Étiquette : Prisonniers politiques

  • Cameroun : libérons les jeunes prisonniers politiques !

    Cameroun : libérons les jeunes prisonniers politiques !

    Depuis un an une campagne « vendredi noir » autour de l’alliance « Stand up for Cameroun » s’active au Cameroun et en Europe pour la libération de plusieurs jeunes Camerounais, arrêtés arbitrairement après une réunion pacifique en septembre 2020.

    Ils sont poursuivis pour conspiration de révolution et d’insurrection ! Ils croupissent dans la prison centrale de New-Bell à Douala dans des conditions inhumaines. L’audience au tribunal a été reportée à plusieurs reprises. Une nouvelle date est fixée mi-septembre.

    La déclaration qui suit décrit de manière poignante la situation de la jeunesse dans un pays dépendant et l’oppression subie par le régime dictatorial de Paul Biya. Mais ce régime n’est pas seul sur le banc des accusés. Il ne pourrait pas agir ainsi sans la complicité « silencieuse » des pays impérialistes qui tolèrent, acceptent et soutiennent un régime corrompu comme celui du Cameroun, pour continuer à piller le pays. La France, pays des ‘droits de l’homme’, en premier mais aussi d’autres puissances qui interviennent de plus en plus comme l’Union Européenne, la Chine et d’autres. Notre soutien internationaliste est nécessaire. Nos exploiteurs et oppresseurs d’ici sont les mêmes qui enlèvent à la jeunesse en Afrique toute perspective.

    Liberté pour les quatre ; liberté pour tous les prisonniers politiques ! Construisons le Front uni anti-impérialiste !

    Déclaration d’Albert Moutoudou, membre de l’alliance ‘Stand up for Cameroon’ :

    « Ce sont nos enfants qu’on assassine ! »

    Il s’appelle Mira Angoung âgé de 22 ans.

    Il s’appelle Tehle Membou âgé de 24 ans.

    Il s’appelle Étienne Ntsama âgé de 31 ans.

    Il s’appelle Moussa Bello âgé de 37 ans.

    Tous les quatre sont derrière les barreaux, à la prison centrale de New-Bel depuis bientôt un an.

    Mais quel est donc leur crime ?

    Ils ont commis trois grands crimes impardonnables !

    Le premier crime de ces quatre jeunes c’est de n’être pas nés dans des familles riches. Derrière les barreaux des prisons s’entasse notre jeunesse. A celui-ci on reproche d’avoir volé des pneus de voiture, à celui-là des cassettes-radios, des bouteilles d’huile, et ainsi de suite… Il y a des cas où le temps de la préventive dure longtemps, jusqu’à cinq ans, voire plus. Il suffit de passer un après-midi dans l’un de nos tribunaux pour voir à l’œuvre la machine à broyer des vies.

    Certains de ces jeunes n’ont même pas terminé l’enseignement primaire. Bien souvent ils ne comprennent ni le français ni l’anglais au tribunal et répondent approximativement. Il y a des cas de quiproquo entre le Ministère public et les accusés, qu’on croirait dits pour le théâtre. Le verdict, lui, est bien réel et tombe, implacable. Et qu’ils comprennent le français ou pas, qu’ils comprennent l’anglais ou pas, les jeunes auront tout le temps derrière les murs de comprendre la sentence infligée…

    Si la plupart de ces jeunes sont des cas de délinquance, celle-ci est mineure et du genre qu’on pourrait prévenir en mettant les enfants à l’école, selon la vision éclairée que proposait déjà le poète au dix-neuvième siècle : Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne !1 Au pire, on mettrait ces enfants en difficulté à la rude mais salutaire école du travail dans des chantiers prévus à cet effet. Or qu’observe-t-on ? Des milliers de jeunes sont jetés dans la promiscuité corrompue des cellules des prisons, où ils végètent, se clochardisent, et finissent par tomber sous l’influence des vrais truands.

    Et tous ces jeunes sont issus de familles modestes.

    Le deuxième crime de ces quatre jeunes c’est qu’au lieu de se retrancher dans l’alcool, dans la drogue et les agressions, et de donner ainsi un motif en or à ceux qui les ont jetés en prison, ils ont choisi, eux, d’exercer un dur labeur au quotidien. Mira Angoung, Tehle Membou, Étienne Ntsama et Moussa Bello sont la jeunesse qui travaille à longueur de journées et qui est soutien de famille. L’un est mécanicien automobile, deux sont des commerçants, et le quatrième est chauffeur. Donc dans des métiers où sont réduits la grande majorité des jeunes issus des familles modestes. En un mot des jeunes qui acceptent de se battre dans le pays même, en dépit de tout, plutôt que d’espérer trouver fortune ailleurs en affrontant des drames dans les traversées improbables du Sahara et de la Méditerranée, sans oublier l’esclavage en Libye et ailleurs. Nous suivons tous les nouvelles de ces épreuves dont parlent régulièrement les médias et les réseaux sociaux, et qui sont le lot de notre jeunesse issue des milieux populaires. Mira Angoung, Tehle Membou, Étienne Ntsama et Moussa Bello auraient pu faire partie de telles aventures au cours desquelles nombre de nos enfants perdent leur vie. Au contraire, ils ont choisi de rester dans leur pays, et de se battre, pour s’en sortir, refusant de se retrancher dans l’alcool, la drogue et les agressions, refusant aussi d’aller mourir tous seuls sur les routes d’émigration.

    Le troisième crime de ces quatre jeunes c’est qu’au lieu d’aller chanter et danser leur satisfaction politique au pouvoir en place dans des réunions où l’on distribue des pains et des sardines, Mira Angoung, Tehle Membou, Étienne Ntsama et Moussa Bello, eux, vont dans des réunions politiques de l’opposition. Ils font partie de ces jeunes qui ont résolument fait le choix du changement dans ce pays riche où, malheureusement, ils il n’y a que quelques-uns à profiter des richesses. Ainsi

    se sont-ils engagés dans la bataille pour le changement telle qu’elle est proposée par SUFC2, à savoir pacifique et à travers la Transition Politique dans notre pays.

    Depuis bientôt un an qu’ils sont derrière les barreaux, le pouvoir semble leur dire qu’ils ne devaient pas s’engager dans l’opposition. Et comme le même pouvoir ne tient pas à voir d’autres jeunes suivre l’exemple courageux de Mira Angoung, Tehle Membou, Étienne Ntsama et Moussa Bello et quelques autres encore, il semble en même temps envoyer un message d’avertissement à d’autres jeunes issus des milieux populaires, mécontents de leurs conditions et qui montrent des dispositions à s’engager dans la lutte politique pour le changement.

    Au Tribunal militaire de Bonanjo à Douala où ils sont déférés, Mira Angoung, Tehle Membou, Étienne Ntsama et Moussa Bello sont poursuivis pour conspiration de révolution et d’insurrection !

    Vous avez bien lu : conspiration de révolution et d’insurrection !

    En vertu de quoi ils sont en détention depuis bientôt un an, car les audiences sont renvoyées et encore renvoyées. Comme pour rire. Et peut-être, au bout, des peines encore plus terribles sont-elles au programme…

    Quelqu’un a dit : si l’on vous explique le Kamerun et que vous croyez avoir compris, c’est qu’on vous a mal expliqué. Ce propos horrible nous colle désormais à la peau. Horrible aussi ce motif de

    conspiration de révolution et d’insurrection asséné à quatre jeunes gens qui marchaient paisiblement dans la rue. Car il ne s’agit que de cela.

    Le 18 septembre 2020 qui était un vendredi, ces quatre jeunes étaient au Siège du CPP3 à Bali, leur habillement en noir marquant leur protestation silencieuse et non violente contre la politique de Biya. C’était leur façon de dire : trop c’est trop !

