Étiquette : répression

  • Ensemble ! La Grève !

    Ensemble ! La Grève !

    Mobilisé.es – Gilets Jaunes -Syndicats – Organisations politiques

    Marchons toutes et tous ensemble !

    Macron et la classe qu’il sert, la grande bourgeoisie, nous mène la guerre. Depuis son élection, il a mené assauts sur assauts contre tout ce la lutte sociale a pu arracher aux exploiteurs depuis le XIXe siècle.

    Le Gouvernement Macron-Philippe-Castaner s’en est pris aux salaires, aux conditions de travail, à la sécurité sociale, au chômage, à la retraite, à l’éducation, aux impôts… Son offensive frappe tous ceux et celles qui ne vivent que de leur travail.

    L’avenir que nous réserve Macron est celui de la misère, de la dette, de la précarité, de la maladie. Aujourd’hui, 5 février, nous sommes toutes et tous dans la rue pour clamer notre rejet de celui-ci ! C’est notre travail, notre temps, notre sueur qui produit les richesses du monde. Le monde est à nous !

    Macron ne reculera pas. Il a le revolver sur la tempe de ses donneurs d’ordres, de ceux qui, tout en bénéficiant de réductions d’impôts, ont financé sa campagne. Il ne reculera pas sur l’ISF. Il ne reculera pas sur la CSG, il ne reculera pas sur les taxes, les impôts, sur la liquidation qu’il opère de toutes les protections sociales. Il ne recule pas car il pense que l’orage de la lutte gronde, certes, mais qu’il s’éloignera ou s’épuisera. Il compte sur la fatigue, l’épuisement, le découragement.

    Il fourbit déjà d’autres plans : appliquer le programme de CAP2022, pour offrir d’immenses cadeaux aux banques, pour privatiser des nationales, pour détruire les corps des fonctionnaires, pour liquider les derniers services publics.

    Il se croit invulnérable, même face aux menaces de grève générales, parce qu’il voit les luttes comme dispersées, éclatées, s’épuisant et s’affaiblissant…

    Mais nous allons lui prouver le contraire !

    Abattons les murs entre les luttes ! Qu’elles se rejoignent toutes !

    Nous marchons encore de manière séparées. Mais cela doit cesser. Les différentes luttes ne sont pas concurrentes, elles se complètent. Les modes opératoires se renforcent les uns les autres. Les manifestations lycéennes, les blocages d’universités, les grèves professorales, ouvrières, les occupations de ronds-points, les actes successifs… Chacune apporte sa pierre à la lutte, la renforce et la complète. Mais il s’agit de faire plus que la « convergence des luttes », il s’agit d’en faire la synthèse !

    Les Assemblées Populaires sont un creuset dans lequel elles peuvent se fondre, fusionner, se renforcer et faire naître une réponse plus puissante, une véritable lame de fond qui balaiera toute la société. L’Assemblée d’Assemblées de Commercy pose les bases d’une jonction entre toutes celles qui sont apparues. L’Unité Communiste de Lyon soutien son appel.

    C’est dans ces assemblées que ceux et celles qui luttent peuvent se réunir et passer de la défense à la contre-attaque.

    Face aux revendications de ceux et celles qui se mobilisent, le gouvernement a répondu. Le régime à montré son visage. Chaque samedi, celui qui arpente la rue pour clamer sa colère ne peut savoir s’il rentrera chez lui. Interpellations, gardes-à-vues, mutilations permanentes, mort soudaine… tout peut arriver tant la répression est féroce.

    Il est déjà possible d’arrêter sur des soupçons. Demain, avec la loi anti-manifestation, il sera possible à l’État de choisir qui peut ou ne peut pas sortir de chez lui. La France se mue en prison à ciel ouvert.

    Construisons l’opposition extra-parlementaire ! Bâtissons la démocratie populaire !

    L’illusion des élections ne trompe plus. Nous en avons assez de voir la démocratie réduite à un chèque en blanc donné à des élus qui ne font que s’engraisser sur notre impuissance. Nous en avons assez de la voir limitée à savoir quel maître exécutera le programme du MEDEF, des exploiteurs, des grands bourgeois. De voter pour déterminer qui nous écrasera, qui nous réprimera.

    Nous sommes légitimes. Nous détenons chacun une fraction du pouvoir réel. Organisés, nous pouvons imposer notre propre démocratie : une démocratie populaire, celle des travailleurs en action ! Celles de ceux qui n’ont rien, qui « ne sont rien », mais qui deviendront tout !

    Les prochaines élections seront le bal des trahisons. Rejetons -les ! Boycottons-les ! Montrons notre opposition par l’abstention massive. Organisons-nous en opposition extra-parlementaire, autour de nos assemblées, notre démocratie. Formons L’État-major des luttes et remportons la victoire !

     

    -Retrouvez l’affiche de la CGT Info-Com ici : https://www.infocomcgt.fr/wp-content/uploads/2019/01/2019_01_31_InfoCom-CGT_Affiche_GJGR-Ensemble.pdf

  • Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Les gouvernements savent saisir la balle au bond. Ils savent utiliser des moments de crise pour réussir à faire avancer leurs projets réactionnaires. En l’occurrence, les manifestations des Gilets Jaunes et les affrontements qui ont pu avoir lieu servent d’alibis à accroître un arsenal répressif destiné à mater les mobilisations dans leur ensemble.

    La gauche rend de grands services, mais pas toujours à ceux qu’on croit. En 2016, à la suite des attentats, sous prétexte de devoir réagir rapidement, le gouvernement de l’époque, dirigé par Valls, a mis en place un système qui court-circuite la justice pour placer au centre de l’action le préfet. Les décisions d’interdiction de manifester sont désormais entre les mains d’une autorité administrative, directement sous tutelle de l’Etat, et outrepassant régulièrement ses prérogatives.

    A partir du 1er novembre 2017, l’état d’urgence est entré dans la constitution, le transformant de facto en Etat d’urgence. Gérard Collomb, lui aussi membre et ex-membre du Parti Socialiste, a été l’architecte de cette mesure. Cette inscription dans la durée d’un régime d’exception a eu pour conséquences de banaliser l’usage d’une répression à caractère préventif. Autrement dit, il est né une conception qui ne peut être résumée autrement que par le « délit d’intention ». En somme, le soupçon d’un passage à l’acte est suffisant pour qu’il puisse être retenu comme une charge.

    L’usure des forces de police, à la suite de la mobilisation inefficace des forces de l’ordre pendant la période de l’état d’urgence, a servi, là aussi, de prétexte à accorder des largesses juridiques. La police s’est blindée contre les accusations d’abus et de bavures, tout en accroissant son arsenal répressif.

    La fabrique du « casseur ».

    Hier, c’est cet arsenal qui a permis de réprimer les luttes contre la loi travail ou contre la réforme de la SNCF. Aujourd’hui, ce sont celles-ci qui permettent d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes dans le sang.

    L’argument qui revient sans cesse est celui de la présence dans les rangs des manifestations de « casseurs ». Cet argument mérite qu’on s’y attarde un petit instant. Ces « casseurs » servent d’alibi à des lois répressives qui, en dernière analyse, mettent en péril le droit à manifester. Il est un terme qui revient sans cesse dans les rhétoriques du gouvernement pour dire aux Gilets Jaunes « ne manifestez pas », pour décourager les familles, les personnes vulnérables ou qui redoutent la violence.

    Or, cette rhétorique ne sort pas de nulle part. La fabrique du casseur, d’une image mentale de celui-ci, est en grande partie le fruit de l’influence des médias, au service des exploiteurs. Le pouvoir de l’image tout comme le pouvoir de la dénomination ont permis à ceux-ci, qui ne sont pas neutres, de forger dans l’esprit de la population une représentation de ce que peuvent être les « casseurs ». Ils ont ainsi créé une représentation de cette nébuleuse comme constituée d’individus opportunistes, utilisant les manifestations uniquement comme bouclier humain pour commettre des dégradations et des actes de violence, sans lien avec le mouvement, avec sa lutte, avec ses revendications.

    Les images des médias, même pour des individus qui se méfient de ceux-ci, frappent l’imagination. Même parmi les organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche, ce vocabulaire revient. Or, les vidéos qui passent en boucle sur les médias sont le fruit d’un travail d’édition. Elles ne montrent pas ce qui s’est passé avant un événement, après, ou hors champ.

    L’expérience des manifestations nous indique que, oui, il y a parfois de la casse et de la violence. Mais que dans la très large majorité des cas, celle-ci est à l’initiative des agents provocateurs des forces de l’ordre. Le plus souvent, les manifestations deviennent brutales après que la police soit passée à l’action, le plus souvent sans sommation et sans raison, autre que les ordres de semer le chaos.

    Ce qui se produit est une réaction d’autodéfense qui vise à se protéger de la police, voire parfois à répondre, du fait de la colère et du sentiment d’injustice, à la violence policière. Et ce, malgré l’immense disproportion de moyens physiques, matériels et juridiques entre les deux forces en présence. La tendance au conflit est constante, notamment vis-à-vis de la jeunesse populaire, qui ne connaît que les contrôles constants, la privation de perspectives et d’avenir, et la violence de la part de l’Etat. Mais là, également, l’origine est dans le fait que la société française génère une violence majeure.

    Il existe également des individus, politisés, qui s’attaquent à des banques, des vitrines de grands magasins, des symboles du capitalisme. Cela dans le but de générer une « propagande par le fait » et de stimuler la combativité des masses. Il ne s’agit là, encore, pas d’une violence aveugle. Les « blacks blocs » sont des individus présents dans les mouvements de luttes et qui opèrent ainsi dans le cadre de la lutte. Et, d’une manière générale, leur modus operandi répond au caractère répressif de la police.

    Il est possible d’être en désaccord avec ces pratiques, de les trouver inadaptées. C’est un débat. Nous ne justifions pas ce choix tactique, nous l’expliquons comme découlant d’une logique. En revanche, nous n’acceptons pas l’injonction de la condamnation qui est régulièrement posée par le gouvernement, les réactionnaires et les médias. Nous ne ferons pas comme Fabien Roussel, dirigeant du PCF, qui a déclaré qu’il demandait à la police d’intervenir lorsqu’il repérait des « casseurs ». Ce n’est pas notre rôle.

    En revanche, nous maintenons que, d’expérience, l’initiative de la provocation, de la violence, du conflit est dans une majorité écrasante déclenchée par la police. Chaque manifestation, ce qui est vu régulièrement, aussi pacifique soit-elle, finit sous les nuées de lacrymogènes.

