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  • PCI(maoïste) : Célébrons le 21e anniversaire de la fondation du PCI(maoïste) !

    PCI(maoïste) : Célébrons le 21e anniversaire de la fondation du PCI(maoïste) !

    Célébrons le 21anniversaire de la fondation du PCI(maoïste) avec un esprit révolutionnaire dans tout le pays du 21 au 27 septembre !

    Sauvegardons le Parti, l’Armée de guérilla de libération du peuple (PLGA), le Front uni et le mouvement révolutionnaire !

    Mobilisons les larges masses dans la lutte des classes et la guérilla pour vaincre la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar » !

    Rendons le Parti invulnérable à l’ennemi !

    Renforçons la capacité du mouvement révolutionnaire à surmonter le retard !

    Appel du Comité central du PCI(maoïste) aux rangs du Parti, aux forces de la PLGA, aux organisations révolutionnaires de masse et aux masses !

    Comité central
    Parti communiste d’Inde (maoïste)

    Chers camarades, cher peuple !

    L’année dernière, nous avons célébré avec enthousiasme le 20anniversaire de notre Parti, en résistant à la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar ». À l’occasion de cet anniversaire, notre Parti, la PLGA et les organisations locales ont travaillé avec beaucoup de courage et de détermination pour vaincre la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar » au cours de l’année écoulée, afin de remplir les tâches assignées par notre Comité central à l’ensemble du Parti et au mouvement révolutionnaire. Notre Comité central adresse ses félicitations révolutionnaires aux membres du Parti, de la PLGA, des organisations de masse, aux cadres de tous les secteurs, aux masses révolutionnaires et aux partisans de la révolution qui ont participé à cet effort.

    À l’occasion du 21anniversaire de la fondation du Parti, notre Comité central appelle tous les rangs du Parti et les masses révolutionnaires à protéger le Parti, la PLGA, le Front uni et le mouvement révolutionnaire, à unir les larges masses dans la lutte des classes et la guérilla pour vaincre la guerre contre-révolutionnaire « Kagaar », à rendre le Parti invulnérable à l’ennemi et à accroître la force et les capacités du Parti pour surmonter le retard du mouvement révolutionnaire.

    Cette année, le secrétaire général de notre Parti, le camarade Basava Raju (Nambala Kesava Rao), alors qu’il luttait pour la révolution de nouvelle démocratie et résistait à la guerre Kagaar, a été martyrisé avec les camarades membres du Comité central Chalapathy, Vivek et Uday, et membres du Comité d’État Sharma (Jagjit Singh Sohal), Gautam, Madhu (Sajja Venkata Nageswara Rao), Jaya, Rupesh, Neeti, Karthik, Chaythe, Guddu, Satyam, Alok, Papanna, Madhu (Egolapu Malayya), Baskar, Jagan, Aruna et Vijay. Au cours de la même période, 26 camarades du Comité de district du Parti, 86 camarades du Comité régional, 152 camarades du Parti et du PLGA, 38 camarades d’organisations révolutionnaires locales et 43 camarades dont les informations sont inconnus ont été martyrisés. Au total, 366 camarades ont été martyrisés. Le camarade Louis Jalandani, membre du Comité central du Parti communiste des Philippines et dirigeant du Front national démocratique des Philippines, est décédé le 7 juin à l’âge de 90 ans. Au cours de cette année, plusieurs dirigeants et militants révolutionnaires de différents pays ont été martyrisés dans les feux de la révolution mondiale. Le Comité central rend humblement hommage à tous ces martyrs. Nous nous engageons à travailler avec détermination pour réaliser les nobles aspirations des martyrs.

    Chers camarades, cher peuple !

    Pour la première fois en 53 ans, quand le secrétaire général de notre Parti d’alors, le camarade Charu Majundar, a été tué par la police en 1972, un secrétaire général de notre Parti a été martyrisé lors d’une attaque ennemie. C’est la première fois depuis les luttes de Naxalbari et Srikakula que quatre membres du Comité central et 17 membres du Comité d’État, en plus du secrétaire général, ont été martyrisés en l’espace d’un an. Ces pertes pèseront lourdement sur le mouvement révolutionnaire indien pendant un temps relativement long. Il est de notre devoir de travailler pour surmonter cet impact. Dans une situation où le mouvement révolutionnaire subit de lourdes pertes en raison de l’opération Kagaar, il est du devoir du Parti de répondre aux questions qui se posent dans le camp révolutionnaire concernant son avenir, d’insuffler du courage à ceux qui ont peur, d’insuffler de la confiance en soi et de diriger l’ensemble du camp révolutionnaire avec une détermination ferme et un courage sans précédent. Pour remplir ce devoir, il est nécessaire d’identifier les causes des pertes et d’y remédier. Il est nécessaire d’identifier les facteurs favorables à l’avancée du mouvement révolutionnaire dans des conditions objectives et subjectives et d’organiser le Parti, la PLGA et le Front uni sur cette base.

    Dans l’histoire du mouvement révolutionnaire mondial, dans de nombreux pays, en particulier en Russie et en Chine, malgré les revers et les défaites temporaires subis par les mouvements révolutionnaires, ceux-ci ont surmonté ces situations et ont gagné. Ces mouvements révolutionnaires n’ont gagné que grâce à l’analyse correcte par les partis révolutionnaires des raisons de ces revers et défaites, des conditions objectives et subjectives de leurs pays, à l’application du marxisme, à l’adoption de stratégies politiques et militaires correctes et à leur mise en œuvre avec une détermination sans faille.

    Dans l’histoire de notre parti, après la défaite des mouvements révolutionnaires à Naxalbari et Srikakula, nous avons créé un mouvement révolutionnaire dans les États d’Andhra Pradesh et du Bihar, en analysant soigneusement les raisons qui ont conduit à cette défaite, en adoptant les mesures politiques et militaires appropriées et en les mettant en œuvre avec une détermination sans faille. Après les luttes de Naxalbari et Srikakula, au cours des 53 années qui ont suivi 1972, les gouvernements central et des États ont planifié de nombreuses opérations contre-révolutionnaires pour écraser le mouvement révolutionnaire indien et ont poursuivi leurs attaques fascistes contre le mouvement révolutionnaire, causant des pertes au mouvement révolutionnaire dans certains États. Après la formation du PCI(maoïste) en 2005, les attaques et les opérations organisées par les gouvernements central et des États sous les noms de Salva Judum, Green Hunt, Samadhan et Surajkund, entre autres, se sont poursuivies, mais nous avons résisté, les avons arrêtées et les avons toutes vaincues. La raison en est que nous avons poursuivi la lutte des classes, la guerre populaire, avec des tactiques politiques et militaires correctes et du courage. Appliquons cette méthode révolutionnaire pour vaincre également la guerre actuelle Kagaar.

    La raison pour laquelle notre Parti, les forces de la PLGA et les organisations de masse locales ont subi de lourdes pertes depuis le début de l’opération Kagaar est que nos forces n’ont pas correctement appliqué la méthode de travail clandestine, les règles de la guérilla et les tactiques formulées par le Comité central. Selon les tactiques formulées par notre Comité central et le Politburo, nos forces ne doivent pas se concentrer dans de petites zones, elles doivent opérer dans des zones plus vastes ; elles doivent être décentralisées plutôt que centralisées. Nous devons mener la lutte des classes en coordonnant les formes légales, illégales, ouvertes et secrètes de lutte et d’organisation. Nous devons mobiliser les quatre catégories du peuple dans les zones urbaines, les plaines et les zones forestières dans le mouvement révolutionnaire. En outre, notre Comité central a formulé des tactiques politiques et militaires supplémentaires. En raison de l’échec de la mise en œuvre de ces stratégies, nous subissons de lourdes pertes. Examinons ces pertes dans tous les comités d’État et de district et poursuivons la lutte des classes et la guérilla avec les stratégies politiques et militaires correctes formulées par le Comité central. De cette manière, nous réduirons les pertes.

    Mettons en œuvre les stratégies formulées par le Comité central et le Politburo et protégeons le Parti, la PLGA, le Front uni et le mouvement révolutionnaire, déjouant ainsi le sombre plan des gouvernements central et des États visant à anéantir le mouvement révolutionnaire d’ici le 31 mars 2026.

    Alors que les gouvernements central et locaux nous infligent de lourdes pertes avec l’opération Kagaar, les forces armées ennemies subissent également des pertes importantes en raison de notre résistance. L’ennemi ne rend pas publiques ces pertes. Il exagère les pertes subies par notre camp, dissimule celles subies par le sien ou, parfois, ne les divulgue que partiellement. Cela fait partie de la guerre psychologique. Le camp révolutionnaire ne doit pas se laisser influencer par cette guerre psychologique. Au cours de l’opération Karrigutta, nous avons posé des milliers de pièges, empêchant les forces ennemies d’avancer pendant 16 jours. Finalement, un homme nommé Mukkal a déserté, s’est rendu à l’ennemi, a trahi et a servi de guide à la police pour attaquer nos forces, ce qui explique pourquoi nous avons subi des pertes. L’ennemi a rapporté nos pertes, mais pas les siennes. Au cours de cette opération, des pièges ont explosé à 110 endroits, tuant 45 à 50 soldats ennemis et en blessant 70 à 80. De même, le 8 mai, malgré l’encerclement et l’attaque des forces ennemies, nos forces ont courageusement repoussé cette attaque. Au cours de cette résistance, nos forces ont tué cinq commandos Greyhound, en ont blessé quatre et ont saisi un AK, un fusil d’assaut à reflex, 150 cartouches et d’autres équipements. Cachant ce fait, ils ont prétendu que les Greyhounds avaient été tués par des tirs amis de leurs forces. Le 8 juillet, les forces du PLGA ont lancé une embuscade audacieuse à Muggonda, tuant 11 ennemis et en blessant cinq, mais l’ennemi n’a déclaré que trois membres du CRPF blessés. De même, l’ennemi ne divulgue pas les pertes subies lors de notre résistance dans les États du Jharkhand, de l’Odisha et d’autres États.

    Cela prouve la faiblesse du moral de l’ennemi. C’est pourquoi l’ennemi déploie 30 à 100 unités armées pour chaque combattant de guérilla du Parti ou de la milice populaire. Bien que les gouvernements central et des États aient déployé des centaines de milliers de soldats armés dans les zones du mouvement et les aient équipés d’armes et de technologies modernes, la raison pour laquelle ils n’osent pas attaquer nos forces en nombre égal est que leurs forces sont mercenaires. C’est là la faiblesse stratégique des forces armées ennemies. Cette faiblesse conduira finalement à la défaite de l’ennemi.

    Bien que certaines de nos forces aient été perdues à cause de l’opération Kagaar, nous avons le Parti et des organisations de masse dans de nombreux États. Sous leur direction, des milliers de personnes participent au mouvement révolutionnaire dans diverses régions. Dans certains États, nous avons encore des forces de guérilla qui poursuivent la guerre de guérilla au mieux de leurs capacités. L’essence de l’expérience des luttes de classes dans tous les pays du monde est la théorie socialiste scientifique. La théorie révolutionnaire affirme que même lorsque les avantages prédominent dans le mouvement révolutionnaire, il y a des inconvénients, et lorsque les inconvénients prédominent, il y a des avantages. En outre, les forces ennemies exploiteuses doivent être évaluées sur le plan stratégique et tactique, et les forces exploiteuses doivent être évaluées stratégiquement comme des tigres de papier. Notre théorie affirme que nous devons faire cela. C’est pourquoi, en termes de tactique, nous devons analyser la situation immédiate et subjective comme étant tactiquement plus faible. En d’autres termes, nous ne devons pas faire d’évaluations arbitraires et subjectives. C’est pourquoi nous pensons que la situation objective changera en faveur de la révolution, mais que la situation subjective est faible, que le mouvement révolutionnaire est temporairement en recul et que l’ennemi a actuellement l’avantage. Cependant, nous pouvons certainement changer cette situation, et il est de notre devoir de travailler à la changer. Même si le mouvement révolutionnaire est temporairement en recul ou subit une défaite, la lutte des classes se poursuivra tant qu’il y aura des classes. Si cette lutte des classes est menée avec les bonnes tactiques, le parti révolutionnaire retrouvera sa force et le mouvement révolutionnaire progressera.

    C’est pourquoi, dans la situation actuelle, ne vous découragez pas, ne vous laissez pas abattre et ne restez pas passifs simplement parce que vous voyez la supériorité de l’ennemi et les pertes que nous subissons. En gardant à l’esprit la supériorité et les faiblesses de l’ennemi, les aspirations de millions de personnes qui veulent que notre Parti les soutienne dans tous les domaines du mouvement et dans tout le pays, ainsi que la participation et le soutien de ceux qui sont actifs sous diverses formes dans le mouvement révolutionnaire, nous devons travailler avec une confiance, un courage, une activité et une initiative sans faille, et mener la lutte des classes et la guérilla en fonction de l’évolution de la situation.

    Certaines erreurs ont été commises dans l’application de la méthode du travail secret, qui est à la base des avantages du mouvement révolutionnaire. En corrigeant ces erreurs, nous devons rendre notre parti invulnérable à l’ennemi. De même, nous devons éviter la capitulation. Ce n’est qu’en menant la lutte des classes et la guérilla en fonction de l’évolution de la situation sociale et en surmontant les revers temporaires que la force et l’efficacité du Parti augmenteront. C’est pourquoi nous poursuivons la lutte des classes contre l’impérialisme, la classe capitaliste bureaucratique compradore et la classe des propriétaires terriens, guidé par les documents Changements dans les relations de production en Inde — Notre programme politique et Le problème des castes — Notre perspective. Continuons la guérilla par des actions modestes et décentralisées.

    Nous soutenons le mouvement mené par le peuple à travers le pays pour mettre fin à l’opération Kagaar et exiger que les gouvernements central et des États engagent des pourparlers de paix avec les maoïstes. Nous réaffirmons que notre parti est prêt à engager le dialogue à tout moment, dans l’intérêt du peuple. Cependant, pour cette raison, nous exigeons une fois de plus que les gouvernements central et locaux mettent fin à l’opération Kagaar et cessent d’établir des camps militaires dans les zones du mouvement.

    Chers camarades, cher peuple !

    Tous les événements récents sur la scène internationale sont les conséquences de la crise économique impérialiste qui sévit depuis 2008 et reflètent l’instabilité, les turbulences et la confusion du monde multipolaire qui dure depuis 12-13 ans. Les pays sous-développés, qui souffrent des droits de douane et des représailles imposés par le président américain Donald Trump au reste du monde, concluent des accords commerciaux avec la Chine et la Russie. Cela aggrave encore la crise économique aux États-Unis, et la population descend dans la rue pour s’opposer à la politique économique de Trump. La Chine, d’une part, tente d’améliorer sa situation économique en concluant un accord temporaire de réduction des droits de douane avec les États-Unis et, d’autre part, en concluant des accords commerciaux avec les pays sous-développés (le Sud global). La Russie est en mesure de poursuivre la guerre en Ukraine et conclut des accords commerciaux avec les pays sous-développés.

    Aujourd’hui, il existe une concurrence intense entre les pays impérialistes dans les secteurs des semi-conducteurs, des véhicules électriques, des terres rares et de l’espace. Dans le cadre de cette concurrence, l’alliance de l’OTAN dirigée par les États-Unis mène une guerre par procuration contre la Russie en Ukraine, tandis que les États-Unis mènent simultanément une guerre d’agression en Asie occidentale, aidant Israël à anéantir le peuple palestinien et à occuper l’ensemble du territoire palestinien, y compris Gaza. Dans ce contexte, les tensions entre les États-Unis et la Chine persistent. En raison des politiques économiques, militaires et technologiques menées par l’impérialisme pour surmonter la crise économique, les impérialistes mènent des guerres d’agression contre les pays arriérés. Avec la montée du fascisme, la contradiction entre l’impérialisme et les nations et peuples opprimés des pays arriérés s’aggrave. La contradiction entre la classe capitaliste et la classe ouvrière dans les pays capitalistes est de plus en plus aiguë. En conséquence, la situation dans le monde devient de plus en plus favorable à la révolution.

    Le peuple doit comprendre que le slogan « Vikasit Bharat » [« Inde développée »], propagé par les gouvernements central et des États du parti fasciste brahmanique Hindutva RSS-BJP, qui prétend que le pays deviendra un pays développé d’ici 2047, ne signifie rien d’autre qu’un pays hindou corporatiste. Cela signifie que l’exploitation et l’oppression par les entreprises nationales et étrangères (capitalistes impérialistes et compradores) se développent et gagnent en légitimité dans tous les secteurs économiques, politiques, sociaux et culturels du pays. Grâce à la collusion entre ces entreprises et la classe des propriétaires fonciers, cette triple alliance écrase le peuple et les groupes sociaux opprimés, et les castes opprimées souffrent encore plus d’exploitation et d’oppression. C’est pourquoi « l’Inde développée » signifie l’augmentation de la richesse de la classe capitaliste impérialiste, de la bourgeoisie compradore et bureaucratique et des propriétaires terriens, et la diminution de la richesse, des possibilités d’emploi et des droits des masses (secteurs et groupes sociaux opprimés, et castes opprimées). C’est pourquoi « l’Inde développée » signifie détruire la vie des masses dans le pays. C’est pourquoi il est désormais du devoir du peuple de ce pays de comprendre la supercherie que représente « l’Inde développée » et de s’y opposer.

    Récemment, à la suite de l’augmentation des droits de douane sur les marchandises exportées de l’Inde vers les États-Unis, le Premier ministre Modi et les ministres de l’Union ont intensifié leur campagne en faveur de l’autosuffisance et de l’achat de produits locaux. Tant que les accords économiques et commerciaux inégaux signés avec les pays impérialistes ne seront pas abrogés et qu’une économie indépendante et libre de l’impérialisme ne sera pas mise en place, les slogans tels que « Atmanirbhar Bharat » [« Inde autosuffisante »] et « Vocal for Local » [c’est à dire la promotion de produits locaux] ne seront rien d’autre que de fausses politiques et des slogans qui trompent le peuple de notre pays et n’apporteront aucun changement à l’économie du pays. D’une part, le gouvernement indien, qui ne peut imposer de droits de douane de rétorsion en réponse aux droits de douane américains, a annoncé qu’il prolongerait jusqu’en décembre la période de réduction des droits de douane sur le sucre importé des États-Unis. Cette seule mesure révèle que les affirmations de Modi selon lesquelles il « protégera les agriculteurs, les producteurs laitiers et les pêcheurs du pays en empêchant les multinationales d’entrer sur le marché indien » sont un canular. D’autre part, alors que des accords commerciaux sont en cours de négociation avec la Russie et la Chine, la récente déclaration du ministère indien des Affaires étrangères selon laquelle les relations entre l’Inde et les États-Unis sont spéciales et stratégiques et que les intérêts des deux pays ne seront pas compromis, est une démonstration de la capitulation de l’Inde, et non de son indépendance et de son autosuffisance. C’est pourquoi il est aujourd’hui du devoir du peuple indien de déjouer les tromperies de Modi et du BJP et d’intensifier la lutte en cours contre les classes capitalistes impérialistes, compradores, bureaucratiques et propriétaires fonciers.

    Depuis que Modi était ministre en chef du Gujarat, le BJP a remporté les élections parlementaires et locales tout en commettant de nombreuses fraudes électorales, notamment des vols de votes. C’est dans ce contexte que le parti a réussi à s’emparer du pouvoir lors des élections parlementaires et locales d’avril 2024, puis lors des élections parlementaires suivantes dans le Maharashtra et d’autres États. Bien plus tard, le Parti du Congrès a réussi à dénoncer les irrégularités liées au « vol de votes ». Ainsi, le peuple a une fois de plus compris la nature frauduleuse du système électoral parlementaire. C’est pourquoi la véritable démocratie ne peut être réalisée que par la victoire de la révolution démocratique nouvelle.

