Étiquette : Police

  • La chasse aux sorcières continue.

    La chasse aux sorcières continue.

    Dimanche 9 mai, treize policiers de la BAC, armés de fusils d’assaut ont encerclé et maîtrisé un homme sur le parvis de la Basilique d’Ainay à Lyon. La raison est au mieux pathétique, au pire réellement terrifiante. Dans tous les cas, elle reflète l’état de panique et la droitisation avancée tant de l’État que de la classe qu’il sert : la bourgeoisie.

    Un homme de 44 ans, habitué des promenades et des visites de lieux de cultes chrétiens pour méditer et prier, a eu, selon les paroissiens, « l’audace » d’être musulman, et de chanter en arabe les louanges de Dieu dans un lieu de culte. Il a prononcé le fameux « Allah Akbar » qui fait frémir les réactionnaires, pourtant une expression si anodine de foi pour les musulmans et les musulmanes.

    On en arrive à une situation éminemment Kafkaïenne, la haute bourgeoisie de la paroisse terrorisée par la présence de cet individu dans « leur » église, un encerclement de policiers armés et prêts à tirer, une arrestation médiatisée, et une condamnation mardi à deux mois d’emprisonnement pour « rébellion ». Répétons cela, en une poignée de jours, cet homme est passé d’un simple dimanche comme un autre à deux mois fermes à l’ombre, pour une simple prière dans un lieu de culte.

    Le comparution devant la cour a été aussi le théâtre de pathologisation de l’individu, on a cherché des éléments qui pouvaient expliquer rationnellement qu’un musulman « ose » venir dans une église à l’heure de la messe pour prier. On en oublierait presque que la Chrétienté et l’Islam partagent grandement la même source confessionnelle, le même dieu et les mêmes figures prophétiques. Penser qu’un homme visite des églises pour leur aspect calme et religieux est un bon moyen pour lui de méditer et exercer sa foi ne rentre pas dans une logique évidente quelconque.

    Cette histoire effarante, nous la devons au climat pogromiste dans lequel baigne la société française depuis des décennies. Elle est aussi une pierre de touche.

    D’une part, il est reproché aux musulmans et aux musulmanes de ne « pas s’intégrer » et de ne pas « faire d’efforts ». De l’autre, on les traite comme une diaspora menaçante, et on les marginalise constamment. Il y a là une prophétie auto-réalisatrice en germe.

    Mais la vérité, derrière les discours, est que les réactionnaires ont déjà tranché cette question. C’est ce qu’on retrouve derrière l’émergence de termes tels que « grand-remplacement », « français de papier » ou « islamo-gauchisme ». Tout en maquillant de pleurnicherie et de regrets leurs actes, toute une partie de l’échiquier politique a pris la décision de classer tous ces individus, pour des motivations foncièrement racistes, dans la catégorie des gens dont il faut se débarrasser. L’Islam est un prétexte, la réalité est celle d’une préparation mentale à l’épuration ethnique.

    Nous regardons avec inquiétude l’évolution politique et sociale de notre pays. Un pays qui, pourtant, est l’un des seuls qui ne définit pas la Nation comme une communauté ethnique. Nous savons que 2022 sera une date paroxysmique pour les discours réactionnaires. Nous l’avions dit, il y a 4 ans : « nous (au sens large) avons 5 ans pour être prêts à y faire face. » Nous voilà au seuil de l’échéance.

  • Déclaration ICOR sur le meurtre raciste de George Floyd.

    Déclaration ICOR sur le meurtre raciste de George Floyd.

    En avant vers la rébellion mondiale contre le racisme et l’anticommunisme de l’impérialisme ! 

    Depuis le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd le 25 mai dernier dans la ville de Minneapolis, les émeutes de masse aux États-Unis se sont étendues et intensifiées. Dans tout le pays, ce sont surtout les jeunes qui se soulèvent contre la violence policière et le racisme et réclament justice. Aujourd’hui ce mouvement est devenu international avec des millions de participants. Les policiers responsables du meurtre doivent tous être inculpés et condamnés ! Partout dans le monde, le meurtre de George Floyd est devenu un symbole de l’oppression raciste, et les gens descendent dans la rue pour protester – tout comme contre la droitisation des gouvernements impérialistes – jeunes et vieux, personnes de différentes couleurs de peau ensemble. Le racisme a une longue histoire aux États-Unis.

    Les luttes souvent acharnées contre le racisme ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Le racisme a toujours été utilisé comme une méthode de division contre le développement de la solidarité de classe. Depuis des années déjà la résistance des Afro-Américains comprend aussi la lutte contre la violence policière. Mais les troubles de masse actuels ne se limitent pas à cela. Aux États-Unis, la crise économique et financière mondiale entraîne une augmentation par bonds du chômage, qui atteint 40 millions de personnes, ainsi que de la pauvreté et de la misère, avant tout parmi les minorités particulièrement exploitées et opprimées.

    De nombreuses personnes ne peuvent plus payer leur loyer et perdent même leur assurance maladie en plein milieu de la pandémie. La crise du coronavirus a déjà coûté la vie à plus de 100 000 personnes. L’interpénétration de la crise économique et financière mondiale, et de la crise du coronavirus, de la crise environnementale et de la rechute économique de l’impérialisme US-américain a développé une force et une profondeur énormes et est liée à une crise politique ouverte et à une aggravation de la polarisation sociale. 

    La population noire et latino-américaine est particulièrement touchée par ces évolutions. Une grande partie des ouvriers particulièrement exploités et opprimés aux États-Unis sont noirs ! Ce sont surtout les jeunes qui voient leur avenir menacé et qui se soulèvent contre les effets de ce système social impérialiste ! Les manifestants se heurtent à une violence policière brutale. Les gens en tirent leurs conclusions.

    L’indignation, l’amertume et la colère se déchaînent – mais surtout la détermination à ne plus jamais accepter le racisme comme une normalité et le désir d’alternatives sociales. La classe dirigeante déploie une campagne de propagande pour intimider et diviser. D’une manière ouvertement anticommuniste, Trump affirme effrontément que les manifestants sont « des radicaux de gauche, des anarchistes et des antifascistes » et les déclare « terroristes ».

    Avec la mobilisation de la Garde nationale sur par divers gouverneurs américains sur ordre de Trump et sa demande d’utilisation de l’armée américaine pour réprimer les protestations, on pratique des méthodes ouvertement fascistes. Trump montre qu’il est prêt à tout. Aux États-Unis et dans le monde entier, les gens rejettent la brutalité policière et la répression croissante et remettent donc de plus en plus en question les conditions sociales qui prévalent. Les protestations de masse quotidiennes dans tout le pays ont obtenu e.a. que Trump a retiré la Garde nationale de Washington. Partout, ce sont aussi des policiers qui se mettent consciemment du côté des manifestants.

    Toute la tendance du capitalisme à produire des crises et la déstabilisation progressive du système impérialiste mondial s’expriment comme à travers une loupe. C’est un défi pour les ouvriers et les masses aux États-Unis. La solidarité inébranlable des révolutionnaires et des masses du monde leur appartient ! Le soulèvement aux États-Unis, en lien avec les luttes menées dans le monde entier, a le potentiel d’un mouvement révolutionnaire qui changera la société. Le renforcement des forces révolutionnaires est particulièrement important ! L’ICOR fera tout tout son possible pour enraciner le véritable socialisme comme alternative au système impérialiste pourri. 

    Organisons la solidarité avec les masses en lutte ! 

    Vive la solidarité internationale ! Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! 

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous ! 

    Signataires (en date du 09.06 2020, d’autres signataires sont possibles): 

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo 

    2. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie, Cameroun 

    3. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya) 

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine) 

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes)) 

    6. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh) 

    8. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Mar- xist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste)) 9. Ranjbaran Hezb-e Ranjbaran-e Iran (Parti prolétarien de l’Iran) 

    10.БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare) 

    11. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine 

    12.MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne) 

    13.UCLyon Unité Communiste Lyon, France 

    14.UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France 

    15.BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie)) 

    16.KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg) 

    17.MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise) 

    18.RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas 

    19.MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse) 

    20.MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan) 

    21.KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine 

    22.БРП(к) Българска Работническа Партия (комунисти) (Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes)) 

    23.PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste) 

    24.NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste) 

    25.PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant)) 

    26.PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou) 

    27.PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine 

    28.PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay) 

    29.CPA/ML Communist Party of Australia (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)) 

  • Confinement : toujours plus de violences policières.

    Confinement : toujours plus de violences policières.

    Véritable marqueur des tensions sociales, les violences policières ne se sont pas taries avec le confinement. Au contraire, elles se sont épanouies, comme des fleurs vénéneuses. Depuis le début de la pandémie, il est difficile de faire le compte des personnes brutalisées, des personnes blessées, parfois très grièvement, mais également des morts discrètes, qu’on ne compte pas.

    Une jambe arrachée ici, un policier tirant sur son voisin là-bas, un tabassage digne de la Guerre d’Algérie… Les cas ne manquent pas. Ils s’accumulent, nourrissant une colère sourde. Plusieurs pages, comme quarantine watch, se sont donné comme mission de recenser les cas de violence, pour qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. Sur la base des opérations policières, il est possible de faire quelques constats sur leur origine, sur les réactions politiques, mais également sur leur instrumentalisation.