    Par ailleurs, les « casseurs » ne sont qu’un alibi. Ce que vise ces lois, le cœur de leur cible, ce sont les manifestants en général, les mobilisés et mobilisées en général. Il ne s’agit pas de cibler ces chimères, mais bien de réprimer les masses populaires dans leur ensemble, et de les enfermer. 

    Quelles mesures dans la loi ?

    Cette « fabrique du casseur » à permis de justifier un très grand nombre de lois qui mettent en cause la liberté de manifester. Mais ces lois ne suffisent pas encore ! Il faut pouvoir réprimer plus, aller plus loin, frapper plus fort.

    La majorité parlementaire propose alors d’accroître ces possibilités de broyer le mouvement de contestation.

    Première mesure : le grand retour des interdictions administratives de manifester. Le préfet peut interdire une manifestation, mais également interdire à des individus précis de participer à un événenement déclaré. Cerise sur le gâteau, il est possible également d’interdire « sur la base de (…) relations régulières ». Si les fréquentations d’une personne paraissent suspectes, elle aussi peut donc être mise à l’index. Amnesty International indique que cela revient à « donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles ». Déja l’article 222-14-2 du code pénal, qui punit « le fait de participer sciemment à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » est utilisé de manière extrêmement large par la répression. Le « sciemment » devient un enjeu majeur. Dans un sens, ce genre de procédure rejette à la défense la responsabilité de trouver des preuves de l’innocence ou de l’inconscience de l’interpellé.

    Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, des Gilets Jaunes présumés passent en jugement et risquent de la prison sur la base d’interpellation arbitraires. Comme tout ou presque peut servir de pièce à conviction, il est facile de justifier à postériori les interpellations. Cela vise tout simplement à semer la terreur dans les rangs de ceux et celles qui se mobilisent, pour casser toute dynamique d’élargissement du mouvement.

    Deuxième aspect particulièrement redoutable, c’est l’aggravation de mesures déjà votées et appliquées. L’une d’entre elle est le fait de se dissimuler le visage. Elle se mue de dissimulation totale en dissimulation partielle. Elle pourrait être sanctionnée d’un an d’emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d’amende. Amnesty International déclare :« Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu’elles souhaitent se protéger ». Tenter de se protéger contre les gaz peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires.

    Pour peu que des manifestants souhaitent ne pas être asphyxiés, éborgnés, perdre des mains… ceux-ci peuvent être désormais arrêtés. Il faut offrir uniquement des chairs tendres, des peaux nues, aux armes des policiers.

    En somme, il faut rester chez soi et maugréer en attendant de prochaines élections. Faire le dos rond pendant que les droits sociaux partent en fumée, pendant que les salaires s’effondrent.

    Dernière mesure : l’article 3 de la loi prévoyait de créer un fichier de « casseurs ». Si cette disposition semble désormais caduque, elle est remplacée par une « inscription provisoire » des personnes interdites de manifestation dans le « fichier des personnes recherchées ».

    Tout comme les fichiers des empreintes ADN ne devaient être utilisées que pour identifier les délinquants et criminels sexuels, et sont maintenant appliqués à tous, ce système de fichier ne peut que laisser pensif.

    La loi de la terreur.

    Cette loi a déclenché l’ire de certaines forces politiques, de droite comme de gauche. L’extrême-droite, elle, a joué la carte d’une position très révélatrice : « Oui, probablement on le votera, en assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans ce pays » (Marine Le Pen).

    Or, c’est littéralement le but de cette loi. Le RN a toujours été en faveur des lois qui permettent l’écrasement des mouvements sociaux ou de contestation, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de leur programme. Au lieu de hurler hypocritement, les apprentis-fascistes devraient applaudir Macron et ses laquais.

    Il est difficile d’accorder aux partis de droite le moindre crédit et la moindre sincérité dans leur protestation. Cependant, des exclamations extrêmement vigoureuses ont été prononcées.  « Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? » a-t-il lancé. « C’est la dérive complète ! On se croirait revenu sous le régime de Vichy ! » a ainsi déclaré Charles de Courson, député centriste. Jacques Toubon, défenseur des droits, a également attaqué cette loi pour son caractère liberticide.

    Sur les rangs de l’Assemblée, la France Insoumise a également protesté, déclenchant un conflit entre députés, du fait d’insultes de la part d’une députée LREM.

    Le fait que cette loi passe ne fait que confirmer une sombre constatation que nous avions faite dès avant l’élection de Macron. La politique kamikaze de Macron jette dans la rue des pans entiers de la société. Cela s’aggravera encore avec l’application de la « loi alimentation » qui frappera les ménages les plus précaires. Ne pouvons céder un pouce de terrain, tenus par les injonctions de ses donneurs d’ordres de la grande bourgeoisie, le gouvernement ne peut que tenter d’étouffer la colère sous les coups et les tirs.

    En empêchant les manifestations de se tenir, en usant de la répression à tout va, la direction politique de l’Etat produit, au contraire, une tendance au conflit encore plus marquée. D’une part car la colère populaire trouvera toujours un échappatoire sous une forme ou une autre, de l’autre car la police et la justice seront réduit à user toujours plus de la violence.

    Déja, des armes à feu classiques et des blindés ont été déployés. Déja, des policiers ont sorti leurs armes de service pour viser la foule. Fatalement, si cette logique se poursuit, cela se traduira non seulement par plus de blessés, mais également par une hausse du nombre de morts, tués par balles, comme cela pouvait être le cas jusqu’au début des années 1960.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi dangereuse et criminelle. Elle considère en revanche que celle-ci démasque intégralement la nature du régime dans lequel nous vivons : antidémocratique, antipopulaire, réactionnaire. Nous ne cesserons pas notre présence aux manifestations et nous appelons les Gilets Jaunes ainsi que les autres mobilisés à ne pas céder à cette politique de terreur.

    Soyons soudés, unis, solidaires, et nous triompherons de tout !

  • Session Trap et Paillettes contre la répression – 18 janvier – 18 h 00

    Session Trap et Paillettes contre la répression – 18 janvier – 18 h 00

    L’Unité communiste de Lyon appelle à participer à la soirée anti-répression organisée le 18 janvier à l’atelier des Canulars.

    Cette soirée de soutien est dédiée aux victimes de la répression policière qui s’est abattue, le 1er mai, à Lyon, sur plusieurs militants et militantes. Au sein de ces interpellés, un de nos camarades. Son traitement illustre pleinement les conceptions de l’État en matière de répression. Interpellé pour des motifs dérisoires, il est placé en garde-à-vue pendant 24 puis 48 h, sans que cela ne se justifie. Avant même d’être déféré devant le parquet, la préfecture prend contre lui une mesure de sanction administrative contradictoire avec la présomption d’innocence. Étranger, venant d’un pays membre de l’Union Européenne, il fait l’objet d’une Obligation de Quitter le Territoire Français, heureusement annulée par le tribunal administratif.

    Le réquisitoire de la procureure a été directement dicté par le ministère, dans l’optique de frapper de terreur ceux et celles qui auraient l’audace de contester l’ordre établi. 10 mois de prison dont 2 fermes, avec mandat de dépôt ont été requis pour lui, pour de menus graffitis. À cela devait s’adjoindre une interdiction de territoire. 10 mois dont trois fermes ont été requis pour un autre inculpé, pour des jets supposés de projectiles.

    En contradiction avec la convention européenne des droits de l’Homme, le procès s’est déroulé sans la moindre publicité, la police filtrant l’entrée du tribunal, décidant au faciès qui pouvait rentrer et qui était mis à l’index.

    Le verdict a été en deçà des réquisitions, tout en restant dur. 3 mois de prison et 500€ d’amende pour l’un, 6 mois et 140 h de travaux d’intérêts généraux pour l’autre. Ce « laxisme » a été suffisant pour déclencher l’ire du ministère public, faisant appel de la décision. Illustration de l’inanité des réquisitions en première instance, le verdict de la cour d’appel a été plus « clément ».

    Il est finalement condamné à cinq jour de « stage de citoyenneté » ainsi qu’une amende de 500 €, accompagnée du coût des frais de justice.

    La répression, qui s’accroît chaque jour davantage, n’est pas une démonstration de force de la part du gouvernement et du régime capitaliste. Elle est au contraire une démonstration de faiblesse. Les exploiteurs le montrent notamment avec les mouvements sociaux, en particulier celui des Gilets Jaunes. Ils en sont réduits à faire usage de la brutalité policière, de la brutalité judiciaire, des lois liberticides pour maintenir sous domination ceux et celles qui contestent leur légitimité.

    La récente intervention télévisée d’Édouard Philippe et les propos de Gérard Darmanin donnent le ton : le gouvernement à la solde des bandits capitalistes et impérialistes choisit de livrer une guerre aux masses populaires.

    Face à cette pression, cette oppression, la solidarité est une nécessité vitale. L’unité et la solidarité sont un bouclier sans lequel rien n’est possible.

    Le 18 janvier, à partir de 18 h 00, rendez-vous à l’Atelier des Canulars pour soutenir les inculpés et inculpées !

  • Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Nous republions ce communiqué du MLPD – ICOR d’Allemagne car, d’une part il est particulièrement informatif sur la droitisation de la politique outre-Rhin, de l’autre il est tout aussi illustratif de la manière dont se forme un « cordon sanitaire » anticommuniste contre le MLPD, tant de la part des institutions que de la gauche modérée ou radicale. Dans notre expérience militante, cette politique du cordon sanitaire s’est exprimée à de nombreuses reprises, dans l’engagement syndicaliste, dans les fronts antifascistes, dans la censure au niveau des médias, même « alternatifs » tout comme dans l’activité politique. Il est même arrivé que ces campagnes de dénigrements soient en réponse à des incitations provenant de l’extrême-droite.

    A titre d’exemple, les fascistes lyonnais, en 2010, s’étaient époumonés contre la présence de léninistes au sein de collectifs antifascistes.  Ces articles avaient pour visée de semer la confusion dans les rangs de l’alliance antifasciste à Lyon. Elle a donné naissance à des pamphlets anticommunistes publiés sur certains sites d’informations libertaires, qui par ailleurs ont une pratique fort limitée du droit de réponse. Heureusement, dans ce cadre précis, l’opération fit long feu. 

