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  • Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant le blocage de l’université Lyon II.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon concernant le blocage de l’université Lyon II.

    L’Unité Communiste de Lyon salue la décision de l’Assemblée Générale de Lyon II, réunie ce matin sur le campus de Bron, de mettre en place de manière concrète la grève étudiante. En effet, les étudiants et étudiantes se sont réunies et ont choisi, dans une très large majorité, de voter le blocage illimité de l’Université.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que le blocage des universités, au même titre que les autres modes d’expression de la grève et de la lutte, est un moyen légitime. Le blocage est à la fois un outil tactique et un outil stratégique.

    Il est un outil tactique dans le sens où il permet à la mobilisation étudiante de prendre réellement corps, de bouleverser la routine imposée par un bachotage toujours plus fort, à chaque réforme. Il permet de créer les espaces de mobilisation, mais également les espaces d’information, de prise de décision et de mise en œuvre des actions concrètes. Comprendre les enjeux, les menaces et les attaques pour les contrer.

    Il permet de se dégager de l’épée de Damoclès constante que fait peser le contrôle des absences sur les étudiants et les étudiantes, et, parmi eux et elles, sur les plus précaires et les plus vulnérables : les boursiers et boursières. Ce chantage n’est pas négligeable !

    Le blocage est une arme stratégique, au même titre que la grève elle-même, pour permettre de peser dans la bataille. Elle est le moyen d’expression, le moyen de combat de la grève étudiante. Elle est ce qui pèse dans la bataille d’usure qui se joue face à un gouvernement directement au service des ennemis de classe.

    Les dernières années ont vu l’émergence d’une perception ultra-individualiste et libérale de la grève : celle-ci devrait ne plus gêner, ne plus perturber la vie de tous les jours, d’usagers pris et d’usagères prises en otage. Elle devrait se faire en catimini, loin des yeux, loin de la vie, et n’être qu’une idée abstraite, un concept.

    Or, les attaques sont concrètes. Les méfaits des réformes liquidatrices sont concrets. Les enjeux sont concrets. La réponse ne saurait être autre chose qu’une réponse tout aussi concrète ! Les trains roulants, les usines tournantes, les hôpitaux soignants, les facultés ouvertes ne le sont que parce qu’elles sont animés par un personnel qui travaille, qui s’use, qui s’épuise dans des conditions toujours plus précaires. Les formations délivrées par ces dernières, tout comme au sein des autres établissements ne peuvent être coupée d’un droit de regard de la part des étudiantes et des étudiants, qui ont toute légitimé à rejeter le fait d’être traités comme une clientèle -une clientèle, qui plus est, qui est flouée par ce qu’on lui propose comme avenir !

    L’Unité Communiste de Lyon affirme le droit de ceux qui produisent de ceux qui travaillent, d’exercer leur pouvoir de blocage de l’activité et de la production. Elle soutient que la légitimé est entre les mains des assemblées générales faites par les travailleurs et travailleuses, par les étudiants et étudiantes, par chaque secteur.

    D’autres ne sont pas de cet avis. Contre la grève, un vaste front réactionnaire se forme. Quoiqu’ils en disent, quoi qu’ils prétendent, les fascistes marchent aux ordres de LREM. Malgré le maquillage pseudo-social, malgré les prétention populiste, ils sont les petites mains du gouvernement. A chaque mouvement social, ceux-ci se démasquent et révèlent leur véritable nature : celle des croupions de la bourgeoisie.

    Ils instrumentalisent les inquiétudes et les tracas de ceux qui ne sont pas en grève, ils surfent sur celles-ci, mentent autour d’elle, les gonflent, leur font prendre une ampleur démesurée pour saboter les mouvements et pour initier des mouvements de masse réactionnaire.

    Ils nient que chaque avancée sociale s’est payée chèrement. Chaque droit est une conquête, chaque perte de celui-ci est un coup de pelle dans les charniers du passé. Ils parlent de prise d’otage quand leur profits sont touchés. Que diront-ils quand leur pouvoir le sera ?

    Malgré leur verbiage, malgré leurs entraves, la détermination et le courage sont dans les rangs de ceux et celles qui luttent. Emmanuel Macron et son gouvernement sont, nous l’écrivons une fois de plus, des kamikazes au service de la bourgeoisie. Ils sèment le chaos et la misère, liquident autant qu’ils peuvent les conquêtes sociales, chargent tambour battant contre les masses.

    Mais chemin faisant, ces laquais, ces âme-damnées de la bourgeoisie creusent leur tombeau, ainsi que celui du système dont ils sont les serviteurs. Jetant dans la rue des centaines de milliers de personne, grossissant les grèves et les manifestations. Une nouvelle vague militante, écœurée par le réformisme, dépitée par les promesse de politiciens professionnels du mensonge, menace de tout submerger.

    Les travailleurs, les travailleuses, qu’ils ou elles soient en formation ou en exercice, les retraités et retraitées, ceux qui produisent les richesses du monde, qui les produisaient, qui les produiront, tout comme ceux qui sont privés de tout par la rapacité et l’avidité de la bourgeoisie, tous se dressent et réclament leur dû.

    Non pas une illusoire nationalisation -prétendument démocratique ou non- sous l’égide d’un Etat bourgeois qui œuvre à les enfermer, mais bien d’une prise réelle des moyens d’exercer le pouvoir et d’en priver les exploiteurs et les exploiteuses !

    Les travailleurs, les travailleuses sont le monde, et le monde est à eux !

  • Le 22 mars, toutes et tous dans la rue !

    Toutes et tous en grève le 22 mars !

    Stoppons la destruction des droits sociaux !

    La question des droits sociaux est au cœur de l’actualité. Elle ne l’est pas du fait d’une amélioration soudaine, de droits élargis. Elle l’est, malheureusement, en raison des menaces qui pèsent sur eux. Droit du travail ; protection chômage ; assurance maladie ; retraites ; accès à l’éducation et aux soins…etc. Chacun de ces aspects de la vie de tous les jours est actuellement sous un feu roulant de la part de l’artillerie législative de la bourgeoisie. En fait de réformes, ce sont des liquidations.

     Liquidation du droit du travail, déjà grandement entamée par le Parti Socialiste, qui débouche aujourd’hui sur une hausse invraisemblable des licenciement, sur une dégradation sans précédent des conditions de travail, sur une misère accrue jour après jour. L’attaque contre les régimes spéciaux est une diversion visant à susciter la division entre exploités, dans le but d’anéantir chaque droit dans le détail.

    Liquidation progressive de l’assurance maladie, de la retraite et du chômage, par le fait de supprimer ses voies de financement. La réforme fiscale de Macron n’a pour but unique que de pulvériser le salaire socialisé, qui permettait à ces protections d’exister. Le but est de faire assumer de manière individuelle -et insuffisante !- la protection sociale, laissant les plus démunis seuls face aux aléas et malheurs de la vie.

    Pendant ce temps, les financements seront passés sur la Cotisation Sociale Généralisée, laquelle est un impôt inéquitable, injuste, et qui sanctionne les petits épargnants, non les investisseurs. Le capital n’est pas touché. Tout est payé par les travailleurs et les travailleuses, y compris le carcan d’acier qui les maintient dans l’exploitation.

    Liquidation de l’accès pseudo-démocratique à l’enseignement, en soumettant l’éducation au flammes de la rentabilité et d’une rationalisation à outrance. De plus, la bourgeoisie souhaite se servir de la déstructuration des diplômes pour faire en sorte qu’ils n’aient plus de valeur aux yeux de la loi, autre qu’une valeur relative et symbolique.

    Quant aux soins, la politique de Révision Générale des Politiques Publiques ne vise qu’à les rendre rentables. Or, cette rentabilité se fait au prix de la qualité, au prix de la possibilité  d’y avoir effectivement accès. Les patients s’entassent et meurent aux urgences. Les concepteurs de cette politique s’en moquent. Ils ne vivent pas dans le même monde, dans la même réalité que les masses populaires.

    Partout sur la Terre, l’impérialisme, dont celui de la France, sème la mort et la surexploitation. Les villages éventrés, les terres ravagées, tout cela pour des bastions géopolitiques et des minerais !

    Voilà le programme de la bourgeoisie ! Cumulé avec la politique belliciste et militariste, ainsi qu’avec l’instillation de la haine de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, et le tableau est complet. C’est contre cela qu’il est nécessaire – obligatoire – de se battre !

    La bourgeoisie mène une guerre totale contre les droits sociaux !

                    La bourgeoisie, dans une guerre totale, ambitionne de liquider chacun de ces droits durant un seul quinquennat. Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont ainsi les anges exterminateurs de ce que les travailleurs ont mis plusieurs siècles à obtenir, au prix du sang.

                    L’argument de ces fossoyeurs ? La modernité. Il est nécessaire d’évoluer, d’aller de l’avant, de ne pas rester dans les systèmes sclérosés du passé. Cet argument, fallacieux, n’est qu’un paravent. Il ne sert qu’à inverser les rôles et à faire passer la défense des conquêtes sociales pour une posture réactionnaire. Or, le modèle de la « Startup Nation » n’est ni plus ni moins qu’un modèle du XIXe siècle, du travail journalier, de l’exploitation maximale, de la misère et des journées de travail interminables.

    Tout comme au XIXe siècle, les exploiteurs veulent user jusqu’au bout les travailleurs et les travailleuses.

                    La stratégie de la bourgeoisie est simple : il lui a été imposé, par la force, des concessions. Le mouvement ouvrier, le mouvement communiste, la Résistance, ont exigé la mise en place de ces droits. Or, la bourgeoisie n’en a jamais voulu. Elle tente inlassablement de tirer vers le bas les salaires, de tirer vers le bas les conditions de travail, d’augmenter sans cesse le taux d’exploitation des travailleurs et des travailleuses. Ce taux d’exploitation atteint bientôt un seuil tel que le salaire ne permet plus que de tenir le coup jusqu’au jour de demain. Logement, alimentation, transports… les dépenses basiques aspirent tout. L’endettement, même, guette. La bourgeoisie ne paie pas, elle entretient une force de travail qui s’épuise.

