Étiquette : Misère

  • Assez de la misère ! – Tract UCL ouvert à signature.

    Assez de la misère ! – Tract UCL ouvert à signature.

    Nous avons rédigé ce tract dans l’optique de le mutualiser avec d’autres organisations ou groupes. Nous l’ouvrons à signature, en considérant qu’il est plus qu’urgent d’avoir une voix commune, même a minima, dans les luttes qui se préparent. Nous avons à cœur de rompre avec un sectarisme trop souvent présent dans les milieux militants. Nous appelons donc à le partager, à le signer, à le faire chacun sien.

    Jours après jours la même épée de Damoclès est au-dessus de nos têtes. La précarité, le chômage, les retraites minables font de chaque matin une angoisse, et causent à un grand nombre d’entre nous des insomnies épuisantes.

    Tout se paie, dans notre société. Se nourrir, se loger, se vêtir, élever ses enfants, se soigner, vieillir… même mourir peut endetter durablement un foyer. Or, les employeurs et les employeuses ne calculent nos salaires que pour le strict minimum : travailler et tenir jusqu’au lendemain. Les dépenses vitales, dans une société qui n’a jamais été aussi riche et productive, dévorent chaque année des parts plus grandes de nos salaires.

    Chaque nouvelle réforme des gouvernements successifs, depuis 30 ans, aggravent notre détresse. Macron creuse les inégalités, le schéma étant le même : « Telle catégorie de la population coûte trop cher au pays, si nous voulons prospérer, il faut qu’elle se serre la ceinture ».

    Mais ce n’est pas le cas de tous.

    Ce « nous », ce n’est pas le peuple, c’est une catégorie extrêmement restreinte de la société. Une catégorie qui peine à se camoufler.

    Ce « nous », ce sont les banquiers, les grands patrons, les chefs de cartels industriels, tous ces hommes et toutes ces femmes dont la seule fonction est de vampiriser toutes les richesses produites.

    Pour leur bien-être, pour leur succès en affaire, les conquêtes sociales sont ravagées. Le trio arraché par la menace des armes, en 1945 (chômage, assurance maladie, retraites…) nous est repris. A la place, la start-up nation nous donne le droit de nous exploiter nous-même jusqu’à la mort, en étant notre « propre patron Uber ». Notre air, notre eau, notre terre sont pollués, salis, souillés et pillés. L’avenir que nous réservent ces individus est bien sombre.

    Et cela fonctionne. Les milliardaires français ne se sont jamais portés aussi bien. Le clan Bernard Arnault est devenu la plus grande fortune mondiale. Les commandes de l’État sont là pour leur garantir leurs revenus. Et si ces messieurs et ces dames de bonne société voient leurs intérêts menacés, la police, la justice et l’armée veillent. Si leurs bénéfices diminuent, nos impôts les renfloueront.

    Lorsqu’on daigne s’adresser à nous, ce n’est que pour obtenir nos votes, contre des promesses qui n’engagent rien ni personne. Or, nous produisons tout. Ouvriers et ouvrières, employés et employées, travaillant dans l’agriculture, l’industrie, les services, la santé, l’éducation… mais aussi ceux et celles qui subissent l’occupation militaire de la part de notre armée, pour qu’on arrache leur pétrole ou leur uranium.

    Nous faisons tout, mais nous n’avons rien !

    Nous n’acceptons pas.

    • Nous n’acceptons l’exploitation.
    • Nous n’acceptons pas la destruction de nos droits.
    • Nous n’acceptons pas la destruction de la planète.
    • Nous n’acceptons pas les guerres menées en notre nom.
    • Nous n’acceptons pas la misère comme avenir.

    Nous produisons. Nous pouvons et nous devons décider.

    Partout, les luttes éclosent. Partout des combats sont menés. Batailles séparées, elles se rassemblent progressivement.

    La longue lutte des Gilets Jaunes, les mouvements contre la destruction du climat, les mouvements contre les violences faites aux femmes, les grèves et la mobilisation étudiante… nous ne sommes pas seuls. Ces combats sont les différentes facettes d’une même remise en cause de l’ordre.

    La 5 décembre, nous sommes tous dans la rue. La grève sera forte !

    C’est un début, cela doit être poursuivi et amplifié.

    En étant plus nombreux et nombreuses : rallions-nous dans les luttes !

    En étant plus organisés : formons des comités de lutte, rejoignons les organisations combatives, et les Assemblées Populaires.

    En nous structurant et en développant les outils de la victoire : ceux qui nous exploitent ne reculent pas. Ils nous croient faibles et désemparés. Ils pensent pouvoir nous tromper avec une alternance LREM / RN ou autre.