    Vers la fin de cet après-midi passé à échanger avec d’autres jeunes sur le sort actuel de notre pays, ils quittaient à pieds le Siège du CPP pour rentrer chez eux. Ils n’ont agressé personne. Ils n’ont élevé la voix contre personne. Ils n’ont dégradé aucun bien ni public ni privé. Ils rentraient chez eux, paisiblement, à New-Bell, non dans des luxueux appartements, mais dans des logements forts modestes – et c’est peu de le dire – où des enfants à l’étroit ne mangent pas toujours à leur faim, se serrent dans le petit espace et, très tôt, doivent assister leurs parents dans des activités quotidiennes.

    A peu de distance du Siège du CPP, ils sont saisis par des éléments de la Légion de Gendarmerie de Douala. L’accusation a promis de produire des témoignages de passants ou d’habitants du voisinage, qui, la main sur le cœur, attestent avoir entendu ces jeunes aux mains nues préparer une terrible conspiration en pleine rue, à tout juste quatre, en vue de la révolution et de l’insurrection, sur le parcours éminemment guerrier du retour à leur domicile.

    Devant de tels drames, car il s’agit bien d’un drame ce qui arrive à ces quatre jeunes, les mots en viennent à manquer. Comme ils en vinrent à manquer au poète pourtant réputé intarissable et qui ne savait plus que répéter : Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !4

    Après quelques jours passés à la Légion à Bonanjo, ils sont depuis le 22 septembre 2020 à la prison centrale de New-Bell à Douala, qui est comme chacun sait pleine jusqu’à la gorge. Et bientôt un an derrière les barreaux. Quel gâchis !

    Le gâchis consiste à étouffer l’élan vital d’une nation en s’entêtant à briser la volonté des jeunes qui s’impliquent pour le changement ! Ce sont pourtant ces enfants qui devront poursuivre avec ce Kamerun, cela va s’en dire, quand des vieux de mon âge, quand des plus vieux encore de l’âge de Biya, quand nous serons plus là. Qu’on le veuille ou pas, ces quatre jeunes gens, comme il y en a des millions dans notre vaste pays, seront la grande masse agissante de demain, la colonne vertébrale sur laquelle tout reposera dans notre pays : les activités économiques et sociales, le développement en un mot. Or, à quoi assiste-on ? Le pouvoir RDPC5 fait des phrases sur la jeunesse en ayant manifestement la tête ailleurs.

    Il s’appelle Mira Angoung âgé de 22 ans.

    Il s’appelle Tehle Membou âgé de 24 ans.

    Il s’appelle Étienne Ntsama âgé de 31 ans.

    Il s’appelle Moussa Bello âgé de 37 ans.

    Ils sont derrière les barreaux depuis le 18 septembre 2020.

    Demandons qu’on les libère à l’occasion de la prochaine audience du 15 septembre 2021 au Tribunal militaire de Bonanjo à Douala. Pour deux raisons claires :

    Ils sont innocents !

    Il s’agit de l’avenir de notre pays !

    Dans l’Antiquité nous apprend-on, il y avait un monstre appelé Moloch à qui l’on sacrifiait rituellement des nouveau-nés. Nous, les vieillards, arrêtons de nous nourrir du sang de nos enfants !

    Albert Moutoudou, président de l’UPC-Manidem

    Union des populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie6

    1Victor Hugo : Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne. / Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne/ Ne sont jamais allés à l’école une fois, / Et ne savent pas lire et signent d’une croix.

    2Alliance « Stand up for Cameroon »

    3Cameroun People Party, partenaire dans l’alliance SUFC

    4François Villon : La ballade des pendus

    5Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir du Cameroun.

    6l’UPC-Manidem est membre de la Coordination internationale des organisations révolutionnaires (ICOR)

  • Sept exilés arrêtés à Paris à la demande du « Parti de la Vengeance »

    Sept exilés arrêtés à Paris à la demande du « Parti de la Vengeance »

    Nous condamnons cette attitude cynique de la part de la Présidence de la République. Ces arrestations sont des cadeaux faits à l’extrême-droite italienne, notamment pour tenter de renouer des relations entre les deux pays. La France et l’Italie sont en effet brouillées depuis que Sarkozy a semé le chaos en Libye, qui approvisionnait l’Italie en pétrole. De plus, cette démarche de normalisation vise aussi à accroître la répression contre les migrants et les migrantes : la doctrine Dublin, qui obligeait le pays d’entrée à se charger des expulsion, se heurtait à un hic. L’Italie, le plus souvent, laissait les expulsions lettre-mortes, déclarant « vous nous avez volé le pétrole, vous aurez nos migrants ».

    Nous accordons notre solidarité aux arrêtés. Il n’existe pas de frontière entre les militants communistes : notre solidarité est internationale !

    Arrêter des personnes qui avaient obtenu l’asile 40 ans plus tard est une honte pour l’image internationale de la France et l’illusion que la France a de soi même (pays des droits de l’Homme, de la liberté, etc.). L’état français revient sur sa politique à la demande d’un autre état, alors que les procédures utilisées pour imposer les peines avaient été jugées, à l’époque, incompatibles avec les principes de l’État de droit français.

    Rien a changé dans le droit italien au cours de ces 40 dernières années. Au contraire, l’État italien a aggravé sa compression du droit de la défense.

    Aucun des détenus n’a été impliqué dans un quelconque acte reprochable par la justice durant cette période (40 ans, en fait !). De plus, on parle de personnes désormais âgées, toutes proches de 70 ans, qui ne représentent pas vraiment un danger pour qui que ce soit.

    L’empressement de l’Italie à se venger est déjà incompréhensible en soi, sur le plan historique et juridique.

    Mais que la France déchire la “doctrine Mitterrand”1 pour les réfugiés politiques de n’importe quel pays, sans aucune raison, est un précédent dangereux et honteux.

    Après la demande de l’Italie, les demandes de certains régimes dictatoriaux d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie seront-elles également satisfaites ? Quelle sera la nouvelle limite ? Et comment les réfugiés d’un pays peuvent-ils être sûrs que le gouvernement français ne les extradera pas pour de basses raisons de “bon voisinage”?

    Liberté pour les exilés italiens arrêtés sans raison après 40 ans !
    La France doit réaffirmer les principes de la “doctrine Mitterrand” !
    La gauche française doit prendre position et arrêter cette barbarie vindicative !

    28/04/21
    Rete dei Comunisti (Italie)
    rdc.internazionale@gmial.com

    1 La doctrine Mitterrand consistait en la protection et la non extradition des réfugiés politiques Italiens d’extrême-gauche. D’après lui-même : il d’agissait d’accorder la protection avec ceux qui ont « rompu avec la machine infernale dans laquelle ils s’étaient engagés, ont abordé une deuxième phase de leur propre vie, se sont insérés dans la société française lors des années de plomb… ». Un des exemples est Cesare Battisti, avant qu’il ne se réfugie au Brésil, sa situation devant précaire. Les membres (présumés ou non) et ETA ont été les premiers a être victime d’un revirement progressif de l’Etat français dans le dossier.

  • Déclaration de la Campagne Internationale pour la libération du prisonnier Georges Ibrahim Abdallah

    Déclaration de la Campagne Internationale pour la libération du prisonnier Georges Ibrahim Abdallah

    Rassemblement du 7 avril 2021 devant l’ambassade de France à Beyrouth

    Le 02 avril 2021, il y a cinq jours, Georges Abdallah a eu soixante-dix ans. Georges Abdallah a passé plus de la moitié de sa vie dans les prisons françaises. Aujourd’hui, l’espoir de la libération de Georges Abdallah est de nouveau ravivé si l’on en juge de la prise en compte sérieuse de l’affaire par l’Etat libanais. Dans le même temps, la question des excuses de Georges Abdallah est à nouveau soulevée par la France.

