Étiquette : Retraites

  • Macron a parlé

    Macron a parlé

    Le 12 juillet, Emmanuel Macron, dans ce rituel habituel, s’est adressés à ses administrés. Ses annonces sont en deux volets. Une partie sur la question de la crise sanitaire, une autre sur la question de l’offensive contre les droits sociaux. Il s’agissait de déclarations attendues et prévisibles. Mais ce qui est tragique, c’est le renversement total, aux yeux d’une partie conséquente de l’opinion publique de l’importance de l’une par rapport à l’autre.

    La première nous paraît la plus importante. Elle est le dévoilement du plan d’assaut contre les droits sociaux. Nous savons désormais que la pause dans les réformes, très relative, est terminée. Macron prévient : le monde de demain ressemblera donc à celui d’avant hier. A celui d’avant le programme du CNR et les conquêtes sociales. Le temps avant les élections présidentielles est compté, et il entend bien en tirer profit pour mener, tambour battant, une série de réformes scélérates. Nous voilà prévenus : il nous faudra rassembler les forces syndicales, politiques, sociales qui ont subit un an et demi de knock out technique, et prendre le chemin des luttes.

    Nous savons que celles-ci s’empêtrent souvent dans les calendriers électoraux : certes les organisations politiques présidentiables battront le pavé, mais avec un seul mot d’ordre. « Votez, et nous ferons le reste ». Or nous savons que ces promesses creuses n’engagent à rien, mais, aussi, sont souvent irréalisables. L’État n’est pas l’arbitre neutre de la lutte entre les intérêts dans la société : il est surtout une interface qui permet à la bourgeoisie de rendre la dictature des siens acceptable, en permettant certains aménagements, certaines concessions. Mais sans jamais renoncer à l’essentiel : ses intérêts priment.

    La réforme du chômage sera donc appliquée. Le RSA baissera. Les retraites sont en ligne de mire. Et pourtant, ce qui ressort dans les discours, c’est la lutte contre la pandémie. Alors que les premiers points concernent l’avenir et l’assombrissent terriblement, les yeux sont rivés sur la lutte sanitaire. Le reste est oubliée.

    Mais, même la mise sur un pied d’égalité de la lutte sanitaire est déjà une forme de défaite intellectuelle et militante. Le fait que certains groupes choisissent de qualifier les mesures prises par l’État de dictature sanitaire, de totalitarisme, montre le divorce complet entre ces groupes et la réalité concrète, matérielle, de ce que signifie cette épidémie.

    Nous ne considérons pas que la politique menée par l’État pour lutter contre la pandémie soit idéale ou parfaite. Nous l’avons largement critiquée à plusieurs reprises, en particulier pour sa stratégie du moindre mal. Celle-ci, pour des motivations économiques mais aussi démagogiques, a été coûteuse sur tous les plans. Tant sur le plan humain, moral, qu’économique. Si aujourd’hui, la situation paraît sous contrôle, plusieurs indicateurs laissent penser qu’elle peut repartir rapidement, notamment sous la pression d’un nouveau variant. Pendant ce temps, la campagne vaccinale s’est montrée poussive. Nous interprétons le discours de Macron, par rapport à ce point là, comme étant une manière de taper du poing sur la table, tout en offrant aussi des issues : il s’agit de passer d’une vaccination encouragement (à voyager, à sortir…) à une vaccination sanction basée sur des menaces et des restrictions spécifiquement appliquées à celles et ceux qui ne se vaccinent pas. C’est une politique qui se durcit. La question de cette vaccination obligatoire pour certaines professions (santé, pompiers…etc.) ainsi que le développement du pass vaccinal ou d’application de suivi ont causé une levée de boucliers.

    C’est une expression multiforme qu’il convient d’analyser rapidement : Elle est d’une part un sentiment populaire de méfiance et de rejet de tout ce qui est proposé par le gouvernement, traduisant une absence de confiance dans celui-ci, mais également plus profondément, dans l’ensemble de la société telle qu’elle est à l’heure actuelle. Et c’est là quelque chose de dramatique quant il est question de sujets tels que la science ou la santé publique.

