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  • 100 millions sinon rien. – Première partie.

    100 millions sinon rien. – Première partie.

    Un PCF qui s’approche des 5% semble suffire à réveiller de vieux démons chez les réactionnaires et les bourgeois. L’anticommunisme atavique se dresse dès qu’il flaire son ennemi.
    Invité sur le plateau des « Grandes Gueules », le 21 mai, le candidat du PCF aux élections européennes, Ian Brossat, a été pris à partie par le journaliste sportif et chroniqueur Daniel Riolo. Celui-ci a affirmé que le PCF avait collaboré avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.
    « On ne va pas avoir un débat historique. Le général de Gaulle a sauvé le Parti communiste après la guerre en l’intégrant au pouvoir décisionnel alors qu’il avait complètement collaboré. » Cette falsification de l’histoire, nourrie de raccourcis, à la vie dure. Elle tend à faire oublier l’importance fondamentale des communistes, avant même l’entrée en guerre de l’URSS, dans toutes les résistances à l’occupation allemande et au fascisme, y compris au sein des camps de concentration. Elle surfe sur le mythe d’un monopole gaulliste de la Résistance intérieure, monopole construit a posteriori.

    L’affront a fait bondir Ian Brossat, à juste titre. Mais si les propos d’un journaliste sportif peuvent passer pour une bêtise nourrie d’anticommunisme, d’autres cas sont plus inquiétants.
    Un jour avant, le 20 mai, Nicolas Lecaussin publiait dans Le Figaro, une tribune intitulée « Le communisme français, un cadavre qui bouge encore, hélas ». Le directeur de l’Institut de Recherches Économiques et Fiscales déclarait, en somme, que « le communisme aurait dû depuis longtemps sortir de l’histoire.Et ce n’est pas à l’honneur de la France d’avoir toujours un parti communiste…» 
    Puisque M. Lecaussin prend la peine d’intervenir sur un si grand média, nous ne pouvons que prendre la plume pour lui répondre. 

    En tout premier lieu, nous plaignons quelque peu Nicolas Lecaussin. Sa terreur, son effroi, envers le communisme semble sincère. Devant la candidature du PCF, autour d’un programme plus que timoré, semble déjà lui donner des sueurs. Espérons qu’il ne sache pas que d’autres sont bien pires. Et qu’ils assument. 

    Car il est difficile de penser que l’« Europe des Gens, pas l’Europe de l’Argent » soit une émanation pure et dure du marxisme-léninisme, du bolchevisme. D’ailleurs, l’auteur de cette diatribe est rapidement en souffrance lorsqu’il doit avancer des arguments pour la caractériser ainsi. Il se contente alors cette unique passe d’armes : « Toujours la même rengaine contre «le marché, la concurrence, l’austérité…». C’est toujours l’Etat qui résout tout, pas de salut ni solutions hors les services publics, haro sur les banques, les entreprises et bien entendu les riches, qui doivent être punis.» 
    Le Figaro, avec ses 5 699 521 € d’aides d’Etat versées par an, ce qui en fait le 3e journal le plus subventionné de France, pourrait au moins avoir la politesse de se débrouiller seul avant de cracher dans la soupe des finances publiques. 

    Indépendamment de cela, nous sommes loin de voir renaître un discours de dictature du prolétariat. Mais s’en est déjà trop pour notre homme, pour qui Ian Brossat et « son programme repren[nent] les formules creuses et les propositions éculées du PCF. » Nous n’allons pas essayer ici de défendre celui-ci, que ous jugeons inadapté. En revanche, cela ne singifie pas qu’on accepte de recevoir les crachats d’ignares.

    Donc, à ses yeux, le gentillet adjoint à la mairie de Paris traîne avec lui les cadavres de dizaines de millions de morts… Sauf que l’accusateur semble bien en peine de nous en dire plus. 

    Un accusateur à la peine.


