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  • TKP-ML : « L’appel du siècle », solution ou dissolution ?

    Note [du TKP-ML] : Cette brochure est une évaluation de « l’Appel pour la paix et la société démocratique » annoncé par le leader du PKK, A. Öcalan, le 27 février 2025.

    Tout d’abord, un bref rappel s’impose. À la suite de l’opération Déluge d’Al-Aqsa menée par la Résistance nationale palestinienne le 7 octobre 2023, le Proche-Orient a connu des développements d’une portée historique. Israël a lancé des opérations militaires d’abord contre Gaza, puis contre le Liban. Pendant ce temps, en Syrie, le régime Baas s’est effondré et le pouvoir est passé aux mains du gang salafiste et djihadiste HTS.

    Les contradictions entre les puissances capitalistes-impérialistes sur la scène internationale ont dégénéré en guerre ouverte avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et les guerres et conflits en cours au Moyen-Orient. Cette situation redéfinit les alliances et les réalignements entre les puissances capitalistes-impérialistes sur la base de ces contradictions. Tous les partis se préparent à une nouvelle guerre de redivision (la troisième guerre impérialiste de division).

    Comme l’a dit le président Mao, « le chaos règne sous les cieux ».

    Il est impensable que ces développements n’affectent pas l’État turc et les classes dominantes turques. Depuis sa fondation, la Turquie est un marché semi-colonial pour l’impérialisme et, en raison de sa position géopolitique, elle a servi de « gendarme régional » pour les puissances impérialistes, ce qui rend cette situation d’autant plus inévitable.

    Si les buts et objectifs de la Turquie en Syrie sont bien connus, l’émergence de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie — dirigée par le mouvement national kurde et englobant diverses nationalités et confessions, en particulier la nation arabe — est devenue un facteur critique. Cette « autonomie » ayant de plus en plus de chances d’obtenir un statut officiel, les classes dominantes turques ont été contraintes d’élaborer une nouvelle politique sur la question nationale kurde.

    L’État turc s’est à nouveau tourné vers Abdullah Öcalan, qu’il maintient dans un isolement total sur l’île d’İmralı depuis 26 ans. Des informations sont apparues selon lesquelles un processus, qui n’était pas officiellement appelé « processus de solution », était en cours à la suite de réunions qui auraient débuté il y a environ un an. À la suite de ce processus, le 27 février, la « délégation d’İmralı » a annoncé un appel intitulé « Paix et société démocratique », rédigé personnellement par Öcalan. Après la lecture de la déclaration écrite en kurde et en turc, Sırrı Süreyya Önder, membre de la délégation, a partagé une note d’Öcalan : « Tout en présentant cette perspective, elle nécessite sans aucun doute l’abandon des armes, la dissolution du PKK et la reconnaissance du cadre juridique et politique pour la politique démocratique. »

    Ces développements ont une fois de plus mis au premier plan les discussions centrées sur la question nationale kurde. Naturellement, les approches des « partis » au processus diffèrent radicalement. Le mouvement national kurde a répondu à l’appel d’Abdullah Öcalan et a annoncé que les forces de guérilla déposeraient les armes. Il a été déclaré que le mouvement national kurde ne posait aucune condition au processus. Comme l’a dit Sırrı Süreyya Önder de la « délégation İmralı » : « Il n’y a pas de conditions pour cela. Il n’y a ni condition préalable, ni condition postérieure. » (3 mars 2025)

    La position des porte-parole de l’État turc sur le processus est bien connue, il n’est donc pas nécessaire de la rappeler.

    Ce n’est pas la première fois que l’État turc et le mouvement national kurde s’engagent dans des négociations directes ou indirectes sur la question nationale kurde. Par exemple, en 1993, sous l’initiative du président Turgut Özal, le chef du PKK, Abdullah Öcalan, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral pour la première fois le 20 mars 1993.

    Après la capture d’Öcalan le 15 février 1999, à la suite d’une conspiration internationale, il a appelé à un nouveau cessez-le-feu, que le PKK a déclaré en septembre 1999. Parallèlement, des ordres ont été donnés pour le retrait des forces de guérilla des frontières turques. Le PKK s’est largement conformé à cet appel, entamant une période d’« inaction unilatérale » qui a duré jusqu’en 2004.

    L’État turc n’ayant pris aucune mesure en vue d’une « solution », le PKK a mis fin à son cessez-le-feu unilatéral et a repris la lutte armée le 1er juin 2004. Le gouvernement AKP a lancé le processus dit « Initiative démocratique » en 2009 sous le nom de « Projet d’unité nationale et de fraternité ». Les pourparlers avec Abdullah Öcalan ont repris sur l’île d’İmralı, et des fonctionnaires de l’Organisation nationale du renseignement (MİT) et certains représentants de l’AKP ont tenu des réunions secrètes avec des représentants du PKK (cadres du KCK) à Oslo, en Europe. Ces réunions, connues sous le nom de « pourparlers d’Oslo », ont eu lieu entre 2009 et 2011.

    En décembre 2012, l’alors Premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan, a annoncé publiquement que des négociations étaient en cours avec Öcalan sur İmralı. À la suite de cette déclaration, début 2013, des représentants du gouvernement, dirigés par le sous-secrétaire du MİT, ont eu des discussions avec la « délégation d’İmralı ». Cette période, qui a duré de 2013 à 2015 et qui est devenue connue sous le nom de « processus de solution » dans le discours public, a vu le gouvernement AKP prendre des mesures juridiques pour institutionnaliser le processus. En 2014, une loi a été adoptée, la Grande Assemblée nationale turque (TBMM) a créé une « Commission des solutions » et le « Comité des sages » a été formé. Le 21 mars 2013, lors des célébrations du Newroz à Amed, la lettre d’Öcalan a été lue au public.

    Le 28 février 2015, la « délégation d’İmralı » et les représentants du gouvernement AKP ont tenu une conférence de presse conjointe au palais de Dolmabahçe. Au cours de cette conférence, le cadre de négociation en 10 points d’Öcalan a été lu, et il a été annoncé qu’Öcalan appelait le PKK à convoquer un congrès extraordinaire au printemps pour décider du désarmement. Cependant, en mars 2015, le président Recep Tayyip Erdoğan s’est opposé à l’accord de Dolmabahçe, déclarant qu’il n’avait pas donné son approbation et déclarant : « Je ne reconnais pas l’accord. »

    Vers la fin de l’année 2024, des rapports ont fait état d’un nouveau processus de « négociation » entre l’État turc et Abdullah Öcalan. Ce processus se distinguait des précédents par le fait qu’il n’était pas officiellement qualifié de « processus » et que les détails des réunions n’étaient pas divulgués au public. Alors que le mouvement national kurde n’aurait reçu aucune condition ou exigence, l’État turc, quant à lui, n’a pris aucun engagement et n’a fait aucune concession. Par conséquent, la nature de ce processus reste inconnue. Il convient toutefois de souligner l’importance de l’engagement renouvelé de l’État turc auprès d’Abdullah Öcalan concernant la question nationale kurde. La raison principale en est l’évolution de la situation au Moyen-Orient, en particulier en Syrie. Il est donc essentiel d’analyser la nouvelle politique de l’État turc dans ce contexte.

    Renforcer le « front intérieur »

    Il est entendu que l’agression d’Israël, le processus en cours en Syrie et les développements généraux au Moyen-Orient ont poussé l’État turc à développer une nouvelle politique. Les signes de cette politique ont commencé à apparaître il y a un an. Le premier signe est apparu lorsque le président de l’AKP, Recep Tayyip Erdoğan, a déclaré : « Lorsque nous regardons les événements que nous vivons aujourd’hui, nous voyons beaucoup plus clairement à quel point le front intérieur est crucial pour une nation. » (30 août 2024.) Plus tard, à New York, lors de la 79Assemblée générale des Nations unies, Erdoğan a réitéré cet accent en déclarant : « Les objectifs de notre front intérieur sont notre “Kızıl Elma” (pomme rouge). » (27 septembre 2024.)

    À la suite d’Erdoğan, Devlet Bahçeli, leader du MHP, a également mis l’accent sur le « front intérieur », déclarant : « Notre premier devoir est de fortifier notre front national et spirituel face à un monde chaotique. Notre front intérieur, qui est ébranlé, ainsi que notre unité et notre solidarité, qui sont menacées de dissolution, ne peuvent être ignorés, et nous ne le permettrons pas. » (2 octobre 2024.)

    Fruit de cette nouvelle stratégie politique, le processus a commencé lorsque le leader du MHP, Devlet Bahçeli, a serré la main du groupe du parti DEM à la Grande Assemblée nationale turque le 1er octobre 2024. Le même jour, Bahçeli a déclaré : « Nous entrons dans une nouvelle ère. Tout en appelant à la paix dans le monde, nous devons également assurer la paix dans notre propre pays. »

    Le même jour, le président de l’AKP, Recep Tayyip Erdoğan, a déclaré dans son discours à l’Assemblée générale : « C’est maintenant plus qu’une nécessité — c’est une obligation — de réaliser que, face à l’agression israélienne, ce ne sont pas les zones de conflit mais les zones de réconciliation qui doivent passer au premier plan, tant sur le plan national qu’international. » Autre signe de cette nouvelle stratégie politique, le 22 octobre 2024, Bahçeli déclare lors d’une réunion du groupe MHP au Parlement : « Si l’isolement du chef des terroristes est levé, qu’il vienne s’exprimer lors de la réunion du groupe du parti DEM au Parlement. Qu’il déclare que le terrorisme est complètement terminé et que l’organisation a été dissoute. » Erdoğan a également fait une déclaration : « Nous espérons que la fenêtre d’opportunité historique ouverte par l’Alliance des peuples ne sera pas sacrifiée pour des intérêts personnels. » (22 octobre 2024.) Suite à ces déclarations, la « délégation d’İmralı » a publié la déclaration d’Abdullah Öcalan, intitulée « Paix et société démocratique », marquant la 26année de son emprisonnement par l’État turc. Comme indiqué ci-dessus, bien que cet appel ait été rédigé par Öcalan lui-même, il semble être essentiellement le fruit de négociations menées au cours de l’année écoulée entre des représentants de l’État turc et Öcalan, qui ont finalement abouti à un certain accord. Étant donné qu’aucune explication officielle n’a été fournie au public concernant la nature de ces pourparlers ou de l’« accord » conclu, il est difficile de procéder à une évaluation concrète. Il est toutefois entendu qu’en échange du dépôt des armes et de la dissolution du PKK, certaines mesures ont été prises par l’État turc.