    Nous savons pertinemment que cette tendance existe de manière constante dans la gauche anticommuniste. Dans le cas du MLPD, l’influence grandissante de cette organisation, notamment dans les luttes ouvrières et écologistes, a entraîné, en réaction, des tentatives de sabotage, de liquidation ou de scissions au sein des mouvements pour le contrer, en accord avec les services secrets allemands. Il ne faut pas oublier que, en Allemagne, ceux-ci sont tous nés des cendres du IIIème Reich. L’organisation Gehlen, qui est à l’origine du BND (les services secrets ouest-allemands), s’est bâtie dans l’objectif premier de traquer les communistes en RFA et d’aider les mouvements anti-communistes dans les pays de l’est (notamment en aidant des guérillas dans les pays Baltes et en Ukraine jusqu’en 1956). Si Gehlen lui-même n’était pas un nazi, la plus grande partie de l’encadrement de ses services le furent, tout comme la police et la justice. Cela donne une tradition particulière qui se perpétue toujours et qui s’est exprimée à divers reprises, notamment dans le scandale du NSU (un groupe nazi opérant pour l’Etat Allemand et pour les Turcs).

    Voilà ce que le MLPD dit sur les tentatives faites contre leur mouvement:

    Cher-e-s ami-e-s, chèr-e-s camarades,

    Nous publions ici un tract avec une déclaration du CC du MLPD « Renforçons la lutte contre le développement du gouvernement vers la droite! – Attention : Des scissionnistes à l’œuvre. » Dans un tirage de 300 000 il est largement distribué, ceci aussi lors de la manifestation ce week-end à Berlin avec plus de 240 000 participants. L’alliance internationaliste ainsi que le MLPD y avaient participé avec un bloc et une présence importants (voir les photos https://www.rf-news.de/bildreports/unteilbar-herbstdemonstration-2018-in-berlin ). Nous nous réjouissons de connaître votre opinion et de vos expériences dans la lutte contre le développement vers la droite des gouvernements et de savoir aussi quels débats il y a dans la construction du front uni anti-impérialiste et antifasciste !

     Section de l’internationalisme du CC du MLPD

    Déclaration du Comité central du MLP

    Un mouvement fort contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois se forme de manière visible. Plus d’un million de personnes ont déjà participé à des protestations et à des actions combatives cette année : contre de nouvelles lois sur la police, contre le défrichage et les opérations de police dans la forêt de Hambach, contre la campagne de dénigrement de Seehofer et Co, pour le sauvetage en mer et une politique progressiste relative aux réfugiés, contre l’AfD et les menées fascistes, pour de meilleurs soins, des logements abordables, des garderies et pour l’avenir de la jeunesse. On s’indigne de plus en plus contre la politique monopoliste concernant la fraude criminelle des constructeurs automobiles dans l’affaire des gaz d’échappement, la pauvreté croissante des personnes âgées, l’exploitation accrue, la réduction des salaires et la division managériale dans les entreprises. Le point de départ de ce revirement progressiste de l’état d’esprit ont été les luttes ouvrières syndicales. Début 2018, plus de 1,5 million de personnes y ont participé ; ces luttes étaient imprégnées du combat pour chaque emploi et chaque emploi-formation dans diverses entreprises et pour l’égalisation et l’amélioration des conditions de travail à l’Est et à l’Ouest.

    En l’espace d’un an, il y a déjà eu trois crises gouvernementales ouvertes. La crise de confiance dans le gouvernement et dans ses partis CDU, CSU et SPD s’approfondit. Selon un sondage Forsa, 57 pour cent de tous les électeurs interrogés ne croient aucun parti capable de résoudre les problèmes en Allemagne. D’ailleurs : Bien que l’AfD gagne du terrain dans certains sondages, seulement trois pour cent des électeurs interrogés le jugent être capable de vraiment pouvoir résoudre les problèmes ! Dans presque tous les sondages, la grande coalition a perdu sa majorité et la critique de sa politique réactionnaire est répandue largement. Plus de 8 000 travailleurs du secteur de la culture ont signé une déclaration demandant la démission du ministre de l’Intérieur Horst Seehofer. Les revendications du MLPD, émises durant l’été,  exigeant la démission de M. Seehofer et réclamant de nouvelles élections, actant de fait la « destitution » de l’ensemble du gouvernement, deviennent de plus en plus des revendications de masse. Selon des sondages actuels, 49 %1 se prononcent en faveur de la réélection du gouvernement. Avec certaines concessions sociales et une démagogie inouïe, le gouvernement tente de dissimuler sa droitisation. D’autre part, Dieter Kempf, président de la Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI) [fédération des industries allemandes], a exigé le 25 septembre que « la politique doive oser plus d’économies » ; «simplement plus de politique sociale ne résout aucun des problèmes »2. En clair : imposer les intérêts des monopoles de manière plus rapide et plus cohérente. Les activités militantes opposées à la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois augmentent dans les entreprises. Cela commence par des discussions animées, se poursuit par des prises positions claires dans les assemblées du personnel et lors des récoltes de signatures, et va jusqu’à des propositions de grèves politiques contre le développement vers la droite. Pour ces dernières, un travail intensif de persuasion est encore nécessaire. Mais ce ne serait pas la première fois en Allemagne que des luttes et des grèves ouvrières font tomber des lois ou un gouvernement. Tout comme la grande grève des mineurs en 1997 avec la participation de 130 000 mineurs. Elle a faite tomber les plans du gouvernement Kohl, qui étaient de licencier 68 000 mineurs. Cette grève, avec entre autres le mot d’ordre « Le gros doit partir ! », a déclenché la fin du gouvernement ultra-réactionnaire de Kohl. Le mouvement ouvrier doit s’appuyer sur ces expériences. Pour que la résistance active obtienne la force percutante d’arrêter la droitisation, la classe ouvrière doit en être la force motrice.

    Où va le mouvement contre la droitisation ?

    Voilà ce qui s’est révélé comme force et comme attractivité particulières, ces derniers mois, dans le mouvement contre la droitisation : Différentes personnes, de la « révolution à la religion », des marxistes-léninistes aux sociaux-démocrates, des ouvriers aux artistes, des fans de football aux féministes, y travaillent ensemble sans affiliation à un parti et sur un pied d’égalité.

    En plein milieu, en tant qu’atout reconnu et épine dorsale du mouvement : Le MLPD avec son organisation de jeunes Rebell. Il est pionnier de la lutte contre la droitisation et participe, depuis déjà 2016, de façon déterminante, à la fondation de l’Alliance Internationaliste. Celle-ci compte aujourd’hui 31 organisations de soutien et 24 000 partisans. Dans son travail quotidien, elle gagne des partisans par son activité de lutte, organise une coopération sur un pied d’égalité et assume la responsabilité dans l’organisation des protestations. Le MLPD s’engage de façon cohérente pour que le mouvement contre la droitisation du gouvernement s’élargisse progressivement et reste indépendant à la fois. Le MLPD répond à la recherche croissante d’alternatives sociétales avec l’alternative révolutionnaire au capitalisme, le véritable socialisme.

    Cela signifie la libération de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, une large démocratie pour les masses et la lutte contre toute tentative réactionnaire de restaurer l’ancien ordre des exploiteurs. Et cela signifie d’apprendre des acquis de la construction socialiste, mais aussi des erreurs qui ont conduit à la trahison du socialisme dans tous les pays anciennement socialistes. Dans ce but, renforçons le MLPD et son organisation de jeunes Rebell !

    Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants voient cette évolution avec inquiétude. Déjà au début du mouvement, la CSU en Bavière, le FDP et le Bund Deutscher Kriminalbeamter [Association des enquêteurs criminels allemands] en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont demandé ouvertement l’exclusion du MLPD des manifestations. Le mouvement ne s’est pas laisser cependant diviser par cela. Dans le porte-voix des monopoles, le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 25 septembre, Reiner Burger s’inquiète actuellement : Le «consensus anti-extrémiste» se dissout dans des mouvements de protestation, tels qu’au sujet de la forêt de Hambach. Mais ce consensus est «essentiel pour l’ordre constitutionnel libéral-démocratique» – c’est-à-dire pour l’ordre capitaliste au pouvoir. Et cela inclut «l’obligation de se démarquer …. non seulement du côté droit du spectre politique, mais aussi du côté gauche». Un tel amalgame de la gauche avec la droite, du socialisme avec le fascisme, c’est de l’anticommunisme pur et une banalisation dangereuse du fascisme.

    Dans ce sens, les alliances contre les lois policières furent fracturées en Bavière, à Brême, à Göttingen, en Basse-Saxe et en Saxe, en y excluant presque simultanément le MLPD et l’Alliance internationaliste, en septembre. Dans la forêt de Hambach, lors de la grande manifestation de Hambourg « We’ll Come United » – ou lors de manifestations kurdes, des représentants du SPD, des Verts, d’Attac, des Antideutschs ou de l’appareil syndical ont agi simultanément contre la présence, les drapeaux… du MLPD avec des «arguments» fallacieux. C’est une attaque liquidatrice3 contre l’ensemble du mouvement ! Dans le cas du MLPD, les droits et libertés démocratiques les plus élémentaires ne devraient pas s’appliquer et son droit de coalition devrait être refusé ou restreint. Objectivement, en Allemagne, certains réclament la mise en place de lois telles que celles qui sont en vigueur, par exemple, dans les pays d’Europe de l’Est, avec des gouvernements fascisants : Victor Orban en Hongrie, par exemple, a fait interdire les drapeaux et les symboles de partis marxistes-léninistes.

    Qui coordonne ces attaques en arrière-plan ?

    Les forces motrices de cette scission sont les fonctionnaires du SPD/Jusos (Jeunes Socialistes) et de Bündnis 90/Die Grünen/Grüne Jugend [Les Verts et la Jeunesse Verte], ainsi que d’Attac et des groupes Antideutschs Oui, précisément, ce SPD qui est en train de perdre massivement son soutien et son prestige et qui, depuis longtemps déjà, ne peut plus s’appeler parti des ouvriers. Dans son désespoir, il a recours aux méthodes de fond de tiroir, tels que de l’anticommunisme du style d’Adenauer, avec sa persécution des communistes. Les représentants des Verts veulent apparemment faire oublier que leur parti a soutenu ou soutient avec diligence la politique monopoliste dans tous les gouvernements aux niveaux national et au sein des Länder. De l’Agenda 2010 aux opérations à l’étranger de la Bundeswehr jusqu’aux nouvelles lois sur la police ou le défrichement de la forêt de Hambach.

