Étiquette : PCF(mlm)

  • La bataille de l’histoire. IX et fin.

    La bataille de l’histoire. IX et fin.

    Nous nous battons pour des intérêts supérieurs.

    Un des passages les plus importants du manifeste est celui-ci :

    « Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

    Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

    Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat.

    2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. »

    Cela doit former un guide constant pour les objectifs premiers d’une organisation politique communiste. Nous faisons régulièrement face à des conflits entre sectes, parfois pour un terrain, parfois pour un individu, parfois pour le prestige. Or, l’expérience démontre que les guerres de repartage entre organisations militantes sont des jeux à sommes négatives. Elles contribuent à épuiser, à dégoûter et à faire fuir les militants et les militantes. Nous avons donc intérêt à rallier par une politique unitaire et une politique de paix. Les organisations mènent parfois des campagnes liquidatrices pour agrandir leurs forces, mais, chemin faisant, elles sèment des dégâts terribles. Dans un conflit liquidateur mené entre deux forces, caricaturalement, sur 10 personnes, 4 abandonnent. Nous même avons pu voir les pertes que le scissionnisme cause.

    Certains vont même jusqu’à pratiquer le « lessivage », en détruisant absolument tout sur leur passage dans le but d’arracher un ou deux membres supplémentaires. Nous devons faire autrement, mais, surtout, mieux. Nous Devons être unitaires et considérer les choses sous l’angle du front unique, au sein duquel il est possible de rassembler les forces unitaires et loyales tandis que seront progressivement isolés – de leur propre fait, par leur propre action – les opportunistes, les profiteurs, les sectaires. Nous devons collaborer avec toutes les forces qui possèdent une stratégie qui ne soit pas contradictoire et antagonique avec la nôtre à moyen – long terme. Cela implique d’ailleurs des organisations qui ne sont pas communistes et qui ne sont pas objectivement anticommunistes1 Nous considérons qu’il faut non seulement être à l’initiative constante des politiques de rassemblement et d’unité, mais également faire en sorte que celles-ci se caractérisent par leur politique de la porte ouverte en n’excluant aucune force sur les a priori, dans la mesure où elles respectent des principes élémentaires de coopération. Les liens de travail ont tous pour objectif d’accroître l’influence de ceux qui luttent contre la bourgeoisie, d’accroître son unité dans l’action et d’augmenter son efficacité. Cela permettra l’approfondissement idéologique et la progression pratique.

    En tant que groupe qui se targue d’être l’organisation qui porte l’idéologie révolutionnaire, il nous revient de faire la démonstration de notre logique.

    Réussir à appliquer une politique qui soit profondément marxiste, ce n’est pas dans le clivage à qui mieux mieux, mais au contraire, dans nos prises de position publiques, représenter l’expression des tendances profondes des masses populaires dans ce qu’elles ont de combatif et de progressiste. C’est ce qui permet à une organisation de devenir un centre de gravité.

    Notre politique n’est pas de prendre parti, de mener un projet « féodal » ou de nous immiscer dans les conflits internes de forces extérieures. Notre politique s’intéresse à ce qui se passe, mais pour défendre une ligne qui doit permettre que les contradictions secondaires soient traitées de manière convenables.

    Il existe trois type de compréhension principaux de l’environnement par les organisations. Ce classement insiste sur ce qui est l’aspect principal de la compréhension de la part de ces organisations. Parfois, de manière secondaire, d’autres formes peuvent émerger un temps, puis disparaître.


    • Un type tribal/clanique,
      comme pour un
      certain nombre de groupes antifascistes,
      qui considère les liens organisationnels comme des liens
      affinitaires et de loyauté. Elle est en deçà
      de la compréhension
      politique des choses. En dernière instance, elle tend à être
      viscérale, marquée par les sautes d’humeur de sa direction, tout
      aussi clanique. Elle tend aussi a être contaminatoire, en refusant
      de travailler avec les partenaires des partenaires de leurs
      adversaires. Stratégiquement, ce mode d’organisation finit par
      s’étioler par l’isolement ou par s’effondrer sous le poids de son
      succès, étant donné qu’il n’est pas capable de pouvoir grandir
      sans mettre en péril le centre de
      la famille ou du clan.


    • Un type parasitaire-sectaire,
      qui nous retrouvons in
      fine
      chez
      un
      très grand nombre d’organisations politiques se revendiquant du
      communisme.
      Ces organisations et leur vision se caractérisent par leur tendance
      à considérer qu’ils sont le centre unique, qu’ils sont seuls
      détenteurs de la vérité pure, et donc non-améliorable. Ils
      voient dans toute apparition d’une organisation un concurrent
      qu’il faut étrangler, jamais un partenaire avec lequel il faut
      travailler. Ces organisations se greffent sur les forces qui
      existent, non dans le but de les développer, mais dans le but de
      vampiriser jusqu’à l’épuisement celles-ci. Le
      travail commun est fondamentalement rendu impossible par leur
      stratégie :
      leur renforcement peut
      être réalisé par la liquidation de tout ce qui n’est
      pas eux.
      Par
      ailleurs, leurs perspectives de victoires sont infimes. Elles ne
      peuvent pas recruter parmi les classes populaires ou parmi les
      prolétaires, car leurs discours
      sont calibrés pour une petite bourgeoisie radicale dont ils sont
      par ailleurs issus en grande majorité. Ils condamnent leurs
      adhérents à être des stagiaires à vie ou à être modelés comme
      des clones des positions de la direction, répétant un bréviaire
      de mauvaise qualité. Leur victoire, leur renforcement, précipite
      paradoxalement leur perte, car elle augmente l’entropie au sein de
      leur organisation, les forçant donc à épurer pour rester
      monolithiques.

    • Nous
      pensons que le but d’une organisation politique doit être de
      rayonner et de s’intéresser à tout. Chaque lutte, quelle qu’elle
      soit, ne peut être découpée de la lutte des classes. Elle a sa
      place dans l’ordre du jour de l’organisation. Nous considérons
      qu’il faut mener une politique qui vise à rassembler et unifier
      les luttes, non sur la base d’une juxtaposition des mots d’ordres
      ou des revendications, mais bien sur celle d’une synthèse.
      L’attitude de groupes comme ARM Combat sur la question des
      féminicides montre leur conception erronée : la lutte contre
      le sexisme ou contre le racisme ne divise pas les exploités et les
      exploitées. Elle est au contraire la base qui permet une alliance
      sincère.

    • À
      ce titre, nous sommes voués à mener une politique d’ensemble
      vis-à-vis de la lutte des classes,
      des mouvements, mais aussi des organisations politiques,
      communistes ou non communistes. Leur
      situation, leurs débats, leurs faiblesses ou leurs forces influent
      sur la lutte générale. C’est parce que nous avons conscience que
      notre objectif premier est la victoire générale du prolétariat
      contre les exploiteurs que nous menons une politique de paix et de
      coopération. C’est
      cette capacité d’influence et d’hégémonie au sens gramscien
      du terme qui permet d’avancer vers le parti et vers la victoire.

    Pour le moment, l’esprit de cercle est auto-entretenu par des polémiques traitées par-dessus la jambe, et qui n’ont pas de réel impact dans la vie des masses populaires. Elles sont assénées sur la base d’un travail scientifique d’une qualité parfois douteuse, lancées comme des pavés dans la mare, avec l’exigence que tout s’arrête pour y répondre. Régulièrement nous avons été invectivés par des navigateurs en solitaire du léninisme, exigeant que nous tranchions avant toutes choses, et toutes affaires cessantes, telle ou telle question précise. Au lieu d’avoir un travail d’élaboration, de décantation, de conception commune, positive, il s’agissait de torpilles lancées, non pas contre le travail et l’activité de terrain de notre organisation, mais uniquement sur des points ultra-précis et ultra-spécifiques de notre corpus historique.

    Nous pouvons, oui, prendre le temps d’y répondre. Nous le ferons plus tard. Mais ce n’est pas notre priorité. Notre priorité est dans notre travail militant et dans l’élaboration d’un projet à long terme. Et l’aboutissement de ce projet ne demande pas la résolution de ce type de questions en amont. Nous dirions même que la résolution de cette question ne peut se faire que si nous avons la masse critique pour y répondre d’une manière claire, scientifique, définitive.

    Nous pensons que donc, pour avancer vers le Parti, il nous faut être capable d’avoir une base d’unité large, souple, positive, avec une confiance dans la bonne volonté de chacun et de chacune de s’investir d’un point de vue pratique et théorique. Mais pour cela, il faut partir également, non pas de notre perception de notre histoire et de notre politique, mais bien de la leur.

    Avant le Parti, il existe des étapes. Mais ces étapes ne peuvent être surmontées que par une compréhension de notre situation actuelle, que par une politique juste et uniquement en ayant en tête l’efficacité comme maître mot. Les lignes de démarcations, sans lesquelles aucune unité n’est possible, doivent prendre en compte à la fois la situation actuelle et les questions les plus brûlantes de notre actualité, mais également le fait qu’il faut laisser un espace pour que ces questions puissent être tranchées scientifiquement et autrement que par la présomption.

    Surtout, soit l’adhésion s’adresse à des docteurs ès marxisme, léninisme ou maoïsme, soit elle a vocation à organiser les exploités et les exploitées. Nous ne pensons pas nous même être forcément autre chose que des étudiants et des étudiantes de l’expérience révolutionnaire et de l’expérience de la lutte. Ce que nous en avons compris, en revanche, c’est que ce qui est déterminant n’est pas l’auto définition idéologique, mais la transcription de l’idéologie dans une politique. Les noms à rallonge servent de démarcation dans le microcosme militant. Mais aux yeux des masses populaires, c’est le contenu politique qui prime. C’est d’ailleurs sur cette base que le recrutement se fait, non sur l’adhésion ou l’opposition aux théories de Préobrazenski, de Lyssenko ou de Liu Shaoqi.

