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  • Préface et postface à Notes sur la situation et la stratégie en France

    Ce document est la préface et la postface à Notes sur la situation et la stratégie en France, qui rassemble Notes sur l’économisme et le syndicalisme, Notes sur le Parti communiste, Notes sur la conscience de classe et Conclusion générale.

    Ces ajouts postérieurs cherchent à développer ce qui l’a insuffisamment été dans les documents d’origines, et à ainsi clarifier nos réponses aux questions qu’ils posent. Leur lecture préalable est nécessaire.

    Préface

    L’objectif de Notes sur la situation et la stratégie en France (2024) est de développer de manière plus rigoureuse et approfondie ce qui n’a été qu’évoqué et survolé dans Sur Unité communiste (2023). Nous essayons de donner à ces problèmes l’examen plus sérieux qu’ils méritent, pour ainsi mieux présenter nos analyses et notre stratégie.

    Particulièrement, nous cherchons à dissiper autant que possible les confusions qui se sont accumulées et qui obstruent la compréhension de la théorie révolutionnaire, ainsi qu’à rendre leur sens à des termes qui ont connu une dilution sémantique progressive. C’est notamment le cas de « Parti communiste », à qui nous essayons de rendre sa profondeur, sa portée, son intransigeance, etc.

    Dans « Notes sur l’économisme et le syndicalisme » et « Notes sur le Parti communiste », nous faisons la synthèse de nos expériences syndicales, particulièrement de nos espoirs déçus, dans nos parcours militants respectifs. Si nous nous permettons de parler avec un tel degré de confiance de l’impasse du syndicalisme, en France et en général, c’est parce que nous l’avons expérimenté directement et à de multiples reprises. Si les limites politiques du syndicalisme et des syndicats nous sont aujourd’hui aussi évidentes, c’est d’abord car nous avons pu les constater nous même, elles et leur récurrence, dans la pratique.

    Notre dénonciation de l’économisme et du syndicalisme ne part pas de Lénine, mais de notre propre pratique. Ce n’est qu’à partir de notre accumulation de pratique, au fur et à mesure des années, dans divers contextes et diverses configurations, que nous avons abouti à la dénonciation de l’économisme et du syndicalisme telle qu’elle est exprimée ci-après. Ce n’est qu’après coup, a posteriori, que nous avons trouvé chez Lénine le développement théorique de notre propre bilan. En bref, nous ne sommes pas partis de la théorie de Lénine pour aller vers notre pratique, mais de notre pratique pour aller vers la théorie de Lénine. Nous n’avons pas découvert Lénine et sa polémique contre l’économisme (Que faire ?, 1902) récemment, mais auparavant, sans notre propre synthèse de notre propre accumulation d’expérience directe, le sens de ses mots ne nous apparaissait pas avec la même clarté qu’aujourd’hui. Notre propre vécu vient encore confirmer que la connaissance dépend lourdement de la pratique (l’on connaît réellement ce que l’on connaît en pratique), car l’expérience indirecte de nos prédécesseurs ne peut être réellement saisie et intégrée (dans toute sa complexité) qu’en possédant déjà une certaine qualité théorique, mais que celle-ci ne peut elle-même être obtenue que part une certaine quantité d’expérience directe.

    Notre démarche, qui part de la pratique vers la théorie, puis de la théorie vers la pratique, et ainsi de suite, n’est pas différente pour ce que nous affirmons sur la condition sectaire du mouvement communiste en France ou l’aristocratisation de la classe ouvrière française.

    La théorie que Unité communiste porte et défend est le fruit d’un travail de recherche et d’étude intense et de longue date, certes, mais surtout de 20 ans d’expérience collective (de la lutte et de l’organisation syndicale, des sectes communistes, de la formation militante, etc.).

    Notre progression théorique, et avec elle, politique, n’est pas le fruit d’une meilleure étude des textes classiques, d’une plus attentive lecture de Marx, Lénine, Staline ou Mao, d’une plus intense méditation sur le sens de leurs mots, etc., mais d’abord d’une progression pratique collective et sur plusieurs années. Évidemment, et comme la profusion de citations dans ces documents le démontre, l’étude des dits classiques reste indispensable pour transformer l’expérience en guide pour l’action, la pratique en théorie. Se priver de cette qualité, certes « fossilisé », desséchée sur le papier, mais cependant déjà constituée (déjà construite, et ce à un niveau élevé), serait renier la science révolutionnaire et ainsi se condamner à stagner.

    Cette synthèse théorique de notre pratique ne pourrait pas exister sans l’espace d’élaboration collective qu’est notre organisation. C’est par celle-ci que des vécus militants très différents peuvent former un sens commun.

    La quantité pratique qui doit être accumulée pour se transformer en une qualité théorique supérieure est plurielle. L’accumulation pratique est un investissement d’énergie et de temps, et aucun de ces deux aspects ne peut être négligé :

    • Pour apprendre de la pratique, il faut un engagement suffisant sur une durée suffisante. De plus, le temps ne peut pas compenser l’énergie, et inversement : quelques semaines d’hyperactivité ne remplacent pas plusieurs années de travail quotidien.
    • La pratique est une quantité d’énergie et de temps, mais aussi leur diversité. Par exemple, notre organisation peut être ce qu’elle est aujourd’hui parce qu’elle hérite d’une expérience du militantisme communiste, syndical, antifasciste, animaliste, etc., et parce que ces expériences ont elles-mêmes été multiples (par plusieurs camarades dans divers contextes) et collectives. Nous le répétons : apprendre seul, isolé, c’est apprendre mal.

    En résumé, pour que la pratique soit féconde en théorie, elle doit être collective, de long terme et diverse. Une pratique militante isolée, de court terme et qui n’a ainsi que très peu exploré, est stérile.

    Postface

    Comment expliquer, dans l’ensemble des pays impérialistes, une période de 80 ans sans aucune situation révolutionnaire ni de mouvements révolutionnaires d’une envergure comparable à ceux de la période précédente ? Est-ce que la tendance contre-révolutionnaire qui s’est observée dans le centre depuis 1945 ne serait en fait qu’une somme de contingences ? Non. Derrière cette tendance, il existe une nécessité. Cette tendance a été causée par la transformation des conditions matérielles d’existence dans les pays impérialistes, c’est une nécessité historique de l’impérialisme.

    Nous devons aborder sérieusement le problème interprétatif du recul et de la disparition du mouvement révolutionnaire dans les pays impérialistes, progressivement depuis 1945. Pourquoi y a-t-il un fossé générationnel entre la génération militante des années 2000-2010 et celle des années 60-70 ? Pourquoi les organisations communistes révolutionnaires se sont-elles massivement effondrées ou dissoutes dans les années 80-90 ? Pourquoi la nouvelle gauche des années 80-90 a-t-elle échoué d’une manière si unilatérale ? Pourquoi les organisations communistes ayant réussi à sortir de cette période ont-elles finalement périclité dans les décennies suivantes ? Pourquoi le mouvement communiste « survivant » est-il largement dominé par le trade-unionisme et le spontanéisme dans nos pays ? Pourquoi ces questions se posent-elles à l’identique dans tous les centres impérialistes (France, Belgique, Allemagne, Italie, États-Unis d’Amérique, Canada, Japon, etc.) ? Poser ces questions, c’est aussi faire le bilan de notre propre pratique dans les masses populaires : qu’est-ce que nos succès et nos échecs révèlent de nous-mêmes, mais aussi des masses populaires elles-mêmes, là où nous militons ? Cela nous confronte à notre propre subjectivisme, et à celui de celles et ceux qui nous ont précédés.

    Le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire sont d’une faiblesse extrême en France. Ceux-ci ne représentent aujourd’hui aucun danger pour la bourgeoisie. De plus, l’État bourgeois a démontré sa solidité, sa capacité à absorber les chocs, et à unir sa classe autour de lui (leur solidarité reste forte).

    Pour expliciter ce propos, nous pouvons prendre des exemples récents.

    Le mouvement des Gilets jaunes (2018-2019) était économique et politique (au-delà du coût de la vie, il exprimait une frustration croissante avec la démocratie bourgeoise), mais il n’était pas révolutionnaire. Il y existait une frange qui s’est progressivement et spontanément dirigée vers la politique révolutionnaire (comprendre : aussi révolutionnaire qu’une politique spontanée peut l’être), mais celle-ci était très minoritaire. De plus, il existait une lutte importante avec les franges réactionnaires et fascistes, et si cette lutte a finalement été gagnée, ce ne fut qu’après la fin de la phase initiale intense du mouvement. La grande insuffisance de la politique révolutionnaire et la totale absence d’une direction politique d’avant-garde (une organisation capable d’effectivement remplir ce rôle) dans les Gilets jaunes condamnaient ce mouvement à la défaite, comme ce fut le cas. Bien que d’une endurance admirable, la mobilisation n’a été massive que dans ses premiers mois, et n’a pas su pérenniser et intensifier l’engagement. Il ne faut pas minimiser l’importance qu’a eue le mouvement des Gilets jaunes, la bourgeoisie a été surprise et effrayée, elle a été poussée à faire des concessions, mais il ne faut pas s’imaginer que l’État bourgeois a vacillé, qu’il a été poussé dans ses derniers retranchements, ou que la bourgeoisie a « paniquée ».

    Le mouvement contre la réforme des retraites (2023) était strictement syndical (économique). Les militantes et militants révolutionnaires y étaient proportionnellement peu nombreux, et ils n’y exerçaient qu’une influence marginale et in fine anecdotique. La mobilisation, dans son ensemble, ne possédait aucune direction politique. Ce que ce mouvement a révélé, en revanche, c’est que le niveau d’organisation du mouvement ouvrier (dont la plus pure incarnation est les syndicats) est diminué, à tel point qu’il n’arrive plus à mobiliser avec succès les outils de la lutte économique (dont le plus pur exemple est la grève) et qu’il est de moins en moins capable de donner une réponse aux offensives de la bourgeoisie dans la lutte pour les salaires. Comparé, par exemple, au mouvement contre la loi Travail (2015-2016), celui-ci n’a pas brillé par sa longévité.

    Le mouvement de révolte de la jeunesse populaire en réaction à l’assassinat de Nahel (2023) était politique, mais il n’était pas révolutionnaire non plus. Là aussi, la présence de la politique révolutionnaire était insignifiante et la direction politique était absente. Évidemment, cette irruption a été un évènement marquant dans la vie de toutes celles et ceux qui y ont pris part, et qui va participer à construire une politisation collective plus radicale au long terme — comme dans le cas des Gilets jaunes. Cependant, à court et moyen terme, ce mouvement s’est très rapidement dissipé, et n’a pas eu de répercussions politiques majeures.

    L’on peut chercher le mouvement ouvrier et le mouvement révolutionnaire autant que l’on veut, en France, ils n’existent qu’à l’état embryonnaire, c’est à dire à un niveau extrêmement immature de développement. L’État bourgeois n’a été menacé par aucun des mouvements de l’histoire récente. Si ces mouvements attestent par leur existence de l’intensification des contradictions en France, ils indiquent aussi l’extrême faiblesse du mouvement ouvrier autant que du mouvement révolutionnaire : ceux-ci sont actuellement inoffensifs pour la bourgeoisie et son pouvoir.

    L’on peut voir que ces mouvements ont simplement existé, et qu’en tant que tels, ils démontrent la vitalité et la force du mouvement ouvrier et révolutionnaire en France. Mais une telle conclusion serait inverse à celles de ces expériences récentes. C’est précisément l’immaturité et la désorganisation de ces mouvements, d’un point de vue politique, et leur défaite subséquente, qui nous démontrent l’anémie et la fragilité du mouvement ouvrier révolutionnaire en France.

    Dans le contexte français des 50 dernières années, ces mouvements peuvent paraître importants — ils le sont. Mais dans le contexte historique du capitalisme mondial, le sont-ils ? Le sens de la question que nous posons est : « y a-t-il des raisons objectives de considérer ces mouvements comme des signes d’un mouvement ouvrier ou révolutionnaire dangereux pour la bourgeoisie ? » Non.

    Il est vain de projeter notre radicalité, nos frustrations et nos aspirations, sur l’état présent du mouvement réel. Ce n’est pas la réalité qui doit se plier à notre stratégie — par la volonté —, c’est notre stratégie qui doit se plier à la réalité — pour la transformer. Si nous essayons d’appliquer les catégories marxistes à notre contexte sans nous assurer de leur concordance à celui-ci, alors nous nous créons un univers mental anachronique et téléologique, où l’on voit partout ce dont parlent Marx, Engels, Luxemburg, Lénine, Trotsky, Staline, Mao ou Hoxha, mais sans voir leur sens réel (ni de notre réalité immédiate ni de celles de ces révolutionnaires du passé). Par exemple, derrière chaque grève, voir les prémices de la grève générale de masse, derrière sa secte, voir le futur parti révolutionnaire, derrière chaque révolte, le début d’une série d’insurrection ou de la guerre populaire, derrière chaque revendication, l’expression de conditions objectives mûres dans les masses, derrière chaque discours syndical, la voix du prolétariat révolutionnaire, etc. Nous n’avançons évidemment pas que ces catégories seraient obsolètes, qu’elles appartiendraient à une autre époque, qui serait révolue. Nous vivons toujours à l’époque du capitalisme et de l’impérialisme. Ces catégories possèdent toujours une universalité qui parle aussi de notre situation présente. Mais cela ne signifie pas qu’il serait possible d’appliquer mécaniquement les catégories de nos prédécesseurs, sans tenir compte des transformations entre leur contexte et le nôtre.

    En bref, dans le mouvement ouvrier, aujourd’hui en France, le niveau d’organisation est bas (même dans la lutte économique) et la direction politique révolutionnaire est inexistante. Face à la bourgeoisie, le prolétariat français est peu combatif, et lorsqu’il l’est, il est désarmé. En France métropolitaine, l’État bourgeois n’a été mis en face d’aucun défi d’envergure, pour sa sauvegarde ou celle de sa classe, depuis que le Parti communiste français a rendu les armes au lendemain de la 2de Guerre mondiale.