    Mais cette expression est aussi celle d’un discours politique. D’une part l’extrême-droite tente d’employer ces peurs et ces angoisses pour alimenter sa propre rhétorique conspirationniste. De l’autre, il existe aussi ce conspirationnisme d’extrême-gauche, qui voit dans cette manière de gérer la pandémie l’expression de tendances totalitaires.

    Nous n’avons pas besoin de parler des fascistes et de l’extrême-droite, leurs intentions sont claires. Mais nous voulons parler à nos amis qui se trompent dans leur manière d’analyser les choses. Il est vrai que le gouvernement (ou plutôt les gouvernements successifs) ne rechignent pas quant il s’agit d’étendre le contrôle social et de détruire les droits économiques et politiques (ce qui est, nous le maintenons, l’aspect central du discours de Macron). En revanche, cette hostilité à l’ensemble des mesures contraignantes et de lutte contre la pandémie pose question : comment l’auraient-ils abordée ?

    Nous ne voulons pas nous poser les questions uniquement en étant dans une posture d’outsiders. Cette attitude qui consiste à se placer d’une manière diamétralement opposé à l’ensemble des discours de l’Etat, confortable, est aisée. Mais elle n’est pas sans travers : en supposant un plan préétabli, cohérent, dans l’ensemble des prises de décision politiques, en considérant l’État comme un diable cynique et mû par la méchanceté, ces discours piochent aussi dans un inconscient conspirationniste. Il est d’ailleurs hilarant de voir que cette hypothèse totalitaire se heurte à des écueils insurmontables. Par exemple, ceux et celles qui disaient que le gouvernement était en guerre contre la vie sociale, qu’il préparait 1984, comment expliquent-ils ce relâchement brutal dans le confinement ? Ils ne l’expliquent pas. Ils ont simplement cessé de le dire, et passés à autre chose, à d’autres hypothèses totalitaires.

    Dans chacune de nos prises de position, nous nous posons la question de « qu’aurions nous fait ». Et il est clair que si nous étions au pouvoir, dans cette situation de pandémie, nous aurions du, nous aussi, prendre des mesures extrêmement contraignantes pour tordre le coup à cette maladie. Nous aurions du, nous aussi, faire la promotion ou imposer la vaccination. Nous arions du, nous aussi, empêcher les rassemblement festifs et sanctionner les organisateurs et les organisatrices (pas avec les mêmes modes opératoires, certes). Pas par attrait pour l’autoritarisme, non, mais bien parce que nous plaçons la nécessité comme préalable à la liberté. Et parce qu’une épidémie, et a fortiori une pandémie, n’est pas un choix individuel. C’est une responsabilité collective qui transcende notre individualité. Elle n’est pas comme marcher sur le bord d’une falaise par grand vent, où seule la sécurité de l’individu qui le fait est en jeu, elle est comme rouler ivre-mort dans une rue. Cette mise en avant des intérêts étroitement individuels et personnels, finalement pas si éloignée des ultra-libéraux à la Bolsonaro et à la Trump, montre une faillite dans l’analyse de la société et dans la compréhension du rôle de militant et de militante.

    Cela ne signifie pas tout accepter, bien au contraire ! Mais cela signifie savoir reconnaître ce qui est nécessaire et vital et ce qui est à surveiller ou à combattre. En l’occurrence il nous faut lutter contre la pandémie de manière efficace. Nous ne marcherons pas avec les anti-masques, les anti-vaccins, ou ceux et celles qui n’agissent que pour leurs petits plaisirs, leurs petites jouissances de privilégiés individualistes. Nous ne nourrirons pas la machine à produire du conspirationnisme, qui non seulement nous éloigne de nos objectifs émancipateurs, mais qui menace aussi à tout moment de nous engloutir.

    En revanche, nous considérons qu’il est vital, de rester vigilants.
    Nous devons nous préparer à des temps difficiles, pris dans la tourmente d’une campagne électorale menée autour de thématiques réactionnaires et quasiment fascisantes. Nous devons nous préparer aux offensives sociales, sociétales, et politiques. Sans tordre le cou à cette pandémie, nous ne pourrons ni répondre, ni remporter de victoire.