    C’est l’importance du programme, non pas en tant que programme électoral, mais en tant que programme de développement et de bases minimales, simples, de l’organisation. Nous sommes pour une démocratie populaire, une démocratie sur une base de classe, une démocratie dont la bourgeoisie est exclue. Ce programme minimal pose la question de sa réalisation, et toutes les questions sous-jacentes : dictature du prolétariat, collectivisation, planification économique et planification écologique, lutte contre les contradictions de développement et entre travail manuel et intellectuel, lutte contre les discriminations et les inégalités, internationalisme prolétarien… Or, l’expérience de la lutte des Gilets Jaunes nous a montré que la question de la démocratie populaire et de son opposition à la dictature du patronat étaient des questions politiques fondamentales, mais directement accessibles. Il en était de même pour « le pain, la terre, la paix » des bolcheviques.

    Nous ne sommes pas seuls à penser ainsi.

    Nous ne sommes pas les seuls à vouloir nous unifier et à vouloir construire le Parti. Nous ne sommes pas non plus les seuls à penser qu’il existe des éléments de réponse dans la résurrection de notre histoire et dans son analyse. Il faut rendre à César ce qui revient à César. Nous ne pouvons pas oublier, par exemple, le travail réalisé par V.G. et Communisme-Bolchevisme (aujourd’hui marxisme.fr) . Ce travail était, pour beaucoup, une première approche. Les Éditions Prolétariennes ont contribué à faire vivre des documents irremplaçables, tout comme la Bibliothèque Marxiste. Feu le PCMLM (PCF-MLM ; à Gauche…) a compilé patiemment, une quantité astronomique de documents introuvables ailleurs. Malgré les débats extrêmement brusques entre nos organisations, nous ne pouvons le nier. Les éditions Delga, elles aussi, ont réalisé un travail important et incontournable. Le fait que nous ne soyons pas d’accord avec le PRCF ne doit pas nous empêcher de le dire.

    Chacune de ces initiatives a des limites, avec des choix parfois contestables, notamment la mise à l’index de certains auteurs. Mais – indépendamment de la volonté et de la ligne de leurs auteurs – toutes contribuent à faire renaître la possibilité de développer une analyse historique fine et efficace. Et plus celle-ci sera maîtrisée, plus elle sera intégrée profondément, plus elle permettra, à terme, de faire naître une nouvelle génération de cadres communistes. Elle permettra aussi de rompre avec les dogmes et les mythes, dans le but de construire une histoire solide.

    L’histoire totalitaire, l’histoire hagiographique, téléologique, holistique est une histoire empoisonnée. Protège comme une carapace, comme un blindage. Épais, dur, supposément impénétrable. Mais derrière, les chairs sont molles et flasques. Elles ne supportent pas les coups et ne savent y résister. Nous ne devons pas avoir peur de ces coups. Ils nous endurcissent et nous rendent plus aptes à dépasser les erreurs et les insuffisances. Apporter une histoire réelle, une histoire vivante, une histoire sociale des expériences révolutionnaires et socialistes est vital. Il est la condition à une renaissance d’un véritable courant communiste révolutionnaire, combatif et capable d’être en liaison avec les masses. Il est la possibilité de pouvoir vaincre les maux qui nous contaminent. Le folklorisme n’est un fin placage, qui camoufle le néant. Le dogmatisme est une coulée de fonte : dur et cassant. Inflexible et indéformable, il vole cependant en éclat sous les coups. La compréhension approfondie, quant à elle, est pareille à l’acier : elle est souple mais résistante. Elle s’adapte aux environnements et aux contraintes, tout en restant résiliant. C’est ce que nous devons atteindre. C’est dans un mouvement dialectique : unification et approfondissement, et liaison avec la pratique que nous pouvons avancer.

    La bataille pour l’histoire est un de ces fronts. Elle aussi ne peut être remportée sans un travail commun, dans le but d’élaborer une histoire commune, une histoire des communistes. Nous appelons à le concrétiser, entre autres initiatives, en rassemblant les volontés les plus sincères. Nous pensons qu’il s’agit d’un des moyens d’avancer, ensemble, vers notre rassemblement, vers notre unification, notre renforcement et, ultimement, notre victoire.

    1Même si certaines peuvent l’être subjectivement.

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste et révisionniste ?

    Alors que nous publions au fur et à mesure ce texte, le 19 septembre une première réponse des matérialistes vient d’émerger. Une nouvelle fois, rien n’est démontré et tout est asséné. Asséné le fait qu’il faille s’isoler. Asséné le fait qu’il faille rester discret. Asséné le fait de ne pas militer dans les syndicats, dans les masses. Asséné le fait qu’ils détiennent la ligne parfaite, mais qu’ils ne sont pas en mesure de la partager.

    C’est bien là une manière erronée et idéaliste de voir les chose, de croire qu’il faille s’isoler des masses et de leurs luttes, de leurs forces et de leurs travers, pour s’instruire. C’est bien là, encore, la preuve que les Matérialistes sont des alchimistes d’alcôves, non des chercheurs.

     C’est là la marque de l’absence complète de matérialisme de la part de la secte.  Qu’écrivait, à ce sujet, le philosophe Georges Politzer: Etre matérialiste en pratique, c’est agir conformément à la philosophie en prenant pour facteur premier et le plus important la réalité, et, pour facteur second, la pensée.

    Nous allons voir quelles attitudes prennent ceux qui, sans s’en douter, tiennent la pensée pour le facteur premier et sont donc à ce moment idéalistes sans le savoir.

    Comment appelle-t-on celui qui vit comme s’il était seul au monde ? L’individualiste. Il vit replié sur lui-même ; le monde extérieur n’existe que pour lui seul. Pour lui, l’important, c’est lui, c’est sa pensée. C’est un pur idéaliste, ou ce qu’on appelle un solipsiste. (Voir explication de ce mot, première partie, chap. II.)

    L’individualiste est égoïste, et être égoïste n’est pas une attitude matérialiste. L’égoïste limite l’univers à sa propre personne.

    Celui qui apprend pour le plaisir d’apprendre, en dilettante, pour lui, assimile bien, n’a pas de difficultés, mais garde cela pour lui seul. Il accorde une importance première à lui-même, à sa pensée.

    L’idéaliste est fermé au monde extérieur, à la réalité. Le matérialiste est toujours ouvert à la réalité ; c’est pourquoi ceux qui suivent des cours de marxisme et qui apprennent facilement doivent essayer de transmettre ce qu’ils ont appris.

    Celui qui raisonne sur toutes choses par rapport à lui-même subit une déformation idéaliste.

    Il dira, par exemple, d’une réunion où il a été dit des choses désagréables pour lui : « C’est une mauvaise réunion ». Ce n’est pas ainsi qu’il faut analyser les choses ; il faut juger la réunion par rapport à l’organisation, à son but, et non pas par rapport à soi-même.

    Le sectarisme n’est pas non plus une attitude matérialiste. Parce que le sectaire a compris les problèmes, qu’il est d’accord avec lui-même, il prétend que les autres doivent être comme lui. C’est donner encore l’importance première à soi ou à une secte.

    Le doctrinaire qui a étudié les textes, en a tiré des définitions, est encore un idéaliste lorsqu’il se contente de citer des textes matérialistes, lorsqu’il vit seulement avec ses textes, car le monde réel disparaît alors. Il répète ces formules sans les appliquer dans la réalité. Il donne l’importance première aux textes, aux idées. La vie se déroule dans sa conscience sous, forme de textes, et, en général, on constate que le doctrinaire est aussi sectaire.

    Croire que la révolution est une question d’éducation, dire qu’en expliquant « une bonne fois » aux ouvriers la nécessité de la révolution ils doivent comprendre et que, s’ils ne veulent pas comprendre, ce n’est pas la peine d’essayer de faire la révolution, c’est là du sectarisme et non une attitude matérialiste. (Principes élémentaires de philosophie)  Pourtant, malgré les démonstration de sa vacuité politique, de son absence de pratique, de ses prises de position inconséquentes, elle persiste. Elle persiste à mordre tout ce qui est un miroir de son inutilité. Ainsi le « PCF(mlm) »  nous attaque comme étant des « réformistes » et des « révisionnistes. » A cela, nous répondons.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation jeune. Elle l’est doublement. Elle est jeune car elle n’a qu’un an et demi de vie active derrière elle. Elle n’a donc pas eu le temps de trancher toutes les questions qui se posent à elle. Elle est jeune car les militants et les militantes qui la composent sont, eux aussi, en grande partie, jeunes.

    Pourtant, nous avons essayé d’avancer certaines thèses générales, certains positionnements, en somme, nous avons tracé des lignes de démarcation qui font notre physionomie politique. Si nous les comparons avec celles que nous avons précité chez le « PCF(mlm) », nous ne trouverons guère de points de jonction. Il est vrai que notre soutien va à la Palestine -même si nous ne soutenons pas forcément le programme politique de toutes les composantes de la résistance ; que nous condamnons les revendications -passées et présentes- des manifestations de policiers ; que nous avons appelé à la constitution progressive d’une opposition extra-parlementaire plutôt que de voter pour Emmanuel Macron. Il est vrai aussi que nous appelons aux manifestations contre la Loi Travail. Cela nous démarque de nos détracteurs.

