Étiquette : Lyon

  • L’extrême droite haineuse et violente défile en toute impunité à Lyon. Fermons les locaux fascistes !

    L’extrême droite haineuse et violente défile en toute impunité à Lyon. Fermons les locaux fascistes !

    Vendredi 21 octobre 2022, une centaine de membres de l’extrême-droite radicale a pu organiser, sans réponse immédiate des pouvoirs publics, un rassemblement et une manifestation en soirée en plein centre-ville de Lyon, scandant des slogans tels que « immigrés assassins », des appels au meurtre comme « les gauchistes à mort » et le cri de ralliement néonazi « Europe, jeunesse, révolution » ! Ce débordement coïncide avec la soirée des 10 ans organisée à la Traboule, siège de l’ex-organisation Génération identitaire dissoute pour provocation à la haine et discrimination.

    Les Lyonnais·e·s avaient déjà dû subir un rassemblement de catholiques intégristes et de divers groupes d’extrême droite devant le palais de justice de Lyon mercredi 19/10, puis un rassemblement de zemmouriens et autres racistes le lendemain au même endroit. Les charognards politiques sont présents partout pour faire un maximum de récupération à travers leur idéologie raciste et xénophobe, et attiser la haine suite à l’horrible meurtre de la jeune Lola. Depuis l’ouverture de ces locaux il y a 10 ans, les Lyonnais·e·s attendent des actions de la Mairie et de la Préfecture. En ce début de semaine, la Mairie a enfin réagi par un courrier interpellant le Président de la République, afin de demander la fermeture des locaux fascistes et la dissolution des Remparts (voir note en bas). La Préfecture a saisi le Procureur de la République en réaction aux propos scandés lors de la manifestation. Ces paroles doivent très rapidement être suivies d’actes concrets permettant la fermeture de ces locaux. Nous suivrons avec attention les suites de ces prises de position du Maire de Lyon et du Préfet du Rhône. De notre côté, nous n’attendrons pas un·e mort·e pour qu’enfin la Traboule et l’Agogé soient fermés ! Nos organisations vont continuer leur travail de vigilance, d’information et de riposte face à l’extrême droite, pour la fermeture des locaux fascistes sur le territoire. Signataires :

    Alternatiba, CNT 69, Ensemble MAGES !, LFI 69, FSU 69, Jeune Garde, LYEC, NPA, PCF, PG 69, Solidaires 69, UC, UCL Lyon

    Plus d’informations sur le contexte lyonnais : Comment expliquer qu’une telle manifestation ait pu avoir lieu ce vendredi ?

    Plusieurs éléments montrent un laisser-faire total de la part des autorités :

    • Alors que Génération Identitaire est dissoute, son local, bar et salle de réunion La Traboule et sa salle de boxe dite identitaire L’Agogé continuent de fonctionner sous couvert d’une autre appellation, Les Remparts. Dissoudre une organisation ne suffit plus, il faut réellement mener le travail de fermeture des locaux fascistes, et interdire les associations satellites qui leur permettent de continuer à utiliser ces locaux librement.
    • Ce vendredi 21 octobre était organisé dans cette même Traboule une soirée annoncée publiquement (sur les réseaux sociaux) comme la célébration anniversaire des locauxdu groupe dissout… La Traboule est un bar qui ne peut légalement accueillir que 88 personnes maximum mais cette jauge est régulièrement dépassée. De plus, il contribue aux expéditions violentes dans les quartiers du Vieux Lyon et de Croix-Rousse. Ce local permet en effet aux militant·e·s fascistes de s’organiser pour mener ces attaques : ce schéma est connu et nous alertons depuis trop longtemps sur le sujet.
    • Étaient donc attendu·e·s à la Traboule pour cette soirée anniversaire un certain nombre de fascistes et autres néo-nazi·e·s, venu·e·s de plusieurs villes de France et d’Europe, qui pratiquent l’intimidation, les slogans racistes, les appels au meurtre et de multiples incitations à la violence. Nombre d’entre elles et eux y ont été reconnu·e·s et sont membres d’organisations interdites ! Cela ressemble fortement à une reconstitution de ligue dissoute.

    Alors que tous les groupuscules et partis d’extrême-droite essaient de récupérer le meurtre de Lola pour en faire un argument raciste contre les personnes non blanches, comment les autorités n’ont-elles pas anticipé cette action pourtant bien prévisible ?

  • Agression raciste à Croix-rousse

    Agression raciste à Croix-rousse

    Les faits

    Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10, vers 1 h du matin, dans les pentes de la croix-rousse (rue Romarin), un groupe de jeunes ont été victimes d’une agression au couteau par le militant fasciste Adrien Ragot dit « Lassalle ».

    Alors qu’Adrien descendait vers la place des Terreaux, il fut reconnu par un groupe de jeunes. Les apercevant, il a dégainé un couteau et les a attaqués. Un premier fut blessé au bras et à l’aisselle, et un second tentant de s’interposer au niveau de la gorge. Si ce dernier n’avait pas reculé à temps, le coup aurait été inévitablement fatal.

    Le groupe et leur agresseur arrivant sur la place des terreaux, plusieurs habitants ont tenté d’arrêter le militant d’extrême droite. Ce dernier s’est alors enfui dans un restaurant Tandoori de la rue Romarin. Le groupe de jeunes a entrepris de bloquer la porte et d’appeler la police, pendant qu’Adrien essayait violemment, mais sans succès, de s’enfuir. Après l’arrivée de la police, lors de son arrestation, Adrien s’en est pris aux agents en leurs assénant des coups. Il fut mis en garde-à-vue et est désormais inculpé pour violence sur personnes dépositaires de l’autorité de l’état et violence avec arme au préjudice de deux victimes, et non pas tentative d’homicide, comme se fut pourtant le cas selon les jeunes victimes de l’agression.

    Ces faits sont rapportés directement par les victimes de l’agression, qui ont été contactés par la Jeune Garde Lyon, organisation avec laquelle ils n’ont pas de lien, mais qu’ils connaissent bien en raison de sa présence de longue date dans le quartier.

