Étiquette : Marion Maréchal

  • Non à l’ouverture de l’école de Marion Maréchal Le Pen à Lyon !

    Non à l’ouverture de l’école de Marion Maréchal Le Pen à Lyon !

    NON A L’OUVERTURE DE L’ECOLE DE MARION MARECHAL LE PEN A LYON !

    Communiqué du collectif pour la fermeture du Bastion Social.

    L’école privée dirigée par Marion Maréchal qui se voudrait un « institut de sciences sociales, économiques et politiques » ouvrira ses portes  à la rentrée de septembre 2018 à Lyon, dans le quartier de la Confluence au 56 rue Denuzière..

    Une école … Ou un nouveau fief de l’extrême-droite à Lyon ?

    L’équipe pédagogique de cette école, dont Marion Maréchal Le Pen assure elle-même la direction, est très clairement affiliée à l’extrême-droite. L’établissement affiche par ailleurs clairement ses valeurs sur son site Internet, notamment « l’enracinement dans son identité culturelle ».

    Ainsi, il souhaite transmette à ses étudiant-e-s « le goût de leur histoire et de leur héritage ». Nous sommes bien loin de la prétendue volonté de Patrick Louis qui affirmait « ce qui nous intéresse, c’est le débat contradictoire. On ne va pas enseigner que la pensée unique ». Cette école est à l’opposé de l’esprit critique et d’ouverture affichée habituellement par les universités de sciences humaines.

    L’implantation de cette école d’extrême-droite à Lyon s’inscrit donc dans la continuité des multiples ouvertures de locaux fascistes depuis 2010, dans l’indifférence de la préfecture et l’inaction de la mairie centrale. Le dernier en date étant le local du GUD-Bastion Social.

    Leur présence favorise la recrudescence d’agressions physiques violentes et le saccage de locaux militants progressistes sur Lyon. Ainsi, début juin, c’est la façade de l’union locale CGT du 5e/9e arrondissement de Lyon qui a été recouverte de 16 croix celtiques et de deux inscriptions  « FAF (France Aux Français) ».

    Une école fasciste… et pour les plus riches !

    Si les formations proposées dans cette école relèvent d’une idéologie raciste, sexiste et LGBTI+phobe. On peut également se demander à qui elles s’adressent.

    En effet, pour obtenir un diplôme d’établissement en deux ans, non-reconnu par l’Etat (pour l’instant), il faudra débourser chaque année 5 500 euros. Par ailleurs, les formations continues sont proposées à 1 980 euros pour les actifs-actives, et 990 pour les étudiant-e-s ou les demandeurs-demandeuses d’emploi. Nous sommes dans la même logique que les écoles de commerce privées ne favorisant que les classes sociales les plus aisées.

    L’objectif de cette école est de former « une nouvelle génération de décideurs et d’entrepreneurs » porteuse de valeurs réactionnaires, ainsi que les futurs cadres du FN-Rassemblement National.

    Par ailleurs au vu des prix de l’immobilier, nous nous interrogeons sur les sources de financements de cette école qui apparaissent aujourd’hui très opaques.

    La proximité de l’école avec l’Hôtel de Région et les différentes rencontres « officieuses » marqueraient-elles un rapprochement avec la droite dure de Wauquiez?

    Malgré ses communications récentes mettant en avant une image « sociale » (avec par exemple les maraudes alimentaires du Bastion social), l’extrême droite nous rappelle ici son vrai visage : celui des élites et de l’argent. Le fascisme n’a rien de populaire, et ne lutte pas « contre le système ».

    Il n’existe que pour défendre les intérêts des plus riches.

    L’implantation de cette école privée réactionnaire nous paraît bien éloignée d’un accès aux études supérieures libre et gratuit favorisant l’égalité de toutes et de tous.

    Ecole, bars, salle de sport, locaux associatifs, etc…

    A Lyon comme ailleurs, fermons tous les locaux fascistes, peu importe la forme qu’ils prennent !

    Rassemblement le vendredi 22 juin 2018 à 12h30 sur l’esplanade François Mitterrand dans le quartier Confluence (Hôtel de Région)

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 1.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie 1.

    Un plat de couscous, une rue et des nazis.