    Le dernier chapitre de toute cette histoire qui depuis ses origines tente de liquider la pensée de Georges Abdallah, s’écrit avec la visite du président français à Beyrouth, à la suite de l’explosion du port. Et où ce dernier cherche à profiter de ce moment douloureux pour le peuple libanais afin de s’ériger en sauveur du peuple face à la corruption systémique au Liban.

    La corruption en France prend au moins deux formes :

    • d’un côté, elle est généralisée à toutes les strates du pouvoir et elle s’étale au vu et au su de tous.
    • de l’autre, elle s’immisce insidieusement dans les institutions de l’Etat et sert notamment de levier pour tenter de pervertir l’esprit militant de Georges Abdallah et de souiller son image de résistant.

    La première forme de corruption est très simple à illustrer. Citons simplement les affaires suivantes :

    • François Fillon – rival d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises et ex Premier ministre – n’a-t-il pas été exclu de la course présidentielle pour des faits assimilés à de la corruption.
    • L’ex-président français, Nicolas Sarkozy, n’a-t-il pas été reconnu coupable récemment dans une affaire de corruption et de trafic d’influence ?
    • Sans parler de l’ancien et du plus célèbre président français Jacques Chirac qui a été condamné pour une affaire de détournement de fonds.

    Ces quelques exemples démontrent à eux seuls et de manière claire que la corruption sévit dans les plus hautes sphères du pouvoir de l’État français.

    Les racines de cette corruption sont si profondes qu’elle va même jusqu’à se saisir et manipuler la conscience du peuple français : par-là est ainsi fomentée de toute pièce une « opinion publique française » à qui il s’agit de faire gober des décisions de justice fallacieuses ; par-là, on réussit à faire endosser au pouvoir judiciaire des décisions purement politiques ; par-là enfin on fait en sorte que le peuple de France serve et soutienne les intérêts étasuniens et sionistes.

    Georges Ibrahim Abdallah est un combattant arabe libanais internationaliste. Il s’inspire d’une idéologie laïque de gauche dont l’un des trois fondements se réfère aux premiers socialistes de France. Ceci, vous le savez bien et pour autant tout l’empire médiatique français – avec à sa tête le célèbre journal Le Monde – vise à dénaturer ces faits et à les falsifier.

    Au moment de son incarcération, vous avez tout fait pour avilir l’image de Georges Abdallah, alors qu’il était à cette époque placé à l’isolement total, enfermé dans une cellule individuelle pendant deux ans. Vous avez alors fait de lui, à l’époque, le fils du clan Abdallah appartenant à une tribu… Tout cela a été bien ficelé pour in-fine lui infliger des peines maximales. Vous êtes même allés jusqu’à prétendre que Georges était un extrémiste musulman, tout simplement parce qu’il respectait le jeûne et partageait avec ses codétenus musulmans le repas de rupture du jeûne. Pour vous, ce clan avait les bras longs : son influence se serait étendue du village d’Al Qobayat à Paris. Parmi toutes ces fabulations et histoires montées de toutes pièces par la presse officielle française (en coordination avec vos cercles de pouvoir corrompus), il a même été affirmé qu’un aéroport aurait été créé dans notre village d’Al-Qobayat : c’est de là que seraient partis le soir les membres du clan Abdallah pour aller déposer leurs bombes à Paris la nuit ; et ils seraient rentrés ensuite au petit matin à Al-Qobayat pour s’afficher devant les médias et faire croire à leur innocence. Il a fallu attendre que des officiels français partent à la retraite et osent s’exprimer pour connaître dans les moindres détails tous les ressorts de cette machination politico-médiatique.

    L’administration française voudrait garder le Liban telle qu’elle l’a fondé avec ce modèle reposant sur une confrontation continuelle entre bandes rivales, confessionnelles et tribales – le tout sous le joug et la direction du capitalisme français et international. Il s’agit juste aujourd’hui de le remodeler selon leurs intérêts actuels.

    Cette machination éhontée menée contre Georges Abdallah n’a été démasquée qu’après une longue période passée sous silence. Les avant-gardes militantes de France, solidaires avec la cause juste de Georges Abdallah, l’ont révélée ! Elles ont alors montré votre totale complicité et ont dénoncé ces pratiques qui ne peuvent que porter atteinte au peuple de France et insulter sa dignité. Ces avant-gardes n’ont eu de cesse, depuis lors, d’exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah !

    Ce groupe d’hommes et de femmes engagés dans la lutte pour la libération de Georges Abdallah représente la fierté de la France. Le groupe de députés qui revendique la libération de Georges Abdallah, est-il à vos yeux, une branche de ce que vous nommez le « clan Abdallah » ? De même, le Parti communiste français est-il une branche du clan Abdallah ? Les acteurs syndicaux et culturels français sont-ils une branche du clan Abdallah ? Enfin, les conseils municipaux qui ont élevé Georges Abdallah au rang de citoyen d’honneur de leur ville l’ont-ils fait pour Georges Abdallah en tant que chef de clan ? Ces derniers et bien d’autres ont demandé et demandent toujours au président de la République française de libérer Georges Ibrahim Abdallah immédiatement et sans condition : ils le font certainement par amour pour lui, indéniablement en soutien à son combat et à sa résistance mais aussi peut-être pour sauvegarder l’image et la dignité du peuple militant de France. Grâce à leur combat, peut-être qu’un jour la justice française sera enfin libérée de l’influence étasunienne et sioniste.

    Quant au Liban… Peut-être n’avez-vous pas vu le portrait du résistant Georges Ibrahim Abdallah, hissé dans toutes les manifestations et soulèvements populaires ? Vous savez certainement que le peuple libanais aspire plus que tout à son émancipation et à la souveraineté nationale du Liban : ce combat, Georges Ibrahim Abdallah l’a toujours revendiqué, il en est le symbole vivant !

    M. Macron, quelle arrogance à vouloir vous ingérer dans les affaires d’autres États ! Mettez fin avant tout à la corruption qui gangrène votre propre pays… Le peuple libanais sait parfaitement comment régler ses comptes avec ses propres dirigeants. Réalisez plutôt dans votre pays des projets de développement qui répondront aux revendications du peuple de France pour contrer la sauvagerie de ce capitalisme moribond, au lieu d’essayer d’humilier les Libanais avec vos cartons de dons livrés par votre porte-avion et 700 de vos soldats sous la direction de votre Ministre des armées. « Vive Napoléon ! Vive les Saucissons ! ».

    Rappelez-vous M. Macron ! Il s’agit du Liban ! Beyrouth a certes été en guerre et en flammes mais elle n’a jamais hissé le drapeau blanc. Elle a subi quatre-vingt jours de bombardements intensifs israéliens durant lesquels ont été utilisées les dernières innovations technologiques militaires occidentales pour tuer des civils et détruire nos villes et villages. Toutes ces armes ont été livrées grâce à un pont aérien créé pour l’occasion entre les Etats-Unis et Tel-Aviv. On a alors dénombré des centaines de milliers de morts, de blessés et de déplacés alors qu’au même moment, vous décoriez, des médailles de la démocratie et de la paix, les chefs sionistes responsables de ces crimes. Et vous osez demander à Georges Ibrahim Abdallah de présenter ses excuses ! C’est à vous de présenter vos excuses d’abord envers votre peuple puis auprès des victimes de vos politiques.

