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  • 1er round électoral : premiers constats

    1er round électoral : premiers constats

    Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la suite du premier tour des élections présidentielles.

    Le premier tour de l’élection présidentielle est terminé. Il est conforme à nos estimations.

    Emmanuel Macron est un favori confirmé et dispose en face de lui d’un boulevard libre pour s’assurer la victoire au second tour. Il ne fait strictement aucun doute que le report des voix lui accordera une grande longueur d’avance sur sa concurrente directe, laquelle n’en bénéficiera que de manière marginale.

    Entre les ralliements de la part de transfuges du Parti Socialiste, le soutien d’une droite déçue de son candidat, enterré par les affaires, l’appui de la bourgeoisie, Emmanuel Macron dispose d’une conjonction d’astres favorables.

    Même François Hollande, en appelant François Fillon à se retirer, l’a adoubé indirectement : il est devenu le candidat du chef du conseil d’administration de la bourgeoisie de l’Etat Français. L’impopularité de Hollande ne l’a pas desservi pour autant.

    De ce point de vue-ci, pas de surprise.

    Le Front National est en seconde position, tout comme en 2002. Mais à la grande différence d’il y a 15 ans, cette fois, sans surprise ni choc. Pas de scène de panique, pas de stupeur. Tout au plus un haussement d’épaule.

    Comment en serait-il autrement ? Le débat de la présidentielle fut le débat du Front National. Ses thèmes y furent centraux. Pendant des années, les gouvernements successifs ont invité cette organisation à devenir un centre de gravité dans le débat politique et ont légitimé ses thèses : immigration, sécurité, terrorisme, identité nationale…

    Marine Le Pen est ingrate, elle a omit de remercier Daesh pour son soutien sans faille, par ses attentats -le dernier en date du 20 avril-, pour le fait de lui avoir tant apporté. Elle a omit de remercier les chauvins de tout poil, qui défendent « la place de la France dans le Monde » ceux et celles qui présentent l’Etat Français comme dominé par l’OTAN et par l’UE. Ceux qui furent acquis à ces thèmes n’ont pas été dupes : ils et elles ont préféré l’original au light drapé de rouge-brun.

    En revanche, contrairement à 2002 où le FN était une très forte minorité, en 2017 celui-ci se retrouve majoritaire -parfois grandement- dans une série de départements et même de régions. Cette nouveauté est révélatrice du caractère hégémonique des idées réactionnaires dans certains lieux. Situation désagréable.

    François Fillon est arrivé 3ème, avec 20%, contre la plupart des pronostics. Nous lui accordions cette place pour plusieurs raisons : sa base électorale catholique est solide, imperméable aux critiques et aux affaires. Elle ne se détourne pas aisément, comme une girouette, pour un Macron vu comme un arriviste ou pour une Le Pen dont la bourgeoisie catholique méprise les manières plébéiennes.

    De plus, beaucoup d’observateurs et de commentateurs, au sein de notre camp tout comme d’une manière générale, ont été victimes d’un biais de pensée : la base sociale de Fillon est très endogame, très repliée sur elle même. Elle est celle, habituellement discrète, qui s’était mobilisée au grand jour dans les « manifs pour tous. » L’absence de contact avec ces milieux ne signifie pas leur inexistence. Les réseaux sociaux, qui ont formé un baromètre trompeur, biaisé, éloignent parfois de la réalité.

    Le vote Fillon reste, malgré tout, un vote rationnel, avec une certaine cote de confiance. Il est probable que de nombreux électeurs aient hésité un moment entre Fillon et d’autres, mais que la rationalité ait pris le pas sur l’aventurisme -supposé ou réel.

    Mélenchon 4ème fut une déception pour de nombreux soutiens. Une déception et une véritable claque. 19% alors que nombreux étaient ceux et celles qui l’imaginaient déjà au second tour.

    Autant les soutiens de Fillon sont restés silencieux, autant ceux de Jean-Luc Mélenchon ont été hyperactifs. Attaquant sur tous les fronts, en reprenant des méthodes employées lors de la campagne de Donald Trump, en intervenant systématiquement, en créant des trollfarms spammant partout et tout le temps, la campagne de la France Insoumise fut omniprésente.

    Hélas pour eux, les soutiens à Mélenchon se sont enivrés de leur propre production et se sont enfermés dans des espaces où ils et elles étaient toutes acquis et acquises à cette cause. D’où une illusion auto-entretenue d’hégémonie. Cette illusion s’est effondrée désormais.

    La défaite de Benoît Hamon est, en revanche, intégrale. Les partisans de Mélenchon lui reprochent d’avoir été inutile, d’avoir absorbé les voix manquantes. Bel exercice comptable, belle ignorance des lignes de démarcation.

    La clivage Hamon / Mélenchon est un clivage de conception profonde de la stratégie de l’impérialisme et du capitalisme français. La vision de Hamon est celle d’un impérialisme français qui reste dans ses choix d’alliance : Libre-échange, Europe et Atlantique. Elle est une vision qui se heurte à celle de Mélenchon : protectionniste, anti-UE et ouraliste. Considérer que les deux sont compatibles montre le niveau de naïveté de la part des insoumis. Elle n’était pas possible, pas concevable, et il est logique que ceux qui rejettent Hamon mais acceptent ses conceptions stratégiques aillent plus vers Macron que vers Mélenchon.

    Hamon incarne la fin du Parti Socialiste tel que nous pouvions l’avoir connu. Passant de parti majoritaire aux élections à une organisation en 5ème position, éventrée, humiliée, il est évident qu’une étape s’est franchie dans son histoire.

    Ceci incarne en plein la faillite de la social-démocratie, du menchevisme, du réformisme, de la possibilité pour une organisation qui prétend assurer un consensus entre les intérêts de la bourgeoisie et des travailleurs de ne pas sombrer dans l’opportunisme. Cette défaite est la victoire la plus importante. Elle est l’aboutissement d’un processus de décomposition, d’effondrement, de droitisation. Elle est le champ du cygne d’une organisation ayant toujours défendu une politique fausse et anti-révolutionnaire.

    La France Insoumise se voit désormais le nouveau pôle social-démocrate. A n’en pas douter, ceci représente l’aboutissement du travail de Mélenchon depuis son départ du Parti Socialiste : organiser autour de lui, de sa clique issue de l’O.C.I., le nouveau centre réformiste. Ainsi, l’ancien ministre, l’ancien P.S., aura réussi son tour de passe-passe : sauter par dessus les cadres du PS pour former son Parti Socialiste bien à lui.

    Cependant, le P.S. nous réserve certainement bien des surprises. Son appareil, son réseau associatif, ses courroies de transmissions sont toujours là, et il est douteux que le vide temporaire qu’il laisse puisse être occupé par la F.I. ou par une organisation manquant de cadres comme « En Marche ! ». Personne ne peut être plus satisfait de la défaite massive de Hamon, du succès de Macron et de Le Pen, que des cadres opportunistes, lesquels vont pouvoir, sans risquer l’opprobre générale, passer aux côtés du traître d’hier et mendier une place.

    Les poussières qui suivent, notamment Philippe Poutou, n’ont pas réussi à capitaliser sur leurs performances dans les débats. Ils ne sont pas apparus comme des alternatives crédibles, sont restés sur un électorat faible et fractionné. Etrangement, celui qui, derrière Hamon, tire son épingle du jeu, est Nicolas Dupont-Aignant, lequel incarne une forme de FN « propre, » loin des affaires, malgré ses piètres performances et ses prises de pied dans le tapis.

    L’abstention et le boycott sont restés forts, aux alentours des 22%. Nous considérons que le fait qu’un électeur sur cinq ne se soit pas exprimé est significatif de la démoralisation de ceux-ci et du dégoût pour la démocratie bourgeoise.

    Ceci représente plus que les voix de Macron (18% de l’ensemble) ; que les voix de Le Pen ( 16% ) ; que les voix de Mélenchon (15%). L’issue de ce premier tour est donc la suivante : la première force politique est le rejet du parlementarisme bourgeois, conscient, théorisé, ou non.

    Le premier tour est un séisme du fait de la disparition des deux grandes forces politiques : PS et LR. Depuis l’élection de Giscard en 1974, l’alternance était restée entre la « droite gaulliste » et la social-démocratie.

    Deuxième tour, premières manigances.

    Dès l’annonce des premiers résultats solides et fiables, les bouches se sont déliées. Sans perdre un instant, Pierre Laurent, dirigeant du PCF, s’est rué pour assurer Emanuel Macron de son soutien. Sans un suzerain P.S. pour lui assurer des places, des élus, des positions, le P.C.F. court le risque d’être victime d’un effet domino entraîné par l’effondrement de son allié et maître.

    Mélenchon et la France Insoumise sont des partenaires gênants et peuvent très bien tenter d’achever le parti zombie pour le remplacer purement et simplement. D’où la terreur du boutiquier Laurent, dont le parti dépend, plus que tout autre, des versements des élus pour tenir (55%).

    Nous nous réjouissons de cette prise de position, dans le sens où elle illustre tout l’opportunisme de cette organisation politique, toute sa soumission, toute sa décomposition et sa putréfaction.

    Philippe Poutou, qui avait voté Hollande en 2012, a appelé à participer aux manifestations anti-FN, tout en mentionnant que Macron n’était pas un rempart contre le fascisme. Si cette position n’est pas injuste en soi, elle deumeure obnubilée par l’épouvantail FN, ne se porte pas sur une position de rupture avec le réformisme bourgeois.

    Comment en serait-il autrement pour une organisation fondamentalement réformiste sous un vernis radical, qui -même dans ses clips de campagne- s’est toujours présentée comme pouvant gagner et changer les choses en étant élu ? Comment en serait-il autrement pour une organisation qui s’est aplatie, qui a quémandé le droit de concourir dans une course truquée ?

    Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, a déclaré qu’il ne prenait pas position, n’étant pas mandaté pour. Cette absence de ligne est une des caractéristiques de l’opportunisme et du centrisme. En n’appelant pas à ne pas voter pour Macron ou Le Pen, le tribun laisse la porte ouverte, admet, par la négative, que cette possibilité est juste et raisonnable. En faisant ceci, mais il est loin d’être le seul, il laisse les positions les plus droitières, les plus modérées, les plus réactionnaires prendre les décisions.

    Botter en touche sur les questions clivantes est une marque de fabrique du trotskisme dont est issu Jean-Luc Mélenchon. Tout comme la question du colonialisme, face à laquelle son sbire Corbière s’est montré d’une lâcheté invraisemblable, la question d’impulser la ligne quant au vote au second tour semble paralyser la direction de la France Insoumise.

    Ne pas avoir reçu de mandat sur cette question sonne, à nos oreilles, comme farce à double-tranchant. Cela signifie que des mandats ont été donnés sur les positions ultra-chauvines, nationalistes, de chef du PG. Cela jette un éclairage passionnant sur les opinions de ceux qui auraient composé ce mandat, sur leur véritable physionomie politique.

    Les discussions internes à la France Insoumise, quant au positionnement face à ce tour, restent en suspens. Nous les suivrons avec attention.

    Ce second tour s’annonce comme une victoire aisée de la part du candidat de la bourgeoisie, mais également comme de vaines gesticulations, comme des concessions, des compromis, des ralliements. Une comedia dell’arte passionnante se dévoile, dans laquelle chacun rivalise de coups bas pour participer au gouvernement du plus jeune président de la République.

    L’arrivée des législatives, dans ce climat de décomposition, de recomposition, de chaos électoral, laisse songeur. Bien des questions sont sans réponse à l’heure actuelle.

    Macron est-il en mesure de faire surgir des cadres et des relais locaux suffisants pour permettre d’occuper l’espace qui lui est offert ? Peut-il réussir à transformer l’essai et à constituer une majorité parlementaire solide ou, au moins, fonctionnelle ?