    Derrière nos revendications d’une vie meilleure, plus juste, plus équitable, se pose une question fondamentale : celle de pouvoir la mettre en place. Or, les élections ont toujours amené au pouvoir des exécutants serviles de la grande bourgeoisie. Nous voulons autre chose.

    En France comme partout dans le monde, ceux qui veulent construire une nouvelle société se rassemblent et s’organisent. Nous voulons forger un outil qui nous permette d’être plus forts, mais également de pouvoir développer un projet de société commun.

    Une société démocratique, dans laquelle ceux qui produisent les richesses décident de comment les répartir.

    Une société juste, dans laquelle l’État n’est pas un outil d’oppression des riches contre les pauvres, mais un outil de défense contre les résidus de leur ordre.

    Une société de progrès, dans laquelle les inégalités sont balayées par le travail commun et l’émulation commune.

    Pour la construire, nous avons besoin de forger le Parti du Peuple.

    Pour la construire : rejoignez-nous !

  • Cap Catastrophe 2022 : Pôle Emploi et le logement.

    Cap Catastrophe 2022 : Pôle Emploi et le logement.

    Cap Catastrophe 2022 : Pôle Emploi et le logement.

    Partie 7

    Plusieurs propositions suivantes s’intéressent à des questions variées, comme celles des aides sociales et du logement. Elles s’axent toutes cependant autour du même tronc commun : celui de l’économie et de la rationalisation. On ne peut d’ailleurs comprendre le fait que cette partie soit aussi éclectique sans saisir que son but est de racler jusqu’à l’os les dépenses. Fluidifier le logement, c’est rogner les APL, résoudre le problème du chômage, c’est radier des postes à Pôle Emploi… en somme tout est fait pour réduire la sphère d’influence de l’Etat et augmenter celle du marché privé.

    Dans la première partie, les constants sur l’activité de Pole Emploi laissent sous-entendre un bilan quelque peu mitigé. Ainsi, la proposition commence par ce doux euphémisme :

    « Par ailleurs, le bilan de la création de Pôle Emploi est contrasté. » Or, Pôle Emploi est défini et conçu pour réaliser deux objectifs : le premier est de fluidifier autant que possible la relation entre le chômeur et les besoins immédiats des capitalistes en termes de main-d’œuvre. Le second est de faire en sorte que l’armée de réserve de la classe ouvrière soit la moins coûteuse possible, donc de radier avec célérité et efficacité.

    De ce point de vue là, le bilan qu’il est possible de tirer de l’activité de Pôle Emploi est nettement plus favorable : Cela marche. Pas encore assez cependant aux yeux de la grande bourgeoisie. Il faut donc accentuer ces traits :

    « Les pistes proposées répondent à deux objectifs majeurs : renforcer la responsabilisation des demandeurs dans la construction de leur projet d’évolution professionnelle et rendre Pôle emploi plus flexible, plus adaptable aux variations du chômage. »

    Que signifie responsabiliser dans ce cadre là ? Cela signifie tout simplement mettre le couteau sous la gorge du chômeur ou de la chômeuse, et lui intimer l’ordre d’accepter le moindre travail, y compris le plus éloigné de ses goût ou de ses qualifications. Cela revient également au fait d’individualiser les situation le plus possible, pour ne plus faire un droit du chômage, en suivant les propos de Macron lors de son discours de Versailles, mais bien clamer qu’ « il n’y a plus un droit au chômage, au sens où l’entendait classiquement, il y a l’accès à un droit qu’offre la société mais sur lequel on ne s’est pas garanti à titre individuel, puisque tous les contribuables l’ont payé. »

    Voila ce que signifie la responsabilisation.

    Pas seulement.

    Le chômage est-il un marché ? Oui, répondent en chœur les rapaces. Un marché colossal. La flexibilité exigée permet de proposer une série d’offres de formation, lesquelles peuvent rapporter gros. Voilà ce que préconise donc le rapport :

    « répondre à la demande d’autonomie des demandeurs d’emploi dans la construction de leurs projets d’évolution professionnelle. »

    Une nouvelle fois, la défaillance dont peut faire preuve Pôle Emploi est utilisée d’une manière opportuniste pour justifier l’immixtion du privé dans les affaires publiques. En l’occurrence cela permet de réaliser le vœux de certains capitalistes.

    « ouvrir largement le marché de l’accompagnement de la recherche d’emploi et du conseil en orientation professionnelle. Une régulation de ce secteur devrait toutefois être assuré par une autorité indépendante ou par le ministère du travail. »

    La solution pour régler le problème de l’encadrement défaillant est donc de liquider une partie de celui-ci et de le cantonner à un rôle de contrôle vague.