    Au nom des manifestants ici présents ; au nom de ceux qui ont éreinté leur voix durant des décennies en manifestant pour exiger la libération de Georges Abdallah ; au nom de ces jeunes femmes et de ces jeunes hommes venus des quatre coins du pays : de l’extrême nord, du sud, de la Bekaa et de la montagne ; au nom des personnes, nombreuses, qui ne connaissent pas Georges en personne mais qui se revendiquent de ses idéaux et les chérissent, voici ce que nous affirmons tous aujourd’hui : monsieur le président, apprenez que les Hommes meurent mais leurs idéaux, eux, ne meurent jamais !

    Georges Ibrahim Abdallah ne se reniera jamais ! Les âmes héroïques ne se renient pas !

  • Solidarité avec les prisonniers politiques de Munich (ATİK)

    Solidarité avec les prisonniers politiques de Munich (ATİK)

    Le procès des 10 révolutionnaires accusé-e-s d’être les membres du comité international du TKP/ML va enfin se terminer dans quelques semaines. Sur dix révolutionnaires, hommes et femmes, qui ont été emprisonné-e-s par le passé, seul Müslüm Elma est toujours détenu à la prison de Stadelheim. Cette affaire judiciaire est le plus grave procès politique des 10 dernières années en Allemagne. À juste titre, le TKP/ML n’est pas interdit, ni en Allemagne, ni dans d’autres pays européens, et ne figure sur aucune des listes terroristes nationales ou internationales. Ni Müslüm Elma ni aucun-e des neuf autres communistes ne sont accusé-e-s d’actes de violences ou d’autres délits punissables – à l’exception de l’appartenance à cette organisation.

    A première vue, il s’agit simplement d’un geste de courtoisie du gouvernement fédéral envers le régime fasciste d’Erdogan. Sans « mandat de persécution » du ministère fédéral Judiciaire, les communistes n’auraient jamais été arrêtés ni emmenés en justice. Le procès est rempli de scandales. Une partie importante des « preuves » ont été fournies par les services secrets turcs. Le tribunal de Munich ignore délibérément le fait que celles-ci ne peuvent être obtenues autrement que par des manœuvres d’espionnage illégal.

    Müslüm Elma est passible d’une peine de prison de six ans et neuf mois en tant que présumé «meneur». En raison de son appartenance présumée au Comité International du TKP/ML, Haydar Bern, Musa Demir, Sami Solmaz, le Dr Sinan Aydin et le Dr Banu Büyükavci sont censés être condamnés à quatre ans de prison, Erhan Aktürk et Seyit Ali Ugur quatre ans et neuf mois, Deniz Pektas cinq ans, et Mehmet Yesilcali trois ans et six mois. Même le représentant du GBA (Procureur général) a dû admettre dans son discours de clôture que plusieurs allégations de l’accusation ne pouvaient pas être confirmées et a demandées que Müslüm Elma soit remis en liberté après cinq ans et trois mois d’emprisonnement.

    Ce procès est explicitement une procédure anticommuniste, qui, sur la base de la décision d’interdire le KPD par la Cour constitutionnelle fédérale en 1956, vise à criminaliser l’activité révolutionnaire. Dans un arrêt, d’autres possibilités seront créées pour injustement accuser les antifascistes, les gauchistes et les révolutionnaires, les emprisonner et les extrader (s’ils ne sont pas des citoyens allemands).

    Nous sommes scandalisé-e-s par le système judiciaire allemand, qui contribue à nouveau à faire taire l’opposition turque en Europe. Par conséquent, le 16 juin 2020, à l’occasion du quatrième anniversaire du « procès communiste », nous vous invitions à venir protester contre cette attitude intolérable de l’état allemand.

    ATİK- La Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe

  • Que Müslüm Elma soit relâché !

    Que Müslüm Elma soit relâché !

    Nous partageons ici l’appel à protester de nos camarades de l’UPOTUDAK, (Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux) et de l’ATIK (Confédération des travailleurs turcs en Europe) pour la liberté du Camarade Müslüm Elma.

    Müslüm Elma est emprisonné depuis 5 ans.

    Bien que 9 de ses amis, qui ont été arrêtés ensemble, aient été libérés dans l’attente de leur procès, Müslüm Elma est toujours détenu à la prison de Munich. Bien qu’il soit dans le groupe à risque où l’épidémie de COVID-19 affectant le monde et tuant des milliers de personnes, le fait que Müslüm Elma soit toujours détenu est l’approche de la loi ennemie du comité judiciaire.

    Le 15 Avril 2015, Müslüm Elma et neuf camarades ont été arrêtés dans une opération menée en Allemagne, en France, en Suisse et en Grèce suite aux décisions prises de collaboration entre la Turquie et L’Allemagne. Le 17 juin 2016, les poursuites pénales contre ces dix révolutionnaires ont été engagées devant le tribunal de Munich sur l’appui de l’article 129 a/b du code pénal allemand. Nos camarades sont accusés par l’État turque et allemand d’être membres du Parti Communiste de la Turquie – Marxiste- Léniniste (TKP-ML).

    Qui est Müslüm Elma ?

    Müslüm Elma est né en 1960 dans une famille kurde et alévie à Dersim. Politiquement actif depuis ses années lycée, il a été contraint d’arrêter ses études pendant ses années universitaires en raison de diverses
    actions politiques qu’il menait. Sa vie reflète en quelques sortes l’attitude oppressante et cruelle de l’Etat turc envers les communistes et les Kurdes.
    Müslüm Elma a été arrêté à Diyarbakır peu après le coup d’État militaire du 12 septembre 1980 en raison de ses activités politiques. Après son arrestation, il a été soumis pendant six mois à des tortures inhumaines dans les centres d’interrogatoire de Antep, Elazığ, Urfa et Diyarbakır, puis transféré à la tristement célèbre prison n°5 de Diyarbakır.

    Ces tortures se sont poursuivies pendant sa détention à la prison de Diyarbakır. Pour les dénoncer, il participa longtemps à l’action de grève de la faim sans limite en 1983 et 1984. La grève de la fin et les tortures ont eu comme conséquence une dégradation de la santé de Müslüm Elma.

    Müslüm Elma a été évacué de la prison de Diyarbakır en 1992, mais a de nouveau été arrêté en novembre 1993 et torturé. Après une longue période de détention, il a été libéré en 2002, à la suite des grèves de la faim sans limite qui ont eu lieu en 2000. A la suite de ses années passées en détention en Turquie et des problèmes de santé causés par la torture, Müslüm Elma à été contraint de quitter le pays pour échapper au danger. En 2009, sa demande d’asile a été acceptée en Allemagne.

    Après des années passées dans les prisons turques en raison de ses idées politiques, il est également emprisonné en Allemagne aujourd’hui pour ses idées politiques. Les informations portées contre lui sont fondées sur les informations transmises par les forces de sécurité turques aux forces de sécurité allemandes. Les agents de police ayant donné ces fausses informations et signé ces documents falsifiés ont été arrêtés en Turquie.

    Cependant, Müslüm Elma et ses camarades n’ont pas été acquitté pour autant, une pratique tout à fait contraire aux droits de l’homme et aux libertés. Le procès de longue date a révélé que la détention de Müslüm Elma était entièrement due à son identité politique. Pour la libération de Müslüm Elma, nous vous invitons à protester en écrivant des pétitions à la Cour suprême de l’État de Munich (poststelle@olg-m.bayern.de) ou le ministère fédéral de la Justice (poststelle@bmjv.bund.de)

    Liberté pour Müslüm Elma!
    Liberté aux prisonniers politiques!

  • Etat turc : Discours de défense contre la justice fasciste.

    Etat turc : Discours de défense contre la justice fasciste.

    Nous publions ici une version légèrement abrégée du discours de défense du communiste Süleyman Göksel Yerdut, qui a été accusé avec 70 autres prisonniers pour avoir participé à la résistance à l’autonomie gouvernementale à Nusaybin. Il a été condamné à 25 ans et demi de prison et à une peine aggravée de prison à vie.

