Étiquette : répression

  • Le couperet acéré de l’Etat.

    Le couperet acéré de l’Etat.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon : le couperet acéré de l’Etat.

    L’attitude des procureurs, dans les procès, est le reflet de la volonté du pouvoir politique. Les réquisitions sont celles décidées en haut-lieu, au sein du ministère. Or, la ligne du ministère de la Justice, la ligne du gouvernement, dans le cas des procès à la suite des arrestations du premier mai, est celle de la brutalité maximale.

    Le gouvernement choisit de faire un exemple, en demandant que les procureurs requièrent des peines hors normes. A Lyon, les inculpés se sont retrouvés face à une situation kafkaïenne.

    Arrêtés pour de menus graffitis, ils ont été placés en garde à vue pendant 48h00. L’un d’entre eux, ressortissant de l’UE, s’est vu gratifié d’un Ordre de Quitter le Territoire Français par la préfecture, avant même de passer devant le juge. Belle manière de mettre la charrue avant les bœufs.           L’autre a été accusé de jets de projectiles contre les forces de l’ordre.

    Dans un cas comme dans l’autre, l’attitude prévisible de la justice, qui n’aurait probablement pas hésité à recourir à la détention préventive, a poussé les avocats à conseiller la comparution immédiate. Or, il s’agit d’une chose habituellement dangereuse, puisque, souvent, cela se résume à la parole inégale d’un policier contre celle de l’accusé. Sans enquête, sans preuves matérielles.

                    Le réquisitoire du procureur a confirmé les craintes : 10 mois de prison dont 2 ferme avec mandat de dépôt pour les graffitis ; 10 dont trois fermes pour les projectiles.  

    Un rassemblement de solidarité s’est tenu devant le commissariat, puis devant le tribunal. La police, au mépris de la publicité du fonctionnement de la justice, en a filtré l’entrée, en excluant toute personne susceptible d’être un ou une militante. L’Unité Communiste de Lyon condamne cette violation de l’article 6-1 de la Convention européenne des droits de l’homme et de la procédure pénale.

    Dans la soirée, le juge a rendu son verdict : 3 mois de prison avec sursis et 500 € d’amende pour l’un ; 6 mois de sursis et 140 h de travaux d’Intérêt généraux pour l’autre. Des peines lourdes en regard des faits reprochés. Des peines handicapantes pour ces jeunes étudiants. Des peines dures et illustratives.

    Il ne fait nul doute, dans la situation actuelle, que l’Etat vise à user de tous les moyens à se disposition pour réprimer et briser les mouvements sociaux. Il ne fait nul doute que la répression policière, judiciaire et même extra-judiciaire -par les milices fascistes- va s’accentuer davantage.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à la solidarité la plus large avec les inculpés et inculpées des mouvements sociaux. Elle appelle à soutenir financièrement et politiquement ceux et celles-ci.

    L’Unité Communiste de Lyon condamne, d’une part, l’attitude du ministère de la Justice, qui agit comme un couperet tranchant contre les faibles et les exploités, mais qui se montre d’une magnanimité invraisemblable avec les bourgeois et bourgeoises. Quelle prétendue égalité républicaine existe entre le traitement d’un Sarkozy et celui d’un inculpé du mouvement social ? Hypocrisie.

    Nous condamnons également l’attitude de la police, qui entretient un jeu de provocation constante, exacerbée, qui viole constamment son code de déontologie pour pousser à la confrontation les masses populaires, dans le seul but de les écraser par la suite. Nous mentionnons également le fait que des militants du Bastion Social aient été libérés au bout de quelques heures de garde à vue, sans poursuite judiciaire aucune, illustrant un traitement sous la forme de deux poids, deux mesures.

    Enfin, nous ne saurions que condamner l’attitude de celles et ceux qui appellent à plus de répression. A plus d’intervention policières. Celles et ceux qui ont condamné les « débordements », qui ont abandonné des camarades face à la justice et face à la police. A celles et ceux qui, au final, trahissent une plus grande proximité avec l’Etat bourgeois qu’avec des camarades avec lesquels il est possible d’avoir des désaccords tactiques.

                    Soyons solidaires ! Soyons unitaires ! Halte à la violence d’Etat ! Halte à la répression !

     

  • La répression frappe le jour des travailleurs et travailleuses.

    La répression frappe le jour des travailleurs et travailleuses.

    Solidarité avec les inculpés et inculpées du mouvement social !

    Ce premier mai fut sous le signe de la répression la plus sévère. plus de 200 interpelés à Paris. Plus d’une centaine de plus dans le reste de la France. La bourgeoisie a montré les dents et a frappé fort. L’Unité Communiste de Lyon affirme sa solidarité avec l’ensemble des inculpés du mouvement social, avec l’ensemble de celles et ceux qui subissent les foudres de la police, de la justice, dont la nature de classe est indéniable.

    L’Unité Communiste de Lyon soutiendra les événements visant à défendre les inculpés et inculpées, à leur fournir solidarité et soutien financier. Nous formons tous et toutes une même ligne de front, une même ligne de combat contre l’ordre bourgeois, contre la dictature de classe.

    D’autres font raisonner un sont de cloche tout à fait différent, et que nous, communistes, trouvons répugnant.

    Nous ne sommes pas pro-« black blocs ». Nous considérons que ce mode de fonctionnement correspond à une stratégie et des tactiques que nous ne partageons pas. Les menus dégâts sur des vitrines, sur des banques, sur quelques policiers ne sont pas les prémices de la révolution. La « propagande par le fait », chère à Bakounine, n’a jamais débouché sur les succès promis, n’a jamais formé « l’étincelle qui met le feu à la plaine. »

    Dans certains cas, des membres d’organisations -bien que ce mot soit récusé par leurs membres- ont agit de manière opportuniste, traitant les cortèges de manifestant comme des boucliers humains. Il s’agit là de pratiques qui sont incorrectes et qui dénotent une conception individualiste et romantique de la lutte politique.

    Ce n’était pas le cas à Paris. Ce n’était pas le cas à Lyon. Les actions se sont faites dans leurs cortèges, au sein desquels ils et elles se sont organisées. Leurs actions ont été faites sous leurs modalités. Ils et elles en ont assumé la responsabilité et en paient le prix fort.

    Alors, allons nous crier avec les loups ? Allons nous crier que ce sont des fascistes, comme l’a fait Mélenchon ? Allons nous condamner avec fermeté, comme le fait le PCF ? Allons nous, comme certains révisionnistes, dire qu’il faut un « Guépéou » anti-black blocs ? Allons nous pleurnicher pour quelques vitrines cassées et réclamer une fermeté sans précédent de la part de la Justice ?

    Alors nous faire bloc avec Le Pen et Wauquiez, dans leur exigence de sanctions ?

    Non. Nous sommes solidaires des interpellés et des interpellées.

    Il est possible d’être en désaccord avec les pratiques des Black Blocs. Il est tout à fait possible de considérer que leur tactique est inadaptée. Il est tout à fait tolérable et acceptable de publiquement le faire. Nous venons d’en apporter la preuve.

    Mais on ne poignarde pas -et c’est là une habitude des réformistes et des perfides cliques à double visage- ses camarades dans le dos, surtout quand ils et elles subissent la répression. Faire cela est une trahison. Celles et ceux qui l’ont fait ont révélé leur vrai visage, celui de réformistes complets, celui d’agent de la dictature de la bourgeoisie.

    Ils et elles demandent des enquêtes, demandent à comprendre comment la bourgeoisie, comment l’Etat a pu laisser passer cela, comment n’a t’il pas prévenu la présence de ces grossiers personnages vêtus de noir ! Ce que cela veut dire, in fine, c’est « comment se fait-il que la police ne les aient pas interpellés, interdits de manifester, assignés à domicile, retenus en détention de sécurité. » Voilà ce que signifient ces discours. Ces discours sont des appels du pied à la réaction.

    L’Etat n’est pas une institution neutre. L’Etat n’est pas un arbitre juste. L’Etat est un Etat de classe. Il est un Etat conçu, organisé, structuré, pour servir les ordres et les désirs de la bourgeoisie. C’est pour cela que la « révolution citoyenne par les urnes -dans les respect des institutions », promue par Mélenchon, est une farce. C’est pour cela que les nationalisations -démocratiques ou non- ne sont pas des ersatz de révolution. C’est pour cela que sans pouvoir prolétarien, sans Etat prolétarien, aucune victoire stratégique n’est possible.

    Les arguments des « anti » sont plus ridicules les uns que les autres.

    L’image médiatique ? Ont-ils, ont-elles, oublié à qui appartiennent les médias ? Qui détermine les lignes éditoriales ? Qui conçoit l’ordre du jour des rédactions ? La bourgeoisie. Elle fait tout pour trainer dans la boue les grévistes, celles et ceux qui luttent.

    Il n’y aurait pas eu d’affrontements, cela aurait été les allergies, le muguet, ou n’importe quel fait divers. Les revendications des manifestants et manifestantes auraient été, quelque soit la situation, passées à la trappe. Suivre cette logique revient à dire qu’il ne faut pas faire grève pour ne pas nuire aux usagers, qu’il ne faut pas manifester, car on ne retiendra que les embouteillages, qu’il faut ne faire que des pétitions polies et -surtout- voter.