    Nous avons également formulés nos bases politiques dans divers textes, lesquels nous servent de références et nous serviront jusqu’au congrès. Ces textes sont disponibles sur notre site. Dans les brochures sur la question du socialisme, des bases du communisme, du maoïsme, sur la question de la dictature du prolétariat, nous avons, nous le pensons, bien établi nos bases théoriques. Celles-ci sont inspirée de l’expérience de la Commune de Paris, de la Révolution d’octobre, de la guerre civile chinoise. Celles-ci rejettent les conceptions réformistes de Karl Kautsky tout comme celles des trotskistes et des anarchistes.

    Nous reconnaissons la nécessité d’une organisation révolutionnaire, le Parti Communiste, bâtie autour d’un objectif : la révolution prolétarienne, la destruction du pouvoir de la bourgeoisie ainsi que la construction du socialisme, fut-ce sur une seule portion de la Terre.

    Nous reconnaissons la nécessité de la dictature du prolétariat et le fait que cette dictature du prolétariat soit l’outil principal de la lutte contre la restauration du capitalisme, mais également pour la construction du socialisme.

    Cela pourrait n’être que des leçons bien apprises, et rester de papier. Après tout, malgré leur fonds documentaire immense et richement doté, les matérialistes ne sont pas capable de faire d’autres choses que d’ânonner des textes pour se légitimer. Bien qu’il soit probablement difficile de trouver des textes de Mao défendant la police de l’Etat bourgeois.

    Dans nos prises de position publiques, ainsi que dans nos communiqués, nous avons défendu un embryon de programme, limité, temporaire, comprenant des étapes, dans le but de partir de la situation actuelle et de tenter de pouvoir avancer -politiquement et organisationellement. Ces mots d’ordre ne pouvaient se contenter d’être des appels à la révolution. Ils se devaient d’avoir un caractère intermédiaire -même très basique- et transitoire. Cela n’empêche pas que nous pensons que la stratégie générale est celle de préparer la Révolution Prolétarienne, non un bloc défensif autour de la démocratie bourgeoise.

    Effrayés par le fantasme du fascisme, le « PCF(mlm) » s’obstine à avoir comme stratégie un front uni, une ligue défensive. Il n’a décidemment pas compris le fait que la bourgeoisie et le capitalisme ne se dirige pas immanquablement vers cela. Que la nécessité du fascisme correspondait, au moment de sa mise en place, au moment où la bourgeoisie lui a ouvert grand les bras, à la répression du mouvement révolutionnaire.

    Dans la situation de l’enfant effrayé par l’ombre de l’homme qui a vu l’ombre du loup, la secte est tellement obnubilée par cette peur du fascisme qu’elle est prête à toutes les alliances, à tous les compromis, à toutes les reptations. Pour eux, être straight edge est une condition sine qua non  pour être quelqu’un de fréquentable -d’où leurs crachats sur les merguez-pastis CGT, ou encore sur le Kebab-bière des autonomes- mais en revanche, il est possible de marcher avec Gattaz.

    Nous ne partageons pas cela. Nous pensons que nous sommes effectivement faibles, nous sommes dispersés, nous sommes atomisés et éclatés en sectes. Mais nous devons avancer avec cette stratégie générale : l’heure n’est pas à la compromission avec le patronat et la bourgeoisie, mais bien à la construction d’une force indépendante, offensive, révolutionnaire.

    Nous ne sommes pas le parti communiste qui dirigera la révolution, nous sommes une organisation qui demeure au niveau du cercle, laquelle a pour vocation de s’unifier, d’avancer, de disparaître. Nous ne sommes donc pas sur un pied d’égalité, au niveau organisationnel, avec le Grand Parti qu’est le « PCF(mlm) », nous n’avons pas sa grandiose influence sur les masses non plus. Pourtant, nous ne considérions pas que des appels à la révolution, de but en blanc, soient le mot d’ordre de 2016, ni celui des élections de 2017, ni celui du mouvement qui vient. Sans outils adaptés, il nous est impossible de pouvoir faire autre chose que des sauts de cabri en l’air en criant « révolution. » C’est là un fait. Il faut mentionner que, pour lui, le Parti est achevé, le Parti est prêt, il est construit et architecturé pour sa mission : diriger les masses pour la révolution. Seulement, entre inscrire « Parti » partout et entre en assumer d’une manière réelle les tâches, un océan se forme, océan que les courtes jambes du « PCF(mlm) » l’empêchent de franchir. Nous reviendrons là dessus, mais toujours est-il que nous ne prenons pas de leçons de la part de ceux qui s’isolent et se coupent des masses, jours après jours.

    Durant les élections, tandis que les révolutionnaires du « PCF(mlm ») appelaient à voter pour Emmanuel Macron -comme si leur influence changerait un tant soit peu la donne- nous développions le mot d’ordre d’opposition extra-parlementaire. Opposition qui se caractérise, effectivement, par un contenu réformiste – il s’agit d’une mesure transitoire – mais permettant une prise de parole, une prise de position, un gain d’influence de conceptions extra et anti parlementaires. Il s’agissait également de la possibilité d’initier des embryons de débat et de démocratie populaire, dans la mesure des moyens et de l’influence des forces politiques hostiles à la démocratie bourgeoise. Il s’agit, également, pour nous, de politiser les questions qui peuvent être développées dans des groupes comme Front Social, et de quitter la sphère de lutte économiste pour aller vers le politique.

    De ce point de vue, tactique, nous avons agit d’une manière réformiste. Mais le fond de l’affaire se juge sur la stratégie. La nôtre est d’avancer dans le but de forger les organisations révolutionnaires. Le PCF(mlm) a également eu, durant les élections, une ligne réformiste. A la différence que ce dernier, après avoir vomi son communiqué, a replié son drapeau et est rentré paisiblement dans ses pénates. Nous avons, de notre côté, participé aux mobilisations antiparlementaires, tels que le rassemblement du 4février 2017 à Lyon, pour rejeter les candidatures de Le Pen, de Macron et de Mélenchon. L’Unité Communiste de Lyon à un bilan d’activité qui est le reflet de ses forces encore naissantes, mais qui n’a pas de leçon à recevoir d’un monde virtuel animé par des gourous, suivi par des zélotes.

    Quant à l’accusation de révisionnisme, elle mérite d’être creusée. Nous avons expliqué plus haut que nous rejetons les conceptions de la seconde internationale, que nous rejetons celles des anarchistes et des trotskistes. Nous avons, dans plusieurs publications, attaqué les conceptions issues du XXème congrès du PC(b)US, de même que celles défendues par le PCF aujourd’hui. Nous pensons que l’attaque de « révisionnisme », chez le PCF(mlm), est un automatisme que ne sous-tend aucune recherche ou aucune logique. Dès que quelque chose rentre en contradiction avec ses délires de secte, il s’y attaque avec rage.

    Peut-être s’empressent-t-ils d’attaquer le fait que nous ne tracions pas une ligne dans le sable entre Mao Zedong et Enver Hoxha. Nous ne l’avons pas tracé, non pas par volonté d’éclectisme, mais bien parce que nous considérons que ceux et celles qui, parfois hâtivement, tracent cette ligne dans le sable ne la tracent que se réfugier confortablement dans une case, la défendre avec fétichisme et dogmatisme, et être incapable de pouvoir faire un travail scientifique, un travail de chercheur, pour déterminer ce qui est juste et ce qui est faux. Nous pensons que ceux qui opèrent ainsi opèrent dans le dogme et non dans la réalité.

    Dans notre brochure intitulée Fin de partie, nous abordions cette question. « Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises. »

    Bien des individus qui se revendiquent pas forcément de Mao Zedong sont prêts à reconnaître la nécessité de la lutte des classes sous le socialisme, de manière également aigue et révolutionnaire, sans pour autant adhérer à la forme du concept de la Révolution Culturelle. Pourtant, ils adhérent au fond de ce concept. Faut-il les vouer aux flammes ? Faut-il les exclure sans rémission ? Faut-il avancer avec eux et progresser, sur la base d’un travail commun, vers une analyse commune ? Nous pensons qu’on ne peut faire l’économie de ce travail. Ainsi, nous comptons inclure, au sein de notre congrès prochain, les thèses suivantes dans nos textes de référence.

    « Nous nous revendiquons de l’expérience du mouvement communiste international, de son histoire, de son héritage. Certains de nos membres sont maoïstes, d’autres ne le sont pas. Notre organisation, au stricto sensu, ne l’est pas. Pourquoi ?

    Nous considérons, dans notre majorité, que le maoïsme, que l’expérience de la Chine, mais également que les expériences qui sont menées par les groupes communistes révolutionnaires, à travers le monde, représentent les expériences les plus poussées, les plus abouties idéologiquement parlant.

    Seulement, nous sommes dans un contexte qui n’est pas le même, nous sommes dans un niveau de développement organisationnel et idéologique dix crans en dessous de ce qu’illustrent les philippins, les afghans, les indiens ou bien d’autres encore.

    Suffit-il ne s’en revendiquer comme d’un fétiche, de prétendre importer leur modèle dans l’Etat français pour parvenir à leur niveau ? Il s’agit d’une incompréhension de comment les choses fonctionnent, de comment la dialectique et l’organisation avance. Il s’agit d’une incompréhension de comment un parti se construit et de comment sa construction se manifeste par des bonds qualitatifs.

    Il ne suffit pas de se retrancher derrière une adhésion, derrière un sponsor de radicalité, il reste à faire la démonstration d’une ligne juste.

    Nous, dans notre grande majorité, considérons que la Révolution Culturelle est le pinacle de la lutte pour le socialisme, pour le communisme. Nous nous en revendiquons. Seulement l’événement en tant que tel n’a pas de sens si il est réduit à sa dimension historique, s’il n’est pas analysé pour son sens idéologique, politique, sa transcription pratique. 