    Le contexte raciste

    Bien qu’il fût rapporté qu’Adrien semblait alors particulièrement agité, on ignore s’il était drogué ou non. Cependant, le déroulement des évènements interroge cette éventualité.

    Ce qui ne laisse en revanche aucun doute, c’est le caractère raciste de l’attaque. Les jeunes ont été capables de reconnaître Adrien, car celui-ci est, avec son groupe et ses réseaux fascistes, un habitué des ratonnades et des expéditions dans le quartier de la Croix-rousse (entre autres). Mais les victimes ne sont, contrairement à ce qui est affirmé ci et là, ni des colleurs d’affiches (comme l’a rappelé le parquet de Lyon) ni des militants antifascistes, seulement des habitants du quartier de la mauvaise couleur de peau.

    Le groupe de jeunes agressé se retrouve maintenant accusé par Adrien d’avoir déclenché l’altercation, ce que ces derniers nient catégoriquement. C’est là la stratégie du militant pour amoindrir la gravité des faits, particulièrement son caractère proprement politique, raciste et fasciste. Le lendemain matin, les deux jeunes touchés au couteau ont ainsi été appelés au commissariat pour une confrontation avec Adrien. Sur conseil de leur avocat, ils ne s’y sont pas rendus.

    Adrien « Lassalle » n’est pas à son coup d’essai et est bien connu à Lyon. Très impliqué dans Génération Identitaire (dissout en mars 2021 par le conseil des ministres), il en fut un cadre, un animateur assidu de leur salle de sport, l’Agogé, et a été remarqué lors de leur opération médiatique « Defend Europe » contre les migrants dans les Alpes (2018). Il fut notamment à la tête de l’attaque de la marche des fiertés lesbiennes en avril 2021 et on le retrouva en juin de la même année rue Mercière, lorsque l’extrême droite de rue lyonnaise s’y est retrouvé pour une ratonnade, donnant des ordres et frappant, le tout à visage découvert. Enfin, il est accusé de viol par une étudiante de l’ISSEP (Institut de Sciences Sociales Économiques et Politiques, école fondée par Marion Maréchal Le Pen).

    L’actualité à l’extrême droite

    Aujourd’hui, Adrien s’est reconverti, avec feu GI, au sein de Rempart Lyon, nouveau nom pour une continuité politique et pratique assumée : convictions fascistes, objectifs ouvertement ethno-nationaliste, violence, apologie du racisme, de l’antisémitisme, du nazisme, et des liens avec le terrorisme d’extrême droite (entre autres, B. Tarrant l’auteur du massacre de Christchurch en mars 20191, et Fabien Badaroux2).3

    Récemment, l’on recense dans la liste des attaques signées extrême droite, le 19 mars dernier l’assassinat par balle en plein Paris de l’ancien rugbyman international Federico Aramburu, par Loïk Le Priol. Militant proche des réseaux nationalistes, militaire rapatrié, ex-GUD et fondateur de la marque de vêtement raciste « Babtou Solide ».4

    Le 27 mai dernier, c’est Fanny, proche du PCF et membre des Amis de Robespierre pour le Bicentenaire de la Révolution, qui a été attaqué avec sa mère âgée, à leur domicile de Feuchy. Le coupable : le militant Rémi Lesczczynski dit « Deflandre », membre de l’Action Française, proche de Reconquête et du RN et à la tête du groupe locale Theusz (prônant « une France blanche »). Après les avoirs toutes deux violentés, il a menacé de « revenir à 30, brûler ta maison et crever ton chien ». Le motif de cette intrusion et des blessures subséquentes : un post sur Facebook le critiquant lui et ses idées racistes.5

    Au-delà des évènements violents, il y a aussi le spectre de la nébuleuse d’extrême droite de faible intensité militante, mais accumulant plus ou moins discrètement des arsenaux et diverses capacités opérationnelles (le plus souvent, en vue d’une guerre raciale). C’est par exemple le cas des membres du groupuscule néo-nazi qui, le 31 mai dernier, se sont vu perquisitionnés à leurs domiciles. Il y fut trouvé 18 armes légales, 23 armes illégales, 167 chargeurs, plus de 35 kilos de poudre, et un total de plus d’une tonne de munitions, ainsi que trois presses à munitions, une machine à chauffer les douilles, une compteuse de billets, quatre balances de précision et plus de 25 000 euros.6

    Du recul

    La prolifération des attaques et des réseaux fascistes peut amener une certaine atmosphère anxiogène-apocalyptique à s’installer dans notre camp, particulièrement dans les milieux antifascistes, qui sont en première ligne depuis des années. Bien qu’il ne fasse aucun doute que la situation soit très préoccupante et que les groupes, autant que les loups solitaires, d’extrême droite, représentent un danger réel, il convient de savoir garder la tête froide et de mettre la liste des agissements de nos ennemis en perspective.

    Premièrement, ces derniers font actuellement face à un double recul par rapport aux précédentes années et à ces derniers mois. Ils sont toujours largement désorganisés et divisés, on n’a plus vu de « front unique » fasciste depuis le Bastion Social, dont personne jusqu’à aujourd’hui n’a su reprendre la bannière et les ambitions.

    Deuxièmement, après la vague « Reconquête » aux présidentielles, le reflux : l’extrême droite radicale qui avait vu dans Zemmour son messie, qui allait les guider vers la terre promise d’un dépassement de leur propre condition sectaire à la marge du RN, voit ses rêves de réussite échouer sur un triste 7 %. Le « grand remplacement » semble, selon eux, avoir encore de beaux jours devant lui. En conséquence : la démoralisation, l’ascenseur émotionnel, après une campagne où tout leur réussissait. Ugo Jimenez et Baptiste Marchais (respectivement Papacito et Bench & Cigars : boutiquiers, podcasteurs et influenceurs fitness à la ligne éditoriale réactionnaire), entre autres, nous en ont fait la démonstration à leur manière, sur leurs réseaux. C’est la gueule de bois, certains qui avaient tout plaqué pour aller chez « le Z », doivent maintenant assumer auprès de leurs anciennes allégeances, ou du moins, se résigner au statu quo ante.

