lutte des classes est moins mise en avant. Le Parti Communiste est présenté, à certains moments, comme le Parti du Peuple tout entier. En somme un bloc se prépare. Il se paie déjà par certains reculs, issus des tendances réactionnaires présentes au sein de la société.

    Ainsi, à partir de fin 1942, le NKVD relâche son contrôle sur l’armée. Les grades et le statut d’officier sont rétablis. Anthony Beevor et Alexander Werth mentionnent même les « fils d’or » utilisés pour fabriquer les épaulettes des généraux. Surtout, le statut de commissaire politique devient non-contraignant et uniquement « éducatif ».

    Des ingénieurs en chef, condamnés dans les années 30, sont libérés de prison et remis à la tête de leurs usines. De même pour des officiers peu fiables, élevés à l’école tsariste.

    Le Parti Communiste favorise l’entrée, comme une récompense, à de nombreux soldats, de nombreux officiers, en somme à une base sociale qui se déprolétarise.

    Tout ceci s’est payé, chèrement.

    Dès la fin de la guerre, la direction du PCUS resserre l’étau autour des éléments douteux. Mais le pays est épuisé, il n’aspire qu’à la paix, il n’aspire qu’à panser ses plaies. Un mouvement de masse, une phase aigue de la lutte des classes, ne paraissent pas possible.

    Au moment où l’URSS apparaît à son zénith, sa direction se contamine de révisionnistes, de réformistes, de militaires, qui formeront l’ossature du régime Khrouchtchévien, du régime Brejnévien.

    L’aile gauche du Parti Communiste s’est ainsi retrouvée minoritaire, repoussée, et finalement balayée lors de la vacance du pouvoir causée par le décès de J. Staline.

    Le PCUS devenu révisionniste, bon nombre de partis lui emboitèrent le pas, trop heureux de voir leurs propres déviations validées. » (UCL. 2017)

    Sur le sujet, en 1969, Enver Hoxha s’exprimait ainsi :  » Le révisionnisme Khrushcheviste en Union soviétique a subi plusieurs étapes, en conformité avec lequel ses formes, ses  méthodes et sa tactique de lutte et l’action pour effectuer en pratique son cours anti-marxiste et déloyal et le camoufler, ont aussi changés (…)

    Dans le domaine idéologique les révisionnistes ont remplacé les idées et la ligne cohérente marxiste-léniniste de Staline sur toutes les questions fondamentales avec les idées et la ligne antimarxiste du  révisionnisme moderne. Les opportunistes et Trotskistes divers, Bukharinistes et les ennemis Zinovievistes, les nationalistes et les autres, en Union soviétique ont été proclamés comme ‘les victimes de Staline’ et ont été  placés sur le piédestal des ‘martyrs’ et des ‘héros’… Ils ont lancé le slogan d’unité avec les social-démocraties à l’échelle nationale et internationale ‘dans la lutte commune pour le socialisme,’ et la voie a été pavée pour le rapprochement complet idéologique, politique et organisationnel et la fusion des partis communistes avec les partis sociaux-démocrates (…) » (Hoxha. 1969)

    Les attaques contre les abus de Staline n’ont servi qu’à une seule et unique chose : saper la base de la dictature du prolétariat et de la lutte interne menée au sein de l’URSS, pour la remplacer, en catimini, par la conciliation de classe, par la démagogie, par l’endormissement des travailleurs, persuadés d’être définitivement victorieux. En réhabilitant les « victimes du stalinisme », en prétendant améliorer le marxisme-léninisme, les révisionnistes n’ont pas réhabilité des individus, ils ont réhabilité des lignes politiques droitières, restauratrices du capitalisme.

    Les agents de Khrouchtchev ont purement et simplement liquidé la dictature du prolétariat.

    « Dans le domaine politique Khrouchtchev et son groupe ont sali et ont renoncé à la théorie marxiste-léniniste et à la pratique de la lutte des classes et à la dictature du prolétariat, l’appelant ‘une altération staliniste’ et proclamant la période entière historique de la direction de Staline ‘une période sombre, anti-démocratique, une période des violations de la légalité socialiste, de terreur et de meurtres, de prisons et de camps de concentration.’ La route a été ainsi ouverte pour la liquidation de la dictature du prolétariat et pour son remplacement par la dictature bureaucratique et contre-révolutionnaire de la nouvelle aristocratie ‘socialiste’ qui est née et se développait, tout cela étant couvert de slogans trompeurs de ‘démocratisation’ et de ‘la restauration de la liberté et  la justice socialiste’ prétendument ‘perdue et  maintenant regagnée.’ » (Hoxha. 1969)

    Nikita Khrouchtchev s’est fait un nom comme commissaire politique à Stalingrad, se couvrant des lauriers de la gloire. Il s’y est fait des amis, également, membres de l’armée, crypto-bonapartistes, favorables au retour du rôle des officiers. Derrière ces officiers se trouvaient des membres du Parti et des ingénieurs en chef, tous horrifiés, fondamentalement, à l’idée de perdre les privilèges acquis lors de la guerre. Terrifiés également d’avoir à faire face à de nouvelles purges, lesquelles démasqueraient certainement leurs petits « à-côté », leurs abus, leurs petits royaumes.

    Ces individus, que la lutte des classes aurait du désigner pour une réhabilitation et une rééducation par un travail prolétarien, ont fait leur nid, ont tissé leurs toiles, ont entamé un travail de sape pour occuper les postes politiques, pour en chasser les camarades honnêtes et sincères. Ils n’ont pas agi que pour se doter de places, ils ont transformé économiquement l’URSS, stoppant la progression du socialisme.

