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  • 75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de Stalingrad ! Partie – 1

    75 ème anniversaire de la bataille de Stalingrad.

    N’oublions jamais celles et ceux qui sont tombés pour la liberté !

    Nous publions en plusieurs parties cet article, mais il est intégralement disponible, ainsi que son annexe ici :

    Il y a 75 ans, le 2 février 1943, le Feldmarshall  Paulus capitulait à Stalingrad, se rendant à Mikhail Shumilov, commandant de la 7e armée de la Garde.

    Une onde de choc traversa le monde.

    De New York à Tokyo, de Berlin à Sydney, les yeux et les oreilles du monde étaient tournés vers ce qui était, naguère, la belle petite ville prospère, aux immeubles blancs, dans le creux de la puissante Volga. Dans les ruines fumantes, dans les carcasses de chars, dans les épaves d’avion écrasés, dans les tranchées et les bunker, les hommes et les femmes entendaient le silence. Pour la première fois depuis le 23 août 1942, la ville était calme.

    Partout dans le monde libre, la liesse s’est déchaînée, sous les hourras de victoire. Même sous le poids de la botte nazie, les peuples gémissants découvraient l’expérience de la victoire. Pour la première fois depuis le début de la guerre, une armée nazie capitulait.

    A Berlin, la stupéfaction l’emporta sur la rage. Le prince Otto von Bismarck, descendant de celui qui préconisait de ne jamais s’en prendre à la Russie, reçu un coup de fil urgent de l’ambassade d’Allemagne à Berne : « Arrêtez de danser ! Stalingrad est tombé. »! Hitler écumait de rage devant le fait que les généraux et maréchaux préféraient la captivité à la mort pour la grandeur de l’impérialisme Allemand.

    Dans l’histoire de la guerre, il y avait désormais un avant et un après Stalingrad.

    Nous rendons hommage, aujourd’hui, aux hommes et aux femmes qui s’y sont battues, qui y ont vécu, qui y sont tombées.

    Qui peut oublier qu’au milieu d’un été 1942 de peur, de terreur, d’un été d’horreur, Stalingrad est apparu comme un espoir.

    Le 22 juin 1941, en violation complète des traités internationaux, l’Allemagne nazie déverse sa horde de criminels sur une Union Soviétique en paix. Après avoir ravagé l’Europe, les fascistes se tournent vers l’Est, pour y imposer un colonialisme criminel, pour y imposer une société structurée par la race, par le sang, par l’asservissement. Hitler avait dit « le monde retiendra son souffle ». Il le retint pendant quatre ans.

    Les fascistes déferlèrent et ravagèrent l’URSS, après avoir tentés en vain de la déstabiliser, d’utiliser des agents pour l’affaiblir. Contre toute attente, la Blitzkrieg s’enlise. Contre les prémonitions de génies de renseignement, la « structure pourrie » ne s’effondre pas. La société soviétique fait bloc autour de son gouvernement, autour de son Parti, autour d’une direction politique Timochenko le présida le comité de défense, avec Staline, Molotov, Vorochilov, Boudienny et Kouznetsov. Si les pertes sont terribles, si les encerclements sont immenses, les arrières de l’ennemi sont fragiles. L’axe ne connaît pas de répit. Les fascistes rencontrent l’hostilité de la population. Aucune nuit sur ce front ne fut une nuit de répit.

    Pour la première fois sur le continent Européen, la machine de guerre nazie connaît des revers. Les espaces conquis sont immenses, mais vides. Les hommes, les femmes, les machines, se replient. Tout ce qui ne peut l’être est détruit. Les pillards sont amers, leur proie est coriace. Les soldats Allemands sont ivres de victoires, mais les pertes s’accumulent. L’usure aussi. Au bout de cinq semaine, aucune ville d’importance n’est prise.

    Le plan nazi était classique, sans grande inspiration. Alors que d’autres privilégiaient l’audace, le GröFaZ ‘Größter Feldherr aller Zeiten’ (le plus grand chef de guerre de l’Histoire, surnom ironique donné à Hitler par ses généraux), privilégie une approche en éventail, qui disperse les forces, qui affaiblit les coups. Le « génie » hitlérien joue une farce à son camp. Le mépris pour le prédécesseur Napoléonien pousse à ignorer Moscou pour frapper Leningrad et le Caucase. Deux cibles que les Allemands prirent jamais.