    Or, aujourd’hui, elle a les coudées franches. Le résultat est à l’avenant : tandis que le niveau de vie des masses populaires stagne, diminue, tandis que la misère et les fins de mois difficiles s’accumulent, les profits du patronat décollent. Le « ruissellement » est un mythe, en vérité, la bourgeoisie fait preuve d’un parasitisme nocif  et toxique sur la société. Produire moins cher pour augmenter les profits, pour se goinfrer toujours plus, au détriment des exploités et des exploitées, voilà le programme politique de la bourgeoisie. Les élections ne sont là que pour déterminer qui réalisera ce programme, et selon quelle « saveur. » Ni plus ni moins.

    Et lorsque la colère gronde, l’extrême-droite est là pour détourner celle-ci, vers d’autres exploités et exploitées, vers d’autres opprimés et opprimées, qui souffrent des mêmes maux, qui sont nos frères et sœurs de lutte.

    Ironie des ironies, la baisse des salaires et la baisse des moyens engendre une baisse de la consommation. Moins le patronat paie, moins il gagne d’argent. Le système économique s’auto-intoxique devant la rapacité sans borne. Cette mécanique est inscrite dans le patrimoine génétique du capitalisme, elle est inéluctable. Si le capitaliste ne le fait pas, son voisin le fera pour lui faire concurrence. Les niveaux de vie s’effondrent et la crise de surproduction guette.

    Mû par la recherche avide du profit, par une politique de pénurie organisée, par la captation des richesses, le capitalisme est incapable de répondre aux problèmes de l’humanité. Il est devenu un carcan qui maintient celle-ci dans un âge de souffrance, d’obscurantisme, de pauvreté. Le capitalisme est le frein qui retient en arrière la société. Les arguments des capitalistes se retournent contre eux-mêmes. Leur impossibilité déclarée de pouvoir continuer avec un système de protection sociale correcte illustre le pourrissement de l’économie, illustre son essoufflement, illustre son caractère fondamentalement périmé et sclérosé.

    L’Unité Communiste de Lyon défend une société qui s’affranchit de ce poids mort, de cette ponction injuste et indue. Nous défendons une société dans laquelle ce sont ceux qui produisent qui décident, et non ceux qui exploitent. Une société dans laquelle l’économie est subordonnée aux besoins de l’humanité, non aux désirs de profits d’une clique de bandits et de criminels.

    Nous ne croyons pas dans les promesses de politiciens et de politiciennes, âmes damnées de la bourgeoisie. Les urnes ne placent que des laquais au pouvoir. Le véritable pouvoir est hors des institutions, hors des salons, il est dans la force populaire, dans l’unité des exploité.es et des opprimé.es. Le véritable pouvoir est dans la constitution d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable d’organiser ceux qui souffrent, ceux qui subissent l’exploitation, pour renverser l’ordre injuste et criminel de la bourgeoisie.

    Créer cet outil, tel est le programme de l’Unité Communiste de Lyon. Un outil pour la révolution socialiste, un outil pour bâtir une société sans exploité.es ni exploiteurs, une société communiste !

  • FISC et lutte des classes – Partie Finale – Macron le royaliste.

    FISC et lutte des classes – Partie Finale – Macron le royaliste.

    Macron le royaliste

    Partie finale. 

    Macron, au final, se montre particulièrement radical dans son rapport à l’impôt.  Son but est de faire une réforme particulièrement profonde du système d’imposition, pour le ramener à celui préconisé par le bâtisseur de forteresse qu’était Vauban.

    D’une part, il liquide déjà l’impôt sur la fortune, en ne l’appliquant plus que sur les possessions immobilières, mais sans que le patrimoine ou le capital ne soient touchés.

    De l’autre, il initie un vaste mouvement de réforme par rapport à l’impôt sur le revenu, en faisant réduisant les cinq tranches d’imposition  -qui déterminent le pourcentage des revenus taxés- pour les faire passer à trois. Au lieu d’avoir un lissage de la courbe de progression de l’impôt, ce sont de véritables cataractes qui se forment. Des marches de géants. Cela signifie que sur le seuil de la marche, la taxation est terriblement vécue, tandis qu’au sommet, elle est ridicule. Pour peu que les revenus soient tout juste au dessus du début de la marche, le taux est astronomique. A l’heure actuelle, déjà, passer de l’exemption à la première tranche se ressent vivement. Cette marche est, pour les ménages modestes, une véritable marche, dans laquelle les impôts représentent une charge lourdement vécue. Moins de tranches, c’est moins de progressivité. C’est une inégalité nettement creusée.

    Moins de taxe pour les riches, tout pour les pauvres ! Tel est le slogan de la fiscalité Macron.

    Un aspect très important se profile également, la question de la Cotisation Sociale Généralisée.

    Un grand nombre de cotisations vont être transférées sur la CSG. Or, cet impôt est prélevé sur les comptes épargnants par les banques. D’une part, c’est une hausse injuste, la bourgeoisie ne fait pas dormir son argent sur ses comptes, mais investit, donc cela se répercute sur les petits épargnants et les Plans Epargne-Logement, d’autre part, cela accroît le contrôle des banques sur leurs clients. Les banques sont en cooptation avec l’Etat pour devenir un organisme de perception, ce qui lui donne un regard sur les entrées et les sorties de revenus de ses clients. Donc sur leur santé financière d’ensemble.

    La CGS remplacera, notamment, la taxe d’habitation. Tout d’abord en augmentant la CSG, puis en baissant cette dernière.

    La taxe d’habitation, nous l’avions mentionné plus en amont, est une taxe qui est généralement haïe par les locataires. Elle est épouvantablement lourde, et représente un vrai budget pour les ménages, surtout les plus modestes. Pourtant, cette taxe est une garantie de la possibilité de disposer d’une autonomie financière pour les mairies. Le fait de tout faire fusionner dans un grand pool fiscal, entre les mains de l’Etat, lui permet de pouvoir ventiler comme bon lui semble son budget.

    Cela signifie, fondamentalement, que l’Etat peut mettre fin aux autonomies locales, lesquelles représentaient une démocratisation. Il lui est possible de réduire les salaires, de réduire le nombre de postes, de pouvoir brider certaines fonctions. Au lieu d’un impôt maitrisé, l’Etat peut étrangler les mairies qui déplaisent ou qui n’ont pas un poids politique suffisant. Cela se sent déjà avec la réduction de 320 millions de la dotation pour les collectivités locales. Cela s’accentuera par la suite.

    Gérard Collomb, ex-maire de Lyon, ministre de l’Intérieur, s’est ainsi fait épingler pour le fait d’avoir capté la quasi intégralité du budget des métropoles de Rhône-Alpes Auvergne, privant de subsides Saint-Etienne et Clermont-Ferrand.

    Plus grave encore, la Sécurité Sociale :

    La suppression de la Sécurité Sociale est un doux rêve de marchand de mutuelles. Une nouvelle fois, Macron fait preuve d’un immense sens de la démagogie. Il promet une suppression d’une très large partie des charges sociales, salariales ou patronales –in fine, elles sont les mêmes, car toujours issues du salaire- en échange d’un petit peut plus de salaire net. Au final, parce qu’une incompréhension de ce qu’est le salaire brut existe chez une large partie des masses, il existe une adhésion à ce projet.

    Il est vécu comme une augmentation de salaire, mais il est, en vérité, une baisse de celui-ci.

    Mieux encore, cette hausse de salaire provoquera une inflation, et sera donc absorbée au sein de celle-ci. Mais, et c’est là la joie des patrons et des patronnes, cet argent ne sera plus immobilisé par des cotisation, mais circulera, créant du PIB, de la croissance, de la richesse en plus pour leur classe sociale de parasites. Le pouvoir d’achat promis est bel et bien fourni, mais auprès des patrons et des patronnes.

    Mais l’objectif est atteint, l’autonomie financière de la sécurité sociale sera tuée, et elle sera rattachée au budget général de l’Etat, lequel pourra ventiler, là aussi, comme bon lui semble l’argent des travailleurs et des travailleuses.

    Le ministère de la santé a indiqué, pour rassures les inquiets et les inquiètes, que aucune médicalement ou soin important ne serait déremboursé. Nous soulignons ce terme, car, en raisonnant par opposition, il offre une très grande possibilité d’action pour détruire le remboursement d’un très vaste panel de soins.

    Cette logique se retrouvera très certainement dans la réforme des retraites qui se préparent.

    Retraites : secret défense.

    Ce point souffre d’une très grande vacuité, pour une raison éloquente : très peu de choses ont filtré sur la réforme des retraites.

    Autant, sur les réformes du code du travail, des éléments ont été portés à la connaissance du public, autant, dans la démocratie bourgeoise de Macron, les masses sont interdites de connaître leur sort.

    Cependant, il est évident que l’intention de Macron, lorsqu’on jette un regard sur sa ligne politique, ne peut être que liquidatrice.

    Une finalité bien sombre.

    Fondamentalement, Macron semble avoir l’intention d’intégrer et d’associer les mutuelles ainsi que les assurances au fonctionnement du système de soin et de protection. Cela pousse à penser que nous serons bientôt confrontés à un mode de gestion à l’Américaine, avec, par ailleurs un regard inquisitorial de ces organismes privés.

    A savoir que les assurances, les mutuelles, les banques achètent des données aux réseaux sociaux, au « big data », dans le but de proposer des contrats individualisés. l’idée est que plus vous risquez d’avoir besoin de soin, plus la facture sera lourde. Belle mentalité.

