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  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie IV

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie IV

    La troisième partie de cette brochure est disponible ici.

    La brochure intégrale est disponible en PDF ci-dessous.

     

    CONSTRUIRE L’OPPOSITION EXTRA-PARLEMENTAIRE

    L’opposition extra-parlementaire répond à un constat : la démocratie bourgeoise se borne strictement à l’idée que le vote est l’acte suprême, le seul légitime, le pinacle de la démocratie. Certes, certains réformistes progressistes concèdent qu’il est possible de doubler ceci d’une pointe de démocratie participative, mais cela reste aux plus bas échelons, sur des questions subsidiaires. Discuter la politique de défense ? Discuter le budget de l’Etat ? Non.

    La bourgeoisie présente la démocratie comme un blanc-seing donné, tous les 5 ans, à un député voleur, à un président menteur, et dont il est de bon ton de se contenter. La démocratie, pour la bourgeoisie, se limite aux cadres étroits qu’elle décide, qu’elle impose, dont elle décrète la légitimité. Qu’importe si elle transgresse régulièrement sa propre légalité, elle joue à domicile en permanence.

    Si les forces communistes sont déjà dispersées, que dire de celles de la nébuleuse anticapitaliste ? Cette masse, pourtant importante, est régulièrement victime de son isolement, régulièrement infectée par des thèses fausses, elle est battue dans le détail, écrasée par l’hégémonie culturelle, politique de la bourgeoisie. Cette nébuleuse, malgré ses oppositions, malgré ses différences, doit, dans ce front large, se rassembler.

    L’opposition extra-parlementaire a pour idée de réclamer le contraire. La démocratie, réelle, c’est celle de la mobilisation des masses. C’est celle des assemblées populaires, c’est celle de la rue, des syndicats, des organisations politiques, révolutionnaires, antiparlementaires. La démocratie réelle se traduit par le fait que les masses prennent des décisions et sont en mesure de les exécuter. Dans la doxa bourgeoise, seule les élus « légitime » peuvent s’exprimer publiquement, prendre position. Ce droit à l’expression, cette légitimité devront être arrachés.

    Cette idée ne saurait être, à elle seule, la voie de la révolution. Dans l’Etat actuel des choses, elle représente une solution intermédiaire, un moyen, un premier point d’ancrage, une première marche vers la rupture avec la bourgeoisie et ses jeux truqués.

    L’opposition est ouverte  tout ceux, toutes celles -individus comme organisations- qui se placent en rupture avec la démocratie bourgeoise. A partir du moment où l’engagement est mû par l’honnêteté, par la sincérité, par le respect des règles internes à l’opposition, de sa « légalité propre », en somme, il n’existe pas d’obstacles à une adhésion.

    Elle est un front commun contre l’exploitation, contre la domination, contre les divisions et diversions lancées par les ennemis du peuple. Elle est le premier rempart dans la période de défensive stratégique que traversent les classes populaires de l’Etat français.

    Ses bases n’ont besoin que d’être minimes pour être efficaces :

    Le rejet du sectarisme comme norme. L’Unité Communiste Lyon, ainsi que les structures dans lesquelles ses militants ont pu officier avant, peut en témoigner : l’anticommunisme, l’anti-léninisme n’est pas mort. Tandis que milles prétextes sont trouvés pour excuser les conflits avec les sociaux-démocrates de gauche, avec les trotskistes, entre les anarchistes, le léninisme continue d’être vu comme une horrible maladie. La formidable machine de propagande bourgeoise porte ses fruits : rendre ennemie l’idéologie de la liberté et de l’égalité. Pourtant, le travail commun existe, porte ses fruits, montre que la confiance et l’esprit d’unité, soudé par le travail de terrain, est un ciment plus efficace, plus juste, que les semblants d’affinités qui peuvent exister.

                Le refus du parlementarisme, de la démocratie représentative comme étant des modes d’expression et de gouvernement légitimes. Le refus de l’accaparation du pouvoir par une poignée de politiciens professionnels, élus sur des mandats vagues et non-contraignants.

    Le rejet du crétinisme parlementaire, ce mode de prise de décision alambiqué, par l’amendement à la virgule, par le langage technocratique. Au contraire, les prises de décisions doivent être sur le fond, claires, simples et limpides aux yeux de toutes et tous.

    Le respect des règles et de prises de décision, la lutte contre le sabotage interne, contre l’obstruction, contre le non-respect des mandats. La lutte contre l’entrisme, le noyautage, la récupération par des sous-marins de la politique.

    Le rejet du capitalisme comme mode de production et d’organisation de la société. Bien évidemment, il ne s’agit nullement de défendre un retour au capitalisme « du bon vieux temps », ou d’un féodalisme périmé. Il s’agit d’abolir la propriété privée des moyens de production et de la remettre entre les mains des masses.

    Le rejet de l’impérialisme, et, en premier lieu, l’impérialisme français. L’opposition extra-parlementaire ne saurait tolérer de chauvins, sociaux ou non, soucieux d’accroitre le « bien-être national » par l’invasion, l’annexion, la domination. Cela passe également par une reconnaissance du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, ce y -compris au sein de « l’hexagone » et de ses dépendances.

    L’indépendance de classe. Les balles sucrées de la bourgeoisie, qui corrompent, qui achètent, mais qui salissent et tuent aussi, sont un danger réel. Dépendre de la bourgeoisie, dépendre d’un de ses partis -qu’il soit réformiste radical ou non- signifie in fine se mettre à sa remorque. La liberté de ton, la liberté d’action ne doit dépendre que de la volonté et des forces objectivement disponibles. L’opposition ne doit pas dépendre des subsides, des subventions, de l’argent de la bourgeoisie et de ses relais. Elle ne doit compter que sur ses propres forces, ses propres ressources.

    LES OBJECTIFS DE L’OPPOSITION EXTRA-PARLEMENTAIRE.

    A l’heure actuelle, seul les salons de la bourgeoisie, ses confortables fauteuils, ses sinécures, ses cadres. Une unité, qu’elle rassemble anarchistes, libertaires, communistes, honnêtes et progressistes, doit permettre de fournir, vis-à-vis des masses, un autre discours. Dans le cas de ces élections, ce pôle aurait pu appeler à dénoncer, à boycotter ce jeu truqué. Il aurait pu avoir le poids suffisant pour être, à sa mesure, un acteur du débat, un intervenant politique, tout aussi légitime, aux yeux des masses qu’un candidat.

    Ses formes restent à définir, cependant les questions qu’elle pose ne sont nullement insolubles avec un minimum de volonté, avec un minimum de travail sérieux.

    Elle présente un double aspect : cette opposition doit être à la fois une « ligue » d’organisation, mais -en même temps – elle doit être plus que tout cela. Si elle peut être, au début, une conférence inter-organisation, mettant en œuvre un matériel commun, elle ne peut rester que cela. Sans évolution, elle reviendrait à être unitaire pour deux. . Si l’opposition reste dans un entre-soi confortable, si elle ne quitte pas sa safe-zone pour devenir un pôle, elle s’effondrera. Il est essentiel d’être critique vis-à-vis des expériences similaires. Elles sont restées dans les universités, dans les centre-ville, dans les squats. Nombre de ces contestations n’ont pas fusionné avec les masses, sont restées sourdes à leur situation, à leurs revendications, à leur état d’esprit. Réussir cette transformation,, cette fusion, est la condition sine qua non du succès. Cette réussite permettra de forger un outil puissant, un bouclier, mais également une épée avec laquelle il sera possible de frapper la bourgeoisie et ses relais -progressistes ou réactionnaires.

    L’expérience concrète du débat politique, de l’exercice, même limité, des tâches de direction, est une fantastique source d’expérience. De même, elle rentre dans la logique, par les liens, par les débats concrets qu’elle pose, de la bataille idéologique. Le travail commun formera un brise-lame pour nombre d’idées fausses. Nulle question ne doit être taboue en son sein. Notamment, celles, particulièrement épineuses, de la question nationale au sein de l’Etat français, mais également des contradictions au sein du peuple, que celles-ci soient autour des question de la division genrée du travail, du patriarcat, du racisme, de la pratique religieuse, des idées réactionnaires ou arriérées.

    De nombreux cadres, il est important d’être honnête sur ce point, ont fait leurs premières armes dans les assemblées générales majoritairement étudiantes. Ce sont dans ces lieux de débat, d’échange, de confrontation, que se sont aiguisées nombre d’éminentes capacités d’exercice des tâches d’encadrement, d’agitation ou de propagande. Cependant, ces cadres sont bien souvent de parfaits représentants de la petite bourgeoisie, enthousiasmés par les idées révolutionnaires, mais rapidement effrayés par les évolutions qu’elles peuvent prendre, et qui, parfois, retournent purement et simplement leurs veste, passant avec armes et bagages dans les rangs des carriéristes ou même de la réaction.C’est un bénéfice que peut apporter cette opposition. Elle doit être un creuset duquel naîtra une génération de militants et de militantes d’une trempe nouvelle, mais, également, issus des milieux populaires, prolétaires, ouvriers, et non plus simplement d’intellectuels de bonne volonté, aussi positive leur présence soit-elle.

    A moyen terme, l’existence de cette structure peut permettre d’en faire un centre de gravité de l’hostilité contre le système capitaliste, contre l’impérialisme. Cela peut devenir un point d’appui essentiel, fédérant les opposition, les unissant, y adjoignant ceux et celles qui veulent lutter.

    A long terme, cet outil ne remplacera jamais, pour l’impulsion d’une révolution, le Parti. Pourtant, ce travail n’en est pas moins fondamental. Nombre d’organisations, se revendiquant du communisme, pourtant l’oublient, l’omettent, voir même l’écartent.

    Ou il oublient la démocratie populaire, oublient les soviets, et ne voient, dans la question du pouvoir, que leur ordre. Ceux-ci oublient les masses et n’ont pas confiance en elles pour se saisir politiquement des questions. Ces organisations et ces individus pensent que le Parti est tout, qu’il est l’alpha et l’oméga de la vie politique et de la révolution. Ceux-ci pêchent par leur autoritarisme, par leur aventurisme.

    A l’inverse, d’autres les fétichisent à outrance, se mettent à la remorque, ne cherchent pas à apporter des conceptions politiques poussées, mais, au contraire, flattent la démagogie, les tendances réactionnaires, oublient que la lutte des classes et la lutte idéologique est partout, même au sein du peuple.

    L’Unité Communiste de Lyon considère son rapport à cette question de la manière suivante : à nos yeux, les deux sont nécessaires, le Parti, pour porter les mots d’ordre, pour impulser la ligne politique, pour fournir des cadres organisationnels. Les Soviets comme outils des masses populaires pour prendre en charge ces questions politiques, pour transformer, par leur capacité créatrice, ces mots d’ordres en réalité.

    Ces soviets sont la base du pouvoir populaire, du pouvoir révolutionnaire. Plus ils grandiront en influence, plus ils seront à même de pouvoir contester la légitimité du pouvoir bourgeois, plus ils seront à même de pouvoir opposer la leur.

    Ce sont des spéculations sur le long terme, mais ses fondements peuvent déjà être lancés. Il est même urgent qu’ils le soient.

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie III

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie III

    La deuxième partie de cette brochure est disponible ici. 

    La brochure intégrale est disponible en PDF ci-dessous.

     

    CRÉER LE CAMP DU PEUPLE – UNIR LES COMMUNISTES

    L’Unité Communiste ne revendique nullement la paternité de cette idée. Elle a pour ambition d’apporter, en revanche, sa pierre à l’édifice. Les mouvements comme Génération Ingouvernable, comme Nuit Debout -dans une certaine mesure- ou comme Boycott 2017 se basent, fort probablement, sur un constat similaire.

    Il est clair, il est limpide, que les militants et militantes anticapitalistes et anti-impérialistes ont besoin d’un centre. Celui-ci est à bâtir, il est manquant. Son rôle de centralisation, d’impulsion, son rôle d’expression politique manque.

    La stratégie de l’Unité Communiste de Lyon est la révolution socialiste. Elle est son objectif stratégique décisif, permettant de construire l’Etat prolétarien, de développer le socialisme, d’aller vers le communisme.

    Cependant, il existe des étapes, des tactiques intermédiaires.

    En l’état actuel des choses, au sein de l’Etat français, il existe un kaléidoscope d’organisations se revendiquant du communisme. Certaines sont inspirées par le révisionnisme khrouchtchévien, par le social-chauvinisme, d’autres sont sur une ligne qui rejette ces conclusions fausses et mortifères.

    Déjà, quelque part, un premier tri s’opère entre ceux avec lesquelles il est possible de travailler à la construction d’une organisation et celles qui restent et qui resteront, ad vidam eternam, des croupions du PCF.

    Les forces qui se battent pour la naissance d’un parti communiste sont dispersées. Leurs rapports sont inégaux en intensité comme en qualité. Certaines débattent entre elles, d’autres se refusent à entretenir des liens. Certaines sont dans des conflits violents, tandis que d’autres sont en bons termes. Certains ont une portée à l’échelle de l’Etat français, entretiennent des liens internationaux. D’autres, à l’inverse sont sur des bases parfois locales -comme l’UCL- ou parfois même fondamentalement localistes. Elles peuvent être le fruit d’un héritage pesant tout comme être neuves. En somme chacune est le fruit d’une logique qui lui est propre, est dans une situation qui lui est propre.