    Pendant ce temps, côté soviétique, la société sort de la paix en sursaut. L’industrie se met en marche, la population, résignée à livrer un combat imposée, se mobilise pour résister à l’envahisseur. Les prodigieuses avancées issue de la sueur de tout un peuple ne doivent pas être perdues. Hommes et femmes se préparent au conflit, se préparent à faire face à la plus grande épreuve de l’histoire de l’humanité. Les fascistes, méprisants, s’attendaient à trouver des bêtes sauvages, armés de lances de de pierres. Ils se heurtent aux armes les plus modernes du monde -mais trop peu, et trop dispersées- les Kliment Voroshilov, les T-34, les BM-13 Katiouchas, les Yak-1, les MiG-3, les Il-2 Shturmoviks. Ils se heurtent à un peuple qui résiste, qui se bat stoïquement, qui se contente de peu, qui est dur. Un peuple appuyé par des militants et des militantes communistes qui montrent l’exemple, qui n’hésitent pas à se battre. Un Parti qui paie aussi le prix fort son engagement. Staline perd lui-même un fils, qu’il refusera d’échanger contre des généraux. Certains le lui reprochent. Ils lui reprocheraient également s’il l’avait fait.

    Leningrad est encerclée le 8 septembre, avec l’aide des Finlandais, qui, ironiquement, empêcheront en partie sa prise, en renâclant à avancer plus. Elle tint 872 jours avant d’être libérée, en faisant le second siège le plus long de l’histoire contemporaine.

    Moscou est approchée en décembre, sous les neiges et les tempêtes. Heinz Guderian, l’un des concepteurs de l’armée blindée Allemande, voit les tours du Kremlin dans ses jumelles. Et fait demi-tour. L’heure de la contre-offensive a sonné. Lancée par Joukov et Vassilievski, la contre offensive repousse les fascistes loin de la capitale. Ils n’approcheront plus jamais. Aidés par les excellents services de renseignement, les soviétiques savent que le Japon ne bougera pas. Richard Sorge, l’espion le plus précieux du monde, tient cette confidence de l’ambassadeur d’Allemagne au Japon lui-même.

    Rassemblant en hâte une armée fraîche, les Soviétiques stupéfient le monde entier. L’invincible armée Allemande chancelle, vacille. Elle chasse les fasciste de la région de la capitale, elle libère la Crimée, où Sébastopol était encerclée. Elle brise le mythe de l’invincibilité de la Wehrmacht.  Elle ne rompt hélas pas. La contre-offensive s’essouffle, s’arrête. L’URSS vient d’empêcher une victoire totale de l’Allemagne. Elle n’est pas encore assez forte pour rendre les coups. Elle n’est pas prête encore à reprendre ce qu’elle a perdu. Mais elle a effrayé les généraux allemands, qui ont voulu reculer. Hitler non. Il ne voudra plus les écouter, et n’écoutera plus que lui-même et ses stratèges de chambre. Cela se paya très cher.

     

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 2. Une rue et des nazis.

    Une rue et des nazis.

    De l’autre côté de l’échiquier politique, le 23 septembre, Mélenchon a tenu son rassemblement. Dans un sens, il est un indéniable succès. Que ce soit 55 000 ou 150 000 personne ne change, au final, pas tant de choses. Mélenchon tente de faire enfler son aventure en solo pour en faire une vague qu’il souhaiterait déferlante.

    Souvent nous mentionnons Mélenchon et nous apportons une critique, parfois acerbe, sur les initiatives et le fond politique de l’affaire. De fait, lui et la France Insoumise sont devenus des acteurs incontournable du mouvement social et du mouvement politique de gauche. Les erreurs et les inconséquences qui peuvent émailler le parcours de cette force politique ne se paient pas de la même manière que les paroles en l’air de certains. Les dangers de l’aventure en solo de Mélenchon risquent d’avoir un impact terrible sur l’évolution de la mobilisation.

