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  • Fin de Partie – VI – Les contradictions au sein du peuple.

    Fin de Partie – VI – Les contradictions au sein du peuple.

    Les contradictions au sein du peuple.

    Les organisations progressistes ou se revendiquant de la révolution ont été -globalement- en situation de faillite politique au cours des dernières années. Les raisons sont multiples.

    Les organisations communistes ont été, d’une manière générale, faibles ou absente. Le devant de la scène « radicale » demeure occupé par les organisations réformistes-radicales ou révisionnistes. Ce sont des raisons détaillées dans plusieurs autres brochures, telle que « les bases de l’opposition extra-parlementaire.« 

    Mais d’une manière générale, l’ensemble des acteurs politiques révolutionnaires a fait preuve d’une faiblesse idéologique criante. Laquelle s’est ressentie dans tous les compartiments de la lutte, dans la stratégie comme dans la tactique.

    Les débats publics, sur la politique générale ou sur les sujets de société, se sont traduits par des échecs. Dans un certains nombre de cas, la bonne volonté s’est transmutée en contre-productivité.

    Les réformistes ont fait preuve d’un opportunisme virulent, charognard, illustrant le fait qu’ils sont prêt à tout pour gagner quelques places au chaud, quelque points dans les sondages.

    Le mariage pour tous, ainsi, fut ignominieusement utilisé par le Parti Socialiste comme une bataille de fixation, permettant d’opérer des réformes ailleurs. Les médias, les masses et les organisations politiques opposées à ces projets étaient occupés par ces diversions – progressistes certes, mais diversion, tout de même.

    Le PS a fait traîner les choses. Au lieu d’être une charge tambour battant, les longueurs, les langueurs, de l’avancée de cette loi ont permis à l’extrême-droite d’apparaître publiquement comme une force d’opposition.

    Cette victoire, la seule progressiste que le Parti Socialiste puisse mettre en avant durant ce quinquennat, fut une victoire à la Pyrrhus pour les forces progressistes. Elles en sont ressorties lessivées, affaiblies, comparé aux gains de l’extrême-droite.

    Ceci forme un exemple, particulièrement illustratif, mais relativement annexe comparativement à la grande bataille : la question de l’Islam et de l’immigration. Ce débat politique profond continue d’être un carnage. Ce terrain demeure le terrain de la victoire pour l’extrême-droite, pour ses conceptions. Il est un terrain de chasse pour tout ceux et celles qui veulent récupérer quelques voix. L’accusation d’islamo-gauchisme contre Benoît Hamon est une démonstration parfaite de ce qu’un opportuniste comme Manuel Valls peut employer comme armes.

    La question de l’Islam est une tactique : la loi condamne le racisme, mais elle ne condamne pas l’islamophobie en tant que rejet de la religion musulmane. Le clamer demeure tout à fait légal.

    Le discours d’extrême droite s’est ainsi dirigé vers une association « Arabes = Islam », permettant de former un paravent légal. L’amalgame est parfait. Aujourd’hui, au sein de l’Etat français,  « musulman » est devenu synonyme de « magrébin. » Les « bougnoules » ne sont plus pourfendus publiquement -sauf exceptions rares- mais deviennent des islamistes obscurantistes qu’il est nécessaire de chasser.

    Ce maquillage du racisme par la religion permet d’opérer certaines manœuvres impossible auparavant.  Ainsi, de pourfendeurs de la laïcité, les fascistes en sont devenu les promoteurs les plus fanatiques. L’Islam doit quitter tout espace public, et, pour donner corps à la menace, les fascistes n’hésitent pas à fabriquer des fausses preuves.

    Inventer des minarets défigurant les paysages, créer des statistiques fausses, des faits divers déformés, jouer la carte de l’insinuation, du sous-entendu…

    Que l’extrême-droite défende, en revanche, les crèches publiques ou municipales, les symboles religieux de la chrétienté, est un paradoxe qui ne déstabilise pas un seul instant les réactionnaires. Lorsque confrontés, ces prestidigitateurs de la ligne politique invoquent alors les racines chrétiennes de la France et la sacro-sainte « liberté d’expression », bafouée par l’acculturation mondialiste, la loi Gayssot, ou d’autres excuses. D’une manière générale, une des caractéristique des idéologies réactionnaires est de ne jamais chercher la cohérence.

    Tour de force que de parvenir à se placer en défenseur de la République, de la laïcité et de la liberté d’expression.

    Les fascistes ne commettent plus, sauf dans leur intimité, ou lorsque leur vernis se fendille, à clamer des injures racistes. Dans leur communication, ils invoquent l’incompatibilité de l’Islam et de la République, de l’occident, ils invoquent le choc des civilisations de Samuel Huntington, ils invoquent le fait que « chacun doit rester chez soi. »

    Les attentats ont contribué à jeter de l’huile sur un brasier déjà ardent. La rhétorique de Daesh est le miroir de celle de l’extrême droite.