    Quelque part, nous avons un peu de peine, en lisant la prose de M. Lecaussin. Malgré la charge véhémente qu’il adresse, en termes orduriers, au PCF, à M. Brossat et au communisme, il semble hésitant. Les terribles coups qu’il entend porter semblent mal assurés. Et pour cause. 
    « Des dizaines de millions de morts » ; « Comme si l’on avait gommé tout simplement les dizaines de millions de morts. » ; « une idéologie ayant entassé les cadavres. » Voilà des arguments qui reposent sur des preuves scientifiques dûment étayées. Et pour cause, notre compère est un fin historien.

    Les auteurs qu’il cite, pour se donner une contenance, sont des têtes connues. Marc Lazar, auteur de l’ouvrage Le Communisme, une passion française, sorti en 2002. L’omniprésent Livre noir, de Stéphane Courtois, mais aussi Thierry Wolton. 

    Si le premier est un petit réactionnaire assez inoffensif, un disciple de François Furet sans envergure, les deux autres méritent qu’on s’y attarde.

    Le Livre noir, publié en 1997, est toujours un cheval de bataille au centre de l’anticommunisme français et international. Un cheval cependant bien décati, car plus aucun universitaire sérieux ne l’emploie, tant les analyses de son directeur sont tirées par les cheveux. Même plusieurs rédacteurs ont choisi, par la suite de s’en détacher, en fustigeant l’obession des 100 000 000 de morts. Nicolas Werth, par exemple, auteur de la plus grande partie de l’ouvrage, s’en est détaché, du fait des incohérences de la direction. En effet, celui qui avait écrit « Goulag, les vrais chiffres », ramenant à sa juste proportion le système carcéral soviétique, se retouvait cité au milieu de fanatiques anticommunistes.

    M. Lecaussin, par ailleurs, se garde bien de donner un chiffre, soit parce qu’il ne sait pas, soit parce qu’il ne sait que trop bien combien ses sources sont fragiles, et combien il est risqué de tracer un bilan mal assuré. Pourtant, les sources, elles, ne manquent pas. Il est aisé de trouver les écrits d’A. Blum ; de S. Fitzpatrick ou même de simplement ouvrir un de nombreux livres de N. Werth pour avancer des chiffres qui, à défaut d’être correctement utilisés, aurait au moins eu le mérite d’être justes d’un point de vue comptable. 

    Le troisème larron de M. Lecaussin, Thierry Wolton, mérite qu’on s’y attarde un moment. En effet, cet auteur a été au centre de tellement de controverses que nous sommes bien en peine de les lister. S’il a été soutenu par les historiens réactionnaires A. Kreigel et F. Furet, bien d’autres l’ont brocardé avec véhémence. Obsédé par une conspiration du Komintern, T. Woltan cherche longuement à démontrer, au travers de raisonnements au second ou au troisième degré, que Jean Moulin était un agent soviétique. 


    Pierre Vidal-Naquet considère que T. Woltan au travers de ses attaques contre le communisme et contre Jean Moulin, sa bête noire, fait œuvre de « révisionnisme mou », et que le fond de sa pensée était constitué de ses « intentions de réhabiliter Vichy ». Il l’a également accusé d’être « un falsificateur du genre de Faurisson ». Dans son ouvrage Douze leçons sur l’histoire, A. Prost prend même l’exemple de T. Wolton comme représentation du non-historien. Il a qualifié ses méthodes de « peu rigoureuses » et son travail de « prétendument historique. » François Bérida en parle également comme auteur peu rigoureux et commutant régulièrement des contre-vérités.

    La dernière œuvre de cet historien décidément fort peu admiré de ses pairs est un triptyque sur l’histoire du communisme. Les titres sont éloquents. Un tome 1, nommé les bourreaux, sur la direction des partis communistes. Un tome 2, nommé les victimes, sur les habitants des pays dirigés par ces mêmes partis. Un tome 3, en préparation, les complices, sur l’admiration du communisme par des intellectuels engagés. 
    Les historiens de garde, pour reprendre l’expression employée par William Blanc, Aurore Chéry et Christophe Naudin dans leur ouvrage éponyme, sont les références de M. Lecaussin. Ces « historiens », plus portés sur l’histotainement le divertissement historique, que sur l’étude de l’histoire elle-même, forment un fer de lance redoutable. Les noms de Lorànt Deutsch, Stephane Bern ou Patrick Buisson reviennent sans cesse chez ces royalistes, ces réactionnaires, qui maquillent l’histoire. Au nom d’une liberté de la science, ils escamotent ce qui ne sert pas leur chapelle et grossissent le trait de ce qui les arrangent. 