    Aux yeux de l’Unité Communiste de Lyon, aucune ne peut, à l’heure actuelle, assumer les tâches de partis. Cela évoque plus une période de cercles en cours d’unification. Cette étape est une étape qu’il est nécessaire de dépasser.

    Dans ce cadre, l’Unité Communiste de Lyon ne prétend pas être le centre autour duquel tout doit s’agglomérer, d’être le barycentre du militantisme communiste.

    Comment cette étape peut être dépassée ?

    Par le travail mutuel, commun, tant théorique que pratique.

    Par une attitude de rejet du sectarisme, par la volonté de vouloir trouver les issues positives aux conflits.

    Par le débat mutuel, par le fait de tracer des lignes de démarcation minimales, suffisantes que le reste des débats puisse avoir lieu au sein d’une seule organisation.

    C’est pour cela que l’Unité Communiste de Lyon est membre de l’Unité des Cercles Communistes, dans le but de dépasser cette étape, mais également de travailler avec sincérité et

    Ce cadre de débat n’existe pas. Il est a bâtir. L’Unité Communiste de Lyon souhaite constituer, tout d’abord dans son environnement proche, puis, par la suite, pour l’élargir, un Cercle de Recherche et d’Initiatives Matérialistes. Non seulement pour permettre de lancer des initiatives, mais pour permettre de mutualiser, de centraliser les documents, les matériaux, ayant trait au marxisme et à ses continuateurs. Le but final étant de passer d’un cercle à un centre, lequel pourrait faire office de point de convergence.

    L’Unité Communiste de Lyon, ne saurait, ainsi, être hostile à une forme de conférence des organisations communistes de l’Etat français, dans le but de promouvoir une unité d’action, une rationalisation des efforts, et d’avancer sur le chemin de l’unification.

    Dépasser l’étape actuelle permettrait d’atteindre un degré supérieur, celui de l’organisation politique. L’achèvement du processus d’unification, mais également le fait que les organisations en sortant puissent assumer les tâches d’un parti, cela clôturera cette période et permettra de déclarer la naissance du Parti Communiste.

    Ces tâches sont celles d’être le fer de lance de la lutte contre la bourgeoisee, de diriger l’alliance des prolétaires et des classes opprimées vers le combat, d’être un point de ralliement pour les communistes et les sans-partis.

    Pour l’Unité Communiste de Lyon, cette organisation doit être en mesure de produire la synthèse la plus poussée de l’expérience du mouvement ouvrier, révolutionnaire, communiste. Cela passe par plusieurs lignes de démarcation, dont celle, essentielle, du rejet du révisionnisme, du réformisme, du trotskisme. L’Unité Communiste de Lyon considère que les apports de Mao Zedong forment le sommet d’un pyramide idéologique. Cependant, elle considère qu’elle ne refuse aucun débat fait sur la base de l’honnêteté et de la sincérité, tant pour tremper au feu de la critique son idéologie que pour l’améliorer, l’épurer, la compléter.

    C’est cette tâche qui est la plus centrale, la plus essentielle, la plus stratégique. Un long travail reste à fournir, avant que cette organisation ne naisse. Cela signifie t-il, tant qu’elle n’existe pas, que l’attentisme doit régner ? Non. D’autres fronts existent.

    Le front idéologique est primordial. La bataille d’anéantissement idéologique est une tâche qui s’ouvre d’ores et déjà. Elle consiste en la recherche et l’affrontement avec les conceptions fausses, en la renaissance d’un débat de fond, d’un « broyeur à thèses erronées. » Cela explique la publication de pour en finir avec le mythe du PCF, ayant volonté à être une première réponse à une première question « pourquoi l’Unité Communiste de Lyon n’est pas au PCF. »

    Les communistes s’adressent à toutes les classes. A leur base sociale, le prolétariat, mais y compris à la bourgeoisie progressiste et la petite-bourgeoisie, dont certains éléments peuvent être ralliés. Surtout, la science n’est plus entre les mains de la bourgeoisie pourrissante et réactionnaire, laquelle la déforme, la contraint, pour qu’elle ne contrarie pas ses projets. Les communistes doivent arracher la légitimité scientifique, démontrer la supériorité du matérialisme-dialectique, du matérialisme-historique, dans tous les domaines, sciences humaines comme « dures. »

    Cette tâche est importante, doit être poursuivie. Elle est essentielle pour faire avancer les débats autour de l’héritage théorique et idéologique. Elle est ce qui doit donner naissance à la théorie communiste la plus avancée, la plus actuelle, la plus adaptée à la situation de l’Etat français.

    Ces débats, ces travaux, n’aboutiront pas avant un temps conséquent. Ils sont, là aussi, un pan de la stratégie. Cela signifie t-il qu’il faille végéter en attendant des succès prochains ? Attendre ? Non. Cela signifie la tâche impérative pour les communistes de « marcher sur leurs deux jambes. »

    A l’heure actuelle, en revanche, il est possible de travailler, avec toutes les forces qui respectent certaines lignes de démarcation minimales, à la fondation d’une opposition extra-parlementaire.

  • Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie II

    Du réformisme à l’opposition extra-parlementaire – Partie II

    La partie I de cet article est disponible ici

    La brochure en format PDF est disponible ci-dessous: 

    LE CAMP RÉVOLUTIONNAIRE GANGRENÉ PAR LE RÉFORMISME

    Que ces idées soient répandues dans la société, soit.

    Ce qui devient plus grave, c’est qu’elles sont aussi, in fine; très présentes chez ceux qui, pourtant, se targuent de les rejeter.

    Ainsi, même au sein des sphères idéologiquement anarchistes ou communistes, habituellement promptes à clamer leur idéologie révolutionnaire, la pression des élections entraine un phénomène dialectique particulier. Tout comme, en géologie, la chaleur et la pression donne naissance à des roches métamorphiques, ici, elle donne naissance à une chose d’une nature nouvelle. Les discours révolutionnaires se craquellent, et, derrière leur vernis, réapparait le fond réformiste. Quant à la radicalité, elle s’évanouit au profit du pragmatisme réformiste.

    Pourquoi ?

    Fondamentalement, la raison est un certain pragmatisme stratégique. Ce pragmatisme stratégique est articulé autour d’une idée maître : l’idée que la stratégie s’accommode très bien de louvoiement incessants, qu’il est possible de pouvoir courir deux cibles en même temps. C’est là une faille de raisonnement majeure, laquelle aurait hérissé le poil de Clausewitz lui-même.

    Ce pragmatisme stratégique est le reflet, dans une certaine mesure, d’un rapport étroitement individuel aux questions politiques: certains, ainsi, avancent qu’il est possible de participer et de militer pour les premiers et deuxièmes tours électoraux, mais également d’être présent pour le troisième tour social. Factuellement, ceci est vrai.

    Cependant, les questions politiques ne sauraient se satisfaire d’un traitement individuel.

    Ceux qui votent par dépit, quelle ligne tiennent-ils, tiennent-elles, devant les masses ? « Votez en bonne foi, si ça ne marche pas, on s’émeutera. » Cette ligne est non seulement fausse, mais toxique. Toxique car elle inféode les masses au bon vouloir des urnes, à ce jeu pourri et truqué. Ce discours flatte la démocratie bourgeoise, estime qu’elle peut déboucher sur une issue positive, qu’elle représente le pouvoir populaire. En somme, elle lui donne une légitimité qu’elle ne devrait pas avoir.

    Si Jean-Luc Mélenchon gagnait, demain, son programme serait inapplicable, comme l’était celui de François Hollande, pourtant outrancièrement modéré. Non pas par manque de volonté personnel, non pas par lâcheté, mais tout simplement parce que le cadre ne le permet pas. Ce cadre est celui, dessiné par la bourgeoisie, pour satisfaire ses intérêts tout en maintenant la pression populaire à un niveau acceptable. Le résultat serait un gouvernement croupion des intérêts de la bourgeoisie, d’autant plus féroce dans sa répression des mouvements sociaux du fait que la bourgeoisie n’aie strictement aucun remords à le faire haïr.

    Cette double stratégie ne correspond qu’a brouiller les pistes, à semer le désarroi et la démoralisation au sein des masses, à les guider vers l’abattoir social-démocrate. En un sens, elle ressemble au programme de transition comme un fruit pourri en ressemble à un autre.

    Si, tactiquement, il est possible de se présenter à des élections, ceci ne saurait être compris autrement que comme un baromètre, un appui tactique, une tribune : dénoncer leur teneur, leurs cadres étroits, dénoncer le fait que le pouvoir réel est ailleurs.  En l’occurrence, aucun candidat, aucune candidate ne le fait, toutes et tous respectent cet espace clôt comme un lieu de démocratie.

    Ce pragmatisme est également le reflet d’autre chose, d’une faille dans la solidité idéologique. Bien souvent, les lois objectives de la société, les lois du capitalisme, sont ravalées au rang de fétiches. Elles sont priées, elles bénéficient d’un culte, mais, dans le fond, sont perçues comme des superstitions, des croyances. La nature de classe de l’Etat, l’impossibilité de l’amender, la dictature de la bourgeoisie… ces concepts fondamentaux sont soudain relativisés, réduits, oubliés, en face de l’irruption du réel. Bien souvent, l’adhésion idéologique reste superficielle, la compréhension peu profonde, et cela se ramène bien souvent à une sympathie pour tel ou tel courant, mais non au fait d’en devenir militant.

    D’une part parce que ces faits absolus sont traités de manière relative, d’autre part parce que la pression, la peur, l’emporte sur la raison.

    L’Education Nationale fait un travail de qualité dans son formatage des esprits. La promotion du vote est un enjeu constant. En sixième, en seconde, la démocratie athénienne et la république romaine servent à légitimer la forme de gouvernement actuel comme étant la meilleure, issue de 2000 ans de maturation. La Révolution française s’y adjoint, ainsi que d’autres chapitres, pour enfoncer le clou : le système démocratique bourgeois n’est pas parfait, mais il est le meilleur. Tout ce qui s’en écarte emmène irrémédiablement vers cette nébuleuse dépolitisée nommée « totalitarisme. »

    Faisant d’une pierre deux coups, elle imprime une image de terreur dans la tête de chaque écolier : le communisme est le mal ; Hitler est égal à Staline…etc. Cette anticommunisme, bien imprégné, fournit une couche solide, efficace, pour prémunir la jeunesse contre l’adhésion aux idées communistes. Elle forme un des socles du cordon sanitaire, qui ne se retrouve pas contre le trotskisme et l’anarchisme.

    L’Education Civile -maintenant également Morale- fait le reste : voter est l’acte démocratique suprême, celui qui couronne la vie politique, le seul légitime. Ne pas voter est un acte de trahison : celui qui ne vote pas perd tout ses droits de critiquer, il laisse le « mal » gagner.

    Pourtant ce chantage produit sa propre contradiction. Debut avril, l’Unité Communiste a ainsi publié une brochure nommée Dernière ligne droite avant l’élection. Ce passage permet de répondre à cet argument :

    « N’est-ce-pas une splendide inversion de logique ? Si nous acceptions de jouer ce jeu truqué, en déclarant qu’il est valide, valable, qu’il est dans les règles, nous serions -là- moralement liés à son résultat. En d’autres termes, si nous jouons le jeu, nous devons en accepter l’issue.

    Lorsque François Hollande fut élu, notre organisation n’existait pas encore. Mais ses militants portaient déjà ce mot d’ordre. La gauche qui a élu Hollande, Mélenchon y compris, avait donc donné sa voix, sa validation, à l’homme, au gouvernement, qui liquida le plus le code du travail et la protection sociale dans la Vème République.

    Quelle légitimité ces porteurs du fléau ont ils à le critiquer après coup ? Aucune.

    Dans les publications de 2012, émises par nos militants, nous annoncions ce résultat. La bourgeoisie avait choisi Hollande comme son fer de lance. Le soutenir signifiait se compromettre avec lui. Voter signifiait accepter le jeu truqué. Voter signifiait donc le considérer comme légitime et démocratiquement élu.

    Dans un placardage anti-électoral, daté de 1906, signé d’Albert Libertad : Le criminel c’est l’électeur, les anarchistes pointaient du doigt, avec une rare raison, ce jeu truqué. Ce texte n’est pas vieilli, n’est pas obsolète. Il est encore un credo,  moralisateur certes, mais, sur le fond, juste.

    Nous ne jouons pas les jeux truqués de la bourgeoisie, nous ne leur donnons pas notre validation. »

    De fait, ce travail de terrorisme civique est un exemple d’intelligence, il est un succès à tout point de vue et a su magnifiquement mouler les esprits. Il est le point de naissance de cette peur atavique qui s’empare de nombreux militants et militantes. De plus, il se marie parfaitement avec un autre aspect, celui de l’épouvantail frontiste.

    La peur du F.N. est telle que même des organisations communisantes appellent à lui faire barrage, en votant pour le candidat favori de la bourgeoisie lui-même, Emmanuel Macron. Ainsi, le tour de passe-passe, le chantage au vote utile, contre la droite et l’extrême-droite, fonctionne. La balle est au centre.