    Donc, les rapporteurs ont pour ambition de

    « concentrer les effectifs de Pôle Emploi sur les missions régaliennes (indemnisation et contrôle) et sur les missions d’accompagnement des demandeurs d’emplois les moins autonomes, pour lesquelles sa valeur ajoutée est la plus forte. »

    Par extension, cela signifie que la solution du chômage, selon les génies derrières ce texte, est de licencier et de précariser, y compris les personnes travaillant dans cette agence.

    « redimensionner Pôle Emploi afin que ses effectifs varient en fonction du cycle économique et encourager le développement d’un secteur associatif et privé. »

    Grossièrement, les individus travaillant à Pôle Emploi seront des habitués du passage d’un côté à l’autre du guichet en fonction de l’activité économique. Cependant, l’optimisme ne manque pas quant à l’avenir de la situation économique. Le rapport préconise donc de

    « limiter les recrutements en prévision de la baisse attendue du taux de chômage et renégocier la convention collective de Pôle Emploi, afin de recourir plus fortement à des contrats à durée déterminée (pour faire face à des surcroîts temporaires d’activité) »

    Une baisse perpétuellement annoncée, invoquée, mais qui ne s’est guère transcrite dans la réalité. Pire encore si celle-ci venait ) se produire dans le contexte actuel, elle ne pourrait être le produit que de deux facteurs principaux : Le premier serait celui d’une hausse considérable des radiations de chômeurs et de chômeuses, permettant de réduire artificiellement le nombre de chômeurs.

    La seconde possibilité n’est pas contradictoire avec la précédente. Elle se nourrit de l’impact de l’armada de lois que les gouvernements précédents ont pu mettre en place, tant sur la question de l’organisation du travail que du salaire. D’une part les l’ANI ; la Loi El-Khomri -que le PS prétend désormais combattre- et les « lois Macron » ou Penicaud … de l’autre les lois sur la fiscalité. Les premières liquident les conventions collectives et la protection accordée par les contrats, l’autre s’attaque au salaire indirect, en le réduisant.

    L’un comme l’autre prennent prétexte du fait de réduire le chômage et de faciliter l’emploi en laissant les coudées franches aux patrons et aux patronnes. De fait, l’expérience démontre que dans certains cas, cela marche, le chômage baisse. Mais à quel prix ? Cela revient à passer d’une société où le chômage est important mais où le taux de pauvreté est faible à une où l’inverse devient la norme. Moins de chômage, mais l’apparition d’une catégorie de « travailleurs pauvres » d’autant plus massive que la baisse des salaires entraîne une baisse de la consommation, laquelle, à son tour, pousse les patrons à baisser les salaires pour baisser les prix.

    Mais la bourgeoisie n’en a cure, elle est une adepte du fait de scier la branche sur laquelle elle est assise.

    « Ainsi, compte-tenu des hypothèses de baisse du taux de chômage, il paraît utile de pouvoir ajuster les moyens consacrés et ainsi de pouvoir dégager des économies à hauteur de 350 M€ d’économies. »

    La question de l’accès aux prestations sociales et aux aides est traitées dans la partie 12 -nous reviendrons sur la 11 par la suite. Elle est empreinte d’une naïveté quelque peu désarmante, tant elle paraît contradictoire avec les discours actuels sur « l’assistanat » et sur la « responsabilisation ». Elle regrette que 30% des ayant-droits ne fasse pas les démarches pour avoir accès à leur dû et, ainsi, se retrouvent dans une précarité terrible.

    « Grâce à ces réformes de simplification et d’amélioration de l’accompagnement, le taux de non recours aux droits devrait baisser et les bénéficiaires de minima sociaux devraient accéder plus rapidement à un emploi. En outre, ces réformes permettent d’envisager une couverture de 100 % des salariés sur la prévoyance invalidité et incapacité de longue durée. »

    Un tel « humanisme », ne saurait être innocent. De fait, le but de la manœuvre n’est pas tant d’élargir l’accès aux aides, pas tant de les accroître, mais bien de les placer sous l’autorité de l’État dans leur intégralité. La partie préconise donc de fusionner toutes les aides en une seule.

    « Les réformes proposées ouvrent également la voie à la mise en place d’une allocation sociale unique. »

    Chose, qui permettrait de laisser les mains libres aux dirigeants politiques pour moduler les lignes de budget alloués aux plus précaires, aux plus pauvres, et de les réduire d’autant. Tout comme la Sécurité Sociale, tout comme les allocations chômages, le contrôle de l’État bourgeois sur les lignes de compte est surtout un moyen de fermer le robinet à aides sociales et de réduire, en liquidant les cotisations, le salaire indirect.