    • Un critère de classe fondamental. Il explique notamment la différence de traitement entre les quartiers populaires et les infractions massives au confinement et à la distanciation sociale qui ont eu cours dans le Paris bourgeois. La messe intégriste de la secte qui occupe l’Église de Saint Nicolas du Chardonnet ou le bal improvisé n’ont pas entraîné de vives réactions. En revanche, un grand nombre d’agressions massives et brutales ont été constatées dès que la composition sociale du quartier change. Quand cela se déroule de l’autre côté du périphérique, c’est même un traitement quasiment colonial qui s’est imposé.
    • Un critère qu’on ne pourrait qualifier autrement que comme racial. Dans les propos tenus par les policiers qui ont été filmés, cet aspect est revenu constamment. Nous ne pouvons pas oublier qu’il y a qu’il y a quelques années, le membre de Unité SGP-Police – Force Ouvrière Luc Poignant, déclarait que dire « bamboula » était convenable. Ces méthodes de traitement montrent aussi un héritage, une tradition issue de la colonisation, avec notamment un maintien de l’ordre par la terreur et une exacerbation des comportements racistes.
    • Une exacerbation par la pandémie mais aussi par l’impunité permise du fait des rues désertes. La pandémie apporte à cela la peur de la contamination, la peur du contact et de la proximité. Elle fait que les rapports sont d’autant plus violents qu’ils sont anxiogènes. Cette anxiété (certainement partagée) trouve son exutoire brutal d’autant plus facilement que les rues sont désertes. Dans le vide du confinement, personne ne vous entend crier et personne ne peut venir vous aider.

    Nous regardons ces images avec un grand effroi.

    Il y a certainement, parmi les policiers et les policières des individus qui sont sincèrement choqués de la manière dont les choses se passent, des propos, des actes, et de l’absence de déontologie honteuse. Il existe des individus qui pensent pouvoir réussir à transformer le cadre de la police pour en faire une institution garante de la sécurité de tous et respectueuse des lois. Mais ces voix sont noyées dans la masse, elles sont écrasées. Pourquoi ? Parce que l’institution en elle-même est construite pour réprimer les classes populaires, pour maintenir un ordre basé sur l’injustice et sur l’inégalité sociale. Elle est un cadre normatif qui broie les individus et les trie pour en sélectionner les plus féroces et les plus corrompus. Pour les idéalistes présent et présentes dans la police, il n’existe que trois chemins. Se normaliser et accepter, partir dans une lutte donquichottesque contre l’institution, ou la sortie par la démission ou le suicide.

    Conçue depuis sa naissance comme un outil d’ordre social, elle ne peut avoir d’autre nature. Et, par voie de conséquence, d’autre comportement.

    Face à cela, face à ces images et ces propos ignobles, des lignes de défense se sont dressées. Elles ne font que déshonorer ceux et celles qui les emploient.

    Il est dit que les quartiers populaires ne respectent pas le confinement. C’est partiellement vrai, puisqu’il a été possible de voir que le Paris bourgeois ne se privait pas de certaines libertés. C’est partiellement vrai, mais aussi compréhensible. L’aspect romantique et bohème du confinement demeure un grand privilège de classe. Dans les quartiers populaires, la grande majorité des emplois sont d’une nature qui ne les rend pas adaptable au télétravail. Le trajet métro-boulot-confinement est nettement plus dur à vivre, en dernière instance, qu’un confinement constant avec une adaptation de l’activité professionnelle.

    Il se déroule aussi dans des conditions de promiscuité et d’espace urbain qui ne permettent pas le même confort de vie. Si les quartiers de centre-ville permettent des sorties respectant le 1h & 1km, ce n’est pas le cas des grandes cités. Ce n’est pas un hasard si, à Lyon, les contrôles massifs ont eu lieu dans des points de jonction entre le centre et la périphérie populaire, comme à la station Vaux-en-Velin la Soie. Ils ont débouché sur un très grand nombre de procès verbaux et d’amendes. Celles-ci, conçues pour être dissuasives, sont extrêmement inégalitaires.

    Les violences ont aussi été mises dos à dos. C’est souvent la spécialité des réformistes, lesquels ne veulent pas jeter l’opprobre sur la police tout en ne se coupant pas d’un rêve de conquérir le réservoir électoral potentiel que sont les quartiers populaires. Cette manière d’appeler au calme sans comprendre, sans expliquer, sans donner un sens à la colère, est une manière également de renforcer l’impunité. Cette incapacité à pouvoir dénoncer les abus particuliers des policiers, mais surtout le caractère systémique de la violence est une constante. Même si des individus comme François Ruffin sont des personnalités sympathiques, il est toujours édifiant de se dire qu’ils peuvent sortir des énormités invraisemblables. Au début de l’affaire Benalla, il avait ainsi déclaré que l’attitude de la brute macronienne était distinguable de celle de la Police, qui « ne se comporte par comme ça ». Certes, entre temps les Gilets Jaunes ont eu lieu, et les lignes ont bougé. Mais il reste toujours nombre de démocrates pour expliquer comment ils mettront en place une répression « de gauche » une fois au pouvoir.

    Plus loin dans le spectre droitier, il existe l’immense nébuleuse de charognards. Ceux et celles qui font des quartiers populaires des zones de non-droit, qu’il faudrait pacifier par la force. Ceux et celles qui en font une affaire « religieuse » ou « culturelle », autant de cache-sexes pour ne pas dire ce qu’ils pensent profondément. Car la loi, même bourgeoise, sanctionne le fond de leur pensée raciste, pogromiste et génocidaire. Ceux-ci non seulement n’expliquent pas la tension, mais ils la désirent. Ils désirent plus de sang, plus d’intolérance et plus de violence.

    Alors ils salissent les victimes, en retournant les culpabilités. Ils nient les évidences en demandant qu’elles soient remises dans un contexte, contexte construit par le mensonge. Alors ils inventent des conspirations, des complots, des collusions entre l’État et un pseudo islam tentaculaire, apatride et antipatriotique. Un pseudo islam qui fait écho à l’invention qui avait été faite le siècle dernier, autour de l’antisémitisme et du judéo-bolchevisme.

    Quelque soient les formes que peuvent prendre les négations, elles nourrissent toutes la même politique : asservir ceux et celles qui souffrent.

    Durant le mouvement des Gilets Jaunes, une réelle unité est née, notamment contre les violences policières. Elle s’est basée sur la confrontation avec le mépris policier, avec l’impunité et les déferlement de haine. Cette solidarité à toujours été attaquée par les fascistes, lesquels ne peuvent s’empêcher de désirer plus d’ordre et plus de répression. Ils n’ont jamais voulu condamner ouvertement l’attitude de la police ni la dénoncer pour ce qu’elle est. Et pour cause, ils ne souhaitent que la rendre plus féroce. Ainsi, la jeunesse des quartiers populaires est souvent pointée du doigt comme bénéficiant d’une tolérance importante de la part des autorités ou de la police. C’est un comble ignoble.

    Le confinement nous isole, nous rendant vulnérables à la manipulation mentale. Celle-ci est d’ailleurs accrue par les algorithmes des réseaux sociaux, qui enferment les individus dans des bulles mentales. Ce type de terrain est connu pour être le champ d’opération favori de l’extrême-droite la plus perverse. Elle essaie de créer un environnement angoissant, hostile, démoralisant, en lançant théories fumeuses sur théories fumeuses et en essayant de fragmenter les solidarités.

    Tous les faisceaux lancés par ces groupes n’ont qu’un but : mettre fin au déconfinement pour relancer l’économie, sous prétexte d’un intérêt suprême de la nation. Derrière cet « intérêt suprême », en réalité, c’est celui d’une bourgeoisie exploiteuse et impitoyable. Cette même bourgeoisie qui impose la misère dans les quartiers populaires, chez les Gilets Jaunes, chez les ouvriers et ouvrières, chez les employés et employées, chez les paysans et les paysannes.

    Face à ces manœuvres, nous affirmons la nécessité de l’unité populaire, d’un front commun de tous ceux et de toutes celles qui courbent l’échine sous les matraques, sous les dettes, sous l’exploitation. La violence contre les uns est le prélude à la violence contre les autres.

    Nous n’acceptons pas la brutalité.

    Nous n’acceptons pas le racisme.

    Nous n’acceptons pas le mépris de classe.

    Nous n’acceptons pas l’impunité !

  • Adama, présent ! (Tract de l’UPML)

    Adama, présent ! (Tract de l’UPML)

    Nous republions le tract de nos camarades, publié dans Prolétaire Debout ! et distribué lors de la manifestation pour exiger la justice pour Adama – et pour les autres victimes des crimes policiers.

    Région parisienne, été 2019

    Regroupons nous et demain…

    Trois ans déjà, trois ans que la famille Adama, ses proches et tous ceux qui combattent pour la  justice se soulèvent pour demander justice et dignité. Cela fait des années que les quartiers populaires, des quartiers ouvriers et d’employés, sont sous la haute surveillance de l’État : appareil judiciaire, police, armée…

    Les gilets jaunes, les habitants des quartiers,les syndicalistes de lutte, les écologistes, les anti-nucléaires, les anti-fascistes,… appellent tous, et avec raison, à converger contre la répression, contre l’autoritarisme. 

    Les communistes révolutionnaires ne peuvent qu’être d’accord. La réaction bourgeoise montre sa dictature et la renforce tous les jours par de nouvelles lois et mesures répressives — s’attaquant aux droits de protester, de manifester ; s’attaquant à la libre expression, au droit à s’organiser, aux droits syndicaux, au droit d’asile,… 

    On compte les victimes par milliers : condamnés, incarcérés, blessés, morts,…

    Les responsables : un gouvernement, un Macron ?

    Qu’on se rappelle le gouvernement Sarkozy, puis celui de Hollande préparant la droitisation, la réaction actuelle: répression, atteinte aux droits démocratiques,… Tous ils étaient et ils sont au service des mêmes intérêts de classe, ceux de la bourgeoisie, du capitalisme. 