    Le vide laissé par le PS sera t-il comblé par un simple retournement de veste de la part des membres de l’appareil ?

    Assisterons-nous à la concrétisation d’une opposition formée d’un F.N. capable de disposer d’élus nombreux ? D’un gouvernement pris en étau par une opposition parlementaire de gauche et une de droite ? Ces questions trouveront leurs réponses d’ici quelques mois. Une certitude demeure : ces cinq années seront sous le signe du vacillement, du louvoiement, de la fragilité, donc, paradoxalement, du risque de dégénération en brutalité débridée.

    Quant à nous, notre position est simple : Préparons-nous au choc. Préparons-nous à l’offensive de la bourgeoisie. Serrons les rangs et tirons les conclusions de cette campagne électorale.

    Ceux et celles qui se réjouissent de voir les sociaux-démocrates retourner dans l’opposition doivent faire le deuil de leurs illusions. La social-démocratie se caractérise par l’opportunisme et la trahison. C’est sa physionomie première.

    De même ceux qui, une fois leur candidat mis en échec, se targuent d’être des révolutionnaires dans l’âme, et tentent diverses O.P.A. sur les mouvements abstentionnistes, de boycott, allant jusqu’à tenter de faire coexister « nuit des barricades » et « JLM 2017. »

    Notre seule option est le rejet du parlementarisme, de ses cadres étriqués. Nous devons nous rassembler, tout ceux, toutes celles qui rejettent ce système truqué, sur des bases progressistes, anti capitalistes, anti impérialistes.

    Notre réponse aux idées fascistes est dans l’unité populaire, non dans le fait de plier le genou devant les droitiers et les libéraux.

    Nous devons fonder l’opposition extra-parlementaire, l’outil de la résistance.

    Nous devons frapper et briser le mythe de la démocratie bourgeoise. Dénoncer l’opportunisme, le chauvinisme, le réformisme radical.

    Nous devons construire l’outil de la victoire, le Parti Communiste.

    Osons lutter, osons vaincre !

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie V – Final

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie V – Final

    La quatrième partie de cette brochure est disponible ici.

    La brochure intégrale est disponible en PDF ci-dessous.

    LES BASES DE L’UNITÉ EXISTENT AUJOURD’HUI

    Les bases de ce travail commun existent, les bases de l’unité, dans la pratique, existent. Les besoin, le désir de réaliser ceci existe. Les conditions pour la création de ce front de lutte sont toutes réunies à l’heure actuelle. Ne manque que l’unité de volonté, l’impulsion, l’étincelle. Hormis cela, rien ne s’oppose au fait de réaliser cette étape, d’entamer la route de la rupture avec la bourgeoisie et la forme d’Etat que celle-ci met en œuvre.

    Les élections seront perdues par les masses populaires. Ce fait est inéluctable. Quelque soit le candidat ou la candidate qui accèdera à cette fonction. Dès la fin de ces élections, hormis la nouvelle parenthèse des législatives, les manigances vont reprendre. L’hydre de Lerne du Parti Socialiste, de la social-démocratie, va tenter de faire repousser de nouvelles têtes, les maquillant d’un vernis gauchiste.

    Les ramifications de ces organisations, de nouveau, vont tenter de s’implanter, de corrompre, de coopter les militants et militantes, les travailleurs et travailleuses, de se reconstituer, de redonner vie à leur corps épuisé par la défaite. Sans la possibilité de battre les idées fausses, les thèses pourries, celles-ci renaissent inlassablement, tel le flux et reflux de vagues. Des idées qui bercent d’illusions, de programmes de transitions, de révolutions permanentes et de grands soirs, qui n’ont lieu que dans les rêves. Tandis que, dans la pratique, ce sont les mêmes jeux, les mêmes cachoteries, les mêmes tractations qui reprennent, dans la mairies, dans les assemblées, dans les hôtels de région.

    Et encore ! La situation actuelle est encore celle d’un calme relatif, d’un ciel où les nuages sont épars. Des épreuves bien plus difficiles sont à prévoir, à l’avenir.

    Que cela soit le risque de guerre internationale, du fait de l’affaiblissement relatif de la chape de plomb des USA, par la montée de nouveaux acteurs internationaux, par le recours à la force armée qui s’accroît au fur et à mesure que les impérialismes déclinant dévissent.

    Dans ce cadre, quelle sera l’attitude d’un environnement militant marqué par l’hésitation ? Cent ans auparavant, la plus grande majorité des forces progressistes se sont associées aux projets criminels de l’impérialisme français. Il est fort possible que les sociaux-démocrates fassent de même, à nouveau, en ayant toujours à la bouche les notions de civilisation, de droit, d’universalité. Combien d’organisations -aujourd’hui se targuant d’être les fers de lance de la révolution- accepteront les mots d’ordre, prendront faits et cause pour l’impérialisme ?

    Les  luttes sociales, même le fameux « troisième tour social »  n’aboutiront à rien si ces événements ne débouchent pas sur une structure, ou ne trouvent pas de centre à épouser. Ce centre doit être bâti, en amont, pour que le camp du peuple puisse grandir, quantitativement puis qualitativement.

    Ce camp n’est tout simplement pas prêt. Il est divisé, faible.

    Ses tâches sont immenses, gigantesques, plus grandes que celle qu’il peut aligner aujourd’hui.

    Le dilemme est simple : ou ce camp se hisse à la hauteur de ces tâches, ou il se résigne à vivre en croupion de l’impérialisme et du réformisme.

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie IV

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie IV

    La troisième partie de cette brochure est disponible ici.

    La brochure intégrale est disponible en PDF ci-dessous.

     

    CONSTRUIRE L’OPPOSITION EXTRA-PARLEMENTAIRE

    L’opposition extra-parlementaire répond à un constat : la démocratie bourgeoise se borne strictement à l’idée que le vote est l’acte suprême, le seul légitime, le pinacle de la démocratie. Certes, certains réformistes progressistes concèdent qu’il est possible de doubler ceci d’une pointe de démocratie participative, mais cela reste aux plus bas échelons, sur des questions subsidiaires. Discuter la politique de défense ? Discuter le budget de l’Etat ? Non.

    La bourgeoisie présente la démocratie comme un blanc-seing donné, tous les 5 ans, à un député voleur, à un président menteur, et dont il est de bon ton de se contenter. La démocratie, pour la bourgeoisie, se limite aux cadres étroits qu’elle décide, qu’elle impose, dont elle décrète la légitimité. Qu’importe si elle transgresse régulièrement sa propre légalité, elle joue à domicile en permanence.

    Si les forces communistes sont déjà dispersées, que dire de celles de la nébuleuse anticapitaliste ? Cette masse, pourtant importante, est régulièrement victime de son isolement, régulièrement infectée par des thèses fausses, elle est battue dans le détail, écrasée par l’hégémonie culturelle, politique de la bourgeoisie. Cette nébuleuse, malgré ses oppositions, malgré ses différences, doit, dans ce front large, se rassembler.

    L’opposition extra-parlementaire a pour idée de réclamer le contraire. La démocratie, réelle, c’est celle de la mobilisation des masses. C’est celle des assemblées populaires, c’est celle de la rue, des syndicats, des organisations politiques, révolutionnaires, antiparlementaires. La démocratie réelle se traduit par le fait que les masses prennent des décisions et sont en mesure de les exécuter. Dans la doxa bourgeoise, seule les élus « légitime » peuvent s’exprimer publiquement, prendre position. Ce droit à l’expression, cette légitimité devront être arrachés.

    Cette idée ne saurait être, à elle seule, la voie de la révolution. Dans l’Etat actuel des choses, elle représente une solution intermédiaire, un moyen, un premier point d’ancrage, une première marche vers la rupture avec la bourgeoisie et ses jeux truqués.

    L’opposition est ouverte  tout ceux, toutes celles -individus comme organisations- qui se placent en rupture avec la démocratie bourgeoise. A partir du moment où l’engagement est mû par l’honnêteté, par la sincérité, par le respect des règles internes à l’opposition, de sa « légalité propre », en somme, il n’existe pas d’obstacles à une adhésion.

    Elle est un front commun contre l’exploitation, contre la domination, contre les divisions et diversions lancées par les ennemis du peuple. Elle est le premier rempart dans la période de défensive stratégique que traversent les classes populaires de l’Etat français.

    Ses bases n’ont besoin que d’être minimes pour être efficaces :

    Le rejet du sectarisme comme norme. L’Unité Communiste Lyon, ainsi que les structures dans lesquelles ses militants ont pu officier avant, peut en témoigner : l’anticommunisme, l’anti-léninisme n’est pas mort. Tandis que milles prétextes sont trouvés pour excuser les conflits avec les sociaux-démocrates de gauche, avec les trotskistes, entre les anarchistes, le léninisme continue d’être vu comme une horrible maladie. La formidable machine de propagande bourgeoise porte ses fruits : rendre ennemie l’idéologie de la liberté et de l’égalité. Pourtant, le travail commun existe, porte ses fruits, montre que la confiance et l’esprit d’unité, soudé par le travail de terrain, est un ciment plus efficace, plus juste, que les semblants d’affinités qui peuvent exister.

                Le refus du parlementarisme, de la démocratie représentative comme étant des modes d’expression et de gouvernement légitimes. Le refus de l’accaparation du pouvoir par une poignée de politiciens professionnels, élus sur des mandats vagues et non-contraignants.

    Le rejet du crétinisme parlementaire, ce mode de prise de décision alambiqué, par l’amendement à la virgule, par le langage technocratique. Au contraire, les prises de décisions doivent être sur le fond, claires, simples et limpides aux yeux de toutes et tous.

    Le respect des règles et de prises de décision, la lutte contre le sabotage interne, contre l’obstruction, contre le non-respect des mandats. La lutte contre l’entrisme, le noyautage, la récupération par des sous-marins de la politique.

    Le rejet du capitalisme comme mode de production et d’organisation de la société. Bien évidemment, il ne s’agit nullement de défendre un retour au capitalisme « du bon vieux temps », ou d’un féodalisme périmé. Il s’agit d’abolir la propriété privée des moyens de production et de la remettre entre les mains des masses.

    Le rejet de l’impérialisme, et, en premier lieu, l’impérialisme français. L’opposition extra-parlementaire ne saurait tolérer de chauvins, sociaux ou non, soucieux d’accroitre le « bien-être national » par l’invasion, l’annexion, la domination. Cela passe également par une reconnaissance du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, ce y -compris au sein de « l’hexagone » et de ses dépendances.

    L’indépendance de classe. Les balles sucrées de la bourgeoisie, qui corrompent, qui achètent, mais qui salissent et tuent aussi, sont un danger réel. Dépendre de la bourgeoisie, dépendre d’un de ses partis -qu’il soit réformiste radical ou non- signifie in fine se mettre à sa remorque. La liberté de ton, la liberté d’action ne doit dépendre que de la volonté et des forces objectivement disponibles. L’opposition ne doit pas dépendre des subsides, des subventions, de l’argent de la bourgeoisie et de ses relais. Elle ne doit compter que sur ses propres forces, ses propres ressources.

    LES OBJECTIFS DE L’OPPOSITION EXTRA-PARLEMENTAIRE.

    A l’heure actuelle, seul les salons de la bourgeoisie, ses confortables fauteuils, ses sinécures, ses cadres. Une unité, qu’elle rassemble anarchistes, libertaires, communistes, honnêtes et progressistes, doit permettre de fournir, vis-à-vis des masses, un autre discours. Dans le cas de ces élections, ce pôle aurait pu appeler à dénoncer, à boycotter ce jeu truqué. Il aurait pu avoir le poids suffisant pour être, à sa mesure, un acteur du débat, un intervenant politique, tout aussi légitime, aux yeux des masses qu’un candidat.