    Certes, le RN a progressé dans tous ses scores, mais comme nous en parlions ici7, le danger qu’il représente, en tant que « boutique » pour natio-opportuniste, n’a rien à voir avec celui d’un Zemmour, à la recherche d’une réelle hégémonie, idéologiquement nazifié. Ce caractère qualitativement différent entre les deux appareils fut bien perçu et compris par les militants fascistes eux-mêmes. Il n’est pas l’objet de nier les conséquences des discours réactionnaires de l’ex-FN, ni les réalités négatives que l’on doit attendre d’un passage de celui-ci au pouvoir, mais celles-ci doivent être analysées avec tous le sérieux que cela implique, et non pas en réponse à une peur semi-pavlovienne.

    Son champ d’action politique autant que ses ambitions seraient, et sont d’or et déjà, limité (ce qui ne veut pas dire, inoffensif). De plus, Macron, et par glissement, la droite « républicaine », adopte et porte de plus en plus les références, la vision du monde et le programme du RN.8 Cela n’est certes en rien une bonne nouvelle, seulement le symptôme d’une progression générale du champ politico-étatique français vers la réaction, mais permet de remettre en racine, de ramener à la réalité, la mesure des peurs qu’il est raisonnable d’avoir, et celles qu’il faut garder pour plus tard.

    Que faire ?

    L’unité antifasciste de tous les groupes progressistes, dans le cadre d’un front de lutte contre les idées, l’implantation et les agissements de l’extrême droite était, et reste, à propos.

    L’enjeu est de contrecarrer ses projets et de saper sa base sociale, autant que notre propre situation le permet. Il ne s’agit pas ici de vœux pieux, mais d’un appel concret à la promotion d’une bonne entente pratique entre celles et ceux qui ont intérêt à la défaite, ou du moins, à la temporisation et au recul, du risque fasciste. Que ce soit au sein des inter-organisations, ou de quelconque autres formats ou contexte, il est toujours à l’ordre du jour de mettre nos forces et nos volontés en commun : nous n’avons pas le luxe du sectarisme, qu’importe le splendide isolement auquel une chapelle ou une autre aspire.

    Pour écraser l’ennemi, il faut connaître nos amis. Nos ennemis connaissent les leurs. Ne nous laissons pas doubler, nous ne manœuvrons pas à arme égale, sachant que le temps autant que l’état jouent contre nous.

    1 https://www.nouvelobs.com/societe/20210303.OBS40903/le-terroriste-de-christchurch-etait-membre-bienfaiteur-de-generation-identitaire.html

    2 https://www.ouest-france.fr/provence-alpes-cote-dazur/avignon-84000/avignon-l-homme-tue-par-la-police-se-revendiquait-de-generation-identitaire-7034653

    3 Le documentaire « Generation Hate » (2018), enquêtant sur GI, offre une perspective des discours et des conceptions qui existaient et étaient promus au sein de GI, et le sont toujours au sein des multiples organisations d’extrême droite qui existent aujourd’hui en France, issu de GI, comme Rempart Lyon, ou non.

    4 https://www.lefigaro.fr/faits-divers/mort-d-un-rugbyman-argentin-a-paris-qui-est-loik-le-priol-le-principal-suspect-interpelle-en-hongrie-20220323

    5 https://actu.fr/hauts-de-france/feuchy_62331/pres-d-arras-fanny-et-sa-mere-agressees-chez-elles-par-un-militant-d-extreme-droite-elles-temoignent_51607110.html

    6 https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/des-membres-d-un-groupuscule-neonazi-incarceres-apres-la-decouverte-en-alsace-dun-arsenal-et-de-plus-dune-tonne-de-munitions_14139413/

    7 https://unitecommuniste.com/antifascisme/le-rn-est-il-le-grand-satan-de-2022-1-2/ & https://unitecommuniste.com/antifascisme/le-rn-est-il-le-grand-satan-de-2022-2-2/

    8 On se souvient de ce débat lunaire où M. Le Pen s’est vu contrainte à défendre les musulmans français face à un Darmanin qui ressortait en substance ses références Maurassiennes.

  • La chasse aux sorcières continue.

    La chasse aux sorcières continue.

    Dimanche 9 mai, treize policiers de la BAC, armés de fusils d’assaut ont encerclé et maîtrisé un homme sur le parvis de la Basilique d’Ainay à Lyon. La raison est au mieux pathétique, au pire réellement terrifiante. Dans tous les cas, elle reflète l’état de panique et la droitisation avancée tant de l’État que de la classe qu’il sert : la bourgeoisie.

    Un homme de 44 ans, habitué des promenades et des visites de lieux de cultes chrétiens pour méditer et prier, a eu, selon les paroissiens, « l’audace » d’être musulman, et de chanter en arabe les louanges de Dieu dans un lieu de culte. Il a prononcé le fameux « Allah Akbar » qui fait frémir les réactionnaires, pourtant une expression si anodine de foi pour les musulmans et les musulmanes.

    On en arrive à une situation éminemment Kafkaïenne, la haute bourgeoisie de la paroisse terrorisée par la présence de cet individu dans « leur » église, un encerclement de policiers armés et prêts à tirer, une arrestation médiatisée, et une condamnation mardi à deux mois d’emprisonnement pour « rébellion ». Répétons cela, en une poignée de jours, cet homme est passé d’un simple dimanche comme un autre à deux mois fermes à l’ombre, pour une simple prière dans un lieu de culte.

    Le comparution devant la cour a été aussi le théâtre de pathologisation de l’individu, on a cherché des éléments qui pouvaient expliquer rationnellement qu’un musulman « ose » venir dans une église à l’heure de la messe pour prier. On en oublierait presque que la Chrétienté et l’Islam partagent grandement la même source confessionnelle, le même dieu et les mêmes figures prophétiques. Penser qu’un homme visite des églises pour leur aspect calme et religieux est un bon moyen pour lui de méditer et exercer sa foi ne rentre pas dans une logique évidente quelconque.