    La peur de la violence ? Les cortèges de tête ont résolu le problème d’une manière plutôt élégante, en créant un espace dans lequel ceux et celles qui acceptent tacitement le risque d’un tir de lacrymogène peuvent se retrouver. De plus cette peur de la violence est hypocrite. La violence institutionnelle contre les masses est sans commune mesure avec une vitrine brisée. Une vie brisée, sans assurance derrière, jetant dans la misère les individus, voilà la violence véritable.

    Ceux et celles qui subissent de plein fouet l’oppression et l’exploitation savent reconnaître cette violence et cette colère. N’oublions pas que le luddisme, le fait de détruire les machines-outils lors des grèves, tout comme les émeutes, font partie de l’histoire ouvrière. Non, cette peur de la violence camoufle surtout une peur petite-bourgeoise d’effrayer les homologues de classe.

    « La violence est partout, vous nous l’avez appris

    patrons qui exploitez, et flics qui matraquez

    mais à votre oppression, nous crions « résistance »

    vous expulsez Kader, Mohammed se dresse.

    Car on expulse pas, la révolte du peuple…. » chantait Dominique Grange dans Les nouveaux partisans. Cela est toujours valable. Seulement les réformistes et les opportunistes veulent se prétendre la seule et unique porte de sortie. Tout doit passer par eux et par le vote. Ils se déclarent l’alpha et l’oméga de la politique et de la démocratie.

    L’argument de la répression est le plus ironique de tous. Ironique car, en prétendant protéger les manifestants de la répression, les tenants des ces tribunes appellent, en réalité, à réprimer certaines portions des manifestants. Ce serpent qui se mord la queue est d’autant plus vicieux que les lois répressives, même appliquées à des cas anecdotiques, tendent à le systématiser par la suite. Fichage ADN réservé aux délinquants sexuels puis adapté à tous et toutes ; contrôle des téléphones portables, écoutes illégales… etc. La bourgeoisie est une opportuniste : chaque loi peut lui fournir un angle d’attaque pour frapper. Tout est utilisable, du moindre fait divers à l’attentat le plus abominable.

    Oui, il est vrai que ces violences servent de point d’appui pour faire passer des lois scélérates. Mais sont-ce les anarchistes ou les autonomes qu’il faut condamner, ou bien une bourgeoisie vicieuse et agressive ?

    Gérard Collomb, grand artisan de la répression, s’est fendu d’un tweet fustigeant les violences inqualifiables. Nous allons les qualifier : elles sont faibles.

    Elles sont faibles en regard de celle qu’exerce, chaque jour, la bourgeoisie française. En France, où elle jette dans la misère, dans la rue, les masses populaires. Où elle condamne à un sombre avenir les travailleurs et travailleuses de l’hexagone. Mais également dans ses colonies et néo-colonies, où elle surexploite, vole, spolie des nations entières. Où son armée occupe les territoires, commettant exactions et crimes, tout en empêchant l’émergence de tout pouvoir indépendant. Dans le monde entier, le pays des droits de l’homme marchande des armes, signe des contrats avec des fascistes obscurantistes, noue des traités avec les fanatiques de Daesh.

    Et les larmes coulent pour des vitrines, montées en épingle, pour justifier tout et n’importe quoi. Simplement car, aux yeux de certains, de certaines, les manifestations sont là pour se pavaner, pour investir, et récolter les dividendes sous forme de vote.

    Nous, communistes, ne croyons pas dans les méthodes des blacks blocs, mais nous ne laisserons pas les loups de la bourgeoisie et du réformisme hurler à plus de brutalité policière, plus de violence, à un renforcement de la machine d’oppression étatique.

    Solidarité avec les inculpés et les inculpées ! Soutenons les initiatives de solidarité.

  • Solidarité avec le GWTUC- Bangladesh

    Solidarité avec le GWTUC- Bangladesh

    Solidarité avec le GWTUC- Bangladesh

    ICOR, (International Coordination of Revolutionary Parties & Organizations), 24/04/2018

    Les militants syndicaux sont actuellement attaqués au Bangladesh. Récemment, il y avait un mouvement revendiquant un salaire minimum de 16 000 BDT (environ 190 USD) par mois. Les membres de l’organisation de l’ICOR, le PCB (Parti communiste du Bangladesh), jouent un rôle important en organisant les travailleurs et le mouvement, mais ils sont confrontés à une forte résistance de la part des propriétaires d’usines et du gouvernement. Le 31 janvier, les travailleurs d’Ashiana Garment Industry à Dhaka et des dirigeants du Garment Workers’ Trade Union Centre (GWTUC) ont été attaqués de manière barbare, lorsqu’ils réclamaient des droits syndicaux pour les travailleurs. Après l’incident, de fausses plaintes ont été déposées contre les dirigeants et les travailleurs blessés par l’organisation patronale de la Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association (BGMEA). La plainte déposée par la BGMEA est dirigée contre 15 dirigeants de première ligne de la GWTUC et plus de 150 travailleurs. La police a accepté les fausses accusations des propriétaires de l’usine, mais n’a pas enregistré les accusations de la part des travailleurs. La secrétaire générale de la GWTUC, Joly Talukder, et Sadekur Rahman Shamim, un membre éminent de la direction, ont été envoyés en prison l’après-midi du 1er avril 2018 lorsqu’ils se sont rendues au tribunal CMM de Dhaka après avoir passé la période de libération sous caution accordée par la Haute Cour. Malgré le fait que les plaintes déposées se référaient à des articles qui permettent la libération sous caution, le tribunal a refusé d’accorder une caution aux dirigeants ouvriers en raison de l’influence de la BGMEA. Dans la même affaire, deux ouvriers de l’usine ont été arrêtés en février et se trouvent toujours en prison. De plus, 30 travailleurs ont également été licenciés par Ashiana Garments sde elurs usines. Des poursuites policières complètement fausses sont engagées intentionnellement contre des dirigeants ouvriers afin d’arrêter le mouvement en faveur d’un salaire minimum plus élevé. Le gouvernement soutient la BGMEA et refuse les revendications des travailleurs de façon cohérente. Bien que la Haute Cour ait accordé aux dirigeants arrêtés la libération sous caution le 4 avril, ils doivent encore être libérés de prison.

    Aussitôt que ces nouvelles de l’arrestation des syndicalistes dirigeants ont été rendues publiques par le PCB, l’ICOR et d’autres organisations de soutien et surtout la Conférence mondiale des femmes ont organisé des actions de solidarité.

    L’ICOR condamne la manière répressive dont les dirigeants ouvriers ont été traités. Elle appelle les ouvriers dans le monde entier à descendre dans les rues pour les revendications suivantes :

    1. Libération immédiate de tous les dirigeants ouvriers de la GWTUC ;

    1. Suspension de toutes les fausses plaintes portées contre eux ;

    1. Des mesures contre les vrais coupables, responsables des blessures et attaques contre les dirigeants ouvriers.

    Signataires (en date du 24.04.2018, d’autres signataires sont possibles):

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    2. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    3. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    5. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    6. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    7. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    8. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    9. Krasnyj Klin Gruppa Kommunistov-Revoljucionerov „Krasnyj Klin“ (Groupe de révolutionnaires communistes « Krasnyj Klin » [coin rouge]), Bélarus

    10. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    11. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque

    12. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    1. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    2. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    3. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    4. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    5. VZDOR VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie

    6. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    7. TIKB Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)

    8. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    9. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    10. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    11. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    12. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    13. PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    14. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    15. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    16. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    17. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

    18. БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes))

  • Les funestes projets répressifs de la bourgeoisie

    Les funestes projets répressifs de la bourgeoisie

    Les funestes projets répressifs de la bourgeoisie

    Aujourd’hui, au Parlement Européen, l’eurodéputé écologiste Belge, Philippe Lamberts, s’est adressé au Président de la République Française, Emmanuel Macron. Le contenu illustre la perception que peut avoir l’étranger de la politique intérieure de notre Etat.

    L’Education Nationale, les médias bourgeois -et même parfois certains égarés, les politiciens et politiciennes bourgeoises nourrissent l’illusion d’une  « France mère des droits de l’Homme », d’une civilisation pétrie par l’humanisme et les Lumières, d’une grandeur et d’une mission civilisatrice. Celle-ci ne sert qu’a maintenir la paix sociale par l’idée que « les choses sont pires ailleurs », tout comme à justifier les charniers de la colonisation.

    Mais, pour les observateurs qui bénéficient de recul sur cette situation, pour ceux qui peuvent bénéficier d’une certaine objectivité, le tableau est autre. Le discours de l’eurodéputé Belge l’illustre. A ses yeux, Emmanuel Macron et son gouvernement sont l’antithèse de la devise de la République qu’ils représentent .