    L’exploitation capitaliste c’est l’inégalité et la violence : « bosse (si tu trouves du boulot!) pour faire grandir mon Capital et mon Pouvoir ! Contente-toi de survivre ! Tais-toi : laisse parler nos experts, ceux qui savent ! »

    Pour la bourgeoisie  c’est du caviar, du homard à tous les repas et pour nous les miettes !

    Et quand on regarde plus loin, on voit que ça va dans le même sens dans de nombreux pays du monde.

    Crise et répression 

    Chômage, misère sociale grandissante, menace d’une catastrophe écologique, danger de guerre généralisé, le système en crise veut nous en faire payer l’addition : licenciements, baisse des revenus, cadences de travail folles. Oh, ça passe pas facilement, il y a de la résistance: grèves, manifs, blocages,… Et nous avons raison de nous révolter. La classe dirigeante bourgeoise encourage l’ultra droite et les fascistes pour nous faire baisser la tête, nous soumettre pour payer leur crise. 

    Résistance combative !

    Une opposition combative qui n’a que faire des « institutions républicaines » — qui ne sont que le masque « démocratique » de nos gouvernants. 

    Une résistance des jeunes contre la répression et contre  la casse écologique par le système du profit avant tout grandit et persiste. 

    Résistance des prolétaires dans les entreprises pour garder leur boulot, garder leur acquis sociaux, leur droit au travail contre la précarité et le chômage. 

    Résistance des femmes du peuple qui coulent dans la pauvreté et la violence pour l’égalité et le respect. 

    Résistance des immigrants Sans-Papiers, solidarité et soutien aux réfugiés chassés par la misère, les guerres menées par les grandes puissances pour se repartager le monde et piller leurs richesses.

    On a raison de se révolter !

    La rébellion, voire la violence des opprimés, des exploités est justifiée. Comment ne pas se révolter contre tant d’injustice, tant de violence des puissants. Comment ne pas se tourner de plus en plus vers des solutions révolutionnaires. Le capitalisme a fait son temps qui nous parle de concurrence, de compétition, de rivalités, de conquête des marchés, de guerre économique, etc… 

    Les prolétaires aspirent de toute part à vivre mieux, à l’égalité, à la justice sociale, à la fraternité, à l’entraide, à la coopération, à la paix, à une vraie démocratie, à une vraie protection de l’environnement. Tout cela a un nom: le socialisme révolutionnaire, qui tourne le dos au « libéralisme ». Pour cela il faut arracher le pouvoir à la bourgeoisie.

    Pour la révolution sociale. 

    Le socialisme révolutionnaire transformera l’économie et les relations sociales : d’abord la coopération, l’entraide, le partage. Par une nouvelle démocratie pour les larges masses populaires dans les Conseil, les Comités, les Assemblées pour gérer directement les entreprises, les quartiers en fonction des besoins et non plus du profit immédiat. Cette transformation n’est possible que si les révolutionnaires s’organisent en Parti pour l’orienter.

    Mais la révolution se prépare, s’organise. Dans l’immédiat elle s’organise autour d’un programme ; elle crée ses organisations et le Parti du prolétariat révolutionnaire.

    C’est pourquoi l’Union Prolétarienne ML appelle à s’organiser au niveau national, comme international. L’Union Prolétarienne est membre de la Coordination Internationale des organisations révolutionnaires (ICOR) — Pour organiser la solidarité internationale et unir les Révolutions à venir.

    Nous appelons à nous regrouper et à construire un Front anti-raciste, anti-fasciste et anti-impérialiste.

    En avant pour la justice et la vérité pour Adama

    Pour la libération de tous les prisonniers politiques et sociaux démocrates

    En avant pour la démocratie et la liberté du peuple, pour le Véritable Socialisme

  • Interdiction de manifester à Lyon le 13 avril

    Interdiction de manifester à Lyon le 13 avril

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon

    13 avril, XXIIe acte : Lyon sera interdit aux Gilets Jaunes.

    La préfecture de la région Rhône-Alpes a annoncé, aujourd’hui, l’interdiction pour les Gilets Jaunes de manifester ce samedi à Lyon. Le périmètre d’interdiction sera dévoilé plus tard, mais il ne fait aucun doute que son objectif est d’exclure les manifestants et les manifestantes des zones «à haute valeur commerciale » de la ville. Zones qui sont précisément celles qui sont les plus fréquentées, et donc, celles sur lesquelles les manifestations ont le plus d’impact.

    L’interdiction de la Presqu’île par le pouvoir et ses « forces de l’ordre » n’est pas nouvelle dans la pratique. Cela fait des mois que les manifestants se font gazer, matraquer et qu’ils essuient des tirs nourris, à coups de flash-ball, aussitôt qu’ils tentent une incursion dans le cœur bourgeois de Lyon. Mais cette fois-ci, à la différence des autres fois, la Préfecture assume officiellement cette interdiction, dans une vaine tentative d’intimidation contre le mouvement. 

    L’Unité Communiste de Lyon condamne cette décision comme étant une manœuvre visant à liquider le mouvement des Gilets Jaunes et de mettre à l’amende ses participants et participantes. Les participations à une manifestation interdite ont ainsi vu l’amende correspondante passer de 68 €à 135 €, illustrant une volonté d’utiliser l’arme économique pour assécher le mouvement.

    La préfecture a ainsi communiqué : « Adossés aux manifestants, des groupes violents s’en prennent aux personnes et aux forces de l’ordre, avec la volonté de dégrader les biens publics et privés. » 
    (…)
    « Ces derniers s’en prennent notamment aux commerces de centre-ville, qui voient leur activité commerciale souffrir de ce mouvement qui les empêche de travailler et qui menacent leur pérennité économique. 
    »

    L’Unité Communiste de Lyon considère que cette approche de la question est une négation des provocations policières et des violences commises par les forces de l’ordre envers les manifestants et les manifestantes.

    L’alibi des groupes violents est utile pour le gouvernement, pour prétendre que les Gilets Jaunes sont manipulés, sont instrumentalisés par une hydre invisible. Or, dans les faits, nous avons pu voir qui était à l’origine de la violence, dans la société et dans la rue. Ce sont ceux qui, aujourd’hui, appellent à ce que les luttes sociales se taisent, et que les exploités demeurent muselés. 

    Elle illustre en revanche parfaitement l’hypocrisie des « libertés fondamentales » dont la France se targue d’être l’apôtre le plus parfait. Ces prétendues « libertés fondamentales » sont chaque fois plus soumises à condition, soumises à interprétation et à limitation. Leur caractère fondamental est une vue de l’esprit. Dans les faits, elles ne sont que des droits formels, accordés, puis repris, en fonction du bon vouloir des classes dominantes. 

    Surtout, elles sont éclipsées par la seule liberté fondamentale en régime capitaliste : celle d’engranger du profit. 

    Les commerçants de la rue de la République ne sont pas les petites échoppes d’épiciers sans le sou. Ce sont des magasins appartenant tous à des compagnies puissantes. Leur plainte ne vise que leur taux de profit, non leur survie. Ces mêmes compagnies et leurs directions, leurs investisseurs… sont ceux et celles qui téléguident et appuient la politique d’Emmanuel Macron. 

    Non seulement leur complainte est cynique, mais elles clament des parts d’argent public, donc veulent se goinfrer des taxes sur les classes populaire pour compenser leur manque à gagner. Et les pouvoirs publics leur ont déjà accordé certaines largesses. 

    L’Unité Communiste de Lyon interprète cette interdiction comme une censure politique. Elle l’interprète également comme le fait que le gouvernement en est réduit à utiliser cette arme face au succès du mouvement social.  

    L’Etat suréstime sa capacité à empêcher les Gilets Jaunes de pénétrer dans leur forteresse. Non seulement il n’en est pas capable, mais, en plus, son échec prévisible le voue à être humilié.

    Quand bien même cela serait possible, matériellement parlant, ce ne serait pas une victoire stratégique non plus. Que le gouvernement, la préfecture, la mairie le sache ! : interdire l’hypercentre bourgeois ne sera pas une victoire pour eux ! Cela ne fera que pousser ceux qui luttent à aller ailleurs, dans d’autres quartiers, populaires ceux-ci. En fait d’isoler le mouvement, les maîtres-censeurs l’amènent là où se renforcera l’unité populaire. 

    Les interdictions sont des coups d’épée dans l’eau, qui démasquent ceux qui les prononcent, tout en renforçant et légitimant ceux qui les subissent !

    Les Gilets Jaunes sont une gifle dans le visage des exploiteurs. Il est logique qu’ils répondent. Cette interdiction est plus qu’une preuve de succès, c’est une couronne offerte à ceux qui luttent ! Jamais les Gilets Jaunes n’accepteront de troquer leur droit de manifester contre un « retour à la tranquillité » soi-disant légale dont il est évident qu’elle n’arrangerait que Macron et sa bande d’exploiteurs. 

  • Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Les gouvernements savent saisir la balle au bond. Ils savent utiliser des moments de crise pour réussir à faire avancer leurs projets réactionnaires. En l’occurrence, les manifestations des Gilets Jaunes et les affrontements qui ont pu avoir lieu servent d’alibis à accroître un arsenal répressif destiné à mater les mobilisations dans leur ensemble.

    La gauche rend de grands services, mais pas toujours à ceux qu’on croit. En 2016, à la suite des attentats, sous prétexte de devoir réagir rapidement, le gouvernement de l’époque, dirigé par Valls, a mis en place un système qui court-circuite la justice pour placer au centre de l’action le préfet. Les décisions d’interdiction de manifester sont désormais entre les mains d’une autorité administrative, directement sous tutelle de l’Etat, et outrepassant régulièrement ses prérogatives.