    Quand nous nous revendiquons de cette révolution, nous nous revendiquons d’une certaine conception de la lutte des classes au sein de l’organisation et du lien actif des communistes avec les masses, de leur mise en mouvement pour mener la lutte contre les déviationnistes. 

    Des individus ou des groupes qui méconnaissent la Révolution Culturelle ne peuvent-ils pas adhérer cependant aux conclusions politiques que nous tirons de cet événement ? Nous n’en doutons pas.

     

    Nous voulons mener la bataille d’anéantissement idéologique. Nous voulons croiser le fer et pourfendre les idées fausses. Nous voulons tirer à boulet rouge sur les défauts de la cuirasse des autres forces, tandis qu’elles fassent de même. Non par amour de la joute, mais bien car les plantes vigoureuses ne poussent pas sous serre.

    Nous écoutons nos ennemis pour ces raisons. Nos ennemis nous apprennent beaucoup de nos faiblesses, cherchent et trouvent les failles, les erreurs, les manques. Ils sont nos éducateurs les plus dévoués.

    Nous voulons pouvoir faire de même avec nos camarades. Nous voulons créer un espace de débat dans lequel les questions peuvent être exposées, les raisonnements illustrés et expliqués en détail, avec patience. Cet espace manque cruellement.

    Ce n’est que dans cet espace que l’unification idéologique peut se faire.

    Cette bataille se fait dans nos rangs comme hors de nos rangs.

     

    Régénérer l’idéologie communiste passe par la démonstration de la véracité de celle-ci, de la véracité des apports de ses continuateurs. Certains camarades commettent une faute terrible, compréhensible, mais terrible tout de même, qui est de sauter directement aux conclusions et d’invalider tout processus de pensée, sous prétexte que sa conclusion est fausse. Certains camarades apportent des raisonnements justes, aux conclusions tronquées. Les communistes ont un travail de maïeutique à mener, faire accoucher les idées justes, lesquelles pointent souvent derrière des raisonnements incomplets ou trop étroits. Rejeter en bloc ce qui n’est pas parfait revient à s’enterrer dans un utopisme sans fin, comme le font les anarchistes.

    N’oublions jamais nos propres failles, n’oublions jamais qu’aucun d’entre nous n’est né communiste. Nous avons appris la théorie, l’idéologie, l’histoire. Elle n’est pas innée, elle n’était pas métaphysiquement en nous. Certaines personnes, certaines organisations ont eu la patience de nous aiguiller, de débattre, de nous aider à nous débarrasser de nos idées fausses. Notre tâche n’est pas de faire tomber des couperets, sauf dans des cas où une ligne rouge serait franchie, mais de faire avancer et progresser l’ensemble de nos camarades.

    Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous comprenons des maoïstes dans notre organisation. Pourtant, nous ne rejetons pas comme un bloc les apports faits par Enver Hoxha, en les jugeant hérétiques, nuls et sans intérêt. De même que nous ne rejetons pas certains écrits de Plekhanov. La déviation de Hoxha après la mort de Mao Zedong rend elle caduque les apports du PTA à la lutte contre le révisionnisme soviétique ? La trahison de Plekhanov rend elle fausse la théorie sur la conception moniste de l’Histoire ? A l’inverse, ceux qui se plaisent à évoquer la rencontre Mao-Nixon ; celle-ci rend elle intégralement faux tout ce que Mao a pu produire, tout ce que l’expérience chinoise peut avoir développé comme matériaux à étudier ? »

    Bien des attaques sur le « révisionnisme » servent en fait à camoufler une chose. Le Parti Communiste est un parti politique, l’adhésion y est sur la base de la politique défendue. Il n’est pas possible d’attendre et d’espérer que les adhérents maîtrisent de A à Z l’idéologie pour adhérer. Souvent, cet argument sert à maintenir dans des rangs subalternes, non-décisionnels, ad vidam eternam les nouveaux adhérents. Souvent, cela sert à faire du groupe dirigeant un référentiel ultime, en terme de pureté et de perfection idéologique. Souvent, cela sert à justifier l’existence d’une secte supplémentaire.

    Pourquoi ? Parce que certains sont dans la terreur d’avoir à perdre leur petit royaume, parce qu’ils ont peur de la remise en cause, peur de la bataille idéologique, peur de devoir lutter pour défendre des conceptions idéologiques et pour faire progresser les individus. Ils capitulent devant la difficulté – ils capituleront devant la bourgeoisie -, ils capitulent devant l’angoisse, ils capitulent devant leurs propres lacunes, comblées à coup de dogmes, comblées à coup de folklore.

    Nous avons construit l’Unité dans un but : faire l’unité. Nous l’avons construite dans une stratégie, celle de la faire fusionner -et non pas d’être phagocyté !- avec d’autres organisations, sur la base d’un débat franc et ouvert, bâti sur l’idée d’un accord stratégique minimal. Nous l’avons construite pour qu’elle meure, mais qu’elle engendre des descendants moindres, mais plus forts et plus influents.

    Une base minimale qui soit celle à partir de laquelle il est possible de travailler conjointement, dans le cadre d’une seule organisation, pour avancer en commun. Cette base d’organisation n’a pas besoin d’être immense, elle n’a pas besoin d’être suraffûtée, elle à besoin d’être nécessaire et critique. Elle doit correspondre aux besoins de l’heure actuelle, doit correspondre aux attentes du moment, doit permettre d’initier la nouvelle machine de lutte et d’organisation.

    Les groupuscules comme ‘Les Matérialistes’ et leur prétendu PCF(mlm) peuvent très bien choisir de poursuivre leur chemin idéaliste, leur volonté de pureté et de se placer sur un piédestal. Ils peuvent continuer leur chemin vers les cimes de la pensée, mais ils demeureront des cerveaux en bocal, isolés, rejetant tout.

    Ce sont, après tout, pour ces raisons que personne ne les a jamais vu faire de diffusion, de manifestation, d’événement publics, d’intervention vers la classe ouvrière. Car ils ne sont que des sages de la montagne, ces même sages que nous évoquions dans notre brochure sur la dictature du prolétariat.

    Nous avons expliqué, dans ce texte, les raisons de nos désaccords. Nous ne doutons pas qu’ils vont, à la lecture de ces lignes, bouillir de rage, se mettre dans une colère noire, répondre par un déversement d’injures, d’insultes, par un flot continuel de critiques et de menaces voilées. Ils ont d’ores et déjà commencé à fourbir leurs armes, blessés qu’ils sont dans leur orgueil.

    Mais nous n’en avons cure. Nous nous adressons aux masses, aux militants, aux militantes, qui, les deux pieds dans la réalité, rencontrent la vie. Nous laissons la poussière prendre encore la poussière. Nous les laissons décanter, fermenter, et finalement rejoindre un humus de groupes en décomposition.

    Nous ne répondrons plus à ces alchimistes dans leur tour d’ivoire, étant donné qu’ils rejoignent, par leurs prises de position, le camp des réactionnaires, des exploiteurs. Nous en avons fini avec eux.

    Peut-être commettons-nous des erreurs, peut-être en commettrons-nous d’autres, des graves et des moins graves. Mais nous les ne les commettons que car nous nous confrontons à la réalité, au terrain, à ses évolutions. Que car tous travaillons, justement, dans la matière et non dans l’idée.

    Nous continuerons à avancer, avec des erreurs et des manques, mais nous avancerons, notamment pour briser l’esprit de secte et de cercle qui parasite le mouvement communiste de l’Etat français.

    Pour briser les chapelles et les ministères de prêtres qui se parent de rouge, mais ne savent qu’être les bergers de la bourgeoisie.

    Sommes-nous, alors des acharnés, à vouloir répondre de la sorte ? Probablement. Mais, malgré son jeune âge, malgré ses faiblesses, malgré ses erreurs, l’Unité Communiste de Lyon ne tolérera jamais d’être conspuée de la sorte. Elle ne tolérera jamais qu’une secte d’adulateurs de la police, de crypto-fascistes, de petits intellectuels bas de gamme émette des injures à son encontre.

    Nous leur avons rendu la politesse, en leur faisant l’honneur de les citer, d’apporter des preuves. Nous avons tracé une ligne de démarcation entre eux et nous, entre les philosophes et les alchimistes de l’idéalisme et ceux qui veulent avancer, combattre, et non se placer dans une tour d’ivoire.

    Non un dogme, mais un guide pour l’action, voilà ce qu’est censé être le communisme. Les Matérialistes en ont fait un fétiche et un dogme de l’inaction.

    Nous portons toujours haut le drapeau de la révolution prolétarienne, celui-là même que le PCF(mlm) rejette et salit.

    En avant vers la construction d’un vrai Parti !

    Le communisme est la jeunesse du monde !

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Quatrième partie : La faillite de l’attaque contre l’UCL.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Quatrième partie : La faillite de l’attaque contre l’UCL.

    La faillite de l’attaque contre l’UCL

    Dans ce communiqué, si empressés qu’ils soient d’apporter des épithètes malsonnantes, les immatérialistes ont oublié une chose essentielle. Ils ont oublié de prendre une position politique sur la situation de conflit latent entre la Corée du Nord et les USA.