    Ses formes restent à définir, cependant les questions qu’elle pose ne sont nullement insolubles avec un minimum de volonté, avec un minimum de travail sérieux.

    Elle présente un double aspect : cette opposition doit être à la fois une « ligue » d’organisation, mais -en même temps – elle doit être plus que tout cela. Si elle peut être, au début, une conférence inter-organisation, mettant en œuvre un matériel commun, elle ne peut rester que cela. Sans évolution, elle reviendrait à être unitaire pour deux. . Si l’opposition reste dans un entre-soi confortable, si elle ne quitte pas sa safe-zone pour devenir un pôle, elle s’effondrera. Il est essentiel d’être critique vis-à-vis des expériences similaires. Elles sont restées dans les universités, dans les centre-ville, dans les squats. Nombre de ces contestations n’ont pas fusionné avec les masses, sont restées sourdes à leur situation, à leurs revendications, à leur état d’esprit. Réussir cette transformation,, cette fusion, est la condition sine qua non du succès. Cette réussite permettra de forger un outil puissant, un bouclier, mais également une épée avec laquelle il sera possible de frapper la bourgeoisie et ses relais -progressistes ou réactionnaires.

    L’expérience concrète du débat politique, de l’exercice, même limité, des tâches de direction, est une fantastique source d’expérience. De même, elle rentre dans la logique, par les liens, par les débats concrets qu’elle pose, de la bataille idéologique. Le travail commun formera un brise-lame pour nombre d’idées fausses. Nulle question ne doit être taboue en son sein. Notamment, celles, particulièrement épineuses, de la question nationale au sein de l’Etat français, mais également des contradictions au sein du peuple, que celles-ci soient autour des question de la division genrée du travail, du patriarcat, du racisme, de la pratique religieuse, des idées réactionnaires ou arriérées.

    De nombreux cadres, il est important d’être honnête sur ce point, ont fait leurs premières armes dans les assemblées générales majoritairement étudiantes. Ce sont dans ces lieux de débat, d’échange, de confrontation, que se sont aiguisées nombre d’éminentes capacités d’exercice des tâches d’encadrement, d’agitation ou de propagande. Cependant, ces cadres sont bien souvent de parfaits représentants de la petite bourgeoisie, enthousiasmés par les idées révolutionnaires, mais rapidement effrayés par les évolutions qu’elles peuvent prendre, et qui, parfois, retournent purement et simplement leurs veste, passant avec armes et bagages dans les rangs des carriéristes ou même de la réaction.C’est un bénéfice que peut apporter cette opposition. Elle doit être un creuset duquel naîtra une génération de militants et de militantes d’une trempe nouvelle, mais, également, issus des milieux populaires, prolétaires, ouvriers, et non plus simplement d’intellectuels de bonne volonté, aussi positive leur présence soit-elle.

    A moyen terme, l’existence de cette structure peut permettre d’en faire un centre de gravité de l’hostilité contre le système capitaliste, contre l’impérialisme. Cela peut devenir un point d’appui essentiel, fédérant les opposition, les unissant, y adjoignant ceux et celles qui veulent lutter.

    A long terme, cet outil ne remplacera jamais, pour l’impulsion d’une révolution, le Parti. Pourtant, ce travail n’en est pas moins fondamental. Nombre d’organisations, se revendiquant du communisme, pourtant l’oublient, l’omettent, voir même l’écartent.

    Ou il oublient la démocratie populaire, oublient les soviets, et ne voient, dans la question du pouvoir, que leur ordre. Ceux-ci oublient les masses et n’ont pas confiance en elles pour se saisir politiquement des questions. Ces organisations et ces individus pensent que le Parti est tout, qu’il est l’alpha et l’oméga de la vie politique et de la révolution. Ceux-ci pêchent par leur autoritarisme, par leur aventurisme.

    A l’inverse, d’autres les fétichisent à outrance, se mettent à la remorque, ne cherchent pas à apporter des conceptions politiques poussées, mais, au contraire, flattent la démagogie, les tendances réactionnaires, oublient que la lutte des classes et la lutte idéologique est partout, même au sein du peuple.

    L’Unité Communiste de Lyon considère son rapport à cette question de la manière suivante : à nos yeux, les deux sont nécessaires, le Parti, pour porter les mots d’ordre, pour impulser la ligne politique, pour fournir des cadres organisationnels. Les Soviets comme outils des masses populaires pour prendre en charge ces questions politiques, pour transformer, par leur capacité créatrice, ces mots d’ordres en réalité.

    Ces soviets sont la base du pouvoir populaire, du pouvoir révolutionnaire. Plus ils grandiront en influence, plus ils seront à même de pouvoir contester la légitimité du pouvoir bourgeois, plus ils seront à même de pouvoir opposer la leur.

    Ce sont des spéculations sur le long terme, mais ses fondements peuvent déjà être lancés. Il est même urgent qu’ils le soient.

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie III

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie III

    La deuxième partie de cette brochure est disponible ici. 

    La brochure intégrale est disponible en PDF ci-dessous.

     

    CRÉER LE CAMP DU PEUPLE – UNIR LES COMMUNISTES

    L’Unité Communiste ne revendique nullement la paternité de cette idée. Elle a pour ambition d’apporter, en revanche, sa pierre à l’édifice. Les mouvements comme Génération Ingouvernable, comme Nuit Debout -dans une certaine mesure- ou comme Boycott 2017 se basent, fort probablement, sur un constat similaire.

    Il est clair, il est limpide, que les militants et militantes anticapitalistes et anti-impérialistes ont besoin d’un centre. Celui-ci est à bâtir, il est manquant. Son rôle de centralisation, d’impulsion, son rôle d’expression politique manque.

    La stratégie de l’Unité Communiste de Lyon est la révolution socialiste. Elle est son objectif stratégique décisif, permettant de construire l’Etat prolétarien, de développer le socialisme, d’aller vers le communisme.

    Cependant, il existe des étapes, des tactiques intermédiaires.

    En l’état actuel des choses, au sein de l’Etat français, il existe un kaléidoscope d’organisations se revendiquant du communisme. Certaines sont inspirées par le révisionnisme khrouchtchévien, par le social-chauvinisme, d’autres sont sur une ligne qui rejette ces conclusions fausses et mortifères.

    Déjà, quelque part, un premier tri s’opère entre ceux avec lesquelles il est possible de travailler à la construction d’une organisation et celles qui restent et qui resteront, ad vidam eternam, des croupions du PCF.

    Les forces qui se battent pour la naissance d’un parti communiste sont dispersées. Leurs rapports sont inégaux en intensité comme en qualité. Certaines débattent entre elles, d’autres se refusent à entretenir des liens. Certaines sont dans des conflits violents, tandis que d’autres sont en bons termes. Certains ont une portée à l’échelle de l’Etat français, entretiennent des liens internationaux. D’autres, à l’inverse sont sur des bases parfois locales -comme l’UCL- ou parfois même fondamentalement localistes. Elles peuvent être le fruit d’un héritage pesant tout comme être neuves. En somme chacune est le fruit d’une logique qui lui est propre, est dans une situation qui lui est propre.

    Aux yeux de l’Unité Communiste de Lyon, aucune ne peut, à l’heure actuelle, assumer les tâches de partis. Cela évoque plus une période de cercles en cours d’unification. Cette étape est une étape qu’il est nécessaire de dépasser.

    Dans ce cadre, l’Unité Communiste de Lyon ne prétend pas être le centre autour duquel tout doit s’agglomérer, d’être le barycentre du militantisme communiste.

    Comment cette étape peut être dépassée ?

    Par le travail mutuel, commun, tant théorique que pratique.

    Par une attitude de rejet du sectarisme, par la volonté de vouloir trouver les issues positives aux conflits.

    Par le débat mutuel, par le fait de tracer des lignes de démarcation minimales, suffisantes que le reste des débats puisse avoir lieu au sein d’une seule organisation.

    C’est pour cela que l’Unité Communiste de Lyon est membre de l’Unité des Cercles Communistes, dans le but de dépasser cette étape, mais également de travailler avec sincérité et

    Ce cadre de débat n’existe pas. Il est a bâtir. L’Unité Communiste de Lyon souhaite constituer, tout d’abord dans son environnement proche, puis, par la suite, pour l’élargir, un Cercle de Recherche et d’Initiatives Matérialistes. Non seulement pour permettre de lancer des initiatives, mais pour permettre de mutualiser, de centraliser les documents, les matériaux, ayant trait au marxisme et à ses continuateurs. Le but final étant de passer d’un cercle à un centre, lequel pourrait faire office de point de convergence.

    L’Unité Communiste de Lyon, ne saurait, ainsi, être hostile à une forme de conférence des organisations communistes de l’Etat français, dans le but de promouvoir une unité d’action, une rationalisation des efforts, et d’avancer sur le chemin de l’unification.

    Dépasser l’étape actuelle permettrait d’atteindre un degré supérieur, celui de l’organisation politique. L’achèvement du processus d’unification, mais également le fait que les organisations en sortant puissent assumer les tâches d’un parti, cela clôturera cette période et permettra de déclarer la naissance du Parti Communiste.

    Ces tâches sont celles d’être le fer de lance de la lutte contre la bourgeoisee, de diriger l’alliance des prolétaires et des classes opprimées vers le combat, d’être un point de ralliement pour les communistes et les sans-partis.

    Pour l’Unité Communiste de Lyon, cette organisation doit être en mesure de produire la synthèse la plus poussée de l’expérience du mouvement ouvrier, révolutionnaire, communiste. Cela passe par plusieurs lignes de démarcation, dont celle, essentielle, du rejet du révisionnisme, du réformisme, du trotskisme. L’Unité Communiste de Lyon considère que les apports de Mao Zedong forment le sommet d’un pyramide idéologique. Cependant, elle considère qu’elle ne refuse aucun débat fait sur la base de l’honnêteté et de la sincérité, tant pour tremper au feu de la critique son idéologie que pour l’améliorer, l’épurer, la compléter.

    C’est cette tâche qui est la plus centrale, la plus essentielle, la plus stratégique. Un long travail reste à fournir, avant que cette organisation ne naisse. Cela signifie t-il, tant qu’elle n’existe pas, que l’attentisme doit régner ? Non. D’autres fronts existent.

    Le front idéologique est primordial. La bataille d’anéantissement idéologique est une tâche qui s’ouvre d’ores et déjà. Elle consiste en la recherche et l’affrontement avec les conceptions fausses, en la renaissance d’un débat de fond, d’un « broyeur à thèses erronées. » Cela explique la publication de pour en finir avec le mythe du PCF, ayant volonté à être une première réponse à une première question « pourquoi l’Unité Communiste de Lyon n’est pas au PCF. »

    Les communistes s’adressent à toutes les classes. A leur base sociale, le prolétariat, mais y compris à la bourgeoisie progressiste et la petite-bourgeoisie, dont certains éléments peuvent être ralliés. Surtout, la science n’est plus entre les mains de la bourgeoisie pourrissante et réactionnaire, laquelle la déforme, la contraint, pour qu’elle ne contrarie pas ses projets. Les communistes doivent arracher la légitimité scientifique, démontrer la supériorité du matérialisme-dialectique, du matérialisme-historique, dans tous les domaines, sciences humaines comme « dures. »

    Cette tâche est importante, doit être poursuivie. Elle est essentielle pour faire avancer les débats autour de l’héritage théorique et idéologique. Elle est ce qui doit donner naissance à la théorie communiste la plus avancée, la plus actuelle, la plus adaptée à la situation de l’Etat français.

    Ces débats, ces travaux, n’aboutiront pas avant un temps conséquent. Ils sont, là aussi, un pan de la stratégie. Cela signifie t-il qu’il faille végéter en attendant des succès prochains ? Attendre ? Non. Cela signifie la tâche impérative pour les communistes de « marcher sur leurs deux jambes. »

    A l’heure actuelle, en revanche, il est possible de travailler, avec toutes les forces qui respectent certaines lignes de démarcation minimales, à la fondation d’une opposition extra-parlementaire.

