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  • A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    A Lyon, on expulse les migrants et on muselle la contestation.

    Aujourd’hui, 27 septembre 2017, Lyon accueille un sommet Franco-Italien. Le Président  de l’Etat français, Emmanuel Macron et le président de l’Italie Paolo Gentiloni se rencontrent donc, dans les salons feutrés de la Préfecture, pour poursuivre par une visite au musée des Confluences, tout en cirant allègrement les chaussures de Gérard Collomb au passage.

    Le but de cette rencontre était de débattre de nombreux sujets. L’un d’entre eux, véritable chimère sans cesse renouvelée, concerne le Train à Grande Vitesse entre Lyon et Turin.

    Quartier bouclé, circulation coupée, policiers en patrouille à chaque coin de rue… Lyon prend des allures de cité assiégée. Faisant d’une pierre deux coups, la préfecture a donné l’ordre de virer les SDF , les Roms et les migrants qui pourraient nuire à la beauté et à la plénitude de l’ancienne capitale des Gaules.

    La misère et la pauvreté, que même les Etats capitalistes les plus riches connaissent, n’est pas du goût des chefs d’Etat. Les dégâts de leurs politiques doivent rester cachés, camouflés, dissimulés pour ne pas gâcher leur bon plaisir.

    Les opposants aux réformes de Macron et à la LGV entre Lyon et Turin connaissent le même sort.

    Depuis le début des années 2000, le projet de ligne à grande vitesse avance à pas de fourmi. D’une part car le projet est extrêmement cher, de l’ordre de 26 milliards d’euros. Car il est d’une utilité douteuse, du fait de l’existence d’une voie qui pourrait être agrandie. Car les volontés politiques on fluctué durant des années.

    Mais surtout car la ligne Lyon-Turin se heurte à l’hostilité des riverains du tracé tout comme des opposants aux grands travaux inutiles. Ainsi, le val de Suze, de l’autre côté de la frontière, est une zone où l’autorité italienne ne s’exerce, in fine, plus que d’une manière formelle. Le chantier est au point mort.

    Aujourd’hui, plusieurs militants et militantes ont voulu marquer cette hostilité à ce projet, ainsi qu’à l’enfer social promis par Macron, en déployant une banderole devant le consulat Italien.

    Ce crime de lèse-majesté leur vaut d’être emmenés, sans que des charges soient connues, au commissariat de Marius-Berliet. Une manière de les punir, de les mettre « au piquet », le temps que la rencontre se passe.

    Cela devient une tradition, au sein de l’Etat français, que de faire ce coup de balais et ce coup de filet dès qu’une visite présidentielle est organisée.

    Lors des venues de Nicolas Sarkozy, à Lyon, c’était plusieurs centaines de militants et de militantes qui furent ainsi accueillies par les forces de police, le temps que le show se déroule.

    Voilà comment fonctionne la démocratie bourgeoise. Tant que les paroles restent des murmures, elles ne gênent pas. Dès qu’elle prennent le chemin de la concrétisation, ou que le son déplaît, la répression tombe.

    Solidarité avec les arrêtés ! Liberté pour tous les détenus des mouvements sociaux !

    La démocratie bourgeoise démasque son visage de farce !

    16:56 : la police vérifie les identités de ceux qui n’avaient pas leurs papiers sur eux. Plus d’informations dès que possible.

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Deuxième partie : L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? Deuxième partie : L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    L’impossible camaraderie avec les soutiens de Macron.

    Nous n’avons pas caché nos désaccords et notre rejet intégral des positions du « PCF(mlm) » quant à leur positionnement vis-à-vis de la police. Ce même cas de figure s’est reproduit lors des élections présidentielles. Fustigeant tout rejet des élections, tout rejet du parlementarisme, tout rejet du choix pourri de offert par la bourgeoisie, les « Matérialistes » ont appelé, sous couvert d’arguments terroristes, à voter pour Macron.

    Lorsque ces mêmes drôles ont appelé à voter pour le fossoyeur des droits sociaux, Emmanuel Macron, lorsqu’ils se sont exclamés que sa victoire était celle de l’antifascisme, nous les avons, là aussi attaqués.

    Mais plutôt que de fonctionner par la rumeur, nous allons citer nos amis :

    En effet, lorsqu’une organisation indiquent le 28 avril que « Le fascisme, c’est l’étouffement de la politique, l’asséchement de la société civile, la mort de la démocratie.

    Pour cette raison, il faut avoir un regard plus que critique sur les petits rassemblements qui se sont organisés sous le mot d’ordre « Ni Macron ni Le Pen », à Paris, Nantes, Lyon [Auquel nous avons bien sûr appelé], Toulouse, Dijon et Clermont-Ferrand, tant par des lycéens d’un côté que des anarchistes de l’autre.

    Il s’agit là, en effet, d’une démarche anti-politique, sur une ligne ultra qui a déjà existé durant la guerre d’Espagne ou le Front populaire et qui combattait l’antifascisme au nom de la « radicalité »  » que disent-elle en vérité ? « Vous devez voter Macron pour sauver la Terre. »  Le soutien à la bourgeoisie, voilà la ligne qu’indique, tout en camouflant ses angoisses derrière une phraséologie vide de sens, le « PCF(mlm). » Même leurs articles sur « Comment nous allons faire la révolution » vont dans ce sens. Pas de question du Parti, pas de question d’un « classe contre classe. »

    Non. Rien de cela. Qu’écrivent-t-ils ? « L’élan capitaliste a considérablement affaibli la démarche révolutionnaire, au point que l’idée même de révolution se soit totalement affadie. Quant à la classe ouvrière, elle n’hésite pas à se tourner vers le nationalisme, afin de ne pas être broyé matériellement par la pression de la compétition capitaliste tant en France que sur le plan de la concurrence internationale. (…) Les monopoles apparaissent toujours plus forts, les acquis s’amenuisent toujours plus, le régime devient toujours plus dur sur le plan de la répression. L’unité populaire se développe alors inéluctablement.

    Sous quelle forme va-t-elle se développer ? Sous une forme démocratique, ou tendant à une forme démocratique. »

    Grossièrement, les Matérialistes, lesquels nous attaquent en nous traitant de réformistes, ne proposent -en fait- pas de révolution. Ils proposent un bloc démocratique avec la bourgeoisie libérale, avec la social-démocratie. Ils proposent, derrière ce concept de « front uni », derrière cette pitoyable imitation de l’Espagne, de faire un front démocratique pour protéger les valeurs républicaines, pour défendre l’unité populaire incarnée -selon eux- par l’esprit Charlie. Ils jettent par dessus bords tout ce qui fait l’idéologie, tout ce qui est révolutionnaire, tout ce qui a trait au combat. Pour faire quoi ? Pour protéger les droits démocratiques, qu’ils considèrent menacés. Pour s’allier avec tout et n’importe quoi, contre un fascisme constitué des groupes d’extrême-droite et des « mafias » des cités.

    Nous citons ici quelques extraits d’un florilège du ridicule : « Le mouvement « Je suis Charlie » a été historiquement une vague progressiste de nature petit-bourgeoise, permettant de vrais débats, sans pouvoir aller jusqu’au fond des choses, mais tout de même. C’est pour cette raison que la fraction la plus conservatrice de la société a été totalement opposé à ce phénomène, tout comme par ailleurs l’extrême-gauche devenue ultra-gauche. En fait, le mouvement « Je suis Charlie » correspond à tout un pan de la société qui est l’allié objectif de toute bataille pour une démocratie populaire. » (9 janvier 2017)

    « Dans le film « Le dictateur », le discours fait par le sosie du dictateur Adenoïd Hynkel est d’une très grande beauté et d’une énorme signification. Dans ce film de 1940, Charlie Chaplin synthétise les valeurs de l’unité antifasciste.

    On aurait tort de ne pas rapprocher ce texte de l’« esprit Charlie ». On y retrouve une approche très similaire, à la fois volontaire et bon enfant, consciente des exigences de l’époque et candide, résolument progressiste et avec des exigences démocratiques essentielles… » (3 février 2016)

    C’est bien avec les « Je suis Charlie » que se fera le front antifasciste ! (7 janvier 2016)

    Tout ça parce qu’ils sont effrayés par les fascistes, perdent toute contenance devant eux, et se jettent dans les bras de la collaboration avec la police, avec les institutions, avec les partis bourgeois. Tout cela par peur et par inconséquence. Quitte à déformer la vérité.

    Mao, que le « PCF(mlm) » se garde bien de citer, écrivait le 25 décembre 1947 : « Nous devons bannir de nos rangs tout idéologie faite de faiblesse et d’impuissance. Tout point de vue qui surestime la force de l’ennemi et sous-estime la force du peuple est faux. »

    N’ayant aucune confiance dans les masses, la secte câline donc le candidat de la bourgeoisie et implore sa pitié, implore la protection de son bouclier. Et pendant ce temps, nous le martelons, nous sommes considérés comme les réformistes, dans l’affaire !

    Lors du dernier débat de l’élection présidentielle, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les Matérialistes furent les seuls à trouver qu’elle avait pris l’ascendant. Dans un article intitulé « Bloquer Marine Le Pen à tout prix, même avec Emmanuel Macron », leur première phrase était la suivante :  « C’est sorti ? ça va mieux ? c’est bien ! » : pour que Marine Le Pen soit en mesure de prendre de si haut Emmanuel Macron, de se moquer ouvertement de lui, cela en dit long sur les faiblesses très graves de ce dernier lors du débat télévisé hier soir à l’occasion du second tour des élections présidentielles de 2017. L’intégralité des médias et même les partisans du FN sont d’accord pour conclure que leur fuhrerin s’est faite écraser. Mais les Matérialistes désirent tant, désirent à tout prix que Macron soit faible, qu’il ai l’air faible, sans quoi leur stratégie serait invalide.

    Il faut donc déformer la réalité. « Emmanuel Macron n’a pas fait le poids face à l’anticapitalisme romantique de Marine Le Pen. disent-ils. Cela passe par le vote pour Emmanuel Macron et on sait que les arguments s’opposant à cela sont nombreux.

    Mais ils sont tous faux : dès que l’on en prend un, on s’aperçoit qu’il n’a pas de substance, qu’il ne tient qu’au ressentiment, à l’anticapitalisme romantique, à l’incompréhension de ce qu’est le fascisme. (…) [U]n score conséquent du Front National lui offrirait une belle dynamique pour les élections législatives de juin, lui permettant ainsi de former des cadres et d’avoir accès à une encore plus importante exposition médiatique. » Les événements ont démontré que tout cela était faux. Le FN n’a pas gagné, n’a pas pris le contrôle de l’Assemblée. Grâce aux Matérialistes ? Non.

    Les prétendus-maoïstes se sont simplement prêtés à la farce de croire qu’ils avaient une influence quelconque sur les masses, en devenant les larbins de Macron, tout en se décrédibilisant auprès de leur auditoire.  Afin de préserver l’avenir, le progrès possible, donc contre le fascisme et la guerre ! concluent-ils. Comme si ce paravent nous protégerait d’un fascisme hypothétique, lequel n’aura pas besoin du FN pour se mettre en œuvre, si besoin est.

    Mais la victoire de Macron, en revanche, a donné naissance à des clameurs de joie et de chaleur de leur part. Présidentielles 2017 : « Marine Le Pen s’est brisée sur l’antifascisme

    Emmanuel Macron a reçu 65,8% des voix et c’est un succès de l’antifascisme. Avec 34,3% des voix, Marine Le Pen a clairement perdu : elle n’a pas réussi à rendre hégémonique un courant populiste et réactionnaire. » Heureusement, ils n’ont pas poussé le mauvais goût pour aller jusqu’à mettre une image de la prise du Reichstag, ornée du drapeau de l’Armée Rouge.

    Pour poursuivre : Et c’est pourquoi aussi ce succès repose sur la mobilisation massive des masses de culture socialiste et communiste, qui sont il est vrai orientées vers le réformisme, mais qui savent ce que signifie le fascisme. Jusqu’à aller, comble du réformisme-troskiste sur lequel est basé la pensée « PCF(mlm) », à déclarer : Si la Gauche ne parvient pas à se modifier de fond en comble, alors, malgré cette défaite de Marine Le Pen, elle disparaîtra simplement. De là à rejoindre le PS et les frondeurs, un petit pas reste à effectuer.