    Le sens politique de cette marche contre le « coup d’Etat social » fleure toujours bon la rhétorique populiste du peuple trahit par ses élites, usurpés par ses mauvais princes. Elle fleure bon la rhétorique d’ancien régime, où les masses doivent souhaiter qu’un bon prince arrive et prenne le contrôle des affaires.

    Nous ne sommes pas dans un équivalent des soviets de Petrograd, mais bien dans un mouvement chargé de porter au pouvoir l’homme providentiel. Un mouvement ne s’appuyant pas sur des bases solides, sur des appuis de long terme, sur une unité idéologique et une unité organisationnelle, mais bien sur un flux. Au final, Jean Luc Mélenchon fonctionne comme un cavalier de la steppe.

    Karl Von Clausewitz expliquait que ce type de fonctionnement impliquait, en français dans le texte, le fait de toujours fonctionne en vedette, c’est à dire de rester porté par le flux, toujours le maintenir croissant, sans quoi tout s’effondrera.

    Mélenchon en est conscient, et sait que le temps, au final, joue contre lui, joue en défaveur du manque de cohérence de son programme, de son caractère social-chauvin. Si il veut que sa vague se transforme en succès, il doit réaliser plusieurs tours de force.

    D’une part, maintenir un flou idéologique savamment orchestré autour de son programme. Le pire ennemi de son mouvement, c’est la décantation idéologique, c’est l’approfondissement politique, c’est le fait qu’éclosent des questions quant à l’impérialisme français, quant à la « place de la France dans le monde », quant au système politique et à la démocratie bourgeoise.

    De l’autre, pour se renforcer en valeur relative, il doit faire en sorte que les autres échouent et soient éclipsés par lui. Mélenchon ne peut pas phagocyter la CGT ou le PCF, ils doivent donc périr pour qu’il ne reste plus que lui, seul survivant de la bataille, au milieu des ruines. Il est gênant que l’unité ne fut pas au centre des discours, mais que ce ne fut qu’une ode à la France Insoumise.

    D’où un mythe qui se construit. Un mythe qui se construit à coup d’inventions, dont celle-ci, teintée de spontanéisme et d’hostilité aux organisations politiques.

    « C’est la rue qui a abattu les nazis »

    D’emblée la phrase est fausse. Elle est en contradiction avec la réalité de comment s’est construit le nazisme, sur quoi il s’est appuyé pour avancer et comment il fut terrassé.  Le nazisme s’est appuyé sur une compréhension de la psychologie des foules, de la démagogie et du populisme.

    Cependant, elle est cryptique. Jean-Luc Mélenchon parle t-il du vrai nazisme, ou parle t-il de la montée de l’extrême-droite au sein de l’Etat français ? La question reste en suspens.

    Sans aller jusqu’à dire que le nazisme est « issu de la rue », il s’est greffé sur la spontanéité des masses, laquelle peut tout à fait prendre des tournures réactionnaires, s’en est emparée pour la tourner vers les pogroms, les lynchages, vers tout ce qui était viscéral et haineux. C’est dans les rues, dans le chaos, que les SA saccageaient les magasins juifs, s’en prenaient aux communistes et aux syndicalistes.

    Cela est relié au fait que le nazisme s’est appuyé en partie sur les lumpenprolétaires, sur les chômeurs, les déclassés, les atomisés, les laissés pour compte.

    A l’inverse, le mouvement communiste et syndical allemand s’était construit dans les usines, dans les lieux de socialisation, dans les lieux de travail. Cela ne s’est pas construit autour de mouvements, mais de partis, d’organisations.

    Le fascisme et le nazisme ont été deux lames de couteau employés pour assassiner le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire. Le fascisme et le nazisme portaient l’anticommunisme comme fondement de leur pensée politique, tout en le maquillant d’un verbiage populaire, chargé de faire illusion.

    Quant à qui a abattu le nazisme, Mélenchon commet une erreur d’appréciation historique, et tente de créer un roman.