    Selon des informations accessibles au public, des négociations et des discussions entre l’État turc et Abdullah Öcalan sont en cours depuis un an. Il semble que l’État turc ait mené ce processus avec Öcalan, qu’il a maintenu en captivité — une situation intrinsèquement problématique et fondamentalement injuste. Dans ces conditions, il est nécessaire de parler de « diplomatie secrète ». Cela limite la possibilité de procéder à une évaluation objective de la question.

    L’appel d’Öcalan est-il une capitulation ?

    Tout d’abord, il convient de noter qu’il n’est pas inhabituel pour les parties en guerre d’engager des négociations avec leurs ennemis, de passer par des « processus de paix » ou de conclure des cessez-le-feu mutuels ou unilatéraux. Tout au long de l’histoire, les communistes et les dirigeants de divers mouvements de libération nationale et sociale ont pris des mesures pratiques similaires. Ces mesures doivent être considérées comme des manœuvres tactiques au service de l’objectif de la révolution et de la libération, tant que cet objectif n’est pas abandonné.

    Bien que l’appel d’Öcalan du 27 février, qui comprend la dissolution du PKK, représente une rupture politique significative, il ne faut pas oublier que ce n’est pas la première fois qu’il lance un tel appel. En effet, Öcalan a déjà affirmé dans plusieurs déclarations et écrits qu’en raison des revers subis par le socialisme et de l’effondrement des régimes révisionnistes modernes (ce qu’Öcalan appelle « l’effondrement du socialisme réel »), un changement de ligne (qu’il qualifie de « changement de paradigme ») était nécessaire et que de nouvelles méthodes et de nouveaux modèles d’organisation devaient être adoptés.

    Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est initialement apparu comme un mouvement national influencé par le marxisme, menant une guerre révolutionnaire contre les politiques de négation et d’extermination nationales des classes dominantes turques. Cependant, dans ses déclarations et ses défenses après son emprisonnement, Öcalan a renoncé au « droit à la libre sécession », c’est-à-dire à la demande d’établissement d’un État séparé. Au lieu de cela, il a conduit le mouvement national kurde vers ce qu’il a conceptualisé comme la « modernité démocratique », caractérisée par un « paradigme écologique, de libération des femmes et de nation démocratique ».

    Dans ses déclarations et ses défenses, Öcalan a défini son changement idéologique comme une « rupture avec le socialisme réel » et s’est distancié des idées socialistes révolutionnaires qui ont influencé la fondation du PKK. Au lieu de cela, il a introduit divers modèles alternatifs, y compris des théories écologiques, des courants « post-marxistes » et des tendances anarchistes, en tant que « nouveau modèle d’organisation » pour le mouvement national kurde. En ce sens, il n’y a rien de vraiment « nouveau » dans la dernière déclaration d’Öcalan.

    Toutefois, comme le montre la récente déclaration, il semble que même ce « paradigme » ait été abandonné. Notamment, Öcalan a explicitement décrit le PKK, l’organisation qu’il a dirigée lors de sa fondation, comme souffrant d’un « manque de sens et d’une répétition excessive ». Si cette remarque marque une rupture politique importante, elle doit également être comprise comme un appel à la direction pratique du mouvement national kurde pour qu’elle « actualise son sens ». En ce sens, il serait inexact d’interpréter la position d’Öcalan comme une « reddition ». Compte tenu de sa position idéologique, de ses manœuvres politiques et de son pragmatisme en tant que représentant d’un mouvement national, cela devient encore plus significatif. Par conséquent, réduire la question à un simple « liquidationnisme », une « reddition » ou même une « trahison » serait trompeur. Il ne faut pas oublier que la nation kurde s’est rebellée avant même l’apparition du PKK et que, avec le PKK, elle a soutenu sa rébellion par une guérilla de longue haleine. Une lutte nationale qui a subi l’oppression, l’interdiction de son existence et de sa langue, et des massacres ne peut pas être simplement résumée à une « capitulation » à ce stade. En outre, la question nationale kurde ne se limite pas au seul Kurdistan turc ; elle continue d’exister sous diverses formes dans différentes parties du Kurdistan.

    À ce stade, la question nationale kurde a dépassé le « paradigme » d’Öcalan à maintes reprises. Les réactions à sa déclaration ont placé la nation kurde et la réalité du Kurdistan à l’ordre du jour mondial. Le principal responsable de cette situation n’est autre qu’Öcalan lui-même, qui est maintenu dans un isolement total sur une île depuis 26 ans. Malgré toutes ses faiblesses et ses lacunes, la lutte ininterrompue de la nation kurde, et surtout sa résistance armée, a été le facteur déterminant. Même dans son état actuel, le mouvement national kurde, qui a débuté au Kurdistan turc et s’est ensuite étendu au Kurdistan de l’Irak, de la Syrie et de l’Iran, est devenu un sujet du discours politique non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans le monde entier. Cette évolution a sans aucun doute été façonnée par la direction pratique du PKK et par l’élévation du peuple kurde à Öcalan à une position symbolique de « direction nationale », même si ce n’est pas le cas dans la pratique directe.

    C’est pourquoi il est problématique d’évaluer la situation en partant du principe que, sous la direction d’Öcalan, le Mouvement national kurde s’est rendu par la négociation et est prêt à être dissous, imposant ainsi la liquidation du mouvement révolutionnaire dans son ensemble. Évaluer la question uniquement à travers cette possibilité est fondamentalement une question de ligne idéologique et politique. La question nationale kurde reste l’une des principales contradictions dans notre région. Sa résolution, que ce soit par tel ou tel moyen, ou la réduction de son intensité et de son urgence ne signifie pas nécessairement que d’autres contradictions dans notre région, ou même la contradiction principale, seront également résolues.

    Ceux qui fondent toute leur analyse et leur critique sur la « capitulation » et la « liquidation » exposent leur propre insécurité idéologique et politique. Plus important encore, ils révèlent leur tendance à lier l’ensemble du processus révolutionnaire exclusivement à la lutte de la nation opprimée, sans tenir compte de la lutte des classes au sens large.

    Comme tout mouvement national, le Mouvement national kurde peut, bien entendu, conclure des accords et des compromis avec l’ennemi qu’il combat. Cette possibilité existe depuis l’émergence du mouvement national et, à certains stades de la guerre, il est compréhensible que le mouvement reconnaisse et mette en avant cette possibilité comme une considération tactique. Cependant, le fait de se focaliser continuellement sur cette possibilité en tant que question principale reflète une approche problématique. Ce ne sont pas les possibilités qui doivent rester intransigeantes, mais les principes. Il est essentiel d’être inébranlable sur les principes tout en conservant une certaine flexibilité dans la formulation des politiques en fonction des conditions concrètes.

    Principe : le droit de faire librement sécession

    Tout d’abord, il est problématique qu’un droit fondamental tel que le droit à la libre sécession, qui découle de l’existence même d’une nation opprimée, fasse l’objet d’une renonciation, en particulier lorsque cette renonciation est exprimée par un seul individu (Öcalan) dans des conditions de captivité. De plus, criminaliser le fondement légitime et juste sur lequel repose la lutte de la nation opprimée, tout en proposant un compromis (ou un accord) avec la bourgeoisie dominante de la nation oppresseur, ne change pas la réalité : la nation kurde en Turquie reste une nation opprimée.

    Un autre aspect problématique de la déclaration d’Öcalan est son insistance sur ce que l’on appelle le « destin commun des Turcs et des Kurdes ». Cette rhétorique est fréquemment utilisée par les représentants de la nation oppresseur. Des expressions telles que « fraternité » et « nous sommes comme la chair et les os » ne servent qu’à masquer et à légitimer l’oppression exercée par la nation dominante sur la nation opprimée. La véritable fraternité entre les nations ne peut être discutée que lorsque la pleine égalité nationale est reconnue. Par conséquent, la véritable question n’est pas de renouveler et de renforcer une soi-disant « alliance turco-kurde », mais plutôt de mettre fin aux injustices historiques imposées à la nation kurde.

    Les Kurdes de Turquie existent en tant que nation et sont soumis à l’oppression nationale par la nation dominante. Les changements dans la forme ou les méthodes de cette oppression — que son intensité augmente ou diminue — ne nient pas le fait que les Kurdes sont une nation. Cela n’invalide pas non plus leurs demandes démocratiques légitimes et justes, en particulier leur droit à la libre sécession, qui découle de leur statut de nation.

    En général, la question nationale, et plus particulièrement la question nationale kurde, est en fin de compte une question de droits et de statut. Comme le terme lui-même le suggère, il ne s’agit pas uniquement d’un problème à résoudre sur une base de classe. Si sa résolution finale est liée à la lutte des classes, cela ne l’empêche pas de produire diverses « solutions » intermédiaires en cours de route. À l’époque de l’impérialisme et des révolutions prolétariennes, certaines questions nationales ont été, d’une manière ou d’une autre, « résolues » par l’intervention impérialiste.

    La demande de statut d’État, qui est au cœur de la question nationale en termes de garantie des droits nationaux et d’établissement d’un espace économique indépendant, peut prendre différentes formes. Elle peut évoluer vers des arrangements tels que l’autonomie ou la fédération, comme le montrent divers exemples historiques. En effet, l’établissement de droits culturels collectifs, d’un statut politique et de structures organisationnelles, notamment en ce qui concerne la langue, constitue un stade avancé du point de vue des critères nationaux. En ce sens, il s’agit d’un changement de statut. En outre, ces revendications sont les revendications démocratiques de la bourgeoisie nationale opprimée contre la bourgeoisie dominante de la nation oppresseur. La possibilité que ces revendications soient instrumentalisées par l’impérialisme ou cooptées pour d’autres intérêts n’invalide pas leur contenu démocratique. Dans notre cas spécifique, la solution à la question nationale kurde réside dans la réalisation des droits nationaux-collectifs de la nation kurde, y compris le droit à la sécession, à la fédération, à l’autonomie et aux droits culturels. Renoncer ou refuser d’exiger ces droits nationaux-collectifs ne signifie pas que la question nationale kurde a été résolue, ni que la contradiction entre les nations oppresseurs et opprimées a disparu.