    La perle, le summum de la production de nos détracteurs est le suivant : un programme de dix points que le « PCF(mlm) » souhaite faire adopter. C’est dans ces dix points que le décalage intégral entre les prétendus matérialistes et la réalité se dévoile comme étant un divorce complet :

    1) il a été juste de mobiliser contre le fascisme et d’appeler à voter Emmanuel Macron le 7 mai 2017 ;

    2) le mouvement « Je suis Charlie », totalement oublié à Gauche, doit voir un musée lui être consacré Place de la République à Paris ;

    3) la France est née au XVIe siècle seulement avec François Ier et a été défini par le classicisme ;

    4) l’humanisme et les Lumières ont été des démarches progressistes universelles ;

    5) les huit guerres de religion contre le calvinisme doivent particulièrement être prises en compte ;

    6) il n’est pas acceptable que l’État rémunère les professeurs de l’école privée ;

    7) la destruction de l’environnement doit être analysée comme une catastrophe morale et comme expression du caractère erroné de l’anthropocentrisme ;

    8) le véganisme doit être entièrement respecté comme démarche progressiste, et soutenu ;

    9) les grands monopoles doivent être présentés comme l’ennemi principal et la base du fascisme et de la tendance à la guerre ;

    10) le but d’une société utopique doit être défendue.

    Il ne reste plus qu’a faire adopter ce programme de « transition » à la gauche et la révolution poindra à l’horizon. Le délire est total.

    Voilà ce qui justifie que nous parlions parfois, que nous évoquions cette secte, pour dénoncer sa ligne catastrophique, sa ligne sectaire, sa ligne pseudo-gauchiste, mais fondamentalement réformiste et droitière.

    Tous les arguments sont jetés dans la bataille pour justifier ce positionnement. Ceux et celles qui sont sur une ligne du rejet des élections ne sont, pour le « PCFmlm » que des gauchistes qui ne comprennent pas dans quelle nouvelle guerre d’Espagne nous sommes. Qui ne voient pas le danger du fascisme et le besoin d’une jonction Antifa-Macron. Qui sont, forcément, eux aussi, des agents du fascisme.

    Où alors est utilisé, en second couteau, le fait que les observateurs et les commentateurs ne font que rester dans leurs quartiers, dans leurs secteurs. Qu’ils n’embrassent pas de leur regard l’ensemble de la situation catastrophique.

    C’est aller bien vite en besogne, et oublier que, même au sein de notre jeune organisation, certains ont milité pendant des années dans des secteurs difficiles, dans des petites villes et des zones périurbaines où la norme était au fascisme. Et que pourtant, ils n’ont pas fait ce choix de devenir des Républicains. Non, ils ont lutté auprès des masses, avec les organisations de la classe ouvrière, avec la jeunesse populaire, avec la CGT.

    Mais la PCF(mlm) ne peut que rejeter cela ! Il exècre toute lutte de terrain, sous prétexte de demeurer dans une « offensive culturelle ». Au final il prend même position contre la mobilisation du 12 septembre.

    Car à leurs yeux, cela n’est pas assez pur, cela n’est pas assez authentique. Donc, « rien n’est à sauver. »

    La suite demain.

  • Le souverain mépris de Macron.

    Le souverain mépris de Macron.

    Le souverain mépris de Macron.

    Qui sont les fainéants ? Qui sont les cyniques ? Qui sont les extrémistes ?

    Dans son discours à Athènes, le Président de la République s’est fendu d’une attaque brutale contre la mobilisation naissante. Accompagné du souriant social-traître Tsipras, de SYRIZA, le nouveau maître du pouvoir s’est ainsi exprimé sur les réformes : «Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes.» Tout comme à Forbach, où il s’en est pris aux intellectuels et aux journalistes («Les journalistes ne m’intéressent pas (…) [Ils] ont un problème. Ils s’intéressent trop à eux-mêmes et pas assez au pays». «Des esprits tristes englués dans l’invective permanente»), le discours d’Athènes laisse un goût étrange en bouche.

    Voilà donc comment la bourgeoisie perçoit celles et ceux qui veulent lutter contre son pouvoir, contre ces réformes. Elle trépigne, s’énerve, ne comprend pas que les travailleurs, les travailleuses, ne veulent pas se saigner à blanc pour sauver « le pays ». Par « pays », il est bien évident que Macron veut dire « la bourgeoisie de l’Etat français. »

    Certains s’en sont emparés -on ne les blâmera pas de l’avoir fait. Ainsi, Mélenchon tweetait « Abrutis, cyniques, fainéants, tous dans la rue les 12 et 23 septembre ! » Montrant par là même un infléchissement dans sa tentative de faire cavalier seul.

    Certains se sont brodés, sur la base de ces insultes, un bel étendard, digne de la campagne de Coluche.

    Mais, derrière les slogans, derrière les mots, il est nécessaire d’aller un peu plus loin. Creusons quelque peu l’insulte, l’injure, lancée par le Président.

    Car nous ne sommes ni les fainéants, ni les cyniques, ni même les extrémistes de l’histoire.

    Qui, entre la bourgeoisie et les classes populaires, sont les fainéants ?

    Est-ce celui ou celle qui sème, qui produit, qui construit, qui soude, qui boulonne, qui pioche, qui soigne, qui éduque ?

    Est-ce celle ou celui qui, sur le travail des autres, sur leur sueur, sur leur sang, amassent des millions, des milliards ?

    La bourgeoisie, en particulier la grande bourgeoisie, ne produit aucune richesse, aucune marchandise, aucune nourriture, elle ne produit rien. Elle n’est qu’un exploiteur, un parasite -un fainéant au sens premier du terme : fait-néant.  Elle ne fait rien d’utile, rien de nécessaire. Elle est une nuisance, un frein au développement économique et social.

    Certes, la vie d’un bourgeois comporte du stress et de la tension. Elle n’est pas de tout repos. Mais non pour les raisons que connaît un travailleur. Pour la bourgeois, la vie est un stress car elle est un jeu -qui parfois se mue en guerre- entre membres de cette classe sociale. Tout comme un grand joueur de poker prend des risques et subit un stress. Tout comme le joueur de poker, cette douleur et ce stress est superflu, inutile, volontairement subi. Les bourgeois se tressent des couronnes d’épines et de douleur.

    Quand un bourgeois se targue de « prendre des risques », il s’agit pour lui de conquérir des marchés, de prendre à ses concurrents, de les écraser, de les ruiner. En rien, il ne s’agit de mieux répondre aux besoins des masses. En rien il ne s’agit de risques pris pour améliorer le sort de l’humanité. D’une manière général, les risques sont par ailleurs assumés aux plus bas échelons, par ceux qui réalisent ces commandes, menacés sans cesse par le chômage, la précarité, ou même les aventures militaires.

    Ces risques sont futiles, sont superflus, ne sont le fait que du jeu de concurrence des bourgeoisies entre-elles. Ils n’ont aucun raison d’être. Une production planifiée et organisée y mettrait fin.

    Quand un bourgeois ou un de ses laquais dit travailler dur, il ment. Il joue, il joue et parie sur la vie et le destin d’autrui.

    Car les bourgeois sont les fainéants.

    Qui sont les cyniques ?

    Dans la bouche du valet Macron, les cyniques sont ceux qui voudraient  capitaliser sur la grogne sociale pour avancer leurs positions.

    Certes, il en existe, il existe de vrais cyniques, de vrais opportunistes, de vrais gourous qui rêvent de chair fraiche dans les mouvements, de votes, de postes et de places. Ils ont régulièrement leur place dans nos colonnes.  Inutile de parler d’eux ici.

    Mais en revanche, Macron, n’attaque pas ces carriéristes. Il les applaudit même, car il sait, en bon requin, que leur soif de postes, de places, d’estrades les amèneront tôt ou tard à lui manger dans la main. En réalité, il s’en prend à la CGT, aux organisations combatives, aux syndicats de lutte, aux organisations politiques prônant l’antiparlementarisme et la révolution. Dans une rhétorique digne de l’ultra-gauche la plus infantile, il brocarde les salauds qui tenteraient d’organiser les travailleurs et des les mener au combat. Un jour, peut-être même s’exprimera t’il sur la nécessité d’auto-organiser la production contre les syndicats et contre les codes contraignants et liberticides.

    Mais qui sont, en vérité, les cyniques ? Dans une brochure intitulée Tout est marché, nous prenions certains exemples.

    Vendeurs de sang, vendeurs de chair, vendeurs d’organes, vendeurs de morts, promoteurs véreux, chefs d’entreprise sans scrupules, politiciens corrompus… Les voilà nos cyniques ! Tel Martin Shkreli, qui, pour ses profits personnels, multiplie le prix de vente d’un médicament contre le VIH par 3500%. Il n’est pas un cas isolé, il est le digne fils de sa classe.

    Tel François Fillon, des corrompus, des opportunistes, des profiteurs. Qu’importe si l’argent détourné aurait pu financer une école, un hopital.

    Seuls les profits les animent, seul la soif de rendements, la soif de taux d’exploitation, le goût du luxe, leur soif de niveau de vie plus élevée, d’écrasement des faibles et des exploités les animent.

    Les voilà, les vrais cyniques, ce sont les bourgeois !

    Qui sont les extrémistes ?

    Sommes-nous des extrémistes ? Dans l’échiquier politique, c’est un fait, nous sommes sur une des ailes. Dans l’Assemblée, nous n’avons aucune place, aucun espace. Nous sommes politiquement hors de clous.

    Pour Macron, ce terme revoit, pêle-mêle dans une seule nébuleuse, tout ce qui peut coller au vocable « extrémiste » : Fasciste, nazi, gauchiste, taliban, « féminazi », écolo-radical, autonome, maoïste…

    L’idée est d’associer un sentiment de répulsion à cela, un sentiment de dégoût, un sentiment d‘a-normal, d’hors de la norme.

    Si nous sommes, relativement au centre, à l’extrême-gauche, cette question est biaisée. Elle est liée à une difficulté de trouver un référentiel correct. Dans l’absolu, qui sont les extrémistes ?

    Est-ce extrémiste que de défendre le fait de vouloir mettre fin à l’oppression, à la domination, à l’exploitation, de vouloir liquider le sous-développement, l’inégalité d’accès à l’éducation, d’offrir des soins, des logements décents et en nombre suffisant, l’accès à la culture et aux loisirs ? Est-ce extrémiste ?

    L’entêtement de la bourgeoisie à s’accrocher à son mode périmé d’accaparation des ressources, à ses privilèges de classe, là réside l’extrémisme. Maintenir les masses la tête sous l’eau, dans l’exploitation, dans la misère, dans le sous développement, dans la mort par la faim, par la maladie, par la guerre, voilà leur moyen de dégager du profit. Là réside le crime.

    Certes, nous ne reculons pas devant des moyens durs pour la lutte, mais ils ne sont que le miroir de la résistance obsessionnelle de la bourgeoisie. Nazisme, fascisme, obscurantisme, violence policières, terrorisme d’Etat, guerre civile… elle utilise tous les moyens pour maintenir dans un carcan les exploités.

    Certes nous défendons le principe de la dictature du prolétariat, mais elle est le bouclier contre les méfaits des assassins, des bandits, des conspirateurs et des restaurateurs du pouvoir bourgeois.

    Nous agissons de manière logique, cohérente, sans débordement, sans soif de sang. Nous agissons avec des moyens à la mesure de la tâche que nous nous fixons :  celle de faire choir notre bourreau : la bourgeoisie et en premier lieu la bourgeoisie de l’Etat français, celle qu’incarne Macron.

    Car la bourgeoisie, voilà la véritable extrémiste.

    Voilà qui sont donc les fainéants, les cyniques, les extrémistes. Nous rejoignons alors Macron. Nous ne les laisserons pas se mettre en travers de notre route ni de celle de la lutte !

    Nous n’oublions pas les injures. Nous n’oublions pas le mépris. Nous n’oublions pas les crimes de la bourgeoisie.

  • 12 Septembre – Mobilisation !

    12 Septembre – Mobilisation !

    -Avec les Syndicats – Avec Front Social – Avec les organisations combatives-

    -Toutes et tous dans la rue-

    Depuis son élection, Emmanuel Macron a été d’une efficacité redoutable pour plaire à ses maîtres : les exploiteurs. Son gouvernement mène la politique la plus réactionnaire, la plus antisociale, la plus anti-travailleurs depuis la Libération. Ses attaques débridées se muent en véritable Tsunami contre les droits des travailleurs et des travailleuses, tandis qu’il couvre de mille cadeaux ses commanditaires.