    Voici donc la base scientifique qui sous-tend la pensée de M. Lecaussin.


    Contrairement à ce que pense M. Lecaussin, nous, communiste, sommes particulièrement attentifs à l’actualité de la recherche concernant l’histoire des expériences socialistes. Il s’agit d’un matériel dont nous avons besoin pour permettre de déterminer les erreurs, les fautes et les manques que les communistes d’alors ont pu commettre. Nous avons besoin également de connaître quels succès ont été réalisés, quelles avancées. Parfois, le bilan est dur à accepter, par rapport à la promesse du paradis socialiste, mais nous l’acceptons, car nous ne nous nourrissons pas de mythes et d’invention.

    C’est pour cela que nous ne lisons pas que ce qui est le fruit de notre chapelle. Aujourd’hui, de plus, avec l’ouverture des archives soviétiques, l’évolution de l’historiographie tend, en dernière analyse, à éliminer les thèses totalitaires des années 50-60 aux USA, ou des années 90 en France.
    Aujourd’hui, les recherches actuelles dressent un portrait incomparablement plus flatteur de l’Union soviétique qu’à l’époque des inventions de Robert Conquest, des mensonges de Khrouchtchev, des racontars de Trotski ou des délires de Courtois. Les dizaines de millions de morts du Goulag ou des purges se sont évaporés. 

    Les travaux actuels de S. Fitzpatrick, de A. Getty ou de S. Wheatcroft tendent à remettre les pendules à l’heure. Peut-être ceux de M. Tauger, sur les transformations de l’agricultre soviétique et sur la famine en Ukraine, de G. Furr sur les rapports entre le NKVD et la direction de l’Etat, permettront d’obtenir une nouvelle rupture historiographique. 

    En revanche, nous pouvons vois que notre auteur semble bien mal inspiré d’étaler sa science. Car une construction si mal étayée tombe bien vite en ruine, d’autant que lui-même, en prenant position, oublie de balayer devant sa porte. En termes de comptabilité morbide, son propre camp est loin d’être à la traîne.

  • Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Quelle légalité en régime bourgeois ? Partie finale

    Leur légalité et la notre.

                    La bourgeoisie joue une jeu hypocrite. Elle se targue de présenter un modèle neutre, équitable, juste et démocratique. Elle se targue de mettre en avant des valeurs universelles, de traiter d’une manière égale en poids chaque individu. « Les faits sont têtus » écrivait Lénine. Et les faits illustrent chaque jour l’étendue de ce mensonge. La société capitaliste est une implacable machinerie à inégalité et à discrimination. Non seulement elle les reproduit, dans l’école « républicaine », mais elle les accentue. Elle creuse le fossé immense entre le prolétariat et la bourgeoisie, elle le rend insondable. La captation sans cesse croissante des richesse, la spoliation toujours plus forte, tout ceci contribue à concrétiser la tendance à la paupérisation, non seulement relative, mais également absolue. La bourgeoisie est toujours plus riche, tandis que le prolétariat est s’appauvri, en particulier dans les pays dominés par l’impérialisme.

                    La bourgeoisie dit que le jeu fonctionne ainsi, que les courageux et les courageuses, les entreprenants et entreprenantes, sont récompensés. Elle clame que chacun reçoit son dû, que les dés ne sont pas pipés. Elle clame également que le prolétariat, si il parvient à gagner les élections, pourra faire le monde comme il le souhaite. En somme, elle se prétend fair play. Pourtant rien n’est plus faux.