    Rappelons la phrase qui nous incrimine : « Ainsi, voilà ce que nous trouvons : Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. Il faut avoir le romantisme le plus délirant d’Alain Soral ou Dieudonné pour y voir des vertus (ils y seront d’ici quelques jours pour un voyage organisé), et il est vrai qu’un tel « anti-impérialisme » totalement national-révolutionnaire se retrouve également chez des gens se voulant de gauche (comme « Unité Communiste de Lyon » et autres révisionnistes et réformistes du genre). » (7 septembre 2017)

    Ils se sont rués sur le fait d’insinuer que l’Unité Communiste de Lyon soutiendrait un gouvernement « fasciste », de déclarer ce gouvernement digne d’être cloué au pilori, de dire que « d’un point de vue maoïste, rien n’est à sauver », uniquement pour apporter une contradiction vis-à-vis de notre communiqué.

    Mais ce communiqué n’est pas constitué uniquement de cela. « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver.  » disent-ils. Rien, même pas les masses Coréennes. Même pas la paix. Plus fort que les interventionnistes les plus virulents, plus fort que les trotskistes et les « humanitaristes », le « PCF(mlm) » nous offre sa science : Le gouvernement et les masses de Corée sont un tout, une même bouillie infâme.

    Or, en clamant que rien n’est à sauver, ces maîtres de la rhétorique insinue que « tout est à jeter. » Partant de ce constat, le feu peut bien descendre sur la Corée du Nord, peu leur en chaut. Mais qu’en est-il de l’argument principal que nous développions dans ce communiqué, argument que leurs yeux glissants, cherchant la faille à exploiter, n’ont pas vu ? Nous avons insisté, dans ce communiqué, que nous étions opposés au bombardements, à la guerre, à l’invasion de la Corée.

    Qu’elle soit, nous ne le nions pas, un croupion de la Chine, qu’elle soit son flanc garde, qu’elle soit son glacis, la question ne se pose pas. Que sont gouvernement n’aie -une nouvelle fois nous ne désirons pas prendre de position à l’emporte-pièce- pas grand chose de prolétarien, nous sommes prêts à l’admettre. Mais qu’on nous attaque sur la position -principe important- d’opposition à la guerre impérialiste, laquelle est payée par les masses, par leur sang, un Rubicon est franchi.

    Voilà ce que disent les « Matérialistes » de la situation de la Corée et de sa quête de l’arme nucléaire : « C’est l’expression d’une incapacité à aller dans le sens de la réunification de la nation coréenne par la mobilisation démocratique, tel que c’était l’objectif dans les années 1950. Au lieu des masses, on a les bombes atomiques qui sont censées apporter la solution « miracle ». » Plus fort, là, que le Livre noir du communisme. La Corée du Nord a décidé unilatéralement de se mettre en butte avec sa voisine du sud. Elle décide seule de s’encercler de bases US, de se positionner sur un pivot géopolitique. Elle est seule et unique responsable de son destin, d’après le « PCF(mlm) »

    Quant au fait de mordre dans les articles des tabloïds Sud-Coréens, le « PCF(mlm) » s’y adonne avec une joie sans bornes : « À cela s’ajoute bien entendu l’idéologie raciste paranoïaque du régime, forçant les masses à la soumission la plus servile et infantile, avec des manuels expliquant que la Nature s’est littéralement arrêtée à la naissance de chaque dirigeant d’une véritable dynastie. » Encore échappons-nous aux licornes auxquels les nord-coréens sont censés croire.

    Mais cela éclaire sur ‘l’enquête’ que peuvent faire les « Matérialistes. » Utilise-t-elle comme source le Daily Mirror ? Rivarol ? Gala et Voici ? Des références bibliographiques auraient été les bienvenues.

    Quant au positionnement… Comment comprendre celui position du « PCF(mlm) » autrement que comme une manière de se placer au dessus de ce conflit, de refuser de prendre position, et, ironie pour des matérialistes, de ne guère vouloir mettre le nez dans la transcription pratique de ce que signifie la guerre qui couve entre la Corée du Nord et les USA.

    Au fond, les matérialistes se considèrent au dessus des questions géopolitiques, au dessus des questions d’impérialisme, au dessus de tout cela. En ce sens, ils sont dans un centrisme particulier, se disant « nous ne prenons pas position quand l’impérialisme américain frappe. » « Nous nous contentons de cible le fait que la Corée du Nord fait de la drogue, qu’elle est fasciste et qu’elle n’est pas à sauver, mais nous ne parlerons pas du fond de l’affaire. »

    Si nous pêchons par « révisionnisme » et par « réformisme », voilà devant nous des prétendus maoïstes qui agissent à la manière d’adolescents boudeurs dans leur manière de voir les choses. Nos positions, nous les avons en rapport à l’impérialisme américain, russe et français, nous les avons développées dans divers brochures, mise à disposition du public. Nous invitons nos lecteurs à être juge. Mais nous les invitons aussi à se questionner sur la position du prétendu PCF maoïste.

    Auraient-ils agit de la même manière pour applaudir l’invasion d’Irak par les USA en 2003, d’Afghanistan en 2001, mais également -pourquoi pas- les interventions françaises en Afrique ou en Asie.

    Tout est possible avec l’idéalisme des « matérialistes ». Y compris d’affubler de tous les noms les militants et militantes, les organisations… Mais n’est-ce pas autre chose qu’une volonté d’injurier ?

    Les accusations que profèrent le quotidien de la bêtise et de l’idéalisme mériteraient d’être écartées d’un revers de la main. Mais pourtant, nous pensons qu’il n’est pas inutile, qu’il est même souhaitable de revenir sur celles-ci. Nous pensons qu’il est important de se saisir de l’opportunité de s’exprimer sur notre positionnement politique, sur notre contenu idéologique.

    Voilà où nous voulons en venir, sommes-nous des réformistes et des révisionnistes comme le clament des « Matérialistes » ?

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    Le « PCF(mlm) » un « parti » contre les masses.

    Difficile de ne pas attaquer ces drôles, lorsque de telles positions ridicules sont proférées, salissant le drapeau rouge de la révolution, salissant le maoïsme, salissant le marxisme-léninisme, salissant l’intégralité et l’ensemble du mouvement révolutionnaire, l’ensemble de son héritage, l’ensemble de ses figures et de ses acteurs.

    Le « PCF(mlm) » a beau publier des communiqués sur le Président Gonzalo et sur la Guerre Populaire Prolongée, difficile de voir la moindre trace de combativité dans ses écrits. Les dix points de son programme feraient rougir de honte et de rage tout membre actif du mouvement communiste international, tant ils sont du domaine du ridicule. Mais la suite vaut le détour. Quant à sa Guerre Populaire Prolongée, le « PCF(mlm) » la transcrit de la manière suivante dans ses écrits : Soutenir la police, soutenir la bourgeoisie, soutenir Emmanuel Macron, mais attaquer les communistes et les syndicats.

    Difficile, là aussi, de ne pas citer leur dernière vomissure, derrière quels arguments la secte justifie sa non-participation aux manifestations du 12 septembre : « Il y a deux manières de voir les manifestations contre la réforme du code du travail qui ont eu lieu hier à l’appel de la CGT.

    Soit on y voit une expression d’un mouvement social de secteurs protégés au sein d’un pays capitaliste développé, porté par un syndicat recevant un financement très important de la part des institutions dont il est à considérer d’ailleurs comme une composante. Soit on y voit une expression de la lutte des classes.

    Il va de soi que c’est la première manière de voir les choses qui est juste, et il faut relever de la petite-bourgeoisie pour s’imaginer que la seconde interprétation puisse avoir un sens.(…) Et les travailleurs en général savent très bien que les syndicalistes sont des corrompus et des opportunistes, doublés d’un culture de beauf les rendant insupportables. Qui va se mettre en grève un mardi du côté des masses pour participer à un tel folklore totalement inutile ? (…) C’est une insulte à notre époque, aux défis de notre temps. De près comme de loin, il n’y a rien à sauver, c’est entièrement condamné par l’Histoire : c’est une preuve que face au réchauffement climatique, pour la défense de la Biosphère, pour l’instauration d’une économie planifiée, pour la relance de la culture et des valeurs de civilisation, il faut un travail de fond dans les masses, avec les masses, et non se mettre à la remorque des syndicats, des cogestionnaires, des manifestations ritualisées. »

    Derrière la phraséologie gauchiste, une nouvelle fois, point le droitisme. Puisque rien n’est à sauver maintenant, ne faisons rien ! Voilà le mot d’ordre de celles et ceux qui ont déserté la rue et les masses depuis belle lurette, si tant est qu’ils s’y soient jamais aventurés. Nous aurions pu écoper cent mouvements, cent luttes, que nous n’aurions jamais pu les rencontrer pour nous expliquer avec eux. La pureté n’est pas de ce monde, et les Matérialistes non plus.

    Un exemple même de raisonnement fallacieux. Puisque la solution n’est pas parfaite, ils la rejettent en bloc, ils l’écartent et refusent de mener la lutte de ligne. Ils replient leur drapeau et retournent « embrasser des flics. » Ils ne tracent aucune ligne de démarcation entre ce qui est « à améliorer » et ce qui est « à combattre. » Ils rejettent la CGT dans les rangs de l’ennemi. Gauchisme, toujours, prétexte à la ligne de droite : ne rien faire.

     Nous aurions pu leur rappeler cette citation de Mao : « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. »

    La culture du « il faut », la culture du « un jour » la culture de l’utopisme et du crachat facile. Si nous suivions leur ligne, il nous faudrait rentrer dans nos chaumières et attendre. Ne pas participer aux grèves, ne rien faire. Espérer qu’un messie naisse, espérer toujours et sans fin, comme dans n’importe quelle religion, comme dans n’importe quelle secte.