    « Le renforcement de l’efficacité des dispositifs et en particulier dans leur volet accompagnement vers l’emploi doit permettre de générer des économies de plusieurs milliards d’euros dont une partie significative permettra de financer la mise en place de l’allocation sociale unique ainsi que l’augmentation du taux de recours des publics les plus en difficulté. »

    La question du logement, la proposition 11, apparaît comme un ironique et vain réquisitoire contre la spéculation immobilière. Seulement, les coupables ne sont pas les spéculateurs, ne sont pas les rentiers, ne sont pas les propriétaires fonciers. Non, les responsables ce sont les aides sociales !

    « Dans ces zones, les propriétaires fonciers ou immobiliers peuvent augmenter le prix de vente de leurs terrains car la demande est abondante et solvabilisée par l’aide publique. Ainsi, d’un côté, ils captent l’aide publique qui se transforme pour eux en rente et de l’autre, ils créent de l’inflation. L’empilement des dispositifs, qu’ils visent à soutenir l’offre ou la demande, vient alors alimenter la hausse des prix immobiliers et fonciers qu’ils sont censés compenser. »

    Dans une tentative quelque peu pitoyable pour réinventer le fonctionnement de l’économie capitaliste, les rédacteurs et les rédactrices pensent avoir trouvé la quadrature de cercle : les aides sociales créent une inflation des loyers. Il y a là une incompréhension des principes même basiques de l’économie capitaliste, dont la recherche du profit maximal. Effectivement les aides sociales permettent de hausser les loyers, mais leur baisse se traduit surtout par un coup porté aux ménages les plus modestes, à celles et ceux qui ont des difficultés à boucler leurs fins de mois. Surtout, la solution face à la spéculation ne peut être trouvée dans le cadre du capitalisme. Mais nous n’imaginons pas les concepteurs de ces mesures se diriger vers cette voie.

    Or, souvenons-nous de Macron demandant pathétiquement aux logeurs de baisser leur loyer pour répondre à la réduction des APL. Les résultats ont été nuls, car nous ne sommes plus au Moyen-Age, où les transactions sont censées être faites au « juste prix ». Il s’agit de tirer le maximum d’argent des locataires.

    Les propositions autour de sujets comme l’étalement urbain et de sa limitation ne peuvent être transcrite dans la réalité sans une politique publique et un contrôle des plans d’urbanisme. Or, ce sont justement ces aspects qui sont touchés par les propositions.

    « Par ailleurs, une autre problématique importante porte sur la qualité des logements : dans des collectivités petites ou moyennes, il existe un fort enjeu de réhabilitation des logements anciens afin de permettre aux ménages de réinvestir ces logements de centre urbain et de limiter l’étalement urbain. »

    Clamer ceci est au mieux un vœu pieux.

    Tandis que ceci est nettement plus clair sur les intentions profondes des concepteurs du projet :

    «  Les mesures que nous préconisons doivent d’une part faire diminuer le coût de la politique publique du logement (elles permettent d’améliorer la situation des finances publiques d’environ 3 Mds€, dont 1,4 Md€ d’économies) et, d’autre part, de la rendre plus efficace, par la réduction du délai d’obtention d’un logement social pour les ménages éligibles et par l’augmentation du nombre de permis de construire délivrés dans les zones tendues. »

    En somme, réduire les aides sociales, fluidifier, libéraliser le marché…et compter sur le métaphysique « ruissellement » comme solution à tous les problèmes sociaux. Sauf que, dans la pratique, le « ruissellement » s’est systématiquement mué en captation des richesses par la bourgeoisie et, particulièrement, la grande bourgeoisie.

  • Qui sont les assistés ?

    Qui sont les assistés ?

    Qui sont les assistés ?

    Depuis des décennies, les gouvernements successifs mènent une guerre. Une guerre contre les droits sociaux, contre le salaire élargi. Une guerre contre les travailleurs.

    Aiguillonnée par la crise, la grande bourgeoisie a brusqué l’ordre du jour de la chasse au “coût du travail”, mais également de la chasse à toutes les dépenses sociales et toutes les cotisations.

    Il en résulte une propagande éhontée qui cible les plus pauvres, les plus précaires, les plus vulnérables, les accablant de tous les maux.