    Pour se retrouver dans la rue, lutter, avancer, gagner, il faut être en bonne santé !

  • Emmanuel Macron souhaite encore frapper les retraites.

    Emmanuel Macron souhaite encore frapper les retraites.

    Serait-ce la réforme de la onzième heure ? Depuis plusieurs semaines, la rumeur enfle. Macron semble vouloir à nouveau s’attaquer à la question des retraites pour poursuivre sont œuvre de discussion. Alors qu’une 4e vague se profile, mais que rien n’est prêt, alors que la campagne vaccinale peine à convaincre, le président-candidat veut ouvrir un nouveau front. Il semble qu’il s’adressera aux français et aux françaises lundi pour parler de cela.

    A ce stade, les choses restent floues. Mais nous en saurons plus très bientôt.

    Ce qui est significatif c’est le changement brutal d’orientation opéré par ceux qui déterminent la politique d’Emmanuel Macron. Il y a un peu plus d’un an, au moment des premiers confinements, les grands capitalistes, si prompt à défendre un libéralisme outrancier, se sont réfugiés, en pleurs, dans les jupes de l’État. L’État, en créant de la dette, à permis à un grand nombre de salariés de pouvoir conserver un revenu. Mais une autre mesure « sociale » a été aussi mise en œuvre : la protection des bénéfices des grands cartels de l’économie. Le grand patronat a été dorloté par cette « économie de pandémie ». Il en profite aussi par l’effondrement de plusieurs de ses concurrents.

    Le coût de ces mesures est difficilement estimable. Mais cela n’intéresse pas tant que ça les exploiteurs, car celles-ci ne lui ont rien coûté. Le chômage partiel, par exemple, n’a pas été payé avec les profits des grandes firmes, mais bien en créant une dette qu’il « faut » aujourd’hui rembourser. Et les capitalistes n’entendent pas rogner sur leurs profits. En revanche, après avoir vampirisé les ressources publiques, ils se font de nouveau les porte-paroles de l’austérité et du darwinisme social.

    Le patronat et l’État imposent l’idée qu’il faut « relancer le pays ».

    La campagne présidentielle commence à se dessiner. Sa physionomie est celle de la droite, voire de l’extrême-droite. Au delà des axes concernant l’Islam, la sécurité, l’immigration, l’autre pan de ces élections sera celui de cette « relance ». Derrière cette idée de relance, imposée comme étant vitale, se trouve l’idée de hausser, une nouvelle fois, la rentabilité des entreprises française. Elle est hypocrite. Pour le patron du MEDEF : « Je suis assez optimiste, je ne pense pas qu’on aura une augmentation massive du chômage, je ne crois pas à une vague de plans sociaux et de faillites », d’autres études indiquent qu’il ne faudra que trois ans pour que la France retrouve son PIB d’avant le COVID. Et encore, une partie de ce rattrapage économie est entravée par des phénomènes externes : à savoir la concurrence toujours plus forte entre Chine et Occident, mais aussi les malheurs d’autres États qui subissent de plein fouet la pandémie.

    Comment payer la « relance ».

    En réalité, cette relance n’est finalement qu’une seule chose : c’est la poursuite d’une offensive débridée contre les droits sociaux, les droits des travailleurs et des travailleuses. C’est par là que cette relance est envisagée. Par une pression accrue sur les salaires, en particulier en continuant à détruire l’assurance maladie, le chômage et les retraites. Ainsi, dans la réforme des retraites qui se prépare, la première étape serait un passage à 65 ans de l’âge de départ à la retraite, et la seconde le passage à la redoutable retraite à points. Cet ensemble de réformes, prévus pour la période du quinquennat de Macron, vont probablement s’étaler plus que prévu.

    Pour le moment, le calendrier est inconnu et le gouvernement hésite.

