Étiquette : Parti Socialiste

  • FISC et lutte des classes – Partie VI – La curée.

    FISC et lutte des classes – Partie VI – La curée.

    Avant-dernière partie, au final, de cette brochure-formation sur les impôts. N’hésitez pas à l’employer, à la diffuser, à la relayer. La question de l’histoire du FISC est une question trop souvent oubliée, mais ô combien révélatrice de l’état d’esprit d’une bourgeoisie féroce et parasitaire.

    La curée. 

    Avec la chute de l’URSS vient son corolaire, la chute du PCF. La bourgeoisie prend appui sur ces événements, fruits d’une longue dégénérescence, pour initier une offensive anticommuniste de premier ordre.

    Le gouvernement de l’époque, la dream team d’agents virulents de la bourgeoisie, a lancé une attaque massive contre les acquis sociaux. Attaques contre les retraites, attaques contre la Sécurit Sociale…

    Leur succès est de parvenir à plafonner les remboursement des soins. Le taux de remboursement diminue donc ce qui fait que les frais sont directement assumés, de manière inégalitaire, par les patients eux-mêmes. Dans le même temps, cela offre la possibilité de pouvoir développer les mutuelles, ces entreprises privées qui font du profit sur la bonne santé des travailleurs et des travailleuses, mais qui rechignent à verser leur dû lorsque la maladie frappe.

    En revanche, ces échanges monétarisés nouvellement créés donnent naissance à une croissance économique visible. Fait paradoxal, la misère créé de la croissance et de la richesse. Cette manière de fonctionner est présentée comme une avancée, alors qu’elle est un recul terrible et dramatique.

    Après avoir étranglé la sortie, en jugulant les versements de prestations sociales, la bourgeoisie s’attaque à l’entrée financière.

    Les luttes de 1995 bloquent temporairement l’avancée des réformes-liquidatrices. Celle si est enrayée sous le premier mandat de Chirac, lequel dissout l’Assemblée. Contre toute attente, en 1997, la « gauche plurielle » remporte les législatives anticipées. Le PS est la force politique principale, avec un premier ministre issu des rangs trotskistes, Lionel Jospin.

    Lionel Jospin et son gouvernement sont des Mitterrand light. Ils -et elles- sont portés par les luttes comme une issue politique à celles-ci. L’élan n’est plus le même que dans le début des années 1980. Il n’y a pas de période de grâce et d’avancée. Dès 1997, les mesures qui sont prises sont anti-sociales et ce gouvernement se montre le plus grand agent de la privatisation de l’histoire de la Vème République. Le Parti Socialiste initie une réforme perverse, celle des 35h. Cette réduction du temps de travail s’accompagne de la possibilité d’adjoindre des heures supplémentaires. Le patronat devrait hurler, mais il ne le fait que modérément. Pourquoi ?

    Il a obtenu un arrangement « à l’amiable ». Le temps de travail est annualisé, et donc les horaires peuvent être adaptés d’une manière qui arrange le patron et ses besoins en terme de masse salariale. In fine, cela dessert les travailleurs et les travailleuses, qui ne sont même plus maîtres de leur emploi du temps. Toutes les souplesses en terme de Code du Travail ne sont que celles de l’échine du salarié, qui doit se courber pour satisfaire son patron.

    Deuxième aspect, qui rejoint l’attaque contre le financement de la Sécurité Sociale, concerne les excédents budgétaires. Les années où la Sécurité Sociale dispose de plus que ses besoins, ceux-ci sont exonérés – auprès du patron. Des micro-accords dérogatoires permettent d’étendre cela auprès d’autres entreprises. Au final, cela signifie qu’une partie du salaire brut n’est pas versée au salarié, mais rentre dans la poche du patron.

    Le salaire est impacté, mais de manière invisible, puisque l’argent perçu effectivement à la fin du mois ne change pas. Les patrons en ont profité pour se glisser dans toutes les niches fiscales possible, et optimisant au maximum leurs versements. Ainsi les cotisations sociales, les salaires élargis, ont diminué.

    Tant que l’économie allait de manière correcte, cela ne se percevait pas particulièrement. Mais lorsqu’elle s’est enrayée, tout cela s’est transformé en déficit, en ce qui est présenté comme « le trou de la sécu. »

    Le discours s’est alors porté, d’une manière particulièrement cynique, sur les malades, les personnes âgées, les fraudeurs… Tandis que les patrons ont poursuivi leur captation des richesses produites. Au final, le seul succès de ce gouvernement fut une Couverture Mutuelle Universelle pour les plus pauvres, présentée comme une succès, mais étant, au final une roue de secours tragique. Au lieu de tenter de s’attaquer à la grande pauvreté, elle est amortie.

    A la suite de ces cinq années de gouvernement PS, cinq année de création de déficit social, les masses n’ont pas mordu de nouveau à l’hameçon. Ce fut l’un des pires scores du Parti Socialiste, avec le 21 avril 2002, mettant pour la première fois en lice, au second tour des élections présidentielles, le candidat du FN. La droite revient pour dix ans.

    Elle poursuit les attaques. En tirant prétexte du déficit, elle initie un rallongement du temps de cotisation pour obtenir un départ à la retraite à taux plein. Les travailleurs et les travailleuses sont exploitées plus longtemps, tout en étant payées moins, du fait des exonérations de charge réalisées par Lionel Jospin au travers des 35h.

    Depuis, ces phénomènes ce sont sans cesse accrus, avec les attaques constantes sur ces caisses de cotisation. Seule la TVA trouve fondamentalement grâce aux yeux de la bourgeoisie.

    La bourgeoisie tire à boulets rouges, mais les attaques se précisent. Les exploiteurs flairent une possibilité de pouvoir frapper avec ampleur les système d’impôt en général. La hausse de la TVA -sous couvert de la TVA sociale ; taxe carbone…etc. L’idée étant de combler les problèmes de finances de l’Etat par les moyens les plus injustes.

    Sarkozy s’est heurté cependant à des mobilisations, des luttes. Le cycle recommence, mais à chaque fois en plus affaibli, en plus essoufflé. Les luttes amènent le Parti Socialiste au pouvoir, qui fait pire que la droite, car il shunte les organisations de lutte. Les masses sont dégoutées, et, prisonnières de la démocratie bourgeoise, se tournent vers le parti d’opposition, la droite.

    Hollande est élu, porté par l’anti-sarkozysme. Lorsqu’il ne liquide pas le code du travail, il prépare une nouvelle forme d’imposition : le prélèvement à la source. Cette réforme, incomplète, est appuyée par de grands droitiers issus des finances, Sapin et Macron.

    Qu’est ce que c’est ? L’impôt sur le revenu est annuel. On déclare ses impôts et on paie, le cas échéant ce que l’on doit. Cet impôt est payé d’un coup, et est donc lourd et compliqué. Cela demande d’une part de la rigueur, de l’autre de la trésorerie. Cela se sent passer, mais d’une certaine manière créé une proximité entre le contribuable et son argent. Il, ou elle, sait combien est versé.

    Déja, un premier éloignement avait été fait par les déclarations pré remplies. Elles n’exigent plus de réflexion particulières et peuvent être faites par internet. In fine, il s’agissait déjà d’un premier pas. Le ou la contribuable contrôle peu la déclaration, n’a pas d’échange avec les fonctionnaires des impôts, n’a pas de prise sur le fonctionnement et sur la manière dont le prélèvement se fait.

    L’impôt à la source est payé, lui, chaque mois, prélevé directement sur le salaire. C’est donc une manière progressive de verser l’écot dû, sans questions à se poser. Séduisant ? Oui.

    Mais, finalement, cela éloigne complètement l’imposé des fonctionnaires chargés de le faire. Un problème, une difficulté de paiement, et il n’y a pas de voie de recours. Cela supprime tout autant de postes de fonctionnaires, tout autant de contact entre l’administration et l’administré. Comment, dans ces conditions, contester ?

    D’autant que ce prélèvement automatique est fait par l’émetteur de la paie, le patron. Celui-ci dispose d’un accès à tous les revenus de l’imposé ou du foyer, alors que normalement il n’a pas de droit de regard à ce sujet.