    Ainsi, d’après Emmanuel Macron, les aides sociales coûteraient un “pognon de dingue” et il serait nécessaire que les plus pauvres se “responsabilisent”. La Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s’est également fendue d’un tweet sur le sujet, en affirmant ceci : “Toucher 550€ de RSA/mois ne permet pas de sortir de la pauvreté s’il n’y a pas d’accompagnement efficace vers le travail. Un vrai travail, un vrai salaire: voilà le projet du gouvernement !
    “L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes” (K.Marx)”

    Ces exemples, ils sont légion, sont de passionnantes fenêtres sur l’esprit des dirigeants de l’Etat bourgeois. Ils sont également de biens sinistres aperçus sur les projets de la classe qu’ils servent.

    Dans l’esprit de ces grands commis d’Etat, des intendants des intérêts de la grande bourgeoisie monopoliste , les aides sociales sont des aumônes versées à une plèbe oisive par ceux qui “ont” et ceux qui “sont”, en somme, par les bourgeoise. Le sentiment des agents de la bourgeoisie, est que cet argent, pris dans la poche de leurs commanditaires, ne fait qu’entretenir la faiblesse, la paresse, la fainéantise. La solution serait alors de “responsabiliser” les pauvres en les soumettant à la menace de l’appauvrissement, en leur ôtant de quoi survivre, dans l’espoir de les obliger, de les contraindre à sortir de leur oisiveté et à vendre leur force de travail -quelqu’en soit le prix.  Dans une grande illustration du darwinisme social, le pauvre doit s’en sortir par lui-même ou disparaître. C’est le sens qu’accorde Marlène Schiappa, par ailleurs théoricienne du féminisme libéral, à la citation de Karl Marx. Les travailleurs seraient des enfants à secouer.

    La réalité est toute autre.

    Elle est même intégralement l’inverse de celle qui est décrite par les mercenaires des exploiteurs. Premièrement, la création de la richesse n’est nullement le fait de la bourgeoisie. Elle se targue de réaliser des profits immenses par “sa prise de risques”, par son “sens des affaires”, par ses prouesses. Mais dans les faits, l’intégralité des marchandises -qui forment la base de l’échange commercial, donc de la création de richesses matérielles- sont le fruit du travail des ouvriers -industriels et agricoles- ainsi qu’une partie infime par l’artisanat et la paysannerie traditionnelle.

    La totalité de l’argent détenu par cette bourgeoisie est le fruit d’une accaparation parasitaire. Chaque fois que la bourgeoisie se plaint -et elle sait le faire, à l’exemple de Serge Dassault- elle se plaint du fait de ne pouvoir plus exploiter encore les travailleurs et les travailleuses.

    La grande bourgeoisie ne paie pas d’impôts, puisque ceux-ci sont, de fait, payés par ses exploités. Et encore, elle dispose de ristournes, d’arrangements, d’exonérations pour y échapper. Pourtant elle continue à rechigner de payer ces sommes “confiscatoires”. De fait, elle n’a toujours pas digéré l’existence d’un impôt sur le revenu progressif. Il lui paraît toujours aussi monstrueux, aussi criminel, aussi injuste.

    Ses hurlements contre les aides sociales, contre les cotisations, contre les retraites, contre l’assurance maladie ont ainsi une double nature : ce sont des cris contre le salaire, dont font partie ces “charges patronales”, ces “charges sociales”. La bourgeoisie s’époumone, en vérité, non pas contre le “coût du travail”, mais contre le salaire indirect, le salaire élargi, qu’elle doit verser à celles et ceux qui produisent les richesses. Elle s’indigne de ne pouvoir le baisser au minimum vital, pour augmenter sa rentabilité, pour augmenter ses marges, pour augmenter ses profits et son attractivité auprès des investisseurs.

    Elle s’énerve aussi de voir ces sommes échapper au marché de l’assurance, au marché des complémentaires retraites et des fonds de pension, en somme à ses poches. Le désir le plus profond serait de remplacer les bourses aux étudiants par des prêts bancaires ; de voir se systématiser les crédits à la consommation, de voir s’endetter à mort les ménages. Il s’agit de la voie qu’ont pris les Etats-Unis d’Amérique. La dette et le surendettement sont ainsi les compagnons de vie des masses étatsuniennes.

    Alors la charge contre les pauvres, que signifie t’elle ?

    Les exclus du travail ont toujours servi d’armée de réserve, d’épouvantail à la bourgeoisie. Le but même de l’existence de ces individus en détresse est d’effrayer les prolétaires pour leur montrer ce qui les attends si jamais ils ou elles se montrent trop exigeants avec leurs maîtres.