    Cette situation de repli depuis 1945, dans laquelle nous sommes toujours, ne peut pas être considérée indépendamment de la situation objective des masses dans les pays impérialistes, c’est-à-dire des conditions matérielles de leur existence. La rhétorique révolutionnaire se base souvent sur un certain nombre de postulats : le prolétariat est exploité donc il est révolutionnaire, il y a paupérisation relative donc il y a des conditions mûres pour la révolution, etc. Or, ceux-ci n’ont rien d’évident, et relèvent plutôt de modes de pensés anachroniques (qui projettent une époque sur une autre), essentialistes (qui associent automatiquement des qualités à d’autres qualités) ou messianiques (qui trouvent partout les signes confirmant la prophétie révolutionnaire).

    Ce que signifient réellement « conditions objectives révolutionnaires » est pour nous — communistes des pays impérialistes — difficiles à comprendre. La situation révolutionnaire que celles-ci permettent est elle-même un cataclysme terrible dont l’ampleur réelle nous échappe souvent, et qui n’est — à court terme — qu’aggravé par la révolution. Des conditions objectivement révolutionnaires sont celles d’une misère qui ne laisse « rien à perdre » : l’absence de sécurité de l’existence, l’aliénation physique et psychologique, la tyrannie assumée et éhontée des capitalistes et de l’État sur les producteurs.

    Le prolétariat est « révolutionnaire » lorsque ses intérêts immédiats — d’échelle restreinte et de court terme — correspondent à ses intérêts historiques — d’échelle internationale et de long terme. Le communisme est la cause de l’humanité tout entière, mais seul le prolétariat révolutionnaire, c’est-à-dire celui qui vit directement cet intérêt, avant tout autre intérêt (individualiste, corporatiste, nationaliste), peut le réaliser.

    La situation « intolérable » que décrit le terme « conditions objectives révolutionnaires » est trop éloignée de nous — spatialement et temporellement —, donc nous la projetons sur ce que nous connaissons dans nos vies. Le confort matériel et politique auquel nous a habitués le consensus keynésien est perçu comme la normalité du capitalisme : tout est interprété relativement à ce référentiel. La généralisation de la « précarité » de la vie par le néolibéralisme est assimilée à un retour à la « misère des masses ». Chaque action de résistance populaire, même la plus marginale, économique ou réformiste, est donc le prélude de la révolution. La croissance et le renforcement de la réaction, dans l’État et la société, sont alors perçus comme une fascisation.

    La période actuelle n’est pas comprise comme une dissolution progressive du consensus keynésien, c’est-à-dire la fin d’une période d’exceptionnelle stabilité, et donc, comme la dissipation du confort matériel et de la modération politique que celui-ci créait. Il est au contraire amalgamé à une répétition des années 20-30, un siècle plus tard. Or, ce que nous vivons n’est (principalement) qu’une restauration des conditions matérielles et politiques telles qu’elles existent en l’absence des contraintes représentées par un mouvement révolutionnaire puissant (l’existence de Partis communistes importants et de dictatures du prolétariat dans le monde). L’exemple de la IIIRépublique, pourtant l’idéal type de la démocratie bourgeoise, est à ce sujet explicite : la vie politique et sociale y était autrement plus violente et réactionnaire (nationalisme, racisme, colonialisme, sexisme, répression étatique, etc.) que sous la VRépublique, pourtant née d’un coup d’État militaire. Nous ne disons pas que nous retournons à une autre époque : notre époque est — comme toutes les époques — unique, parce qu’elle est le produit d’un passé qui n’est que le sien, c’est-à-dire que notre présent existe tel qu’il est à cause de contradictions et d’une accumulation qui sont héritées du passé et qui ne peuvent pas disparaître. Mais avec la recréation de conditions matérielles similaires, il y a la recréation de conditions politico-idéologiques similaires (nationalisme, racisme, colonialisme, sexisme, répression étatique, etc.). La croissance continue de la réaction depuis 30 ans, c’est-à-dire depuis le début du néolibéralisme, est la conséquence directe de l’intensification des contradictions sociales — conjuguée au maintien de l’aristocratisation des masses françaises, d’où une tendance révolutionnaire inférieure à la tendance réactionnaire (l’alliance du prolétariat aristocratisé avec la bourgeoisie impérialiste n’est pas rompue, mais celui-ci est effrayé par son déclassement).

    De la même manière que le mouvement communiste ne peut pas dépasser la tendance révolutionnaire, le mouvement fasciste ne peut pas non plus dépasser la tendance réactionnaire, c’est-à-dire que l’extrême droite, dont les fascistes, ne peut pas « sauter par-dessus leur époque », mais seulement en être à l’avant garde, autant que possible. La tendance objective à la crise et à la paupérisation qui produit ces tendances subjectives (révolutionnaire et réactionnaire) est aussi celle qui les conditionne. Les mandats de Trump ou de Meloni, respectivement aux USA et en Italie, en sont les meilleurs exemples : la tendance à la réaction — impliquée par le néolibéralisme et l’intensification des contradictions dans les centres impérialistes — s’est continuée, mais il n’y a eu ni croissance exponentielle ni choc radical. Dans le cas de Trump, de plus, les évènements du Capitole (2021) ont démontré que ni l’État ni la bourgeoisie américaine n’ont besoin du fascisme : Trump a été isolé et désavoué.

    La fascisation est aussi la progression d’une culture réactionnaire dans la société et dans l’État, mais toute progression d’une culture réactionnaire n’est pas une fascisation : celle que nous connaissons, aujourd’hui en France, n’est que la conséquence superstructurelle des transformations économiques néolibérales. De plus, la corrélation entre la progression de la réaction et la victoire du fascisme a pu se faire passer pour une causalité, parce que ces deux phénomènes distincts possèdent une cause commune dans les contradictions sociales et leur intensification dans la crise, mais celle-ci est fausse : la cause principale de la victoire du fascisme dans la superstructure ne doit pas être cherchée dans la superstructure elle-même, mais dans sa base matérielle. Le fascisme a des idées, mais il ne gagne pas par les idées, il fait des alliances politiques parlementaires, mais il ne gagne pas par des alliances politiques parlementaires, etc. : la victoire du fascisme n’est pas et ne peut pas être une victoire dans les consciences, dans la culture ou dans l’État, mais dans la lutte de classe du prolétariat et de la bourgeoisie. La victoire du fascisme est superstructurelle (dans les consciences, la culture et l’État), mais la cause de cette victoire est dans les rapports matériels de classe. C’est l’état de la lutte de classe du prolétariat et de la bourgeoisie qui rend possible et nécessaire la reconfiguration fasciste des rapports de classe hors de la démocratie bourgeoise, c’est-à-dire la transformation radicale de la superstructure (la fascisation et le fascisme).

    Il ne faut pas nier que la tendance à la paupérisation absolue et relative se vérifie de nouveau depuis plusieurs décennies dans nos centres impérialistes, et qu’avec elle la tendance à la résistance populaire s’intensifie, mais il ne faut pas nier non plus que les conditions matérielles d’existence des masses restent très aristocratisées : la transformation quantitative ne s’est pas encore changée en transformation qualitative.

    La dégradation nécessaire pour que les conditions objectives d’existence actuelles deviennent révolutionnaires (et permettent des conditions subjectives révolutionnaires) est une dégradation absolue, et non pas seulement relative. L’insatisfaction relative qui est croissante dans nos pays impérialistes, en face des promesses non tenues du capitalisme (la « précarisation »), même lorsque celle-ci est extrême, ne peut pas se substituer à l’insatisfaction absolue.

    Entre l’insatisfaction relative et absolue des besoins sociaux, il y a un saut qualitatif qui fait la différence entre des conditions objectives (matérielle) d’existence « acceptable », « tolérable », « supportable », etc., et révolutionnaires (« inacceptable », « intolérable », « insupportable », etc.).

    Les conditions objectives ne sont révolutionnaires que si leur caractère « intolérable » atteint un absolu. Où se situe-t-il ? L’insatisfaction des besoins sociaux est relative (ne constitue pas un saut qualitatif) lorsque ceux-ci sont insatisfaits mais que la reproduction matérielle reste assurée, elle est certaine. L’insatisfaction des besoins sociaux est absolue (constitue un saut qualitatif) lorsque la reproduction matérielle est menacée par chaque aléa de la vie, elle est incertaine.

    Ce n’est pas le contenu des besoins sociaux, satisfaits ou non, qui permet de déterminer si des conditions sont révolutionnaires ou non : par exemple, posséder un téléphone portable est aujourd’hui un besoin social satisfait dans de nombreux pays où il existe pourtant des conditions objectives révolutionnaires. Ce n’est pas non plus la proportion des besoins sociaux satisfaits ou non : sous le capitalisme des besoins sociaux sont nécessairement insatisfaits en permanence (c’est le règne de la nécessité, déterminé par l’accumulation infinie de valeur pour la valeur). Ce qui permet de déterminer si des conditions sont révolutionnaires ou non, c’est la certitude ou l’incertitude de l’avenir (de la satisfaction des besoins sociaux). Dans un cas, le risque est acceptable, il n’est pas une menace existentielle, dans l’autre, le risque n’est pas acceptable, parce qu’il est une menace existentielle, c’est-à-dire que chaque accident peut faire la différence entre la possibilité ou l’impossibilité de la reproduction matérielle (la satisfaction) des besoins sociaux.

    Cependant, ce qui importe, c’est moins la satisfaction des besoins sociaux vitaux (la reproduction matérielle de la vie) que la satisfaction des besoins sociaux en général (la reproduction matérielle de la société) ! En effet, l’insécurité de l’existence qui caractérise objectivement des conditions révolutionnaires ne concerne pas seulement la reproduction de la vie biologique, mais bien la reproduction de la vie sociale — pour que la société existe telle qu’elle doit exister dans ce mode de production.

    Pour caricaturer, des conditions matérielles d’existence révolutionnaires, ce n’est pas nécessairement mourir de faim ou de froid en travaillant 15 h par jour, mais ce n’est pas non plus simplement avoir plus de mal à garder un emploi, à payer son loyer et à remplir son assiette. Il ne faut pas tomber dans le misérabilisme qui voit des conditions matériellement révolutionnaires dans la simple existence de l’exploitation capitaliste.

    À ce sujet, la lecture de La Situation de la classe ouvrière en Angleterre en 1844 (1845) de Engels est très instructive. S’il ne faut pas fétichiser ce que décrit Engels, cela contraste avec tout ce que nous connaissons en France et nous permet de mieux réaliser l’écart entre nos référentiels et ceux de Engels (à quelle expérience concrète il faisait référence lorsqu’il parlait de « prolétariat révolutionnaire »).

    La « misère » des masses françaises, et plus largement celle des masses des centres impérialistes, n’est que très relative. Celle-ci n’est réellement une misère « absolue » que dans le cas du lumpen proletariat et du prolétariat immigré de première génération. Or, le lumpen proletariatest non seulement une frange très minoritaire de la population, mais il n’a en tant que classe pas de potentiel révolutionnaire (pas de rôle historique d’avant-garde). Chez le prolétariat immigré de première génération, les conditions d’exploitation et d’existence ne peuvent souvent pas être décrites autrement que comme « intolérables » (dans l’absolu, et relativement au reste du prolétariat métropolitain). Cependant, il ne faut pas oublier pourquoi ces travailleuses et travailleurs se sont exilés vers un pays du centre impérialiste en premier lieu : pour y chercher une certaine sécurité et prospérité économique. Objectivement et subjectivement, se conformer aux conditions d’exploitations et d’existence de la métropole (ce qui n’exclut pas d’y mener des luttes économiques) reste un choix préférable à l’engagement révolutionnaire et à la révolution. Lorsque le prolétariat immigré n’est pas intégré à l’aristocratie ouvrière, il cherche activement à l’intégrer, et lorsqu’il l’a intégré il cherche à y rester et n’est qualitativement plus distinct du reste de l’aristocratie ouvrière internationale (même s’il reste sa frange inférieure).

    La précarisation de l’existence qui s’est observée avec le néolibéralisme dans les pays impérialistes du centre a — comme son nom l’indique — généralisé l’insécurité de la vie (l’accès à un travail, à un logement, à une retraite, etc.). Cependant, le capitalisme, dans ces pays, fournit toujours suffisamment d’opportunités, soit par le marché, soit par des interventions étatiques (les aides sociales), pour que la reproduction matérielle reste suffisamment assurée pour que les prolétaires n’aient pas « rien d’autre à perdre que leurs chaînes », mais aussi un emploi et un revenu capable de leur fournir un présent et un avenir correct. Dit autrement, le capitalisme peut encore suffisamment promettre et suffisamment tenir ses promesses. L’incertitude de la vie sous le capitalisme (le statu quo) reste trop inférieure à l’incertitude d’une éventuelle révolution pour que celle-ci soit possible.

    Aujourd’hui, en France, même les « précaires » possèdent dans leur majorité non seulement un accès à de la nourriture et à un logement, mais aussi un certain confort et des loisirs, ainsi qu’une certitude suffisante de ne pas tout perdre ou mourir dans un avenir proche (tomber dans une misère potentiellement mortelle au premier imprévu). Il leur est permis d’espérer non seulement une situation assez stable, mais que celle-ci progresse d’une manière ou d’une autre (consommer plus ou mieux, partir en vacances, acheter une voiture, devenir petit-bourgeois, accéder à la propriété de son logement, etc.).