    Macron semble avoir des difficultés, maintenant qu’il est au pouvoir, à mettre en place ce système. Il est repoussé à 2019. La modification du mécanisme et des conséquences sur les rentrées d’argents dans le budget de l’Etat semble lourde à gérer.

    Mais Macron prépare plus ample que cela, plus grand et plus loin : un retour à l’impôt à la Vauban.

     

  • FISC et lutte des classes – partie V – le paradoxe Mitterrand

    FISC et lutte des classes – partie V – le paradoxe Mitterrand

    Nous arrivons bientôt au terme de notre compte-rendu de formation sur la question de la fiscalité, laquelle pourra être retrouvée intégralement – et commandée – sur notre site.

    Le paradoxe Mitterrand.

    D’une manière générale, jusqu’aux années 1980, les Trente Glorieuses se poursuivent. Le capitalisme se porte plutôt bien. Un grand nombre de luttes sociales fleurissent et s’expriment durant la période. Or, le meilleur moyen de tuer la lutte sociale réside dans une victoire de la gauche réformiste. Ainsi, le capital ne va pas se montrer d’une hostilité renversante lors de la campagne de Mitterrand pour les élections de 1981. Au contraire, la bourgeoisie va même, dans une certaine mesure, accompagner le mouvement.

    Jusqu’en 1983, tout se passe relativement bien. Mitterrand est élu, à la grande joie d’une partie de la population, et des avancées sociales apparaissent, du fait de l’élan et de l’entrain suscité par les luttes. Ces luttes atteignent une apogée cette année là. Puis la situation se tend, et, finalement, la bourgeoisie frappe à nouveau avec une virulence décuplée.

    Deux choses positives, dans l’organisation de l’impôt, ressortent du mandat de Mitterrand. Ce sont des concessions accordées au Parti Socialiste pour tuer les luttes et briser le rapport de force. La première est l’ISF – Impôt sur la Fortune – lequel vient, par ailleurs, d’être liquidé. L’ISF touche la grande fortune, rapporte peu, mais oblige néanmoins ces mauvais payeurs que sont les bourgeois à contribuer. Surtout, jusqu’à présent, le capital et les possessions immobilières restaient intouchées.

    Le second aspect, quant à lui, est d’un tout autre registre, il s’agit de la loi de décentralisation. Elle change cependant l’organisation de l’impôt.

    L’Etat gaulliste est un Etat ultra-vertical et particulièrement concentré. Le pouvoir est à Paris, entre les mains de l’Etat. Celui-ci décide, les autres exécutent. Au final les communes n’ont que très peu de marge de manœuvre.

    Avec la décentralisation, les collectivités, plus proches des habitants, gagnent une certaine autonomie par rapport à l’Etat, ainsi que certaines compétences qui leur sont propres. Le corolaire réside dans la possession d’un budget autonome, qui doit se financer par les impôts. La taxe d’habitation, sert notamment à cela.

    La taxe d’habitation est un terrible couperet qui tombe chaque année, pour une grande part des locataires, en particulier les ménages modestes. A l’origine elle n’est pas censée être si injuste que cela, puisqu’elle est payée à part égale entre le locataire et le propriétaire, elle est conditionnée au loyer et touche le patrimoine immobilier. Le problème est qu’elle est répercutée dans les loyers par les rapaces que sont les bailleurs.

    Cet impôt sert à faire fonctionner ces collectivités locales. C’est un point important, car, sans cela, les communes seraient dépendantes intégralement des dotations de l’Etat.

    La France connaissait un problème important par rapport à Paris. Paris, c’est 1/5ème de la population. Paris concentrait toutes les instances, tous les pouvoirs, tous les moyens également. Le reste était terriblement vide jusque dans les années 80. Avec cette décentralisation, une dynamique propre, locale, peut se développer. Cette décentralisation est, dans une certaine mesure, une démocratisation.

    Le problème de Mitterrand se pose ainsi : le début du mandat est marqué par de vraies évolutions sociales. Même les banques sont nationalisées. Mais, dès que le zénith des luttes est passé, tout ce qui pouvait être fracassé l’est. Fuite des capitaux, attaques orchestrées contre les marchés, dévaluation de la monnaie, baisse des salaires…à ce titre, Mitterrand organise un blocage de ces derniers, ce qui est une première forme de mesure d’austérité.

    Le Parti Socialiste a aussi tué l’espoir. La liste des abominations commises par celui-ci et son parti est immense. Cela va des liens avec les réseaux Foccart, le massacre de Nouméa, l’opération contre le Rainbow Warrior, la trahison de ETA… D’un point de vue social, tous les gains furent perdus.

    Dans les années 1990, après la première cohabitation, la CSG [Cotisation Sociale Généralisée] est mise en place. Le gouvernement Rocard va ainsi ponctionner les petits épargnants pour payer la Sécurité Sociale. Il s’agit, de nouveau, d’un impôt par capitation, payé  en taxant les ménages, mais -surtout – pas le capital. Les retraités, également, le paient, ce qui est une nouveauté. Ce système de financement, que Macron vient d’augmenter, complexifie les entrées d’argent de la Sécurité Sociale, et le rend plus vulnérable.

    Ce n’est plus le salaire socialisé qui permet de le financer, mais également cela. Cela se traduit par un taux fixe, entérinant la suppression des variables qui permettaient d’ajuster les entrées d’argent en fonction des besoins. Cette manière de fonctionner permet « d’affamer la bête », de lui ôter les moyens de fonctionner convenablement, ouvrant la voie à des attaques directes sur le fond de l’affaire.

    Les attaques sur le salaire socialisé se mettent en œuvre. Elles se font autour d’un mensonge : celui du lien entre charges sociales et chômage. Cela passe par le fait de développer une rhétorique sur la nécessité de baisser cette part du salaire socialisé, en somme de baisser les salaires. Ces mesures ont un impact direct sur le niveau de vie de la population. Pourtant, elles ont lieu sous un gouvernement PS.

    Le chômage devient une épée de Damoclès terrible. Ce fléau prend des proportions immenses. Même si elle met des années à se répercuter concrètement, la crise du pétrole a frappé de plein fouet. Elle met fin aux Trente Glorieuses et ouvre une période de chômage massif. Pendant plusieurs années, les chômeurs subissent une misère infernale. Finalement, le développement des assurances chômage permet, dans une certaine mesure, de compenser cela. Cette caisse, financée par les cotisations sociales, est notre quatrième et dernière caisse d’impôt, les ASSEDICS. Dans la même optique, après Mitterrand, Jacques Chirac développa l’Agence Nationale Pour l’Emploi, ou ANPE.

    1991 forme un point de bascule.

    Aucun progressiste n’a pu trouver une raison de bondir de joie à l’annonce de la fin de l’URSS. En revanche, bon nombre d’anticommunistes – camouflés ou non, ont saisit l’opportunité qu’elle représentait. La chute, par un effet de domino, entraîne dans les ténèbres et les abysses le PCF. La période d’après 1991 est une des périodes politiques les plus répugnantes. En 1993, la chambre des députés est la plus à droite jamais vue. Même la chambre Bleue Horizon, même la chambre après 1968 n’allaient pas aussi loin. Le gouvernement est dirigé par Balladur et comprend parmi les personnalités politiques les plus réactionnaires de l’époque.

    Pasqua ; Madelin ; Juppé ; Sarkozy ; Fillon ; Perben… En somme, une dream team de choc, parfaite pour monter une action offensive massive contre les droits sociaux.

  • FO-PS, la ballade des traîtres.

    FO-PS, la ballade des traîtres.

    FO-PS, la ballade des traîtres.

     

    Nous avons écrit ce communiqué à la suite des annonces de Force Ouvrière et du Parti Socialiste. Ce dernier s’étant rétracté et ayant annoncé qu’il ne serait pas présent « en tant qu’organisation » à la manifestation du 12, certains changement ont été effectués. Cependant, sous leur drapeau ou non, ces individus, ces corrompus et ces compromis n’ont pas de place dans nos rangs. Nous maintenons le fait que nous considérons qu’ils n’ont pas à défiler avec nous, qu’ils se présentent sous la bannière d’une syndicat, d’une association, ou en leur nom propre. 

    Dans notre publication du 31 Aout 2017, nous fustigions l’attitude de cavalier seul de Jean-Luc Mélenchon. Elle nous paraît inconséquente et dangereuse, tandis que se rapproche de jours en jours la rentrée sociale.