    Avant de commencer ma défense, je veux commémorer au nom du représentant de notre parti à la Rojava, Bayram Namaz, qui est devenu un martyr cette année, tous nos martyrs de la Rojava et les soldats de la force de combat de notre parti à Dersim, les camarades Taylan Kutlar, Hıdır Çallı, Hüseyin Akçiçek, Berfu Dilan Canbay, Ümit Yetik, Veli Görgün, Irfan Gerçek et les camarades Fırat Şeran et Ozan Sökmen, qui ont été récemment assassinés par les forces d’État fascistes. Dans cette salle, je voudrais annoncer à nouveau que nous mènerons leurs idéaux à la victoire. Ils sont notre source de force, nous n’effacerons jamais leurs souvenirs, nous réaliserons leurs rêves.

    D’autre part, je voudrais également saluer une fois de plus le 6e congrès de notre parti, le MLKP, qui s’est tenu récemment avec succès.
    Notre parti, qui a commencé le marathon de la révolution le 10 septembre 1994, a passé sa 25e année de lutte. Notre parti, qui a une histoire de résistance militante et auto-sacrifiée avec l’héritage de dizaines de combattants tombés au combat, a toujours pris sa place au centre ou dans tous les moments de la lutte et de la résistance sociales, des barricades contre l’OTAN au 1er mai, du soulèvement de Gazi au soulèvement de Gezi et du Kobanê Serhildan aux barricades autonomes.

    Depuis le début jusqu’à aujourd’hui, elle est devenue la force socialiste d’avant-garde de la révolution de la Rojava, comme l’a dit le camarade Bayam, « la conscience socialiste de la révolution de la Rojava ».
    En même temps, novembre est le mois de la chute de notre parti et en ces jours de novembre, je voudrais commémorer avec respect et gratitude la chute de la révolution et du socialisme en Turquie, au Kurdistan et dans le monde, en commençant par les martyrs de notre parti. Nous leur avons promis une révolution …

    Nous défendrons bien sûr la vérité ici. C’est exactement la mission historique des communistes, nous sommes du côté de la vérité. La réalité du monde d’aujourd’hui est qu’une minorité heureuse vit en grande pompe alors que des milliards de personnes vivent dans la faim, la pauvreté et la misère. De plus, cette splendeur et cette misère, qui s’accumulent sur deux pôles opposés, se causent mutuellement. C’est la plus grande vérité. C’est pourquoi je parle aujourd’hui au nom des travailleurs, dont la sueur coule entre les engrenages des machines ; au nom de la jeunesse dont l’avenir a été volé ; au nom des enfants affamés du monde qui n’ont même pas un morceau de pain ; au nom des communautés nationales et religieuses reniées et au nom des hommes qui ont déclaré la guerre au patriarcat.
    La lutte des peuples opprimés fait l’histoire

    Notre but n’est pas d’empêcher les punitions sévères qui nous sont imposées, mais d’expliquer la réalité historique et sociale. Nous savons depuis longtemps que l’essence de l’histoire est la lutte des classes, les luttes entre les oppresseurs et les opprimés. Ni les héros ni les « incidents » ne font l’histoire. Ce sont les luttes des classes et des peuples opprimés qui produisent à la fois l’histoire et ces héros ainsi que ces « incidents ». En bref, l’histoire est liée aux classes et l’histoire évolue avec la guerre de classes des opprimés contre les oppresseurs. Ne voyons-nous pas ce mouvement de progrès plus clairement aujourd’hui que d’habitude ?

    Le capitalisme impérialiste fluctue aujourd’hui dans une crise existentielle. La montée du fascisme et du racisme, la crise économique et financière mondiale, l’aggravation des guerres régionales-locales des offensives politiques de l’impérialisme, le chômage croissant, la pauvreté, la faim, etc. sont autant de manifestations de cette crise existentielle. De l’autre côté, il y a les peuples qui s’élèvent de l’Amérique latine à l’Europe, du Moyen-Orient à l’Extrême-Orient avec des revendications économiques et politiques. La bourgeoisie mondiale ne peut plus gouverner comme avant, c’est une conséquence naturelle que la bourgeoisie se tourne vers le fascisme et agit contre les soulèvements populaires.

    Notre pays est devenu une base de l’impérialisme

    La situation n’est pas différente en Turquie et dans le nord du Kurdistan. Ceux qui répandent les slogans « local » et « national » ont atteint le point où chaque mètre carré de notre pays a été ouvert à l’exploitation, au pillage et aux politiques d’occupation. Notre pays n’est pas aujourd’hui sous l’occupation des forces armées des impérialistes, mais leur a été remis volontairement. Chaque coin de notre pays est une base impérialiste, il n’y a pas un endroit qui ne soit pas exploité, pillé et occupé.

    L’exemple le plus récent est celui de Mount Isa, qui a été donné aux monopoles internationaux du Canada. Des dizaines de milliers d’arbres ont été abattus pour que ces monopoles puissent remplir leurs coffres. Est-ce votre « local » et votre « national » ? Les capitalistes et les impérialistes, ainsi que leurs collaborateurs régionaux, aiment le profit, les gains, l’exploitation, le pillage et l’occupation. Ils sont les ennemis de la nature. Ils ne s’empêcheront jamais de détruire à la fois l’équilibre de la nature et la santé des peuples pour le profit. Un immense pays est en train d’être dilapidé par les compagnies minières, les compagnies aurifères et les compagnies énergétiques. De la montagne Ida à Hasankeyf, du lac Salda à Fatsa, de Gerze à Munzur, de Eskişehir à Sinop et à la mer Égée, la destruction écologique continue.

    En conséquence, les terres arables ne peuvent plus être utilisées, les animaux ne peuvent plus être gardés dans les prairies, les vallées, les montagnes et les forêts sont dilapidées pour les relations diplomatiques internationales et les affaires sales. Les centrales hydroélectriques (HES), qui sont construites dans le cadre de la politique énergétique, et les barrages détruisent notre nature, les côtes et les baies sont libérées pour le développement et deviennent ainsi les victimes de l’industrie de la construction. Cela n’a pas suffi, nos plages, les plages populaires, sont pillées et vendues pour des commandes ouvertes / secrètes. Alors qu’il ne reste pas une seule parcelle de terre invendue, ceux qui se cachent sous le masque du patriotisme condamnent les autres, comme des traîtres à leur pays, qui disent la vérité et défendent les pauvres travailleurs opprimés. Ceux qui tentent de cacher leur sale politique par le nationalisme doivent savoir que le nationalisme sera la dernière cachette des oppresseurs et des « vrais traîtres ». J’aimerais maintenant commémorer le vénéré Nazım Hikmet. Il a dit : « Si les objets de valeur dans vos coffres-forts et vos comptes bancaires sont du patriotisme, si le patriotisme meurt de faim au bord de la route, si le patriotisme tremble dans le froid comme un coeur et frissonne de la malaria en été, si sucer notre sang écarlate dans vos usines est du patriotisme, si le patriotisme est les griffes des seigneurs de vos villages, si le patriotisme est le catéchisme, si le patriotisme est le club de police, si vos allocations et vos salaires sont du patriotisme, si le patriotisme est les bases américaines, les bombes américaines et les missiles américains, si le patriotisme n’échappe pas à notre ignorance noire puante, alors je suis un traître ».

    Nous disons aussi que si la patrie, c’est les boîtes à chaussures remplies de dollars américains, si la patrie signifie que les pauvres ne peuvent pas ramener de pain à la maison, mais que tous les « fruits du paradis » sont livrés au palais lorsque les travailleurs du troisième aéroport d’Istanbul sont exposés aux punaises de lit, alors vous êtes des amoureux de la patrie, mais nous sommes des traîtres à la patrie. Il est impossible de regarder cela en silence.