    « Dans le domaine économique, les Khrushchevistes ont déclaré comme faux et incorrect la ligne de Staline et les méthodes de développement et la gestion de l’économie socialiste dans toutes les branches, particulièrement dans celui de l’agriculture, et ont rejeté les directives de Staline sur la nouvelle amélioration et le développement des relations socialistes de production dans la période historique de la transition du socialisme au communisme et, cela sous le prétexte de surmonter  ‘la stagnation’  de l’économie et les difficultés prétendument créées suite à la ligne ‘dogmatique’ de  Staline, entreprise par une série de ‘réformes’ qui ont frayé la voie à la dégénération graduelle de l’ordre socialiste économique et à l’opération non contrôlée des lois économiques du capitalisme. » (Hoxha. 1969)

    Voilà donc le noeud central du problème, que les « communistes  » fidèles à l’URSS jusqu’au bout. La transformation des rapports économiques, la monétarisation des échanges au sein de l’Union Soviétique, l’accroissement des écarts de salaires, du niveau de vie. Au lieu de suivre la ligne du développement harmonieux de l’économie, combinant alliance des ouvriers et des paysans avec le respect des forces de la nature, les révisionnistes ont réintroduit, en fraude, des rapports de types capitalistes.

    C’est là le facteur qui, in fine fut fatal à l’Union Soviétique. C’est celui qui transforma une URSS capable de rattraper et de dépasser les pays capitalistes en une loque, victime de la stagnation économique, pourrie par le poids du complexe-militaro industriel, véritable parasite.

    Voilà une illustration de ce qui se déroule lorsque l’étau de fer de la dictature du prolétariat est relâché alors que la bourgeoisie n’est pas encore vaincue. Voilà à quel drame est arrivé l’Union Soviétique, voyant l’ennemi reprendre vie au sein de son propre corps.

    Quant à la Chine, l’auteur Tchang Tchouen-Kiao s’exprime ainsi, en 1975, alors que la clique de bandits de Deng Xiaoping est à l’orée du pouvoir : «En effet, de nouveaux éléments bourgeois sont apparus les uns après les autres. Ils sont personnifiés par la clique des renégats Khrouchtchev et Brejnev. En général de très bonne origine de classe, ces gens-là ont presque tous grandi sous le drapeau rouge, ont adhéré du point de vue de l’organisation au Parti communiste, ont été formés dans les universités, et sont devenus de prétendus experts rouges. Or, ils sont de nouvelles herbes vénéneuses nées sur le vieil humus du capitalisme. Après avoir trahi leur propre classe, usurpé la direction du Parti et de l’État et restauré le capitalisme, ils sont devenus les chefs de file de la dictature qu’exerce la bourgeoisie sur le prolétariat, réussissant dans une entreprise où Hitler avait échoué. Le spoutnik lancé, le drapeau rouge est tombé» : cette expérience historique, nous ne devons jamais l’oublier, et surtout pas au moment où nous nous efforçons d’édifier un puissant pays ». (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    Cette conclusion de la part de Tchang Tchouen-Kiao est à la fois d’une justesse terrible tout comme un constat glaçant : la bourgeoisie cherche à renaître systématiquement. Elle est non seulement un danger permanent, elle est le plus redoutable. Un ennemi en uniforme est un ennemi qui se voit, qui se désigne, qui peut être chassé. Lorsque l’ennemi se vêt comme l’allié, lorsqu’il parle comme l’allié, lorsqu’il prétend être l’allié, il devient le plus redoutable.

    « L’expérience historique nous apprend également que, devant les victoires que la dictature du prolétariat remporte l’une après l’autre, la bourgeoisie fait mine d’accepter cette dictature, mais qu’elle ne travaille pas moins, dans ses actes, à restaurer la dictature de la bourgeoisie. C’est justement ce qu’ont fait Khrouchtchev et Brejnev. Ils n’ont pas changé le nom des Soviets, ni celui du Parti de Lénine, ni celui des Républiques socialistes. Pourtant sous le couvert de ces appellations qu’ils conservent, ils ont vidé la dictature du prolétariat de son contenu, et en ont fait une dictature de la bourgeoisie monopoliste opposée aux Soviets, au Parti de Lénine et aux Républiques socialistes. Ils ont avancé un programme d’État du peuple tout entier et de parti du peuple tout entier, programme révisionniste trahissant ouvertement le marxisme. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    La force du révisionnisme en URSS a résidé dans le fait de prétendre accompagner la dictature du prolétariat et la ligne du Parti, contrairement aux cliques de Trotski et de Boukharine qui s’y opposaient. L’un des thèmes favoris de ces renégats fut le fait de clamer que le Parti Communiste était devenu le « Parti du peuple tout entier. » C’est là leur point d’attaque principal. Certaines organisations prétendent que la responsabilité en revient à Staline, qui, dans le milieu des années 1930, avait été le premier à employer ce terme. Il s’agit là d’un débat qui mérite qu’on ouvre une parenthèse rapide. Lorsque Staline évoque « le Parti du peuple tout entier », il le fait dans un contexte de marche à la guerre, de besoin de souder les rangs en prévision du titanesque conflit qui s’annonce. Cette déclaration est faite de manière publique, à destination de l’ensemble de la population soviétique, elle n’est pas une thèse interne au Parti Communiste d’Union Soviétique. Si elle temporise la lutte des classes menée fermement au début des années 30, elle ne s’accompagne pas moins d’un gigantesque mouvement de lutte contre la cinquième colonne fasciste au sein de l’URSS. Elle forme donc une déclaration diplomatique, non une thèse politique. C’est là où le travail sur les sources prend tout son sens.

    La lecture de l’ouvrage les problèmes économiques du socialisme en URSS de 1952 illustrent le fait que l’aile gauche du PC(b)US, et Staline en chef, avaient une conscience particulièrement précise de la menace interne à l’URSS. Cette menace s’est, hélas, concrétisée de la manière la plus brutale. Mais là où Staline déclarait un message de temporisation, les Khrouchtchev et les Brejnev en ont fait une théorie : la lutte des classes est terminée.