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie II

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie II

    La partie I de cet article est disponible ici

    La brochure en format PDF est disponible ci-dessous: 

    LE CAMP RÉVOLUTIONNAIRE GANGRENÉ PAR LE RÉFORMISME

    Que ces idées soient répandues dans la société, soit.

    Ce qui devient plus grave, c’est qu’elles sont aussi, in fine; très présentes chez ceux qui, pourtant, se targuent de les rejeter.

    Ainsi, même au sein des sphères idéologiquement anarchistes ou communistes, habituellement promptes à clamer leur idéologie révolutionnaire, la pression des élections entraine un phénomène dialectique particulier. Tout comme, en géologie, la chaleur et la pression donne naissance à des roches métamorphiques, ici, elle donne naissance à une chose d’une nature nouvelle. Les discours révolutionnaires se craquellent, et, derrière leur vernis, réapparait le fond réformiste. Quant à la radicalité, elle s’évanouit au profit du pragmatisme réformiste.

    Pourquoi ?

    Fondamentalement, la raison est un certain pragmatisme stratégique. Ce pragmatisme stratégique est articulé autour d’une idée maître : l’idée que la stratégie s’accommode très bien de louvoiement incessants, qu’il est possible de pouvoir courir deux cibles en même temps. C’est là une faille de raisonnement majeure, laquelle aurait hérissé le poil de Clausewitz lui-même.

    Ce pragmatisme stratégique est le reflet, dans une certaine mesure, d’un rapport étroitement individuel aux questions politiques: certains, ainsi, avancent qu’il est possible de participer et de militer pour les premiers et deuxièmes tours électoraux, mais également d’être présent pour le troisième tour social. Factuellement, ceci est vrai.

    Cependant, les questions politiques ne sauraient se satisfaire d’un traitement individuel.

    Ceux qui votent par dépit, quelle ligne tiennent-ils, tiennent-elles, devant les masses ? « Votez en bonne foi, si ça ne marche pas, on s’émeutera. » Cette ligne est non seulement fausse, mais toxique. Toxique car elle inféode les masses au bon vouloir des urnes, à ce jeu pourri et truqué. Ce discours flatte la démocratie bourgeoise, estime qu’elle peut déboucher sur une issue positive, qu’elle représente le pouvoir populaire. En somme, elle lui donne une légitimité qu’elle ne devrait pas avoir.

    Si Jean-Luc Mélenchon gagnait, demain, son programme serait inapplicable, comme l’était celui de François Hollande, pourtant outrancièrement modéré. Non pas par manque de volonté personnel, non pas par lâcheté, mais tout simplement parce que le cadre ne le permet pas. Ce cadre est celui, dessiné par la bourgeoisie, pour satisfaire ses intérêts tout en maintenant la pression populaire à un niveau acceptable. Le résultat serait un gouvernement croupion des intérêts de la bourgeoisie, d’autant plus féroce dans sa répression des mouvements sociaux du fait que la bourgeoisie n’aie strictement aucun remords à le faire haïr.

    Cette double stratégie ne correspond qu’a brouiller les pistes, à semer le désarroi et la démoralisation au sein des masses, à les guider vers l’abattoir social-démocrate. En un sens, elle ressemble au programme de transition comme un fruit pourri en ressemble à un autre.

    Si, tactiquement, il est possible de se présenter à des élections, ceci ne saurait être compris autrement que comme un baromètre, un appui tactique, une tribune : dénoncer leur teneur, leurs cadres étroits, dénoncer le fait que le pouvoir réel est ailleurs.  En l’occurrence, aucun candidat, aucune candidate ne le fait, toutes et tous respectent cet espace clôt comme un lieu de démocratie.

    Ce pragmatisme est également le reflet d’autre chose, d’une faille dans la solidité idéologique. Bien souvent, les lois objectives de la société, les lois du capitalisme, sont ravalées au rang de fétiches. Elles sont priées, elles bénéficient d’un culte, mais, dans le fond, sont perçues comme des superstitions, des croyances. La nature de classe de l’Etat, l’impossibilité de l’amender, la dictature de la bourgeoisie… ces concepts fondamentaux sont soudain relativisés, réduits, oubliés, en face de l’irruption du réel. Bien souvent, l’adhésion idéologique reste superficielle, la compréhension peu profonde, et cela se ramène bien souvent à une sympathie pour tel ou tel courant, mais non au fait d’en devenir militant.

    D’une part parce que ces faits absolus sont traités de manière relative, d’autre part parce que la pression, la peur, l’emporte sur la raison.

    L’Education Nationale fait un travail de qualité dans son formatage des esprits. La promotion du vote est un enjeu constant. En sixième, en seconde, la démocratie athénienne et la république romaine servent à légitimer la forme de gouvernement actuel comme étant la meilleure, issue de 2000 ans de maturation. La Révolution française s’y adjoint, ainsi que d’autres chapitres, pour enfoncer le clou : le système démocratique bourgeois n’est pas parfait, mais il est le meilleur. Tout ce qui s’en écarte emmène irrémédiablement vers cette nébuleuse dépolitisée nommée « totalitarisme. »

    Faisant d’une pierre deux coups, elle imprime une image de terreur dans la tête de chaque écolier : le communisme est le mal ; Hitler est égal à Staline…etc. Cette anticommunisme, bien imprégné, fournit une couche solide, efficace, pour prémunir la jeunesse contre l’adhésion aux idées communistes. Elle forme un des socles du cordon sanitaire, qui ne se retrouve pas contre le trotskisme et l’anarchisme.

    L’Education Civile -maintenant également Morale- fait le reste : voter est l’acte démocratique suprême, celui qui couronne la vie politique, le seul légitime. Ne pas voter est un acte de trahison : celui qui ne vote pas perd tout ses droits de critiquer, il laisse le « mal » gagner.

    Pourtant ce chantage produit sa propre contradiction. Debut avril, l’Unité Communiste a ainsi publié une brochure nommée Dernière ligne droite avant l’élection. Ce passage permet de répondre à cet argument :

    « N’est-ce-pas une splendide inversion de logique ? Si nous acceptions de jouer ce jeu truqué, en déclarant qu’il est valide, valable, qu’il est dans les règles, nous serions -là- moralement liés à son résultat. En d’autres termes, si nous jouons le jeu, nous devons en accepter l’issue.

    Lorsque François Hollande fut élu, notre organisation n’existait pas encore. Mais ses militants portaient déjà ce mot d’ordre. La gauche qui a élu Hollande, Mélenchon y compris, avait donc donné sa voix, sa validation, à l’homme, au gouvernement, qui liquida le plus le code du travail et la protection sociale dans la Vème République.

    Quelle légitimité ces porteurs du fléau ont ils à le critiquer après coup ? Aucune.

    Dans les publications de 2012, émises par nos militants, nous annoncions ce résultat. La bourgeoisie avait choisi Hollande comme son fer de lance. Le soutenir signifiait se compromettre avec lui. Voter signifiait accepter le jeu truqué. Voter signifiait donc le considérer comme légitime et démocratiquement élu.

    Dans un placardage anti-électoral, daté de 1906, signé d’Albert Libertad : Le criminel c’est l’électeur, les anarchistes pointaient du doigt, avec une rare raison, ce jeu truqué. Ce texte n’est pas vieilli, n’est pas obsolète. Il est encore un credo,  moralisateur certes, mais, sur le fond, juste.

    Nous ne jouons pas les jeux truqués de la bourgeoisie, nous ne leur donnons pas notre validation. »

    De fait, ce travail de terrorisme civique est un exemple d’intelligence, il est un succès à tout point de vue et a su magnifiquement mouler les esprits. Il est le point de naissance de cette peur atavique qui s’empare de nombreux militants et militantes. De plus, il se marie parfaitement avec un autre aspect, celui de l’épouvantail frontiste.

    La peur du F.N. est telle que même des organisations communisantes appellent à lui faire barrage, en votant pour le candidat favori de la bourgeoisie lui-même, Emmanuel Macron. Ainsi, le tour de passe-passe, le chantage au vote utile, contre la droite et l’extrême-droite, fonctionne. La balle est au centre.

    L’ironie de la chose est d’autant plus palpable que la vérité, triste, est que chaque gouvernement, à peu de choses près, aura comme programme celui que les grands monopoles, les trusts, les cartels de la bourgeoisie choisiront pour elle ou lui. La marge de manœuvre est, d’une manière générale, tellement restreinte qu’elle en est inexistante en pratique.

    D’autres formes de participation honteuses existent, souvent maquillée sous les ors du centrisme. Celles-ci mettant sur le même plan l’abstention et le vote, la participation au jeu des bourgeois et sa dénonciation. Dans le discours de ces organisations, ni l’un ni l’autre ne suffit. C’est une vérité que même les réformistes franc n’hésitent pas à tenir. Cependant, en mettant sur le même niveau la dénonciation du système démocratique-bourgeois et la participation à ce jeu, cela revient à ne pas dénoncer le cadre de cette dernière et à la considérer tout aussi valable que la première.

    Cela revient donc à ne pas dénoncer le système électoral pour ce qu’il est réellement, une mascarade ; à ne pas poser politiquement les questions ; à soutenir en sous-main les candidatures de certaines listes. C’est une manière parfaitement centriste d’aborder les choses.

    Ceux et celles qui déclarent leur opposition au capitalisme, qui ont conscience de tout cela, qui militent contre ce système, mais qui acceptent ses règles et son jeu, s’inféodent au réformisme.

    Pourtant, il serait faux de se contenter de monter sur un piédestal et de clamer cela. Les organisations révolutionnaires ont leur part de responsabilité dans l’hégémonie réformistes. Etant les seules forces d’opposition réelles au capitalisme, à l’impérialisme, elles sont même dans une situation de responsabilité totale et absolue.

    Ce qui fait la force du système capitaliste, ce n’est pas qu’il est -dans l’absolu- solide. Ce système est un colosse au pieds d’argile, miné de contradictions internes, pourrissant et putréfié. Sa force est relative. Elle est relative à la faiblesse des organisations révolutionnaires.

    La présence des idées réformistes, au sein des masses comme au sein des militants et militantes anticapitalistes, est le fruit de la faiblesse et de la désorganisation du camp révolutionnaire au sein de l’Etat français.

    Comment reprocher à la bourgeoisie, à la petite-bourgeoise, à l’aristocratie ouvrière, aux réformistes de ne pas être contre le système électoral ? Celui-ci sert particulièrement bien leurs intérêts, sert leur cause.

    Seules les organisations révolutionnaires peuvent porter un discours révolutionnaire, il ne saurait surgir de la bouche de leurs ennemis, ni ex-nihilo.

     

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire. PARTIE I – L’hégémonie réformiste.

    Cette brochure en plusieurs partie est disponible en entier dans le lien ci-dessous.

    L’HEGEMONIE REFORMISTE

    En cette veille d’élection, le constat est sans appel, le réformisme est la force principale au sein de la société. Les organisations évoluant dans un cadre strictement borné par la démocratie bourgeoise sont majoritaires, hégémoniques.

    A cela, pas de surprise. A l’heure actuelle, il n’existe pas de pôle révolutionnaire au sein de l’Etat français suffisamment influent pour que ses idées agissent sur la société. De plus, la spontanéité des masses se tourne vers la réforme, l’amélioration du quotidien, de la vie de tous les jours, vers l’économisme. Dépasser ce stade demande plus que le vécu individuel, que le regard au niveau de l’horizon ; cela demande une prise de hauteur, apportée par la théorisation, par l’idéologie politique.