    En effet, la situation pandémique a ralenti le travail de sape des droits sociaux. Macron a du tergiverser et reculer sur certains points. Aujourd’hui, le gouvernement se prépare à choisir. Il doit à la fois donner des gages aux grands capitalistes sur le fait qu’il sera leur héraut et l’exécuteur de leurs désirs, tout en restant consensuel et en évitant de déclencher la colère sociale. De ce point de vue, il règne une certaine division sur la méthode à suivre. Certains comme Ferrand étant contre une charge sabre au clair. D’autres se montrant plus empressés à servir leurs maîtres. Il n’est pas impossible qu’il fasse d’ailleurs le choix du référendum. Cela pourrait être une chose positive, permettant de sanctionner la question par le rejet populaire.

    Mais les gouvernements sont passés maîtres dans le fait de tourner les questions des référendums à leur avantage. Le « en-même temps » macronien, et sa capacité à s’appuyer sur les ambiguïtés, peuvent transformer une apparente victoire en défaite totale. Un vote autour d’une « politique de redressement du pays », par exemple, pourrait très bien donner à LREM l’appui qui lui manque pour anéantir les droits sociaux.

    Peut être attendra t’il sinon son prochain quinquennat, s’il a lieu, pour terminer son œuvre. Cap 2022 a pris du retard, mais reste la boussole qui guide l’activité du gouvernement et sa stratégie.

    Préparer la lutte.

    Le risque de la période qui s’ouvre est celui de l’anesthésie par les élections présidentielles. Le « ne luttez pas, votez » sera certainement le credo d’un grand nombre d’organisations, y compris de gauche. Nous pensons l’exact opposé. Qu’importe ces élections, ce qui compte est la lutte. Nous savons que l’État ne peut être, dans sa forme d’État bourgeois, conquis. Il peut en revanche être contraint par la pression sociale, l’organisation, la lutte extra-parlementaire. Nous pensons que dans la période qui s’ouvre, un front uni doit naître autour de cette idée : rejeter l’espace étriqué formé par la politique bourgeoise et faire naître une légitimité dans la revendication d’un régime nouveau.

    Alors que les exploiteurs veulent nous faire travailler plus, dans des conditions toujours plus difficiles et toujours plus longtemps, un autre destin est possible. Un travail partagé, réparti, dont les bénéfices ne servent pas à engraisser des parasites exploiteurs, mais servent à l’ensemble de la communauté. Un travail qui se focalise sur ce qui est nécessaire : assurer l’accès aux biens matériels et culturel dans les possibilités définies par la protection de l’environnement. Un travail qui répond aux besoins, aux lieux de chercher à en créer artificiellement pour maintenir un cycle infernal. Dans ce cadre, le machinisme, l’automatisation, ne devient plus un facteur de chômage et d’aliénation toujours croissante, mais bien un facteur de libération.

    Luttons pour donner naissance à ce monde.

  • Y aura-t-il de la grève à Noël ?

    Y aura-t-il de la grève à Noël ?

    En cette fin d’année, les luttes sont fortes. Les travailleurs, les travailleuses, les exploités et exploitées, ne veulent pas voir leurs droits se faire balayer ! Cette résistance déplaît au gouvernement, qui voudrait voir les grèves brisées.

    Le Premier ministre a déclaré que les grévistes, en particulier des transports, devraient « assumer leurs responsabilités » si la grève se poursuivait à Noël. Mais qui est responsable ? Ceux qui veulent réduire en cendre tout ce pour quoi nos parents, nos grands-parents, ont lutté.

    En 1910, nos aïeux ont bravé les fusils des soldats pour arracher le droit du travail. Les armes à la main, à la Libération, ils ont arraché le droit de ne pas mourir au travail, d’avoir une retraite, d’avoir une sécurité sociale, une assurance chômage.

    Aujourd’hui, une poignée de banquiers et de banquières, de rentiers et de rentières, de marchands de canons ou d’automobiles veulent tout nous prendre.

    Et le dernier argument de leurs valets de chambre, Macron & Cie, est pitoyable ! « Pensez à Noël, pensez aux enfants ! ».

    Derrière eux, les hordes de fascistes, qui se disent du côté du peuple, mais sont toujours du côté des exploiteurs, vocifèrent aussi. Les syndicats seraient islamisés, et c’est « pour ruiner Noël qu’ils font grève ». Ces traîtres et ces traîtresses à la cause du peuple se démasquent. Ceux que ces sinistres personnages veulent, c’est semer la haine entre ceux qui courbent l’échine sous le poids du travail.