                    La bourgeoisie n’est pas stupide. Elle a conçu l’Etat bourgeois comme un outil au service de sa domination, au service de son ordre, au service de ses intérêts de classe. La loi est avec elle, la force est avec elle. Elle en détient le monopole, tout en prétendant que ce n’est pas le cas. Dans les faits, croire naïvement que la bourgeoisie peut se laisser retirer ses privilèges sans se lancer dans la guerre est une illusion terrible. La bourgeoisie se moque de la présomption d’innocence. Elle se moque de la rétroactivité des lois. Elle se moque des vices de procédure et des nullités. Elle applique intégralement l’adage du si vis pacem, para bellum pour défendre ses intérêts supérieurs de classe. L’Histoire illustre que le sang coule quand les masses se révoltent. Ceux et celles qui pensent que cet Etat se conquiert de l’intérieur, par la réforme, sont condamnés à échouer ou a trahir.

    Lénine écrivait : « Nous » disons donc à la bourgeoisie: Vous, exploiteurs et hypocrites, vous parlez de démocratie alors qu’à chaque pas vous dressez des milliers d’obstacles pour empêcher les classes opprimées de participer à la vie politique. Nous vous prenons au mot, et afin de préparer les masses à la révolution, pour vous renverser, vous autres exploiteurs, nous demandons, dans l’intérêt de ces masses, que votre démocratie bourgeoise soit élargie.

    Et si vous, exploiteurs, tentez de résister à notre révolution prolétarienne, nous vous réprimerons impitoyablement, nous vous enlèverons vos droits politiques; bien plus nous vous refuserons le pain, car dans notre république prolétarienne, les exploiteurs n’auront pas de droits, ils seront privés d’eau et de feu, car nous sommes des socialistes pour de bon. »

                    Nous ne sommes pas des hypocrites. Nous actons le fait que la lutte des classes est le moteur de l’histoire. Les institutions ne sont pas neutres, les lois, les systèmes de pouvoir non plus. Nous actons que l’Etat a un contenu de classe. Nous actons également que la bourgeoisie se rebellera, frappera, tuera. Notre légalité n’est pas une neutralité fausse, mais une légalité de lutte des classes aigüe. La légalité de la dictature du prolétariat est une légalité complexe. Elle n’est pas celle d’une forteresse coupée du monde, fonctionnant en autarcie complète, hors de tout danger, comme le présentent les « historiens » du Livre Noir. Elle est une légalité qui doit être adaptée à la situation de lutte des classes forte et accrue au sein de l’Etat prolétarien, mais également en situation de guerre avec l’impérialisme mondial et avec les bourgeoisies dans leur ensemble.

                    Les rapports ont parfois été pacifiques, parfois brutaux entre les Etats prolétariens et leurs bourgeoisies. Mais à chaque pas que franchit la construction et l’affirmation du socialisme, les différentes fractions de la bourgeoisie ont senti progressivement le sol se dérober sous leurs pieds. Leur rôle social, lié à leur maîtrise de certaines fonctions, de certaines expertises, de certains savoirs, s’est peu à peu effrité, avec l’élévation générale du degré de formation des masses. Contrairement à ce que pensaient une grande partie des marxistes, cela n’a pas contribué à assagir ces cliques, mais à les jeter, au contraire, dans la lutte à corps perdu.

                    L’histoire bourgeoise, là encore, triche. Elle représente les opposants au pouvoir socialiste comme des démocrates défendant les droits de l’Homme, comme de sympathiques individus ayant foi dans une voie meilleure, plus juste, plus humaine. Chez l’intégralité des forces anticommunistes, de « gauche », comme de droite, il réside un consensus sur cette question. Surfant sur la sympathie spontanée qu’il est possible d’avoir pour les opprimés, la bourgeoisie a réussi à faire passer des fascistes, des théocrates, des bourgeois pour des victimes innocentes. Il n’est pas rare de trouver des ouvrages d’extrême-droite sur l’URSS ou la Chine dans les librairies libertaires. Pourtant, c’est mal comprendre les buts que se fixaient ces opposants -restauration du tsarisme, du capitalisme, instauration du fascisme…- et les moyens qu’ils et qu’elles mettaient en œuvre :  assassinats et terrorisme.

                    Lorsque plusieurs personnages centraux de l’URSS étaient assassinés, empoisonnés, avaient des accidents étranges, quand des mines de charbon explosent ou que des barrages menacent de s’effondrer, quand les opposants font front avec les Japonais pour ravager la Chine, le temps n’est plus à la discussion.