    Les relations et les accords internationaux accélèrent la roue de l’exploitation, du pillage et de l’occupation. Les mesures prises, les taxes, les augmentations de prix et le coût élevé de la vie touchent directement les pauvres et les amènent au bord de la misère. En raison de la dépendance extérieure, de l’arrêt de la production industrielle, en plus des dépenses de luxe, les S-400 et autres moyens de guerre similaires sont achetés à l’extérieur, alors que les besoins humains fondamentaux ne peuvent être satisfaits. Alors que les valeurs matérielles et morales des opprimés, des travailleurs et des pauvres sont impitoyablement détruites, il est impossible d’ignorer et de taire tout cela. Le régime colonial fasciste tente de maintenir son pouvoir politique en détruisant des valeurs historiques, sociales et religieuses vieilles de plusieurs milliers d’années. Il tente d’inciter à l’hostilité les peuples qui vivent ensemble sur une base égale et fraternelle. Des méthodes d’assimilation, de génocide, etc. sont pratiquées à l’encontre des Kurdes, des Arméniens, des Tcherkessiens, des Grecs et de tous les autres peuples qui ont vécu fraternellement avec le peuple turc, les espaces communs de vie étant ainsi dissous. Cette politique moniste, raciste, nationaliste, confessionnelle et sexiste est soutenue et menée par l’État, nos peuples luttent avec persistance contre toutes ces approches antidémocratiques pour assurer leur propre existence sur la base d’une vie égale, fraternelle et libre.

    Le chaos dans l’ordre de l’esclavage est le début de la liberté

    Sans aucun doute, la victoire dans la lutte contre le capitalisme, l’impérialisme et ses collaborateurs n’est possible qu’avec une révolution. Cela nécessite une lutte armée. La résistance à la répression, à l’oppression, à l’exploitation et à l’injustice est un critère social de vérité. Tout comme la résistance est légitime, la réparation l’est tout autant. L’utilisation des moyens de résistance est hautement légitime et justifiée.

    C’est pourquoi notre résistance et notre lutte armées contre la dictature coloniale fasciste sont hautement justifiées et légitimes. Un homme sage a dit que si l’ordre signifie esclavage et oppression, alors le désordre est le début de la justice et de la liberté. C’est une explication simple de la légitimité de la destruction de l’ordre des dirigeants. C’est la condition d’existence et la raison d’être de l’avant-garde révolutionnaire pour défendre les revendications des opprimés et susciter leur colère. C’est inévitablement la première tâche fondamentale des révolutionnaires que de construire une société socialiste dans laquelle nos peuples ont des droits et des libertés démocratiques ; dans laquelle les différents groupes religieux, identitaires et culturels peuvent vivre dans des relations égales et libres ; dans laquelle est mise en œuvre une politique économique collective sociale dont la base juridique est constituée et qui abolit les politiques économiques dégradantes et douloureuses comme le chômage ; dans laquelle est institutionnalisée une politique sociale qui, en tant que cellule de base de la société, accorde notamment la pleine égalité aux femmes, aux LGBTI et aux enfants ; dans laquelle le harcèlement, le viol, les meurtres cesseront ; dans laquelle la compréhension de la justice est renforcée et une égalité est établie ; dans laquelle un environnement libre est créé et une compréhension écologique de l’industrie est établie qui accroît la conscience de l’environnement et de la nature ; dans laquelle une révolution dans la façon de penser est réalisée avec la base et la superstructure. Et la révolution est une nécessité pour cela.

    La lutte pour la révolution et le socialisme libère !

    La lutte pour la révolution et le socialisme libère. Elle libère de la saleté et de la rouille du capitalisme. La lutte pour la révolution et le socialisme crée le nouvel humain, contre un humain qui a été dégénéré, décrépit et rendu égoïste par le capitalisme. Le nouveau monde sera sans aucun doute l’œuvre du nouvel humain. Au XVIe siècle, Thomas Hobbes a dit « Homo homini lupus », ce qui signifie « l’homme est un loup pour l’homme ». Oui, le capitalisme, c’est la même chose. Parce que le capitalisme libère l’homme de l’humanité. Mais nous savons depuis Marx qu’un humain est le produit des relations sociales et des conditions matérielles qui l’entourent. Pour que l’homme puisse atteindre sa véritable identité sociale et retrouver son chemin vers l’humanité, le capitalisme doit être banni et détruit ; la victoire du socialisme est à nouveau un phénomène inévitable, une nécessité. La leader révolutionnaire Rosa Luxemburg, qui a dit « le socialisme ou la barbarie », a été l’une des meilleures à comprendre que le socialisme n’était pas un choix mais une nécessité. Aujourd’hui, les communistes qui comprennent cette nécessité sont les précurseurs d’une humanité libérée. La destruction par le capitalisme ne se limite pas à la destruction des valeurs humaines. Dans l’ordre de l’esclavage salarié, les gens sont poussés vers le désespoir et la destruction.

    Il est de notre devoir de détruire l’ordre de l’oppression

    Ce n’est pas une coïncidence si le taux de suicide a augmenté récemment. Le capitalisme est devenu un ordre de suicide. La solution n’est pas le suicide, mais la lutte. Ce ne sont pas ceux qui se voient sous pression qui méritent la mort, mais le capitalisme lui-même, qui exerce cette pression.

    La crise existentielle dans laquelle se trouve le capitalisme impérialiste est structurelle et elle est différente des crises précédentes, car elle correspond à une époque où la part du travail dans le revenu total diminue, où l’abîme entre les pauvres et les riches s’agrandit, où la production flexible s’étend de plus en plus. Le sauvetage des entreprises et des participations par l’État, qui agit dans l’intérêt de la classe capitaliste, montre que le fardeau de la crise pèse sur les travailleurs pauvres opprimés de la population. Les grèves ont été interdites, les droits abolis, les meurtres de travailleurs ont augmenté, les arrestations massives, etc. sont l’expression du soutien impitoyable des règles de l’exploitation, surtout en raison de l’état d’urgence, qui est devenu la norme.

    Après l’échec de la tentative de coup d’État du 15 juillet, qu’Erdogan et l’AKP ont déclaré être une bénédiction, une chasse à toutes les valeurs révolutionnaires et aux droits démocratiques des couches pauvres de la population opprimée a commencé, et des milliers de personnes ont été arrêtées.

    Nous défendons le droit des peuples à l’autodétermination

    Toutes les dépenses effectuées par le palais, par toutes les structures de l’État sont l’expression de la cupidité, du gaspillage et du vol. C’est pourquoi nous sommes les enfants politiques de la rue des banlieues des travailleurs pauvres opprimés et non les imbéciles du palais. Nous ne sommes pas les esclaves du capitalisme impérialiste, mais les combattants de la liberté du socialisme. En tant que combattants révolutionnaires, notre tâche principale est de défendre la vérité en utilisant les valeurs et les réalisations humaines comme base. Dans ce contexte, nous considérons le droit des peuples à l’autodétermination comme un droit humain universel. Ce rapprochement est caractérisé et nié dans notre pays comme une question existentielle. Cela fait également partie de la crise actuelle. Comme s’il ne suffisait pas que le régime colonial fasciste maintienne le Kurdistan du Nord sous le joug colonial pendant un siècle, il tente d’établir le même colonialisme à Rojava et au Basur-Kurdistan aujourd’hui. Aujourd’hui, une partie de la Rojava et du Basur est sous l’occupation de l’État colonial fasciste.