    C’est pourquoi, dans son « Appel pour la paix et la société démocratique », Öcalan déclare que « la conséquence inévitable d’une dérive excessivement nationaliste, telle que la création d’un État-nation séparé, d’une fédération, d’une autonomie administrative et de solutions culturalistes, n’apporte pas de réponse à la sociologie de la société historique ». Si cette déclaration met en évidence une impasse dans la résolution de la question nationale, elle accepte aussi implicitement le privilège d’État de la nation turque tout en rejetant, même au sens démocratique bourgeois, le droit de la nation kurde à établir un État indépendant, qui découle de son statut de nation. Un tel point de vue est, bien entendu, inacceptable pour les communistes.

    En Turquie, la question nationale kurde n’est toujours pas résolue. Elle se poursuit avec toute son intensité. Contrairement aux affirmations d’Öcalan, la question des droits nationaux de la nation kurde en Turquie persiste.

    L’ère de la lutte armée est-elle terminée ?

    D’autre part, il est nécessaire de souligner la réalité suivante : lorsqu’il s’agit de résoudre la question nationale kurde, il faut se méfier des récits qui peuvent être formulés comme « déposer les armes et ouvrir la voie politique », récits qui ont également trouvé un écho dans les rangs du mouvement kurde. S’il est compréhensible que ceux qui se trouvent du côté de la nation oppresseur promeuvent de tels récits, ceux-ci n’ont aucune valeur réelle pour le prolétariat et les peuples opprimés du monde. Après tout, « si un peuple n’a pas d’armée, il n’a rien ! ». Il s’agit là d’un autre principe.

    Bien sûr, « la lutte politique démocratique au lieu de la lutte armée » est un choix. Mais ce qui est décisif, c’est de savoir si les conditions sont réunies pour un tel choix. Dans les circonstances actuelles en Turquie, en laissant de côté les obstacles bien connus à la « lutte politique démocratique », même les moindres miettes de démocratie bourgeoise ne sont plus tolérées. En Turquie, les conditions d’une « politique démocratique » ont toujours existé sur le papier, mais dans la pratique, elles n’ont aucun fondement réel. Le fascisme n’est pas seulement une forme de gouvernement, c’est le mode de gouvernance et l’essence même de la politique. C’est pourquoi la moindre revendication de droits ou toute lutte démocratique et révolutionnaire est accueillie par la terreur fasciste. Dans la période récente, sous le soi-disant « système présidentiel », le fascisme AKP-MHP a imposé une politique de répression fasciste contre toutes les demandes démocratiques, y compris la liberté d’expression. L’un de ceux qui ont fait l’expérience la plus aiguë de cette réalité est le national kurde.

    Il ne faut pas oublier que le mouvement national kurde a eu recours à la lutte armée parce qu’il n’y avait pas de voie pour la lutte démocratique, puisque le déni et l’anéantissement lui étaient imposés. Ce n’était pas seulement un choix, mais une nécessité dans les conditions de la Turquie et du Kurdistan turc. Il y a eu des mouvements nationaux kurdes qui n’ont pas pris les armes, mais qui n’ont pas pu échapper à la lourde répression du fascisme. Cette réalité, tout comme elle l’était dans le passé, reste valable aujourd’hui. L’existence de certains changements ne signifie pas que le fascisme a été éliminé ou que les contradictions, notamment la question nationale kurde, ont été résolues.

    D’autre part, la propagande qui assimile la lutte armée à un manque de stratégie politique sous couvert de « solution » et de « paix » est fondamentalement erronée. La lutte armée est, en soi, une forme de politique. Pendant des années, ceux qui ont avancé des arguments politiques sous prétexte de critiquer la lutte armée, tout en reconnaissant l’affirmation justifiée du « rôle de la force au Kurdistan », ne peuvent pas effacer le fait que la lutte armée est aussi une lutte politique.

    La recherche d’une réconciliation avec le fascisme conduit à des théories infondées telles que « la lutte armée n’est pas une lutte politique » et même que « la lutte armée entrave la lutte démocratique ». Comme la pratique l’a constamment démontré, « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Le rejet de cette réalité par ses praticiens indique leur position idéologique et leur décision actuelle de mener la politique par d’autres moyens.

    En outre, l’affirmation selon laquelle « l’ère de la lutte armée a pris fin » ne peut être qu’un rêve dans les conditions actuelles, où les préparatifs d’une nouvelle guerre impérialiste de division sont en cours, en particulier au Moyen-Orient. En outre, le processus a invalidé à plusieurs reprises la déclaration d’Öcalan selon laquelle « l’ère de la lutte armée a pris fin ». Par exemple, alors qu’Öcalan faisait cette déclaration en 2013, au même moment, la nation kurde remportait des succès grâce à une lutte armée à la vie à la mort contre Daesh au Rojava. En outre, il est évident qu’actuellement, au Rojava, il n’y a pas d’autre option que de répondre par la résistance armée aux attaques directes de la Turquie et de ses groupes mandataires. Comme ces réalités l’ont constamment prouvé, non seulement « l’ère de la lutte armée » n’est pas terminée, mais en particulier dans les conditions du Moyen-Orient, il est clair qu’elle reste une nécessité. Les vérités sont révolutionnaires et l’ère de la lutte armée n’est pas terminée. Dans la situation actuelle du système capitaliste impérialiste, avec les signes de l’émergence d’une nouvelle guerre de division, et dans la réalité d’aujourd’hui où le monde s’arme de plus en plus sous prétexte de « défense », les théories suggérant que l’ère de la lutte armée a pris fin pour le prolétariat, les peuples opprimés et les nations du monde sont, au sens le plus large, équivalentes à désarmer les opprimés et sont, bien sûr, inacceptables.

    Une « société démocratique » est-elle possible dans les conditions du fascisme ?

    Dans sa déclaration, Abdullah Öcalan évoque les relations turco-kurdes, parle d’un « esprit de fraternité » et propose une « société démocratique » et une « réconciliation démocratique » comme méthodes fondamentales pour trouver une solution. Cependant, sous le capitalisme, il n’y a pas de démocratie qui soit indépendante ou au-dessus des structures de classe. Chaque classe a sa propre conception de la démocratie et la met en œuvre en conséquence. Par conséquent, une « société démocratique » ou une « démocratie » ne peut être véritablement réalisée dans un système capitaliste dominé par la bourgeoisie. Une véritable démocratie populaire et une société démocratique ne peuvent exister que dans un État populaire, où le peuple détient le pouvoir.

    Il est illusoire d’attendre de l’État turc qu’il crée une « société démocratique ». L’approche fondamentale est erronée dès le départ. Même si l’appel à une « société démocratique » est lancé, la réalité reste que le processus se déroule à huis clos. Sans une explication publique complète de ce qui se passe, même la possibilité d’une « discussion démocratique » est hors de question. De plus, l’une des parties impliquées se trouve dans une situation d’isolement sévère. Avant toute chose, le lourd isolement imposé à Öcalan doit être levé et il doit être libéré. Si l’objectif est véritablement une société démocratique, Öcalan doit au moins bénéficier de conditions lui permettant de travailler librement et de communiquer sans restriction avec son organisation.

    Öcalan justifie son appel à la dissolution du PKK et au dépôt des armes en arguant qu’en Turquie, « le déni d’identité a été résolu » et « des progrès ont été réalisés en matière de liberté d’expression ». Cependant, il est évident pour tous qu’aucun progrès fondamental n’a été réalisé dans ces domaines. La soi-disant « reconnaissance » de l’existence des Kurdes est, au mieux, une reconnaissance superficielle. Même cette reconnaissance limitée n’a été obtenue qu’au prix d’une lutte qui a coûté d’innombrables vies. Il est donc clair qu’elle ne correspond à aucun statut concret en termes de résolution de la question nationale. En outre, à ce stade, la situation concernant la liberté d’expression est si sombre qu’elle ne laisse aucune place au débat.

    Le sujet qu’A. Öcalan néglige, ou plutôt qu’il évalue mal parce qu’il n’aborde pas la question d’un point de vue de classe, est la racine de la question nationale en général, et de la question nationale kurde en particulier. La question nationale kurde ne peut être réduite à des questions de déni d’identité et de liberté d’expression, et la nation kurde elle-même n’est pas la source de ce problème.

    Le problème réside dans l’oppression nationale imposée à la nation kurde. Cette oppression n’est pas seulement dirigée contre le peuple kurde en général, mais affecte l’ensemble de la nation kurde — à l’exception d’une poignée de grands propriétaires féodaux et de quelques grandes figures bourgeoises qui se sont pleinement intégrées aux classes dirigeantes turques. Les travailleurs kurdes, les paysans, la petite bourgeoisie urbaine et les petits propriétaires terriens continuent tous à souffrir de l’oppression nationale. À la suite de la lutte de la nation kurde, certaines concessions ont été faites dans la politique d’oppression nationale de la nation dominante, mais la politique d’oppression nationale se poursuit sans interruption. La question nationale kurde n’est toujours pas résolue. Dans notre région, la résolution de la question nationale kurde reste l’une des tâches de la révolution démocratique populaire. Dans les conditions du fascisme, il est impossible de parvenir à une résolution révolutionnaire de la question nationale kurde. Cependant, grâce à la lutte révolutionnaire-démocratique, certaines étapes peuvent être franchies. Soutenir des mesures progressistes qui contribuent à résoudre la question nationale kurde et d’autres contradictions majeures en Turquie et au Kurdistan turc, tout en intégrant ces réformes dans la lutte révolutionnaire, n’est pas incorrect.

    Cependant, propager les réformes comme une solution et, plus encore, prétendre que dans les conditions actuelles, la nation kurde a exercé son droit à l’autodétermination, est tout à fait trompeur. Öcalan, dans sa déclaration, affirme qu’« il n’y a pas de voie non démocratique pour la construction et la mise en œuvre du système. Il ne peut y en avoir. La réconciliation démocratique est la méthode fondamentale ». Dans le monde d’aujourd’hui, dans la réalité de la société de classes, ce point de vue est fondamentalement erroné. Dans la réalité des divisions de classe, le concept de démocratie est également basé sur les classes. L’ordre mondial capitaliste impérialiste, qui repose sur le système de la propriété privée, et la réalité de l’État en Turquie et au Kurdistan turc, prouvent que l’État n’est rien d’autre qu’un « instrument d’oppression d’une classe sur une autre. » Même les démocraties bourgeoises sont de plus en plus contestables dans les conditions actuelles.