                    Les Etats socialistes ont eu à faire face à cette véritable guerre secrète menée par la bourgeoisie et ses alliés et tout était à découvrir. Les partis communistes et les masses ont expérimenté différentes manières de faire, d’avancer pour résoudre ces conflits, pour mettre fin aux tentatives de restauration faites par les vieilles classes possédantes, tout comme en avançant pour saper les bases matérielles de l’apparition de nouvelles classes bourgeoises. Les « historiens » présentent cela comme une société en guerre ouverte et constante.

                    La vérité est que la bourgeoisie profite de chaque interstice pour pouvoir avancer ses pions et briser les tentatives du prolétariat pour se libérer de l’exploitation. Chaque relâchement, chaque ralentissement de la lutte a des conséquences terribles. Lorsque, en URSS, à l’approche de la guerre, le Parti Communiste a voulu tempérer la lutte des classes aigüe pour faire bloc contre la menaces fasciste, la bourgeoisie, les droitiers, les défaitistes, les liquidateurs ont saisi l’opportunité pour frapper. Djerzinski (1917-1926) et Menjinski (1926-1934) avaient, en tant que dirigeants de la sûreté, agi avec discernement et efficacité, leurs successeurs, choisis parmi les modérés, se sont avérés des dangers complets : Iadoga (1934-1936) et Iéjov (1936-1938) . Cette modération fut justement leur faiblesse la plus grande. Elle les a rendu vulnérables à deux maux terribles : la compromission et le traitement bureaucratique des questions. Les deux se sont rendus coupables de collusion avec certaines franges de la bourgeoisie, tandis que le dernier appliqua mécaniquement une répression imbécile, avec une politique de quotas. Ils le payèrent de leur vie l’un et l’autre.

                    A la suite de cette période, il y eu une oscillation dans l’autre sens, rendue nécessaire par l’intenable situation dans laquelle l’URSS s’était retrouvée, du fait des activités de ces agents doubles. Elle vit l’arrivée de Béria (1938-1953), lequel était un individu d’une fiabilité douteuse, mais étant l’opposé complet des précédents. Issu d’un milieu d’une pauvreté affreuse, aventurier détestant la bureaucratie -au début- il a été le fer de lance, avec Vychinski, d’une réponse radicale aux menaces intérieures. La militarisation progressive du NKVD, le commissariat du peuple aux affaires de l’intérieur, notamment avec la création du SMERSH sous la férule de Abakoumov, illustra une nouvelle dérive, laquelle joua un rôle dans l’arrivée au pouvoir de la droite du PC(b)US en 1956, devenant même un outil de répression contre les Léninistes.

                    Ayant observé cette situation, les proches de Mao ont essayé une voie autre, jouant principalement sur la mobilisation des masses contre les dérives et contre les abus qui pouvaient avoir lieu, se fiant à elles pour déceler et détruire les menaces intérieures. Cette voie a culminé avec la Grande Révolution Culturelle, laquelle devait balayer la poussière de l’ancien monde. Ce mouvement de masse représentait une autre expérimentation, avec des caractéristiques de démocratie jamais vues avant dans le traitement des questions politiques, avec une prise directe des masses populaires sur la question du pouvoir et de la direction politique. Seulement, cette expérimentation n’était pas parfaite non plus, et des faiblesses sont apparues : augmentation du pouvoir de l’armée, déstructuration du Parti Communiste Chinois, épuisement de l’énergie populaire sur le long terme… Si les jugements populaires et les Dazibaos ont été des avancées incontournable dans la démocratie au sein des masses, ils n’étaient pas parfaits non plus.