    Cependant, Jean-Luc Mélenchon est loin d’être seul à tremper dans le cynisme et dans l’opportunisme de bas étage.

     A sa décharge, nous pouvons même affirmer qu’il est loin d’être le lauréat de la mesquinerie. La concurrence est bel et bien rude, cette année.

    La bataille débute à peine que, déjà, les lignes se dessinent. Ceux qui penchent du côté du gouvernement et qui sont prêt à se vendre pour devenir ses interlocuteurs privilégiés. Ceux qui, au contraire, vont faire mine de lutter pour engranger des soutiens, une audience, une nouvelle virginité politique.

    Ainsi, nous pouvons en épingler deux acteurs majeurs, d’entrée de jeu : Force Ouvrière et le Parti Socialiste. Ironie des ironies, ce dernier, par ailleurs, fustige Jean-Luc Mélenchon pour sa politique en solo et se réclame de l’unité avec les syndicats, avec la CGT, pour ensuite revenir sur ces paroles, du fait du tollé que leur participation a déclenché. Belle leçon de virvoletage la part des plus grands traitres de l’histoire sociale.

    Jean-Claude Mailly, secrétaire confédéral de FO, l’a annoncé. Les treize membres du bureau confédéral de Force Ouvrière ont voté à l’unanimité. Ils ne participeront pas à la grande manifestation du 12 septembre, appelée notamment par la CGT, SUD, Front Social et sa myriade de composantes.

    Officiellement, FO ne soutient pas le projet de loi « dans son intégralité », indiquant dans une entretient au journal « Les Echos » : « Je suis sûr qu’il y a des choses sur lesquelles nous serons en désaccord fort demain. Mais nous allons peser le pour et le contre. » Au cours de ce même entretient, Jean-Claude Mailly a déclaré qu’un véritable « dialogue social » avait eu lieu. Petite nuance cependant : « Ce n’est pas une négociation juridiquement, c’est une concertation. Mais cela ressemblait beaucoup à une négociation .» Comment ne pas être soudain rassuré ?

    L’argument pour baisser les armes est le suivant « L’un des objectifs [de la réforme Pénicaud] au départ – qui était la poursuite dans d’autres domaines que le temps de travail de ce qui était fait l’année dernière [dans le cadre de la Loi El Khomri] -, c’était de dire – en gros -que l’on supprime la branche sur tout une série de points, et que tout allait dans l’entreprise [pour négocier] ». « J’ai dit dès le départ que c’était exclu. Il y a donc des thèmes qui sont garantis dans les négociations au niveau des branches […]. Tout n’est pas réglé je pense, nous verrons demain. » FO annonce donc que l’un des objectifs centraux de la réforme, un des points fondamentaux, la remise en cause de la hiérarchie des normes, serait soudain abandonnée. Pour quelle raison ? Le mystère règne avec une terrible opacité. Nul doute que la réponse à la question du revirement de FO ne se trouve pas ici.

    Une piste cependant. Politis sous titrait un article du 24 mai 2017 ainsi : Stéphane Lardy, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle à FO pendant neuf ans, devient directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud. Est-il possible d’y déceler une relation de cause à effet ? Nous ne pouvons exclure cette piste de la corruption pure et simple. Une autre piste possible est que FO table sur une défaite du mouvement, sur des hémorragies terribles dans les syndicats, et qu’elle veut d’ores et déjà tirer son épingle du jeu.

    FO s’est, également, fait une réputation dans le fait de marcher seule, que ce soit dans les mobilisations ou dans les manifestations du 1er mai. Ce sectarisme particulier est sa marque de fabrique, tout comme sa très large tolérance politique, aux militants d’extrême-droite comme aux individus les plus nauséabonds. Comment ne pas penser à Luc Poignant, ce policier de SGP-FO, dont les propos sur le fait que le terme de « bamboula » soit « convenable » avaient défrayés la chronique après le viol commis, par des policiers, sur la personne de Théo.

    Toujours est-il que FO ne participera pas.

    Probablement, certains militants, certaines sections – celle du Finistère l’a ainsi annoncé – participeront néanmoins à la lutte. La direction les laissera faire. C’est une manière de jouer sur les deux tableaux. Ainsi, FO pourra prétendre, auprès des patrons, avoir collaboré ; auprès des ouvriers, avoir résisté. Même si la moquerie accompagne ce constat : « Je ne suis pas un PDG, je suis un secrétaire général qui a un mandat. C’est toujours arrivé dans l’histoire de FO, il y a des grognards fidèles et des grognons râleurs; bon ben, il y en a qui font partie toujours des grognons râleurs, c’est leur droit d’exister » a t’il ainsi déclaré le 1 septembre.

    Coluche, même, dans son sketch « Le délégué syndical » se moquait de cette propension qu’a FO à trahir sans vergogne. « Si il penche trop du côté des ouvriers, les patrons payent plus. Et puis si il penche trop du côté des patrons, ça va finir par se voir ! Vu que c’est eux qui payent. Et c’est pas le but de la manœuvre ! «  La messe est dite.

    Cette position ne peut que faire écho à celle d’une autre organisation : le Parti Socialiste.

    Aujourd’hui, le PS rétropédale de toute urgence, devant la levée de boucliers liée à sa volonté de participer, en tant qu’organisation, aux manifestations du 12 et du 23 septembre. Ce retour en arrière urgent s’est accompagné d’une annonce indiquant qu’en tant qu’individu, les militants participeraient. Manière de continuer leur travail en sous-marin, d’être là, de conspirer dans nos rangs, tout en se proclamant neutres.

    Existe t’il donc une limite à la possibilité de se montrer cynique et méprisant ? Existe t’il un fond aux abysses de l’opportunisme ? L’attitude du PS démontre que cette question est loin d’être tranchée.

    Le Parti Socialiste est une organisation efficace, quand il s’agit de sacrifier les droits des travailleurs, quand il s’agit d’œuvrer à l’écrasement des contestations, à la mise en place d’une législation liberticide, d’un état d’urgence permanent. Le PS est également un maître dans le fait de servir d’Etat-major de l’impérialisme français, comme il l’a démontré tant sous Mitterrand que sous Hollande.

    Les services rendus par cet parti politique, ainsi que par son réseau d’alliés -ne les oublions pas !- PRG et EELV, sont innombrables. Innombrables pour la bourgeoisie. Ils sont allés plus loin que l’UMP/LR dans la casse sociale, ils ont appliqué le programme réactionnaire du FN quant à l’accueil des immigrés, quant à la réduction des droits sociaux, ils ont privatisé tout ce qui pouvait encore l’être. La bourgeoisie a de quoi être fier de ses laquais. Ils ont parfaitement exécuté leur tâche.

    Seulement, à être un valet trop servant, on ne peut décidemment servir deux maîtres. A trop se proclamer héraut du peuple tout en étant le fer de lance de la bourgeoisie, la contorsion est devenue ingérable. Le PS s’est démasqué au vu et au su de tous comme un ennemi des travailleurs. Sa base électorale l’a lâché sans regrets, le ravalant au rang d’un parti de second ordre aux présidentielles et aux législatives.

    Mais l’hydre du PS se régénère sans cesse, c’est là sa force. Elle se régénère car il peu se permettre de dire tout et n’importe quoi, étant constitué de bric et de broc, de débris divers, de fractions et de cliques.

    C’est ce qui lui permet de rabattre largement. Ainsi, ses portes paroles de « gauche », comme le trotskiste Filoche, ont continué leur travail, en entretenant le mythe que le PS pourrait être, pourrait revenir du côté du peuple. Il a vociféré contre la direction du parti, bien qu’il soit partie-prenante lui même. Son petit jeu revient à faire croire que le PS est victime d’une mauvaise direction, mais que tout peu changer si on le soutient et qu’on soutient sa clique de conspirateurs. Cette position était, par ailleurs, celle de Jean-Luc Mélenchon et d’Alexis Corbière durant des années. Elle est le poumon du Parti Socialiste.

    Dès lors, tout est permis, puisqu’il suffit au PS de dire « nous avons changé ! » pour espérer que toutes ses trahisons soient effacées.