    Par définition, des conditions objectives sont révolutionnaires lorsqu’il y a un équilibre entre le risque de la perpétuation de l’état présent des choses et le risque de la confrontation directe et violente avec l’État bourgeois (la police et l’armée) — la révolution. Dans de telles conditions, continuer ou cesser de se conformer au système capitaliste sont des choix rationnellement équivalents. À proprement parler, des conditions d’existence révolutionnaires sont des conditions qui ne peuvent que transformer cette existence en existence révolutionnaire, c’est-à-dire des conditions qui rendent l’existence révolutionnaire. Cet équilibre objectif n’est cependant pas automatiquement un équilibre subjectif, car par inertie (la superstructure) les consciences penchent toujours en faveur du statu quo. C’est dans la situation révolutionnaire que l’équilibre objectif (dans les intérêts) devient aussi un équilibre subjectif (dans les consciences), qui ouvre la possibilité de l’offensive révolutionnaire de masse. Ceci dit, rappelons que si des conditions objectives favorables (l’équilibre objectif) sont le préalable de toutes situations révolutionnaires, elles ne les produisent pas automatiquement.

    Lorsque la contradiction entre la base matérielle et la superstructure qui la maintient devient trop intense (en période de crise), la situation devient révolutionnaire, mais en temps normal, même lorsque les conditions sont révolutionnaires, la superstructure remplit son rôle réactionnaire avec succès. Parce qu’elle pèse dans les consciences en faveur du statu quo, c’est elle qui rend une situation « intolérable » stable — elle maintient un équilibre. Voilà pourquoi le statu quo ne peut être brisé que par une crise, c’est-à-dire qu’une situation révolutionnaire ne peut être créée que par une aggravation encore supérieure des conditions d’existences, qui rend impossible la reproduction de l’état présent des choses (chez les dominés et chez les dominants) tel qu’il s’est fait jusqu’alors.

    La révolution est un paroxysme collectif, les conditions objectives révolutionnaires sont des conditions d’existence qui créent la possibilité et la nécessité d’un tel paroxysme collectif — rien de moins.

    Le fait que plusieurs organisations communistes françaises aient décrit le récent mouvement contre la réforme des retraites (2023) comme une « situation révolutionnaire » (ou une « situation pré-révolutionnaire ») est la démonstration d’une totale déconnexion avec la force de ce terme (et avec elle, d’un total manque de recul historique).

    Dans les pays impérialistes comme le nôtre, la pratique de la lutte politique et économique dans les masses tend vers deux issues :

    • soit, la réalisation de l’absence d’un potentiel révolutionnaire réel dans les masses, le constat de l’hégémonie réformiste et trade-unioniste, et la compréhension de la cause profonde de cet état de fait : l’aristocratisation générale de la classe ouvrière française par les surprofits impérialistes ;
    • soit, la dilution de la lutte politique dans la lutte économique, et avec elle de la ligne communiste dans la simple défense des conditions d’existence des masses.

    En toutes circonstances, impossible d’être révolutionnaire sans être dans les masses, mais lorsque les masses sont aristocratisées (soudoyées et corrompues), impossible d’être révolutionnaire sans être marginal dans les masses. Cette contradiction apparaît clairement dans les pays impérialistes. Un révolutionnaire coupé des masses n’est pas un révolutionnaire (parce qu’il est alors coupé de la pratique de la lutte des classes), mais lorsque les masses sont radicalement non-révolutionnaires, comme c’est durablement le cas dans un pays comme la France (où les conditions objectives ne sont pas révolutionnaires), être dans les masses c’est aussi être relativement isolé dans celles-ci (la condition sectaire). « Aller aux ouvriers », pour citer ce slogan économiste, ne doit jamais signifier se dissoudre politiquement dans la classe ouvrière (être au plus près des ouvriers, donc, ne plus être communiste), mais là où lorsque la classe ouvrière est placée dans des conditions objectives révolutionnaires, la marginalité des communistes dans les masses n’est qu’une situation temporaire, lorsque la classe ouvrière n’est pas placée dans des conditions objectives révolutionnaires, la marginalité (la condition sectaire) est pérennisée.

    Autrement dit, aujourd’hui, « aller aux ouvriers », c’est soit se dissoudre dans les luttes économiques spontanées de la classe ouvrière (le spontanéisme et le trade-unionisme), soit accepter de rester relativement détachée de la classe ouvrière telle qu’elle existe actuellement — en tant qu’aristocratie internationale du travail — ce qui n’était pas le cas du contexte au sujet duquel écrivait Lénine (la Russie du début du XXsiècle). Rester des sectes communistes sans direction dans les masses est une anomalie (la démonstration d’une pratique erronée) lorsque ces masses ont un potentiel révolutionnaire, mais la normalité lorsque les masses en question n’ont pas de potentiel révolutionnaire. Voilà ce qui explique à une échelle macroscopique le mouvement général de capitulation spontanéiste et trade-unioniste qui s’est observé dans le mouvement communiste depuis la fin du XXsiècle dans les pays du centre impérialiste : les sectes communistes, désespérées d’échapper à cette condition pour enfin se constituer en parti de masse, ont toutes entrepris de se « mettre au niveau » des masses auxquelles elles s’adressent, c’est-à-dire de s’y rabaisser et d’abandonner la lutte politique pour la lutte économique, en espérant ainsi sortir de leur impasse — en vain. L’impasse n’en est en réalité que plus radicale !

    Persévérer dans la pratique révèle autant les chemins que les impasses, là où elles sont : sans pratique, chemins et impasses se confondent.

    C’est dans la pratique de la lutte politique et économique dans les masses que l’on comprend la réalité de leur potentiel de lutte, et l’absence de leur réel potentiel révolutionnaire — pour l’instant ! Car, ce n’est pas parce que les masses ne sont pour l’instant pas révolutionnaires (au sens où leurs conditions d’existence ne leur permettent d’avoir aucun potentiel révolutionnaire) qu’il n’y a rien à construire avec et dans les masses. Le seul moyen de connaître réellement les conditions d’existence des masses et le niveau de conscience des masses, c’est de vivre (!) et de lutter dans les masses. C’est de cette manière que nous avons pu déduire nos conclusions actuelles, mais c’est aussi de cette manière que nous pourrons atteindre de nouvelles déductions.

    De plus, il est primordial de comprendre que la pratique militante dans et à destination des masses est nécessaire pour acquérir et développer des compétences de cadre. Si aujourd’hui, en France, l’utilité directe de notre pratique est nulle ou quasi nulle, parce que notre mouvement est incapable de conquérir une direction dans les masses (de fusionner avec le mouvement ouvrier pour devenir un mouvement réellement révolutionnaire), et ce en premier lieu pour des causes objectives, cela ne signifie pas que la pratique n’a alors plus d’utilité. Dans notre contexte historique (notre époque dans les pays impérialistes) et à notre niveau de développement (la condition sectaire), la pratique n’est pas moins importante que dans n’importe quel autre contexte historique ou niveau de développement, mais ce qu’elle nous apporte ne réside pas dans son utilité directe, mais principalement dans son utilité indirecte.

    Par exemple, l’activité d’agitation et de propagande des communistes sur les piquets de grève, dans les manifestations ou dans les quartiers populaires a pour objectif d’organiser et de politiser leurs luttes, de conquérir et d’assumer une direction dans celles-ci et de construire un parti communiste de masse, c’est-à-dire de construire un mouvement révolutionnaire. Or, ces objectifs sont aujourd’hui objectivement inatteignables : les communistes échouent à les remplir, et stagnent. Cela signifie que l’activité d’agitation et de propagande des communistes a une utilité directe quasi inexistante. Et alors ? Cela signifie-t-il que cette activité n’a aucune utilité ? Non, seulement que celle-ci est ailleurs. Cette pratique apprend des compétences idéologiques (se dévouer à la lutte), des compétences politiques (connaître et agir sur la lutte des classes), des compétences logistiques (planifier une action), des compétences managériales (gérer une équipe), des compétences techniques (utiliser du matériel), des compétences sociales (communiquer et comprendre), et des compétences de sécurité (être vigilant et prêt). Par exemple, la réalisation du moindre collage d’affiche implique la conception d’un mot d’ordre politique pour un contexte (une zone, une population, une actualité), la création d’un visuel et d’un slogan relatifs à celui-ci, l’impression des affiches, la préparation du matériel de collage, la disponibilité de plusieurs personnes à des horaires habituellement réservés au repos, la planification d’un rendez-vous, la répartition des rôles, l’exécution du collage en lui-même, le repérage et l’esquive de la police et des fascistes, la préparation à l’éventuelle confrontation avec ces derniers, l’explication de son activité et du contenu de l’affiche aux passants curieux, et la confiance dans les capacités et la discipline de ses camarades. L’ensemble de ces compétences organisationnelles (le groupe) et opérationnelles (l’action) ne peuvent être acquises et développées que dans la pratique.

    Actuellement, c’est l’utilité indirecte de la pratique qui est principale, et l’utilité directe de la pratique qui est secondaire, car c’est la première qui participe concrètement à la réalisation de nos tâches (la formation de cadres communistes professionnalisés et la reconstruction d’une organisation de classe et de combat), là où la seconde est impossible, à cause des conditions subjectives (l’absence d’un parti communiste) et objectives (l’absence de conditions d’existence révolutionnaires).

    Il existe non seulement un faux dilemme entre la construction d’une organisation de masse (« la massification ») et la construction d’une organisation de cadre — alors qu’il existe une unité dialectique entre les deux ! —, mais aussi un faux dilemme entre « aller aux ouvriers » et renoncer à « aller aux ouvriers ». Or, il faut lutter dans les masses pour connaître la réalité de leur potentiel et de leur limite, et il faut aussi lutter dans les masses pour former des militantes et militants professionnels qui doivent construire l’organisation de classe et de combat, y compris lorsque les masses ne sont pas placées matériellement en conditions révolutionnaires. « Aller aux ouvriers », si ce n’est pas pour y sacrifier la politique communiste (la déviation opportuniste économiste), ce n’est jamais un absolu, tout comme y « renoncer » : dans les deux cas, ce ne sont que des questions tactiques relatives aux conditions concrètes de la classe ouvrière et du niveau d’avancement de la lutte politique communiste, relativement à la stratégie plus générale de la construction d’une organisation de classe et de combat. En bref, il y a une unité dialectique entre « aller aux ouvriers » et « renoncer à aller aux ouvriers », parce que l’un dépend tactiquement de l’autre. L’on ne peut savoir quand et dans quelle mesure renoncer à fusionner avec le mouvement ouvrier qu’en étant déjà avec et dans le mouvement ouvrier, et c’est en étant déjà avec et dans le mouvement ouvrier que l’on peut savoir quand et dans quelle mesure fusionner avec lui. « Aller aux ouvriers » comme un absolu, c’est à dire de manière opportuniste (économiste), c’est ne pas comprendre en quoi la politique communiste a aussi besoin de « renoncer à aller aux ouvriers » (tel que démontré par Lénine dans Que faire ? en 1902), et « renoncer à aller aux ouvriers » comme un absolu, c’est-à-dire de manière également opportuniste (tiers-mondiste, blanquiste, etc.), c’est ne pas comprendre en quoi la politique communiste a aussi besoin d’« aller aux ouvriers ». Pour le mouvement communiste, fusionner et ne pas fusionner avec le mouvement ouvrier ne sont pas des absolus, mais des relatifs entre lesquels il y a unité dialectique : ils sont inséparables.

    Au terme de ce développement, le constat selon lequel le mouvement communiste des pays impérialistes a généralement été incapable de comprendre cette unité dialectique pour se vouer unilatéralement soit à l’un soit à l’autre de ces aspects (chercher à fusionner immédiatement et à tout prix avec le mouvement ouvrier, ou abandonner complètement cette fusion), est évident. Il est alors tout autant évident que le salut du mouvement communiste est dans la compréhension dialectique et historique de son impasse : cette contradiction entre être ou ne pas être dans le mouvement ouvrier est une unité inséparable, et celle-ci s’éternise dans la condition sectaire parce que le mouvement communiste et le mouvement ouvrier sont placés dans une situation de crise organique créée par l’abondance des surprofits impérialistes.

    C’est précisément la pérennisation, par l’aristocratisation de la classe ouvrière dans les centres impérialistes, de l’impasse (identifiée par Lénine) qu’est la compréhension unilatérale de la fusion du mouvement ouvrier, soit comme un absolu à réaliser immédiatement et à tout prix, soit au contraire comme une impossibilité absolue à abandonner, qui est la cause des déviations droitières et gauchistes qui dominent aujourd’hui le mouvement communiste.

    La dichotomie entre « aller aux ouvriers » ou y « renoncer » n’est radicale que dans son « apparence trompeuse », et c’est par la pratique dans les masses que l’on comprend que leur absence de potentiel révolutionnaire ne signifie pas l’absence de taches politiques immédiates pour le mouvement communiste en France, dans lui-même et dans ces masses. Poser les bases de l’organisation de classe et de combat, aussi en luttant dans le mouvement ouvrier, n’est pas un travail à remettre à demain, et ce n’est pas non plus un travail qui peut être entrepris en dehors de la lutte concrète et quotidienne (économique) des masses. Si celles-ci restent cependant sourdes à la lutte politique communiste, ce n’est certes pas un hasard (cela répond de leurs conditions matérielles d’existence — aristocratisées), mais ce n’est pas pour autant alors une fatalité pour la lutte communiste (le glas de la construction d’une organisation et d’un mouvement révolutionnaire en France). Décrire les conditions concrètes de la lutte communiste en France, pour mener à bien celle-ci, c’est décrire les conditions de la victoire (pour ne pas s’échouer dans l’opportunisme de droite et de gauche), pas les conditions de l’abdication !

    Il en va de même pour la dichotomie entre « devenir un mouvement de masse » et « rester une secte communiste ».

    Comment pouvons-nous en même temps affirmer l’absence d’un potentiel révolutionnaire en France et la nécessité d’y reconstruire un Parti communiste ? Si nous sommes marxistes, nous savons à la fois que l’humanité est en face d’un dilemme, entre le communisme et la ruine, et que le communisme ne peut naître que d’une révolution. Comment faire cette révolution est donc notre premier problème à résoudre, mais ce n’est pas une option : qu’il y ait ou n’y ait pas de potentiel révolutionnaire en France, cela ne change absolument rien au fait qu’il n’y a aucune autre voie que la voie révolutionnaire vers le communisme. Le dilemme historique entre « socialisme ou barbarie ? » autant que la seule réponse possible à la question « réforme sociale ou révolution ? » restent parfaitement inchangés par nos constats sur les pays impérialistes.