    Elle désire cependant plus. Elle désire niveler par le bas le statut des travailleurs et des travailleuses, en projetant d’obliger ces exclus du travail à accepter toute offre d’emploi, y compris dans des conditions de travail ou de salaire qui soient dégradées. Il s’agit, en somme, dans une oeuvre commune avec la Loi Travail et même Parcoursup -qui prépare une armée de travailleurs et des travailleuses sans qualifications- de casser l’existence du salaire indirect et du SMIC. Il s’agit de créer une nouvelle ère de misère, de précarité et d’endettement.

    N’y a t’il pas quelque chose de fantastique au fait de voir des individus n’ayant jamais exercé un travail honnête et productif de voir tenir ce langage vers ceux qui peinent, suent, souffrent, mais créent la richesse ? N’y a t’il pas une délicieuse perversité dans le fait que ce soient des individus qui vivent en parasites sur ces richesses, qui sont payés par les impôts, qui les utilisent à des dépenses stupides ou ostentatoires, qui s’érigent en gardiens et gardiennes de la probité ? Que les journaux de la propagande bourgeoise soient soutenus par les deniers publics, que les bourgeois et les bourgeoises elles-mêmes se réfugient dans la socialisation des pertes dès que l’orage gronde ?

    Mais là où Marlène Schiappa a raison, c’est dans le fait que Marx a raison : “L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes”. Mais loin du slogan ultra-libéral, restaurons le véritable sens de cette phrase : l’émancipation des travailleurs proviendra de leur lutte, non seulement sans les politiciens et les politiciennes bourgeoises, mais même, contre elles !

     

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie VI – Les conséquences et la lutte qui s’annonce.

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie VI – Les conséquences et la lutte qui s’annonce.

    Les conséquences et la lutte qui s’annonce.

    Quelles conséquences ?

    La loi travail, dans un sens, illustre parfaitement les contradictions du capitalisme. Dans la course aux marchés, surtout dans une période où les capitalistes sont aiguillonnés par la crise, ceux-ci tentent de réduire au plus bas le coût de production de leurs marchandises, pour parvenir à surnager dans le marasme et, peut-être même, à prendre des parts de marché à d’autres.

    Comme on ne peut nourrir à l’économie une machine, ils choisissent de rogner là où c’est possible : sur les salaires et sur la possibilité de licencier comme bon leur semble. Il s’agit pour eux de pouvoir adapter la main d’œuvre à ‘l’évolution de l’économie et du marché, en rationalisant le plus possible leur masse salariale.

    Dans les faits, cette attitude alimente une loi objective de l’économie capitaliste : la tendance à la paupérisation relative et absolue. Le manuel d’économie politique d’URSS de 1955 caractérise cette tendance de la manière suivante : “La loi générale de l’accumulation capitaliste est l’expression concrète du fonctionnement de la loi économique fondamentale du capitalisme, la loi de la plus-value. La course à la plus-value aboutit à l’accumulation des richesses entre les mains des classes exploiteuses et à l’augmentation de l’appauvrissement et de l’oppression des classes non possédantes.

    Le développement du capitalisme s’accompagne de la paupérisation relative et absolue du prolétariat.

    La paupérisation relative du prolétariat consiste en ce que dans la société bourgeoise la part de la classe ouvrière dans le montant global du revenu national décroît sans cesse, alors que la part des classes exploiteuses est en progression constante.(…)

    La paupérisation absolue du prolétariat consiste dans l’abaissement pur et simple de son niveau de vie.

    L’ouvrier se paupérise de façon absolue, c’est-à-dire qu’il devient véritablement plus pauvre qu’auparavant ; force lui est de vivre encore plus mal, de se nourrir plus chichement, d’être plus souvent sous-alimenté, de s’entasser dans les caves et les greniers-La richesse croît dans la société capitaliste avec une rapidité invraisemblable, parallèlement à la paupérisation des masses ouvrières”.

    (V. Lénine « La paupérisation dans la société capitaliste »,Œuvres t. XVIII, p. 405-406 (éd. russe).)

    Pour enjoliver la réalité capitaliste, l’économie politique bourgeoise s’efforce de nier la paupérisation absolue du prolétariat. Les faits cependant attestent qu’en régime capitaliste le niveau de vie de la classe ouvrière est en baisse constante. Gela se manifeste sous bien des formes. La paupérisation absolue du prolétariat se traduit par la baisse du salaire réel. Comme on l’a déjà dit, la hausse des prix des objets de consommation courante, l’augmentation des loyers et des impôts entraînent la diminution constante du salaire réel des ouvriers.

    La paupérisation absolue du prolétariat se manifeste par l’ampleur et la durée accrues du chômage.