    Dans les œuvres de propagande de l’Etat Islamique, tout comme dans la théorie des fascistes, il n’existe pas de comptabilité entre l’Occident et l’Islam. L’un et l’autre s’excluent mutuellement et ne peuvent vivre ensemble. Les fascistes appellent donc à chasser les musulmans de l’Europe, Daesh appelle venir faire la Guerre Sainte au Levant et en Irak.

    Chaque pas vers une situation davantage brutalisée, davantage excluante, désirée et appelée par les fascistes, donne raison à Daesh. Chaque action de l’EI donne raison aux fascistes. Nul surprise, donc, que les alliés objectifs fascistes fournissent des armes à ceux qui perpétuent des attentats. L’une et l’autre des parties en tire des bénéfices.

    Les vagues migratoires ont toujours suscité des débats de société. Elles ont toujours causé des heurts, plus ou moins violents en fonction des embellies économiques et des crises. L’immigration récente -depuis les années 1950- ne forme absolument pas une situation différente. Elle ne présente aucune facette d’originalité, à ce sujet. Les polonais, par exemple, furent taxés de « trop catholiques » pour s’intégrer, trop marginaux, trop « racialement différents ». « Macaronis » italiens ; bretons baragouinant, « portos » ou « spingouins » ont eu à faire les frais du racisme et de la discrimination.

    Les proto-fascistes n’ont jamais eu intérêt à résoudre ces questions, ni les patrons, qui tirent bénéfice de la division des classes populaires. Inutile d’attendre de leur part un changement, une volonté de progrès.

    Les libéraux pourtant, généralement, sont plutôt hostiles aux thèses des ultra-réactionnaires. Leur fond idéologique, basé sur le darwinisme social, sur la méritocratie, se mêle mal aux accents raciaux des réactionnaires. Ils et elles apprécient de mettre en avant leur diversité, leur originalité, leur parcours atypiques, qui sont, à leurs yeux, tout autant de preuves que leur théorie marche.

    Mais, dans la pratique, cela les arrange toujours de trouver des zones de fracture dans les masses populaire, de faire une politique de « terrorisme managérial. »

    Les seuls et seules qui peuvent donner une issue positive à cette problématique sont les forces progressistes et révolutionnaires. Or dans l’ensemble, elles n’ont pas été à la hauteur. Pire, elles se sont fracassées sur une incapacité, en interne comme vis-à-vis du grand public, à produire une position correcte et convenable sur cette question comme sur d’autres.

    De nombreux militants honnêtes et sincères ont tenté de s’attaquer à ces questions. Certains, une minorité d’organisations, ont trouvé des positions justes. La plupart n’ont, en revanche, pas pris part à ce débat, considérant qu’il était de nature explosive.

    Deux lignes majoritaires se sont alors formées sur ces questions, les deux rivalisant de fausseté et d’opportunisme.

    Une ligne laïcarde républicaine, chauvine.

    Une ligne racialiste, postmoderniste.

    Crier avec la meute.

    Il serait aisé de qualifier cette ligne de droitière, d’en faire une ligne réactionnaire. Dans un sens, il est vrai que ceux et celles qui crient à la menace de la religion, qui réclament l’application stricte de la laïcité, d’une forme inquisitoriale de celle-ci, évoquent des pseudo-fascistes.

    Pourtant la réalité est d’une complexité nettement supérieure.

    Dans un sens, les tenants de cette ligne possèdent les mêmes traits que le gauchisme : tendance au sectarisme, surestimation de la possibilité de convaincre ceux et celles qui sont influencés par les conceptions religieuses.

    Ils et elles comprennent l’aspect idéologiquement réactionnaire des religions, cet « opium du peuple« , que Lénine commentait de la manière suivante : Cette sentence de Marx, constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière.

    Cette phrase est d’une justesse incomparable. Mais cependant, elle est utilisée d’une manière totalement décalée du contexte, de la situation.

    S’attaquer au catholicisme, à l’Eglise, dont les réseaux, les ramifications, lui permettent de mobiliser dans un sens réactionnaire ; dont le poids politique et financier lui permet d’entraver l’exercice de certains droits : IVG ; contraception ; mariage pour tous… est une chose. C’est s’en prendre à une structure dominante, puissante, dont les adhérents sont loin d’être des opprimés. Cela revient à lutter pour le droit démocratique à la critique de la religion.

    En revanche, traiter sur le même pied d’égalité l’islam revient à hurler avec la meute, et notamment avec les réactionnaires. Les tenants de cette position oublient que l’Islam est ce paravent mis en place par l’extrême-droite pour s’attaquer à l’immigration et aux immigrés.

    D’autant que le débat est systématiquement placé sous l’angle de l’appel à la répression d’Etat : lois spécifiques, affaires scandaleuses comme le « burkini », entraves à la liberté de conscience.