    Le premier vecteur de défaite du nazisme provient de la force de ses adversaires. En premier lieu celle de l’URSS, laquelle paya chèrement sa victoire au prix du sang. Les 24 millions de citoyens soviétiques tombés sous les balles, sous les obus, sous les coups et les privations méritaient un peu mieux que ce raccourci historique.

    Les alliés, Américains et Anglais, ont participé à l’effort de combat direct tout comme au front antifasciste international, au sein duquel ils soutinrent, non sans arrières pensées, l’URSS. La Bataille de Berlin fut une bataille de rue, mais elle ne fut pas une bataille de « la rue ».

    N’allons pas occulter les souffrances et le rôle des nations alliées, par plus que celui des pays qui ont cédé face à la puissance militaire nazie.

    L’autre pan est celui des résistances des différentes nations occupées et au sein des Etats agresseurs eux-mêmes. Cette résistance intérieure s’est manifestée sous diverses formes, mais elle est demeurée clandestine, secrète, camouflée. Elle est fort éloignée de la rue, car les droits démocratiques sont abolis, car les Gestapo veillent. Lorsque les insurrections éclosent, elles sont le fruit de travaux en amont, réalisés par des État-majors improvisés. Parfois, dans de rares cas, la rue se réveille, assoiffée de vengeance, sur les talons de l’occupant, s’en prenant aux arrières gardes, rejoignant les rangs des résistants de la 11ème heure.

    L’ironie de la chose est que le courant politique dont sortent Mélenchon et Corbière ne s’est pas particulièrement illustré par son résistantialisme durant l’occupation. A l’époque, les lambertistes optaient pour une stratégie d’entrisme dans la Résistance, dans le but d’y développer des mots d’ordre de fraternisation. L’action, notamment syndicale, fut limitée au fait d’organiser des grèves dans l’industrie de guerre des pays alliés et a applaudir la « révolution anti-bureaucratique ukrainienne », dont les figures de proue étaient Stepan Bandera et la Brigade SS Kaminsky. Peut mieux faire comme cohérence, que de se prétendre l’incarnation de l’antifascisme.

    Mais cet appel à la mobilisation spontanée des masses comme sanction de l’histoire n’est pas sans danger. Une nouvelle fois, en prétendant qu’il n’existe que lui, le mouvement et les masses, Mélenchon nie l’importance des organisations. Cette négation sert ses objectifs, est logique dans la poursuite de sa stratégie, mais revient à jouer avec le feu, à un moment où les organisations, notamment syndicales, sont le principal rempart contre les ordonnances.

    Quantité de militants et de militantes sincères ont suivi cette mobilisation, voyant dans celle-ci l’aube de quelque chose de nouveau, de quelque chose de grand, de quelque chose de fort, qui bouleverserait l’ordre social. Ce sont à ces individus que nous pensons, lorsque nous écrivons ces lignes.

    L’aventure Mélenchon est un projet qui peut séduire, qui peut rafler des suffrages, mais qui se heurte à des impasses, qui se heurte au fait que la question de l’Etat, la question de l’impérialisme et du capitalisme ne sont que traitées à moitié. Or, la moitié manquante est ce qui fait la distinction entre le succès et l’échec.

    Et cet échec, à quel prix sera-t-il payé ? Au prix de l’effondrement de toutes les lignes de défense des travailleurs ?

    Non, la rue n’a pas chassé les nazis. Non, la rue seule ne chassera pas les ordonnances. Non, la rue seule n’obtient pas de victoires tactiques et encore moins stratégiques. Organisées, les masses peuvent tout, elles sont la force créatrice de toutes les richesses, elles sont la force qui peut balayer des empires. Mais atomisées, les masses sont la proie des démagogues, des opportunistes et des populistes.

    Certains ont tenté d’intervenir au sein de cette démonstration de force, de se faire l’écho d’un rejet du social-chauvinisme et du réformisme de Mélenchon. Cette mobilisation, sous l’égide de l’ultragauche, partait d’une logique cohérente. Seulement, entre la stratégie et l’application, un océan existe. Et cet océan mérite d’être sondé.

  • Documents concernant le procès de Leipzig. Interventions et interviews de G. Dimitrov.

    Documents concernant le procès de Leipzig. Interventions et interviews de G. Dimitrov.