    Elle se manifeste dans l’intensification et dans l’aggravation des conditions de travail, qui aboutissent au vieillissement rapide de l’ouvrier, à la perte de sa capacité de travail, à sa transformation en invalide. L’intensification du travail et l’absence de mesures nécessaires à la protection du travail multiplient les accidents et les cas de mutilation.

    La paupérisation absolue du prolétariat se manifeste dans de plus mauvaises conditions d’alimentation et de logement des travailleurs, ce qui a pour effet de ruiner la santé et d’abréger la vie des travailleurs.

    La loi travail ouvre les vannes d’un effondrement brutal du niveau de vie des travailleurs et travailleuses. Paradoxalement, elle contribue à fragiliser le pouvoir et la situation des capitalistes. Réduire le niveau de vie des travailleurs, cela revient à réduire leur possibilité d’achat, même si celle-ci peut être maintenue un temps par l’endettement.

    Cela revient à fragiliser et à épuiser l’économie, en la ralentissant. Par voie de conséquence, cela poussera également les patrons à licencier et à jeter à la rue les travailleurs qui ne sont pas utiles. Cela fragilise également les patrons et les patronnes les plus faibles, et des secteurs les plus vulnérables, et peut les pousser à mettre la clé sous la porte, ou à vendre à bas prix leurs entreprises. Cela favorise une reconcentration de l’économie dans un cercle encore plus restreint de capitalistes. Même une grande partie de la petite bourgeoisie libérale, qui soutient Emmanuel Macron corps et âme, découvrira, à ses frais, qu’elle a été trompée.

    Si le mouvement de Macron tente de maintenir une illusion de hauts salaires, en faisant rentrer une partie du salaire indirect en direct, cette illusion ne peut tenir qu’un temps restreint. Au final, l’addition se retrouve être bien trop lourde pour être payée, et la misère la plus crasse s’installe.

    Le gouvernement de Macron est un gouvernement kamikaze. Il n’est conçu que pour remplir cette mission, servir la bourgeoisie et affirmer son ordre, sans la moindre considération pour son avenir. Il appliquera sa politique avec pertes et fracas. Seulement, en brûlant l’intégralité des fusibles qui maintiennent la « paix sociale », Emmanuel Macron et ses sbires vont lancer dans la rue une masse en colère. Colère qui trouvera un échappatoire politique, quel qu’il soit. 

    La croisée des chemins se trouve ici. Elle réside dans cette simple question : quel contenu aura cette colère ?

    La position centrale de Macron le sert, tactiquement, mais cause un verrou stratégique. Quelle alternance peut naître en face d’un pouvoir de ce type ? Toutes les organisations politiques pouvant éventuellement jouer ce rôle sont mouillées avec plus ou moins d’intensité dans des tractations et des ralliements à LREM. Cela a démasqué aux yeux des travailleurs et des travailleuses la collusion et l’accord de fond qui unit toutes ces forces bourgeoises.

    Il n’existe décemment pas de possibilité que les futures échéances électorales se déroulent dans la joie et la douceur.

    La colère des masses sera trop forte.

    Les opportunistes la guettent, pour s’en servir comme d’un marchepied pour leurs carrières, pour leurs fauteuils, pour leurs sinécures. Ceux-ci ne désirent rien d’autre que de faire de ce cri de désespoir un sésame pour leur entrée dans l’Assemblée. Ils se peignent en héros du peuple, mais ne veulent que perpétuer un jeu qui fait leur bonheur, leur confort, qui leur permet d’avoir leurs cours et leur royaumes.

     Les 60% d’abstention, de vote blanc ou nul illustrent le fait que les masses ne mordent pas dans ces discours, tant ils sonnent vides, tant ils sonnent creux.

    Les fascistes, les réactionnaires, les obscurantistes, guettent également la colère populaire. Eux veulent l’instrumentaliser et surfer sur elle pour en faire un mouvement de masse, de mobilisation, qui suit leur ligne idéologique. Ils veulent la diriger contre des ennemis fictifs, soumettre les travailleurs aux projets d’agression et d’expansion de la bourgeoisie. Ils sont les apôtres du mythe de l’intérêt national, tout en nourrissant un projet d’une société d’ordre social. Intérêt national signifiant intérêt de la bourgeoisie, ordre social qui signifie ordre des exploiteurs.

    Ces fascistes et ces réactionnaires ne sont pas à négliger. Ils sont une carte dans le jeu de la bourgeoisie, une carte maîtresse pour faire taire les revendications sociales, exiger des sacrifices et mobiliser pour la guerre impérialiste.