    Une fois que la nécessité révolutionnaire a été clairement posée, la nécessité du parti révolutionnaire découle de celle-ci, et avec elle, la nécessité de construire un parti de cadre avec lequel construire un parti de masse (parce qu’un parti révolutionnaire ne peut être qu’un parti de masse et que celui-ci ne peut-être construit que par un parti de cadre). Or, le parti révolutionnaire ne se construit pas en un jour, et il ne tombe pas du ciel non plus. S’il est impossible de construire le parti révolutionnaire en l’absence de conditions objectives révolutionnaires dans les masses populaires et le prolétariat, sa nécessité ne disparaît pas : cela reste la tâche prioritaire pour tous les communistes. Y a-t-il une incohérence : construire quelque chose qui ne peut pas être construit ? Non, simplement parce qu’entre l’organisation politique supérieure qu’est le Parti communiste (notre objectif) et l’absence totale d’organisation politique, il y a une infinité de degrés. Dans cette progression, chaque échelon est construit par et sur celui qui le précède. Dire « nous ne pouvons pas construire le parti révolutionnaire ici et maintenant, donc abandonnons » est absurde. C’est précisément notre travail d’organisation politique, ici et maintenant, en l’absence de conditions matérielles révolutionnaires qui va permettre au parti révolutionnaire d’exister lorsque ces conditions existeront. Nous posons déjà ses fondations.

    Nous refusons de choisir entre l’opportunisme de gauche du déni (croire que des conditions révolutionnaires existent aujourd’hui dans les pays impérialistes) et l’opportunisme de droite de la capitulation (croire qu’en l’absence de conditions révolutionnaires, les taches révolutionnaires disparaissent). Le mouvement communiste international a aussi besoin d’une « arrière garde » dans les pays impérialistes, et ceux-ci connaîtront tôt ou tard, eux aussi, des situations révolutionnaires qui devront être transformées en révolution. Or, en quoi consiste la construction de cette « arrière garde » du mouvement communiste international dans les pays impérialistes, et en quoi consiste la préparation des communistes aux futures conditions révolutionnaires dans les pays impérialistes ? En la construction d’une organisation politique de classe et de combat.

    Notre organisation décompose sa stratégie en 3 axes : le cadre communiste (le révolutionnaire professionnel), le Parti communiste (l’organisation de classe et de combat) et l’Internationale communiste (l’état-major de la révolution mondiale). En quoi ces objectifs peuvent déjà se réaliser aujourd’hui, dans nos conditions non-révolutionnaires ? Par la formation théorique et pratique qui transforme des individus lambda isolés en militants disciplinés, compétents, unis dans le groupe et dévoués à la cause communiste. Par la construction d’un collectif pensant et agissant en tant que tel, capable de produire une première compréhension du monde et de le transformer à son échelle, autant que possible. Par la création d’un réseau internationaliste pour s’intégrer au mouvement révolutionnaire mondial partout où il existe, en apprendre et le défendre. Toutes ces ambitions peuvent être accomplies sans délai, ici et maintenant en France.

    Par exemple, dépasser l’individualisme et la frivolité qui est la norme dans les pays impérialistes comme le nôtre, c’est-à-dire combattre le libéralisme comme il existe, est un premier obstacle idéologique à surmonter collectivement, mais pas des moindres. Sans cette lutte organisationnelle et idéologique, la tendance centrifuge du mouvement communiste en France reste plus forte que sa tendance centralisatrice, et la formation d’un noyau révolutionnaire est un échec à moyen terme.

    Si la construction du Parti communiste reste pleinement d’actualité dans les pays impérialistes, c’est parce que celle-ci peut et doit déjà être entamée. Les conditions de la réalisation de cette tâche révolutionnaire sont absentes, mais les conditions de la réalisation de ses prémices sont présentes. La construction de l’organisation de classe et de combat peut et doit déjà être commencée, même si les conditions objectives dans lesquelles nous sommes placés interdisent encore que cette construction soit achevée.

    Rien ne serait plus contre-révolutionnaire que de nier l’existence de tâches révolutionnaires dans les pays impérialistes. Si celles-ci sont effectivement différentes que celles qui existent dans les pays dominés, elles n’en sont pas moins impératives. Nous devons assumer nos responsabilités révolutionnaires, en commençant par accepter que les problèmes devant lesquels nous sommes actuellement placés ne sont pas simples, ils doivent être considérés avec d’autant plus de sérieux et de patience qu’ils existent dans un contexte historique inédit.

    Comme nous l’avons développé dans Sur Unité communiste, la croissance de l’incertitude de la vie dans les conditions d’existence, y compris dans le centre impérialiste, est une nécessité impliquée par l’existence d’au moins 4 contradictions dans le monde : la contradiction entre exploités (Travail) et exploiteurs (Capital), entre peuples exploités (périphérie dominée) et peuples exploiteurs (centre impérialiste), entre puissances impérialistes concurrentes (inter-impérialiste) et entre Société (le système capitaliste-impérialiste mondial) et Nature (l’environnement). D’une part, les contradictions du capitalisme-impérialisme intensifient nécessairement la contradiction entre celui-ci et la Nature : c’est la destruction de l’environnement par la production marchande toujours croissante, à l’échelle mondiale, pour des profits toujours croissants (la valorisation de la valeur épuise les deux sources de toute richesse, c’est-à-dire le Travail et la Nature). D’autre part, la contradiction entre la Société (capitaliste-impérialiste) et la Nature intensifie nécessairement les contradictions du capitalisme-impérialisme : c’est la destruction du système capitaliste-impérialiste tel qu’il existe par un écosystème qui ne peut plus le supporter (les formes actuelles de la valorisation et de la circulation de la valeur ne sont écologiquement pas soutenable). Au XXIsiècle, la crise écologique, et avec elle, la crise du capitalisme-impérialisme, impliquent un retour progressif de conditions révolutionnaires pour les masses actuellement non-révolutionnaires du centre impérialiste, et une intensification des conditions révolutionnaires déjà existantes pour le reste des masses mondiales.

    En tenant compte de ces 4 contradictions mondiales et de leur développement futur, il nous paraît improbable que des conditions révolutionnaires ne se généralisent pas à nouveau dans les pays impérialistes : au XXIe siècle, l’émergence de nouvelles dictatures du prolétariat, de nouvelles guerres anti-impérialistes de libération nationale, de nouvelles guerres inter-impérialistes de repartage du monde, et d’une catastrophe environnementale générale, sont des possibilités probables. Celles-ci se vérifient déjà, quantitativement et qualitativement (la progression du mouvement communiste international, l’offensive palestinienne de 2023, l’invasion de l’Ukraine de 2022, et l’aggravation de la crise environnementale).

    La tendance néolibérale qui s’observe depuis les années 80 amène d’importantes transformations économiques. Cependant, si cette tendance met en danger l’aristocratisation des masses françaises telle qu’elle existe aujourd’hui, il ne faut pas croire qu’elle serait capable seule de supprimer complètement cette aristocratisation par rapport au reste des masses mondiales. En effet, ce niveau d’aristocratisation a été permis par une certaine situation politique et économique mondiale qui a pris fin dans les années 70-80, et qui est donc en train de disparaitre, mais le néolibéralisme ne met pas en danger la place des masses françaises dans le centre impérialiste. Indépendamment du consensus keynésien et du néolibéralisme, cette position du « bon » côté de l’accumulation internationale de la valeur par son extraction dans la périphérie va être conservée par les masses des pays du centre impérialiste. Les masses françaises vont vraisemblablement continuer de voir leurs conditions d’existence se dégrader, mais elles ne deviennent aucunement dépendante ni victime de l’échange inégal impérialiste. Ainsi, le prolétariat français va continuer de percevoir une certaine proportion des surprofits impérialiste, par sa simple existence en tant que prolétariat des centres impérialistes — cette proportion est simplement en train d’être progressivement réduite.

    Ceci dit, il ne faut pas alors comprendre que cette « place dans le monde » serait garantie de toute éternité, l’explication ci-dessus a simplement pour but de clarifier que le néolibéralisme, en lui-même, ne met fin qu’à l’aristocratisation des masses françaises telle qu’elle a existé jusque dans les années 80-90, c’est à dire telle qu’elle a été permise par la situation économique et politique mondiale post-1945, et non pas à la position avantagée des masses françaises dans les masses mondiales — qui bénéficient de la dépendance et de l’échange inégal. Il n’y a pour nous aucun doute quant à ce que la qualité impérialiste de la France (et donc, la qualité aristocratisée des masses françaises comme habitantes d’un pays impérialiste) pourrait être remis en question par la crise générale du système capitaliste-impérialiste qui se dessine pour le XXIe siècle : la crise écologique, économique et (géo)politique mondiale.

  • Tract commun Eco Défense / JR / UCL

    Tract commun Eco Défense / JR / UCL

    Marre de leur haine !

    Marre de notre impuissance !

    Prenons le pouvoir

    Les dirigeants, passés et présents, n’ont jamais porté nos intérêts. Les intérêts de celles et ceux qui construisent cette société par la sueur de leur front, c’est-à-dire nous toutes et tous.

    Nos salaires de misère ne sont qu’une miette face à l’accumulation obscène de richesses qui pourraient financer nos hôpitaux, nos écoles, nos routes, notre rail, nous nourrir et nous loger. Ces milliards d’euros glissent dans les poches des patrons, banquiers et des grands propriétaires. En un mot, les bourgeois nous écrasent, et se moquent de nous en prime.

    Ce n’est pas que Macron, le système entier est ignoble.

    Le capitalisme ravage les écosystèmes en nous détruisant toutes et tous sur le chemin, provoque des guerres d’invasion dévastatrices aux quatre coins du monde, ignore sans vergogne les famines et les épidémies, la mort et la misère. Des dizaines de millions de morts dans le monde chaque année sont laissés aux oubliettes pour enrichir les puissants sans limites.

    Cette caste de criminels veut nous priver de nos retraites pour goinfrer le secteur privé des assurances. Cette réforme prend place dans le large démantèlement du service public, pour bazarder toute notre vie au marché libre.

    Nous avons le choix : le pouvoir populaire ou l’extinction.

    On manifeste notre colère par tous les fronts, des secteurs en grève aux Gilets Jaunes, en passant par les luttes écologistes, féministes, antiracistes et LGBTI, mais nous sommes aussi beaucoup à réagir par l’impuissance et la résignation. Ces craintes sont compréhensibles, les bourgeois dirigent implacablement l’économie, le pouvoir et les médias.

    Mais ils ne sont pas intouchables, le capitalisme est voué à l’échec, à la crise et à l’implosion. Nous avons la capacité de renverser le rapport de force, par l’organisation et l’union des travailleuses et des travailleurs, par la démocratie populaire hors des institutions, par la lutte syndicale, l’organisation, le blocage et par la résistance.

    Imposons notre pouvoir et dégageons-les tous !

    La grève actuelle est majeure, et doit continuer de nous unir, pour ne pas seulement créer une convergence des luttes, mais une unification de la lutte. Face au mépris et au cynisme de la classe dirigeante, organisons-nous, faisons preuve de solidarité de classe et préparons la riposte !

    Les manifestations contre la réforme des retraites reprennent en 2020, nous appelons à rejoindre les manifestations massivement, à rejoindre les blocages en solidarité avec les grévistes, à contribuer aux caisses de grève, et à lutter tous ensemble ! Soutenons-nous les uns les autres, l’unité fait notre force, et prépare la victoire du peuple !

    Nous ne sommes rien, soyons tout !

  • Construisons un cortège révolutionnaire ! -communiqué commun-

    Construisons un cortège révolutionnaire ! -communiqué commun-

    Construisons une lutte victorieuse !

    A Lyon, le 10 décembre, 20 000 personnes ont défilé, 800 000 en tout. C’est un succès important, pour une lutte qui est vitale.

    Au cours de cette manifestation, nous, organisations révolutionnaires, avons défilé ensemble, dans un cortège unitaire et révolutionnaire. Nous avons décidé de marcher ensemble, en dépit de nos distinctions, de nos différences, de nos désaccords. Car elles sont secondaires en regard de la lutte immense à mener. Nous faisons le choix de faire front commun.

    Le conflit qui s’annonce sera dur. Les groupes d’intérêts qui appuient la réforme des retraites, et qui espèrent empocher des profits immenses, sont déterminés à ce qu’elle soit mise en place. Le gouvernement, qui en exécute les ordres, ne reculera pas sans y être obligé.

    Cette lutte, comme celle des années précédentes, montre que la face démocratique du régime s’effrite. Il se révèle pour ce qu’il est : le diktat des intérêts de la grande bourgeoisie française. Ce régime nous étrangle socialement et cherche également à nous étrangler politiquement.

    Pour cela, il fait appel à toutes ses armes.

    • A ses manœuvres de diversion.
    • A la propagande des médias à sa botte.
    • A sa police, qui intimide, menace, frappe et mutile.
    • A sa justice, qui condamne et emprisonne.
    • Aux fascistes, nourris et dorlotés, qui attendent leur heure.

    Les bourgeois ne cèdent pas, et nous non plus !

    Nous ne voulons pas juste maintenir le système actuel, avec ses faiblesses, ses insuffisances, ses pensions de misère. Nous voulons aller de l’avant. Ce n’est pas uniquement cette réforme des retraites que nous ciblons, mais un ensemble : ce régime. Derrière cette revendication, en réalité, c’est un système entier que nous voulons remettre en cause.

    C’est ce régime capitaliste qui génère et accroît sans cesse la misère. C’est lui qu’il faut mettre à bas.

    Nous défendons, par-delà les distinctions idéologiques et politiques, un but commun. L’idée d’une société sans capitalisme, basée sur la satisfaction des besoins matériels et culturels de l’ensemble des habitants de la planète, où les richesses sont produites dans le respect de l’humanité et de la nature.

