Étiquette : Revisionnisme

  • Nouvelle brochure numérisée : juin 1957, extrait des Notes Souvenirs de Lazare Kaganovitch.

    Nouvelle brochure numérisée : juin 1957, extrait des Notes Souvenirs de Lazare Kaganovitch.

    Nouvelle brochure numérisée :

     

    Il est relativement rare de trouver des documents de première main, rédigée par des observateurs de premier rang de la « déstalinisation. » Lazare Kaganovitch en fut un des plus éminents. Avec, entre autres, Voroshilov, Molotov (n’apparaissant pas sur la photo) et Staline, ils formaient l’aile gauche au sein du Parti Communiste d’Union Soviétique.
    Ici, Lazare Kaganovitch livre un portrait de la réalité de la déstalinisation, un portrait au vitriol de la personne de Nikita Khrouchtchev,  le dirigeant encensé par l’occident. La manière dont il fait une critique de la période précédente, de certaines failles, est justifiée à plus d’un titre. En revanche, il bénéficie de la lucidité suffisante pour comprendre ce que tente de faire Nikita Khrouchtchev, de ses tendances antiléninistes et antibolcheviques.

    Une lecture chaudement recommandée.

  • Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nous profitons du calme relatif de l’été, avant que ne se déchaîne un mouvement terrible contre les ordonnances du gouvernement Macron, pour poursuivre notre travail de numérisation de brochures et de documents. En l’occurrence, nous produisons aujourd’hui celui-ci : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées, rédigé en 1963.

    Ce texte apparaît comme un des écrits fondamentaux concernant la période de la rupture sino-soviétique. Il est une dénonciation, par la Chine, de la déviation et de la falsification du marxisme opérée par Nikita Khrouchtchev ainsi que par la nouvelle direction du PCUS. Ceux-ci, sous prétexte de coexistence pacifique, ont érigé en dogme le fait de ne plus soutenir les mouvements révolutionnaires, le fait de marcher main dans la main avec les USA dans la reconnaissance de sphères d’influence, de dominions.

    Ce texte est d’autant plus important que cette politique funeste s’est payée cher. Elle s’est payée, notamment dans l’histoire de notre état, par le fait que le PCF n’a soutenu que mollement, avec mille louvoiement, les volontés d’indépendance algériennes.

    Cela demeure, avec le tout aussi nécessaire « d’où proviennent les divergences ?« , une lecture rapide mais essentielle.

  • Sur la dictature du prolétariat – VI – La Dictature du prolétariat.

    Sur la dictature du prolétariat – VI – La Dictature du prolétariat.

    LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT 

    La dictature du prolétariat est, bien souvent, un sujet traité caricaturalement par les éditorialistes et les propagandistes bourgeois. L’image qui en est donnée est celle d’une dictature militaire ou militariste, « totalitaire », par essence criminelle et coercitive. L’enseignement secondaire s’est échiné à faire de ce régime un frère jumeau du nazisme, à en faire un régime d’extermination et de génocide.

    Surtout, il en est fait une approche dépolitisée. Dans l’esprit de nombreuses personnes, il s’agit d’une dictature mise en œuvre pour l’orgueil d’un individu unique, d’un dirigeant avide de pouvoir -et avide du pouvoir pour le pouvoir-. Le contenu social et politique en est escamoté en totalité. Tandis qu’aujourd’hui, dans l’Etat français, la suppression de la durée légale du travail est discutée, de même que le salaire minimum, le Parti Communiste d’Union Soviétique, dirigé par Staline, militait ardemment pour que celle-ci passe à 5h ou 6h par jour, sans perte de salaire.

    Alors que le logement représente la première dépense des foyers, le loyer était plafonné à 10% des salaires en URSS. Alors que le coût des études explose ; que la sécurité sociale est menacée de liquidation, l’un et l’autre étaient gratuits en Union Soviétique. Un fils d’ouvrier comme Brejnev, un enfant de paysans comme Khrouchtchev -bien que des leaders révisionnistes et liquidateurs- ont pu accéder aux plus hautes fonctions. Combien d’exemples similaires dans les pays capitalistes? Aucun.

    Ceci n’est pas dû à une intervention du Saint-Esprit, mais à une chose essentielle : la dictature du prolétariat.

    Que la dictature du prolétariat soit une dictature, ceci est une évidence. Ceci n’est nullement caché. Ceci est revendiqué, même au sein de son intitulé. « Méchanceté » de la part des communistes ? Non. Il s’agit d’une attitude conséquente et cohérente.

    En novembre 1847, à quelque mois de la publication du Manifeste du Parti Communiste, Engels faisait  l’exposé suivant :

    « En esquissant à grands traits les phases du développement du prolétariat, nous avons retracé l’histoire de la guerre civile, plus ou moins latente, qui travaille la société actuelle jusqu’à l’heure où cette guerre éclate en révolution ouverte, et où le prolétariat fonde sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie. »

     « Nous avons déjà vu plus haut que la première étape dans la révolution ouvrière est la constitution » (littéralement: l’élévation) « du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie. »

     « Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives. »

     Lénine dans L’Etat et la Révolution, ajoute à ces extraits les commentaires suivants :

     « L’on trouve formulée ici l’une des idées les plus remarquables et les plus importantes du marxisme au sujet de l’Etat, celle de la « dictature du prolétariat » (comme devaient s’exprimer Marx et Engels après la Commune de Paris); nous y trouvons ensuite une définition de l’Etat, intéressante au plus haut point, et qui est également au nombre des « paroles oubliées » du marxisme: « L’Etat, c’est-à-dire le prolétariat organisé en classe dominante.« 

     Voilà le pourquoi de la dictature du prolétariat. Elle est une nécessité, du fait de l’obstination de la bourgeoisie à vouloir, par la force, maintenir son ordre injuste. Cependant, elle n’est en rien la même forme d’Etat que l’Etat bourgeois. Lorsque les réformistes annoncent que la victoire peut s’obtenir par les urnes, que les travailleurs doivent conquérir l’Etat, ils omettent le fait que l’Etat bourgeois est une dictature dirigée contre les travailleurs et que l’Etat prolétarien est une dictature dirigée par les travailleurs et les travailleuses, contre leurs anciens exploiteurs.

     Lénine, dans La maladie infantile du communisme, explique ainsi la dictature du prolétariat :

     « La dictature du prolétariat est une lutte acharnée, sanglante et non sanglante, violente et pacifique, militaire et économique, pédagogique et administrative, contre les forces et les traditions du vieux monde. La force de l’habitude enracinée chez des millions et des dizaines de millions d’hommes, voilà la force la plus redoutable. Sans un parti, un parti de fer endurci dans la lutte, sans un parti jouissant de la confiance de tous les membres honnêtes de la classe en question, sans un parti habile à suivre l’état d’esprit des masses et à influer sur lui, il est impossible de mener cette lutte avec succès. »

    La dictature du prolétariat n’est pas une dictature « apolitique », détachée de la lutte des classes -quel régime pourrait l’être ?- mais elle est l’antithèse de la démocratie bourgeoise. Elle est un régime de démocratie pour l’alliance des masses populaires, des opprimés des exploités, elle est une dictature contre la bourgeoisie, les classes dominantes et leurs laquais. Cela lui donne un double aspect, propre à tous les régimes politiques : elle est une dictature-démocratique.