    C’est pourquoi nous appelons les larges masses du pays à participer activement à la révolution de nouvelle démocratie en cours menée par le Parti maoïste. Nous appelons les larges masses du pays à participer activement à la révolution de nouvelle démocratie en cours afin d’établir un nouveau système démocratique et le socialisme dans le pays, libéré de l’exploitation et de l’oppression, en renversant l’impérialisme, la classe capitaliste compradore et la classe des propriétaires fonciers.

    • Renversons la guerre contre-révolutionnaire « opération Kagaar » que mènent les gouvernements central et des États pour éliminer notre Parti et le mouvement révolutionnaire.
    • Protégeons le parti, la PLGA, les organisations populaires/le Front uni et le mouvement révolutionnaire, en renforçant la base populaire et les forces subjectives.
    • Prévenons les pertes.
    • Opposons-nous à la capitulation et à la trahison de la révolution. Luttons avec détermination pour protéger les intérêts des opprimés.
    • Rendons le parti invulnérable à l’ennemi.
    • Poursuivons la guérilla de toutes nos forces, en nous appuyant sur notre base populaire qui ne cesse de croître.
    • Intensifions la lutte des classes contre l’impérialisme, le capitalisme bureaucratique comprador et les propriétaires fonciers.
    • Combattons le fascisme brahmanique Hindutva.
    • Vive le marxisme-léninisme-maoïsme.
    • Vive la révolution indienne de nouvelle démocratie.
    • Vive l’Armée de guérilla de libération du peuple (PLGA).
    • Vive le Parti communiste d’Inde (maoïste).

    Avec nos salutations révolutionnaires,
    Comité central
    Parti communiste d’Inde (maoïste)

  • Critique de l’article « Le Centre Maïakovski, Hoxha et le Maoïsme »

    Commentaire critique de l’article du NEM publié sur le site de Nouvelle Époque à cette adresse :

    https://www.nouvelleepoque.fr/noyau-detude-marxiste-le-centre-maiakovski-hoxha-et-le-maoisme/

    Le 26/01/2023 a été publié cet article du Noyau d’étude marxiste (NEM) par Nouvelle Époque. Ils y sont données des critiques très justes de l’hoxhaïsme, tout comme sont faites des erreurs de base allant jusqu’à des mécompréhensions fondamentales de principes de base du marxisme. Ci-dessous, une critique « pour participer au débat d’idées dont le mouvement révolutionnaire a besoin ».

    « Le Centre Maïakovski se revendique “pro-albanais”, c’est-à-dire anti-maoïste. Cela ne peut être différent, car ceux qui se réclament de la pensée d’Enver Hoxha [1] ne peuvent exister que contre le Maoïsme, c’est leur seule raison d’être. Pour cela ils tentent, de manière souvent très maladroite, de faire du Maoïsme un révisionnisme. »

    Premier problème, l’accusation ici faite est creuse. L’on peut définir toute idéologie par celle à laquelle elle s’oppose, on ne l’a pas pour autant qualifiée. Le marxisme-léninisme est un anti-trotskysme, le capitalisme un anti-communisme, l’anarchisme un anti-marxisme, etc. Aucune de ces définitions ne sont fausse, pour autant, on n’a rien dit ni sur le marxisme-léninisme, le capitalisme ou l’anarchisme : elles ne se réduisent pas à ce qu’elles ne sont pas, même si la construction s’est faite par opposition à une référence négative (par exemple, dans le cas du trotskysme, le « stalinisme »).

    Qu’est-ce qu’il transparaît cependant ? Une compréhension du monde, sinon binaire, simpliste, entre le bon (nous) et le mal (eux) : s’ils ne sont pas « nous », alors ils ne sont pas « bon », donc ils sont « mal ». Car le NEM ne voit l’hoxhaïsme qu’en ce qu’il s’oppose à lui, il le réduit à cette opposition et n’essaie pas de le comprendre, se contentant très satisfait de ses manichéismes, il écrit que leur rejet du maoïsme est « leur seule raison d’être », ce qui est faux. Sans nier l’importance de la rupture sino-albanaise dans la construction idéologique de l’hoxhaïsme (car toute idéologie est le produit de son histoire, et donc de la généalogie des « schismes » qui l’a vu naître), ce n’est pas plus vrai de dire cela que de dire que le maoïsme ne serait qu’un anti-hoxhaïsme et que ce serait là sa seule raison d’être.

    Le second problème est quant au fond du reproche : les hoxhaïstes seraient tous des anti-maoïstes. Il est vrai que c’est le cas de nombre d’hoxhaïste (sinon une majorité), dont le centre Maïkovski et notamment ceux membres de l’ICMLPO (dont le Parti communiste des ouvriers de France). L’hoxhaïsme se caractérise en général comme assez sectaire et dogmatique, notamment envers les maoïstes. Mais cette accusation générale n’est pas exacte : il existe aussi nombre de « pro-albanais » qui ne se reconnaissent pas dans ces déviations. C’est le cas du Parti communiste marxiste-léniniste de Turquie/Kurdistan (MLKP), qui rejette explicitement le sectarisme et le dogmatisme de l’ICMLPO et qui est engagé dans ses activités de lutte armée avec des organisations d’obédience maoïstes dans le Mouvement révolutionnaire uni des peuples (HBDH). L’on peut aussi citer le TIKB qui est comme le MLKP engagé dans l’ICOR (qui rassemble à ce propos des organisations aux orientations diverses).

    « Ils confondent l’œuvre du Président Mao, la Chine Populaire d’avant le coup d’État révisionniste de 1976 et le Maoïsme, troisième et supérieure étape du Marxisme. Il faut savoir que les critiques faites par Hoxha contre le Président Mao datent de 1978, quand les révisionnistes chinois autour de Deng Xiaoping étaient en pleine liquidation de la Révolution et de l’œuvre du Président Mao. Jusqu’en 1976, le Président était vu comme un grand Marxiste-Léniniste par les Albanais. Il faudrait que les pro-albanais creusent cette question, car il y a déjà des réponses très claires à trouver dans ce fait même, qu’ils n’ont jamais abordé. »

    Il est vrai que la rupture sino-albanaise date de 1976 et que L’impérialisme et la révolution de Enver Hoxha (où il attaque Mao et le qualifie de révisionniste) date de 1978. Mais l’éloignement sino-albanais date lui de 1966, c’est-à-dire du début de la révolution culturelle, et s’était déjà intensifié avec la rencontre Nixon-Mao de 1972 et la formulation en 1973-1974 de la théorie des 3 mondes par la Chine populaire. De plus, l’Albanie et la Chine avaient déjà connu des premiers désaccords importants dès 1956, concernant le cas de la Yougoslavie et du révisionnisme de Tito.

    « Le Grand Lénine nous a toujours enseigné qui fallait de la pédagogie pour régler les contradictions, la coercition ne peut venir qu’en dernier recours et il faut l’éviter, c’est exactement ce qu’a fait le Président Mao. Les pro-Hoxha semblent d’ailleurs accepter la Nouvelle Politique Économique de l’URSS (NEP), qui a permis de régler les contradictions principales à un moment donné, et ils n’ont jamais dit que Lénine était un révisionniste. »

    C’est tout à fait exact.

    « Le Camarade Staline, pour sa part, a lutté 13 ans contre les opportunistes et les différentes lignes réactionnaires “gauchistes” et droitières, tout l’inverse d’un quelconque règlement bureaucratique. »

    Voilà qui contredit la critique maoïste du bilan de Staline, tel que développé par Mao dans À propos de l’expérience historique de la dictature du prolétariat (1956)1, où il y critique précisément les méthodes bureaucratiques et le manque de compréhension de la superstructure de Staline. Mao a évoqué cette même critique également dans Sur Les problèmes économiques du socialisme en URSS (1958)2 et Critique de Les problèmes économiques du socialisme en URSS de Staline (1961)3, où il reproche à Staline de ne parler nulle part de la superstructure. C’est très exactement le manque de « pédagogie pour régler les contradictions » que Mao a reproché à Staline — que l’on considère cette critique comme justifiée ou non.

    L’on peut considérer de plusieurs manières la ligne de Staline de rupture radicale avec la NEP, par opposition au programme de transition progressive de Trotsky et de l’Opposition de gauche, sur la base de l’adhésion spontanée à la collectivisation par l’incitation économique (impôt et subvention). Soit elle était en soi supérieure, malgré ses erreurs, car actant le rejet de la tolérance de la NEP et l’entrée dans une phase active (sinon « agressive ») de construction du socialisme par la mobilisation de masse ; soit ses maladresses et ses manquements se justifiaient par l’urgence de la situation internationale de rattraper les pays capitalistes (puis au milieu des années 30, de préparer la guerre prévisible à venir) et la hâte subséquente de la direction soviétique. Mais, quel que soit notre rapport à la campagne menée par Staline, on ne peut pas louer son absence de bureaucratisme tout en affirmant que les critiques de Mao sont parfaitement justes : si la collectivisation stalinienne a été sans bureaucratisme, alors Mao avait tort, et si Mao avait raison, alors la collectivisation stalinienne n’a pas été sans bureaucratisme.

    De plus, du point de vue historique, cette critique de Mao se justifie vis-à-vis de l’expérience de la collectivisation et de la dékoulakisation dans les années 30. Staline lui-même critiquera les excès et les erreurs de la méthode bureaucratique dans Les vertiges du succès (1930)4, rappelant que la collectivisation devait rester volontaire. Or, si Staline était déjà un Mao (selon le NEM), alors qu’est ce qu’a critiqué Staline dans son propre bilan ? Et qu’est ce qu’a critiqué Mao chez Staline ?

    Du point de vue historique, toujours, si cette collectivisation et dékoulakisation soviétique était déjà parfaite, révélée pure et nue, alors pourquoi Mao n’a-t-il pas appliqué la même méthode en Chine ? Pourquoi s’est-il plutôt tourné vers la mobilisation de masse par opposition au procédé soviétique (avec son propre lot de réussite et d’échec) ? Et pourquoi la dékoulakisation et la collectivisation étaient-elles partielles et se sont-elles faites au prix d’une désorganisation de l’économie (malgré ses réussites tant pour le développement des forces productives que des rapports de production communiste) ?

    Toujours sur la question des méthodes bureaucratiques, quoi de plus bureaucratique que la purge comme mode de régulation interne du Parti communiste ? Certes, celles-ci n’étaient pas conçues exclusivement comme des instruments de lutte politique, et ne furent mobilisées ainsi qu’à l’encontre des dissidents de l’opposition de gauche passés dans la lutte ouverte contre le Parti et non plus dans celui-ci, puis contre les membres accusés en 1937 par le comité central du PCUS(b) de conspiration. Mais c’était bien avec pour but de régler les dysfonctionnements internes du Parti (dont ceux qui mèneront à la crise politique de 36-37) qu’il y eut des campagnes successives de purge lors des années 30, c’est-à-dire un mode de résolution bureaucratique de ce que l’on sait aujourd’hui être des contradictions au sein du Parti et entre le Parti et la société soviétique.

    Chanter les louanges de Staline pour ce qu’il n’a pas fait et oublier les critiques que lui a adressées Mao, voilà une drôle de manière de faire du maoïsme la 3e étape incontestable et incontestablement supérieure du marxisme.

    « Si nous sommes Marxistes, nous savons que tout est en mouvement ; que quelque chose qui était juste, ou principal, dans un certain contexte ou époque, peut ne plus l’être dans un autre. Mais c’est bien cela qui caractérise Hoxha et ses disciples : leur incompréhension de la dialectique, du mouvement : les choses deviennent mécaniques et donc incomprises dans leur substance, et doivent être réglées de manière bureaucratique. »

    C’est une critique tout à fait juste de l’hoxhaïsme : la méthode bureaucratique et une mauvaise compréhension et résolution des contradictions. Ainsi, les hoxhaïstes, tenant d’un marxisme-léninisme orthodoxe, se condamnent à faire les mêmes erreurs que Staline avant eux. Cependant, cette critique va être développée en un sens qui n’a plus rien de marxiste.

    « La base du révisionnisme albanais, c’est la négation des contradictions, qui sont pourtant moteur de toute chose. C’est donc notamment la négation du fait que le Parti Communiste soit lui aussi une contradiction, car la bourgeoisie existe dans le Parti sous forme d’idées, de comportements, de positions, de lignes ; car le Parti est le reflet de la société, il est constitué d’Hommes qui sont eux-mêmes le reflet du monde matériel. »

    Puis :

    « Il suffirait, donc, de supprimer la propriété privée pour avoir une société socialiste. L’Albanie est pourtant l’exemple parfait pour montrer que tout cela n’est pas vrai, nous y reviendrons. Dans leurs analyses, nulle part n’est prise en compte le facteur des idées, les Hommes changeraient par magie du jour au lendemain, une fois la collectivisation mise en place. »

    « En Chine, donc, la bourgeoisie nationale avait perdu son pouvoir politique (1949), mais elle continuait à exister, car l’instauration du socialisme dans un pays semi-colonial est un processus plus ou moins long. De fait, la bourgeoisie nationale a perdu avec le temps son pouvoiréconomique, reflet du développement de la Révolution Socialiste. Ce qui était important, c’était de ne pas créer des ennemis farouches dans le pays qui s’opposeraient par tous les moyens au socialisme et, surtout, de transformer l’Humain. »

    « Le Président Mao a compris que la bourgeoisie ne pouvait se reconstituer comme force politique que dans le Parti et non en dehors : c’était matériellement impossible, car le régime de dictature du prolétariat l’empêchait fermement et qu’économiquement elle avait disparu comme classe. »

    « C’est là où le leader de la Chine Populaire a totalement saisi le Marxisme, car une classe sociale n’a pas seulement un contenu économique, elle a aussi un contenu idéologique et politique. Si vous éliminez l’économie (vous collectivisez ses industries), et la politique (elle n’a plus le droit de s’organiser politiquement et de prendre part aux affaires de l’État), la classe existe idéologiquement, comme conception dans la tête des gens, pendant un moment, et peut donc se reconstituer politiquement si elle subsiste idéologiquement. C’est de là que vient le danger dans tout Parti Communiste, c’est de ça que naît le révisionnisme. C’est-à-dire que le cœur de la Politique, l’enjeu de toute chose, ce n’est pas tant la base économique à un moment donné, mais qui dirige le Parti. Le Parti est-il dirigé par le prolétariat ou la bourgeoisie ? Voilà la seule question importante. Quand nous disons prolétariat, nous parlons de sa conception du monde, de son idéologie. Il y a des ouvriers complètement réactionnaires et traîtres à la classe, comme il peut y avoir des individus issus de la bourgeoisie qui sont aussi des traîtres à leur classe. »

    Il est tout à fait vrai d’affirmer l’importance de l’aspect idéologique de la transformation de la société, ainsi que du rôle de la superstructure dans la révolution communiste. Cependant une erreur fondamentale est commise ici.

    D’abord, il est dit que la propriété privée a été abolie en URSS et en Chine : la bourgeoisie y aurait disparu en tant que classe, les rapports économiques d’exploitation y auraient disparu.

    Ensuite, à partir de cette analyse, il est dit que les classes se perpétuent idéologiquement et que la bourgeoisie peut renaître à partir de l’inertie de son idéologie dans la société et dans le Parti. Ce serait là, la reproduction idéologique, l’origine du révisionnisme. Autrement dit, les idées réactionnaires recréeraient une classe bourgeoise : donc, les idées produiraient des rapports de production.

    Le NEM va jusqu’à affirmer qu’une classe qui n’existe plus peut prendre le pouvoir dans le Parti communiste et mener une contre-révolution, en même temps qu’elle réapparaîtrait comme classe à partir de ses subsistances idéologiques. Il pourrait y avoir révolution bourgeoise sans bourgeoisie et restauration du capitalisme sans capitaliste. Ce serait ensuite ces rapports politiques et idéologiques qui produiraient des rapports économiques.

    Oui, une classe existe aussi comme contenu idéologique, dans la superstructure sociale. Mais premièrement, cette superstructure est déterminée par la base matérielle de la société : les rapports sociaux d’exploitation créent les idées bourgeoises réactionnaires et ces dernières dépendent des rapports sociaux dont elles sont la conséquence (l’existence matérielle détermine la conscience). Et deuxièmement, les idées ne peuvent pas ni restaurer une classe, c’est-à-dire transformer la base matérielle de la société — son mode de production — ni mener une contre-révolution.

    Lorsqu’il est dit que le prolétariat se définit comme contenu idéologique, qu’est-ce qui est dit ? Que ce ne sont pas les rapports aux moyens de production — au capital — qui font l’essence d’une classe, mais ses idées. Pourquoi une telle confusion ? Car le NEM semble ne pas comprendre que la conscience de classe et que la vraie-conscience historique d’une classe révolutionnaire n’apparaissent pas mécaniquement mais seulement médiatisées par une superstructure en contradiction. La conscience communiste n’est pas transparente au cœur de chaque prolétaire, c’est une conclusion qui se révèle à lui dans la pratique sociale de la lutte des classes. Cette conscience naît elle-même à travers la superstructure sociale, c’est-à-dire en lutte avec l’idéologie dominante et les idées fausses. Ce n’est pas une vérité révélée, immanente et immédiate, elle est découverte dans la pratique et médiatisée par la structure idéologique de l’époque et du lieu d’une société.

    Un exploiteur deviendrait-il un prolétaire car ses idées seraient communistes ? À ce titre Engels était-il un prolétaire ? Non, un ouvrier peut être réactionnaire, il reste un prolétaire, et un bourgeois peut être communiste, il reste un capitaliste.

    Il est tout à fait juste de dire que ce qui importe en dernière analyse quant à la direction du Parti communiste, c’est sa ligne de classe : prolétarienne, c’est-à-dire communiste. Mais l’on ne peut pas dire pour autant que la classe se définit idéologiquement (même si une idéologie lui correspond). L’on ne peut pas non plus séparer la composition du Parti des lignes qui existent en son sein, une ligne bourgeoise peut-être portée par des prolétaires, certes, mais sans bourgeois pas de ligne bourgeoise capable de se constituer comme tel autour d’intérêts capitalistes, puis de conquérir une hégémonie. De la même manière, le Parti communiste doit être composé de prolétaire pour pouvoir avoir une ligne prolétarienne, c’est-à-dire connectée et conforme à la réalité de celui-ci, connaissant et défendant ses intérêts, donc, communiste.

    Comment un Parti composé exclusivement de prolétaire affirmant une ligne communiste, correspondant à leur intérêt de classe révolutionnaire, saurait-il être victime d’un « coup d’État fasciste bourgeois » mené par la simple force des idées réactionnaires résiduelles ? Nous laissons au NEM cette formidable énigme qu’il nous pose et nous contenterons de rester marxistes.

    Pourquoi une telle distorsion des principes les plus élémentaires du matérialisme dialectique ? Si le NEM affirme d’abord qu’il n’y avait plus de bourgeoisie ni de capitalisme ni en URSS ni en Chine, alors comment peut-il expliquer la restauration du capitalisme et la contre-révolution qui s’y sont observées ? Il doit donc recourir à ce qui est ni plus ni moins qu’un idéalisme, au sens premier du terme : l’idée détermine le rapport matériel.