    Sur la Liberté, le député est revenu sur les pratiques policières, sur la garde à vue systématique des opposants, sur les interdictions de manifester, les assignations à domicile, sur les perquisitions et la surveillance constante de la société et de ses éléments revendicatifs.  Revenant sur les grenadages massifs de Notre-Dame-des-Landes, Philippe Lamberts a déclaré que les forces de l’ordre « écrasent dans la violence les projets de celles et ceux qui inventent depuis des années une autre manière de vivre ».

    Sur l’Egalité, le programme politique et social du président est passé en revue. Se vantant « premier de cordée », Emmanuel Macron reçoit la réplique suivante : « Dans nos sociétés, cette corde n’existe plus: les riches s’enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent tandis que les plus fragiles sont abandonnés à leur sort. » Il s’agit pourtant d’un euphémisme bien doux. Les ventes d’armes aux dictatures qui s’en servent pour écraser leurs masses populaires ou pour faire la guerre au voisin n’ont pas été épargnées.

    Sur la Fraternité, les propos du « philosophe Macron » sont revenus sur le devant de la scène : « Vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien. » Illustrant bien là de darwinisme social poussé à l’extrême du président. De même, le projet de loi Collomb avec « ses procédures expéditives, ses recours non suspensifs et ses détentions administratives » tout comme la Police qui lacère les tentes de ceux qui fuient la misère et la guerre.

    Macron a répondu. Il a répondu sur la forme, sur son orgueil blessé, sur l’aspect discourtois de l’attaque. Mais non sur le fond. Qu’aurait-il eu à dire ?

    Car la vérité, la voici. La bourgeoisie et le gouvernement à ses ordres préparent une vaste offensive de répression.

    Sur le terrain, les forces de l’ordre frappent fort. Les mobilisations universitaires et Notre-Dame-des-Landes sont noyées sous les gaz lacrymogènes, chaque fois plus forts, chaque fois plus toxiques. Les coups de matraques pleuvent, tandis que le recours aux grenades de désencerclement, celles qui ont tué Rémi Fraisse, devient banal.

    Les préfectures font pression pour que les présidents d’université autorisent les expulsions violentes par la Police -avec arrestations à la clé- tandis que les fermetures administratives sabotent la mobilisation étudiante. Ainsi, à Lyon II, la présidente de l’université, Nathalie Dompnier, réputée progressiste, a courbé l’échine sous les demandes de la préfecture, et a fait sonner la charge contre les étudiants et étudiantes qui occupaient le campus.

    Lorsque cela ne suffit pas, les fascistes sont envoyé pour faire le sale travail, en toute impunité. L’Etat encourage la formation de milices anti-grévistes, tandis que les médias tenus par la bourgeoisie hurlent à la prise d’otage.

    Ce qui était possible et relativement anodin, en termes d’actions et de mobilisation, il y a dix ans à peine, devient un danger considérable qui peut mener à la prison ferme.

    Mais le législateur réactionnaire veut plus. Veut aller plus loin. Les servants se pressent autour de la bourgeoisie, chacun rivalisant d’inventivité pour mettre à genou le droit des travailleurs et des travailleuses.

    Le 11 avril 2018, une coalition de députés Les Républicains ont ainsi fait une proposition de loi, la proposition n°871, visant à encadrer le droit de grève.  14 députés et députées ont ainsi élaboré un texte qui illustre avec une clarté d’eau de roche la perception qu’a la bourgeoisie du droit de grève.

    Dès l’exposé des motifs, les auteurs tirent à boulets rouges : Le Préambule de la Constitution de 1946 prévoit que le « droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Malgré cette invitation du constituant, le législateur n’a encore pas véritablement tracé les limites de l’exercice du droit de grève en France.

    Très concrètement, la France est le pays où le recours à la grève est le plus pratiqué. Pour exemple, entre 2005 et 2014, la France a perdu entre 6 et 8 fois plus de journées de travail que le Royaume-Uni ou l’Allemagne ! Pour la seule année 2016, la France a connu 801 grèves, dont 691 grèves locales et 113 grèves générales interprofessionnelles. [Nous ne pouvons que nous en féliciter, même si cette information est particulièrement contestable.]

    Les solutions aux conflits sociaux varient selon les systèmes juridiques. Dans les pays scandinaves et anglo-saxons, il existe des méthodes très élaborées permettant de mettre fin à la grève à travers le dialogue. En Norvège, une entité spécifique appelée « Commission technique des rémunérations » (TBU) présente les estimations de compétitivité permettant des négociations salariales. L’exercice du droit de grève est également encadré en Allemagne où le déclenchement de la grève suppose une phase préalable de négociation entre les partenaires sociaux et implique que 75 % des salariés adhérents à un syndicat aient voté favorablement. [C’est nous qui le soulignions]

    Le droit de grève, comme tout droit, est susceptible d’abus. Cela peut notamment être le cas face à des grèves à objectif purement politique et des grèves portant une atteinte excessive à la continuité du service public. [Idem] Aujourd’hui, en France, les sanctions de l’abus du droit de grève sont réglementées par des règles jurisprudentielles, qui au-delà d’être laissées à l’appréciation du juge, sont souvent morcelées et incohérentes. Cela pose un véritable problème d’intelligibilité du droit. (…)

    Il ressort de cette entrée en matière deux aspects principaux qui caractérisent parfaitement le projet des réactionnaires : S’attaquer aux « grèves politiques » en premier aspect. En second aspect, instaurer un système de démagogie et d’individualisation du rapport à la lutte sociale, en soumettant chaque décision de lutte à un référendum.

    Une grève politique qu’est ce que c’est ?

    Le Comité européen des droits sociaux (CEDS) du Conseil de l’Europe a autorisé les gouvernements des États membres à prohiber les grèves « purement politiques » dans le respect de l’article 6§4 de la Charte sociale européenne (Conclusions I, 1969, Observation interprétative relative à l’article 6§4, p. 39). Selon le CEDS « une grève peut être organisée uniquement pour résoudre un différend collectif du travail ». L’article 6§4 de la Charte sociale européenne ne reconnaît pas le droit de mener des grèves portant sur des matières relevant de la politique gouvernementale.

    Dans l’histoire moderne, les premières grandes limitations des grèves politiques en Europe sont intervenues au Royaume-Uni, sous l’impulsion du Premier ministre Margaret Thatcher, en 1982, pour éviter que les dirigeants syndicaux deviennent les arbitres de l’économie britannique. En Allemagne, toute « grève politique » contre les lois discutées au Parlement ou projetées par le gouvernement est illégale et peut être sanctionnée par une mesure de licenciement. Mais, cette prohibition existe aujourd’hui dans la plupart des pays européens…

    Cela signifie en somme qu’une grève politique est une grève qui s’attaque au travail du législateur, aux projets de lois -comme celui-ci. En somme, il indique que le travail de la chambre des députés, que le travail du gouvernement, est intouchable. Qu’il est oint de la légitimité des urnes.

    Il pourrait y avoir une certaine logique, dans un monde merveilleux, à partir de ce principe là. Si le gouvernement et l’Assemblée étaient réellement ceux des masses populaires, si les mandats politiques étaient définis, en place et lieu de blancs-seings et de chèques en blancs laissés aux agents de la bourgeoisie, il serait possible d’y voir une cohérence.

    Mais l’Assemblée Nationale, tout comme l’ensemble des institutions de l’Etat bourgeois, sont les arènes de la lutte contre les intérêts des masses, contre les droits et les gains sociaux des travailleurs et des travailleuses. Les programmes et les mandats ne sont que de la poudre aux yeux des votants et des votantes, que des jeux de lumière et des trompes-l’œil. Le mandat et le programme est celui de la bourgeoisie. Point final. Le reste est dans la nuance.

    Ecraser et interdire les grèves politiques, cela revient à briser tout droit de regard de la part des travailleurs et des travailleuses sur la manière dont ils et elles sont exploitées. Cela revient à limiter la lutte contre des aspects d’application de lois décidées en amont. Pour le reste ? Il faut voter dans une démocratie étriquée et étranglée par les règles définies par la bourgeoisie. Cela revient à limiter la grève à une opération tactique, à une critique des conditions de travail, mais de priver les syndicats d’une dimension d’outil stratégique, d’outil de combat contre un projet de société et contre une offensive généralisée des capitalistes.

    Voilà comment ces apprentis-fascistes veulent définir le droit de grève :

    Art. L. 2511-1. – L’exercice du droit de grève ne peut porter que sur les conditions de travail définies dans les protocoles d’accord, conventions d’entreprise ou de branche.

    Toute participation à une grève politique est constitutive d’une faute lourde justifiant le licenciement.

    Une loi, la Loi Travail, par exemple, serait une grève politique. Elle serait donc, pour l’ensemble des individus qui ont participé à la lutte, un motif de licenciement. Voilà la démocratie à laquelle nous voue le patronat. Mais cette démocratie, justement, est à double tranchant.

    Voter à bulletin secret avec les patrons ?

    Le second aspect est tout aussi pervers et vicieux : il s’agit de jouer sur la démocratie, ou plutôt le démocratisme, pour saboter les grèves. l’exemple des 75% de votants dans un syndicat -En Allemagne- pour décider de la grève est en contradiction même avec la conception de la lutte syndicale, qui vise à protéger les syndiqués en tant qu’individus, pour éviter qu’ils ou elles ne subissent les foudres vengeresses des patrons ou des patronnes. En pratiquant ce type de fonctionnement, les individus peuvent être pressurés et pousser à refuser la grève.