    « Pareilles choses se sont aussi produites dans notre pays. Liou Chao-chi et Lin Piao n’ont pas simplement propagé la théorie de «l’extinction de la lutte de classes» ; quand ils réprimaient la révolution, ils ont agité ce même drapeau. Lin Piao n’avait-il pas un mémento en quatre points dont l’un s’énonçait : «ne jamais oublier la dictature du prolétariat» ? En effet, il ne l’oubliait jamais, seulement il convient d’insérer ici le mot «renverser», ce qui donne : «ne jamais oublier de renverser la dictature du prolétariat». Selon les propres aveux de ces gens-là, il s’agissait d’«attaquer les forces du président Mao en arborant le drapeau au président Mao». Parfois, ils se montrent «soumis» au prolétariat et même affichent un air plus révolutionnaire que quiconque, lançant des mots d’ordre «de gauche» pour fomenter des troubles et mener des activités de sape. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    En Chine également, la même situation s’est produite. Ce n’est pas par l’hostilité, mais bien par l’insinuation et le sabotage interne que s’est mise en branle la terrible lutte. Si en URSS, la carte de la modération et de la douceur a été portée par l’aile droite, en Chine, Lin Piao et Liu Shaoqi se sont drapés dans l’étendard de la révolution. Le premier en se prétendant le fer de lance de la dictature démocratique du peuple, le second en prétendant incarner la perfection. L’un comme l’autre ont usé de mots d’ordre « de gauche » pour agir à droite, pour saper le travail de construction du socialisme.

    Les révisionnistes et les saboteurs n’ont négligé aucun terrain d’action, fut-ce t-il culturel comme économique ou juridique. Cependant, chacun de leurs pas allaient dans la direction de la restauration du capitalisme.

    « Tu veux la transformation socialiste ? Il prétend consolider l’ordre de démocratie nouvelle. Tu veux l’établissement des coopératives et des communes populaires ? Il dit que c’est trop tôt. Tu estimes qu’il faut faire la révolution dans l’art et la littérature ? Il soutient que présenter quelques pièces de fantômes ne fera aucun mal. Tu veux restreindre le droit bourgeois ? Il le trouve excellent et dit qu’il faut plutôt l’élargir. Ces champions des vieilleries bourdonnent, tel un essaim de mouches, autour de ce que Marx dénommait les «stigmates» et les «défauts» de l’ancienne société. Ils portent un intérêt tout particulier à prêcher aux jeunes et aux adolescents, en profitant de leur inexpérience, que le stimulant matériel est comme un fromage fermenté qui, s’il sent fort, n’en est pas moins savoureux. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

    La dictature du prolétariat n’est pas un luxe, n’est pas une simple promenade heureuse. Elle est une lutte menée, dure, exigeante, contre les ennemis du prolétariat et du pouvoir populaire. Comme mentionné dans la partie précédente, la lutte est constante, et, surtout, il n’existe aucune garantie formelle ou organisationnelle qui puisse permettre de s’assurer d’une absence de déviation idéologique et politique.

    Dans les expériences menées par l’URSS et la Chine, deux méthodes de lutte ont été mise en œuvre, l’une et l’autre avec leurs succès et leurs revers. Avant toute chose, il ne faut surtout pas oublier que la construction du socialisme est une expérimentation. Il s’agit probablement de l’aspect le plus important de cette brochure. Contrairement à un examen en université, où une note ainsi qu’une une correction est donnée, au sein de la lutte des classe réelle il n’existe ni corrigé, ni note. Les erreur se paient cher, par des pertes et des fleuves de sang.

    Opérer un rejet de la Chine et de l’URSS sur la base de leurs imperfections et d’un argument téléologique du type de « si il y a eu échec, cela signifie que tout était pourri », est dangereux et contre-productif. Aujourd’hui, le mouvement révolutionnaire et le mouvement ouvrier bute sur des écueils déjà résolus par le passé, mais dont la mémoire fut écartée. Connaître son histoire permet de ne pas avoir son seul âge propre, de n’être pétri que de sa propre expérience et de son unique vécu, mais de bénéficier de celui-ci doublé de l’âge et de l’expérience entière de l’humanité.

    L’image de Staline est marquée par la question des purges au sein du Parti Communiste d’Union Soviétique. Purges qui ont frappé un certain nombre de militants de cette organisation. Il s’agit souvent, dans l’historiographie bourgeoise, d’événements qui sont mis en avant comme la volonté d’un seul homme d’aboutir à un pouvoir absolu. Cette compréhension idéaliste des choses est éloignée de la vérité. A ce sujet et au sujet des opérations menées par l’opposition au socialisme en URSS, la lecture de l’ouvrage de Michel Sayers et Albert E. Kahn La grande conspiration, la guerre secrète contre la Russie Soviétique (1947) est particulièrement enrichissant. Sur la base des rapports d’enquête de la part de la police soviétique, mais également de source disponibles pour le grand public (ouvrages de Trotski, de Goebbels, mémoires d’espions, câbles diplomatiques…), les auteurs entreprennent de défricher une grande partie des affaires internes de l’URSS, particulièrement celles relatives aux purges.

    Les purges sont le reflet de la lutte des classes au sein des partis communistes. Le fait qu’elles soulèvent les cœurs, qu’elles entraînent une réaction de rejet, est tout à fait humain. Nous tendons toujours à pencher du côté de l’opprimé, nous souhaitons tous voir l’accusé innocent -d’autant plus quand celui-ci est la cible d’un Etat ou d’une institution-. La bourgeoisie joue sur cet état de fait, avec brio. Elle réussit même ainsi à faire défendre les oppresseurs et les traitres par leurs victimes. Hélas les bons sentiments n’entraînent pas de victoires. Toujours est-il que plus la lutte des classes avance, plus certaines questions, auparavant secondaires, prennent un aspect principal et, surtout, antagonique. Des individus -même parfois d’anciens camarades- basculent, au fur et à mesure de l’avancée de cette lutte et des transformations, dans un autre camp. Un Boukharine, effrayé par l’avancée de la révolution et par la collectivisation, va ainsi peu à peu rejoindre des cercles, des groupes antibolcheviques, se lier à des ennemis de la révolution.