    Charlie Hebdo, par exemple, se défendait de ses unes en affirmant « taper sur tout le monde. » Malheureusement, « tout le monde » n’est pas logé à la même enseigne.

    Lancer une campagne contre l’Eglise catholique, demander que soient supprimé les crèches dans les lieux publics, interdire les prêches de rue, fait avancer l’athéisme.

    Agir de même envers l’Islam revient à entretenir une atmosphère pogromiste, raciste, de brutalité et d’exclusion.

    Faire front renversé.

    Une autre tendance, très importante dans les milieux militants, nourrie par l’influence du postmodernisme conduit à des erreurs pratiquement aussi graves.

    Le postmodernisme mérite un détour, pour revenir sur les bases philosophiques et les thèses que développe ce courant de pensée. La partie suivant de cette brochure s’y attarde, pour tenter de décortiquer cette création toxique.

    Indépendamment de cela, la position défendue par ses tenants est compréhensible pour certains aspects. Elle se place du côté de l’opprimé, du côté de celui dont on écrase les libertés, celui qui est stigmatisé. Tout ceci est quelque chose d’éminemment humain. De ce point de vue là ce courant a intégralement raison, contrairement à ce que peut ânonner la secte Lutte Ouvrière, parlant de la lutte contre l’islamophobie comme d’une erreur.

    Malheureusement, cette raison de surface ne suffit pas. Le ver est dans le fruit.

    Il existe un océan entre le « soutien négatif » – considérer que les libertés soient respectées, s’opposer à la répression étatique- et le fait d’apporter un « soutien positif » – accompagner le projet de société, le projet politique de celui qui est soutenu.

    Cette difficulté à poser une séparation entre les deux est un des aspects fondamentaux de la position postmoderniste.

    Bien que ses tenants s’en défendent, ils et elles parviennent à être plus condescendants que les premiers. En érigeant la religion en sujet au delà de la politique, au delà de l’idéologie, en ne comprenant que l’oppression culturelle et identitaire, ils et elles essentialisent les croyants. Ils et elles se forgent un idéaltype, apolitique, dépolitisé. Un monolithe qui se résume à une essence. Ainsi, au contraire de toute analyse fait par l’enquête, se forge des concepts grossiers et inadaptés.

    Le maoïsme enseigne que, quelque soit l’échantillon pris, il existe invariablement des tendances de droites et des tendances de gauche. Que, quelque soit le sujet, certains seront plus progressistes et d’autres plus réactionnaires.

    Or, dans l’analyse produite par de nombreux groupes, cela n’existe plus, cette pluralité de rapport, ce contenu idéologique, est volatilisé, annihilé, et le libéralisme, le démocratisme plat, est introduit en fraude à la place de la lutte des classes et de la lutte idéologique.

    Au nom du respect de la sensibilité, la lutte contre les tendances réactionnaires a été remisée. Elle s’étend désormais, pour certains, au fait de ne plus critiquer l’Eglise, la religion, l’obscurantisme. In fine, au lieu de poser la question de la lutte contre l’expression de la réaction contenue dans la religion, ils et elles la défendent bec et ongles, considérant que toute critique est une attaque.

    La tâche des communistes

    Fondamentalement, la cristallisation sur la question religieuse est une position fausse. Nombreux sont donc ceux et celles  qui citent Marx « La religion est l’opium du peuple. » Certains, certaines, l’accompagnent de ce commentaire de Lénine : « Cette sentence de Marx, constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière. »

    Mais, bien souvent, la suite est escamotée : « Pourquoi la religion se maintient-elle dans les couches arriérées du prolétariat des villes, dans les vastes couches du semi-prolétariat, ainsi que dans la masse des paysans?

    Par suite de l’ignorance du peuple, répond le progressiste bourgeois, le radical ou le matérialiste bourgeois. Et donc, à bas la religion, vive l’athéisme, la diffusion des idées athées est notre tâche principale. Les marxistes disent : c’est faux. Ce point de vue traduit l’idée superficielle, étroitement bourgeoise, d’une action de la culture par elle-même.

    Un tel point de vue n’explique pas assez complètement, n’explique pas dans un sens matérialiste, mais dans un sens idéaliste, les racines de la religion. Dans les pays capitalistes actuels, ces racines sont surtout sociales. La situation sociale défavorisée des masses travailleuses, leur apparente impuissance totale devant les forces aveugles du capitalisme, qui causent, chaque jour et à toute heure, mille fois plus de souffrances horribles, de plus sauvages tourments aux humbles travailleurs, que les événements exceptionnels tels que guerres, tremblements de terre, etc…, c’est là qu’il faut rechercher aujourd’hui les racines les plus profondes de la religion. »

    L’opium du peuple est une notion juste, raisonnable. Seulement elle ne signifie pas une marche forcée, une charge à la baïonnette. Elle signifie qu’il faut proposer quelque chose de supérieur à l’illusoire paradis offert par la religion. Il ne s’agit pas de stigmatiser ceux et celles qui croient, qui pratiquent, mais bel et bien le fait de proposer une appréciation du monde, rationnelle, logique et -surtout- révolutionnaire.