    Dans Les principes du Léninisme, Joseph Staline présente trois points fondamentaux à cette dictature:

     1. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour la répression des exploiteurs, la défense du pays, la consolidation des relations avec les prolétaires des autres pays, le développement et la victoire de la révolution dans tous les pays ;

    2. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour détacher définitivement de la bourgeoisie les travailleurs et les masses exploitées, pour renforcer l’alliance du prolétariat avec ces masses, pour faire participer ces dernières à la réalisation du socialisme et assurer leur direction politique par le prolétariat ;

    3. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour l’organisation du socialisme, l’abolition des classes, l’acheminement vers une société sans classes, sans Etat. »

    Si vis pacem, para bellum. « Si vous voulez la paix, préparez la guerre. »

    Dans un cas comme dans l’autre, le pouvoir populaire naissant se confronte à une lutte des classes aigue. Aigue et durable. Dans chacun des cas, l’application de son programme passe par la force, face au refus de la bourgeoisie de se plier aux règles d’un jeu démocratique qui n’est censé servir que ses intérêts. Même si la bourgeoisie est chassée, point de « démocratie pure » à l’horizon :

    « On peut défaire d’un coup les exploiteurs, par une insurrection victorieuse dans la capitale ou une révolte des troupes. Mais à part quelques cas très rares, exceptionnels, on ne peut les anéantir d’un seul coup. On ne peut d’un coup exproprier tous les propriétaires fonciers et tous les capitalistes d’un pays de quelque importance. Ensuite, l’expropriation à elle seule, en tant qu’acte juridique ou politique, est loin de résoudre le problème, car il faut destituer en fait les grands propriétaires fonciers et les capitalistes, les remplacer en fait par une autre gestion – gestion ouvrière des usines et des domaines. Il ne saurait y avoir d’égalité entre les exploiteurs qui, durant de longues générations, s’étaient distingués par leur instruction, par leur train de vie et par les habitudes acquises, et les exploités dont la masse, même dans les républiques bourgeoises les plus avancées et les plus démocratiques, reste accablée, inculte, ignorante, craintive, divisée.

    Longtemps après la révolution, les exploiteurs conservent nécessairement une série de réels et notables avantages : il leur reste l’argent (impossible de le supprimer d’un coup), certains biens mobiliers, souvent considérables; il leur reste des relations, des habitudes d’organisation et de gestion, la connaissance de tous les…secrets…de l’administration (coutumes, procédés, moyens, possibilités); il leur reste une instruction plus poussée, des affinités avec le haut personnel technique (bourgeois par sa vie et son idéologie); il leur reste une expérience infiniment supérieure de l’art militaire (ce qui est très important), etc., etc. Si les exploiteurs ne sont battus que dans un seul pays, et c’est là bien entendu le cas typique, la révolution simultanée dans plusieurs pays étant une rare exception, ils restent toutefois plus forts que les exploités, puisque les relations internationales des exploiteurs sont immenses. Qu’une partie des masses exploitées les moins développées, parmi les paysans moyens, artisans, etc., marchent et soient susceptibles de marcher avec les exploiteurs, c’est ce qu’ont montré toutes les révolutions antérieures, y compris la Commune (car parmi les troupes versaillaises, – ce qu’a « oublié » le savantissime Kautsky, – il y avait aussi des prolétaires) ». [Le renégat Kautsky et la révolution prolétarienne. Lénine.]

    Pour revenir sur le programme de Philippe Poutou, dès les deux premiers points, il est compréhensible que ce programme ne soit nullement en mesure d’être applicable. Comment « Donner le contrôle à celles et ceux qui font tourner la société. » lorsque la dictature de la bourgeoisie, la dictature du profit, n’est pas balayée. Dans cette guerre de tranchée, dans ce Stalingrad inversé qu’est la lutte institutionnelle, la position réformiste-radicale est de s’y jeter à corps perdu. En pure perte.

    La bourgeoisie brime et opprime l’expression des travailleurs, dans leur lutte syndicale. Elle brime d’autant plus leur expression politique. Elle met en œuvre tous les pièges possibles, imaginables, pour corrompre, pour perdre les militants et militantes communistes, pour dégouter les masses, pour les emmener vers le chemin de la réaction, du chauvinisme, de l’adhésion aux thèses idéalistes pourries. Si une menace émerge, elle fera front contre elle, s’arc-boutant de toutes ses forces, auxquelles peuvent s’additionner celles de l’étranger. Si cette menace se concrétisait électoralement, elle serait prise dans un labyrinthe dont elle ne pourra pas sortir vainqueur. Si elle pouvait tenter de mettre en œuvre son programme, celui-ci ferait face à une politique de refus, d’hostilité, de terre brûlée, organisée par la bourgeoisie. Sabotages, assassinats, propagande ennemie : voici ce que rencontrent ceux qui veulent renverser le pouvoir bourgeois.

    Le pire étant que ces organisations en ont conscience. Mais elles font le choix conscient de mentir aux masses et de les aiguiller dans cette voie fausse, pour ne pas les effrayer. Pour ne pas les repousser en leur annonçant la couleur : la lutte des classes peut devenir une guerre.

    Les masses comprennent la violence de l’exploitation, de la police, de la bourgeoisie. Elle les marque dans leur chair, dans leur vie. La peur de la misère, la peur de l’exclusion sociale, la peur de perdre le peu qui est accordé par le patronat. Ces organisations ne le comprennent pas, car, fondamentalement, elles ne s’adressent pas aux travailleurs, aux travailleuses, aux exploités, aux opprimés. Elles s’adressent à la petite bourgeoisie radicale.

    Là se trouve l’essence du programme de transition trotskiste et du programme réformiste-radical des dissidents du P.C.F., de tous ceux et celles qui ne posent que des revendications impossibles, dans l’espoir que les masses, insatisfaites,  se mettent à développer spontanément des mots d’ordres révolutionnaires. Dans les faits, elles ne font que maintenir les mythes de la bourgeoisie, de la démocratie. Elles ne font que soutenir l’œuvre des révisionnistes du marxisme, nier la dictature de la bourgeoisie, nier le besoin d’un parti révolutionnaire, nier le besoin de la révolution, nier le besoin de la dictature du prolétariat contre la bourgeoisie pour permettre l’avènement du socialisme.

    « La transition du capitalisme au communisme, c’est toute une époque historique. Tant qu’elle n’est pas terminée, les exploiteurs gardent inéluctablement l’espoir d’une restauration, espoir qui se transforme en tentatives de restauration. A la suite d’une première défaite sérieuse, les exploiteurs qui ne s’attendaient point à être renversés, qui n’en croyaient rien et n’en admettaient pas l’idée, se lancent dans la bataille avec une énergie décuplée, avec une passion furieuse, avec une haine centuplée pour reconquérir le « paradis » perdu, pour leurs familles qui menaient une si douce existence et que, maintenant, la « vile populace » condamne à la ruine et à la misère (ou au « vil » labeur … ). Et derrière les capitalistes exploiteurs c’est la grande masse de la petite bourgeoisie qui – des dizaines d’années d’expérience historique dans tous les pays en font foi – hésite et balance, qui aujourd’hui suit le prolétariat et demain, effrayée des difficultés de la révolution, est prise de panique à la première défaite ou demi-défaite des ouvriers, s’affole, s’agite, pleurniche, court d’un camp à l’autre … tout comme nos menchéviks et nos socialistes -révolutionnaires. Et devant cette situation, à une époque de guerre acharnée, aiguë, où l’histoire met à l’ordre du jour le problème de l’existence ou de la non-existence des privilèges séculaires et millénaires, on disserte sur la majorité et la minorité, la démocratie pure, l’inutilité de la dictature, l’égalité entre exploiteurs et exploités !! » [Le renégat Kautsky et la révolution prolétarienne. Lénine]

    Plutôt que courir le risque d’être balayé, il est préférable d’anticiper le danger, de s’en prémunir. D’où la nécessité de ne pas omettre la question de l’autodéfense et de la protection.

    Dans notre brochure sur les bases de l’idéologie communiste, nous mentionnions : « La Révolution, expliquait Mao Zedong, n’est pas un diner de gala. Elle est issue d’un acte de violence par lequel une classe a chassé l’autre du pouvoir. La raison d’être de la dictature du peuple est de lutter contre la machine ne guerre bourgeoise et contre sa volonté de retour. La police, la justice, la milice, l’armée populaire sont les outils de la lutte contre les menées réactionnaires de la bourgeoisie. »

    Tout comme la démocratie athénienne était la démocratie des propriétaires d’esclaves, et l’exercice d’une dictature à l’égard de ces derniers ; tout comme le féodalisme était une relative « démocratie » de la Noblesse et du Clergé, mais une dictature sur la paysannerie ; tout comme le capitalisme est la démocratie des capitalistes, la dictature du prolétariat est une démocratie du peuple et une dictature sur les ennemis du peuple.

    Elle est un pouvoir dictatorial, non pas par amour du sang, mais bien car elle est un régime de guerre. De guerre des anciennes classes possédantes contre ceux qui les ont fait chuter de leur paradis perdu. Elle est un régime de guerre contre ceux qui veulent renverser le pouvoir populaire, mais également contre une nouvelle bourgeoisie qui pourrait émerger.