    La révolution de la Rojava, qui en est maintenant à sa 8e année, était apparue sur la scène comme la « troisième voie » des peuples contre l’impérialisme et la réaction régionale. L’État fasciste a essayé d’étouffer la révolution et a mobilisé des bandes fascistes pour elle, après 2016 il a commencé des attaques directes contre l’occupation. La victoire sur les bandes fascistes de Daesh a rendu les attaques des colonialistes encore plus impitoyables. Une étape de cette attaque colonialiste a été l’occupation de l’Afrique. Pendant des semaines, l’Afrique a été bombardée avec la permission des impérialistes, des dizaines de milliers de personnes ont été forcées de quitter leur pays et aujourd’hui l’occupation coloniale en Afrique est comme un poignard sur le sol de la Rojava. Les peuples de Rojava et leur avant-garde briseront ce poignard tôt ou tard. Mais les colonialistes ne peuvent pas être satisfaits, leur regard est dirigé vers la zone appelée « Est de l’Euphrate », à l’est de Rojava. Comme nous le savons par les occupations précédentes, cette occupation sera également confrontée à la volonté du peuple, cela ne fait aucun doute.

    L’autonomie gouvernementale et l’autodéfense sont des droits de l’homme fondamentaux.

    Une autre attaque d’occupation par le régime colonial fasciste est dirigée contre le sud du Kurdistan. Le régime colonial a continuellement bombardé le Kurdistan du Sud avec ses avions de combat. Il est une puissance d’occupation de facto avec ses bases militaires là-bas depuis des années et essaie d’avancer sur le terrain depuis plus d’un an, mais face à l’énorme résistance des guérillas. Le peuple kurde paie la facture de cette guerre et de cette occupation par des massacres, la douleur, la crise, le chômage, la faim, la pauvreté et le suicide au cyanure. Comme si cela ne suffisait pas, ils disent : supportez la sale guerre, la faim, la pauvreté, le chômage, les suicides !

    Erdogan et ses pouvoirs AKP tentent de maintenir leurs positions par une stratégie anti-kurde. Cela ne signifie rien d’autre que de mener la société à la guerre civile. Erdogan et le régime de l’AKP ont sacrifié la vie de milliers de jeunes kurdes et turcs pour rester au pouvoir afin d’accroître les richesses qu’ils ont acquises en exploitant le travail de nos peuples travailleurs et travailleuses. Ils sont prêts à toute attaque et fraude.

    Il s’agit de la demande du peuple kurde pour l’égalité et l’autodétermination. La réponse du colonialisme à cette demande a toujours été les massacres et l’occupation. Cette scène ici, l’accusation contre la résistance à l’autonomie gouvernementale, montre à quel point cette résistance était correcte et légitime. Le droit des nations à l’autodétermination doit être traité comme une revendication légitime et juste dans le cadre des droits de l’homme. Si ce droit est impitoyablement attaqué, alors l’autonomie gouvernementale et l’autodéfense sont également un droit humain fondamental. Lorsque la lutte des mères du samedi pour retrouver leurs enfants enlevés et disparus par l’État et ses gangs est violemment interdite ; lorsque les familles des travailleurs tués dans des meurtres liés au travail cherchent à obtenir justice et sont entravées par des coups de pied, des matraques et des gaz lacrymogènes ; lorsque des femmes sont assassinées chaque jour après que l’État patriarcal et ses tribunaux ont délivré des chèques ouverts aux meurtriers de femmes ; alors l’autonomie et l’autodéfense ne sont pas seulement un droit, c’est plus que cela, une nécessité. Erdogan et son pouvoir AKP, qui ne suivent même pas leurs propres règles, ont nommé des administrateurs pour neutraliser les élus par la volonté du peuple. Les administrateurs ont été établis accompagnés d’unités spéciales et de la police. La volonté de millions de personnes a été déclarée invalide. C’est un coup d’État évident. Bien sûr, nos peuples et leur avant-garde y feront face avec résistance. Dans ces conditions fascistes, dans lesquelles la société est complètement assiégée, il n’y a pas d’autre choix que de résister à l’autonomie et à l’autodétermination. C’est pourquoi notre lutte révolutionnaire est juste et légitime parce qu’elle contient des valeurs humaines.

    Vous ne pouvez pas arrêter le MLKP, c’est l’avant-garde de millions

    Dans tous ces processus, le MLKP a pris et continuera de prendre sa place avec une résistance auto-sacrifiée à Rojava ainsi qu’à Başur et Bakur. Il a été et est toujours au centre des attaques de la dictature fasciste et coloniale. Si, comme d’habitude, les médias de leur palais sale aboient qu’ils ont « nettoyé » avec nous, notre parti fera revivre la tradition de résistance à la dictature fasciste et continuera son chemin partout où règnent l’oppression, l’exploitation et la barbarie.

    La seule vérité que l’oppression et la barbarie ne peuvent pas obscurcir est que le moment des plus grandes ténèbres est aussi le moment le plus proche de l’aube. C’est pour cette raison que nous disons : « Nous sommes l’avenir et l’espoir ! »

    C’est pourquoi vous ne pouvez pas détruire notre parti, le MLKP, car nous sommes la voix, le souffle et l’avant-garde des millions d’opprimés. Je rejette avec véhémence le terme « organisation terroriste » dans l’acte d’accusation. Toute l’histoire de notre parti a été témoin de luttes pour un monde sans sexe, égal, juste et libre. Le MLKP a pris sa place sur la scène de l’histoire au nom du pouvoir de la classe ouvrière.
    Dans notre pratique, vous ne trouverez pas une seule action qui ait dirigé la violence contre des cibles incertaines ou des civils et des peuples. Si les forces de l’ordre veulent trouver des organisations terroristes ou des terroristes, elles n’ont pas besoin de chercher bien loin. Il suffit de regarder l’AKP, qui planifie et exécute les politiques de massacre menées par l’État au Kurdistan et en Turquie. Le but de notre vie est de faire partie de la lumière révolutionnaire, qui est dirigée contre l’immense obscurité, même si c’est au prix de grands efforts. C’est pourquoi une attitude digne, malgré les conditions du fascisme, est l’expression de toute notre vie. Concrètement, il est important de ne pas rompre le travail auquel nous avons participé avec de grands effots, les camaraderies que nous avons construites, les promesses que nous avons faites, jusqu’au dernier moment.

    C’est dans cet esprit que nous poursuivrons résolument notre lutte révolutionnaire avec une grande dignité et une grande résilience. J’ai une vie, je peux la perdre. Mais je ne perdrai jamais ma vie révolutionnaire que j’ai construite avec passion, avec bonheur et avec amour. C’est avec cette dignité et cette fierté que je termine mes propos par le slogan « Vive la révolution, vive le socialisme » pour un monde sans sexisme, égal, juste et libre.

    28 novembre 2019

  • LIBERTÉ POUR MÜSLÜM ELMA

    LIBERTÉ POUR MÜSLÜM ELMA

    LIBERTÉ POUR MÜSLÜM ELMA
    faites du 15 novembre 2019 une journée mondiale d’action !

    L’ICOR exige la libération immédiate de Müslüm Elma de sa détention en Allemagne !

    Le communiste de Turquie Müslüm Elma a été arrêté en Allemagne le 15 avril 2015 avec d’autres personnes. Avant son arrestation, il avait vécu pendant des années en tant que réfugié politique reconnu en Allemagne. Le 17 juin 2016, l’un des plus grands procès de relatif à la sûreté de l’État de ces dernières décennies a débuté en Allemagne. Outre Müslüm Elma, neuf autres communistes, hommes et femmes, sont accusé-e-s d’avoir formé le Comité à l’étranger du Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste et d’avoir ainsi agi en tant que membres ou – dans le cas de Müslüm Elma – en tant que meneur d’une « organisation terroriste étrangère » conformément à l’article 129b du Code pénal allemand.

