Étiquette : Pauvreté

  • Assez de la misère ! – Tract UCL ouvert à signature.

    Assez de la misère ! – Tract UCL ouvert à signature.

    Nous avons rédigé ce tract dans l’optique de le mutualiser avec d’autres organisations ou groupes. Nous l’ouvrons à signature, en considérant qu’il est plus qu’urgent d’avoir une voix commune, même a minima, dans les luttes qui se préparent. Nous avons à cœur de rompre avec un sectarisme trop souvent présent dans les milieux militants. Nous appelons donc à le partager, à le signer, à le faire chacun sien.

    Jours après jours la même épée de Damoclès est au-dessus de nos têtes. La précarité, le chômage, les retraites minables font de chaque matin une angoisse, et causent à un grand nombre d’entre nous des insomnies épuisantes.

    Tout se paie, dans notre société. Se nourrir, se loger, se vêtir, élever ses enfants, se soigner, vieillir… même mourir peut endetter durablement un foyer. Or, les employeurs et les employeuses ne calculent nos salaires que pour le strict minimum : travailler et tenir jusqu’au lendemain. Les dépenses vitales, dans une société qui n’a jamais été aussi riche et productive, dévorent chaque année des parts plus grandes de nos salaires.

    Chaque nouvelle réforme des gouvernements successifs, depuis 30 ans, aggravent notre détresse. Macron creuse les inégalités, le schéma étant le même : « Telle catégorie de la population coûte trop cher au pays, si nous voulons prospérer, il faut qu’elle se serre la ceinture ».

    Mais ce n’est pas le cas de tous.

    Ce « nous », ce n’est pas le peuple, c’est une catégorie extrêmement restreinte de la société. Une catégorie qui peine à se camoufler.

    Ce « nous », ce sont les banquiers, les grands patrons, les chefs de cartels industriels, tous ces hommes et toutes ces femmes dont la seule fonction est de vampiriser toutes les richesses produites.

    Pour leur bien-être, pour leur succès en affaire, les conquêtes sociales sont ravagées. Le trio arraché par la menace des armes, en 1945 (chômage, assurance maladie, retraites…) nous est repris. A la place, la start-up nation nous donne le droit de nous exploiter nous-même jusqu’à la mort, en étant notre « propre patron Uber ». Notre air, notre eau, notre terre sont pollués, salis, souillés et pillés. L’avenir que nous réservent ces individus est bien sombre.

    Et cela fonctionne. Les milliardaires français ne se sont jamais portés aussi bien. Le clan Bernard Arnault est devenu la plus grande fortune mondiale. Les commandes de l’État sont là pour leur garantir leurs revenus. Et si ces messieurs et ces dames de bonne société voient leurs intérêts menacés, la police, la justice et l’armée veillent. Si leurs bénéfices diminuent, nos impôts les renfloueront.

    Lorsqu’on daigne s’adresser à nous, ce n’est que pour obtenir nos votes, contre des promesses qui n’engagent rien ni personne. Or, nous produisons tout. Ouvriers et ouvrières, employés et employées, travaillant dans l’agriculture, l’industrie, les services, la santé, l’éducation… mais aussi ceux et celles qui subissent l’occupation militaire de la part de notre armée, pour qu’on arrache leur pétrole ou leur uranium.

    Nous faisons tout, mais nous n’avons rien !

    Nous n’acceptons pas.

    • Nous n’acceptons l’exploitation.
    • Nous n’acceptons pas la destruction de nos droits.
    • Nous n’acceptons pas la destruction de la planète.
    • Nous n’acceptons pas les guerres menées en notre nom.
    • Nous n’acceptons pas la misère comme avenir.

    Nous produisons. Nous pouvons et nous devons décider.

    Partout, les luttes éclosent. Partout des combats sont menés. Batailles séparées, elles se rassemblent progressivement.

    La longue lutte des Gilets Jaunes, les mouvements contre la destruction du climat, les mouvements contre les violences faites aux femmes, les grèves et la mobilisation étudiante… nous ne sommes pas seuls. Ces combats sont les différentes facettes d’une même remise en cause de l’ordre.

    La 5 décembre, nous sommes tous dans la rue. La grève sera forte !