    Dans l’ensemble, après une mise en perspective au regard de l’histoire du fonctionnement du système d’imposition, quelque chose saute aux yeux. Les impôts et le système d’imposition sont le reflet de la lutte des classes. La forme d’imposition, qui paie et pour quoi sont indexé sur la lutte que se mènent la bourgeoisie et le prolétariat. Après une montée en puissance et des avancées, sous l’angle des luttes, sous l’angle de l’organisation syndicale et politique, une lente descente aux enfers se produit. L’affaiblissement des organisations de lutte et de masse suit parfaitement l’accroissement de la charge que font peser les bourgeois et les bourgeoises sur les épaules de celles et ceux qu’elles exploitent.

    Tout cela amène de l’Ancien Régime à une forme rénovée de celui-ci.

    Macron ne s’attaque pas de manière directe aux systèmes de protection sociales, mais, comme un disciple de sir Basil Lidell-Hart, il privilégie l’approche indirecte. En attaquant par le financement, il fait d’abord pourrir l’arbre entier, avant de scier la branche. En détruisant leur financement, il le met à mort à plus ou moins brève échéance . Bien que camouflée, c’est une attaque d’une ampleur jamais vue. Même de Gaulle, avec les pleins pouvoirs d’avait pas réussi à mettre en place un tel dispositif de retour en arrière, un tel transfert de la plus grande majorité des coûts auprès des classes populaires et d’une partie de la petite bourgeoisie.

    Tout ceci se paie cher. Il ne fait aucun doute que le niveau de vie de la population, d’une manière générale, en particulier pour les classes populaires, va plonger d’une manière inédite. De fait, cela se traduira immanquablement par des troubles, par des tensions. Macron, qui est mandaté par la bourgeoisie pour briser les protections sociales, fait son travail avec une grande efficacité. Il est l’agent du chaos et de la destruction sociale.

    Toujours est-il que, en détruisant le centre de l’échiquier politique, en créant une situation inédite et à forte entropie, il ouvre une voie à l’arrivée, dans quatre ans, d’une vague réactionnaire d’une intensité particulièrement forte, invitée au pouvoir par la bourgeoisie pour écraser les masses, pour  imposer par la force l’ordre dans une France où la colère populaire sera explosive.

  • Lyon, capitale de la répression. Communiqué sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre.

    Lyon, capitale de la répression. Communiqué sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre.

    LYON CAPITALE DE LA RÉPRESSION

    Communiqué de l’Unité communiste de Lyon sur le rassemblement antifasciste du 17 décembre

    Interdiction et arrestation, telle est la réponse du gouvernement à l’Antifascisme !

    Ce dimanche 17 décembre, dans le cadre de la semaine antifasciste, le Collectif Antifasciste de Lyon, dans lequel l’Unité Communiste de Lyon est parti-prenante, a appelé à une manifestation antifaciste et anticapitaliste internationale. Celle-ci fut interdite.

    Face à cette interdiction, le Collectif Autoproclamé Radicaux, de dépit, a appelé à un rassemblement place Raspail, dans le quartier populaire de la Guillotière. Un rassemblement dans le but de pouvoir porter les couleurs de l’antifascisme, après la semaine de propagande réactionnaire faites par les catholiques lors des fêtes de Lumières. L’Unité Communiste de Lyon a relayé cet appel.

    Dans tout le quartier de la Guillotière, un immense dispositif policier avait pris place. Des dizaines de camions de CRS, des équipages de la BAC, et deux canons à eau…. La préfecture a vu les choses en grand, en cette fin d’année. Dans la ville du ministre de l’Intérieur, on ne plaisante pas avec la sécurité des bourgeois et des bourgeoises. D’autant que « l’ultragauche », ou ce qu’elle représente au yeux du gouvernement, est l’ennemi n°1.

    Le rassemblement lui-même, 250 personnes, n’était pas marqué par un esprit belliqueux. Les appelants et appelantes savaient pertinemment que les forces de l’ordre étaient prêtes à bondir. Dans ce cadre, une manœuvre de la police aurait signifié un écrasement.

    Des prises de parole ont eu lieu, rappelant le contexte lyonnais, nid de la droite fasciste et réactionnaire, et fief de Gérard Collomb, le mégalomane policier en chef.

    Un constat commun a été fait, le semblant de démocratie toléré par les représentants de la bourgeoisie, Macron et sa clique, s’étiole de jour en jour. Remettre en cause les élections, les institutions, le pouvoir bourgeois conduit au conflit.

    Le simple fait que des slogans aient été lancés a suffit à mettre le feu aux poudres. La police s’est empressée de mettre en œuvre une nasse, tactique devenue routinière. Une cinquantaine de participants ont ainsi été encerclés. Des arrestations ont eu lieu, dont nous attendons des nouvelles.

    Le simple fait d’être présent dans le quartier, subissant une véritable parodie de loi martiale ou d’état de siège, suffit à attirer les foudres des policiers. Ceux-ci ont procédé à des contrôles d’identité systématiques, sur tous les suspects. Ces contrôles ont permis d’apprécier la déontologie sans faille de cette institution : menaces, provocations, injures, intimidations constantes. Tout est fait pour que les choses s’enveniment.

    A cela s’ajoute un humour de caserne : « c’est quand qu’on les balance dans le Rhône ? »; « Tiens, revoilà le poulpe » ; « Ferme ta gueule. »

    Une belle fenêtre sur l’état d’esprit des forces de l’ordre. Une fenêtre qui nous illustre le caractère fondamentalement réactionnaire de cette institution, ainsi que le caractère inamendable de l’Etat bourgeois.

    L’Unité Communiste de Lyon dénonce l’attitude brutale de la Préfecture et de la Police, usant sans retenue de la répression la plus injustifiée. Pourtant, fondamentalement, celle-ci illustre la faiblesse d’un système à bout de souffle, qui est obligé d’user de la brutalité pour faire taire les contestations.

    Cette répression est le reflet d’un capitalisme pourrissant, d’une bourgeoisie qui peut pas tolérer la moindre hostilité.

    Que messieurs Macron et Collomb soient avisés, les matraques et les canons à eau ne nous feront pas taire !

     Chaque loi antisociale, chaque exaction de la police et de leurs amis fascistes ne font que nous conforter dans nos positions !

    A Lyon, et partout dans l’État français, nous appelons à renforcer les organisations antifascistes et anticapitalistes, nous appelons à construire une unité populaire, une véritable opposition extra-parlementaire.

    Nous dénonçons le fascisme, plus que toléré par Collomb et sa clique, comme l’enfant dégénéré d’un capitalisme en crise.

    Nous appelons à la solidarité face à la répression, la lutte ne fait que commencer !

  • Interdiction de la manifestation antifasciste et anticapitaliste. Un coup de poignard.

    Interdiction de la manifestation antifasciste et anticapitaliste. Un coup de poignard.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon.

    La manifestation internationale antifasciste et anticapitaliste du 17 décembre tombe sous le coup d’une interdiction.

    L’Unité Communiste de Lyon, signataire de l’appel à la manifestation internationale antifasciste et anticapitaliste, dénonce l’interdiction faite de celle-ci par la préfecture. Elle considère que l’attitude de la préfecture confine à la censure pure et simple de l’expression politique de l’antifascisme et de l’anticapitalisme. La paranoïa induite par l’état d’urgence permanent permet, aujourd’hui, ne n’autoriser que les mobilisations qui ne remettent fondamentalement pas en cause l’autorité de l’Etat et de la bourgeoisie.

    Pourtant, la manifestation du 17 décembre était sous le signe de l’ouverture au plus large nombre. Les organisateurs et organisatrices ayant exprimé leur volonté à rassembler largement sous la bannière de l’antifascisme populaire, de masse. Ainsi, plusieurs échanges ont eu lieu en amont pour signifier largement et publiquement le fait que celle-ci serait sous la bannière de « l’antifascisme et l’anticapitalisme sont l’affaire de toutes et tous ! »

    Mais la préfecture, elle ne fut pas la seule, a agit sous l’angle du procès d’intention.

    Le mardi 12 décembre, les dépositaires de la manifestation se sont vus notifier, par les forces de police l’interdiction de celle-ci.  Les motifs invoqués ont de quoi laisser pantois, tant par leur longueur que par le réquisitoire contre le militantisme qu’ils constituent.

     « Les organisateurs sont connus comme membre des mouvances antifascistes Lyonnaises, connues pour les violences de leurs actions…

    Considérant qu[e certains organisateurs] ont été identifiés au sein de la manifestation non déclarée au départ de la place Raspail le 4 février 2017 (…) afin de perturber les trois grands premiers meetings politiques de la campagne présidentielle ;

    Considérant que les diverses actions menées en 2017 par la mouvance des ultragauches (sic.) Lyonnaises ont été dénoncées par leurs opposants idéologiques qui ont systématiquement appelé à des contre-manifestations…

    S’en suit une longue litanie, citant pêle-mêle la lutte contre le Bastion Social, les oppositions aux manifestations d’extrême-droite… en somme, un véritable inventaire de l’ensemble des actions menées, sur le terrain, par les militants et militantes antifascistes.

    D’autres considérations sont invoquées. Noël et les magasins -ouverts le dimanche; le match OL-OM; la menace terroriste… Elles enrobent l’ensemble, mais convergent vers un point final : un refus total de cette manifestation.

    Nul doute que si, d’aventure, certains ou certaines tentent leur chance, la police sera prête à imposer une répression terrible. La loi le lui permet. Pour ces raisons, l’Unité Communiste de Lyon, en accord avec les décisions prises par le Collectif Antifasciste de Lyon, considère qu’il est nécessaire d’annuler cette manifestation.