    Le démocratisme est une facette intéressante des régimes bourgeois. D’un côté on demande aux individus de se prononcer, mais on insiste sur un point : « Pour être légale, la grève doit être votée par un scrutin organisé à bulletin secret et sous réserve que 50 % au moins des salariés de l’entreprise s’y déclarent favorables. »  (Art.2) Et « Pour être légale, la grève doit être votée par un scrutin organisé à bulletin secret et sous réserve que 50 % au moins du personnel, mentionné à l’article L. 2512-1, s’y déclarent favorables. », pourquoi avons-nous souligné le caractère secret du vote ? Car nous sommes de véritables démocrates, et que tout vote est l’engagement d’une responsabilité qui transcende, qui dépasse celle de l’individu pris isolément. Celui qui, par peur, par frayeur, vote contre la grève dans la solitude de l’isoloir, se déresponsabilise des conséquences funestes de son acte. Le vote public, le fait d’assumer publiquement une position dans l’Assemblée Générale, est un acte de démocratie dans son essence la plus pure, la plus politique au sens strict du terme. Il est amusant de voir que les salariés de l’entreprise signifie qu’un P.D.G., un contremaître, un laquais de l’exploiteur, peut voter. C’est une rupture complète avec le fonctionnement normal d’une lutte, il s’agit d’une aberration complète.

    Ce projet de loi est une attaque complète envers le droit de grève, sous des prétextes de modernisation. Il s’agit, in fine, d’étrangler les luttes, d’étrangler les luttant et les luttantes, de fragmenter en rapports individuels les rapports collectifs de combat.

    Cette loi peut-elle passer ? L’avenir le dira. Mais dans l’état actuel des choses, la bourgeoisie à plus d’un tour dans son sac à répression. Dernier cas en date, une Question Prioritaire de Constitutionalité a été posée au Conseil Constitutionnel. Désormais, il est interdit de refuser de donner la « convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie », comprenez, en langage courant, le code PIN de votre téléphone portable. En 2016, dans la plus grande discrétion, l’article 434-15-2 du code pénal est mis en place. Il punît désormais  « de trois ans d’emprisonnement et de 270.000 € d’amende » le fait de refuser de transmettre les codes des outils numériques, dans la mesure où ils sont « susceptible d’avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit. » Or, cette disposition était perçue comme contradictoire avec le droit de garder le silence ou le refus de s’auto-incriminer.

    Depuis le 30 mars, le Conseil Constitutionnel a statué sur la question. L’article 434-15-2 du code pénal entre en application. La police n’a plus besoin de forcer les serrures électroniques et les logiciels de cryptage, l’accusé est désormais sommé de fournir les clés pour le déverrouiller. En Russie, le gouvernement a réclamé à la société qui détient l’application de messagerie Telegram les clés permettant de déchiffrer les messages. Là aussi, la vie privée est au cœur des enjeux.

    Les « libertés » permises par le capitalisme dans ses moments d’embellie, ou arrachées dans la lutte et la douleur, ne sont que des illusions. Ces libertés ne sont pas des montagnes immenses, des rocs, elles sont des enjeux.

    Le capitalisme, la bourgeoisie, sentant l’aiguillon de la crise économique, resserrent leur étau. La répression se fait plus féroce, car elle est le miroir de la situation sociale. Plus la misère est forte, plus la colère est forte. Plus la colère est forte, plus la répression est puissante. Puissante, car la bourgeoisie ne partage pas, ni le pouvoir, ni les richesse.

    Face à la répression, face aux tentatives de division, face aux tentatives d’écrasement, nous ne devons former qu’une seule ligne, qu’un seul front. Chaque coin enfoncé dans nos flancs, chaque attaque réussie par la bourgeoisie est un coup porté à l’ensemble et l’intégralité du mouvement populaire, du mouvement ouvrier, du mouvement révolutionnaire.

    Halte à la répression !

  • Solidarité avec le mouvement étudiant.

    Communiqué de solidarité avec le mouvement étudiant. 

    L’Unité Communiste de Lyon exprime sa solidarité vis-à-vis des étudiants, des étudiantes, des lycéens et lycéennes face à la répression qu’ils et elles subissent .Bordeaux ; Dijon ; Grenoble ; Strasbourg ont eu la visite de la police. Montpellier et le lycée autogéré de Paris celles des fascistes. Lille et Nantes ont bénéficié de l’attaque successive des deux. Le 22 mars a été un pic important, avec l’expédition organisée par l’apprenti fasciste Philippe Pétel et ses sbires, dans le but de casser la lutte.

    La répression est double. Elle est celle des institutions, de l’Etat, de la police, de la justice pour la première part. Elle s’est traduite par des mises sous tutelle, comme au Mirail, par des interventions de police, comme à Dijon, par l’intimidation, par la menace, par les volontés de juguler la mobilisation émergente.  Cette répression là est la compagnonne des mouvements étudiants depuis qu’ils existent.  Mais elle va en s’intensifiant davantage, à chaque fois que la crise s’approfondit, à chaque fois que les tensions sociales montent, à chaque fois que de nouveaux arsenaux juridiques sont mis en œuvre.

    Cette répression se double d’une nouvelle dimension, celle de l’intervention direct et extra-légale des réactionnaires et des fascistes. Ayant le vent en poupe, les petits leaders fascistes ou fascisants tentent de générer un mouvement de masse réactionnaire sur la base de mots d’ordres ultra-individualistes tels que la liberté d’étudier. Si ces mouvements existent depuis longtemps, la participation des enseignants et des enseignantes à ceux-ci forment une étape supplémentaire. Les attaques fascistes contre la faculté de Montpellier, mais également contre celle de Lille et le lycée autogéré de Paris sont révélatrice de la nature profondément bourgeoise et pro-gouvernementale des mouvements fascistes.

    Ils sont des mouvements qui n’ont d’autre ambitions que de servir au mieux d’auxiliaires extra-légaux de la police et de la bourgeoisie. Leur seule action est celle de briser les luttes populaires, de fragmenter les exploités et les exploitées, les opprimés et opprimées pour qu’ils et elles soient docilement asservies.

    L’Unité Communiste de Lyon salue celles et ceux qui prennent le chemin de la lutte, ceux et celles qui se dressent contre l’injustice, contre la sélection, contre la liquidation des droits sociaux. Elle est solidaire des personnes ayant subit les foudres de la répression.

    L’Unité Communiste de Lyon invite les étudiants et les étudiantes à s’organiser pour ne plus subir ces attaques, à renforcer les organisations de jeunesse et les syndicats étudiants, dans le but de pouvoir répliquer. C’est là également où l’importance des organisations antifascistes prend son sens, pour éviter que les luttes sociales ne soient noyées sous la répressions, écrasées dans le sang par les supplétifs policiers.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à participer aux assemblées générales décisionnaires pour étendre et renforcer ce mouvement. La lutte qui se déroule à l’heure actuelle est cruciale pour l’avenir des étudiants et des étudiantes, pour celui des lycéens et lycéennes. Mais elle est aussi cruciale dans le sens où elle est un des fronts de la grande lutte générale pour la défense des intérêts des classes populaires. Elle est un des fronts de la bataille des classe aigüe qui se joue actuellement.

    Ensemble, soyons unis et unies contre les répression !

    Les fascistes et la police n’ont pas leur place dans les universités !

  • Lyon, capitale de la répression. Communiqué sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre.

    Lyon, capitale de la répression. Communiqué sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre.

    LYON CAPITALE DE LA RÉPRESSION

    Communiqué de l’Unité communiste de Lyon sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre

    Interdiction et arrestation, telle est la réponse du gouvernement à l’Antifascisme !

    Ce dimanche 17 décembre, dans le cadre de la semaine antifasciste, le Collectif Antifasciste de Lyon, dans lequel l’Unité Communiste de Lyon est parti-prenante, a appelé à une manifestation antifaciste et anticapitaliste internationale. Celle-ci fut interdite.

    Face à cette interdiction, le Collectif Autoproclamé Radicaux, de dépit, a appelé à un rassemblement place Raspail, dans le quartier populaire de la Guillotière. Un rassemblement dans le but de pouvoir porter les couleurs de l’antifascisme, après la semaine de propagande réactionnaire faites par les catholiques lors des fêtes de Lumières. L’Unité Communiste de Lyon a relayé cet appel.

    Dans tout le quartier de la Guillotière, un immense dispositif policier avait pris place. Des dizaines de camions de CRS, des équipages de la BAC, et deux canons à eau…. La préfecture a vu les choses en grand, en cette fin d’année. Dans la ville du ministre de l’Intérieur, on ne plaisante pas avec la sécurité des bourgeois et des bourgeoises. D’autant que « l’ultragauche », ou ce qu’elle représente au yeux du gouvernement, est l’ennemi n°1.