    L’Unité Communiste de Lyon est fière d’avoir dans ses rangs des militants et des militantes de la CGT. Elle est fier de savoir qu’ils mènent une lutte de ligne contre les tendances opportunistes et réformistes de ce syndicats. Elle est consciente que cet outil n’est pas parfait. Mais il existe. Et, contrairement à la « ligne de masse » liquidatrice du « PCF(mlm) », cet outil possède une action sur la société, une action sur les événements. Leur culture de « beauf », ciblée par le prétendu-parti leur sert d’argument massue.

    L’argument culturel sert ici de justification à tout et n’importe quoi. « Mais une telle alliance de la CGT et de l’ultra-gauche, des merguez et des kebabs, du pastis et de la cannette qui est lancée sur la police, est totalement hors-jeu historiquement. » Comment comprendre cette phrase ? Tout lecteur objectif ne peut que se demander si nous ne rentrons pas dans une performance littéraire plus qu’un texte militant. Au loin, point même une lueur de racisme, qui flamboie.

    Si les masses n’ont pas une pratique parfaite, si les organisations syndicales ont une direction droitière et bourgeoise, à qui peut-on en imputer la responsabilité, si ce n’est à notre faiblesse dans la lutte ? Si la CGT dévie, c’est au communistes de combattre cette déviation, non de se mettre en retrait et de cracher leur venin.

    Mais les masses, les travailleurs et les travailleuses, eux-mêmes, elles-mêmes, ne sont pas à la hauteur des désirs du « PCF(mlm). »

    Cette même ligne qui crache sur les ouvriers, les insulte, les injurie, sans vouloir prendre part aux organisations de masse de la classe ouvrière, en restant à l’orée des usines. Cette ligne leur a fait écrire ceci le 27 avril 2017 : « Les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens n’ont pas été à la hauteur du mot d’ordre «¡No pasarán!»

    En acceptant hier la présence de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens, les ouvriers de cette usine qui va fermer ont été en-dessous de tout. Quelle honte ! » Belles et sages paroles. Est-ce là leur vision du maoïsme ? Est-ce là leur regard sur les masses ?

    Lorsque nous lisons leurs communiqués, comment ne peut pas penser au communiqué qui nous cible, et appliquer à eux-mêmes leur propre médecine : « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. »

    Chaque position du « PCF(mlm) » est à l’avenant. Dès que l’opportunité de présenter une position répugnante se présente, ils s’en saisissent. Dès que quelque action que ce soit est faite, dès qu’un mouvement naît, il est immédiatement conspué par cette secte, car imparfait. Incapable de se saisir de la réalité, incapable de proposer quoique ce soit de correct, cette organisation agit comme le Renard dans la fable de la Fontaine, ne pouvant trouver à portée de main les fruits mûrs, qu’il envie : « Mais comme il n’y pouvait atteindre :

    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. «  « 

    Voilà la base de leur aigreur contre notre organisation, voilà pourquoi, dans un même paragraphe, ils nous associent à Soral et Dieudonné. Rouges de honte d’être pris la main dans le sac de leur inconséquence, ils s’aigrissent et injurient leurs détracteurs.

    Voilà pourquoi nous avons donc eu l’honneur de leurs colonnes au travers d’un article sur la Corée du Nord.

    Parce que cette secte est un conglomérat qui essaie de justifier par sa peur panique du fascisme des positions réactionnaires. Elle traite la police comme un rempart pour défendre la République, alors qu’elle est l’outil premier de l’écrasement des masses. Elle traite les bourgeois comme des alliés dans un front uni, alors qu’ils sont les premiers bourreaux des exploités. Eux, trouvent grâce à leurs yeux.

    Mais en revanche, des ouvriers, des travailleurs, des exploités qui ne seraient pas assez révoltés, assez révolutionnaires, assez végan, assez straight edge. Comble du comble, ils n’auraient pas assez la culture prolétarienne pour être digne d’être dans le grand parti « PCF(mlm) ».

    Voilà pourquoi nous les avons cités. Nous maintenons ce choix. Eux nous ont répondu, avec leur coprolalie habituelle. Mais à frapper trop vite, le paladin de la pureté dérape et tombe.

    Dans leur attaque contre l’UCL, dans leur tentative de nous faire endosser la tunique de Nessus et de nous faire passer pour des réformistes, le « PCF(mlm) » échoue. Il échoue même à faire un communiqué correct sur la Corée !

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Deuxième partie : L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Deuxième partie : L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    Nous n’avons pas caché nos désaccords et notre rejet intégral des positions du « PCF(mlm) » quant à leur positionnement vis-à-vis de la police. Ce même cas de figure s’est reproduit lors des élections présidentielles. Fustigeant tout rejet des élections, tout rejet du parlementarisme, tout rejet du choix pourri de offert par la bourgeoisie, les « Matérialistes » ont appelé, sous couvert d’arguments terroristes, à voter pour Macron.

    Lorsque ces mêmes drôles ont appelé à voter pour le fossoyeur des droits sociaux, Emmanuel Macron, lorsqu’ils se sont exclamés que sa victoire était celle de l’antifascisme, nous les avons, là aussi attaqués.

    Mais plutôt que de fonctionner par la rumeur, nous allons citer nos amis :

    En effet, lorsqu’une organisation indiquent le 28 avril que « Le fascisme, c’est l’étouffement de la politique, l’asséchement de la société civile, la mort de la démocratie.

    Pour cette raison, il faut avoir un regard plus que critique sur les petits rassemblements qui se sont organisés sous le mot d’ordre « Ni Macron ni Le Pen », à Paris, Nantes, Lyon [Auquel nous avons bien sûr appelé], Toulouse, Dijon et Clermont-Ferrand, tant par des lycéens d’un côté que des anarchistes de l’autre.

    Il s’agit là, en effet, d’une démarche anti-politique, sur une ligne ultra qui a déjà existé durant la guerre d’Espagne ou le Front populaire et qui combattait l’antifascisme au nom de la « radicalité »  » que disent-elle en vérité ? « Vous devez voter Macron pour sauver la Terre. »  Le soutien à la bourgeoisie, voilà la ligne qu’indique, tout en camouflant ses angoisses derrière une phraséologie vide de sens, le « PCF(mlm). » Même leurs articles sur « Comment nous allons faire la révolution » vont dans ce sens. Pas de question du Parti, pas de question d’un « classe contre classe. »

    Non. Rien de cela. Qu’écrivent-t-ils ? « L’élan capitaliste a considérablement affaibli la démarche révolutionnaire, au point que l’idée même de révolution se soit totalement affadie. Quant à la classe ouvrière, elle n’hésite pas à se tourner vers le nationalisme, afin de ne pas être broyé matériellement par la pression de la compétition capitaliste tant en France que sur le plan de la concurrence internationale. (…) Les monopoles apparaissent toujours plus forts, les acquis s’amenuisent toujours plus, le régime devient toujours plus dur sur le plan de la répression. L’unité populaire se développe alors inéluctablement.

    Sous quelle forme va-t-elle se développer ? Sous une forme démocratique, ou tendant à une forme démocratique. »

    Grossièrement, les Matérialistes, lesquels nous attaquent en nous traitant de réformistes, ne proposent -en fait- pas de révolution. Ils proposent un bloc démocratique avec la bourgeoisie libérale, avec la social-démocratie. Ils proposent, derrière ce concept de « front uni », derrière cette pitoyable imitation de l’Espagne, de faire un front démocratique pour protéger les valeurs républicaines, pour défendre l’unité populaire incarnée -selon eux- par l’esprit Charlie. Ils jettent par dessus bords tout ce qui fait l’idéologie, tout ce qui est révolutionnaire, tout ce qui a trait au combat. Pour faire quoi ? Pour protéger les droits démocratiques, qu’ils considèrent menacés. Pour s’allier avec tout et n’importe quoi, contre un fascisme constitué des groupes d’extrême-droite et des « mafias » des cités.

    Nous citons ici quelques extraits d’un florilège du ridicule : « Le mouvement « Je suis Charlie » a été historiquement une vague progressiste de nature petit-bourgeoise, permettant de vrais débats, sans pouvoir aller jusqu’au fond des choses, mais tout de même. C’est pour cette raison que la fraction la plus conservatrice de la société a été totalement opposé à ce phénomène, tout comme par ailleurs l’extrême-gauche devenue ultra-gauche. En fait, le mouvement « Je suis Charlie » correspond à tout un pan de la société qui est l’allié objectif de toute bataille pour une démocratie populaire. » (9 janvier 2017)

    « Dans le film « Le dictateur », le discours fait par le sosie du dictateur Adenoïd Hynkel est d’une très grande beauté et d’une énorme signification. Dans ce film de 1940, Charlie Chaplin synthétise les valeurs de l’unité antifasciste.

    On aurait tort de ne pas rapprocher ce texte de l’« esprit Charlie ». On y retrouve une approche très similaire, à la fois volontaire et bon enfant, consciente des exigences de l’époque et candide, résolument progressiste et avec des exigences démocratiques essentielles… » (3 février 2016)

    C’est bien avec les « Je suis Charlie » que se fera le front antifasciste ! (7 janvier 2016)

    Tout ça parce qu’ils sont effrayés par les fascistes, perdent toute contenance devant eux, et se jettent dans les bras de la collaboration avec la police, avec les institutions, avec les partis bourgeois. Tout cela par peur et par inconséquence. Quitte à déformer la vérité.

    Mao, que le « PCF(mlm) » se garde bien de citer, écrivait le 25 décembre 1947 : « Nous devons bannir de nos rangs tout idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux. »

    N’ayant aucune confiance dans les masses, la secte câline donc le candidat de la bourgeoisie et implore sa pitié, implore la protection de son bouclier. Et pendant ce temps, nous le martelons, nous sommes considérés comme les réformistes, dans l’affaire !