    A partir du 1er novembre 2017, l’état d’urgence est entré dans la constitution, le transformant de facto en Etat d’urgence. Gérard Collomb, lui aussi membre et ex-membre du Parti Socialiste, a été l’architecte de cette mesure. Cette inscription dans la durée d’un régime d’exception a eu pour conséquences de banaliser l’usage d’une répression à caractère préventif. Autrement dit, il est né une conception qui ne peut être résumée autrement que par le « délit d’intention ». En somme, le soupçon d’un passage à l’acte est suffisant pour qu’il puisse être retenu comme une charge.

    L’usure des forces de police, à la suite de la mobilisation inefficace des forces de l’ordre pendant la période de l’état d’urgence, a servi, là aussi, de prétexte à accorder des largesses juridiques. La police s’est blindée contre les accusations d’abus et de bavures, tout en accroissant son arsenal répressif.

    La fabrique du « casseur ».

    Hier, c’est cet arsenal qui a permis de réprimer les luttes contre la loi travail ou contre la réforme de la SNCF. Aujourd’hui, ce sont celles-ci qui permettent d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes dans le sang.

    L’argument qui revient sans cesse est celui de la présence dans les rangs des manifestations de « casseurs ». Cet argument mérite qu’on s’y attarde un petit instant. Ces « casseurs » servent d’alibi à des lois répressives qui, en dernière analyse, mettent en péril le droit à manifester. Il est un terme qui revient sans cesse dans les rhétoriques du gouvernement pour dire aux Gilets Jaunes « ne manifestez pas », pour décourager les familles, les personnes vulnérables ou qui redoutent la violence.

    Or, cette rhétorique ne sort pas de nulle part. La fabrique du casseur, d’une image mentale de celui-ci, est en grande partie le fruit de l’influence des médias, au service des exploiteurs. Le pouvoir de l’image tout comme le pouvoir de la dénomination ont permis à ceux-ci, qui ne sont pas neutres, de forger dans l’esprit de la population une représentation de ce que peuvent être les « casseurs ». Ils ont ainsi créé une représentation de cette nébuleuse comme constituée d’individus opportunistes, utilisant les manifestations uniquement comme bouclier humain pour commettre des dégradations et des actes de violence, sans lien avec le mouvement, avec sa lutte, avec ses revendications.

    Les images des médias, même pour des individus qui se méfient de ceux-ci, frappent l’imagination. Même parmi les organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche, ce vocabulaire revient. Or, les vidéos qui passent en boucle sur les médias sont le fruit d’un travail d’édition. Elles ne montrent pas ce qui s’est passé avant un événement, après, ou hors champ.

    L’expérience des manifestations nous indique que, oui, il y a parfois de la casse et de la violence. Mais que dans la très large majorité des cas, celle-ci est à l’initiative des agents provocateurs des forces de l’ordre. Le plus souvent, les manifestations deviennent brutales après que la police soit passée à l’action, le plus souvent sans sommation et sans raison, autre que les ordres de semer le chaos.

    Ce qui se produit est une réaction d’autodéfense qui vise à se protéger de la police, voire parfois à répondre, du fait de la colère et du sentiment d’injustice, à la violence policière. Et ce, malgré l’immense disproportion de moyens physiques, matériels et juridiques entre les deux forces en présence. La tendance au conflit est constante, notamment vis-à-vis de la jeunesse populaire, qui ne connaît que les contrôles constants, la privation de perspectives et d’avenir, et la violence de la part de l’Etat. Mais là, également, l’origine est dans le fait que la société française génère une violence majeure.

    Il existe également des individus, politisés, qui s’attaquent à des banques, des vitrines de grands magasins, des symboles du capitalisme. Cela dans le but de générer une « propagande par le fait » et de stimuler la combativité des masses. Il ne s’agit là, encore, pas d’une violence aveugle. Les « blacks blocs » sont des individus présents dans les mouvements de luttes et qui opèrent ainsi dans le cadre de la lutte. Et, d’une manière générale, leur modus operandi répond au caractère répressif de la police.

    Il est possible d’être en désaccord avec ces pratiques, de les trouver inadaptées. C’est un débat. Nous ne justifions pas ce choix tactique, nous l’expliquons comme découlant d’une logique. En revanche, nous n’acceptons pas l’injonction de la condamnation qui est régulièrement posée par le gouvernement, les réactionnaires et les médias. Nous ne ferons pas comme Fabien Roussel, dirigeant du PCF, qui a déclaré qu’il demandait à la police d’intervenir lorsqu’il repérait des « casseurs ». Ce n’est pas notre rôle.

    En revanche, nous maintenons que, d’expérience, l’initiative de la provocation, de la violence, du conflit est dans une majorité écrasante déclenchée par la police. Chaque manifestation, ce qui est vu régulièrement, aussi pacifique soit-elle, finit sous les nuées de lacrymogènes.

    Par ailleurs, les « casseurs » ne sont qu’un alibi. Ce que vise ces lois, le cœur de leur cible, ce sont les manifestants en général, les mobilisés et mobilisées en général. Il ne s’agit pas de cibler ces chimères, mais bien de réprimer les masses populaires dans leur ensemble, et de les enfermer. 

    Quelles mesures dans la loi ?

    Cette « fabrique du casseur » à permis de justifier un très grand nombre de lois qui mettent en cause la liberté de manifester. Mais ces lois ne suffisent pas encore ! Il faut pouvoir réprimer plus, aller plus loin, frapper plus fort.

    La majorité parlementaire propose alors d’accroître ces possibilités de broyer le mouvement de contestation.

    Première mesure : le grand retour des interdictions administratives de manifester. Le préfet peut interdire une manifestation, mais également interdire à des individus précis de participer à un événenement déclaré. Cerise sur le gâteau, il est possible également d’interdire « sur la base de (…) relations régulières ». Si les fréquentations d’une personne paraissent suspectes, elle aussi peut donc être mise à l’index. Amnesty International indique que cela revient à « donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles ». Déja l’article 222-14-2 du code pénal, qui punit « le fait de participer sciemment à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » est utilisé de manière extrêmement large par la répression. Le « sciemment » devient un enjeu majeur. Dans un sens, ce genre de procédure rejette à la défense la responsabilité de trouver des preuves de l’innocence ou de l’inconscience de l’interpellé.

    Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, des Gilets Jaunes présumés passent en jugement et risquent de la prison sur la base d’interpellation arbitraires. Comme tout ou presque peut servir de pièce à conviction, il est facile de justifier à postériori les interpellations. Cela vise tout simplement à semer la terreur dans les rangs de ceux et celles qui se mobilisent, pour casser toute dynamique d’élargissement du mouvement.

    Deuxième aspect particulièrement redoutable, c’est l’aggravation de mesures déjà votées et appliquées. L’une d’entre elle est le fait de se dissimuler le visage. Elle se mue de dissimulation totale en dissimulation partielle. Elle pourrait être sanctionnée d’un an d’emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d’amende. Amnesty International déclare :« Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu’elles souhaitent se protéger ». Tenter de se protéger contre les gaz peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires.

    Pour peu que des manifestants souhaitent ne pas être asphyxiés, éborgnés, perdre des mains… ceux-ci peuvent être désormais arrêtés. Il faut offrir uniquement des chairs tendres, des peaux nues, aux armes des policiers.

    En somme, il faut rester chez soi et maugréer en attendant de prochaines élections. Faire le dos rond pendant que les droits sociaux partent en fumée, pendant que les salaires s’effondrent.

    Dernière mesure : l’article 3 de la loi prévoyait de créer un fichier de « casseurs ». Si cette disposition semble désormais caduque, elle est remplacée par une « inscription provisoire » des personnes interdites de manifestation dans le « fichier des personnes recherchées ».

    Tout comme les fichiers des empreintes ADN ne devaient être utilisées que pour identifier les délinquants et criminels sexuels, et sont maintenant appliqués à tous, ce système de fichier ne peut que laisser pensif.

    La loi de la terreur.

    Cette loi a déclenché l’ire de certaines forces politiques, de droite comme de gauche. L’extrême-droite, elle, a joué la carte d’une position très révélatrice : « Oui, probablement on le votera, en assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans ce pays » (Marine Le Pen).

    Or, c’est littéralement le but de cette loi. Le RN a toujours été en faveur des lois qui permettent l’écrasement des mouvements sociaux ou de contestation, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de leur programme. Au lieu de hurler hypocritement, les apprentis-fascistes devraient applaudir Macron et ses laquais.

    Il est difficile d’accorder aux partis de droite le moindre crédit et la moindre sincérité dans leur protestation. Cependant, des exclamations extrêmement vigoureuses ont été prononcées.  « Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? » a-t-il lancé. « C’est la dérive complète ! On se croirait revenu sous le régime de Vichy ! » a ainsi déclaré Charles de Courson, député centriste. Jacques Toubon, défenseur des droits, a également attaqué cette loi pour son caractère liberticide.

    Sur les rangs de l’Assemblée, la France Insoumise a également protesté, déclenchant un conflit entre députés, du fait d’insultes de la part d’une députée LREM.

    Le fait que cette loi passe ne fait que confirmer une sombre constatation que nous avions faite dès avant l’élection de Macron. La politique kamikaze de Macron jette dans la rue des pans entiers de la société. Cela s’aggravera encore avec l’application de la « loi alimentation » qui frappera les ménages les plus précaires. Ne pouvons céder un pouce de terrain, tenus par les injonctions de ses donneurs d’ordres de la grande bourgeoisie, le gouvernement ne peut que tenter d’étouffer la colère sous les coups et les tirs.