    Documents concernant le procès de Leipzig. Interventions et interviews de G. Dimitrov.


    L’avènement du nazisme ne s’est pas fait d’un seul coup, comme un couperet tombant brutalement. Le nazisme s’est installé coups de force après coups de forces.

    Lorsque le Reichstag fut ainsi incendié, les nazis s’en sont servi comme prétexte pour tenter de décapiter les organisations communistes. Ils passèrent Georges Dimitrov, dirigeant de l’Internationale, en procès. Ce qui devait être une victoire pour eux fut un échec piteux, les juges, pourtant aux ordres de Goering, durent s’incliner et reconnaître l’innocence du prévenu.

    La défense et l’éloquence de Dimitrov, ainsi que la campagne internationale de soutien, ont permis que cela arrive.

    Hannah Arendt, à cette période, avait écrit « il n’y a plus qu’un seul homme en Allemagne, et cet homme est un bulgare »

    Ce document est un recueil de textes datant de la période. L’Incendie du Reichstag, discours final devant le tribunal ; Ce que nous devons dire avant tout ; La signification du procès de Leipzig et Les premiers enseignements. Ces textes sont intéressant et ne perdent pas de leur actualité. La bourgeoisie ne voit les droits démocratiques et politiques, in fine, que comme ‘un mal nécessaire.’

  • 9 mai 1945, n’oublions jamais l’URSS !

    9 mai 1945, n’oublions jamais l’URSS !

    Nous commémorons, ces jours-ci, la victoire de la coalition antifasciste contre la bête fasciste – nazie. 

    Commémorer cette victoire exige de revenir sur l’importance de l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans, laquelle fut un des artisans essentiels de la victoire. Il est important, également, de rendre hommage à l’Union Soviétique, ses habitants, son gouvernement, sa direction politique, laquelle à mené un long combat contre les envahisseurs et ont payé le prix fort les rêves de l’impérialisme, de la croisade raciste et bolchevique.
    Nous publions cette brochure,, rédigée par nos soins, pour apporter notre pierre à l’entretient de cette mémoire, à l’entretient de cet héritage politique.

    Le document étant relativement long : 18 pages ; nous en reproduisons ici l’introduction et la conclusion.

    Le 9 mai 1945, le canon se taisait en Europe.

    Une journée après l’armistice de Reims avec les forces occidentales, l’armée Allemande et le gouvernement du nouveau Führer Karl Donitz capitulaient sans condition devant les forces soviétiques.

    Près de 4 ans après l’invasion de l’URSS par les forces allemandes, l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans prenaient Berlin et terrassaient la bête nazie.

    27 millions de citoyens et de citoyennes soviétiques, sans distinction d’âge, de qualité, de religion ou d’ethnies, avaient perdu la vie. Par les balles, les bombes, les massacres, les camps de prisonniers dont on ne revient pas. Certaines Républiques Socialistes, comme la R.S.S. de Biélorussie, ont perdu ainsi près de 25% de leur population.

    Environ 6 millions de juifs avaient été victimes de la Shoah, que celle-ci fut par balle ou dans les camps de la mort.

    Entre les mains des bouchers nazis, environ 1.8 millions de Polonais sont morts ; entre 130 000 et 500 000 Roms furent assassinés ; environ 200 000 handicapés ; entre 10 000 et 15 000 homosexuels.

    L’occupation Allemande, à l’Est ou à l’Ouest, s’est traduite par la terreur, la famine, les privations, les dénonciations et la répression. Des fleuves de sang ont été versés pour assouvir le fantasme de domination impériale des capitalistes d’Allemagne et de leurs alliés.

    Dans Berlin en ruine, c’est à ce règne de terreur que les soldats et les soldates de l’Armée Rouge sont venus mettre fin. Ils et elles ont mis à bas cette construction criminelle, ce moloch assoiffé du sang des peuples.

    Nous leur rendons hommage aujourd’hui, ainsi qu’à tous les combattants et les combattantes -qu’ils et elles fussent avec uniforme ou sans- qui se sont battus, par quelques moyens que ce soit, au sein du front antifasciste.