    En réalité, ils veulent que la grève stoppe pour que les actionnaires des grands cartels de la vente puissent se remplir les poches. Se remplir les poches en vidant les nôtres ! Par contre, les forces de l’ordre bénéficient d’une retraite maintenue, alors que ce régime est censé être équitable et supérieur : il faut bien payer ceux qui nous écrasent !

    Les bourgeois et les bourgeoises se moquent de nous !

    Menteurs et corrompus !

    M. Delavoye, chef d’état-major de l’anéantissement des retraites, en est l’illustration. Menteur et corrompu. Il « oublie » dix fois de déclarer ses petits à-côtés. Il « oublie » de déclarer qu’il travaille pour ceux qui tireront profit de la mort des retraites. Il « oublie » des centaines de milliers d’euros de salaire cachés.

    En réalité, si les fêtes de fin d’année seront maigres, c’est parce que les patrons et les patronnes nous volent. S’il y a la grève à Noël, c’est uniquement de leur fait. Ce sont eux qui nous imposent d’avoir à nous battre. Ce sont eux qui nous imposent de perdre le salaire des jours de grève, pour que, demain, ces mêmes enfants aient un jour une vie digne.

    Si, en ces fêtes de fin d’année, il faut penser aux enfants, pensons -y.

    Ne cédons pas ! Seule la lutte massive peut seule permettre de briser l’offensive des exploiteurs. Céder aujourd’hui, c’est payer le prix fort pour le reste de notre vie, et pour les générations d’après.

    • Défendons leur retraite.
    • Défendons leurs conditions de travail.
    • Défendons leurs conditions d’éducation.
    • Défendons la planète contre la destruction.

    Résistons – combattons – gagnons !

    Rejoignez les organisations qui luttent. Les syndicats combatifs, les organisations révolutionnaires.

    Notre démocratie nous est volée, confisquée par les intérêts des bourgeois et des bourgeoises !

    Ensemble, organisés, en sachant où aller, nous pouvons non seulement battre ces parasites qui nous volent, mais construire une société différente.

    • Une société démocratique.
    • Une société populaire.
    • Une société où l’économie sert à satisfaire nos besoins.
    • Une société qui protège l’humanité comme la nature.

    Partout sur la planète, nous nous battons isolés et isolées. Rejoignons-nous, tendons-nous la main, et gagnons !

  • Construisons un cortège révolutionnaire ! -communiqué commun-

    Construisons un cortège révolutionnaire ! -communiqué commun-

    Construisons une lutte victorieuse !

    A Lyon, le 10 décembre, 20 000 personnes ont défilé, 800 000 en tout. C’est un succès important, pour une lutte qui est vitale.

    Au cours de cette manifestation, nous, organisations révolutionnaires, avons défilé ensemble, dans un cortège unitaire et révolutionnaire. Nous avons décidé de marcher ensemble, en dépit de nos distinctions, de nos différences, de nos désaccords. Car elles sont secondaires en regard de la lutte immense à mener. Nous faisons le choix de faire front commun.

    Le conflit qui s’annonce sera dur. Les groupes d’intérêts qui appuient la réforme des retraites, et qui espèrent empocher des profits immenses, sont déterminés à ce qu’elle soit mise en place. Le gouvernement, qui en exécute les ordres, ne reculera pas sans y être obligé.

    Cette lutte, comme celle des années précédentes, montre que la face démocratique du régime s’effrite. Il se révèle pour ce qu’il est : le diktat des intérêts de la grande bourgeoisie française. Ce régime nous étrangle socialement et cherche également à nous étrangler politiquement.

    Pour cela, il fait appel à toutes ses armes.

    • A ses manœuvres de diversion.
    • A la propagande des médias à sa botte.
    • A sa police, qui intimide, menace, frappe et mutile.
    • A sa justice, qui condamne et emprisonne.
    • Aux fascistes, nourris et dorlotés, qui attendent leur heure.

    Les bourgeois ne cèdent pas, et nous non plus !