    Si des penchants réactionnaires existent, ce n’est pas à l’Etat de les régler. Confier à l’Etat bourgeois le soin de régler les conflits au sein du peuple revient à accorder un blanc seing à la bourgeoisie pour diffuser sa propagande de division.

    Les citations sont problématiques, car elles escamotent bien souvent le fond de l’affaire. Dans cet fameux texte où Marx inscrit la notion d’opium du peuple, Marx ne s’arc-boutait pas sur une position sectaire, nourrie de principes hautains, mais bien basée sur une compréhension du réel, des pratiques.

    Dans Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel en 1843, , ainsi, Karl Marx écrivait : « Voici le fondement de la critique irréligieuse : c’est l’homme qui fait la religion et non la religion qui fait l’homme. A la vérité, la religion  est la conscience de soi et le sentiment de soi de l’homme qui, ou bien ne s’est pas encore conquis, ou bien s’est déjà de nouveau perdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait recroquevillé hors du monde. L’homme c’est le monde de l’homme, c’est l’Etat, c’est la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, une conscience renversée du monde parce qu’ils sont eux-mêmes un monde renversé. La religion est la théorie générale de ce monde, son compendium encyclopédique, sa logique sous une forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément cérémoniel, son universel motif de consolation et de justification. Elle est la réalisation chimérique de l’essence humaine, parce que l’essence humaine ne possède pas de réalité véritable. Lutter contre la religion, c’est donc, indirectement  lutter contre ce monde là, dont la religion est l’arôme spirituel.
    La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple.

        Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusions. La critique de la religion contient en germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l’auréole. […] La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique. »

    La tâche des communistes est de faire avancer les masses vers la libération de l’oppression, de l’obscurantisme, de les sortir des griffes de la réaction. Mais elle l’est en les faisant avancer vers l’idéologie communiste, non en appelant l’Etat et la bourgeoisie à réprimer les minorités ethniques, à réprimer les minorités religieuses, à réprimer les masses populaires.

    Mao Zedong présentait dans De la juste résolution des contradictions au sein du peuple, la question, d’une manière large, de cette manière : « Nous sommes pour une liberté qui s’accompagne d’une direction et pour une démocratie à direction centralisée, mais cela ne signifie nullement qu’on puisse recourir à la contrainte pour résoudre les questions idéologiques et les questions portant sur la distinction entre le vrai et le faux qui surgissent au sein du peuple. Tenter de résoudre ces questions au moyen d’ordres administratifs ou de la contrainte est non seulement inefficace, mais nuisible. Nous ne pouvons supprimer la religion avec des ordres administratifs, ni forcer les gens à ne pas croire. On ne peut obliger les gens à renoncer à l’idéalisme ni à adopter le marxisme. Toute question d’ordre idéologique, toute controverse au sein du peuple ne peut être résolue que par des méthodes démocratiques, par la discussion, la critique, la persuasion et l’éducation ; on ne peut la résoudre par des méthodes coercitives et répressives. »

    La lutte contre l’obscurantisme religieux ne se mène pas par l’oppression, mais par le fait de convaincre, de rallier, d’amener à démontrer, en premier lieu, que, quelque soit la position sur les questions divines, la lutte des classes est l’œuvre à mener jusqu’au bout.

    Le matérialisme dialectique pose la négation de Dieu par lui même. Mais il n’est pas une chose dont on gave de force les interlocuteurs. Ce n’est que par la démonstration, que par la capacité à développer une ligne politique juste, que par le ralliement, que les masses avancent.

    Placer la religion comme une contradiction irrésoluble, refuser de l’aborder ou la conforter sont tout autant de positions fausses. Mikhaïl Kalinine, président de l’Union Soviétique, expliquait qu’en URSS, il n’y avait pas de répression d’Etat contre les croyants, contrairement à ce que les historiens de la bourgeoisie présentent. La lutte contre la religion se faisait en la traitant comme une erreur idéologique et en étant dans une posture de débat et d’explication.

    A l’exception des agents de la réaction, irréductibles, irrécupérables, la très large majorité de ceux et celles qui placent leurs espoirs dans la religion peut-être ralliée. La question déterminante, au final, est celle de l’engagement. Un membre du clergé, un zélateur, un prestidigitateur de la religion, peut se muer en ennemi implacable, en opposant au communisme, à la révolution. C’est un fait. En revanche, le fait d’avoir la foi, comme le mentionne Kalinine, est une déviation idéologique -comme une autre.