    Le rôle de tel ou tel individu n’est pas immuable, un révolutionnaire d’un jour peut, lorsque la lutte des classes avance, se muer en ennemi irréductible de la révolution prolétarienne.

    Certains membres du Parti Communiste d’URSS sont parvenus à se constituer des petits royaumes, des empires personnels, des endroits où ils pouvaient agir  en maître. Comme mentionné plus haut, ils ont agité le drapeau rouge, ont fait mine d’agir pour le socialisme, tout en entretenant le marché noir, en fermant les yeux sur les abus, en tirant divers bénéfices et divers profits de leur situation. La dictature du prolétariat leur servait d’argument pour faire taire les récriminations des masses.

    Démasqués, ils furent pourchassés, et punis.

     En URSS, le Parti Communiste procéda d’une manière respectueuse des formes juridiques : les procès. Si aujourd’hui la simple évocation de ceux-ci emplit de méfiance, pour les contemporains, les commentaires étaient tout autres. Ainsi John Davies, ambassadeur des USA en URSS, lui même avocat, décrivit dans son ouvrage Mission à Moscou (1944) ces procès comme appraissant, à ses yeux, une authentique traque faite contre un terrorisme interne.

    Tout examen un tant soit peu sérieux des affaires jugées démontrent qu’elles étaient basées sur une nécessité pressante et urgente de liquider une cinquième colonne politique et militaire. Les procès se sont basés sur une enquête extraordinairement longue. Pour des individus ayant déjà eu un rôle à double face en 1917, comme Zinoviev et Kamenev, ces enquêtes se sont étendues sur 20 ans.

    Le seule véritable reproche qui peut être fait à cette campagne fut son caractère dirigé du haut vers le bas et institué d’une manière bureaucratique. Les masses soviétiques ont observé l’opération d’épuration, sans en être réellement acteurs.

    Lorsque, après 1945, l’offensive des éléments droitiers se fit au grand jour, les masses n’étaient non seulement pas habituées à être mobilisées pour porter la lutte dans le Parti, mais elles étaient également épuisées par la guerre. Cette conjonction fut fatale.

    Cette expérimentation ne fut pas un succès, ce que comprirent les chinois. Ainsi, la réplique fut faite sous la forme de la Révolution Culturelle.

    En 1966, Hongqi, le Drapeau Rouge, journal de la République Populaire de Chine, appelait à la Révolution Culturelle : Cette révolution est une lutte des classes extrêmement aiguë et complexe en vue de l’épanouissement de l’idéologie prolétarienne et de l’élimination de l’idéologie bourgeoise dans les domaines de la superstructure et de l’idéologie. C’est une lutte à mort entre la restauration de la bourgeoisie et la contre-restauration du prolétariat.

    De cette lutte dépendent la question de savoir si la dictature du prolétariat et les bases économiques du socialisme dans notre pays pourront ou non se consolider et se développer, la question de savoir si notre Parti et notre Etat dégénéreront ou non ; de cette lutte dépendent la destinée et l’avenir de notre Parti et de notre Etat et de la révolution mondiale. Nous ne pouvons en aucun cas rester indifférents devant cette lutte.

    Cette lutte contre les Liu Shaoqi et les Lin Piao, les maoïstes l’ont mené en tentant de ne pas reproduire les mêmes insuffisances que durant les purges. Au lieu de lancer un mouvement du « haut vers le bas », cette révolution dans la révolution s’est faite « du bas vers le haut. » Faire feu contre le commandement général si celui-ci trahissait, tel était le mot d’ordre d’alors. Elle se dirigeait également comme un mouvement chargé de balayer la superstructure réactionnaire de la Chine, où le poids du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme impactait l’esprit des masses, les poussant à la soumission.

    Dans les faits, les masses, organisées en comité de gardes rouges, se sont soulevées contre les abus de mandarins, d’hommes de l’appareil, de petits seigneurs rouges. Cette désignation, par les masses elles-mêmes, des ennemis et des faux-alliés, fut une opération extrêmement hardie. Elle s’est basée sur la confiance envers les masses plus que celle envers le Parti.

    Au niveau de la mobilisation et au niveau de l’implication des masses, le phénomène fut un véritable succès. Là où il le fut moins, ce fut dans la désarticulation du Parti Communiste, lequel n’était plus, temporairement, en mesure de jouer un rôle directeur dans la société. L’armée pris alors le relais, menant à la montée d’éléments prosoviétiques ou bonapartistes, à l’image de Lin Piao. La vacance de la direction, due aux morts très rapprochées de Mao et de Zhou Enlaï, laissa un vide au moment du reflux de la Révolution Culturelle. Ce vide fut profitable à la droite du PC, formée d’individus du type de Deng Xiaoping, lesquels se sont rués vers l’opportunité du pouvoir.

    De plus, certains facteurs sont entrés en ligne de compte : dans son ouvrage sur la Chine Populaire La Chine en marche, le journaliste K.S. Karol note qu’une grande part de la nouvelle génération de chinois, nés après la guerre civile, chose qui fait écho à la situation de la génération de soviétiques arrivés à l’âge adulte après la guerre, ne comprennent pas forcément le sens de la dictature du prolétariat. Le journaliste soulignait avec justesse qu’ils n’aspiraient qu’à l’accroissement de l’accès aux biens de consommation, à plus de liberté au sens libéral du terme, à ce que l’ambiance de lutte et de stimulation politique laisse place à un confort matériel plus grand.