    En Basse-Saxe, le gouvernement du Land dirigé par le SPD prévoit de renforcer les lois sur la police réactionnaires. Au Bade-Wurtemberg, les Verts avec la CDU ont posé les premiers des points essentiels de la nouvelle loi sur la police. De tels points clés ont également été convenus en juin 2018 dans le Land de Hesse, par un gouvernement noir et vert. C’est exactement ceux qui font parti des « responsables » de ce développement vers la droite au sein des gouvernements fédéral et des Länder qui essaient maintenant d’avoir, en tant qu’« agents », un impact sur le mouvement.

    L’alliance en Basse-Saxe a été divisée par le président régional des Jeunes socialistes de là-bas, Jakob Blankenburg, – en complicité avec Paula Rahaus et Timon Dzenius, porte-paroles de la Jeunesse des Verts en Basse-Saxe. Et ceci avec des méthodes extrêmement antidémocratiques. On a fait passer un vote comme un raid, sans informer les personnes concernées et les 120 organismes d’appui – dans une assemblée de composition arbitraire et un nombre supérieur à la moyenne de partisans de la Jeunesse des Verts.

    En Bavière et à Brême, le SPD et les forces vertes étaient également les principaux acteurs de la scission du mouvement. En Basse-Saxe, on a exclus sur le champ tous ceux qui font parti de l’Alliance internationaliste ou n’ont pas de pris position contre les membres du MLPD. Ainsi par exemple l’association des femmes non affiliée à des partis « Courage » ou le Comité VW. Ceci suit la publication de la liste des prétendues « organisations proches » du MLPD, qui provient directement des services secrets « Verfassungsschutz ». Un choix sémantique, par ailleurs, contre lequel l’association des femmes « Courage » vient de gagner clairement dans le procès contre les services secrets. Stefan Laurin, ultra-réactionnaire, se vante sur son Blog « Les Ruhrbarone » [Les barons de la Ruhr], d’avoir orchestré la scission en Bavière par la mise à disposition du matériel.4 Déjà en 2010 Laurin lui-même a informé de « visites de recherche », motivées par l’anticommunisme, chez les services secrets de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Des méthodes telles que l’espionnage, des intrigues anticommunistes ou la diffamation vont-elles maintenant jusque dans le mouvement ? N’est-ce pas exactement contre cela qu’il a démarré ? Quiconque participe à ces attaques, qu’il se dise anarchiste, anti-allemand ou autre, est impliqué dans cette affaire. Les méthodes sont pour la plupart complètement arbitraires et extrêmement anticommunistes. On prétend avoir entendu dire que là où le MLPD collabore, il y aurait du « stress ». Ce qu’on entend par là est une chose qui reste toujours dans le noir, pas une seule « preuve » présumée a pu être maintenue jusqu’à présent. Le « stress » est causé uniquement par les diviseurs et les anticommunistes qui veulent à tout prix « liquider » les alliances du MLPD. Qui d’autre se sentirait dérangé par la participation sans stress et sur un pied d’égalité du MLPD, par un drapeau du MLPD lors d’une manifestation ou par des représentants du MLPD aux réunions des alliances,  parmi jusqu’à 120 organisations ?

    Quel est l’objectif des liquidateurs ?

    Il s’agit d’orienter les protestations de masse dans des voies assouplies, conformes au capitalisme, parlementaires et donc sans danger pour les forces dirigeantes. Ce qui détruirait leur caractère indépendant et leur orientation claire contre le gouvernement et tous les partis au pouvoir. Le MLPD et d’autres forces révolutionnaires et conséquentes avec leur critique fondamentale du capitalisme entravent cet objectif. Pourtant, si les révolutionnaires et les marxistes-léninistes « sont évincés » de ce mouvement, alors il est mort !

    Cela nous mène au comportement d’Attac en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW). Un membre du Conseil de coordination à l’échelle nationale d’Attac (Sabine Lassauer) a ébruité lors de la réunion de l’Alliance RNW le 25/8/18, que la tentative de scission anticommuniste échouée de l’alliance RNW avait été convenue au sein du Conseil allemand d’Attac en juillet. Déjà en 2003 et 2004, l’organisation Attac s’est distinguée par des manœuvres de scission contre le mouvement indépendant et de masse des manifestations du lundi contre les lois Hartz et l’agenda 2010. La tentative d’exclusion du MLPD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie s’est accompagnée de la tentative de transformer la lutte contre la nouvelle loi sur la police en « accompagnement critique » du processus législatif et d’accepter ainsi l’essence de la nouvelle loi sur la police. Ceci a été formulé dans un e-mail d’un groupe autour de Sabine Lassauer dans la nuit du 24 au 25/8/18 de la façon suivante : « Nous considérons toujours qu’il est extrêmement important d’accompagner le processus législatif de manière critique et avec des forces regroupées. … En outre, nous ne considérons pas qu’une autre grande manifestation au niveau des Länder soit une forme de protestation tactiquement sensée pour de nombreuses raisons et nous ne participerons pas à son organisation ». Cette capitulation ouverte devant la lutte contre le gouvernement des CDU/FDP du Land a été rejetée par la grande majorité de l’alliance du NoPG [non à la loi sur la police].

    La page d’accueil « Belltower » se présente comme un fournisseur de mots-clés en matière de dénigrement et de diffamations contre le MLPD. C’est un organe des soi-disant « Antideutschs ». Ce « mouvement » réactionnaire est sans aucune importance parmi la masse de la population. Valet des forces impérialistes ultra-réactionnaires d’Israël ou des États-Unis et des cercles des services secrets en Allemagne il a été utilisé comme roquet contre le MLPD pendant les mois passés. Ses adversaires l’inondent de reproches abstrus d’«antisémitisme», selon la devise, « un peu de saleté va toujours éclabousser ». En fait, ce sont eux qui soutiennent le développement extrême vers la droite du gouvernement impérialiste d’Israël. Celui-ci ne respecte même pas les résolutions de l’ONU, qui exigent les droits de l’homme les plus élémentaires. La page d’accueil, nommée ci-dessus, a écrit après des attaques anticommunistes sur une manifestation antifasciste à Solingen : « Au plus tard après ce nouveau scandale (qu’ils ont eux-mêmes organisé de manière provocante – l’auteur), un consensus de gauche est nécessaire pour que l’apparition de cette secte stalinienne antidémocratique MLPD ne soit plus tolérée, à l’avenir, lors des manifestations de gauche ».5 Ce site appartient à la Fondation Amadeo Antonio, qui est financée à 52 % par des fonds du gouvernement fédéral (870 000 euros par an). Stephan Kramer, président de l’Office des services secrets de Thuringe siège au Conseil de fondation !

    Les services secrets de Thuringe sont du même acabit que la NSU, la bande des meurtriers fascistes, et sont notoires pour le camouflage de leurs liens avec l’Etat. Jusqu’à nos jours sous Kramer, cela n’a pas été analysé et assumé, et les anciennes structures n’ont toujours pas été détruites. De telles forces se cachent souvent derrière un masque pseudo-antifasciste. Mais : se réduire à la lutte contre l’antisémitisme, nier le rôle des communistes dans la résistance antifasciste – c’est de l’« antifascisme » bourgeois sur la base de l’anticommunisme. Celui-ci divise la résistance antifasciste contrairement au consensus largement établi d’un large mouvement antifasciste et non affilié à des partis, au plus tard depuis « Dresde libre de nazis » !

    Il faut reconnaître ces différentes mises en scène d’un théâtre de diffamation comme ce qu’elles sont : la tentative organisée de partis bourgeois et de forces réactionnaires qui vise à détruire le mouvement politique indépendant. De telles forces ne font pas partie du mouvement, mais ce sont des agences de la droitisation en Allemagne. Elles n’ont rien à faire dans le mouvement !

    Les machinations des liquidateurs rencontrent de plus en plus de problèmes, de questions et de résistance. Partout les forces augmentent, qui s’engagent pour la coopération sur un pied d’égalité, non affiliée à des partis, qui ont de l’estime pour le MLPD et sont outrées par les méthodes antidémocratiques. C’est ce que les manifestations de masse ont montré le week-end du 28 et 29 septembre à Berlin, à Cologne, à Hambourg et dans la forêt de Hambach. Les tentatives d’exclusion constatées n’y ont rencontré aucune sympathie et le MLPD était un composant actif et marquant. Le 28 septembre 2018, le comité directeur du Linkspartei [parti de gauche] de Basse-Saxe a adopté la résolution suivante : « 1. Lors de la dernière plénière de l’alliance à l’échelle du Land, les représentant-e-s de notre parti ont été complètement surpris de cette demande d’exclusion ad hoc (contre le MLPD et d’autres – l’auteur). Ils ont réclamé qu’une question d’alliance d’une si grande ampleur aurait dû être annoncée dans l’ordre du jour, et qu’une telle décision ne peut pas être soumise à la simple majorité des personnes présentes, notamment pas dans de telles circonstances. …

    2. L’exécutif du Linkspartei du confirme expressément ce comportement de nos représentant-e-s …. dans cette affaire d’alliance (le refus de l’exclusion – l’auteur) et recommande à nos membres qui travaillent dans des alliances locales, d’agir dans le même esprit. … 4. En même temps, il s’agit de tout faire pour que l’effet de l’alliance NoNPROG [non à la loi sur la police en Basse-Saxe], après un bon début, augmente encore considérablement son impact politique, au lieu de s’occuper de sensibilités internes ! »Le militant d’un conseil de réfugiés a formulé à l’occasion d’une réunion de l’alliance nationale contre les lois sur la police : « Je trouve étrange qu’on se prononce ici surtout contre le MLPD, si quelqu’un n’a rien à faire ici, ce sont le SPD et les Verts. »

    Ce qui compte maintenant – une résistance active au lieu de capituler devant le développement vers la droite du gouvernement !

    Il est urgent d’unir les forces. Il faut qu’un mouvement fort et organisé s’accroisse qui peut arrêter le développement alarmant. Qui ne s’inquiète pas de la préparation à la guerre par les impérialistes, du démantèlement des droits et libertés démocratiques, de l’augmentation croissante de l’inégalité sociale ? Afin de devenir puissant et fort, le mouvement a besoin de principes clairs : un véritable caractère de non-affiliation à des partis, une ouverture idéologique, une large démocratie dans la prise de décisions, une indépendance financière, une coopération égale sur la base de la lutte commune et sur un pied d’égalité, une culture de débat démocratique et une concertation étroite avec le mouvement ouvrier.