    Au cours de ces dernières années de lutte, cette conclusion est chaque jour davantage partagée parmi les exploité·e·s et les opprimé·e·s. Luttes écologistes, luttes sociales, féministes, antifascistes, luttes internationales et anti-impérialistes fusionnent progressivement autour de ces conceptions.

    Elles doivent triompher.

    Renforçons les organisations combatives, les syndicats, les associations et les assemblées populaires.

    Nous appelons tous ceux et celles qui, organisé·e·s ou non, partagent cette vision de la situation. Nous les appelons à rejoindre ce cortège, à le faire grandir. Nous appelons à étendre cette initiative partout où cela est possible.

    Partout où nous sommes, défendons la grève générale.
    Partout où nous sommes, défendons la lutte contre le capitalisme.
    Partout où nous sommes, unifions nos forces pour être victorieux et victorieuses !

    Retrouvons-nous, toutes et tous, sous les couleurs de la révolution, le mardi 17 décembre !

    Premiers signataires : Eco Défense, Jeunes Révolutionnaires, Unité Communiste de Lyon

  • Le 5 décembre. Et Après ?

    Le 5 décembre. Et Après ?

    La grève du 5 décembre était attendue largement. Elle est une mobilisation qui a été extrêmement suivie. Plus d’un million de personnes ont défilé en France, dont plus de 35 000 à Lyon, ville qui, pourtant, mobilise généralement peu. Nous espérons désormais qu’elle pourra déboucher sur une lutte de plus longue durée. Les premiers échos à ce sujet laissent supposer que cette possibilité existe et qu’elle est en train d’être sérieusement étudiée par les assemblées diverses et par l’intersyndicale.

    A Lyon, nous avons défilé aux côtés des Jeunes Révolutionnaires et d’Eco Défense ainsi que de Youth for climate. Nous considérons que cette politique d’unité est importante au niveau local, dans la mesure ou nous souhaitons voir émerger une coordination et une concertation entre les organisations combatives, progressistes, révolutionnaires et communistes. Nous y avons diffusé notamment le tract rédigé en commun avec notre organisation sœur UPML.

    Cette manifestation révèle un grand esprit combatif. Esprit qui ne s’est pas épuisé après un an de Gilets Jaunes, au contraire ! Cette journée d’action ne peut être vue que comme un premier succès.

    Une grande partie de ceux qui se sont mobilisés attendent de voir comment le gouvernement réagira à la journée d’aujourd’hui. Pour le moment, les déclarations laissent entendre qu’il n’a pas l’intention de dévier dans son œuvre de destruction des conquêtes sociales. Le texte, qui sera présenté en milieu de semaine prochaine, ne sera probablement pas modifié, ou uniquement en suivant des lignes de fracture clivantes, dans le but de fragmenter le mouvement de lutte. Cette manœuvre, qui avait déjà permis a la CFDT de se placer en ennemie de la lutte, a, pour l’instant, échoué. La base de la CFDT a plutôt eu tendance à désavouer la direction.

    En revanche, il est il est important, de ce point de vue là, de regarder avec objectivité le rapport de force, tant syndical que politique. Quelles sont les chances de succès de ce mouvement ?

    Si cette réforme existe, c’est que la bourgeoisie compte en tirer profit.

    En dépit de l’image de clique d’eborgneur, d’arracheurs de main et de corrompus qu’il peut donner au premier abord, le gouvernement n’agit pas, dans ce dossier, par sadisme. Il agit parce que son action correspond à des intérêts savamment calculés : ceux de la grande bourgeoisie. Comme c’est principalement elle qui détermine les enjeux du combat à venir (enjeux offensifs, entendons-nous!), c’est également elle qui sonne les offensives ou les replis.

    Sur le dossier des retraites, il n’est absolument pas garanti que le gouvernement puisse « lâcher » quoique ce soit, ni même renoncer à sa réforme et à ses autres projets. Car derrière la réforme des retraites, il existe un immense butin : celui des retraites complémentaires, des fonds de pension. Un point d’indice trop faible, c’est l’assurance de la misère pour les uns, et l’assurance d’achats de produits financiers censés la compenser pour les autres. Tuer les retraites, c’est de l’argent.

    En réduisant la part du salaire indirect, c’est également, pour la bourgeoisie, faire en sorte de s’assurer que la consommation augmente. L’hérésie du système par cotisation est qu’il n’est pas injecté directement dans le marché. Plus de salaire direct, c’est la possibilité d’augmenter la masse monétaire en circulation, les prix, la croissance, le PIB…

    C’est également un des buts de la Cotisation Sociale Généralisée. En taxant les comptes en banque, il incite à ne pas épargner, mais à dépenser ou à investir (pour ceux qui en ont les moyens), encore du PIB en plus.

    Ces objectifs sont importants, et forment la quasi-assurance d’une manne financière énorme. Elle est à portée de main, elle ne demande qu’à être saisie. Face à cela, quelques jours de pertes financières, dans un blocage de l’économie, peuvent-ils peser suffisamment ?

    Si le gouvernement était dans une logique de réélection et du fait de conserver une base de sympathie, il pourrait chercher un moyen terme. Mais il est le missile à tête chercheuse de la bourgeoisie, servant une fois, cherchant à causer le maximum de dégâts. La retraite et l’avenir de ses agents est assuré dans tous les cas. Cela pose la question de la cohérence du camp des « marcheurs », appuyés par la droite LR.

    Dans l’optique d’une grève générale qui s’inscrirait dans la durée, il est quasiment sûr que la bourgeoisie, dans l’état actuel des choses, avec ses réserves, sa capacité à se reconstruire, à tenir, à briser et réprimer, serait en mesure de remporter la victoire. Si cette grève risquait de voir son rapport de force international se modifier, à cause d’un affaiblissement, elle serait, peut-être, en revanche, obligée de concéder. Mais dans un cadre de lutte interne au pays, la situation est difficile.

    Cela signifie t-il que les manifestations et les grèves sont inutiles ? Non, bien au contraire. Mais cela signifie en revanche qu’elles ne sont pas le bout de tout. Pourtant cette manifestation est extrêmement positive. Déjà, si elle permet un tant soit peu de sortir de la spirale infernale dans laquelle nous sommes rentrés depuis des décennies. Une spirale ou les organisations combatives, faibles, ne peuvent réussir à mobiliser largement. Elles font alors des journées d’action sans lendemain, propres à désespérer. Cette désespérance accroît le manque de confiance dans ces organisations, notamment syndicales. Elles en ressortent donc plus faibles, moins capable de mobiliser, donc accentuant encore le sentiment d’impuissance. Dans le bilan critique du travail des syndicats, cette équation ne peut être ignorée.

    Elle contribue à accentuer la domination d’une aile droitière sur une grande partie d’entre eux, ainsi que des tendances à un fonctionnement routinier et bureaucratique. Mais elles les rendent également plus vulnérables aux pressions de la part de l’appareil d’État ou de la part de la bourgeoisie. Pressions plus ou moins inamicales par ailleurs.

    Les syndicats eux-mêmes, font un travail irremplaçable. Nous appelons à les soutenir, à se syndiquer, à contribuer à travailler à renforcer ces outils.

    S’il existe de critiques à faire à l’activité de ces organisations, ces critiques ne doivent pas se réduire à des déclarations destructrices, de provocation ou de défiance. Ces critiques sont des critiques, avant tout, de camarades à camarades.

    Or, des organisations ou groupes – formels ou non – qui rejettent les syndicats ou qui en font une critique destructrice existent. Mais en dépit de leur arrogance, elles n’ont pas, trouvé un moyen pour remplacer ce travail par quelque chose de supérieur. En dépit de leur vanité quant à l’activité et au bilan des syndicats, ces groupes en sont toujours tributaires, vivant en parasite du travail de fond des autres. Leur pratique de l’activisme confond bien souvent la radicalité de la forme et la radicalité du fond.

    Nous ne pensons pas que la réponse réelle à la situation, comme le pensent certains groupes gauchistes, par le fait que les manifestations se heurtent à la police. Bien souvent, derrière cela se niche une réalité qui ne les honore pas toujours, à savoir un fond réformiste. Si le rejet atavique de la violence est souvent le corollaire du réformisme, sa fétichisation ne remplace pas la réflexion sur la question du pouvoir et l’organisation des masses populaires.

    Cependant, dans les affrontements avec les forces de l’ordre, souvent provoquées, nous condamnons la violence de l’État et de la bourgeoisie. Nous ne cédons pas aux injonctions à condamner la violence issue des masses, ainsi que les « dégradations ». Nous ne mettrons jamais les deux sur le même plan, et nos critiques, aussi acerbes puissent-elles être, sont avant tout des critiques de camarades à camarades.

    Nous pensons que la réponse, la porte de sortie est politique. Elle existera si la quantité se transforme en qualité, politiquement parlant.

    Toute victoire est temporaire. Nous l’avons bien compris par rapport aux conquêtes sociales. Mais, par corollaire, toute défaite dans la lutte des classes est également temporaire. Gagner sur le dossier des retraites, c’est gagner du temps. Perdre sur le dossier des retraites, c’est perdre de l’espace pour vivre. Mais défaite ou victoire son le flux et le reflux des vagues. Ce qui reste c’est notre capacité à nous organiser, à progresser politiquement, à rendre les coups, et, surtout, à mettre en place les outils de la victoire.

    Construire l’unité pour construire la victoire.

    En réalité, la véritable victoire est un passage de l’action revendicative économiste à l’action politique. L’élévation du niveau de conscience politique général, de la fin des illusions sur le parlementarisme, et son corollaire, l’organisation.

    Dans la lutte économiste, syndicale, il est peut-être possible de gagner du temps. De réussir à repousser l’application de cette réforme. Nous l’espérons, et c’est avec cet espoir que nous nous lançons dans la bataille. Mais la victoire, la vraie, la stratégique, est ailleurs.

    Une vraie victoire de cette épreuve de force serait, en dépit de tout, que le camp du peuple ressorte renforcé. Un camp du peuple, qui réunisse les organisations, les groupes, les associations, les nébuleuses combatives. Un camp qui a montré qu’il pouvait exister dans les Assemblées Populaires et dans les Assemblées des Assemblées. Un camp dont la construction doit être au centre de nos préoccupations, dans l’état actuel des choses. Mais le mouvement spontané ne peut suffire, il a besoin de plus.

    Nous travaillons à cela. Nous ne sommes pas seuls à le faire. Mais nous sommes peu, faibles, dispersés. Et nous n’arrivons pas nous même à nous mettre en ordre de bataille pour que la lutte progresse sur le fond.

    Le mouvement ouvrier en France, tout comme le mouvement de revendication populaires et de lutte sociale, manque cruellement d’outils stratégiques, politiques, pour gagner en force. Le mouvement communiste français, dans toutes ses variantes, est toujours aussi faible et dispersé. En dépit de succès locaux, le chauvinisme d’organisation, la défiance, est plus la règle que la volonté de collaborer. Dans notre expérience des tentatives de travail unitaire, nous avons pu constater que le sectarisme est une vertu savamment couvée.

    Plus le temps passe, plus la situation se dégrade, plus nous regardons avec effroi ce sectarisme-parasitisme, qui pousse à créer systématique des initiatives séparées, d’ignorer les existences des uns et des autres, de chercher à se couper l’herbe sous le pied. Ces travers, nous les avons également, et nous désirons les combattre chez nous aussi, dans nos pratiques et dans nos rapports de travail. À nos yeux, le travail unitaire et le développement d’une politique d’unité ne peut être un slogan publicitaire. Il doit être une réalité.

    Pourquoi ? Parce que l’importance de la lutte que nous menons transcende les conflits absurdes entre sectes recroquevillées sur une vérité autoproclamée. Son importance la dépasse. Importance par rapport à la lutte, ici, en France. Importance par rapport à la lutte dans les pays et territoires sous la domination de notre impérialisme. Importance dans la solidarité internationale et dans les liens que nous devons nouer avec nos camarades d’ailleurs.

    Nous, et nos camarades UPML avec nous, maintenons la nécessité impérieuse d’une rencontre générale entre tous ceux qui partagent cet objectif. Quels que soient leurs noms, leurs titres et leurs chapelles, nous considérons que, à ce stade de la lutte sociale, maintenir l’ignorance les uns des autres est un acte grave, qui contribue à entraver le développement des outils de la victoire des exploités et des exploitées contre leurs exploiteurs et leurs exploiteuses.

    Nous ne pensons pas que ce soit en ignorant l’existence des autres organisations, que ce soit des organisations idéologiquement proches ou plus éloignées, que nous grandirons. Au contraire, chacun de nous participe à reconstruire et à donner vie au mouvement communiste. Reste à franchir l’étape de lui donner corps, ce dont nous avons un besoin impérieux.

    Les suites du mouvement se discutent à l’heure actuelle. Quelles qu’elles soient, nous devons jouer tous et toutes notre rôle !

    Nous avons besoin de mettre en cause la dictature de la bourgeoisie.

    Nous avons besoin de faire vivre l’opposition extra-parlementaire des Assemblées Générales, embryon de démocratie populaire.

    Nous avons besoin de nous réunir, militants et militantes politiques révolutionnaires et communistes.

    Nous avons besoin de construire un Parti révolutionnaire !

  • 5 décembre :  Ensemble contre les attaques du gouvernement !  Et après ?

    5 décembre : Ensemble contre les attaques du gouvernement ! Et après ?

    Tract UCL – UPML.

    Aujourd’hui, l’unité est dans la rue. Nous sommes rentrés dans une période de lutte sociale aiguë. Gilets Jaunes, organisations syndicales et politiques ; ouvriers, écologistes, femmes et étudiants – nous marchons ensemble. C’est déjà une première victoire.

    Les secteurs en lutte se réunissent, se rapprochent les uns des autres. Une convergence positive des luttes qui marquent par leur durée se développe.

    Construire un projet politique

    Macron représente les intérêts d’une bourgeoisie en crise, en guerre économique mondiale. Elle ne veut et ne peut pas renoncer à détruire notre système social, à le privatiser, à le monétiser pour engranger d’immenses profits.