    En empêchant les manifestations de se tenir, en usant de la répression à tout va, la direction politique de l’Etat produit, au contraire, une tendance au conflit encore plus marquée. D’une part car la colère populaire trouvera toujours un échappatoire sous une forme ou une autre, de l’autre car la police et la justice seront réduit à user toujours plus de la violence.

    Déja, des armes à feu classiques et des blindés ont été déployés. Déja, des policiers ont sorti leurs armes de service pour viser la foule. Fatalement, si cette logique se poursuit, cela se traduira non seulement par plus de blessés, mais également par une hausse du nombre de morts, tués par balles, comme cela pouvait être le cas jusqu’au début des années 1960.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi dangereuse et criminelle. Elle considère en revanche que celle-ci démasque intégralement la nature du régime dans lequel nous vivons : antidémocratique, antipopulaire, réactionnaire. Nous ne cesserons pas notre présence aux manifestations et nous appelons les Gilets Jaunes ainsi que les autres mobilisés à ne pas céder à cette politique de terreur.

    Soyons soudés, unis, solidaires, et nous triompherons de tout !

  • Qui est violent ?

    Qui est violent ?

    Qui est violent ?

    Edouard Philippe a parlé. Il s’est exprimé au 20 h de TF1. Certains, certaines espéraient que ce serait pour annoncer des concessions. Que le gouvernement, après l’épreuve de force, accepterait de lâcher un peu de lest. Il n’en fut rien.

    La teneur des interventions des membres du gouvernement ne laissaient que peu de place au doute, au suspens. Gérard Darmanin en avait ainsi appelé à l’ultra-sévérité contre les manifestants. Difficle de croire que le premier ministre tiendrait une position contraire.

    Edouard Philippe a annoncé, ainsi, un déploiement toujours plus grand de police, pour les jours à venir. Mais, également, la mise en place de mesures sécuritaires que ne renierait pas l’extrême-droite. Sanctions pour les manifestations non déclarées. Arrestations préventives, assignations à résidence, obligation de pointer au commissariat…. Le Premier ministre déclare un régime de liberté surveillée qui ne dit pas son nom. Les arrestations atteindront probalement les 8 000, tandis que des peines de prisons fermes avec mandat de dépôt seront prononcées. Tout cela au nom de quoi ? De la violence.

    Depuis le début de la mobilisation des Gilets Jaunes, la question de la violence revient sans cesse. Ce n’est pas une nouveauté, chaque mouvement social voit les médias faire passer ses revendications au second plan, pour ne laisser passer que les images de bris de vitres, de voitures brûlées, d’échanges de projectiles… Ce n’est pas un hasard. D’une part, cela fait vendre, de l’autre, cela correspond avec la ligne éditoriale et l’ordre du jour donné par le conseil d’administration, qui, en France, est généralement entre les mains de milliardaires. Et pour cause, la question de la violence est un biais de division de ceux et celles qui luttent. Mais qui s’est ému, et de quoi ?

    Castaner, Estrosi, Ciotti, Juppé, Griveaux, Philippe, Macron… tous les ténors de la politique sont émus de la violence. Tous réclament la même chose : que soit écrasé le mouvement des Gilets Jaunes. Que les manifestations soient interdites, que les mobilisés soient préventivement arrêtés, que la police puisse disperser sous les grenades et les tirs de flash-ball les cortèges. Ils réclament que la justice soit impitoyable, qu’elle fasse des exemples. Ils veulent la tête des meneurs, décapiter la lutte. Ils veulent enchaîner ceux qui les ont défiés.

    La violence leur est insupportable. Mais qui aime la violence, à par quelques pauvres personnes ? Nous-même, nous ne l’aimons pas. Mais qu’est-ce que la violence ? La violence est-elle dans une pauvre vitrine cassée, dans un plâtre fissuré, dans quelques graffitis ?

    Ou est-ce que la violence, la vraie, celle qui épuise, use, mutile, tue, est ailleurs ?

    La violence d’être laissé pour compte dans la 5ème puissance mondiale. De dormir dans la rue, de vivre dans sa voiture.

    La violence de compter ses sous, d’économiser la moindre chose, tout en sachant qu’il reste une éternité avant le prochain salaire, avant la prochaine pension.

    La violence n’est elle pas de survivre, un jour après l’autre, en aillant juste de quoi avoir la force de se lever le lendemain, d’envoyer ses enfants à l’école, tout en sachant qu’ils ne sortiront de celles-ci que pour vivre la même vie d’esclave. D’être privé de loisirs, de sorties, de culture, parce qu’un sou est un sou et qu’il faut tenir.

    La violence n’est elle pas dans la vie de celles, de ceux, qui se lèvent dans le même matin gris, perdent leurs temps dans des transports qui n’avancent pas, hors de prix, avec la peur au ventre. La peur de la convocation dans le bureau, la peur du licenciement, la peur, toujours la peur.

    La violence, c’est de voir la police débarquer dans une cité ou croupissent ceux qui n’ont rien, pour imposer un ordre à coup de matraques, quitte à tuer.

    La violence, c’est une justice qui acquitte la bourgeoisie criminelle, ceux qui ont l’argent, les réseaux, le prestige, mais qui noie ceux que la misère pousse au délit.

    La violence d’avoir un manager haineux qui pousse au suicide, car il faut dépasser les normes, car il faut toujours faire plus avec moins. Car il faut crever à la tâche, pour le rendement, pour la rentabilité.

    La violence d’avoir une dette insolvable, d’être un esclave des banques, de jongler avec sa vie, avec la menace de perdre le peu de chose qu’on possède.

    La violence de savoir qu’à cause de son nom, de son visage, de son sexe, de ses orientations sexuelles, une voie se trace déjà.

    La violence, elle est le quotidien de celles et ceux qui sont sommés de vendre leur propre corps pour survivre. Qui sont ravagées par des marchands de chair sans scrupules, qui en tirent profits et prestige.

    La violence n’est elle pas de voir des personnes âgées, qui se sont usées pour quelques misères, jugées juste bonnes à être des vaches à lait qu’il faut traire de leurs derniers euros.

    La violence, c’est un niveau de vie qui baisse sans cesse, une espérance de vie qui stagne voir qui recule.

    La violence c’est quand, demain, il faudra mendier pour se soigner, pour s’éduquer, pour survivre lorsque le travail nous aura usé.

    La violence c’est, sous d’autres cieux, ceux qui n’ont rien demandé qu’a vivre dignement et librement, qui voient leur ciel obscurcis par les avions portant la cocarde de l’Armée de l’Air, faire pleuvoir les bombes sur leur pays, sur les terres. Qui voient des soldats qui pillent, qui violent, qui instaurent des régimes de terreur, pour que, à des milliers de kilomètres, des actionnaires puissent fêter la baisse du prix du cacao, du café, du pétrole, de l’uranium.

    La violence d’être jeté sur les routes de l’exil, d’être livré aux trafiquants de chair, d’être sous le feu des milices, et de finir avec les vagues comme seul linceul.

    La violence, elle est dans le fait d’être traités uniquement par le mépris par ceux qui disent nous représenter, mais qui ne sont que des contremaîtres des exploiteurs, le fouet à la main. Elle est dans ce régime qui n’existe que pour nous maintenir dans la misère, nous maintenir sous nos chaînes. La violence c’est celle d’un destin qui n’est que d’être des marchandises, des outils pour apporter la fortune à une poignée de profiteurs.

    Quand Ciotti, Castaner, Estrosi, Macron…disent qu’ils sont choqués par la violence. Admettons que ce ne soit pas juste qu’une manœuvre politique. Admettons que ceux qui jettent dans la misère des milliers de gens, qui donnent l’ordre de bombarder, d’envahir, d’autres Etats aient la larme à l’œil en voyant cela. Admettons qu’ils soient réellement choqués de la tournure que prennent les choses. Par quoi sont-ils émus ?

    Ils se sont émus de la violence contre du mobilier urbain. Contre des vitrines. Mais ils n’ont eu aucun mot pour les blessés, pour les mutilés, pour les tués par la police, par la brutalité. Ils n’ont rien à dire à ceux et celles qui croupiront en prison pour avoir osé se dresser contre leurs lois injustes. Ils sont tellement habitués à exercer la violence légale, qu’ils ne la voient pas. Écraser ceux qui travaillent est normal pour eux.

    Eux ne connaissent pas la violence, la misère, la précarité, la peur. Nous ne sommes pas du même monde ! Ils sont d’un monde où la pauvreté, ou la misère n’existe pas. Ils n’ont jamais travaillé de leurs mains, jamais fait de travail honnête, jamais été confrontés à l’exploitation. Ils sont uniquement des purs produits de la bourgeoisie, dressés pour asservir les exploités.

    La colère est légitime face à ceux et celles qui veulent toujours tirer vers le bas notre niveau de vie, qui réduisent nos vies à des journées sans fin, à des salaires de misère. La colère est la réponse à leur violence, leur brutalité, leur mépris pour la vie humaine.

    Comment ne pas être tenté par la violence ? Comment blâmer ceux qui répondent aux provocations policières, aux provocations bourgeoises, aux provocations d’une classe qui a démasqué sa dictature aux yeux de la population entière. D’autant qu’eux vivent en parasites sur ce que produisent les travailleurs et les travailleuses. Ils vivent de notre sang, dépendent de nous. C’est pour cela qu’ils redoutent notre colère ! Parce que nous, nous n’avons pas besoin d’eux !

    Ils disent que la colère décrédibilise le mouvement des Gilets Jaunes, mais si elle n’existait pas, ils trouveraient un autre argument pourri, une autre raison de nier toute légitimité au mouvement. Ce ne sont que des tactiques pour diviser et fragmenter !