    Ce sont là des revendications qui ont un caractère légitime, fondamentalement. Elles sont compréhensibles, cependant elles ont ouvert des brèches pour l’irruption de démagogues, de libéraux camouflés, qui leur ont ultimement offert des cadeaux empoisonnés. Là réside une des grandes tragédies, celle de la lutte entre la satisfaction immédiate des désirs et celles de la satisfaction plus lointaine des besoins.

    Les chinois ont pu -pour une fraction d’entre eux- s’enrichir et devenir une bourgeoisie nouvelle, maquillée de socialisme, qui correspond à celle qui dirige le Parti Communiste Chinois à l’heure actuelle, de même que les grandes firmes d’Etat du type de Norinco.

    Les soviétiques ont eu du soda et du maïs. Ils ont pu avoir l’illusion, par la mise en place de la Division Internationale « Socialiste » du Travail, d’un plus haut niveau de vie. Mais, en bout de piste, ce que leur ont apporté les révisionnistes fut une destruction de l’URSS, la division par deux de leur niveau de vie, 20 ans d’espérance de vie en moins et le retour de la mafia comme de la tuberculose.

    Ces expériences ont illustré deux choses essentielles quant à la dictature du prolétariat : Elle est la continuité de la lutte pour l’exercice réel du pouvoir populaire. Elle est tout aussi essentielle que la révolution elle-même, car sans cela, le prolétariat et son alliance n’a aucune chance de se maintenir et de contrer les tentatives de restauration faites par la bourgeoisie.

    Elle est un bouclier, une épée et un moyen de transformation : un bouclier pour le pouvoir populaire, pour se protéger. Une épée pour frapper la bourgeoisie. Un moyen de transformation pour permettre de mener jusqu’à son terme la lutte des classes.

    Si elle n’est pas parvenue à son terme, cela n’en signifie pas la faillite. Cela en souligne simplement la perfectibilité. Faire une croix sur la dictature comme mode d’exercice du pouvoir, cela revient à vouloir, pour des questions d’image et de morale, sacrifier toutes chances de succès.

    La bourgeoisie le sait, c’est pour cela qu’elle appuie tant ce point et s’échine à maquiller de démocratie sa dictature. Les communistes, eux, ne doivent pas mentir aux masses. Ils ne doivent pas peindre en démocratie leur exercice du pouvoir, ils doivent en expliquer la raison et la nécessité. C’est là que réside la clé de l’adhésion du peuple au nouveau pouvoir.

    « Et toutes ces menées abjectes, ils les camouflent sous une appellation socialiste. Certaines canailles, en se livrant à la spéculation, à la concussion et au vol, ne prétendent-elles pas faire de la coopération socialiste ? Et ces instigateurs criminels qui empoisonnent les jeunes et adolescents, n’affectent-ils pas de témoigner de la sollicitude envers les continuateurs de la cause du communisme ? Il nous faut étudier leurs tactiques et synthétiser notre expérience pour exercer encore plus efficacement la dictature intégrale sur la bourgeoisie. » De la dictature intégrale sur la bourgeoisie. » (Tchang Tchouen-Kiao. 1975)

  • Sur la dictature du prolétariat – V – La seule solution : la voie révolutionnaire.

    Sur la dictature du prolétariat – V – La seule solution : la voie révolutionnaire.

    La seule solution : la voie révolutionnaire.

    Seule la révolution peut permettre de sortir de l’impasse.

    La lutte pour le pouvoir du prolétariat n’a rien d’un jeu divertissant et sans risques. Chaque faux-pas peut mettre en danger l’ensemble de la structure révolutionnaire, chaque erreur se mesurer en arrestations, en disparitions.

    Un grand nombre d’interlocuteurs, d’organisations réformistes radicales, posent la question sous la forme du pragmatisme. Il s’agit bien souvent d’un faux-semblant pour fuir les questions relatives à la prise du pouvoir.

    Le pragmatisme est souvent mis en avant comme l’émanation du sens pratique. Le problème est qu’il se pare d’un double aspect.

    Lorsque Staline, dans les principes du léninisme, évoque le « sens pratique américain », le porte aux nues, il évoque une forme de pragmatisme : le pragmatisme tactique. Ce pragmatisme tactique consiste à exploiter certaines situations spécifiques, certaines opportunités, pour faire avancer le mouvement révolutionnaire.

    Etre pragmatique et vouloir utiliser les possibilités offertes par la démocratie bourgeoise est juste. Un parti révolutionnaire peut fort bien, dans un cadre tactique, présenter des candidats, faire campagne pour les élections, conquérir des mairies et des sièges d’élus. Refuser en bloc -par principe- reviendrait à négliger certaines possibilités de gagner en influence, de gagner une tribune importante, de dénoncer le fonctionnement des institutions et du système électoral.

    Certaines organisations prennent prétexte de cela. Si elles se défendent de pratiquer une focalisations sur les échéances électorales, elles ne voient pour autant pas d’autres issue à leur situation que de gagner le pouvoir par les urnes.

    La stratégie dicte la forme d’organisation. Un parti électoraliste n’est pas conçu de la même manière qu’un parti révolutionnaire. L’un est conçu pour s’intégrer dans les jeux de la bourgeoisie, l’autre sous une forme d’organisation inspirée par l’efficacité militaire, ayant pour but de mener la lutte contre la bourgeoisie et de la battre.

    Or, ces organisations prétendant « utiliser » les élections n’ont rien de commun avec le parti de type nouveau, avec le parti de type léniniste. Elles ne sont purement et simplement pas architecturées de la même manière.