    Cette histoire effarante, nous la devons au climat pogromiste dans lequel baigne la société française depuis des décennies. Elle est aussi une pierre de touche.

    D’une part, il est reproché aux musulmans et aux musulmanes de ne « pas s’intégrer » et de ne pas « faire d’efforts ». De l’autre, on les traite comme une diaspora menaçante, et on les marginalise constamment. Il y a là une prophétie auto-réalisatrice en germe.

    Mais la vérité, derrière les discours, est que les réactionnaires ont déjà tranché cette question. C’est ce qu’on retrouve derrière l’émergence de termes tels que « grand-remplacement », « français de papier » ou « islamo-gauchisme ». Tout en maquillant de pleurnicherie et de regrets leurs actes, toute une partie de l’échiquier politique a pris la décision de classer tous ces individus, pour des motivations foncièrement racistes, dans la catégorie des gens dont il faut se débarrasser. L’Islam est un prétexte, la réalité est celle d’une préparation mentale à l’épuration ethnique.

    Nous regardons avec inquiétude l’évolution politique et sociale de notre pays. Un pays qui, pourtant, est l’un des seuls qui ne définit pas la Nation comme une communauté ethnique. Nous savons que 2022 sera une date paroxysmique pour les discours réactionnaires. Nous l’avions dit, il y a 4 ans : « nous (au sens large) avons 5 ans pour être prêts à y faire face. » Nous voilà au seuil de l’échéance.

  • Communiqué de presse du Collectif Fermons les locaux fascistes

    Communiqué de presse du Collectif Fermons les locaux fascistes

    Samedi 20 mars 2021, en début d’après-midi, plus d’une quarantaine de militants d’extrême droite ont attaqué, cagoulés et armés de barres de fer, la Plume Noire, une librairie militante, dans le quartier des pentes de la Croix-Rousse.

    Au même moment, se tenait à l’intérieur une permanence de l’association PESE qui récolte et distribue des produits de première nécessité destinés aux personnes sans-abri. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer, mais les vitrines ont été complètement saccagées. Ce n’est pas la première fois que les groupuscules fascistes s’en prennent à des personnes, à des locaux associatifs, culturels et militants dans ce quartier.

    Il y a 3 mois, le 12 décembre 2020, 2 bénévoles d’une association d’entraide se sont déjà faits agresser par ce même genre d’individus, également un samedi après-midi, à l’issue d’une collecte de jouets pour les fêtes de fin d’année organisée dans cette librairie.

    La Plume Noire et Radio Canut avaient déjà été la cible de telles attaques en 2016. Le local syndical de la CNT, à quelques minutes de marche, avait connu le même traitement en 2018. De même, le local du PCF, situé quelques rues plus loin, a aussi été attaqué à plusieurs reprises. Ces lieux, inscrits dans la vie du quartier des pentes de la Croix Rousse, se veulent des espaces de solidarité et du « vivre ensemble », à l’opposé des idées nationalistes et racistes des fascistes : voilà pourquoi ils s’en prennent à ces locaux.

    Depuis plus de 10 ans la violence d’extrême droite s’est banalisée. Faut-il rappeler les courantes agressions politiques, racistes, homophobes ? Les coups de couteaux assénés à des militants en 2014. L’attaque d’un rassemblement LGBTi pour la PMA le 30 janvier 2021. Ces faits montrent le vrai visage de l’extrême-droite, celui de la haine et de la barbarie. Comme en témoigne le lien entretenu par le terroriste de Christchurch, qui a assassiné 51 personnes devant une mosquée en 2019, « membre bienfaiteur » de Génération identitaire !

    Dans une ambiance nauséabonde qui voit les idées d’extrême droite se banaliser tous les jours un peu plus, aidée par la politique du gouvernement, il est urgent de faire face à la menace des groupuscules fascistes en commençant par faire fermer leurs locaux : la Traboule et l’Agogé situés dans le Vieux-Lyon.

    Il est de la responsabilité de la mairie centrale de Lyon de réagir au plus vite et d’activer tous les leviers à sa disposition. Le silence de la préfecture est pesant et significatif. Nous sommes une nouvelle fois étonné·e·s de la facilité avec laquelle 50 fascistes cagoulés et armés peuvent traverser plusieurs quartiers de la ville et attaquer une librairie à 14h sans être inquiétés par les autorités.

    Nous espérons que cette fois ci la plainte déposée aura des suites. Le Collectif Fermons les locaux fascistes continuera pour sa part d’informer et de mobiliser la population contre le danger fasciste et en appelle pour cela à l’ensemble des organisations démocratiques et progressistes qui ne participeraient pas encore à rejoindre la mobilisation.

    FASCISTES HORS DE NOS QUARTIER,
    FASCISTES HORS DE NOS VIES
    NO PASARAN

    Premiers signataires : CNT, Ensemble, FI, FSU, Jeune Garde Lyon, NPA, PCF, PG, Planning Familial, Ras l’Front, Solidaires Rhône, Solidaires Etudiant.e.s, Union Communiste Libertaire, Unité Communiste.

  • Stop Barkhane, stop impérialisme !

    Stop Barkhane, stop impérialisme !

    Nous avons participé au rassemblement contre l’opération Barkhane, initié par la JC de Lyon. Nous saluons cette initiative. Il est regrettable que la question de l’impérialisme français soit si souvent sous-estimée ou remisée à des déclarations de principe. Le fait d’oublier la place de la France dans le système impérialiste mondial est une faute idéologique importante. En présentant la France comme dominée par l’UE, l’OTAN, l’Allemagne, les USA ou d’autres, on oublie cette vérité : La France est impérialiste. Bien qu’alignée sur l’occident, elle possède une autonomie dans ses choix et dans ses actes. Elle ne subit d’autres diktats que celui de sa bourgeoisie et de sa rapacité. Toute diminution de l’importance de la bourgeoisie française dans l’impérialisme mondiale équivaut à un renoncement au fait de l’affronter.