    L’ironie de la chose est d’autant plus palpable que la vérité, triste, est que chaque gouvernement, à peu de choses près, aura comme programme celui que les grands monopoles, les trusts, les cartels de la bourgeoisie choisiront pour elle ou lui. La marge de manœuvre est, d’une manière générale, tellement restreinte qu’elle en est inexistante en pratique.

    D’autres formes de participation honteuses existent, souvent maquillée sous les ors du centrisme. Celles-ci mettant sur le même plan l’abstention et le vote, la participation au jeu des bourgeois et sa dénonciation. Dans le discours de ces organisations, ni l’un ni l’autre ne suffit. C’est une vérité que même les réformistes franc n’hésitent pas à tenir. Cependant, en mettant sur le même niveau la dénonciation du système démocratique-bourgeois et la participation à ce jeu, cela revient à ne pas dénoncer le cadre de cette dernière et à la considérer tout aussi valable que la première.

    Cela revient donc à ne pas dénoncer le système électoral pour ce qu’il est réellement, une mascarade ; à ne pas poser politiquement les questions ; à soutenir en sous-main les candidatures de certaines listes. C’est une manière parfaitement centriste d’aborder les choses.

    Ceux et celles qui déclarent leur opposition au capitalisme, qui ont conscience de tout cela, qui militent contre ce système, mais qui acceptent ses règles et son jeu, s’inféodent au réformisme.

    Pourtant, il serait faux de se contenter de monter sur un piédestal et de clamer cela. Les organisations révolutionnaires ont leur part de responsabilité dans l’hégémonie réformistes. Etant les seules forces d’opposition réelles au capitalisme, à l’impérialisme, elles sont même dans une situation de responsabilité totale et absolue.

    Ce qui fait la force du système capitaliste, ce n’est pas qu’il est -dans l’absolu- solide. Ce système est un colosse au pieds d’argile, miné de contradictions internes, pourrissant et putréfié. Sa force est relative. Elle est relative à la faiblesse des organisations révolutionnaires.

    La présence des idées réformistes, au sein des masses comme au sein des militants et militantes anticapitalistes, est le fruit de la faiblesse et de la désorganisation du camp révolutionnaire au sein de l’Etat français.

    Comment reprocher à la bourgeoisie, à la petite-bourgeoise, à l’aristocratie ouvrière, aux réformistes de ne pas être contre le système électoral ? Celui-ci sert particulièrement bien leurs intérêts, sert leur cause.

    Seules les organisations révolutionnaires peuvent porter un discours révolutionnaire, il ne saurait surgir de la bouche de leurs ennemis, ni ex-nihilo.

     

  • Dernière ligne droite avant les élections.

    Dernière ligne droite avant les élections.

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    Le dénouement des élections approche à grands pas. Un, ou une, nouveau leader du conseil d’administration du capitalisme et de l’impérialisme français va émerger.

    Après ces élections, l’ordre bourgeois restera inchangé.

    Ceci est une certitude.

    Non seulement du fait des sondages, du fait des votes, mais bien du fait du jeu lui-même. Seule la naïveté politique peut permettre de croire que la bourgeoisie donne l’opportunité aux travailleurs, aux travailleuses, de la renverser par les urnes.

    Car la bourgeoisie n’est pas stupide, loin de là. Elle est vive, réactive, elle anticipe. Contrairement aux discours moralistes, ce n’est nullement par méchanceté qu’elle agit ainsi, mais bien parce qu’elle est très consciente de ses intérêts de classe et très motivée à les défendre.

    Elle a organisé un système de répression, un système chargé d’arbitrer les conflits en sa faveur, chargé de gérer le plus pacifiquement possible l’exploitation. Ce système est l’Etat bourgeois. Telle est sa nature, telle est sa mission.

    L’Etat n’est pas neutre, n’est pas une entité coupée de la lutte des classes, flottante, une île au dessus des conflits. C’est un fer de lance de l’oppression de classe. Ceux qui pensent qu’il est possible de changer sa nature, de la bouleverser, d’en faire la conquête, sont dans l’illusion, dans un réformisme naïf. Il en est de même pour ceux et celles qui se présentent aux élections aujourd’hui.

    L’élection, tel le carnaval des fous, fait vivre la croyance en la possibilité de remettre en cause le pouvoir. Ce qui se déroule, chez ceux et celles qui, à travers les urnes, pensent changer les choses est une joute illusoire. Une joute, d’un David réformiste radical contre les Goliath des partis institutionnels. Si, dans l’Ancien Testament, David vainquit Goliath dans un combat franc, à mort. Dans les élections, David – NPA / LO- porte la réforme et combat dans une arène construite par et pour Goliath.

    Pour poursuivre dans la métaphore, cela revient à jouer dans un casino, à une table de joueurs tricheurs, propriétaires de l’établissement, et d’espérer néanmoins gagner.

    L’Unité Communiste de Lyon, comme une grande partie des organisations communistes, a pris une position claire sur le boycott des élections.

    Nous revenons un instant sur ce mot d’ordre :

    Il est, dans la gauche réformiste, de bon ton de tirer à boulets rouges sur les abstentionnistes. Avec la grâce et la candeur d’un cours d’Education Civique, les militants et militantes de ces organisations expliquent doctement que ne pas voter prive du droit de critiquer le résultat des urnes. Que cette démarche est un sabotage de la lutte menée, que ce mot d’ordre fait le jeu du Front National ou d’autres hommes de paille.

    N’est-ce-pas une splendide inversion de logique ? Si nous acceptions de jouer ce jeu truqué, en déclarant qu’il est valide, valable, qu’il est dans les règles, nous serions-là- moralement liés à son résultat. En d’autres termes, si nous jouons le jeu, nous devons en accepter l’issue.

    Lorsque François Hollande fut élu, notre organisation n’existait pas encore. Mais ses militants portaient déjà ce mot d’ordre. La gauche qui a élu Hollande, Mélenchon y compris, avait donc donné sa voix, sa validation, à l’homme, au gouvernement, qui liquida le plus le code du travail et la protection sociale dans la Vème République.

    Quelle légitimité ces porteurs du fléau ont-ils à le critiquer après coup ? Aucune.

    Dans les publications de 2012, émises par nos militants, nous annoncions ce résultat. La bourgeoisie avait choisi Hollande comme son fer de lance. Le soutenir signifiait se compromettre avec lui. Voter signifiait accepter le jeu truqué. Voter signifiait donc le considérer comme légitime et démocratiquement élu.

    Dans un placardage anti-électoral, daté de 1906, signé d’Albert Libertad : Le criminel c’est l’électeur, les anarchistes pointaient du doigt, avec une rare raison, ce jeu truqué. Ce texte n’est pas vieilli, n’est pas obsolète. Il est encore un credo,  moralisateur certes, mais, sur le fond, juste.

    Nous ne jouons pas les jeux truqués de la bourgeoisie, nous ne leur donnons pas notre validation.

    Nous ne faisons pas mystère de notre principe : stratégie ferme, tactique souple. Nous pourrions participer aux élections, si notre organisation était suffisamment grande, puissante, influente. Nous le pourrions d’une manière tactique.

    C’est là ce qui nous démarque de LO / NPA, lesquels clament que leur présence est tactique, mais leur discours les contredit. Dans celui-ci, ceci est présenté comme, non seulement une, mais LA stratégie de leur organisation. Derrière leur vernis révolutionnaire ne se cache que du vieux menchevisme, du vieux réformisme.

    Un candidat communiste n’aurait de poids, d’intérêt, que dans la recherche de la rupture : dans un choc frontal avec la social-démocratie, dans un choc frontal avec les institutions, dans une dénonciation du fond et de la forme de cette élection. Cette opportunité d’agitation et de propagande devrait déboucher sur des mots d’ordre mettant en avant la démocratie populaire, les soviets, la dictature du prolétariat comme seule véritable démocratie. Hors, ce n’est nullement le cas. La bataille se perd dans les détails, dans les tranchées. L’idéologie communiste, qui est un scalpel tranchant, s’émousse dans les batailles de chiffres, de pourcentages, dans les détails.

    Voilà, selon nous, ce qu’un candidat communiste devrait faire, non pas chercher la bataille de tranchée, la bataille économiste, mais la bataille politique, la rupture de front.

    La bourgeoisie s’est prémunie contre l’arrivé de ces trouble-fêtes en mettant en place des barrières : les 500 signatures, avec une procédure encore alourdie, sont un écueil, un brise-lame. Celui-ci franchi, les frais conséquents d’une campagne ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Il faut -comme Jean-Luc Mélenchon, comme Marine Le Pen, emprunter. Aux banques, contre des sourires narquois, contre des garanties ; à la Russie, faisant, quelque part, du parti le plus nationaliste, une cinquième colonne des intérêts russes. Belle ironie.

    Si le NPA a été écrasé dans la bataille de détail qu’était ONPC, le réformiste radical Poutou a brillé au débat à 11. Capable de pouvoir mener l’offensive, plutôt que de rendre les coups, il a pu torpiller François Fillon et Marine Le Pen. Les cris d’horreur, les attaques ad hominem lancées contre lui par les gardiens de la réaction sont le miroir de ce succès. Les tweets de Luc Ferry en sont l’illustration, l’attaquant sur ses habits, sur son ton, non sur le fond de l’affaire.

    Le refus d’un deuxième grand débat par Mélenchon et Macron, le premier attaqué sur la gauche par Lutte Ouvrière, le deuxième invisible, sont également le reflet de la position des partis plus imposants, laquelle est de ne pas vouloir se laisser attaquer par les « petits ».

    Tel le petit torpilleur s’attaquant au cuirassé, les petits candidats ont décroché des coups secs mais effrayants.

    Nous ne cachons pas notre antipathie vis-à-vis du trotskisme. Que cela soit le menchevisme du NPA, le soutien qu’il apporte à des agents de l’impérialisme français en Syrie, son centrisme débilitant. Nous n’avons jamais caché non plus notre opposition à la ligne opportuniste de Lutte Ouvrière, qui soutint la police lors de ses manifestations.

    Pourtant, nous rendons à César ce qui revient à César. Au cours de ce débat, ces deux intervenants furent en mesure de décrocher quelques salves bien ajustées sur les positions des « grands. »

    Cela a fait hurler.

    Les partisans de Mélenchon ont conspué Nathalie Arthaud, dans des hululements de meute, outrés du crime de lèse-majesté commis à l’encontre de leur leader.

    La bourgeoisie s’est exprimée rapidement pour insulter, colmater les brèches, contre attaquer. A ce titre, Bruno-Roger Petit, journaliste à Challenge, s’est fendu d’un article d’un ridicule achevé sur le « danger Poutou ».

    Sur son propre terrain, sur ses propres règles, au milieu de ses chausses trappes et de ses pièges, la bourgeoisie hérisse déjà le poil. Pourtant la menace est faible.

    Un débat suffit à l’irriter.

    Rappelons-nous des campagnes anticommunistes, de calomnies, de mensonges, faites contre l’URSS et ses dirigeants. C’est le destin de tous ceux qui s’opposent à la bourgeoisie que d’en être victime. Ironie de la chose, ceux qui sont ciblés par ses articles, aujourd’hui, sont les colporteurs les plus zélés de l’anti-léninisme.

    Dans quelques semaines, cette campagne sera terminée. Avant que le rideau ne retombe, avant que la scène ne soit close, un dernier tour d’horizon et quelques derniers pronostics.

    Tour d’horizon des présidentielles.

    Un socle, un monolithe unit les débatteurs : l’impérialisme français. Aucun ne le reconnaît, aucun ne le cible comme LE premier ennemi.

    Si certains, quant à la Guyane, soutiennent la lutte, cela reste un soutien économiste. Cette lutte est présentée comme légitime, mais elle est prise sous un angle purement syndical, non sous un angle de colonialisme, de libération nationale, de lutte contre l’impérialisme. En cela, tous partagent un fond chauvin.

    La question nationale, au sein de l’hexagone, est gentiment glissée sous le tapis. La question de la Polynésie, portée par Oscar Temaru, tout comme celle de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie, n’est abordée que sous l’angle des « avantages » qu’offrent ces possessions à l’impérialisme français, jamais sous leur vrai nom : des colonies.

    Celui qui peut le plus peut le moins. Celui qui refuse d’aborder le moins n’abordera jamais le plus. La Corse, la Bretagne, le Pays Basque, pour ne citer qu’eux, sont absents des débats. Comment en serait-il autrement lorsqu’il est clair qu’aucun des candidats n’accepterait le moindre renoncement à une terre « française » ? Nous annonçons, par là même, notre intention de produire une brochure sur la question nationale dans l’Etat français.

    D’une manière générale, il n’existe que deux positions sur l’impérialisme :

    Celle des fiers promoteurs, qui n’hésitent pas à clamer que la France est une grande puissance, qu’elle est motrice dans l’Europe, que c’est une fierté de vendre des armes. C’est la position hégémonique au centre.

    Celle, pleurnicharde, geignarde, des négateurs, qui prétendent que la France est un pays dominé. Dominé par l’OTAN, par les USA, par Mme Merkel. C’est la position hégémonique sur les ailes, excepté le NPA et LO, qui condamnent moralement l’impérialisme tout en adoptant une position -comme usuellement- centriste. Ou bien en soutenant « l’intervention humanitaire » ; ou en soutenant les agents de l’impérialisme français et occidental en général.