    L’offensive Macron, cela signifie la fin du Code du Travail. Désormais, l’employeur devient un seigneur absolu : horaires, salaires, contrats, plus rien n’a de valeur. Seule sa voix compte.

    La fin des possibilités de défense pour les travailleurs. Les Prudhommes, déjà affaiblis, sont dans l’impossibilité de pouvoir défendre les exploités. Si un patron commet un acte illégal, il n’a quasiment plus aucune chance d’être condamné.

    Contourner les syndicats : en imposant des référendums d’entreprises, véritables parodies de démocratie, mais vraies guillotines à droits sociaux.

    La fin des assurances chômage et maladie : désormais, le gouvernement et l’Etat peuvent utiliser les cotisations sur le salaire des travailleurs comme bon leur semble. Moins de médicaments pour les seniors, mais plus de bombes pour l’armée.

    La destruction des aides sociales, comme les APL, rendant la vie encore plus chère et la misère plus proche.

    La baisse majeure des budgets de l’enseignement national et supérieur : Désormais, pour étudier convenablement, il faudra passer par la caisse. Ce cadeau fait au privé et aux entreprises se paie cher pour les classes populaires.

    La baisse des budgets des collectivités locales : pour des crèches, des associations, des centres aérés, des activités locales associatives, il sera nécessaire de payer chaque fois plus.

    La guerre, la guerre, toujours la guerre ! Même si le budget de l’armée baisse, ses missions continuent et s’étendent. La guerre pour AREVA, la guerre pour TOTAL, la guerre pour BOUYGUES ou LAFARGE. La guerre pour les profits des bourgeois, payés par notre sang et nos deniers, pour maintenir la domination tricolore dans le monde.

    En colère ? Gare ! Le contrôle renforcé permis par l’Etat d’urgence et son intégration dans le droit commun permet de stopper préventivement les mobilisations, d’assigner à résidence les gêneurs, d’interdire les manifestations, de créer toutes sortes d’embûches pour nuire à toute volonté de défense des droits des classes populaires.

    Mais tout n’est pas noir dans son projet. Une poignée de bourgeois est ravie de savoir que ses impôts seront allégés, lorsqu’elle daigne les payer ! Les patrons seront ravis de plonger dans la misère leurs employés pour gonfler leurs profits !

    Macron c’est la dictature intégrale de la bourgeoisie sur les travailleurs.

    MOBILISONS-NOUS !

     Le 12 septembre, la CGT et les autres syndicats combatifs, ainsi que Front Social et de nombreuses organisations politiques appellent à se mobiliser massivement, à descendre dans la rue.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre cette mobilisation, à l’intensifier, à l’unifier le plus possible. Elle doit se montrer à la hauteur des enjeux.

    La mobilisation dans la rue est notre seule arme, il n’existe aucune réelle opposition institutionnelle. L’Assemblée, le Sénat, les institutions sont aux ordres des exploiteurs. Nous devons nous mobiliser en ne comptant que sur nos propres forces, tant contre ces réformes, mais également pour qu’existe une véritable opposition extra-parlementaire.

    Cette bataille est cruciale. Si les projets du gouvernement aboutissent, les répercussions seront terribles ! La baisse programmée des salaires entrainera une misère terrible. Précarité, absence d’aides sociales, absence de soins… Le programme de Macron est celui du passé, le retour des effrayants tableaux du XIXe siècle.

    La programme Kamikaze de Macron, c’est la recette de l’implosion sociale.

    Même pour les bourgeois, l’avenir n’est pas rose. Sans argent, qui consommera les productions des usines ? De moins en moins de personnes. La crise généralisée guette, le ralentissement économique et l’asphyxie menacent.

    Le programme de Macron, c’est la crise économique.

    Cette impasse, c’est l’impasse du capitalisme. C’est l’impasse de l’avidité, du comportement de charognard des exploiteurs. C’est une impasse sociale, une impasse politique.

    Les communistes ne veulent pas sauver le système capitaliste. Il a fait son temps.

    Seule une étape nouvelle, supérieure, ôtant le parasitisme d’une poignée de bourgeois inutiles, peut permettre à l’humanité d’avancer vers une société profitable pour tous.

    Une société où le chômage est aboli.

    Une société où les soins sont accessibles à tous et toutes.

    Une société où l’éducation est de qualité, où chacun peut poursuivre des études sans contraintes financières.

    Une société où ce n’est pas l’alimentation, le logement, les frais de transport qui captent la plus grande majorité du budget des ménages.

    Nous voulons bâtir cette société, la société communiste.

    L’Unité Communiste de Lyon se bat, au côté d’autres organisations et groupes, pour construire le Parti Communiste capable d’organiser les exploités et de construire le mouvement révolutionnaire, à même de balayer les exploiteurs et leurs valets.

    Avançons dans la lutte, pour la victoire ! Osons lutter – Osons vaincre !

    Rejoignez les militants de l’Unité Communiste de Lyon dans le cortège de Front Social !

  • Menace sur les APL

    Menace sur les APL

     

    Menace sur les APL: le gouvernement affame les plus précaires.

    L’idée ne date pas d’hier.  Après avoir germé durant le quinquennat précédent, l’idée de baisser les APL, pour in fine les supprimer, est désormais annoncée. Une nouvelle fois, la clique de bandits macronistes frappe, et frappe fort.

    Depuis quelques jours, cette opération occupe le devant de la scène. Elle commence par une baisse de 5€ par mois. Cette première baisse s’appliquera en octobre, par la suite, le gouvernement compte l’amplifier pour la doubler puis la tripler.

    5€ nous dit-on, ce n’est pas grand chose. Mais 5€, dans le budget resserré d’une personne étranglée par la pauvreté, cela n’a pas la même valeur que pour un bourgeois. Pour les uns, c’est un pourboire, pour d’autres, ce sont des choix cruciaux.

    Nombre de tweets et de publications dans les réseaux sociaux se sont empressés de fournir une illustration concrète de ce que signifie cette somme :


    Ce tweet de Merry Laballe, en date du 24 juillet 2017, illustre parfaitement l’attaque qui est faite aux précaires, aux personnes en difficulté, aux étudiants. En tout 20% des ménages bénéficient de ces aides, 20% de la population n’étant pas en mesure d’envisager sereinement l’avenir.

    Ce n’est pas un maigre droit que l’on retire à ces individus, même si pour certains ou certaines, qui ne connaissent pas le sens du labeur, pour qui la misère est une abstraction, cette liquidation n’a rien d’important. Comment, notamment, ne pas penser à la députée LREM Claire O’Petit, qui a ainsi expliqué que c’était « ou ça, ou on augmente les impôts »- impôts auxquels la bourgeoisie échappe- en enchainant avec : « Mais bon sang, allez voir ailleurs… Ça va messieurs dames. Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? »

    Passons sur le cynisme affiché de ces députés, lesquels ont le mérite, il est vrai, de dire ce qu’ils pensent sans langue de bois. Intéressons-nous à l’argumentaire.

    Le perpétuel couteau économique, placé sur la gorge du prolétariat est plus qu’évident ici : «ça, ou augmenter les impôts », menace permettant de séparer en deux  la population : les pauvres, profiteurs, opportunistes, toujours à l’affût de l’aide sociale ; la brave classe moyenne, écrasée par l’impôt, devant se saigner pour entretenir la plèbe oisive. Une manière d’exciter les uns contre les autres.

    En second lieu, nous retrouvons également cette déconnexion totale et intégrale de la part de la bourgeoisie de ce que signifient la vie et le travail des masses prolétariennes. 5€, ce n’est pas qu’un « tacos », pas qu’une « pinte », pas qu’un loisir. Pour certains, pour certaines, c’est le sacrifice d’un rare loisir, le sacrifice d’un peu de qualité de vie…Toute action impactant le budget d’un ménage modeste entraine une réaction sur sa qualité de vie, voire même sur sa possibilité à faire face aux dépenses courantes.

    Cette mesure est un marché de dupe. Son intérêt est double pour la bourgeoisie :

    Sous prétexte de faire des économies pour l’Etat, les APL, lesquelles « coutent en tout 18 Milliards d’euros par an au Budget de l’Etat » sont ciblées. Une baisse de 5 euros par mois et par ménage représenterait ainsi une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros, soit 97,5 millions sur les trois derniers mois de l’année en cours.

    « Dépenser moins« , pour l’Etat, c’est une manière de réaliser un tour de passe-passe.

    C’est une manière de retirer une partie du salaire réel des travailleurs.

    En réduisant les dépenses de l’Etat, le gouvernement prétend ainsi réduire la ponction opérée par les impôts. Il se présente ainsi en porte étendard du pouvoir d’achat, en agent grandiose du retour des richesses usurpées.

    Or, l’impôt, qui finance les APL, tout comme les charges finançant les retraites, l’Assurance Maladie ou l’assurance chômage, redistribue cet argent. Certes la bourgeoisie y échappe, par milles manigances, mais dans son principe, ce système contribue à une redistribution moins injuste.

    Ce système contribue à une forme de salaire élargi, comprenant les bénéfices retirés de l’accès à ces droits sociaux et à ces services.

    Rendre l’argent aux contribuables, ne plus « ponctionner » les salaires, revient en fait à accroitre les inégalités. Pour une poignée d’euros en plus sur le salaire, fondés à être dépensés dans la consommation, la perte de salaire réelle est immense.

    De l’autre côté, les cadeaux se multiplient envers les riches, comme des annonces de réduction de l’ISF.

    Ce n’est qu’un début

    Les APL sont dans le collimateur des gouvernements depuis un certain temps, ainsi en juillet 2015, la commission des finances du Sénat déclarait : « Du point de vue de leur gestion, les aides se présentent par ailleurs comme une prestation coûteuse. Fondées sur un barème excessivement complexe, elles mettent en œuvre des règles d’abattement et de neutralisation visant à tenir compte des variations de revenus et d’activité des bénéficiaires, qui sont à l’origine d’un montant significatif d’indus : 43 % du total des indus identifiés en 2013 par les caisses prestataires, soit 1,57 Md€. Pour la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), qui en verse la quasi-totalité, elles représentent un coût de gestion que l’on peut estimer à environ 600 M€, soit 3,5 % de leur coût total. Ces prestations engendrent par ailleurs une fraude qui peut être estimée à environ 280 M€, soit 28 % du total des fraudes détectées par la CNAF… »

    Dans la bouche des bourgeois, « fraude » signifie « arrêt de mort », sauf lorsqu’elle est accompagnée du terme « fiscale. » Cette volonté de liquidation n’est pas toute neuve, mais elle n’est pas non plus isolée.

    Cette mesure, envisagée depuis longtemps par les cabinets de conseil et autres commissions ministérielles de la bourgeoisie, avait tardé jusqu’ici à être mise en place. En effet, en rognant sur la solvabilité des locataires, elle se heurte aux intérêts d’un secteur particulier du capitalisme français, mais néanmoins très importants : celui de la spéculation immobilière.

    Certes, il est vrai que les APL engraissent en partie l’inflation des loyers. Les propriétaires et les agences s’en servent pour se goinfrer d’argent public. Mais l’argument s’effondre, miné par l’hypocrisie d’un gouvernement intégralement à la solde de la bourgeoisie.

    Car, lorsque interpellé sur le sujet, le gouvernement a annoncé ne pas vouloir légiférer sur une limitation des loyers, pour ne pas pénaliser les propriétaires -qui vivent parfois en rentiers et en parasites, entretenant un parc de logements vides pour maintenir la spéculation immobilière.

    L’immobilier français est déjà à la peine depuis quelques années, et ses difficultés risquent d’être amplifiées par la baisse des dotations aux collectivités territoriales, qui assument en pratique une part essentielle des projets des promoteurs.

     S’attaquer aux APL, ce n’est pas anodin. C’est la mise en place, dans les années 70, des APL (en lieu et place de l’ancien système d’aide à la pierre) qui avait à l’époque ouvert la voie à la flambée de l’immobilier. Il est difficile de mesurer à l’avance les conséquences d’une mesure de ce type. La spéculation immobilière joue en effet un rôle absolument fondamental, ici comme dans tous les principaux pays capitalistes.