    Nous oublions trop facilement, dans notre confort de pays dominant, de métropole, d’où provient la richesse. Nous oublions trop facilement d’où provient notre électricité abordable, notre alimentation variée, nos minerais, notre luxe et notre gaspillage. Pourtant nous en connaissons les sources. Pourtant nous en connaissons le prix. Mais nous le remisons dans un recoin sombre de notre esprit, parmi toutes les pensées inavouables, gênantes, perturbantes.

    Derrière notre richesse, il y a la sueur et le sang.

    La France fait tout pour faire oublier la véritable nature de ses opérations en Afrique. Elle les présente comme des missions humanitaires, qu’elle s’assignerait au nom de sa grandeur d’âme, de son caractère charitable et humaniste.

    La réalité est autre : la Françafrique est tout aussi organiquement liée à la sphère économique française que ne l’est l’industrie automobile dans le nord, ou la viniculture des côtes du Rhône. Il s’agit d’un ensemble cohérent, structuré, au profit de la métropole. Cet aspect est tellement essentiel, fondamental, vital, qu’il est hors de porté de la démocratie actuelle. On ne vote pas sur l’impérialisme. On ne vote pas sur les fonctions qui maintiennent la « place de la France dans le monde ». Même dans le wagon de Rethondes, lorsque les nazis ont imposé l’armistice à une France vaincue et humiliée, la sauvegarde de l’Empire était la condition sine qua non.

    L’armée française n’est pas un angélique sauveteur. Elle est constamment sous le feu des accusations : accusation de pillage, de crimes, de viols, de mise en place de mafias, de trafics -drogue, armes, humains.- Elle est rejetée par la population, conspuée. L’armée français est une armée d’occupation.

    L’Afrique n’est pas le « fardeau de l’homme blanc », pour reprendre les propos de Rudyard Kipling. C’est l’homme blanc, le colonisateur, le néo-colonisateur, qui maintient le sous-développement, la misère, la fragilité économique et sociale, la corruption et la misère. C’est sa libération réelle qui est la condition de son développement, de son affirmation, du règlement définitif des maux qui l’accablent.

    Comme nous l’avons dit plus haut l’opération Barkhane, comme l’ensemble des opérations militaires menées par la France, doit cesser. Elle ne fait que perpétuer la misère, la souffrance. Elle oppose des pauvres d’ici aux surexploités d’ailleurs, perpétuant la gigantesque farce tragi-comique du capitalisme : la mort des sans-le-sou au profit des nantis.

    Nous pensons que nous faisons face à un seul ennemi : l’impérialisme. Certes il en existe d’autre, tout aussi pervers, tout aussi sadiques, tout aussi avares. Celui de notre pays n’est ni plus doux, ni plus humaniste, et son vernis de Lumières n’empêche

    Mais c’est contre le notre que nos coups peuvent porter. C’est en unissant nos forces, exploités d’ici, surexploités d’ailleurs, contre ce système unique, ce monolithe criminel, que nous le ferons vaciller, que nous le ferons chuter. Ce n’est qu’à travers la fin de l’exploitation et de la corruption que, tous, nous connaîtrons la liberté réelle.

    Camarades d’ici et d’ailleurs, tendons-nous la main. ! A bas l’impérialisme français ! A bas l’exploitation ! A bas le Franc CFA et la Françafrique ! Vive la révolution et le socialisme !

  • Le chemin de croix de l’écologie.

    Le chemin de croix de l’écologie.

    Sans qu’il n’y ait réellement de vague verte, les hauts scores obtenus par les listes écologistes leur ont valu une grande couverture médiatique. La victoire à Lyon, par exemple, a été ressentie de manière très variée dans les différentes couches de l’opinion publique.

    L’abstention a atteint globalement 59 %. Il s’agit d’un record, pour des élections qui sont pourtant relativement suivies. Elle est tant à la fois conjoncturelle, du fait de la pandémie, que structurelle. Les élections sont, dans l’ensemble, de moins en moins suivies. Le « désenchantement démocratique » joue ici en plein. Les scandales à répétition (Fillon, Balkany…etc) et l’impunité totale des politiciens et politiciennes tend à détacher toujours plus la grande masse des électeurs de leurs élus.

    En dépit de cela, il faut reconnaître aux listes vertes un certain succès. Il est indéniable que les mouvements écologistes ont le vent en poupe. Il n’existe plus personne pour contester le fait que la situation se dégrade sensiblement d’année en année. La pandémie et les questions sous-jacentes à celle-ci ont également joué en plein. Il existe d’ailleurs une tendance à ce que les questions centrales glissent insensiblement du social, de la défense des intérêts des travailleurs, à la défense des possibilités de survie.

    Des verts« à demi vide ».

    Nous, militants et militantes révolutionnaires, quelques soient d’ailleurs nos sensibilités et nos conceptions de ces questions, nous regardons avec méfiance EELV et ses satellites. À ce titre, le site d’information libertaire Rebellyon a fait un travail particulièrement poussé quant à la nouvelle équipe lyonnaise.1 Nous ne pouvons pas oublier qu’EELV, à l’époque de François Hollande, a exercé conjointement le pouvoir. De même, il a été possible pour nos camarades Grenoblois de Solidaire d’expérimenter la répression écologiste.2 Cette gauche verte possède, dans le fond, tous les traits de la « deuxième gauche » née dans les années 1970. Une gauche soumises aux injonctions morales imposée par les capitalistes, pour échapper à l’épithète du totalitarisme. Une gauche qui joue principalement sur les attitudes individuelles, laissant de côté les questions centrales du mode de production des richesses et de l’exploitation. En somme, une gauche « éthique et morale » dans un monde en guerre, sans foi ni loi. C’est honorable, mais l’honneur seul est le privilège des vaincus de l’histoire. Or, les enjeux sont bien trop élevés.

    Le corollaire de cette vision du monde est la recherche du « moindre mal ». Ce moindre mal conduit, à la fin, à capituler progressivement pour ne pas rentrer en confrontation directe avec les intérêts du grand patronat ou la fameuse « place de la France dans le monde », place qui est celle de sa bourgeoisie.