    Il s’agit d’un travail à part entière. Tant que les forces révolutionnaires -au sens très large- ne le font pas d’une manière efficace, il n’y a lieu de s’étonner de l’hégémonie réformiste. Pester, reprocher aux masses cela, ce serait faire un fort mauvais procès. Les thèses révolutionnaires, seuls les révolutionnaires sont en mesure de les apporter.

    Or, elles sont faibles et dispersées.

    Profitant de ce vide, particulièrement en période d’élection, certaines organisations prétendent être les porte-étendards de la révolution. Ces organisations sont essentiellement bâties autour des conceptions trotskistes : Lutte Ouvrière ; le Nouveau Parti Anticapitaliste ; la France Insoumise.

    Elles se caractérisent par un discours au vernis radical, mais par une position politique foncièrement droitière ; menchevik ; réformiste ; trade-unioniste -au mieux ; sociale-chauvine -au pire.

    A celles-ci, ils serait possible d’accoler, dans une certaine mesure, le dauphin du Parti Socialiste, Benoît Hamon. Bien que ne surfant pas sur l’image du révolutionnaire, son discours sur le salaire universel, vaste arnaque, s’adressait à un public-cible très à gauche tout en satisfaisant les désirs des plus libéraux.

    Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste possèdent un code génétique relativement similaire. Leur ascendance trotskiste donne naissance à certaines similitudes que la scissionnite trotskiste n’a pas effacé.

    Elles se basent toutes sur un constat similaire, issu du menchevisme de Trotski : la révolution est impossible à l’heure actuelle. C’est un des facteurs de la théorie de la révolution mondiale de Trotski. Elle se base sur l’idée qu’il n’est possible de construire le socialisme qu’à l’échelle mondiale. Son corolaire est qu’il est donc nécessaire d’attendre la présence de tous dans les starting-blocks de la révolution. Comme cela n’a pas lieu, du fait des inégalités de développement du capitalisme dans le monde, en attendant, ces organisations font du réformisme. Cet attente trouvait, un temps, une excuse dans le poids de l’URSS, dont ces organisations ont célébré la chute. Désormais privées de leur excuse favorite, elles en cherchent d’autres, dont le « reflux du mouvement ouvrier », éternel, intangible, justifiant tout.

    Le deuxième aspect est celui du programme de transition. Les masses, selon ces organisations -mais elles ne sont pas les seules- ne sont pas en mesure de comprendre la nécessité stratégique de la révolution. Il est essentiel, pour ne pas les effrayer, de n’en parler qu’à mots couverts. Par contre, le programme se fait sur la base de revendications impossibles à satisfaire sous le capitalisme, mais qui ne le remettent pas fondamentalement en cause. L’exemple typique est « l’interdiction des licenciements », foncièrement incompatible avec le fonctionnement du libéralisme et du capitalisme, avec son caractère vacillant, mais qui n’est pas une négation de ce mode de production. Dans la même veine, les « nationalisations démocratiques sous contrôle ouvrier », impossible à mettre en œuvre sans la contrainte la plus sévère sur la bourgeoisie. Ni possibilité d’obtenir ceci sous la dictature de la bourgeoisie, ni socialisme. Un entre-deux qui amène, invariablement à l’échec et à la désespérance. La construction du rapport de force se nourrit de victoires, non de cul de sac. D’autant plus que cette position tend à faire stagner le niveau de conscience politique, à le tirer en arrière, à le maintenir dans la charrette réformiste, voir à combattre les éléments les plus avancés, les plus révolutionnaires.

    Le dernier aspect commun, surtout marqué au sein du N.P.A., est le centrisme. Ce centrisme permet à la fois de concilier l’inconciliable mais également de rejeter toute prise de position claire. Ainsi, le N.P.A., peut à la fois faire des meeting et des manifestations avec des organisations hostiles à la cause kurde, sur le dossier de la Syrie, mais également saluer la lutte du peuple kurde Cet aspect à double face, cette absence de physionomie, est un trait majeur du trotskisme. Le « ni-ni », « ni vote-ni abstention » ; « ni paix-ni guerre », suit la même ligne. Il s’agit toujours de ne pas définir de ligne, de rester flou vague, de racoler le plus largement. Dans les faits, ce vide entre deux positions sert systématiquement la position la plus libérale, la plus droitière, que seule la fermeté peut combattre.

    Lutte Ouvrière, pour revenir dans le vif du sujet, est, comme son nom l’indique, marquée par un ouvriérisme caricatural. Cela consiste à rester fondamentalement collé au ras du sol d’un point de vue idéologique, de rester dans l’économisme le plus plat, de soutenir chaque lutte sociale, même réactionnaire, sous le prétexte qu’il faut unir tous les travailleurs. Aux yeux de L.O., avant d’être le valet de la bourgeoisie, le policer, la policière, est un ou une prolétaire. Ceci était l’argument-massue de cette organisation dans son soutien aux manifestations de la Police, lesquelles demandaient, en somme, le droit de tuer impunément.

    Dans la pratique, cela se traduit par le fait de ne pas vouloir poser la moindre question qui puisse faire clivage -féminisme, luttes de libération nationale, antifascisme- pour maintenir « l’unité de la classe ouvrière. » Cela revient à tenter systématiquement une synthèse entre les positions droitières, réactionnaires et les positions progressistes. Cela revient à un opportunisme de bas étage. Au lieu de faire avancer idéologiquement les question, d’isoler la droite et de soutenir la gauche, L.O. applique la recette, évoquée plus haut, du centrisme :unir, rassembler, nier les clivages.

    Le programme suit parfaitement cette logique : tout en dénonçant le patronat, la candidate de Lutte Ouvrière ne pose que des revendication économiques, plates. Hausse des salaires, baisse du temps de travail.

    La question du pouvoir, la question de la dictature du patronat n’est à aucun moment réellement évoquée. Derrière cela se trame toujours l’héritage génétique du programme de transition . L.O. n’ose pas parler de révolution, maintient un cap réformiste, petit-bourgeois. Ainsi, en dernière instance, c’est le passage par les urnes qui forme l’architecture de sa stratégie.

    Le N.P.A., pousse un peu plus loin la logique. Si L.O. évoque fatalement une secte, l N.P.A. se joue, au contraire, sur une façade joliment peinte, avenante, jeune et radicale. Pourtant, idéologiquement parlant, la distance est relativement faible entre les deux branches du trotskisme.

    L’économisme,  le trade-unionisme, du N.P.A. donnent à celui-ci un programme tout aussi digne d’un super-syndicat, mais ne répondant pas aux questions politiques.

    Ainsi, le texte du tract appelant au meeting de Vénissieux du mardi 11 avril 2017, les titres des trois premiers points sont éloquents :

    1-Interdire les licenciements, partager le temps de travail, fixer le SMIC à 1700€nets.

    2-Réquisitionner les banques et les grandes entreprises, planifier l’économie pour éviter la catastrophe climatique.

    3-Donner le contrôle à celles et ceux qui font tourner la société.

    Comment ? Jamais le tract de le mentionne. Comment vaincre l’opposition de la bourgeoisie, laquelle accepterait sans broncher les décisions des votants ? Incroyable naïveté ou mensonge assumé.

    Le tract lui même se tire une balle dans le pied en clamant : « le débat est ennuyeux car il fait l’impasse sur les solutions radicales qu’il faut mettre en place pour sortir de la crise. » In fine, la solution du N.P.A. ? Votons.

    En revanche, tandis que Lutte Ouvrière est particulièrement avare de commentaires sur le sujet, ou alors avec une maladresse terrible, le Nouveau Parti Anticapitaliste, quant à lui, est particulièrement prolixe sur les sujets de société. Ainsi, la question des violences policières, des luttes LGBT+, du racisme, sont régulièrement évoquée. Cela contribue à son caractère d’organisation de la jeunesse réformiste-radicale.

    Dans la lignée trotskiste, le NPA reste profondément lié à la social-démocratie, qu’il essaie inlassablement de tirer vers la gauche, de radicaliser, sans comprendre la nature de classe de celle-ci. C’est un des aspects qui ont fait que Philippe Poutou s’est montré particulièrement conciliant avec Benoît Hamon au cours des débats, ainsi qu’avec son concurrent direct : Jean-Luc Mélenchon.

    Cette organisation sort d’une période où elle était au creux de la vague. Elle a, en effet, connu maints déboires durant le début de cette campagne : Difficulté de réunir les parrainages ; manque de cohésion interne ;  manque d’unité de volonté lié au fonctionnement en tendances et en fractions.

    Une fois franchi le goulot d’étranglement des signatures, une fois franchi les premiers déboires, cette organisation a réussi quelques coups d’éclat. Cependant, cet allant, cet entrain, avec lequel Philippe Poutou se lance dans la course, ne peut faire oublier le fond de l’affaire : la course est truquée et le N.P.A. ne dénonce pas ce truquage.

    Les militants du N.P.A. ont beau clamer le contraire, dire que « en leur fort intérieur », ils et elles sont pour la révolution, le discours tenu vers les masses n’est pas en conformité avec ce désir. La communication politique de l’organisation amène même vers le sens inverse. Aspect révélateur, dans la pétition, lancée pour l’accès à la présidentielle de leur candidat,  les héritiers de la Ligue ne dénoncent pas la démocratie bourgeoise. Ils et elles dénoncent le fait que l’élection se placerait sous le signe du « recul démocratique » si jamais Philippe Poutou ne pouvait participer. A contrario, cela signifie que sa présence entraine, mécaniquement, une avancée démocratique. Cela contribue donc à accorder un semblant de légitimité au jeu pourri.

    Le 4ème mur, celui de la dénonciation de la démocratie bourgeoise, n’est toujours pas brisé. La pièce de théâtre continue.

    La France Insoumise -dirigée par Jean-Luc Mélenchon- est un cas de figure autre. Elle franchit avec entrain et panache une ligne de démarcation essentielle : celle du chauvinisme. Celui de Mélenchon est outrancier, furieux, débridé. La France Insoumise est ainsi titulaire d’une triplé de fautes.

    Premièrement, comme chez les deux précédents, l’économisme plat. Les changements proposés par la clique de Mélenchon sont du domaine du détail, toujours la même ritournelle. Augmentation des salaires, sans prise en compte de l’inflation, réduction du temps de travail, amélioration de la protection sociale…etc.

    La politique, quant à elle, est un mélange de messianisme et de programme de transition. Comment une VIe République aboutirait-elle à autre chose qu’a une constitution sanctionnant les rapports de forces au sein de la société ? Comment une limitation « morale » de la finance peut-elle être mise en œuvre sans recourir à la force ? Comment croire que des nationalisations amèneraient à autre chose qu’a un transfert de la propriété formelle des moyens de production à l’Etat, non au peuple ? La planification écologique, elle aussi, est une chimère. Elle n’est nullement applicable autrement que dans un système socialiste d’économie planifiée. Or, ce système, qui exige de briser le pouvoir de la bourgeoisie, Jean-Luc Mélenchon ne l’apporte pas ; la France Insoumise ne l’apporte pas.

    Ce qu’apporte, en revanche, ce programme, c’est un immense appui aux menées impérialistes de la bourgeoisie la plus réactionnaire et la plus chauvine.

    L’obsession de Mélenchon est toxique : celle d’une idée de l’Etat français comme d’une espace dominé, colonisé, par l’ennemi germanique et américain. Dans sa conception du monde, non seulement la France Insoumise ne reconnaît pas l’impérialisme français, mais elle souhaite l’acoquiner avec d’autres : le russe et le chinois. Dans un sens, Jean-Luc Mélenchon fait plus fort que Deng Xiaoping, il invente une nouvelle théorie des trois mondes. Un monde constitué d’une sphère germano-américaine – les superpuissances; suivie d’une faite de puissance intermédiaires -France, Chine, Russie ; puis d’un Tiers-monde dont la France devrait, avec les BRICS, prendre le leadership.