    La colère ne suffit pas, seule. Elle doit se muer en volonté de voir le monde changer. Elle doit devenir une force capable de construire ce monde nouveau, en mettant l’ancien à terre. Pour que cela soit possible, cela demande de construire l’unité de volonté et l’unité d’action.

    Cette force agissante, créatrice, ne peut naître que dans l’organisation.

    S’organiser pour transformer le monde en un monde juste, sans exploiteurs, sans oppresseurs, sans chape de plomb, sans chaînes et sans entraves. Voilà le programme des communistes sincères ! Voilà le programme de l’Unité Communiste de Lyon. Voilà le programme de l’ICOR, dans le monde.

    « Ils n’auront pas le dernier mot », s’est permis Edouard Philippe, en ultime provocation. Nous verrons bien. 

    Il est juste de se révolter ! Il est nécessaire de s’organiser !

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : S’adresser à toutes et tous – Partie 5

    Le mouvement des Gilets Jaunes : S’adresser à toutes et tous – Partie 5

    S’adresser à toutes et tous.

    Partie 5

    Nous devons nous adresser à toutes et tous.

    Nous savons que beaucoup d’individus sont hostiles au communisme. C’est un fait logique. L’anticommunisme institutionnel nourrit les esprits de tout un bric-à-brac de thèses fausses, d’inventions, de récits horrifiants sur le communisme. Cela contribue à créer des associations dans l’esprit d’une large partie des masses.

    Nous devons lutter contre ces mensonges, lutter contre les thèses fausses, lutter contre le révisionnisme, et lutter contre des idéologies anti-communistes « de gauche », promues par la bourgeoisie comme des versions « acceptables » du léninisme.

    Nous devons le faire sur le fond. Nous ne devons jamais y renoncer.

    Mais nous ne pouvons pas faire de cette explication de fond un préalable à tout ralliement. Nous ne devons pas attendre d’un mouvement de masse qu’il marche parfaitement dans le sentier tracé par la synthèse de l’expérience du mouvement communiste. Reprocher aux gilets jaunes de ne pas porter des revendications communistes est un reproche stupide. Sans communistes, pas de mouvement communiste.

    Nous devons mener un travail de diffusion de nos idées, de nos conceptions, de notre science marxiste-léniniste. Mais nous devons fonder la base de notre ralliement sur notre ligne et nos mots d’ordre. Nous fondons le ralliement que nous opérons en premier lieu sur une base politique et non idéologique.

    Il ne faut pas cacher notre engagement, il ne faut pas cacher notre drapeau. Il ne faut pas couper dans le jeu d’une certaine défiance envers l’organisation. Il nous faut l’expliquer.

    Ce qui peut transformer une absence en un succès, c’est la capacité à pouvoir définir une ligne politique et des mots d’ordres qui sont adaptés. Or, des mots d’ordres intemporels, valable en tout temps et tout moments ne sont pas des bons mots d’ordres. Ce sont des maximes, des incantations, des fétiches. Aujourd’hui, le mot d’ordre de grève générale est un mot d’ordre faux. Il est lancé en l’air alors que les syndicats ne sont pas dans la lutte, alors que les directions ont freiné des quatre fers, alors -surtout- que ce mot d’ordre reste politiquement en deçà de ce qui émerge aujourd’hui dans le mouvement des Gilets Jaunes. Notamment, comme mentionné dans la partie précédente, autour de la question du RIC.

    Nous considérons que le mot d’ordre qui s’applique immédiatement et qui correspond à la phase actuelle du mouvement des Gilets Jaunes est celui de « créer des assemblées » et celui de « poser la question du régime ». Peut-être, après les fêtes de fin d’année, ce mot d’ordre ne sera plus à l’ordre du jour si le mouvement s’effondre, et reflue. Alors nous devrons élaborer un autre mot d’ordre, qui serait probablement « organisons-nous pour contrer le reflux ». Cette question du reflux est abordée plus en détail à la fin de cette brochure.

    Nous faisons le choix de nous adresser à tout le monde. A toutes les catégories sociales qui composent la société, y compris à celles qui nous sont hostiles. Nous nous inspirons en cela de la politique menée par le Parti Communiste dans les années 30.

    L’extrême-droite tente d’instiller son poison dans les esprits en se nourrissant de peurs réelles, du vécu de la population. La peur de la violence, la peur de l’insécurité, la peur du déclassement social. Cet effroi est réel car il correspond à des menaces réelles sur l’existence des individus. La colère, le rejet des institutions, du « système », est réel dans la population. Il fait partie d’un sentiment diffus d’avoir en face de soi un Etat monstrueux, omnipotent, sur lequel il n’existe aucune prise.

    Tout comme l’isolement des pèlerins dans l’hiver a mené aux procès de sorcellerie de Salem, les fascistes utilisent un argument de l’encerclement, de l’isolement. La propagande fasciste ne parle qu’à l’individu, qu’à l’atome, qu’à l’isolé, passif, devant son écran, en lui fournissant un sens à ce qu’il vit, à sa révolte. Un sens nourri par toutes les conceptions réactionnaires qui flottent dans la société.

    Nous nous adressons à toutes et tous en tant que membre d’une classe. En tant que composants et composantes d’une société. Et nos réponses visent à expliquer que la réaction n’a pour objectif qu’une permutation des valets des maîtres, des oppresseurs, des exploiteurs et exploiteuses. La solution n’est pas dans l’affermissement du pouvoir bourgeois, dans le renforcement de son ordre, mais au contraire, dans sa disparition.

    Bien sûr, nous nous adressons -bien que, en deux ans d’existence, notre expérience reste lacunaire- en priorité, dans nos tracts, dans nos discours, aux ouvriers et aux ouvriers agricoles, ainsi qu’a la jeunesse, particulièrement populaire. Ce n’est pas suffisant encore et il nous reste un travail immense à accomplir.

    Mais nous devons parler à tous.

    Thorez, en 1936, écrivait ceci dans son discours de la « main tendue ».

    « Nous avons œuvré à l’unité entre les travailleurs des villes et des champs, entre les travailleurs manuels et intellectuels. Nous sommes heureux d’avoir propagé l’idée du Front populaire du travail de la liberté et de la paix, et de collaborer loyalement à une action commune avec les radicaux, les républicains et les démocrates. Nous avons travaillé à l’union de la jeunesse de France.

    Et maintenant, nous travaillons à l’union de la nation française contre les 200 familles et leurs mercenaires. Nous travaillons à la véritable réconciliation du peuple de France.

    Nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques, parce que tu es notre frère et que tu es comme nous, accablé par les mêmes soucis.

    Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu Croix-de-Feu, parce que tu es un fils de notre peuple que tu souffres comme nous du désordre et de la corruption, parce que tu veux comme nous éviter que le pays ne glisse à la ruine et à la catastrophe.

    Nous sommes le grand Parti communiste, aux militants dévoués et pauvres, dont les noms n’ont jamais été mêlés à aucun scandale et que la corruption ne peut atteindre.

    Nous sommes les partisans du plus pur et du plus noble idéal que puissent se proposer les hommes. »

    Même si le PC puis le PCF ont commis un grand nombre d’erreurs de droite par la suite, jusqu’à franchir la ligne rouge qui sépare le révolutionnaire du réformiste, nous ne pouvons que considérer ce discours comme juste.

    Nous considérons que notre organisation ne doit pas être qu’une organisation de communistes parlant aux communistes, prêchant les convaincus. Elle doit travailler à être une organisation dont la ligne soit un point de référence pour les communistes et pour la très large masse de sans-partis.

    La présence de fractions de la petite-bourgeoisie au sein du mouvement des Gilets Jaunes ainsi, pose des questions. Cela a été utilisé à plusieurs reprises comme alibi pour justifier une non-participation. Dans l’esprit de ceux et ce celles qui ont employé cette justification, le mouvement devait être 100% prolétarien ou ne pas être.

    Autant dire que ceux et celles qui s’accrochent à cette thèse ne sont pas près de participer à quoique ce soit. Or, la petite bourgeoisie, bien que ne formant pas le nœud focal, est-elle à rallier ou est-elle à combattre ? Doit-on la laisser se jeter dans les mains de la réaction ?

    Lorsque la propagande bourgeoise met en avant les souffrances d’une partie de la petite-bourgeoisie, elle se base, elle aussi sur des faits et sur une certaine réalité. Oui, il existe une réalité des souffrances de la petite bourgeoisie, qu’elle soit intellectuelle, qu’elle soit commerçante ou industrielle par ailleurs.

    Les difficultés des enseignants et enseignantes sont bien connues, tout comme celles, en général, d’une petite bourgeoisie employée par l’Etat. Mais celle que peuvent connaître d’autres secteurs de cette couche sociale petite-bourgeoise le sont moins.

    Les horaires infernaux, les difficultés financières, l’étranglement par les dettes concourent à mettre la petite bourgeoisie en difficulté. La rhétorique avancée par les bourgeois est celle de dire que cela provient du coût du travail trop élevé, qu’il faut baisser les salaires.

    Dans cette ère de concentration massive du capital et des richesses en un très faible nombre de mains, la petite bourgeoisie elle-même est prise dans un étau. Et pour cause ! Le petit commerce, le petit patronat, le petit artisanat ne peut s’implanter que dans des espaces qui ne dégagent pas un taux de profit suffisant pour intéresser les grands capitalistes. Cette petite-bourgeoisie croit sincèrement être indépendante et libre, alors qu’elle n’est qu’en sursis constant. Si leur segment de marché devient invivable, dès la moindre crise, ses membres se retrouvent prisonniers des dettes envers les banques.