    Cela, nous le savons. Mais pourtant, les réactions face au « totalitarisme vert » ont été d’autant plus brutales qu’inexplicables. Ainsi, qu’est ce qui se passe dans l’esprit de Zemmour pour qu’il aille jusqu’à dire «  Le vert des Verts correspond, comme par hasard,3 au vert de l’islam. » ? Plus élaboré, qu’est ce qui amène Olivier Babeau, dans le Figaro, à dire : « L’écologie s’est historiquement construite sur un mouvement de résistance à la modernité des Lumières et au capitalisme. Par essence réactionnaire, conservatrice et antilibérale, elle avait connu un certain épanouissement avec le national-socialisme, auprès de qui les thèmes de l’anti-cosmopolitisme, du retour à la terre, des valeurs simples et des solidarités ancestrales résonnaient parfaitement. »

    Cela mérite un peu d’explication.

    L’histoire de la mentalité des élites en France est souvent traitée avec légèreté au sein de l’hexagone. Elle est pourtant très fortement polarisée par la conversion progressive des élites intellectuelles à la réaction, au nom de l’anti-totalitarisme.

    Tout un arsenal rhétorique a été conçu dans les années 70 pour faire barrage à la gauche. Pourtant, nous savons que cette gauche n’a pas été révolutionnaire. Elle a très bien joué sa partition, qui consistait, au nom, une nouvelle fois, du « moindre mal », à protéger le capitalisme de la crise économique, à le nourrir, le choyer, puis à la lui rendre sa liberté. En fait de dictature totalitaire, on ne peut mettre au crédit de cette gauche qu’une certaine décentralisation et démocratisation de l’appareil d’État.

    Et pourtant. Cette bien maigre « révolution par les urnes » était perçue comme une intolérable menace contre la démocratie bourgeoise et l’ordre établi. Suffisamment pour que les intellectuels se rallient à des thèses qui assimilent Lumières, Révolution Française, gauche, et totalitarisme. Il y avait la crainte d’un débordement, d’une trop grande remise en cause des institutions par la population elle-même, dépassant le gouvernement, et que celle-ci finisse par menacer l’ordre. La marche de beurs, par exemple, entre le 15 octobre 1983 et le 3 décembre, a été une illustration de ces dépassements. Le PS est cependant arrivé à la canaliser, l’engouffrant dans l’impasse de SOS Racisme.

    Dans la perception actuelle de l’écologie se trouve la même crainte. La crainte que, au-delà du contenu politique et de la piètre pratique des écologistes-libéraux, l’appropriation de la question de l’écologie par les masses populaires ne débouche sur une angoissante fusion. Que le débat et la nécessité vitale de protéger la Terre ne fusionne aux revendications sociales et politiques.

    Olivier Beabeau se trahit, dans le fond, en rattachant dans le même article, le mouvement écologiste aux mouvements de gauche. « En France, le mouvement écologiste a prospéré sur les ruines des idéologies communistes d’abord, et socialistes ensuite. » Plus que d’analyser quoique ce soit, l’auteur n’a pas d’autre but que de pouvoir placer les mots honnis dans son pamphlet. Dans le fond, ce qui lui serre la gorge, c’est bel et bien une jonction Vert-Jaune-Rouge.

    Ce qu’oublie, ou ce que feint d’oublier Olivier Babeau, est qu’il existe différentes origines et différentes expressions de l’écologie. Il existe une, réactionnaire, contemplative, qui est celle qui se rattache au mouvement Steiner, dont l’avatar actuel est Pierre Rahbi. Elle est également celle de Christine Boutin, laquelle partageait le tweet suivant : « Le problème n’est pas tant que triomphent les écologistes, mais que les écologistes ne sont pas écologistes. Car par définition l’écologisme ne peut être que conservateur – de l’ordre naturel, immuable de la terre & du vivant. Aussi devrait-il même être aujourd’hui réactionnaire. » C’est paradoxalement celle qui pose le moins de problème aux capitalistes.

    Mais il existe une autre conception, marxiste, révolutionnaire, de l’écologie. Celle qui s’est d’ailleurs concrétisée dans les travaux de l’influent intellectuel soviétique Vladimir Vernadsky. Il est le créateur du concept de biosphère. Dans cette conception, les activités humaines ne peuvent être séparées de la nature. L’avenir que dessinait ce penseur était résumé ainsi :

    « Nous avons pourtant un projet de société à dessiner. Une société de démocratie populaire. Une société dans laquelle l’économie change profondément de nature. Dans laquelle les rapports marchands finissent par disparaître, et où elle finit par être intégrée à l’écologie, dans une optique de gestion des ressources terrestres. Cette administration des ressources est mise au service des besoins sans cesse croissants, culturels et matériels, de la population. Des besoins immenses, mais qui, pourtant, ne représentent qu’une fraction du gâchis épouvantable de ressources qu’est le capitalisme. »4

    C’est précisément cette synthèse que redoutent les capitalistes, et qu’ils nomment « totalitaire » car elle inclut l’intégralité de l’humanité et des activités humaines dans un seul ensemble. Elle est celle que nous devons défendre.

    Les initiatives individuelles sont bien souvent moquées par les mouvements politiques révolutionnaires. Pourtant, elles font partie de la solution plus que du problème. Elles sont une première étape dans l’intégration des pratiques écologistes dans une solution politique intégrale. Elles méritent d’être soutenues. Mais il en est de même pour les luttes sociales, qui présentent une importance considérable pour la vie matérielle. C’est la synthèse entre ces éléments, une synthèse politique, qui peut permettre de progresser réellement sur le chemin de la solution.

    Fessenheim, un cas d’école.

    La fermeture de la centrale de Fessenheim a suscité des réactions mitigées. Elle est illustrative des contradictions au sein du mouvement ouvrier, du mouvement politique progressiste et écologiste. La fermeture de Fessenheim a été considérée par la CGT, ainsi, comme le préalable à un écocide. Le manque de mégawatts serait, en effet, compensé par l’importation d’une électricité Allemande produite par la combustion du charbon. C’est factuellement vrai.