    La bourgeoisie peut très bien jouer les apprentis-sorciers et les nourrir d’argent et de publicité. Elle le fait déjà dans une certaine mesure, tant ils peuvent être tactiquement utiles, comme supplétifs de la police ou comme agents provocateurs. Il s’agit d’une option politique qui pourrait également devenir viable, dans le but de rappeler à l’ordre la pays, tant celui-ci aura été déchiré par l’hémorragie sociale.

    Ironiquement, certains « antifascistes » ont soutenu l’hypothèse d’un Macron sauveur contre une Le Pen fasciste. Ils ont déclaré que sa victoire était celle de la liberté contre l’oppression. Or, en mai 2017, rien n’indiquait une possibilité de victoire du FN, d’une part, ni d’une possibilité pour un FN élu d’appliquer son programme, de l’autre.

    En mai 2022, la situation pourrait bien être toute autre. En « repoussant le fascisme », ces prétendus révolutionnaires se sont discrédités auprès de leurs auditoires, tout en soutenant l’entrée, en fraude, de l’acteur qui permet de réaliser leur prophétie.

    La seule solution : l’organisation politique.

     La lutte contre la loi travail est l’étape première pour permettre une victoire plus générale. Cependant, il est essentiel d’être honnête : il est improbable qu’elle débouche sur une conclusion heureuse à court terme. Une épreuve de force entre la bourgeoisie et les travailleurs, dans l’état actuel des choses, est à l’avantage du patronat.

    Cela n’est pas une conclusion défaitiste, mais illustre que la lutte doit se placer dans un échéancier plus large, et surtout sous une forme plus approfondie. Limitée à l’option économiste et syndicale, elle court le risque de n’être intense qu’un moment, puis de s’éteindre.

    De même, poussée à son paroxysme, la grève générale économique, elle peut fort bien être battue en brèche par une bourgeoisie organisée, structurée, dotée d’un esprit de classe et de réserves supérieures.

    Elle doit être menée sans esprit de recul, en luttant contre toute volonté de capitulation. Là réside le travail du Front Social, qui porte la lutte durant cet été d’offensive à outrance, qui forme un lien, un ciment, une base autour de laquelle doivent s’agréger les forces syndicales et politiques.

    Des accusations existent, qui justifient une défiance entre Front Social et les syndicats. Cette hostilité est notamment entretenue par la rivalité entre le PCF et la FI, autour de qui sera le nouveau Parti Socialiste. Ces manœuvres qui entretiennent ce climat de division doivent être jugulées. Le Front Social doit vivre, grandir et combattre. Il doit être le fer de lance de la lutte.

     Mais elle doit donc trouver une issue politique. Une issue non dictée par l’opportunisme, mais bien par les objectifs que poursuit cette mobilisation : liquider le capitalisme.

    Cette lutte sera un succès si, au travers de celle-ci naissent les bases de la contre-offensive et de la victoire. Si émerge une nouvelle génération de militants combatifs et résolus, un pas sera franchi sur le chemin de la victoire. Si jamais se renforcent les organisations de défense de travailleurs, un autre sera fait. Si jamais se renforcent les organisations antifascistes, lesquelles auront fort à faire pour lutter contre l’étranglement policier et contre les provocateurs fascistes, un autre pas.

    Si jamais les organisations révolutionnaires avancent sur la voie de la construction d’un front résolu, unitaire, dévoué à arracher la légitimité politique à la bourgeoisie, un bond de géant sera fait. L’Unité Communiste défend la thèse de l’opposition extra-parlementaire comme étape pour contrer le pouvoir absolu de la bourgeoisie, elle invite les organisations et les individus partageant cette idée à travailler en commun pour qu’elle se concrétise.

    Les communistes ont un rôle éminent à jouer dans cette lutte, tant pour l’aspect tactique et pratique que pour trouver une issue stratégique.

    Ce rôle est à plusieurs échelles, tant en soutenant les positions les plus avancées dans la lutte, les plus révolutionnaires et les plus politiques. Mais également en luttant contre l’introduction de mots d’ordres capitulards, de collaboration de classe ou à des déviations chauvines. Cependant, les tendances à l’aventurisme peuvent, elles aussi, saper l’unité du mouvement et risquer d’isoler dans le sectarisme les militants et militantes politiques.

    Un travail long mais essentiel commence, la bataille s’ouvre et n’est pas prête de se refermer, d’autant qu’un statu quo ante bellum est improbable. Cette tâche est immense, les forces qui veulent l’entreprendre doivent donc se hisser à sa hauteur.

    Pour la lutte jusqu’à la victoire !

    Vive le communisme !