    C’est un recul de fort mauvaise grâce, sous la contrainte et la menace de sanctions pénales.

    Mais cela n’a pas suffit à la bourgeoisie !

    Elle s’en est également pris au festival antifasciste de Lyon, interdisant la première soirée, celle de jeudi 14 décembre. C’est une torpille tirée directement contre l’antifascisme lyonnais. C’est un signal aux antifasciste de l’Etat français : Ils sont directement pris pour cible.

    Les fascistes, qui se targuent d’être sans cesse censurés, seront bien en peine de pouvoir déceler ici une sombre connivence entre Etat et antifascistes. Certes ces tristes larbins de la bourgeoisie ont eu affaire, eux aussi à plus d’une interdiction, mais derrière cette pseudo-égalité de traitement, un fait terrible pointe son nez.

    Les fascistes ont pignon sur rue. Leur expression xénophobe, raciste, réactionnaire, chauvine et obscurantiste gagne une hégémonie sans cesse plus forte. Tandis que les antifascistes, les anticapitalistes, les syndicalistes, subissent la répression, l’oppression et l’écrasement, il ne se passe pas un seul jour sans que les Valls, les Finklielkraut, les BHL, les Ménard, les Collard, les Wauquiez vomissent leur haine.

    Il ne se passe pas un jour sans que leurs propos scandaleux de servent à alimenter un incendie qui couve, qui menace de prendre et de se muer en incendie xénophobe, en tornade de flammes.

    Nous, militants et militantes communistes, révolutionnaires, antifascistes, anticapitalistes, n’avons pour nous battre que nos propres forces. Nous n’avons que nos mobilisations pour défendre notre point de vue et pour dresser un rapport de force contre les attaques qui frappent les masses populaires. Nous n’avons pas tout ces relais dont disposent les réactionnaires, les oppresseurs, les exploiteurs. Nous n’avons pas cette hégémonie dont dispose la bourgeoisie.

    Il n’existe pas d’égalité entre nous et les forces réactionnaires de la bourgeoisie. Dire « égalité de traitement » signifie écraser la parole et l’action antifasciste, et laisser seule s’exprimer celle de la bourgeoisie et des réactionnaires.

    La 17 décembre, à 12h00, le Groupe Antifasciste de Lyon et Environ lance un appel à se rassembler place Raspail, métro Guillotière, pour que flottent les couleurs de l’antifascisme sur la ville de Lyon. L’Unité Communiste de Lyon retransmet cet appel. En revanche, elle invite celles et ceux qui souhaiteraient y participer à la plus grande vigilance ainsi qu’une prudence redoublée vis-à-vis des réactionnaires, mais également vis-à-vis d’une police plus qu’aux aguets.

    L’Unité Communiste de Lyon prend acte de cette interdiction, et invite chacun et chacune des concernées à en tirer les conclusions politiques qui se doivent, quant à l’attitude de l’Etat, de la préfecture, de la bourgeoisie.

    L’Unité Communiste de Lyon poursuivra, malgré les interdictions, son engagement dans la lutte antifasciste et anticapitaliste.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à renforcer et soutenir les organisations et les collectifs anticapitalistes, antifascistes, ainsi qu’a s’organiser de manière autonome des cadres institutionnels.

    Leur démocratie n’est pas la nôtre !

    La leur est bourgeoise, la nôtre est populaire !

  • FISC et lutte des classes – Partie VI – La curée.

    FISC et lutte des classes – Partie VI – La curée.

    Avant-dernière partie, au final, de cette brochure-formation sur les impôts. N’hésitez pas à l’employer, à la diffuser, à la relayer. La question de l’histoire du FISC est une question trop souvent oubliée, mais ô combien révélatrice de l’état d’esprit d’une bourgeoisie féroce et parasitaire.

    La curée. 

    Avec la chute de l’URSS vient son corolaire, la chute du PCF. La bourgeoisie prend appui sur ces événements, fruits d’une longue dégénérescence, pour initier une offensive anticommuniste de premier ordre.

    Le gouvernement de l’époque, la dream team d’agents virulents de la bourgeoisie, a lancé une attaque massive contre les acquis sociaux. Attaques contre les retraites, attaques contre la Sécurit Sociale…

    Leur succès est de parvenir à plafonner les remboursement des soins. Le taux de remboursement diminue donc ce qui fait que les frais sont directement assumés, de manière inégalitaire, par les patients eux-mêmes. Dans le même temps, cela offre la possibilité de pouvoir développer les mutuelles, ces entreprises privées qui font du profit sur la bonne santé des travailleurs et des travailleuses, mais qui rechignent à verser leur dû lorsque la maladie frappe.

    En revanche, ces échanges monétarisés nouvellement créés donnent naissance à une croissance économique visible. Fait paradoxal, la misère créé de la croissance et de la richesse. Cette manière de fonctionner est présentée comme une avancée, alors qu’elle est un recul terrible et dramatique.

    Après avoir étranglé la sortie, en jugulant les versements de prestations sociales, la bourgeoisie s’attaque à l’entrée financière.

    Les luttes de 1995 bloquent temporairement l’avancée des réformes-liquidatrices. Celle si est enrayée sous le premier mandat de Chirac, lequel dissout l’Assemblée. Contre toute attente, en 1997, la « gauche plurielle » remporte les législatives anticipées. Le PS est la force politique principale, avec un premier ministre issu des rangs trotskistes, Lionel Jospin.

    Lionel Jospin et son gouvernement sont des Mitterrand light. Ils -et elles- sont portés par les luttes comme une issue politique à celles-ci. L’élan n’est plus le même que dans le début des années 1980. Il n’y a pas de période de grâce et d’avancée. Dès 1997, les mesures qui sont prises sont anti-sociales et ce gouvernement se montre le plus grand agent de la privatisation de l’histoire de la Vème République. Le Parti Socialiste initie une réforme perverse, celle des 35h. Cette réduction du temps de travail s’accompagne de la possibilité d’adjoindre des heures supplémentaires. Le patronat devrait hurler, mais il ne le fait que modérément. Pourquoi ?

    Il a obtenu un arrangement « à l’amiable ». Le temps de travail est annualisé, et donc les horaires peuvent être adaptés d’une manière qui arrange le patron et ses besoins en terme de masse salariale. In fine, cela dessert les travailleurs et les travailleuses, qui ne sont même plus maîtres de leur emploi du temps. Toutes les souplesses en terme de Code du Travail ne sont que celles de l’échine du salarié, qui doit se courber pour satisfaire son patron.

    Deuxième aspect, qui rejoint l’attaque contre le financement de la Sécurité Sociale, concerne les excédents budgétaires. Les années où la Sécurité Sociale dispose de plus que ses besoins, ceux-ci sont exonérés – auprès du patron. Des micro-accords dérogatoires permettent d’étendre cela auprès d’autres entreprises. Au final, cela signifie qu’une partie du salaire brut n’est pas versée au salarié, mais rentre dans la poche du patron.

    Le salaire est impacté, mais de manière invisible, puisque l’argent perçu effectivement à la fin du mois ne change pas. Les patrons en ont profité pour se glisser dans toutes les niches fiscales possible, et optimisant au maximum leurs versements. Ainsi les cotisations sociales, les salaires élargis, ont diminué.

    Tant que l’économie allait de manière correcte, cela ne se percevait pas particulièrement. Mais lorsqu’elle s’est enrayée, tout cela s’est transformé en déficit, en ce qui est présenté comme « le trou de la sécu. »

    Le discours s’est alors porté, d’une manière particulièrement cynique, sur les malades, les personnes âgées, les fraudeurs… Tandis que les patrons ont poursuivi leur captation des richesses produites. Au final, le seul succès de ce gouvernement fut une Couverture Mutuelle Universelle pour les plus pauvres, présentée comme une succès, mais étant, au final une roue de secours tragique. Au lieu de tenter de s’attaquer à la grande pauvreté, elle est amortie.

    A la suite de ces cinq années de gouvernement PS, cinq année de création de déficit social, les masses n’ont pas mordu de nouveau à l’hameçon. Ce fut l’un des pires scores du Parti Socialiste, avec le 21 avril 2002, mettant pour la première fois en lice, au second tour des élections présidentielles, le candidat du FN. La droite revient pour dix ans.

    Elle poursuit les attaques. En tirant prétexte du déficit, elle initie un rallongement du temps de cotisation pour obtenir un départ à la retraite à taux plein. Les travailleurs et les travailleuses sont exploitées plus longtemps, tout en étant payées moins, du fait des exonérations de charge réalisées par Lionel Jospin au travers des 35h.

    Depuis, ces phénomènes ce sont sans cesse accrus, avec les attaques constantes sur ces caisses de cotisation. Seule la TVA trouve fondamentalement grâce aux yeux de la bourgeoisie.

    La bourgeoisie tire à boulets rouges, mais les attaques se précisent. Les exploiteurs flairent une possibilité de pouvoir frapper avec ampleur les système d’impôt en général. La hausse de la TVA -sous couvert de la TVA sociale ; taxe carbone…etc. L’idée étant de combler les problèmes de finances de l’Etat par les moyens les plus injustes.

    Sarkozy s’est heurté cependant à des mobilisations, des luttes. Le cycle recommence, mais à chaque fois en plus affaibli, en plus essoufflé. Les luttes amènent le Parti Socialiste au pouvoir, qui fait pire que la droite, car il shunte les organisations de lutte. Les masses sont dégoutées, et, prisonnières de la démocratie bourgeoise, se tournent vers le parti d’opposition, la droite.

    Hollande est élu, porté par l’anti-sarkozysme. Lorsqu’il ne liquide pas le code du travail, il prépare une nouvelle forme d’imposition : le prélèvement à la source. Cette réforme, incomplète, est appuyée par de grands droitiers issus des finances, Sapin et Macron.