    Dès le lancement de la campagne présidentielle, le Parti Socialiste s’est mis en marche en prétextant qu’il serait le bouclier contre la loi travail, contre la droite de Fillon et le conglomérat de Macron. Déjà, cette ligne nous avait paru le comble du ridicule. Les affiches « avec LR les français vont prendre cher » ne pouvait que faire rire aux éclats ceux dont les yeux étaient rougis de lacrymogènes.

    Mais voilà que le PS réussit à faire plus fort ! Il se proclame, aujourd’hui, prêt à rentrer dans la lutte contre sa propre œuvre, prêt à marcher dans la rue, au côté des syndicats et des organisations qu’il a contribué à broyer cinq années durant.

    Accepter de marcher aux côtés des Myriam El-Khomri ? De François Hollande ? Hors de question.

    Déjà nous entendons les suppliques de ceux qui osaient déployer le drapeau à la rose : « nous étions du côté des frondeurs, tout du long. », « nous étions dans telle tendance, dans telle fraction, opposée -évidemment- à la politique du gouvernement. » « Nous étions hamonistes, filochiens ou autre. »

    Lorsqu’on marche sous le drapeau d’un parti, on peut avoir certains désaccords, mais on assume le bilan de ce parti. On assume ses actes, la direction qu’il prend. Sinon, il faut le quitter. Songeons que ces individus n’ont pas jugé que les actes, devrions nous dire les crimes, de leur parti soient suffisamment répugnants pour justifier de jeter au feu leur drapeau.

    Déjà nous entendons ceux qui se réjouissent de voir le PS reprendre le bon chemin, qui se ruent pour leur baiser les pieds et se pelotonner contre eux. Tout ceux et celles qui ne voient pas la rupture avec la social-démocratie comme un pas en avant, mais qui ne rêvent que de la ramener au centre, d’en faire le point central de la lutte, pour se terrer dans son ombre et dévorer les miettes qu’il laissera tomber.

    Ceux là, qui sont compromis avec le PS et la bourgeoisie, en valent pas mieux. Ils ne sont que les valets des valets. Les laquais des laquais. Pourtant, ils sont nombreux dans nos rangs. Nombreux à faire appel à la social-démocratie, à l’Etat, aux institutions, à la police et à la préfecture. Nombreux à briser l’indépendance de classe.

    Il n’existe pas de place pour l’opportunisme dans les rangs de la lutte. Pas de place pour les mercantis pourris du PS, pour ces laquais et ces serviteurs.

    Le PS mérite d’être chassé d’être expulsé des manifestations, des rassemblements, des assemblées militantes. Il mérite d’être pourchassé jusqu’à ce qu’il disparaisse.

    Nous ne marcherons pas avec les ennemis d’hier, qui sont les traitres d’aujourd’hui. Nous sommes pour l’unité la plus large, mais sur des bases minimales qui ne se négocient pas. Nous ne servirons pas la soupe aux traitres et aux opportunistes, au contraire, nous n’aurons de cesse de les dénoncer et de les attaquer publiquement.

    Nous ne sommes pas les marchepieds des carrières, des élections, des postes des uns ou des autres !

    FO – hors de nos usines !

    PS – affichés ou non – hors de nos luttes !

    Pas de place pour les opportunistes et les traitres !

  • Fin de Partie – II- Un dilemme imposé.

    Fin de Partie – II- Un dilemme imposé.

    Un dilemme imposé.

    Si les résultats de cette élection étaient prévisibles, ils n’en ont pas moins suscité quelques sueurs froides. Notamment le fait que la finale se soit déroulée entre la ligne libérale et la ligne chauvine-protectionniste. Marine Le Pen contre Emmanuel Macron fut un duel perçu comme le match du fascisme contre la démocratie. C’est une exagération quelque peu abusive de la situation. Cependant, elle soulève quelque chose d’important, c’est le fait que ce dilemme fut la seule chose que les urnes eurent à proposer.

    Cette confrontation, pourtant, n’est pas tombée comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage. Preuve en est la très faible réaction -quasi inexistante à certains endroits- à l’annonce du résultat. Contrairement à 2002, pas de scène de choc, de stupeur, peu de manifestations spontanées, peu d’appels à sortir, peu de récits présentant la chose comme une fin du monde.

    Un désarroi, un dégoût -certes- mais nullement un engouement, un élan pour un front républicain devant défendre la République contre une hypothétique percée fasciste. La raison en est simple : cette configuration était attendue, prévisible. Elle n’est pas le résultat d’un blitz du FN, mais clôture un long processus, entamé depuis des années.

    24% pour Emmanuel Macron ; 21% pour Marine Le Pen au premier tour, 66.06% au second, contre 33.94 %, avec 25% d’abstention -un record. Une élection atypique, laquelle a porté des candidats en rupture par rapport à la tendance au bipartisme.

    Par ailleurs, cette campagne permet d’assister à l’essoufflement des partis traditionnels. Ceux-ci ne semblent pas avoir les faveurs des électeurs. Ils évoquent, chacun dans leur style particulier, les trahisons, les mensonges, les déceptions. Ils évoquent un concept passé de mode, archaïque, nébuleux.

    Une « mode » apparaît, celle du « mouvement ». Ainsi, En Marche !, la France Bleue Marine, la France Insoumise, ne sont pas des partis. Ils sont des organisations ad hoc, des mouvements, censés, dans l’imaginaire des électeurs, casser les clivages traditionnels, briser les oppositions. Surtout, ils apparaissent comme quelque chose de transparent, de clair. Comme découlant de l’autorité d’un chef, d’un dirigeant, entouré de son équipe.

    Ils sont à l’image de cette histoire de France romancée, cette histoire-bataille faite de grands hommes et de grandes femmes, faite d’actes d’héroïsme sous l’action d’un leader, d’un général -d’un maréchal pour certains. Elle nie le rôle des masses, le rôle des forces sociales, le rôle de l’idéologie.

    Cette conception basée sur un pouvoir incarné, sur le fait de placer la confiance dans un leader plus que dans une conception politique, est -par essence- une illustration de l’influence réactionnaire.

    Marine Le Pen ; Emmanuel Marcon ; Jean-Luc Mélenchon étaient suivis par des individus qui tenaient un discours contradictoire avec les positions de leur dirigeant, mais qui projetaient sur eux leurs propres désirs, leurs propres fantasmes.

    Il suffit de débattre avec les fanatiques de Mélenchon pour s’en convaincre : sur la question de l’impérialisme français, le tribun s’est toujours montré d’un chauvinisme assumé. Sur les rapports internationaux, il place la France en dominion de l’Allemagne et des USA. Pourtant, nombre de ses soutiens restent persuadés de son internationalisme, de son fond « rouge », et refusent d’accepter la réalité.

    L’entretien du flou devient un point de ralliement, le fait de donner des principes généraux dans lesquels chacun peut voir ce qu’il veut voir. Au final, comme sur la question de la colonisation pour la FI, le chef ne tranche pas tout, mais chacun peut se revendiquer de sa pensée. Cela permet de tenir des positions contradictoires sans pourtant, en apparence, perdre en cohérence. En somme, il s’agit d’une victoire du modèle d’organisation gaulliste.

    A l’inverse, chez les organisations communiste, la ligne de démarcation est un point fondamental, les débats se tranchent, parfois d’ailleurs avec une ardeur qui confine à la précipitation. Non pas par goût du totalitarisme, mais car la cohérence, l’unité d’action, l’unité de volonté, est la base du mouvement révolutionnaire.

    En revanche, quand l’objectif est de ratisser large, le flou peut dominer sans le moindre soucis.

    Et cela, pour Macron, a fonctionné à merveille.

    L’aventure en solo, tentée par Lecanuet, Rocard et d’autres, est, aujourd’hui, la première à être couronnée de succès. Une anomalie dans un système considéré comme favorisant grandement le bipartisme et la stabilité.

    De même, la place dans la « niche écologique » de la droite traditionnelle est prise par Marine Le Pen.

    Emmanuel Macron à manœuvré particulièrement habilement, en apparaissant comme une alternative crédible, comme un centre de gravité permettant aux rats, quittant les navires-fantômes, de le rejoindre. Portant la synthèse entre les positions opportunistes de la ligne Hollande et celles des libéraux, ce coup de poker s’est montré payant.