    Elle est un outil de transformation de la société. Elle est un moyen juridique, un moyen d’organisation économique, non pas -comme le mentionnent certains « auteurs »- pour faire du prolétariat une nouvelle bourgeoisie, mais bien pour achever la lutte des classes par la résolution des contradictions entre exploiteurs et exploités. Elle est un régime de démocratie populaire, où le peuple n’exerce pas un simili-pouvoir au travers d’un bulletin de vote, mais par son outil de décision et d’application : le soviet.

    Que sont les soviets ?

    Voici la définition faite dans Sur la route de l’insurrection.

    « Les soviets sont un nouvel appareil étatique qui, en premier lieu, instaure la force armée des ouvriers et des paysans, force qui n’est pas, comme celle de l’ancienne armée permanente, détachée du peuple, mais reliée étroitement à ce dernier, qui, dans le domaine militaire, est incomparablement supérieure à toutes celles qui l’ont précédée et qui, au point de vue révolutionnaire, ne peut être remplacée par aucune autre. En second lieu, cet appareil instaure avec les masses, avec la majorité du peuple, une liaison si étroite, si indissoluble, si facilement contrôlable et renouvelable qu’on en chercherait vainement une semblable dans l’ancien appareil étatique. En troisième lieu, cet appareil qui est électif et dont le peuple peut, à son gré, sans formalités bureaucratiques, changer le personnel, est par là même beaucoup plus démocratique que les appareils antérieurs. En quatrième lieu, il donne une liaison solide avec les professions les plus diverses, facilitant ainsi la réalisation, sans bureaucratie aucune, des réformes les plus différentes et les plus profondes. En cinquième lieu, il donne la forme d’organisation de l’avant-garde des 94 paysans et des ouvriers, c’est-à-dire de la partie la plus consciente, la plus énergique, la plus avancée des classes opprimées, et permet par là même à cette avant-garde d’élever, instruire, éduquer et entraîner dans son sillage toute la masse de ces classes, qui jusqu’à présent était restée complètement en dehors de la vie politique, complètement en dehors de l’Histoire. En sixième lieu, il permet d’allier les avantages du parlementarisme à ceux de la démocratie immédiate et directe, c’est-à-dire de réunir, dans la personne des représentants électifs du peuple, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.« 

    Ce sont ces outils qui forment l’aspect démocratique de la dictature du prolétariat. Ils forment la liaison entre les masses et la direction politique. Il s’agit d’un lien essentiel, fondamental. Si celui-ci se rompt, par l’aventurisme du PC ou par des déviations droitières, la dictature du prolétariat sera en extrême-difficulté. Car la dictature du prolétariat a besoin de la direction d’un parti communiste tenant une ligne juste. Si le Parti Communiste est contaminé par l’esprit droitier, si la ligne révolutionnaire disparaît dans les remous de la lutte interne, là, en l’occurrence, les risques avancés par les libertaires s’avéreront fondés.

    Si le Parti Communiste n’est plus communiste, s’il perd le pouvoir, si une nouvelle bourgeoisie en prend le contrôle, le processus de la transformation de la société stoppe. C’est ce qui fait que la lutte s’exerce également à l’intérieur du Parti comme de la société. S’il existe un débat démocratique entre les forces favorables à la révolution sur la manière de transformer la société, ce débat démocratique ne peut tolérer l’hostilité, la réaction et les agents de la bourgeoisie. Non pas par esprit de vengeance, pas fascination pour la censure et la répression. Mais bien car la construction du socialisme est un processus fragile et soumis à des menaces constantes.

    Dans le confort actuel, dans le cadre cotonneux, même illusoire, de la démocratie bourgeoise, cela peut paraître difficile à saisir. Il convient de garder à l’esprit ce que signifie l’aggravation de la lutte des classes sous le socialisme. La bourgeoisie est acculée à la défensive, elle montre les dents. Les anciens bourgeois, richissimes parasites sociaux, les banquiers, les rentiers ne veulent pas perdre leurs immenses privilèges sociaux, leurs immenses fortunes.

    S’ils en ont la possibilité, ils écraseront dans le sang l’opposition. Tout comme la Commune de Paris fut écrasée, tout comme les Républiques des soviets, de Bavière, de Berlin, de Hongrie. S’ils peuvent s’appuyer sur des éléments faibles, hésitants, au sein des rangs des communistes, ils le feront. L’histoire de l’URSS est marquée du sang d’une longue série de sabotages, de conspirations, d’assassinats -parfois avec la complicité de membres hauts placés du PC(b)US, comme ce fut le cas avec Boukharine ou Trotsky.

    Ces faits ne sont pas du ressort unique d’une hypothétique méchanceté propre à tel ou tel individu ou de l’esprit vicieux de tel ou tel acteur. Ils sont le reflet d’un aspect essentiel de la lutte des classes : elle ne s’arrête pas à la révolution et à la prise du pouvoir. Elle se poursuit avec la transformation de la société.

    Au plus le socialisme avance, au plus les résistances à la nouvelle société se font fortes et intenses. D’autant que, certains rapports issus de « l’ancien monde » perdurant, certaines nécessités en termes d’experts, de spécialistes, d’officiers et de hauts fonctionnaires, peuvent donner -et ont donné, par le passé- naissance à une nouvelle bourgeoisie, une bourgeoisie d’Etat, une nomenklatura et des « hommes de l’appareil », ces apparatchiks. L’existence de ces individus, la continuité de la lutte des classes, est un des aspects qui rend la dictature du prolétariat nécessaire jusqu’au bout, sans le moindre relâchement de la vigilance, tant du Parti que des masses.

    La lutte ne se mène pas que contre les anciennes classes possédantes, mais contre -également- les nouveaux bourgeois.

  • Sur la dictature du prolétariat -I- Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    Sur la dictature du prolétariat -I- Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    Nous avons besoin de la dictature du prolétariat !

    La lutte du prolétariat contre la bourgeoisie est une lutte de longue haleine. Elle s’est manifestée d’une multitude de manières, au travers de méthodes différentes, avec des stratégies et des tactiques diverses et variées.

    L’expression de la lutte des classe s’est faite selon des méthodes spontanées, comme le luddisme, par la grève sur le tas, par des colères et des émeutes. Elle s’est faite au travers des organisations syndicales. Elle s’est faite également sous une forme politique, au travers de partis, notamment des partis ouvriers et communistes.

    La lutte s’est faite pacifiquement ou dans la violence, dans la victoire ou dans la défaite, dans la solidarité ou dans la trahison. Elle a accouché d’une somme d’expériences immense, dont les théoriciens, les idéologues mais également les praticiens ont su -ou non- tirer profit.

    L’utilisation de cette somme de matière a permis de déduire des lois sur le fonctionnement du système capitaliste, de la bourgeoisie, de l’Etat, des lois qui, en retour, on permis de développer une théorie révolutionnaire adaptée.

    La décantation, le travail de critique et de tri n’a pas été effectué par des sages sur leur montagne. Ce sont des individus, des organisations, ancrées dans la réalité de la lutte des classes, ancrées dans les masses, ancrées dans un lien étroit entre théorie et pratique. Ceux et celles qui n’ont pas fait vivre ce lien se sont égarés, ont dévié. Ou dans une dérive aventuriste, dans une fuite en avant éperdue ; ou, à l’inverse dans la désespérance, dans le fait de se vautrer dans la collaboration de classe, dans la trahison, dans l’opportunisme. L’une et l’autre, généralement, finissent par se rejoindre dans un renoncement à la révolution et à la lutte.

    Le réformisme est un courant particulièrement puissant au sein de la société. Il représente, en quelque sorte, la « norme » de base du rapport au pouvoir, du rapport à l’environnement politique. Spontanément, les masses et les individus sont réformistes, même sous la forme d’un réformisme radical. Etre confronté à l’exploitation pousse à s’en soustraire, à lutter. C’est là un phénomène logique et normal. Mais le fait de remettre en cause l’organisation de l’économie, le fait de remettre en cause l’Etat et son mode de fonctionnement, demande quelque chose qui ne peut se contenter du regard étroit d’un seul individu. Elle demande de se hisser au delà de l’horizon du simple vécu individuel, elle demande un apport théorique supérieur. Devenir l’architecte d’un nouveau système politico-économique, cela demande un travail plus poussé, encore au delà. Cela ne peut apparaître spontanément.