    Nous ne voulons pas juste maintenir le système actuel, avec ses faiblesses, ses insuffisances, ses pensions de misère. Nous voulons aller de l’avant. Ce n’est pas uniquement cette réforme des retraites que nous ciblons, mais un ensemble : ce régime. Derrière cette revendication, en réalité, c’est un système entier que nous voulons remettre en cause.

    C’est ce régime capitaliste qui génère et accroît sans cesse la misère. C’est lui qu’il faut mettre à bas.

    Nous défendons, par-delà les distinctions idéologiques et politiques, un but commun. L’idée d’une société sans capitalisme, basée sur la satisfaction des besoins matériels et culturels de l’ensemble des habitants de la planète, où les richesses sont produites dans le respect de l’humanité et de la nature.

    Au cours de ces dernières années de lutte, cette conclusion est chaque jour davantage partagée parmi les exploité·e·s et les opprimé·e·s. Luttes écologistes, luttes sociales, féministes, antifascistes, luttes internationales et anti-impérialistes fusionnent progressivement autour de ces conceptions.

    Elles doivent triompher.

    Renforçons les organisations combatives, les syndicats, les associations et les assemblées populaires.

    Nous appelons tous ceux et celles qui, organisé·e·s ou non, partagent cette vision de la situation. Nous les appelons à rejoindre ce cortège, à le faire grandir. Nous appelons à étendre cette initiative partout où cela est possible.

    Partout où nous sommes, défendons la grève générale.
    Partout où nous sommes, défendons la lutte contre le capitalisme.
    Partout où nous sommes, unifions nos forces pour être victorieux et victorieuses !

    Retrouvons-nous, toutes et tous, sous les couleurs de la révolution, le mardi 17 décembre !

    Premiers signataires : Eco Défense, Jeunes Révolutionnaires, Unité Communiste de Lyon

  • Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 1

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ? Partie 1

    Que comprendre du discours d’Emmanuel Macron au Parlement ?

    Partie 1 : Concentration du pouvoir et des impôts.

    Emmanuel Macron s’est exprimé devant le Parlement, réuni à Versailles, le 9 juillet. Dans un décorum d’Ancien Régime, il a pris la parole et s’est adressé aux parlementaires dans un discours fleuve de 85 minutes. Le coût de l’événement, immense, a contribué à entretenir une crispation autour des dépenses de la présidence de la République, entre usage de jet pour 100 pauvres kilomètres, vaisselle hors de prix et piscine privée à Brégançon.

    Mais le fond de l’affaire est ailleurs. Il est dans le fond du discours plus que dans la forme qu’a pu prendre cet événement. Les prétentions d’humilités qu’a pu mettre en avant le Président de la République ne peuvent qu’être risibles dans le sanctuaire du pouvoir monarchique. Un semblant hypocrite d’autocritique a été tenté. Il ne concerne que quelques points particuliers. Nous ne voyons pas auprès de qui s’excuse le Président de la République, tant il a pu remplir avec un zèle dévoué les objectifs que lui ont assignés les grands et grandes bourgeois et bourgeoises. Cependant, de l’autre côté il annonce des résultats magnifiques, résultats qu’un an d’exercice du pouvoir de peuvent permettre de mesurer, même dans le cadre de la politique bourgeoise, en particulier concernant l’éducation. Cela mis de côté, le fond du discours est plus que glaçant.

    La conception du pouvoir chez Emmanuel Macron pourrait quasiment être caractérisée comme un orléanisme à la sauce macronnienne. Au travers de lui, la bourgeoisie exerce en commandite directe le pouvoir. Humble, mais pas tant que ça, puisque tout suinte l’arrogance d’un pouvoir qui avance, pour reprendre la formulation de Clausewitz « en vedette », il est sur la crête de la vague et doit poursuivre son avancée avant que le contrecoup de sa politique de kamikaze ne l’entrave ou ne le paralyse.