    Les oppositionnels du PCF peuvent ainsi hurler contre la direction. Cependant, jamais ils ne posent la question de l’organisation interne du PCF, du fait que cette structure est devenue profondément inadaptée aux tâches révolutionnaires, que ce parti est organisé et structuré comme un parti bourgeois.

    Pourquoi ne le voient-ils pas ? Car ils ne se posent pas la question de la révolution de manière rationnelle, de manière logique. Eux défendent un changement cosmétique, un changement de façade, de discours, mais nullement une refonte intégrale, correspondant réellement aux tâches de l’heure actuelle.

    En fait de pragmatisme tactique, ils font œuvre de pragmatisme stratégique, considérant que la stratégie actuelle est la réforme et que si elle échoue, la nouvelle stratégie pourra être la révolution. Il s’agit d’un tour de force énorme. D’un tour de force et d’une subordination complète au bon vouloir de la bourgeoisie, laquelle fait mine d’accepter le jeu démocratique, laquelle dorlote les élus du PCF, les corromps, les achète.

    Cette phase réformiste s’étend d’autant plus ad vidam eternam que les élus, les cadres, les membres de l’appareil ont formé une bourgeoisie interne. On ne mord par la main qui nourrit.

    La citation « plus rigide la stratégie, plus souple la tactique » prend tout son sens. La stratégie guide ne saurait être autre chose que la position révolutionnaire maximale. Ne serait-ce que sous un principe du « qui peut le plus peut le moins. »

    Un parti communiste révolutionnaire, architecturé pour la prise du pouvoir par les masses, n’a rien a redouter au fait de présenter des candidats, dans la mesure où ils sont traités comme des « fusils » et subordonnés au parti. Tant que le parti leur commande, y compris si l’ordre doit être de quitter leur mandat, le problème ne se pose pas. Le jour où ceux-ci commandent au parti, la tactique prend le pas sur la stratégie, et un risque se pose.

    Si la bourgeoisie cédait le pouvoir sans heurts, sans faire de difficultés, sans problème, la question ne se poserait pas.

    Mais il est improbable qu’elle le fasse.

    L’expérience historique démontre que la bourgeoisie ne cède pas, n’est pas fair-play.

    Il n’existe pas de révolution clé-en-mains, de modèle unique à partir duquel le succès est au rendez-vous à 100%. D’une part car les condition objectives dans lesquelles se déroulent les révolutions ne sont jamais exactement les mêmes, de l’autre car l’expérience transforme les deux camps.

    Ainsi, certaines erreurs commises pendant les tentatives de révolution, pendant les premières expériences de dictature du prolétariat, à l’exemple de la Commune de Paris, ne seront -espérons-le- par reproduites.

    Dans notre communiqué célébrant l’anniversaire de cette expérience fondatrice, nous avions mis en avant les éléments suivant : Comme nous l’avions développé plus haut, cette expérience fut une machine d’une dialectique impitoyable, laquelle écrasa bien des conceptions fausses. Ainsi, les thèses pourries de Proudhon, individualistes, artisanales, anti-socialistes, furent battues à plate couture par l’irruption terrible de la réalité. Au lieu d’être le début de la consécration, ce fut la défaite : c’est la socialisation du travail, les valeurs communistes, qui l’emportèrent sur l’individualisme anarchiste.

    Les blanquistes, conspirateurs, incapable de faire naitre une ligne de masse, persuadés que les révolutions de palais font tout, durent réviser leur doctrine.

    Elle commit des erreurs également : le respect sacré de la Banque de France, dont les fonds ne furent saisis. Ce qui aurait pu être une dévastation pour la bourgeoisie, un abominable otage, pu être récupéré dès la fin de la Commune.

    Le siège Versaillais ne pu être levé car la Commune resta confinée dans un espace étroit, uniquement urbain, uniquement local. Si des émules apparurent, dont à Lyon et à Vienne, le mouvement ne trouva pas la clé que trouvèrent les bolcheviks : l’alliance des ouvriers et des paysans, seule à même de pulvériser la bourgeoisie.

    Manqua également le Parti, capable de coordonner, de diriger cette alliance, de faire naître, d’une insurrection victorieuse, une guerre révolutionnaire balayant toute trace de la bourgeoisie. Ce sont ces conclusions que tirèrent les continuateurs, les observateurs, la analystes. Ces conclusion donnèrent le matériel pratique qui pu être étudie pour en tirer les conclusions politique, idéologique qui enrichirent l’idéologie communiste.

    De même, la bourgeoisie elle-même n’est plus la même qu’à l’orée du XXème siècle. Elle a tiré des enseignements précieux de sa propre vulnérabilité, et s’est doté d’outils permettant de conjurer -temporairement certes – son renversement.

    Son expérience en termes de propagande anticommuniste, en termes de corruption, en termes de défense passive ; mais également du côté de sa défense active, militaire : théorisation de la lutte anti-insurrectionnelle (COIN), guerre subversive…etc. D’un point de vue d’organisation du travail, elle s’est même inspirée des méthodes communistes, grâce à l’expertise de transfuges et de traitres. Les conceptions managériales ont ainsi pour vocation de liquider la conscience de classe, de favoriser l’atomisation des travailleurs et des travailleuses, d’individualiser leur rapport à leur propre exploitation. Toutes ses méthodes sont tout autant de fusibles dont la bourgeoisie s’est dotée pour se prémunir contre les dangers. Cependant, aucun de ces fusibles ne peut écarter totalement et définitivement le capitalisme de ses contradictions internes, lesquelles le poussent irrémédiablement dans la chute et l’effondrement.

    Certaines constantes existent cependant dans les conceptions révolutionnaires, et méritent d’être passées en revue pour mémoire. Dans notre brochure sur les bases du communisme nous définissions ces différentes théories de la manière suivante:

    « La théorie de la révolution a connu bien des écoles. Certains sont des partisans du Grand Soir, cette théorie pétrie d’idéalisme. Ils et elles imaginent qu’un beau jour les masses sortiront dans la rue, prendront l’Assemblée et déclareront la république bourgeoise abolie.