    C’est ainsi que ceux et celles qui rejettent l’idéologisation, la propagande, l’organisation des masses, sous prétexte qu’elle corrompt leur pensée pure et naïve, ne sont au final que les agents du réformisme le plus plat et le plus éhonté.

    Le réformisme se traduit, dans un sens, par une subordination de la stratégie à la tactique. Elle considère que les « buts de la guerre », pour reprendre la formulation de Clausewitz, se conditionnent aux « moyens de la guerre », les tactiques. Le réformisme est avant tout un pragmatisme : avancer autant que possible, autant que faire ce peu, essayer d’amender les choses, essayer d’encercler la société capitaliste et l’emmener, démocratiquement, en respectant les formes et la légalité, vers une autre étape, socialiste.

    Cette absence de compréhension du caractère antagonique des contradictions entre le prolétariat -exploité- et la bourgeoisie -vivant de cette exploitation- est un des paramètres qui explique cette ligne. En ne comprenant pas la nature de l’Etat : émanation directe du pouvoir de la classe dominante ; en ne comprenant pas le fait que la bourgeoisie soit active, agissante ; le réformisme fait le lit de la collaboration de classe, du clientélisme, de l’opportunisme.

    Sans faire de procès d’intention, la faillite de la compréhension ne naît par forcément d’une révision cynique de la théorie. Elle découle potentiellement d’une erreur sincère. Mais cette erreur forme une plaie qui se surinfecte aisément de la lâcheté, de l’envie de carrière, du renoncement.

    A l’inverse, son miroir, le gauchisme, ne prend en compte que les « buts de la guerre » mais pose une négation sur les moyens, sur les tactiques. Cette négation des étapes produit l’effet suivant : l’idéologie est prisonnière d’un palais des glaces, se heurtant sans cesse à des écueils invisibles, incapable de comprendre les moyens de les franchir, incapable de pouvoir développer une tactiques qui soit adaptée.

    Cette absence de pensée tactique accouche d’un opportunisme spontanéiste, prêt à voir dans les « expressions pures » du peuple, une étincelle de révolution, même lorsque les mots d’ordres sont au lynchage et aux pogroms. Elle accouche d’un aventurisme, d’une surestimation de la capacité à rallier les masses, à convaincre les tenants de positions arriérées. Elle confine donc au sectarisme.

    Les deux sont reliés dialectiquement, sont les frères jumeaux l’un de l’autre et mènent l’un à l’autre. La route du gauchisme au droitisme est une route de la pureté au compromis, du compromis à la compromission, de la compromission à la trahison.

    Ces deux fautes idéologiques, ces deux déviations, sont dans l’incapacité de créer les conditions permettant à l’humanité de faire ce gigantesque bond en avant du capitalisme vers le socialisme. La première parce que son horizon est celui de la lutte parlementaire, du crétinisme, la seconde car elle se contente de la critique et de l’utopisme.

    Il existe bien des « sages de la montagne », qui, du haut de leur sommet, lorgnent sur la société avec leur longue vue, dessinent d’improbables arabesques sur des tableaux noirs, perfectionnent leur maquette de société future. Ces sages sont d’illustres compteurs d’histoires, sont capable de peindre de merveilleuses fresques. Ce qui leur manque, en revanche, c’est un chemin entre la société actuelle et la société merveilleuse, rêvée, parfaite et imperfectible.

    Bien souvent, ces « sages » se muent en gardiens d’une idéologie ossifiée, sclérosée, fétichisée. Exposés comme autant de trésors, ces dogmes inapplicables, inappliqués donc, ne servent que pour pourfendre les impurs, les impies, ceux qui ne prient pas la sagesse de l’utopisme, sa pureté, ceux qui se salissent les mains à changer la société.

    Le marxisme, en opposition à l’utopisme, se base sur un constat qui n’est pas nouveau : ainsi, dès 1845, Marx, dans ses Thèses sur Feuerbach, écrivait : « les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde : il s’agit maintenant de le transformer. » Fondamentalement, les clichés instantanés de la société, aussi précis soient-ils, ne servent à rien. De même les maquettes d’une société future ne servent, dans le fond, à rien non plus. Tant que rien ne permet de transformer l’un en l’autre, tant que rien n’illustre les processus dialectique qui opèrent au sein de la vieille société, qui permettent de l’emmener vers la nouvelle, ces travaux demeurent une perte de temps.

    Là réside l’idée majeure du marxisme. Apporter la jonction entre les deux, la jonction entre le monde actuel et le monde meilleur : la société communiste ; sans classe ; sans Etat ; sans exploitation. Le marxisme n’est pas un utopisme qui définit les règles d’une société parfaite, inventée. Il est un outil de combat pour transformer le monde.

    Autour de ce constat s’est accumulé une synthèse d’expériences, perpétuellement enrichies par de nouveaux apports, par l’étude, par l’analyse des rapports sociaux, des rapports économiques, par le décryptage du vivant.

    Seulement l’application ne s’est pas faite dans un laboratoire, dans un environnement confiné, dans le virtuel. Elle s’est faite dans la lutte frontale, syndicale, politique, révolutionnaire, contre la bourgeoisie, contre les fascistes. Elle s’est faite dans la paix et dans la guerre, dans la lutte légale et illégale.

    Les victoires de l’idéologie marxiste ont amené au pouvoir des partis communistes, lesquels se sont retrouvés avec la responsabilité écrasante de devoir construire le socialisme, étape de transition vers le communisme. Or cette tâche ne s’est pas faite sous la forme d’un examen, d’une évaluation, où les réponses sont connues, où un corrigé parfait existe. Elle s’est faite en se heurtant à des problèmes concrets et réels, à des périls mortels. Elle s’est faite à travers une expérimentation constante.

    Ces expériences ont, de fait, échoué. Il n’existe plus ni URSS, ni République Populaire de Chine -excepté formellement- ni d’autres pays socialistes. Cet échec révèle que des erreurs ont été commises, que des insuffisances sont apparues. Les marxistes authentiques cherchent à comprendre ces erreurs, à les analyser, à en tirer des corrections pour qu’elles ne se reproduisent pas.

    Elles ont créé une somme titanesque de ressources et de documents à analyser. Les rejeter en bloc reviendrait à se priver intégralement de cette manne de connaissances.

    Pourtant, la moindre imperfection suffit, pour les gardiens du dogme et de la pureté, pour rejeter l’ensemble. Ironie des ironies, ces mêmes gardiens, attendant la pureté parfaite pour que vienne l’avènement de la société sans faille, végètent. Confrontés, bien malgré eux, au réel, ils s’excommunient, s’injurient, s’accusent. Incapable de faire face à la réalité, d’être maîtres de leur situation, ces purs se vautrent dans la compromission, dans la concession, dans l’opportunisme. D’aventuristes de la pureté, ils finissent leur trajectoire dans les bras de la social-démocratie, dans le réformisme, dans l’anticommunisme viscéral, voire dans le fascisme.

    Lorsque mis en face de leurs contradictions, ces aventuriers agissent bien souvent comme des bêtes prises au piège. Mordent, attaquent, mais ne parviennent pas à apporter une réponse satisfaisante, autre que superficielle, aux problèmes qui se posent actuellement, aux questions de la société actuelle, à comment bouleverser l’ordre capitaliste, le battre, et de ses ruines faire émerger la société socialiste, la société communiste.

    Or, le choix, le marxisme-léninisme dans son ensemble, indépendamment des débats qui ont cours en son sein, pose la question des étapes. Nullement dans le but cynique d’instaurer une dictature, une bureaucratie, un Etat inutile. Ces étapes ne sont pas le fruit d’une soif de guerre, de sang, d’une volonté de nuire à autrui, de causer de la souffrance et du tort. Elles sont des passages obligés car, dans la lutte des classes, le terme de lutte n’est pas usurpé. Elle peut, certes, se dérouler pacifiquement, sans violence directe, sans conflagration, mais également prendre une tournure brutale et sans pitié.

    Le maintient de l’exploitation par le capitaliste prime sur la légalité. Si les travailleurs menacent les intérêts du patronat, gare à eux ! Que dire, alors, de la situation révolutionnaire, laquelle vise à nier le pouvoir de la bourgeoisie, à le détruire.