    Certaines caractéristiques de l’État vu par Macron peuvent évoquer un retour à une période gaullienne, avec une concentration des pouvoirs et une concentration des compétences entre les mains de l’État. Le projet de réforme constitutionnelle de LREM vise à cela. Il vise à réduire le nombre de parlementaires, donc de réduire la représentativité de ceux-ci -déjà plus que minable en régime bourgeois- il vise également à changer la fonction de Président et à pouvoir doter celle-ci d’un pouvoir plus étendu. Pour le moment, le Président, hormis ce discours, n’a pas la possibilité de s’exprimer devant les parlementaires ni de débattre avec eux. N’étant pas responsable devant le parlement, il ne peut participer à cet événement au nom de la séparation des pouvoirs. Avec la réforme constitutionnelle, il le pourra.

    Seul des naïfs invraisemblables tels que Jean-Luc Mélenchon peuvent y voir une avancée ou une démocratisation. Celui-ci s’est exprimé « Victoire ! Macron s’incline. La prochaine fois, il devra écouter et répondre. Victoirissime, » Nous ignorons où Monsieur Mélenchon voit une victoire dans le fait que les pouvoirs se concentrent davantage entre les mains du Président de la République. Même les élus de « Les Républicains » ont fait preuve d’une clairvoyance nettement plus importante, en qualifiant cette manœuvre de « fusion » entre le poste de président et de premier ministre, l’irresponsabilité en plus. Dictant l’ordre du jour des débats, il pourra donner le ton à sa majorité, ajouter un système de commande directe de l’exécutif sur le législatif. Mélenchon ne le voit pas, car il est aveuglé par cette idée de mano-à-mano entre lui-même et le président de la République, tout comme son obsession l’avait poussé à se présenter à Hénin-Beaumont pour faire face à Marine Le Pen. Pourtant, son virage à 180° cinq ans après semblait illustrer un certain renoncement à ce genre de pratiques, qui ne lui portèrent guère chance.

    La culture politique de Macron, comme mentionné plus haut, est celle d’un orléaniste. Elle est celle de la direction directe, absolutiste. Il ne voit dans le Parlement qu’un rempart inutile, un espace de tergiversation et de négociation sans raison, autre que pour respecter la tradition. Missile kamikaze de la bourgeoisie, il n’a que faire de ces négociations, de ces entraves. N’ayant, pour le moment, pas l’intention de réfléchir à l’avenir politique, elles lui sont pénibles, lui sont insupportables. Au mieux le Parlement doit être une chambre d’enregistrement qui doit répercuter servilement les désirs de la grande bourgeoisie.

    Le discours, en tant que tel, n’est pas si libéral. Il est pire. Il met fin au pseudo-tabou libéral de la non-intervention de l’Etat. Au contraire, il annonce que les contribuables -payant des impôts auxquels la bourgeoisie se soustrait d’ores et déjà- paieront pour aider les grands trusts et les grands monopoles à maintenir ou accroître leurs taux de profit. In fine, cette taxation pour aider la grande bourgeoisie est un prélèvement sur salaire. Les travailleurs et une part de la petite bourgeoisie devront davantage cotiser pour que les grands patrons et les grands bourgeois ne soient pas menacés par la crise. En clamant qu’avant de partager le gâteau, il faut un gâteau, Emmanuel Macron indique que les prochaines années se dérouleront sous le mot d’ordre du sacrifice pour que «un jour » l’économie soit en embellie et que le mensonger ruissellement reprenne. En attendant, il promet une résurrection économique sous l’égide d’un capitalisme « populaire ».

    « Si l’on veut partager le gâteau, la première condition est qu’il y ait un gâteau. Et ce sont les entreprises, rassemblant actionnaires, dirigeants et travailleurs, ce sont les producteurs qui font ce gâteau et personne d’autre. Il est mensonger de défendre les salariés si on ne défend pas les entreprises. »