    Ainsi, pour citer son ouvrage, L’ère du peuple : « Dès lors, quel crève-coeur de voir la France rabougrie ! À cette heure notre République devrait se  dresser de toute la hauteur de son peuple sur la scène du monde. Elle ne devrait pas être enfermée dans la servile allégeance aux États-Unis d’Amérique et à leur dangereuse politique impériale. Elle ne devrait pas être cette pauvre chose ballottée par les événements, tenue en laisse par Mme Merkel. » Voici une illustration de la conception de ce triste sire, obsédé, tel un Foch, par le voisin d’outre-Rhin.

    « Elle ne devrait pas vivre dans la gêne et sous le fouet d’une poignée de déclinistes payés pour la démoraliser et la faire douter d’elle. Au contraire elle devrait marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples. »  En l’occurrence, c’est cette même France, celle qui impose des dirigeants, qui maitrise le Franc CFA, qui bombarde, qui exploite, qui vole, qui devrait, sans transformation aucune, prendre la tête de l’alliance mondiale est peuples heureux.

    L’obsession de Mélenchon possède deux noms : OTAN et UE. En revanche, la capitalisme, l’impérialisme français ne sont jamais un réel problème.

    L’économie de la mer, mise en avant par la F.I., est une ode à la grandeur des Zones Economiques Exclusives de l’Etat français. Une ode à la possession territoriale, à la maîtrise des océans, à l’exploitation ou la surexploitation des ressources halieutiques.

    Toujours dans cet ouvrage de la main du chef : « Et avec 11 millions de kilomètres carrés, il dispose du deuxième territoire maritime du monde, juste derrière les États-Unis d’Amérique ! Cet espace représente plus de 16 fois notre territoire terrestre. La France continentale étale mille kilomètres de côtes. Mais 97 %  territoire maritime se situe dans les pays d’outre-mer si souvent regardés de haut ou délaissés par d’ignorants prétentieux.

     

    Je suis consterné par l’indifférence qui règne face au potentiel que cette situation contient. La France a le quarante et unième territoire terrestre du monde. Mais en l’additionnant à son espace maritime, notre pays est un géant. Le sixième du monde, juste derrière le Brésil mais devant la Chine ou l’Inde ! Ce territoire s’est encore accru de 10%   dans les années 2000 sans tirer un coup de fusil. Cela parce que notre pays a pu remettre à temps à l’ONU les preuves scientifiques de la continuité physique des nouveaux territoires maritimes connus avec ceux déjà attribués aux Français !

     

    Dès lors, sur cette nouvelle mappemonde, la France n’est pas la petite nation « occidentale » qu’a fait d’elle François Hollande en s’intégrant servilement aux politiques de l’empire nord-américain. C’est une puissance à vocation universaliste, présente sur les cinq continents dans leur contexte maritime. Mais la présidence actuelle ne connaît rien au sujet et ne s’y intéresse pas. »

    « En ce sens c’est une « nation universaliste ». La France l’est d’une  façon très physique. Elle est présente sur les cinq continents. Sa plus longue frontière est avec le Brésil, ce que l’on oublie car on néglige l’existence de l’immense et magnifique Guyane française. »

    L’Empire ne court pas de grands risques avec les sociaux-chauvins de cette trempe.

    Le protectionnisme et les accords bilatéraux sont, également, un chant de sirène destiné a appâter le chauvin et le naïf en économie. Se replier sur les liens néocoloniaux, se couper de la concurrence internationale, du capital apatride… Dans le fond, ce projet revient à tenter de faire tourner la roue de l’histoire à l’envers, de brimer, brider, ramener en arrière le capitalisme. La solution est pourtant non dans la contrition des lois du capitalisme, mais dans leur dépassement, vers le socialisme, vers le communisme.

    Quant aux militants de la F.I. ; une grande partie est très certainement de bonne foi. Tout comme la base du N.P.A., leur discours est souvent trois tons plus à gauche que la réalité du programme. A demi-mots, ils et elles admettent qu’il s’agit d’une ligne volontairement démagogue, chargée de rallier des suffrages. Ils et elles admettent le programme de transition, le discours sur l’UE et l’OTAN comme n’étant nullement suffisant. En revanche, ce qui n’est jamais accepté, c’est l’accusation de chauvinisme et de nationalisme outrancier.

    Celle-ci est systématiquement rejetée avec force. Pourtant, aucun texte ne permet de démontrer l’hostilité à l’impérialisme français de la F.I. ; ni même la reconnaissance de son existence. A l’inverse, il existe une littérature, de la main même de Jean-Luc Mélenchon, qui stipule l’inverse. La lecture du Hareng de Bismarck, de L’ère du peuple, est -à ce titre- instructive.

    Cette frilosité à l’égard de la critique de gauche rend, par ailleurs, la communauté des zélateurs de Mélenchon particulièrement agressive et hostile.

    Négation de la dictature du patronat ; négation du caractère truqué des élections ; négation du caractère de classe de l’Etat ; économisme et programme de transition. Voici ce qui trace le pentacle du réformisme-radical.

     

  • Dernière ligne droite avant les élections.

    Dernière ligne droite avant les élections.

    ARTICLE DISPONIBLE SOUS FORME DE PDF :

    Le dénouement des élections approche à grands pas. Un, ou une, nouveau leader du conseil d’administration du capitalisme et de l’impérialisme français va émerger.

    Après ces élections, l’ordre bourgeois restera inchangé.

    Ceci est une certitude.

    Non seulement du fait des sondages, du fait des votes, mais bien du fait du jeu lui-même. Seule la naïveté politique peut permettre de croire que la bourgeoisie donne l’opportunité aux travailleurs, aux travailleuses, de la renverser par les urnes.

    Car la bourgeoisie n’est pas stupide, loin de là. Elle est vive, réactive, elle anticipe. Contrairement aux discours moralistes, ce n’est nullement par méchanceté qu’elle agit ainsi, mais bien parce qu’elle est très consciente de ses intérêts de classe et très motivée à les défendre.

    Elle a organisé un système de répression, un système chargé d’arbitrer les conflits en sa faveur, chargé de gérer le plus pacifiquement possible l’exploitation. Ce système est l’Etat bourgeois. Telle est sa nature, telle est sa mission.

    L’Etat n’est pas neutre, n’est pas une entité coupée de la lutte des classes, flottante, une île au dessus des conflits. C’est un fer de lance de l’oppression de classe. Ceux qui pensent qu’il est possible de changer sa nature, de la bouleverser, d’en faire la conquête, sont dans l’illusion, dans un réformisme naïf. Il en est de même pour ceux et celles qui se présentent aux élections aujourd’hui.

    L’élection, tel le carnaval des fous, fait vivre la croyance en la possibilité de remettre en cause le pouvoir. Ce qui se déroule, chez ceux et celles qui, à travers les urnes, pensent changer les choses est une joute illusoire. Une joute, d’un David réformiste radical contre les Goliath des partis institutionnels. Si, dans l’Ancien Testament, David vainquit Goliath dans un combat franc, à mort. Dans les élections, David – NPA / LO- porte la réforme et combat dans une arène construite par et pour Goliath.

    Pour poursuivre dans la métaphore, cela revient à jouer dans un casino, à une table de joueurs tricheurs, propriétaires de l’établissement, et d’espérer néanmoins gagner.

    L’Unité Communiste de Lyon, comme une grande partie des organisations communistes, a pris une position claire sur le boycott des élections.

    Nous revenons un instant sur ce mot d’ordre :

    Il est, dans la gauche réformiste, de bon ton de tirer à boulets rouges sur les abstentionnistes. Avec la grâce et la candeur d’un cours d’Education Civique, les militants et militantes de ces organisations expliquent doctement que ne pas voter prive du droit de critiquer le résultat des urnes. Que cette démarche est un sabotage de la lutte menée, que ce mot d’ordre fait le jeu du Front National ou d’autres hommes de paille.

    N’est-ce-pas une splendide inversion de logique ? Si nous acceptions de jouer ce jeu truqué, en déclarant qu’il est valide, valable, qu’il est dans les règles, nous serions-là- moralement liés à son résultat. En d’autres termes, si nous jouons le jeu, nous devons en accepter l’issue.

    Lorsque François Hollande fut élu, notre organisation n’existait pas encore. Mais ses militants portaient déjà ce mot d’ordre. La gauche qui a élu Hollande, Mélenchon y compris, avait donc donné sa voix, sa validation, à l’homme, au gouvernement, qui liquida le plus le code du travail et la protection sociale dans la Vème République.

    Quelle légitimité ces porteurs du fléau ont-ils à le critiquer après coup ? Aucune.

    Dans les publications de 2012, émises par nos militants, nous annoncions ce résultat. La bourgeoisie avait choisi Hollande comme son fer de lance. Le soutenir signifiait se compromettre avec lui. Voter signifiait accepter le jeu truqué. Voter signifiait donc le considérer comme légitime et démocratiquement élu.

    Dans un placardage anti-électoral, daté de 1906, signé d’Albert Libertad : Le criminel c’est l’électeur, les anarchistes pointaient du doigt, avec une rare raison, ce jeu truqué. Ce texte n’est pas vieilli, n’est pas obsolète. Il est encore un credo,  moralisateur certes, mais, sur le fond, juste.

    Nous ne jouons pas les jeux truqués de la bourgeoisie, nous ne leur donnons pas notre validation.

    Nous ne faisons pas mystère de notre principe : stratégie ferme, tactique souple. Nous pourrions participer aux élections, si notre organisation était suffisamment grande, puissante, influente. Nous le pourrions d’une manière tactique.

    C’est là ce qui nous démarque de LO / NPA, lesquels clament que leur présence est tactique, mais leur discours les contredit. Dans celui-ci, ceci est présenté comme, non seulement une, mais LA stratégie de leur organisation. Derrière leur vernis révolutionnaire ne se cache que du vieux menchevisme, du vieux réformisme.

    Un candidat communiste n’aurait de poids, d’intérêt, que dans la recherche de la rupture : dans un choc frontal avec la social-démocratie, dans un choc frontal avec les institutions, dans une dénonciation du fond et de la forme de cette élection. Cette opportunité d’agitation et de propagande devrait déboucher sur des mots d’ordre mettant en avant la démocratie populaire, les soviets, la dictature du prolétariat comme seule véritable démocratie. Hors, ce n’est nullement le cas. La bataille se perd dans les détails, dans les tranchées. L’idéologie communiste, qui est un scalpel tranchant, s’émousse dans les batailles de chiffres, de pourcentages, dans les détails.

    Voilà, selon nous, ce qu’un candidat communiste devrait faire, non pas chercher la bataille de tranchée, la bataille économiste, mais la bataille politique, la rupture de front.

    La bourgeoisie s’est prémunie contre l’arrivé de ces trouble-fêtes en mettant en place des barrières : les 500 signatures, avec une procédure encore alourdie, sont un écueil, un brise-lame. Celui-ci franchi, les frais conséquents d’une campagne ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Il faut -comme Jean-Luc Mélenchon, comme Marine Le Pen, emprunter. Aux banques, contre des sourires narquois, contre des garanties ; à la Russie, faisant, quelque part, du parti le plus nationaliste, une cinquième colonne des intérêts russes. Belle ironie.

    Si le NPA a été écrasé dans la bataille de détail qu’était ONPC, le réformiste radical Poutou a brillé au débat à 11. Capable de pouvoir mener l’offensive, plutôt que de rendre les coups, il a pu torpiller François Fillon et Marine Le Pen. Les cris d’horreur, les attaques ad hominem lancées contre lui par les gardiens de la réaction sont le miroir de ce succès. Les tweets de Luc Ferry en sont l’illustration, l’attaquant sur ses habits, sur son ton, non sur le fond de l’affaire.