    Quel est l’apport de Mao sur la question de la question de la survie de la lutte des classes et de la reproduction de la bourgeoisie sous le développement du socialisme ? Staline a déjà affirmé que sous le développement du socialisme dans la dictature du prolétariat, même si la lutte des classes était mourante, elle continuait. Ce que Mao a compris, c’est que la lutte des classes ne s’amenuise pas, mais au contraire se développe avec le développement du socialisme. La bourgeoisie ne disparaît pas mais se renforce progressivement dans la lutte des classes continue vers le socialisme. Pourquoi ? Car la forme économique de la dictature du prolétariat est le capitalisme d’État (cf. le débat de Lénine contre Boukharine de 19185), et donc, avec le développement de son économie, c’est-à-dire pendant que celle-ci pose les bases de l’économie socialiste — son dépassement dans celle-ci — elle consiste aussi en un développement du capitalisme d’État. Cette extension du capitalisme d’État a pour corollaire nécessaire, et c’est là l’apport de Mao, la génération d’une nouvelle classe capitaliste (bureaucratique) dans le Parti et l’État.

    C’est celle-ci, la nouvelle bourgeoisie qui naît avec l’accouchement du socialisme, qui est la base sociale du révisionnisme (alliée avec les survivances de l’ancienne bourgeoisie). Effectivement, l’idéologie bourgeoise joue alors un rôle important, particulièrement dans le Parti, car elle sape la lutte des lignes contre les idées réactionnaires et maquille en rouge la contre-révolution. Mais ce ne sont pas ces idées qui re-créent une classe ou mènent une contre-révolution, mais bien la classe dont elles sont le produit : la bourgeoisie.

    À ce sujet, nous redirigeons vers la synthétique et éclairante brochure du TKP/ML Marxisme-Léninisme-Maoïsme contemporain (1998).6

    Ce que dit en substance le NEM, c’est que Staline avait raison et que Mao n’a rien rajouté : la bourgeoisie est mourante avec le développement du socialisme. Elle perd d’abord son pouvoir politique, puis son pouvoir économique, et ne survivrait que dans la superstructure par inertie. Où sont donc alors les apports du maoïsme (non seulement l’intensification, mais la croissance de la lutte des classes dans le développement du socialisme) ?

    Il y a de plus un problème fondamental à ne pas comprendre la relation entre pouvoir politique et économique comme deux aspects d’un tout. Oui, il faut d’abord réaliser les tâches politiques de la révolution pour ensuite mener les tâches économiques de celle-ci. Mais c’est bien du pouvoir économique que provient le pouvoir politique, c’est d’ailleurs pour cela que la bourgeoisie conserve du pouvoir tant que l’économie n’est pas totalement socialiste. Et, car la bourgeoisie renaît sous la dictature du prolétariat, sous une forme bureaucratique, elle aspire également à reconquérir pleinement son pouvoir politique. Et pour l’en empêcher, il y a alors nécessité d’une révolution culturelle. Or, si l’on nie que la bourgeoisie ne perd pas mais gagne du pouvoir économique sous le développement du socialisme, alors l’on nie aussi la nécessité de la révolution culturelle. L’on dit que Staline et Hoxha ont raison de penser que simplement purger les éléments réactionnaires, qui ne sont que des résidus des vieilles classes réactionnaires, suffit à garantir la survie du régime ouvrier et le bon progrès vers le socialisme, du point de vue interne de la question (à l’intérieur le pays concerné, cf. la distinction faite par Staline entre l’aspect interne et externe de la transition vers le socialisme).

    Il semblerait qu’involontairement ce soit la définition marxiste-léniniste elle-même du socialisme tel que développé par Staline, dans la théorie du socialisme dans un seul pays, qui est niée ici. En effet, le socialisme au sens où l’on qualifie l’URSS, la Chine ou l’Albanie, n’est comme nous venons de le voir pas la phase inférieure du communisme (une victoire achevée), mais la dictature du prolétariat qui tend vers celle-ci (un combat en cours). Donc, d’une part, les consciences sont encore incomplètement socialistes et les idées réactionnaires pèsent toujours (ce qui perdure dans la phase inférieure et consiste en ce que Lénine qualifie de « stigmate »), mais d’autre part, la bourgeoisie n’a pas perdu son pouvoir économique et elle tend à augmenter celui-ci (bureaucratiquement, en alliance avec la petite bourgeoisie et la bourgeoisie du capital privé).

    À titre de rappel, Staline donne deux arguments pour qualifier la dictature du prolétariat soviétique de « socialiste » (ce sont les mêmes que mobilise Mao concernant la Chine) :

    Premièrement, la classe au pouvoir (le prolétariat) et sa direction consciente et déterminée vers le socialisme, c’est-à-dire le régime ouvrier et la ligne communiste dans le Parti.

    Deuxièmement, l’œuvre au dépassement du capitalisme d’État dans une économie pleinement socialiste et l’abolition de la lutte des classes dans le cadre national (aspect interne de la victoire du socialisme). Ce second argument se décline lui-même en deux aspects :

    D’abord, la transition d’une production pour le profit à une production pour les besoins et le bien-être général des ouvriers.7 Cette dernière opère toujours dans le cadre du capitalisme d’État, mais elle est alors dite socialiste, même si elle obéit toujours aux lois économiques capitalistes. Ensuite, la tendance à l’abolition des rapports de production capitaliste (loi de la valeur, monnaie, propriété privée, marchandise, rareté), c’est-à-dire la création de rapports de productions socialistes à proprement parler.

    Revenons sur la question de la propriété privée. Le NEM accuse les hoxhaïstes de penser qu’« Il suffirait, donc, de supprimer la propriété privée pour avoir une société socialiste » et que « les Hommes changeraient par magie du jour au lendemain, une fois la collectivisation mise en place ». La seconde affirmation est fausse, même si comme nous venons de le voir, le NEM en conclut des fantaisies idéalistes. Cependant, le NEM donne raison à l’hoxhaïsme avec la première : oui, l’abolition totale de la propriété privée, c’est le socialisme. La propriété privée n’est pas qu’une relation juridique bourgeoise, c’est principalement une relation matérielle : la production capitaliste. La propriété privée (bourgeoise), c’est l’ensemble des rapports de production capitaliste, son existence ou son absence est donc tout ce qui fait la différence entre le mode de production capitaliste et le mode de production socialiste.

    C’est en partie l’inertie idéologique entre dictature du prolétariat, où perdure la lutte des classes, et phase inférieure du communisme (socialisme), qui fait de cette dernière une forme encore immature du communisme. Mais alors, déjà le mode de production est bel et bien socialiste et la lutte des classes est finie du point de vue interne (dans le pays en question). Oui, « Il suffirait, donc, de supprimer la propriété privée pour avoir une société socialiste », et cela n’est absolument pas incompatible avec la persistance d’une idéologie incomplètement communiste et d’idées plus ou moins réactionnaires. C’est tout le sens de la distinction entre phase inférieure et supérieure du communisme, c’est en partie pour cela que le socialisme n’est pas la phase supérieure du communisme.

    Il y a donc deux erreurs de définition :

    Premièrement, confondre deux sens donnés à « socialisme », la dictature du prolétariat en lutte vers son dépassement dans un seul pays en l’absence de révolution mondiale (tel que théorisé par Staline), et la phase inférieure du communisme. Deuxièmement croire que la phase inférieure du communisme n’est plus marquée par l’idéologie bourgeoise.

    Un mot sur l’amalgame qui est fait entre collectivisation et abolition de la propriété privée — l’économie socialiste : la collectivisation n’est qu’une forme de socialisation supérieure de l’économie, mais pas aboutie. Elle autorise la conservation de la loi de la valeur et du salariat (sous une forme partiellement dé-monétarisée seulement), donc, la propriété privée et l’économie marchande, c’est-à-dire le capitalisme. C’est une transition du capital privé vers le capital collectif intégré à la planification — en cela c’est un progrès vers la socialisation et la fin de l’anarchie de la production. La répartition des revenus dans les kolkhozes par le paiement en nature, ainsi que l’échange en nature entre ville et campagne, étaient également toujours une forme de répartition capitaliste, bien que représentant une étape et un progrès dans la tendance vers l’extinction de la monnaie (le troc des biens de consommation remplissant de manière moins optimale le rôle de la monnaie, donc celui de base d’accumulation du capital). Cependant, les rapports de production dans les fermes collectives (kolkhozes), et entre celles-ci et l’État, sont toujours petits bourgeois.

    Cela nous amène à poser une nouvelle question : y avait-il capitalisme en URSS avant 1956 et en Chine entre la fin de la démocratie nouvelle et 1976 ? Oui, l’on qualifie ces deux États de socialiste sur cette période, car ils étaient alors un régime de dictature du prolétariat sur les classes exploiteuses, alors engagées dans l’abolition du capitalisme et le développement de rapports économiques socialistes : le régime politique était prolétarien et l’économie était de transition, du capitalisme vers le socialisme. C’est-à-dire que du point de vue interne, la tendance était à la création du socialisme et à la fin du capitalisme (socialisation, production et répartition selon les besoins, et fin de la loi de la valeur, de l’économie marchande et de la monnaie). Non, du point de vue interne, le socialisme n’avait pas été atteint, l’économie était toujours capitaliste, mais la société était alors activement engagée vers son abolition car le pouvoir politique était possédé par le prolétariat, que sa direction d’avant-garde était assurée par le Parti communiste, et que la ligne communiste dominait le Parti communiste.

    Donc, il faut rappeler : oui, il existait en URSS et en Chine socialiste la propriété privée tant individuelle que collective, une petite bourgeoisie privée et une bourgeoisie (bureaucratique) d’État, ainsi que la persistance de la marchandise, du salariat et du profit, de la monnaie et de la loi de la valeur. Reconnaître cela (dans leurs mesures respectives) ne nous empêche nullement de qualifier ces régimes de dictature du prolétariat, exactement comme Engels a également à son époque qualifié la Commune de Paris de 1871 de dictature du prolétariat, alors même que les catégories économiques capitalistes y dominaient autrement plus et y étaient autrement moins consciemment combattues qu’en URSS, en Chine ou en Albanie.8

    Pour un très bref et très bienvenu éclaircissement sur cette question, nous redirigeons le NEM vers Réponse à Kushtysev (1928) 9, Réponse à la lettre de Ivanov (1938) 10 et Quelques questions de théorie (1939) 11 de Staline.

    « La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne (GRCP) est donc la solution pour contrer la restauration de la bourgeoisie dans le Parti. L’enjeu, du début à la fin de la Révolution Culturelle, n’est que la question de qui dirige le Parti. Car c’est le Parti Communiste qui dirige le processus de mouvement vers le Communisme. […] C’est un processus continu qui commence même avant la Révolution dans les rangs du Parti. C’est d’ailleurs pour cela que dès le début de la Révolution Prolétarienne, la Révolution Culturelle doit être centrale, et cela en permanence. C’est comme cela qu’on transforme les “âmes” des Hommes. C’est parce que le Président Mao a compris le poids de l’idéologie, comme Marx et Engels l’avaient saisi, qu’il est traité d’idéaliste par les révisionnistes qui n’acceptent pas le fait qu’il faut mettre toujours la politique aux commandes. »

    Bref commentaire : l’objet de la révolution culturelle (ou révolution dans la révolution) n’est pas tant de qui dirige le Parti, mais de qui dirige la dictature du prolétariat. En effet, la tradition marxiste-léniniste a pris pour habitude de considérer que le Parti et l’État sont une seule et même entité à cette époque, et historiquement cela s’est relativement vérifié. Mais il faut toujours se rappeler que le régime de parti unique fut un résultat non intentionnel de la guerre civile russe devant lequel les bolchéviques se retrouvèrent le fait accompli (cf. le processus d’évincement politique progressif des forces progressistes et le ralliement autour des bolchéviques tel que décrit par Marc Ferro dans Des soviets au communisme bureaucratique, 1980), que le régime de parti unique était censé être aboli par la constitution de 1936 promu par Staline (qui ne sera jamais appliqué), et qu’en Chine ce régime ne fut jamais instauré (même s’il devint un de facto politique). Cependant, si partout s’est observé un régime de parti unique, c’est parce qu’après la révolution, le parti devient la direction de l’État, car l’héritier direct de la révolution, dans lequel les masses ont mis leur confiance et qui seul à la capacité pratique et l’ambition correspondante de diriger. Donc, c’est là que se concentre le pouvoir politique de l’État et que convergent celles et ceux qui veulent l’exercer (y compris les réactionnaires). Donc, il faut se rappeler que ce qui est l’objet d’une lutte acharnée au moment de la révolution culturelle, c’est d’abord le contenu de la dictature du prolétariat, c’est-à-dire sa direction, et ensuite le contenu du Parti, par voie de conséquence. L’on peut imaginer une révolution culturelle dans le Parti mais aussi contre lui si ce dernier est au-delà de tout salut : qu’importe, car ce qui prime, c’est le contenu sur le contenant — nous enseigne le maoïsme.

    Il est tout à fait juste de noter le caractère idéologique de la révolution culturelle (par définition). Mais il est parfaitement occulté ici que cette dite révolution ne se fait pas que dans « les “âmes” des Hommes », mais aussi et surtout, car la politique — comme il est répété à raison — reste l’aspect principal du problème de la transition vers le communisme, est une révolution contre la bourgeoisie, menée par les masses. Cette révolution est bel et bien aussi un acte par lequel une classe en renverse une autre : les masses ouvrières et de la jeunesse, acquises au socialisme, et les franges communistes du Parti, contre la nouvelle bourgeoisie, et les franges réactionnaires du Parti. Cet aspect politique est principal, il prime tant sur l’aspect idéologique et sur l’aspect strictement économique de la révolution. La révolution culturelle se mène sur le front de l’idéologie (contre les idées réactionnaires), sur celui de la politique (contre les lignes bourgeoises dans la société et le Parti), mais surtout sur celui de la lutte des classes (empêcher une classe de prendre le pouvoir, ou la renverser si elle l’a déjà fait).

    « La vérité, c’est que la bourgeoisie s’était en fait reconstituée dans le PTA ; en fait elle n’a jamais vraiment disparu, car son représentant était le chef tout-puissant du pays des aigles. »

    Le problème n’est donc plus seulement les idées ? Et quid de la restauration de la bourgeoisie en URSS et en Chine, alors ?

    « Les “pro-albanais” sincères se rendront vite compte et les autres s’enfonceront toujours plus dans le révisionnisme et le dogmatisme. Il faut beaucoup de dogmatisme pour nier les faits qui sont éblouissants. »

    « Bien entendu, comme Marxistes, nous sommes prêts à mener la lutte des deux lignes avec tous ceux qui sont sincères dans leur démarche, car nous pensons que tout peut évoluer dans le bon sens, surtout dans cette période de recomposition ! Nous sommes donc prêts à vous aider à balayer vos vieilleries, pour que vous sortiez enfin du cadre bourgeois et assumiez le Communisme. »

    Voilà une dernière question à aborder. Il est dit ici la volonté « sincère » de mener la lutte des lignes et le débat entre communistes, ce qui est la plus louable des intentions. Mais d’autre part, le maoïsme, et plus précisément celui théorisé par le Parti communiste du Pérou (PCP) et Gonzalo, est avancé non pas comme une proposition défendue, mais comme une vérité révélée. Nous apprenons que :

    « le Maoïsme, et il faut vraiment le comprendre, ce n’est pas la Chine, tout comme le Marxisme-Léninisme ce n’est pas la Russie. Le Maoïsme, c’est un développement constant dont le cœur est l’œuvre du Président Mao définie par le Président Gonzalo. […]

    Si vous voulez comprendre le Maoïsme, encore faut-il le vouloir : il faut étudier les textes de base du Parti Communiste du Pérou (PCP). Le Petit Livre Rouge ne peut être compris sans une étude sérieuse de la définition claire réalisée par le Président Gonzalo. »

    Il est donc affirmé, et ce comme fait irréfutable, que le maoïsme c’est autant Mao que Gonzalo, l’expérience chinoise que péruvienne. Pourquoi ? Quelles sont ces formidables preuves que possède donc le NEM pour affirmer avec autant de confiance que le maoïsme est indistinguable de la synthèse qu’en a faite le PCP ? Donc — c’est ce qui est dit — que la majorité des maoïstes existant aujourd’hui, dont ceux menant les processus révolutionnaires les plus avancés du monde en Inde et aux Philippines, ne sont en fait pas vraiment maoïstes ? Une telle affirmation peut se défendre, mais elle doit avoir pour ce faire les moyens de ses ambitions. À ce propos, le NEM nous laisse sur notre faim.

    Soit. Mais il reste un autre problème : comment d’une part dire « nous voulons débattre et atteindre dans la lutte idéologique des conclusions qualitativement supérieures » et d’autre part « nous avons déjà raison, il ne vous reste qu’à vous rallier à notre vérité révélée » ? Et d’autant plus, quand la vérité révélée a si peu d’argument pour elle. Il est une fort bonne idée de rallier les hoxhaïstes sincèrement révolutionnaire à un projet d’unité révolutionnaire, c’est à dire produit d’une lutte idéologique franche pour atteindre une base de ralliement révolutionnaire reconnue commune. Mais ce n’est que dans la forme que le NEM affirme ces velléités louables, car dans le fond, il n’est pas intéressé par autre chose qu’une simple absorption par le procédé sine qua non annoncé a priori d’une capitulation sans condition : nous sommes très loin de la méthode de la lutte idéologique. Comment le NEM espère il ainsi, premièrement, réellement rallier les hoxhaïstes (ou même les maoïstes divergents avec eux) grâce au débat entre communistes, et deuxièmement, qu’un tel dialogue (dans l’hypothèse où qui que ce soit serait intéressé par un dialogue annoncé sourd à l’avance) produise une synthèse et une unité supérieure ?

    Mystère. Le NEM se rend coupable de ce qu’il accuse (souvent à raison) l’hoxhaïsme de faire : rendre antagonique une contradiction non antagonique. C’est la seule résultante possible de ce non-débat d’idée qui n’est qu’un monologue pour soi-même sur le ton de l’excommunication.

    En parlant d’une compréhension profonde et fine du maoïsme comme 3e étape, l’article du NEM nous présente une étrange contradiction. Son rapport à la figure de Staline et au bilan de l’URSS, tant vis-à-vis de la méthode bureaucratique de la direction soviétique que du développement d’une nouvelle bourgeoisie (bureaucratique) avec celui du socialisme, n’est pas un rapport maoïste. Ce que dit le NEM, se rapproche en réalité plus d’un rapport hoxhaïste à la question : Staline et la direction soviétique avaient la bonne méthode — elle n’était pas trop bureaucratique — et la bourgeoisie perd progressivement son pouvoir économique, elle est mourante, dans le développement du socialisme — il n’y a pas celui d’une nouvelle bourgeoisie avec celui-ci. Et étant donné que la méthode de Staline n’était pas trop bureaucratique et que la lutte des classes n’est pas croissante sous la construction du socialisme, alors la révolution culturelle n’est pas nécessaire, nul besoin de renverser une classe qui n’existe déjà plus (ou qui est déjà mourante), et il suffirait alors de transformer les consciences — de mener une lutte strictement idéologico-culturelle. Sur ces trois points (méthode bureaucratique, lutte des classes sous le socialisme et nécessite de la révolution dans la révolution), l’article du NEM est bien plus hoxhaïste que maoïste. C’est fort surprenant de la part des tenants les plus ardents du maoïsme comme 3e étape supérieure du marxisme, et défenseurs d’une compréhension intense de celle-ci qui ne saurait se trouver que dans les écrits du PCP. Il faudrait considérer comprendre le maoïsme de Mao avant de déclarer celui de Gonzalo 3e étape universelle.

    Il faut cependant noter des choses très justes qui sont écrites dans cet article par le NEM, mais qui ouvrent alors à d’autres interrogations.