    Dès sa création, la démocratie bourgeoise en Turquie et au Kurdistan turc a revêtu un caractère fasciste. « Notre pays n’a jamais vraiment connu la vraie démocratie bourgeoise, il n’en a goûté que quelques miettes. » (İbrahim Kaypakkaya, Collected Works, Nisan Yayımcılık.)

    Ainsi, au-delà des autres contradictions, l’émergence de la question nationale kurde et la politique d’oppression nationale imposée à la nation kurde ont été menées sous le couvert de la « démocratie ».

    L’émancipation, la liberté et l’indépendance de la classe ouvrière turque, du peuple ouvrier et de la nation kurde ne peuvent être obtenues au sein du système ou par le biais de sa soi-disant démocratie. La lutte pour la libération des peuples turcs et kurdes, ainsi que de diverses autres nationalités et confessions, ne dépend pas de la « réconciliation démocratique », mais nécessite des méthodes et des outils de lutte en dehors du système. Ce n’est pas une question de choix mais de nécessité historique.

    Le fascisme de la République de Turquie doit être pris pour cible !

    À ce stade, l’État turc, qui avait qualifié Öcalan de « chef terroriste », le présente désormais comme une figure prônant la paix et la recherche d’une solution. Bien que la propagande médiatique de l’État présente ce processus comme l’« élimination du terrorisme », des discussions émergeront en même temps, tant au niveau national qu’international, sur les obligations de l’État turc, la démocratisation et les mesures qu’il doit prendre.

    En effet, dans la note transmise au public par Sırrı Süreyya Önder — bien qu’absente de la déclaration officielle d’Öcalan (probablement parce que l’État turc n’a pas permis qu’elle soit incluse), Öcalan souligne ce que l’État turc doit faire en échange de l’« accord » conclu. Il évoque des changements juridiques et constitutionnels qui garantiraient les droits politiques de la nation kurde, soulignant que le processus de désarmement et de dissolution du PKK devrait être synchronisé avec des réformes juridiques démocratiques dans le pays. Ces demandes, dans les conditions du fascisme, sont indéniablement « progressistes » et « démocratiques ». Qu’elles soient mises en œuvre est une tout autre question.

    Indépendamment des calculs du fascisme turc, ces revendications doivent être soutenues et défendues.

    En général, en ce qui concerne la question nationale, et plus particulièrement la question nationale kurde, le prolétariat conscient de sa classe a une position claire. Elle vaut d’être réitérée :

    « […] Quelle que soit sa nationalité, le prolétariat turc conscient de sa classe soutiendra inconditionnellement et sans équivoque le contenu démocratique général du mouvement national kurde qui cible l’oppression, la tyrannie et les privilèges des classes dominantes turques, cherche à abolir toutes les formes d’oppression nationale et vise à l’égalité des nations. De même, il soutiendra inconditionnellement et sans équivoque les mouvements des autres nationalités opprimées dans la même direction.

    […] Quelle que soit sa nationalité, le prolétariat turc, conscient de sa classe, restera entièrement neutre dans les luttes menées par la bourgeoisie et les propriétaires terriens de diverses nationalités pour obtenir leur propre supériorité et leurs privilèges. Le prolétariat turc conscient de sa classe ne soutiendra jamais les tendances du mouvement national kurde qui cherchent à renforcer le nationalisme kurde ; il ne soutiendra jamais le nationalisme bourgeois ; il ne soutiendra jamais les luttes de la bourgeoisie kurde et des propriétaires terriens pour garantir leurs propres privilèges et leur supériorité. En d’autres termes, elle ne soutiendra que le contenu démocratique général du mouvement national kurde et n’ira pas au-delà ». (İbrahim Kaypakkaya, Collected Works, Nisan Yayımcılık, p. 194.)

    En conclusion, un nouveau processus a débuté dans le contexte de la question nationale kurde avec l’appel d’Abdullah Öcalan. Le facteur distinctif de ce processus par rapport aux précédents est la nouvelle orientation politique mise en œuvre par la bourgeoisie compradore turque sous le discours de la « consolidation du front intérieur ».

    C’est pourquoi il faut reconnaître que ce processus comporte des risques non seulement pour le mouvement national kurde, mais aussi pour le fascisme de la République de Turquie. L’équation de la solution ou de la dissolution n’est pas seulement une question pour le mouvement national kurde, mais aussi un sujet de préoccupation pour l’État turc lui-même.

    La question fondamentale est ici que le « le bout pointu de la flèche » ne doit pas être dirigé contre le Mouvement national kurde ou Abdullah Öcalan, mais contre le fascisme turc. L’origine et la cause de la question nationale kurde sont le fascisme de la République de Turquie, la dictature fasciste de la bourgeoisie compradore turque.

    Le fascisme de la République de Turquie est en crise. En raison de cette crise, il cherche à se « réconcilier » avec le Mouvement national kurde. Dans ces conditions, il est nécessaire d’être solidaire du Mouvement national kurde.

    La critique, bien sûr, est possible et même nécessaire. Cependant, l’ennemi principal ne doit pas être oublié, l’accent doit rester sur la lutte révolutionnaire des peuples de Turquie, y compris les nations turque et kurde, ainsi que diverses nationalités et communautés religieuses.

    La question de savoir si « l’appel du siècle » aboutira à une solution ou à une dissolution sera en fin de compte déterminée par le processus en cours et la lutte elle-même. Il est donc nécessaire que l’opposition démocratique révolutionnaire ne reste pas indifférente, mais intervienne activement dans le processus.

    Renvoyer la solution de la question nationale kurde à la révolution sous le couvert d’une « vraie solution », invoquer le droit à la libre sécession tout en négligeant la dynamique actuelle de la question, c’est se déconnecter de la réalité politique du moment. Une telle approche est inacceptable du point de vue des intérêts de la révolution démocratique populaire en Turquie. La question ne doit pas être réduite à une simple question de pouvoir, mais doit être appréhendée avec clarté idéologique.

  • Urgence Rojava – communiqué ouvert à signature.

    Urgence Rojava – communiqué ouvert à signature.

    Le communiqué suivant est le fait d’une élaboration commune à l’issue d’une réunion impulsée par nos camarades kurdes de Lyon. Il n’est pas un communiqué UCL mais est un communiqué ouvert à signature. Chaque organisation, collectif, syndicat qui souhaite le faire sien est invité à nous contacter. Pour des raisons de temps, ce communiqué est un fruit de l’urgence. Il n’est ni parfait, ni complet. Mais il illustre une position à minima, basée sur le consensus général qui est ressorti de la réunion.

    Nous centralisons les signataires ici : Unite.communiste.lyon@gmail.com

    Halte à l’agression turque ! Défendons le Rojava !

    Hier, le 9 octobre, les troupes Turques ont franchi à nouveau la frontière qui sépare l’État turc du Rojava.

    [Le Rojava est une région historiquement kurde du nord de la Syrie, contrôlée à l’heure actuelle par les Forces Démocratiques Syriennes, une coalition de forces progressistes et révolutionnaires, qui s’est battue pour faire naître un espace de liberté et de démocratie entre les blocs impérialistes.]

    Les bombardements ont commencé, frappant les civils comme les combattants et combattantes. Une nouvelle offensive du régime réactionnaire d’Ankara débute. Elle vise comme objectif de prendre le contrôle des plaines autour de l’Euphrate, ciblant particulièrement la grande ville de Racca. Elle vise également plus largement à s’emparer de tout le Rojava et de l’annexer à l’État turc.

    C’est la crainte d’un génocide, d’une épuration ethnique, qui plane sur le Rojava. L’État turc veut remodeler à sa guise la carte de la région, quitte à exterminer ceux qui s’opposent à son ordre.

    Cette guerre est d’une double nature :

    D’une part elle est géopolitique. Elle vise à étendre l’État turc, sa sphère d’influence, mais aussi à contribuer au dépeçage de la Syrie. Plus largement, elle s’inscrit dans une montée des tensions internationales entre les grandes puissances. Ce sont les sphères d’influence russes et occidentales qui sont redessinées. D’un côté comme de l’autre, on courtise le régime d’Erdogan pour le faire rentrer dans une orbite ou dans une autre.

    C’est également un test grandeur nature pour les nouveaux armements, une démonstration de forces entre géants militaires. Les armes d’une future troisième guerre mondiale connaissent, là-bas, leur banc d’essai.

    De l’autre, c’est une croisade idéologique qui est menée. Au Rojava, c’est une expérience d’une construction d’une société nouvelle qui est menée. Une effervescence démocratique s’est emparée des zones libérées de l’emprise du régime syrien, des forces djihadistes ou de Daesh. Et cette société nouvelle en gestation, cette lueur d’espoir, les réactionnaires veulent l’écraser pour qu’elle ne serve pas de modèle, d’inspiration. Il ne fait nul doute que l’armée turque court également vers les prisons où sont détenus les criminels de Daesh. Elle fait cela pour redonner vie à une nouvelle bête furieuse qui l’a déjà si bien épaulée.

    Cette inspiration, cet exemple a dépassé les frontières du Rojava ! Nous, comme la très large majorité de l’opinion publique de tous les pays belligérants, disons non à cette guerre !

    Sous la pression de ces opinions publiques, la quasi-totalité des pays du globe ont dénoncé cette guerre. Mais cette condamnation se paie uniquement de mots.

    L’offensive turque n’a pas pu être lancée sans l’aval des grandes puissances. Les USA ont ainsi reculé leurs troupes pour laisser le champ libre aux blindés turcs. Ni la Russie, ni l’Angleterre, ni l’Allemagne et certainement pas la France ne peuvent prétendre être surprises.

    Ces puissances traitent le Rojava comme un pion sur leur échiquier, le laissant se faire écraser.

    Mobilisons-nous ! Soyons solidaires ! Soutenons la juste lutte du Rojava !

    Nous n’oublions jamais que ce conflit n’est pas un conflit local ou régional. C’est un combat qui concerne l’intégralité de la planète. Partout où la liberté, où l’égalité recule, c’est une défaite pour l’humanité entière. Les méthodes employées par les régimes criminels qui oppriment les peuples ne leur sont pas réservées. Elles sont utilisées là-bas aujourd’hui, rien ne garantit qu’elles ne seront pas employées ici demain.

    Nous appelons à rejoindre les comités de soutien, à aider, politiquement, financièrement, ceux qui luttent contre la tyrannie d’Erdogan, ceux qui veulent un Rojava libre et démocratique !

    Nous appelons à manifester

    Rendez-vous samedi 12 octobre à 15h30 place Bellecour.

