Étiquette : réformisme

  • Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Dans nos vœux d’une année de lutte, nous avons mentionné que 2017 serait une année où bien des masques tomberaient.

    Nous maintenons cette affirmation, nous la maintenons et nous la considérons même déjà confirmée à plusieurs reprises.

    Il est aisé, pour un grand nombre d’organisations, de se réclamer révolutionnaires. Cela, en temps normal, ne demande qu’une simple déclaration d’intention. Il est même certain qu’un grand nombre de militants d’organisations réformistes pensent sincèrement qu’elles forment un fer de lance contre le pouvoir de la bourgeoisie.

    Seulement, les façades s’effondrent vite lorsqu’elles ne sont pas étayées. Souvent, il suffit d’une pression qui s’intensifie pour que les drapeaux se rangent, pour que la fierté teintée d’arrogance soit ravalée et transformée en soumission.

    Que cela soit précisé, nous ne sommes pas opposés par principe à participer à des élections. Nous pensons qu’elles peuvent être un baromètre de l’Etat d’esprit des masses, une manière de tester quelle est notre influence dans la société.

    Cependant, cette participation ne peut être que tactique, subordonnée à un objectif tout autre : celui de préparer la révolution.

    Nous ne souffrons pas de la schizophrénie propre aux pseudo-révolutionnaires. Comment pourrions nous clamer que nous allons mettre telle ou telle avancée en place, si de l’autre nous clamons que la bourgeoisie l’empêchera par la force ?

    Certaines tentent de concilier ces deux points de vue en optant pour un moyen terme bancal: le programme de transition. Cela consiste à exiger des choses impossibles à satisfaire sous le capitalisme, soi-disant pour en montrer l’inanité, et pousser les masses à adopter les positions révolutionnaires.

    C’est surtout une manière de ne PAS poser la question de la révolution, de la dictature de la bourgeoisie contre celle du prolétariat. Irréalisable, cette ligne conduit sans rémission à la désespérance face à un échec inévitable.

    Réclamer des assemblées ouvrières, réclamer l’interdiction des licenciements, réclamer des nationalisations forcées sous contrôle populaire, un salaire universel et suffisant pour tous… en somme exiger de la bourgeoisie des concessions qui formeraient un casus belli, voilà l’alléchant programme. Cependant, bien qu’admettant à demi-mot que celui-ci serait impossible à satisfaire, jamais ses promoteurs n’expliquent publiquement comment il sera possible de le surmonter. Tout cela par mépris pour les masses populaires, que ces intellectuels jugent incapables de se saisir des questions politiques et, surtout, de celle de la révolution.

    Les exploités, les opprimés, les masses sont parfaitement conscientes de la réalité de la dictature capitaliste. Elles sont pleinement à même de se saisir des enjeux et des questions politiques.

    « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. » [Préface et postface aux Enquêtes à la campagne, 1941] voilà ce qu’écrivait Mao Zedong.

    Seulement, au lieu de réaliser les tâches de Parti, les organisations opportunistes et économistes briment l’avancée politique. Au lieu de parler politiquement du pouvoir, ces organisations ne posent que  revendications économiques.

    Si une organisation comme L.O. mène souvent un travail d’enquête faramineux dans les usines, qu’en fait elle ? Elle s’en sert pour parler aux travailleurs, aux travailleuses, non pas de politique, non pas de révolution, mais uniquement des problèmes concrets qu’ils peuvent connaître. Problèmes que les ouvriers connaissent déjà, étant ceux qui les ont transmis aux militants.

    La boucle est désormais bouclée.

    Au lieu d’être des partis, ils sont des super-syndicats.

    Au lieu de briser le 4ème mur de la pièce de théâtre de la démocratie bourgeoise, ces mouvements la confortent, la dote d’une crédibilité renforcée. ne pas indiquer la nature de dictature de classe du système politique actuel, ne pas promouvoir la nécessité de le briser, c’est s’en faire son agent.

    Prétendre que le pouvoir se conquiert par les urnes, lorsqu’on brandit le marteau et la faucille, c’est mentir. C’est trahir son camp et passer avec armes et bagages pour celui de l’ennemi.

    C’est donner des leçons d’histoire alternative. Dans les faits, la bourgeoisie ne cède pas un pouce, insulte, menace, frappe et tue.

    Dans le monde magique où  vivent ces ignares et ces doux rêveurs, il semble que la bourgeoisie soit une chose morte, une chose statistique, et non cette force sociale capable de mener la guerre, l’exploitation, avide de richesses et -surtout- très consciente de sa nécessité de se maintenir au pouvoir.

    Dès qu’une force anticapitaliste crédible montre le bout de son nez, la bourgeoisie se déchaîne: où par la moquerie, si la menace est faible, tournant en ridicule les tentatives de pouvoir s’exprimer ; ou par la calomnie, par le mensonge, par le matraquage d’images bien imprégnées dans le cerveau, grâce à l’Education Nationale et aux magazines « historiques » : « Le Communisme a fait 100 000 000 de morts ; Staline est un dictateur; Mao était un être méchant. » Si jamais ce candidat persistait malgré tout, que d’intimidations, que de menaces aurait-il à braver.

    Mais une fois au pouvoir, dans le monde rêvé, comment serait-il crédible de penser que la bourgeoisie céderait le sien ?

    Au mieux, un refus poli serait envoyé. Au pire…gare au fascisme ! La bourgeoisie ne s’embarrasse guère de lois et d’éthique quand il s’agit d’accroitre son profit. Faut-il être un incorrigible naïf pour croire qu’elle cédera l’intégralité de son pouvoir, de son statut social, de ses privilèges de classe, par respect des « règles du jeu » ?

    Mais la bourgeoisie ne s’inquiète guère, et pour cause ! Au mieux les programmes de la gauche, pour les élections, sont chauvins, nationalistes et partisans de l’impérialisme, au pire, ils sont ceux de syndicats : ils exigent des euros en plus, des heures en moins, mais ne posent jamais la question du pouvoir.

    Il est important d’acter ce fait : La démocratie bourgeoise, c’est la démocratie de la bourgeoisie, pour elle seule, pour gérer ses intérêts. L’Etat bourgeois n’est pas une chose inerte, il est l’outil conçu, forgé, mis en œuvre par la bourgeoisie pour la bourgeoisie.

    Vouloir changer ce jeu de l’intérieur reviendrait à vouloir lutter un tenancier de casino à une table de blackjack.

    A nos yeux, seule la lutte révolutionnaire peut fonctionner.

    Les organisations politiques se revendiquant de la révolution, mais se présentant, montrent ainsi un visage bien triste :

    Lutte Ouvrière dénonce le fait de ne pas être invité sur les plateaux, par les médias, de ne pas être mentionné par la bourgeoisie. Devrions-nous nous en étonner ? N’y a t’il pas une contradiction fondamentale entre le fait de se dire communiste et celui de s’étonner que la bourgeoisie ne soit pas jouasse à l’idée de diffuser ces idées ? Voilà bien une manière de se rouler au sol, de pleurnicher, de prendre à témoin les masses, non pas en pourfendeur de la bourgeoisie, mais bien en se ridiculisant.

    Quant au N.P.A., il parvient à faire pire. Nous ne reviendrons pas sur l’humiliation subie par Philippe Poutou, au demeurant humiliation répugnante de la part d’animateurs d’un divertissement réactionnaire. Nous reviendrons sur la triste pétition lancée par ce parti, pour demander la participation de leur candidat.

    2017 Poutou doit en être, pétition signée actuellement par 5900 soutiens, n’est non seulement pas une humiliation de plus, elle est révélatrice du rapport du N.P.A. aux élections. Quoiqu’ils s’en défendent, les militants et militantes de cette organisation implorent les élus de parrainer leur candidat, pour respecter la « démocratie. »

    « Nous nous adressons à vous pour que vous permettiez à Philippe Poutou d’être candidat.
    Il a toute légitimité pour cela et il serait antidémocratique qu’il soit victime de la censure des grands partis institutionnels. »
    Mais, n’est-ce pas justement là, précisément, que le bât blesse ? La démocratie bourgeoise se caractérise par une démocratie creuse, de façade, conçue pour duper l’électeur et maintenir l’ordre.