    « … il est impossible que les consciences des cadres du Parti et des masses étaient socialistes jusqu’en 1985 (mort de Hoxha), et puis après le néant. Il faut un sacré dogmatisme et des œillères pour nier les faits. Les pro-albanais expriment une position de classe claire avec cette négation de la réalité, ils sont au fond des idéalistes. »

    « Il nous semble que pour les disciples d’Hoxha, le plus important à l’heure actuelle serait de sortir une critique sérieuse, donc sincère, sur l’échec de l’Albanie “socialiste”. Cela devrait même être le préalable pour construire sur du solide. L’Albanie a cette particularité d’être le seul exemple où le leader historique a vécu durant toute la séquence, de la Démocratie Populaire à l’effondrement. Il y a donc un sacré problème dans la base idéologique de ceux qui soutiennent Hoxha. La question est de savoir ce qu’il s’est passé, et nous ne voyons que deux possibilités : soit il y a eu un acte magique qui a fait que du jour au lendemain, les plus grands Marxistes-Léninistes sont devenus des porcs de capitalistes liquidant d’un trait de plume tout le système, soit tout était déjà pourri sous Hoxha, et ça depuis longtemps. Comme Marxistes, nous ne croyons pas à la magie, donc tout devait être pourri. Sachant que le dirigeant synthétise tout le Parti, il devait y avoir un problème dans la personne même d’Hoxha ; sinon, on croirait à la théorie de “l’Homme bon, mais au mauvais endroit et au mauvais moment” comme ce que racontent les réactionnaires sur Louis XVI. »

    Voilà qui est très juste et très pertinent dans la lutte idéologique à mener avec et contre les hoxhaïstes.

    Il est impossible de séparer une théorie, un parti ou un dirigeant de l’expérience historique dans laquelle il a vécu. Nous sommes des socialistes scientifiques, donc, nous devons appliquer notre méthode à la compréhension du monde pour croire en ce qu’il y a de plus exact et rejeter l’erronée, c’est à dire, trouver les idées justes dans la pratique. Ainsi, nous devons être capables de faire des bilans honnêtes sur notre passé, nos réussites autant que nos échecs. Autrement, nous sommes condamnés à croire en des dogmes coupés de la réalité, et nous ne sommes alors plus en rien marxistes, et donc, condamnés à l’impuissance.

    Avant de se proclamer 3e étape du marxisme et seul représentant légitime du maoïsme, il serait à propos d’être capable en pratique de faire la démonstration de ses affirmations, en commençant par aller plus loin que les autres continuations du maoïsme, que le marxisme-léninisme, ou même seulement que le marxisme de Lénine (le léninisme). La direction du mouvement communiste international ne se revendique pas en se proclamant vraie ad nauseam, mais là aussi et toujours dans la pratique, en se démontrant vrai et en ralliant ainsi à soit les communistes sous sa direction idéologique. Où est l’intérêt d’adhérer à une 3e étape incapable de se démontrer comme telle ? Nous sommes marxistes, les idées fausses nous sont inutiles et les idées justes se vérifient dans la pratique.

    Quant à l’échec de l’expérience albanaise elle-même, l’article du NEM pose des problématiques brûlantes, mais l’on peut lui reprocher de se focaliser quasi exclusivement dans celle-ci sur l’aspect strictement interne de la construction du socialisme, et en l’occurrence, de la restauration du capitalisme. Or, il ne faut jamais négliger l’aspect ni interne ni externe de ce problème : il ne suffit pas d’avoir aboli le capital et les classes dans un pays, c’est-à-dire que celui-ci possède une économie pleinement socialiste, pour que le socialisme soit pour autant victorieux définitivement (et ce non pas parce que les classes peuvent se régénérer à partir de l’idéologie). L’échec de l’Albanie socialiste ne pose pas seulement le problème de la reproduction et restauration du capitalisme dans un pays à l’époque de la dictature du prolétariat. Il pose aussi celui des limites de la possibilité de la construction du socialisme dans un seul pays en l’absence de révolution mondiale, et surtout de l’impossibilité de garantir cette victoire nationale sans victoire internationale du prolétariat. Le NEM a raison de dire qu’il y a beaucoup à étudier et de réponse à trouver, mais il ne faudra oublier aucune des échelles ni aucun des aspects de la question si nous voulons une « nouvelle synthèse » digne de ce nom.

    « Le Maoïsme ne sera validé que par la pratique, c’est ce que nous dit le Marxisme. »

    Voilà donc un sage juge entre les mains duquel nous invitons le NEM à se remettre, lui et ses vérités révélées. Sûrement que la pratique a des choses à nous enseigner sur l’expérience de la révolution péruvienne et les conclusions à en tirer.

    En conclusion, nous invitons le NEM et toutes celles et ceux intéressés par une critique de l’hoxhaïsme et un exposé du maoïsme à consulter la brochure du RCP-USA Riposter à l’offensive dogmato-révisionniste sur la pensée Mao Tsé-toung (1979).12 Ce texte ayant été publié avant la mort de Hoxha, il ne fait pas le bilan de l’expérience du socialisme en Albanie et de son échec, mais il s’attaque aux thèses de L’impérialisme et la révolution, qui forment l’ossature de la critique hoxhaïste du maoïsme. Bien qu’il aborde lui aussi de manière antagonique la relation entre « pro albanais » et « pro chinois », il dénote par sa rigueur et la qualité de son argumentation.

    À toutes celles et ceux qui cherchent à se former sur ce que le maoïsme a à dire sur les rapports de production socialistes et capitalistes (dont le capitalisme d’État) dans la transition socialiste, sur la nature non-sociale de la propriété d’État socialiste, sur la nature petite bourgeoise de la propriété collective (les kolkhozes soviétiques et les communes populaires chinoises), sur le rôle réel de la superstructure (la culture et l’idéologie) dans la restauration capitaliste, et sur la nouvelle bourgeoisie bureaucratique dans la dictature du prolétariat, nous redirigeons à nouveau vers l’excellente introduction qu’est Marxisme-Léninisme-Maoïsme contemporain (TKP/ML, 1998).

    1 https://www.marxists.org/history/international/comintern/sino-soviet-split/cpc/hedp.htm
    https://www.marxists.org/history/international/comintern/sino-soviet-split/cpc/mhedp.htm

    2 https://www.marxists.org/reference/archive/mao/selected-works/volume-8/mswv8_65.htm

    3 https://www.marxists.org/reference/archive/mao/selected-works/volume-8/mswv8_66.htm

    4 https://www.marxists.org/reference/archive/stalin/works/1930/03/02.htm

    5 https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1918/apr/29.htm#sec2

    6 https://bannedthought.net/Turkey/TKP-ML/1990s/ContemporaryMLM-1998.pdf

    7 https://www.marxists.org/reference/archive/stalin/works/1925/12/18.htm

    8 https://www.marxists.org/archive/marx/works/1871/civil-war-france/postscript.htm

    9 https://www.marxists.org/reference/archive/stalin/works/1928/12/28.htm

    10 https://www.marxists.org/reference/archive/stalin/works/1938/01/18.htm

    11 https://www.marxists.org/reference/archive/stalin/works/1939/03/10.htm

    12 https://www.marxists.org/history/erol/ncm-5/rcp-hoxha/index.htm

  • Hommage au président Gonzalo

    Ce samedi 11 septembre 2021, le docteur Abimael Guzmàn est décédé à 86 ans à la suite d’une aggravation de son état de santé ces derniers mois, au centre pénitentiaire de haute sécurité de la base navale de Callao, près de Lima, au Pérou, après 29 années d’emprisonnement dans des conditions difficiles.

    Plus connu sous le nom de Président Gonzalo, il fut en 1978 un membre fondateur du Parti Communiste du Pérou – Sentier Lumineux (PCP-SL).

    Affirmant la nécessité de suivre la voie ouverte par José Mariátegui, grand théoricien communiste péruvien et introducteur du marxisme en Amérique latine, et de mener la lutte armée contre l’impérialisme et l’état péruvien, il participa en 1980 au lancement de son mouvement dans la guerre populaire.

    Pendant la décennie qui suivit, le conflit mené par le PCP-SL a progressé dans toutes les provinces du pays en partant de la région rurale et abandonné d’Ayacucho, appliquant une stratégie maoïste de prise du pouvoir en construisant des fronts de guérillas et en s’implantant dans la paysannerie pauvre et dans les bidonvilles de Lima. Le PCP-SL possédait ainsi en raison de la sociologie de ses zones d’activité une base militante à majorité indigène et observait une quasi-parité de genre en son sein à tous ses échelons1.

    Après sa capture par le GEIN (les services secrets péruviens) en 1992 et le reflux progressif du PCP-SL qui suivit sa condamnation2, lui et son mouvement furent diabolisés de la plus abjecte des manières par les forces réactionnaires.

    Cette entreprise anticommuniste nourrit de falsification a pour double objectif de salir indélébilement le combat révolutionnaire au Pérou et de relativiser les crimes terroristes commis par l’état péruvien, notamment (mais pas seulement) sous le régime fasciste d’Alberto Fujimori.3

    Nous, l’Unité Communiste, ne possédons pas de positions définies et définitives sur les théories de Gonzalo et de ceux s’en réclamant, et plus largement sur le PCP-SL et la guerre populaire au Pérou. Nous nous concevons dans une position de recherche ouverte vis-à-vis de ces théories et expériences. Cependant, en cette funèbre occasion, nous pensons qu’il est utile que nous formulions plusieurs points fondamentaux sur la méthode de divergence entre communistes, que nous considérons pertinents de rappeler et dont nous soulignons ici l’importance concernant le PCP-SL et Gonzalo.

    Dans les années 80, l’URSS n’était plus qu’un cadavre pourri par le révisionnisme depuis 1956, la Chine a pareillement choisi la voie capitaliste en 1978, et l’Albanie, en tant que bastion socialiste, est également tombé. C’est dans ce contexte international qu’il y a seulement 40 ans, le PCP-SL mène un des processus révolutionnaire les plus explosifs depuis la guerre du Vietnam en menaçant l’ordre impérialiste et capitaliste par une lutte armée intense qui va pousser l’état péruvien dans ses retranchements. Alors que le drapeau rouge, terni et en berne, semblait fini aux yeux de beaucoup, le PCP-SL à su le lever haut.

    Aucun débat entre communiste ne peut se faire sur la base de mensonges et de calomnies réactionnaires.

    Pour cela, nous rejetons les conclusions de la Commission pour la Vérité et la Réconciliation (TRC), crée en 2003 par le gouvernement péruvien pour effectuer un compte rendu des violations des droits humains et des violences ayant occurré pendant la guerre civile jusqu’aux années 2000, avec la fin du règne de Fujimori. Nous considérons les rapports de la TRC comme non-scientifique, faisant état de graves biais méthodologiques lorsqu’il ne s’agit pas simplement de manipulations, et comme fortement motivé politiquement à charge contre le PCP-SL.4

    Ainsi, par exemple, une majorité significative des 48,000 victimes estimées de ce conflit l’ont été de la main du gouvernement péruvien5, ce que ce dernier nie dans sa narration anticommuniste et contre-révolutionnaire qui reprend les meilleurs codes de la « pornographie de la terreur »6, mettant en exergue les violences et le rôle de la direction du PCP-SL dans ces dernières, le décrivant systématiquement comme coupé du peuple péruvien et agissant isolé de sa volonté.

    Il n’est pas l’objet ici de développer le bilan du « Fujimorisme », mais il nous paraît nécessaire de noter quelques points supplémentaires. Fujimori fut l’instigateur d’une répression implacable dans toute la société. Il s’est entre autres rendu coupable de l’organisation de massacres et de viols systématiques dans les campagnes, d’assassinats d’étudiants, de professeurs et de journalistes, par des escadrons de la mort similaire à ceux de l’opération condor sous le Chili de Pinochet. Il fut aussi à l’origine de la stérilisation forcé d’un total de 355 000 indigènes entre 1995 et 2000, à qui il reprochait « d’enfanter des communistes ».7

    Rien de nouveau sous le soleil, l’hypocrisie bourgeoise est totale. Gonzalo a été condamné 3 fois de suite à la perpétuité depuis sa capture et est resté depuis enfermé en isolation dans une prison de haute sécurité où des soins lui ont à plusieurs reprises été refusé.

    Fujimori, lui, pourtant poursuivi pour crime contre l’humanité, n’a été condamné qu’a 25 ans de prison, après avoir essayé d’échapper à la justice péruvienne en se faisant réélire au Pérou et élire au Japon, et bénéficie toujours en détention de tous le luxe : « 10 000 m² sont alloués à son seul usage, disposant d’un jardin planté de 5 000 rosiers, d’une clinique privée, d’un atelier de peinture et d’un salon de réception lui permettant de recevoir des visites sans restriction ».8 En 2017, il fut même gracié par le président Kuczynski (pour permettre à ce dernier, menacé de destitution par l’opposition « Fujimoriste », de rester au pouvoir) avant que ce pardon ne soit finalement annulé sous la pression des familles de victimes dans l’année suivante.

    Il est important de rappeler qu’il est impossible de déterminer une qualité, ou de tirer des conclusions politiques sur un mouvement ou un évènement, en s’adonnant a un décompte morbide des morts et des massacres, réels ou présumés.9 Bien que ce soit le jeu préféré des réactionnaires, et ce depuis au moins la révolution française (avec par exemple le « Livre noir du communisme »), et que certains membres des forces progressistes s’y plient pour se blanchir et condamner avec opportunisme (et fainéantise) les tendances opposées aux leurs, cette « méthode » n’a jamais été un tant soit peu utile pour comprendre en profondeur et adéquatement la réalité.

    Il n’existe d’ailleurs aucun mouvement révolutionnaire (au sens où nous l’entendons, de subversion d’une classe par une autre), d’aucune tendance politique, victorieux comme défait, qui n’ait pas été accouché dans des flots de sang. Ce constat est attristant et à prendre avec toute la gravité qui s’impose, mais reste cependant un fait indéniable ainsi qu’une réalité faisant loi dans l’histoire et à laquelle les révolutionnaires n’ont pas d’autres choix que de se plier « bon gré, mal gré » et ce quel que soit leur rapport idéologique à la violence.

    Que ce soit il y a 150, 100 ou 50 ans, les révolutions ne sont jamais venues au monde autrement que dans la violence, et ce fait à toujours été exploité par la propagande réactionnaire et/ou contre-révolutionnaire. L’on ne peut en attendre autrement, car l’on ne peut que comprendre l’aversion d’une partie du peuple pour une violence perçue comme illégitime ou déraisonnable, et qu’elle soit ensuite habilement exploitée par l’appareil de la classe dominante et ses laquais. Mais l’on peut le savoir, et ainsi se rappeler des précédents : Comment la bourgeoisie française a-t-elle parlé de la commune de Paris ? Comment la bourgeoisie impérialiste, l’aristocratie, mais aussi les anarchistes, les partis socialistes anti – bolchevique et les partisans paysans russes ont-ils parlé de la révolution d’octobre ? Ou plus récemment, comment les fils de bureaucrates et de droitiers, réels ou perçus, ont-ils parlé de la révolution culturelle chinoise ?

    Il existe à gauche une tendance de fond, qui n’a rien de récente et est particulièrement présente dans les pays impérialistes, à draper de « rouge » (ou de noir, selon les affiliations) ces rhétoriques anti-communiste et anti-« totalitaire » pour se les approprier. C’est par exemple habituellement le cas à l’encontre des expériences soviétique, chinoise et albanaise. Contre le PCP-SL, l’on observe aujourd’hui ces mêmes rhétoriques mobilisées, et parfois même chez certains défenseurs sincères des régimes socialistes !

    Nous pensons qu’il s’agit d’une erreur (parfois d’un double standard spécifique au Pérou), qui n’est pas seulement le produit d’une critique du PCP-SL dont serait tiré un bilan négatif, qui en lui-même pourrait être juste. Nous voyons dans ces discours plutôt une erreur d’appréciation échouant à délimiter correctement les amis des ennemis, traitant les premiers comme les seconds, particulièrement lorsqu’il s’agit de Gonzalo et du PCP-SL. Il n’est pas question ici de dire que le PCP-SL n’est pas critiquable et que toute attaque est donc nécessairement un égarement d’une quelconque sorte, simplement d’affirmer que le cadre de la camaraderie et de la scientificité10 sont les seuls standard possibles.

    Ce traitement de défaveur à l’encontre des révolutionnaires péruviens est selon nous un double symptôme :

    Premièrement, le produit d’une hégémonie réactionnaire virulente à l’encontre de ses opposants affaiblis11, allant parfois jusqu’à user et abuser de comparaisons confondantes de ridicule dans ses attaques, en usant par exemple d’appellations comme le « Pol Pot des Andes » pour qualifier Gonzalo.

    Deuxièmement, l’expérience dans nos cœurs impérialistes de la proximité historique d’une révolution, dans le contexte a-historisé, (ie, où l’histoire n’est plus un processus historique dans son sens transformateur totalisant, mais seulement l’affaire du temps qui passe) et pacifié de l’hégémonie des pays dominants.

    Il ne s’agit pas d’un évènement vieux de 100 ans, parfois romantisé ou partiellement récupéré par le consensus bourgeois, rendu inoffensif, mais plutôt d’une réalité possédant un caractère immédiat et direct auquel nous ne sommes plus habitués, mobilisant contre lui tous ce qu’il y a de réactionnaire. Il n’est pas anodin dans la différence de traitement subit par le PCP-SL que les images de sa guérilla et des témoignages lui étant en rapport, soit en couleur, non pas en noir et blanc, et que les camarades les moins jeunes se souviennent d’en entendre parler aux informations télévisées étant enfant, en des termes peu élogieux qui ne se sont pas taris depuis.

    Contre les attaques réactionnaires, malhonnêtes ou erronées, nous défendons l’héritage du PCP-SL et l’œuvre de Gonzalo, en tant que camarades sincères.

    Comprendre et tirer des conclusions, tant factuelles que politiques, sur un événement aussi complexe et riche en interprétations que la guerre civile au Pérou ne peut pas se faire sans un certain recul, tant idéologique12 que historiographique. C’est pourquoi nous pensons que toutes les conclusions sur les théories et la pratique du PCP-SL n’ont pas encore été tirées, que ce soit leurs succès ou leurs échecs, et ce particulièrement concernant les années 80 et 90. La synthèse de ces enseignements n’est pas encore achevée, en conséquence, nous invitons, en tant que socialiste scientifique, autant à l’humilité qu’à la critique inflexible.13

    En ce jour, nous rendons hommage à feu Gonzalo en tant que révolutionnaire pleinement dévoué ayant payé le cher prix de la lutte communiste, à sa veuve la combattante et dirigeante Elena Iparraguirre, et à travers eux, au PCP-SL et au peuple péruvien pour leurs contributions dans le combat pour la cause de l’humanité toute entière. Notre drapeau est rouge aussi de leur sang et nous ne saurons l’oublier.

    « Quelle pourrait être la plus grande peur ? La mort ? En tant que matérialiste, je sais que la vie se terminera un jour. Le plus important pour moi est d’être optimiste, avec la conviction que d’autres continueront le travail dans lequel je suis engagé, et le poursuivront jusqu’à ce qu’ils atteignent notre objectif final, le communisme. Car la crainte que je pourrais avoir, c’est que personne ne continue, mais cette crainte disparaît quand on a confiance dans les masses. Je pense que la pire crainte, en fin de compte, est de ne pas avoir confiance dans les masses, de croire que l’on est indispensable, le centre du monde. Je pense que c’est la pire crainte, mais si vous êtes forgé par le Parti, dans l’idéologie prolétarienne, dans le maoïsme principalement, vous comprenez que les masses sont les faiseurs de l’histoire, que le Parti fait la révolution, que l’avancée de l’histoire est certaine, que la révolution est la tendance principale, et alors votre crainte disparaît. » – M. R. A. Guzmàn Reinoso, Président Gonzalo.

    1 https://www.monde-diplomatique.fr/2020/04/ZAMORA_YUSTI/61627

    2 En raison de l’objet de ce texte ne portant pas premièrement sur la révolution péruvienne et de la complexité du sujet, nous n’aborderons pas ici les questions relatives aux successions de Comité Central, aux rumeurs fondées ou infondés de reddition, à la capitulation présumée de Gonzalo après sa capture et généralement aux luttes de lignes intense ayant conduit à la dislocation du le PCP-SL dans les années 90.