    Dénonçons l’agression turque contre le Rojava !

    Signataires à la date du 12/10/19 : Centre culturel Mésopotamie ; Union Communiste Libertaire – Lyon ; Unité Communiste de Lyon ; Eco défense ; Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste ; Jeune Garde Lyon

  • Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Offensive Turque contre les Forces Démocratiques Syriennes au Rojava

    Dimanche dernier, le président de l’État turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé une offensive contre le Rojava, état autonome contrôlé par les forces démocratiques syriennes, coalition politique et militaire de différentes forces dont la plus influente est le YPG/YPJ, bras militaire du PYD Kurde.

    Ce n’est pas une première, l’an dernier déjà, le régime fasciste turc a mené des opérations contre le canton d’Afrin, son objectif étant d’écraser le Rojava. En effet, cette zone représente tout ce que les réactionnaires turcs ont en horreur: l’autonomie des kurdes au bord de la frontière Turque, et des revendications politiques progressiste en contradiction avec les intérêts des fascistes turcs dans la région.

    Le Moyen-Orient est une véritable poudrière, et, depuis toujours, un champ de bataille où les puissances impérialistes se disputent les zones d’influence. La question du nord Syrien est dès lors un sujet épineux entre ces puissances. Les États-Unis ont apporté un soutien matériel aux FDS, afin de combattre Daech, et ont mis en place une zone de sécurité entre le Rojava et l’état Turc, en espérant créer une zone tampon. Cette zone militaire permet aux Américains de se rapprocher de l’ennemi principal des intérêts Américains du continent, l’état Iranien. Les FDS ont accepté cette alliance de circonstance comme aide matérielle bienvenue dans le combat contre les fascistes djihadistes, vu le risque de l’isolation totale face à Daech et aux Turcs, mais aussi comme moyen de pression sur l’état Syrien qui jongle dangereusement entre l’alliance de fait et l’opposition armée contre les FDS selon les circonstances tactiques de la guerre.

    L’état Turc, avancent leurs pions de manière à prendre le contrôle de cette région, pour taire la contestation au régime fasciste, et étendre leur influence, dans un projet de restauration de la suprématie Turque, dans un esprit digne des fascistes génocidaires Jön Türk. Les FDS doivent, pour les impérialistes, se soumettre et servir leurs intérêts sans conditions, ou être exterminés par les Turcs. Permettre la création d’une région autonome en Syrie, qui exporte des idéologies progressistes dans le continent, présente sur le long terme une grande menace pour les forces impérialistes.

    Erdogan représente un danger mortel, car il manie parfaitement les opérations de marketing géopolitique qui iront dans son sens avec l’accord tacite des impérialistes. Les fascistes Turcs courtisent les états-unis pour trouver un terrain d’entente qui livrera le Nord Syrien aux milices djihadistes et à l’armée Turque, conduisant les peuples de la région, Kurdes, Arabes, Assyriens, Yézidis, etc. à l’extermination pure et dure, et à la soumission aux néo-Ottomans.

    Assad, dans son jeu d’opportunisme réactionnaire et son lien fondamental avec les impérialistes Russes et Chinois, se présente comme un allié de circonstance potentiel qu’il ne faut pas négliger. Face aux Turcs et ses milices fascistes, l’état Syrien aura la responsabilité de joindre les opérations militaires avec les FDS pour créer une zone tampon contre les Turcs, au risque de vendre la Syrie aux djihadistes. Les Américains et les forces européennes n’hésiteront pas à livrer la Syrie au plus offrant tant que le montant des gains est suffisant, et Erdogan est leur partenaire le plus prometteur.

    Il est certains que nos camarades qui se battent sur place contre la barbarie fasciste, ainsi que les peuples du territoire Syrien auront à traverser encore bien des épreuves, nous, communistes, avons le devoir de soutenir les peuples opprimés, en combattant notre propre bourgeoisie, notre propre impérialisme, la France jouant un rôle important dans la déstabilisation de la région, l’héritage du protectorat français de Syrie est encore chaud dans l’esprit de nos bourreaux.

    Nous dénonçons la politique génocidaire du régime fasciste d’Erdogan, et nous dénonçons la volonté des impérialistes d’asservir les peuples du Moyen-Orient par l’outil formidable que représente pour eux les forces fascistes.

    Nous continuerons de soutenir nos camarades et les peuples opprimés, pour la libération totale et inconditionnelle des peuples face aux réactionnaires et aux impérialistes de tout bords.

    A bas le fascisme, à bas l’impérialisme !

  • Afrîne est tombée, mais la lutte continue !

    Afrîne est tombée – La lutte continue !

    Le 18 mars 2018, l’Armée Turque a déclaré qu’elle tenait le centre-ville d’Afrîne. Au bout de près de deux mois de combats acharnés, les immenses armées engagées contre les Forces Démocratiques Syriennes ont repoussé celles-ci.

    Les troupes du YPG / YPJ, ainsi que leurs alliés, ont choisi de céder la ville et de se replier. Au lieu de faire d’Afrîne un champ de ruine et un piège mortel, de choisir la guerre urbaine, elles ont décidé de protéger la population des bombardements et des massacres.  Accepter cela a exigé un courage hors du commun.

    Afrîne n’en est pas moins une ville occupée par les forces de la réaction. Après avoir connu la liberté, la cité martyr est entre les griffes des obscurantistes. Le premier acte des laquais de l’Etat Turc a été de faire la traque aux résistants et aux résistantes, puis de pulvériser les statues érigées par les kurdes, notamment, celle de Kawa, figure mythologique de leur histoire. Si l’armée Turque a officiellement annoncé qu’elle n’avait pas participé à la destruction de ce symbole, la volonté des mercenaire de l’ASL est claire : poursuivre le travail de Daesh.

    Les craintes concernant un nettoyage ethnique et religieux de la région se basent sur une réalité.

    La volonté de la Turquie est ni plus ni moins que de soumettre à l’esclavage les Kurdes, ne nier tout droit à leur existence, et d’écraser celle-ci, par les méthodes terroristes, l’assassinat, l’enfer carcéral.

    Afrîne a été trahie !

    La combat émancipateur des Kurdes a été trahi par ses prétendus amis, qui ne l’ont, au final, jamais été. Les forces combattantes Kurdes ont été sacrifiées sur l’autel des intérêts géopolitiques et économiques.

    L’occident a toléré l’existence de cet espace de liberté, dans la mesure où les Kurdes sont le fer de lance de la lutte contre Daesh. Dans ce cadre, ils ont fait mine d’être leurs alliés, leurs amis, jusqu’au moment où les intérêts ont divergé.

    La Russie et le gouvernement de Bachar Al-Assad ont toléré les Kurdes, car ceux-ci étaient aux prise avec les fascistes de l’ASL et l’Etat Turc, géopolitiquement hostile à la Syrie. Le modus vivendi trouvé a tenu jusqu’au moment où le temps est venu du partage des lambeaux de la Syrie avec l’Etat Turc.

    Macron ; Merkel ; Trump ; Poutine… tous courtisent Erdogan, tous sont prêt à le laisser génocider, tant qu’il est possible d’en tirer quelque chose. Les lettres d’amour au peuple Kurde n’étaient que des déclarations de façade, permettant de prétendre que les uns et les autres soutenaient les « gentils », tout en travaillant à leur mort.

    Même au sein des organisations progressistes et révolutionnaires de France cette situation se retrouve ! Combien soutiennent hypocritement les forces combattantes Kurdes, tout en marchant avec l’ASL ou avec les laquais du régime d’Assad ? Nous laissons ces groupes à double-visage seuls face à leur conscience souillée.

    Combien, à l’inverse, ont brandi l’étendard de la pureté révolutionnaire, de la blancheur immaculée, pour trouver mille et une raison de ne rien dire, de ne rien faire, de laisser la mort frapper ? Nous pouvons avoir des désaccords, avoir une perception différente du programme politique que celle du PYD, des YPG-YPJ, mais ces critiques sont des critiques de camarades à camarades. Lorsqu’elles servent à ne pas soutenir, elles sont des déclarations d’hostilité.

    Malgré les rêves d’Erdogan, malgré les souhaits des impérialistes, malgré les désirs secrets de celles et ceux qui soutiennent à moitié les Kurdes, la lutte n’est pas finie.

    Le combat contre tout un peuple que mène l’Etat Turc et ses sbires ne peut triompher. L’oppression, l’exploitation, appelle à la résistance chaque fois plus ferme et chaque fois plus forte. Les coups de marteau sur le peuple Kurde et sur ses organisations progressistes ne font que les rendre plus dures, plus solides, plus liées avec les masses.

    Le retour à la guérilla rurale est un recul, certes, mais un recul qui, dans cette immense bataille des peuples, des classes, contre les exploiteurs et les bourreaux, n’est que temporaire. Les causes qui font que cette lutte existe sont toujours là. Et tant qu’elles seront là, de nouveaux hommes, de nouvelles femmes, rejoindrons les rangs de la résistance et de la lutte.

    Afrîne est toujours vivante ! Elle a besoin de nous !

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre et à accroître les campagnes de solidarité avec Afrîne, avec le Kurdistan, avec les forces progressistes et révolutionnaires du monde entier.

    En ce jour de Newroz, ce jour de l’an Kurde, soyons dans la rue avec nos camarades, soyons là pour les soutenir et leur offrir une solidarité concrète et anti-impérialiste !

    Afrîne vivra ! Afrîne vaincra !

  • A Afrîne, c’est l’humanité qu’on assassine !

    A Afrîne, c’est l’humanité qu’on assassine !

    A Afrîne, c’est l’Humanité qu’on assassine !

    Afrîne est en passe d’être encerclée.

    Après une longue période de stagnation, en face d’une résistance héroïque, les troupes turques et leurs supplétifs -mercenaires, assassins et djihadistes- sont parvenus à percer. Afrîne vit désormais un état de siège. La ville est le refuge de milliers de civils, fuyant les bombardements, les chars, les meurtriers de la seconde armée de l’OTAN.

    Les YPG / YPJ et leurs alliés, ainsi que les volontaires des bataillons internationaux, tiennent leur rôle jusqu’au bout. Mais l’impitoyable machine mathématique ne laisse guère entrevoir d’espoir : que peuvent 15 000 combattants et combattantes des armées populaires, encerclées, contre les bombardiers, les chasseurs, les blindés, l’artillerie lourde, les gaz de combat ?