    « En 2002 et 2007 avec Olivier Besancenot, en 2012 avec Philippe Poutou son courant politique a été présent et entendu dans les débats des présidentielles, son absence serait un recul démocratique. » Son courant politique, au contraire, s’est cantonné à une participation aux élections de la bourgeoisie, en a respecté les règles et les principes, et s’est couché platement.

    « Nous ne partageons pas nécessairement ses idées mais nous pensons qu’il doit pouvoir participer au débat de la présidentielle de 2017. » Cette phrase est révélatrice, en bloc, du fond du discours de cette organisation. Elle s’adresse au petit bourgeois démocrate, lequel soutiendra l’accès du N.P.A. à la grande foire aux élections -et aux remboursements de frais de campagnes.

    Le N.P.A. démasque son opportunisme en ces quelques lignes. Il ne fait pas même appel aux travailleurs et aux travailleuses, en leur clamant : « votre parti est censuré, mobilisez vous pour le défendre ! » ; il ne s’en sert pas pour dénoncer la mascarade que sont les élections, pour mobiliser les masses, mais bien pour quémander, au nom d’une illusoire démocratie, une place aux côtés des exploiteurs et des vermines.

    C’est là, un point qui révèle que les élections sont pour le N.P.A., comme pour Lutte Ouvrière, une fin en soi, l’aboutissement de leur stratégie, de leur programme. Nul part l’esprit révolutionnaire n’est autant absent.

    De deux choses l’une, chacune étant, de part et d’autre, une position fausse :

    Ou les naïfs découvrent la censure de la bourgeoisie et ils agissent en doux rêveurs.

    Ou ce sont des cris de fausse révolte, de fausse surprise, et ils agissent en menteurs en ne révélant pas la supercherie des élections.

    Nous ne devons jamais mentir aux masses quant aux étapes et à la difficulté d’avancer, pas à pas, vers la construction d’un monde plus juste.

    Nous ne mentons pas sur les parodies de démocratie, sur le jeu truqué de la bourgeoisie, sur sa censure.

    Nous ne mentons pas sur le fait que seule une révolution prolétarienne est à même de renverser l’ordre établi et de mettre en œuvre celui de la justice, du droit, celui de la liberté pour les opprimés et les exploités.

    Ce ne sont pas les quémandages électoraux, qui nous trainent dans la boue, dont nous avons besoin.

    C’est celui d’un camp du peuple, d’un Parti, qui ne s’abaisse pas à quémander à la bourgeoisie des droits, mais qui les saisit, par la mobilisation des masses, qui impose son contre-pouvoir à celui des bourgeois.

    Un camp qui n’agit pas dans les parlements, sauf tactiquement, mais qui agit dans la rue, dans les usines, dans les lieux d’éducation, de socialisation et même de détention.

    Nous voulons créer l’opposition extra-parlementaire pour lutter contre les attaques de la bourgeoisie, créer ce bouclier politique.

    Mais nous voulons plus, nous voulons à l’échelle de ce que représente les exploités, les opprimés.

    Les travailleurs sont le monde, et le monde est à eux !

  • Construisons l’opposition extra-parlementaire.

    Construisons l’opposition extra-parlementaire.

    Boycottons les élections !

    2017 ne doit pas être une année électorale comme une autre. Elle est bien trop symbolique pour rester ainsi, dans l’Etat Français, une année où la bourgeoisie peut boucler son tour de passe-passe sans le moindre problème. Ce serait non seulement une défaite politique, mais également une insulte à l’Histoire de la lutte des classes, à l’Histoire de l’humanité.

    Quelque soient les arguments avancés par les différents concurrents au pouvoir, ceux-ci ne sont que -au mieux- de la naïveté, au pire de la mauvaise foi totale.

    Nous devons apprendre de l’histoire, la dépoussiérer et retransmettre ses enseignements.

    La Commune de Paris, les Spartakistes, mais aussi le Chili de Allende nous montrent que les bourgeois ne respectent aucune règle. Chaque semaine sanglante nous démontre que cette classe parasitaire ne voudra pas être chassée, ne voudra pas même concéder une seule miette, sans être contrainte et forcée.

    Il y a cent ans, la bourgeoisie a subi une leçon qu’elle tente de faire oublier, bien qu’elle même ne l’oubliera jamais. La Révolution d’Octobre a démontré que, face à cette mascarade, la seule alternative était le pouvoir du peuple, imposé aux exploiteurs.

    Ce n’est pas la tâche ni le rôle des élus d’une élection bourgeoise. Même si elle prétend fonder une illusoire VIème République.

    Nous savons que les élus seront des laquais, des profiteurs, des opportunistes qui siègeront dans les salons, mais qui, pour conserver l’ordre, manieront bien aisément la matraque, quand cela ne sera pas le fusil. Leurs promesses ne sont que des aménagements marginaux, mais la grande majorité ne sont que des appâts destinés à ferrer le votant.

    Les candidats de cette masse informe et pourrissante, nommée la gauche, ne sont que des menteurs invétérés, des sociaux-chauvins, des sociaux-impérialistes. Cependant, nous respectons la candidature de Oscar Temaru, candidat de l’indépendance de la Polynésie, nous jugeons qu’il s’agit d’un individu sincère. Sa volonté d’utiliser les élections comme tribune pour plaider la cause de l’indépendance est juste. Elle doit probablement gêner aux entournures plus d’un chauvin, clamant que les colonies sont des « joyaux. » Respecter cette position ne signifie nullement cautionner le jeu truqué de la bourgeoisie. Le jour où M. Temaru menacera le pouvoir des impérialistes et des bourgeois, il n’aura pas l’occasion de le dire sur les ondes.

    Alors que les candidats nous vendent les plus beaux habits du capitalisme, nos pensées vont ailleurs.

    Nous pensons à nos quartiers, où l’ordre le plus brutal règne.

    Nous pensons aux colonies détenues par l’Etat Français, où la misère la plus noire règne, dans les jungles de Guyane comme dans les bidonvilles de Mayotte.

    Nous pensons aux pays que notre impérialisme écrase, pille, opprime. Les méthodes coloniales ont encore de beaux jours devant elles.

    Ne pas voir cela est être aveugle, mais le voir et se mentir est pire.

    Allons-nous, comme tous ces inconséquents, courber l’échine ? Allons-nous gentiment nous mettre en rang derrière une candidature ou une autre ? Allons-nous, ridicule suprême, accorder un « soutien critique », faire « barrage », tandis que nous avons pertinemment que, quelque fut le résultat des urnes, la bourgeoisie dicte son ordre ?

    Sommes-nous donc ainsi de ceux qui rangent leur drapeau, leur idéologie, et qui, discrètement, vont aller voter dans la honte de l’isoloir ?

    Non. Nous ne sommes pas de ce bois pourri.

    Nous appelons, en premier lieu, au boycott des élections. Pas une seule voix ne doit cautionner le jeu des bourgeois.

    Nous appelons à constituer une opposition extra-parlementaire.

    Le crétinisme parlementaire règne. Le camp du peuple a été disloqué. Nous avons, au cours des années, vu la démocratie être stérilisée, réduite, enchaînée à ces seules élections.

    C’est la ligne de l’Etat, celle qui est enseignée dans l’Education Nationale, matraquée à coup de slogans : la Démocratie ce n’est QUE les élections. Tout le reste serait illégitime.

    Nous dénonçons ceci. L’opposition extra-parlementaire doit s’exprimer partout : dans les organisations politiques de terrain, dans les syndicats, dans les organisations de la jeunesse, dans la société civile, dans la culture. Chaque terrain est un terrain de lutte politique et idéologique, contre les positions réactionnaires, obscurantistes, réformistes.