    Or, la lutte idéologique que doit mener le camp de la révolution doit se heurter, ce fait est indéniable, aux conceptions fausses qui deviennent hégémoniques au sein de son propre camp, dont une, ravageuse, toxique, protéiforme : le postmodernisme.

  • La police est elle encore convenable ?

    Dernièrement, le porte-parole de Unité SGP-Police – Force Ouvrière a défrayé la chronique. Déclarant publiquement qu'appeler quelqu'un "bamboula" est "à peu près convenable", Luc Poignant a ouvert une boîte de Pandore, celle de la tolérance face au racisme.

    Considérer, en tant que représentants de l'ordre bourgeois, que l'infraction raciste "bamboula" puisse être "convenable" est révélatrice d'une mentalité particulière.  Elle est le reflet de la mentalité de bête assoiffée de sang, entretenue par l'administration, que peut avoir, régulièrement, la Police.

    Résultats de recherche d'images pour « violences policières »

    Adama, Théo, Wissam, Medhi, Rémi, Alexandre, mais aussi Umut, victime de la police Suisse, la liste s'allonge à un rythme insoutenable, entre les violences, les crimes et les meurtres. Une police qui n'hésite pas, lorsqu'il faut briser, à aller jusqu'à anéantir physiquement ses victimes.

    Nous clamons rarement A.C.A.B. [All Cops Are Bastards] car nous ne pensons pas que notre regard doive se porter individuellement sur les policiers, qui, au final, présentent un kaléidoscope fascinant de parcours et de personnalités, avec cependant des relents réactionnaires bien réels, mais bien sur l'administration elle-même.

    Mais qu'importe.

    Certains soldats profitent des guerres pour se servir des populations civiles comme exutoires. Certains se comportent en parfaits gentleman. Mais c'est principalement sur le fond que se jugent les affaires. Or, la Police, quelque soit l'attitude des policiers -même s'il faut dénoncer chaque crime- se caractérise par le fait qu'elle soit une force en guerre contre les masses populaires.

    Non pas du fait individuel des policiers, mais bien parce que c'est sa tâche.

    Dans un monde magique où la Police respecterait à la lettre le code de la déontologie, où elle respecterait les règlements, où il n'y aurait aucunes exactions de sa part contre les masses, elle n'en resterait pas moins un obstacle à la lutte contre l'exploitation, contre la bourgeoisie, contre le capitalisme.

    Cela ne suffit pas.

    La Police est un corps détaché des masses. Elle n'en fait pas partie. Si ses membres peuvent être issus des classes populaires, ils et elles n'en font pour autant plus partie. Ils sont arrachés par la bourgeoisie, tout comme les membres de la Gendarmerie, de l'armée, à leur classe, à leur milieu social. Ils et elles sont mis dans un cocon, dans ces centres où on leur inculque leur mission. Dans ces centres, ils et elles apprennent, parfois avec en sus le sadisme de caserne, l'esprit de corps, l'esprit d'obéissance. Cela sera d'autant plus efficace que la hiérarchie favorise les plus féroces, les plus haineux.

    Lancés, dans leurs uniformes, face aux classes populaires, ils et elles découvrent combien les laquais des bourgeois sont haïs par celles-ci. La Police n'est pas aimée par ceux qui subissent l'exploitation la plus noire.

    Surfant sur cette détestation, la hiérarchie n'entrave nullement la formation d'une carapace de haine dans l'esprit du membre des forces de l'ordre. Haine alimentée par des préceptes racistes, par des pensées, des conceptions, directement issus de l'ordre colonial. Si "Bamboula" apparaît "encore convenable" à notre Syndicaliste de Force Ouvrière, imaginons ce qui ne l'est pas. Cela illustre pleinement cette continuité.

    La jeunesse des quartiers populaires est, dans les yeux de nombreux policiers, peuplée d'animaux sauvages, de semi-humains qu'il faut mater. Il faut blesser ceux et celles qui se rebellent, par les injures, les coups, les viols. Nul étonnant que dans ces croisés autoproclamés, le FN rafle les suffrages. Marine Le Pen est par ailleurs allée faire les yeux doux à la police, en étant la seule politicienne à défendre bec et ongles les policiers inculpés, au mépris des preuves au mépris des évidences. Pour une fois, chose rare à moins qu'il ne s'agisse de ses membres mis en examen, le Front National évoque la présomption d'innocence. Pour un parti réclamant la peine de mort pour les violeurs, la contradiction est flagrante. Il est par ailleurs bien rare de voir le FN prendre position pour condamner les actes de la Police, même lorsque la justice les condamne.

    Or  cette Police, nous n'en avons pas besoin. Elle ne défend pas les intérêts du peuple, pas plus que la justice bourgeoise. Elle défend prioritairement, essentiellement l'ordre social.

    Nous n'avons pas besoin de cette police et nous voulons, par notre projet politique communiste, apporter sa négation ainsi que celle de l'ordre injuste qu'elle sert, celui de la bourgeoisie.