            Pourtant. Pourtant l’intégralité des systèmes socialistes ont misé sur le fait de réhabiliter, de réintégrer celles et ceux qui avaient pris le chemin de la lutte contre le socialisme. Hormis dans les moments de crise, où la justice d’exception s’est appliquée, le choix fut celui de laisser une possibilité de s’amender et de progresser, y compris aux vielles classes possédantes. Les régimes socialistes ne sont pas le régime nazi, où la seule porte de sortie est la mort. Nombre d’individus ayant commis des fautes ont purgé une peine, ont travaillé puis ont été libérés et ont réintégré la société. Le but de la répression est invariablement resté leur neutralisation, tandis que le but du système carcéral est resté invariablement la réhabilitation par un travail en commun, utile et productif. Mais pour la bourgeoisie, le fait de travailler de ses mains, d’être au service du peuple, de passer 6 mois dans une commune populaire, rien n’est plus insupportable.

                    Il n’existe pas de solution idéale. Nombre de courants politiques buttent sur cette question, préférant ne rien dire, ne rien faire, plutôt que de prendre le risque de faire quelque chose qui ne soit pas la perfection incarnée. Ils rejettent intégralement les expériences socialistes sur la base  de questions de principe, sans comprendre à quoi ils et elles seront confrontés lorsque la révolution sera autre chose qu’une idée.

                    Nous ne sommes pas aveuglés par les mensonges de la bourgeoisie. Sa démocratie est une démocratie confinée, qui maquille misérablement une dictature de classe, injuste, impitoyable, sanguinaire. Deux mondes se côtoient, l’un celui des exploiteurs, l’autre celui des exploités. Il n’existe nul consensus possible de l’un vers l’autre, nulle loi commune. Il n’existe que la lutte.

                    Gagner cette lutte passe par le fait d’acter que des justices d’exception, des justices de guerre sont inévitable. Mais que cette étape, ce chemin difficile, est la voie unique vers l’abolition des inégalités de classe, vers la réalisation d’une société dont la guerre aura été extirpée. Une société juste. Une société communiste.   

  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 4

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 4

    Stalingrad incarne tout ce que nous défendons et tout ce que nos ennemis haïssent.

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

    Stalingrad incarne la liberté, la lutte contre l’oppression, la lutte contre la misère, contre l’asservissement et le colonialisme fasciste. Elle incarne le don de soi, l’esprit désintéressé. Elle incarne le sens du devoir et du sacrifice, pour que naisse un monde meilleur.

    Stalingrad est l’épicentre du monde, en ce mois de février 1943. Elle ne fut pas la seule ville à combattre, la seule ville à souffrir, loin de là ! Leningrad, Moscou et Stalingrad furent les trois citadelles qui continrent la contagion fasciste mondiale. Elle furent les récifs sur lesquelles s’écrasèrent les vagues de peste brunes.

    Bien d’autres villes, elles aussi, sont des martyres. Kiev ; Minsk ; Smolensk ; Sébastopol ; Jitomir ; Toula ; Odessa ; Lidice, en République Tchèque… En occident, Londres ; Coventry ; Caen ou Oradour-sur-Glane reviennent. Mais qui, hélas, peut ignorer que les Oradour furent des milliers en URSS. Des villages éventrées, des enfants pendus, des vieillards et des vieillardes fusillées, les viols, les pillages, les meurtres, les pogroms, avec la complicité des fascistes locaux.

    Les fascistes et les nazis haïssent Stalingrad, car elle incarne l’écrasement de leurs thèses, leur faillite. Elle illustre la fausseté de la théorie de la supériorité raciale aryenne, de la supériorité du mercenaire fasciste, de la toute puissance de l’industrie de guerre nazie.

    Nos ennemis bourgeois haïssent Stalingrad car cette bataille est une dette que l’humanité entière a envers les soldats et les soldates soviétiques, envers les peuples de l’URSS, envers le mouvement communiste international.

    La bourgeoisie n’a eu de cesse de tenter d’effacer ce symbole, de le brimer, de le salir, de le diminuer, de renvoyer dos-à-dos le nazisme et le communisme, elle n’y parvient pas. Malgré tout ce qu’elle met en œuvre pour brouiller les pistes, pour tenter d’accabler de crimes les défenseurs -et les défenseuses !- de Stalingrad, elle échoue.