    Le rassemblement lui-même, 250 personnes, n’était pas marqué par un esprit belliqueux. Les appelants et appelantes savaient pertinemment que les forces de l’ordre étaient prêtes à bondir. Dans ce cadre, une manœuvre de la police aurait signifié un écrasement.

    Des prises de parole ont eu lieu, rappelant le contexte lyonnais, nid de la droite fasciste et réactionnaire, et fief de Gérard Collomb, le mégalomane policier en chef.

    Un constat commun a été fait, le semblant de démocratie toléré par les représentants de la bourgeoisie, Macron et sa clique, s’étiole de jour en jour. Remettre en cause les élections, les institutions, le pouvoir bourgeois conduit au conflit.

    Le simple fait que des slogans aient été lancés a suffit à mettre le feu aux poudres. La police s’est empressée de mettre en œuvre une nasse, tactique devenue routinière. Une cinquantaine de participants ont ainsi été encerclés. Des arrestations ont eu lieu, dont nous attendons des nouvelles.

    Le simple fait d’être présent dans le quartier, subissant une véritable parodie de loi martiale ou d’état de siège, suffit à attirer les foudres des policiers. Ceux-ci ont procédé à des contrôles d’identité systématiques, sur tous les suspects. Ces contrôles ont permis d’apprécier la déontologie sans faille de cette institution : menaces, provocations, injures, intimidations constantes. Tout est fait pour que les choses s’enveniment.

    A cela s’ajoute un humour de caserne : « c’est quand qu’on les balance dans le Rhône ? »; « Tiens, revoilà le poulpe » ; « Ferme ta gueule. »

    Une belle fenêtre sur l’état d’esprit des forces de l’ordre. Une fenêtre qui nous illustre le caractère fondamentalement réactionnaire de cette institution, ainsi que le caractère inamendable de l’Etat bourgeois.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’attitude brutale de la Préfecture et de la Police, usant sans retenue de la répression la plus injustifiée. Pourtant, fondamentalement, celle-ci illustre la faiblesse d’un système à bout de souffle, qui est obligé d’user de la brutalité pour faire taire les contestations.

    Cette répression est le reflet d’un capitalisme pourrissant, d’une bourgeoisie qui peut pas tolérer la moindre hostilité.

    Que messieurs Macron et Collomb soient avisés, les matraques et les canons à eau ne nous feront pas taire !

     Chaque loi antisociale, chaque exaction de la police et de leurs amis fascistes ne font que nous conforter dans nos positions !

    A Lyon, et partout dans l’État français, nous appelons à renforcer les organisations antifascistes et anticapitalistes, nous appelons à construire une unité populaire, une véritable opposition extra-parlementaire.

    Nous dénonçons le fascisme, plus que toléré par Collomb et sa clique, comme l’enfant dégénéré d’un capitalisme en crise.

    Nous appelons à la solidarité face à la répression, la lutte ne fait que commencer !

  • Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant la nasse du 7 octobre 2017.

    L’Etat réprime de nouveau les antifascistes.

    Aujourd’hui, les fascistes avaient prévu de défiler. L’extrême-droite lyonnaise avait ainsi voulu lancer une manifestation sous des slogans typiques de leur chapelle : « fin de la préférence étrangère ; rupture avec l’Union Européenne ; fermeture des frontières. « 

    Après avoir tenté d’instrumentaliser la misère, l’an dernier, en prétendant aider les plus démunis -à condition qu’ils soient de la bonne race, les fascistes tentent de nouveau de faire parler d’eux.

    Le climat politique et militant ne leur sied guère, il faut dire. Il leur est difficile d’argumenter sur la Loi Travail. Niant la lutte des classes, étant foncièrement des ennemis des intérêts des masses populaires, il ne leur reste qu’a agir en vautours et à trouver quelques charognes à ronger. Lorsqu’ils réussissent à faire parler de leur mouvement, c’est en commettant agressions et bris de vitre dans le quartier de Saint-Jean. Chaque époque à ses croisés, la nôtre les connaît pétris de courage et d’ambition, comme à Nantes, ou 5 fascistes, certains descendant de la noblesse, sont jugés pour avoir attaqué un couple.

    Pour revenir sur le devant de la scène, les fascistes avaient ainsi prévu d’occuper l’espace public depuis place Carnot.

    La préfecture les en a interdit pour cause de risque de trouble de l’ordre public.

    Jusqu’ici, rien de novateur. Les fascistes déposent une manifestation qui n’a aucune chance d’être acceptée, la préfecture refuse, ils crient au complot franc-maçon ou judéo-bolchevique, selon le goût du jour. Bien souvent, ils tentent un coup de force, en comptant sur la tolérance de la part des forces de l’ordre, de la mairie, de la justice.

    De notre côté, sous l’impulsion du Groupe Antifasciste de Lyon et Environs, un contre-rassemblement a été lancé. Ce contre rassemblement avait tant à la fois pour but de contrer la mobilisation fasciste et, de l’autre, de poursuivre une campagne d’information sur l’existence et le contenu politique de ces groupes, tout comme d’éclairer sur l’attitude de la bourgeoisie et des institutions.

    Ce rassemblement fut, lui aussi, interdit pour les mêmes raisons. Le rassemblement s’est néanmoins tenu.

    Il a été accompagné d’une diffusion de tract, bien accueillie par ceux qui les recevaient. Après une demi heure, la police l’a néanmoins nassé, sans qu’aucune provocation de la part des rassemblés ait lieu. Après l’avoir encerclé, il fut déporté à l’intérieur de la rue Victor Hugo, restant ainsi cloitrés pendant une heure et demi.

    Ceux qui ne furent pas encerclés ont, logiquement, exigé que leurs camarades soient libérés. Quelle réponse ont-ils, ont-elles eues ? Une charge et des gaz.

    Une libération fut faire, au compte-goutte, avec fichage et fouille. A noter qu’une dame âgée, ayant eu l’outrecuidance de refuser qu’une policière la tutoie, fut plaquée contre un mur et violentée. Il semble que cela soit une représentation fidèle de l’application du code de déontologie.

    Trois arrestations ont été faites par la police, mais les charges sont -à l’heure actuelle- inconnues.

    Voilà ce qu’il en coûte de vouloir braver un interdit.

    Certains diront que cela découle d’une logique certaine : la suppression de l’un entrainant mécaniquement celui de l’autre. Mais cette logique revient à placer sur un pied d’égalité le fascisme et l’antifascisme, de considérer l’un et l’autre comme les facettes d’une seule pièce.

    Nous considérons que le mouvement antifasciste n’est pas au stricto sensu une simple réponse aux fascistes, ce mouvement va plus loin. Il fait parti du front de défense et d’autodéfense des masses populaires, contribue à la lutte contre l’exploitation, contre l’atomisation, contre l’isolement, pour une culture populaire et combative.

    En revanche, la mairie, la préfecture et les institutions voient les choses d’une manière tout autre.

    Ce qui les embête, ce qui les gênent, ce sont les troubles que pourraient provoquer les petits agitateurs à la croix de bois ou aux bords plus crochus. Au final, ce qui leur importe c’est que Lyon soit une ville proprette, commerçante, touristique. Ce qui leur importe c’est que l’argent coule à flot.

    C’est pour cela que lorsque Macron vient, ils intiment au migrants l’ordre de cacher leurs tentes. C’est pour cela que lorsque les fascistes défilent, ils leur demandent de ranger leurs swastikas et leurs blasons de la SS Charlemagne. C’est pour cela que quant les antifas s’opposent, ils les nassent et les gazent. Cela fait mauvais genre, dans la rue commerçante qu’est Victor Hugo, de voir les drapeaux rouge, rouges et noirs ou noirs flotter.

    Dans le fond, leur préférence va aux petits agités du Vieux-Lyon, après tout, ils ne réclament que la stagnation et le retour en arrière. L’un comme l’autre convient parfaitement à une bourgeoisie qui rêve de retourner à l’âge d’or ou crier « droits sociaux » permettait de visiter de l’intérieur le bagne de Cayenne. Ne partagent t-ils pas un même amour du commerce international ? Les uns vendant des armes aux terroristes de l’Etat Islamique -tout en étant des indics de police- les autre finançant directement Daesh contre une sécurité pour exploiter le sous-sol syrien.

    Après tout, le fascisme est l’enfant de la bourgeoisie, son rejeton de temps de crise. Le fascisme est le monstre difforme, nourri et couvé, que la bourgeoisie garde en réserve pour le lancer sur les masses, lorsqu’elle se rebellent trop.

    Quant aux antifascistes, dans leur grande variété, ils ont ce grave défaut de vouloir que le monde change, de vouloir le transformer. Donc, ils sont par essence des ennemis de cet ordre public, bourgeois, exploiteur, putréfié.

    Pour ne pas être gênés et nuire au bon plaisir des passants, la police encercle, gaze, frappe. En amont, elle avait déjà menacé directement certains militants et certaines militantes quelque peu dérangeants, en exigeant de leur hiérarchie professionnelle qu’elle transmette un ordre de convocation au commissariat. Une méthode scandaleuse.

    Après tout, l’Etat d’urgence inscrit dans le droit commun, avec tout les traitements préventifs des « risques », n’est-ce-pas le fantasme nocturne de tout fasciste ?