    Et si le segment de marché sur lequel elle travaille devient, au contraire, florissant, si les taux de profits décollent, des rapaces autrement plus grands et plus puissants s’empresseront de le prendre, notamment par la guerre commerciale.

    Elle se tourne alors vers la variable sur laquelle elle peut agir : le capital variable. Muriel Pénicaud, ministre du travail, s’était exprimée sur le sujet en indiquant que le SMIC et les charges sociales étaient trop élevé pour permettre aux petits patrons et aux petites patronnes d’embaucher. Si la mobilisation réactionnaire autour de cette question triomphe, elle ne réglera rien pour la petite bourgeoisie, au contraire.

    Elle favorisera encore davantage les taux de profit des plus grands capitalistes et leur permettra de rendre intéressants à leurs yeux des segments de marché détenus par la petite bourgeoisie.

    Les fascistes et une certaine partie de la gauche réformiste sont porteurs d’une thèse réactionnaire et rétrograde. Dans leurs explications, ce serait une déviation du capitalisme, désormais financier et non plus industriel. Pour les uns comme pour les autres, il faudrait « contrôler » le capitalisme, le « moraliser ». Les uns et les autres veulent bien concéder l’existence d’une oligarchie, supposée néfaste, mais sans jamais poser la question de classe.

    Chez les fascistes, cela passe par l’organisation dans des corporations, qui doivent subordonner les intérêts des capitalistes à un hypothétique et hypocrite « intérêt suprême de la nation ». Ils s’appuient en cela sur les « bons capitalistes », les « bons patrons », le patriotisme économique.

    Chez les réformistes, cela passerait par le fait de faire passer des lois et des règlements stricts que les capitalistes seraient enclins à suivre sans mot dire.

    Dans un cas comme dans l’autre, cela revient à bien mal connaître la nature du capitalisme. De comprendre sa génétique interne. De comprendre le fait que les capitalistes tendent vers la recherche de profits toujours plus grands, toujours plus importants. Croire que les profits de l’industrie puissent suffir aux capitalistes, alors que leur tendent les bras ceux de -encore plus énormes- de la spéculation, revient à ne pas comprendre le fonctionnement basique de l’économie capitaliste.

    Croire que la bourgeoisie ne cherchera pas à imposer son ordre -par tous les moyens- et à s’affranchir à tout prix des règlements et des entraves, revient à agir en naïf et à ne pas retenir les leçons de l’histoire. C’est croire que la bourgeoisie accepte de se laisser dicter sa loi, alors qu’elle ne reconnaît que celle du profit. C’est croire qu’elle renoncera à ses prétentions sur le marché international, à la possibilité de se goinfrer démesurément des richesses du monde. Qui plus est, et c’est intolérable à ses yeux, cela reviendrait à laisser la place aux autres bourgeoisies.

    Mais la bourgeoisie n’a d’autre choix : grandir ou être constamment sous la menace d’être broyée. Décapiter une « oligarchie », si tant est que cela soit possible sans révolution socialiste, cela ne signifierait qu’ouvrir la possibilité pour d’autres d’occuper la place au soleil.

    La petite bourgeoisie est entre le marteau et l’enclume. Et si elle veut ne plus être constamment menacée par la pauvreté, par les dettes, par le déclassement, son intérêt objectif est celui de la victoire du camp du peuple. Même si elle n’en a pas conscience,il s’agit là d’un fait. Elle ne forme pas un contingent fiable, par sa nature de classe, vacillante, mais il est très important de la neutraliser. 

    Lénine écrivait : « Supprimer les classes, ce n’est pas seulement chasser les grands propriétaires fonciers et les capitalistes, – ce qui nous a été relativement facile, – c’est aussi supprimer les petits producteurs de marchandises ; or, ceux-ci on ne peut pas les chasser, on ne peut pas les écraser, il faut faire bon ménage avec eux. »

    Nous ne sommes pas encore dans une situation de construction du socialisme, où les résidus de la petite bourgeoisie, menacés dans leurs intérêts de classe, se dresse contre la transformation de la société. A l’heure actuelle, elle aussi subit des formes d’exploitation et s’exploite également elle-même.

    Notre conception n’est pas de brider la roue de l’histoire, ni de la faire tourner à l’envers. Ce n’est pas de revenir à la petite production, qui créé d’ailleurs les bases du capitalisme, mais au contraire de nous tourner vers le socialisme, qui implique la socialisation de la production mais également de la propriété réelle de ceux-ci. De dépasser le capitalisme en faisant mieux, en produisant mieux, en répondant mieux aux besoins des masses, non se réfugiant dans une petite production, inefficace et génératrice de gaspillage.

    Une grande partie du prolétariat est nourri à l’idée qu’il pourra également, un jour, devenir petit bourgeois. C’est une des victoires de l’idéologie bourgeoise. Nous devons être capables de répondre à cela.

    Nous devons être capables d’expliquer pourquoi les inquiétudes, les angoisses, les peurs qui touchent autant les prolétaires que la petite bourgeoisie trouvent leur résolution dans la victoire du socialisme. Nous devons être capables de répondre aux accusations des idéologues anti-communistes quant à notre programme, que ce soit au niveau de l’organisation économique de la société, de la politique fiscale, de la politique intérieure, de la démocratie ou de l’accès aux biens de consommation.

    Nous devons même être capable de nous adresser à nos ennemis, aux forces de répression, appuyer les sentiments qui peuvent exister chez eux de doute ou d’abattement. Non pas pour, comme certains syndicats, organiser leurs luttes pour plus de moyens de réprimer, comme l’a fait FO-Police. Notre objectif n’est pas de flatter le corporatisme des forces de répression, mais bien pour pousser ceux qui mettent en doute le bien fondé de leurs ordres à prendre leurs dispositions et à refuser de les mettre en action, d’entraver et de dénoncer leur application, mais également de quitter leurs fonctions.

    C’est un tâche complexe, d’autant plus dans un Etat impérialiste, qui tire des subsides immenses de l’assujettissement de colonies et de néo-colonies, mais qu’il nous faut être capable de faire.

    Nous ne pensons pas que nous puissions le faire seuls, que notre organisation ne suffit pas. Nous pensons qu’il nous faut travailler à un meilleur outil.

  • Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    Alexandre Benalla ou le safari du cassage de manifestants.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’attitude de l’Etat face aux méfaits de ses collaborateurs, agents provocateurs, agresseurs, nervis fascisants !

    Les époques changent, et avec elles les mœurs. Auparavant, comme avec Giscard d’Estaing, les collaborateurs du Président de la République partaient avec lui faire des safaris en Afrique. Aujourd’hui, ce genre d’activité est mal vue du public. Elle est désormais réservée à l’armée française, qui continue sa « mission civilisationnelle » par les crimes de guerre.

    Aujourd’hui, avec l’affaire Benalla, il est possible de savoir que l’activité favorite de certains collaborateurs de l’Élysée s’est redirigée vers celle de l’agression brutale et gratuite de manifestants. Benalla se passionne ainsi pour le fait de se déguiser en policier. Dans cet accoutrement, il s’est illustré, le premier mai, pour avoir roué de coups un manifestant, agressé une manifestante, pendant que son ami Vincent Crase faisait de même. Une vidéo publiée ce matin par le Huffington post  le montre en train de traîner sa victime, la jeune femme, à l’écart, pour l’agresser loin des regards. Enivré par l’impunité que lui confère l’uniforme, il s’est déchaîné pour satisfaire ses pulsions personnelles. Événement anecdotique ? Non.

    David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la Police Nationale, au micro de France Info, déclarait ainsi le juillet : « Alexandre Benalla est très connu dans le milieu policier », il est « régulièrement sur des dispositifs opérationnels, il pilote différentes choses, sans qu’on sache qui l’a mandaté pour ça. » En l’occurence, il a bénéficié d’une autorisation écrire du directeur de cabinet du chef de l’État, Patrick Strzoda.

    En somme, monsieur Benella, accompagné de son ami réserviste Vincent Crase, profite de sa position influente et de son autorité, conférée par sa proximité avec les cercles du pouvoir, pour se livrer à des agressions.

    Informés des faits, le ministère de l’intérieur -dirigé par l’hémiplégique ministre de l’intérieur Gérard Collomb, qui semble oublier tout ce qui se trouve à son extrême-droite- et le cabinet du chef d’État se retrouvent dans l’embarras. Plutôt que d’agir par les voies légales, la décision est prise d’étouffer l’affaire. 15 jours de mise à pied sans salaire, une tape sur les doigts, et les affaires reprennent leur court. Problème réglé dans l’entre-soi de la bourgeoisie au pouvoir et de ses larbins les plus zélés. Du moins le pensaient-ils.

    L’ennui, c’est que celles-ci ont été filmées et que le drôle a été reconnu par les journalistes de « Le Monde ». Dès lors, il n’est plus possible de taire l’affaire.

    Et c’est la pelote de laine : les révélations s’enchaînent. Les mémoires se rafraîchissent. Journalistes agressés, militants et militantes menacées… Alexandre Benalla semble avoir eu maille à partir avec plus d’un individu. Même Jean-Luc Mélenchon reconnaît en lui l’homme qui l’a évincé de la marche blanche en mémoire de Mireille Knoll, assassinée le 23 mars.