    Il est fascinant de voir que le trotskisme, dont l’alpha et l’oméga était la haine contre l’URSS, s’accommode toujours très bien d’un atlantisme de bon ton.

    Hormis ce bémol, tout candidat est purement et simplement un agent de l’impérialisme français.

    La première position, le tour en est fait rapidement. Elle est axée autour du libre échange, du libéralisme triomphant, de la mondialisation heureuse et joyeuse. Elle est celle d’une espèce de rêve américain adapté à la France, par ailleurs l’atlantisme se confond régulièrement avec elle Son illustration la plus parfaite est Emmanuel Macron, le banquier aux dents longues.

    La seconde est biface. Elle est protectionniste, ouraliste. Si elle s’oppose au libéralisme – en façade, elle ne s’oppose pas au capitalisme en tant que tel.

    La face fascisante, fascistoïde, de Mme Le Pen et de ses satellites, qu’ils soient sur des orbites stables -Dupont Aignant- ou carrément excentriques -Asselineau et Cheminade. Suppression des droits sociaux, xénophobie, fond de commerce sur la haine de l’islam et des arabes… une ligne classique.

    La face sociale-chauvine, dont le tenant, Mélenchon, est régulièrement présent dans nos colonnes. Cette gauche chauvine ne peut que nous évoquer les Doriot et les Déat. Social, oui, Mélenchon l’est. Impérialiste, oui, aussi.

    La nouvelle indépendance française, promue par la France Insoumise, signifie qu’elle n’était pas indépendante avant. Son obsession de la menace allemande, de l’OTAN, des USA, évoque les chauvins de la seconde internationale, internationalistes en façade, mais toujours prêts à défendre la mission civilisatrice et la supériorité de leur impérialisme sur celui des autres.

    Tout comme les leçons de géographie maritime par un Jean-Luc Mélenchon devenu instituteur de la IIIème République : « regardez, jamais le soleil ne se couche sur la France. » La fascination morbide pour les Z.E.E. étendues, pour les zones contrôlées, pour la présence sur chaque continent de l’Etat Français est révélatrice du fond ultra-chauvin et nationaliste du candidat.

    Derrière les beaux discours, lorsque le vernis social s’écaille, il ne reste qu’une chose : « l’impérialisme français sera renforcé et donnera de beaux fruits. » Ite missa est.

    Et, lorsqu’il tempête, c’est contre la finance, le mauvais capitalisme, le capital apatride. Par contre, le bon, l’industriel, le patriote, apporte la richesse. Son projet n’est pas de dépasser le premier, mais de ramener le capitalisme à son « bon stade ». Mélenchon, comme de nombreux réformistes, y compris des réactionnaires, veut faire tourner la roue de l’histoire à l’envers.

    Bêtise ?

    Nous ne pouvons le croire. Son parcours parle pour lui. Mélenchon est passé par l’O.C.I. ; l’Organisation Communiste Internationaliste ; qui porte bien mal son nom. Il ne peut ignorer les lois du développement du capitalisme, de l’impérialisme. Il ne peut ignorer ce que signifie « impérialisme français ».

    Donc, s’il ne le dit pas, ce n’est pas qu’il l’ignore, c’est qu’il ment consciencieusement. Pour quelle raison ? Probablement celle, commune aux trotskistes, qui est cette croyance dans le fait qu’il faut mentir aux masses.

    Dans la tête des supers-syndicats.

    La critique du capitalisme et la lutte des classes sont, dans cette élection, le monopole de deux forces : Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste.

    Cependant, cette critique reste superficielle, trade-unioniste, économiste, syndicale. C’est là une caractéristique des organisations trotskistes, c’est leur apolitisme.

    L’idée maître des organisations et des militants et militantes trotskistes est un rapport particulier aux masses. Dans ce cadre là, il est tout à fait possible d’inclure, par ailleurs, le duo « natriste » -National-Trotskiste- formé par Mélenchon et Corbière.

    Les trotskistes considèrent que les masses sont attardées, incapables de comprendre les conceptions politiques. Qu’elles sont effrayées par ces questions et que, par voie de conséquence, il ne faut pas leur en parler. Les mots d’ordre doivent donc rester platement au niveau du vécu direct, concret, des travailleurs. Salaire, conditions de travail, oui. Plus loin, non.

    Ainsi, les trotskistes, particulièrement L.O., sont maîtres dans le fait de parler aux ouvriers de leurs propres problèmes. Ils et elles font un travail d’enquête réel, et sont capables de savoir ce qui se passe dans les usines qu’ils et elles ciblent.

    Mais, tandis que les communistes considèrent qu’il faut être capable, pour appliquer la ligne de masse, de reformuler et de politiser les problèmes concrets des travailleurs, les trotskistes se contentent de leur parler de ce qu’ils et elles connaissent déjà. Et pour cause ! Ce sont ces travailleurs et travailleuses qui les en ont informés. Cela n’avance pas, ne décolle pas, ne permet pas une prise de conscience politique.

    Les revendications des trotskistes ne parlent donc jamais de révolution, de pouvoir de politique, mais de revalorisation du SMIC, d’interdiction des licenciements, de taxation du capital. Jamais cela ne pose la question du Parti autrement que sous une forme vague et confuse.

    Ou ces revendications sont sottes : un SMIC à 1800€ se solde par une inflation qui dévore tout. Cela n’avance à rien, au lieu de créer de la richesse, cela revient à faire simplement baisser la valeur de la monnaie.

    Ou elles font partie du programme de transition : des revendications qui sont impossible à satisfaire sous le capitalisme, donc qui démontrent les limites de ce système, donc qui font que les masses se soulèvent, avec colère, contre ce système et l’écrasent. Beau plan.

    Dans le monde réel, non seulement les candidats ne sont pas élus, mais leur programme voué à l’échec marche dans un sens : il échoue. Il déclenche la désespérance chez les masses, brise leur combativité.

    La césure entre le NPA et LO s’est vue dans leur attitude vis-à-vis de la sociale démocratie : Poutou a attaqué la droite [Fillon, Le Pen], mais n’a pas attaqué un seul instant Mélenchon. Nathalie Arthaud, quant à elle, a croisé le fer avec le leader de la France Insoumise, attaquant son programme et ses mensonges sur une illusoire VIème République.

    Le premier considère la social-démocratie comme son allié, dans une tradition de « tirer vers la gauche » celle-ci, dans le fait que, in fine le trotskisme vit aux crochets de celle-ci ; la seconde le voit comme un traitre, sans toutefois le dénoncer non plus comme cela.

    Bonne ou mauvaise prestation, le résultat est le même, le jeu des bourgeois est resté un cadre valable pour la bataille politique, le 4ème mur est resté intact.

    Aucun des candidats de la « gauche de la gauche » n’a brisé ce mythe et n’a dénoncé la dictature de la bourgeoisie.

    Du côté du favori.

    Macron, selon toute vraisemblance, est plutôt bien parti pour devenir le plus jeune président de l’Etat Français. Les capitalistes, depuis la disgrâce de François Fillon, se tournent vers lui. Lorsque Hollande demande à ce dernier de se retirer -officiellement- c’est la voix de l’Elysée, de l’Etat Français, qui exige la fin de la campagne du candidat Républicain. C’est le président du conseil d’administration des intérêts de la bourgeoisie qui s’exprime.

    Fillon n’est pas un concurrent de Benoît Hamon. Il ne lui ôte guère de voix. Celui dont il grignote les plates-bandes est le candidat de En Marche. Ce n’est pas une attaque, en soi, contre Fillon, mais bien un appel à la raison pour faire gagner le poulain du MEDEF.

    Tant le ralliement de Valls que la parole de Hollande sont donc des appels à faire élire ce candidat, contre, même, le dauphin légitime.

    La bourgeoisie appelle Macron de ses vœux. Il est probable, avec le report des voix, qu’il parvienne au pouvoir. Il brûle d’impatience de servir ses maîtres, d’être leur plus fidèle laquais. C’est son seul programme, être leur parfait outil leur parfait moyen d’opprimer et d’exploiter.

    Hamon, quant à lui, est l’enfant déshérité. Le Parti Socialiste, à travers sa primaire, l’a adoubé. Adoubé pour mieux le renier après. Fils légitime, il est pourtant abandonné par les ténors du parti, lesquels comprennent  que le vent souffle dans les voiles du requin Macron.

    Dépourvu d’appareil, il aura besoin de cadres expérimentés. Ceux et celles, qui, au Parti Socialiste, veulent conserver leur place, leur sinécure, se rallient dès maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, premier parmi les opportunistes, à ouvert la voie. Non seulement en soutenant ouvertement le candidat de En marche ! , mais en censurant même ses détracteurs.

    Entre l’échec, la perte de places et le déshonneur, la tradition sociale-démocrate s’applique avec rigueur : trahir, s’humilier, s’avilir n’est pas un problème. Le PS ne sombre pas avec dignité, mais, tel des parasites quittant leur hôte mort, partent à la recherche d’un sang neuf à vampiriser.

    Le Parti Socialiste, en tant que tel, peut survivre. Organisme primitif et lâche, digne héritier des tendances opportunistes de la seconde internationale, fusionné avec le trotskisme, son absence totale de physionomie politique peut le lui permettre. Mais il est blessé, pour le moment.

    Hamon, en tant que tel, est un personnage secondaire de cette élection. Il serait hautement improbable qu’il puisse se hisser au deuxième tour.

    Fillon, de favori, est maintenant le pestiféré. Les affaires se sont accumulées avec une telle intensité, avec une telle régularité d’horloge, qu’elles en ont formé un magnifique opéra. Fillon, pour notre grand bonheur, nous offre un spectacle digne du crépuscule des dieux. De scandales en scandales, de maladresses publiques en mépris glaciaux, François Fillon décroche une palme d’or des campagnes calamiteuses. Lui non plus ne sera probablement pas sélectionné pour l’épreuve finale.

    Tout comme le Parti Socialiste, les Républicains devraient survivre à cette catastrophe. Le national-catholicisme, des soutiens du candidat, est un bloc solide homogène, qui ne risque pas d’être fragmenté.

    Le vote des déçus de Fillon se reportera-t-il sur Le Pen ou Macron ? Mystère.

    Menace ou épouvantail ?

    La menace Le Pen est un fond de commerce, pour la social-démocratie pour fixer, figer le débat. « Faire le jeu du FN » est devenu une ritournelle constante, utilisée pour saper le travail des organisations refusant le jeu de la bourgeoisie. Combien de fois l’avons-nous entendu ? Combien de fois, depuis le 21 avril 2002, n’avons-nous pas eu à répondre à ces accusations ?

    Certains courbent l’échine. Certains sont effrayés.

    A demi-mot, les langues se délient : voter Macron serait la solution, le barrage républicain, le sursaut démocratique.

    Chacun communique, mais chacun devra assumer, le temps venu, le coût politique de sa stratégie.

    Nous ne sommes pas des partisans de Bordiga, pour nous la social-démocratie, la démocratie bourgeoise, libérale et le fascisme sont deux choses différentes. Nous ne les mettons pas sur le même pied et nous ne scanderions pas « Allende et Pinochet ; même combat. »

    Seulement, notre but est la révolution prolétarienne. Elle implique d’affronter la démocratie libérale, bourgeoise, de rompre avec elle, de s’organiser de manière indépendante. Elle implique aussi de clamer haut et fort la nécessité de ce combat.

    Or, que font ceux qui tremblent devant Le Pen : immédiatement, ils et elles proclament que la république, la démocratie est menacée, qu’il faut remballer le drapeau rouge, sortir le bleu-blanc-rouge, marcher avec les démocrates et les libéraux contre le fascisme.

    En somme, dès qu’un peu de tension apparaît, ils et elles se muent en démocrates plats, se réfugient derrière la police républicaine, se cachent derrière la bourgeoisie progressiste.

    Dès qu’un durcissement apparaît, ils et elles se débandent et s’éparpillent en priant pour ne pas être déportés.

    C’est là une manière de mal considérer les étapes.

    Oui, les réactionnaires gagnent du terrain. C’est un fait. Oui, ils sont présents et leur idéologie dispose d’une assise.

    Oui, la candidate frontiste dispose d’un appui dans la population.

    Nous sommes dans une période de tensions internationales, de tensions liées à la crise. Nous sommes dans une période d’offensive délibérée du capitalisme, qui reprend ce qu’il a du concéder lorsque les organisations ouvrières, communistes, révolutionnaires, étaient fortes. Le capitalisme se dépouille de ses concessions : assurance chômage, assurance maladie, conventions collectives…

    Nous revenons à ce que Marx identifiait comme la tendance à la paupérisation relative et absolue. Nous sommes plus pauvres qu’avant, tant relativement qu’en valeur absolue, plus précaires, plus vulnérables.

    C’est dans ce contexte que les organisations de lutte, les organisations du peuple doivent porter l’offensive, doivent attaquer la bourgeoisie et son ordre injuste, doivent se mettre à la tête de la colère populaire -ce que tentent de faire les fascistes.