    En France, la seule bulle immobilière a tiré à bout de bras la « croissance » pendant des années. Un bien immobilier, c’est une garantie qui permet aux ménages, aux entreprises, aux Etats et aux banques d’emprunter, de s’endetter. Que la valeur de leur bien s’effondre, pour cause d’éclatement de la bulle immobilière, et ils n’auront plus de garantie, ils ne seront plus solvables, et risquent la faillite pure et simple. Et cette faillite peut engendrer des réactions en chaine, étant donné le fonctionnement instable du capitalisme financier.

    Aux Etats-Unis, c’est le retournement en 2006 du marché immobilier américain qui avait provoqué la crise des subprimes et avec elle la crise de 2008 qui avait déstabilisé le capitalisme mondial. Nous verrons prochainement si la rapacité aveugle des capitalistes français, et si la politique à courte vue des gouvernements à leurs ordres ne finira pas, en définie, par se retourner contre eux-mêmes.

    Elle s’inscrit également dans une volonté de supprimer les concessions accordées aux classes laborieuses. Elle s’inscrit dans l’offensive généralisée et débridée contre l’ensemble des conquêtes sociales.

    Elle forme l’un des fronts d’attaque, dans la bataille d’anéantissement que veut provoquer le gouvernement.

    La nécessité de la Lutte

    La récente réaction du gouvernement face aux réactions quant à sa réforme ne peut que nous encourager à poursuivre dans le sens de la lutte. En effet, furieux de son impopularité, Le président Macron aurait déclaré à ses troupes que la baisse des APL était d’une « Connerie sans nom ». Une réaction qui tranche avec l’attitude d’arrogance de ses sbires.

    Mais aucun projet ne se retire sans combat. Nous aurons à protéger nos droits de la même manière que nous les avons obtenus :

    Par la lutte.

    Macron a raison d’attaquer en été, quand les travailleurs, quand les travailleuses se reposent. Mais cet été est sous le signe de la préparation intense de la lutte.

    Front social a multiplié les initiatives pour mobiliser la population. La CGT et les syndicats combatifs se préparent.

    La lutte s’annonce, cruciale et sans répit.

    La contestation de pacotille, à l’Assemblée, ne suffira nullement. Au mieux, elle n’est qu’une tribune du refus. Bien souvent, elle tourne à la farce, à la bouffonnerie, incapable de briser le quatrième mur : le fait de déclarer que la démocratie bourgeoise est la dictature des capitalistes.

    Ce n’est que dans la rue, par l’occupation de lieu de travail, par la grève que nous réussirons à imposer un coup d’arrêt à ces réformes.

    Le 12 septembre, la CGT déclenchera les hostilités, nous devons rejoindre et investir nos forces dans le Front Unis contre le Gouvernement Macron et l’offensive bourgeoise !

    LUTTONS AUJOURD’HUI POUR NOUS DROITS.

    DEMAIN CONSTRUISONS NOTRE POUVOIR !

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie V – Les autres fronts.

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie V – Les autres fronts.

    L’arme absolue et ses ramifications.

    La nouvelle loi est un exemple d’ingéniosité. Elle est une machine de guerre fascinante, brisant l’échelle des salaires, mais également fracassant les conventions collectives, oblitérant le caractère contraignant des lois et allant jusqu’à attaquer les contrats déjà signés. D’une part en liquidant le code du travail, qualifié  » [d’]entrave au recrutement dans 95% des cas » par Muriel Pennicaud. En pulvérisant la hiérarchie des normes, en créant un chèque en blanc sur lequel la bourgeoisie pourra inscrire son montant de misère.

    Elle se double d’un deuxième front, attaquant la question de l’assurance chômage et de la durée de la période d’essai pour instiller un climat de terreur.

    Elle se triple d’une attaque contre les représentants du personnel, contre les syndicats, contre les outils de défense des travailleurs. En somme, elle est une bataille d’encerclement et d’anéantissement contre le code du travail.

    Cette attaque n’est pas isolée. Elle est accompagnée d’une série de mesures permettant d’en amplifier les effets et les conséquences.

    Les autres fronts :

    L’apprenti-sorcier Macron est un héritier. Il hérite d’un plan de longue date, déjà entamé longtemps en amont, dont le but est de s’attaquer à un titanesque objet : l’Education Nationale et son contenu. Derrière ce mouvement se trame deux objectifs qui se complètent parfaitement.

    Dernièrement, le nouveau gouvernement a annoncé un budget extrêmement serré pour de nombreux secteurs publics. L’un de ces secteurs est celui de l’éducation. 331 millions d’euros d’économie ont été annoncés pour l’enseignement supérieur, doublé de 75 millions pour le budget de l’Education Nationale.

    Privées de financement, les universités seront donc obligées de se prostituer auprès d’investisseurs ou d’augmenter les frais d’inscription. Cela entraînera également une hausse énorme des coûts de scolarité, ce qui intéresse énormément les banques, ravies de pouvoir développer un équivalent français aux students loans, aux prêts étudiants US, lesquels sont un magnifique pactole pour les banques, et un terrible boulet au pied des étudiants américains. Dans le cadre d’une restructuration continue des CROUS, cette question se marie aisément.

    Il s’agit d’une volonté d’accentuer une immixtion du privé dans l’enseignement public : partenariat, autonomie financière, entrée de « personnalités extérieures » dans les conseils d’administration. Il s’agissait des aspects dénoncés et combattus lors des mobilisations contre la Loi sur la Responsabilité des Universités ou LRU.

    Pour un patron, financer une université n’a pas d’intérêt au premier abord. Celui-ci naît lorsqu’il lui est possible de pouvoir influer sur le contenu et sur l’organisation des cours ou de la recherche. Dès lors, un grand nombre de choses deviennent possible.

    ●        Disposer d’étudiants pour des stages obligatoires, main d’oeuvre gratuite et corvéable.

    ●        Subordonner le contenu des cours à ses besoins en termes de formation de main d’oeuvre.

    ●        Subordonner la recherche aux besoins de l’entreprise, en termes d’applications ou en termes de validation de ses projets. (comme des études environnementales financées par Total ou des études sur l’obésité par la société Mars.)

    Ce retour sur investissement justifie les sommes déboursées. Or, ceux-ci ont un impact net sur la valeur des diplômes. Les filières estampillées Nintendo, Veolia, EDF ou autres n’ont de valeur qu’auprès de leurs commanditaires, nullement sur le marché du travail.  Comme ces diplômes à géométrie et à valeur variable ne trouveront pas leur place dans les grilles de salaires et dans les conventions collectives, elles ne fourniront aucune garantie de salaire minimal pour les travailleurs.

     

    De même, durant la session de 2017 du Bac, les critiques ont fusé sur l’organisation et la qualité de celle-ci. Ces critiques servent à nourrir et à appuyer un projet de refonte de l’examen, en y introduisant une quantité plus importante de contrôle continu. Or, plus de contrôle continu, cela signifie donc un impact plus important de la notoriété de l’établissement sur la qualité du baccalauréat, donc sur sa valeur auprès du supérieur et du marché du travail. De facto, cela entraîne un déséquilibre. Ce déséquilibre en termes de valeurs se doublera d’un déséquilibre en termes de moyens, du fait du retour de l’autonomie des lycées. Une éducation à multiples vitesses se prépare.

    En somme, cela donne naissance à des bacs qui ne valent rien, à des licences ou des maîtrises qui n’ont de valeur que pour un secteur et pour un recrutement spécifique.

    Ce coup de faux détruit les grilles de salaires comme les conventions collectives, en donnant naissance à des travailleurs ne pouvant rentrer dans aucunes cases. Désormais, aucune garantie ne pourra prémunir contre les chantages des patrons, quels qu’ils soient.

     

    Mais le plan de la bourgeoisie vis-à-vis de l’éducation est nettement plus ambitieux que cela.

    D’une manière générale, le CAPES est en première ligne. La masterisation des concours devait liquider en deux coups ce qui était perçu par ceux-ci comme un anachronisme. Or, la résistance des syndicats d’enseignants et étudiants a stoppé cette réforme à mi-chemin. Nul doute que l’arrivée au pouvoir de Macron permettra de relancer cette transformation du recrutement national en des recrutements gérés par les seuls établissements scolaires. Cumulé avec l’aspect précédent, le fait est que les lycées les plus riches pourront recruter les enseignants les plus « performants », et donc creuser le fossé entre des lycées de seconde ou de troisième zones et des lycées d’élites, réservés à la bourgeoisie et à ses rejetons. Cela contribue à tirer à boulets rouges sur la valeur des diplômes délivrés.

    Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme et de présenter l’Education Nationale comme un système parfait et égalitaire, mais bien de préciser que la tendance est à l’aggravation et ce, d’une manière sans cesse croissante.

    Les deux aspects conjoints : l’attaque frontale du code du travail et l’attaque en catimini des diplômes garantissent une destruction du droit du travail sous une échéance plus ou moins brève. Les répercussions s’annoncent terribles. Livrés aux appétits rapaces des patrons, sans protection, sous la menace d’un revolver chargé par la menace de la misère, il est clair que le niveau de vie des travailleurs de l’Etat français est en passe de chuter brutalement et terriblement.

    Cette chute de niveau de vie n’aboutira nullement à un atterrissage en douceur sur un oreiller de plume, mais bien sur le sol rocailleux de la misère la plus sombre, la plus crasse, la plus impitoyable.

    Emmanuel Macron dit « Être fidèle à ce que le peuple français a voulu [et] suppose donc une certaine forme d’ascèse ». Derrière le vernis des mots se cache la réalité. Le mot d’ascèse est défini par l’encyclopédie en ligne Wikipédia de la manière suivante : « L’ascèse ou ascétisme est une discipline volontaire du corps et de l’esprit cherchant à tendre vers une perfection, par une forme de renoncement ou d’abnégation. » Cela signifie une cure d’austérité profonde et brutale. Cette cure d’amaigrissement des ressources et des aides est une des clés de voûte de la politique de choc menée par Macron et ses sbires.

    « Ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionnisme public, c’est l’Etat lui-même » affirme-t-il. Cela se transcrit dans des projets de liquidation de l’assurance maladie et de l’assurance chômage, puisque ces dernières, dans l’esprit nébuleux des bourgeois, sont tout autant d’obstacles à ce que les français se prennent en main et se responsabilisent. « Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’Etat, de ses mécanismes de vérification et de contrôle (…) C’est de leur redonner, et à eux seuls, les moyens de peser efficacement sur leur destin. » Comment peser efficacement sur son « destin » -dont il n’est pas possible de ne pas souligner le contenu religieux et métaphysique- alors que toutes les protections du travail sont sapées et liquidées? Alors que la protection sociale est anéantie? Alors que l’Ecole n’est qu’une machine à reproduction sociale ? Cela n’est pas possible.

    « Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble. » Voici ce que nous écrivions, il y a peu, sur le devenir des aides sociales.

     

    Un torrent de misère et d’exclusion sociale menace de se déverser au cours des prochaines années. Un torrent hors de proportion avec ce qui a pu être connu lors des années et des décennies précédentes. Voilà ce vers quoi cette politique nous expédie. Mais les moyens de juguler ses effets envers la bourgeoisie sont déjà sur le point d’être mis en place.

    Ecraser.

    Cette situation caractérise d’ores et déjà la manière dont la répression sera exercée au cours du mandat de Macron. Il promet certes de mettre fin à l’état d’urgence, mais uniquement car ses dispositions seront intégrées dans le droit commun. « Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne » signifie dans le fond « l’état d’urgence sera désormais un fait commun. »

    Macron prépare son plan de bataille et son après guerre. Une mise au pas de l’économie, une mise au pas de la société, une instauration de la misère la plus sombre et la plus sordide. Mais il ne néglige pas son filet de sécurité, sa massue : des dispositions rendant extrêmement délicates la mise en place d’un mouvement de contestation et d’un mouvement de masse d’une manière générale. Au cours des années qui se sont écoulées, il a été possible de voir la violence de la police et des institutions s’accroître.

    Le désir de la bourgeoisie est de pouvoir parer à toute éventualité de mouvement social fort, d’autant que l’absence d’opposition à l’Assemblée favorise la naissance d’une opposition prenant un caractère extra-parlementaire, outil auquel s’attache l’Unité Communiste de Lyon.