    Elle se donne du mal, pourtant. Elle n’a pas hésité à sauter à pied joints dans le mythe de la Wehrmacht propre, pour permettre de disculper une partie des soldats allemands des crimes de masses commis sur le front de l’Est. Elle n’a pas hésité à encenser le moindre Allemand ayant eu des doutes sur le régime hitlérien, pour trouver un point d’appui à la croisade anticommuniste.

    Dans les manuels scolaires, Stalingrad est utilisé uniquement comme massacre à grande échelle, dans lequel Soviétiques et Allemands sont équidistants. Films, bandes dessinées, « documentaires », tracent tous un portraits d’un soldat de l’Armée Rouge qui se bat contraint sous les ordres de commissaires politiques sadiques et mesquins, tout en haïssant secrètement le régime et ses dirigeants, dont au premier chef Staline.

    L’absence de scrupules et de vergogne est sans limites pour les « historiens » bourgeois.

    Les citoyens soviétiques n’étaient pas des animaux apolitiques, conduits à l’abattoir avec un fusil pour deux. Certains étaient effectivement amers de risquer leur vie pour devoir se défendre contre une agression qu’ils subissaient. Certains grognaient, certains trouvaient la situation dure. Comment les en blâmer ?

    Grogner, être critique, être en colère ne signifie pas rejet le fond du système ni le fond du régime. Mais, tant empressés qu’ils sont, les « historiens » essaient avec désespoir de trouver des alliés, des agents, des pions pour leurs basses manœuvres. 

    La guerre est dure, elle est brutale, elle est sale. Elle ne l’a jamais autant été que ces années de 1941 à 1942, dans l’odeur de mort des fosses communes, dans les ravins de Baby Yar, dans la puanteur de la Shoah qui se prépare, et qui fut stoppée par les Soviétiques.

    Les pertes sont lourdes, le haut-commandement connaît parfois des failles, des fleuves de sang payent les erreurs d’un pays qui n’était pas préparé à la guerre. Mais cette guerre n’est pas une guerre qui se termine sur une paix blanche, sur un traité. Il s’agit d’une guerre d’anéantissement, sans pitié, sans prisonniers, sans merci.

    La Stavka a joué son rôle dans des circonstances catastrophiques, sans aide, au début, sans soutien, avec les forces dont elle disposait. Elle a tenu son rôle sans en avoir à rougir, surtout sous les quolibets de stratèges de salon.

    Mais malgré cela, malgré ces dires, les pseudo-historiens ne peuvent effacer Stalingrad. Ce nom, cette ville, reste le tournant de la Seconde Guerre mondiale, de la Grande Guerre Patriotique, de la lutte entre le fascisme et la liberté. Ils ne peuvent effacer le fait que l’URSS, sous une direction politique ferme, juste et révolutionnaire, a pu sauver le monde de l’hydre nazie.

    Chacune de nos « libertés », nous les devons à Ivan, Piotr, Svetlana, mais aussi Bekzat, Kostya, Aigerim, venus des steppes d’Asie centrale, ou Pablo, fils de républicain Espagnol. Nous les devons à toutes et tous, venus ici écraser le monstre le plus terrifiant, né du capitalisme pourrissant.

    D’autres Stalingrad naissent. L’offensive du Têt, dont nous fêtons les 50 ans cette année, est la défaite de la plus puissante machine de guerre que le monde ait connu, en face de la résolution d’un peuple uni pour gagner sa liberté.

    Plus proche de nous Kobane fut le Stalingrad de l’organisation obscurantiste-fasciste Daesh. Là aussi, les fascistes ont été écrasés dans les rues d’une ville symbole. Là aussi, les forces populaires ont triomphé.

    Là aussi, le drapeau rouge était présent.

    Le symbole du marteau et la faucille sur le magasin Univermag, ultime refuge des fascistes dans la cité qu’ils ont éventrée, restera toujours le symbole de la victoire sur le fascisme.

    Stalingrad est l’un des symboles de l’histoire populaire, de l’histoire de l’Humanité. Il le restera jusqu’à la fin des temps, jusqu’au Stalingrad final, tombeau de la bourgeoisie, du capitalisme, de l’impérialisme.

    Vive l’Armée Rouge ! Vive la lutte antifasciste internationale ! Vive le communisme !