    Et que proposent ces « antifascistes » qui ne méritent pas leur nom ?

    De défendre ce système, de défendre la démocratie bourgeoise.

    Non, nous ne voulons pas de cette ligne pourrie.

     

    S’abstenir et boycotter sont une étape: mais nous avons besoin de plus !

    Il n’est pas possible de mettre sur le même plan le vote et le boycott. Nous ne pouvons considérer que l’une ou l’autre des positions est strictement équivalente. Boycotter de manière revendiquée est, pour les communistes, une manière de rompre avec la démocratie bourgeoise. Elle est une manière d’inciter à la confrontation, de dénoncer ce jeu pourri, de poser les fondations d’autre chose.

    Car nous devons faire plus.

    L’Unité Communiste de Lyon porte le mot d’ordre d’opposition extra-parlementaire.

    Nous considérons que nous avons une triple tâche, en tant qu’organisation communiste dans l’Etat français.

    Nous en avons une dans la volonté de construire un Parti Communiste révolutionnaire, capable de pouvoir traiter les questions politiques qui se posent à l’heure actuelle au sein de l’Etat français -y compris celle de la question des nations dominées et colonisées. Nous travaillons et voulons travailler avec les organisations communistes partageant notre fond commun, à la constitution de ce Parti.

    Ce travail, nous le menons également vis-à-vis des masses, en particulier ouvrières, lesquelles sont la raison d’être de notre organisation. Nous ne sommes pas des opportunistes. Nous ne sommes pas une organisation qui a besoin des masses. Nous sommes dans la ligne de Mao : nous sommes là pour servir le peuple.

    Une en tant qu’organisation voulant mener la bataille idéologique, voulant reprendre le débat traversant toutes les organisations politiques luttant contre le capitalisme, voulant permettre à un débat positif, productif, et efficace d’être mis en œuvre pour triompher. Une lutte visant également à attaquer les positions retardées ou réactionnaires, les broyer; les éjecter. A l’inverse, permettre de systématiser le positif, de systématiser l’universel, de promouvoir ce qui est juste.

    Mais les bases d’une certaine unité existent déjà. Elles existent autour de lignes de démarcations simples.  Le rejet de l’impérialisme français, le rejet du capitalisme, le refus du crétinisme parlementaire et du parlementarisme bourgeois.

    Ces éléments simples suffisent à couler les fondations d’une opposition extra-parlementaire. Une opposition qui existe, hors des salons, hors des hémicycles, hors des bureaux de la bourgeoisie. Une opposition au sein de la société civile, formée des organisations politiques, des associations des syndicats. Une opposition qui peut s’exprimer d’une voix unique, forte.

    Une opposition qui doit devenir un centre de gravité en dehors du jeu des bourgeois.

    Une opposition qui combat l’hégémonie de cette classe.

    Qui oppose aux jeux pourris sa démocratie : directe, populaire, impérative.

    Sa légitimité : fondée sur la mobilisation des masses.

    Son organisation du pouvoir : fondé sur le modèle des soviets.

    Voici les tâches qui s’ouvrent à tous les militants honnêtes, dans cette période où le dégoût de la démocratie bourgeoise est fort, où l’abstention est imposante.

    Nous devons forger l’organisation des communistes et des sans-partis.

    Nous devons jeter les bases du rejet de la bourgeoisie !


     

  • Opportunisme et élections : les masques tomberont !

    Chaque jour qui passe nous rapproche du jour du scrutin de l'élection présidentielle, mais également de celui des législatives. Depuis que le coup d'envoi de la course aux fauteuils a été donné, une chape de plomb s'est abattue sur les luttes. La grande majorité de la vie politique se cristallise autour de ce qui est présenté comme la fonction suprême.

    Les élections approchent, et une nervosité s'empare des différentes forces. Que les partis bourgeois s'élancent de toutes leurs forces vers cet objectif, ceci est une chose qui se comprend, qui s'entend. Ils promettent monts et merveilles pour quérir les voix de ceux et celles -une espèce qui se raréfie- qui accordent encore un semblant de crédit à ces discours creux et, avec une intensité croissante, ponctués d'idées et de thèses réactionnaires.

    Qu'importe, dans le fond, si leur programme peut-être appliqué ou non, du moment où le bulletin est glissé dans l'urne. II n'existe nullement une chose telle qu'un contrôle sur les élus en régime bourgeois. La propagande politique de ces partis ne s'apparente nullement à l'énonciation d'une vérité, mais bien à la réclame publicitaire, au créneau, au segment de marché, auquel est vendu un produit politique.

    Les magiciens ne croient pas à la magie. Le prestidigitateur connaît le secret, le "truc". Les politiciens et politiciennes bourgeois sont de cette même essence, ils et elles sont des illusionnistes. Le Front National sait très bien que ses promesses chocs ne franchiraient jamais la barrière du conseil constitutionnel, pourtant ce parti continue de clamer qu'une fois le pouvoir remis entre leurs mains, celles-ci seront appliquées. La transcription de l'élection de ce parti ne s'est pourtant traduite que par l'arrivée aux affaires d'une clique de politiciens corrompus, clientélistes et putréfiés. Dans l'immédiate actualité, à la suite du "Penelopegate", le Front National, lui aussi ciblé pour ses détournements d'indemnités parlementaires, vient d'annoncer son refus de rembourser les 300 000€ indus. Comble de l'ironie pour le parti dont le slogan fût "tête haute, mains propres."

    Les Républicains font de même, en surenchérissant sur le nombre de fonctionnaires supprimés, en tentant de faire une synthèse avec les thèses de l'extrême-droite, en se drapant dans une rigueur inflexible inventée de toute pièce, tant leur corruption est sans borne. Combien de Lagarde, combien de Balkany, combien de Fillon sont nécessaires pour illustrer l'opportunisme et la gloutonnerie sans borne de ces parasites ? L'affaire de l'épouse de François Fillon est illustrative des méthodes et de l'absence intégrale de principe de la part de ces individus. La politique, pour eux, pour elles, n'est qu'un plan de carrière comme un autre, avec ses avantages en nature et ses petits bénéfices pris à la volée.

    Après 5 ans d'exercice du pouvoir, le Part Socialiste accouche de deux créatures. La première, Emmanuel Macron, semble tout droit issu d'une expérimentation visant à donner un avatar de chair à la Loi Travail. Il est l'enfant d'une union entre le Parti Socialiste et le MEDEF. Emmanuel Macron poursuit la logique sociale-libérale du Parti Socialiste, l'emmenant jusqu'à sa conclusion finale : elle retire sa peau, son masque social pour se vouer à un libéralisme intégral. Il trouve ses soutiens derrière des businessmen de la politique, tel Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, confondant régulièrement Chambre du Commerce et de l'Industrie et mairie. Derrière des individus ayant été au PS pour se doter du réseau permettant leur élection, mais donc la couleur politique attribuée est loin d'avoir laissé une empreinte. Le seul mérite de ce candidat est le suivant : à tant être la descente de lit du MEDEF, son programme en devient un des plus applicables, si les urnes lui en donnent l'occasion.

    Le deuxième enfant est la chimère tant espérée par le Parti Socialiste, mais également par le PCF. Benoit Hamon, le restaurateur de la dignité. En écartant François Hollande, en refusant Manuel Valls, le PS se redonne une chance. Benoit Hamon est relativement resté peu à l'écart des éclaboussures. Relativement immaculé, s'étant inventé un programme -inapplicable au possible- marqué à gauche, marquant une rupture avec la ligne Hollande – Valls, il ouvre la voie au rapprochement avec les éléments du PCF qui ne sont pas dans les bras de Jean-Luc Mélenchon. Nombre de pétitions, d'appels, exigent une fusion des forces des différents candidats, pour qu'une seule liste de gauche soit présente. Ainsi, le PS, qui a liquidé le code du travail, qui a bombardé, expulsé, matraqué, réprimé, emprisonné, est de nouveau devenu fréquentable. Ces cinq ans sont excusés, grâce à l'irruption du candidat Hamon.

    Le programme de Hamon est un exemple même d'illusion, de jeu de lumière, de tour de passe-passe. Il est sensiblement plus à gauche que celui de Hollande en 2012, mais pourtant il ne donne aucune explication de l'échec de ce dernier à le mettre en œuvre. Hollande serait il humainement mauvais ? Fut-il un agent dormant du MEDEF ? Ou cela est il simplement révélateur de la nature du régime bourgeois, lequel est un jeu de dupe, dans lequel l'intérêt de la bourgeoisie primera toujours ? Dans ce cas là, comment le candidat Hamon prétend-il surmonter les écueils ? Les voit-il ? Probable que oui, mais probable également que cela de lui cause guère d'émotion. La mystique du fauteuil Elyséen suffit à motiver et à promettre tout ce qui mobilisera pour les urnes.

    A l'exception, dans une certaine mesure, du dernier candidat, lequel joue la carte de "l'aile gauche", aucun ne se prétend être dans le camp du peuple, aucun ne se targue d'être un acteur de la lutte des classes. Ils sont des ennemis de classe, mais des ennemis déclarés, ouverts, assumés. Rendons à César ce qui est à César, rendons leur cet hommage là.

    Le propre de la trahison est de venir des siens. C'est de venir de son camp, de sa chair, de ses amis.

    Jean-Luc Mélenchon est de ceux dont le parcours parle pour eux. Difficile de donner l'argument de la naïveté pour cet individu qui, comme son fidèle Alexis Corbière, est passé par le Pôle Emploi du trotskisme : l'OCI et ses diverses déclinaisons. Tout comme Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis, Henri Emmanuelli, Gérard Filoche et d'autres, "Santerre" comme il se fait appeler, a milité au sein du groupuscule lambertiste avant de faire carrière au Parti Socialiste.

    Etant donné la nature des tracts et des documents publiés à l'époque par cette organisation, difficile de pouvoir contester que Mélenchon dispose d'un certain bagage idéologique. Nous ne ferons pas l'offense de le nier.

    Pourtant la lecture de "l'ère du peuple", du "hareng de Bismarck" ou encore du programme de la France Insoumise, révèle un contenu schizophrène. Le programme est typiquement celui du trotskisme, dans toute la splendeur illusoire du programme de transition, auquel s'ajoute la saveur typiquement issue de l'OCI, maintenant du POI  : le chauvinisme.

    Social, le programme l'est. Il est indéniable de le mentionner. Ce programme fait la part belle aux promesses de conquêtes sociales, de hausse de salaire, de défense de l'emploi et des conditions de travail.
    Chauvin, il l'est également. La dictature de l'UE, la vente de la France à Angela Merkel, la terrible occupation des troupes de l'OTAN en France, les arguments classiques passent et repassent, pour se ponctuer d'un magistral -et impérial- slogan: une nouvelle indépendance pour la France. Une place de la France dans le Monde, à travers ses joyaux que sont ses colonies. Une République Une et Indivisible. Qu'importe qu'il faille tenir par la force armée Mayotte, que les Békés s'engraissent dans les Antilles, ou que le FLNKS subisse la répression. Qu'importe encore les Bretons, les Basques, les Corses. "Paris vaut bien une messe" aurait prononcé Henri IV ; la place de la France dans le Monde vaudra bien une Saint-Barthélemy de ceux qui veulent la libération nationale.

    Surtout, le programme porte la main du mythe façonné par les réformistes radicaux : la possibilité de s'affranchir de la dictature du capital. La croyance qu'il est possible -tout comme Hamon et sa promesse d'un salaire pour tous- d'imposer des contraintes à la bourgeoisie sans qu'elle ne se rebiffe, sans qu'elle ne se rebelle, sans qu'elle n'appelle à l'écrasement de ceux qui osent -à peine- porter la voix contre elle.

    C'est là le paradoxe sot du programme de transition, il tient, bancal, une jambe plus courte que l'autre. Un programme trop ambitieux pour qu'il ne soit réalisé dans le cadre de la démocratie bourgeoise, mais trop court pour être révolutionnaire. Songeons-y : s'il est possible de contraindre la bourgeoisie à accepter l'intégralité du programme de la France Insoumise, du salaire socialisé ou d'autres inventions chargées de conférer un vernis radical au réformisme; pourquoi ne pas simplement la déposséder des moyens de production et de les remettre entre les mains du peuple ?

    L'idée sous-jacente serait probablement de démontrer l'incapacité du capitalisme à  satisfaire ces revendications, poussant ainsi les travailleurs, d'eux-mêmes à se diriger vers la révolution. Hélas, trois fois hélas, cet aventurisme ne masque que l'absence de stratégie, que le vide de l'analyse politique et historique. Il n'entraîne que le désespoir chez ceux qui ont placé leur confiance en lui. En niant la dictature de la bourgeoisie, en niant la nécessité de briser son ordre, en escamotant la question de la révolution, le programme réformiste social-chauvin de Jean-Luc Mélenchon s'oppose, de fait, à l'anéantissement du capitalisme.

    Au moins a-t-il un mérite, c'est celui de poser la question du pouvoir, même d'une manière erronée, même d'une manière chauvine. Ce n'est même plus le cas de l'autre faction trotskiste, le NPA.