    C’est pourquoi Macron n’a pas reculé devant la mobilisation de l’année passée.

    Aujourd’hui tous contre la réforme des retraites qui, sous prétexte d’égalité, les réduira et les soumettra à travers le système à points aux aléas d’une économie en crise. Nous avons besoin d’être plus forts, d’aller plus loin que d’affirmer « On est là » et de marcher les un(e)s avec les autres.Tous les droits sociaux sont dans le viseur. Les retraites, l’assurance maladie, le chômage. Le coût de la vie augmente, tandis que les salaires plongent vers le néant. Le plan de guerre sociale du gouvernement est connu : il se nomme Cap 2022. Nous avons besoin d’une fusion des luttes. Qu’elles s’unissent, non plus autour de revendications de secteurs, de corps de métier, de catégories sociales, mais bien autour d’un projet politique sans compromission.

    Construisons ensembleun projet radical!Les Assemblées des Gilets Jaunes cherchent une nouvelle voie : celle d’une démocratie des luttes face à la dictature du capital. Ainsi peut se constituer face aux attaques du gouvernement, une opposition réelle, concrète, unissant syndicalistes combatifs, gilets jaunes, femmes opprimées, jeunes et écologistes. A travers la multiplicité des mots d’ordre et des diverses formes de lutte, s’exprime déjà l’aspiration à une autre société fondée sur la propriété commune et sa gestion en commun assurant emploi et moyen de vivre.

    Ce que Macron a accordé aux Gilets jaunes et au personnel hospitalier, ça n’est rien par rapport au CICE (crédit impôt compétitivité, emploi), au CIR (crédit emploi recherche) et ça ne change rien à la dégradation programmée du système de santé. Ces cadeaux ne créent pas d’emploi. Pour nous, un avenir de misère, de dettes écrasantes, de salaires minables, de précarité. « Valoriser le travail » dit Macron et, avec les patrons, il supprime des emplois !

    Malgré les luttes opiniâtres des années passées, le gouvernement a, à peine, ralenti son travail de destruction de nos conquêtes sociales. Il s’agit d’assurer les profits immenses des grands exploiteurs comme Bernard Arnault, dont la fortune a doublé (33 milliards de $ en 2016, 76 en 2019), et autres Bettancourt, Pinault… etc.

    Pas de taxes, pas de travailleurs et de travailleuses revendicatifs, plus de contrat à respecter : le rêve !

    Macron a annoncé qu’il ne fera « preuve d’aucune faiblesse. », qu’il ne reculera pas. Nous, non plus et même on va continuer d’avancer ensemble.

    Notre projet de société !

    L’expérience des dernières luttes nous le démontre : les gouvernements successifs ne représentent absolument pas le peuple et ses intérêts. Ces gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, sont aux ordres du grand patronat, de la grande bourgeoisie et des monopoles, le pouvoir doit rester dans leurs mains.

    Le système du parlementarisme est un vernis qui cache mal le fond dictatorial du régime dans lequel nous vivons. Les intérêts des grands bourgeois et des grandes bourgeoises sont suprêmes. Les élections reviennent à déterminer qui sera leur serviteur. Les partis de gouvernement sont discrédités et déstabilisés ; chaque élection sanctionne le parti au pouvoir que ce soit LREM, les LR, le PS. Pas question que le RN les remplace, lui qui dresse les travailleurs les uns contre les autres.

    Aujourd’hui, ce vernis craque, révélant la véritable nature de l’État : non seulement il attaque nos droits économiques, mais il devient de plus en plus répressif : restriction du droit de manifester, interpellations et mutilations multiples et volonté de créer un climat d’intimidation.

    Nous ne reculerons pas !

    Défendre nos droits, défendre notre avenir, c’est remettre en cause le mode de production capitaliste. Nous devons arracher le pouvoir des mains de la grande bourgeoisie. Le pouvoir aux mains des masses populaires ! Pour le socialisme révolutionnaire fondé sur la propriété commune !

    Pour construire une réelle démocratie économique, sociale, populaire, préservant la nature, nous avons besoin d’un programme et d’une organisation pour rassembler les exploité(e)s et les opprimé(e)s, ceux qui produisent tout, mais qui n’ont rien. Pour orienter la lutte d’ensemble, pour chasser les ennemis du peuple du pouvoir et construire la société dont nous avons besoin, il nous faut construire NOTRE organisation, NOTRE outil à nous, le Parti révolutionnaire.

    L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes !

    Nous ne sommes pas seul(e)s !

    En France comme ailleurs dans le monde, les travailleurs sont face aux mêmes ennemis, aux mêmes exploiteurs, aux mêmes oppresseurs. Nous formons un seul front, unique, contre le capitalisme mondial, contre l’impérialisme. Les défaites ou les victoires, au Chili, en Équateur, au Honduras, au Liban, en Turquie, au Rojava, Iran, Algérie, Irak, à Hong Kong, sont aussi les nôtres.

    Unissons-nous contre nos ennemis communs !

    Le gouvernement tente de nous diviser, il joue avec le feu de la haine raciste et anti-immigrée. Les vexations, les provocations, n’ont d’autre but que d’attiser les tensions. Or, travailleurs, travailleuses, exploités et opprimés de tous les pays, nous ne sommes pas ennemis, nos intérêts profonds sont les mêmes.

    Nous appelons tous ceux et celles qui veulent combattre pour arracher le pouvoir des mains de nos oppresseurs à travailler ensemble, dans l’esprit d’une Alliance des Révolutionnaires. Notre dispersion nous a trop fait perdre ! Ne reculons plus !

    Nos exigences immédiates-

    Macron – démission !

    Retraites à 60 ans, à 55 ans pour les travaux pénibles ! Contre la retraite à points.

    Pour la réduction du temps de travail, sans baisse des salaires et avec embauche en CDI.

    Contre toutes précarités ;

    Salaire mini à 1800€ ; Égalité salariale et sociale.

    Halte à la répression, désarmement de la police; dissolution de la BAC, des CRS, etc…

    Défense active de l’environnement.

    Ensemble contre la dictature du capital !Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

  • Communiqué commun  UPML – UCL, membres de l’ICOR en France.

    Communiqué commun UPML – UCL, membres de l’ICOR en France.

    Nous considérons que le mouvement social en France arrive dans une situation charnière. Nous pensons que, plus la situation se développe, plus la crise s’approfondit, nationalement et internationalement, plus le besoin de structuration devient criant.

    A nos yeux, toutes les initiatives qui vont dans le sens de plus de solidarité internationale et de plus de combativité dans les masses populaires sont à saluer. Nous avons apporté notre approche, d’autres en ont apporté une parallèle, que ce soit le cortège internationaliste à l’initiative des Jeunesses Communistes de Lyon ou le cortège de tête masqué unissant Gilets Jaunes et plusieurs forces politiques, syndicale ou antifascistes.

    Toutes vont dans un sens positif, qui contribue à appuyer un renforcement des organisations de lutte, chose primordiale dans la période d’incertitude dans laquelle nous sommes.

    L’Unité Communiste de Lyon, l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste et, d’une manière générale, toutes les organisations de l’ICOR, promeuvent un travail unitaire entre toutes les organisations combatives, dans le but de battre l’impérialisme et la capitalisme.

    1er mai – cortège internationaliste et révolutionnaire – meeting sur l’UE.
    Communiqué commun UPML – UCL, membres de l’ICOR en France.

    Nous avons marché ensemble à Lyon, sous la bannière de la révolution et de l’internationalisme !

    A Lyon, le premier mai, jour de lutte internationale pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses, nous avons conjointement défilé. Sous les couleurs de l’Unité Communiste de Lyon, de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, de l’ICOR, mais également de Partizan et du Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands, nous avons battu le pavé et scandé notre solidarité avec les luttes démocratiques et révolutionnaires dans le monde entier.

    Nous considérons que le fait de pouvoir organiser ce cortège de manière conjointe, en tant qu’organisations membres de l’ICOR, avec l’appui et le soutien d’autres forces progressistes alliées, représente un succès. Un succès à la fois en termes de travail préparatoire, en termes d’exécution, mais également un succès sur la voie d’une plus ample coordination et intégration à un ordre du jour commun entre nos organisations.

    Nous pensons que le fait que l’ICOR puisse se développer en France est essentiel. En tant que puissance impérialiste agressive et réactionnaire, la France joue un rôle important dans l’écrasement et l’asservissement colonial et néo-colonial d’une partie de la planète. Le prolétariat de France ne peut non plus être isolé internationalement des mouvements menés pas ses frères et sœurs de classe, notamment en Allemagne ou en Espagne, où de grandes organisations membres de l’ICOR existent. 

    Pour nous, ce cortège représente une première étape dans ce travail. Un premier jalon. Chaque année, il est plus fourni. 
    Nous saluons les organisations qui ont soutenu et participé à ce cortège, comme nos camarades de la Maison de la Mésopotamie ou l’organisation antifasciste Jeune Garde Lyon.
    Nous saluons également l’ensemble de ceux qui ont pris la rue, sous les couleurs de leurs syndicats, sous le gilet jaune de la lutte, dans leurs organisations politiques.
    Nous saluons également ceux et celles qui, en tant qu’individus, sont venus, avec leur combativité propre, grossir les rangs de cette manifestation.
    Sans la présence de cet ensemble de forces, ce premier mai n’aurait pas été la réussite qu’il a pu être. La manifestation de Lyon, comme celles de France ou du monde entier, ont été marquée par un dynamisme et un esprit revendicatif puissant.

    Face à cette montée des mouvements populaires, la réponse de la bourgeoisie et des impérialistes est invariablement la même : la répression. 
    Nous ne pouvons oublier les combats menés, dans leurs pays respectifs, par les camarades qui défilaient à nos côtés. En ce moment, dans l’Etat prison Turc, les luttes sociales sont à leur paroxysme. Le régime d’Erdogan a subi un revers lors des élections municipales, mettant en avant le fait que les peuples de Turquie n’adhèrent pas à son projet fasciste. Dans les geôles, la grève de la faim impulsée par Leyla Güven se poursuit depuis plus de 170 jours, mettant en péril la vie de plusieurs centaines de militants et de militantes pour la liberté. 
    Nous ne pouvons oublier le fait que les méthodes terroristes d’emprisonnement sans jugement de l’Etat Turc, sa pratique de la sale guerre, les crimes qu’il commet ne lui sont pas spécifiques.

    Demain, même dans les pays impérialistes, se targuant de leur « démocratie », de leurs « libertés fondamentales », ces pratiques peuvent s’appliquer. En Allemagne, le processus de droitisation restreint progressivement les droits sociaux et politiques des masses populaires. L’Etat Allemand n’a pas hésité ainsi à tenter de censurer nos camarades du MLPD, à obtenir que les organisations bourgeoises l’isolent. En vain !

    En France, la lutte des Gilets Jaunes a jeté à terre le masque démocratique. Le pouvoir a frappé fort, sans respect pour ses propres lois, pour liquider la colère sociale. Il n’a pas hésité à manœuvrer à coups de pseudo-débats pour essayer d’appuyer sa politique de liquidation complète des acquis sociaux. Il n’hésite plus à limiter les libertés démocratiques, votant des lois contre les manifestations arrêtant préventivement, interpellant sur de simples soupçons et menant une politique de provocation pour justifier un écrasement physique des manifestations. 

    À Lyon, la police est venue intimider et fouiller les participants au cortège internationaliste et révolutionnaire, avant même le départ de la manifestation. Après celle-ci, elle a manœuvré pour nasser ceux qui voulaient notamment se rendre au repas libertaire organisé chaque premier mai. Le but de tout ceci était de trouver un prétexte pour frapper.
    À Paris, le régime s’est vautré dans les mensonges les plus éhontés, affirmant que les manifestants étaient entrés pour saccager l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Dans les faits, les manifestants et manifestantes s’étaient réfugiés pour échapper aux coups, aux gaz et aux tirs. Des policiers ont même jeté des pavés sur ceux qui arpentaient la rue.

    Nous dénonçons ce jeu de provocation et ces violences orchestrées par l’Etat bourgeois et sa police. Nous appelons à la solidarité entre les manifestants et manifestantes !

    Nous avons saisi l’occasion de ce travail commun pour inviter à une conférence-débat commune sur la question de l’UE et de son effondrement. Nous savons qu’il existe des analyses variées sur la situation de l’Union européenne et sur son développement probable. 

    Cette conférence-débat était l’occasion de poser tant la question de l’histoire de l’Union européenne que de pouvoir également poser à la fois les questions des tendances à l’intégration qu’ont les bourgeoisies, tout comme de leur concurrence exacerbée. Elle était l’occasion de rappeler la nature de l’Union européenne : une alliance réactionnaire d’impérialismes pour le partage de marchés. Nous avons voulu tordre le cou à plusieurs conceptions fausses, qui tendent à penser que l’Europe est amendable, réformable, qu’elle peut changer de nature. Mais également qui séparent la question de l’UE de la question du capitalisme et de l’impérialisme en général, et qui tendent à considérer que la France est dominée par un capital apatride, par l’Allemagne ou par les USA.

    Surtout, cette conférence a pu indiquer un point central : la crise de l’UE est avant toute chose la transcription européenne de la crise du capitalisme. Ce n’est pas l’UE qui crée la crise, ni la sortie de celle-ci qui permettra de la juguler. La seule et unique résolution de cette question passe par la destruction du système d’asservissement et d’exploitation capitaliste-impérialiste. 

    Alors, et uniquement alors, la question d’une « Union Européenne » pourra se poser sans qu’elle implique une exploitation et une domination d’Etats -et de classes sociales- sur d’autres. 
    Nous pensons qu’il faut s’opposer à l’UE dans ses actions antisociales, mais ne pas perdre de vue que le cœur battant de notre ennemi est chez nous : c’est notre bourgeoisie impérialiste en tout premier lieu.