    Cette manière de voir les choses n’a jamais connu d’application concrète. Elle est un fantasme, rien de plus. Dans les faits, les masses sont spontanément réformistes. La révolution, la construction d’une nouvelle société, se heurte à l’idéologie bourgeoise, au poids des habitudes. Lorsque ces individus étudient le passé, ils ne voient pas, souvent par rejet de l’organisation, que les révolutions furent issues d’un travail en amont, mené par des organisations révolutionnaires.

    Bien souvent, dépités, déçus, les tenants de cette théorie rejettent leur idéologie révolutionnaire de pacotille et se tournent vers le réformisme.

    Plus ambitieuse encore, la Révolution Mondiale trotskiste. Elle est défaitiste par essence, car repousse au moment « parfait » le déclenchement de l’opération révolutionnaire. Par ce moyen, elle peut ainsi le remiser toujours au lendemain, et considérer que l’heure n’est pas propice. Cela permet de justifier l’activité fractionnelle au sein des organisations de la bourgeoisie, des partis sociaux démocrates. Pire encore, lorsqu’une révolution a lieu, ses tenants s’effraient et la considèrent condamnée, par son caractère local, national. Dès lors, ils n’ont de cesse de le décrier et de le saboter.

    « La révolution ne résoudrait les problèmes bourgeois qui se présentaient à elle en première ligne qu’en portant le prolétariat au pouvoir. Et lorsque celui-ci se serait emparé du pouvoir, il ne pourrait se limiter au cadre bourgeois de la révolution. Tout au contraire, et précisément pour assurer sa victoire définitive, l’avant-garde prolétarienne devrait, dès les premiers jours de sa domination, pénétrer profondément dans les domaines interdits de la propriété aussi bien bourgeoise que féodale. Cela devait l’amener à des collisions non seulement avec tous les groupes bourgeois qui l’auraient soutenue au début de sa lutte révolutionnaire, mais aussi avec les larges masses paysannes dont le concours l’aurait poussée vers le pouvoir. Les contradictions qui dominaient la situation d’un gouvernement ouvrier, dans un pays retardataire où l’immense majorité de la population se composait de paysans, ne pouvaient trouver leur solution que sur le plan international, sur l’arène d’une révolution prolétarienne mondiale. » Ce qui est souligné révèle la posture de Trotksy. Pour cet individu, la révolution ne trouvant pas son issue dans l’arène mondiale, doit renoncer et retourner à son stade bourgeois. C’est une capitulation totale. Sa révolution permanente, niant les étapes, niant l’alliance avec la paysannerie, est un aventurisme qui cache, là encore, une déviation de droite. « Si on ne peut être pur, n’essayons pas, » tel serait son crédo.

    Lénine présentait les choses d’une manière intégralement opposée, citée dans Les principes du léninisme: « Auparavant, on considérait que la victoire de la révolution dans un seul pays était impossible car, disait-on, pour vaincre la bourgeoisie, il faut l’action combinée des prolétaires de la totalité ou, tout au moins, de la majorité des pays avancés. Ce point de vue ne correspond plus à la réalité. Il faut maintenant partir de la possibilité de la victoire sur la bourgeoisie dans un seul pays, car le développement inégal, saccadé des pays capitalistes sous l’impérialisme, l’aggravation des contradictions internes de l’impérialisme, qui aboutissent fatalement à des guerres, la croissance du mouvement révolutionnaire dans tous les pays du globe entraînent non seulement la possibilité, mais la nécessité de la victoire du prolétariat dans des pays isolés. »

    Lénine est clair : Il est possible, il est nécessaire de saisir l’opportunité de frapper la bourgeoisie et d’être victorieux, même dans un seul pays. Il poursuit de même :

    « Mais renverser le pouvoir de la bourgeoisie et instaurer celui du prolétariat dans un seul pays, ce n’est pas encore assurer la victoire complète du socialisme. La tâche principale : l’organisation de la production socialiste, est encore à accomplir. Peut-on en venir à bout, peut-on obtenir le triomphe définitif du socialisme dans un pays sans les efforts combinés des prolétaires de plusieurs pays avancés ? Certes, non. Pour renverser la bourgeoisie, il suffit des efforts d’un seul pays : c’est ce que nous montre l’histoire de notre révolution. Pour le triomphe définitif du socialisme, l’organisation de la production socialiste, il ne suffit pas des efforts d’un seul pays, particulièrement d’un pays rural par excellence comme la Russie : il faut les efforts des prolétaires de plusieurs pays avancés. »

    Trotsky, dans ses trois fausses théories, Révolution Mondiale, Révolution permanente, Programme de Transition, réussit un triplé d’échecs. Le Programme de Transition, que les organisations trotskistes appliquent avec soin, est une illustration parfaite du Trotsky vieillissant de la fin des années 30, préfigurant le Trotskisme fascisant des années 1940.

    L’idée est simple : présenter un programme que le capitalisme ne peut satisfaire, mais qui -jamais au grand jamais- ne mentionne la révolution, sinon cosmétiquement. Cela va passer par des revendications d’interdiction des licenciements, d’interdiction des profits capitalistes, de mise sous contrôle populaire d’une partie de l’industrie et des monopoles capitalistes. En somme cela demande à l’Etat bourgeois de tirer contre son camp.

    La stratégie vise à démontrer aux masses le caractère hostile du capitalisme et, au final, à les amener à se révolter.

    Dans le fond, cela revient à leur cacher la vérité, c’est à dire que cela n’est pas possible. Cela revient à les lancer, sans être politiquement armés, à l’assaut de la bourgeoisie. Lorsque cela échoue, non seulement les masses sont déçues, dégoûtées, mais aucun progrès politique n’est fait.