    Qu’est ce que c’est ? L’impôt sur le revenu est annuel. On déclare ses impôts et on paie, le cas échéant ce que l’on doit. Cet impôt est payé d’un coup, et est donc lourd et compliqué. Cela demande d’une part de la rigueur, de l’autre de la trésorerie. Cela se sent passer, mais d’une certaine manière créé une proximité entre le contribuable et son argent. Il, ou elle, sait combien est versé.

    Déja, un premier éloignement avait été fait par les déclarations pré remplies. Elles n’exigent plus de réflexion particulières et peuvent être faites par internet. In fine, il s’agissait déjà d’un premier pas. Le ou la contribuable contrôle peu la déclaration, n’a pas d’échange avec les fonctionnaires des impôts, n’a pas de prise sur le fonctionnement et sur la manière dont le prélèvement se fait.

    L’impôt à la source est payé, lui, chaque mois, prélevé directement sur le salaire. C’est donc une manière progressive de verser l’écot dû, sans questions à se poser. Séduisant ? Oui.

    Mais, finalement, cela éloigne complètement l’imposé des fonctionnaires chargés de le faire. Un problème, une difficulté de paiement, et il n’y a pas de voie de recours. Cela supprime tout autant de postes de fonctionnaires, tout autant de contact entre l’administration et l’administré. Comment, dans ces conditions, contester ?

    D’autant que ce prélèvement automatique est fait par l’émetteur de la paie, le patron. Celui-ci dispose d’un accès à tous les revenus de l’imposé ou du foyer, alors que normalement il n’a pas de droit de regard à ce sujet.

    Macron semble avoir des difficultés, maintenant qu’il est au pouvoir, à mettre en place ce système. Il est repoussé à 2019. La modification du mécanisme et des conséquences sur les rentrées d’argents dans le budget de l’Etat semble lourde à gérer.

    Mais Macron prépare plus ample que cela, plus grand et plus loin : un retour à l’impôt à la Vauban.

     

  • Macron au Burkina-Faso – La Franceafrique toujours vivante.

    Macron au Burkina-Faso – La Franceafrique toujours vivante.

    Macron au Burkina-Faso – La Franceafrique toujours vivante.

    Lundi 27 novembre aura lieu la visite d’Emmanuel Macron au Burkina Faso. Le séjour de l’agent exécuteur de la bourgeoisie impérialiste française durera deux jours, et sera le premier déplacement en Afrique du jeune président. Plusieurs organisations de la société civile burkinabé ont appelé à manifester sur le trajet de Macron, en dénonçant le pillage des ressources naturelles par les entreprises françaises, la présence de l’armée française et le maintien du franc CFA.

    Pour sa première visite en Afrique, le choix du Burkina Faso par le président français, patrie de Thomas Sankara, assassiné par les agents de l’impérialisme, est lourd de sens.

    C’est le 4 août 1983 qu’au sein de cette ancienne colonie française, alors connue sous le nom de république de Haute-Volta, le capitaine Thomas Sankara renversa le régime compradore du médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo. Pendant une brève période, les rapports de force au sein de l’armée avaient permis à Sankara de participer au gouvernement de Ouédraogo, mais ses positions ouvertement anti-impérialistes lui valurent d’être limogé. Nul doute que l’État français ne soit pas étranger à cette décision. Les positions de Sankara se résument en une déclaration : « Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble. L’impérialisme qui nous regarde est inquiet. Il tremble. L’impérialisme se demande comment il pourra rompre le lien qui existe entre le CSP [le gouvernement] et le peuple. L’impérialisme tremble. Il tremble parce qu’ici à Ouagadougou, nous allons l’enterrer ».

    Dès lors, la ligne politique de Sankara s’axa sur une stratégie simple : briser le lien de subordination entre la France impérialiste et ses anciennes colonies, et permettre aux peuples d’Afrique de gagner leur indépendance politique et économique. C’est autour de cette stratégie qu’il agrège les forces qui lui permettent d’accéder au pouvoir en 1983. Il devint ainsi le président du nouveau Conseil National de la Révolution, organe suprême de la république, renommée Burkina Faso.

    Deux aspects résument la politique déterminée par ce conseil : la lutte anti-impérialiste et la construction d’un Etat démocratique, promouvant le développement national.

    Le nouveau régime se plaçait en rupture avec le néo-colonialisme, et notamment avec sa transcription française, la françafrique. L’impérialisme français, provoqué, ne se privait d’ailleurs pas de riposter en lançant nombre d’opérations contre la république burkinabé, au travers de ses pions Maliens et Ivoiriens.

    Le second objectif se transcrivit dans la mise en place d’une forme de démocratie populaire au sein de laquelle les masses populaires participaient aux instances décisionnelles au travers des Comités de Défense de la Révolution (CDR), organes locaux liés au CNR. Ces CDR visaient notamment à faciliter l’application au niveau local des politiques de lutte contre la malnutrition, pour l’accès à l’eau potable, pour l’éducation et la santé.

    Thomas Sankara ne voulait pas seulement une indépendance nationale, il souhaitait rendre la richesse de l’Afrique à ses peuples, à les libérer du joug des nations impérialistes, un projet avec lequel Paris ne pouvait guère trouver d’affinités. Que le gouvernement français d’alors fut socialiste ne changea pas le fond de l’affaire, la France ne pouvait accepter cette opposition.

     A ce titre, le président d’alors, François Mitterrand, déclara « C’est un homme dérangeant, le capitaine Sankara. […] Il ne vous laisse pas la conscience tranquille ». Tout au long de sa brève période de direction, Sankara s’est opposé frontalement à la politique de Paris en Afrique. Cela n’est pas resté que du domaine des déclarations d’intention, mais bien par un soutien réel. Quand, au Tchad, l’État français soutient son pion Hussein Habré, le Burkina Faso soutient le Gouvernement d’Union nationale de transition (GUNT), le mouvement d’opposition armée au régime compradore. Sankara dénonça, également, ouvertement le soutien de Paris au régime d’apartheid sud-africain, à travers une lettre à Mitterrand attaquant une « complaisance coupable ». Il s’agit, en effet, d’un moment où les armements français trouvent preneur auprès de régimes aussi sympathiques que celui de Vijoen ou de Botha, mais également auprès d’Israël.

    Des exemples parmi tant d’autres démontrant que pour la bourgeoisie française, Sankara était un ennemi essentiel, central, dans le tableau africain. Sa politique anti-impérialiste et sa vision panafricaniste en faisait l’ennemi numéro un dans la sphère d’intérêt des capitalistes français. Cela suffisait à justifier son élimination.

    Ainsi, le 15 octobre 1987, le président du CNR est assassiné lors d’un coup d’État dirigé par Blaise Compaoré, l’un de ses anciens soutiens. Les putschistes ont bénéficié de l’aide du Mali, de la Côte d’Ivoire, avec l’Etat français tirant les ficelles -élément toujours officiellement nié. A la tête du Burkina Faso jusqu’à la révolte populaire de 2014 qui l’en chassa, Compaoré replaça immédiatement le pays dans l’orbite économique de la françafrique, et replongea son peuple dans la misère.

    La misère, fille de l’impérialisme, est maintenue par des moyens d’oppression puissants. L’un d’entre eux, si ce n’est le plus important, est le franc CFA. Cette monnaie exceptionnelle mérite un détour pour comprendre la détresse des burkinabés et de l’ensemble des africains.

    En 1945, l’État français recouvrant sa souveraineté, encore alors dirigé par le gouvernement provisoire du général De Gaulle, met en place le franc des colonies françaises d’Afrique. Si l’idée date de 1939, en plein âge d’or du colonialisme, l’application est faite le 26 décembre 1945. Il est alors clairement une monnaie d’occupation.

    Malgré le processus de « décolonisation », 70 ans plus tard, quinze pays d’Afrique l’utilisent toujours. Ils sont répartis en deux zones : la zone franc d’Afrique centrale, ou le franc CFA devient le franc de la coopération financière d’Afrique centrale ; la zone franc d’Afrique de l’ouest, où il devient le franc de la communauté financière d’Afrique.

    Chaque zone est censée être régie de manière autonome par une banque centrale : la banque des Etats d’Afrique centrale pour le centre et la banque centrale des Etats d’Afrique de l’ouest, pour la zone ouest. Néanmoins, un troisième acteur, finalement, joue un rôle-sanction par son droit de veto, la Banque de France. Celle-ci fixe le prix du franc CFA sur l’euro et garantit sa libre convertibilité, tandis que sa planche à billets se trouve en Auvergne. Le franc CFA, étant imprimé en France, ne permet pas au Etats africain de produire les devises qui correspondent à leurs besoins, ralentissant grandement le développement de l’Afrique.

    Le CFA évoluant avec l’euro, les pays membres de la zone souffrent de leur monnaie forte, ce qui se ressent sur leurs exportations, plus difficiles ; en d’autre termes, les pays membres ne peuvent mener leurs échanges extérieurs en toute indépendance. Seule les investisseurs étrangers profitent de cette parité fixe, soumettant, au final, l’Afrique aux capitalistes des pays développés. Ainsi, le franc CFA demeure la dernière monnaie coloniale encore en activité.

    C’est contre cette soumission, tant économique – franc CFA – que politique – occupation armée – que le peuple burkinabé compte manifester le 27 novembre. Nous, communistes, apportons notre soutien total aux peuples africains soumis au néo-colonialisme et à tous les peuples dominés par l’impérialisme. Nous soutenons les luttes pour leur émancipation, car la lutte contre l’impérialisme est une lutte qui s’inclut dans la grande lutte révolutionnaire que mène le prolétariat du monde entier.