    C’est un début, cela doit être poursuivi et amplifié.

    En étant plus nombreux et nombreuses : rallions-nous dans les luttes !

    En étant plus organisés : formons des comités de lutte, rejoignons les organisations combatives, et les Assemblées Populaires.

    En nous structurant et en développant les outils de la victoire : ceux qui nous exploitent ne reculent pas. Ils nous croient faibles et désemparés. Ils pensent pouvoir nous tromper avec une alternance LREM / RN ou autre.

    Derrière nos revendications d’une vie meilleure, plus juste, plus équitable, se pose une question fondamentale : celle de pouvoir la mettre en place. Or, les élections ont toujours amené au pouvoir des exécutants serviles de la grande bourgeoisie. Nous voulons autre chose.

    En France comme partout dans le monde, ceux qui veulent construire une nouvelle société se rassemblent et s’organisent. Nous voulons forger un outil qui nous permette d’être plus forts, mais également de pouvoir développer un projet de société commun.

    Une société démocratique, dans laquelle ceux qui produisent les richesses décident de comment les répartir.

    Une société juste, dans laquelle l’État n’est pas un outil d’oppression des riches contre les pauvres, mais un outil de défense contre les résidus de leur ordre.

    Une société de progrès, dans laquelle les inégalités sont balayées par le travail commun et l’émulation commune.

    Pour la construire, nous avons besoin de forger le Parti du Peuple.

    Pour la construire : rejoignez-nous !

  • Qui sont les assistés ?

    Qui sont les assistés ?

    Qui sont les assistés ?

    Depuis des décennies, les gouvernements successifs mènent une guerre. Une guerre contre les droits sociaux, contre le salaire élargi. Une guerre contre les travailleurs.

    Aiguillonnée par la crise, la grande bourgeoisie a brusqué l’ordre du jour de la chasse au “coût du travail”, mais également de la chasse à toutes les dépenses sociales et toutes les cotisations.

    Il en résulte une propagande éhontée qui cible les plus pauvres, les plus précaires, les plus vulnérables, les accablant de tous les maux.

    Ainsi, d’après Emmanuel Macron, les aides sociales coûteraient un “pognon de dingue” et il serait nécessaire que les plus pauvres se “responsabilisent”. La Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s’est également fendue d’un tweet sur le sujet, en affirmant ceci : “Toucher 550€ de RSA/mois ne permet pas de sortir de la pauvreté s’il n’y a pas d’accompagnement efficace vers le travail. Un vrai travail, un vrai salaire: voilà le projet du gouvernement !
    “L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes” (K.Marx)”

    Ces exemples, ils sont légion, sont de passionnantes fenêtres sur l’esprit des dirigeants de l’Etat bourgeois. Ils sont également de biens sinistres aperçus sur les projets de la classe qu’ils servent.

    Dans l’esprit de ces grands commis d’Etat, des intendants des intérêts de la grande bourgeoisie monopoliste , les aides sociales sont des aumônes versées à une plèbe oisive par ceux qui “ont” et ceux qui “sont”, en somme, par les bourgeoise. Le sentiment des agents de la bourgeoisie, est que cet argent, pris dans la poche de leurs commanditaires, ne fait qu’entretenir la faiblesse, la paresse, la fainéantise. La solution serait alors de “responsabiliser” les pauvres en les soumettant à la menace de l’appauvrissement, en leur ôtant de quoi survivre, dans l’espoir de les obliger, de les contraindre à sortir de leur oisiveté et à vendre leur force de travail -quelqu’en soit le prix.  Dans une grande illustration du darwinisme social, le pauvre doit s’en sortir par lui-même ou disparaître. C’est le sens qu’accorde Marlène Schiappa, par ailleurs théoricienne du féminisme libéral, à la citation de Karl Marx. Les travailleurs seraient des enfants à secouer.

    La réalité est toute autre.