    L’irruption du fascisme forma, par exemple, l’une des réponses de la bourgeoisie aux menaces qui pesaient sur elle. Le fondement du fascisme n’était nullement une perversion morale, mais était, au contraire, ancré profondément dans la lutte des classes.

    Le fondement des dictatures réactionnaires, des croisades anti-bolcheviques, suivait une logique similaire : écraser la menace.

    Non pas parce que la bourgeoisie serait intrinsèquement mesquine, sadique, incapable d’empathie. Simplement parce que celle-ci possède des intérêts, qu’elle en a une conscience particulièrement aigüe et qu’elle se dote des moyens et des politiques adaptées à l’ambition de les accroître et de les défendre.

    Nous disons, au contraire, que, s’ils pensent comme un prolétaire ou comme un bourgeois, c’est qu’ils sont l’un ou l’autre. Un prolétaire a une conscience de classe prolétarienne parce qu’il est prolétaire.

    Ce que nous devons bien remarquer, c’est que la théorie idéaliste comporte une conséquence pratique. Si l’on est bourgeois, dit-on, c’est que l’on pense comme un bourgeois ; donc, pour ne plus l’être, il suffit de changer la façon de penser en cause et, pour faire cesser l’exploitation bourgeoise, il suffit de faire un travail de conviction auprès des patrons. C’est là une théorie défendue par les socialistes chrétiens ; ce fut celle aussi des fondateurs du socialisme utopique.

    Mais c’est aussi la théorie des fascistes qui luttent contre le capitalisme non pour le supprimer, mais pour le rendre plus « raisonnable » ! Quand le patronat comprendra qu’il exploite les ouvriers, disent-ils, il ne le fera plus. Voilà une théorie complètement idéaliste dont on voit les dangers. (G. Politzer, 1941)

    La lutte des classe n’est pas à sens unique, elle n’est pas que de la part du prolétariat montant « à l’assaut du ciel. » Elle est à double sens. La bourgeoisie, également, mène une lutte contre le prolétariat, contre son unification, contre son organisation, contre son idéologie, contre la révolution.

    Avant celle-ci, pendant celle-ci, après celle-ci, la bourgeoisie lutte jusqu’à la mort, jusqu’à sa disparition, contre le pouvoir du peuple et pour la restauration de son ordre.

    Cette raison est le socle de la nécessité de la dictature du prolétariat. Non par goût, mais par besoin.

  • Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Fin de partie – VIII – Nous payons cher.

    Nous payons cher.

    Nous payons, aujourd’hui, chèrement, une lourde addition.

    Cette addition est le fruit d’un cumul d’erreurs, de manques étalés sur une longue période. Elle est le fruit maudit d’une conjonction de facteurs, de responsabilités, de failles, de déviations, d’abandons et de trahisons.

    Elle est ce qui explique la faiblesse des idées communistes, la faiblesse des organisations, des fronts, des luttes.

    Il existe, d’une part, des facteurs extérieurs, liés à la victoire de la contre-révolution en URSS, en Chine, en Albanie. Ces facteurs jouent un rôle considérable à l’échelle mondiale. Seulement ils n’expliquent pas tout.

    Il existe une responsabilité interne, intérieure, propre au mouvement communiste de l’Etat français. Une responsabilité que partage chaque militant ou militante communiste.

    S’en dédouaner, rejeter la faute sur la bourgeoisie, sur les fascistes, sur les trotskistes, sur les idées petites bourgeoises revient à pratiquer une politique de l’autruche. Nombreux sont ceux et celles qui pratiquent cela, avec un art consommé. Faire peser la faute sur des boucs-émissaires est une tendance qui existe. Elle doit être combattue.

    Les léninistes sont particulièrement bien placés pour comprendre l’inanité de cette position : ils subissent avec une régularité d’horloge les sempiternelles attaques des anarchistes et des trotskistes, les accusant d’avoir fait échouer leurs révolutions.

    Sur ce plan là, trotskistes, boukhariniens, anarchistes s’entendent à merveille. Accuser les autres forces, nier leur responsabilité et leur bilan.

    Cela, les communistes doivent le balayer. Mordre à cet hameçon reviendrait à s’aveugler.

    Comment reprocher à la bourgeoisie d’agir en fonction de ses intérêts ? La bourgeoisie agit dans son intérêt, dans un jeu qui lui est propre. Transgresser ses propres lois, agir en propagandiste anticommunistes, être aux aguets face à toute contestation, tout ceci est logique et cohérent.

    Comment reprocher à des forces politiques et idéologiques contraires d’agir en fonction de leur stratégie ? Impossible. Tout autant, cela n’a pas de sens de reprocher, fondamentalement, à des forces non-communistes de ne pas agir en communistes.

    L’application des conceptions politiques, pourtant, de peut être en négation de la loi fondamentale du darwinisme : la survie du plus adapté.

    Prenons l’exemple de Kronstadt. Indépendamment des causes de l’insurrection en tant que tel, le reproche des anarchistes est le suivant : « vous avez écrasé l’insurrection. » C’est un fait. L’insurrection, dirigé contre le pouvoir soviétique, a été écrasée par celui-ci. Le gouvernement soviétique agissait en fonction d’une logique qui lui était propre et à laquelle les insurgés étaient opposés. En cela, le conflit était inévitable.

    En revanche, si l’insurrection a échoué, cela est du fait de sa propre et intégrale responsabilité. Elle ne peut blâmer la force de l’ennemi. Sa faille première est sa propre faiblesse.

    Le premier reproche que devraient faire les anarchistes serait le suivant : « où notre stratégie fut-elle mauvaise ? » et non « l’ennemi s’est comporté en ennemi. » L’environnement politique, social, économique est quelque chose sur lequel il n’est possible que d’avoir une prise indirecte.

    Il est, certes, transformable par la dialectique, par l’action consciente, mais il n’en représente pas moins une toile de fond avec laquelle il est nécessaire de composer. Si une insurrection lancée à Lyon échoue car elle n’est pas soutenue, la raison principale n’est pas « les individus n’ont pas soutenu », elle est « nous avons échoué dans nos tâches de mobilisation, d’organisation, de structuration. »

    Lorsque les trotskistes accusent les « staliniens », ils nient le fait que leur ligne est pourrie. Lorsque les anarchistes accusent les communistes, ils oublient de s’accuser eux-mêmes de leurs fautes. A l’inverse, lorsque nous avons connu des échecs, nous avons, avec justesse, critiqué -en premier lieu- nos manques.

    Lorsque les révisionnistes font surgir la chute de l’URSS de derrière les fagots et qu’ils nient le long cheminement et le long pourrissement, ils agissent en parfaits imbéciles.

    Lorsque nous analysons 1991, nous y voyons la marque de 1956 et du XXe Congrès. Lorsque nous regardons ce congrès, nous n’y voyons pas la main seule de Nikita Khrouchtchev, mais bien l’aboutissement, une première étape, dans un processus de restauration du pouvoir de la bourgeoisie. Cette restauration n’est pas le fruit d’agents malins, de mauvais génies, elle est le fruit d’erreurs dans notre propre camp, chez nos camarades, chez ceux chez qui nous puisons nos sources.

    C’est l’analyse sans concession, l’autocritique sans pitié qui peut nous permettre d’avancer efficacement, plus solidement.

    Aujourd’hui, nos propres faiblesses pèsent pour beaucoup. Notre faiblesse en tant que force d’opposition à la bourgeoisie est le reflet de notre faiblesse en tant qu’organisations divisées, qui, elle-même est le reflet de notre faiblesse dans la manière dont nous traitons la question de l’unité et dont nous traitons les questions idéologiques.

    Qui, aujourd’hui, lit Marx ? Qui lit Engels ? Qui lit Lénine, Staline, Mao, Hoxha, Ho Chi-Minh, Dimitrov, Kaypakkaya, Gonzalo, Gramsci ?

    Personne ou presque.

    D’une part car les sources sont difficiles à trouver, qu’elles demandent de la recherche. D’autre part parce que quand des livres sont lus, ce ne sont pas des sources primaires mais des exégètes. « La pensée de Lénine » vue par tel ou tel auteur, « Comprendre Marx », par un sociologue universitaire, Trotski dépeignant Staline…

    Comment ne pas penser directement à cette citation de J. Staline, dans les Cinq Conversations avec des Économistes Soviétiques, (1941-1952).