    En présence d’un camarade délégué de l’ICOR, nous avons pu également présenter la coordination, ses buts et ses moyens d’action. Nous pensons qu’il faut saisir chaque occasion pour illustrer le fait que l’internationalisme de l’ICOR n’est pas fait de phrases creuses, mais qu’il est concret et réel, se traduisant par de véritables victoires.

    Nous pensons que pour gagner,nous avons un besoin impérieux d’un Parti organisé pour lutter contre notre impérialisme et notre bourgeoisie monopoliste, mais également une alliance internationale de partis révolutionnaires. Nous voulons travailler, conjointement avec d’autres forces, à construire tout cela. 
    Nous appelons ceux et celles qui partagent cette volonté à rejoindre les organisations membres de l’ICOR et à soutenir l’ICOR.

    Cette journée de lutte est, à nos yeux, un succès. Un succès qui en appelle d’autres, qui peuvent et doivent se concrétiser par le renforcement des organisations communistes et des organisations de défense populaire.

    Vive l’ICOR, vive le communisme ! 

  • Révolutionnaires, internationalistes, marchons ensemble le 1er mai !

    Révolutionnaires, internationalistes, marchons ensemble le 1er mai !

    Ce 1er mai, journée internationale des travailleurs et des travailleuses, doit être sous le signe de la combativité et de la solidarité ! L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste Léniniste, toutes deux membres de l’ICOR, appellent à la constitution, à Lyon, d’un cortège révolutionnaire et internationaliste.

    Révolutionnaire, car le capitalisme et l’impérialisme ne sont pas amendables, ne sont pas réformables. Les Etats capitalistes et impérialistes sont des parodies de démocratie. 

    Internationaliste, car nous ne sommes pas seuls, partout dans le monde, les masses opprimées et exploitées rejettent leurs chaînes. Nous formons un seul front de lutte international, dans lequel les victoires et les défaites des uns sont également celles des autres. 

    Nous appelons les organisations et les individus qui défendent ces deux points fondamentaux à se joindre à nous et à renforcer ce cortège. Cette année est une année de combat ! Nous voulons juguler la dispersion qui caractérise la situation des forces combatives à l’heure actuelle. Nous pensons que la situation sociale -et par extension politique- nous pousse à devoir serrer les rangs, unir nos forces. 

    Ce cortège n’est pas une fin en soi, il est un point, pour que nous nous reconnaissions mutuellement comme partageant des objectifs, des principes, une volonté de triompher de l’ordre capitaliste et impérialiste. D’autant que cet ordre nous mène une lutte constante et impitoyable. 

    Le poids de la crise économique se fait sentir. La menace d’un second choc aiguillonne encore davantage les angoisses des exploiteurs.

    Ici, elles imposent un programme de liquidation des droits sociaux dans leur ensemble, elles préparent un avenir de misère, de précarité, de pauvreté. Ces attaques, aujourd’hui sur les aspects économiques de la vie des masses, ont jeté dans la rue des pans entiers de la société. Ces luttes immenses n’ont eu d’autres réponses qu’un resserrement des libertés démocratiques et politiques. 

    Ailleurs, notre impérialisme maintient d’une poigne de fer des régions entières du monde sous sa domination. Pour extraire le maximum de profits, les grands monopoles économiques, les cartels, organisent des élections truquées, des coups d’état, des guerres civiles. 

    Les élections européennes vont bientôt dominer la scène politique. Elle attise les convoitises des organisations qui ne vivent que par et pour les élections. Elle réveille également ceux qui veulent faire endosser à l’UE la responsabilité de tous les maux qui nous frappent. 

    Nous considérons que l’UE est une alliance d’impérialismes, elle ne peut changer de nature et devenir une union progressiste. Elle est une alliance dans laquelle l’impérialismes français et allemand, au premier chef, trouvent leur compte. 

    Ce n’est pas l’UE qui domine la France, c’est l’impérialisme français qui se sert de l’UE pour accroître son influence et ses profits !

    Partout, dans le monde, les menaces de guerre grondent ! La crise économique et la montée de concurrences génèrent des tensions internationales puissantes et explosives. Elles justifient la mise en place et le soutien à des régimes ultra-réactionnaires, comme la Turquie d’Erdogan, la Hongrie d’Orban, les Philippines de Duterte ou l’Inde de Modi. 

    L’UCL, l’UMPL et les organisations membres de l’ICOR dénoncent cette montée pression des relations internationale et les opérations de déstabilisation qui sont faites pour préparer un repartage du monde.

    Ensemble, prolétaires de tous les pays, unissons nos forces contre la marche à la guerre !

    Ensemble, réunissons nos forces !

    Ensemble, en un bloc, nous pouvons donner corps à cette ligne !

    Faisons exister, à Lyon, un front unitaire, marchant derrière la même banderole, scandant les mêmes slogans, montrant en ce jour symbolique de lutte. 

    Nous représentons une force avec laquelle les exploiteurs vont devoir compter !

    Faisons du premier mai une démonstration de force !

  • Le 19 mars, toutes et tous dans la rue !

    Le 19 mars, toutes et tous dans la rue !

    Le gouvernement LREM mène une politique de guerre totale envers les droits sociaux.

    Ce 19 mars, en cette journée de mobilisation interprofessionnelle, nous ne pouvons que faire un triste constat. Depuis 2008, les attaques se sont sans cesse intensifiées contre l’intégralité de ce que nos luttes, depuis plus d’un siècle, sont parvenues à arracher aux exploiteurs et aux exploiteuses.

    Trois objectifs centraux ont été désignés par la lignée de politiciens et de politiciennes, de bords différents, mais qui ont appliqué strictement le même programme.

    • Détruire le contrat de travail pour baisser les salaires réels le plus bas possible.
    • Réduire les dépenses et les taxes -pour les plus riches- afin d’accroître les profits.
    • Ouvrir des nouveaux marchés aux investisseurs, par la privatisation d’un côté, par la guerre et l’agression militaire de l’autre.

    L’intégralité des réformes et des actes du gouvernement, qui sont mis en œuvre aujourd’hui, rentrent dans ces critères ou dans les conséquences logiques de celles-ci. Depuis la fusion des écoles primaires et des collèges jusqu’aux interventions militaires en Afrique ou au Moyen-Orient.

    Ces attaques ont déclenché des réactions de lutte, mais quelles réponses ont-elles eues ?

    La lutte des Gilets Jaunes, la mobilisation de la jeunesse, les combats des syndicats, la lutte pour la défense de l’environnement… toutes ont reçu comme unique réponse le mépris, la répression ou les déclarations démagogiques qui n’engagent rien ni personne.

    Le Grand Débat, promis par Macron pour mettre à plat la crise actuelle n’est, au final, qu’un levier qui lui sert à justifier son offensive anti-sociale. Toutes les propositions qui en ressortent sont des éléments du programme de celui-ci, ou des objectifs déjà désignés dans CAP2022. Le référendum, s’il a lieu, ne sera que du même genre : ce sera une question piège qui servira à conforter le gouvernement, à renforcer sa politique, à la graver dans le marbre.

    Le triumvirat Macron-Philippe-Castaner est particulièrement haï par l’ensemble de la population. Pourtant, il n’est qu’un exécutant.

    Le gouvernement agit ainsi, car il travaille pour les exploiteurs, pour les oppresseurs, pour les rentiers, les investisseurs… Il travaille pour les capitalistes, pour servir leur intérêt suprême : augmenter leurs profits au maximum.

    La crise a effrayé ces exploiteurs, la concurrence internationale les angoissent. Il est impératif pour eux que leurs taxes soient les plus basses, que les marchés soient les plus ouverts, que les salaires soient les plus bas. Cette grande bourgeoisie, avec ses immenses monopoles, ses trusts, ses cartels, exige que nos droits soient anéantis pour leurs profits. Quitte à ce que, pour cela, l’Etat nous mène la guerre jusqu’à ce que nous soyons balayés.

    Mais, à chaque pas, grandit la colère sociale, grandit la haine contre l’exploitation. En frappant fort, les exploiteurs et les exploiteuses creusent leur tombe !

    Ce qui ressort de plus de 125 jours de lutte constante en intense, c’est un constat fondamental. Le régime politique dans lequel nous vivons a jeté son masque de démocratie pour endosser celui du despotisme. Les lois actuelles contre la liberté de la presse et contre le droit de manifester l’illustrent. Le nombre d’arrestations, de blessures, de mort est tel que même l’UE et l’ONU ont du demander à l’Etat de lever le pied.

    Aujourd’hui, ce sont des droits économiques qui sont attaqués. Notre droit à un salaire, notre droit à une Sécurité Sociale, notre droit à une retraite, notre droit aux aides et aux allocations -que nous payons de notre sueur !

    Demain, ce seront nos droits politiques, nos libertés de réunion, d’expression, d’organisation qui seront ciblés. Nous ne pouvons attendre qu’on nous étrangle.

    Chaque jour, davantage d’individus pointent du doigt ce despotisme et réclament que la démocratie soit élargie, notamment par la mise en place d’un Référendum d’Initiative Citoyenne. Or, l’expérience passée a démontré que les gouvernements s’assoient sur les votes et les décisions qui sont contradictoires avec leurs projets.

    Nous entendons souvent cette rengaine « si les élections servaient à quelque chose, cela ferait longtemps qu’elles seraient interdites ». Pourtant, la conclusion qui s’impose n’est pas énoncée. Que faire ? L’Unité Communiste de Lyon considère qu’il faut prendre acte du fait que la pseudo-démocratie dans laquelle nous vivons est au service exclusif des intérêts de la grande bourgeoisie, de ses monopoles, de ses cartels d’entreprises et de banque. Elle n’est pas amendable. Elle n’est pas réformable.

    Nous voulons proposer notre démocratie, celle du peuple, celle des travailleurs, celle des exploités et des opprimés. Nous défendons le fait qu’existe une opposition extra-parlementaire : celle des Assemblées Populaires, que nous appelons à renforcer. Ce sont les centres de gravité autour desquels toutes les forces combatives doivent s’agréger. Ce sont les instances décisionnaires de la lutte sociale unifiée !

    Nous appelons également à renforcer les organisations de combat des exploités et des exploitées : les syndicats, les organisations de jeunesse, les organisations antifascistes.

    Nous appelons à nous rejoindre pour que puisse naître un véritable Parti Communiste Révolutionnaire. Nous appelons à rejoindre la coordination internationale ICOR, car nous, exploités et exploitées de France, ne sommes pas seuls. Partout, dans le monde, les opprimés et opprimées se soulèvent contre leurs maîtres. Soutenons-les !

    Ne courbons pas l’échine sous le poids de nos chaînes ! Nous sommes, nous les masses populaires, ceux qui produirons toutes les richesses du monde ! Nous sommes le moteur du monde ! Nous sommes le moteur de l’histoire !

    Nous ne « sommes rien », soyons tout !

  • Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Loi « anti-casseurs » une loi anti-populaire.

    Les gouvernements savent saisir la balle au bond. Ils savent utiliser des moments de crise pour réussir à faire avancer leurs projets réactionnaires. En l’occurrence, les manifestations des Gilets Jaunes et les affrontements qui ont pu avoir lieu servent d’alibis à accroître un arsenal répressif destiné à mater les mobilisations dans leur ensemble.

    La gauche rend de grands services, mais pas toujours à ceux qu’on croit. En 2016, à la suite des attentats, sous prétexte de devoir réagir rapidement, le gouvernement de l’époque, dirigé par Valls, a mis en place un système qui court-circuite la justice pour placer au centre de l’action le préfet. Les décisions d’interdiction de manifester sont désormais entre les mains d’une autorité administrative, directement sous tutelle de l’Etat, et outrepassant régulièrement ses prérogatives.

    A partir du 1er novembre 2017, l’état d’urgence est entré dans la constitution, le transformant de facto en Etat d’urgence. Gérard Collomb, lui aussi membre et ex-membre du Parti Socialiste, a été l’architecte de cette mesure. Cette inscription dans la durée d’un régime d’exception a eu pour conséquences de banaliser l’usage d’une répression à caractère préventif. Autrement dit, il est né une conception qui ne peut être résumée autrement que par le « délit d’intention ». En somme, le soupçon d’un passage à l’acte est suffisant pour qu’il puisse être retenu comme une charge.

    L’usure des forces de police, à la suite de la mobilisation inefficace des forces de l’ordre pendant la période de l’état d’urgence, a servi, là aussi, de prétexte à accorder des largesses juridiques. La police s’est blindée contre les accusations d’abus et de bavures, tout en accroissant son arsenal répressif.

    La fabrique du « casseur ».

    Hier, c’est cet arsenal qui a permis de réprimer les luttes contre la loi travail ou contre la réforme de la SNCF. Aujourd’hui, ce sont celles-ci qui permettent d’écraser le mouvement des Gilets Jaunes dans le sang.

    L’argument qui revient sans cesse est celui de la présence dans les rangs des manifestations de « casseurs ». Cet argument mérite qu’on s’y attarde un petit instant. Ces « casseurs » servent d’alibi à des lois répressives qui, en dernière analyse, mettent en péril le droit à manifester. Il est un terme qui revient sans cesse dans les rhétoriques du gouvernement pour dire aux Gilets Jaunes « ne manifestez pas », pour décourager les familles, les personnes vulnérables ou qui redoutent la violence.

    Or, cette rhétorique ne sort pas de nulle part. La fabrique du casseur, d’une image mentale de celui-ci, est en grande partie le fruit de l’influence des médias, au service des exploiteurs. Le pouvoir de l’image tout comme le pouvoir de la dénomination ont permis à ceux-ci, qui ne sont pas neutres, de forger dans l’esprit de la population une représentation de ce que peuvent être les « casseurs ». Ils ont ainsi créé une représentation de cette nébuleuse comme constituée d’individus opportunistes, utilisant les manifestations uniquement comme bouclier humain pour commettre des dégradations et des actes de violence, sans lien avec le mouvement, avec sa lutte, avec ses revendications.