    3 Nous utilisons ici une définition large de « Fascisme », basé sur celle de G. Dimitrov comme « Dictature ouverte et terroriste des franges les plus réactionnaires de la bourgeoisie », ici, compradore.

    4 https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/2053168019840972

    5 https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053168018820375
    On parle de 30 % attribué aux sendéristes contre 47 % à l’état péruvien.

    6 Selon la TRC, le conflit aurait fait 69 000 victimes, dont 46 % seraient imputées aux sendéristes et seulement 30 % à l’état péruvien.

    7 https://www.monde-diplomatique.fr/2004/05/BARTHELEMY/11190

    8 https://www.lefigaro.fr/international/2012/11/27/01003-20121127ARTFIG00655-au-perou-la-prison-c-est-parfois-l-eldorado.php

    9 Comme le note d’ailleurs Alain Badiou dans sa conférence sur la Révolution Culturelle Chinoise : https://youtu.be/S491NAvwzUw

    10 Ces deux exigences sont équitablement fondamentales. Sur cette question, nous redirigeons vers ce bref texte : https://vivelemaoisme.org/proposition-en-cinq-points-pour-le-reglement-des-divergences-et-la-realisation/

    11 Comme il est répandu de le dire, « l’histoire est écrite par les vainqueurs », ou du moins, avec eux. À quoi l’on peut rajouter dans une certaine mesure : « malheur aux vaincus ».

    12 À comprendre dans un sens large, tant vis-à-vis de notre rapport à l’appareil idéologique situé socio-historiquement de nos états impérialistes, que vis-à-vis des débats sur les pensées produites et les controverses soulevées par le PCP-SL lui-même.

    13 « L’oiseau de Minerve s’envole au crépuscule »

  • 70e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine.

    70e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine.

    L’anniversaire du 70e anniversaire de la proclamation de la République Populaire de Chine est une date importante.

    Cet anniversaire possède un sens double. D’une part il est à célébrer, car il marquait une victoire révolutionnaire. Il est l’incarnation d’une victoire contre l’impérialisme, contre la réaction, pour la construction d’une société meilleure.

    De l’autre, il est également l’aboutissement d’un cheminement à étudier, celui de 22 ans de guerre civile chinoise, mais également le point de départ de la construction d’un nouveau monde, durant près de 30 ans. Cette lutte pour le pouvoir populaire, tout comme ce que ce pouvoir populaire a fait, forment une somme immense d’expérience, qui doit nous servir pour les combats de demain. Nous ne devons pas les oublier.

    Aujourd’hui, honorons les héros de la lutte révolutionnaire !

    La lutte pour la révolution en Chine a été une lutte sur de nombreux fronts. Contre les colonisateurs tout d’abord, qui s’étaient découpés l’Empire du Milieu en parts, se réservant des zones d’influence à coups de canonnières. Ces colonisateurs, s’ils n’avaient pas formellement pris possession du pays, détenaient la réalité du pouvoir, appuyés sur des seigneurs de la guerre à leur service. Ils réduisaient à l’état d’esclaves les masses populaires chinoises.

    Depuis la première République de Chine, proclamée en 1911 par le Dr. Sun Yat Sen, et la République Populaire de Chine, 38 ans de combats constants. Combats contre les impérialistes et leurs laquais seigneurs de la guerre, pour libérer la Chine. Combats contre la droite du Kuomintang, qui voulait faire de la Chine une dictature militaire et écraser la juste lutte populaire. Combats pour construire le Parti Communiste, seul à même de pouvoir réaliser les mots d’ordre de Sun : Les « Trois Principes du Peuple » : Démocratie, Socialisme et Nationalisme anti-impérialiste.

    Enfin, a partir de 1927, la longue guerre civile. Une guerre civile qui a transformé chacun des camps. Les Kuomins, de nationalistes anti-impérialistes, sont devenus les agents de facto des Japonais, puis des impérialistes américains, préférant lutter contre le PCC que de défendre les idéaux du Dr. Sun. Chang Kaï Check, le dictateur du Komintang, a ainsi donné la Mandchourie aux agresseurs japonais, en 1931.

    Cette guerre civile a transformé aussi le PCC. L’anabase de la Longue Marche, cette traversée de la Chine, en a changé l’encadrement. Les dirigeants d’avant, formés par le Komintern, sincères dans leur engagement, mais incapables de percevoir la réalité de la Chine, sont progressivement écartés. Dans les grottes de loess de Yennan, le PCC est devenu le parti de la victoire. Il s’est lié aux masses, principalement paysannes dans la région. La direction du PCC, dans laquelle Mao est devenu le personnage central, a partagé la vie des masses populaires, leur misère, mais également leurs aspirations à une vie meilleure. Cette liaison avec les masses, cette relation fusionnelle, la ligne de masse, est devenu le ferment de la victoire. La naît la conception de la Guerre Populaire Prolongée.

    Durant la longue guerre anti-japonaise, de 1937 à 1945, pendant laquelle entre 20 et 60 millions de Chinois perdent la vie le Kuomintang se montre incapable de défendre le pays. Il se marginalise, se coupe des masses populaires, devient intégralement dépendant des USA et des occidentaux. De plus, il ne respecte pas la trêve avec le PCC.

    À l’inverse, celui-ci perfectionne la guérilla, en liaison avec les masses, comme « un poisson dans l’eau ». Lorsque l’armée Showa évacue progressivement, le PCC est désormais en position de force. Lorsque la guerre civile reprend, dès 1946, la situation n’est plus celle d’avant-guerre. Les kuomins sont chassés, refoulés, et doivent évacuer à Formose, où ils bâtissent un régime de terreur.

    Le premier octobre 1949, Mao Zedong, a Beijing, proclame la République Populaire de Chine. Cette accession au pouvoir est faite à l’inverse du système bolchevique. En URSS, la proclamation du pouvoir est le préalable à sa conquête effective, par la Guerre civile. En Chine, c’est le contrôle territorial et l’administration du territoire qui est le préalable à la proclamation de la RPC.

    Elle est un choc pour le monde entier. Le pays le plus peuplé du monde est passé du côté de la révolution prolétarienne. Près de la moitié de la population mondiale est désormais sous le drapeau rouge. La réaction du monde « libre » sera d’ailleurs féroce : tenter à tout prix de contenir l’expansion du communisme, en instaurant un réseau de dictatures d’extrême-droite : Taïwan, Thaïlande, Vietnam-Sud, Corée du Sud… Ce cordon sanitaire justifie tout, y compris les massacres, comme en Indonésie, ou les guerres les plus brutales, comme celle de Corée.

    La construction du socialisme en Chine bénéficie de l’apport de l’URSS, qui, malgré ses plaies béantes, tente de faire son possible pour aider au décollage économique de son pays-frère. De même, contrairement à l’URSS, le PCC était déjà une organisation avec une solide expérience en termes d’administration des régions libérées. En dépit du caractère particulièrement primitif des forces productives, il paraît possible de passer rapidement à une économie planifiée et d’industrialiser le pays. La vie des masses change rapidement. Les femmes, horriblement opprimées, connaissent l’égalité. La situation de servage de facto des paysans est abolie. L’éducation entre dans les campagnes, avec les soins et la culture.

    Les biens de consommation étaient rares dans la Chine féodale. Ils se répandent progressivement, bien que l’abondance ne soit pas encore là. La Chine connaît la dernière famine de son histoire. Surtout, le paysan et la paysanne chinoise avant n’avaient pas d’espoir de connaître une vie meilleure. Ils peuvent désormais faire des études, quitter la campagne, espérer une vie meilleure, voir un autre destin. Des ouvriers et ouvrières, des paysans et des paysannes deviennent des élus, des cadres dirigeants.

    Seulement, tout ne fonctionne pas toujours comme prévu. Une conjonction de phénomènes négatifs impacte très fortement cette tentative de faire un « Grand bond en avant ». Sécheresse, rupture avec l’URSS, départ des ingénieurs soviétiques, surestimation des possibilités. En somme, l’effort demandé est simplement trop important et la base industrielle prévue n’est pas obtenue. Mais elle existe. Dans le même temps, les cent fleurs sont lancés, en 1957, pour permettre qu’une émulation socialiste, critique, puisse s’épanouir. De nombreux réactionnaires, théocrates, féodaux, tentent d’en profiter pour lancer attaque sur attaques contre le gouvernement socialiste. Ils sont réprimés, notamment, car le contexte de la période est particulièrement difficile.

    Durant cette période, en effet, un schisme se produit entre URSS et RPC. Souvent, il est mentionné que Staline et Mao ne s’entendaient pas. Cela n’est pas vrai. Les informations qu’avaient Staline sur la révolution chinoise provenaient d’agents et d’intermédiaires du PCC en poste à Moscou. Or, il s’agissait précisément de militants et de cadres que la direction du PCC jugeait trop peu fiables pour les maintenir sur le terrain. Ce biais a joué dans la perception de Staline de la Révolution. Il a reconnu d’ailleurs publiquement son erreur.

    La véritable raison de la discorde n’est pas dans la question du leadership entre URSS et Chine, mais elle est dans la déstalinisation. Le PCC était d’accord pour critiquer Staline, en 1956. Mais la manière dont cette critique a été faite, mettant tout le monde devant le fait accompli, et le fond de l’affaire, changer la ligne politique du PCUS, ont poussé à la rupture. Khrouchtchev, derrière la déstalinisation, préparait la satellisation de l’Europe de l’Est, l’intégration dans une hypocrite division internationale socialiste du travail. Surtout, il capitulait devant l’occident sur l’idée d’une révolution, jugeant que l’heure était venue pour un monde coupé en sphère d’influences.

    Le Parti du Travail d’Albanie et le PCC ont fait front contre le révisionnisme khrouchtchevien. Quand il est apparu que Moscou ne changerait pas de ligne, la rupture fut consommée. Deux camps socialistes, l’un révolutionnaire, l’autre révisionniste, sont apparus. Ceux qui rejetaient la capitulation, voulaient soutenir les mouvements révolutionnaires et libérer les pays dominés ont été chassés des Partis Communistes révisionnistes. Ils ont monté leurs propres organisations. Par moquerie, ils ont été appelés maoïstes. Le nom est resté.

    Les rapports avec l’URSS prennent une tournure parfois conflictuelle. Elle soutient l’Inde contre la Chine dans le conflit du début des années 1960, tout comme elle multiplie les accidents de frontière au nord. Cette tension continuelle pousse la Chine à, finalement, prendre une position équidistante internationalement, et à la juger sur le même plan que les USA.

    En Chine même, l’échec du Grand Bond en Avant fragilise la position de Mao dans le PCC. Une nouvelle équipe dirigeante, animée par Liu Shaoqi et Deng Xiaoping dirigent la Chine dans une espèce de NEP-bis. La bride est laissée aux cadres locaux du PCC, qui se comportent parfois en potentats locaux, se fondent des petits royaumes. La planification elle-même est en péril, tandis que les écarts sociaux se creusent. Une crise se profile.

    Celle-ci arrive à maturité en 1966. Un immense mouvement de masse, la Révolution Culturelle, créé une révolution dans la révolution. Partis des centres urbains, les Gardes Rouges, ouvriers, ouvrières, étudiants et étudiantes, s’en prennent aux cadres corrompus, aux révisionnistes, aux seigneurs locaux. Elle bouleverse l’ordre établi, cible le confucianisme, réactionnaire. Au mot d’ordre de « feu sur le commandement général », les Gardes Rouges soumettent à la critique et à l’autocritique tous les dirigeants. Liu Shaoqi est fusillé, Deng est envoyé en prison. Mao Zedong, Zhou Enlai, redeviennent les points focaux du régime. La réorganisation du Parti fait que l’Armée Populaire de Libération joue un rôle structurant. Seulement sa direction elle-même est tiraillée par la lutte des classes : Lin Piao est un relais des Soviétiques dans le pays, il représente une menace bonapartiste. Il s’enfuit vers l’URSS et est abattu en vol.

    La révolution culturelle connaît des soubresauts, mais finit par se calmer quelques années après. La Chine est cependant désorganisée et doit se reconstruire. La production a chuté du fait des troubles.

    L’influence de la Révolution Culturelle est immense et international. Elle marque les étudiants et les étudiantes de mai 1968 en France, tout bourgeois qu’ils pouvaient être. Elle marque le mouvement des droits civiques aux USA. Surtout la Chine est un symbole des pays dominés. Elle est le fer de lance de la libération des peuples colonisés. Elle attire. Intellectuels progressistes, militants et militantes révolutionnaires, travailleurs et travailleuses en lutte voient en elle un nouveau phare, surtout avec le pâlissement de l’URSS.

    La période est paradoxale, la Chine cherche à s’ouvrir et à quitter le cordon sanitaire qui a été dressé autour d’elle. Du fait de l’attitude de l’URSS, elle accepte les offres d’ouverture des USA, menant à la rencontre Mao-Nixon, grand choc international. Elle parvient cependant à rentrer à l’ONU et a prendre la place de Taïwan.

    En termes de politique intérieure, l’équipe dirigeante est vieillissante. Les nouveaux cadres sont souvent compétents, mais idéologiquement peu sûrs. La porte du révisionnisme est restée ouverte. Finalement, ceux qui ont gagné en influence ne sont pas les plus fervents militants, mais ceux qui ont été le plus capable de passer pour cela. Elle ne comprend pas le besoin de rigueur politique, d’une économie parfaitement maîtrisée, de la lutte idéologique.

    Le décès de Mao et de Zhou Enlaï, en 1976, cause une vacance de la direction. Celle-ci est occupée par des conciliateurs, des modérés, qui non seulement libèrent les inculpés de la Révolution Culturelle, mais leur ouvre la voie vers le pouvoir.

    Très rapidement, dès 1977, Deng Xiaoping revient sur le devant de la scène. Il met en place, sous le nom de « modernisation » une politique capitaliste. Surtout, il va semer une confusion terrible avec la « théorie des trois mondes ». Mao avait déjà employé cette formule, avec un contenu autre. Chez Deng, celle-ci justifie tout : alliances avec l’Afrique du Sud de l’Apartheid, travail avec la RFA…Etc. Tout ce qui peut affaiblir les « superpuissances » est jugé comme positif. Elle va contribuer à désorganiser le mouvement maoïste, qui ne voit pas forcément le changement d’équipe comme un point de non-retour. Certains, comme Hoxha, vont analyser cela téléologiquement. Seul allié de la Chine, il considère que si elle n’est pas parvenue au socialisme, c’est que sa direction a fait intégralement fausse route. Il la rejette en bloc, déniant toute qualité à Mao.

    Après Deng, la Chine se dirige irrémédiablement vers une économie de marché, une intégration dans les échanges inégaux de la mondialisation. S’il est indéniable qu’elle a développé économiquement le pays, il n’en demeure pas moins que la RPC n’est plus une puissance socialiste, mais qu’elle est capitaliste et impérialiste.

    En dépit des efforts faits par le PCC pour ne pas connaître le même sort que le PCUS, le révisionnisme a triomphé. Le PCC n’a pourtant pas lésiné sur les moyens pour essayer de contourner les difficultés. Maintien d’une démocratie interne vivante au sein du Parti, où les luttes de ligne étaient faites de manière ouverte, autour d’une culture de débat. Appel constant aux masses pour juger de la qualité de l’action du Parti et de ses membres. Le PCC mettait également au premier plan, au-dessus de l’importance du Parti même, la question de la lutte idéologique, primant sur la discipline du Parti. C’est là un des fondements de la Révolution Culturelle.

    Nous avons beaucoup à retenir de cet anniversaire.

    L’héritage de cette révolution est toujours vivant. Il doit le rester à plus d’un titre.

    D’une part comme la mémoire d’évènements, de succès, de réalisations faites par les masses populaires, sous la direction d’un Parti Communiste qui mérite ce qualificatif. La bourgeoisie essaie de nous enlever cette mémoire en la salissant, en répandant des calomnies sur son compte, en mentant à son sujet. Lorsque cette histoire ne présente plus d’intérêt, elle la fait oublier. Sur plus d’un thème, sur plus qu’une période, il existe un vide de connaissances, de savoir. Elle a été effacée. Nous avons un travail à réaliser pour lui redonner vie.

    Mais l’histoire ne suffit pas. Elle n’est qu’une chose morte si elle n’est pas reliée à la politique et à la lutte actuelle.

    Dans cet héritage, nous retrouvons des questions fondamentales, tant philosophique, sur la compréhension de la dialectique, du « un se divise en deux », que des aspects politiques ou pratiques. La stratégie de la Guerre Populaire Prolongée est ainsi un des apports, tranchant avec les théories insurrectionnelles. Elle pose la question de l’accession révolutionnaire au pouvoir comme le fruit d’un processus, non d’une seule épreuve de force. De même, la démocratie nouvelle est un élément fondamental pour l’alliance entre les classes populaires.

    Dans la pratique, l’enquête, la lutte de ligne, la ligne de masse, le débat franc et ouvert sont des principes qui préexistaient auparavant dans les écrits d’autres, mais que Mao et le PCC avaient systématisés.

    Dans le monde entier, toutes les organisations qui combattent pied à pied l’impérialisme et le capitalisme sont inspirées par l’exemple chinois. Ceux qui ont rejeté cet héritage ont généralement rejeté, en même temps, l’idée de la lutte révolutionnaire et du combat contre les forces capitalistes et impérialistes. Le drapeau rouge de la révolution, dans les pays dominés et exploités, s’est nourri de cette expérience.

    Dans les pays impérialistes même, cette influence se fait sentir, même si parfois, elle a servi à esquiver la question incontournable de Staline et de l’URSS. Aux USA comme en Allemagne, des organisations se sont montées, construites, et se sont démarquées du révisionnisme sous l’emblème du Marxisme-Léninisme-Maoïsme. En France l’omniprésence du PCF et l’échec du mouvement maoïste des années 1970-1980 ont limité sa diffusion. Mais celle-ci existe néanmoins. Nous même ne pouvons renier notre inspiration et notre intégration dans l’héritage de la Révolution chinoise.

    Pourquoi ne sommes-nous pas une organisation maoïste ?

    A lire sur notre site.

    L’UCL est une organisation qui a été fondée par des militants maoïstes. Dans un sens elle est une organisation maoïste, dans un autre sens elle ne l’est pas.

    Elle l’est dans son intégration du bilan de l’expérience du combat révolutionnaire en Chine. Elle l’est dans le sens où elle intègre la lutte de ligne au sein de l’organisation, la lutte de masse, la nécessité du combat révolutionnaire et d’une stratégie révolutionnaire.

    Elle l’est dans sa politique non sectaire d’unité, dans sa volonté de travailler conjointement, entre communistes, mais aussi auprès des masses populaires, dans les organisations de masse, dans les émanations de la résistance ouvrière. Elle est ce qui explique notamment notre investissement dans les Assemblées Générales de Gilets Jaunes, à Lyon.

    Elle ne l’est pas dans le sens où notre organisation n’a pas vocation à réunir uniquement et exclusivement sur la base du maoïsme, ni de faire l’unité sur cette base unique et étriquée. À nos yeux, le maoïsme est une forme particulièrement poussée de la compréhension du léninisme, du communisme, du matérialisme-dialectique. Le placer en préalable nécessaire pour adhérer à une organisation n’a pas de sens. Le but d’une organisation communiste, a fortiori d’un parti, est de permettre d’organiser l’avant-garde de la classe ouvrière et du prolétariat. Pour nous, l’adhésion a un parti politique est sur une base politique, celle de l’accord avec le programme, même minimal. Nous pensons que toute personne qui se revendique du communisme, qui veut travailler à construire un parti révolutionnaire, qui veut construire le socialisme et la démocratie populaire a sa place dans nos rangs. Le respect des principes de fonctionnement démocratique, la volonté de pratiquer le débat prolétarien, d’avancer idéologiquement et politiquement est la base. De plus, nous, jeunes militants, n’avons pas la prétention de dire que nous maîtrisons complètement ce qu’est le maoïsme, du moins suffisamment pour arbitrer qui, objectivement, l’est, et qui ne l’est pas. Nous pensons, de plus, qu’il ne suffit de clamer être maoïste pour l’être.