    « Il est nécessaire que nos cadres aient une connaissance approfondie de la théorie économique Marxiste.

    La première vieille génération de Bolcheviks était très solide théoriquement. Nous avons appris le Capital par cœur, fait des tableaux synoptiques, tenu des discussions et évalué chacun notre compréhension. C’était notre force et cela nous a aidé beaucoup.

    La deuxième génération a été moins préparée. Ils étaient occupés par des questions pratiques et la construction. Ils ont étudié le Marxisme avec des livrets.

    La troisième génération a été élevée sur des articles satiriques et de presse. Ils n’ont aucune compréhension profonde. Ils doivent être pourvus avec une alimentation qui est facilement digestible. La majorité a été élevée non en étudiant Marx et Lénine mais avec des citations.

    Si la chose continue plus loin de cette façon les gens dégénéreront bientôt. »

    Cette lutte pour l’idéologie est une lutte que nous devons gagner pour remonter la pente. Sa perte est ce qui a fait accepter la dégénérescence du Parti Communiste, ce qui a permis de justifier l’intégralité des reculs idéologiques de celui-ci. Le plus souvent, les opportunistes se camouflèrent derrière une connaissance des textes supérieure, qu’ils camouflèrent en maîtrise idéologique, des arguments d’autorité, des démonstrations creuses.

    Cette perte de maîtrise idéologique se fait ressentir avec un mordant terrible. Elle explique la résurgence d’idées écrasées, battues, anéanties. Des conceptions, par ailleurs, non pas balyées par la violence physique, mais par la démonstration, par la dialectique, par l’expérience. Supprimer les traces de l’expérience a infligé une terrible amnésie au militants et militants, aux communistes et aux progressistes sincères.

    Elle a entraîné la renaissance des modes de pensée idéalistes et basées sur une analyse petite-bourgeoise de l’économie : l’anarchisme. La renaissance de ces conceptions et de ces méthodes d’analyse fait renaître toutes sortes de perversions de l’esprit telles que le post-modernisme.

    Elle a entrainé la renaissance et la survie des conceptions mencheviks, dont le trotskisme. Lequel se caractérise par une phraséologie de gauche mais un bloc systématique avec les positions sociale-démocrates, réformistes.

    Au sein des léninistes, elle a semé la confusion et le trouble. Cette privation idéologique explique l’attachement fétichiste des militants et des militantes à une structure -le PCF- plus qu’à une idéologie. La destruction de la verticalité léniniste : Théorie > idéologie > programme > structure > ligne se traduit par une inversion des priorités.

    Mettre la structure comme chapeau, comme sommet, de l’application de la théorie léniniste, est une fausseté terrible, qui condamnent ses tenants à l’inaction, à la soumission, à la lutte de tranchée dans des conditions telles que le succès est impossible. Le PCF, agissant comme une version miniature de l’Etat bourgeois, est régi par les mêmes règles : inamendable, impossible à conquérir, verrouillé, prêt à la violence et à l’exclusion. Prétendre le contraire reviendrait à avaliser les thèses réformistes ou trotskistes sur l’Etat.

    Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises.

  • Nouvel ouvrage : La recherche de la vérité à propos de Staline – Youri Yémélianov [2005]

    Nouvel ouvrage : La recherche de la vérité à propos de Staline – Youri Yémélianov [2005]

    La lutte contre le révisionnisme idéologique et contre le révisionnisme historique sont indissociables.

    Les attaques formulées contre Joseph Staline, durant le XXe congrès du PCUS, ont servi de paravent à une transformation en profondeur des rapports de production au sein de l’Union Soviétique. Véritable opération-camouflage pour justifier un revirement dans l’économie, dans l’idéologie, dans la politique extérieure, cette rupture est à étudier au plus près.

    Cet ouvrage est intéressant et apporte un éclairage original  grâce à plusieurs aspects : d’une part car il attaque les accusations faites par Nikita Khrouchtchev contre Staline ; de l’autre parce qu’il mentionne une période charnière, celle du milieu des années 1930, en apportant un éclairage sur la réforme constitutionnelle de 1935.

    Qu’on soit d’accord ou non avec les conclusions de l’auteur, ces thèses méritent une certaine attention.

  • Nouvelle publication : Falsificateurs de l’Histoire

    Nouvelle publication : Falsificateurs de l’Histoire

    Nous mettons à disposition cet ouvrage, produit sous la direction de V. Molotov et de J. Staline.

    Pourquoi celui-ci ? Car il revient sur un sujet particulièrement brûlant, à savoir le traité de non-agression germano-soviétique et les relations internationales. Loin de la vision caricaturale présentée, utilisée, triturée pour servir la thèse des « frères jumeaux » entre URSS et IIIe Reich, ce texte rappelle quelles étaient réellement les conditions diplomatiques des années 1930. Elle pointe du doigt le double-jeu des pays capitalistes, lesquels n’ont eu de cesse d’alimenter le nationalisme et l’expansionnisme nazi, dans l’espoir que celui-ci serve leurs intérêts et écrase la menace communiste.

    A quelques jour du 8 mai, jour anniversaire de la destruction du nazisme et du fascisme ; en ce jour anniversaire où Hitler, acculé, encerclé par l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans, se logeait une balle dans la tête ; en ce climat politique si dramatique ; nous considérons qu’il est essentiel de briser les mythes sur une Seconde Guerre mondiale, toujours présente dans les esprits, mais si souvent mal comprise.

    Cette publication n’a pas vocation à dénigrer le courage et l’esprit de sacrifice qui anima l’ensemble des combattants et des combattantes du front antifasciste, nous considérons que le meilleur moyen de rendre hommage au résistant polonais ; au membre du Normandie-Niémen ; au pilote de la R.A.F. ; au marin U.S. ; à la W.A.A.F. ou à la tireuse d’élite de l’Armée Rouge, est ne ne nier aucune des raisons qui amenèrent à cette guerre. Elle est aussi de reconnaître que ce jeu dangereux, ce rôle d’apprenti sorcier, est une constante malheureuse, découlant logiquement de l’antagonisme entre pays impérialistes, mais également de l’antagonisme entre les exploités et les exploiteurs.

    Les 24 millions de morts payés par l’U.R.S.S. sont un avertissement.

    Le 8 et le 9 mai, célébrons dignement l’écrasement du fascisme ! Halte à la révision de l’histoire !

     

     

  • Nouveau document numérisé : Le rapport sur la situation internationale.

    Nouveau document numérisé : Le rapport sur la situation internationale.

    Document incontournable de l’histoire du mouvement communiste international, ce rapport de 1947, souvent surnommé « rapport Jdanov » est un texte parfaitement illustratif de la stratégie communiste à la sortie de la guerre. Il est également une critique profonde des déviations opportunistes de droite, notamment du PCF, qui furent un terreau fertile pour le développement du révisionnisme.

    Impossible, pour tout communiste, de faire l’impasse sur la lecture de ce rapport que nous mettons à disposition aujourd’hui.

  • Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Les communistes ne rampent pas devant la parodie de démocratie des bourgeois.

    Dans nos vœux d’une année de lutte, nous avons mentionné que 2017 serait une année où bien des masques tomberaient.

    Nous maintenons cette affirmation, nous la maintenons et nous la considérons même déjà confirmée à plusieurs reprises.

    Il est aisé, pour un grand nombre d’organisations, de se réclamer révolutionnaires. Cela, en temps normal, ne demande qu’une simple déclaration d’intention. Il est même certain qu’un grand nombre de militants d’organisations réformistes pensent sincèrement qu’elles forment un fer de lance contre le pouvoir de la bourgeoisie.

    Seulement, les façades s’effondrent vite lorsqu’elles ne sont pas étayées. Souvent, il suffit d’une pression qui s’intensifie pour que les drapeaux se rangent, pour que la fierté teintée d’arrogance soit ravalée et transformée en soumission.

    Que cela soit précisé, nous ne sommes pas opposés par principe à participer à des élections. Nous pensons qu’elles peuvent être un baromètre de l’Etat d’esprit des masses, une manière de tester quelle est notre influence dans la société.