    L’Unité Communiste de Lyon déclare sa solidarité envers le mouvement antifasciste. La répression sans cesse croissante contre les mouvements sociaux, politiques, antifascistes illustre l’aggravation de la situation sociale. La politique de kamikaze de Macron emmène inéluctablement à ce que la situation se détériore encore, servant, en cela, de terreau aux réactionnaires les plus répugnants. Cette détérioration ne pourra pas connaître de fin par elle seule.

    Le coup d’arrêt ne peut venir que des forces progressistes et révolutionnaires.

    Elles doivent serrer les rangs, faire front ensemble pour stopper la déferlante.

    C’est ainsi que les attaques pourront être stoppées.

    Mais la fin du règne d’exploitation et de crime de la bourgeoisie ne pourra s’achever qu’au travers de la bataille suprême que représente la révolution prolétarienne. Elle seule pourra mettre fin à cette nuit sinistre de misère, de guerre, de souffrance.

    Elle seule pourra enterrer définitivement ce valet du capitalisme qu’est le fascisme.

  • A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    Aujourd’hui, 27 septembre 2017, Lyon accueille un sommet Franco-Italien. Le Président  de l’Etat français, Emmanuel Macron et le président de l’Italie Paolo Gentiloni se rencontrent donc, dans les salons feutrés de la Préfecture, pour poursuivre par une visite au musée des Confluences, tout en cirant allègrement les chaussures de Gérard Collomb au passage.

    Le but de cette rencontre était de débattre de nombreux sujets. L’un d’entre eux, véritable chimère sans cesse renouvelée, concerne le Train à Grande Vitesse entre Lyon et Turin.

    Quartier bouclé, circulation coupée, policiers en patrouille à chaque coin de rue… Lyon prend des allures de cité assiégée. Faisant d’une pierre deux coups, la préfecture a donné l’ordre de virer les SDF , les Roms et les migrants qui pourraient nuire à la beauté et à la plénitude de l’ancienne capitale des Gaules.

    La misère et la pauvreté, que même les Etats capitalistes les plus riches connaissent, n’est pas du goût des chefs d’Etat. Les dégâts de leurs politiques doivent rester cachés, camouflés, dissimulés pour ne pas gâcher leur bon plaisir.

    Les opposants aux réformes de Macron et à la LGV entre Lyon et Turin connaissent le même sort.

    Depuis le début des années 2000, le projet de ligne à grande vitesse avance à pas de fourmi. D’une part car le projet est extrêmement cher, de l’ordre de 26 milliards d’euros. Car il est d’une utilité douteuse, du fait de l’existence d’une voie qui pourrait être agrandie. Car les volontés politiques on fluctué durant des années.

    Mais surtout car la ligne Lyon-Turin se heurte à l’hostilité des riverains du tracé tout comme des opposants aux grands travaux inutiles. Ainsi, le val de Suze, de l’autre côté de la frontière, est une zone où l’autorité italienne ne s’exerce, in fine, plus que d’une manière formelle. Le chantier est au point mort.

    Aujourd’hui, plusieurs militants et militantes ont voulu marquer cette hostilité à ce projet, ainsi qu’à l’enfer social promis par Macron, en déployant une banderole devant le consulat Italien.

    Ce crime de lèse-majesté leur vaut d’être emmenés, sans que des charges soient connues, au commissariat de Marius-Berliet. Une manière de les punir, de les mettre « au piquet », le temps que la rencontre se passe.

    Cela devient une tradition, au sein de l’Etat français, que de faire ce coup de balais et ce coup de filet dès qu’une visite présidentielle est organisée.

    Lors des venues de Nicolas Sarkozy, à Lyon, c’était plusieurs centaines de militants et de militantes qui furent ainsi accueillies par les forces de police, le temps que le show se déroule.

    Voilà comment fonctionne la démocratie bourgeoise. Tant que les paroles restent des murmures, elles ne gênent pas. Dès qu’elle prennent le chemin de la concrétisation, ou que le son déplaît, la répression tombe.

    Solidarité avec les arrêtés ! Liberté pour tous les détenus des mouvements sociaux !

    La démocratie bourgeoise démasque son visage de farce !

    16:56 : la police vérifie les identités de ceux qui n’avaient pas leurs papiers sur eux. Plus d’informations dès que possible.

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la manifestation du 12 septembre.

    Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la manifestation du 12 septembre.

    Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la manifestation du 12 septembre.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que cette manifestation est un succès. Elle est un succès dans le sens où les travailleurs et les travailleuses de l’agglomération et de la région lyonnaise, tout comme celles et ceux de l’ensemble de l’Etat français, se sont mobilisés d’une manière importante contre les ordonnances de Macron. A Lyon, entre 10 000 et 15 000 personnes, selon les sources, ont défilé. 

    La première sortie en force s’est montrée à la hauteur de la tâche et en laisse présager d’autres, toutes aussi remplies de succès. Malgré ses déclarations, Macron devra compter avec les fainéants, avec les cyniques et avec les extrémistes dans sa course à l’anéantissement du code du travail.

    Au sein de cette manifestation, les militants de l’Unité Communiste de Lyon ont écoulé de nombreux tracts, lesquels ont été accueillis positivement par les manifestants. Ils ont également porté des slogans de lutte et de solidarité entre les différentes forces combatives de ce mouvement.

    Une immense lame de fond enfle contre les ordonnances, une lame de fond qui déferlera bientôt !

    Mais cette manifestation, la première sous le règne du président jupitérien, s’est montrée annonciatrice de bien des difficultés. A Lyon, fief de Gérard Collomb, grand répresseur en chef, les manœuvres de la police ont annoncé le ton.

    Dès le départ de la manifestation, les CRS ont profité d’un creux entre le premier cortège et le second pour s’infiltrer et l’isoler, l’encerclant dans une manœuvre particulièrement rapide. Cette séparation fut huée par les manifestants des deux côtés, et vécue comme une perfide provocation à laquelle ils n’accordèrent pas prise.

    La police a, ainsi, nassé 200 personnes dans une rue adjacente, dans le but de les retenir et -probablement- de procéder à des arrestations ciblées sur des militants et des militantes repérés de longue date. Pendant deux heures, un double siège s’est opéré : les encerclés, entourés par la police, et le gros des manifestants, qui attendaient à l’angle de la rue Pierre-Robin. Loin derrière, quelques fascistes du GUD, que les questions de lutte sociale laissent froid, cherchaient à happer quelques cibles isolées.

    La police offrit une coupe de poison aux manifestants : sortir les uns après les autres, mais sous contrôle. Pour la plupart de ceux qui choisirent cette option, l’aventure se poursuivit à l’arrière d’un fourgon cellulaire. L’ensemble des nassés rejeta alors cette inacceptable capitulation, laquelle les mettaient à la merci du pouvoir d’une police agressive et provocatrice. Et, tapis dans les recoins, les charognards fascistes guettaient toujours.

    La CGT est parvenue à obtenir un deal avec la police : libération de la nasse, sous condition d’un contrôle des sacs, mais sans contrôle d’identité. Cette solution permis alors la sortie de la nasse, après un passage au compte-goutte.

    Finalement, la manifestation put reprendre son chemin, après deux heures d’arrêt.

    Bien que les médias bourgeois s’empressent de qualifier cette opération de lutte contre les « ultras », contre les « jeunes », contre les « anarchistes » et les « lycéens », celles et ceux qui étaient présents et présentes savent que la vérité n’est pas celle-ci.

    Ce que les policiers ont encerclé correspondait au « cortège de tête », réunissant effectivement des jeunes, effectivement des lycéens, des antifascistes ou des anarchistes. Mais réunissant aussi des moins jeunes, des syndiqués -que ce soit à la CGT; à SUD; au SNES ou même à FO-, des militants et militantes politiques, mais également les membres de Front Social Lyon.

    Nos militants  étaient dans ces rangs.

    Il s’agissait, pour la police, de tenter une manœuvre de provocation à la césure entre ce cortège hétéroclite et le reste de la manifestation. Elle voulait isoler les éléments les plus revendicatifs et les plus radicaux du reste de la mobilisation. La police voulait que les choses dégénèrent. Elle voulait que la manifestation échoue et soit noyée sous les lacrymogènes. Elle a manœuvré pour parvenir à cet objectif, pour tenter de briser l’unité entre toutes et tous, pour tenter d’instaurer un climat de peur et de paranoïa. Pour susciter, également, la désapprobation de la part de ceux qui assistent à la manifestation et pour tenter de les dissuader de rejoindre les rangs de celles et ceux qui luttent.

    Mais aux cris de « on lutte ensemble, on marche ensemble ! », la solidarité n’a pas été brisée. Certes, nous avons pu voir tout l’éventail des positions prendre corps. Nous avons pu voir, en action, la lutte de ligne au sein de la CGT, laquelle s’est divisée en deux : ceux qui voulaient abandonner à leur sort les militants et les militantes, ceux et celles pour qui la solidarité n’est pas un vain mot. Entre les deux, certains ont fait la navette, dans un opportunisme total, cherchant à concilier l’inconciliable.