    C’est ce qui est retrouvé dans des mots d’ordres tels que « insurrection citoyenne » ; « gouvernement ouvrier » ; « nationalisations démocratiques. » Ce sont des mots d’ordre qui nient la question du pouvoir, de la révolution.

    La théorie de l’insurrection, elle aussi, connaît ces vices. Elle consiste en une accumulation de forces censées à un instant T déboucher sur une éruption révolutionnaire. Ces accumulations en réserves stratégiques sont, sur le papier, positives, mais, bien souvent, elles se cantonnent à cela et tergiversent. Des insurrections ont réussi, notamment celles de Petrograd, il y a cent ans, mais baser la stratégie de l’organisation révolutionnaire sur cette seule option est un pari risqué, qui demande des conditions ultra-spécifiques pour déboucher sur un succès. Or, il est essentiel de créer ses propres succès. Il est donc possible de faire mieux.

    La théorie de la guerre populaire prolongée est une théorie qui synthétise les apports de la lutte révolutionnaire dans toute l’histoire. Elle est la somme la plus aboutie de la théorie militaro-politique de la révolution.

    Lorsqu’en 1917, les bolcheviks ont lancé la révolution, cela ne s’est pas fait en un tour de main. Une guerre civile fut nécessaire pour permettre l’instauration du pouvoir communiste. L’insurrection a formellement déclaré ce pouvoir, mais son exercice réel est l’enfant de la guerre.

    En 1949, lorsque Mao Zedong proclame la République Populaire de Chine, cela vient couronner la fin d’une guerre qui a permis aux communistes de créer un espace dans lequel ils assumaient la réalité du pouvoir.

    Dans les deux cas, dans chacun des cas, c’est la capacité à pouvoir exercer ce pouvoir réel qui prime sur la déclaration formelle. C’est cette capacité de remplacement du pouvoir bourgeois par celui du prolétariat qui est la clé. La déclaration formelle n’est que vent si elle ne s’accompagne pas de cela.

    Dans ce cadre, la Guerre Populaire Prolongée est une méthode dure stratégiquement : elle recherche la destruction de la capacité d’assurer la réalité du pouvoir par la bourgeoisie,  pour construire celle du prolétariat.

    Tactiquement, elle est très souple, elle permet d’utiliser l’ensemble des moyens, que ceux-ci soient légaux ou non, pour réaliser cet objectif. La tactique, cependant, doit rester étroitement subordonnée à la stratégie.

    Elle traverse, grossièrement, trois étapes:

    La défensive stratégique, étape de rassemblement des forces, de construction, de luttes défensives, syndicales, antifascistes. Elle est une période d’accumulation en vue du conflit et de début de conflit. Elle doit déboucher sur une politisation, une radicalisation politique des luttes. Elle doit déboucher aussi sur des embryons de soviets capables de prendre des décisions et de pouvoir en débuter l’application.

    La période d’équilibre stratégique correspond à un double-pouvoir. Elle correspond à une phase pendant laquelle chacun des deux camps dispose d’une influence certaine, dans certains secteurs -géographiques, sociaux …etc. Cependant, aucun des deux ne peut anéantir l’autre, directement, à ce stade. Il s’agit d’un moment où la lutte se double d’un caractère militaire fort, et où l’accumulation de forces se double de la nécessité de briser la machine adverse.

    L’offensive stratégique correspond au moment où la révolution prend le pas, impose sa légalité et sa légitimité sur un ordre pourrissant et s’effondrant. Les institutions de l’Etat bourgeois ne répondent plus. Sa capacité d’initiative est tarie, celle à assumer le pouvoir de manière concrète se disloque. L’offensive stratégique correspond à l’antichambre de la victoire. »

    La bourgeoisie dispose d’un appareil militaire qui doit être combattu. Ses forces spécialises, sa police, son armée, doivent être neutralisées pour qu’elles ne servent pas les noirs dessins de leurs maîtres. La bourgeoisie ne cédera pas sans tenter d’écraser les révolutionnaires.

    Face à l’organisation supérieure de la bourgeoisie -autour d’un Etat, d’une police, d’une armée, d’une justice au service de sa classe- les révolutionnaires ne peuvent se contenter d’être dispersés et de réagir au coup-par-coup. Au degré supérieur d’organisation de l’Etat-major de la bourgeoisie doit répondre une organisation au degré tout aussi supérieur : un Etat-major du prolétariat. Cela n’est en aucun cas, une nouvelle fois, par un amour atavique de la bureaucratie, de l’ordre et de la discipline, mais bel et bien car sans cela, toute tentative de changement profond de la société s’asphyxierait dans les débats sans fins, dans le crétinisme parlementaire, dans un flou constant qui in fine, profite systématiquement à la partie la plus à droite, la plus modérée, des organisations.

    C’est là l’une des découvertes de Marx et Engels, cette nécessité du Parti comme outil de la lutte, comme Etat-major, comme organisation révolutionnaire.

    Quant à la dictature du prolétariat, ce n’est pas non plus par amour de la violence et du carnage que les révolutionnaires ont le devoir de l’instaurer. Contrairement à ce que peuvent penser les libertaires ou les réformistes, ce n’est pas par désir d’autorité, par désir de pouvoir. Il s’agit d’une nécessité, dont Lénine disait à juste titre que la conscience de celle-ci était le premier pas vers la liberté.

    Bien souvent, la dictature du prolétariat est traitée par la caricature, avec des remarques digne du sophisme. Cependant, d’autres posent le doigt sur des aspects réellement problématiques de l’exercice du pouvoir révolutionnaire. Ce sont à ces différentes interrogations qu’il est important de répondre, pour expliquer le caractère paradoxal de cette dictature, laquelle signifie, in fine « démocratie pour le peuple, dictature pour les ennemis du peuple. »