    En cela, nous nous opposons à la pensée réformiste, du type de celle du social-chauvin Mélenchon, considérant qu'il suffit de purger la Police de ses éléments gangrénés pour la sauver.

    Mélenchon pose une énigme à chaque pas. Il est d'une délicatesse d'ange que de parvenir à déterminer la fine barrière entre la bêtise et le mensonge, lorsqu'on s'intéresse à ce qu'il écrit. Or, lorsque Mélenchon ne comprend pas, ou feint de ne pas comprendre la nature de classe de la police, qu'il résume ça à quelque chose de personnel et non de structurel, il est délicat de savoir si nous avons à faire à un doux idiot ou à un menteur.

    Etant donné son parcours, ex-membre de l'organisation Trotsko-chauvine OCI avec son laquais Alexis Corbière, il est difficile pour ce politicien d'ignorer, la place de la police dans la domination de la bourgeoisie. S'il ne l'ignore pas et qu'il cache cette nature, il agit comme tous les autres politiciens bourgeois, sans exception. Il agit en prêtre du capitalisme et de la bourgeoisie, en grand mage chargé d'entretenir auprès des masses l'illusion démocratique. S'il agit ainsi, actons le fait qu'il soit de ce côté-là de la barricade et cessons d'en parler.
    S'il l'ignore complètement, c'est un benêt et n'en parlons plus non plus.

    Cependant, il porte en lui les gênes d'une position que nous retrouvons sous de nombreuses déclinaisons dans l'extrême-gauche officielle, ce patrimoine génétique trotskiste qui se retrouve aussi chez L.O.

    Cette position est platement économiste, platement ouvriériste. C'est une vision en rase-motte, sans la moindre hauteur et la moindre compréhension politique.  Elle considère que la police est "un travailleur en uniforme." Le policier ou la policière travaille, c'est donc un travailleur ou une travailleuse, et à ce titre, il est essentiel de le ou la défendre. Point final. Nulle analyse de classe, nulle compréhension. Cette vision dépolitisante et dépolitisée de la société se retrouve y compris chez F.O. Police, qui lutte contre les caméras piétons sur les agents, "car cela pourrait servir disciplinairement contre eux."

    N'importe quel quart-de-gauchiste, n'importe quel démocrate au rabais trouverait cela bénéfique que la police soit surveillée et contrôlée. Mais pour F.O., pour L.O., c'est inacceptable ! C'est une atteinte aux droits des travailleurs !

    Même la "légitime défense" controversée des policiers est défendue avec une énergie sans bornes. 

    Leur position, que nous avions déjà ardemment critiquée pour son caractère particulièrement douteux, est presque plus proche de celle du Front National que de celle, doucereuse mais non néfaste, de Mélenchon. Sans crier à l'hitlero-trotskisme, il est difficile cependant, de ne pas pointer du doigt le caractère profondément réactionnaire du soutien à la Police accordé par la "candidate des communistes." Au moins, reconnaissons le, Mélenchon ne se pare pas du marteau et de la faucille pour la traîner dans la boue.

    D'une manière générale, hors la position syndicale sectaire et corporatiste, hors de la position réformiste "humaniste",  les candidats de gauche aux élections ne présentent rien.

    Et pour cause.

    Dans le cadre étroit du capitalisme, rien de cela n'est possible. La bourgeoisie ne peut tolérer l'organisation armée du peuple pour sa défense, cela tombe sous le sens.

    La police, les forces de la coercition bourgeoise ne s'amendent pas, ne se conquièrent pas, elles doivent être démantelées.

    Si une propagande doit être tournée vers eux, car les communistes s'adressent à toutes les classes, même les catégories les plus réactionnaires, cette propagande ne peut se fonder que sur la dénonciation et la démoralisation. Dénonciation des contradictions entre la visions de leur idéal de mission et la réalité; démoralisation de ceux et celles qui s'en rendent compte.

    Nous communistes, nous avons appris de la Commune de Paris une leçon essentielle: c'est uniquement l'organisation indépendante du peuple, l'autodéfense populaire, qui est la clé de la sécurité du peuple. Nous savons que, même après une révolution socialiste, des contradictions économiques, des contradictions politiques, des contradictions au sein des masses populaires font que le jour ne se lèvera pas spontanément sur une aube rose et de paix perpétuelle.

    Des délits, des infractions, des crimes existeront toujours après la révolution.

    Mais là où les bourgeois détachent des forces de répression, des unités de combat spécialisées pour imposer un ordre de fer, basé sur les sanctions et les tribunaux, nous, nous croyons en la capacité du peuple à lutter contre ces travers. Nous croyons à la nécessité des milices populaires, contrôlées démocratiquement par les comités populaires, et entretenant les rapports les moins judiciarisés possibles avec les masses. Le rôle premier de ces forces est éducatif, est de corriger les attitudes néfastes par la conviction, par l'explication, non par la répression.