    Les Forces Démocratiques Syriennes et le peuple Kurde ont été trahies !

    Par l’occident, dont la France, qui les ont encensés lors de leurs combats contre Daesh -allié objectif de la Turquie. Hier, les portraits des combattants et des combattants kurdes étaient dans tous les magazines, dans tous les journaux. Aujourd’hui, pour satisfaire les ambitions de l’ami Erdogan, l’occident livre sans sourciller les kurdes à leur bourreaux.

    Par la Russie et par Damas. La promesse d’une aide, extorquée en échange d’un renoncement à l’indépendance du Rojava (Le Kurdistan Syrien) ne s’est pas concrétisée par le moindre acte réel. Soucieux de plaire au maître d’Ankara, Poutine accepte de céder une partie de la Syrie, en échange d’une plus grande proximité géopolitique avec le pays vacillant qu’est l’Etat Turc.

    Ces actes illustrent un fait essentiel, crucial : les grandes puissances géopolitiques ne considèrent leurs alliés que comme des pions, comme des mouchoirs jetables, comme des agents qu’elles utilisent puis abandonnent. Les « démocraties » regardent sans mot dire le massacre qui se prépare.

    Pour des enjeux géopolitiques ou économiques, on laisse l’armée Turque massacrer. Dans cette affaire, notre impérialisme, celui de la France, n’est pas neutre, il soutient activement Erdogan, par des partenariats économiques, par l’exploitation conjointe des masses populaires turques, par un soutien politique sans faille.

    L’Etat français impose le silence. Les médias sont muets. Afrîne meurt dans l’obscurité d’une nuit sans fin.

    L’Unité Communiste de Lyon, membre des Amis de l’ICOR en France, appelle à la solidarité concrète avec le peuple Kurde, avec ses organisations de combat et ses alliés. L’ICOR est la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires, rassemblant 49 partis et organisations sur 4 continents. Fin 2014 l’ICOR a conclu un pacte de solidarité avec la lutte de libération kurde. Nous appelons à le concrétiser !

    Nous appelons à soutenir financièrement et politiquement les campagnes de solidarité envers les forces combattantes, mais également en faveur de la reconstruction du Rojava encore libre. La Campagne de Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava, dans le but de fournir une assistance médicale aux forces combattant contre la réaction, l’impérialisme et le fascisme.

    Le 21 mars -nouvel an Kurde ou Newroz– l’ICOR appelle à une journée de mobilisation en solidarité avec le peuple Kurde. L’Unité Communiste de Lyon appelle les organisations et les individus qui désirent participer à ce mouvement de solidarité, à le renforcer, à le développer, à nous contacter pour donner à cet événement l’ampleur qu’il mérite.

    Ce 21 mars doit être une démonstration de force et de solidarité envers nos camarades qui luttent et tombent pour la Liberté, pour l’Egalité, pour la Révolution !

    Aujourd’hui, l’Unité Communiste de Lyon appelle à participer à la manifestation de solidarité, à 15 h 00, place Bellecour. Soyons nombreux et nombreuses à répondre à cet appel !

    Par notre engagement et notre solidarité, nous contribuons à défaire les menées des impérialistes et de leurs agents fascistes et réactionnaires.

    Vive la lutte internationale des peuples ! Vive la lutte anti-impérialiste !

  • Déclaration de l’ICOR concernant l’agression militaire de la Turquie à Afrin.

    Déclaration de l’ICOR concernant l’agression militaire de la Turquie à Afrin.

    En tant que membre des Amis de l’ICOR, l’Unité Communiste de Lyon retransmet les déclarations de l’ICOR concernant les questions internationales.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle, par ailleurs, à rejoindre les manifestations de soutien à la cause des combattants et combattantes Kurdes.

    Stoppez la guerre d’agression fasciste contre le Rojava / Syrie du Nord! Afrin vivra!

    Le 20 janvier 2018, le régime fasciste Erdogan a ouvert un nouveau front de guerre contre Afrin et de nombreux endroits à Rojava-Nord de la Syrie. Ceci fait apparaître un nouveau foyer de guerre au rayonnement mondial.

    La résolution finale de la 3e Conférence mondiale de l’ICOR affirmait:

    « Nous soutenons le mouvement de libération kurde contre les aspirations de l’impérialisme à influencer l’orientation de la révolution au Rojava, et nous continuerons à faire vivre le pacte de solidarité entre l’ICOR et la lutte de libération kurde ».

    Les FDS (Forces Démocratiques Syriennes dans lesquelles les forces kurdes jouent le rôle dirigeant) avaient infligé de lourds coups à « l’État islamique » réactionnaire-fondamentaliste fasciste à Kobané et à Raqqa. Aujourd’hui, les contradictions inter-impérialistes se déploient autour de la répartition des sphères d’influence. Les États-Unis, l’UE, Israël, la Russie et aussi la Turquie, l’Iran et l’Arabie Saoudite se battent pour la suprématie au Proche et Moyen-Orient.

    Le but de la Turquie est d’établir un corridor frontalier large de 30 kilomètres à travers le Rojava. Cela mettrait toutes les grandes villes, là-bas, sous leur contrôle.  Derrière la Turquie se trouve l’alliance de l’OTAN. Les impérialistes américains ont annoncé à l’avance qu’ils n’étaient « pas présents à Afrin ». Mais l’attaque a été rendue possible aussi par la Russie, puissance protectrice du régime d’Assad, en retirant sa puissance militaire à 17 km de la frontière turque. Cette attaque, la tentative d’occuper Afrin et des massacres parmi la population, sont dénommées cyniquement « Opération branche d’olivier  » par l’État fasciste turque. Il collabore à ce propos avec des milices de l’ASL (« Armée syrienne libre », armée surtout par la Turquie et aussi par l’alliance de l’ouest).

    En même temps, cette attaque en est aussi une contre la classe ouvrière internationale et tous les opprimés ! Dans le monde entier, Rojava représente la lutte victorieuse contre l’EI (« État islamique »), pour la démocratie et la liberté, les droits des femmes, la protection de l’environnement, le respect de toutes les ethnies et religions. Un soutien à la lutte contre l’invasion turque est aussi fourni par les populations arabe et turkmène.Comme si souvent dans l’histoire, la nation kurde est laissée seule par les impérialismes qui se prétendent être « amis ». La limite de «l’amitié» des impérialistes est toujours déterminée par leurs propres intérêts. Les alliés de la lutte pour la liberté, la démocratie et le socialisme sont les simples gens, le mouvement ouvrier international et les peuples du monde.

    Avec la 3ème Conférence mondiale, l’ICOR s’est préparée à des ébranlements inattendus et à un essor des luttes. Avec prévoyance, elle voyait le renforcement de la lutte kurde ainsi que la nouvelle flambée de la lutte pour la liberté et la démocratie dans la région avec les protestations de masse en Iran et la rébellion nationale en Tunisie, les luttes en Palestine.

    Le Pacte de solidarité de l’ICOR avec la lutte de libération kurde de 2014 gagne en influence et en importance. Le principe de l’ICOR est qu’aucune lutte de libération ne doit être seule et isolée. La coopération et la coordination mondiales des luttes pour la paix, la liberté, le socialisme dans la préparation de la révolution socialiste internationale est à l’ordre du jour. Toute lutte progressiste doit faire partie de la lutte anti-impérialiste mondiale et pour la construction d’un front uni anti-impérialiste. À cette fin, l’ICOR a décidé de mener un travail de conscientisation parmi la classe ouvrière et les marges masses sur le caractère de l’impérialisme et sur son développement actuel.

    31/01/2018

    Par conséquent: Organisez et soutenez des actions de protestation et de solidarité dans le monde entier!

    Battez les pattes d’Afrin! La Turquie hors du Rojava! Tous les impérialistes hors de Syrie!

    Arrêt des livraisons d’armes et du soutien militaire de la Turquie!

    Arrêt de la persécution politique des activités démocratiques et révolutionnaire kurdes et turques sur l’ordre de la dictature d’Erdogan!

    Vive l’internationalisme prolétarien!

    Pour la paix, la liberté, le socialisme! En avant avec l’ICOR!

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous!

    Signataires (en date du 31/01/2018, d’autres signataires sont possibles):

    1. RCP   Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2. MMLPL   Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    3. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    4. MLOA   Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    5. CPB   Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    6. CPI (ML) Red Star   Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    7. NDMLP   New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    8. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    9. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    10. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    11. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    12. MLP   Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie

    13. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    14. TIKB   Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)

    15. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    16. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine

    17. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)

    18. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine

    19. PCC-M   Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    20. PC (ML)   Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    21. NPCH (ML)   Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    22. PCP (independiente)   Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    23. PML del Perú   Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    24. PPP   Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    25. PS-GdT   Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

    26. Krasnyj Klin   Gruppa Kommunistov-Revoljucionerov „Krasnyj Klin“ (Groupe de révolutionnaires communistes « Krasnyj Klin »  [coin rouge]), Bélarus

    27. CPSA (ML)   Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    28. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque (signé après la date de sortie)

  • Afrin tiendra, Afrin gagnera !

    Afrin tiendra, Afrin gagnera !

    Afrin tiendra, Afrin gagnera !

    Hier, l’Unité Communiste de Lyon était présente à la manifestation en solidarité avec Afrin et les forces Kurdes, face à l’agression perfide et criminelle orchestrée par la Turquie et ses alliés djihadistes. Afrin, prise entre le marteau fasciste et l’enclume impérialiste, résiste toujours, se bat toujours ! La force du peuple n’est pas aisément brisée par les bandits et les criminels. Les YPG/YPJ combattent toujours, et coûtent aux fascistes de lourdes pertes.

    Nous avons pris la parole lors de cette manifestation, pour exprimer notre solidarité avec celles et ceux qui subissent les bombardements et l’invasion sanglante. L’opération militaire menée contre l’enclave, avec la complicité passive de la Russie et de l’occident, rentre dans le cadre d’une phase de dépeçage de la Syrie, dépeçage dans lequel la Turquie souhaite absorber le Rojava, et l’intégrer à son Etat, à cette prison des peuples.

     Mais nous voulions également nous adresser à celles et ceux qui, ici, ont eu l’esprit empoisonné par la propagande de l’Etat français en faveur de l’ASL, mais également par celle des pseudo-amis du peuple que prétendent être la Russie et son laquais Bachar Al-Assad.