    Les images des médias, même pour des individus qui se méfient de ceux-ci, frappent l’imagination. Même parmi les organisations politiques de gauche ou d’extrême-gauche, ce vocabulaire revient. Or, les vidéos qui passent en boucle sur les médias sont le fruit d’un travail d’édition. Elles ne montrent pas ce qui s’est passé avant un événement, après, ou hors champ.

    L’expérience des manifestations nous indique que, oui, il y a parfois de la casse et de la violence. Mais que dans la très large majorité des cas, celle-ci est à l’initiative des agents provocateurs des forces de l’ordre. Le plus souvent, les manifestations deviennent brutales après que la police soit passée à l’action, le plus souvent sans sommation et sans raison, autre que les ordres de semer le chaos.

    Ce qui se produit est une réaction d’autodéfense qui vise à se protéger de la police, voire parfois à répondre, du fait de la colère et du sentiment d’injustice, à la violence policière. Et ce, malgré l’immense disproportion de moyens physiques, matériels et juridiques entre les deux forces en présence. La tendance au conflit est constante, notamment vis-à-vis de la jeunesse populaire, qui ne connaît que les contrôles constants, la privation de perspectives et d’avenir, et la violence de la part de l’Etat. Mais là, également, l’origine est dans le fait que la société française génère une violence majeure.

    Il existe également des individus, politisés, qui s’attaquent à des banques, des vitrines de grands magasins, des symboles du capitalisme. Cela dans le but de générer une « propagande par le fait » et de stimuler la combativité des masses. Il ne s’agit là, encore, pas d’une violence aveugle. Les « blacks blocs » sont des individus présents dans les mouvements de luttes et qui opèrent ainsi dans le cadre de la lutte. Et, d’une manière générale, leur modus operandi répond au caractère répressif de la police.

    Il est possible d’être en désaccord avec ces pratiques, de les trouver inadaptées. C’est un débat. Nous ne justifions pas ce choix tactique, nous l’expliquons comme découlant d’une logique. En revanche, nous n’acceptons pas l’injonction de la condamnation qui est régulièrement posée par le gouvernement, les réactionnaires et les médias. Nous ne ferons pas comme Fabien Roussel, dirigeant du PCF, qui a déclaré qu’il demandait à la police d’intervenir lorsqu’il repérait des « casseurs ». Ce n’est pas notre rôle.

    En revanche, nous maintenons que, d’expérience, l’initiative de la provocation, de la violence, du conflit est dans une majorité écrasante déclenchée par la police. Chaque manifestation, ce qui est vu régulièrement, aussi pacifique soit-elle, finit sous les nuées de lacrymogènes.

    Par ailleurs, les « casseurs » ne sont qu’un alibi. Ce que vise ces lois, le cœur de leur cible, ce sont les manifestants en général, les mobilisés et mobilisées en général. Il ne s’agit pas de cibler ces chimères, mais bien de réprimer les masses populaires dans leur ensemble, et de les enfermer. 

    Quelles mesures dans la loi ?

    Cette « fabrique du casseur » à permis de justifier un très grand nombre de lois qui mettent en cause la liberté de manifester. Mais ces lois ne suffisent pas encore ! Il faut pouvoir réprimer plus, aller plus loin, frapper plus fort.

    La majorité parlementaire propose alors d’accroître ces possibilités de broyer le mouvement de contestation.

    Première mesure : le grand retour des interdictions administratives de manifester. Le préfet peut interdire une manifestation, mais également interdire à des individus précis de participer à un événenement déclaré. Cerise sur le gâteau, il est possible également d’interdire « sur la base de (…) relations régulières ». Si les fréquentations d’une personne paraissent suspectes, elle aussi peut donc être mise à l’index. Amnesty International indique que cela revient à « donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles ». Déja l’article 222-14-2 du code pénal, qui punit « le fait de participer sciemment à un groupement en vue de la préparation de violences ou de dégradations » est utilisé de manière extrêmement large par la répression. Le « sciemment » devient un enjeu majeur. Dans un sens, ce genre de procédure rejette à la défense la responsabilité de trouver des preuves de l’innocence ou de l’inconscience de l’interpellé.

    Il convient de rappeler que, d’ores et déjà, des Gilets Jaunes présumés passent en jugement et risquent de la prison sur la base d’interpellation arbitraires. Comme tout ou presque peut servir de pièce à conviction, il est facile de justifier à postériori les interpellations. Cela vise tout simplement à semer la terreur dans les rangs de ceux et celles qui se mobilisent, pour casser toute dynamique d’élargissement du mouvement.

    Deuxième aspect particulièrement redoutable, c’est l’aggravation de mesures déjà votées et appliquées. L’une d’entre elle est le fait de se dissimuler le visage. Elle se mue de dissimulation totale en dissimulation partielle. Elle pourrait être sanctionnée d’un an d’emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d’amende. Amnesty International déclare :« Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu’elles souhaitent se protéger ». Tenter de se protéger contre les gaz peut donc faire l’objet de poursuites judiciaires.

    Pour peu que des manifestants souhaitent ne pas être asphyxiés, éborgnés, perdre des mains… ceux-ci peuvent être désormais arrêtés. Il faut offrir uniquement des chairs tendres, des peaux nues, aux armes des policiers.

    En somme, il faut rester chez soi et maugréer en attendant de prochaines élections. Faire le dos rond pendant que les droits sociaux partent en fumée, pendant que les salaires s’effondrent.

    Dernière mesure : l’article 3 de la loi prévoyait de créer un fichier de « casseurs ». Si cette disposition semble désormais caduque, elle est remplacée par une « inscription provisoire » des personnes interdites de manifestation dans le « fichier des personnes recherchées ».

    Tout comme les fichiers des empreintes ADN ne devaient être utilisées que pour identifier les délinquants et criminels sexuels, et sont maintenant appliqués à tous, ce système de fichier ne peut que laisser pensif.

    La loi de la terreur.

    Cette loi a déclenché l’ire de certaines forces politiques, de droite comme de gauche. L’extrême-droite, elle, a joué la carte d’une position très révélatrice : « Oui, probablement on le votera, en assurant qu’il n’est pas utilisé pour être une entrave au droit de manifester pacifiquement dans ce pays » (Marine Le Pen).

    Or, c’est littéralement le but de cette loi. Le RN a toujours été en faveur des lois qui permettent l’écrasement des mouvements sociaux ou de contestation, pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de leur programme. Au lieu de hurler hypocritement, les apprentis-fascistes devraient applaudir Macron et ses laquais.

    Il est difficile d’accorder aux partis de droite le moindre crédit et la moindre sincérité dans leur protestation. Cependant, des exclamations extrêmement vigoureuses ont été prononcées.  « Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? » a-t-il lancé. « C’est la dérive complète ! On se croirait revenu sous le régime de Vichy ! » a ainsi déclaré Charles de Courson, député centriste. Jacques Toubon, défenseur des droits, a également attaqué cette loi pour son caractère liberticide.

    Sur les rangs de l’Assemblée, la France Insoumise a également protesté, déclenchant un conflit entre députés, du fait d’insultes de la part d’une députée LREM.

    Le fait que cette loi passe ne fait que confirmer une sombre constatation que nous avions faite dès avant l’élection de Macron. La politique kamikaze de Macron jette dans la rue des pans entiers de la société. Cela s’aggravera encore avec l’application de la « loi alimentation » qui frappera les ménages les plus précaires. Ne pouvons céder un pouce de terrain, tenus par les injonctions de ses donneurs d’ordres de la grande bourgeoisie, le gouvernement ne peut que tenter d’étouffer la colère sous les coups et les tirs.

    En empêchant les manifestations de se tenir, en usant de la répression à tout va, la direction politique de l’Etat produit, au contraire, une tendance au conflit encore plus marquée. D’une part car la colère populaire trouvera toujours un échappatoire sous une forme ou une autre, de l’autre car la police et la justice seront réduit à user toujours plus de la violence.

    Déja, des armes à feu classiques et des blindés ont été déployés. Déja, des policiers ont sorti leurs armes de service pour viser la foule. Fatalement, si cette logique se poursuit, cela se traduira non seulement par plus de blessés, mais également par une hausse du nombre de morts, tués par balles, comme cela pouvait être le cas jusqu’au début des années 1960.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce cette loi dangereuse et criminelle. Elle considère en revanche que celle-ci démasque intégralement la nature du régime dans lequel nous vivons : antidémocratique, antipopulaire, réactionnaire. Nous ne cesserons pas notre présence aux manifestations et nous appelons les Gilets Jaunes ainsi que les autres mobilisés à ne pas céder à cette politique de terreur.

    Soyons soudés, unis, solidaires, et nous triompherons de tout !

  • Collomb et le droit de manifester.

    Collomb et le droit de manifester.

    Collomb et le droit de manifester.

    “Si on veut garder demain le droit de manifester, qui est une liberté fondamentale, il faut que les personnes qui veulent exprimer leur opinion puissent s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être complices de ce qui se passe.” Voilà ce que déclarait le ministre de l’intérieur, au micro de BFM-TV, le samedi 26 mai.

    Il est parfaitement légitime que cette phrase ait déclenché un véritable tollé parmi les organisations politiques progressistes, révolutionnaires, et même simplement démocratiques. Même ses ex-camarades du Parti Socialiste, avec une certaine dose de cynisme qui les caractérise, ont dénoncé cette attitude et cette déclaration.

    Cette phrase est, en effet, cruellement révélatrice. Elle indique ce que pense la bourgeoisie réactionnaire des “libertés fondamentales”. Elle indique la manière dont elle conçoit également le traitement juridique des manifestants inculpés.

    Avant toute chose, nous portons un regard critique sur la question de “Blacks Blocs” et des actions organisées en manifestation. Nous nous sommes déjà exprimés dessus par le passé, et nous considérons que la tactique choisie par certain et certaines n’est pas toujours particulièrement adaptée à la situation. En revanche, nous ne la condamnons pas et nous affirmons notre solidarité avec les inculpés et les inculpées.

    Gérard Collomb parle au conditionnel, car, à ses yeux, les libertés fondamentales ne sont que des contes pour enfant, des histoires faites pour se donner bonne conscience et pour se draper dans les droits de l’Homme dès qu’une injustice apparaît dans le monde et que l’impérialisme français aurait quelqu’interêt à s’en mêler.

    Dans les faits, tant l’histoire que l’expérience illustre le fait qu’il n’existe ni libertés fondamentales, ni droits inaliénables, ni rien que la bourgeoisie ne puisse retirer, si jamais cela correspond à ses intérêts. Les jeunes lycéens et lycéennes du lycée Arago à Paris en ont fait les frais, en étant confrontés à une loi qui criminalise “l’intention de commettre des dégradations et des actes de violence”. La présomption de culpabilité prend le pas sur celle de l’innocence.

    Gérard Collomb scandalise car, bêtement, il a laissé échapper cette malheureuse vérité, celle que l’Etat n’est pas neutre dans les conflits sociaux, n’est pas un relais passif de la démocratie, mais bien un fer de lance de l’oppression sociale et de l’exploitation économique. Gérard Collomb menace de supprimer le droit de manifester si jamais les manifestants n’agissent pas en auxiliaires de police, ne se muent pas en dénonciateurs et en mouchards.

    Voilà que les représentants de la bourgeoisie, les représentants des bourreaux du peuples, des exploiteurs, de l’ennemi de classe, exigent que les victimes de l’exploitation assurent des purges pour leur compte.

    La droite du mouvement social s’est empressé de faire valoir ses conceptions, Hamon déclarant qu’il trouvait scandaleux que les manifestants soient assimilés à des complices des violences alors que “même les CRS ont parfois du mal à  [les] canaliser« . La France Insoumise, par la voix de son leader Jean-Luc Mélenchon a déclaré “combattre les violences” dans le Huffington post, et, dans Libération : “ Je suis très vigilant sur la question de la violence, je la désapprouve absolument. Non pas pour des raisons morales ou esthétiques, quoique, j’en ai ! Mais la violence n’a aucune efficacité dans l’action révolutionnaire. Nulle part dans le monde, la violence n’a donné un résultat pour nous.”

    Grattez le verbiage “de gauche” et vous trouverez un libéral. Il est historiquement faux de dire que la violence n’a jamais donné de résultat, et ce, quelque soit le sens du “nous”. Dans Le Capital, Marx et Engels écrivaient La violence est l’accoucheuse de toute vieille société qui est enceinte d’une nouvelle.” Elle est aussi le moyen par lequel la bourgeoisie se maintient au pouvoir. Elle est la méthode par laquelle elle accroît son exploitation et son ordre injuste.

    Les Blacks Blocs et les mouvement autonomes ne sont pas des mouvements prolétariens, mais sont animés d’une idéologie petite-bourgeoise. Cependant, ceux et celles qui rejettent dans son intégralité la question de la violence, et qui se servent de quelques dégradations comme prétexte, montrent leur vrai visage. Il est celui du réformisme qui tremble d’effroi, en clamant que les travailleurs et les travailleuses rejettent la violence et ne la comprennent pas.

    Pourtant, la violence, les masses populaires la connaissent, car elles vivent l’injustice chaque jour, dans leurs travails, dans leurs lieux de vie, dans leurs lieux de socialisation. Elles savent, lorsque le patron exige, lorsque la police aboie, quelle est leur valeur juridique aux yeux de l’Etat, aux yeux de la bourgeoisie. Les masses populaires comprennent parfaitement la nature profonde de la dictature de la bourgeoisie. Elles comprennent son caractère criminel. Elles comprennent également la nécessité de la Dictature du Prolétariat, sans fard et sans voile, dans ce que signifie fondamentalement cette forme de pouvoir politique.

    Nous ne céderons pas aux invectives et aux chantages de la bourgeoisie et de son laquais, Gérard Collomb. Nous sommes solidaires et unitaires, et nous l’affirmons : Nous formons une seule ligne, un seul front : un front uni contre la bourgeoisie et le patronat. Nous ne laisserons pas la bourgeoisie décider de l’application du droit de manifester, ni imposer son ordre dans les cortèges.