    Le refus d’un deuxième grand débat par Mélenchon et Macron, le premier attaqué sur la gauche par Lutte Ouvrière, le deuxième invisible, sont également le reflet de la position des partis plus imposants, laquelle est de ne pas vouloir se laisser attaquer par les « petits ».

    Tel le petit torpilleur s’attaquant au cuirassé, les petits candidats ont décroché des coups secs mais effrayants.

    Nous ne cachons pas notre antipathie vis-à-vis du trotskisme. Que cela soit le menchevisme du NPA, le soutien qu’il apporte à des agents de l’impérialisme français en Syrie, son centrisme débilitant. Nous n’avons jamais caché non plus notre opposition à la ligne opportuniste de Lutte Ouvrière, qui soutint la police lors de ses manifestations.

    Pourtant, nous rendons à César ce qui revient à César. Au cours de ce débat, ces deux intervenants furent en mesure de décrocher quelques salves bien ajustées sur les positions des « grands. »

    Cela a fait hurler.

    Les partisans de Mélenchon ont conspué Nathalie Arthaud, dans des hululements de meute, outrés du crime de lèse-majesté commis à l’encontre de leur leader.

    La bourgeoisie s’est exprimée rapidement pour insulter, colmater les brèches, contre attaquer. A ce titre, Bruno-Roger Petit, journaliste à Challenge, s’est fendu d’un article d’un ridicule achevé sur le « danger Poutou ».

    Sur son propre terrain, sur ses propres règles, au milieu de ses chausses trappes et de ses pièges, la bourgeoisie hérisse déjà le poil. Pourtant la menace est faible.

    Un débat suffit à l’irriter.

    Rappelons-nous des campagnes anticommunistes, de calomnies, de mensonges, faites contre l’URSS et ses dirigeants. C’est le destin de tous ceux qui s’opposent à la bourgeoisie que d’en être victime. Ironie de la chose, ceux qui sont ciblés par ses articles, aujourd’hui, sont les colporteurs les plus zélés de l’anti-léninisme.

    Dans quelques semaines, cette campagne sera terminée. Avant que le rideau ne retombe, avant que la scène ne soit close, un dernier tour d’horizon et quelques derniers pronostics.

    Tour d’horizon des présidentielles.

    Un socle, un monolithe unit les débatteurs : l’impérialisme français. Aucun ne le reconnaît, aucun ne le cible comme LE premier ennemi.

    Si certains, quant à la Guyane, soutiennent la lutte, cela reste un soutien économiste. Cette lutte est présentée comme légitime, mais elle est prise sous un angle purement syndical, non sous un angle de colonialisme, de libération nationale, de lutte contre l’impérialisme. En cela, tous partagent un fond chauvin.

    La question nationale, au sein de l’hexagone, est gentiment glissée sous le tapis. La question de la Polynésie, portée par Oscar Temaru, tout comme celle de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie, n’est abordée que sous l’angle des « avantages » qu’offrent ces possessions à l’impérialisme français, jamais sous leur vrai nom : des colonies.

    Celui qui peut le plus peut le moins. Celui qui refuse d’aborder le moins n’abordera jamais le plus. La Corse, la Bretagne, le Pays Basque, pour ne citer qu’eux, sont absents des débats. Comment en serait-il autrement lorsqu’il est clair qu’aucun des candidats n’accepterait le moindre renoncement à une terre « française » ? Nous annonçons, par là même, notre intention de produire une brochure sur la question nationale dans l’Etat français.

    D’une manière générale, il n’existe que deux positions sur l’impérialisme :

    Celle des fiers promoteurs, qui n’hésitent pas à clamer que la France est une grande puissance, qu’elle est motrice dans l’Europe, que c’est une fierté de vendre des armes. C’est la position hégémonique au centre.

    Celle, pleurnicharde, geignarde, des négateurs, qui prétendent que la France est un pays dominé. Dominé par l’OTAN, par les USA, par Mme Merkel. C’est la position hégémonique sur les ailes, excepté le NPA et LO, qui condamnent moralement l’impérialisme tout en adoptant une position -comme usuellement- centriste. Ou bien en soutenant « l’intervention humanitaire » ; ou en soutenant les agents de l’impérialisme français et occidental en général.

    Il est fascinant de voir que le trotskisme, dont l’alpha et l’oméga était la haine contre l’URSS, s’accommode toujours très bien d’un atlantisme de bon ton.

    Hormis ce bémol, tout candidat est purement et simplement un agent de l’impérialisme français.

    La première position, le tour en est fait rapidement. Elle est axée autour du libre échange, du libéralisme triomphant, de la mondialisation heureuse et joyeuse. Elle est celle d’une espèce de rêve américain adapté à la France, par ailleurs l’atlantisme se confond régulièrement avec elle Son illustration la plus parfaite est Emmanuel Macron, le banquier aux dents longues.

    La seconde est biface. Elle est protectionniste, ouraliste. Si elle s’oppose au libéralisme – en façade, elle ne s’oppose pas au capitalisme en tant que tel.

    La face fascisante, fascistoïde, de Mme Le Pen et de ses satellites, qu’ils soient sur des orbites stables -Dupont Aignant- ou carrément excentriques -Asselineau et Cheminade. Suppression des droits sociaux, xénophobie, fond de commerce sur la haine de l’islam et des arabes… une ligne classique.

    La face sociale-chauvine, dont le tenant, Mélenchon, est régulièrement présent dans nos colonnes. Cette gauche chauvine ne peut que nous évoquer les Doriot et les Déat. Social, oui, Mélenchon l’est. Impérialiste, oui, aussi.

    La nouvelle indépendance française, promue par la France Insoumise, signifie qu’elle n’était pas indépendante avant. Son obsession de la menace allemande, de l’OTAN, des USA, évoque les chauvins de la seconde internationale, internationalistes en façade, mais toujours prêts à défendre la mission civilisatrice et la supériorité de leur impérialisme sur celui des autres.

    Tout comme les leçons de géographie maritime par un Jean-Luc Mélenchon devenu instituteur de la IIIème République : « regardez, jamais le soleil ne se couche sur la France. » La fascination morbide pour les Z.E.E. étendues, pour les zones contrôlées, pour la présence sur chaque continent de l’Etat Français est révélatrice du fond ultra-chauvin et nationaliste du candidat.

    Derrière les beaux discours, lorsque le vernis social s’écaille, il ne reste qu’une chose : « l’impérialisme français sera renforcé et donnera de beaux fruits. » Ite missa est.

    Et, lorsqu’il tempête, c’est contre la finance, le mauvais capitalisme, le capital apatride. Par contre, le bon, l’industriel, le patriote, apporte la richesse. Son projet n’est pas de dépasser le premier, mais de ramener le capitalisme à son « bon stade ». Mélenchon, comme de nombreux réformistes, y compris des réactionnaires, veut faire tourner la roue de l’histoire à l’envers.

    Bêtise ?

    Nous ne pouvons le croire. Son parcours parle pour lui. Mélenchon est passé par l’O.C.I. ; l’Organisation Communiste Internationaliste ; qui porte bien mal son nom. Il ne peut ignorer les lois du développement du capitalisme, de l’impérialisme. Il ne peut ignorer ce que signifie « impérialisme français ».

    Donc, s’il ne le dit pas, ce n’est pas qu’il l’ignore, c’est qu’il ment consciencieusement. Pour quelle raison ? Probablement celle, commune aux trotskistes, qui est cette croyance dans le fait qu’il faut mentir aux masses.

    Dans la tête des supers-syndicats.

    La critique du capitalisme et la lutte des classes sont, dans cette élection, le monopole de deux forces : Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste.

    Cependant, cette critique reste superficielle, trade-unioniste, économiste, syndicale. C’est là une caractéristique des organisations trotskistes, c’est leur apolitisme.

    L’idée maître des organisations et des militants et militantes trotskistes est un rapport particulier aux masses. Dans ce cadre là, il est tout à fait possible d’inclure, par ailleurs, le duo « natriste » -National-Trotskiste- formé par Mélenchon et Corbière.

    Les trotskistes considèrent que les masses sont attardées, incapables de comprendre les conceptions politiques. Qu’elles sont effrayées par ces questions et que, par voie de conséquence, il ne faut pas leur en parler. Les mots d’ordre doivent donc rester platement au niveau du vécu direct, concret, des travailleurs. Salaire, conditions de travail, oui. Plus loin, non.

    Ainsi, les trotskistes, particulièrement L.O., sont maîtres dans le fait de parler aux ouvriers de leurs propres problèmes. Ils et elles font un travail d’enquête réel, et sont capables de savoir ce qui se passe dans les usines qu’ils et elles ciblent.

    Mais, tandis que les communistes considèrent qu’il faut être capable, pour appliquer la ligne de masse, de reformuler et de politiser les problèmes concrets des travailleurs, les trotskistes se contentent de leur parler de ce qu’ils et elles connaissent déjà. Et pour cause ! Ce sont ces travailleurs et travailleuses qui les en ont informés. Cela n’avance pas, ne décolle pas, ne permet pas une prise de conscience politique.

    Les revendications des trotskistes ne parlent donc jamais de révolution, de pouvoir de politique, mais de revalorisation du SMIC, d’interdiction des licenciements, de taxation du capital. Jamais cela ne pose la question du Parti autrement que sous une forme vague et confuse.

    Ou ces revendications sont sottes : un SMIC à 1800€ se solde par une inflation qui dévore tout. Cela n’avance à rien, au lieu de créer de la richesse, cela revient à faire simplement baisser la valeur de la monnaie.

    Ou elles font partie du programme de transition : des revendications qui sont impossible à satisfaire sous le capitalisme, donc qui démontrent les limites de ce système, donc qui font que les masses se soulèvent, avec colère, contre ce système et l’écrasent. Beau plan.

    Dans le monde réel, non seulement les candidats ne sont pas élus, mais leur programme voué à l’échec marche dans un sens : il échoue. Il déclenche la désespérance chez les masses, brise leur combativité.

    La césure entre le NPA et LO s’est vue dans leur attitude vis-à-vis de la sociale démocratie : Poutou a attaqué la droite [Fillon, Le Pen], mais n’a pas attaqué un seul instant Mélenchon. Nathalie Arthaud, quant à elle, a croisé le fer avec le leader de la France Insoumise, attaquant son programme et ses mensonges sur une illusoire VIème République.

    Le premier considère la social-démocratie comme son allié, dans une tradition de « tirer vers la gauche » celle-ci, dans le fait que, in fine le trotskisme vit aux crochets de celle-ci ; la seconde le voit comme un traitre, sans toutefois le dénoncer non plus comme cela.

    Bonne ou mauvaise prestation, le résultat est le même, le jeu des bourgeois est resté un cadre valable pour la bataille politique, le 4ème mur est resté intact.

    Aucun des candidats de la « gauche de la gauche » n’a brisé ce mythe et n’a dénoncé la dictature de la bourgeoisie.

    Du côté du favori.

    Macron, selon toute vraisemblance, est plutôt bien parti pour devenir le plus jeune président de l’Etat Français. Les capitalistes, depuis la disgrâce de François Fillon, se tournent vers lui. Lorsque Hollande demande à ce dernier de se retirer -officiellement- c’est la voix de l’Elysée, de l’Etat Français, qui exige la fin de la campagne du candidat Républicain. C’est le président du conseil d’administration des intérêts de la bourgeoisie qui s’exprime.

    Fillon n’est pas un concurrent de Benoît Hamon. Il ne lui ôte guère de voix. Celui dont il grignote les plates-bandes est le candidat de En Marche. Ce n’est pas une attaque, en soi, contre Fillon, mais bien un appel à la raison pour faire gagner le poulain du MEDEF.

    Tant le ralliement de Valls que la parole de Hollande sont donc des appels à faire élire ce candidat, contre, même, le dauphin légitime.