    S'exprimer sur le NPA sans tirer sur l'ambulance, est difficile. L'attitude ambivalente de l'organisation sur un grand nombre de sujets, notamment sa capacité à participer, à la fois à des rassemblements de soutiens aux Kurdes qui se battent contre Erdogan et en Syrie et à la fois à d'autres avec ceux qui les égorgent, est illustrative et typique du trotskisme ainsi que de l'amateurisme.

     Dans la lutte pour les élections, panne complète de soutiens, le Nouveau Parti Anticapitaliste semble ne pas être en mesure de se présenter. L'organisation s'est fendue d'une pétition particulièrement pathétique, au sens premier du terme, sur la nécessité, pour la démocratie, que soient présents les candidats de cette organisation.  A courir deux lièvres stratégiques, le verbiage révolutionnaire et le fond réformiste, aucun n'est atteint à la fin. Au lieu de dénoncer la dictature de la bourgeoisie, le NPA l'implore de lui laisser une chance. Au lieu de dénoncer la mascarade électorale, il se met à genou, supplie, pleure pour que lui soit donné la possibilité de participer au jeu truqué

    Quant au programme, le NPA confirme sa place de super-syndicat, restant dans l'économisme et la lutte pour les droits démocratiques. Augmentation du SMIC, meilleure égalité salariale…etc. Si le NPA possède un mérite, c'est celui de dénoncer l'impérialisme français. Cela ne l'empêche pourtant pas d'appeler à son intervention dans les conflits, notamment syrien.  

    Bien triste tableau du panorama électoral. Cent ans après la révolution d'octobre 1917, les illusions sur la bourgeoisie et son régime durent. Rien d'étonnant en cela de la part des partis électoralistes, mais là où le bât blesse, celles-ci contaminent également ceux et celles qui se placent pourtant en dehors de cette course.

     

    De la phrase de gauche à l'unité avec le réformisme.

    Nombre d'organisations politiques revendiquées révolutionnaires trébuchent dans les fils tendus entre leurs jambes par la bourgeoisie. La peur motive nombre de prises de position erronées. En premier lieu la peur du FN, entretenue par ceux qui ne se gênent pas pour en appliquer le programme, laquelle donne naissance à cette volonté de faire barrage à ce dernier, quitte à s'allier à l'ennemi de classe. Cette position fait rabattre leur drapeau, les fait se soumettre idéologiquement, stratégiquement, à leur oppresseur.

    Le manque de confiance dans la capacité des masses à comprendre la nécessité d'une révolution ; à être en mesure de se saisir des conceptions politiques, à s'impliquer et à rejoindre la lutte contre le capitalisme. Le manque de confiance et sa propre conception.

    Ceux qui rejoindront Hamon, sous le prétexte ressassé tant en tant de fois qu'il est "possible de tirer vers la gauche le PS", au lieu de chercher à anéantir notre bourreau de ces 5 dernières années. Prétexte déclinable en maintes et maintes versions, lesquelles permettent de justifier un retournement de dernière minute et un appel au vote.

    Les professionnels du "soutien critique" sont légion. Donnant un blanc-seing au bourgeois, tout en restant "critiques", ils et elles ne font qu'accréditer la validité de ce jeu, participent, le renforcent. Leur critique ? Quel impact a-t-elle ? Aucun.

    La politique éternelle, centriste, du ni-ni rejaillit également. "Ni vote, ni boycott" ; tout comme auparavant le "ni pour, ni contre" ; "ni guerre, ni paix"… Cette position est une manière de ne pas attaquer le fond de l'affaire, de ne pas prendre position, de tenter de concilier ce qui est antagonique. Cette manière permet de prendre fait et cause pour l'un -ne pas s'opposer signifie accepter- tout en se donnant une image de refus pour conserver sa crédibilité. Son effet est de paralyser, de stopper, d'immobiliser tout mouvement, tout réflexion, tout action. La neutralité n'est pas communiste.

    La tâche des communistes, la ligne qu'ils et elles doivent défendre existe pourtant. Nous ne pouvons pas rester sourds aux élections, et nous devons nous positionner : les soutenons nous ? Acceptons-nous ce jeu ? Appelons-nous à voter pour un candidat aux législatives ou aux présidentielle ?

    Nous ne jouons pas aux jeux truqués.

    Un jeu dans lequel la bourgeoisie pose ses règles, pour faire rentrer ses laquais dans des cadres qu'elle contrôle, pour son propre intérêt et en imposant son ordre du jour. Présenté comme cela, bien fol serait celui ou celle qui accepterait. Et pourtant.

    Nous ne faisons pas partie de cette espèce. Nous dénonçons ce jeu ridicule et nous appelons à le dénoncer. Chaque voix donnée au jeu de la bourgeoisie l'accrédite et poursuit l'existence du mensonge. Pierre Desproges écrivait "l'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote." Cette phrase illustre intégralement la nature de la démocratie bourgeoise. Une farce. Un trompe l'œil. La bourgeoisie elle-même en brise régulièrement les règles, lorsqu'elles la contraignent trop.

    Voter pour ces candidats qui plient l'échine sous ces règles, pour des partis réformistes, nous ne le reprochons pas aux individus. Nous ne les blâmons pas, nous blâmons notre faiblesse à faire vivre le camp du peuple comme un contre-pouvoir réel.

    Mais les organisations qui appellent à jouer ce jeu, ou qui ne le dénoncent pas, doivent assumer la responsabilité de leurs actes et de leurs choix. Si un parti révolutionnaire, tactiquement, présentait des candidats, la question se poserait peut-être de manière différente. Les élections seraient une tribune tactique, un point d'attaque comme un autre et non le point suprême.

    Nous appelons au boycott des élections. Nous appelons à refuser ce jeu, à refuser chaque aspect de ce jeu et à dénoncer chacune des manœuvres des opportunistes, qu'elles fussent pour rabattre les électeurs vers la bourgeoisie ou pour couvrir leurs traces.

    Nous appelons aux réunions qui visent à constituer un camp antiparlementaire et anti-électoral. Nous appelons à la constitution d'un front, d'une alliance refusant le parlementarisme et la démocratie bourgeoise. Nous appelons à une expression politique commune, sur les bases de l'anticapitalisme, de l'opposition -en premier lieu- à l'impérialisme français, sur la dénonciation de la parodie de démocratie et le rideau de fumée des élections.

    Nous appelons à constituer ce camp du peuple, seul à même de pouvoir exister et peser, à l'heure actuelle, comme une force antibourgeoise. Nous appelons à l'existence d'une opposition au pouvoir de la bourgeoisie, non pas dans les salons et les fauteuils, mais dans la rue, dans les usines, dans les champs, les écoles, les universités, les pôles emploi et les prisons.

    2017 ne doit pas être une année sous le signe de la bourgeoisie, elle doit être l'année de la renaissance, dans l'Etat Français, d'un camp populaire, indépendant et offensif !

  • Comment compte la bourgeoisie ?

    Comment compte la bourgeoisie ?

    Comment compte la bourgeoisie ?

    Alors que nous aurions pu croire que la Révolution Française avait posé les bases d’une unification des poids, des mesures et de la monnaie, les dirigeants du parti « Les Républicains » nous montrent que nous nous trompions lourdement.

    Résultats de recherche d'images pour « penelope fillon »

    Avant la primaire, nous avions eu l’occasion de découvrir une nouvelle unité de mesure, le pain au chocolat « Copé » valant 0,15€.

    Avec Pénélope Fillon, nous découvrons que la valeur d’un caractère d’imprimerie équivaut à 27€, au vu du coût auquel ont été facturées les deux notes de lecture qu’elle a rédigé au sein de la Revue des Deux Mondes.

    En employant cette unité de mesure novatrice, nous pouvons faire des estimations fantastiques.

    Un tweet vaut 3780€, soit 25 200 pains au chocolat « Copé. » De quoi se remplir l’estomac largement jusqu’à la nausée.

    Ecrire « pain au chocolat », à lui seul, vaut 378€. « Pain au chocolat » vaut donc lui-même 2520 pains « Copé. »

    Notre ouvrage « Pour en terminer avec le mythe du PCF », quant à lui, fort de ses 169 615 caractères, atteindrait la coquette somme de 4 579 605€ soit 30 530 700 pains au chocolat « Copé »

    Selon le site internet Michel et Augustin, un pain au chocolat mesure 15cm de long. En alignant bout à bout ceux qui nous seraient possible d’acquérir grâce à notre ouvrage, cela permettrait de constituer une savoureuse barrière le long de la route reliant Lyon à Perm dans la fédération de Russie, en passant par Berlin, Varsovie, Minsk et Moscou.

    Au delà de la blague, cette situation est révélatrice d’un décalage complet entre la bourgeoisie et le reste de la population, même le reste du Monde. Madame Fillon et Monsieur Copé sont loin, très loin, d’être les seuls. Ils ne sont probablement pas les pires.

    La bêtise crasse de l’un, la rapacité de l’autre ne sont que des symptômes.

    Rappelons nous des pleurs de Guaino et de Gérard Collomb, quant à leurs indemnités de misère. Le pire, le plus affreux, est qu’ils sont probablement sincères dans leurs cris, horrifiés et terrorisés. Ils et elles se croient au bord de la misère et dans la précarité la plus totale. C’est cette peur qui les rend hargneux et haineux.

    Ces individus qui sont en lice pour le pouvoir ne sont nullement des hérauts du peuple. Ils n’ont rien en commun avec les travailleurs. Eux-mêmes, elles-mêmes, n’ont jamais travaillé, jamais produit, jamais apporté quoique ce soit comme richesse à l’humanité. Ils et elles ne sont que les gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie.

    Ils et elles sont les agents zélés et corvéables des parasites néfastes qui grouillent et ponctionnent le sang, le travail des travailleurs et des travailleuses, que ce soit au sein de l’Etat Français comme des néo-colonies et des régions dominées.

    L’attitude de Mme Fillon, est typique de celle de la bourgeoisie. Celle-ci est dans la peau du mauvais joueur, tricheur invétéré. Bien qu’elle pose les règles elle-même, elle ne peut s’empêcher de transgresser ses lois. Sa gloutonnerie est sans limite et, lorsque quelque chose lui résiste, elle n’hésite pas à se remémorer la maxime de Otto von Bismarck « la force prime le droit », de même que celle de la Fontaine « Selon que vous serez puissant ou misérable, – Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Lagarde, Cahuzac, Guéant et tant d’autres sont la preuve d’une justice qui ne condamne que d’une tape sur les mains ceux de sa classe.

    Aujourd’hui, il n’existe que deux catégories d’individus qui courent vers le pouvoir bourgeois. Les naïfs incorrigibles et les opportunistes sans foi ni loi. Que cela soit pour les élections présidentielles ou législatives, nous ne saurions croire qu’il puisse rester une once de naïveté en ceux qui se sont penchés sur la nature de l’Etat Bourgeois. Les illusionnistes et les prestidigitateurs du réformisme sont dans le même camp que la bourgeoisie crasse, les deux sont les ennemis objectifs de la libération des masses.

    Apprenons de l’Histoire, cent ans après 1917, que le pouvoir de la bourgeoisie ne se gagne pas. Il se détruit. Ceux qui plongent dans une stratégie parlementariste n’ont aucune excuse valable pour justifier leur ligne aberrante.

    La bourgeoisie ne se combat pas dans sa propre arène. Elle ne se combat pas par des bulletins de vote. Nous avons besoin, plus que jamais, d’un camp du peuple, hors des salons, des bureaux, des parlements.

    Nous avons besoin de notre arme, un réel Parti Communiste !

    PS: Ce texte étant d’une longueur de 3695 caractères, il aurait été facturé 72 795 €

  • Le Parti Socialiste, l’hydre opportuniste aux mille têtes. Tranchons-les une par une !

     

    Entre 2012 et 2017, 5 années de direction de l'Etat par le Parti Socialiste laissent un goût particulièrement amer en bouche. Le bilan est plus désastreux mériterait des pages et des pages noircies d'encre, pour couvrir tous les "services" que ce parti -et sa coalition- ont pu rendre.

    Une stratégie de campagne ventant monts et merveilles aux électeurs, des promesses à la pelle, de grandes et belles phrases sur la manière dont Nicolas Sarkozy avait pu gérer les affaires de l'Etat… Et au final, le néant. Et encore, le néant aurait été préférable tant les maigres réalisations ont été dangereuses et contre productives.

    Le mariage pour tous, qui fut une des rares mesure progressiste mise en œuvre par le Parti Socialiste, a été conduit d'une manière outrageusement malhabile, si longue qu'elle a laissé le temps à une boite de Pandore de s'ouvrir. Des réactionnaires d'une virulence sans bornes ont pu ainsi défiler, scander leurs slogans haineux et rétrogrades, mais également se renforcer et reprendre une place perdue dans l'échiquier politique.

    Cette mesure, qui émerge seule au milieu d'un océan d'échecs et de retours en arrière, illustre à elle seule la faillite de la social-démocratie.

    Le programme économique du gouvernement a été intégralement dicté par les appétits voraces d'une bourgeoisie qui pouvait s'en donner à cœur joie. Qu'avait-elle a perdre ? Le Parti Socialiste endosse les responsabilités. La pire issue , à l'heure actuelle, serait une alternance politique avec la droite. Rien qui puisse inquiéter la bourgeoisie. Mieux encore, elle a soutenu l'élection du Parti Socialiste.