    Le MLPD ne se laissera pas décourager de renforcer et développer la lutte contre le développement vers la droite du gouvernement et des partis bourgeois en commun avec beaucoup d’alliés dans des alliances démocratiques – aussi avec les membres honnêtes des Verts et du SPD. Il œuvre pour que la grande manifestation du 13/10/18 à Berlin devienne un signal de la lutte commune et cohérente contre le développement vers la droite. Cela aussi doit s’imposer contre la ligne de faire du mouvement de masse le jouet des partis bourgeois et de leur campagne électorale et de falsifier les revendications dans le sens d’illusions d’un « capitalisme pacifique et social ».

    Pour la résistance active contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois – au lieu de la division et de la capitulation !

    1Kurier.at 21-9-18

    2Süddeutsche Zeitung 244-9-18

    3Courant liquidateur : activité scindée et destructrice dans le mouvement syndical.

    4 https://www.ruhrbarone.de/bds-anhaenger-unter-druck/158833 (01.10.2018)

    5 www.belltower.news/artikel/eine-erinnerung-den-25-Jahre-zurückliegenden-mörderischen-brandanschlag-solingen-13737, 28/05/2018

  • Déclaration en solidarité avec le PML(RC) !

    Déclaration en solidarité avec le PML(RC) !

    Solidarité avec le PML(RC) !

    Le Parti Marxiste-Léniniste (Reconstruction Communiste), membre de l’ICOR (Coordination Internationale des Organisations et Partis Révolutionnaires) , subit les foudres de la répression en Espagne. 13 de leurs membres, ainsi qu’un ressortissant Kurde, passent devant les tribunaux de l’Etat Espagnol, cette semaine. Le crime invoqué ? Le fait, pour deux d’entre eux, d’être partis combattre, en 2013, les fascistes de l’Etat Islamique au côté d’autres volontaires internationaux, au sein du Bataillon des Volontaires Internationaux au Rojava (Nord de la Syrie).

    Dans l’esprit des Brigades Internationales, de nombreux volontaires sont allé rejoindre les combattants et les combattantes de la liberté. Beaucoup sont tombés, également, sous les balles de Daesh ou celles de l’Etat turc. C’est également l’occasion de leur rendre hommage.

    Depuis leur retour, l’Etat espagnol n’a eu de cesse de chercher à les mettre en accusation. La justice et la police se sont échinés à trouver les moyens de les conduire devant les tribunaux. La participation à cette brigade internationale et à la campagne de solidarité internationale vers le BIL ont ainsi été retenus comme charges. Depuis le 26 janvier 2016, une instruction est ouverte envers eux. Cela peut leur valoir entre 9 et 20 ans de prison pour le fait d’avoir pratiqué une solidarité révolutionnaire et antifasciste concrète. Ainsi, l’Etat espagnol veut les condamner comme soutenant le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Cette accusation sert plusieurs objectifs. Le PML(RC), est une organisation qui déplaît profondément aux réactionnaires espagnols. Il s’agit d’un Parti Communiste combatif, structuré, organisé, qui gagne en influence et en force au fur et à mesure des années. En ciblant leur solidarité internationale, l’Etat espagnol cherche à détruire ce parti. Déjà en 2016, le parti a été interdit plus d’un an, ses locaux fermés, ses comptes gelés. Aujourd’hui, l’Etat espagnol espère donner le coup de grâce !

    Mais le démarrage du procès n’a pas anéanti le PML(RC), ses militants et militantes sont restés mobilisés, devant le tribunal. La justice s’est ridiculisée, en basant son accusation sur des conversations par messages, sur des mails, mais sur aucune action illégale en soi.

    Ses camarades internationaux, dans l’ICOR ou en dehors, se sont également mobilisés pour exprimer leur solidarité. Chaque coup de maillet de la justice trempe un peu plus l’acier des organisations communistes !

    Comme eux-mêmes nous l’ont écrit : « Qu’importe ce qui arrivera lors de ce procès, nous porterons toujours le drapeau de la classe ouvrière d’Espagne. Nous continuerons a nous battre jusqu’à ce que nous puissions chasser la bourgeoisie de notre pays ! »

    Aujourd’hui en Espagne, demain ici ?

    La situation du PML(RC) n’est pas une situation unique. Elle n’est pas une situation isolée. Elle est le terrible reflet du durcissement de l’attitude des bourgeoisies envers les forces progressistes, les forces antifascistes, les forces révolutionnaires.

    Certes, l’Espagne est spécifique, dans le sens où les dispositifs juridiques hérités du franquisme sont toujours en vigueur. Il y est facile de réprimer avec la plus grande violence, comme cela s’est vu au Pays Basque ou en Catalogne. Mais il ne faut pas croire que la monarchie absolue maquillée en démocratie soit seule à frapper, même en occident.

    En Allemagne, en Italie, en Hongrie, en Ukraine, en Russie tout comme en France également, le climat se tend, les politiques se durcissent. Et ceux qui les mènent ne reculent devant aucune bassesse.

    Ainsi, en France, les mouvements sociaux, les organisations politiques antifascistes et révolutionnaires sont en première ligne de la répression.

    Dans le cas du PML(RC), l’accusation s’est portée sur le fait que les militants et militantes de cette organisation seraient des soutiens du Parti des Travailleurs du Kurdistan. C’est là une manœuvre vicieuse. Officiellement, le PKK est sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne. Mais il existe une certaine forme de tolérance, tolérance variable, toujours motivée par des idées sous-jacentes. Il arrive même parfois que, pour des raisons tactiques, les Etats d’occident soutiennent politiquement ou viennent en aide logistiquement ou matériellement à la resistance Kurde contre l’opression fasciste ou dictatoriale.

    Même des réactionnaires comme BHL, parfois, par opportunisme, déclarent de grandes phrases de soutien aux combattantes et combattants de la liberté. Ce sont des menteurs habiles, toujours prompts à utiliser les causes qui tiennent à cœur aux masses.

    Mais les gouvernements se réservent le droit d’appliquer la loi quand bon leur semble, et de faire condamner qui bon leur semble dès lors que cela les arrange. Si demain la France se décide à faire appliquer la loi, elle pourrait rafler tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont pu fournir une aide, même minime, à des individus liés, même de très loin, au Parti des Travailleurs du Kurdistan.

    Pas besoin de nouvelle loi, pas besoin de s’embarrasser de la non-rétroactivité de celle-ci. Ce qui était toléré hier peut devenir une charge dans un procès demain.

    Ce qui se passe là-bas peut se passer ici aussi dès demain, si la haute bourgeoisie juge qu’il est temps de faire tomber son couperet.

    Si les luttes s’intensifient, si les organisations populaires et révolutionnaires se renforcent, si le dégoût de son ordre injuste et criminel croît, elle ripostera.

    Nous avons besoin, progressistes, antifascistes, révolutionnaires, d’être soudés et solidaires dans et hors de nos frontières. Nous ne formons qu’un seul front, qu’une seule ligne contre les réactionnaires, contre les impérialistes, contre les capitalistes. Cette ligne doit être solide, ou elle sera écrasée.

    Nous réclamons la fin des poursuites contre le PML(RC), contre les internationalistes et les antifascistes menacés !

    Nous réclamons que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes et que cesse la politique hypocrite de la part de l’UE à son égard !

    L’Unité Communiste de Lyon, membre des amis de l’ICOR, salue le PML(RC) et son combat !

    Vive l’ICOR, vive le PML(RC), vive le communisme !

  • Cap Catastrophe 2022 : Le droit, la loi, les impôts et la TVA.

    Cap Catastrophe 2022 : Le droit, la loi, les impôts et la TVA.

    Cap Catastrophe 2022 : Le droit, la loi, les impôts et la TVA.

    Partie 8

    Le droit et la loi.

    La justice est elle une affaire comptable ? C’est la conclusion qui semble émerger à la lecture de la proposition 13 du document. Les constats dressés sont les suivants :

    « La politique française de justice s’est traduite depuis quinze ans par une forte augmentation de ses crédits et de ses emplois : son budget est passé de 4,6 Md€ en 2002 à 8,7 Md€ en 2018. Pour autant, il persiste une forte impression d’inadéquation entre les moyens mobilisés et les attentes des usagers. Par rapport aux autres services publics, la justice enregistre en effet un net déficit d’opinion positive de la part de ses usagers. »

    Dans notre analyse, le premier aspect qui explique la désaffection de la part d’une large partie de la population envers la justice provient de son caractère de classe. Malgré les prétentions sur la séparation des pouvoirs, le fonctionnement de la justice ne peut être découplé de la nature de la société. Les individus ne sont pas égaux devant les juges de par leur classe sociale ou leur ethos. Mais ils ne le sont pas non plus du fait de l’organisation même de la justice, où le procureur est sous les ordres de l’État et est le relais de la volonté politique du gouvernement au pouvoir.

    Face à une justice où les non-lieux, les acquittements, les peines jamais appliquées sont légion pour les grands bourgeois, comment avoir confiance ? Ce n’est pas possible.

    Que préconise alors ce texte ? Le numérique est une nouvelle fois brandi comme solution à l’intégralité des problèmes du monde, remplaçant tout déplacement et tout accueil. Dans le même temps, pour accélérer les procédures, un certains nombre de changements sont mis en œuvre : les juges peuvent rejeter les demandes « manifestement irrecevables » et doivent se recentrer autour de leur « cœur de métier ». L’idée est d’externaliser plusieurs fonctions, lesquelles peuvent être remises entre les mains d’individus n’ayant pas le statu de magistrat. Ainsi, les juges des tutelles et juges des enfants peuvent voir leurs fonctions suppléées par des services administratifs.

    Autre aspect, le resserrement du délais d’appel pour les jugements civils et le caractère non-suspensif de l’appel. En somme, il s’agit de le rendre plus rare, plus difficile à saisir et, surtout, sans efficacité immédiate, donc décourageant pour les plaignants comme pour les accusés.

    En somme, il s’agit d’une proposition qui ne vise qu’a réduire les dépenses de la justice, mais nullement, autrement sous la forme d’un voile cosmétique, de résoudre fondamentalement des problèmes de fonctionnement, même dans le cadre du droit bourgeois.

    Suite logique d’un item sur la justice, suit un autre sur la question de l’exécution des peines. L’introduction de l’item revient sur la situation française, qui est celle d’une surpopulation carcérale immense. Les rapporteurs annoncent 119% de taux d’occupation, un chiffre contesté par l’Observatoire International des Prisons, lequel déclarait le 8 aout 2018 « Des records de densité de population sont battus, alors même que depuis vingt-cinq ans, 30 000 places de prison supplémentaires ont été construites. À ce jour, le taux moyen d’occupation des maisons d’arrêt, établissements dans lesquels sont hébergés 48 000 détenus, s’établit à 142 %. 53 établissements présentent même des situations extrêmes de sur-occupation, avec une densité supérieure à 150 %. Citons notamment les maisons d’arrêt de la Roche-sur-Yon, Baie-Mahault (en Guadeloupe), Évreux, Laval et Nîmes dont le taux d’occupation avoisine voire dépasse les 200 %. »

    Fait notable, le nombre de détenus augmente de manière constante, passant de 60 000 à 70 000 en à peine 10 ans (le chiffre total de personnes suivies par l’administration pénitentiaire est de 249 298 en 2016). 10 000 détenus sont en attente de jugement.