    Une nouvelle compréhension des menace émerge. Contrairement à celle traditionnellement employée, « curative » et à-postériori -bien qu’une géométrie variable ait toujours existé en fonction des classes sociales-, la nouvelle est préventive et à-priori. Elle ne vise pas à gérer les conflits et les éruptions de violence sociale, mais bien à les anticiper et à les juguler en amont.

    Cela passe par les interdictions de manifester. Cela passe par les assignations à résidence. Cela passe par un arsenal juridique permettant à la police de faire face à toutes les éventualités et à pouvoir y répondre par le fer et par le feu.

    Cela passe aussi par un transfert des décisions aux préfets plus qu’aux juges, donc à des rouages dépendants et nommés par l’exécutif. Il s’agit d’une mise au pas brutale en intense de la société, d’une caporalisation, sous couvert d’esprit « Charlie. »

    Cet arsenal n’est pas déployé uniquement par amour du combat et par amour du conflit, mais bel et bien en prévision de ce qui sera déclenché par l’application de ces séries de lois.

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie IV – Le SAV parfait.

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie IV – Le SAV parfait.

    Le SAV de la bourgeoisie : pulvériser la possibilité de recours.

    Réduire à néant les chances de recours.

    La bourgeoisie n’apprécie guère le droit du travail. Elle n’apprécie pas davantage le fait d’être prise en défaut et d’être mise en difficulté devant la justice.

    La loi a donc pour objet de casser la possibilité de recours, jugeant que les employés le font bien trop souvent. Pourtant, seul 7.8 salariés sur 1000 opèrent des recours, tandis que 10.6 le font en Europe. Mais il semble que cela soit bien trop pour les patrons et les patronnes.

    Les Prud’hommes sont des aspects essentiels de la défense des travailleurs, pourtant il n’est pas évident d’obtenir satisfaction dans une instance paritaire, où les travailleurs et les patrons siègent. Il s’agit de la première ligne de défense pourtant. Mais, hélas, face à une infraction, la réaction n’est pas toujours immédiate. Dans de nombreux cas, le salarié demeure stupéfait de sa situation et ne réagit pas immédiatement. Les patrons ne sont pas non plus avares de pressions et de subordinations contre leurs anciens employés

    Tous les salariés ne sont pas forcément conscients de leurs droits et des limites du pouvoir du patronat. En réduisant à deux mois le délais permettant de pouvoir porter en justice une affaire litigieuse, le gouvernement liquide en pratique la possibilité pour les travailleurs de se défendre.

    Déjà, la réduction à un an du délais rendait particulièrement complexe la possibilité d’instruire convenablement le dossier. En le passant à deux mois, il s’agit d’une attaque à la torpille contre toute possibilité de recours et toute possibilité de défense constituée. Cela contribue à donner un chèque en blanc aux patrons, lesquels peuvent opérer comme bon leur semble sans jamais courir de risque réel de sanctions. Dans le fond, il s’agit d’une validation par la négative des licenciements sans raisons.

    De plus, la loi banalise le recours au licenciement abusif, sachant que, désormais, la non-mention d’un motif lors d’un licenciement est considéré comme une erreur de forme et de procédure, non comme une manœuvre sur le fond. Cela permet de trouver à posteriori une excuse de toutes pièces pour justifier ce licenciement.

    Le plafonnement des dommages et intérêts

    Il s’agit ni plus ni moins d’un véritable diktat donné aux juges sur leur manière de pouvoir définir les dommages causés par un licenciement abusif. Trouvant les juges prud’homaux trop sévères, les instigateurs de cette loi désirent ainsi imposer un plafond pour limiter la possibilité d’obtenir des réparations.

    Le plancher indemnitaire deviendrait inférieur à 6 mois de salaire. Il est, de plus, réservé aux entreprises d’au moins 10 salariés et ayant un minimum de deux mois d’ancienneté. Ces plafonnements existaient déjà auparavant, fruits d’une époque où le chômage de masse n’était pas aussi répandu qu’aujourd’hui. A l’heure actuelle, sa réduction fait ressembler celle-ci au verre de rhum du condamné. De plus, ce plafonnement transmute un jugement et une condamnation en indemnité forfaitaire dont peut s’acquitter le patron pour se débarrasser d’un travailleur.

    La réforme de l’assurance chômage.

    L’assurance chômage est une des cibles des ordonnances de Macron. Derrière ces attaques résident plusieurs raisons, plus ou moins pragmatiques.

    Bien que sa communication ait été, durant l’élection présidentielle, réglée comme du papier à musique, elle tend à se fissurer peu à peu. Le candidat aux beaux yeux et au sourire enjôleur cède peu à peu la place à un homme froid, sans vergogne, hautain et méprisant envers les exploités, car imprégné du dogme libéral selon lequel toute situation est le fruit d’un mérite personnel.

    Aux yeux de ces individus, il existe une détestation viscérale du concept même de l’assurance chômage, vu comme un refuge facile, comme une porte de sortie aisée pour celles et ceux qui n’ont pas le « courage » de faire leur place contre vents et marées.

    Mais cette détestation est aussi doublée d’un aspect très terre-à-terre. La perspective de se retrouver sans emploi doit se traduire par une peur atavique pour les travailleurs. Cela, dans l’esprit du patronat, permet d’accentuer la pression sur leurs conditions de travail, de les pousser à accepter des situations sans cesse plus désavantageuses, en somme, cela permet de tenir ses exploités par la peur.

    A l’heure actuelle, l’assurance chômage est financée par les cotisations salariales et patronales -lesquelles sont extorquées de la plus-value produite par les travailleurs, et donc font parti du salaire élargi. Elles sont donc directement liées au travail de l’individu et lui « appartiennent. »

    Ce que désire mettre en œuvre le gouvernement, c’est une intégration des lignes de compte de l’assurance chômage dans les comptes généraux de l’Etat, permettant de les ventiler comme bon leur semble, sans le moindre contrôle de la part des partenaires sociaux.

    Il ne s’agit désormais plus d’une assurance face au risque de chômage, mais bien d’une aide sociale délivrée par l’Etat, selon son bon vouloir et selon des critères arbitraires. Elle n’est plus conditionnée aux cotisations, mais devient un chèque donné uniquement dans la mesure où la personne privée d’emploi est tenue d’accepter toutes les offres « décentes » qui lui parviennent. Certes, le terme d’offre « décente » est accolé, mais il signifie « tout emploi tant que le salaire n’est pas inférieur de plus de 25% au travail précédent.

    En contrepartie, les versements peuvent êtres faits sur une plus longue période pour les chômeurs ayant eu une activité de plus de 5 ans et pour les indépendants au chômage. Bien maigre compensation, pour une réforme qui contribue, là aussi, à plaquer un révolver sur la tempe des travailleurs.

    La fusion des instances représentatives du personnel

    Les ordonnances ont pour objectif de fusionner les instances du personnel pour les « rationnaliser. » Il s’agit, en vérité, d’un retour en arrière complet et d’une liquidation des contre-pouvoirs et des protections accordées aux travailleurs.

    Ainsi, les Comités d’Entreprises, les délégués du personnel et le CHSCT – comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail – fusionneront en une nouvelle entité unique.

    A la base les délégués du personnel sont les représentants du personnel qui gèrent les réclamations individuelles des salariés. Les Comités d’Entreprise s’occupent des activités sociales de l’entreprise et de sa vie interne. Ils sont les interlocuteurs directs du patronat en ce qui concerne les questions économiques et les questions relatives à la gestion de l’entreprise. Le CHSCT gère, quant à lui, la question de la prévention des risques du travail, qu’ils soient physiques ou bien moraux.

    Les ordonnances auraient donc pour effet de faire disparaître le CHSCT, dont les experts sont agréés, en l’absorbant dans la nouvelle instance. L’objectif serait donc d’évacuer la question de la santé, en la subordonnant aux questions économiques et aux impératifs de rentabilité.

    Cela n’est pas non plus anodin. Dans leur volonté d’imposer une liquidation plus ou moins complète des protections sociales, les patrons attaquent grandement les conditions de travail. Ainsi, les critères de pénibilité, déjà fort étroits, sont encore réduits. En les faisant passer de 10 à 6, le patronat escamote une part importante des dangers et des risques pour les travailleurs. En l’occurrence, ceux qui sont supprimés sont les suivants.

    ·         Manutentions charges lourdes

    ·         Postures pénibles

    ·         Vibrations mécaniques

    ·         Risques chimiques

    En supprimant ces aspects, la bourgeoisie opère un demi-tour à 180°, revenant sur des progrès obtenus, arrachés, dans la prise en compte des maladies professionnelles et des troubles musculo-squelettiques.

    L’Etat français est extrêmement en retard dans la gestion des risques au travail, particulièrement vis-à-vis d’autre Etats, particulièrement par rapport aux voisins d’outre-Rhin et canadien. La culture de la sécurité demeure minime, et l’application de décrets tels que le 93/40 et le 94/40 sur la sécurité des machines-outils demeure lacunaire.

    Les patrons et les patronnes n’ont jamais été particulièrement à cheval sur la sécurité de leurs employés. L’évolution constatées cette dernière décennie est principalement liée à des sanctions financières et à la mise en place d’une responsabilité pénale pour les cadres en cas d’accident du travail.Cependant, avec l’ère de laxisme instaurée par Macron, nul doute qu’un terrible recul est à attendre au niveau de la prise en compte des dangers immédiats et à long terme.

    La nouvelle entité ainsi créé par ces fusions serait dotée de pouvoirs plénipotentiaires lors des négociations, permettant de se substituer aux syndicats, de les court-circuiter et de pouvoir ainsi, in fine, les évacuer à un rôle secondaire.

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie II – Le Blitz.

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie II – Le Blitz.

     

    La méthode: le Blitz social par les ordonnances.

    Brochure complète :

     

    Parvenir à cet objectif est ambitieux. La bourgeoisie le sait. Elle sait que l’opposition à la loi El-Khomri n’a pu être surmontée que par un sacrifice majeur en termes de popularité, en termes de possession de terrain par le Parti Socialiste et sa coalition de laquais.

    Cela, cette opposition, le gouvernement d’Emmanuel Macron n’en veut pas. Il ne veut ni épreuve de force, ni bras de fer. C’est pour cela qu’il compte aller plus loin que le controversé usage du 49.3. La mise en œuvre des réformes se fera par ordonnances.

    L’élection d’Emmanuel Macron et le passage de l’Assemblée à une majorité écrasante détenue par LREM ainsi que par LR – alliés fortuits – donne une parfaite conjonction des astres : il est tout à fait possible au nouveau président de réformer en employant les ordonnances. Ces ordonnances sont un dispositif ad hoc, mis en place par la République pour accélérer le passage d’une loi, et permettre son application immédiate.

    Cela demande un processus, celui-ci passe par la mise en place d’une loi habilitante, suivie de la mise en place des ordonnances, lesquelles doivent, à postériori, être ratifiées par l’Assemblée. Cette méthode est rapide et brusque, sans possibilité ni de débat ni d’amendement. Elle mue le parlement en chambre d’enregistrement et lui ôte son rôle, déjà borné par son caractère de classe, de lieu de débat. Si l’ordonnance n’est pas ratifiée, elle demeure en place, sous la forme de décret, ce qui, d’un point de vue de hiérarchie, est inférieur à la valeur d’une loi. Seulement, nous sommes dans un cas de figure, aujourd’hui, où l’Assemblée est constituée très majoritairement d’élus favorables à cette loi.

    Le site de l’Assemblée Nationale donne la définition suivante :

    LA LOI D’HABILITATION:

    En application de l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement peut demander au Parlement l’autorisation de prendre par voie d’ordonnances des mesures qui sont normalement du domaine de la loi. L’autorisation est accordée par une loi fixant le délai d’habilitation, la finalité et le domaine d’intervention des mesures que le Gouvernement entend prendre. Les ordonnances sont prises en Conseil des ministres, après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication; mais elles deviennent caduques si un projet de loi de ratification n’est pas déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. A l’expiration du délai mentionné dans la loi d’habilitation votée par le Parlement, en ce qui concerne les matières relevant du domaine de la loi, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi.

    Cela signifie donc que l’Assemblée autorise Emmanuel Macron à jouer la carte des ordonnances sur un domaine défini en amont. Il s’agit du texte qui est examiné ce 10 Juillet 2017. Celui-ci contient, dans son projet, des passages particulièrement inquiétants.