    Macron illustre à la perfection la conception gaulliste des organisations : un candidat, un front constitué de manière tactique, peu de programme. L’essentiel est l’arrivée au pouvoir, le reste se négocie par la suite.

    Il est possible, dans une certaine mesure, de trouver une analogie dans les tactiques militaires employées par le passé.

    Le leader de En Marche ! serait, ainsi,  un émule de Heinz Guderian et de ses divisions de Panzern : fracturant le front fixe de ses adversaires, coupant leurs voies de communication, s’infiltrant, contournant… A aucun moment il ne cherche l’anéantissement frontal de ses adversaires, mais uniquement à les encercler, à les forcer à la reddition. Même contre plus fort que soi, cette tactique peut s’avérer payante.

    Dans sa lutte contre deux forces massives, les Républicains et le PS, il est vrai que le nouveau venu a bénéficié d’augures favorables : un Fillion hors jeu et un PS décati. Cependant, rendons à César ce qui revient à César, son esprit tactique fut à la hauteur du challenge.

    A l’inverse, la lente montée en pression du Front National évoque celle d’un général de la Première Guerre mondiale. Elle correspond à une avancée effectuée face à une défense extrêmement puissante, qui balaie ses tentatives de gains territoriaux.

    Le FN envoie ses hordes réactionnaires à l’assaut et gagne peu. Mais ce que cette organisation gagne, elle le garde solidement. Son électorat est, en effet, fidèle. Ce ne sont pas les appels d’un Mélenchon qui lui feront changer d’avis. Ainsi, cette organisation, tranchée après tranchée, gagne peu à peu un espace qui demeure le sien.

    Dans les débats, ironie des ironies, sa méthode devient un Stalingrad fasciste. Une artillerie faite de rumeurs, de fake news, d’ « infaux » ; des débats dans la boue de son idéologie réactionnaire, dans une rhétorique fallacieuse digne d’un combat de rue oratoire. Le FN frappe et laisse des séquelles. Même lorsque la vérité éclate, il reste, dans l’esprit du public, les stigmates de l’attaque.

    Maîtres du chaos, les fascistes cherchent systématiquement à masquer leurs lignes. Attaques sur la gauche, attaques sur la droite… tout est permis tant que cela accroît l’influence de l’organisation, de ses relais, de son idéologie.

    Même si ses élus sont des champions de la corruption, même si leurs mairies sont des capharnaüms, le FN reste l’organisation capable de canaliser la colère, de canaliser les voix de nombreux sans-partis.

    L’échec face à Macron, lors du débat du second tour, ne doit pas masquer la réalité : le fait que celui-ci ait eu lieu est déjà, en soi, une illustration de l’avancée de ses positions au sein de la société. Et ce, malgré que les « courtes jambes » du FN, son incapacité à développer une stratégie cohérente, aient offert les lauriers de la victoire à Emmanuel Macron.

    Surtout, au fur et à mesure de son matraquage, celui-ci a réussi un tour de force impressionnant : il s’est placé au centre du débat idéologique. Ce sont désormais ses mots d’ordres qui dictent la position des autres organisations, sa vision du monde qui prend une place hégémonique.

    Cette incapacité à triompher de son adversaire est une défaite tactique, mais ne remet pas en cause le fait que le Front National devienne un acteur de l’opposition. De marginal, le Front National est devenu un point de bascule dans le débat. Les positions des organisations politiques tendent, de plus en plus, à se prendre relativement à la position du FN. Ses thèmes de campagne : la question des immigrés, la question de la domination par l’Europe, la question de la sécurité, sont devenus les enjeux centraux des débats.

    Ce succès n’est nullement celui d’une étoile filante, mais tout ceci est bel et bien le fruit d’un long processus. De nombreuses forces ont été les acteurs de cette progression, y compris -tristesse- dans le camp des progressistes.

    La bourgeoisie ne dépend pas des fascistes, à l’heure actuelle, pour assurer sa sauvegarde. Cependant une opposition formée par le FN est un bénéfice faramineux. Elle forme une contre-assurance idéale.

    La bourgeoisie n’a pas besoin, par ailleurs, du FN pour instaurer un régime caporalisé et durci. Comme nous le mentionnons dans notre analyse du débat du second tour : « Il n’existe pas de muraille de Chine, ni de dispositions légales protectrices, qui peuvent intégralement prémunir contre un passage de la démocratie bourgeoise à un système de type fasciste. Si certains esprits mécanistes considèrent que Le Pen est directement égale à « fascisme » et, à l’inverse, que Macron est directement et immuablement égal à « démocratie », politiquement ceci est une fausseté. Les facultés de résilience de la société civile peuvent tout à fait entraver les tentatives de Le Pen d’appliquer son programme à la lettre, tandis qu’elles peuvent être neutralisée par le centrisme apparent de Macron. Dans une situation difficile ou critique, un centriste peut très bien recevoir l’ordre d’appliquer un régime caporalisé. N’oublions pas que les fossoyeurs de la révolution Spartakiste d’Allemagne, que ceux qui tentèrent d’étrangler la révolution bolchevik, portaient l’un et l’autre la Rose du socialisme, étaient tout deux des gens « de gauche », progressistes et démocrates. »

    Toujours est-il que, à l’heure actuelle, Emmanuel Macron, le plus jeune président de la République, est le héraut parfait de la bourgeoisie. Mais cet adoubement est, là aussi, le fruit d’un long trajet.

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie II

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie II

    La partie I de cet article est disponible ici

    La brochure en format PDF est disponible ci-dessous: 

    LE CAMP RÉVOLUTIONNAIRE GANGRENÉ PAR LE RÉFORMISME

    Que ces idées soient répandues dans la société, soit.

    Ce qui devient plus grave, c’est qu’elles sont aussi, in fine; très présentes chez ceux qui, pourtant, se targuent de les rejeter.

    Ainsi, même au sein des sphères idéologiquement anarchistes ou communistes, habituellement promptes à clamer leur idéologie révolutionnaire, la pression des élections entraine un phénomène dialectique particulier. Tout comme, en géologie, la chaleur et la pression donne naissance à des roches métamorphiques, ici, elle donne naissance à une chose d’une nature nouvelle. Les discours révolutionnaires se craquellent, et, derrière leur vernis, réapparait le fond réformiste. Quant à la radicalité, elle s’évanouit au profit du pragmatisme réformiste.

    Pourquoi ?

    Fondamentalement, la raison est un certain pragmatisme stratégique. Ce pragmatisme stratégique est articulé autour d’une idée maître : l’idée que la stratégie s’accommode très bien de louvoiement incessants, qu’il est possible de pouvoir courir deux cibles en même temps. C’est là une faille de raisonnement majeure, laquelle aurait hérissé le poil de Clausewitz lui-même.

    Ce pragmatisme stratégique est le reflet, dans une certaine mesure, d’un rapport étroitement individuel aux questions politiques: certains, ainsi, avancent qu’il est possible de participer et de militer pour les premiers et deuxièmes tours électoraux, mais également d’être présent pour le troisième tour social. Factuellement, ceci est vrai.

    Cependant, les questions politiques ne sauraient se satisfaire d’un traitement individuel.

    Ceux qui votent par dépit, quelle ligne tiennent-ils, tiennent-elles, devant les masses ? « Votez en bonne foi, si ça ne marche pas, on s’émeutera. » Cette ligne est non seulement fausse, mais toxique. Toxique car elle inféode les masses au bon vouloir des urnes, à ce jeu pourri et truqué. Ce discours flatte la démocratie bourgeoise, estime qu’elle peut déboucher sur une issue positive, qu’elle représente le pouvoir populaire. En somme, elle lui donne une légitimité qu’elle ne devrait pas avoir.

    Si Jean-Luc Mélenchon gagnait, demain, son programme serait inapplicable, comme l’était celui de François Hollande, pourtant outrancièrement modéré. Non pas par manque de volonté personnel, non pas par lâcheté, mais tout simplement parce que le cadre ne le permet pas. Ce cadre est celui, dessiné par la bourgeoisie, pour satisfaire ses intérêts tout en maintenant la pression populaire à un niveau acceptable. Le résultat serait un gouvernement croupion des intérêts de la bourgeoisie, d’autant plus féroce dans sa répression des mouvements sociaux du fait que la bourgeoisie n’aie strictement aucun remords à le faire haïr.