    Nous saluons ceux qui ont fait le choix de l’unité, de la camaraderie, de l’unité contre la tentative de division opérée par la police.

    Certes deux gardes à vue clôturent cette journée, mais les mobilisés ont démontré qu’ils serreraient les rangs et feraient front commun contre la répression.

    Ils ont montré aussi que la police et le gouvernement possédaient une conception du dialogue très particulière. La répression n’a pas attendu la moindre occasion pour frapper. Elle les a elle-même générée. Cette évolution du modus operanti de la police n’est pas rassurante en soi.

    Elle est dans la droite ligne de l’Etat d’urgence : une conception plus seulement « curative », frappant les manifestants, mais bien des frappes préemptives. Interdictions, assignations, provocations.

    L’évolution de la lutte des classes et la politique kamikaze de Macron emmène vers cette seule issue : une politique brutale, vicieuse et sans scrupules.

    Le bilan est lourd : plus de dix blessés et deux interpellations. L’Unité Communiste de Lyon se déclare en solidarité avec ces personnes interpellées, tout comme avec l’ensemble de réprimés du mouvement social. Elle se déclare également solidaire des blessés et appellera à tous les événements organisés en solidarité.

    Comme nous le mentionnions dans notre communiqué sur le mépris de Macron, la bourgeoisie concentre en elle ce dont elle accuse les travailleurs : la fainéantise ; le cynisme ; l’extrémisme.

    Nous continuerons à nous mobiliser et à lutter. Nous continuerons, avec fraternité, sororité et camaraderie, à avancer en commun contre les attaques des exploiteurs !

    Vive la lutte sociale !

  • Sur la dictature du prolétariat – III – L’impasse du réformisme.

    Sur la dictature du prolétariat – III – L’impasse du réformisme.

    L’impasse du réformisme.

    Campagne contre plus fort que soi.

    Est-il possible de blâmer les réformistes ou les utopistes ? Oui et non.

    Oui, le sens où l’histoire à illustré à maintes reprises que la révolution ne pouvait être qu’un acte de « violence, par lequel une classe en remplace une autre. » Oui, dans le sens où le rejet de « l’autoritarisme » fait le lit de l’inaction. Oui dans le sens où la collaboration de classe n’amène qu’au compromis. Le compromis à la compromission. La compromission à la trahison.

    Non, dans le sens où l’idéologie communiste est tellement affaiblie, a été tellement diminuée et mutilée qu’elle a pratiquement perdu l’intégralité de son influence sur la population. Adhérer à l’idée révolutionnaire se fait comme une question de principe, plus comme le fait de comprendre celle-ci comme une nécessité vitale. Les communistes, aujourd’hui, de nouveau, doivent faire la démonstration de la nécessité de cette révolution.

    Or, qu’arriverait-il si les réformistes étaient en mesure d’être à l’orée du pouvoir ?

    Admettons, dans cette brochure, un cadre imaginaire, dans un pays qui peut évoquer l’Etat français. Au sein de ce pays, un grand mouvement naît, soutenu par une fraction importante des masses populaires. Ce mouvement n’a pas même besoin de menacer directement les intérêts de la bourgeoisie. Il peut même, sur certains plans, accompagner les projets des impérialistes français, à l’image de la France Insoumise.

    Or, il lui suffit de les écorner un tantinet, de leur déplaire, de vouloir les contraindre et les contrarier.

    En l’occurrence, le cas de figure s’est observé, dans la campagne de pour les présidentielles, dans l’hostilité grandissante de la part d’une partie de la bourgeoisie à la candidature du social-chauvin Mélenchon. Celui-ci, pourtant, n’est pas une menace stratégique majeure. Il n’a rien en commun avec l’irruption d’une cohorte de bolcheviks. Fondamentalement, il est un pur produit des organisations nationales-trotskistes -les lambertistes. Il a longuement été un membre de l’appareil du Parti Socialiste, sous l’étiquette duquel il fut ministre de l’enseignement professionnel. Aujourd’hui son programme prône une réorganisation de l’impérialisme français, un nouveau jeu d’alliance, mais pas une rupture. En revanche, ce qui gène la bourgeoisie est le fait qu’il demande des miettes plus importantes pour l’aristocratie ouvrière et la petite bourgeoisie, lesquelles forment la base sociale de son électorat.

    Malgré cela, les unes des journaux de la bourgeoisie se firent agressives : le Figaro, ainsi, titrait que Jean-Luc Mélenchon ruinera la France, qu’il la mènera au bord de la rupture, de l’explosion.

    Déjà, la machine de propagande se raidit, se dresse, durcit le ton et la voix.

    Les débats publics entre candidats ont été globalement dominés par les candidats présents sur les ailes. Les cas de Nathalie Arthaud et de Philippe Poutou ont été ainsi illustratifs.

    Malgré leur score faible, ces deux candidats ont été dérangeants. Ils ont été dérangeants car ils mettaient en péril l’ordre normal des choses. Pourtant, à aucun moment ils ne brisèrent la scène du théâtre électoral, en en dénonçant sa vraie nature.

    Malgré cela, leur discours formait, déjà, un casus belli pour la bourgeoisie. Elle a donc mobilisé son appareil médiatique pour les combattre. Accusations et insinuation ont plu contre eux.

    Pourtant, imaginons, dans notre exemple fictif, un candidat crédible, sérieux, sur un programme qui soit offensif et résolument anticapitaliste et anti-impérialiste. Que pourrait-il faire au sein de cette scène ? Il se heurterait à un grand nombre d’obstacles, dont certains forment de véritables fortifications anti-vote populaires.

    La bourgeoisie à beau se targuer d’être démocratique, il n’en est rien. Elle dresse à chaque pas des obstacles immenses pour empêcher les masses de participer à la vie politique, pour la réserver à des bourgeois et des bourgeoises, à des professionnels. La politique dans la démocratie représentative bourgeoise, est une affaire de spécialiste, non l’affaire des masses.

    D’une part, pour lancer une campagne, il est nécessaire de disposer d’un sésame absolu: les 500 signatures.

    Ces 500 signatures, à quémander auprès d’élus, sont une barrière qui permet de faire un premier tri. D’une part cela signifie qu’un parti sans élus, sans soutiens de l’institution, ne peut se présenter. Même une organisation massive et influente peut être bloquée par ce barrage. Disposer d’une base électorale forte, mais sans élus pour appuyer les candidatures signifie être éjecté du système électoral.

    Les candidatures appuyées sur une base locales sont également rejetées. Un candidat comme Oscar Temaru, sur lequel l’Unité Communiste de Lyon s’est exprimé, ne peut, malgré la base dont il dispose en Polynésie, malgré le soutien des indépendantistes Corses, Basques, Bretons, se présenter. Car les 500 signatures se doublent de l’impératif d’être réparties sur l’ensemble du territoire de l’Etat Français. En somme elle réservent le pouvoir et son exercice aux organisations ayant une assise partout dans l’Etat français.

    La question de l’argent se pose : une campagne coûter cher. Une campagne demande souvent des finances importantes. Même si certains coûts peuvent être compensés par une mobilisation importante, ceux-ci existent. Quels mécènes offriraient à leur ennemi les moyens financiers de parler contre eux ? Quelles banques accepteraient de financer ceux qui veulent les supprimer ? De nouveau, l’obstacle technique se double d’une composante politique : La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle ne prête pas pour respecter la démocratie, mais comme un investissement ; et bien fou serait celui qui investirait dans quelqu’un voué à éliminer le pouvoir bourgeois.

    Un parti fasciste comme le FN, lui-même, a connu des difficultés à trouver des finances. Le FN s’est ainsi tourné vers les créanciers russes, lesquels se sont fait une joie de fournir à l’extrême-droite française l’argent qui lui manquait. Non par sympathie, mais bien dans l’idée que ce groupe politique deviendrait son agent docile et dévoué, le représentant de ses intérêts en Europe occidentale. L’argent est le nerf de la guerre.

    D’autant que la bourgeoisie est mobilisée, sur le pied de guerre. Le prolétariat, quant à lui, n’est pas en ordre de bataille, subit l’influence de l’idéologie bourgeoise..etc. De plus, tous les prolétaires n’ont pas le droit de vote.

    L’une des bases sociales du prolétariat de l’Etat français est formée d’individus n’ayant pas la citoyenneté requise pour s’exprimer politiquement. Ils et elles sont privés du droit de vote, alors qu’ils et elles travaillent, vivent, paient des taxes et des impôts -plus que la bourgeoisie- au sein de l’Etat français. Mais le droit de vote Niet! Les expatriés, eux, elles, souvent droitiers, en disposent. Cela accroît tout autant le déséquilibre des forces.

    D’une manière générale, la bourgeoisie emploie tous les mécanismes possibles pour creuser l’écart.

    Supposons ces obstacles franchis, comment croire que la bourgeoisie laisserait s’exprimer aisément les candidats du peuple ? Comment croire qu’elle ne lui mettrait pas des bâtons dans les roues ? Comment croire que cette organisation pourrait tenir des meetings, pourrait avoir pignon sur rue ?