    En dernière instance, c’est la pratique qui fait le maoïsme, pas l’identité.

    Nous avons une confiance inébranlable dans le fait que les apports de la révolution chinoise sont positifs. Nous n’avons pas à redouter d’en faire la démonstration et de convaincre que le bilan de cette révolution peut servir d’exemple.

    Nous pensons que l’enseignement de la Chine démontre que les masses peuvent être organisées largement, participer au Parti Communiste et aux tâches les plus poussées de la révolution. Ce n’est pas le verrouillage qui garantit la « pureté idéologique » de l’organisation, mais la lutte de ligne interne. Or, ce n’est pas l’adhésion au concept de la lutte de ligne ou au concept de la ligne de masse qui fait le maoïste, mais sa pratique concrète, au sein des luttes. Le rejet du sectarisme, la capacité à comprendre le point de vue des masses populaires, des travailleurs et des travailleuses, à rallier les plus avancés, à isoler et faire isoler les positions les plus retardées.

    Pour le moment, personne n’a pu trouver de recette miracle contre la déviation opportuniste et le révisionnisme. Ni Hoxha, dont le régime ne survit pas à sa mort, ni Mao Zedong, ni aucune organisation qui s’en inspire. Il ne peut y avoir que des pistes de réflexion, des conseils, des pratiques qui ont permis de lutter contre celui-ci. Mais ni les organisations puristes et concentriques, ni les organisations souples et ouvertes n’ont réussi à trouver une solution miracle. Elle n’existe pas, surtout, elle n’est pas dans les verrous bureaucratiques.

    Nous pensons que seule la liaison constante, humble, avec les masses, peut permettre de lutter contre ces tendances à la présomption, à l’aventurisme ou, au contraire, au libéralisme.

    Nous pensons que si Mao ou n’importe quel autre grand dirigeant communiste était en vie actuellement, il jugerait avec sévérité le travail réalisé en France. Il nous conseillerait certainement de jeter le folklore par-dessus bord et de travailler vers les masses, de nous mettre à leur école, au lieu de superposer des conceptions mal maîtrisées, coupées de la réalité de la lutte des classes.

    Nous pensons qu’il faut nous rappeler que ce sont les masses populaires, les ouvriers et ouvrières, les prolétaires qui font la révolution en pratique, qui effectuent la transformation des rapports de production et des rapports sociaux. L’organisation est là pour servir le peuple, non fétichiser des grands dogmes. Les masses sont les véritables héros, écrivait Mao.

    Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d acquérir les connaissances même les plus élémentaires. «Préface et postface aux Enquêtes à la campagne» (Mars et avril 1941)

    C’est pour cela que nous invitons largement à travailler ensemble, conjointement, à l’élaboration du futur parti communiste révolutionnaire, synthèse des expériences du mouvement ouvrier, synthèse des expériences du mouvement révolutionnaire international. Nous voulons qu’il soit le creuset dans lequel le meilleur de ces expériences pourra servir à forger l’outil de la victoire.

  • ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    ICOR : Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Organisons la solidarité internationale avec les ouvriers courageux de Jiashi à Shenzhen/Chine

    Depuis mai, le personnel de Shenzhen Jiashi Technology/Chine luttent pour le droit de fondre un propre syndicat afin de pouvoir mener, de manière organisée, la résistance contre l’exploitation et l’oppression. Les ouvriers ne veulent pas accepter que le groupe impose au personnel des heures supplémentaires et des réductions de salaire comme mesures punitives arbitraires. Ils sont en train de construire un syndicat indépendant à l’intérieur de l’entreprise parce que la fédération syndicale proche du gouvernement leur a mis depuis des bâtons dans les roues.

    Actuellement, la direction et la police ont adopté une approche brutale et impitoyable. Les activistes sont battus, licenciés, jetés en prison – voire même kidnappés dans des endroits inconnus. Les membres de la famille et ceux qui les soutiennent sont également touchés par la répression.

    Mais les ouvriers de Jiashi ne se laissent pas intimider. Leur lutte rencontre de la solidarité dans le pays entier. Depuis un certain temps déjà, les dirigeant-e-s des luttes ont découvert et dénoncé les conditions de travail, ruinant la vie et la santé, dans les secteurs de la haute technologie et de l’automobile. Les sympathisants viennent à Shenzhen pour soutenir la lutte directement sur place, p. e. par des manifestations de protestation devant le commissariat de police local pour la libération des détenus. Mais dans d’autres villes de la Chine, il y a également des actions de solidarité. Avec des portraits de Mao Zedong, des vétérans de la Révolution culturelle rappellent une Chine où les ouvriers étaient les maîtres des usines et où l’homme était au centre.

    Apparemment, les dirigeants en Chine craignent le pouvoir organisé de façon indépendante du mouvement ouvrier en conjonction avec la pensée Mao Zedong et que la revendication de syndicats indépendants ne crée un précédent. Depuis des mois, une vague de grèves coordonnées à l’échelle supra-régionale prend de l’ampleur. C’est pourquoi les ouvriers de Jiashi représentent aussi beaucoup d’autres ouvriers !

    Au plan mondial se développe une vague de solidarité. Les ouvriers de Jiashi ne sont pas seuls ! Le besoin d’organisation ne peut pas être supprimé de façon permanente dans la classe ouvrière. Les activistes de Jiashi font connaître leur lutte sur Internet et demandent aussi un soutien international. Dans une vidéo particulièrement émouvante, plusieurs représentants chantent avec détermination l’« Internationale ».

    L’ICOR déclare son soutien à cette lutte intrépide et appelle toutes les organisations membres à organiser la solidarité. Des messages de solidarité peuvent être adressés à coordinationint@yahoo.co.uk pour l’envoi et la publication; l’état actuel peut être vu sous www.icor.info.

    Nous exigeons

    • la libération immédiate de tous les ouvriers, étudiants et autres sympathisants de la lutte des ouvriers de Jiashi !

    • Nous soutenons le droit à des syndicats indépendants !

    • Vive l’unité ouvrière internationale !

    Signataires (en date du 10/10.2018, liste actuelle des signataires sur www.icor.info):

    1. RCP Revolutionary Communist Party of Egypt (Partie communiste révolutionnaire d’Egypte)

    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    3. SDP Social Democratic Party (Parti social-démocrate), Kenya

    4. MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    5. CPSA (ML) Communist Party of South Africa (Marxist-Leninist) (Parti communiste d’Afrique du Sud (marxistes-léninistes))

    6. MLOA Marxist-Leninist Organization of Afghanistan (Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan)

    7. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    8. CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    9. PCC CPI (ML) Provisional Central Committee Communist Party of India (Marxist-Leninist) (Comité central provisoire du Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste))

    10. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))

    11. NDMLP New-Democratic Marxist-Leninist Party (Parti marxiste-léniniste de démocratie nouvelle), Sri Lanka

    12. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    13. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    14. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    15. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    16. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    17. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))

    18. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    19. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    20. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    21. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    22. PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    23. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    24. PML del Perú Partido Marxista Leninista del Perú (Parti marxiste-léniniste du Pérou)

    25. PPP Partido Proletario del Perú (Parti prolétarien du Pérou)

    26. PPDS   Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
  •  Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

     Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

     Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la fête des martyrs TKP / ML – TIKKO

    C’est un honneur pour nous, camarades, d’être présent aux côtés de votre organisation pour cette soirée en l’honneur des martyrs de la Révolution en Turquie et au Kurdistan.

    L’Unité Communiste de Lyon salue la lutte exemplaire que mène le TKP / ML – TIKKO. Elle salue cette lutte, menée dans des conditions difficiles, face aux fascistes, aux obscurantistes, aux impérialistes.

    Nous ne sommes pas une grande organisation influente et puissante, mais nous voulons cependant, nous aussi, à la mesure de nos forces et de nos moyens, participer à la solidarité internationaliste et anti-impérialiste. Dans ce but, au côté d’autres organisations, dont OCML-VP, ici présente, nous participons à la campagne de solidarité avec le Bataillon International du Rojava. Nous avons également participé à la rédaction d’une lettre ouverte aux organisations politiques et aux médias militants, pour leur demander de prendre position sur la question du combat en Syrie, et de cesser cette attitude de double-face, en soutenant en façade les forces de la révolution tout en appuyant les réactionnaires et les impérialistes.

    Nous venons ici déclarer notre soutien à la lutte du TKP/ML TIKKO. Trois dates ne peuvent que venir à l’esprit lorsqu’on pense à ces combats, à cette terrible épreuve.

    La première à eu lieu il y a 75 ans, il s’agit de la victoire de Stalingrad. Face aux armées fascistes-nazies, les soviétiques, sous la direction du comité de défense formé notamment de Molotov, Vorochilov et Staline, ont tenu bon face à l’ennemi. L’ont battu, l’ont écrasé.

    Le seconde à eu lieu il y a 50 ans, il s’agit de l’offensive du Têt, faite par l’Armée Nord Vietnamienne et par la guérilla Vietminh. Cette offensive a brisé la capacité de combattre de la plus puissante armée du monde, l’a humiliée, l’a réduite à abandonner le combat.

    La dernière est celle qui se déroule aujourd’hui, qui embrasse la Moyen-Orient dans son ensemble. Cette lutte est une lutte qui se mène contre les coalitions impérialistes, contre les fascistes, contre les obscurantistes. Elle est l’immense arène dans laquelle les armées des réactionnaires seront brisées.

    Pourquoi ? Car on ne peut briser les armées du peuple, on ne peut réduire au silence celles-ci. Les impérialistes et les ennemis du peuple essaient inlassablement et échouent, car les masses populaires représentent les forces créatrices.

    « Nous sommes résolument pour la paix et contre la guerre. Mais si les impérialistes s’entêtent à déclencher une nouvelle guerre, nous ne devons pas en avoir peur.

    Notre attitude devant cette question est la même que devant tous les désordres: primo, nous sommes contre, et secundo, nous n’en avons pas peur.

    La Première guerre mondiale a été suivie par la naissance de l’Union soviétique avec une population de 200 millions d’habitants.

    La Seconde guerre mondiale a été suivie de la formation du camp socialiste qui englobe une population de 900 millions d’âmes. Il est certain que si les impérialistes s’obstinent à déclencher une troisième guerre mondiale, des centaines de millions d’hommes passeront du côté du socialisme et seul un territoire peu étendu demeurera aux mains des impérialistes; il est même possible que le système impérialiste s’effondre complètement. » Ecrivait Mao Zedong, dans « De la juste résolution des contradictions au sein du peuple », en 1957.

    C’est ce que nous observons aujourd’hui. C’est cette prédiction dont nous verrons la réalisation, si les impérialistes s’obstinent. C’est la naissance de celui qui leur donnera le coup de grâce. Ils seront balayés, comme l’ont été les Hitler, les Mussolini, les Napoléon et tous les autres agresseurs.

    Les fascistes aussi connaîtront le même sort.

    Les fascistes d’AKP prétendent être les défenseurs du peuple Turc. Ils se disent ses amis, ils se disent les protecteurs des masses exploités. Or que font ils en réalité ? Ils vendent les travailleurs et les travailleuses en esclavage aux patrons et aux patronnes. Ils vendent la Turquie en esclave aux impérialistes, ils en sont les valets, les larbins. Ils pensent qu’ils seront gagnants dans ce conflit, alors qu’ils ne font que ramper et quémander une place aux puissances impérialistes, dont la France.

    Les fascistes ont toujours agi ainsi, ils sont les ennemis du peuple, ils sont des traitres à la cause qu’ils prétendent défendre.

    Le seul camp de la défense des intérêts des peuples de Turquie, c’est le camp de la révolution, c’est le camp de la liberté, c’est le camp du communisme. La seule force qui lutte contre les bourreaux des travailleurs de Turquie, c’est la voie révolutionnaire.

    C’est la voie de Kaypakkaya.

    C’est la voie que suivent celles et ceux qui se placent sous les portraits de Marx – Engels – Lenine – Staline et Mao !

    C’est le camp des martyrs que nous saluons aujourd’hui.

    La roue de l’histoire tourne, et écrase les impérialistes, les fascistes et leurs agents. L’avenir est rouge, l’avenir est communiste !

    Vive le TKP / ML – TIKKO, vive la lutte révolutionnaire !

    Vive le communisme !

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Partie finale.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste et révisionniste ?

    Alors que nous publions au fur et à mesure ce texte, le 19 septembre une première réponse des matérialistes vient d’émerger. Une nouvelle fois, rien n’est démontré et tout est asséné. Asséné le fait qu’il faille s’isoler. Asséné le fait qu’il faille rester discret. Asséné le fait de ne pas militer dans les syndicats, dans les masses. Asséné le fait qu’ils détiennent la ligne parfaite, mais qu’ils ne sont pas en mesure de la partager.

    C’est bien là une manière erronée et idéaliste de voir les chose, de croire qu’il faille s’isoler des masses et de leurs luttes, de leurs forces et de leurs travers, pour s’instruire. C’est bien là, encore, la preuve que les Matérialistes sont des alchimistes d’alcôves, non des chercheurs.

     C’est là la marque de l’absence complète de matérialisme de la part de la secte.  Qu’écrivait, à ce sujet, le philosophe Georges Politzer: Etre matérialiste en pratique, c’est agir conformément à la philosophie en prenant pour facteur premier et le plus important la réalité, et, pour facteur second, la pensée.

    Nous allons voir quelles attitudes prennent ceux qui, sans s’en douter, tiennent la pensée pour le facteur premier et sont donc à ce moment idéalistes sans le savoir.

    Comment appelle-t-on celui qui vit comme s’il était seul au monde ? L’individualiste. Il vit replié sur lui-même ; le monde extérieur n’existe que pour lui seul. Pour lui, l’important, c’est lui, c’est sa pensée. C’est un pur idéaliste, ou ce qu’on appelle un solipsiste. (Voir explication de ce mot, première partie, chap. II.)

    L’individualiste est égoïste, et être égoïste n’est pas une attitude matérialiste. L’égoïste limite l’univers à sa propre personne.

    Celui qui apprend pour le plaisir d’apprendre, en dilettante, pour lui, assimile bien, n’a pas de difficultés, mais garde cela pour lui seul. Il accorde une importance première à lui-même, à sa pensée.

    L’idéaliste est fermé au monde extérieur, à la réalité. Le matérialiste est toujours ouvert à la réalité ; c’est pourquoi ceux qui suivent des cours de marxisme et qui apprennent facilement doivent essayer de transmettre ce qu’ils ont appris.

    Celui qui raisonne sur toutes choses par rapport à lui-même subit une déformation idéaliste.

    Il dira, par exemple, d’une réunion où il a été dit des choses désagréables pour lui : « C’est une mauvaise réunion ». Ce n’est pas ainsi qu’il faut analyser les choses ; il faut juger la réunion par rapport à l’organisation, à son but, et non pas par rapport à soi-même.

    Le sectarisme n’est pas non plus une attitude matérialiste. Parce que le sectaire a compris les problèmes, qu’il est d’accord avec lui-même, il prétend que les autres doivent être comme lui. C’est donner encore l’importance première à soi ou à une secte.

    Le doctrinaire qui a étudié les textes, en a tiré des définitions, est encore un idéaliste lorsqu’il se contente de citer des textes matérialistes, lorsqu’il vit seulement avec ses textes, car le monde réel disparaît alors. Il répète ces formules sans les appliquer dans la réalité. Il donne l’importance première aux textes, aux idées. La vie se déroule dans sa conscience sous, forme de textes, et, en général, on constate que le doctrinaire est aussi sectaire.

    Croire que la révolution est une question d’éducation, dire qu’en expliquant « une bonne fois » aux ouvriers la nécessité de la révolution ils doivent comprendre et que, s’ils ne veulent pas comprendre, ce n’est pas la peine d’essayer de faire la révolution, c’est là du sectarisme et non une attitude matérialiste. (Principes élémentaires de philosophie)  Pourtant, malgré les démonstration de sa vacuité politique, de son absence de pratique, de ses prises de position inconséquentes, elle persiste. Elle persiste à mordre tout ce qui est un miroir de son inutilité. Ainsi le « PCF(mlm) »  nous attaque comme étant des « réformistes » et des « révisionnistes. » A cela, nous répondons.

    L’Unité Communiste de Lyon est une organisation jeune. Elle l’est doublement. Elle est jeune car elle n’a qu’un an et demi de vie active derrière elle. Elle n’a donc pas eu le temps de trancher toutes les questions qui se posent à elle. Elle est jeune car les militants et les militantes qui la composent sont, eux aussi, en grande partie, jeunes.

    Pourtant, nous avons essayé d’avancer certaines thèses générales, certains positionnements, en somme, nous avons tracé des lignes de démarcation qui font notre physionomie politique. Si nous les comparons avec celles que nous avons précité chez le « PCF(mlm) », nous ne trouverons guère de points de jonction. Il est vrai que notre soutien va à la Palestine -même si nous ne soutenons pas forcément le programme politique de toutes les composantes de la résistance ; que nous condamnons les revendications -passées et présentes- des manifestations de policiers ; que nous avons appelé à la constitution progressive d’une opposition extra-parlementaire plutôt que de voter pour Emmanuel Macron. Il est vrai aussi que nous appelons aux manifestations contre la Loi Travail. Cela nous démarque de nos détracteurs.

    Nous avons également formulés nos bases politiques dans divers textes, lesquels nous servent de références et nous serviront jusqu’au congrès. Ces textes sont disponibles sur notre site. Dans les brochures sur la question du socialisme, des bases du communisme, du maoïsme, sur la question de la dictature du prolétariat, nous avons, nous le pensons, bien établi nos bases théoriques. Celles-ci sont inspirée de l’expérience de la Commune de Paris, de la Révolution d’octobre, de la guerre civile chinoise. Celles-ci rejettent les conceptions réformistes de Karl Kautsky tout comme celles des trotskistes et des anarchistes.

    Nous reconnaissons la nécessité d’une organisation révolutionnaire, le Parti Communiste, bâtie autour d’un objectif : la révolution prolétarienne, la destruction du pouvoir de la bourgeoisie ainsi que la construction du socialisme, fut-ce sur une seule portion de la Terre.

    Nous reconnaissons la nécessité de la dictature du prolétariat et le fait que cette dictature du prolétariat soit l’outil principal de la lutte contre la restauration du capitalisme, mais également pour la construction du socialisme.

    Cela pourrait n’être que des leçons bien apprises, et rester de papier. Après tout, malgré leur fonds documentaire immense et richement doté, les matérialistes ne sont pas capable de faire d’autres choses que d’ânonner des textes pour se légitimer. Bien qu’il soit probablement difficile de trouver des textes de Mao défendant la police de l’Etat bourgeois.

    Dans nos prises de position publiques, ainsi que dans nos communiqués, nous avons défendu un embryon de programme, limité, temporaire, comprenant des étapes, dans le but de partir de la situation actuelle et de tenter de pouvoir avancer -politiquement et organisationellement. Ces mots d’ordre ne pouvaient se contenter d’être des appels à la révolution. Ils se devaient d’avoir un caractère intermédiaire -même très basique- et transitoire. Cela n’empêche pas que nous pensons que la stratégie générale est celle de préparer la Révolution Prolétarienne, non un bloc défensif autour de la démocratie bourgeoise.