    Enfin, nous voulions nous adresser aux fascistes turcs, venus clamer leur amour pour Erdogan, leur soutient à l’agression et aux crimes de guerres. Ces braves guerriers, à Lyon, n’en ont pas moins détalé devant les mobilisés, après une tentative honteuse de provocation.

    Pourquoi nous-sommes nous adressés à eux et elles ?

    Depuis le début de la guerre en Syrie, un mélange d’ignorance et d’opportunisme règne. Intoxiqués, certains ont cru les mensonges sur la nature de l’Armée Syrienne Libre, sur son caractère fondamentalement réactionnaire et obscurantiste, sur son rôle de laquais de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de l’occident.

     Beaucoup, aveuglés par une fausse association URSS / Russie, ont opté pour un soutien au régime de Bachar Al-Assad, à l’Iran, à la Russie, mordant ainsi à pleine dents dans les fausses-promesses des agences de propagande réactionnaire que sont Russia Today et Sputnik. Le campisme fait toujours des ravages.

    Cette ignorance est pardonnable. Mais ce qui ne l’est pas est le double jeu de certains, de certaines, qui soutiennent les Kurdes et les Forces Démocratiques Syriennes par opportunisme, par effet de mode. Qui travaillent sur deux fronts sans la moindre vergogne, en toute connaissance de cause, et qui un jour sont sous les drapeaux de l’ASL et de la Turquie, et le lendemain sous ceux de Partizan, du PKK, du MLKP. Nous nous sommes adressés à eux, en compagnie d’autres organisations, pour leur demander de comprendre que cela n’est pas possible, qu’il faut choisir.

    Il est possible d’être critique, mais dans le débat entre camarades, pas dans le soutien aux forces qui écrasent, qui égorgent, qui pillent, violent et tuent.

    L’attaque sur Afrin les a forcé à choisir.

    Quant aux fascistes turcs, ils suivent aveuglement Erdogan, débordant d’un orgueil honteux de celui qui voit ses bombes faucher enfants et vieillards dans les rues de villes martyrs. Ils le suivent aveuglement car ils sont persuadés que la Turquie sera gagnante dans cette guerre. Que des massacres ressortira une Turquie affermie, plus grande, plus puissante, plus libre.

    Erdogan lui-même doit partager, dans une certaine mesure, cette illusion, cette croyance que cette opération lui permettra d’affirmer son Etat comme une puissance régionale, comme un acteur incontournable.

    Ni l’un ni l’autre ne se rendent compte qu’ils ne sont, au final, que des petites marionnettes dans un jeu de dupe, dans un jeu dans lequel ils seront absolument tous perdants. En fait de grandeur, la Turquie ne sert que de valet, de serviteur, de laquais, aux grandes puissances impérialistes, qui jouent là le partage du monde. Elle est une variable d’ajustement, un pion, qui sert à la Russie, aux USA, à la France, pour définir la carte du monde.

    En fait de nationalisme, ces fascistes ne font qu’œuvrer à mettre en esclavage leur Etat. En fait de grandeur, ils seront par la suite utilisés comme paillasson par les autres puissances. En fait de gain, ils ne contribuent qu’a se soumettre, qu’a agir en parfaite chair à canon pour le compte de leurs maîtres. Aujourd’hui, le monde les courtise. Demain ils seront partagés eux aussi, réduits en miettes, balayés, hachés menus et massacrés.

    Car telle est l’inéluctable logique de la guerre impérialiste, car telle est l’inéluctable nature de la situation actuelle. Les impérialistes n’ont pas de fidélité ni d’honneur. Hier, ce furent les Kurdes qui furent trahis par leurs alliés de la veille, demain, qui sait ce qu’il en sera de la patrie que les fascistes prétendent défendre ?

    Ces « nationalistes » devraient plutôt brûler leur drapeau que de le brandir, cela serait plus cohérent. Car ils travaillent pour les bourreaux du peuple turc, qui sont également les bourreaux du peuple Kurde. Erdogan est un valet qui se donne des airs de seigneur. Mais il travaille  contre son peuple, contre les masses populaires de l’Etat truc, contre ceux qui souffrent, qui sont exploités et opprimés.

    Si les « nationalistes » turcs étaient cohérents, ils jetteraient à bas le drapeau de l’oppression. Erdogan est l’ennemi des Turcs, des Turques, des Kurdes. Il est l’ennemi des classes populaires de ces deux nations. Ses serviteurs fascistes sont tout autant les ennemis de ces deux peuples, et ne conduisent qu’à la ruine et à la misère.

    Les barricades ont ceci de fantastique qu’elles n’ont que deux côtés. Et celui que prennent les « nationalistes » turcs est celui de l’esclavage, celui de la servilité auprès des grandes puissances impérialistes, celui d’un valet qui brûle de bien agir pour être récompensé par son maître.

    Celui des Turcs révolutionnaires, celui des organisations de lutte Kurde, celui des forces progressistes et des forces communistes, est le seul camp de la liberté, le seul camp de la défense des peuples, le seul camp de la justice, de la paix et de la prospérité pour tous ceux et celles qui souffrent dans la longue nuit de l’impérialisme.

    Les agents de l’impérialisme échoueront devant la ferme résolution des combattants et des combattantes d’Afrin, du Rojava, des FDS, des organisations révolutionnaires. Car la force du peuple ne peut être muselée par les chaînes, elle triomphera toujours !

    Vive les forces combattantes ! Vive la lutte anti-impérialiste et antifasciste !

    Vive la lutte révolutionnaire !

    Nous adjoignons à ce message la déclaration des Amis de l’ICOR concernant la situation d’Afrin.

    les Amis de l’ICOR déclarent avec le message de solidarité ci-dessous leur entière solidarité et leur soutien à la lutte internationale contre l’agression de la part de la Turquie contre Afrin et Rojava !

    Amis de l’ICOR – France24 janvier 2018

    Message de solidarité avec la lutte de libération du peuple kurde :

    Le 20 janvier 2018, le régime fasciste turc d’Erdogan vient d’ouvrir un nouveau front de guerre dans le nord de la Syrie. Après la victoire sur Daesh, remportée surtout par les femmes et les hommes des forces d’autodéfense du peuple YPJ/YPG et ses alliés arabes des Forces Démocratiques de Syrie, les différentes puissances impérialistes veulent se partager la Syrie entre elles.

    Cela ouvre une nouvelle phase dans cette guerre et crée une nouvelle zone de combat militaire mettant encore plus en danger la paix mondiale.

     L’acte agressif de la Turquie vient avec la bénédiction de l’impérialisme américain, de l’OTAN et du régime russe de Poutine. Le gouvernement français est un proche allié du régime d’Erdogan, qui a été reçu tout récemment par Macron. Nous savons d’expérience qu’aucun pouvoir impérialiste n’est et n’a jamais été un allié honnête des justes luttes de libération. Les seuls vrais alliés se trouvent dans le prolétariat international et chez les peuples du monde qui luttent pour la liberté, la démocratie et le véritable socialisme.

    Les Amis de l’ICOR en France se dresseront contre toute agression impérialiste en Syrie. Nous continuerons à soutenir la lutte de libération kurde dans le cadre du Pacte de solidarité passé avec l’ICOR

    Les amis d’ICOR se joignent à la protestation mondiale et à la résistance active contre l’agression fasciste :

    Stoppons la guerre d’agression fasciste de la Turquie contre Afrin et Rojava au Nord de la Syrie!

    Soutien à la lutte de libération du peuple kurde et de tous les peuples opprimés !

    Combattons ensemble l’impérialisme. Pour le socialisme révolutionnaire !

  • A l’intention des camarades Kurdes de Lyon et d’ailleurs.

    A l’intention des camarades Kurdes de Lyon et d’ailleurs.

    A l’intention des camarades Kurdes de Lyon et d’ailleurs.

    Aujourd’hui, l’Unité Communiste de Lyon était présente à l’anniversaire organisé par les camarades Kurdes de la région lyonnaise, pour célébrer un anniversaire de plus de lutte, de combat, de victoires et de deuils. Tenu a Vénissieux, dans la salle Joliot-Curie, cet anniversaire de la fondation du PKK est un événement qui nous paraît important de célébrer. Nous ne partageons pas intégralement le contenu et le programme politique du Parti des Travailleurs du Kurdistan.  La question du confédéralisme démocratique, défendu notamment par le camarade Öcalan, est un débat qui est nécessaire d’être mené, à nos yeux. Mais cela ne nous empêche pas de juger qu’il est important, essentiel même, de lutter contre sa criminalisation, contre la répression qu’il subit, et de soutenir la cause qu’il défend. Cela ne nous empêche pas de pleurer, nous aussi, les membres du PKK qui tombent sous les balles des fascistes. Nous accordons une place importante à la solidarité internationale, ce qui justifie notre présence.

    Nous voulions transmettre le message suivant à nos camarades Kurdes, qui nous ont invité, pour les remercier et pour donner notre point de vue général.

    Au nom de l’Unité Communiste de Lyon, nous remercions nos camarades révolutionnaires de nous avoir invité à cet anniversaire. C’est pour nous, un aspect important de la lutte contre l’impérialisme et contre la réaction mondiale que de démontrer que la solidarité internationale n’est pas un mot creux.

    Nous saluons la lutte exemplaire, pour la liberté, pour l’égalité, pour l’indépendance que mènent les camarades Kurdes et leurs alliés politiques. Le combat pour Kobané ouvre une nouvelle page d’histoire de la lutte des peuples contre l’oppression et l’obscurantisme.

    Dans le combat contre le régime fasciste d’Erdogan, contre ses agents et ses serviteurs, les forces Kurdes et leurs alliés, unis en front commun, combattent toujours. « Comment un tel miracle est possible ? » se demandent les réactionnaires et les exploiteurs.

    Ce miracle est possible, car on ne peut détruire le peuple, on ne peut extirper la révolte des opprimés. On ne peut contenir indéfiniment la colère légitime, qui balaie tous les ennemis, tous les exploiteurs, qui les écrase et les annihile.

    L’expérience de la lutte au Kurdistan comme dans les zones où rayonne la guérilla, cette lutte pour la liberté, est un enseignement riche pour toutes et tous, organisations comme individus. Elle est une illustration concrète des principes révolutionnaires. Elle est une illustration, dans les espaces contrôlés par les armées populaires, dans les espaces libérés de l’emprise de l’impérialisme de  ce que peuvent faire les masses populaires.