    La pluralité de points de vue, dans la presse des états de démocratie bourgeoise, est une chose très relative. Si un certain panel de vue peut exister, dans les faits, celui-ci est étroitement borné par les limites de la légalité bourgeoise.

    De plus, la presse indépendante est un mythe. La très grande majorité des journaux dispose d’un maître qui impose sa ligne éditoriale. Humainement, de nombreux journalistes sont du côté du progrès et de la justice. Ici, leurs qualités personnelles ne sont pas mises en question. Cependant, leur travail n’est pas libre, il est dirigé par une ligne éditoriale, laquelle est résolument hostile à la révolution et au socialisme.

    Les magazines d’histoire, les journaux, y compris irrévérencieux, font le coup de feu avec la réaction et la bourgeoisie. Dans chaque mensuel, dans chaque édition de revues d’histoire, l’anticommunisme trouve sa place. En temps normal, un « bruit de fond » anticommuniste demeure. En temps d’élection, en temps de menace -même minime- ce « bruit de fond » se muera en déchainement de harpies.

    Elle se heurterait à l’hostilité de la bourgeoisie. Celle-ci le taxerait d’illuminé, de fou, d’apprenti-sorcier, se moquerait de lui. Si le moquerie ne suffisait pas, elle passerait aux menaces, aux pressions, aux coups bas. Si les coups bas ne suffisent pas, la violence deviendrait un recours possible.

    Les « accidents » arrivent également.

    Voilà quel serait le destin d’un candidat marxiste-léniniste par exemple. L’intégralité du « système » se liguerait contre lui, contre sa voix, contre sa candidature.

    Or que peut la voix du peuple, sans les moyens de la presse bourgeoise, sans les moyens de ses médias, sans les moyens de ses relais, sans les finances considérables que peut aligner le grand capital pour sa défense ? Peu de choses. D’autant que la bourgeoisie, elle, dispose de moyens de propagande hors de proportion.

    Ainsi, lors des élections Italiennes de 1946 et de 1948, les USA ont dépensé une fortune pour convaincre la diaspora italienne d’influencer le vote au pays. Les slogans anticommunistes se sont affichés sur tous les murs, sur tous les panneaux publicitaires, en somme partout où il était possible d’influencer le jeu pour stopper la progression du front populaire organisé par le PCI. Un appel à la terreur systématique s’est imposé, dans le but d’effrayer la population, de la dissocier des candidats qui défendaient pourtant ses intérêts. En fin de compte, le front subit une cuisante défaite électorale, ne ramenant que 20 puis 30% des voix.

    Dans ces conditions, croire qu’il est possible de rallier à la cause du communisme -ou de l’anarchisme- une majorité, est illusoire. La bourgeoisie n’est pas neutre, n’est pas passive, elle est résolument hostile à une expression démocratique du peuple qui ne corresponde pas à ses désirs.

    Pourtant, le socialisme est à portée de main. La socialisation du travail, l’industrialisation poussée massive, la possibilité d’automatisation poussée des métiers pénibles, tout pousse vers le socialisme. Tout, sauf les mentalités, maintenues en arrière par le poids de l’idéologie bourgeoise. Le monde tarde à accoucher du socialisme.

    Les anarchistes pensent que le travail des révolutionnaires est d’accoucher les esprits, de faire naitre l’étincelle révolutionnaire dans les esprits de l’ensemble du prolétariat, ce qui, magiquement, donnera naissance au communisme. Plaçant cela comme préalable à toute offensive, ils se murent dans une attente tragique et stérile.

    La vérité est que la dialectique matérialiste joue contre les révolutionnaire. L’inertie des mentalités par rapport à la situation réelle fait qu’il est plus aisé de jouer une carte conservatrice que révolutionnaire. La force de l’habitude, le poids des idées réactionnaires, du réformisme, est fort, écrasant.

    Attendre que la majorité soit convaincue des idées révolutionnaire revient à attendre le retour du messie.

    En 1920, l’Internationale Communiste, alors naissante, mentionnait « Tant que le pouvoir gouvernemental n’est pas conquis par le prolétariat et tant que ce dernier n’a pas affermi, une fois pour toutes, sa domination et prévenu toute tentative de restauration bourgeoise, le Parti Communiste n’englobera dans ses rangs organisés qu’une minorité ouvrière. Jusqu’à la prise du pouvoir et dans l’époque de transition, le Parti Communiste peut, grâce à des circonstances favorables, exercer une influence idéologique et politique incontestable sur toutes les couches prolétariennes et à demi-prolétariennes de la population, mais il ne peut les réunir organisées, dans ses rangs. Ce n’est que lorsque la dictature prolétarienne aura privé la bourgeoisie de moyens d’action aussi puissants que la presse, l’école, le Parlement, l’Église, l’administration, etc., ce n’est que lorsque la défaite définitive du régime bourgeois sera devenue évidente aux yeux de tous, que tous les ouvriers, ou du moins la plupart, commenceront à entrer dans les rangs du Parti Communiste. » 

    Notre Etat est un état impérialiste. Cela lui permet, moyennent une pression plus importantes sur ses colonies et néocolonies, de disposer d’une certaine marge de manœuvre. La bourgeoisie impérialiste peut accorder quelques concessions, dans le but de corrompre une grande partie de la nébuleuse des classes moyennes.  Accorder des miettes plus importantes à ces classe vacillantes permet de les rallier. Dans une certaine mesure, les lois sociales, faites vers les classes populaires, sont également issues de la même idée : concéder temporairement pour anesthésier. Cela marche.

    Ces concessions ont été accordées du temps de l’URSS, du temps du Parti Communiste influent, dans le but d’entrainer une désescalade dans la lutte des classes. Ces concessions n’ayant plus de raison d’être, elles sont retirées. Si besoin est, elle peut revenir en arrière, donner de nouvelles miettes aux classes populaires de l’Etat français. Cela ne constitue pas la solution idéale pour elle, mais forme néanmoins un fusible.

    Le programme de Mélenchon aux présidentielles était par ailleurs d’exiger ces miettes de l’impérialisme, en échange d’un soutien aux politique d’agression et d’expansion. Ce n’est pas le programme des communistes, lesquelles ne veulent pas une modification de la redistribution d’une partie de la plus-value extorquée par les capitalistes, mais veulent abolir l’exploitation et détruire l’impérialisme.

    Toujours est-il que ces concessions serviront à détourner les voix des hypothétiques candidats léninistes, pour les ramener vers les magiciens de le redistribution : les sociaux démocrates et les sociaux chauvins.

    Si la bourgeoisie était sur le point de perdre les élections, dans notre hypothèse, elle les annulerait purement et simplement.

    Des situations de ce type ont eu lieu dans le passé, mais demeurent spécifiques à des cas précis. Elles ont eu lieu dans des situations où une bourgeoisie nationale s’opposait à une bourgeoisie compradore, cliente d’un impérialisme ou d’un colonisateur. Deux exemples : le Viêt-Nam, où les élections du sud furent remises aux calendes grecques ; la Corée, où les USA ont provoqué des élections séparées entre Nord et Sud pour acter la division, et permette aux partis issus de la colonisation de se présenter et d’avoir la majorité. Dans les deux cas, l’expression populaire s’est retrouvée bafouée de a à z.

    Pour se prémunir contre l’irruption de forces populaires, revendicatives, au niveau des assemblées bourgeoises, pour les museler, la bourgeoisie garde la haute main sur le découpage électoral, sur la forme que prennent les circonscriptions, pour permettre de se garantir une majorité stable, un pouvoir stable.

    Même le système bicaméral, avec son Sénat, avec son conseil constitutionnel, avec ses verrous et des chausse-trappes, est conçu comme un château-fort pour éviter tout basculement des institutions. Les institutions sont conçues avec leurs fusibles, leurs sécurités, leurs redondances.

    L’Etat est une excroissance de la bourgeoisie et de ses intérêts. Il n’est pas une institution neutre, quelque chose de flottant, volant au dessus de la société. L’Etat est architecturé pour correspondre à une mission : permettre l’exploitation la plus pacifique et la plus efficace possible des prolétaires et des semi-prolétaires par la bourgeoisie.

    L’Etat est là pour encadrer la société, pour réprimer les tentatives de renversement de la bourgeoisie par le prolétariat. Il est là également pour défendre et étendre les intérêts de la bourgeoisie, trompeusement nommés « intérêts nationaux », contre les menées des concurrents internationaux.

    Si on regarde l’Etat sous ce prisme là, sous celui de sa nature profonde, il devient nettement plus évident que celui-ci ne peut être conquis, puisque sa mission est intégralement contradictoire avec les intérêts du prolétariat.

    Cependant, cette brochure à l’esprit large et peut accepter quelques concessions avec la réalité, à des fins de démonstration.

    Admettons que celui-ci ; ou celle-ci, gagne. Pourrait-elle clamer victoire immédiatement, déclarer que le capitalisme est fini, que la bourgeoisie, dans le respect des institutions, pourrait donner le pouvoir et les moyens de production aux masses populaires ? Non. Même un accès au pouvoir formel ne signifie nullement une victoire.