    Derrière le slogan de capitalisme populaire se cache une nouvelle farce au goût amer. Il s’agit de faire participer les travailleurs et les travailleuses au capitalisme. Les faire participer en investissant dans leur propre machine à exploiter, dans l’espoir que cela leur donne la possibilité d’être des travailleurs-actionnaires. Dans les faits, il s’agit, là encore, d’une saisie directe sur le salaire des travailleurs, et d’un actionnariat plus que pervers. Cette duperie sous vernis autogestionnaire contribue à saper la situation des travailleurs et des travailleuses. D’une part car le taux de profit de l’entreprise aura une conséquence directe sur les rentrées d’argent des exploités, mais également car ils auront tout intérêt à le hausse au maximum, quitte à devoir sacrifier sur d’autres plans, au niveau des conditions de travail ou au niveau des licenciement. Ce genre de marché de dupe fait que cette parodie d’autogestion est un coup de poignard dans le dos des travailleurs. De plus, il offre au grands bourgeois des garanties de capitaux, tandis qu’ils peuvent commettre des délits d’initiés à la chaîne.

    La question de la fiscalité est évoquée de nouveau, mais pour servir d’artillerie lourde dans le but de pulvériser les droits sociaux. Auparavant, les caisses de cotisation sont le fait des travailleurs et des travailleuses (au sens large) eux et elles-mêmes. Ces cotisations permettent de doter la Sécurité Sociale ; l’assurance chômage et les retraites d’un budget de fonctionnement. Ce budget de fonctionnement est ce qui garantit des droits individuels à la santé, à la retraite, au chômage. A l’origine, l’Etat lui-même n’avait pas de droit de regard sur ces questions. Innaceptable pour la grande bourgeoisie ! Elle n’a eu de cesse de vouloir mettre tout cela sous la coupe de son Etat, pour le brimer, le réduire et le briser. Macron, désormais touche au but. Sa fiscalité rassemble sous la même ligne de compte l’ensemble de ces caisses séparées.

    « La solidarité nationale est de plus en plus financée par l’impôt, ce que vous avez voté en matière d’Assurance Chômage a ainsi supprimé toute cotisation salariale remplacée par la CSG mais il faut bien expliquer l’ensemble de cette réforme, ne pas voir que la CSG qui augmente d’un côté, en oubliant que ce sont toutes les cotisations sociales salariales qui ont baissé de l’autre. »

    CSG -dont on peut remercier Michel Rocard, membre du Parti Socialiste- qui, malgré ses apparences, est payée dans la sa très grande majorité par le prolétariat et une partie de la petite bourgeoisie. La grande bourgeoisie s’y soustrait, car les revenus du capital sont taxés d’une manière ridiculement faible (1,1%). Désormais, l’Etat possède la haute main pour ventiler les rentrées d’argent de l’impôt comme bon leur semble. Voilà l’annonce de Macron :

    « il n’y a plus un droit au chômage, au sens où l’entendait classiquement, il y a l’accès à un droit qu’offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé. »

    Il n’existe donc plus de droit au chômage fruit des cotisations individuelles. Il existe une aumône que l’Etat bourgeois pourra verser, selon ses modalités, sont son bon vouloir, aux pauvres, aux sans-le-sou, aux exclus et exclues qui, à ses yeux, le mériteraient. La contrepartie empoisonnée, la voici :

    « Cette réforme a permis d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs tout en préservant la compétitivité et en garantissant le maintien des droits mais ceci conduit aussi à transformer la philosophie même de notre solidarité nationale et en quelque sorte d’en retrouver le sel. »

    La grande bourgeoisie promet plus de salaire direct contre une réduction massive du salaire indirect. Ce qu’elle entend par pouvoir d’achat ne peut être compris autrement qu’en termes de bénéfices engrangées par les fabricants de biens de consommation. En fait de cadeau fait aux masses populaires, il s’agit de cadeaux faits aux grands trusts. De plus, la dévastation de la protection sociale obligera les masses populaires à se tourner vers les assurances, les fonds de pension, les mutuelles. Voilà l’objectif final de la bourgeoisie : mettre le main sur un marché qui lui échappait, sur une manière d’engranger des sommes faramineuses sur la santé et la maladie, sur la misère et la souffrance. D’autant que cette trésorerie lui offre aussi des moyens de réaliser des investissements profitables ailleurs. Rappelons-nous un instant du rôle de ces caisses dans la crise des subprimes. Certains et certaines ont tout perdu dans cette gigantesque arnaque. Voici le « sel » que Macron souhaite retrouver.