    Nous ne sommes pas seuls à promouvoir cette construction : Boycott 2017 ; Génération Ingouvernable défendent l’abstention et le rejet du parlementarisme bourgeois. Ces mouvements posent la question de ce qu’est la démocratie véritable : directe et populaire.  Nous voulons aller plus loin : la création d’une opposition hors des salons, hors des assemblées; hors des cadres décidés et encadrés par les ennemis du peuple.

    L’opposition extra-parlementaire doit former le centre de gravité du refus, de refus de la mascarade, du refus de l’exploitation, du refus de la corruption et du compromis.

    Cette opposition combattra résolument tous les agents de la bourgeoisie, que ceux-ci soient ses pions fascistes ou sociaux-impérialistes.

    Nous voulons reconstruire le camp du peuple, le camp de la paix, le camp du progrès, le camp de la liberté. Contre le premier bourreau des classes populaires de l’Etat Français, qui n’est ni Merkel, ni Poutine, ni Trump, mais bien sa propre bourgeoisie.

    Contre la mainmise de l’impérialisme français, contre ses agents, contre ses crimes, contre son ordre néocolonial.

    Contre la politique truquée des salons, contre la politique de l’institution, pour une démocratie populaire, directe et contrôlée par le peuple.

    Contre les pantins de la bourgeoisie, ses laquais, ses pions !

    Nous ne voulons pas de chef du conseil d’administration de la bourgeoisie, nous ne voulons pas de VIème République bourgeoise. Nous voulons une république socialiste !

    Abstention, boycott & opposition !

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon à la suite du rassemblement anti-électoral.

    Construisons l'opposition extra-parlementaire !

    Aujourd'hui, 450 personnes sont venues à l'appel conjoint d'individus, de la GALE et de notre organisation. Ce rassemblement est, à nos yeux, un succès. En toute indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, vis-à-vis des organisations de la bourgeoisie, vis-à-vis des opportunistes ne rêvant que de bulletins de vote, nous considérons que se posent ici les bases d'une opposition frontale aux élections. Au delà du boycott, ce "4ème meeting du week-end" porte la voix des abstentionnistes, de ceux qui voient, qui comprennent que la démocratie bourgeoise n'est qu'une illusion de démocratie.

    Trois candidats, chacun et chacune se targuant d'être "antisystème", viennent draguer leur électorat, à Lyon, ce week-end.

    Emmanuel Macron, l'ami des patrons, l'agent zélé du MEDEF, le chevalier en armure étincelante du libéralisme. Pour lui, le système qui l'irrite est bien celui de la régulation du travail, de la protection sociale. Lui et son soutien Gérard Collomb rêvent d'un monde d'exploitation accrue et impitoyable.

    Jean-Luc Mélenchon, le social-chauvin insoumis, héraut du peuple, mais surtout grand défenseur de "la place de la France dans le Monde", de l'impérialisme français. Celui qui accuse, cloue au pilori Angela Merkel, l'OTAN, l'UE, mais nie intégralement les agressions, l'exploitation, les rapports néocoloniaux qu'entretiennent la France et l'Afrique.

    Marine Le Pen, l'héritière de son père, qui se prétend, elle aussi, être l'amie du peuple, des travailleurs, mais au programme tout aussi libéral, antisyndical, antisocial que le premier, la xénophobie en plus.

    En dernière instance, l'électeur n'a le choix que de « voter bourgeois ».

    Ce rassemblement s'est tenu dans une atmosphère de motivation et d'entrain, du sentiment de fierté de pouvoir clamer que nous refusons chacun des candidats, chacun des valets de la bourgeoisie qui se présentent.

    A la suite de ce rassemblement, spontanément, les militants et militantes ont défilé, en scandant leur rejet d'élections étriquées, de l'exploitation, du capitalisme et de la police au service d'un Etat qui entretient un ordre injuste.

    La Police, par ailleurs, a encerclé et contrôlé les identités des individus présents, procédant à quelques pressions inamicales envers les manifestants, tels que "sale gaucho, on va te casser la gueule si tu parles", révélateurs d'un état d'esprit plus que réactionnaire dans une institution votant à plus de 50% pour Le Pen.

    Nous rejetons le parlementarisme, la démocratie bourgeoise, nous rejetons des élections dans des cadres étriqués, conçus, encadrés par les règles des exploiteurs. Nous réclamons, nous et bien d'autres, que la démocratie et la politique n'est pas que celle des salons et de la corruption.

    Nous revendiquons le fait de travailler à la constitution d'un camp du peuple, uni, opposé aux exploiteurs qui ne permettent que de choisir un nouveau "maître", mais sont prêts à écraser tout rejet de leur ordre injuste.

    Construisons une opposition extra-parlementaire, anticapitaliste, anti-impérialiste, indépendante et populaire !

  • Opportunisme et élections : les masques tomberont !

    Chaque jour qui passe nous rapproche du jour du scrutin de l'élection présidentielle, mais également de celui des législatives. Depuis que le coup d'envoi de la course aux fauteuils a été donné, une chape de plomb s'est abattue sur les luttes. La grande majorité de la vie politique se cristallise autour de ce qui est présenté comme la fonction suprême.

    Les élections approchent, et une nervosité s'empare des différentes forces. Que les partis bourgeois s'élancent de toutes leurs forces vers cet objectif, ceci est une chose qui se comprend, qui s'entend. Ils promettent monts et merveilles pour quérir les voix de ceux et celles -une espèce qui se raréfie- qui accordent encore un semblant de crédit à ces discours creux et, avec une intensité croissante, ponctués d'idées et de thèses réactionnaires.

    Qu'importe, dans le fond, si leur programme peut-être appliqué ou non, du moment où le bulletin est glissé dans l'urne. II n'existe nullement une chose telle qu'un contrôle sur les élus en régime bourgeois. La propagande politique de ces partis ne s'apparente nullement à l'énonciation d'une vérité, mais bien à la réclame publicitaire, au créneau, au segment de marché, auquel est vendu un produit politique.

    Les magiciens ne croient pas à la magie. Le prestidigitateur connaît le secret, le "truc". Les politiciens et politiciennes bourgeois sont de cette même essence, ils et elles sont des illusionnistes. Le Front National sait très bien que ses promesses chocs ne franchiraient jamais la barrière du conseil constitutionnel, pourtant ce parti continue de clamer qu'une fois le pouvoir remis entre leurs mains, celles-ci seront appliquées. La transcription de l'élection de ce parti ne s'est pourtant traduite que par l'arrivée aux affaires d'une clique de politiciens corrompus, clientélistes et putréfiés. Dans l'immédiate actualité, à la suite du "Penelopegate", le Front National, lui aussi ciblé pour ses détournements d'indemnités parlementaires, vient d'annoncer son refus de rembourser les 300 000€ indus. Comble de l'ironie pour le parti dont le slogan fût "tête haute, mains propres."

    Les Républicains font de même, en surenchérissant sur le nombre de fonctionnaires supprimés, en tentant de faire une synthèse avec les thèses de l'extrême-droite, en se drapant dans une rigueur inflexible inventée de toute pièce, tant leur corruption est sans borne. Combien de Lagarde, combien de Balkany, combien de Fillon sont nécessaires pour illustrer l'opportunisme et la gloutonnerie sans borne de ces parasites ? L'affaire de l'épouse de François Fillon est illustrative des méthodes et de l'absence intégrale de principe de la part de ces individus. La politique, pour eux, pour elles, n'est qu'un plan de carrière comme un autre, avec ses avantages en nature et ses petits bénéfices pris à la volée.