    Partie 1 – Un plat épicé.

    L’actualité concernant l’extrême-droite est particulièrement ombrageuse ces jours-ci.

    Depuis les élections législatives, et un certain dégonflement de la « bulle » FN, l’actualité a tendu à oublier quelque peu ces sombres personnages, et à se recentrer sur les questions sociales. Au sein de la lutte contre les ordonnances, le FN n’a guère de place, guère de tribune pour s’exprimer.

    D’une manière générale, par ailleurs, les fascistes et l’extrême-droite sont bien en peine de trouver un promontoire, de se créer un piédestal, pour s’exprimer. Ou ils s’opposent aux grèves sous la forme de mobilisation autour de « Liberté Chérie » et de « Stop la grève », ou ils font des mobilisations contre « les débordements » ou les « casseurs », ou ils s’attaquent carrément aux manifestations, comme le GUD durant la loi travail en 2016, à Lyon.

    En face de la question de la lutte des classes, leurs arguments idéalistes et métaphysiques se brisent face au prisme de la réalité. Empêtrés dans des théories sur « l’intérêt de la nation « , à comprendre, « de la bourgeoisie », ils ne peuvent réellement avoir les coudées franches pour s’exprimer. Lorsqu’ils essaient, ils se couvrent généralement de ridicule.

     Discrètement, Florian Philippot s’est aventuré, le 12 septembre, dans la cabine du « roi des forains », pour y exprimer son soutien à la lutte. Piètre manœuvre qui n’a guère trompé. Piètre manœuvre qui ne l’a guère sauvé du couperet fatal. Cela faisait un moment que celui-ci ne tenait plus qu’à un brin.

    Après les élections, dans une brochure intitulée « Fin de Partie », nous évoquions la situation du Front National : « Le concept du Front National semble avoir atteint ses limites objectives, en termes de capacité à accroître sa base électorale, à gagner en influence, à devenir un parti présidentiel. » (…)

    « Le Front National devenant une force centrale dans la vie politique, cela cause des contraintes terribles, des dissensions internes. L’outil n’est plus adapté à la tâche. Le Front National est victime de son succès.

    Tant qu’il était une puissance montante, arc-boutée à l’opposition, à porter la contradiction, à attaquer de toutes ses forces, les problématiques liées à sa cohérence interne restaient secondaires. Un palier a été franchi cette année et, avec lui, se posent des débats stratégiques importants.

    De plus, la possibilité d’alliance avec d’autres forces, dont Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan, sort le FN de son isolement politique.

    Trois lignes émergent :

    Celle de Florian Philippot, celle des nouveaux arrivés, celles et ceux qui ne sont pas des membres de longue date du Front National, qui ne tolèrent pas forcément la primauté « génétique » du clan Le Pen et de ses vassaux. Ceux-ci s’alignent sur une position d’alliance, de coalition, avec les autres forces de la droite « forte » mais « propre. » Cette ligne place le professionnalisme avant tout, place l’idée de devenir un parti présidentiable, non plus une simple force d’opposition.

    Cette ligne est probablement celle qui poussera le plus rapidement à l’éclatement du Front National pour rompre avec son histoire, son passé, ses affaires. Les informations dont nous disposons à l’heure actuelle laissent entendre que Florian Philippot l’axera autour d’une charte rejetant « le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie « , tout en recherchant à faire bloc avec les forces quittant Les Républicains, si ceux-ci ne survivent pas aux législatives en tant que force constituée.

    A l’opposé, la ligne « gauchiste » de Marion Maréchal-Le Pen, héritière idéologique des provocations de Jean-Marie. Elle représente le rejet de la « dédiabolisation », le rejet du lissage. Elle joue, au contraire, sur un lien maintenu avec les fascistes, les néofascistes et autres groupuscules agressifs. Contrairement aux autres, la conquête de places fortes, de députés, reste un aspect secondaire. Dans leur esprit, la question de l’accès au pouvoir ne passe pas forcément par la conquête de l’appareil d’Etat, mais par la mise en œuvre de mouvements de masse réactionnaires, de mouvements d’action.