    Elle est même intégralement l’inverse de celle qui est décrite par les mercenaires des exploiteurs. Premièrement, la création de la richesse n’est nullement le fait de la bourgeoisie. Elle se targue de réaliser des profits immenses par “sa prise de risques”, par son “sens des affaires”, par ses prouesses. Mais dans les faits, l’intégralité des marchandises -qui forment la base de l’échange commercial, donc de la création de richesses matérielles- sont le fruit du travail des ouvriers -industriels et agricoles- ainsi qu’une partie infime par l’artisanat et la paysannerie traditionnelle.

    La totalité de l’argent détenu par cette bourgeoisie est le fruit d’une accaparation parasitaire. Chaque fois que la bourgeoisie se plaint -et elle sait le faire, à l’exemple de Serge Dassault- elle se plaint du fait de ne pouvoir plus exploiter encore les travailleurs et les travailleuses.

    La grande bourgeoisie ne paie pas d’impôts, puisque ceux-ci sont, de fait, payés par ses exploités. Et encore, elle dispose de ristournes, d’arrangements, d’exonérations pour y échapper. Pourtant elle continue à rechigner de payer ces sommes “confiscatoires”. De fait, elle n’a toujours pas digéré l’existence d’un impôt sur le revenu progressif. Il lui paraît toujours aussi monstrueux, aussi criminel, aussi injuste.

    Ses hurlements contre les aides sociales, contre les cotisations, contre les retraites, contre l’assurance maladie ont ainsi une double nature : ce sont des cris contre le salaire, dont font partie ces “charges patronales”, ces “charges sociales”. La bourgeoisie s’époumone, en vérité, non pas contre le “coût du travail”, mais contre le salaire indirect, le salaire élargi, qu’elle doit verser à celles et ceux qui produisent les richesses. Elle s’indigne de ne pouvoir le baisser au minimum vital, pour augmenter sa rentabilité, pour augmenter ses marges, pour augmenter ses profits et son attractivité auprès des investisseurs.

    Elle s’énerve aussi de voir ces sommes échapper au marché de l’assurance, au marché des complémentaires retraites et des fonds de pension, en somme à ses poches. Le désir le plus profond serait de remplacer les bourses aux étudiants par des prêts bancaires ; de voir se systématiser les crédits à la consommation, de voir s’endetter à mort les ménages. Il s’agit de la voie qu’ont pris les Etats-Unis d’Amérique. La dette et le surendettement sont ainsi les compagnons de vie des masses étatsuniennes.

    Alors la charge contre les pauvres, que signifie t’elle ?

    Les exclus du travail ont toujours servi d’armée de réserve, d’épouvantail à la bourgeoisie. Le but même de l’existence de ces individus en détresse est d’effrayer les prolétaires pour leur montrer ce qui les attends si jamais ils ou elles se montrent trop exigeants avec leurs maîtres.

    Elle désire cependant plus. Elle désire niveler par le bas le statut des travailleurs et des travailleuses, en projetant d’obliger ces exclus du travail à accepter toute offre d’emploi, y compris dans des conditions de travail ou de salaire qui soient dégradées. Il s’agit, en somme, dans une oeuvre commune avec la Loi Travail et même Parcoursup -qui prépare une armée de travailleurs et des travailleuses sans qualifications- de casser l’existence du salaire indirect et du SMIC. Il s’agit de créer une nouvelle ère de misère, de précarité et d’endettement.

    N’y a t’il pas quelque chose de fantastique au fait de voir des individus n’ayant jamais exercé un travail honnête et productif de voir tenir ce langage vers ceux qui peinent, suent, souffrent, mais créent la richesse ? N’y a t’il pas une délicieuse perversité dans le fait que ce soient des individus qui vivent en parasites sur ces richesses, qui sont payés par les impôts, qui les utilisent à des dépenses stupides ou ostentatoires, qui s’érigent en gardiens et gardiennes de la probité ? Que les journaux de la propagande bourgeoise soient soutenus par les deniers publics, que les bourgeois et les bourgeoises elles-mêmes se réfugient dans la socialisation des pertes dès que l’orage gronde ?

    Mais là où Marlène Schiappa a raison, c’est dans le fait que Marx a raison : “L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes”. Mais loin du slogan ultra-libéral, restaurons le véritable sens de cette phrase : l’émancipation des travailleurs proviendra de leur lutte, non seulement sans les politiciens et les politiciennes bourgeoises, mais même, contre elles !