    Des informations se recoupent également. Dès le lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, le site d’information Wikileaks publiait une série de documents concernant ne nombreux aspects de la campagne. Parmi ces révélations, le fait que des commandes de pistolets « gomme-cogne », de « flashballs » de matériel anti-émeute ait été fait par LREM. La commande, bloquée au dernier moment, était signée de la main de Vincent Crase, collaborateur et ami de Alexandre Benalla. Cependant, il est estimé que c’est ce dernier, fanatique des armes, qui aurait tenté, par ce biais, de constituer un noyau de milice en catimini. Une milice équipée d’armes « à létalité modérée », certes, terriblement révélatrice d’un désir de certains de ressusciter des espèces de « corps francs » ou de se voir petits « seigneurs de la guerre ».

    Il serait tentant de voir dans Alexandre Benalla un milicien d’extrême-droite, un de ces barbouzes revenu des charniers de la Françafrique. Mais pourtant, l’homme a fait ses armes auprès du Parti Socialiste, dans son service d’ordre. Entré à 19 ans dans les rangs de sa sécurité, il passait pour une personne sympathique. Discret et efficace, il gravit les échelons d’une manière foudroyante. A 21 ans, il intègre le Service de Protection des Hautes Personnalités de Arnaud Montebourg. Arrivé haut, il se montre abusif. « Chez Montebourg, il est devenu incontrôlable, il a abusé de sa position. Et je pense que c’est la même chose qui s’est passée là, il s’est senti poussé des ailes… »  affirme Christian Werner, ancien responsable du SO du PS. Pourtant, il n’y reste qu’une semaine, après avoir provoqué un accident de la route et avoir voulu s’enfuir.

    Durant cette traversée du désert, il travaille dans le privé avec plus ou moins de succès, et passe un M2 en droit. Il créé également, avec Vincent Crase, son compère, une fédération de la sécurité privée.

    Le 5 décembre 2016 il intègre l’équipe d’Emmanuel Macron, toujours avec M. Crase. Durant la campagne, il suit constamment le candidat, assure sa sécurité, et se permet quelques petits à côtés, comme l’exfiltration brutale d’un militant du PCF, ou des violences sur un journaliste, pourtant accrédité. Depuis l’arrivée au pouvoir du paillasson le plus servile de la haute bourgeoisie, il s’est hissé, lui aussi, à ses côtés, dans de hautes sphères, conservant son rôle de responsable à la sécurité du président, poste qu’il occupe toujours. Il était, par exemple, présent dans le bus des joueurs de football de l’équipe de France.

    Ce n’est que sous la pression du scandale que l’Elysée a entamé, en catastrophe, une procédure de licenciement. Aujourd’ hui, Alexandre Benalla a été placé en garde-à-vue pour les faits de « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions », « usurpation de signes réservés à l’autorité publique » et « complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection ». Ce matin, trois policiers, dont deux commissaires, ont été suspendus car ils « sont soupçonnés d’avoir extrait des images des caméras de vidéo surveillance du plan de protection de la Ville de Paris, qui montrent la scène de violence place de la Contrescarpe sous un autre angle » et d’avoir « copié puis transmis la vidéo » à Alexandre Benalla.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que cette affaire est une fenêtre de premier ordre sur la manière dont le pouvoir de la haute bourgeoisie, appuyé sur des exécutants serviles et dévoués, fonctionne. Les responsables, à l’Elysée, ne pouvaient ignorer les frasques de leur lansquenet, de leur mercenaire. Mais ils ont préféré les taire. Macron, en déplacement à Périgueux, s’est retranché avec sa morgue constante et son arrogance, derrière le fait que la République serait « inaltérable », même devant les scandales. Le gouvernement est complice de ces actes de violence, et au premier chef, le Président de la République et le Ministre de l’Intérieur.

    La Police est complice par sa solidarité de fait avec l’agent provocateur et la brute qu’est Alexandre Benalla. Rien n’a été fait pour empêcher les actes de violence commis à l’encontre de manifestants. Rien n’a pu être fait par les manifestants eux-mêmes, trop conscients de l’impunité de la Police en France, conscient du fait que protéger contre la police -même en respect du droit bourgeois- revient à s’exposer immédiatement à la violence, à la garde-à-vue, aux sanctions pénales, et à payer de sa poche les policiers pour les « outrages » causés. De plus, les trois policiers ayant détournés les images vidéos sont trois exemples de porosité entre les institutions et les pouvoirs.

    Les Républicains, y compris les ultra-réactionnaires Wauquiez et Cioti, sont montés au créneau. La France Insoumise a déposé une motion de censure à l’encontre du gouvernement pour le sommer de s’expliquer.

    Pourtant, ce n’est pas tant le gouvernement que l’intégralité de la structure qui est pourrie jusqu’à l’os. Cette affaire n’est qu’un épiphénomène qui révèle un fond nettement plus abyssal. Il s’agit de l’inégalité de fait, devant la loi bourgeoise elle-même, de ceux qui habitent en France.

    L’Unité Communiste de Lyon réclame les sanctions les plus lourdes pour les auteurs et les complices de ces faits. A nos yeux, le ministre de l’intérieur doit démissionner. Mais nous ne saurions considérer que cela puisse suffire.

    Cela révèle, une nouvelle fois, que la bourgeoisie édicte des règles, des codes, des procédures, mais qu’elle n’entend les faire appliquer que pour les masses populaires, que pour maintenir avec rigueur et dureté la domination et l’exploitation. Elle édicte des règles qu’elle transgresse constamment, pour le profit, pour le pouvoir, pour le plaisir. Elle ne juge ses propres transgressions que dans ses instances propres, dans son entre-soi. Elle ne les condamne que lorsqu’elle y est contrainte et forcée par la tournure des événements.

    Ces délits, ces crimes, sont le propre du pouvoir de la bourgeoisie, de sa dictature. Débarrassons-nous en ! Chassons-les du pouvoir !

  • Le couperet acéré de l’Etat.

    Le couperet acéré de l’Etat.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon : le couperet acéré de l’Etat.

    L’attitude des procureurs, dans les procès, est le reflet de la volonté du pouvoir politique. Les réquisitions sont celles décidées en haut-lieu, au sein du ministère. Or, la ligne du ministère de la Justice, la ligne du gouvernement, dans le cas des procès à la suite des arrestations du premier mai, est celle de la brutalité maximale.

    Le gouvernement choisit de faire un exemple, en demandant que les procureurs requièrent des peines hors normes. A Lyon, les inculpés se sont retrouvés face à une situation kafkaïenne.

    Arrêtés pour de menus graffitis, ils ont été placés en garde à vue pendant 48h00. L’un d’entre eux, ressortissant de l’UE, s’est vu gratifié d’un Ordre de Quitter le Territoire Français par la préfecture, avant même de passer devant le juge. Belle manière de mettre la charrue avant les bœufs.           L’autre a été accusé de jets de projectiles contre les forces de l’ordre.

    Dans un cas comme dans l’autre, l’attitude prévisible de la justice, qui n’aurait probablement pas hésité à recourir à la détention préventive, a poussé les avocats à conseiller la comparution immédiate. Or, il s’agit d’une chose habituellement dangereuse, puisque, souvent, cela se résume à la parole inégale d’un policier contre celle de l’accusé. Sans enquête, sans preuves matérielles.

                    Le réquisitoire du procureur a confirmé les craintes : 10 mois de prison dont 2 ferme avec mandat de dépôt pour les graffitis ; 10 dont trois fermes pour les projectiles.  

    Un rassemblement de solidarité s’est tenu devant le commissariat, puis devant le tribunal. La police, au mépris de la publicité du fonctionnement de la justice, en a filtré l’entrée, en excluant toute personne susceptible d’être un ou une militante. L’Unité Communiste de Lyon condamne cette violation de l’article 6-1 de la Convention européenne des droits de l’homme et de la procédure pénale.

    Dans la soirée, le juge a rendu son verdict : 3 mois de prison avec sursis et 500 € d’amende pour l’un ; 6 mois de sursis et 140 h de travaux d’Intérêt généraux pour l’autre. Des peines lourdes en regard des faits reprochés. Des peines handicapantes pour ces jeunes étudiants. Des peines dures et illustratives.

    Il ne fait nul doute, dans la situation actuelle, que l’Etat vise à user de tous les moyens à se disposition pour réprimer et briser les mouvements sociaux. Il ne fait nul doute que la répression policière, judiciaire et même extra-judiciaire -par les milices fascistes- va s’accentuer davantage.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à la solidarité la plus large avec les inculpés et inculpées des mouvements sociaux. Elle appelle à soutenir financièrement et politiquement ceux et celles-ci.

    L’Unité Communiste de Lyon condamne, d’une part, l’attitude du ministère de la Justice, qui agit comme un couperet tranchant contre les faibles et les exploités, mais qui se montre d’une magnanimité invraisemblable avec les bourgeois et bourgeoises. Quelle prétendue égalité républicaine existe entre le traitement d’un Sarkozy et celui d’un inculpé du mouvement social ? Hypocrisie.

    Nous condamnons également l’attitude de la police, qui entretient un jeu de provocation constante, exacerbée, qui viole constamment son code de déontologie pour pousser à la confrontation les masses populaires, dans le seul but de les écraser par la suite. Nous mentionnons également le fait que des militants du Bastion Social aient été libérés au bout de quelques heures de garde à vue, sans poursuite judiciaire aucune, illustrant un traitement sous la forme de deux poids, deux mesures.

    Enfin, nous ne saurions que condamner l’attitude de celles et ceux qui appellent à plus de répression. A plus d’intervention policières. Celles et ceux qui ont condamné les « débordements », qui ont abandonné des camarades face à la justice et face à la police. A celles et ceux qui, au final, trahissent une plus grande proximité avec l’Etat bourgeois qu’avec des camarades avec lesquels il est possible d’avoir des désaccords tactiques.

                    Soyons solidaires ! Soyons unitaires ! Halte à la violence d’Etat ! Halte à la répression !