    Effrayés par le fantasme du fascisme, le « PCF(mlm) » s’obstine à avoir comme stratégie un front uni, une ligue défensive. Il n’a décidemment pas compris le fait que la bourgeoisie et le capitalisme ne se dirige pas immanquablement vers cela. Que la nécessité du fascisme correspondait, au moment de sa mise en place, au moment où la bourgeoisie lui a ouvert grand les bras, à la répression du mouvement révolutionnaire.

    Dans la situation de l’enfant effrayé par l’ombre de l’homme qui a vu l’ombre du loup, la secte est tellement obnubilée par cette peur du fascisme qu’elle est prête à toutes les alliances, à tous les compromis, à toutes les reptations. Pour eux, être straight edge est une condition sine qua non  pour être quelqu’un de fréquentable -d’où leurs crachats sur les merguez-pastis CGT, ou encore sur le Kebab-bière des autonomes- mais en revanche, il est possible de marcher avec Gattaz.

    Nous ne partageons pas cela. Nous pensons que nous sommes effectivement faibles, nous sommes dispersés, nous sommes atomisés et éclatés en sectes. Mais nous devons avancer avec cette stratégie générale : l’heure n’est pas à la compromission avec le patronat et la bourgeoisie, mais bien à la construction d’une force indépendante, offensive, révolutionnaire.

    Nous ne sommes pas le parti communiste qui dirigera la révolution, nous sommes une organisation qui demeure au niveau du cercle, laquelle a pour vocation de s’unifier, d’avancer, de disparaître. Nous ne sommes donc pas sur un pied d’égalité, au niveau organisationnel, avec le Grand Parti qu’est le « PCF(mlm) », nous n’avons pas sa grandiose influence sur les masses non plus. Pourtant, nous ne considérions pas que des appels à la révolution, de but en blanc, soient le mot d’ordre de 2016, ni celui des élections de 2017, ni celui du mouvement qui vient. Sans outils adaptés, il nous est impossible de pouvoir faire autre chose que des sauts de cabri en l’air en criant « révolution. » C’est là un fait. Il faut mentionner que, pour lui, le Parti est achevé, le Parti est prêt, il est construit et architecturé pour sa mission : diriger les masses pour la révolution. Seulement, entre inscrire « Parti » partout et entre en assumer d’une manière réelle les tâches, un océan se forme, océan que les courtes jambes du « PCF(mlm) » l’empêchent de franchir. Nous reviendrons là dessus, mais toujours est-il que nous ne prenons pas de leçons de la part de ceux qui s’isolent et se coupent des masses, jours après jours.

    Durant les élections, tandis que les révolutionnaires du « PCF(mlm ») appelaient à voter pour Emmanuel Macron -comme si leur influence changerait un tant soit peu la donne- nous développions le mot d’ordre d’opposition extra-parlementaire. Opposition qui se caractérise, effectivement, par un contenu réformiste – il s’agit d’une mesure transitoire – mais permettant une prise de parole, une prise de position, un gain d’influence de conceptions extra et anti parlementaires. Il s’agissait également de la possibilité d’initier des embryons de débat et de démocratie populaire, dans la mesure des moyens et de l’influence des forces politiques hostiles à la démocratie bourgeoise. Il s’agit, également, pour nous, de politiser les questions qui peuvent être développées dans des groupes comme Front Social, et de quitter la sphère de lutte économiste pour aller vers le politique.

    De ce point de vue, tactique, nous avons agit d’une manière réformiste. Mais le fond de l’affaire se juge sur la stratégie. La nôtre est d’avancer dans le but de forger les organisations révolutionnaires. Le PCF(mlm) a également eu, durant les élections, une ligne réformiste. A la différence que ce dernier, après avoir vomi son communiqué, a replié son drapeau et est rentré paisiblement dans ses pénates. Nous avons, de notre côté, participé aux mobilisations antiparlementaires, tels que le rassemblement du 4février 2017 à Lyon, pour rejeter les candidatures de Le Pen, de Macron et de Mélenchon. L’Unité Communiste de Lyon à un bilan d’activité qui est le reflet de ses forces encore naissantes, mais qui n’a pas de leçon à recevoir d’un monde virtuel animé par des gourous, suivi par des zélotes.

    Quant à l’accusation de révisionnisme, elle mérite d’être creusée. Nous avons expliqué plus haut que nous rejetons les conceptions de la seconde internationale, que nous rejetons celles des anarchistes et des trotskistes. Nous avons, dans plusieurs publications, attaqué les conceptions issues du XXème congrès du PC(b)US, de même que celles défendues par le PCF aujourd’hui. Nous pensons que l’attaque de « révisionnisme », chez le PCF(mlm), est un automatisme que ne sous-tend aucune recherche ou aucune logique. Dès que quelque chose rentre en contradiction avec ses délires de secte, il s’y attaque avec rage.

    Peut-être s’empressent-t-ils d’attaquer le fait que nous ne tracions pas une ligne dans le sable entre Mao Zedong et Enver Hoxha. Nous ne l’avons pas tracé, non pas par volonté d’éclectisme, mais bien parce que nous considérons que ceux et celles qui, parfois hâtivement, tracent cette ligne dans le sable ne la tracent que se réfugier confortablement dans une case, la défendre avec fétichisme et dogmatisme, et être incapable de pouvoir faire un travail scientifique, un travail de chercheur, pour déterminer ce qui est juste et ce qui est faux. Nous pensons que ceux qui opèrent ainsi opèrent dans le dogme et non dans la réalité.

    Dans notre brochure intitulée Fin de partie, nous abordions cette question. « Même parmi ceux et celles qui rejettent les thèses idéalistes, réformistes, trotskistes -ou crypto-trotskistes- et révisionnistes, le plus grand désaccord règne. Nous le comprenons dans un sens. Nombre d’organisations portent un héritage important, portent une tradition et une histoire. Elles sont nées à une époque où choisir la ligne pro-albanaise ou prochinoise avait une implication concrète, directe, réelle.

    Ces décisions suivaient une logique, fille du temps d’alors.

    Aujourd’hui, nous considérons que -même si elles ont un sens- ces questions n’ont pas le caractère d’urgence qu’elles pouvaient avoir auparavant. Nous considérons que considérer le traitement de celles-ci comme des préalables à toute unification est une fausse route. Nous pensons qu’elles ne peuvent trouver, au contraire, une issue positive uniquement à travers le débat dans un cadre unique et non par l’invective et le rejet.

    Du fait de ce traitement sectaire, fétichiste, et nullement fait en direction des masses, le travail d’unification, de construction du parti, végète.

    Combien maîtrisent réellement le marxisme ? le léninisme ? le maoïsme ? une poignée sinon moins.

    Une tâche s’ouvre, pour les communistes de l’Etat français : celle d’avancer. D’avancer sur le terrain de l’idéologie, dans la lutte contre le sectarisme.

    Un grand nombre de processus d’unification ont été menés jusqu’à présent. Il est essentiel d’en tirer un bilan critique et de saisir quelles sont les erreurs, les fautes commises. »

    Bien des individus qui se revendiquent pas forcément de Mao Zedong sont prêts à reconnaître la nécessité de la lutte des classes sous le socialisme, de manière également aigue et révolutionnaire, sans pour autant adhérer à la forme du concept de la Révolution Culturelle. Pourtant, ils adhérent au fond de ce concept. Faut-il les vouer aux flammes ? Faut-il les exclure sans rémission ? Faut-il avancer avec eux et progresser, sur la base d’un travail commun, vers une analyse commune ? Nous pensons qu’on ne peut faire l’économie de ce travail. Ainsi, nous comptons inclure, au sein de notre congrès prochain, les thèses suivantes dans nos textes de référence.

    « Nous nous revendiquons de l’expérience du mouvement communiste international, de son histoire, de son héritage. Certains de nos membres sont maoïstes, d’autres ne le sont pas. Notre organisation, au stricto sensu, ne l’est pas. Pourquoi ?

    Nous considérons, dans notre majorité, que le maoïsme, que l’expérience de la Chine, mais également que les expériences qui sont menées par les groupes communistes révolutionnaires, à travers le monde, représentent les expériences les plus poussées, les plus abouties idéologiquement parlant.

    Seulement, nous sommes dans un contexte qui n’est pas le même, nous sommes dans un niveau de développement organisationnel et idéologique dix crans en dessous de ce qu’illustrent les philippins, les afghans, les indiens ou bien d’autres encore.

    Suffit-il ne s’en revendiquer comme d’un fétiche, de prétendre importer leur modèle dans l’Etat français pour parvenir à leur niveau ? Il s’agit d’une incompréhension de comment les choses fonctionnent, de comment la dialectique et l’organisation avance. Il s’agit d’une incompréhension de comment un parti se construit et de comment sa construction se manifeste par des bonds qualitatifs.

    Il ne suffit pas de se retrancher derrière une adhésion, derrière un sponsor de radicalité, il reste à faire la démonstration d’une ligne juste.

    Nous, dans notre grande majorité, considérons que la Révolution Culturelle est le pinacle de la lutte pour le socialisme, pour le communisme. Nous nous en revendiquons. Seulement l’événement en tant que tel n’a pas de sens si il est réduit à sa dimension historique, s’il n’est pas analysé pour son sens idéologique, politique, sa transcription pratique. 

    Quand nous nous revendiquons de cette révolution, nous nous revendiquons d’une certaine conception de la lutte des classes au sein de l’organisation et du lien actif des communistes avec les masses, de leur mise en mouvement pour mener la lutte contre les déviationnistes. 

    Des individus ou des groupes qui méconnaissent la Révolution Culturelle ne peuvent-ils pas adhérer cependant aux conclusions politiques que nous tirons de cet événement ? Nous n’en doutons pas.

     

    Nous voulons mener la bataille d’anéantissement idéologique. Nous voulons croiser le fer et pourfendre les idées fausses. Nous voulons tirer à boulet rouge sur les défauts de la cuirasse des autres forces, tandis qu’elles fassent de même. Non par amour de la joute, mais bien car les plantes vigoureuses ne poussent pas sous serre.

    Nous écoutons nos ennemis pour ces raisons. Nos ennemis nous apprennent beaucoup de nos faiblesses, cherchent et trouvent les failles, les erreurs, les manques. Ils sont nos éducateurs les plus dévoués.

    Nous voulons pouvoir faire de même avec nos camarades. Nous voulons créer un espace de débat dans lequel les questions peuvent être exposées, les raisonnements illustrés et expliqués en détail, avec patience. Cet espace manque cruellement.

    Ce n’est que dans cet espace que l’unification idéologique peut se faire.

    Cette bataille se fait dans nos rangs comme hors de nos rangs.

     

    Régénérer l’idéologie communiste passe par la démonstration de la véracité de celle-ci, de la véracité des apports de ses continuateurs. Certains camarades commettent une faute terrible, compréhensible, mais terrible tout de même, qui est de sauter directement aux conclusions et d’invalider tout processus de pensée, sous prétexte que sa conclusion est fausse. Certains camarades apportent des raisonnements justes, aux conclusions tronquées. Les communistes ont un travail de maïeutique à mener, faire accoucher les idées justes, lesquelles pointent souvent derrière des raisonnements incomplets ou trop étroits. Rejeter en bloc ce qui n’est pas parfait revient à s’enterrer dans un utopisme sans fin, comme le font les anarchistes.

    N’oublions jamais nos propres failles, n’oublions jamais qu’aucun d’entre nous n’est né communiste. Nous avons appris la théorie, l’idéologie, l’histoire. Elle n’est pas innée, elle n’était pas métaphysiquement en nous. Certaines personnes, certaines organisations ont eu la patience de nous aiguiller, de débattre, de nous aider à nous débarrasser de nos idées fausses. Notre tâche n’est pas de faire tomber des couperets, sauf dans des cas où une ligne rouge serait franchie, mais de faire avancer et progresser l’ensemble de nos camarades.

    Comme nous l’avons mentionné plus haut, nous comprenons des maoïstes dans notre organisation. Pourtant, nous ne rejetons pas comme un bloc les apports faits par Enver Hoxha, en les jugeant hérétiques, nuls et sans intérêt. De même que nous ne rejetons pas certains écrits de Plekhanov. La déviation de Hoxha après la mort de Mao Zedong rend elle caduque les apports du PTA à la lutte contre le révisionnisme soviétique ? La trahison de Plekhanov rend elle fausse la théorie sur la conception moniste de l’Histoire ? A l’inverse, ceux qui se plaisent à évoquer la rencontre Mao-Nixon ; celle-ci rend elle intégralement faux tout ce que Mao a pu produire, tout ce que l’expérience chinoise peut avoir développé comme matériaux à étudier ? »

    Bien des attaques sur le « révisionnisme » servent en fait à camoufler une chose. Le Parti Communiste est un parti politique, l’adhésion y est sur la base de la politique défendue. Il n’est pas possible d’attendre et d’espérer que les adhérents maîtrisent de A à Z l’idéologie pour adhérer. Souvent, cet argument sert à maintenir dans des rangs subalternes, non-décisionnels, ad vidam eternam les nouveaux adhérents. Souvent, cela sert à faire du groupe dirigeant un référentiel ultime, en terme de pureté et de perfection idéologique. Souvent, cela sert à justifier l’existence d’une secte supplémentaire.

    Pourquoi ? Parce que certains sont dans la terreur d’avoir à perdre leur petit royaume, parce qu’ils ont peur de la remise en cause, peur de la bataille idéologique, peur de devoir lutter pour défendre des conceptions idéologiques et pour faire progresser les individus. Ils capitulent devant la difficulté – ils capituleront devant la bourgeoisie -, ils capitulent devant l’angoisse, ils capitulent devant leurs propres lacunes, comblées à coup de dogmes, comblées à coup de folklore.

    Nous avons construit l’Unité dans un but : faire l’unité. Nous l’avons construite dans une stratégie, celle de la faire fusionner -et non pas d’être phagocyté !- avec d’autres organisations, sur la base d’un débat franc et ouvert, bâti sur l’idée d’un accord stratégique minimal. Nous l’avons construite pour qu’elle meure, mais qu’elle engendre des descendants moindres, mais plus forts et plus influents.

    Une base minimale qui soit celle à partir de laquelle il est possible de travailler conjointement, dans le cadre d’une seule organisation, pour avancer en commun. Cette base d’organisation n’a pas besoin d’être immense, elle n’a pas besoin d’être suraffûtée, elle à besoin d’être nécessaire et critique. Elle doit correspondre aux besoins de l’heure actuelle, doit correspondre aux attentes du moment, doit permettre d’initier la nouvelle machine de lutte et d’organisation.

    Les groupuscules comme ‘Les Matérialistes’ et leur prétendu PCF(mlm) peuvent très bien choisir de poursuivre leur chemin idéaliste, leur volonté de pureté et de se placer sur un piédestal. Ils peuvent continuer leur chemin vers les cimes de la pensée, mais ils demeureront des cerveaux en bocal, isolés, rejetant tout.

    Ce sont, après tout, pour ces raisons que personne ne les a jamais vu faire de diffusion, de manifestation, d’événement publics, d’intervention vers la classe ouvrière. Car ils ne sont que des sages de la montagne, ces même sages que nous évoquions dans notre brochure sur la dictature du prolétariat.

    Nous avons expliqué, dans ce texte, les raisons de nos désaccords. Nous ne doutons pas qu’ils vont, à la lecture de ces lignes, bouillir de rage, se mettre dans une colère noire, répondre par un déversement d’injures, d’insultes, par un flot continuel de critiques et de menaces voilées. Ils ont d’ores et déjà commencé à fourbir leurs armes, blessés qu’ils sont dans leur orgueil.

    Mais nous n’en avons cure. Nous nous adressons aux masses, aux militants, aux militantes, qui, les deux pieds dans la réalité, rencontrent la vie. Nous laissons la poussière prendre encore la poussière. Nous les laissons décanter, fermenter, et finalement rejoindre un humus de groupes en décomposition.

    Nous ne répondrons plus à ces alchimistes dans leur tour d’ivoire, étant donné qu’ils rejoignent, par leurs prises de position, le camp des réactionnaires, des exploiteurs. Nous en avons fini avec eux.

    Peut-être commettons-nous des erreurs, peut-être en commettrons-nous d’autres, des graves et des moins graves. Mais nous les ne les commettons que car nous nous confrontons à la réalité, au terrain, à ses évolutions. Que car tous travaillons, justement, dans la matière et non dans l’idée.

    Nous continuerons à avancer, avec des erreurs et des manques, mais nous avancerons, notamment pour briser l’esprit de secte et de cercle qui parasite le mouvement communiste de l’Etat français.

    Pour briser les chapelles et les ministères de prêtres qui se parent de rouge, mais ne savent qu’être les bergers de la bourgeoisie.

    Sommes-nous, alors des acharnés, à vouloir répondre de la sorte ? Probablement. Mais, malgré son jeune âge, malgré ses faiblesses, malgré ses erreurs, l’Unité Communiste de Lyon ne tolérera jamais d’être conspuée de la sorte. Elle ne tolérera jamais qu’une secte d’adulateurs de la police, de crypto-fascistes, de petits intellectuels bas de gamme émette des injures à son encontre.

    Nous leur avons rendu la politesse, en leur faisant l’honneur de les citer, d’apporter des preuves. Nous avons tracé une ligne de démarcation entre eux et nous, entre les philosophes et les alchimistes de l’idéalisme et ceux qui veulent avancer, combattre, et non se placer dans une tour d’ivoire.

    Non un dogme, mais un guide pour l’action, voilà ce qu’est censé être le communisme. Les Matérialistes en ont fait un fétiche et un dogme de l’inaction.

    Nous portons toujours haut le drapeau de la révolution prolétarienne, celui-là même que le PCF(mlm) rejette et salit.

    En avant vers la construction d’un vrai Parti !

    Le communisme est la jeunesse du monde !

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    Le « PCF(mlm) » un « parti » contre les masses.

    Difficile de ne pas attaquer ces drôles, lorsque de telles positions ridicules sont proférées, salissant le drapeau rouge de la révolution, salissant le maoïsme, salissant le marxisme-léninisme, salissant l’intégralité et l’ensemble du mouvement révolutionnaire, l’ensemble de son héritage, l’ensemble de ses figures et de ses acteurs.

    Le « PCF(mlm) » a beau publier des communiqués sur le Président Gonzalo et sur la Guerre Populaire Prolongée, difficile de voir la moindre trace de combativité dans ses écrits. Les dix points de son programme feraient rougir de honte et de rage tout membre actif du mouvement communiste international, tant ils sont du domaine du ridicule. Mais la suite vaut le détour. Quant à sa Guerre Populaire Prolongée, le « PCF(mlm) » la transcrit de la manière suivante dans ses écrits : Soutenir la police, soutenir la bourgeoisie, soutenir Emmanuel Macron, mais attaquer les communistes et les syndicats.

    Difficile, là aussi, de ne pas citer leur dernière vomissure, derrière quels arguments la secte justifie sa non-participation aux manifestations du 12 septembre : « Il y a deux manières de voir les manifestations contre la réforme du code du travail qui ont eu lieu hier à l’appel de la CGT.

    Soit on y voit une expression d’un mouvement social de secteurs protégés au sein d’un pays capitaliste développé, porté par un syndicat recevant un financement très important de la part des institutions dont il est à considérer d’ailleurs comme une composante. Soit on y voit une expression de la lutte des classes.