     Si les crimes, si les délits sérieux -bien que, le socialisme avançant, leur base matérielle soit peu à peu sapée- si ces affaires demandent des scientifiques capable d'enquête, la sécurité de tous les jours ne doit pas être la tâche d'organisations spéciales, mais bien celle du peuple, le plus à même de veiller à sa sécurité.

    Cependant, certains, et d'une bonne foi totale, déclareront qu'il est temps que la justice soit rendue uniquement sur la base d'une justice populaire et expéditive. Nous nous méfions de ceci. Après tout le "sain sentiment populaire" a excusé de nombreux abus, à commencer par les lynchages de noirs dans un Sud des Etats-Unis où les juges et les shérifs étaient pourtant mandatés.

    Nous savons que les idées réactionnaires, y compris les idées fascisantes, les tendances mafieuses -qui existent même là où règnent les intentions les plus louables- seront toujours fortes. Cette justice ne peut être que politique. Sa forme ne suffit pas à mécaniquement la prémunir contre toutes dérives. Ce n'est que parce que des militants bien formés et sincères s'y investiront qu'elle pourra ne pas sombrer dans une variante de néo-féodalisme ou de mafia au service d'une clique.

    Le droit lui-même doit changer. Le droit bourgeois sanctionne, à un instant T, un rapport de force entre les masses populaires et la bourgeoisie. Il est un outil qui sert à normaliser l'exploitation odieuse et criminelle. S'il pose des limites à l'arbitraire et aux exactions de la bourgeoisie, et qu'en cela il peut être un outil positif, la bourgeoisie dernière n'hésite pourtant pas à régulièrement en outrepasser les limites.

    Notre droit est un droit transformant. Il n'est pas là pour sanctionner le rapport de force, il est là pour faire avancer la transformation de la société bourgeoise, de la société de classe, en une société sans classe ni Etat. Ceci ne se fait pas en un décret, mais bien en une lutte progressive, avec ses moments de calme et ses moments de lutte aigüe. Cet outil doit servir à  raffermir la dictature du prolétariat contre ses ennemis de classe, et également à faciliter la transformation de la société.

    Nous Communistes, ne prenons pas les choses à la légère, et nous savons qu'il ne suffira pas d'incantations et de phrases chocs pour gagner. Nous sommes loin de pouvoir mettre en œuvre ces objectifs de manière complète. Nous sommes loin d'avoir fait la révolution. Elle est l'étape par laquelle ceci devient possible.

    Nous n'avons pas vocation à rester dans une critique passive de la Police, même s'il n'existe pas encore  de force de défense autonome. Nous n'avons pas, pour le moment, de vaste camp du peuple, capable d'exercer une justice de classe, de protéger les masses populaires, d'être leur bouclier mais aussi leur épée. En un mot, il n'existe pas encore de double-pouvoir. Certains, à raison, mentionnent que, que nous le voulions ou non, la Police détient le monopole de la violence légale, et la justice bourgeoise celui de la condamnation. Pourtant à l'heure actuelle, nous pratiquons déjà, à notre échelle, certains ferments de ces principes. Dans les collectifs antifascistes, dans la lutte contre la répression, nous défendons, mais aussi pratiquons les principes d'autodéfense populaire, d'organisation indépendante de la bourgeoisie. Nous pratiquons cette défense, ce soutien collectif, sur des bases politiquement progressistes.

    Le chemin est encore long jusqu'à ce qu'une force politique cohérente, organisée, qu'un Parti Communiste de l'Etat Français, soit en mesure de pouvoir, de nouveau, aligner ses milices populaires pour protéger les masses de la bourgeoisie et des fascistes.

    A bas la police bourgeoise ! Vive l'autodéfense populaire !

    Vive la lutte pour l'émancipation du peuple !

  • Crimes policiers à Aulnay-Sous-Bois

    Cité des 3000, jeudi 2 février vers 17h. Un contrôle de police effectué par la brigade spécialisée de terrain [BST] de Aulnay-Sous-Bois prend une tournure dramatique. Les quatre policiers font une descente dans le quartier, en profitent pour rouler des mécaniques, pour montrer les muscles et -semble-t-il – se livrer à des intimidations et de menues violences contre les jeunes habitant ce quartier.

    Les policiers auraient ainsi giflé de jeunes adolescents, entraînant la réaction de Théo, un jeune homme de 22 ans. Mal lui en a pris.

     

    Omar, dont les propos ont été relatés par le parisien, explique:
    « Ils [les policiers] sont arrivés sur place, ils ont giflé un petit. Par la suite le petit Théo a voulu s’interposer pour défendre son pote (…) et les flics ont pas aimé. Par la suite il a été violemment agressé par la police. »
    Frappé, brutalisé, emmené dans un angle mort des caméras, Théo est véritablement massacré par les agents dépositaire de la force publique, allant jusqu'à -ce qui n'est plus un cas isolé- le violer à l'aide de leurs matraques télescopiques. Filmée par des habitants, la vidéo de l'interpellation ne souffre d'aucune ambiguïté : c'est un déchaînement de bêtes féroces.