    Cette double stratégie ne correspond qu’a brouiller les pistes, à semer le désarroi et la démoralisation au sein des masses, à les guider vers l’abattoir social-démocrate. En un sens, elle ressemble au programme de transition comme un fruit pourri en ressemble à un autre.

    Si, tactiquement, il est possible de se présenter à des élections, ceci ne saurait être compris autrement que comme un baromètre, un appui tactique, une tribune : dénoncer leur teneur, leurs cadres étroits, dénoncer le fait que le pouvoir réel est ailleurs.  En l’occurrence, aucun candidat, aucune candidate ne le fait, toutes et tous respectent cet espace clôt comme un lieu de démocratie.

    Ce pragmatisme est également le reflet d’autre chose, d’une faille dans la solidité idéologique. Bien souvent, les lois objectives de la société, les lois du capitalisme, sont ravalées au rang de fétiches. Elles sont priées, elles bénéficient d’un culte, mais, dans le fond, sont perçues comme des superstitions, des croyances. La nature de classe de l’Etat, l’impossibilité de l’amender, la dictature de la bourgeoisie… ces concepts fondamentaux sont soudain relativisés, réduits, oubliés, en face de l’irruption du réel. Bien souvent, l’adhésion idéologique reste superficielle, la compréhension peu profonde, et cela se ramène bien souvent à une sympathie pour tel ou tel courant, mais non au fait d’en devenir militant.

    D’une part parce que ces faits absolus sont traités de manière relative, d’autre part parce que la pression, la peur, l’emporte sur la raison.

    L’Education Nationale fait un travail de qualité dans son formatage des esprits. La promotion du vote est un enjeu constant. En sixième, en seconde, la démocratie athénienne et la république romaine servent à légitimer la forme de gouvernement actuel comme étant la meilleure, issue de 2000 ans de maturation. La Révolution française s’y adjoint, ainsi que d’autres chapitres, pour enfoncer le clou : le système démocratique bourgeois n’est pas parfait, mais il est le meilleur. Tout ce qui s’en écarte emmène irrémédiablement vers cette nébuleuse dépolitisée nommée « totalitarisme. »

    Faisant d’une pierre deux coups, elle imprime une image de terreur dans la tête de chaque écolier : le communisme est le mal ; Hitler est égal à Staline…etc. Cette anticommunisme, bien imprégné, fournit une couche solide, efficace, pour prémunir la jeunesse contre l’adhésion aux idées communistes. Elle forme un des socles du cordon sanitaire, qui ne se retrouve pas contre le trotskisme et l’anarchisme.

    L’Education Civile -maintenant également Morale- fait le reste : voter est l’acte démocratique suprême, celui qui couronne la vie politique, le seul légitime. Ne pas voter est un acte de trahison : celui qui ne vote pas perd tout ses droits de critiquer, il laisse le « mal » gagner.

    Pourtant ce chantage produit sa propre contradiction. Debut avril, l’Unité Communiste a ainsi publié une brochure nommée Dernière ligne droite avant l’élection. Ce passage permet de répondre à cet argument :

    « N’est-ce-pas une splendide inversion de logique ? Si nous acceptions de jouer ce jeu truqué, en déclarant qu’il est valide, valable, qu’il est dans les règles, nous serions -là- moralement liés à son résultat. En d’autres termes, si nous jouons le jeu, nous devons en accepter l’issue.

    Lorsque François Hollande fut élu, notre organisation n’existait pas encore. Mais ses militants portaient déjà ce mot d’ordre. La gauche qui a élu Hollande, Mélenchon y compris, avait donc donné sa voix, sa validation, à l’homme, au gouvernement, qui liquida le plus le code du travail et la protection sociale dans la Vème République.

    Quelle légitimité ces porteurs du fléau ont ils à le critiquer après coup ? Aucune.

    Dans les publications de 2012, émises par nos militants, nous annoncions ce résultat. La bourgeoisie avait choisi Hollande comme son fer de lance. Le soutenir signifiait se compromettre avec lui. Voter signifiait accepter le jeu truqué. Voter signifiait donc le considérer comme légitime et démocratiquement élu.

    Dans un placardage anti-électoral, daté de 1906, signé d’Albert Libertad : Le criminel c’est l’électeur, les anarchistes pointaient du doigt, avec une rare raison, ce jeu truqué. Ce texte n’est pas vieilli, n’est pas obsolète. Il est encore un credo,  moralisateur certes, mais, sur le fond, juste.

    Nous ne jouons pas les jeux truqués de la bourgeoisie, nous ne leur donnons pas notre validation. »

    De fait, ce travail de terrorisme civique est un exemple d’intelligence, il est un succès à tout point de vue et a su magnifiquement mouler les esprits. Il est le point de naissance de cette peur atavique qui s’empare de nombreux militants et militantes. De plus, il se marie parfaitement avec un autre aspect, celui de l’épouvantail frontiste.

    La peur du F.N. est telle que même des organisations communisantes appellent à lui faire barrage, en votant pour le candidat favori de la bourgeoisie lui-même, Emmanuel Macron. Ainsi, le tour de passe-passe, le chantage au vote utile, contre la droite et l’extrême-droite, fonctionne. La balle est au centre.

    L’ironie de la chose est d’autant plus palpable que la vérité, triste, est que chaque gouvernement, à peu de choses près, aura comme programme celui que les grands monopoles, les trusts, les cartels de la bourgeoisie choisiront pour elle ou lui. La marge de manœuvre est, d’une manière générale, tellement restreinte qu’elle en est inexistante en pratique.

    D’autres formes de participation honteuses existent, souvent maquillée sous les ors du centrisme. Celles-ci mettant sur le même plan l’abstention et le vote, la participation au jeu des bourgeois et sa dénonciation. Dans le discours de ces organisations, ni l’un ni l’autre ne suffit. C’est une vérité que même les réformistes franc n’hésitent pas à tenir. Cependant, en mettant sur le même niveau la dénonciation du système démocratique-bourgeois et la participation à ce jeu, cela revient à ne pas dénoncer le cadre de cette dernière et à la considérer tout aussi valable que la première.

    Cela revient donc à ne pas dénoncer le système électoral pour ce qu’il est réellement, une mascarade ; à ne pas poser politiquement les questions ; à soutenir en sous-main les candidatures de certaines listes. C’est une manière parfaitement centriste d’aborder les choses.

    Ceux et celles qui déclarent leur opposition au capitalisme, qui ont conscience de tout cela, qui militent contre ce système, mais qui acceptent ses règles et son jeu, s’inféodent au réformisme.

    Pourtant, il serait faux de se contenter de monter sur un piédestal et de clamer cela. Les organisations révolutionnaires ont leur part de responsabilité dans l’hégémonie réformistes. Etant les seules forces d’opposition réelles au capitalisme, à l’impérialisme, elles sont même dans une situation de responsabilité totale et absolue.

    Ce qui fait la force du système capitaliste, ce n’est pas qu’il est -dans l’absolu- solide. Ce système est un colosse au pieds d’argile, miné de contradictions internes, pourrissant et putréfié. Sa force est relative. Elle est relative à la faiblesse des organisations révolutionnaires.

    La présence des idées réformistes, au sein des masses comme au sein des militants et militantes anticapitalistes, est le fruit de la faiblesse et de la désorganisation du camp révolutionnaire au sein de l’Etat français.

    Comment reprocher à la bourgeoisie, à la petite-bourgeoise, à l’aristocratie ouvrière, aux réformistes de ne pas être contre le système électoral ? Celui-ci sert particulièrement bien leurs intérêts, sert leur cause.

    Seules les organisations révolutionnaires peuvent porter un discours révolutionnaire, il ne saurait surgir de la bouche de leurs ennemis, ni ex-nihilo.

     

  • Le Parti Socialiste, l’hydre opportuniste aux mille têtes. Tranchons-les une par une !

     

    Entre 2012 et 2017, 5 années de direction de l'Etat par le Parti Socialiste laissent un goût particulièrement amer en bouche. Le bilan est plus désastreux mériterait des pages et des pages noircies d'encre, pour couvrir tous les "services" que ce parti -et sa coalition- ont pu rendre.