    Il va de soi que c’est la première manière de voir les choses qui est juste, et il faut relever de la petite-bourgeoisie pour s’imaginer que la seconde interprétation puisse avoir un sens.(…) Et les travailleurs en général savent très bien que les syndicalistes sont des corrompus et des opportunistes, doublés d’un culture de beauf les rendant insupportables. Qui va se mettre en grève un mardi du côté des masses pour participer à un tel folklore totalement inutile ? (…) C’est une insulte à notre époque, aux défis de notre temps. De près comme de loin, il n’y a rien à sauver, c’est entièrement condamné par l’Histoire : c’est une preuve que face au réchauffement climatique, pour la défense de la Biosphère, pour l’instauration d’une économie planifiée, pour la relance de la culture et des valeurs de civilisation, il faut un travail de fond dans les masses, avec les masses, et non se mettre à la remorque des syndicats, des cogestionnaires, des manifestations ritualisées. »

    Derrière la phraséologie gauchiste, une nouvelle fois, point le droitisme. Puisque rien n’est à sauver maintenant, ne faisons rien ! Voilà le mot d’ordre de celles et ceux qui ont déserté la rue et les masses depuis belle lurette, si tant est qu’ils s’y soient jamais aventurés. Nous aurions pu écoper cent mouvements, cent luttes, que nous n’aurions jamais pu les rencontrer pour nous expliquer avec eux. La pureté n’est pas de ce monde, et les Matérialistes non plus.

    Un exemple même de raisonnement fallacieux. Puisque la solution n’est pas parfaite, ils la rejettent en bloc, ils l’écartent et refusent de mener la lutte de ligne. Ils replient leur drapeau et retournent « embrasser des flics. » Ils ne tracent aucune ligne de démarcation entre ce qui est « à améliorer » et ce qui est « à combattre. » Ils rejettent la CGT dans les rangs de l’ennemi. Gauchisme, toujours, prétexte à la ligne de droite : ne rien faire.

     Nous aurions pu leur rappeler cette citation de Mao : « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. »

    La culture du « il faut », la culture du « un jour » la culture de l’utopisme et du crachat facile. Si nous suivions leur ligne, il nous faudrait rentrer dans nos chaumières et attendre. Ne pas participer aux grèves, ne rien faire. Espérer qu’un messie naisse, espérer toujours et sans fin, comme dans n’importe quelle religion, comme dans n’importe quelle secte.

    L’Unité Communiste de Lyon est fière d’avoir dans ses rangs des militants et des militantes de la CGT. Elle est fier de savoir qu’ils mènent une lutte de ligne contre les tendances opportunistes et réformistes de ce syndicats. Elle est consciente que cet outil n’est pas parfait. Mais il existe. Et, contrairement à la « ligne de masse » liquidatrice du « PCF(mlm) », cet outil possède une action sur la société, une action sur les événements. Leur culture de « beauf », ciblée par le prétendu-parti leur sert d’argument massue.

    L’argument culturel sert ici de justification à tout et n’importe quoi. « Mais une telle alliance de la CGT et de l’ultra-gauche, des merguez et des kebabs, du pastis et de la cannette qui est lancée sur la police, est totalement hors-jeu historiquement. » Comment comprendre cette phrase ? Tout lecteur objectif ne peut que se demander si nous ne rentrons pas dans une performance littéraire plus qu’un texte militant. Au loin, point même une lueur de racisme, qui flamboie.

    Si les masses n’ont pas une pratique parfaite, si les organisations syndicales ont une direction droitière et bourgeoise, à qui peut-on en imputer la responsabilité, si ce n’est à notre faiblesse dans la lutte ? Si la CGT dévie, c’est au communistes de combattre cette déviation, non de se mettre en retrait et de cracher leur venin.

    Mais les masses, les travailleurs et les travailleuses, eux-mêmes, elles-mêmes, ne sont pas à la hauteur des désirs du « PCF(mlm). »

    Cette même ligne qui crache sur les ouvriers, les insulte, les injurie, sans vouloir prendre part aux organisations de masse de la classe ouvrière, en restant à l’orée des usines. Cette ligne leur a fait écrire ceci le 27 avril 2017 : « Les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens n’ont pas été à la hauteur du mot d’ordre «¡No pasarán!»

    En acceptant hier la présence de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens, les ouvriers de cette usine qui va fermer ont été en-dessous de tout. Quelle honte ! » Belles et sages paroles. Est-ce là leur vision du maoïsme ? Est-ce là leur regard sur les masses ?

    Lorsque nous lisons leurs communiqués, comment ne peut pas penser au communiqué qui nous cible, et appliquer à eux-mêmes leur propre médecine : « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. »

    Chaque position du « PCF(mlm) » est à l’avenant. Dès que l’opportunité de présenter une position répugnante se présente, ils s’en saisissent. Dès que quelque action que ce soit est faite, dès qu’un mouvement naît, il est immédiatement conspué par cette secte, car imparfait. Incapable de se saisir de la réalité, incapable de proposer quoique ce soit de correct, cette organisation agit comme le Renard dans la fable de la Fontaine, ne pouvant trouver à portée de main les fruits mûrs, qu’il envie : « Mais comme il n’y pouvait atteindre :

    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. «  « 

    Voilà la base de leur aigreur contre notre organisation, voilà pourquoi, dans un même paragraphe, ils nous associent à Soral et Dieudonné. Rouges de honte d’être pris la main dans le sac de leur inconséquence, ils s’aigrissent et injurient leurs détracteurs.

    Voilà pourquoi nous avons donc eu l’honneur de leurs colonnes au travers d’un article sur la Corée du Nord.

    Parce que cette secte est un conglomérat qui essaie de justifier par sa peur panique du fascisme des positions réactionnaires. Elle traite la police comme un rempart pour défendre la République, alors qu’elle est l’outil premier de l’écrasement des masses. Elle traite les bourgeois comme des alliés dans un front uni, alors qu’ils sont les premiers bourreaux des exploités. Eux, trouvent grâce à leurs yeux.

    Mais en revanche, des ouvriers, des travailleurs, des exploités qui ne seraient pas assez révoltés, assez révolutionnaires, assez végan, assez straight edge. Comble du comble, ils n’auraient pas assez la culture prolétarienne pour être digne d’être dans le grand parti « PCF(mlm) ».

    Voilà pourquoi nous les avons cités. Nous maintenons ce choix. Eux nous ont répondu, avec leur coprolalie habituelle. Mais à frapper trop vite, le paladin de la pureté dérape et tombe.

    Dans leur attaque contre l’UCL, dans leur tentative de nous faire endosser la tunique de Nessus et de nous faire passer pour des réformistes, le « PCF(mlm) » échoue. Il échoue même à faire un communiqué correct sur la Corée !

  • Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nouvelle brochure numérisée : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées.

    Nous profitons du calme relatif de l’été, avant que ne se déchaîne un mouvement terrible contre les ordonnances du gouvernement Macron, pour poursuivre notre travail de numérisation de brochures et de documents. En l’occurrence, nous produisons aujourd’hui celui-ci : Deux politiques de coexistence pacifique diamétralement opposées, rédigé en 1963.

    Ce texte apparaît comme un des écrits fondamentaux concernant la période de la rupture sino-soviétique. Il est une dénonciation, par la Chine, de la déviation et de la falsification du marxisme opérée par Nikita Khrouchtchev ainsi que par la nouvelle direction du PCUS. Ceux-ci, sous prétexte de coexistence pacifique, ont érigé en dogme le fait de ne plus soutenir les mouvements révolutionnaires, le fait de marcher main dans la main avec les USA dans la reconnaissance de sphères d’influence, de dominions.

    Ce texte est d’autant plus important que cette politique funeste s’est payée cher. Elle s’est payée, notamment dans l’histoire de notre état, par le fait que le PCF n’a soutenu que mollement, avec mille louvoiement, les volontés d’indépendance algériennes.

    Cela demeure, avec le tout aussi nécessaire « d’où proviennent les divergences ?« , une lecture rapide mais essentielle.

  • Sur la dictature du prolétariat – II – les armes de la bourgeoisie.

    Sur la dictature du prolétariat – II – les armes de la bourgeoisie.

    Les armes de la bourgeoisie

    La lutte des classes est une donnée parfaitement intégrée par la bourgeoisie. Publiquement, ses sbires la nient, mais en interne, dans l’entre-soi de sa classe, elle ne peut que le reconnaître. Elle s’est également lancée dans l’étude de l’expérience socialiste, pour la combattre et la juguler.

    Ainsi, la bourgeoisie s’est dotée d’un plan de bataille. Elle a mis en œuvre diverses politiques pour parer l’éventualité d’une menace renouvelée. Elles ont pu se traduire par la cooptation des opposants, leur intégration dans l’establishment, leur corruption. Mao Zedong, ainsi, appelait ces politiques les « balles sucrées de la bourgeoisie. » Elles sont douces, mais tuent. Tuent les mouvements de lutte, tuent les mouvement révolutionnaires.

    Mais la corruption ne suffit pas, alors la bourgeoisie met d’autres moyens en branle. L’anticommunisme institutionnel en fait partie. Programmes scolaires, ouvrages « historiques », films de propagande camouflés, articles de presse… Tous les moyens sont mis en œuvre pour détourner les masses et la jeunesse des conceptions communistes. Les communistes et les progressistes sincères ont lutté avec ardeur pour que la vérité historique soit défendue le mieux possible. Cependant, l’affaiblissement de ce camp de la vérité a ouvert des brèches, dans lesquelles la bourgeoisie à pu s’engouffrer. 

     Ce n’est nullement un hasard si, en 2006, profitant de cet état de faiblesse, Göran Lindblad, membre suédois du groupe chrétien-démocrate du parlement européen, proposa la résolution 1481 dont les articles sont illustratifs :

    « Article 2 : Les régimes communistes totalitaires (…) ont été marqués sans exception par des violations massives des droits de l’homme. Ces violations (…) incluaient les assassinats et les exécutions (…), les décès dans les camps de concentration, la mort par la fin, les déportations, la torture, le travail forcé et d’autres formes de terreur physique collective.  

    Article 3 : Les crimes ont été justifiés au nom de la théorie de la lutte des classes et du principe de la dictature du prolétariat.

    Article 4 : « L’Assemblée reconnaît que malgré les crimes des régimes communistes totalitaires, certains partis communistes européens ont travaillé à la réalisation de la démocratie ».

    Article 6 : « Les partis communistes sont légaux et encore actifs dans certains pays alors qu’ils n’ont parfois même pas pris leurs distances par rapport aux crimes commis dans le passé par les régimes communistes totalitaires. »

    Dans le septième article, la phrase suivante figure :  « Le jugement moral et la condamnation des crimes commis jouent un rôle important dans l’éducation donnée aux jeunes générations. Une position claire de la communauté internationale sur ce passé pourrait leur servir de référence pour leur action future. »

    Ce principe revient, en catimini, à flatter les partis réformistes et à jeter l’opprobre sur les partis communistes révolutionnaires. Tant que les pseudo-partis communistes demeurent dans le cadre du respect de la légalité bourgeoise, tant qu’ils condamnent le communisme, ils ont, pour la bourgeoisie, leur place dans le jeu « démocratique. »

    A l’inverse, la bourgeoisie à l’intelligence de favoriser la « critique de gauche » du communisme. Ce communisme « pur », de « papier », qui n’aurait jamais été essayé. Par le passé, la ligne des bourgeois fut celle d’une critique « de droite. » Staline était, jusque dans les années 30, présenté comme l’héritier de Lénine, comme un communiste intégral, comme son fer de lance. Ce n’était pas Staline lui-même qui était visé par la bourgeoisie, mais le communisme. Les discours étaient donc axés autour d’argumentaires tels que « le communisme cause la misère, il cause la souffrance…Etc. »

    Le problème de cette ligne était qu’elle n’ouvrait qu’un unique front d’attaque. Celle-ci ne permettait pas de détacher les ouvriers, la jeunesse, de leur sympathie pour l’URSS et pour son équipe de direction. 

    L’opposition « de gauche » au sein de l’URSS, lorsqu’elle fut chassée, s’est très bien acoquinée avec la bourgeoisie la plus réactionnaire. L’une et l’autre partageaient la même haine contre l’Union Soviétique, contre le léninisme. L’une et l’autre ont fait longuement cause commune, y compris à travers les alliances les plus répugnantes.

    Surtout, elle offrait un nouvel angle d’attaque : désormais, le communisme n’était -à part dans la presse la plus réactionnaire- plus vraiment l’ennemi, il était devenu une cause louable, mais trahie. Le trotskisme est devenu, rejoint en cela par l’anarchisme, une division de l’offensive contre le communisme, attaquant par la gauche tandis que les réactionnaires attaquaient par la droite.

    Lénine et Trotski, d’opposés, sont devenus les meilleurs amis du monde dans les romans de la bourgeoisie. Les léninistes furent rebaptisés « staliniens. » Par ailleurs, les révisionnistes firent de même avec le maoïsme. Ces thèses se répandent toujours, s’aggravement même, les réformes des programmes scolaires présentant maintenant sur le même pied communisme et nazisme. L’extrême-gauche, les révisionnistes, la bourgeoisie et les fascistes applaudissent.

    Cette propagande donne naissance à d’intéressantes contorsions mentales. Nombre de militants et militantes des milieux alternatifs concèdent que la bourgeoisie use et abuse de propagande. Qu’elle déforme, mente et viole sa propre légalité, cela est une vérité bien acceptée. En revanche, il est hautement intéressant de voir que les mensonges sur l’URSS -mais également les racontars sur la Corée du Nord, Cuba, ou d’autres que, pourtant, nous ne soutenons pas de manière positive- sont acceptés sans broncher. Dire « Makhno était un pogromiste » entraine des hurlements sans fin ; clamer que Staline l’était n’entraine que des hochements de contentement et d’acceptation.

    Cette propagande entraine un reflexe de rejet pavlovien, que la fainéantise intellectuelle et la difficulté de trouver des documents fiables viennent parfaire. Les citations fausses, sans la moindre source d’origine, sont légion ; tandis que les textes, les sources directes ne sont pas disponibles. Quant elles le sont, elles ne sont pas lues. Quant elles sont lues, leurs apports tombent, hélas, régulièrement entre les mains de fétichistes de l’idéologie, d’idolâtres, et non de militants qui l’utilisent comme apport.

    Combien de membres du PCF déclarent ainsi soutenir Staline, défendre son héritage idéologique, tout en n’étant pas capable d’appliquer le léninisme dans leur grille n’analyse, tout en défendant avec force et vigueur le parti qui fut à la tête de l’assaut révisionniste ?

    Bien souvent, les exégètes forment la seule base idéologique sur laquelle les militants et militantes basent leur compréhension. Lénine n’est pas lu, ou peu, Staline, encore moins. Sont lus, par contre, les auteurs qui commentent, critiquent ces textes.

    La bataille idéologique se double d’une bataille historiographique. Un travail de titan reste à faire, consistant à réunir les sources, réunir les éléments fiables, tout ce qui peut permettre de faire éclater la vérité. Bien souvent, les militants et militantes communistes en sont réduits à instruire à charge et décharge les procès politiques qui leur sont faits. D’une certaine manière, c’est cette défense de l’héritage, cette confrontation aux assauts de la critique, qui durcit les militants communistes et les poussent à se tourner vers un approfondissement de leurs connaissances et de leur maîtrise idéologique.

    Malheureusement, leurs détracteurs n’ont pas toujours ce rapport à l’histoire et à la recherche. Croire à tel ou tel fait se réduit à un acte de foi, un acte aveugle d’adhésion. Or, c’est bien là une faiblesse terrifiante.

    Les textes idéologiques permettent de juger, idéologiquement, de la position défendue par tel ou tel acteur, par tel ou tel auteur. Elle permet d’en éprouver le contenu, la cohérence. Certains trotskistes prétendent que les textes de Lénine ont été falsifiés par les « staliniens. » Quand bien même, quelle importance ?

    Qu’importe, si les arguments qui sont développés dans ceux-ci sont justes, paraissent judicieux, quel intérêt, même, d’en faire une recherche en paternité ? La vérité d’un argument de dépend pas de sa parenté, mais bien de sa capacité à être cohérent et juste.

    De même, si certains critiquent les actions de Mao Zedong, d’Enver Hoxha, cela ne signifie pas que ces auteurs n’ont pas apporté des enrichissements qui peuvent, aujourd’hui former un socle idéologique, permettre d’avancer.

    C’est avec ces armes que les communistes combattent la propagande de la bourgeoisie et de ses alliés objectifs.

    Seulement la bourgeoisie en dispose d’autres.

    Lorsque ne suffit pas la propagande pour étouffer la révolte, étouffer la voix des communistes, elle use d’autres moyens de pression.

    Elle use de la menace, légale ou illégale, par le biais de ses organisations de défense.

    D’une part, par ses relais institutionnels, qui entravent l’action des organisations communistes, qui entravent ses possibilités de développement de ses activités, y compris lorsque celles-ci sont légales. Par l’action de la police, qui réprime, qui opprime, qui surveille, qui fiche. Par l’action d’une justice, dont les procureurs sont aux ordres directs des gardes de sceaux, dont ils exécutent fidèlement les directives, dans le domaine de la répression et de l’écrasement.

    Par la menace illégale, par les milices, ses mercenaires, ses fascistes -parfaits auxiliaires de répression- qui traquent, menacent et tuent.

    Par l’armée, enfin, qui, en dernier ressort, est l’outil suprême de l’écrasement de la révolte du peuple. Ce que la douceur, ce que les balles enrobées de sucre ne peuvent obtenir, la peur et la douleur le feront.

    Si jamais cela ne suffit pas, le feu et le choc prendront le relais. Nulle lois, même celles promulguées par la bourgeoisie elle-même, même les largesses des droits de l’Homme, ne protègent. A la base, dans la vie de tous les jours, cette classe sociale ne s’entrave pas de limites légales pour ses affaires, pour ses plaisirs. Elle ne s’en entrave certainement pas pour sa survie.

    Les libertés fondamentales -expression ; opinion ; circulation…- portent mal leur nom. Liberté signifierait un caractère inaliénable, fondamentales signifierait que sans elle, le fondement de la société disparaît. En vérité, elles sont des droits formels.

    Formellement, la bourgeoisie donne le droit à l’expression. Il peut être retiré. Formellement, elle accorde des droits démocratiques, mais ils peuvent très bien, sans préavis, être amoindris, supprimés, bafoués. Un exemple illustratif est celui de la constitution européenne proposée au vote, par un referendum, en 2005. Contre toute attente, elle fut refusée, à la grande ire de la bourgeoisie de l’Etat français. Malgré le fait que, en droit, un referendum soit la forme d’expression suprême, cela n’a pas empêché qu’elle soit ratifiée. Un revers aurait été terriblement embarrassant et aurait nuit aux projets de l’impérialisme français.

    Menacée, la bourgeoisie ne reste nullement cloitrée à des formes démocratiques d’opposition. Elle est prête à tout, quitte à invoquer des monstruosités. Le nazisme, le fascisme, n’ont jamais gagné le pouvoir par les urnes seules. Mussolini fut coopté par Victor-Emmanuel III, roi d’Italie, pour former le nouveau gouvernement et écraser les grèves d’Italie du Nord. Hitler fut promu chancelier par Paul von Hindenburg, avec le soutien de Krupp, Thyssen, Blohm & Voss ou Porsche. L’un et l’autre de ces créatures sont des purs produits, des pures émanations des intérêts de la bourgeoisie la plus réactionnaire. Ils sont des âme damnées invoquées pour assouvir leurs objectifs, que ceux-ci soient en termes de guerre d’agression comme de guerre contre-révolutionnaire.

    Ce ne sont, hélas, nullement des élucubrations d’esprits sinistres, de tristes sires, qui poussent à décrire cette situation. Ces constats sont le fruit d’un regard sur l’Histoire, au cours de laquelle chacun de ces moyens de défense a été -est toujours- utilisé.

    La cooptation, la propagande, la répression, le fascisme sont des politiques réelles, réellement utilisées par la bourgeoisie pour se défendre. Elles sont les obstacles face auquel tous les révolutionnaires doivent se préparer à faire face.