    Après 5 ans d'exercice du pouvoir, le Part Socialiste accouche de deux créatures. La première, Emmanuel Macron, semble tout droit issu d'une expérimentation visant à donner un avatar de chair à la Loi Travail. Il est l'enfant d'une union entre le Parti Socialiste et le MEDEF. Emmanuel Macron poursuit la logique sociale-libérale du Parti Socialiste, l'emmenant jusqu'à sa conclusion finale : elle retire sa peau, son masque social pour se vouer à un libéralisme intégral. Il trouve ses soutiens derrière des businessmen de la politique, tel Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, confondant régulièrement Chambre du Commerce et de l'Industrie et mairie. Derrière des individus ayant été au PS pour se doter du réseau permettant leur élection, mais donc la couleur politique attribuée est loin d'avoir laissé une empreinte. Le seul mérite de ce candidat est le suivant : à tant être la descente de lit du MEDEF, son programme en devient un des plus applicables, si les urnes lui en donnent l'occasion.

    Le deuxième enfant est la chimère tant espérée par le Parti Socialiste, mais également par le PCF. Benoit Hamon, le restaurateur de la dignité. En écartant François Hollande, en refusant Manuel Valls, le PS se redonne une chance. Benoit Hamon est relativement resté peu à l'écart des éclaboussures. Relativement immaculé, s'étant inventé un programme -inapplicable au possible- marqué à gauche, marquant une rupture avec la ligne Hollande – Valls, il ouvre la voie au rapprochement avec les éléments du PCF qui ne sont pas dans les bras de Jean-Luc Mélenchon. Nombre de pétitions, d'appels, exigent une fusion des forces des différents candidats, pour qu'une seule liste de gauche soit présente. Ainsi, le PS, qui a liquidé le code du travail, qui a bombardé, expulsé, matraqué, réprimé, emprisonné, est de nouveau devenu fréquentable. Ces cinq ans sont excusés, grâce à l'irruption du candidat Hamon.

    Le programme de Hamon est un exemple même d'illusion, de jeu de lumière, de tour de passe-passe. Il est sensiblement plus à gauche que celui de Hollande en 2012, mais pourtant il ne donne aucune explication de l'échec de ce dernier à le mettre en œuvre. Hollande serait il humainement mauvais ? Fut-il un agent dormant du MEDEF ? Ou cela est il simplement révélateur de la nature du régime bourgeois, lequel est un jeu de dupe, dans lequel l'intérêt de la bourgeoisie primera toujours ? Dans ce cas là, comment le candidat Hamon prétend-il surmonter les écueils ? Les voit-il ? Probable que oui, mais probable également que cela de lui cause guère d'émotion. La mystique du fauteuil Elyséen suffit à motiver et à promettre tout ce qui mobilisera pour les urnes.

    A l'exception, dans une certaine mesure, du dernier candidat, lequel joue la carte de "l'aile gauche", aucun ne se prétend être dans le camp du peuple, aucun ne se targue d'être un acteur de la lutte des classes. Ils sont des ennemis de classe, mais des ennemis déclarés, ouverts, assumés. Rendons à César ce qui est à César, rendons leur cet hommage là.

    Le propre de la trahison est de venir des siens. C'est de venir de son camp, de sa chair, de ses amis.

    Jean-Luc Mélenchon est de ceux dont le parcours parle pour eux. Difficile de donner l'argument de la naïveté pour cet individu qui, comme son fidèle Alexis Corbière, est passé par le Pôle Emploi du trotskisme : l'OCI et ses diverses déclinaisons. Tout comme Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis, Henri Emmanuelli, Gérard Filoche et d'autres, "Santerre" comme il se fait appeler, a milité au sein du groupuscule lambertiste avant de faire carrière au Parti Socialiste.

    Etant donné la nature des tracts et des documents publiés à l'époque par cette organisation, difficile de pouvoir contester que Mélenchon dispose d'un certain bagage idéologique. Nous ne ferons pas l'offense de le nier.

    Pourtant la lecture de "l'ère du peuple", du "hareng de Bismarck" ou encore du programme de la France Insoumise, révèle un contenu schizophrène. Le programme est typiquement celui du trotskisme, dans toute la splendeur illusoire du programme de transition, auquel s'ajoute la saveur typiquement issue de l'OCI, maintenant du POI  : le chauvinisme.

    Social, le programme l'est. Il est indéniable de le mentionner. Ce programme fait la part belle aux promesses de conquêtes sociales, de hausse de salaire, de défense de l'emploi et des conditions de travail.
    Chauvin, il l'est également. La dictature de l'UE, la vente de la France à Angela Merkel, la terrible occupation des troupes de l'OTAN en France, les arguments classiques passent et repassent, pour se ponctuer d'un magistral -et impérial- slogan: une nouvelle indépendance pour la France. Une place de la France dans le Monde, à travers ses joyaux que sont ses colonies. Une République Une et Indivisible. Qu'importe qu'il faille tenir par la force armée Mayotte, que les Békés s'engraissent dans les Antilles, ou que le FLNKS subisse la répression. Qu'importe encore les Bretons, les Basques, les Corses. "Paris vaut bien une messe" aurait prononcé Henri IV ; la place de la France dans le Monde vaudra bien une Saint-Barthélemy de ceux qui veulent la libération nationale.

    Surtout, le programme porte la main du mythe façonné par les réformistes radicaux : la possibilité de s'affranchir de la dictature du capital. La croyance qu'il est possible -tout comme Hamon et sa promesse d'un salaire pour tous- d'imposer des contraintes à la bourgeoisie sans qu'elle ne se rebiffe, sans qu'elle ne se rebelle, sans qu'elle n'appelle à l'écrasement de ceux qui osent -à peine- porter la voix contre elle.

    C'est là le paradoxe sot du programme de transition, il tient, bancal, une jambe plus courte que l'autre. Un programme trop ambitieux pour qu'il ne soit réalisé dans le cadre de la démocratie bourgeoise, mais trop court pour être révolutionnaire. Songeons-y : s'il est possible de contraindre la bourgeoisie à accepter l'intégralité du programme de la France Insoumise, du salaire socialisé ou d'autres inventions chargées de conférer un vernis radical au réformisme; pourquoi ne pas simplement la déposséder des moyens de production et de les remettre entre les mains du peuple ?

    L'idée sous-jacente serait probablement de démontrer l'incapacité du capitalisme à  satisfaire ces revendications, poussant ainsi les travailleurs, d'eux-mêmes à se diriger vers la révolution. Hélas, trois fois hélas, cet aventurisme ne masque que l'absence de stratégie, que le vide de l'analyse politique et historique. Il n'entraîne que le désespoir chez ceux qui ont placé leur confiance en lui. En niant la dictature de la bourgeoisie, en niant la nécessité de briser son ordre, en escamotant la question de la révolution, le programme réformiste social-chauvin de Jean-Luc Mélenchon s'oppose, de fait, à l'anéantissement du capitalisme.

    Au moins a-t-il un mérite, c'est celui de poser la question du pouvoir, même d'une manière erronée, même d'une manière chauvine. Ce n'est même plus le cas de l'autre faction trotskiste, le NPA.

    S'exprimer sur le NPA sans tirer sur l'ambulance, est difficile. L'attitude ambivalente de l'organisation sur un grand nombre de sujets, notamment sa capacité à participer, à la fois à des rassemblements de soutiens aux Kurdes qui se battent contre Erdogan et en Syrie et à la fois à d'autres avec ceux qui les égorgent, est illustrative et typique du trotskisme ainsi que de l'amateurisme.

     Dans la lutte pour les élections, panne complète de soutiens, le Nouveau Parti Anticapitaliste semble ne pas être en mesure de se présenter. L'organisation s'est fendue d'une pétition particulièrement pathétique, au sens premier du terme, sur la nécessité, pour la démocratie, que soient présents les candidats de cette organisation.  A courir deux lièvres stratégiques, le verbiage révolutionnaire et le fond réformiste, aucun n'est atteint à la fin. Au lieu de dénoncer la dictature de la bourgeoisie, le NPA l'implore de lui laisser une chance. Au lieu de dénoncer la mascarade électorale, il se met à genou, supplie, pleure pour que lui soit donné la possibilité de participer au jeu truqué

    Quant au programme, le NPA confirme sa place de super-syndicat, restant dans l'économisme et la lutte pour les droits démocratiques. Augmentation du SMIC, meilleure égalité salariale…etc. Si le NPA possède un mérite, c'est celui de dénoncer l'impérialisme français. Cela ne l'empêche pourtant pas d'appeler à son intervention dans les conflits, notamment syrien.  