    L’introduction elle même du projet de loi, sous le nom d’ « exposé des motifs » ne peut que déclencher une sueur froide : Le modèle social français se caractérise par un attachement fort à l’égalité : égalité devant la loi, égalité des droits, égalité des chances. Nous sentons bien aujourd’hui que cette égalité est malmenée, et qu’il faut lui redonner un nouveau souffle. Par ailleurs, chacun aspire à notre époque à plus de liberté : liberté de choisir sa carrière professionnelle, de changer de métier, liberté de créer, liberté d’entreprendre, liberté de concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle.

    Sachons lire entre les lignes : ces libertés sont celles des nantis, des riches, des exploiteurs. Elles sont un camouflage maladroit pour exprimer ce fait : les travailleurs et les travailleuses n’auront pas le choix, ils et elles devront plier le genou devant leurs maîtres.

    « Six réformes complémentaires seront ainsi menées dans les 18 prochains mois. Elles entreront en vigueur pour certaines dès la fin de l’été. Elles viseront respectivement à : faire converger performance sociale et performance économique, en faisant évoluer dès cet été notre droit du travail pour prendre en compte la diversité des attentes des salariés et des besoins des entreprises ; redonner de façon immédiate et visible du pouvoir d’achat aux salariés, par la suppression des cotisations salariales au titre de l’assurance maladie et de l’assurance chômage ; renforcer efficacement les dispositifs de formation professionnelle ; ouvrir l’assurance chômage aux démissionnaires et aux indépendants ; refonder l’apprentissage pour développer massivement l’offre des entreprises en direction des moins de 25 ans et lutter efficacement contre le chômage des jeunes ; rénover notre système de retraites en le rendant plus transparent et plus juste. Par ailleurs, le dispositif de prévention et de compensation de la pénibilité sera fortement simplifié pour les entreprises et les droits des salariés seront garantis. » Voilà le plan de bataille du gouvernement.

    L’attaque du plan de travail est le premier mouvement. La suppression de la CSG est le second, lequel ouvre la voie à la liquidation en douce de l’Assurance chômage et de l’Assurance maladie. Suivront très certainement un bouleversement de l’apprentissage et de la formation, puis pour terminer une série d’attaques sur les retraites. Voici donc le menu. Reste à en aborder le détail.

    Que contiennent les ordonnances de la loi Macron ?

    En somme, les objectifs stratégiques des lois de Macron sont doubles. Ils consistent en une série d’attaques sur les salaires et sur le contenu des contrats. Malgré la série d’offensives faites par l’UMP puis le PS, le cœur même des salaires n’a pas été touché. Le patronat n’a pas obtenu la grande baisse appelée de ses vœux. Cette baisse, elle compte l’obtenir par l’offensive directe et indirecte.

    Sur les contrats de travail, le but est de pouvoir transformer les travailleurs en variable d’ajustement, qui peut être déplacée pour répondre aux besoins et à la situation des entreprises.

    La chose essentielle à comprendre dans la loi Macron, ce qui en forme le socle premier est ce qui inscrit au fronton du projet de loi habilitante. Cet article conditionne tout, dans le sens où il est un chèque en blanc complet et intégral, permettant de tout négocier, de tout modifier, de tout changer dans la manière dont le travail est organisé.

    Dans le fonctionnement des entreprises, au sommet se trouve la loi. Elle définit le cadre général, elle donne la structure générale des rapports au sein de l’entreprise, entre l’exploiteur et l’exploité.

     En dessous se trouvent les accords de branche, qui sont une des réalisations du Front Populaire. Ils définissent, dans le cadre de la loi, des amodiations qui permettent de s’adapter à la réalité concrète du travail. Le plus souvent, ils illustrent et sanctionnent les rapports de force entre les syndicats et les patrons et patronnes. Plus une branche est combative, plus elle peut obtenir un cadre général favorable -ou plutôt moins défavorable- s’appliquant à toutes les entreprises faisant partie de cette branche d’activité.

    Encore en deçà se trouvent les accords d’entreprises, lesquels ne peuvent -sauf dérogation spécifique- être plus désavantageuses que les accords de branche généraux. Dans la pratique, même une entreprise sous la domination d’un patron tyrannique et manœuvrier ne peut voir celui-ci lui imposer des conditions qui seraient en désaccord avec les accords de branche ou la loi. C’est là, pour la bourgeoisie, un bastion de la défense des droits des travailleurs qu’il est impératif de faire sauter, de raser intégralement, d’éliminer jusqu’à ses fondations. Avec les ordonnances, l’accord d’entreprise pourra être moins favorable que l’accord de branche. Couplé à un contrôle allégé de l’administration du travail, demain, une entreprise pourra prévoir de diminuer par exemple les congés en interne, d’augmenter les normes de travail -ce qui signifie en pratique faire baisser les salaires- en somme opérer un nivellement par le bas des conditions de travail et de la rémunération, créant une spirale infernale que suivront, mécaniquement, les autres entreprises pour maintenir un taux de profit équivalent.

    Lors de la discussion du projet de loi habilitante, Muriel Pénicaud, ancienne DRH ayant sévit dans divers groupes (Danone, Dassault Systèmes), désormais ministre du travail, s’est exprimée devant l’Assemblée. Elle a déclaré vouloir « donner plus de liberté et plus de protection » aux entreprises et aux salariés au travers de cette réforme. Pour donner du poids à son argument, elle a ainsi ajouté : « Nous croyons dans le dialogue social au plus près du terrain, dans les branches et dans les entreprises  » et  » les salariés sont des gens majeurs, responsables et informés  » lesquels  » peuvent discuter et établir aussi le détail des normes qui gèrent leur quotidien . »

    Derrière ces termes se trouvent l’idée que le code du travail infantilise de le travailleur, lequel ne pourrait faire jouer en plein son potentiel, brimé par un carcan terrible qui étrangle employeurs et employés. Or, invoquer la Liberté, dans ce cadre, revient à invoquer une liberté à sens unique. Une liberté d’exploiter sans la moindre protection, sans législation, sans sécurité d’emploi ou de salaire.

    Quand au texte défendu, dès ses premières lignes, il ouvre le bal de l’assaut contre les normes.

    « 1° (…) reconnaître et attribuer une place centrale à la négociation collective notamment d’entreprise, dans le champ des dispositions, applicables aux salariés de droit privé, relatives aux relations individuelles et collectives de travail, à l’emploi et
    à la formation professionnelle, en :

    a) Définissant les domaines dans lesquels la convention ou l’accord d’entreprise ne peut comporter des stipulations différentes de celles des conventions de branche ou accords professionnels ou interprofessionnels, les domaines et conditions dans lesquels les conventions de branche ou accords professionnels ou interprofessionnels peuvent stipuler expressément s’opposer à toute adaptation par convention ou accord d’entreprise et en reconnaissant dans les autres matières la primauté de la négociation d’entreprise ;

    b) Définissant les critères et conditions selon lesquels l’accord de branche peut prévoir que certaines de ses stipulations, dans des domaines limitativement énumérés, sont adaptées ou ne sont pas appliquées dans les petites entreprises couvertes par l’accord de branche pour tenir compte de leurs contraintes particulières ; »

    Ce que signifie ces lignes est simple : une déclaration de guerre contre les conventions collectives et les accords de branche. Elles ouvrent une brèche permettant aux accords d’entreprise de se substituer aux accords de branche, de les remplacer. Elle offre un chèque en blanc aux patrons.

    Désormais, les usines et les entreprises où les syndicats ne sont pas puissants et influents seront à la merci des patrons. Les secteurs où les travailleurs sont sous la menace constante du chômage, seront confronté à des pressions constantes. Tous pourront voir leurs conditions de travail, leur salaire, donc par extension leur niveau de vie, s’effondrer dans de larges proportions.

    Mais ce premier coup de poignard ne suffit pas, la loi, même modifiée, peut former pour les employeurs un cadre d’une rigidité intolérable.

  • Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie I

    Le plan de la bourgeoisie. – La loi travail ; l’éducation ; l’Etat d’urgence…- Partie I

     

    Loi travail :

    Comprendre le plan de la bourgeoisie.

    La Loi Travail a bénéficié, dans la bouche du président du MEDEF, Pierre Gattaz, d’un nom élogieux. Elle est, à ses yeux, aux yeux de la bourgeoisie, la mère de toutes les réformes. Elle mérite ce terme. Elle le mérite amplement, car elle forme la grande bataille menée par les capitalistes et les exploiteurs contre les droits des travailleurs et des exploités.

    Elle est, à juste titre, peinte comme l’acte de décès du CDI, comme l’acte de décès de la valeur des contrats, de la valeur des conventions collectives, des protections sociales.

    Si cette réforme est menée jusqu’au bout – et il ne fait nul doute que le gouvernement de Macron, construit dans cette optique, est tout disposé à mener cette bataille- elle deviendra un marqueur, un repère, comme la plus grande défaite syndicale de l’histoire récente.

    Cette courte brochure est conçue comme un aide-mémoire du contenu et des conséquences de cette loi. Dans ce cadre, nous ne prétendons pas fournir l’analyse la plus détaillée et la plus approfondie de la loi travail et de sa mise en œuvre.

    Cependant, l’Unité Communiste Lyon veut apporter une mise en perspective de cette loi, au sein d’un contexte économique et politique particulier, ainsi que l’articulation de celle-ci avec d’autres offensives de la part de la bourgeoisie. Nous voulons apporter un peu de recul et permettre de replacer cette offensive dans un processus de longue durée, du combat de la bourgeoisie pour accroître l’exploitation et extorquer sans cesse plus de plus-value de la part des travailleurs et des travailleuses

    L’irruption de la loi El-Khomri ainsi que le programme de Macron ne sont pas des incidents de parcours, ni des erreurs de la part de nos dirigeants. Ces attaques suivent un plan cohérent, logique, établi de manière efficace. En somme, il s’agit d’un véritable plan de guerre contre les masses populaires et contre les travailleurs. Ce plan dispose d’un agenda, de manœuvres d’encerclement, de batailles frontales et d’opérations en sous-main. Il ne s’agit pas de pierres lancées à l’aveuglette, mais bien de tactiques imbriquées les unes avec les autres, doublées d’une utilisation particulièrement savante de phénomènes extérieurs, comme l’instauration de l’état d’urgence.

    Offensives contre la protection sociale, offensives contre l’assurance chômage, les retraites, l’assurance maladie. Mais également une offensive contre l’enseignement et l’éducation.

    Menées à terme, ce combat frontal de la bourgeoisie contre les travailleurs et travailleuses ne vont pas manquer de déclencher un torrent de conséquences économiques et politiques. La déferlante de misère sera terrible, sans précédent. La bourgeoisie le sait et se prépare d’ores et déjà à faire face.

    Cette brochure a pour objet d’opérer un retour en arrière sur la genèse et les raisons de cette réforme. Il est essentiel de prendre un temps pour aborder la méthode particulière avec laquelle le gouvernement compte la mettre en œuvre, avant même d’en survoler le contenu.

    Par la suite, nous voulons la relier aux autres offensives en cours contre les droits sociaux, pour finir par en aborder les conséquences économiques et politiques, ainsi que ce que l’Unité Communiste de Lyon considère comme étant la conduite à tenir.

     

    La genèse de la loi travail

    L’Education Nationale tend à nous présenter l’Histoire d’une manière positiviste, se dirigeant vers un « avenir meilleur » illusoire. Cela tend à nous tromper sur la manière dont les événements se sont déroulés, mais également sur le fait que de nombreuses avancées sociales ont été obtenues par la lutte, par l’épreuve de force, voir par la violence directe.

    A aucun moment dans l’Histoire, l’humanisme et la bonne volonté n’ont imprégné l’esprit du patronat. Chaque avancée fut une bataille, chaque pas en avant eut à briser une résistance.

    Au cours du XIXe siècle, la lente montée en puissance des organisations de défense des travailleurs, la lente conquête de droits démocratiques et sociaux ne s’est nullement faite par la douceur. Gagner le droit de pouvoir s’organiser en syndicat fut obtenu dans le conflit, face à une opposition ferme de la bourgeoisie.