    Nous dénonçons la bourgeoisie compradore burkinabé, premier ennemi de son peuple, dont le représentant vis à vis de l’étranger, Alpha Barry, a déclaré : « On doit oublier les intérêts partisans et penser à l’intérêt supérieur de la Nation. Imaginez un seul instant l’honneur que le Burkina Faso a eu d’accueillir un chef d’Etat et qu’on dise qu’il a été mal accueilli. Cela ne répond à aucune de nos valeurs ; cela ne répond à aucune de nos références culturelles ». Encore une fois, « l’intérêt supérieur de la nation » sert à justifier les politiques réactionnaires, impérialiste, et antipopulaires.

    Mais les peuples ne sont pas dupes ! Ce jeu hypocrite ne prend plus. Couper les tentacules de l’hydre français en Afrique signifiera une fracture dans le système impérialiste français. Peuples d’Afrique et prolétariat de France sont liés, courbant l’échine sous les mêmes bourreaux.

    N’en déplaise à celles et ceux qui nient l’impérialisme français, qui ne voient que dans ces occupations les manifestations de la bonté et de la mission civilisationelle française.

    N’en déplaise à celles et ceux, qui, corrompus, se nourrissent des miettes de l’impérialisme. Ils refusent de toucher à leur niveau de vie, et font corps avec les pires réactionnaires.

    N’en déplaise à tous celles et ceux qui appuient, par leurs arguments hypocrites, la domination d’un continent entier. Ils pleurent que la Chine arrive, que les USA sont là, et qu’il faut protéger leur trésor.

    N’en déplaise à toutes ces vermines, l’Afrique et les anti-impérialistes le clament, l’impérialisme français doit être détruit, écrasé, battu, anéanti.

    Ensemble, nous abattrons notre ennemi commun : la bourgeoisie impérialiste française.

    Les rapports inégaux, esclavagistes, de pillage et de razzias doivent être brisés.

    Lorsque les exploiteurs seront battus, là pourra naître une sincère coopération mutuelle, et égalitaire, non plus pour le profit d’une poignée de parasites, mais pour assurer l’émancipation, l’indépendance et la prospérité de toutes et tous !

    En Afrique, dans l’État français, comme partout ailleurs, à bas l’impérialisme et ses chiens de garde ! Vive la révolution ! Vive le socialisme !

  • Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie I  : l’état de la bourgeoisie.

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie I : l’état de la bourgeoisie.

    Les difficultés de la mobilisation contre la Loi Travail.

    -PARTIE 1-

    L’état de la bourgeoisie.

    Le zénith de la mobilisation serait-il déjà passé ?

    Une terrible et sourde inquiétude traverse les rangs des mobilisés contre la Loi Travail. La quatrième journée de mobilisation, le 19 octobre, s’est retrouvée marquée par une décrue importante. Des effectifs divisés par quatre comparativement à la journée du 12 septembre.

    La menace n’en est pourtant pas moindre. Plus la Loi apparait en détail, plus ses conséquences se dévoient comme  funestes pour les travailleurs, pour les travailleuses, pour les précaires et les privés d’emplois.

    Chaque jour apporte son lot de nouveaux immondices, cadeaux pour les riches, coups de poignards pour les masses populaires. Avec un cynisme éhonté, les dirigeants de l’Etat, les porte-lances de la bourgeoisie, sabrent dans les conquêtes sociales, sabrent dans la protection, sabrent dans les salaires directs ou indirects.

    Suppression du code du travail, suppression des CHSTC, suppression de l’ISF… Tout est fait pour plaire à ses commanditaires. Les masses, elles, doivent se considérer heureuses : elles sont « protégées » par un Etat d’urgence permanent, par une chape de plomb. Elles sont « protégées » par une police qui est nantie du droit de tuer, le tout avec l’assentiment des ex-gauchistes du type de Cohn-Bendit.

    La réaction, viscérale, est la colère, la rage, l’indignation face à la dévastation qui s’annonce.

    L’application de ces lois se traduira par la misère, par la pauvreté, par la précarité, par la baisse de l’espérance de vie. En somme cette loi est l’incarnation même de la tendance à la paupérisation relative et absolue. Les classes populaires s’appauvrissent sans cesse, tandis qu’elle produisent l’intégralité des richesses de la société. De l’autre, une poignée de vampires en captent les bénéfices.

    Nous sommes en face d’un gouffre. Et pourtant les rangs des manifestations se clairsement. Pourtant, au lieu d’être attisée, la mobilisation décroît. La colère laisse place au fatalisme, au désespoir, à l’atonie.

    Cette situation n’est pas innée, elle est le fruit d’une terrible trajectoire. Elle est le terrible bilan d’une longue addition payée au cours des années.

    Nous avons, à la suite de l’élection présidentielle, rédigé une brochure nommée Fin de partie, dans laquelle nous revenions sur les raisons qui ont mené à l’arrivée de Macron au pouvoir. Les raisons sont sensiblement les mêmes, se recoupent, s’additionnent, se multiplient.

    L’offensive, que la bourgeoisie se permet, est le miroir de notre propre faiblesse, de nos propres failles, de nos propres faillites. Sans revenir trop en arrière, la chute de l’URSS est un point de bascule.

    L’URSS avait beau être révisionniste, elle avait beau être sociale-impérialiste depuis le XXème congrès du PCUS, elle représentait un symbole. Elle était l’affirmation que la pouvoir de la bourgeoisie pouvait trembler, pouvait être détruit. Même si, in fine, l’Union Soviétique n’était plus que l’ombre d’elle-même avant la chute finale, elle était toujours un affront au patronat.

    Sa chute fut le signal d’une campagne de triomphalisme de la part de la bourgeoisie, de la part des capitalistes. La peur -sincère- qu’avait la bourgeoisie de voir des chars soviétiques place de la Concorde était conjurée. Désormais, c’était la curée : contre les partisans de l’URSS, puis contre les communistes en général. Tous applaudissaient, du Front National aux trotskistes et aux anarchistes.

    Depuis, les applaudissements se sont ténus. Depuis il est resté un goût de cendre en bouche.

    La bourgeoisie est probablement l’acteur social qui a le plus étudié la Révolution et ses effets. Elle est probablement l’acteur qui en a tiré les conclusions les plus profondes sur comment éviter que cela se reproduise. Les théories du management, de la gestion de crise, de la gestion des masses, sont issues de cette période. Des traitres et des transfuges y ont notamment contribué, en apportant toute leur expérience de lutte à l’ennemi de classe.

    Triomphante, la bourgeoisie n’en a pas moins prudemment avancé ses pions, a lancé ses tentacules. Elle n’était pas assez forte, dès le début des années 1990, pour tout reprendre de ce qui avait été arraché lors de la Libération -grave erreur stratégique de la part du PCF, soit-dit en passant, que d’échanger des armes contre des promesses.. Mais le temps, désormais, joue pour elle. La promotion de l’individualisme, la promotion de l’anticommunisme officiel, la promotion de l’antisyndicalisme ont fait leur œuvre.

    Ces thèses ont trouvé des échos favorables au sein de cliques d’opportunistes. Comment ne pas songer à l’opération de liquidation faite par Robert Hue au sein du PCF ? Peu à peu, le camp du peuple s’est érodé. Il s’est affaibli. L’illusion s’est maintenue, mais les rangs se sont clairsemés, le niveau politique s’est effondré, affaibli.

    La crise de 2008 a servi de catalyseur. Il ne s’agissait plus, pour la bourgeoisie, de simplement augmenter le taux d’exploitation des travailleurs par gourmandise. Désormais, elle tremblait de voir le sol se dérober sous ses pieds, et elle-même être victime de la concurrence qui sévit au sein de sa classe. Le bon côté de la chose est que la crise est un argument de poids pour imposer des réformes et imposer des sacrifices. La bourgeoisie ne s’en est pas privé, sans une certaine délectation.

    Le mandat de Nicolas Sarkozy ne s’est pourtant pas trouvé être une croisière de rêve. L’opposition politique fut forte. La clique du Parti Socialiste et des organisations qui lui sont liées, pour des motifs opportunistes, s’est lancée à corps perdu dans la bataille. C’était là un moyen d’être en bonne position pour les élections.

    Le choix de soutenir le Parti Socialiste, pour une grande partie de la bourgeoisie, au travers du MEDEF, fut une choix logique et compréhensible. Le PS au pouvoir, c’était la  certitude d’avoir un laquais dévoué, un brave exécutant, tout en court-circuitant son réseau d’opposition. Précisément, la bourgeoisie a obtenu ce qu’elle désirait.

    Le PS, lui, s’est humilié, s’est roulé dans la boue et dans le sang. Il doit, ironiquement, sa défaite à sa victoire. Il n’est pourtant pas mort, car des opportunistes de bas étage, des Hamon, des Filoche, le maintiennent en vie.

    Si le Parti Socialiste et ses satellites -EELV et PRG, auxquels le pardon fut accordé bien aisément- étaient les agents de la victoire de la bourgeoisie, Macron, lui, est celui de son triomphe.

    Macron est le missile du patronat. Il est fait pour frapper et exploser sur sa cible -le code du travail. Il est conçu, architecturé pour cela. Ravager, détruire, broyer, matraquer. Qu’importe la situation qui adviendra après son quinquennat. Sa ou son successeur sera couronné d’épines pour faire suite à ce carnage.

    Macron, quelque part, est une incarnation d’une forme particulière du royalisme. Lui même, au travers du vocable « jupitérien », au travers de petites phrases du type de  « le peuple français n’a pas fondamentalement voulu la mort du roi », illustre son rapport au pouvoir. Le langage, en façade, est châtié. Lorsque le vernis tombe, en revanche, le mépris pour les classes populaires saute au visage . S’opposer à son fameux projet est « cynique. » La lutte est l’œuvre de « fainéants » qui « foutent le bordel. » Après, Macron n’en a pas le monopole, les présidents précédents avaient illustré cet état de fait général, au travers d’expressions particulièrement bien choisies telles que « pov’con », « sans dents » …etc.