    Rendons pourtant un brin justice aux membres de ce parti, ils sont arrivés au pouvoir à un moment où cela arrangeait bien les bourgeois et les bourgeoises. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait laissé des tensions sociales importantes.Cela tant du fait du climat économique que du style même de direction de l'équipe présidentielle, qui avait -pendant ces 5 années- soufflé sur les braises ardentes du racisme et de la réaction. Que ne soient pas oubliés les débats sur l'identité nationale, tenus, de plus, à Vichy. Que ne soient pas oubliés les cadeaux aux milliardaires, tout comme la visite d'un Kadhafi par la suite éliminé.

    Un modus vivendi était donc nécessaire, pour les capitalistes, avec les partis de gauche. Soutenir le Parti Socialiste, pour la bourgeoisie, cela signifiait anesthésier ses courroies de transmission syndicales, associatives, culturelles. Cela signifiait neutraliser un certains nombre d'élus locaux et de députés. De fait, cela signifiait laisser les mains libres à la bourgeoisie pendant cinq années qui s'annonçaient -dans tous les cas de figure- difficiles. Certes cela aurait des conséquences sur leur agent servile, mais cette perte était acceptable. Après tout, le Parti Socialiste a t'il été un jour autre chose qu'un paillasson ?

     Dans le fond, la meilleure chose qui aurait pu arriver au PS aurait été de perdre ces élections. Cela lui aurait évité de se ridiculiser intégralement en appliquant une politique encore plus agressive et ambitieuse que celle de Nicolas Sarkozy. Avec Sarkozy, la bourgeoisie devait négocier les formes pour ne pas perdre son poulain, mais avec Hollande, qu'importe !

    D'une manière assez intrigante, ce scénario s'est reproduit avec la Police. Les policiers aimaient, dans l'ensemble, l' "ex-premier flic de France." Or, cela tendait à neutraliser en partie leur agressivité individuelle. Le pouvoir allant dans leur sens, il aurait été malvenu de lui créer des tracas trop visibles. La répression policière des mouvements sociaux fut donc très dure, mais relativement cadrée. A l'inverse, dès le début du quinquennat de Hollande, dès le premier rassemblement dont nous avons été témoins devant leur local de Lyon, la police a immédiatement chargé sans la moindre retenue, nous laissant pantois.

    D'une manière générale, les mouvements dans les périodes sous la direction de la droite sont massifs, mais peu politisés. Les opportunistes et les réformistes tentent d'y imposer leurs mots d'ordres, disposent de relais et d'appareils bien rodés et d'une manière générale trustent les apparitions médiatiques, donnant le ton du mouvement.

    A l'inverse, dans les périodes où le Parti Socialiste est aux affaires, les mouvements sont toujours plus complexes à mettre en œuvre. Les relais sont neutralisés ou hostiles, et tentent de saper les mobilisations. Mais d'une manière générale, elles sont intensément politisées. C'est ainsi que la dialectique opère. La mise sur le banc de touche du réformisme traditionnel a joué un rôle important.

    Pour autant, le mouvement contre la Loi El-Khomri, même si il a poussé des formes de contestation allant plus loin que celles sous Sarkozy, avec l'émergence d'une conception politique de la lutte, s'est pourtant enlisé et n'a pas débouché sur une remise en cause du système capitaliste en général. Le mouvement n'a pas posé la question, cruciale, du pouvoir. Une percée s'est même faite de la part des complotistes.

    Nous sommes les premiers à nous blâmer de cet échec, étant donné que les communistes n'ont pas eu une influence importante dans ce mouvement, n'ont pas réussi à lui donner une direction. Nous devons en tirer des conclusions quant à nous même. Le mouvement spontané des masses est réformiste, et c'est à nous de lui apporter la conception révolutionnaire.

    C'est notre tâche à accomplir.

    Au final, le bilan de ce quinquennat est glaçant et le Parti Socialiste est aux abois, sans la moindre crédibilité restante.  Pour autant, nous ne sommes pas à l'orée de son arrêt de mort.

    Mais deux choses permettent de surnager et de surmonter cette crise. C'est le caractère fondamentalement primitif, idéologiquement parlant, de ce parti, ainsi que le fait qu'il n'ait aucune unité interne.

    Nous, communistes,  adhérons à la conception du parti de type nouveau développée par Lénine. Rien n'est, pour nous, plus impensable qu'une organisation sans la moindre homogénéité, qui ne cherche pas à être à la pointe idéologiquement parlant, et qui tolère des fractions et des cliques en son sein.
    Pour nous, cela n'est pas tolérable, car notre conception du parti est basée autour de l'affrontement avec la bourgeoisie et de la conquête du pouvoir contre elle. C'est pour cela que nous rejetons, entre autres raisons, le Parti Communiste Français.

    Cette conception des choses fait que notre Parti doit prendre une forme particulière, avoir un fonctionnement particulier pour lui permettre de remplir ces tâches. Ce fonctionnement vise à l'unité maximale dans l'action ainsi qu'a une recherche théorique et un combat idéologique de chaque instant.
    Pour nous le Parti Socialiste est une clique dont le but est la conquête par les urnes du pouvoir, donc une coterie où chacun peut s'exprimer tant qu'il rapporte des voix. C'est cet aspect qui permet l'unité de Gérard Filoche -trotskiste- jusqu'à Valls -droitier au possible. C'est ce qui permet de tolérer dans un même parti, dans son bureau national, autant de conceptions antagonistes -ou prétendument antagonistes.  Clamant leur indépendance, ces frondeurs ne sont que des rabatteurs pour les majoritaires du PS, leurs laquais les plus prompt à la courbette.

    Dernièrement le Parti Socialiste s'est illustré par un certain nombre de déclarations pansements, tant de la part des candidats à la primaire "de gauche" que de la part du gouvernement.

    La réhabilitation posthume des communards de 1871, lancée par les écologistes et certains membres du Parti Socialiste, est un exemple. Le journal l'Humanité les cite: "la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques". Quelle hypocrisie sans nom. Tous les partis sociaux-démocrates ont combattu contre les révolutionnaires, dans chaque révolution de l'Histoire. Si la Commune de Paris avait lieu aujourd'hui, nul doute que ces organisations seraient les  fers de lance de la répression,  tout comme les Mencheviks ont lutté contre la Révolution d'Octobre, tout comme le SPD l'a été en Allemagne contre les Spartakistes et contre le KPD. Jamais les organisations de ce type n'ont agit autrement que comme des laquais de la bourgeoisie. Mais là, l'événement est suffisamment devenu consensuel pour que, sans risque, le PS et EELV puissent s'en emparer, le souiller, le salir. Tout est bon pour les opportunistes.

    Malik Oussekine lui aussi, est instrumentalisé par ses marchands de mémoire. Tué sous la présidence de François Mitterrand, mais sous un gouvernement de cohabitation, le jeune étudiant assassiné en 1986 par les voltigeurs de Pasqua  est une cible parfaite pour les charognards. Toujours est-il qu'il est de bon ton de cibler la droite et non la Police pour ce crime. Cela serait gênant dans une ligne politique gouvernementale qui vise à octroyer plus de facilité pour les policiers, et qui réprime les soutiens à la famille Traoré. Mais la mémoire est élastique, et les opportunistes du Parti Socialiste s'en accommodent. Il est possible de broder sur la vérité pour en faire un habit de mensonge.

    La pseudo-condamnation de Cahuzac, tout comme, dans une certaine mesure, la non-peine infligée à Christine Lagarde, font partie de ce jeu d'esbroufe. Le but est simple, condamner à demi-mot les dérives des opportunistes, tout en ne leur infligeant qu'une simple tape sur la main. En direction des masses, le signal serait de dire: "nul n'est au dessus des lois"; tandis que vers la bourgeoisie, cela forme un sympathique rappel de l'amour que leur portent l'Etat et les partis bourgeois.

    Dernièrement, la grâce de Jacqueline Sauvage est également arrivée comme une démonstration de l'esprit progressiste, antisexiste, du gouvernement de gauche. Pourtant, le geste est avant tout publicitaire et électoral, histoire de redorer un blason couvert de crasse. Nul doute que notre gouvernement, qui tolère des Denis Baupin dans ses rangs, au sein du parti allié EELV, ne se penche sur les questions de sexisme que dès lors qu'elle rapportent quelques soutiens supplémentaires en période de disette électorale.

    Voilà quels cadeaux nous offre, en cette période de fêtes, un gouvernement qui, de l'autre main, a liquidé le CDI, ravagé les acquis sociaux, bombardé d'autres Etats pour la grandeur de l'impérialisme français. Voilà quels cadeaux de misères nous offre un gouvernement "de gauche" qui offre, comme le mentionnait le Canard Enchaîné, des exemptions d'impôts immense à ses amis bourgeois. Voilà un état qui prétend être devenu le porte drapeau du progressisme pour quelques commémorations et grâces, mais qui maintient en prison ceux et celles qui luttent pour la vérité, celles et ceux qui combattent l'impérialisme, comme Georges Abdallah, qui se battent pour la libération de leur pays, pour la liberté des nations sans Etats.

    Nous ne l'oublierons pas, nous ne le pardonnerons pas.

    La primaire "de gauche" nous offre un spectacle d'un ridicule achevé, tant les discours des candidats sont à mille lieu de ce qu'ils ont pu produire au pouvoir. Bien des occasions vont nous être données de pouvoir disséquer quelles promesses fausses et ridicules sont émises par ces laquais de la bourgeoisie.

    Que dire d'un Valls ou d'une El-Khomri qui lapident le 49.3 après s'en être abondamment servis ? Que dire qu'un Macron antisystème alors qu'il en l'est l'apôtre le plus zélé ?
    Que dire, d'une manière générale, de ministres qui n'ont aucun mot pour justifier leur bilan calamiteux, mais qui, comme si tout était effacé, se relancent, tout sourire, vers la conquête du pouvoir ?

    Que dire de candidats ridicules essayant de faire miroiter la peur d'une droite ou d'un FN qui auraient pourtant bien du mal à appliquer un programme plus droitier que celui d'un Parti Socialiste au pouvoir ?

    Nous ne pouvons que leur dire merci.

    Merci à eux, merci à la social-démocratie.

    Merci à eux d'avoir démontré l'échec intégral du réformisme, qui tente de faire la synthèse entre deux positions intégralement contradictoires, entre les intérêts du peuple et des patrons. Merci à eux d'avoir illustré à la face de tous leur opportunisme, leur soumission aux vœux des bourgeois et des bourgeoises. Merci à eux de s'effondrer sur eux mêmes, comme un château de carte bancal.

    Cette zone tampon, si utile à la bourgeoisie, cette illusion d'alternance, la voilà morte, ou du moins temporairement neutralisée.

    Qu'il y aie des sociaux-chauvins prêts à la remplacer au pied levé, cela ne fait pas de doute. Le PCF, Mélenchon et sa bande, tous rêvent d'occuper la place du PS dans l'échiquier politique.

    Nous communistes, nous ne devons pas prêter le moindre crédit aux propos des cliques réformistes "radicales." Nous ne devons pas nous effrayer, comme le fond déjà certains, de la destruction du PS. Ils se sont démasqués comme des ennemis du peuple, il est essentiel de les pourchasser et de les dénoncer.

    La dialectique avance, et brisera sur son passage tous les opportunistes. Car il n'est pas possible de faire de concession, de synthèse, entre l'exploiteur et l'exploité, entre l'oppresseur bourgeois et ceux qu'il opprime.

    Plus que jamais, nous avons besoin d'un Parti Communiste révolutionnaire, non pas de la clique révisionniste qui usurpe ce nom. Nous avons besoin de cette arme contre la bourgeoisie, car elle seule peut mettre fin à ce ridicule cycle d'alternance entre bourgeois et bourgeois.

    Les élections ne doivent pas nous effrayer, car notre force est dans la lutte. Les appels au vote ne doivent pas nous méprendre car l'expérience de 5 ans de gauche montre leur absence totale de valeur.

    Pas une seule voix pour les partis bourgeois ! Le Parti Socialiste est l'ennemi des travailleurs et des travailleuses !
    Chassons l'opportunisme et le réformisme ! Vive la lutte des classes !

    1917 – 2017 en avant vers de nouvelles victoires !

  • Mélenchon, Entre l’absentéisme, la métapolitique et l’impérialisme.

    Cela fait déjà quelques années que les zélateurs de Mélenchon nous rebattent les oreilles des prétendus exploits de leur leader. Il serait, en somme, la réincarnation de tous les grands leaders révolutionnaires, leur synthèse la plus poussée. 
     

    Etrangement, ces adeptes du culte de Mélenchon copient certains de travers les plus déplaisants du personnage, dont une agressivité à outrance, camouflant mal un manque d'assurance idéologique. Car il existe des zones d'ombres terribles autour du personnage. 
    Nous souhaitons ouvrir un début d'explication avec ceux qui s'alignent sur ses déclarations, qui citent ses ouvrages comme un nouvel évangile. Un début d'explication qui, nous en sommes certains, nous sera bénéfique à tous et toutes.