    Bien triste tableau du panorama électoral. Cent ans après la révolution d'octobre 1917, les illusions sur la bourgeoisie et son régime durent. Rien d'étonnant en cela de la part des partis électoralistes, mais là où le bât blesse, celles-ci contaminent également ceux et celles qui se placent pourtant en dehors de cette course.

     

    De la phrase de gauche à l'unité avec le réformisme.

    Nombre d'organisations politiques revendiquées révolutionnaires trébuchent dans les fils tendus entre leurs jambes par la bourgeoisie. La peur motive nombre de prises de position erronées. En premier lieu la peur du FN, entretenue par ceux qui ne se gênent pas pour en appliquer le programme, laquelle donne naissance à cette volonté de faire barrage à ce dernier, quitte à s'allier à l'ennemi de classe. Cette position fait rabattre leur drapeau, les fait se soumettre idéologiquement, stratégiquement, à leur oppresseur.

    Le manque de confiance dans la capacité des masses à comprendre la nécessité d'une révolution ; à être en mesure de se saisir des conceptions politiques, à s'impliquer et à rejoindre la lutte contre le capitalisme. Le manque de confiance et sa propre conception.

    Ceux qui rejoindront Hamon, sous le prétexte ressassé tant en tant de fois qu'il est "possible de tirer vers la gauche le PS", au lieu de chercher à anéantir notre bourreau de ces 5 dernières années. Prétexte déclinable en maintes et maintes versions, lesquelles permettent de justifier un retournement de dernière minute et un appel au vote.

    Les professionnels du "soutien critique" sont légion. Donnant un blanc-seing au bourgeois, tout en restant "critiques", ils et elles ne font qu'accréditer la validité de ce jeu, participent, le renforcent. Leur critique ? Quel impact a-t-elle ? Aucun.

    La politique éternelle, centriste, du ni-ni rejaillit également. "Ni vote, ni boycott" ; tout comme auparavant le "ni pour, ni contre" ; "ni guerre, ni paix"… Cette position est une manière de ne pas attaquer le fond de l'affaire, de ne pas prendre position, de tenter de concilier ce qui est antagonique. Cette manière permet de prendre fait et cause pour l'un -ne pas s'opposer signifie accepter- tout en se donnant une image de refus pour conserver sa crédibilité. Son effet est de paralyser, de stopper, d'immobiliser tout mouvement, tout réflexion, tout action. La neutralité n'est pas communiste.

    La tâche des communistes, la ligne qu'ils et elles doivent défendre existe pourtant. Nous ne pouvons pas rester sourds aux élections, et nous devons nous positionner : les soutenons nous ? Acceptons-nous ce jeu ? Appelons-nous à voter pour un candidat aux législatives ou aux présidentielle ?

    Nous ne jouons pas aux jeux truqués.

    Un jeu dans lequel la bourgeoisie pose ses règles, pour faire rentrer ses laquais dans des cadres qu'elle contrôle, pour son propre intérêt et en imposant son ordre du jour. Présenté comme cela, bien fol serait celui ou celle qui accepterait. Et pourtant.

    Nous ne faisons pas partie de cette espèce. Nous dénonçons ce jeu ridicule et nous appelons à le dénoncer. Chaque voix donnée au jeu de la bourgeoisie l'accrédite et poursuit l'existence du mensonge. Pierre Desproges écrivait "l'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote." Cette phrase illustre intégralement la nature de la démocratie bourgeoise. Une farce. Un trompe l'œil. La bourgeoisie elle-même en brise régulièrement les règles, lorsqu'elles la contraignent trop.

    Voter pour ces candidats qui plient l'échine sous ces règles, pour des partis réformistes, nous ne le reprochons pas aux individus. Nous ne les blâmons pas, nous blâmons notre faiblesse à faire vivre le camp du peuple comme un contre-pouvoir réel.

    Mais les organisations qui appellent à jouer ce jeu, ou qui ne le dénoncent pas, doivent assumer la responsabilité de leurs actes et de leurs choix. Si un parti révolutionnaire, tactiquement, présentait des candidats, la question se poserait peut-être de manière différente. Les élections seraient une tribune tactique, un point d'attaque comme un autre et non le point suprême.

    Nous appelons au boycott des élections. Nous appelons à refuser ce jeu, à refuser chaque aspect de ce jeu et à dénoncer chacune des manœuvres des opportunistes, qu'elles fussent pour rabattre les électeurs vers la bourgeoisie ou pour couvrir leurs traces.

    Nous appelons aux réunions qui visent à constituer un camp antiparlementaire et anti-électoral. Nous appelons à la constitution d'un front, d'une alliance refusant le parlementarisme et la démocratie bourgeoise. Nous appelons à une expression politique commune, sur les bases de l'anticapitalisme, de l'opposition -en premier lieu- à l'impérialisme français, sur la dénonciation de la parodie de démocratie et le rideau de fumée des élections.

    Nous appelons à constituer ce camp du peuple, seul à même de pouvoir exister et peser, à l'heure actuelle, comme une force antibourgeoise. Nous appelons à l'existence d'une opposition au pouvoir de la bourgeoisie, non pas dans les salons et les fauteuils, mais dans la rue, dans les usines, dans les champs, les écoles, les universités, les pôles emploi et les prisons.

    2017 ne doit pas être une année sous le signe de la bourgeoisie, elle doit être l'année de la renaissance, dans l'Etat Français, d'un camp populaire, indépendant et offensif !

  • Le Parti Socialiste, l’hydre opportuniste aux mille têtes. Tranchons-les une par une !

     

    Entre 2012 et 2017, 5 années de direction de l'Etat par le Parti Socialiste laissent un goût particulièrement amer en bouche. Le bilan est plus désastreux mériterait des pages et des pages noircies d'encre, pour couvrir tous les "services" que ce parti -et sa coalition- ont pu rendre.

    Une stratégie de campagne ventant monts et merveilles aux électeurs, des promesses à la pelle, de grandes et belles phrases sur la manière dont Nicolas Sarkozy avait pu gérer les affaires de l'Etat… Et au final, le néant. Et encore, le néant aurait été préférable tant les maigres réalisations ont été dangereuses et contre productives.

    Le mariage pour tous, qui fut une des rares mesure progressiste mise en œuvre par le Parti Socialiste, a été conduit d'une manière outrageusement malhabile, si longue qu'elle a laissé le temps à une boite de Pandore de s'ouvrir. Des réactionnaires d'une virulence sans bornes ont pu ainsi défiler, scander leurs slogans haineux et rétrogrades, mais également se renforcer et reprendre une place perdue dans l'échiquier politique.

    Cette mesure, qui émerge seule au milieu d'un océan d'échecs et de retours en arrière, illustre à elle seule la faillite de la social-démocratie.

    Le programme économique du gouvernement a été intégralement dicté par les appétits voraces d'une bourgeoisie qui pouvait s'en donner à cœur joie. Qu'avait-elle a perdre ? Le Parti Socialiste endosse les responsabilités. La pire issue , à l'heure actuelle, serait une alternance politique avec la droite. Rien qui puisse inquiéter la bourgeoisie. Mieux encore, elle a soutenu l'élection du Parti Socialiste.

    Rendons pourtant un brin justice aux membres de ce parti, ils sont arrivés au pouvoir à un moment où cela arrangeait bien les bourgeois et les bourgeoises. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait laissé des tensions sociales importantes.Cela tant du fait du climat économique que du style même de direction de l'équipe présidentielle, qui avait -pendant ces 5 années- soufflé sur les braises ardentes du racisme et de la réaction. Que ne soient pas oubliés les débats sur l'identité nationale, tenus, de plus, à Vichy. Que ne soient pas oubliés les cadeaux aux milliardaires, tout comme la visite d'un Kadhafi par la suite éliminé.