    Le jeune homme est emmené par les policiers, et transféré à l'hopital. Difficile, pour les proches de reconnaître le jeune homme au visage tuméfié par les coups. A l'heure actuelle, il est toujours en traitement et a été opéré. Une ITT de 60 jours lui a été délivrée. Une plainte a été déposée et, signe de la gravité de l'évenement, le parquet de Bobigny s'est saisi de l'affaire, sous l'accusation de "viol en réunion."

    L'IGPN s'est également saisie de l'affaire et les quatre policiers ont été placé en garde-à-vue, par ailleurs prolongée de 24h00. Ils nient les faits.

    Passé un moment où le ministre de l'intérieur, lui-même, s'est exprimé sur les faits, les qualifiant d'une "extrême gravité", la protection de l'Etat et le corporatisme se sont mis en branle. Les charges étant requalifiées en "violences volontaires avec arme par des personnes dépositaires de l'autorité publique", un véritable désaveux pour ceux qui espéraient, pour une fois, que justice serait faite.

    Bruno Beschizza, maire Les Républicains de Aulnay-Sous-Bois, a dénoncé la requalification des faits reprochés aux policiers, indiquant un "détournement de la vérité." M. Beschizza, pourtant, est bien loin d'être un agitateur gauchiste, lui même étant un ancien policier membre d'un parti de droite.

    Quelle période étrange vivons-nous, où un maire LR tient des positons moins réactionnaires que les communiqués de Lutte Ouvrière, dénonçant la "haine anti-flics."

    Est récolté ce qui est semé. Les exactions de la police de France sont régulièrement dénoncées par les associations de protection des droits de l'homme à l'échelle internationale, mais passées sous silence ici.

    La police, dans les quartiers populaires, agit avec une férocité que la justice peine à étouffer. Les meurtres qu'elle peut commettre sont tus, dans une omerta formant une chape de plomb. Les Wissam, les Adama, les Medhi, perdent la vie. Leur proches n'obtiennent jamais justice.

    Aux yeux de nombreux policiers, les classes populaires, la jeunesse des cités est déshumanisée. La police, à de nombreuses reprises, se comporte avec des méthodes inspirées directement par l'expérience coloniale. Un héritage de l'Empire. Cette attitude est un fait également encouragé, dans une certaine mesure, par les instructeurs et la hiérarchie.

    Qu'existent, dans les rangs de la police, un certain nombre d'individus sincères, pensant agir pour protéger la veuve et l'orphelin, ceci est indéniable. Mais il ne suffit pas de quelques bonnes volontés pour contrebalancer les deux lourdes masses qui rejettent la police dans le camp de la réaction et de l'oppression.

    La première est que la police de l’État bourgeois est l'arme de l'oppression, du maintien de l'exploitation et du contrôle des masses. Quelque soit la rigueur et la déontologie de quelques individus, la mission de base elle-même implique d'écraser toute opposition, de contrecarrer tout changement de société, de maintenir le pouvoir de la bourgeoisie.

    Le corollaire de ceci est que les masses en ont conscience. Elles ont conscience de ce que représente l'uniforme dans la société et du rôle fondamental de ce que Marx nommait "les détachements spéciaux terroristes de la bourgeoisie." Les regards de haine et de colère, envers ceux qui incarnent un ordre injuste, sont légion. Cela entraîne un détachement total de la part des policiers du reste de la société. Ce n'est pas une milice populaire, c'est un ordre spécial, isolé, hors du monde. Dans l'esprit de ces individus, les masses sont un océan de haine, un océan d'hostilité envers lui. Un océan déshumanisé, animalisé, qu'il combat par la violence de son langage, par ses provocations, par ses armes, par ses crimes.

    Il ne peut exister, en régime capitaliste, de "bonne police." De fait, le bras armé de l'ordre établi ne peut qu'être réactionnaire et hostile aux masses. Par la nature même de l'institution, elle est ennemie des travailleurs et des progressistes et ce, abstraction faite de la morale personnelle des individus.

    Certains s'échinent pourtant à faire couler le plus de sang, à commettre méfaits et crimes dans leur exercice de l'ordre arbitraire. Nous devons réclamer justice. Nous devons réclamer justice pour tout ceux et celles qui ont été tués. Pour tout ceux et celles qui ont été violés. Pour tout ceux et celles qui ont subit les foudres injustes du bras armé de l’État bourgeois.

     

    Justice et Vérité pour Adama !

    Justice et Vérité pour Medhi !

    Justice et Vérité pour Théo !