    Les avancées fulgurantes obtenues lors du Front Populaire en 1936, mais également les droits progressivement acquis par les travailleurs et les travailleuses ne se sont pas produites comme « allant de soi ». Dans l’imaginaire collectif, elles auraient été concédées par une bourgeoisie qui -soudain- se serait rendu compte que sa rapacité folle risquait d’entraîner des crises économiques mondiales, des cataclysmes, des guerres, de la misère… Dans les faits, ces luttes ont arraché ces droits. La bourgeoisie n’a cédé ces droits seulement car elle y fut contrainte. Seulement car la force du mouvement ouvrier et du mouvement révolutionnaire international la mettait devant deux issues possibles : céder du terrain ou risquer le tout pour le tout -la confrontation ouverte- dans la lutte entre la révolution et la contre-révolution.

    Elle céda, tout en gardant à l’esprit que ces concessions n’avaient qu’un caractère temporaire. La bourgeoisie n’a jamais renoncé à ce désir de pouvoir reprendre ce dont elle s’estime avoir été volée. La parenthèse vichyste, entre 1940 et 1944 fut, par ailleurs, une illustration de ce dont elle était capable pour consolider et défendre ses positions. Elle liquida les syndicats, emprisonna les militants et les militantes progressistes et révolutionnaires.

    Cependant, l’après-guerre ne lui laissa pas cette possibilité.

    En 1945, le programme du C.N.R. -Comité National de Résistance- fut adopté. Il était le fils du compromis entre les forces de la résistance, majoritairement communistes, et la bourgeoisie. Ce nouvel accord, dit « patriotique » fut donc signé avec le PCF, lequel en échange rendit les armes et dissolu les milices, contre l’avis même du Kominform. Il est celui qui donna naissance notamment à la Sécurité Sociale, aux monopoles publics, mais aussi à la création des Comités d’Entreprise.

    Malgré l’évolution sociale-impérialiste de l’URSS, après la déstalinisation en 1956, malgré l’aggravation du caractère social démocrate du PCF, la bourgeoisie demeura dans une situation où sa marge de manœuvre restait faible. Il existait une réelle inquiétude quant à un risque de basculement de l’État français dans le bloc est. In fine, celui-ci était par ailleurs fort probablement surestimé, en particulier par les USA, lesquels furent terrifiés de l’élection de François Mitterrand de 1981. De plus, la très large majorité de la population de l’Etat français demeurait très fermement acquise aux idées de justice sociale, d’équité, d’état providence.

    Dans les années 1980, chez les anglo-saxons, les dirigeants Reagan et Thatcher appliquent les thèses de “l’école de Chicago.” Cette école économique et politique est celle qui donna naissance au concept de l’ultra-libéralisme. Animée par Milton Friedman, prix nobel d’économie de 1976; par Georges Stigler, nobélisé, quant à lui en 1982, elle contribua à développer une approche de l’organisation de l’économie basée sur la liquidation des services publics.

    Le président américain et la première ministre britannique ont ainsi ouvert la voie à la destruction des protections sociales au sein de ces Etats. D’une part, la liquidation des acquis sociaux et la politique d’austérité permettaient de rogner sur les dépenses publiques. Elles permettaient également d’orienter les ressources de l’Etat dans la course à l’armement. D’autre part, elles offraient un moyen de maintenir une illusion de richesse -en baissant les impôts- et d’augmenter le taux d’exploitation des travailleurs en assouplissant les normes de travail.

    Son application dans l’Etat français s’est fait d’une manière nettement plus tardive, postérieure à la fin de la Guerre Froide. Après 1991, il n’existe plus de raison de maintenir les compromis pris en 1936, en 1945 ou en 1968. Il ne reste plus de danger stratégique, uniquement des difficultés tactiques.

    La bourgeoisie peut dès lors renouer avec ses rêves d’antan : réduire au strict minimum les impôts, briser le carcan du code du travail, liquider la protection chômage, vue comme un filet de sécurité trop séduisant pour les travailleurs, lesquels pourraient ne pas être assez effrayés par son spectre pour ne pas céder sur leurs conditions de travail.

    Les premières attaques sur les retraites, comme le CIP en 1995, ont entraîné une levée de bouclier massive. Les tentatives du CPE / CNE en 2006 ont également été battues en brèche. Il s’agissait de timides pointes, lancées par une bourgeoisie qui s’enhardissait.

    Entamée en 2007, la RGPP – Révision Générale des Politiques Publiques – prononce l’acte de décès des services publics. Ils sont désormais des secteurs d’activité où le privé a tout autant sa place.

    L’irruption de la crise économique de 2008 a contribué à accélérer l’évolution de la situation. Elle a poussé la bourgeoisie à frapper, non seulement pour accroître ses rentes et sa richesse, mais également par la peur d’être prise elle-même dans le maelstrom des effondrements. Il ne faut pas sous-estimer ce paramètre, puisqu’il est un des facteurs expliquant l’acharnement de celle-ci à briser les droits sociaux.

    Les présidences de Chirac, y compris sous la cohabitation avec la gauche, et de Sarkozy ont ouvert le bal des hostilités franches. La bourgeoisie a commencé à développer ce qui était son Saint-Graal : le contrat unique. Ce Graal pulvériserait à la fois les contraintes liées au CDI (impossibilité de pouvoir licencier aisément) et le CDD (trop rigide car basé sur le temps) pour le remplacer par un contrat qui serait construit autour d’une tâche, par une négociation faite en fonction de comment sait se vendre le travailleur ou la travailleuse… en somme la forme la plus libérale et la plus minime du lien contractuel.

    Autour de ce front principal, des fronts secondaires : l’assurance chômage, l’assurance maladie, les retraites et l’éducation. Plusieurs raisons à cela :

    Premièrement, la bourgeoisie exècre l’impôt. Elle est prête, paradoxalement, à dépenser des fortunes dans le salaire de spécialistes de l’optimisation fiscale pour ne pas avoir à en payer.

    Deuxièmement, ces secteurs apparaissent comme une hérésie terrible à leurs yeux. Cotiser pour se couvrir en cas de maladie, en cas de chômage, pour préparer sa retraite, sans utiliser cet argent pour investir, pour s’enrichir, cela leur apparaît comme une aberration complète.

    Ce marché est fantastique : 294 milliards d’euros en 2013 pour les retraites, à titre d’exemple. Cela représente 13% du PIB. L’assurance maladie, quant à elle, représente plus de 400 milliards d’Euro. Comment ne pas, dans ces conditions, rêver d’en faire un secteur privé ?

    Comment ne pas rêver de fonds de pension, de mutuelles privées, de tous ces dispositifs capables de créer richesse et prospérité ?

    Quant au marché de l’éducation, dont le budget est de 92.49 milliards, il pourrait être une manne fantastique dans la mesure où le privé pourrait s’y implanter massivement, mais, surtout, dans la mesure où il pourrait être utilisé pour former précisément la main d’œuvre parfaite pour les investisseurs. De plus, nous le verrons dans les parties suivantes, il peut permettre certains avantages secondaires importants.

  • Le Versailles de Macron  – Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Le Versailles de Macron – Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Le Versailles de Macron.

    Un coup d’oeil sur son plan de guerre.

    Tout un symbole. En choisissant Versailles comme lieu de rassemblement du congrès des parlementaires, le nouveau président de la République fait un choix en terme de communication particulièrement révélateur de sa conception du pouvoir.

    Car le château de Versailles ne fait pas particulièrement partie de la symbolique habituelle du cirque républicain. En revanche, il est à la fois un rappel de l’Ancien Régime, de l’absolutisme, mais également, dans notre histoire, une évocation douloureuse du pouvoir réactionnaire et anto-ouvirer d’Adolphe Thiers et des bouchers sanguinaires qui liquidèrent la Commune de Paris.

    Difficile de dire si ce choix est conscient, assumé, ou si il résulte d’une erreur fondamentale de communication. Si, lors de la campagne présidentielle, celle d’Emmanuel Macron était réglée comme du papier à musique, elle patine, depuis, à de nombreuses reprises. Entre les propos dénotant un mépris de la vie humaine tenus par Macron -sur les Kwassa-kwassas– ou par Gérard Collomb -quant aux réfugiés privés d’eau et de sanitaires- et les phrases à l’emporte pièce sur celles et ceux qui « ne sont rien », l’art oratoire du nouveau gouvernement n’est plus aussi réussit qu’auparavant. Mais, erreur ou non, il existe néanmoins une forme de logique derrière ce choix.

    Opter pour ce lieu, cela rentre en droite ligne dans la logique de président Jupitérien, au dessus des partis et au dessus des parlementaires. A travers cela, Macron affirme son intention de diriger avec le minimum de législatif, avec le minimum de débats, avec le minimum d’opposition mais bien avec une avancée à marche forcée. Annoncer que, chaque année, il présentera un discours similaire, renforce l’image d’un président qui dirige et qui donne le ton, plutôt que d’un exécutant des décisions d’un corps législatif censé, dans le mythe de la démocratie bourgeoise, représenter les électeurs.

    Le choix est logique. Macron a été élu avec une longueur d’avance confortable, dans une élection où 25% des inscrits ne se sont pas exprimés. Son parlement, quant à lui, a été formé au cours d’une élection ou plus de la moitié des inscrits s’est abstenu et ou 10% ont voté blanc ou nul. Entre deux piliers, autant s’appuyer sur le plus solide et le plus crédible. Autant également s’appuyer sur celui qui peut centraliser le plus de compétences.

    Lors de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il réduirait le nombre de parlementaires d’environ 300, considérant que le nombre pléthorique de ceux-ci ne se justifiait pas. La forte abstention lui donne un prétexte supplémentaire. Dans son esprit, si le parlement est boudé par les électeurs, il n’a plus de raison d’être et, en revanche, le pouvoir présidentiel devient l’incarnation la plus pure et la plus sincère de la démocratie. Il n’exclut pas de le doubler de référendums, dont le caractère démocratique est plus que douteux dans un Etat où l’écrasante majorité des médias dépend d’une seule et unique classe.

    Conscient que le parlement ferait probablement obstacle à ce genre de réforme, d’autant que les sinécures et les fauteuils assurent de confortables revenus et une agréable carrière à ceux qui les occupent, le nouveau président indique qu’il n’hésitera pas à passer par la voie du référendum pour obtenir ce qu’il désire. « Si cela est nécessaire, je recourrai au vote de nos concitoyens par voie de référendum. »

    Cette réduction du nombre de parlementaires à de quoi séduire un certain nombre de votants. L’abstention a été un reflet du rejet du crétinisme parlementaire, de l’affairisme et de la corruption des élus. Une majorité d’électeurs rejettent -avec une justesse dans le diagnostic- ce système de démocratie représentative bâtie sur le fait d’appuyer des carriéristes et des professionnels de la politique, dont les intérêts de classe transcendent les étiquettes politiques.

    Dans l’esprit de la réforme, le but de Macron est de concentrer le pouvoir entre les mains d’un groupe plus réduit. Par voie de conséquence, de fermer également l’Assemblée aux forces politiques minoritaires -malgré une promesse d’une « dose de proportionnelle »– et d’aligner davantage le législatif sur l’exécutif.

    Malgré cela, Emmanuel Macron, en bon libéral, sait qu’il est important de laisser des stimulants matériels pour que les vocations ne tarissent pas. Pourtant, à la base, des concessions sont faites, cosmétiques, comme la suppression de la Cour de Justice de la République, cette instance spéciale chargée d’acquitter les ministres mis en examen. Il ne pourrait en être autrement dans un gouvernement marqué par les scandales en à peine deux mois de fonction. Mais cette apparence de durcissement camoufle mal une aggravation du laxisme.

    D’une part, la justice commune ne s’est jamais démarquée par sa tendance à frapper de sanctions dures les bourgeois, les bourgeoises et leurs confrères de l’appareil d’Etat. De l’autre, les déclarations du Président sont illustratives : « J’appelle à en finir avec la chasse à l’homme où parfois des réputations sont détruites »(…) « avec le viol permanent de la présomption d’innocence, avec cette chasse à l’homme où parfois les réputations sont détruites, et où la reconnaissance de l’innocence, des mois, des années plus tard, ne fait pas le dixième du bruit qu’avait fait la mise en accusation initiale » (…) « Cette frénésie est indigne de nous et des principes de la République. » Emmanuel Macron appelle la presse à faire œuvre de silence, à taire les affaires, à laisser les choses suivre son cours. Après tout, sans ces stimulants matériels, sans ces petits à-côtés, à en croire nos élus il serait impossible de s’en sortir financièrement.