    Un modus vivendi était donc nécessaire, pour les capitalistes, avec les partis de gauche. Soutenir le Parti Socialiste, pour la bourgeoisie, cela signifiait anesthésier ses courroies de transmission syndicales, associatives, culturelles. Cela signifiait neutraliser un certains nombre d'élus locaux et de députés. De fait, cela signifiait laisser les mains libres à la bourgeoisie pendant cinq années qui s'annonçaient -dans tous les cas de figure- difficiles. Certes cela aurait des conséquences sur leur agent servile, mais cette perte était acceptable. Après tout, le Parti Socialiste a t'il été un jour autre chose qu'un paillasson ?

     Dans le fond, la meilleure chose qui aurait pu arriver au PS aurait été de perdre ces élections. Cela lui aurait évité de se ridiculiser intégralement en appliquant une politique encore plus agressive et ambitieuse que celle de Nicolas Sarkozy. Avec Sarkozy, la bourgeoisie devait négocier les formes pour ne pas perdre son poulain, mais avec Hollande, qu'importe !

    D'une manière assez intrigante, ce scénario s'est reproduit avec la Police. Les policiers aimaient, dans l'ensemble, l' "ex-premier flic de France." Or, cela tendait à neutraliser en partie leur agressivité individuelle. Le pouvoir allant dans leur sens, il aurait été malvenu de lui créer des tracas trop visibles. La répression policière des mouvements sociaux fut donc très dure, mais relativement cadrée. A l'inverse, dès le début du quinquennat de Hollande, dès le premier rassemblement dont nous avons été témoins devant leur local de Lyon, la police a immédiatement chargé sans la moindre retenue, nous laissant pantois.

    D'une manière générale, les mouvements dans les périodes sous la direction de la droite sont massifs, mais peu politisés. Les opportunistes et les réformistes tentent d'y imposer leurs mots d'ordres, disposent de relais et d'appareils bien rodés et d'une manière générale trustent les apparitions médiatiques, donnant le ton du mouvement.

    A l'inverse, dans les périodes où le Parti Socialiste est aux affaires, les mouvements sont toujours plus complexes à mettre en œuvre. Les relais sont neutralisés ou hostiles, et tentent de saper les mobilisations. Mais d'une manière générale, elles sont intensément politisées. C'est ainsi que la dialectique opère. La mise sur le banc de touche du réformisme traditionnel a joué un rôle important.

    Pour autant, le mouvement contre la Loi El-Khomri, même si il a poussé des formes de contestation allant plus loin que celles sous Sarkozy, avec l'émergence d'une conception politique de la lutte, s'est pourtant enlisé et n'a pas débouché sur une remise en cause du système capitaliste en général. Le mouvement n'a pas posé la question, cruciale, du pouvoir. Une percée s'est même faite de la part des complotistes.

    Nous sommes les premiers à nous blâmer de cet échec, étant donné que les communistes n'ont pas eu une influence importante dans ce mouvement, n'ont pas réussi à lui donner une direction. Nous devons en tirer des conclusions quant à nous même. Le mouvement spontané des masses est réformiste, et c'est à nous de lui apporter la conception révolutionnaire.

    C'est notre tâche à accomplir.

    Au final, le bilan de ce quinquennat est glaçant et le Parti Socialiste est aux abois, sans la moindre crédibilité restante.  Pour autant, nous ne sommes pas à l'orée de son arrêt de mort.

    Mais deux choses permettent de surnager et de surmonter cette crise. C'est le caractère fondamentalement primitif, idéologiquement parlant, de ce parti, ainsi que le fait qu'il n'ait aucune unité interne.

    Nous, communistes,  adhérons à la conception du parti de type nouveau développée par Lénine. Rien n'est, pour nous, plus impensable qu'une organisation sans la moindre homogénéité, qui ne cherche pas à être à la pointe idéologiquement parlant, et qui tolère des fractions et des cliques en son sein.
    Pour nous, cela n'est pas tolérable, car notre conception du parti est basée autour de l'affrontement avec la bourgeoisie et de la conquête du pouvoir contre elle. C'est pour cela que nous rejetons, entre autres raisons, le Parti Communiste Français.

    Cette conception des choses fait que notre Parti doit prendre une forme particulière, avoir un fonctionnement particulier pour lui permettre de remplir ces tâches. Ce fonctionnement vise à l'unité maximale dans l'action ainsi qu'a une recherche théorique et un combat idéologique de chaque instant.
    Pour nous le Parti Socialiste est une clique dont le but est la conquête par les urnes du pouvoir, donc une coterie où chacun peut s'exprimer tant qu'il rapporte des voix. C'est cet aspect qui permet l'unité de Gérard Filoche -trotskiste- jusqu'à Valls -droitier au possible. C'est ce qui permet de tolérer dans un même parti, dans son bureau national, autant de conceptions antagonistes -ou prétendument antagonistes.  Clamant leur indépendance, ces frondeurs ne sont que des rabatteurs pour les majoritaires du PS, leurs laquais les plus prompt à la courbette.

    Dernièrement le Parti Socialiste s'est illustré par un certain nombre de déclarations pansements, tant de la part des candidats à la primaire "de gauche" que de la part du gouvernement.

    La réhabilitation posthume des communards de 1871, lancée par les écologistes et certains membres du Parti Socialiste, est un exemple. Le journal l'Humanité les cite: "la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques". Quelle hypocrisie sans nom. Tous les partis sociaux-démocrates ont combattu contre les révolutionnaires, dans chaque révolution de l'Histoire. Si la Commune de Paris avait lieu aujourd'hui, nul doute que ces organisations seraient les  fers de lance de la répression,  tout comme les Mencheviks ont lutté contre la Révolution d'Octobre, tout comme le SPD l'a été en Allemagne contre les Spartakistes et contre le KPD. Jamais les organisations de ce type n'ont agit autrement que comme des laquais de la bourgeoisie. Mais là, l'événement est suffisamment devenu consensuel pour que, sans risque, le PS et EELV puissent s'en emparer, le souiller, le salir. Tout est bon pour les opportunistes.

    Malik Oussekine lui aussi, est instrumentalisé par ses marchands de mémoire. Tué sous la présidence de François Mitterrand, mais sous un gouvernement de cohabitation, le jeune étudiant assassiné en 1986 par les voltigeurs de Pasqua  est une cible parfaite pour les charognards. Toujours est-il qu'il est de bon ton de cibler la droite et non la Police pour ce crime. Cela serait gênant dans une ligne politique gouvernementale qui vise à octroyer plus de facilité pour les policiers, et qui réprime les soutiens à la famille Traoré. Mais la mémoire est élastique, et les opportunistes du Parti Socialiste s'en accommodent. Il est possible de broder sur la vérité pour en faire un habit de mensonge.

    La pseudo-condamnation de Cahuzac, tout comme, dans une certaine mesure, la non-peine infligée à Christine Lagarde, font partie de ce jeu d'esbroufe. Le but est simple, condamner à demi-mot les dérives des opportunistes, tout en ne leur infligeant qu'une simple tape sur la main. En direction des masses, le signal serait de dire: "nul n'est au dessus des lois"; tandis que vers la bourgeoisie, cela forme un sympathique rappel de l'amour que leur portent l'Etat et les partis bourgeois.

    Dernièrement, la grâce de Jacqueline Sauvage est également arrivée comme une démonstration de l'esprit progressiste, antisexiste, du gouvernement de gauche. Pourtant, le geste est avant tout publicitaire et électoral, histoire de redorer un blason couvert de crasse. Nul doute que notre gouvernement, qui tolère des Denis Baupin dans ses rangs, au sein du parti allié EELV, ne se penche sur les questions de sexisme que dès lors qu'elle rapportent quelques soutiens supplémentaires en période de disette électorale.