    La bourgeoisie appelle Macron de ses vœux. Il est probable, avec le report des voix, qu’il parvienne au pouvoir. Il brûle d’impatience de servir ses maîtres, d’être leur plus fidèle laquais. C’est son seul programme, être leur parfait outil leur parfait moyen d’opprimer et d’exploiter.

    Hamon, quant à lui, est l’enfant déshérité. Le Parti Socialiste, à travers sa primaire, l’a adoubé. Adoubé pour mieux le renier après. Fils légitime, il est pourtant abandonné par les ténors du parti, lesquels comprennent  que le vent souffle dans les voiles du requin Macron.

    Dépourvu d’appareil, il aura besoin de cadres expérimentés. Ceux et celles, qui, au Parti Socialiste, veulent conserver leur place, leur sinécure, se rallient dès maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, premier parmi les opportunistes, à ouvert la voie. Non seulement en soutenant ouvertement le candidat de En marche ! , mais en censurant même ses détracteurs.

    Entre l’échec, la perte de places et le déshonneur, la tradition sociale-démocrate s’applique avec rigueur : trahir, s’humilier, s’avilir n’est pas un problème. Le PS ne sombre pas avec dignité, mais, tel des parasites quittant leur hôte mort, partent à la recherche d’un sang neuf à vampiriser.

    Le Parti Socialiste, en tant que tel, peut survivre. Organisme primitif et lâche, digne héritier des tendances opportunistes de la seconde internationale, fusionné avec le trotskisme, son absence totale de physionomie politique peut le lui permettre. Mais il est blessé, pour le moment.

    Hamon, en tant que tel, est un personnage secondaire de cette élection. Il serait hautement improbable qu’il puisse se hisser au deuxième tour.

    Fillon, de favori, est maintenant le pestiféré. Les affaires se sont accumulées avec une telle intensité, avec une telle régularité d’horloge, qu’elles en ont formé un magnifique opéra. Fillon, pour notre grand bonheur, nous offre un spectacle digne du crépuscule des dieux. De scandales en scandales, de maladresses publiques en mépris glaciaux, François Fillon décroche une palme d’or des campagnes calamiteuses. Lui non plus ne sera probablement pas sélectionné pour l’épreuve finale.

    Tout comme le Parti Socialiste, les Républicains devraient survivre à cette catastrophe. Le national-catholicisme, des soutiens du candidat, est un bloc solide homogène, qui ne risque pas d’être fragmenté.

    Le vote des déçus de Fillon se reportera-t-il sur Le Pen ou Macron ? Mystère.

    Menace ou épouvantail ?

    La menace Le Pen est un fond de commerce, pour la social-démocratie pour fixer, figer le débat. « Faire le jeu du FN » est devenu une ritournelle constante, utilisée pour saper le travail des organisations refusant le jeu de la bourgeoisie. Combien de fois l’avons-nous entendu ? Combien de fois, depuis le 21 avril 2002, n’avons-nous pas eu à répondre à ces accusations ?

    Certains courbent l’échine. Certains sont effrayés.

    A demi-mot, les langues se délient : voter Macron serait la solution, le barrage républicain, le sursaut démocratique.

    Chacun communique, mais chacun devra assumer, le temps venu, le coût politique de sa stratégie.

    Nous ne sommes pas des partisans de Bordiga, pour nous la social-démocratie, la démocratie bourgeoise, libérale et le fascisme sont deux choses différentes. Nous ne les mettons pas sur le même pied et nous ne scanderions pas « Allende et Pinochet ; même combat. »

    Seulement, notre but est la révolution prolétarienne. Elle implique d’affronter la démocratie libérale, bourgeoise, de rompre avec elle, de s’organiser de manière indépendante. Elle implique aussi de clamer haut et fort la nécessité de ce combat.

    Or, que font ceux qui tremblent devant Le Pen : immédiatement, ils et elles proclament que la république, la démocratie est menacée, qu’il faut remballer le drapeau rouge, sortir le bleu-blanc-rouge, marcher avec les démocrates et les libéraux contre le fascisme.

    En somme, dès qu’un peu de tension apparaît, ils et elles se muent en démocrates plats, se réfugient derrière la police républicaine, se cachent derrière la bourgeoisie progressiste.

    Dès qu’un durcissement apparaît, ils et elles se débandent et s’éparpillent en priant pour ne pas être déportés.

    C’est là une manière de mal considérer les étapes.

    Oui, les réactionnaires gagnent du terrain. C’est un fait. Oui, ils sont présents et leur idéologie dispose d’une assise.

    Oui, la candidate frontiste dispose d’un appui dans la population.

    Nous sommes dans une période de tensions internationales, de tensions liées à la crise. Nous sommes dans une période d’offensive délibérée du capitalisme, qui reprend ce qu’il a du concéder lorsque les organisations ouvrières, communistes, révolutionnaires, étaient fortes. Le capitalisme se dépouille de ses concessions : assurance chômage, assurance maladie, conventions collectives…

    Nous revenons à ce que Marx identifiait comme la tendance à la paupérisation relative et absolue. Nous sommes plus pauvres qu’avant, tant relativement qu’en valeur absolue, plus précaires, plus vulnérables.

    C’est dans ce contexte que les organisations de lutte, les organisations du peuple doivent porter l’offensive, doivent attaquer la bourgeoisie et son ordre injuste, doivent se mettre à la tête de la colère populaire -ce que tentent de faire les fascistes.

    Et que proposent ces « antifascistes » qui ne méritent pas leur nom ?

    De défendre ce système, de défendre la démocratie bourgeoise.

    Non, nous ne voulons pas de cette ligne pourrie.

     

    S’abstenir et boycotter sont une étape: mais nous avons besoin de plus !

    Il n’est pas possible de mettre sur le même plan le vote et le boycott. Nous ne pouvons considérer que l’une ou l’autre des positions est strictement équivalente. Boycotter de manière revendiquée est, pour les communistes, une manière de rompre avec la démocratie bourgeoise. Elle est une manière d’inciter à la confrontation, de dénoncer ce jeu pourri, de poser les fondations d’autre chose.

    Car nous devons faire plus.

    L’Unité Communiste de Lyon porte le mot d’ordre d’opposition extra-parlementaire.

    Nous considérons que nous avons une triple tâche, en tant qu’organisation communiste dans l’Etat français.

    Nous en avons une dans la volonté de construire un Parti Communiste révolutionnaire, capable de pouvoir traiter les questions politiques qui se posent à l’heure actuelle au sein de l’Etat français -y compris celle de la question des nations dominées et colonisées. Nous travaillons et voulons travailler avec les organisations communistes partageant notre fond commun, à la constitution de ce Parti.

    Ce travail, nous le menons également vis-à-vis des masses, en particulier ouvrières, lesquelles sont la raison d’être de notre organisation. Nous ne sommes pas des opportunistes. Nous ne sommes pas une organisation qui a besoin des masses. Nous sommes dans la ligne de Mao : nous sommes là pour servir le peuple.

    Une en tant qu’organisation voulant mener la bataille idéologique, voulant reprendre le débat traversant toutes les organisations politiques luttant contre le capitalisme, voulant permettre à un débat positif, productif, et efficace d’être mis en œuvre pour triompher. Une lutte visant également à attaquer les positions retardées ou réactionnaires, les broyer; les éjecter. A l’inverse, permettre de systématiser le positif, de systématiser l’universel, de promouvoir ce qui est juste.

    Mais les bases d’une certaine unité existent déjà. Elles existent autour de lignes de démarcations simples.  Le rejet de l’impérialisme français, le rejet du capitalisme, le refus du crétinisme parlementaire et du parlementarisme bourgeois.

    Ces éléments simples suffisent à couler les fondations d’une opposition extra-parlementaire. Une opposition qui existe, hors des salons, hors des hémicycles, hors des bureaux de la bourgeoisie. Une opposition au sein de la société civile, formée des organisations politiques, des associations des syndicats. Une opposition qui peut s’exprimer d’une voix unique, forte.

    Une opposition qui doit devenir un centre de gravité en dehors du jeu des bourgeois.

    Une opposition qui combat l’hégémonie de cette classe.

    Qui oppose aux jeux pourris sa démocratie : directe, populaire, impérative.

    Sa légitimité : fondée sur la mobilisation des masses.

    Son organisation du pouvoir : fondé sur le modèle des soviets.

    Voici les tâches qui s’ouvrent à tous les militants honnêtes, dans cette période où le dégoût de la démocratie bourgeoise est fort, où l’abstention est imposante.

    Nous devons forger l’organisation des communistes et des sans-partis.

    Nous devons jeter les bases du rejet de la bourgeoisie !


     

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon à la suite du rassemblement anti-électoral.

    Construisons l'opposition extra-parlementaire !

    Aujourd'hui, 450 personnes sont venues à l'appel conjoint d'individus, de la GALE et de notre organisation. Ce rassemblement est, à nos yeux, un succès. En toute indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, vis-à-vis des organisations de la bourgeoisie, vis-à-vis des opportunistes ne rêvant que de bulletins de vote, nous considérons que se posent ici les bases d'une opposition frontale aux élections. Au delà du boycott, ce "4ème meeting du week-end" porte la voix des abstentionnistes, de ceux qui voient, qui comprennent que la démocratie bourgeoise n'est qu'une illusion de démocratie.

    Trois candidats, chacun et chacune se targuant d'être "antisystème", viennent draguer leur électorat, à Lyon, ce week-end.

    Emmanuel Macron, l'ami des patrons, l'agent zélé du MEDEF, le chevalier en armure étincelante du libéralisme. Pour lui, le système qui l'irrite est bien celui de la régulation du travail, de la protection sociale. Lui et son soutien Gérard Collomb rêvent d'un monde d'exploitation accrue et impitoyable.

    Jean-Luc Mélenchon, le social-chauvin insoumis, héraut du peuple, mais surtout grand défenseur de "la place de la France dans le Monde", de l'impérialisme français. Celui qui accuse, cloue au pilori Angela Merkel, l'OTAN, l'UE, mais nie intégralement les agressions, l'exploitation, les rapports néocoloniaux qu'entretiennent la France et l'Afrique.

    Marine Le Pen, l'héritière de son père, qui se prétend, elle aussi, être l'amie du peuple, des travailleurs, mais au programme tout aussi libéral, antisyndical, antisocial que le premier, la xénophobie en plus.

    En dernière instance, l'électeur n'a le choix que de « voter bourgeois ».

    Ce rassemblement s'est tenu dans une atmosphère de motivation et d'entrain, du sentiment de fierté de pouvoir clamer que nous refusons chacun des candidats, chacun des valets de la bourgeoisie qui se présentent.

    A la suite de ce rassemblement, spontanément, les militants et militantes ont défilé, en scandant leur rejet d'élections étriquées, de l'exploitation, du capitalisme et de la police au service d'un Etat qui entretient un ordre injuste.

    La Police, par ailleurs, a encerclé et contrôlé les identités des individus présents, procédant à quelques pressions inamicales envers les manifestants, tels que "sale gaucho, on va te casser la gueule si tu parles", révélateurs d'un état d'esprit plus que réactionnaire dans une institution votant à plus de 50% pour Le Pen.

    Nous rejetons le parlementarisme, la démocratie bourgeoise, nous rejetons des élections dans des cadres étriqués, conçus, encadrés par les règles des exploiteurs. Nous réclamons, nous et bien d'autres, que la démocratie et la politique n'est pas que celle des salons et de la corruption.

    Nous revendiquons le fait de travailler à la constitution d'un camp du peuple, uni, opposé aux exploiteurs qui ne permettent que de choisir un nouveau "maître", mais sont prêts à écraser tout rejet de leur ordre injuste.

    Construisons une opposition extra-parlementaire, anticapitaliste, anti-impérialiste, indépendante et populaire !