    Cependant, cette participation ne peut être que tactique, subordonnée à un objectif tout autre : celui de préparer la révolution.

    Nous ne souffrons pas de la schizophrénie propre aux pseudo-révolutionnaires. Comment pourrions nous clamer que nous allons mettre telle ou telle avancée en place, si de l’autre nous clamons que la bourgeoisie l’empêchera par la force ?

    Certaines tentent de concilier ces deux points de vue en optant pour un moyen terme bancal: le programme de transition. Cela consiste à exiger des choses impossibles à satisfaire sous le capitalisme, soi-disant pour en montrer l’inanité, et pousser les masses à adopter les positions révolutionnaires.

    C’est surtout une manière de ne PAS poser la question de la révolution, de la dictature de la bourgeoisie contre celle du prolétariat. Irréalisable, cette ligne conduit sans rémission à la désespérance face à un échec inévitable.

    Réclamer des assemblées ouvrières, réclamer l’interdiction des licenciements, réclamer des nationalisations forcées sous contrôle populaire, un salaire universel et suffisant pour tous… en somme exiger de la bourgeoisie des concessions qui formeraient un casus belli, voilà l’alléchant programme. Cependant, bien qu’admettant à demi-mot que celui-ci serait impossible à satisfaire, jamais ses promoteurs n’expliquent publiquement comment il sera possible de le surmonter. Tout cela par mépris pour les masses populaires, que ces intellectuels jugent incapables de se saisir des questions politiques et, surtout, de celle de la révolution.

    Les exploités, les opprimés, les masses sont parfaitement conscientes de la réalité de la dictature capitaliste. Elles sont pleinement à même de se saisir des enjeux et des questions politiques.

    « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. » [Préface et postface aux Enquêtes à la campagne, 1941] voilà ce qu’écrivait Mao Zedong.

    Seulement, au lieu de réaliser les tâches de Parti, les organisations opportunistes et économistes briment l’avancée politique. Au lieu de parler politiquement du pouvoir, ces organisations ne posent que  revendications économiques.

    Si une organisation comme L.O. mène souvent un travail d’enquête faramineux dans les usines, qu’en fait elle ? Elle s’en sert pour parler aux travailleurs, aux travailleuses, non pas de politique, non pas de révolution, mais uniquement des problèmes concrets qu’ils peuvent connaître. Problèmes que les ouvriers connaissent déjà, étant ceux qui les ont transmis aux militants.

    La boucle est désormais bouclée.

    Au lieu d’être des partis, ils sont des super-syndicats.

    Au lieu de briser le 4ème mur de la pièce de théâtre de la démocratie bourgeoise, ces mouvements la confortent, la dote d’une crédibilité renforcée. ne pas indiquer la nature de dictature de classe du système politique actuel, ne pas promouvoir la nécessité de le briser, c’est s’en faire son agent.

    Prétendre que le pouvoir se conquiert par les urnes, lorsqu’on brandit le marteau et la faucille, c’est mentir. C’est trahir son camp et passer avec armes et bagages pour celui de l’ennemi.

    C’est donner des leçons d’histoire alternative. Dans les faits, la bourgeoisie ne cède pas un pouce, insulte, menace, frappe et tue.

    Dans le monde magique où  vivent ces ignares et ces doux rêveurs, il semble que la bourgeoisie soit une chose morte, une chose statistique, et non cette force sociale capable de mener la guerre, l’exploitation, avide de richesses et -surtout- très consciente de sa nécessité de se maintenir au pouvoir.

    Dès qu’une force anticapitaliste crédible montre le bout de son nez, la bourgeoisie se déchaîne: où par la moquerie, si la menace est faible, tournant en ridicule les tentatives de pouvoir s’exprimer ; ou par la calomnie, par le mensonge, par le matraquage d’images bien imprégnées dans le cerveau, grâce à l’Education Nationale et aux magazines « historiques » : « Le Communisme a fait 100 000 000 de morts ; Staline est un dictateur; Mao était un être méchant. » Si jamais ce candidat persistait malgré tout, que d’intimidations, que de menaces aurait-il à braver.

    Mais une fois au pouvoir, dans le monde rêvé, comment serait-il crédible de penser que la bourgeoisie céderait le sien ?

    Au mieux, un refus poli serait envoyé. Au pire…gare au fascisme ! La bourgeoisie ne s’embarrasse guère de lois et d’éthique quand il s’agit d’accroitre son profit. Faut-il être un incorrigible naïf pour croire qu’elle cédera l’intégralité de son pouvoir, de son statut social, de ses privilèges de classe, par respect des « règles du jeu » ?

    Mais la bourgeoisie ne s’inquiète guère, et pour cause ! Au mieux les programmes de la gauche, pour les élections, sont chauvins, nationalistes et partisans de l’impérialisme, au pire, ils sont ceux de syndicats : ils exigent des euros en plus, des heures en moins, mais ne posent jamais la question du pouvoir.

    Il est important d’acter ce fait : La démocratie bourgeoise, c’est la démocratie de la bourgeoisie, pour elle seule, pour gérer ses intérêts. L’Etat bourgeois n’est pas une chose inerte, il est l’outil conçu, forgé, mis en œuvre par la bourgeoisie pour la bourgeoisie.

    Vouloir changer ce jeu de l’intérieur reviendrait à vouloir lutter un tenancier de casino à une table de blackjack.

    A nos yeux, seule la lutte révolutionnaire peut fonctionner.

    Les organisations politiques se revendiquant de la révolution, mais se présentant, montrent ainsi un visage bien triste :

    Lutte Ouvrière dénonce le fait de ne pas être invité sur les plateaux, par les médias, de ne pas être mentionné par la bourgeoisie. Devrions-nous nous en étonner ? N’y a t’il pas une contradiction fondamentale entre le fait de se dire communiste et celui de s’étonner que la bourgeoisie ne soit pas jouasse à l’idée de diffuser ces idées ? Voilà bien une manière de se rouler au sol, de pleurnicher, de prendre à témoin les masses, non pas en pourfendeur de la bourgeoisie, mais bien en se ridiculisant.

    Quant au N.P.A., il parvient à faire pire. Nous ne reviendrons pas sur l’humiliation subie par Philippe Poutou, au demeurant humiliation répugnante de la part d’animateurs d’un divertissement réactionnaire. Nous reviendrons sur la triste pétition lancée par ce parti, pour demander la participation de leur candidat.

    2017 Poutou doit en être, pétition signée actuellement par 5900 soutiens, n’est non seulement pas une humiliation de plus, elle est révélatrice du rapport du N.P.A. aux élections. Quoiqu’ils s’en défendent, les militants et militantes de cette organisation implorent les élus de parrainer leur candidat, pour respecter la « démocratie. »

    « Nous nous adressons à vous pour que vous permettiez à Philippe Poutou d’être candidat.
    Il a toute légitimité pour cela et il serait antidémocratique qu’il soit victime de la censure des grands partis institutionnels. »
    Mais, n’est-ce pas justement là, précisément, que le bât blesse ? La démocratie bourgeoise se caractérise par une démocratie creuse, de façade, conçue pour duper l’électeur et maintenir l’ordre.

    « En 2002 et 2007 avec Olivier Besancenot, en 2012 avec Philippe Poutou son courant politique a été présent et entendu dans les débats des présidentielles, son absence serait un recul démocratique. » Son courant politique, au contraire, s’est cantonné à une participation aux élections de la bourgeoisie, en a respecté les règles et les principes, et s’est couché platement.

    « Nous ne partageons pas nécessairement ses idées mais nous pensons qu’il doit pouvoir participer au débat de la présidentielle de 2017. » Cette phrase est révélatrice, en bloc, du fond du discours de cette organisation. Elle s’adresse au petit bourgeois démocrate, lequel soutiendra l’accès du N.P.A. à la grande foire aux élections -et aux remboursements de frais de campagnes.

    Le N.P.A. démasque son opportunisme en ces quelques lignes. Il ne fait pas même appel aux travailleurs et aux travailleuses, en leur clamant : « votre parti est censuré, mobilisez vous pour le défendre ! » ; il ne s’en sert pas pour dénoncer la mascarade que sont les élections, pour mobiliser les masses, mais bien pour quémander, au nom d’une illusoire démocratie, une place aux côtés des exploiteurs et des vermines.