    Voilà quels cadeaux nous offre, en cette période de fêtes, un gouvernement qui, de l'autre main, a liquidé le CDI, ravagé les acquis sociaux, bombardé d'autres Etats pour la grandeur de l'impérialisme français. Voilà quels cadeaux de misères nous offre un gouvernement "de gauche" qui offre, comme le mentionnait le Canard Enchaîné, des exemptions d'impôts immense à ses amis bourgeois. Voilà un état qui prétend être devenu le porte drapeau du progressisme pour quelques commémorations et grâces, mais qui maintient en prison ceux et celles qui luttent pour la vérité, celles et ceux qui combattent l'impérialisme, comme Georges Abdallah, qui se battent pour la libération de leur pays, pour la liberté des nations sans Etats.

    Nous ne l'oublierons pas, nous ne le pardonnerons pas.

    La primaire "de gauche" nous offre un spectacle d'un ridicule achevé, tant les discours des candidats sont à mille lieu de ce qu'ils ont pu produire au pouvoir. Bien des occasions vont nous être données de pouvoir disséquer quelles promesses fausses et ridicules sont émises par ces laquais de la bourgeoisie.

    Que dire d'un Valls ou d'une El-Khomri qui lapident le 49.3 après s'en être abondamment servis ? Que dire qu'un Macron antisystème alors qu'il en l'est l'apôtre le plus zélé ?
    Que dire, d'une manière générale, de ministres qui n'ont aucun mot pour justifier leur bilan calamiteux, mais qui, comme si tout était effacé, se relancent, tout sourire, vers la conquête du pouvoir ?

    Que dire de candidats ridicules essayant de faire miroiter la peur d'une droite ou d'un FN qui auraient pourtant bien du mal à appliquer un programme plus droitier que celui d'un Parti Socialiste au pouvoir ?

    Nous ne pouvons que leur dire merci.

    Merci à eux, merci à la social-démocratie.

    Merci à eux d'avoir démontré l'échec intégral du réformisme, qui tente de faire la synthèse entre deux positions intégralement contradictoires, entre les intérêts du peuple et des patrons. Merci à eux d'avoir illustré à la face de tous leur opportunisme, leur soumission aux vœux des bourgeois et des bourgeoises. Merci à eux de s'effondrer sur eux mêmes, comme un château de carte bancal.

    Cette zone tampon, si utile à la bourgeoisie, cette illusion d'alternance, la voilà morte, ou du moins temporairement neutralisée.

    Qu'il y aie des sociaux-chauvins prêts à la remplacer au pied levé, cela ne fait pas de doute. Le PCF, Mélenchon et sa bande, tous rêvent d'occuper la place du PS dans l'échiquier politique.

    Nous communistes, nous ne devons pas prêter le moindre crédit aux propos des cliques réformistes "radicales." Nous ne devons pas nous effrayer, comme le fond déjà certains, de la destruction du PS. Ils se sont démasqués comme des ennemis du peuple, il est essentiel de les pourchasser et de les dénoncer.

    La dialectique avance, et brisera sur son passage tous les opportunistes. Car il n'est pas possible de faire de concession, de synthèse, entre l'exploiteur et l'exploité, entre l'oppresseur bourgeois et ceux qu'il opprime.

    Plus que jamais, nous avons besoin d'un Parti Communiste révolutionnaire, non pas de la clique révisionniste qui usurpe ce nom. Nous avons besoin de cette arme contre la bourgeoisie, car elle seule peut mettre fin à ce ridicule cycle d'alternance entre bourgeois et bourgeois.

    Les élections ne doivent pas nous effrayer, car notre force est dans la lutte. Les appels au vote ne doivent pas nous méprendre car l'expérience de 5 ans de gauche montre leur absence totale de valeur.

    Pas une seule voix pour les partis bourgeois ! Le Parti Socialiste est l'ennemi des travailleurs et des travailleuses !
    Chassons l'opportunisme et le réformisme ! Vive la lutte des classes !

    1917 – 2017 en avant vers de nouvelles victoires !

  • Pas d’unité avec les agents de la bourgeoisie !

    Travailler unitairement ou être un serviteur ?

    En ces temps difficiles, il est plus que légitime de vouloir serrer les rangs. Il est plus que légitime de vouloir faire bloc pour se défendre. La caporalisation de la société, l'offensive débridée de la bourgeoisie, aiguillonnée par la crise, mais aussi les tensions internationales sont autant de facteurs qui concourent à ce que les forces du progrès et de la révolution soient en difficulté.

    L'avancée de mots d'ordres réactionnaires, la montée en puissance des fascistes, qui découle directement de cette situation se traduit par un impact direct sur la manière dont nous pouvons mener nos luttes.

    L'autodéfense militante, mais aussi populaire, n'est pas un vain mot. Ou du moins ne doit pas l'être. Elle demande une mise en commun de nos forces, de nos énergies, de nos capacité de lutter. Des différences existent entre toutes les organisations voulant lutter pour la révolution. Des différences idéologiques, des différences d'analyse, des différences de stratégie… Ces différences font que nous ne portons pas le même message  "positif", "affirmatif", le même programme politique.

    Pour autant, elles n'empêchent pas une union "négative", défensive, laquelle doit nous permettre de résister aux attaques de nos ennemis, bourgeoisie, réactionnaires, appareil d'Etat. Cette logique de front uni, de front défensif à toujours animé le mouvement révolutionnaire et le mouvement ouvrier.

    Aujourd'hui, alors que nous sommes au creux de la vague, cette logique doit nous animer.

    L'unité est notre but.

    Mais il n'est pas possible de faire d'unité sans ligne de démarcation.

    L'opportunisme n'est pas une exception, il est même une règle générale. Certes nous sommes dans un temps difficile, mais également dans un temps d'élection. Et c'est là que nous voyons les rapaces se ruer sur tout ce qu'ils peuvent dépecer. Dans le but de pouvoir aspirer les forces vives de la lutte, de siphonner tout leur travail et leur énergie, ces traitres ne reculent devant aucune manœuvre, aussi basse soit-elle.

    Camouflant leur drapeau, passant par le truchement d'organisations, d'associations "présentables", ils vampirisent les luttes, vampirisent le travail acharné, et écrasent notre discours politique.

    Tous les prétextes sont bons pour détourner les mots d'ordres politiques défendus, pour les ramener vers la platitude, vers le moralisme, vers leurs intérêts et leurs mots d'ordres réformistes. Que cela soit la volonté d'être "large", que cela soit la volonté "d'avoir des relais", que cela soit la volonté "d'être présentable", à chaque pas ils sèment des embûches et des entraves pour saper la lutte et le développement d'une ligne qui ne se finisse pas par un bulletin dans une urne.

    Et lorsque toute vie, toute énergie à été aspirée, ils jettent l'emballage, vidé, aux ordures. Lorsque les élections sont passées, ils et elles les lâchent comme un kleenex usagé.

    Le Parti Socialiste s'est fait une spécialité, grâce à son héritage trotskiste, de ces méthodes. Il parasite, vampirise, s'accapare tout ce qu'il peut, et écrase le reste. Il transforme, par le chantage, les militants honnêtes en serviteurs zélés, en échange de promesses que ce parti ne tiendra jamais.

    Nous ne pouvons pas travailler avec ces gens qui sont nos ennemis, qui sont les ennemis du peuple.

    Notre bataille est autour de la constitution d'une force en toute indépendance de classe.

    Sans cette indépendance, nous sommes les serviteurs de la stratégie de partis bourgeois. De partis, d'organisation dont le seul but est d'occuper la tête de l'Etat impérialiste français, de le diriger, de cogérer avec la bourgeoisie l'exploitation des travailleurs et des néo-colonies.

    Nous ne pouvons pas accepter d'agents de l'impérialisme parmi nous. Cela serait trahir ceux qui luttent pour leur indépendance, pour leurs droits, qui luttent pour couper une à une les têtes de l'hydre de l'impérialisme de notre propre Etat. Nous ne pouvons accepter dans nos rangs les sociaux-chauvins, qui rêvent de "la place de la France dans le Monde", qui parlent de la Guyane comme d'un joyau, non d'une terre colonisée. Nous ne pouvons accepter ceux qui refusent de reconnaître l'artificialité du "roman national", et qui s'arc-boutent à la position d'une France "unie et indivisible."