    Mais chez Macron, ce mépris des masses est doublé d’un mépris des règles de fonctionnement des institutions. Le Parlement, le Sénat, l’Assemblée, sont pour lui, paradoxalement, des éléments archaïques, des lieux de perte de temps, qui ne font que ralentir l’inévitable transformation que ses commanditaires veulent imposer à la société. Dans son esprit, il est censé incarner une transcendance, être au dessus de toutes les contradictions et incarner la synthèse des « intérêts de la Nation ». Intérêts qui ne sont vus qu’a travers le prisme de sa propre classe sociale.

    Les députés LREM savent qu’ils sont élus pour une tâche précise et ne discutent pas. Ils et elles sont choisies sur des critères qui ne prennent ni en compte leur opinion ni en compte leur qualités. Ils et elles sont là pour « faire le job », rien de plus. Une nouvelle génération recrutée en entretient d’embauche, en somme. Et leur « job » est de liquider les protections sociales. Ils et elles le feront.

    Voilà le tableau général de l’ennemi de classe, sa situation.

    La bourgeoisie est en position de force, à l’heure actuelle. Elle mord à pleine dents. Quant aux forces qui s’y opposent, qu’en est-il ?

  • Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    Macron et la bourgeoisie foutent le bordel.

    La communication de Macron s’envase. Chassez le mépris naturel du bourgeois et il revient au galop. En déclarant, en aparté certes, « il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, il feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas » à propos des ouvriers de GM&S en lutte, le président Macron dérape de nouveau.

    Un dérapage qui le démasque. En campagne, les prises de parole de Macron furent soignées, lissées par un staff aux aguets. Mais dès lors que ses propres mots lui viennent à la bouche, le pauvret ne sait plus où donner de la tête, ne sais plus ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas.

    Ce n’est pas sa première bourde.

    Le 17 septembre 2014, il déclarait : « Les salariées de l’abattoir sont pour beaucoup des illettrées. »

    En mai 2016, face à des militants de la CGT, « Vous n’allez me faire peur avec votre tee-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »

    Après son élection, il s’est de nouveau fendu de beautés du type : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent » , le 3 juin 2017, crachant au passage à la figure d’entre 7 000 et 10 000 morts noyés depuis 1995.

    Le 29 du même mois, il apportait une nouvelle pierre à son édifice : « Dans une gare, on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. »

    Dernier exemple du florilège, le 20 septembre : « Je serai d’une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. »

    Si ses soutiens se sont empressés de clamer que les polémiques autour de ces propos étaient infondées et construites de toutes pièces, il est difficile de tout mettre sur le dos de l’inexpérience du président, ou sur des volontés de nuire à son image.

    Macron ne reçoit que la juste rétribution de ce qu’il sème.

    Mais il réside une part de vrai dans ce qui est dit par ses zélotes. Effectivement, le président manque d’expérience. Il manque d’expérience pour cacher le mépris de sa classe de bourgeois pour celles des masses populaires.

    C’est là son tort, il ne parvient pas à camoufler habilement, à maquiller -malgré les frais engagés- le fait que, d’une part, il ne connaît pas le vécu des masses, et que, de l’autre, il les méprise au plus haut point.

    Car il est le digne fils de sa classe. Une classe plaquée d’or, la bourgeoisie. Il est le  digne fils de ces parasites sociaux, vampirisant les richesses produites par les travailleurs, les saignant à blanc au sens propre comme au figuré pour alimenter leurs comptes bancaires, leurs vies de luxe, leurs partage du monde.

    Les masses n’intéressent, in fine, la bourgeoisie que lorsqu’il s’agit de maintenir le vernis de démocratie qui fait tenir l’ensemble de cette pièce de théâtre. Leur politiciens, comme Macron, sont de professionnels de la prestidigitation, des professionnels de la démagogie.

    La bourgeoisie voit les masses, dans une certaine mesure, comme les colonisateurs voyaient les colonisés : des semi-humains, grouillants, répugnants, stupides, incapables de comprendre la beauté et la grandeur de la vie, incapable de quitter leur fange et de s’élever vers la transcendance. C’est ce qui pousse Macron à déclarer, alors ministre de l’économie : « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires ». Car, la sociologie le démontre, l’ascenseur social est d’une équité et d’une justice sans pareille.

    Non seulement la bourgeoisie méprise les travailleurs et les travailleuses, mais elle vit dans une sphère intégralement différente, dans un autre monde, un autre univers. Un ouvrier d’Iran, du Nigeria ou de France partage un vécu commun, un fond commun : celui de l’exploitation, celui du travail de production, celui de la misère -plus ou moins acérée. Une culture commune, une culture de classe : une culture ouvrière et prolétarienne.

    Les bourgeoisies, elles-aussi, partagent un certain fond culturel de classe. Un immense gouffre les séparent des masses, indépendamment de l’appartenance à la même nation, malgré que la rhétorique nationaliste soit, bien souvent, un levier dont elles usent et abusent jusqu’à la nausée.

    Mais lorsqu’un Copé parlait de pains au chocolat, ou de chocolatines, à 0.15 €, cela prête à rire, mais cela dévoile une réalité certaine.

    Dans un article intitulé « comment compte la bourgeoisie », nous écrivions la chose suivante : « Cette situation est révélatrice d’un décalage complet entre la bourgeoisie et le reste de la population, même le reste du Monde. Madame Fillon et Monsieur Copé sont loin, très loin, d’être les seuls. Ils ne sont probablement pas les pires.

    La bêtise crasse de l’un, la rapacité de l’autre ne sont que des symptômes.

    Rappelons nous des pleurs de Guaino et de Gérard Collomb, quant à leurs indemnités de misère. Le pire, le plus affreux, est qu’ils sont probablement sincères dans leurs cris, horrifiés et terrorisés. Ils et elles se croient au bord de la misère et dans la précarité la plus totale. C’est cette peur qui les rend hargneux et haineux.

    Ces individus qui sont en lice pour le pouvoir ne sont nullement des hérauts du peuple. Ils n’ont rien en commun avec les travailleurs. Eux-mêmes, elles-mêmes, n’ont jamais travaillé, jamais produit, jamais apporté quoique ce soit comme richesse à l’humanité. Ils et elles ne sont que les gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie.

    Ils et elles sont les agents zélés et corvéables des parasites néfastes qui grouillent et ponctionnent le sang, le travail des travailleurs et des travailleuses, que ce soit au sein de l’Etat Français comme des néo-colonies et des régions dominées.

    L’attitude de Mme Fillon, est typique de celle de la bourgeoisie. Celle-ci est dans la peau du mauvais joueur, tricheur invétéré. Bien qu’elle pose les règles elle-même, elle ne peut s’empêcher de transgresser ses lois. Sa gloutonnerie est sans limite et, lorsque quelque chose lui résiste, elle n’hésite pas à se remémorer la maxime de Otto von Bismarck « la force prime le droit », de même que celle de la Fontaine « Selon que vous serez puissant ou misérable, – Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Lagarde, Cahuzac, Guéant et tant d’autres sont la preuve d’une justice qui ne condamne que d’une tape sur les mains ceux de sa classe. »

    La bourgeoisie ne connaît nullement la vie des masses. Chaque entrée dans le métro parisien est un safari exotique et dangereux. Chaque poignée de main avec un prolétaire est un moment de communication doublé d’un danger sanitaire.

    La bourgeoisie ne connaît nullement l’enfer des fins de mois qui ne se bouclent pas. Ne connaît pas la précarité, les emplois à mi-temps, sous payés, les jobs absurdes. Emmanuel Macron déclarant qu’ayant été étudiant avec 1000€ par mois, il connaissait les terreurs des étudiants précaires. Ont-ils, ont-elles jamais travaillé de manière productive, ces membres de la bourgeoisie, ces politiciens, ces politiciennes ? De gauche ou de droite, la plus grande majorité s’est incluse dans les réseaux de piston, dans l’appareil des organisations politiques ou syndicales. Rien n’est plus étranger que le fait de produire des richesses, de bâtir, de construire ou d’élever.

    Macron, en tant que chef du conseil d’administration de la bourgeoisie française, est une illustration pleine et entière des sourires de façade et des coups de poignards dans le dos.

    C’est ce qui fait qu’elle n’a aucune vergogne à faire abattre l’ISF. Ce qui fait qu’elle n’a pas de pitié à fracasser le code du travail, à broyer les conquêts sociales. Ce qui fait qu’elle agit avec un cynisme sans pareil, sans honte et sans bornes.

    Car elle méprise les masses, ignore leurs maux. Elle n’est axée qu’autour de l’accumulation du profit, qu’autour de la spoliation de la richesse. Mais jamais, au grand jamais elle ne cherche à répondre aux besoins de l’humanité. Tricher, mentir, empoisonner et assassiner -vite ou à petit feu- elle ne recule devant rien.

    Le bordel, qui le met, si ce n’est cette classe sans scrupule, toujours prête à broyer des vies, à détruire des richesses, à gaspiller, à instituer l’anarchie de la production. Qui met et maintient le chaos dans le monde, si ce n’est elle et son jeu ?

     La bourgeoisie connaît certes des angoisses, mais qui lui sont propres, qui sont ceux de sa classe. Ces angoisses sont celles de la concurrence qui règne entre les membres de celle-ci, de la baisse de sa plus-value, de ses rendements… mais également d’autres, plus cruciales. Peur des grèves, peur des syndicats, peur des mouvements politiques anticapitalistes, peur, surtout, du spectre qui hante toujours l’Europe : le communisme.