    Cependant, Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire de France, a dépassé depuis longtemps les limites de sécurité liée à l’âge. Elle est devenue structurellement dangereuse, avec une durée de vie poussée administrativement, tandis que l’externalisation de l’entretien amoindrit encore ces sécurités. Quelles que soient les considérations liées au nucléaire, le minimum est un consensus sur ce point précis. D’ailleurs la rhétorique sur le fait que l’État se coucherait devant les lobbys écologistes ne tient pas debout. Le nucléaire et l’ensemble de cette filière sont bien trop précieuses pour être sacrifiées. Elle est, avec Total, un des grands piliers de l’impérialisme français.

    La réalité est là : la contestation économiste seule ne suffit pas. L’équation posée par la CGT est ainsi insoluble. Dans la balance, d’un côté la perte d’emploi, la hausse du CO2, le besoin d’importation. De l’autre le coût d’une nouvelle centrale, la question de l’occupation militaire des zones d’extraction, la pollution de longue durée.

    Que faire ? Couper la poire en deux ? Accepter une partie de l’équation ? Choisir entre la pollution au Niger ou ici ? Choisir entre l’impérialisme et l’importation ? Le cas de Fessenheim montre que la solution est impossible sous le capitalisme.

    Ou alors, considérer qu’il faut accepter le fait que techniquement cette centrale soit hors d’âge. Considérer qu’il faut lutter pour que les emplois soient protégés. Mais, à côté de cela, mettre tout en œuvre pour organiser politiquement ceux et celles qui sont partie prenante dans ce débat, et leur offrir comme perspective la possibilité d’une gestion démocratique de la production d’énergie, dans le cadre d’un autre régime.

    Un régime qui puisse transformer la manière dont nous produisons et dont nous consommons l’énergie. Qui puisse proposer une quadrature de cercle, en développant des énergies propres, saines, dans lesquelles la question de la rentabilité est évacuée par la fin du parasitisme bourgeois. C’est à cela que nous voulons travailler. C’est cela la véritable vague verte.

    1https://rebellyon.info/Des-Verts-a-moitie-vides-Portraits-des-22376

    2https://solidairesetudiantsgrenoble.wordpress.com/2016/06/22/notre-petite-visite-au-conseil-municipal-de-mr-piolle/

    3Il ne faut pas oublier d’insister sur le « comme par hasard », puisqu’il s’agit de l’argument central. Sans la virgule de dislocation, cela sonne moins bien, il faut le dire.

    4https://unitecommuniste.com/analyses/le-besoin-vital-dune-utopie/

  • Tract UCL  – Extrême-droite, le couteau de la bourgeoisie.

    Tract UCL – Extrême-droite, le couteau de la bourgeoisie.

    Les formes diverses de l’extrême droite ont le vent en poupe. Elles profitent de la crise pour se développer. Dans notre région, l’extrême-droite s’est fortement implantée. Il est de notoriété publique que les fascistes ont pignon sur rue, possèdent des locaux, des réseaux, et surtout de solides lignes de crédit.

    Cela ne signifie pas que la partie soit gagnée pour eux.

    Partout où ils se sont installés, ils sont haïs par les habitants. Leur intolérance, leur brutalité, les maintiennent dans un état de corps étranger. La greffe ne prend pas.

    Cependant, elle se renforce et devient plus menaçante chaque jour. Dans certains pays, elle se renforce, dans d’autres, elle est aux portes du pouvoir. Aux USA, en Inde, au Myanmar, en Russie, en Pologne, en Ukraine, en Hongrie ou en Italie, elle tient déjà les rênes du pouvoir.

    Ailleurs, l’extrême-droite tue.

    Elle a fait d’ailleurs du terrorisme son arme de prédilection. En Norvège, en Nouvelle-Zélande, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, elle commet ses crimes.

    En Allemagne, elle s’est faite l’agente des services secrets Allemands et Turcs.

    Pourquoi ont-ils un tel succès ?

    Les fascistes jouent sur des angoisses réellement existantes dans la société.

    Des angoisses d’isolement, de déclassement, d’un avenir sombre, de dépossession du pouvoir politique au profit de la bourgeoisie. Ils surfent sur la violence sociale, sur la violence économique, sur la violence politique causée par l’exploitation.

    Ils s’appuient sur la destruction des repères traditionnels (et très souvent rétrogrades), tels que la famille, la communauté, la religion.

    En somme, ils utilisent le fait que les individus soient davantage seuls pour instiller leur poison. Les fascistes désignent des cibles comme les responsables de ces maux : le féminisme, la libération sexuelle, les mouvements LGBTI, les migrations… pour faire diversion. Pour ne pas fournir d’explication sur les raisons de ces maux, ces mouvements s’appuient sur les thèses conspirationnistes : ils brouillent les esprits.

    Leur réponse à ces maux est dans le retour à un passé glorieux qui n’a jamais existé :

    Un âge d’or fantasmé, fictif, dans lequel la « nation » vivait en harmonie. Derrière cela, il y a des fantasmes sur le régime de Vichy, sur le Travail-Famille-Patrie, mais aussi sur l’Ancien Régime et sa société « harmonieuse » d’Ordres.

    De faux amis du peuple, de vrais agents de l’exploitation.

    En fait de nationalistes, ce sont des esclavagistes. Au nom de la grandeur de la « nation », ils livrent les travailleurs et les travailleuses à leurs premiers bourreaux, leurs premiers exploiteurs : le patronat et la bourgeoisie de France.

    C’est elle qui impose le 49,3 pour ses lois, qui impose la destruction des droits sociaux, qui impose un carcan antidémocratique. Ce n’est ni Berlin, ni Washington, ni Bruxelles : c’est Paris, c’est Neuilly-sur-Seine, c’est la Défense.

    Ces ennemis-là, les fascistes ne les ciblent jamais ! Au contraire, ils les défendent : ils exécutent leurs ordres. Leurs origines sociales parlent pour eux : combien de noms à particule, combien de grands bourgeois ? Quand ils osent se dire anticapitalistes, c’est pour proposer une société pire encore : une société de corporation, de soumission, d’écrasement.