    Par exemple, pourquoi existe-il si peu d'écho des déclarations de Mélenchon au Parlement Européen ? Parce qu'il n'y en a qu'une d'orale. Toutes les autres sont des notes écrites, griffonnées, et remises en séance pour faire gonfler les chiffres d'activité.

    Ainsi, le journal Le Monde écrivait le 16 avril 2014,
    "Jean-Luc Mélenchon siège dans plusieurs commissions. Il est notamment le 4e vice-président de la Commission des affaires étrangères de l’UE, qui n’est pas la plus marginale.

    Nous avons examiné l'intégralité des procès-verbaux de présence qui figurent sur le site de cette commission. Elle s'est réunie au total 33 fois en un an, à un rythme quasi hebdomadaire.

    M. Mélenchon n'a été présent à aucune de ces réunions. Il n' a donc tout simplement jamais siégé en commission durant l'année écoulée."
    "Mais comment M. Mélenchon peut-il être aussi actif durant les séances et avoir un si mauvais classements aux votes ? C’est très simple : grâce à l’article 170 du règlement du Parlement européen. Voici ce qu’il prévoit :

    « Lorsque la discussion générale est achevée, chaque député peut émettre, sur le vote final, une déclaration orale qui ne peut excéder une minute, ou une déclaration écrite de 200 mots au maximum, laquelle est reprise dans le compte rendu in extenso des séances. Lorsqu'une proposition d'acte législatif ou un rapport sont inscrits à l'ordre du jour du Parlement conformément à l'article 138, les députés peuvent donner des explications de vote par écrit, conformément au paragraphe 1.

    Les explications de vote, orales ou écrites, doivent avoir un lien direct avec le texte qui fait l'objet du vote. »

    En clair, chaque eurodéputé a la possibilité de déposer une déclaration écrite courte à propos des votes, expliquant sa position, et qui sera inscrite au procès-verbal de séance. Et les données du Parlement européen ne distinguent pas entre intervention orale et écrite."

    Voilà un regard sur l'activité de M. Mélenchon au Parlement. En place et lieu de faire amende honorable, notre ami nie et calomnie ceux qui le prenne en défaut.

    Plutôt que de tenter d'importer des "memes" maladroits tels que "can't stenpchon the Melenchon", reprise malhabile de "Can't stump the Trump", ses militants seraient plus avisés d'expliquer certains mystères dans les positions du candidat.

    Actuellement, nous préparons une critique de "l'ère du peuple", le dernier pamphlet de l'ancien membre de l'OCI [Organisation Communiste Internationaliste], ouvrage particulièrement illustratif sur les positions politiques sociale-chauvines de l'auteur.

    Les militants de JLM seraient ainsi bien avisés d'expliquer cette pratique particulièrement aigue du crétinisme parlementaire.

    Mais ils seraient aussi bien avisés d'expliquer certaines thèses curieuses de la part de leur leader, notamment ces positions plus qu'ambivalentes sur l'impérialisme français.

    Résultats de recherche d'images pour « l'ère du peuple »

    Ils et elles seraient ainsi bien avisés de nous expliquer certains passages de son ouvrage:

    "Dès lors, quel crève-coeur de voir la France rabougrie ! À cette heure notre République devrait se  dresser de toute la hauteur de son peuple sur la scène du monde. Elle ne devrait pas être enfermée dans la servile allégeance aux États-Unis d’Amérique et à leur dangereuse politique impériale. Elle ne devrait pas être cette pauvre chose ballottée par les événements, tenue en laisse par Mme Merkel." Voilà une France dominée et battue qui n'est pas conforme à la réalité de l'impérialisme français. Et encore, notre héros exige un sursaut de sa part !

    "Elle ne devrait pas vivre dans la gêne et sous le fouet d’une poignée de déclinistes payés pour la démoraliser et la faire douter d’elle. Au contraire elle devrait marcher aux avant-postes du nouvel âge de l’humanité qui se dessine sous nos yeux, être la cheville ouvrière d’une nouvelle alliance des peuples."  Cette nouvelle alliance des peuples, M. Mélenchon ne la voit que comme sous l'ombre du drapeau tricolore, sous la même bannière qui a ensanglanté l'Afrique et l'Asie, qui l'ensanglante toujours, qui l'étrangle, qui l'étouffe. Mais rien de cela ne transparait, n'est-ce-pas, puisque "la France" s'humilie et se soumet à l'OTAN et aux Allemands.

    Où sont les bases de l'OTAN dans l'Etat Français, M. Mélenchon ? Où sont les M1A1 américains ? Où sont les troupes d'occupation que vous pensez voir à chaque coin de rue ? Dassault, Nexter, Areva, Total, sont elles des firmes du complexe militaro-industriel US ?

    Certes il est écrit: " Et même qu’il partagerait les chars Leclerc avec une famille de capitalistes allemands ?" Une horreur sans commune mesure. Nous sacrifierions notre patrimoine militaire au profit d'autres Etats. La fusion de Rheinmetall-Borsig et de Nexter pourrait-elle inquiéter M. Mélenchon ? Pourtant, d'après lui ne serions nous pas déjà une pauvre nation dominée ?

    Les militants et militantes de M. Mélenchon pourraient ils expliquer ceci ?

    Autre exemple. En Europe. Récemment la réunification de l’Allemagne en 1990 lui a donné la première population. Sa prééminence s’exerce au profit de cette part de la population nantie mais vieillissante : c’est la clientèle essentielle du parti de Mme Merkel.

    Mais la démographie allemande est déclinante. D’ici peu les Français seront les plus nombreux.

     Une force.

     La servilité de François Hollande face à Mme Merkel, qui lui impose une politique de l’euro fort et de restriction de la dépense publique, n’empêchera pas l’heure de vérité d’arriver. La loi du nombre fera son œuvre. Comment pouvons nous interpréter cela ? Comment ne pas comprendre qu'il ne s'agit que de la thèse d'un individu hypnotisé par la phobie de l'Allemagne, qu'il insulte copieusement, comme quelqu'un d'obnubilé par la rivalité impérialiste, et qu'il ne traite pas en internationaliste, mais bien en social-chauvin, en agent et en promoteur de son propre impérialisme.

     

    Pourraient-ils, pourraient-elles expliquer les joies morbides de leur héraut, qui se gargarise de la grandeur impériale de la France -bien qu'il la nie-

    "Et avec 11 millions de kilomètres carrés, il dispose du deuxième territoire maritime du monde, juste derrière les États-Unis d’Amérique ! Cet espace représente plus de 16 fois notre territoire terrestre. La France continentale étale mille kilomètres de côtes. Mais 97 %  territoire maritime se situe dans les pays d’outre-mer si souvent regardés de haut ou délaissés par d’ignorants prétentieux.

    Je suis consterné par l’indifférence qui règne face au potentiel que cette situation contient. La France a le quarante et unième territoire terrestre du monde. Mais en l’additionnant à son espace maritime, notre pays est un géant. Le sixième du monde, juste derrière le Brésil mais devant la Chine ou l’Inde ! Ce territoire s’est encore accru de 10%   dans les années 2000 sans tirer un coup de fusil. Cela parce que notre pays a pu remettre à temps à l’ONU les preuves scientifiques de la continuité physique des nouveaux territoires maritimes connus avec ceux déjà attribués aux Français !

    Dès lors, sur cette nouvelle mappemonde, la France n’est pas la petite nation « occidentale » qu’a fait d’elle François Hollande en s’intégrant servilement aux politiques de l’empire nord-américain. C’est une puissance à vocation universaliste, présente sur les cinq continents dans leur contexte maritime. Mais la présidence actuelle ne connaît rien au sujet et ne s’y intéresse pas."

    "En ce sens c’est une « nation universaliste ». La France l’est d’une  façon très physique. Elle est présente sur les cinq continents. Sa plus longue frontière est avec le Brésil, ce que l’on oublie car on néglige l’existence de l’immense et magnifique Guyane française." -Et vive l'Empire !-

    Autant de questions auquel nous ne pouvons pas ne pas exiger de réponse. La question de l'impérialisme n'est pas qu'une question de principe, elle est un fossé entre le camp du peuple et son ennemi. Elle est un fossé insondable entre les serviteurs de la bourgeoisie et ceux du prolétariat.

    Chaque fois qu'on promet monts et merveilles aux habitants "de France", mais qu'on omet que cela provient de la surexploitation des néo-colonies, que cela provient du sang et de la guerre, on agit en social-chauvin.

    Chaque fois qu'on omet de parler de combattre cet impérialisme, on se comporte comme son valet de chambre. Chaque fois qu'on nie le caractère criminel et terroriste de l'occupation militaire que notre pays fait subir, on soutient ces opérations.

    Nous ne considérons pas Mélenchon comme étant dans notre camp. Si une partie des masses tend l'oreille à son discours social, cela n'est pas une mauvaise chose en soi, en effet. Mais nous ne sommes pas dans un environnement d'école, il ne s'agit pas d'avoir 10/20 en terme de niveau social pour être du bon coté. Etre un agent de l'impérialisme français, qu'on soit social comme M. Mélenchon, ou libéral, cela reste le fait d'agir pour la bourgeoisie française, pour son emprise criminelle sur le Monde. Avant de regarder outre-Rhin et outre-Atlantique, balayons devant notre porte !

    L'Impérialisme français est l'ennemi N°1 des masses de l'Etat Français. Il est son premier bourreau, et notre première cible.

  • Le P.S. tombe les masques sur l’inutilité de son programme

    "Notre parti n'a aucun intérêt à rejouer la pièce des élections précédentes, où le temps passé à discuter et à se disputer pour élaborer un programme est inversement proportionnel au temps que le candidat passe à le lire et à le reproduire."

    Le Parti Socialiste, enfin, cesse de se mentir. Après l'adoption d'une motion par le Conseil National du Parti Socialiste, il renonce officiellement à présenter un programme.

    L'explication est simple: Les programmes ne sont pas appliqués. Le PS quitte donc la tradition des partis issus du mouvement ouvrier -où le programme est le point central, et le candidat secondaire- pour rejoindre la tradition gaulliste: une clique, une coalition, qui s'unit pour porter un candidat pour les élections, mais sans synthèse programmatique.

    C'est un double aveu qui est fait:
    Le premier est que le PS s'effondre peu à peu, et que son unité de façade s'est complètement fracturée. Le sauve-qui-peut de la fin du mandat du président le plus impopulaire de la Vème République a effrayé la bande d'opportunistes qui composent le PS. Les rats quittent le navire, et l'hémorragie de cadres ne fait que commencer.

    Pour se sauver, le PS joue la carte de la primaire large, de la candidature unique du plus populaire. Le PCF, larbin du PS, son croupion, sera là pour donner l'impression qu'il s'agit d'un front uni large, en échange il conservera quelques mairies et élus aux législatives. Les logos se feront plus discrets, le PS en à l'habitude, le no-logo lui a toujours permis de s'infiltrer et de se faire servir la soupe. Ainsi, les cadres du PS espèrent conserver leurs sinécures, leurs privilèges, et échapper à la destruction totale du parti Socialiste.

    La deuxième raison qui pousse à ne pas faire de programme est plus systémique. 
    Un débat de fond sur des idées ne sert à rien, en effet, car le pouvoir réel n'est pas à l'Elysée. Les promesses du candidat Hollande, tout comme celles de chaque candidat, étaient automatiquement invalides dès qu'elle touchaient un tant soit peu aux intérêts de la bourgeoisie. A quoi bon faire un programme quand les grands capitalistes, la bourgeoisie donnent les ordres ? Pourquoi s’embêter ? Les transnationales françaises déterminent la politique diplomatique de la France, pourquoi donc s'en faire ? Et si nous n'obéissons pas, gare ! La dette d'Etat nous étoufferait, et nous perdrions le soutien de nos braves créanciers !

    C'est ce double aveu, de la part du PS, qui est à saluer: L'élection présidentielle est une farce, une farce dans laquelle les partis réformistes sautent à pied joint, avec joie et enthousiasme. Une farce qui se base sur l'opportunisme, la démagogie, le populisme.
    Une farce qui vise à présenter des choses irréalisables pour glaner des voix, à faire croire que demain le soleil brillera toujours.

    Une farce d'autant plus ridicule que le bout de piste n'est qu'un bureau. Le président n'est que le chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française. Qu'importe pour qui les votes pencheront, ce ne sera qu'une saveur légèrement différente pour votre exploitation. Saveur marine, hollandaise, ou autre. Mais le fond sera le même.

     

    Nous, communistes, considérons que cette farce, cette blague de mauvais goût -en particulier pour les victimes de l'impérialisme français- a assez duré. Nous rejetons le Parti Socialiste comme nous rejetons toutes les vermines opportunistes, tous les traîtres et les ennemis. Le Jour où une élection sera en mesure de mettre en péril le pouvoir de la bourgeoisie, gare au fascisme !

    Lénine écrivait, dans Le renégat Kautsky et la révolution prolétarienne:
    « Jamais, si ce n'est dans l'imagination doucereuse du doucereux benêt Kautsky, les exploiteurs ne se soumettront à la volonté de la majorité des exploités, sans avoir fait jouer dans une bataille suprême, désespérée, dans une série de batailles leur avantage. »
    Pour liquider le capitalisme, il ne faut pas un bulletin de vote. Il faut une armée: celle du peuple !