    Il y a cent ans, les masses se mettaient en mouvement, sous la direction du Parti Bolchevique, pour mettre fin à cette exploitation, à cette misère, à ces ténèbres. Le phare qui s’illumina alors doit toujours nous servir de guide : nous n’avons pas besoin de la bourgeoisie pour produire. Nous n’avons pas besoin de ses politiciens pour diriger la société.

    L’avenir de l’humanité n’est pas seulement sans la bourgeoisie, sans ce cadavre social putréfié, mais bien contre elle, contre son pouvoir, contre ses laquais !

  • Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie finale – des nazis à la rue ?

    Un plat de couscous, une rue et des nazis. Partie finale – des nazis à la rue ?

    Des nazis à la rue ?

    Le coup de force du 23 septembre a suscité de nombreuses critiques et de nombreuses réactions, fort variées. Celles-ci ont formé un véritable tir d’artillerie, encadrant de critiques de gauche et de critiques de droite l’opération menée par la France Insoumise. Nous avons nous-mêmes formulé les nôtres plus en amont dans ce texte ainsi que dans notre article sur le dangereux solo de Mélenchon. Mais nous considérons que toutes les critiques n’ont pas la même valeur, ne sont pas forcément justifiées.  Nous nous devons de rendre à César ce qui revient à César, quant à cette manifestation, tout comme de faire la critique des critiques.

    Le désaccord de fond que nous avons avec la France Insoumise, quant aux fondements théoriques de ce mouvement, quant à la stratégie générale, quant au programme, quant à la ligne défendue jusqu’à présent dans le mouvement social, ne doit pas, pour autant, obscurcir notre jugement. Le désaccord est politique et doit rester politique. Certains vouent une haine viscérale au mouvement de Mélenchon, à chacun de ses membres, à chacun de ses militants et militantes. Cela donne naissance à des commentaires basés uniquement sur de l’affect, sur un rapport viscéral, mais non sur une critique de fond.

    Les critiques de droite ont tenté de jouer sur deux lignes : Celle de la minimisation du rassemblement en premier lieu. C’est celle de Marianne par exemple, titrant qu’il n’y avait que 57 000 personnes à la Bastille, lorsque la FI en revendiquait le triple. Cette bataille de chiffres n’est pas significative pour analyser l’influence politique de cette manifestation. Elle est du domaine de l’acte de foi. Mais elle fut utilisée par certains détracteurs pour réduire l’importance de la mobilisation ou de qualifier d’échec cette opération. Indépendamment de ce qu’il est possible de penser du fond de l’affaire, le nombre d’individus présent n’était pas suffisamment ridicule pour que cela puisse être une humiliation.

    Le président Macron, lui-même, l’a reprise. Il l’a mêlée a un autre argument : la menace Mélenchon. En aparté, dans des propos reportés par le Canard Enchaîné, le ton se fait plus agressif. Mélenchon serait un « président Africain battu » refusant de reconnaître sa défaite. Il serait dans une « démarche séditieuse » et il est heureux qu’il n’ait pas « l’armée derrière lui ».

    Dans le même ordre d’idée, Valeurs Actuelles a ainsi illustré sa couverture d’un montage du Che et du visage de Mélenchon. Une manière de surfer, pour ce journal d’extrême-droite, sur l’anticommunisme, sur la peur du rouge, la peur du bolchevisme.

    Si la bourgeoisie a bel et bien raison de redouter qu’un parti communiste léniniste naisse et grandisse, Mélenchon, n’en déplaise à ses détracteurs comme à ses adulateurs, n’a rien d’un révolutionnaire. Si l’attaque laisse transparaître le fait que son existence est déplaisante aux yeux de la bourgeoisie, cela n’en fait pas, pour autant, un émule de Lénine ni même d’un président de gauche sud-américain.

    Au cours de son débat avec le Premier ministre, Edouard Philippe, Mélenchon l’a illustré à plusieurs reprises : « Je suis un Républicain, la loi est au-dessus de tout le reste » a-t-il dit. L’attachement républicain de Mélenchon fut d’ailleurs salué par son contradicteur. Dans les faits, il s’est limité à attaquer le « mauvais prince » au pouvoir, sans jamais revenir sur les fondements de l’inégalité et de la pauvreté au sein de l’Etat français : la bourgeoisie, parasite exploiteur, vampire des masses populaires. Difficile de faire moins marxiste et moins bolchevique.

    Il s’agit d’un aspect que ses détracteurs de gauche connaissent bien. Il s’agit par ailleurs du fondement de la critique contre Mélenchon : le caractère social-chauvin et réformiste du programme de leur leader.

    Le problème, dans la critique portée par de nombreux groupes de gauche n’est pas le fond, mais bien souvent la méthode.

    L’intervention de la part de militants et militantes d’ultra-gauche lors de la manifestation du 23 s’est faite sur un fond valable. Elle s’est faite sur une opposition de fond aux travers de la FI. Mais celle-ci fut inaudible. Elle le fut car elle s’est faite en traitant les militants de la FI comme des ennemis, en les attaquant -parfois physiquement- tout en ne pouvant expliquer les fondements des critiques portées contre ce mouvement. S’en prendre à la tribune et aux militants, dans ce contexte, agit de manière contreproductive, en solidarisant les militants FI avec leur direction, en les faisant former un front unique contre ceux qui apportent la contradiction, le chaos, le malheur de la discorde.

    Cette erreur est typiquement gauchiste, elle se base sur une surestimation de la difficulté de débattre avec les militants et militantes de la FI, de les faire avancer politiquement, de les faire évoluer par rapport aux positions de Jean-Luc Mélenchon et des réformistes qui trustent sa direction. Elle se base sur une idée que la pensée de ces militants est déjà figée et sclérosée. Ne voulant pas porter la contradiction politique, mais ne portant que l’antagonisme, ils et elles ne sont pas parvenu a faire bouger d’un iota les lignes. Cela n’enlève rien à leur bonne volonté, mais a fait de leur apparition un échec total au lieu d’une occasion de lutter contre les idées fausses au sein du mouvement de la FI.

    Nous ne prétendons pas avoir la solution parfaite quant au dialogue et au débat, mais nous considérons que traiter en ennemis ceux qui militent et luttent honnêtement, même dans un mouvement criblé de défauts, est une impasse complète, qui ne mène qu’au sectarisme. Si le Parti de Gauche représente une force politique fondamentalement et irrémédiablement constituée de chauvins et de réformistes, la FI est bien trop nébuleuse et vaste pour qu’il en soit tiré un jugement aussi clivant.

    Le social-chauvinisme et les tendances réactionnaires de certains militants de la FI, ainsi que de certains éminents membres de sa direction est indéniable, tel Djorge Kuzmanovic -le barbouze de service, qui faisait de « l’humanitaire au Rwanda pendant le génocide »- cependant, de là à faire de la FI un groupe de néo-nazis à la rue, un océan existe. Certains n’hésitent pas à le franchir allégrement.

    La page Facebook de Conspiracy Watch – Observatoire du conspirationnisme avait ainsi épinglé une pancarte, présente à la manifestation, représentant Macron en pieuvre assoiffée de sang et d’argent. Celle-ci était titrée « Macron, le monstre au service de l’argent-roi ! » Cette affiche a déclenché un malaise certain sur les réseaux sociaux. Conspiracy Watch a eu raison de l’épingler, du fait du contenu et des références douteuses à l’argent-roi, formulation qui se retrouvait régulièrement dans les publications d’extrême-droite d’avant guerre.

    Certains militants, notamment liés à des organisations légèrement paranoïaques dont nous avons longuement parlé plus tôt, ce sont empressés de se saisir de cette pancarte pour déclarer que celle-ci illustrait pleinement l’antisémitisme et le complotisme de la FI. D’une pancarte, ils en font une profession de foi, laquelle leur sert à jeter au bûcher les militants et militantes de la FI.

    Nous ne pensons pas que la FI soit un mouvement antisémite, complotiste, crypto-fasciste. Nous pensons que sa direction suit une stratégie qui est celle d’un mouvement sectaire et d’un mouvement essentiellement chauvin et réformiste. Mais les masses de gens qui le composent n’en sont pas moins, bien souvent, des individus voulant lutter avec sincérité, avec dévouement, avec, également une capacité à se corriger et à repérer les erreurs.  Les ostraciser, les isoler, les attaquer ne fait que renforcer l’emprise d’une direction antidémocratique et anticommuniste.

    Nous, comme bien d’autres, sommes issus d’une culture politique particulière, d’une tradition, d’une formation longue. Mais cela représente une minorité, d’une part. De l’autre, cette culture et cette compréhension politique peut nous pousser à agir avec présomption et jugement à l’emporte-pièce, ce qui est non seulement faux mais contre-productif. Le plus souvent, cette faute de sectarisme est justement révélateur de la faiblesse idéologique de nos propres rangs, non de sa force.

    Un travail de dialogue, basé sur le raisonnement, sur le débat, sur la persuasion et non sur la contrainte et l’attaque doit être fait en direction des militants et militantes de la FI. Mais il doit être fait en les considérant comme des alliés dans l’erreur, non comme des ennemis. Il existe de véritable fascistes qui sont nos ennemis. Il existe une bourgeoisie qui l’est tout autant.

    Ce qui nous sépare, ce sont des lignes de démarcation. Celles-ci doivent être tracées soigneusement.

    Les malheurs de l’extrême-droite ne peuvent que nous réjouir et nous remplir d’aise. Mais la tendance que peuvent avoir certain à voir du fascisme partout, à le flairer comme une menace immédiate et irréductible est une faute stratégique terrible, laquelle pousse certains et certaines à aller jusqu’à faire alliance avec les bourreaux des classes populaires sous prétexte de défendre la « démocratie » et la « république » au lieu de travailler à construire les outils de la révolution.