    Lors du dernier débat de l’élection présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les Matérialistes furent les seuls à trouver qu’elle avait pris l’ascendant. Dans un article intitulé « Bloquer Marine Le Pen à tout prix, même avec Emmanuel Macron », leur première phrase était la suivante :  « C’est sorti ? ça va mieux ? c’est bien ! » : pour que Marine Le Pen soit en mesure de prendre de si haut Emmanuel Macron, de se moquer ouvertement de lui, cela en dit long sur les faiblesses très graves de ce dernier lors du débat télévisé hier soir à l’occasion du second tour des élections présidentielles de 2017. L’intégralité des médias et même les partisans du FN sont d’accord pour conclure que leur fuhrerin s’est faite écraser. Mais les Matérialistes désirent tant, désirent à tout prix que Macron soit faible, qu’il ai l’air faible, sans quoi leur stratégie serait invalide.

    Il faut donc déformer la réalité. « Emmanuel Macron n’a pas fait le poids face à l’anticapitalisme romantique de Marine Le Pen. disent-ils. Cela passe par le vote pour Emmanuel Macron et on sait que les arguments s’opposant à cela sont nombreux.

    Mais ils sont tous faux : dès que l’on en prend un, on s’aperçoit qu’il n’a pas de substance, qu’il ne tient qu’au ressentiment, à l’anticapitalisme romantique, à l’incompréhension de ce qu’est le fascisme. (…) [U]n score conséquent du Front National lui offrirait une belle dynamique pour les élections législatives de juin, lui permettant ainsi de former des cadres et d’avoir accès à une encore plus importante exposition médiatique. » Les événements ont démontré que tout cela était faux. Le FN n’a pas gagné, n’a pas pris le contrôle de l’Assemblée. Grâce aux Matérialistes ? Non.

    Les prétendus-maoïstes se sont simplement prêtés à la farce de croire qu’ils avaient une influence quelconque sur les masses, en devenant les larbins de Macron, tout en se décrédibilisant auprès de leur auditoire.  Afin de préserver l’avenir, le progrès possible, donc contre le fascisme et la guerre ! concluent-ils. Comme si ce paravent nous protégerait d’un fascisme hypothétique, lequel n’aura pas besoin du FN pour se mettre en œuvre, si besoin est.

    Mais la victoire de Macron, en revanche, a donné naissance à des clameurs de joie et de chaleur de leur part. Présidentielles 2017 : « Marine Le Pen s’est brisée sur l’antifascisme

    Emmanuel Macron a reçu 65,8% des voix et c’est un succès de l’antifascisme. Avec 34,3% des voix, Marine Le Pen a clairement perdu : elle n’a pas réussi à rendre hégémonique un courant populiste et réactionnaire. » Heureusement, ils n’ont pas poussé le mauvais goût pour aller jusqu’à mettre une image de la prise du Reichstag, ornée du drapeau de l’Armée Rouge.

    Pour poursuivre : Et c’est pourquoi aussi ce succès repose sur la mobilisation massive des masses de culture socialiste et communiste, qui sont il est vrai orientées vers le réformisme, mais qui savent ce que signifie le fascisme. Jusqu’à aller, comble du réformisme-troskiste sur lequel est basé la pensée « PCF(mlm) », à déclarer : Si la Gauche ne parvient pas à se modifier de fond en comble, alors, malgré cette défaite de Marine Le Pen, elle disparaîtra simplement. De là à rejoindre le PS et les frondeurs, un petit pas reste à effectuer.

    La perle, le summum de la production de nos détracteurs est le suivant : un programme de dix points que le « PCF(mlm) » souhaite faire adopter. C’est dans ces dix points que le décalage intégral entre les prétendus matérialistes et la réalité se dévoile comme étant un divorce complet :

    1) il a été juste de mobiliser contre le fascisme et d’appeler à voter Emmanuel Macron le 7 mai 2017 ;

    2) le mouvement « Je suis Charlie », totalement oublié à Gauche, doit voir un musée lui être consacré Place de la République à Paris ;

    3) la France est née au XVIe siècle seulement avec François Ier et a été défini par le classicisme ;

    4) l’humanisme et les Lumières ont été des démarches progressistes universelles ;

    5) les huit guerres de religion contre le calvinisme doivent particulièrement être prises en compte ;

    6) il n’est pas acceptable que l’État rémunère les professeurs de l’école privée ;

    7) la destruction de l’environnement doit être analysée comme une catastrophe morale et comme expression du caractère erroné de l’anthropocentrisme ;

    8) le véganisme doit être entièrement respecté comme démarche progressiste, et soutenu ;

    9) les grands monopoles doivent être présentés comme l’ennemi principal et la base du fascisme et de la tendance à la guerre ;

    10) le but d’une société utopique doit être défendue.

    Il ne reste plus qu’a faire adopter ce programme de « transition » à la gauche et la révolution poindra à l’horizon. Le délire est total.

    Voilà ce qui justifie que nous parlions parfois, que nous évoquions cette secte, pour dénoncer sa ligne catastrophique, sa ligne sectaire, sa ligne pseudo-gauchiste, mais fondamentalement réformiste et droitière.

    Tous les arguments sont jetés dans la bataille pour justifier ce positionnement. Ceux et celles qui sont sur une ligne du rejet des élections ne sont, pour le « PCFmlm » que des gauchistes qui ne comprennent pas dans quelle nouvelle guerre d’Espagne nous sommes. Qui ne voient pas le danger du fascisme et le besoin d’une jonction Antifa-Macron. Qui sont, forcément, eux aussi, des agents du fascisme.

    Où alors est utilisé, en second couteau, le fait que les observateurs et les commentateurs ne font que rester dans leurs quartiers, dans leurs secteurs. Qu’ils n’embrassent pas de leur regard l’ensemble de la situation catastrophique.

    C’est aller bien vite en besogne, et oublier que, même au sein de notre jeune organisation, certains ont milité pendant des années dans des secteurs difficiles, dans des petites villes et des zones périurbaines où la norme était au fascisme. Et que pourtant, ils n’ont pas fait ce choix de devenir des Républicains. Non, ils ont lutté auprès des masses, avec les organisations de la classe ouvrière, avec la jeunesse populaire, avec la CGT.

    Mais la PCF(mlm) ne peut que rejeter cela ! Il exècre toute lutte de terrain, sous prétexte de demeurer dans une « offensive culturelle ». Au final il prend même position contre la mobilisation du 12 septembre.

    Car à leurs yeux, cela n’est pas assez pur, cela n’est pas assez authentique. Donc, « rien n’est à sauver. »

    La suite demain.

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Une réponse à la secte PCF(mlm) – première partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Une réponse à la secte PCF(mlm) – première partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ?

     Une réponse à la secte PCF(mlm)

    Une première approche.

    Dernièrement, la secte dénommée « Les Matérialistes », a publié un communiqué concernant la situation en Corée du Nord. Ce communiqué, inscrit dans une catégorie nommée « vers la guerre », est marqué par plusieurs éléments typiques, presque traditionnels, de ce groupuscule a l’existence presqu’intégralement virtuelle.

    Ce communiqué -mais il est loin d’être le seul, ni le premier dans ce style- n’est conçu que autour d’un seul axe : attaquer une organisation. C’est son seul et unique objectif, celui de salir la réputation d’un groupe politique, et l’accusant sans preuves, sans citations.

    Pour ceux et celles qui ne connaissent pas « Les Matérialistes », auparavant PCMLM [Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste], désormais PCF(mlm) [Parti Communiste de France marxiste-léniniste-maoïste], il est important de faire un bref rappel.

    Beaucoup ont eu l’occasion d’atterrir, un jour, sur leur site. Il est particulièrement bien nourri, regorge d’articles et -nous devons l’admettre- fournit également une quantité de documents numérisés particulièrement importante. De ce point de vue là, il s’agit de ressources inestimables, qui sont par ailleurs régulièrement consultées par de nombreux militants et militantes. C’est un fait que nous ne pouvons occulter.

    Mais, une fois rendu à César ce qui revient à César, quant vient l’heure de parler de politique, de parler concrètement de pratique, le ton change. Cette organisation s’est fait, d’ailleurs, une véritable spécialité d’étiqueter chacun de ses détracteurs comme étant, sans exceptions, ou presque, des fascistes. Chacun, à son tour, se voit attribué cet insigne honneur.

     Comme une forme de bizutage, chaque organisation communiste de l’Etat français, lorsqu’elle arrive à un certain degré de notoriété, se découvre un jour attaquée par le « PCF(mlm) ». Nous ne pouvons qu’éprouver une certaine fierté dans le fait que cette grande étape, celle d’être -plus ou moins clairement- assimilé comme étant des fascistes par eux, arrive si tôt. Nous les en remercions.

    Nous savons apprécier les couronnes que nous tressent nos adversaires et nos ennemis. Même les épines les plus acérées sont comme les lauriers de la gloire lorsqu’elles proviennent de groupes de ce genre.

    Nous, de notre plume, leur retournons donc la politesse.

    Sommes nous des acharnés, à vouloir faire cela ? Nous répondrons à la toute fin.

    S’agit-il de polémiquer avec le « PCF(mlm) » ? Non. Non, car polémiquer induit un débat, le sous-entend. Or, il est, par définition, impossible de débattre avec une secte. Recroquevillée sur une foi, sur un dogme, la secte ne peut que parer les coups, que riposter et mordre, mais ne peut pas débattre. Elle exploserait immédiatement.

    Or, pour le « PCF(mlm) », la revendication de l’héritage maoïste est dévoyée, lessivée, vidée de son contenu. De guide pour l’action, le maoïsme devient une référence religieuse, il est utilisé comme le ferait une inquisition, pour attaquer, mais jamais pour bâtir. Qu’on-t-il jamais bâti, ces individus ? Un parti de poussières autoproclamé.