    Ces gens sont des négationnistes de la lutte des classes. Ils nient le fait qu'il n'existe pas de compromis possible entre la bourgeoisie et les exploités. Parler de "France" c'est parler de la bourgeoisie de France. La "France dans le Monde", c'est la place de la bourgeoisie de France dans le Monde.

    Ces organisations sont des serviteurs de la bourgeoisie la plus réactionnaire et la plus chauvine, qu'ils se camouflent derrière un vernis "de gauche" ne change rien. Nous ne pouvons croire à de la bêtise de leur part, connaissant leur parcours politique. Or, si ce n'est pas de la bêtise, c'est donc du mensonge conscient. Enver Hohxa, en 1960, avait prononcé à Moscou les mots suivants: « Qui ne voit pas cela est aveugle, qui le voit mais le cache est un traître au service de l'impérialisme. » C'est bien ce à quoi nous avons à faire aujourd'hui.

    Nous ne pouvons accepter d'organisation qui sont à la tête de l'appareil d'Etat, ni leurs succursales. Nous ne pouvons serrer la main de nos bourreaux, de ceux qui sont les premiers responsables de cette situation politique, de ce marasme. De ceux qui nous ont matraqués, de ceux qui ont ordonné à la police de tuer, à l'armée d'écraser, au sein de l'Etat Français ou dans les néo-colonies.

    De même que nous ne pouvons travailler avec nos bourreaux de l'appareil d'Etat, de la Police, de la Justice, au service de la classe bourgeoise, au service de leur ordre injuste. Se mettre à leur remorque, c'est se changer en auxiliaires du pouvoir bourgeois, non en agent de la lutte populaire. C'est tirer en arrière la lutte, la dépolitiser, la ravaler au rang de supplique demandant l'intervention des pouvoirs publics, demandant aux candidats des gages, bref, c'est être inféodé.

    Ayons foi en nos forces !

    Nous sommes peu nombreux. Nous sommes faibles. Nous sommes isolés. La tentation pourrait être grande de signer ce marché de dupes, de mettre nos forces au service de nos ennemis, en espérant y gagner quelques miettes.

    Mais le propre des marchés de dupes, c'est qu'ils sont fait pour duper.

    Quelle ironie que de vouloir renverser l'ordre bourgeois, mais d'être effrayé dès les premiers obstacles. Quelle ironie d'être si ambitieux, mais de se réfugier dans les bras rassurants du réformisme le plus plat, dès que les choses tournent un tant soi peu au vinaigre. Ne surestimons pas l'ennemi ! Il se gonfle, montre les muscles, mais il n'est pas invincible !

    Aujourd'hui, la promotion de la peur, de l'effroi, fait le jeu des réformistes et de ceux qui ne voient comme forme de lutte que le bulletin. Effrayer, c'est mobiliser pour voter. Effrayer et gonfler la taille de l'ennemi, c'est une manœuvre pour ramener les militants, les masses, derrière la bannière ensanglantée du réformisme.

    Tant que nous cautionneront l'opportunisme et sa présence néfaste, tant que nous nous mettrons à sa remorque , nous ne grandirons jamais. Nous serons un paillasson sur lequel les opportunistes s'essuierons les pieds.

    Les réformistes sont nos ennemis, ils ne seront jamais nos alliés. Il est inutile d'inviter ces loups dans la bergerie.

    Nous ne sommes pas seuls, nous avons le pouvoir et le devoir de gagner les larges masses, de rassembler, de mobiliser et de les organiser. Nous devons avoir foi en notre capacité à être moteur, en toute indépendance, à nous massifier, à grandir, sur nos forces propres. Nous avons le devoir d'être confiant en notre capacité à surmonter les obstacles, à dépasser et à combattre par nous même par les masses nos ennemis.

    Pas d'unité sans démarcation !

    Pas de place dans nos rangs pour les agents de la bourgeoisie et de l'impérialisme !

    Unité populaire !

  • Le P.S. tombe les masques sur l’inutilité de son programme

    "Notre parti n'a aucun intérêt à rejouer la pièce des élections précédentes, où le temps passé à discuter et à se disputer pour élaborer un programme est inversement proportionnel au temps que le candidat passe à le lire et à le reproduire."

    Le Parti Socialiste, enfin, cesse de se mentir. Après l'adoption d'une motion par le Conseil National du Parti Socialiste, il renonce officiellement à présenter un programme.

    L'explication est simple: Les programmes ne sont pas appliqués. Le PS quitte donc la tradition des partis issus du mouvement ouvrier -où le programme est le point central, et le candidat secondaire- pour rejoindre la tradition gaulliste: une clique, une coalition, qui s'unit pour porter un candidat pour les élections, mais sans synthèse programmatique.

    C'est un double aveu qui est fait:
    Le premier est que le PS s'effondre peu à peu, et que son unité de façade s'est complètement fracturée. Le sauve-qui-peut de la fin du mandat du président le plus impopulaire de la Vème République a effrayé la bande d'opportunistes qui composent le PS. Les rats quittent le navire, et l'hémorragie de cadres ne fait que commencer.

    Pour se sauver, le PS joue la carte de la primaire large, de la candidature unique du plus populaire. Le PCF, larbin du PS, son croupion, sera là pour donner l'impression qu'il s'agit d'un front uni large, en échange il conservera quelques mairies et élus aux législatives. Les logos se feront plus discrets, le PS en à l'habitude, le no-logo lui a toujours permis de s'infiltrer et de se faire servir la soupe. Ainsi, les cadres du PS espèrent conserver leurs sinécures, leurs privilèges, et échapper à la destruction totale du parti Socialiste.

    La deuxième raison qui pousse à ne pas faire de programme est plus systémique. 
    Un débat de fond sur des idées ne sert à rien, en effet, car le pouvoir réel n'est pas à l'Elysée. Les promesses du candidat Hollande, tout comme celles de chaque candidat, étaient automatiquement invalides dès qu'elle touchaient un tant soit peu aux intérêts de la bourgeoisie. A quoi bon faire un programme quand les grands capitalistes, la bourgeoisie donnent les ordres ? Pourquoi s’embêter ? Les transnationales françaises déterminent la politique diplomatique de la France, pourquoi donc s'en faire ? Et si nous n'obéissons pas, gare ! La dette d'Etat nous étoufferait, et nous perdrions le soutien de nos braves créanciers !

    C'est ce double aveu, de la part du PS, qui est à saluer: L'élection présidentielle est une farce, une farce dans laquelle les partis réformistes sautent à pied joint, avec joie et enthousiasme. Une farce qui se base sur l'opportunisme, la démagogie, le populisme.
    Une farce qui vise à présenter des choses irréalisables pour glaner des voix, à faire croire que demain le soleil brillera toujours.

    Une farce d'autant plus ridicule que le bout de piste n'est qu'un bureau. Le président n'est que le chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française. Qu'importe pour qui les votes pencheront, ce ne sera qu'une saveur légèrement différente pour votre exploitation. Saveur marine, hollandaise, ou autre. Mais le fond sera le même.

     

    Nous, communistes, considérons que cette farce, cette blague de mauvais goût -en particulier pour les victimes de l'impérialisme français- a assez duré. Nous rejetons le Parti Socialiste comme nous rejetons toutes les vermines opportunistes, tous les traîtres et les ennemis. Le Jour où une élection sera en mesure de mettre en péril le pouvoir de la bourgeoisie, gare au fascisme !

    Lénine écrivait, dans Le renégat Kautsky et la révolution prolétarienne:
    « Jamais, si ce n'est dans l'imagination doucereuse du doucereux benêt Kautsky, les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles leur avantage. »
    Pour liquider le capitalisme, il ne faut pas un bulletin de vote. Il faut une armée: celle du peuple !