    Macron a mené sa campagne présidentielle comme un chef d’entreprise, recrutant sur la base de CV et non sur celle de l’engagement politique, nouant des liens avec des contractuels qui se sont chargés de sa communication, de l’organisation de sa campagne, de tout ces aspects généralement dédiés aux militants. Il se conçoit lui même comme un prestataire de service dédié à exécuter les tâches de son commanditaire : la bourgeoisie. De ce point de vue là, « la prolifération législative » lui apparaît comme une entrave incompréhensible.

    Dans sa conception d’exécutant des basses-œuvres, Macron veut liquider tous les obstacles. « Les engagements seront tenus. Les réformes et ces transformations profondes, auxquelles je me suis engagé, seront conduites. » « Nous n’avons pas devant nous cinq ans d’ajustements et de demi-mesures. » Macron met en place les outils sur le long terme, qui lui permettront de mener à bien une mise au pas du pays sur le rythme dicté par les intérêts de la bourgeoisie.

    Cela, il le résume ainsi : « .Marqués par une époque de cynisme, de découragement, et j’ose le dire de platitude, nombreux encore sont ceux qui spéculent sur un échec qui justifierait leur scepticisme»  (…) «il faut sortir de ce climat de faux procès où le débat public nous a enfermés trop longtemps». «Il nous faut retrouver de l’air, de la sérénité, de l’allant. »

    Cet allant, le nouveau gouvernement l’entraine dans un plan en trois phases :

    Subordonner la société aux intérêts de la bourgeoisie.

    Macron est un opérateur pour les intérêts de la bourgeoisie. Son mandat -impératif- lui commande de la mettre au pas.

    D’une part en liquidant le code du travail, qualifié  » [d’]entrave au recrutement dans 95% des cas » par Muriel Pennicaud. En pulvérisant la hiérarchie des normes, en créant un chèque en blanc sur lequel la bourgeoisie pourra inscrire son montant de misère. Ces traits particuliers ont été déjà traités en amont, sont déjà abordés en détail par les syndicats et le Front Social et demeurent dans les esprits depuis la Loi Travail. Nous ne reviendrons pas sur ceux-ci ici plus en détail que dans notre tract, lequel s’exprimait ainsi : Là où la loi El-Khomri se contentait d’inverser la hiérarchie des normes, de faire passer les accords d’entreprise au dessus des accords de branches sur la question du temps de travail, Macron va plus loin. Les nouvelles lois veulent l’étendre à des domaines tels que les salaires ou les conditions de travail. Cela signifie que le patronat, à force de pressions, peut obtenir de la part de ses employés une soumission totale.

    La farce des référendum d’entreprises sert à atomiser les travailleurs, à les fragmenter, sous le faux prétexte de démocratie. Ces référendum ne sont des opérations ayant pour but de saboter toute lutte au sein des entreprises, de court-circuiter les syndicats, en somme d’effectuer un mise au pas des travailleurs.

    Le plafonnement des indemnités de licenciement, là aussi, revient à faciliter la gestion de la masse salariale, à l’entier bénéfice des patrons. Un plafonnement à 10 mois de salaire, cela revient à un aumône de misère.

     

    D’autre part en opérant un mouvement en faux, pour détruire en sous-main les convention collectives. Cette opération, se déroulant en toute discrétion, se trame dans l’éducation secondaire et supérieure. Durant la session de 2017 du Bac, les critiques ont fusé sur l’organisation et la qualité de celle-ci. Le gouvernement s’en est saisi, s’en servant de marchepied pour appuyer une demande de plus de contrôle continu dans l’évaluation des élèves. Plus de contrôle continu, cela signifie donc un impact plus important de la notoriété de l’établissement sur la qualité du baccalauréat, donc sur sa valeur auprès du supérieur et du marché du travail. De facto, cela entraîne un déséquilibre. De plus, le retour en grâce de l’autonomisation des lycées donne naissance, par la volonté d’accroître leur gestion de leur propre budget et de leur masse salariale, un déséquilibre progressif des moyens entre les établissements, donc de leur valeur aux yeux des employeurs.

    Le CAPES déplaît aux apôtres du libéralisme. La masterisation des concours devait liquider en deux coups ce qui était perçu par ceux-ci comme un anachronisme. Or, la résistance des syndicats d’enseignants et étudiants a stoppé cette réforme à mi-chemin. Nul doute que l’arrivée au pouvoir de Macron permettra de relancer cette transformation du recrutement national en des recrutements gérés par les seuls établissements scolaires. Cumulé avec l’aspect précédent, le fait est que les lycées les plus riches pourront recruter les enseignants les plus « performants », et donc creuser le fossé entre des lycées de seconde ou de troisième zone et des lycées d’élite, réservés à la bourgeoisie et ses rejetons. Cela contribue à tirer à boulets rouges sur la valeur des diplômes délivrés.

    Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme et de présente l’Education Nationale comme un système parfait et égalitaire, mais bien de préciser que la tendance est à l’aggravation et ce, d’une manière sans cesse croissante.

    Dans le supérieur, la loi LRU progresse toujours, entraînant la mise en place de filières professionalisantes débouchant sur des diplômes ad hoc correspondant aux entreprises siégeant au conseil d’administration des universités. Les investisseurs cherchent -logiquement – des retours sur investissement, sous une forme ou une autre. Or, les licences estampillées Nitendo, Veolia, EDF ou autre n’ont de valeur qu’auprès de leur commanditaire, nullement sur le marché du travail.

    Il s’agit là du travail de sape orchestré depuis près de dix ans au sein du supérieur, pour contribuer à la destruction du code du travail et des normes de travail, en s’attaquant à la production de diplômes ayant une valeur au regard de ces normes.

    Les deux aspects conjoints : l’attaque frontale du code du travail et l’attaque en catimini des diplômes garantissent une destruction du droit du travail sous une échéance plus ou moins brève. Les répercutions s’annoncent terribles. Livrés aux appétits rapaces des patrons, sans protection, sous le menace d’un revolver chargé par la menace de la misère, il est clair que le niveau de vie des travailleurs de l’Etat français est en passe de chuter brutalement et terriblement.

    Affamer.

    Emmanuel Macron dit « Être fidèle à ce que le peuple français a voulu [et] suppose donc une certaine forme d’ascèse ». Derrière le vernis des mots se cache la réalité. Le mot d’ascèse est défini par l’encyclopédie en ligne Wikipédia de la manière suivante : « L’ascèse ou ascétisme est une discipline volontaire du corps et de l’esprit cherchant à tendre vers une perfection, par une forme de renoncement ou d’abnégation. » Cela signifie une cure d’austérité profonde et brutale. Cette cure d’amaigrissement des ressources et des aides est une des clés de voute de la politique de choc menée par Macron et ses sbires.

    « Ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionnisme public, c’est l’Etat lui-même » affirme t’il. Cela se transcrit dans des projets de liquidation de l’assurance maladie et de l’assurance chômage, puisque ces dernières, dans l’esprit nébuleux des bourgeois, sont tout autant d’obstacles à ce que les français se prennent en main et ses responsabilisent. « Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’Etat, de ses mécanismes de vérification et de contrôle (…) C’est de leur redonner, et à eux seuls, les moyens de peser efficacement sur leur destin. » Comment peser efficacement sur son « destin » -dont il n’est pas possible de ne pas souligner le contenu religieux et métaphysique- alors que toutes les protections du travail sont sapées et liquidées, alors que la protection sociale est anéantie, alors que l’Ecole n’est qu’une machine à reproduction sociale ? Cela n’est pas possible.

    « Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble. » Voici ce que nous écrivions, il y a peu, sur le devenir des aides sociales.

     

    Un torrent de misère et d’exclusion sociale menace de se déverser au cours des prochaines années. Un torrent hors de proportion avec ce qui a pu être connu lors des années et des décennies précédentes. Voilà ce vers quoi cette politique nous expédie. Mais les moyens de juguler ses effets envers la bourgeoisie sont déjà sur le point d’être mis en place.

    Ecraser.

    Fait illustratif, sur la politique d’asile, Emmanuel Macron a déclaré : « Nous ne pouvons pas continuer d’affirmer hautement notre attachement aux principes de l’asile, tout en nous abstenant de réformer en profondeur un système qui, débordé de toutes parts, ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection émanant d’hommes et de femmes menacés. » Ce genre de déclarations creuses prêterait à sourire, si leur transcription ne signifiait pas, in fine, une situation sans cesse plus dure, sans cesse plus critique pour celles et ceux qui doivent fuir leur pays.

    L’exemple de Calais est parlant. Gérard Collomb, lorsque son passe-temps d’empiler les mandats est assouvi, s’est plu à jouer les soudards coloniaux dans sa manière de traiter les réfugiés. Il aura fallu l’intervention de Jacques Toubon -défenseur des droits- et un rappel à l’ordre de la part d’ONG pour que soit pris en compte les violations manifestes des droits de l’Homme.

    Cette situation caractérise d’ores et déjà la manière dont la répression sera exercée au cours du mandat de Macron. Il promet certes de mettre fin à l’état d’urgence, mais uniquement car ses dispositions seront intégrées dans le droit commun. « Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne » signifie dans le fond « l’état d’urgence sera désormais un fait commun. »

    Macron prépare son plan de bataille et son après guerre. Une mise au pas de l’économie, une mise au pas de la société, une instauration de la misère la plus sombre et la plus sordide. Mais il ne néglige pas son filet de sécurité, sa massue : des dispositions rendant extrêmement délicates la mise en place d’un mouvement de contestation et d’un mouvement de masse d’une manière générale. Interdictions de manifester, assignation à résidence, menaces et violences policières, dont on ne peut que constater que le bilan mortel s’alourdi de jours en jours : voici le quotidien qui attend celles et ceux qui veulent lutter.

    Une voie : la lutte.

    Sa politique kamikaze ne peut mener qu’à cela : une lutte frontale, des explosions de violence, un conflit ouvert et brutal. Il ne fait pas de doute que si jamais la police ne suffit pas, de braves auxiliaires fascistes se feront un plaisir d’apporter aide et soutien aux forces de répression, et supplierons qu’on leur laisse la possibilité d’exprimer pleinement leurs talents. Déja, Génération Identitaire s’est jeté au cou de Gérard Collomb pour l’assurer de son soutien et de sa volonté de lui offrir son aide.

    Jean-Luc Mélenchon, avec sa morgue habituelle, s’est exprimé sur son compte Facebook de la manière suivante : « Interminable pluie de truismes à Versailles. Faux marbre, bonapartisme surjoué, européisme bêlant, ennui mortel. Et sinon, combien de passages obscurs, d’égrenage de bons sentiments et d’emballages mièvres d’une férocité sociale décomplexée. Et quelle incroyable définition des «forces contraires» nichées dans «chaque esprit» ! Au total : niveau rédactionnel de chambre de commerce, pensée politique d’un dogmatisme libéral aussi désuet que lunaire. Le brasier du dégagisme n’est pas prêt de s’éteindre.

    JLM »

    Nous ne pouvons que constater que notre tribun n’a pas su lire entre les lignes et déterminer quel terrible plan de guerre se niche dans le discours du nouveau chef d’Etat. Pourtant celui-ci est plus qu’exposé, plus que révélé et plus qu’inquiétant.

    Les forces sociales se mobilisent pour enrayer cette machine de guerre. Elles se préparent à faire face au Blitz antisocial. Cependant, à l’heure actuelle, elles demeurent faibles et dispersées. L’Unité Communiste maintient son appel à rejoindre et à soutenir le Front Social ainsi que les organisations syndicales.

    La lutte qui se mènera dans les prochaines semaines ou les prochains mois ne sera pas qu’une épreuve de force symbolique, elle contient un caractère stratégique particulièrement fort. Elle exige un effort important d’unité et de travail en commun, tant syndicalement que politiquement. Elle exige également qu’un bond qualitatif soit franchi dans la capacité à s’opposer aux menées de la bourgeoisie, laquelle est en pleine possession de ses moyens offensifs. Pierre Gattaz, président du MEDEF, désire mener la « mère de toutes les réformes. » Nous devons lui opposer une résistance à la hauteur de son désir.

    « Nous ne sommes rien, soyons tout ! »