    Les solutions préconisées par le rapport pourraient-elles se diriger vers une possible meilleure réinsertion des détenus ? Non. Vers une compréhension des raisons socio-économiques qui expliquent la délinquance ? Encore moins. Elles ne se dirigent que vers une gestion purement comptable de la question des peines.

    L’argument principal qui revient sur la question de la substitution de la peine de prison par le bracelet électronique est celui du coût (10€ / jour contre 100 € pour la prison.) Aux yeux des rédacteurs et des rédactrices, l’essentiel de la question se trouve là : trouver une solution économique, au travers de la géolocalisation et du développement de l’ « arrêt domiciliaire ». Le but même est que celui-ci puisse devenir une peine autonome de la prison. Quand à l’exécution systématique des peines, cela, dans le climat social actuel – mais également politique – signifie une intensification plus que probable de la répression et de l’incarcération d’un nombre toujours plus grand de détenus. Or le capitalisme et la prison marchent particulièrement bien main dans la main. Malgré les discours constant sur la répression dans les États Socialistes, les laquais du capitalisme sont bien en peine d’expliquer les taux supérieurs de détenus présents dans le parangon de la liberté que sont les USA. Et pour cause, là prison est aussi un business, qui rapporte gros.

    Fusionner les impôts et les recouvrements.

    Pour mieux financer leurs projets, les rédacteurs se montrent d’une avidité sans nom et sans bornes. Plus nous grimpons dans la hiérarchie de la bourgeoisie, moins elle paie d’impôts. Les exonérations sont immenses. Ou elles sont négociées entre bons amis ou réalisées par les magiciens de l’optimisation fiscale, qui parviennent à défalquer des sommes vertigineuses les particuliers, tandis que les entreprises ont leur secrets.

    Comme les plus riches s’y soustraient, il est nécessaire que l’argent soit trouvé ailleurs. Ailleurs et autrement. Une des manières d’y parvenir est de mettre entre les mains de l’État tout ce qui lui échappait auparavant. Mais surtout, comme évoqué précédemment, l’idées est également de fusionner les lignes de comptes qui étaient auparavant séparées, ce qui permet désormais aux dirigeants de pouvoir ventiler comme bon leur semble les deniers récoltés par l’impôt, et donc d’assécher les aides sociales, tandis que d’autres secteurs peuvent être noyés sous les finances.

    Cette fusion est non seulement particulièrement vicieuse en ce qui concerne les particuliers, elle l’est également pour les communes. La suppression de la taxe d’habitation, haïe par la population, prive les communes et les collectivités locales de leur principale rentrée d’argent. Le remplacement par un fond géré et ventilé par l’Etat signifie la mise sous tutelle de celles-ci. Cela aura pour conséquences l’assèchement des communes menant des politiques contradictoires avec les lignes défendues au sein de l’Etat, mais également l’accroissement du phénomène de métropolisation. L’ex-maire de Lyon et actuel ministre de l’intérieur s’est ainsi fait remarquer pour ses manœuvres dans le but de siphonner le budget des métropoles de la région Rhône-Alpes-Auvergne dans le but d’alimenter Lyon et son réseau de clientèle.

    Dans le document suivant, l’idée retrouvée est donc une rationalisation avec comme fin des économies dans la gestion de la collecte d’impôt, mais également un pouvoir discrétionnaire de la part de l’Etat sur celui-ci.

    « L’objectif est de simplifier drastiquement le système de recouvrement, en réduisant le nombre de dispositifs et de structures qui en ont la charge. En vision cible, les acteurs économiques mettraient sur une plateforme les données économiques et sociales et ces données seraient utilisées pour le recouvrement par un système unique, fortement automatisé et orienté vers l’usager. Cela aurait pour effet de faire évoluer les missions de l’État vers le contrôle, le conseil et l’accompagnement. »

    Une grande partie de la population, y compris ceux qui bénéficient d’aides, détestent les impôts, présentés comme un « racket ». Plus les systèmes sont automatisés, plus la destination de l’impôt paraît abstraite, absurde, injuste. Cela permet de justifier toutes les politiques qui prétendent liquider ce fardeau, mais qui, in fine, ne servent qu’a alléger celui de la grande-bourgeoisie et à réduire les salaires indirects des prolétaires.

    Le sens de « simplifier le droit fiscal et social pour améliorer l’efficacité et la lisibilité de notre système de prélèvements obligatoires et renforcer notre attractivité. Cela implique de réduire les niches et de supprimer les petites taxes, complexes à collecter et au rendement faible » est celui-ci, celui de supprimer ces « petits tracas » qui concernent certains bourgeois, certaines bourgeoises, et qui leur coûte une partie de leurs profits. Le rêve ? Un impôt comme celui préconisé par Vauban, en plein ancien régime, qui serait unique et uniforme, sans tranches fiscales en fonction du revenu.

    « La mise en œuvre de ces réformes conduira à réduire le nombre de taxes, ce qui sera mesurable en observant le nombre supprimé chaque année. Une telle réforme devrait permettre d’améliorer de manière très significative l’efficience du recouvrement de l’impôt. Les travaux conduits par le Comité permettent d’estimer l’économie à 1 Md€ d’ici 2022. »

    Un milliard d’euros d’économie sur le fonctionnement des caisses de recouvrement, tout en réduisant la charge pesant sur la bourgeoisie. Que demander de mieux ?

    Faire la chasse aux à-côtés.

    Le rapport Cap 2022 émet une idée audacieuse : supprimer la monnaie matérielle. Prenant exemple sur certains Etats, notamment scandinaves, où les paiements dématérialisés représentent 90% des transactions, les rédacteurs du document s’interrogent sur la pertinence d’initier une suppression progressive de la monnaie physique.

    Pourquoi proposer cela ? Les raisons sont multiples. Officiellement, il s’agit de « faciliter la vie des français » ce qui, au vu des propositions précédentes, est d’un ridicule achevé. Il s’agit également de posséder un contrôle et une possibilité d’examen sur l’ensemble des transactions qui sont réalisées en France.

    « on estime aujourd’hui que la fraude à la TVA représente en France environ 10 Md€, une partie correspondant à des revenus non déclarés. De même, le travail non déclaré représente un manque à gagner important pour les administrations fiscales et sociales. En 2016, 555 M€ ont été redressés par les Unions de recouvrement des cotisations de sécurités sociale et d’allocations familiales (URSSAF). Enfin et plus généralement, la circulation d’espèces favorise par ailleurs le blanchiment d’argent. »

    « En supprimant progressivement la circulation d’espèces, on simplifiera les paiements, correspondant aux modes de vie déjà préconisés par les Français, tout en permettant une lutte plus efficace contre la fraude et le grand banditisme . »

    De fait, une part de vrai existe. L’Etat n’aime pas la fraude à la TVA, ni celle à l’URSSAF. La suppression d’une partie des moyens de blanchiment d’argent peut compliquer la tâche des activités illégales ou para-légales. Cependant, cela signifie également le fait de devoir déclarer chaque transaction qui pourrait être interprétée comme un revenu, y compris le bénéfice de la revente d’une lampe sur « Le Bon Coin ». Une manière de s’assurer que l’injuste impôt qu’est la TVA s’applique partout.

    Mais il s’agit surtout d’un magnifique cadeau aux banques, qui deviennent des intermédiaires incontournables et dans lesquels l’intégralité des dépôts sont stockés. Certes le temps du bas de laine et de l’argent caché sous le matelas est révolu, mais en théorie un compte bancaire n’est pas une obligation légale. Elle le deviendra de facto, y compris pour qu’un bambin puisse avoir de l’argent de poche. Heureusement, les rédacteurs ont l’intelligence de mentionner les publics les « plus fragiles .»

    « supprimer les espèces, les chèques et les timbres pour les paiements fiscaux et sociaux d’ici deux ans. Afin d’accompagner en particulier les publics les plus fragiles, des solutions intermédiaires pourraient être envisagées (par exemple utilisation d’une carte sans contact) ; »

    Une personne en surendettement ou en interdit bancaire signe-t-elle son arrêt de mort économique ? Difficile à dire. En revanche, un frémissement d’excitation se ressent quant à l’idée de pouvoir liquider un partie de l’administration tout comme de pouvoir intégrer la totalité des transferts d’argent dans le calcul du PIB, permettant de gonfler son calcul et, ainsi de permettre aux dirigeants politiques de se pavaner en prétendant avoir crée de la richesse, alors que celle-ci est restée strictement la même.

    « Le Comité est convaincu que cette réforme est source d’économies importantes mais n’a pas été en mesure de les chiffrer. Par ailleurs, elle devrait permettre de lutter contre la fraude fiscale et donc d’accroître la rentrée d’impôts. »

    Une nouvelle fois, le comité pour CAP 2022 met en avant un objectif primordiale : réduire les dépenses de l’Etat, y compris -voir surtout- dans le domaine social. Deuxième objectif : être le plus rapace possible quant au fait de taxer les populations les plus fragiles, tandis que la grande-bourgeoisie échappe, comme durant l’Ancien Régime, à l’impôt.

    Une dernière partie reste à aborder, celle de la cure d’amaigrissement préconisée dans l’administration, pour « réduire les dépenses inutiles .»

  • Communiqué de Yeni Kadin sur le 700 ème rassemblement des « mères du samedi »

    Communiqué de Yeni Kadin sur le 700 ème rassemblement des « mères du samedi »

    Depuis 700 semaines les “mères du samedi” et nombre de personnes s’interrogent sur le sort de ceux qui ont disparu en en garde à vue.

    La politique de disparition en garde à vue, visant à créer une société réduite au silence en instillant la peur la plus féroce, a été largement pratiquée en tant que politique d’État par l’Etat Turc après le coup de la junte fasciste militaire du 12 Septembre 1980. Pendant de nombreuses années, des centaines de personnes ont disparu pendant ces gardes à vue.