    La liberté pour les opprimés et les dominés. La lutte contre l’obscurantisme, contre les discriminations faites aux femmes, contre l’exploitation capitaliste, contre la surexploitation impérialiste. Seules les masses, seuls les forces populaires peuvent apporter une réponse à ces questions.

    Ce que nous illustre la lutte des camarades est un aspect essentiel, fondamental. Elle est une nouvelle démonstration de ce que représente le chemin vers la Liberté.  Comment celle-ci l se conquiert et -surtout- se défend.

    Les lois, les votes, les textes ne font pas reculer les manigances des impérialistes et des oppresseurs. Seul l’autodéfense populaire le permet. La bourgeoisie, les exploiteurs, ne reculent devant aucun crime pour imposer leur loi. Comme l’indique le chant « l’Internationale » « L’Etat opprime et la Loi triche. »

    La bourgeoisie, qui impose sa loi, n’hésite pas à la transgresser si celle-ci l’entrave un tant soit peu.

    La lutte des camarades Kurdes et de leurs alliés brise les illusions des réformistes, elle brise les illusions vers le fait que les impérialistes acceptent la victoire du peuple sans sourciller.

    Elle brise le mythe de la démocratie bourgeoise, et par là même, fait entrer en scène celle du peuple.

    La seule chose qui fait reculer la bourgeoisie et les impérialiste est la défaite pure et simple. Elle est la défaite par la mobilisation des travailleurs, des travailleuses, des opprimés. La bourgeoisie ne courbe l’échine que devant une seule chose, devant la force populaire, organisée, rigoureuse, dirigée par un Parti Révolutionnaire capable de mener les masses à la victoire.

    Dans les pays dominés, dans les pays opprimés, comme dans les pays impérialistes, une seule voie amène à la victoire, celle de la révolution !

    Vive la lutte anti-impérialiste, vive la lutte révolutionnaire ! 

  • Biji Kurdistan !

    Biji Kurdistan !

    Victoire du référendum pour d’indépendance du Kurdistan Irakien

    Le 27 septembre dernier ont été annoncés les résultats définitifs du référendum qui s’est tenu dans la région autonome du Kurdistan d’Irak, et questionnant les kurdes sur leur volonté d’indépendance. Le résultat parle de lui même, sur 3 305 952 votants (72% de participants), 92,73% ont voté en faveur du oui contre 7,27% de non. Un véritable cri de victoire a retenti au sein du peuple kurde, une victoire sur le papier, pour le moment, mais non encore transcrite dans les faits.

    Si le résultat de ce référendum est une véritable onde de choc dans le Moyen-Orient et dans le monde, le combat pour l’indépandance et l’unification n’est pas terminé pour autant. Le Kurdistan Irakien n’est pas au bout de ses peines, et sa direction politique ne lui facilite pas la tâche. Cette part du Kurdistan est jusqu’ici province de l’État irakien,, bien que bénéficiant d’une certaine autonomie. Elle est dirigée par une clique ambiguë, mi-bourgeoisie compradore, mi-appels à l’indépendance.Le le chef de file de celle-ci est l’héritier d’une lignée de seigneurs féodaux, Massoud Barzani. Barzani, au cours des dernières années, ne s’est guère montré un allié fiable pour ses frères et sœurs. Ainsi, ses forces combattantes, les Peshmergas, on eu un rôle plus que douteux dans la guerre. Ils ont cédé sans combattre le terrain à Daesh, mais, en revanchen s’en sont déjà pris aux YPG dans le Rojava, jouant un rôle d’allié objectif des Turcs dans le secteur.

    Par ailleurs, le président du Kurdistan irakien a déclaré, suite à la victoire du oui, que celle-ci n’impliquerait pas une déclaration d’indépendance immédiate, laquelle ne serait effective qu’après négociation avec Bagdad. Une rétractation qui ne surprend guère, pour un représentant d’un parti qui s’est montré, à de nombreuses reprises, empêtré dans un jeu de double-face. N’oublions, pas en effet, que la lutte concrète contre l’impérialisme, contre le fasciste Erdogan et ses alliés et contre les obscurantistes de Daesh, s’est passée de l’appui de Barzani. Elle est menée depuis le début par les troupes du PKK, par les forces révolutionnaires kurdes et les troupes du TKP/ML – TIKKO. Plus qu’une volonté d’indépendance, c’est un projet de société, d’égalité et de justice qui est porté par ces organisations. Il s’agit du projet que nous soutenons.

    La volonté de Barzani d’obtenir l’indépendance par la négociation, en plus de trahir volonté populaire des Kurdes, est le reflet d’un réalité dramatique. Aucune des forces présentes dans la région ne souhaite entendre parler d’un Kurdistan indépendant. En Irak, Bagdad a d’ores et déjà réclamé le contrôle sur les aéroports. Dans la théocratie voisine, près d’une centaine de militants et militantes kurdes ont été arrêtées depuis lundi pour avoir osé exprimer leur soutien à la victoire du oui. Jeudi dernier, Binali Yildirim, le bras droit de Erdogan, a demandé la tenue d’un sommet Ankara-Téhéran-Bagdad, pour coordonner les actions contre la partition irakienne et contre la guérilla. Trois pays dont les antagonismes restent vivaces -gardons en mémoire le conflit meurtrier Iran/Irak entre 1980 et 1988- tombent soudain d’accord sur cette pierre d’achoppement qui réunit les ennemis d’hier : pas d’Etat pour les kurdes.

    Le risque d’une croisade antikurde est fort. Le camouflet que représente le référendum passe pour une véritable provocation, une véritable défiance face aux frontières héritées du démantellement de l’Empire Ottoma.

    Face à la menace, la réponse des Kurdes est invariablement la même, la résistance populaire. Ainsi, les forces présentes dans le Rojava ont déjà annoncé qu’elles interviendraient en Irak en cas de conflit ouvert. Face à ses bourreaux, le peuple kurde continuera de mener son combat exemplaire, jusqu’à la victoire finale.

    Nous, communistes, soutenons inconditionnellement la lutte héroïque du peuple kurde. Nous soutenons les organisations révolutionnaires qui, chaque jour, œuvre non seulement pour la liberté et la justice, mais aussi, contre la réaction, le fascisme, l’obscurantisme et l’impérialisme.

    Cette victoire du référendum, et l’opposition qu’elle sucite, ne peut que faire écho à la situation qui se profile en Catalogne. Les volontés populaires sont systématiquement broyées, bannies, et écrasées quant elle vont à l’encontre des interêts des bourgeoisie.

    Vive la lutte de libération nationale et vive le Kurdistan libre, indépendant et unifié ! Halte aux menées des réactionnaires et aux trahisons !

  • Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Hommage au martyr Nubar Ozanyan. Assassiné par les fascistes !

    Le 14 août, les communistes du monde entier se sont vu arracher un camarade, un frère d’armes. Un combattant du front militaire comme du front théorique.

    La camarade Nubar Ozanyan, plus connu sous son pseudonyme de commandant Orhan, est en effet tombé au Rojava, sous les balles de l’organisation fasciste-obscurantiste Daesh. Nul doute que cet assassinat doit remplir d’aise les fascistes turcs comme les fascistes-obscurantistes de Daesh. Pour eux, un implacable ennemi est tombé.

    Membre depuis 40 ans du Parti Communiste de Turquie/ Marxiste-Léniniste, commandant aguerri de la branche armée du parti, la Tikko (Armée ouvrière et paysanne de libération de la Turquie), le camarade Ozanyan laisse un grand vide, après une vie vouée à la lutte révolutionnaire, à l’éducation politique, et à la formation militaire des jeunes recrues qui combattent notamment dans le Rojava aujourd’hui.

    Mais, comme le chante le « chant de la Libération », aussi nommé « chant des partisans », « Ami, si tu tombe, un ami sort de l’ombre à ta place. » Nul doute que les jeunes cadres, les jeunes combattants et combattantes poursuivront sa lutte, poursuivront son combat.

    Nubar Ozanyan  est d’origine arménienne, né dans la Turquie kemaliste, laquelle s’est vouée à détruire tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre de la « révolution » du « père des turcs ». Il lutta, avec bravoure et humilité, partout où le système capitaliste pourrissant, et où l’impérialisme semaient la mort. En Turquie, en Palestine, au Karabakh, en Arménie ou encore au Kurdistan, le commandant Orhan se battait du côté des opprimés, prouvant aux bourgeoisies impérialistes et compradores que désormais, elles ne connaîtraient plus que des revers, jusqu’à la victoire totale du camp du peuple.

    L’Unité communiste de Lyon se joint à la tristesse des camarades du TKP/ML, et des révolutionnaires du Rojava. Mais si l’homme est mortel, les idées de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao, et Ibrahim Kaypakkaya , pour lesquelles Nubar Ozanyan a donné sa vie, ne le sont pas ! L’idéologie qui permet la libération des masses populaires est une hydre qui sans-cesse renaît, car, chaque jours, les capitalistes et les impérialistes dressent les masses populaires contre eux. Chaque jour, ils creusent leur propres tombes.

     Contrairement à ce que prétend la bourgeoisie, via son monopole médiatique, et via les relais de propagande de leurs éducations nationales, la flamme du communisme n’est pas éteinte ! Elle ne le sera jamais.

    Dans l’Etat turc et dans le Rojava, le TKP/ML mène la lutte aux côtés des kurdes du PKK, du PYD, du YPG et des YPJ , contre le fasciste Erdogan, et ses pions obscurantistes ; en Inde, la rébellions naxalite contrôle des régions entières où sont tenus en échec les capitalistes et leurs milices sanguinaires ; aux Philippines, la lutte de la Nouvelle armée populaire avance, malgré les oscillations et les trahisons des bourgeois, lesquels soutiennent le boucher Duterte ; au Pérou, la pensée du président Gonzalo guide encore ceux qui sont épris de liberté, et de justice.

    Partout où l’oppression sévit, les masses s’organisent et ripostent !

    Dans l’État français, le mouvement communiste, toujours divisé doit tourner ses yeux vers ces exemples. Nous devons nous inspirer de l’exemple du commandant Orhan, de son combat, de sa rigueur, de son humilité.

    Rassemblons nous, organisons nous, formons nous, ressuscitons le Parti communiste de la classe ouvrière, reformons le camps du peuple ! Le meilleur hommage à ceux qui sont tombés est de poursuivre leur combat, et de le mener à son terme !

    En Turquie, dans le Rojava, comme partout à travers le monde, les martyrs de la révolution nous regardent !

    Honorons les !