    Cette ligne est celle dans laquelle l’idée de révolution nationale, l’idée de prise du pouvoir, est la plus forte. Elle est une ligne radicale qui n’accepte plus le style de direction « petit-bourgeois » de Marine Le Pen, son caractère boutiquier et son absence d’ambition.

    Si les premiers veulent lisser leur image pour devenir présidentiables, ceux-ci sont dans l’optique d’une opposition frontale avec le pouvoir d’Etat, jusqu’à ce qu’il les appelle à restaurer l’ordre. L’éclipse de Marion Maréchal-Le Pen, se retirant « définitivement, pour le moment » de la vie politique, est illustrative : rupture avec la ligne majoritaire, le temps de rallier des forces nouvelles, d’unifier les courants dispersés du fascisme, pour revenir en force, dans cinq ans, et prendre le contrôle de l’appareil.

    La dernière est celle de Marine Le Pen. Elle se caractérise par un esprit boutiquier, petit-commerçant, petit gestionnaire. Elle est une ligne du confort, des rentrées d’argent par le triangle institutions – Riwal – Bleu Marine. Le clan autour de Marine Le Pen, les Lousteau, les Chatillon, les petites mafias, ne peuvent qu’entretenir des rapports complexes, brutaux, au sein de l’organisation. L’incompétence, fruit du népotisme, grève cette ligne et l’empêche de faire de substantiels progrès.

    Si elle est cramponnée autour de l’appareil, ce clan, ce groupe interne n’en est pas moins menacé. L’approche du congrès du Front National, dans le courant de l’année, risque de se muer en nuit des longs couteaux.

    Dans un sens, un éclatement du Front National est une chose positive. Elle neutraliserait provisoirement cette organisation, la forcerait à se recomposer. »

    Mais nous nous empressions d’ajouter la chose suivante ; sa mutation peut le rendre in fine plus dangereux, car plus adapté aux question actuelles et à la place grandissante de l’extrême-droite tant dans l’Etat français que en Europe.

    Ce couscous avec lequel Florian Philippot s’est étouffé a été une manière de pouvoir purger le FN de son aile modérée, de son aile « douce », en bref de son aile compatible avec les institutions. La construction du micro-parti « les patriotes » fut un casus belli : Philippot et sa clique devenaient une puissance qu’il fallait étrangler. Cette nuit des longs couteaux, inversée, s’est faite en douceur, mais avec tranchant. Exclusion pour Philippot.

    Celui-ci s’est empressé de se rapprocher des ailes FN-compatibles de la droite traditionnelle, aile dans laquelle Philippot verrait bien sa carrière se jouer.

    Toujours est il qu’une des lignes au sein du FN vient d’être décapitée.

    Reste des questions : dans quelle mesure Florian Philippot et ses suiveurs peuvent se raccrocher à la droite institutionnelle et parvenir à faire s’agglomérer des forces autour d’eux ? Dans quelle mesure peuvent-ils réussir à se doter d’un véritable perchoir politique et d’une véritable influence ? Tout cela reste une énigme.

    Enigme aussi la question de la boutique de Marine Le Pen. Peut-elle encore tourner, privée d’une partie de sa chair, privée de ses cadres les plus compétents, privés de certaines de ses figures de proues les plus efficaces.

    Enigme, finalement, le rôle qui reviendra à Marion Maréchal et ses disciples, lesquels peuvent également se saisir de cette opportunité pour refaire surface et ramener des forces de l’ « ultra-droite » au sein du FN.

    Temporairement, le FN apparaît quelque peu aux prises avec des problèmes qui, sans être insurmontables, n’en sont pas moins quelque peu paralysants. L’organisation d’extrême-droite joue là un passage particulièrement épineux de son existence : muter pour se hisser à la hauteur des tâches auquel il prétend répondre, ou échouer et s’effondrer comme un château de carte.

    La menace que certains, que nous citons bien trop, ne s’est pas concrétisée telle qu’ils l’espéraient secrètement, pour justifier leurs discours apocalyptiques.

    Mais l’actualité politique de l’extrême-droite ne s’arrête pourtant pas là. Jean-Luc Mélenchon la propulse aussi au devant de la scène, au travers d’une phrase : « C’est la rue qui a abattu les nazis »