    Le Parti communiste de Turquie / marxiste-léniniste est une organisation interdite uniquement en Turquie. À juste titre, il n’est interdit ni en Allemagne ni dans d’autres pays européens et ne figure sur aucune des listes de terroristes nationales ou internationales. Ni Müslüm Elma ni aucun-e des neuf autres communistes n’est accusé-e d’un acte de violence ou d’un autre délit punissable – à l’exception de l’appartenance à cette organisations.

    Le gouvernement fédéral allemand et la justice allemande se font les hommes de main du régime fasciste d’Erdogan dans ce procès.

    Sur dix révolutionnaires, hommes et femmes, qui ont été emprisonné-e-s à l’origine, seul Müslüm Elma est toujours en prison. Mais le procès contre chacun-e d’entre eux/elles se poursuit. La Confédération des travailleurs de Turquie en Europe (ATIK) mène une campagne « Liberté pour Müslüm Elma » du 4 novembre 2019 au 2 décembre 2019. L’ICOR soutient cette campagne et demande toutes les organisations membres de prendre part aux actions de protestation internationales le 15 novembre. L’ATIK écrit : « Organisez des rassemblements/actions [dans vos pays] le 15 novembre 2019 devant les consulats/ambassades allemands… Les actions menées en Allemagne et à l’étranger exerceront une pression considérable sur les autorités et auront un impact décisif, de toute évidence. C’est pourquoi nous tenons à souligner une fois de plus que la solidarité est d’une grande importance. …
    Veuillez nous envoyer l’appel et le rapport de l’action que vous allez réaliser pour que nous puissions les diffuser ».
    Les rapports souhaités peuvent être envoyés sous forme de texte, de vidéo, de photo – sous quelque forme que ce soit, mais veuillez les envoyer dès que possible.

    Müslüm Elma a été politiquement actif depuis sa jeunesse à Diyarbakır et a été emprisonné en Turquie pendant plus de 20 ans et soumis à de graves tortures. Il écrit : « De plus, nous ne sommes pas venus au monde comme  » terroristes« , comme vous nous accusez souvent. En d’autres termes, nous sommes nés comme tous les autres enfants. Plus tard, nous étions tous des élèves qui avaient un but : L’éducation. … Si vous cherchez les vrais coupables, vous vous êtes trompés d’adresse. Les vrais coupables sont les impérialistes et leurs collaborateurs. Et ce qui fait de nous des socialistes, ce sont leurs politiques avides, qui plongent des millions de personnes dans la pauvreté et la misère, et leurs guerres injustifiées, qui ont été déclenchées à cette fin, et les politiques de destruction qu’elles ont menées en parallèle ».

    Il poursuit en parlant d’emprisonnement et de torture :  » Dès qu’ils m’ont mis dans la voiture de police, ils m’ont frappé et m’ont posé des questions en même temps. … Moi, par contre, je n’étais ni pressé ni obligé de répondre aux questions posées. Car le silence était approprié…. Ce soir-là, ils ont pratiqué toutes les méthodes de base qui existaient dans les centres de torture. Leurs éclats de rire lors de mon arrestation ont été remplacés par la colère et l’impuissance. … Oui, la torture est un crime contre l’humanité. Affirmer son droit au silence est la défense de la dignité humaine. »

    Un dossier détaillé sur Müslüm Elma et la campagne ainsi qu’une affiche peuvent être téléchargés à partir du site web de l’ICOR.

    Liberté pour Müslüm Elma !
    Liberté pour tou-te-s les révolutionnaires emprisonné-e-s !

    Signataires (en date du 06/11/2019, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)
    2. UPC-Manidem   Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun
    3. CPK   Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)
    4. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))
    5. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    6. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)
    7. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)
    8. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)
    9. Ranjbaran   Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran)
    10. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka
    11. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    12. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    13. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    14. UCLyon   Unité Communiste Lyon, France
    15. UPML   Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    16. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    17. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    18. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    19. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    20. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    21. VZDOR   VZDOR – strana práce (Résistance – parti du travail), Slovaquie
    22. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)
    23. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
    24. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    25. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    26. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))
    27. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine
    28. PCR-U   Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)PCPC
  • UPOTUDAK: Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux

    UPOTUDAK: Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux

    Liberté pour tous les prisonniers politiques ; liberté pour Abdullah Gürlek et Vedat Yeler!

    Ces dernières années, il est un fait indéniable :

    les attaques de toutes sortes ont augmenté, sous l’égide de la démocratie européenne, envers l’ensemble de ceux qui défendent les idées progressistes et révolutionnaires. Tandis que les impérialistes européens continuent leur agression contre les peuples du monde, ils ont également accru, multiplié, leurs attaques contre les réfugiés, les opposants, les révolutionnaires et les communistes dans leurs propres pays. Ils tentent de gérer la situation de crise dans laquelle ils se trouvent avec de nouvelles lois policières et des répressions fascistes.

    Ces politiques, mises en œuvre par les impérialistes européens, ont renforcé les partis et groupes racistes, fascistes, anti-immigrants et misogynes. Ces partis ont accru leur nombre de voix et leur influence, notamment au cours des dernières élections européennes.  L’orientation de la politique des cliques impérialistes européennes est conçue dans le but de lutter contre d’éventuels mouvements populaires contre leur propre pouvoir, de diviser la classe ouvrière et le peuple et d’utiliser le racisme, le fascisme et l’anti-immigration comme une barricade.

    Parmi les attaques perpétrées en Europe, figure celles qui ont été commises par l’État grec.

    Surtout dans ces derniers mois, la torture des réfugiés venant de la Turquie, en Grèce, est à l’ordre du jour. De nombreuses personnes auraient ainsi été renvoyées par la violence. Également, lorsque, à cause des pressions fascistes, les militants et militantes politiques sont contraints de quitter la Turquie, ces derniers sont arrêté par la police grecque. La police les extradent illégalement et les remettent à l’État fasciste Turc, au mépris de leurs propres lois.

    La Grèce, tout comme l’opinion publique d’Europe, est bien consciente de l’attitude fasciste du parti AKP et du pouvoir d’Erdoğan en Turquie. Ils ne peuvent ignorer ce qui se trame envers les révolutionnaires, les patriotes et tous les opposants. Mais cela ne les empêche pas de livrer à l’Etat turc, ces migrants politiques, qui, par la suite ont été arrêtés et mis en prison.

    Les attaques et les pressions contre les révolutionnaires de Turquie et du Kurdistan, réfugiés en Grèce, se sont accrues  au cours des dernières années. L’année dernière, Turgut Kaya devait être extradé vers la Turquie, mais la solidarité internationale a empêché cette livraison. 9 prisonniers Turcs, parmi les prisonniers révolutionnaires incarcérés en Grèce de longue date ont pu aussi être remis en liberté. C’est la le résultat de la solidarité et de la lutte commune.

    La Grèce continue néanmoins les arrestations envers les révolutionnaires. Comme Abdullah Gürlek  ancien président Association de Culture des Semences de Londres et activiste de l’ATIK, ou comme Vedat Yeler Journaliste d’Özgür Gelecek et ,lui aussi membre, de l’ATIK en Grèce, ont été arrêtés le 13 février 2019. Après avoir été détenus pendant 2 jours, ils ont été écroués à la prison de Komotini. Gürlek et Yeler sont toujours en prison actuellement.

    Les identités politiques et les activités des deux révolutionnaires ne sont pas des infractions à la loi. Leur arrestation est inacceptable. Nous appelons l’opinion publique, les révolutionnaires et progressistes, à faire preuve de solidarité avec Abdullah Gürlek et Vedat Yeler.


    Liberté pour Abdullah Gürlek et Vedat Yeler!

    Liberté à tous les prisonniers politiques!

    Vive la solidarité révolutionnaire!

    Comité de solidarité avec les prisonniers politiques internationaux
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