    Non, nous ne polémiquerons pas. Mais nous ripostons, car nous n’acceptons pas les accusations, car nous n’acceptons pas la souillures. Nous répondons pour exposer, au vu et au su de tous nos lecteurs, la farce qu’est cette secte.

    Dans le communiqué incriminé, nous nous devons de souligner deux aspects essentiels : d’une part la méthode d’attaque terroriste et par l’insinuation, d’autre par le fait que ce communiqué noie le poisson et évite intégralement de prendre position, confirmant son origine génétique : une bête conçue pour nous mordre, rien de plus.

    « Ainsi, voilà ce que nous trouvons : Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. Il faut avoir le romantisme le plus délirant d’Alain Soral ou Dieudonné pour y voir des vertus (ils y seront d’ici quelques jours pour un voyage organisé), et il est vrai qu’un tel « anti-impérialisme » totalement national-révolutionnaire se retrouve également chez des gens se voulant de gauche (comme « Unité Communiste de Lyon » et autres révisionnistes et réformistes du genre). » (7 septembre 2017)

    Ce communiqué réussit donc le tour de force de nous citer dans le même paragraphe que Dieudonné et Alain Soral. Nous pensons que nos positions relatives à la question du fascisme et de l’impérialisme français sont claires et nettes. Il aurait été de bon ton de citer notre communiqué au titre de preuve, pour en extraire les parties incriminées. Mais peut-être est-ce déjà trop demander ? Et cela aurait nuit à la manœuvre.

    Cette insinuation, qui fleure bon l’accusations sous-jacente d’antisémitisme, est d’autant plus savoureuse qu’elle prête le flanc à la contre attaque. Car, bien que cela soit en filigrane, il est possible, de déduire que Israël possède une place particulière dans le cœur de cette organisation. Il est tout à fait possible de consulter la page Mit naganes in di hent – Culture juive et antisémitisme pour s’en rendre compte.

    Par ailleurs, un bref regard sur les positions du PCF(mlm) et de ses formes précédentes est éloquent. Depuis 2006, les positionnements sur le soutien à la Palestine ont peu à peu disparu, pour faire place à une critique en règle -ou plutôt un bombardement- des positions des organisations palestiniennes et des soutiens à cette cause. Chaque manifestation contre l’impérialisme israélien est traitée avec une suspicion de « fascisme » et d’antisémitisme telle qu’elle justifie, in fine, le soutien à la seule « démocratie » du Moyen-Orient.

    Nous sommes taxés d’être des « nationaux-révolutionnaires » ou d’autres sornettes de ce genre. Soit. Nous ne comprenons pas ce que cela signifie, mais il est évident que, sous les doigts des rédacteurs du communiqué qui nous attaquait, cela n’avait probablement pas valeur de compliment.

    Le communiqué enchaîne les attaques sur le fait que nous soyons des « révisionnistes et des réformistes », sans jamais citer quels passages de nos textes, pourtant très aisément disponibles, leur permettent de parvenir à ce constat. Au sein de notre communiqué relatif à la Corée du Nord, effectivement, nous ne développons pas de positions révolutionnaires, le communiqué ayant volonté à dénoncer une escalade militaire entre blocs géopolitiques antagoniques. A dénoncer cette escalade et à dénoncer la campagne de propagande comparant le régime de Pyongyang à un régime génocidaire et fou.

    L’attaque contre le communiqué que nous avons publié sur la Corée n’est qu’un prétexte.

    Nous ne doutons pas que ce cache derrière quelques rancœurs. Probablement les critiques -citées pour le coup- concernant certaines des positions développées au fil des différents communiqués de cette secte.

    Lorsque les policiers ont manifesté pour réclamer de meilleurs moyens de maintenir l’ordre bourgeois et de commettre des meurtres impunément, nous les avons effectivement attaqués, tout comme Lutte Ouvrière. Lorsqu’ils ont exigé un musée de « l’esprit Charlie », nous n’avons pu même contenir certains rires, tant la déclaration ne pouvait prêter qu’à cela.

    Pour mémoire, le 22 octobre 2016, dans un article intitulé « A propos du mouvement des policiers et du rôle de la police » voici ce que nous retrouvons comme diatribes : « Depuis mai 68, où il n’y a pas eu de morts, aux manifestations contre la Loi Travail, où la police a servi littéralement de punching-ball aux anarchistes, il y a une continuité [dans la désescalade de la violence] très subtile [trop, probablement] menée par la direction policière, tout à fait dans l’esprit républicain – franc-maçonnerie.

    Cela ne signifie bien sûr pas qu’il n’y a pas de la casse, avec un prix humain certain, comme Malik Oussekine ou Rémi Fraysse, mort il y a deux ans. Toutefois, la police ne torture pas, ne tabasse pas, ne tire pas : les violences se passent à la marge des normes. [C’est nous qui le soulignons]

    Quant à la situation dans les cités, seule la petite-bourgeoisie radicalisée peut tenter de prétendre que c’est là une généralité, alors que cela se passe totalement aux marges de la société française et, qui plus est, avec une présence importante des mafias.« 

    En pleine mobilisation réactionnaire, partageant, pour le coup, des positions similaires avec Lutte Ouvrière, voilà ce que disaient les laquais de la police que sont « les Matérialistes » : « La police comme tradition, comme courant de pensée, n’existe plus ; la police est désormais un organe de répression peuplé non plus de volontaires choisissant une appartenance idéologique et culturelle, mais d’individus tentant une carrière comme une autre. (…)

    Tout policier sait par exemple que les deals de drogues ne sont en France pas réellement inquiétés ; cette contradiction entre leur rôle officiel et la réalité saute aux yeux. Les situations de ce type étant tout à fait nombreuses, les malaises sont très grands chez les policiers.

    Ceux-ci tendent, de par le poids idéologique de la réaction, à l’extrême-droite, mais une minorité en tire un point de vue républicain social tout à fait antifasciste.

    Pour cette raison, il est idiot de mener campagne contre les « violences policières » [également, nous le soulignons], de protester devant des commissariats et autres activités petites-bourgeoises en quête d’une police neutre. » (19 mai 2016)

    L’article, dans son intégralité, serait à citer. Il est un monument, une Joconde de bêtise et de fanatisme à la Duterte : tuer les dealers et faire respecter l’ordre, voilà le sens profond de ces articles. L’application du slogan trotskiste du « policier étant un travailleur sous l’uniforme » est poussée jusqu’au bout. La dénaturation du marxisme est totale. Le PCF(mlm) réussit le tour de force de se faire le suppôt de la police, quitte à l’exempter de tous les crimes. Ainsi le 12 février 2017, en pleine affaire Théo, la secte ose : « Le premier aspect [du crime commit], c’est bien sûr la nature de la violence policière et son contexte précis, qui tous deux sont tout à fait bien circonscrits.

    En effet, il ne s’agit pas de la Police nationale en générale, mais d’une unité militarisée, la « Brigade Spécialisée de Terrain ». » Nous sommes rassurés. Nous sommes sûrs et certains que les victimes des violences policières sauront apprécier.

    Mais le « PCF(mlm) » tente de se raccrocher à la gauche en écrivant : « Tout le monde aimerait, en réalité, disposer d’une police au service réel du peuple. Cela ne sera cependant possible que dans une démocratie populaire. » Probablement que oui. Mais un océan sépare ces deux situations, un océan dans lequel les auteurs de ce torchon se noient. Un jour, la police, l’Etat, l’armée seront populaire. Mais, comme des alchimistes, les pseudo-matérialistes pensent que le plomb de la police bourgeoise peut se transmuter directement en or de la police prolétarienne, au service des masses. D’une part c’est un tour de passe-passe, l’URSS ou la Chine faisant usage de milice, non de police, d’autre part cela revient, bel et bien, à escamoter la nature de classe des institutions.

    Police, Etat…. Ne mutent pas. Les institutions de la dictature du prolétariat ne sont pas les mêmes que celles de la bourgeoisie. Elles naissent du démantèlement de l’ancien monde, sont d’un autre bois, d’une autre chair, d’une autre nature de classe, du fait de leur contenu politique.

    Il faut ne pas avoir fréquenté les quartiers populaires, ne pas avoir fréquenté les manifestations, ne jamais sortir de chez soi et ne jamais quitter sa gated-community pour voir les choses ainsi. Il faut dire que, hormis le 11 janvier 2015, où ils sont sortis fanfaronner au milieu de la multitude « je suis Charlie », la présence du PCF(mlm) ou de ses ramifications, dans les manifestations, tient purement et simplement du domaine du mirage.

    Les adulateurs de Renaud que sont le « PCF(mlm) » peuvent claironner autant qu’ils veulent, ils agissent en idéalistes et essaient de déformer la réalité pour la faire coller à leurs désirs et à leurs fantasmes. Ecraser les dealers, écraser les « communautarismes », fantasmer sur les mafias. Cela rejette, in fine, les Matérialistes dans une position de soutien à l’Etat bourgeois et aux forces de l’ordre. Ils peuvent, eux aussi, revendiquer une palme du crypto-fascisme.

    Comment ne pas attaquer un positionnement aussi réactionnaire ?

    Et pourtant ! Ils parviennent à faire plus fort encore, quant à leur posture vis-à-vis d’Emmanuel Macron, lors de son élection. Ils parviennent à se vautrer davantage dans l’opportunisme, dans la collaboration de classe, dans le fait de devenir un paillasson de la bourgeoisie.

    La suite sera publiée demain.