    Par là même, nous rendons hommage à la résistance oubliée des Coréens, des Chinois, des Indochinois, des Indonésiens, contre l’oppression coloniale japonaise et contre la double oppression franco-japonaise sur l’Indochine.

    Défendre l’Histoire, défendre le 9 mai.

    L’occident l’oublie, la Russie de Poutine le porte aux nues, en le vidant de son contenu anti-impérialiste. Le 9 mai est une lutte, une bataille.

    D’une part pour que l’oubli n’emporte pas les héros de Stalingrad, de Leningrad, de Rostov-sur-le-Don ; pour que l’histoire n’efface pas le souvenir de la résistance soviétique, de la résistance communiste. Pour que le mythe de la Wehrmacht propre et sans reproche n’efface pas la responsabilité de l’appareil militaire. Pour que les causes de cette guerre ne soient pas oubliées.

    Pour qu’elle ne recommence pas de nouveau, pour que le XXIe siècle ne soit pas celui d’une Troisième, d’une Quatrième Guerre mondiale, d’un nouveau charnier pour les peuples.

    De l’autre pour qu’elle ne soit pas dépolitisée, vidée de son contenue, transformée en un immonde chauvin, impérialiste, revanchard et nationaliste. Pour que la mémoire du drapeau rouge ne serve pas de marchepied à un nouvel irrédentisme grand-russe, à un nouveau chauvinisme pan-quelque chose, pan-slave comme pan-germanique.

    Pour que l’honneur de ceux qui sont tombés pour la Liberté, de ceux et celles qui ont donné leur vie, à qui celle-ci a été volée, ne soient pas tombés en vain. Qu’ils et elles ne soient pas assassinés une nouvelle fois par la révision, la falsification de l’histoire.

    Pour citer le verbatim du film d’Alain Resnais (1957) Nuit et brouillard :

    « Neuf millions de morts hantent ce paysage.

    Qui de nous veille de cet étrange observatoire, pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? Quelque part parmi nous il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus…

    Il y a tous ceux qui n’y croyaient pas, ou seulement de temps en temps.

    Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s’éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »

    Tant que l’impérialisme, tant que le capitalisme, de néo-colonialisme ne seront pas finis, ne seront pas devenus des époques du passé, le monstre concentrationnaire restera.

    « Certains camarades affirment qu’étant donné les nouvelles conditions internationales, après la deuxième guerre mondiale, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ils estiment […] que les Etats-Unis d’Amérique se sont suffisamment soumis les autres pays capitalistes pour les empêcher de se faire la guerre et de s’affaiblir mutuellement ; que les hommes avancés du capitalisme sont assez instruits par l’expérience des deux guerres mondiales, qui ont porté un sérieux préjudice à l’ensemble du monde capitaliste, pour se permettre d’entraîner à nouveau les pays capitalistes dans une guerre entre eux ; que, de ce fait, les guerres entre pays capitalistes ne sont plus inévitables. Ces camarades se trompent. Ils voient les phénomènes extérieurs affleurant à la surface, mais ils n’aperçoivent pas les forces profondes qui, bien qu’agissant momentanément de façon invisible, n’en détermineront pas moins le cours des événements. En apparence, la « sérénité » règne partout : les Etats-Unis d’Amérique ont réduit à la portion congrue l’Europe occidentale, le Japon et les autres pays capitalistes ; l’Allemagne (de l’Ouest), la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, tombés dans les griffes des U.S.A., exécutent docilement leurs injonctions. Mais on aurait tort de croire que cette « sérénité » puisse se maintenir « pour l’éternité » ; que ces pays supporteront sans fin la domination et le joug des Etats-Unis d’Amérique ; qu’ils n’essaieront pas de s’arracher du joug américain pour s’engager sur le chemin de l’indépendance. […] Pour supprimer l’inévitabilité des guerres, il faut détruire l’impérialisme. » (Staline, 1952)

    N’oublions pas.

    Aujourd’hui, la menace couve, la menace gronde.

    Pour qu’elle n’éclate pas, le camp de la paix doit être fort, décidé, uni.

    Ne laissons jamais la boucherie recommencer.