    Une stratégie de campagne ventant monts et merveilles aux électeurs, des promesses à la pelle, de grandes et belles phrases sur la manière dont Nicolas Sarkozy avait pu gérer les affaires de l'Etat… Et au final, le néant. Et encore, le néant aurait été préférable tant les maigres réalisations ont été dangereuses et contre productives.

    Le mariage pour tous, qui fut une des rares mesure progressiste mise en œuvre par le Parti Socialiste, a été conduit d'une manière outrageusement malhabile, si longue qu'elle a laissé le temps à une boite de Pandore de s'ouvrir. Des réactionnaires d'une virulence sans bornes ont pu ainsi défiler, scander leurs slogans haineux et rétrogrades, mais également se renforcer et reprendre une place perdue dans l'échiquier politique.

    Cette mesure, qui émerge seule au milieu d'un océan d'échecs et de retours en arrière, illustre à elle seule la faillite de la social-démocratie.

    Le programme économique du gouvernement a été intégralement dicté par les appétits voraces d'une bourgeoisie qui pouvait s'en donner à cœur joie. Qu'avait-elle a perdre ? Le Parti Socialiste endosse les responsabilités. La pire issue , à l'heure actuelle, serait une alternance politique avec la droite. Rien qui puisse inquiéter la bourgeoisie. Mieux encore, elle a soutenu l'élection du Parti Socialiste.

    Rendons pourtant un brin justice aux membres de ce parti, ils sont arrivés au pouvoir à un moment où cela arrangeait bien les bourgeois et les bourgeoises. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait laissé des tensions sociales importantes.Cela tant du fait du climat économique que du style même de direction de l'équipe présidentielle, qui avait -pendant ces 5 années- soufflé sur les braises ardentes du racisme et de la réaction. Que ne soient pas oubliés les débats sur l'identité nationale, tenus, de plus, à Vichy. Que ne soient pas oubliés les cadeaux aux milliardaires, tout comme la visite d'un Kadhafi par la suite éliminé.

    Un modus vivendi était donc nécessaire, pour les capitalistes, avec les partis de gauche. Soutenir le Parti Socialiste, pour la bourgeoisie, cela signifiait anesthésier ses courroies de transmission syndicales, associatives, culturelles. Cela signifiait neutraliser un certains nombre d'élus locaux et de députés. De fait, cela signifiait laisser les mains libres à la bourgeoisie pendant cinq années qui s'annonçaient -dans tous les cas de figure- difficiles. Certes cela aurait des conséquences sur leur agent servile, mais cette perte était acceptable. Après tout, le Parti Socialiste a t'il été un jour autre chose qu'un paillasson ?

     Dans le fond, la meilleure chose qui aurait pu arriver au PS aurait été de perdre ces élections. Cela lui aurait évité de se ridiculiser intégralement en appliquant une politique encore plus agressive et ambitieuse que celle de Nicolas Sarkozy. Avec Sarkozy, la bourgeoisie devait négocier les formes pour ne pas perdre son poulain, mais avec Hollande, qu'importe !

    D'une manière assez intrigante, ce scénario s'est reproduit avec la Police. Les policiers aimaient, dans l'ensemble, l' "ex-premier flic de France." Or, cela tendait à neutraliser en partie leur agressivité individuelle. Le pouvoir allant dans leur sens, il aurait été malvenu de lui créer des tracas trop visibles. La répression policière des mouvements sociaux fut donc très dure, mais relativement cadrée. A l'inverse, dès le début du quinquennat de Hollande, dès le premier rassemblement dont nous avons été témoins devant leur local de Lyon, la police a immédiatement chargé sans la moindre retenue, nous laissant pantois.

    D'une manière générale, les mouvements dans les périodes sous la direction de la droite sont massifs, mais peu politisés. Les opportunistes et les réformistes tentent d'y imposer leurs mots d'ordres, disposent de relais et d'appareils bien rodés et d'une manière générale trustent les apparitions médiatiques, donnant le ton du mouvement.

    A l'inverse, dans les périodes où le Parti Socialiste est aux affaires, les mouvements sont toujours plus complexes à mettre en œuvre. Les relais sont neutralisés ou hostiles, et tentent de saper les mobilisations. Mais d'une manière générale, elles sont intensément politisées. C'est ainsi que la dialectique opère. La mise sur le banc de touche du réformisme traditionnel a joué un rôle important.

    Pour autant, le mouvement contre la Loi El-Khomri, même si il a poussé des formes de contestation allant plus loin que celles sous Sarkozy, avec l'émergence d'une conception politique de la lutte, s'est pourtant enlisé et n'a pas débouché sur une remise en cause du système capitaliste en général. Le mouvement n'a pas posé la question, cruciale, du pouvoir. Une percée s'est même faite de la part des complotistes.

    Nous sommes les premiers à nous blâmer de cet échec, étant donné que les communistes n'ont pas eu une influence importante dans ce mouvement, n'ont pas réussi à lui donner une direction. Nous devons en tirer des conclusions quant à nous même. Le mouvement spontané des masses est réformiste, et c'est à nous de lui apporter la conception révolutionnaire.

    C'est notre tâche à accomplir.

    Au final, le bilan de ce quinquennat est glaçant et le Parti Socialiste est aux abois, sans la moindre crédibilité restante.  Pour autant, nous ne sommes pas à l'orée de son arrêt de mort.

    Mais deux choses permettent de surnager et de surmonter cette crise. C'est le caractère fondamentalement primitif, idéologiquement parlant, de ce parti, ainsi que le fait qu'il n'ait aucune unité interne.

    Nous, communistes,  adhérons à la conception du parti de type nouveau développée par Lénine. Rien n'est, pour nous, plus impensable qu'une organisation sans la moindre homogénéité, qui ne cherche pas à être à la pointe idéologiquement parlant, et qui tolère des fractions et des cliques en son sein.
    Pour nous, cela n'est pas tolérable, car notre conception du parti est basée autour de l'affrontement avec la bourgeoisie et de la conquête du pouvoir contre elle. C'est pour cela que nous rejetons, entre autres raisons, le Parti Communiste Français.

    Cette conception des choses fait que notre Parti doit prendre une forme particulière, avoir un fonctionnement particulier pour lui permettre de remplir ces tâches. Ce fonctionnement vise à l'unité maximale dans l'action ainsi qu'a une recherche théorique et un combat idéologique de chaque instant.
    Pour nous le Parti Socialiste est une clique dont le but est la conquête par les urnes du pouvoir, donc une coterie où chacun peut s'exprimer tant qu'il rapporte des voix. C'est cet aspect qui permet l'unité de Gérard Filoche -trotskiste- jusqu'à Valls -droitier au possible. C'est ce qui permet de tolérer dans un même parti, dans son bureau national, autant de conceptions antagonistes -ou prétendument antagonistes.  Clamant leur indépendance, ces frondeurs ne sont que des rabatteurs pour les majoritaires du PS, leurs laquais les plus prompt à la courbette.

    Dernièrement le Parti Socialiste s'est illustré par un certain nombre de déclarations pansements, tant de la part des candidats à la primaire "de gauche" que de la part du gouvernement.

    La réhabilitation posthume des communards de 1871, lancée par les écologistes et certains membres du Parti Socialiste, est un exemple. Le journal l'Humanité les cite: "la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques". Quelle hypocrisie sans nom. Tous les partis sociaux-démocrates ont combattu contre les révolutionnaires, dans chaque révolution de l'Histoire. Si la Commune de Paris avait lieu aujourd'hui, nul doute que ces organisations seraient les  fers de lance de la répression,  tout comme les Mencheviks ont lutté contre la Révolution d'Octobre, tout comme le SPD l'a été en Allemagne contre les Spartakistes et contre le KPD. Jamais les organisations de ce type n'ont agit autrement que comme des laquais de la bourgeoisie. Mais là, l'événement est suffisamment devenu consensuel pour que, sans risque, le PS et EELV puissent s'en emparer, le souiller, le salir. Tout est bon pour les opportunistes.