    C’est là, un point qui révèle que les élections sont pour le N.P.A., comme pour Lutte Ouvrière, une fin en soi, l’aboutissement de leur stratégie, de leur programme. Nul part l’esprit révolutionnaire n’est autant absent.

    De deux choses l’une, chacune étant, de part et d’autre, une position fausse :

    Ou les naïfs découvrent la censure de la bourgeoisie et ils agissent en doux rêveurs.

    Ou ce sont des cris de fausse révolte, de fausse surprise, et ils agissent en menteurs en ne révélant pas la supercherie des élections.

    Nous ne devons jamais mentir aux masses quant aux étapes et à la difficulté d’avancer, pas à pas, vers la construction d’un monde plus juste.

    Nous ne mentons pas sur les parodies de démocratie, sur le jeu truqué de la bourgeoisie, sur sa censure.

    Nous ne mentons pas sur le fait que seule une révolution prolétarienne est à même de renverser l’ordre établi et de mettre en œuvre celui de la justice, du droit, celui de la liberté pour les opprimés et les exploités.

    Ce ne sont pas les quémandages électoraux, qui nous trainent dans la boue, dont nous avons besoin.

    C’est celui d’un camp du peuple, d’un Parti, qui ne s’abaisse pas à quémander à la bourgeoisie des droits, mais qui les saisit, par la mobilisation des masses, qui impose son contre-pouvoir à celui des bourgeois.

    Un camp qui n’agit pas dans les parlements, sauf tactiquement, mais qui agit dans la rue, dans les usines, dans les lieux d’éducation, de socialisation et même de détention.

    Nous voulons créer l’opposition extra-parlementaire pour lutter contre les attaques de la bourgeoisie, créer ce bouclier politique.

    Mais nous voulons plus, nous voulons à l’échelle de ce que représente les exploités, les opprimés.

    Les travailleurs sont le monde, et le monde est à eux !

  • L’Unité Communiste de Lyon rejoint la campagne de soutien au Bataillon International de Libération au Rojava.

    L’Unité Communiste de Lyon rejoint la campagne de soutien au Bataillon International de Libération au Rojava.

    Texte d’appel de la campagne

    Au coeur du Moyen-Orient, les populations du Rojava se sont soulevées contre les forces réactionnaires qui oppressent la région depuis des décennies. Après avoir libéré le Rojava de Daesh, les habitants du Rojava et les nombreux révolutionnaires étrangers qui sont venus les soutenir inquiètent à présent les impérialistes américains et l’OTAN, ainsi que les régimes réactionnaires et fascistes du Moyen-Orient : la Turquie, l’Arabie Saoudite et l’Iran. Tous à présent interviennent par bombardements ou ingérence, reproduisant les stratégies qui ont abouti à la création de nombreux groupes islamistes comme Daesh, Al Qaïda ou Al Nosra, des golems qui ont échappé au contrôle des pays capitalistes qui les ont façonnés.

    Que ce soit par les attentats meurtriers, par les bombardements de civils, par les arrestations massives de militants révolutionnaires, par les attaques permanentes contre les guérillas populaires ou par les marchandages capitalistes, les ennemis du peuple ont bien du mal à arrêter la lutte de libération qu’ont entreprises les populations du Rojava, du Kurdistan et de tout le Moyen-Orient, et particulièrement les femmes armées du Rojava qui sont le pire cauchemar des islamistes.

    Après s’être entourée de ses alliés habituels et historiques : USA, OTAN, Union Européenne, ONU, social-démocrates et régimes réactionnaires, la Turquie a entrepris une large campagne de répression à travers les territoires kurdes en Turquie, en Irak et en Syrie, avec pour objectif prioritaire de saboter les ambitions révolutionnaires des peuples opprimés du Rojava.

    Aidons le Bataillon International de Libération qui regroupe des combattants communistes, anarchistes et antifascistes venus défendre le Rojava dans l’esprit des Brigades Internationales de l’Espagne de 1936. Apportons leur un soutien politique et matériel en finançant des pansements hémostatiques. 60% des blessés par balle meurent d’hémorragie en attendant d’être pris en charge : ces pansements stoppent l’hémorragie rapidement et coûtent 40$ l’unité.

    Soutien à la lutte pour la révolution des peuples du Rojava et d’ailleurs, contre les islamistes, les USA, l’OTAN et les états réactionnaires !

    Participez à cette récolte en envoyant vos dons :
    IBAN : BE09 0016 1210 6957 – BIC : GEBA BE BB – Communication : « Rojava ».

    Qu’est ce que le CELOX ?

    Le CELOX est un nouveau produit hémostatique d’urgence. Le CELOX peut stopper même les hémorragies potentiellement létales rapidement. Facile à utiliser, très sûr et extrêmement efficace, le CELOX sauve des vies. Mélangé au sang, le Celox forme un gel résistant comme un caillot en moins de 30 secondes. Il agit indépendamment des processus normaux de coagulation de l’organisme. Lors des essais cliniques menés par la Marine US, le Celox a été le seul produit à apporter 100% de survie.

    La sécurité du Celox a été testée selon les standards exigeants de classe III du marquage CE. Le Celox est composé de chitosan, catabolisé par le lysozyme, une enzyme humaine, en glucosamine, sucre normalement retrouvé dans l’organisme.
    CELOX est indiqué pour toute hémorragie modérée à sévère, les hémorragies artérielles ou veineuses, les plaies superficielles et profondes, les plaies du crâne, de la face et du cou.

    L’introduction du Celox dans la plaie stoppe les pertes sanguines grâce à la formation d’un caillot sous forme de gel, par la liaison de Celox sur la surface des érythrocytes.
    Les nouvelles versions CELOX Gauze et CELOX Gauze « Z » FOLD combinent l’action des granulés hémostatiques et de la bande pour contrôler la perte de sang qui met directement la vie du patient en danger.

    Qu’est ce que le Bataillon International de Libération du Rojava ? 

    Le Bataillon International de Libération (International Freedom Batallion, IFB) est un bataillon indépendant composé de révolutionnaires venus de Turquie, d’Europe et d’ailleurs pour défendre la révolution du Rojava en se positionnant comme une force indépendante aux côtés des YPG/YPJ/QSD.

    Fondée le 10 juin 2015 à l’initiative du MLKP (Parti Communiste Marxiste-Léniniste en Turquie et au Kurdistan) sur le modèle des Brigades Internationales qui défendaient la révolution espagnole en 1936, elle a été rejointe par plusieurs autres groupes révolutionnaires (Entre autres TKPML/Tikko, MLSPB-DC, RC, TKEP/L, ΕΣΔΑ) communistes et anarchistes, ainsi que par des révolutionnaires non-encartés qui se sont regroupés dans les BÖG (Forces Unies de Libération). Ces groupes et individus sont issus de divers courants politiques de la gauche révolutionnaire : marxisme-léninisme, hoxhaisme, maoïsme, anarchisme, trotskysme,…

    Depuis sa fondation, l’IFB a combattu sur tous les fronts du Rojava (à l’exception d’Afrin), aidant les forces kurdes à mettre en échec Daesh et d’autres groupes islamistes actifs dans la région.

    REJOINDRE LES SIGNATAIRES

    Secours Rouge (BE)
    OCML Voie Prolétarienne
    Alternative Libertaire Bruxelles
    Sosyalist Kadınlar Birliği
    Belçika Göçmenler Kolektifi
    Emek ve Özgürlük Cephesi
    Coordination Action Antifasciste (FR) (AFA Marseille, AFA Paris-Banlieue, AFA Tolosa, AFA NP2C, AFA La Roche sur Yon, Ipeh Antifaxista)
    Plateforme Voix des Prisonniers
    Bretagne en luttes / Breizh o stourm
    Arbeitskreis Solidarität
    Zusammen Kämpfen Stuttgart
    Revolutionären Aufbau
    Rote Hilfe (CH)
    Revolutionäre Jugend Gruppe Bern
    Anarchistische Gruppe Bern
    Revolutionäre Jugend Zürich
    RAGE – Réseau d’Agitation Genève – Réseau Antifasciste
    Unité Communiste – Lyon
    Groupe Antifasciste de Lyon et Environs