    La lutte pour la justice et la vérité pour le peuple et l’organisation des “Mères du Samedi” entreront le 25 août 2018 dans leur 700e semaine de leur existence. La terreur d’État a condamné ces personnes à vivre dans les limbes, entre l’existence et la non-existence, la mort et la vie.

    Aujourd’hui c’est samedi … La lutte commence …


    Les proches des défunts, des disparus et les défenseurs des droits de l’homme qui les soutiennent exigent :

    • Que soit révélé le sort des personnes “disparues”, en garde à vue,
      • Que la justice mette fin à l’impunité, qu’elle fasse la lumière sur les crimes contre l’humanité et qu’elle condamne leurs auteurs! 
      • La fin de la politique de disparitions en garde à vue,
    • L’application du décret préparé par les Nations Unies. La Turquie doit mettre fin à son mépris prolongé et signer la Convention internationale des Nations Unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées ! 

    Le 27 mai 1995 ce mouvement a débuté devant le lycée de Galatasaray, ses participants ont commencé leur quête de justice par un sit-in silencieux. Cette place est toujours habitée par les ombres des morts comme par l’espoir de la survie. Elle est devenue le lieu de mémoire de la lutte et de la volonté de justice. Devant ce lycée, avec persévérance et conviction, chaque samedi depuis 28 ans, malgré la neige ; la pluie ; le froid ; la chaleur ; les cordons de police et leurs matraques ; malgré qu’ils soient traînés par les cheveux dans la boue ; détenus à plusieurs reprises ; les proches ne cèdent pas. Malgré leur âge, malgré le temps, toujours avec un oeillet dans la main et dans l’autre les photos des visages juvéniles des disparus. Ce 25 août, ils seront là pour la 700 ème fois.

    La lutte continue avec les enfants et les petits-enfants;

    La résistance courageuse de quatre générations commence à être connue du monde entier, malgré la pression des gouvernements successifs. Le temps écoulé fait comprendre que les disparus ne reviendront pas, mais les familles réclament leurs dépouilles mortelles, pour faire leur deuil, pour qu’ils aient une sépulture décente, pour qu’ils puissent se recueillir. “Si toutes les mères se réunissaient, aucune ne pleurerait et personne ne mourrait.” Berfo ana, Kiraz ana, Guzel ana et toutes les autres mères qui nous ont quitté resteront un symbole. Le drapeau de leur lutte continuera de flotter.

    cette résistance honorable a commencé à être en mesure d’annoncer au monde entier, toute la pression, en dépit de quatre générations en cours; Le temps écoulé fait comprendre que les morts ne reviendront pas mais les familles ont besoin des ossements de leurs proches pour en faire le deuil, et qu’un lieu personnel leur permette de se recueillir. « Si toutes les mères se réunissaient aucune mère ne pleurerait et personne ne mourrait » Berfo ana, Kiraz ana, Guzel ana, et toutes les autres mères, qui nous ont quittées restent un symbole et le drapeau de la lutte qu’elles portaient continuera de flotter.

    S’habituer à l’injustice est aussi affreux que de produire une injustice. Haussez la voix !

    Nous avons été assassiné parce que nous sommes des Kurdes, parfois des Alévis, parfois des Arméniens, parfois des Laz, parfois des Circassiens. Mais nous sommes massacrés et assassinés avant tout parce que nous refusons d’être des personnes soumises, obéissantes, silencieuses, parce que nous sommes des opposants. Nous ne devons pas oublier. S’habituer à l’injustice est aussi affreux que de produire une injustice. Aujourd’hui l’Etat fasciste turc ne connaît pas de limites dans la répression qu’il inflige à la population.  Les actions des “Mères du Samedi” sont un élément très important dans le rejet de ces politiques, lesquelles visent à imposer une société uniforme, obéissante et soumise.

    En tant que nouvelles femmes, nous continuerons à être leur voix en Europe durant la 700ème semaine de cette résistance honorable. Nous invitons tous ceux et celles qui vivent et luttent pour une vie digne et humaine, en particulier les femmes, à participer aux manifestations dans toutes  les régions d’Europe, le samedi 25 Août.

    La colère  des Mères noiera les tueurs!

  • Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 5

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche » – partie 5

    Italie, populisme et faillite de sa forme « de gauche »

    Partie 5 : Les voies sans issues.

    Le populisme, quelque soit sa forme, n’est pas une issue pour les exploités et les exploitées. Il ne porte en lui que les ferments de la défaite et de la soumission aux intérêts des fractions les plus réactionnaires de la grande bourgeoisie. Cette voie est sans issue.

    Fondamentalement, la question sous-jacente, derrière le populisme, est celle, immense, du réformisme. Pas uniquement le réformisme « conscient » et assumé, mais également celle du réformisme insidieux, niché dans ce qui pourrait passer pour des détails, mais qui est, en réalité un ensemble de questions fondamentales et stratégiques. Ce qui démarque une organisation réformiste d’une organisation révolutionnaire n’est pas simplement que quelques mentions incluses dans les corpus de textes, ce n’est pas qu’une question de symbole. Il s’agit de questions profondes, dont les ramifications et les implications se retrouvent tant dans le fonctionnement de l’organisation que dans sa structure et dans son programme (au sens de programme de développement et d’action, pas au sens de programme électoral.)

    Au delà du Parti Socialiste, rares sont les organisations d’ampleur ou les individus qui les soutiennent, à se dire réformistes et à assumer clairement le fait de ne voir de changement possible qu’au sein du cadre électoral. La connotation du terme réformiste est fort médiocre et renvoi une image fort peu attrayante. C’est pour cela qu’il est toujours préférable, y compris pour le plus plat des réformistes, de se maquiller derrière le terme de révolutionnaire. Même les fascistes les plus réactionnaires et les plus fervents laquais de la grande bourgeoisie tentent d’usurper ce terme.

    L’usurpation passe par jouer avec les mots, en parlant de révolution avec des conditions implicites ou explicites. Révolution dans le cadre des institutions, révolution nationale, révolution citoyenne… ect. Les variations ne manquent pas. Dans les faits, deux voies se dégagent, celle de l’économisme et celle de la politique réformiste.

    Les organisations révisionnistes -au sens de celles qui ont jeté par dessus bord le marxisme pour en adopter une version où la transition vers le socialisme se fait de manière pacifique- sont des maîtresses dans l’utilisation de termes cryptiques pour donner du corps à leurs dires, donner des perspectives à leurs auditeurs, mais qui sont bien en peine d’expliquer le détail de leur affaire. Bien souvent les revendications sont purement et simplement économiques, un meilleur salaire, un meilleur emploi, des retraites plus fournies… en somme celles d’un syndicat. Quant au politique, il est relégué sous des revendications dignes de la fin des années 40 et des concessions avec les gaullistes : nationalisation. Comme si la propriété juridique des moyens de production définissait les rapports de productions. Tout au plus, parle t’on de nationalisations démocratiques sous contrôle ouvrier, chose dont la définition n’est jamais donnée. Comment est-il mis en place ? Sous quelle forme ? Qu’est ce qui le différencie de l’autogestion yougoslave, voir même de la cogestion à l’Allemande ? Tout est laissé à l’imagination.

    La seule référence est celle apportée par un Daniel Bensaïd, militant à la LCR, lequel parle de l’application du programme de transition trotskiste. Dans le même ordre d’idée, les trotskistes se refusent à dépasser l’horizon des revendications économistes. Ce plafond de verre explique les déclarations de Philippe Poutou et de Nathalie Arthaud à la dernière présidentielle. Loin de briser le « quatrième mur » celui de la dénonciation de la dictature de la bourgeoisie, les déclarations sont restées dans le sillon du jeu de la bourgeoisie. Des revendications économiques impossibles à satisfaire sous le capitalisme, une négation de la question du pouvoir et de la révolution -de peur d’effrayer les masses- en somme, une position réactionnaire, puisque ce mettant non seulement à la remorque des parties les plus avancées des travailleurs, mais tirant même leur réflexion en arrière, vers l’économisme et le trade-unionisme le plus plat. Ces organisations reculent devant l’obstacle, et mènent des combats d’arrière garde sans jamais chercher à aller plus loin. Ce sont des organisations qui condamnent à l’attentisme, à l’inaction, au dépérissement. Nullement étonnant qu’elles soient court-circuitées et dépassées par d’autres, pourtant elles aussi bardées de failles.

    Si l’autre est politique et pose la question de l’accès au pouvoir, ce qu’elle y fait est –in fine– pire. Le réformisme comprend la nécessité du pouvoir pour transformer la société, mais, en revanche, est incapable de dépasser la conciliation de classe avec la bourgeoisie. Autour de théoriciens comme Kautsky ou Bernstein, les réformistes ont tenté de justifier leur renoncement derrière des arguments qui ne résistent pas à l’examen. Ils ont escamoté la dictature de la bourgeoisie de leur théorie, ils ont escamoté le défaitisme révolutionnaire et l’anti-impérialisme. En catimini, en fraude, ils ont inséré le soutien à l’impérialisme, en affirmant que la victoire totale et mondiale d’un « super-impérialisme » apporterait une exploitation dans la paix et la condition préalable à l’unité prolétarienne et au triomphe de ses revendications.

    Pour accéder au pouvoir, les réformistes se sont montrés prêts à tous les opportunismes. Qu’importe qu’il faille promettre monts et merveilles, qu’importe qu’il faille même flatter des conceptions réactionnaires, tant que la fin est accomplie. Mais cette fin d’accession au pouvoir, une fois acquise, qu’en font-ils ? Hormis les rares moments où ils sont portés par un mouvement social – dans lesquels ils agissent en vampires-, comme durant le Front Populaire ou au début du mandat de Mitterrand, ils se tournent très rapidement vers la capitulation. Pire, en se prétextant « bouclier du peuple », en voulant le « protéger », tout en maintenant un consensus avec la bourgeoisie, ils devancent les désirs de celle-ci. Ils œuvrent au nom des masses, mais pour le compte des grands bourgeois. Comme le maintient ce ce consensus est placé au dessus de tout -il garantit les places au chaud pour les cadres des partis réformistes, des rentes confortables, mais leur évite aussi d’avoir à sortir d’un rapport de cogestion de la misère et de l’exploitation- les réformistes sont les fers de lance de la répression. Le souvenir des Spartakistes, en 1919, ne doit pas être oublié, car il illustre le véritable visage des réformistes : phrases sociale, unité avec les réactionnaires les plus virulents.