    Malik Oussekine lui aussi, est instrumentalisé par ses marchands de mémoire. Tué sous la présidence de François Mitterrand, mais sous un gouvernement de cohabitation, le jeune étudiant assassiné en 1986 par les voltigeurs de Pasqua  est une cible parfaite pour les charognards. Toujours est-il qu'il est de bon ton de cibler la droite et non la Police pour ce crime. Cela serait gênant dans une ligne politique gouvernementale qui vise à octroyer plus de facilité pour les policiers, et qui réprime les soutiens à la famille Traoré. Mais la mémoire est élastique, et les opportunistes du Parti Socialiste s'en accommodent. Il est possible de broder sur la vérité pour en faire un habit de mensonge.

    La pseudo-condamnation de Cahuzac, tout comme, dans une certaine mesure, la non-peine infligée à Christine Lagarde, font partie de ce jeu d'esbroufe. Le but est simple, condamner à demi-mot les dérives des opportunistes, tout en ne leur infligeant qu'une simple tape sur la main. En direction des masses, le signal serait de dire: "nul n'est au dessus des lois"; tandis que vers la bourgeoisie, cela forme un sympathique rappel de l'amour que leur portent l'Etat et les partis bourgeois.

    Dernièrement, la grâce de Jacqueline Sauvage est également arrivée comme une démonstration de l'esprit progressiste, antisexiste, du gouvernement de gauche. Pourtant, le geste est avant tout publicitaire et électoral, histoire de redorer un blason couvert de crasse. Nul doute que notre gouvernement, qui tolère des Denis Baupin dans ses rangs, au sein du parti allié EELV, ne se penche sur les questions de sexisme que dès lors qu'elle rapportent quelques soutiens supplémentaires en période de disette électorale.

    Voilà quels cadeaux nous offre, en cette période de fêtes, un gouvernement qui, de l'autre main, a liquidé le CDI, ravagé les acquis sociaux, bombardé d'autres Etats pour la grandeur de l'impérialisme français. Voilà quels cadeaux de misères nous offre un gouvernement "de gauche" qui offre, comme le mentionnait le Canard Enchaîné, des exemptions d'impôts immense à ses amis bourgeois. Voilà un état qui prétend être devenu le porte drapeau du progressisme pour quelques commémorations et grâces, mais qui maintient en prison ceux et celles qui luttent pour la vérité, celles et ceux qui combattent l'impérialisme, comme Georges Abdallah, qui se battent pour la libération de leur pays, pour la liberté des nations sans Etats.

    Nous ne l'oublierons pas, nous ne le pardonnerons pas.

    La primaire "de gauche" nous offre un spectacle d'un ridicule achevé, tant les discours des candidats sont à mille lieu de ce qu'ils ont pu produire au pouvoir. Bien des occasions vont nous être données de pouvoir disséquer quelles promesses fausses et ridicules sont émises par ces laquais de la bourgeoisie.

    Que dire d'un Valls ou d'une El-Khomri qui lapident le 49.3 après s'en être abondamment servis ? Que dire qu'un Macron antisystème alors qu'il en l'est l'apôtre le plus zélé ?
    Que dire, d'une manière générale, de ministres qui n'ont aucun mot pour justifier leur bilan calamiteux, mais qui, comme si tout était effacé, se relancent, tout sourire, vers la conquête du pouvoir ?

    Que dire de candidats ridicules essayant de faire miroiter la peur d'une droite ou d'un FN qui auraient pourtant bien du mal à appliquer un programme plus droitier que celui d'un Parti Socialiste au pouvoir ?

    Nous ne pouvons que leur dire merci.

    Merci à eux, merci à la social-démocratie.

    Merci à eux d'avoir démontré l'échec intégral du réformisme, qui tente de faire la synthèse entre deux positions intégralement contradictoires, entre les intérêts du peuple et des patrons. Merci à eux d'avoir illustré à la face de tous leur opportunisme, leur soumission aux vœux des bourgeois et des bourgeoises. Merci à eux de s'effondrer sur eux mêmes, comme un château de carte bancal.

    Cette zone tampon, si utile à la bourgeoisie, cette illusion d'alternance, la voilà morte, ou du moins temporairement neutralisée.

    Qu'il y aie des sociaux-chauvins prêts à la remplacer au pied levé, cela ne fait pas de doute. Le PCF, Mélenchon et sa bande, tous rêvent d'occuper la place du PS dans l'échiquier politique.

    Nous communistes, nous ne devons pas prêter le moindre crédit aux propos des cliques réformistes "radicales." Nous ne devons pas nous effrayer, comme le fond déjà certains, de la destruction du PS. Ils se sont démasqués comme des ennemis du peuple, il est essentiel de les pourchasser et de les dénoncer.

    La dialectique avance, et brisera sur son passage tous les opportunistes. Car il n'est pas possible de faire de concession, de synthèse, entre l'exploiteur et l'exploité, entre l'oppresseur bourgeois et ceux qu'il opprime.

    Plus que jamais, nous avons besoin d'un Parti Communiste révolutionnaire, non pas de la clique révisionniste qui usurpe ce nom. Nous avons besoin de cette arme contre la bourgeoisie, car elle seule peut mettre fin à ce ridicule cycle d'alternance entre bourgeois et bourgeois.

    Les élections ne doivent pas nous effrayer, car notre force est dans la lutte. Les appels au vote ne doivent pas nous méprendre car l'expérience de 5 ans de gauche montre leur absence totale de valeur.

    Pas une seule voix pour les partis bourgeois ! Le Parti Socialiste est l'ennemi des travailleurs et des travailleuses !
    Chassons l'opportunisme et le réformisme ! Vive la lutte des classes !

    1917 – 2017 en avant vers de nouvelles victoires !

  • La police manifeste.

    Chose rare, la police manifeste. Armée, équipée, de nuit, elle lance des manifestations sauvages. Pourquoi ? Parce qu'elle se sent haïe.

    Ce soir, la police manifestera à Lyon, à la suite d'une altercation à Vénissieux.

    Il n'est pas surprenant que les policiers et les policières aient confusément conscience du fait que leur rôle est celui de gardiens de la bourgeoisie et de l'exploitation pacifique des travailleurs et des travailleuses. Il n'est pas non plus surprenant qu'ils aient conscience de la haine que leur voue les classes populaires, qu'ils répriment sans remords, tout en étant méprisés également par la bourgeoisie.

    Cependant, contrairement a certains qui se ruent sur l'aubaine pour saluer leur "frères et soeurs sous l'uniforme", qui souhaitent une renaissance de l'unité "Charlie", nous regardons les choses avec recul.

    Qu'il puisse y avoir, dans les rangs de la police, quelques idéalistes authentiquement persuadés d’œuvrer pour le "bien", nous n'en doutons pas. Cependant, ils ne restent guère, dégoûtés de la réalité de leurs tâches, ou sombrent dans la dépression, le cynisme, voire le suicide.

    Mais l'institution, elle-même, n'est née que pour maintenir par la force l'ordre bourgeois. Marx les appelait les détachements spéciaux de la bourgeoisies, ses détachements terroristes.

    C'est d'ailleurs pour cela que les policiers et les policières se sont mobilisés cette nuit.

    Leur discours n'était pas pour un sou un discours de fraternité avec le peuple, ce n'était pas un "nous sommes dans le même camp", non. Au contraire, c'était un appel à plus de moyens pour écraser les masses. Un appel à plus de mobilisation, plus de liberté d'action pour continuer leur mission d'oppression contre le peuple.

    A ceux qui saluent et embrassent ces manifestations, nous leur répondrons qu'ils embrassent des mots d'ordres réactionnaires, sécuritaires, visant à caporaliser la société.

    Les réactionnaires de tout poil se sont engouffrés dans la brèche, pour offrir les promesses les plus mirobolantes aux forces de l'ordre, prêts à tout pour vomir des messages réactionnaires, stupides et -qui plus est- hypocrites.

    Le père Sarkozy multipliant les caresses, alors que le fils est lui-même en conflit avec la police est un exemple.

    Que la police soit démoralisée et épuisée est une bonne et non une mauvaise chose. Nous ne souhaitons pas une police bourgeoise heureuse. Nous souhaitons se démoralisation et sa désorganisation, laquelle ouvre la voie à des victoires pour les masses populaires !

    Tant que la police bourgeoise sera puissante, l'ordre bourgeois le sera également.