    Ni l’un, ni l’autre n’avancent. Comme l’écrivait Marx, dans le 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte : « Mais le démocrate, parce qu’il représente la petite bourgeoisie, par conséquent une classe intermédiaire, au sein de laquelle s’émoussent les intérêts des deux classes opposées, s’imagine être au-dessus des antagonismes de classe. Les démocrates reconnaissent qu’ils ont devant eux une classe privilégiée, mais eux, avec tout le reste de la nation, ils constituent le peuple. Ce qu’ils représentent, c’est le droit du peuple ; ce qui les intéresse, c’est l’intérêt du peuple. Ils n’ont donc pas besoin, avant d’engager une lutte, d’examiner les intérêts et les positions des différentes classes. Ils n’ont pas besoin de peser trop minutieusement leurs propres moyens. Ils n’ont qu’à donner le signal pour que le peuple fonce avec toutes ses ressources inépuisables sur ses oppresseurs. Mais si, dans la pratique, leurs intérêts apparaissent sans intérêt, et si leur puissance se révèle comme impuissance, la faute en est ou aux sophistes criminels qui divisent le peuple indivisible en plusieurs camps ennemis, ou à l’armée qui est trop abrutie ou trop aveuglée pour considérer les buts de la démocratie comme son propre bien, ou encore, c’est qu’un détail d’exécution a tout fait échouer, ou, enfin, c’est qu’un hasard imprévu a fait comprendre cette fois la partie.

    En tous cas, le démocrate sort de la défaite la plus honteuse tout aussi pur qu’il était innocent lorsqu’il est entré dans la lutte, avec la conviction nouvelle qu’il doit vaincre, non pas parce que lui et son parti devront abandonner leur ancien point de vue, mais parce que, au contraire, les conditions devront mûrir. »

    Face au mur de l’échec et de l’incapacité, deux voies de sortie se forment, à celles et ceux qui restent dans cette stratégie. Celle du dogmatisme atemporel, dans lequel se réfugient les trotskistes, rêvant du moment où la révolution se fera, pestant contre les « trahisons », incapable d’examiner la réalités, formulant des pronostics idéalistes, sur la base de grands principes, incapable de comprendre leur propre rôle dans cet échec.

    Celle de ceux qui, comme la viande pourrie, laissent filer un jus puant. Cette décomposition donne naissance à l’opportunisme le plus crasse, le plus sale, celui des Valls, celui des Collomb, celui de ceux qui sautent à pied joints dans le soutien aux plus virulents réactionnaires, aux plus virulents exploiteurs. Il est celui que prend la fraction de die Linke mentionnée plus haut. Il est celui incarné par les tweets de certains membres de la FI sur la défaite footballistique de l’Allemagne : une déclaration de chauvinisme et d’opportunisme sans bornes.

    Quels chemins restent ouverts ?

  • Communiqué de soutien à la CGT 5/9 après la dégradation de son local par les fascistes.

    Communiqué de soutien à la CGT 5/9 après la dégradation de son local par les fascistes.

    Communiqué de soutien à l’Union Locale CGT 5/9.

    Camarades,

    L’Unité Communiste de Lyon vous assure de son soutien face aux dégradations que vous avez pu subir de la part de militants de l’extrême-droite. Cette attaque s’inscrit dans la droite ligne d’un processus d’intimidation orchestré par ces militants réactionnaires, anti-syndicaux, anti-populaires. Ils veulent faire taire toute contestation sociale face à l’offensive du capitalisme contre les classes populaires, contre les travailleurs et les travailleuses.

    Mais, en s’en prenant à votre local, les fascistes, nous le savons, ne vous feront pas taire. Ils ne vous feront pas cesser la défense que vous assurez pour les travailleurs et les travailleuses, pour conserver et accroître les droits de ceux-ci et de celles-ci, indépendamment de leurs origines et de leur nationalité. Car la classe ouvrière est unique. Car les exploités n’ont qu’un seul ennemi, qui ne sera jamais les autres exploités, mais bien leurs exploiteurs, leurs bourreaux. Nous savons que sous la pression, dans l’histoire, la CGT à poursuivi sa lutte et sa mission. Ce ne sont pas des nostalgiques de Vichy qui vous feront taire.

    Les fascistes, en vérité, vous honorent. Leurs graffitis haineux sont autant de couronnes de fleurs qui vous sont adressées. Elles vous sont adressées car vous êtes le camp des exploités, du peuple, des masses. Elles vous sont adressées car les fascistes, quant à eux, travaillent pour l’autre camp, celui des bourgeois, celui des patrons, celui des exploiteurs et des exploiteurs. Au final, elles vous sont adressés car vous remplissez vos tâches, car vous êtes un des fers de lance de la défense des travailleurs.

    Ils ont beau se dire “Bastion Social”, ils ont beau se prétendre des amis de ceux et de celles qui souffrent, leurs actes les inscrivent comme des alliés objectifs du gouvernement, comme les amis de Macron, de Collomb, de Pénicaud. Leurs actes font d’eux, et d’elles, des petits soldats du capitalisme.

    Car c’est ainsi que l’extrême-droite à toujours agi.

    Camarades, l’Unité Communiste de Lyon vous salue et salue votre travail. Unitaires, portons ensemble l’étendard de l’antifascisme. Portons ensemble l’étendard de la riposte populaire à l’exploitation et à la misère. Portons ensemble l’étendard de la CGT !

  • Collomb et le droit de manifester.

    Collomb et le droit de manifester.

    Collomb et le droit de manifester.

    “Si on veut garder demain le droit de manifester, qui est une liberté fondamentale, il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être complices de ce qui se passe.” Voilà ce que déclarait le ministre de l’intérieur, au micro de BFM-TV, le samedi 26 mai.

    Il est parfaitement légitime que cette phrase ait déclenché un véritable tollé parmi les organisations politiques progressistes, révolutionnaires, et même simplement démocratiques. Même ses ex-camarades du Parti Socialiste, avec une certaine dose de cynisme qui les caractérise, ont dénoncé cette attitude et cette déclaration.

    Cette phrase est, en effet, cruellement révélatrice. Elle indique ce que pense la bourgeoisie réactionnaire des “libertés fondamentales”. Elle indique la manière dont elle conçoit également le traitement juridique des manifestants inculpés.

    Avant toute chose, nous portons un regard critique sur la question de “Blacks Blocs” et des actions organisées en manifestation. Nous nous sommes déjà exprimés dessus par le passé, et nous considérons que la tactique choisie par certain et certaines n’est pas toujours particulièrement adaptée à la situation. En revanche, nous ne la condamnons pas et nous affirmons notre solidarité avec les inculpés et les inculpées.

    Gérard Collomb parle au conditionnel, car, à ses yeux, les libertés fondamentales ne sont que des contes pour enfant, des histoires faites pour se donner bonne conscience et pour se draper dans les droits de l’Homme dès qu’une injustice apparaît dans le monde et que l’impérialisme français aurait quelqu’interêt à s’en mêler.

    Dans les faits, tant l’histoire que l’expérience illustre le fait qu’il n’existe ni libertés fondamentales, ni droits inaliénables, ni rien que la bourgeoisie ne puisse retirer, si jamais cela correspond à ses intérêts. Les jeunes lycéens et lycéennes du lycée Arago à Paris en ont fait les frais, en étant confrontés à une loi qui criminalise “l’intention de commettre des dégradations et des actes de violence”. La présomption de culpabilité prend le pas sur celle de l’innocence.

    Gérard Collomb scandalise car, bêtement, il a laissé échapper cette malheureuse vérité, celle que l’Etat n’est pas neutre dans les conflits sociaux, n’est pas un relais passif de la démocratie, mais bien un fer de lance de l’oppression sociale et de l’exploitation économique. Gérard Collomb menace de supprimer le droit de manifester si jamais les manifestants n’agissent pas en auxiliaires de police, ne se muent pas en dénonciateurs et en mouchards.

    Voilà que les représentants de la bourgeoisie, les représentants des bourreaux du peuples, des exploiteurs, de l’ennemi de classe, exigent que les victimes de l’exploitation assurent des purges pour leur compte.

    La droite du mouvement social s’est empressé de faire valoir ses conceptions, Hamon déclarant qu’il trouvait scandaleux que les manifestants soient assimilés à des complices des violences alors que “même les CRS ont parfois du mal à  [les] canaliser« . La France Insoumise, par la voix de son leader Jean-Luc Mélenchon a déclaré “combattre les violences” dans le Huffington post, et, dans Libération : “ Je suis très vigilant sur la question de la violence, je la désapprouve absolument. Non pas pour des raisons morales ou esthétiques, quoique, j’en ai ! Mais la violence n’a aucune efficacité dans l’action révolutionnaire. Nulle part dans le monde, la violence n’a donné un résultat pour nous.”

    Grattez le verbiage “de gauche” et vous trouverez un libéral. Il est historiquement faux de dire que la violence n’a jamais donné de résultat, et ce, quelque soit le sens du “nous”. Dans Le Capital, Marx et Engels écrivaient La violence est l’accoucheuse de toute vieille société qui est enceinte d’une nouvelle.” Elle est aussi le moyen par lequel la bourgeoisie se maintient au pouvoir. Elle est la méthode par laquelle elle accroît son exploitation et son ordre injuste.

    Les Blacks Blocs et les mouvement autonomes ne sont pas des mouvements prolétariens, mais sont animés d’une idéologie petite-bourgeoise. Cependant, ceux et celles qui rejettent dans son intégralité la question de la violence, et qui se servent de quelques dégradations comme prétexte, montrent leur vrai visage. Il est celui du réformisme qui tremble d’effroi, en clamant que les travailleurs et les travailleuses rejettent la violence et ne la comprennent pas.

    Pourtant, la violence, les masses populaires la connaissent, car elles vivent l’injustice chaque jour, dans leurs travails, dans leurs lieux de vie, dans leurs lieux de socialisation. Elles savent, lorsque le patron exige, lorsque la police aboie, quelle est leur valeur juridique aux yeux de l’Etat, aux yeux de la bourgeoisie. Les masses populaires comprennent parfaitement la nature profonde de la dictature de la bourgeoisie. Elles comprennent son caractère criminel. Elles comprennent également la nécessité de la Dictature du Prolétariat, sans fard et sans voile, dans ce que signifie fondamentalement cette forme de pouvoir politique.

    Nous ne céderons pas aux invectives et aux chantages de la bourgeoisie et de son laquais, Gérard Collomb. Nous sommes solidaires et unitaires, et nous l’affirmons : Nous formons une seule ligne, un seul front : un front uni contre la bourgeoisie et le patronat. Nous ne laisserons pas la bourgeoisie décider de l’application du droit de manifester, ni imposer son ordre dans les cortèges.