    Les fascismes prennent différentes formes. Mais rien ne sépare Daesh des suprémacistes blancs. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Les uns et les autres entretiennent des liens, des échanges, se renforcent mutuellement. Ils organisent la défiance générale et la fragmentation des exploités, leur dispersion, leur impuissance.

    Au profit de qui ? Des bourgeoises et des bourgeois.

    La bourgeoisie se sert de ces fanatiques comme d’une arme ultime contre les mouvements sociaux, contre les mouvements révolutionnaires et progressistes. Dans l’histoire, les fascistes ont toujours servi à liquider les mouvements ouvriers, à écraser les menaces communistes. Chaque fois qu’ils ont eu le pouvoir, ils ont détruit le niveau de vie des travailleurs et des travailleuses. Ils ont engraissé les bourgeois et les bourgeoises.

    Nous, communistes, ne voulons pas de cet avenir cauchemardesque. Au lieu du retour au passé, à un monde d’apartheid, à un monde de domination patriarcale, nous voulons aller vers l’avenir.

    La violence et l’insécurité trouvent leurs racines dans l’exploitation économique. C’est en annihilant celle-ci qu’il est possible de mettre fin à la peur. C’est en créant une société riche, riche d’interactions sociales, riche d’entraide, riche d’avoir mis fin au parasitisme bourgeois, qu’il est possible d’éteindre les maux. La censure anticommuniste exercée par la bourgeoisie contribue à éteindre l’espoir parmi ceux et celles qui sont exploités et exploitées. Ce n’est pas un hasard. La bourgeoisie redoute que son ordre injuste soit dévoilé. En revanche, elle n’a aucune peur devant les laquais fascistes.

    Chassons les fascistes.

    Chassons leurs maîtres : les exploiteurs et les exploiteuses !

  • Tract commun Eco Défense / JR / UCL

    Tract commun Eco Défense / JR / UCL

    Marre de leur haine !

    Marre de notre impuissance !

    Prenons le pouvoir

    Les dirigeants, passés et présents, n’ont jamais porté nos intérêts. Les intérêts de celles et ceux qui construisent cette société par la sueur de leur front, c’est-à-dire nous toutes et tous.

    Nos salaires de misère ne sont qu’une miette face à l’accumulation obscène de richesses qui pourraient financer nos hôpitaux, nos écoles, nos routes, notre rail, nous nourrir et nous loger. Ces milliards d’euros glissent dans les poches des patrons, banquiers et des grands propriétaires. En un mot, les bourgeois nous écrasent, et se moquent de nous en prime.

    Ce n’est pas que Macron, le système entier est ignoble.

    Le capitalisme ravage les écosystèmes en nous détruisant toutes et tous sur le chemin, provoque des guerres d’invasion dévastatrices aux quatre coins du monde, ignore sans vergogne les famines et les épidémies, la mort et la misère. Des dizaines de millions de morts dans le monde chaque année sont laissés aux oubliettes pour enrichir les puissants sans limites.

    Cette caste de criminels veut nous priver de nos retraites pour goinfrer le secteur privé des assurances. Cette réforme prend place dans le large démantèlement du service public, pour bazarder toute notre vie au marché libre.

    Nous avons le choix : le pouvoir populaire ou l’extinction.

    On manifeste notre colère par tous les fronts, des secteurs en grève aux Gilets Jaunes, en passant par les luttes écologistes, féministes, antiracistes et LGBTI, mais nous sommes aussi beaucoup à réagir par l’impuissance et la résignation. Ces craintes sont compréhensibles, les bourgeois dirigent implacablement l’économie, le pouvoir et les médias.

    Mais ils ne sont pas intouchables, le capitalisme est voué à l’échec, à la crise et à l’implosion. Nous avons la capacité de renverser le rapport de force, par l’organisation et l’union des travailleuses et des travailleurs, par la démocratie populaire hors des institutions, par la lutte syndicale, l’organisation, le blocage et par la résistance.

    Imposons notre pouvoir et dégageons-les tous !

    La grève actuelle est majeure, et doit continuer de nous unir, pour ne pas seulement créer une convergence des luttes, mais une unification de la lutte. Face au mépris et au cynisme de la classe dirigeante, organisons-nous, faisons preuve de solidarité de classe et préparons la riposte !

    Les manifestations contre la réforme des retraites reprennent en 2020, nous appelons à rejoindre les manifestations massivement, à rejoindre les blocages en solidarité avec les grévistes, à contribuer aux caisses de grève, et à lutter tous ensemble ! Soutenons-nous les uns les autres, l’unité fait notre force, et prépare la victoire du peuple !

    Nous ne sommes rien, soyons tout !

  • Le 5 décembre. Et Après ?

    Le 5 décembre. Et Après ?

    La grève du 5 décembre était attendue largement. Elle est une mobilisation qui a été extrêmement suivie. Plus d’un million de personnes ont défilé en France, dont plus de 35 000 à Lyon, ville qui, pourtant, mobilise généralement peu. Nous espérons désormais qu’elle pourra déboucher sur une lutte de plus longue durée. Les premiers échos à ce sujet laissent supposer que cette possibilité existe et qu’elle est en train d’être sérieusement étudiée par les assemblées diverses et par l’intersyndicale.

    A Lyon, nous avons défilé aux côtés des Jeunes Révolutionnaires et d’Eco Défense ainsi que de Youth for climate. Nous considérons que cette politique d’unité est importante au niveau local, dans la mesure ou nous souhaitons voir émerger une coordination et une concertation entre les organisations combatives, progressistes, révolutionnaires et communistes. Nous y avons diffusé notamment le tract rédigé en commun avec notre organisation sœur UPML.

    Cette manifestation révèle un grand esprit combatif. Esprit qui ne s’est pas épuisé après un an de Gilets Jaunes, au contraire ! Cette journée d’action ne peut être vue que comme un premier succès.

    Une grande partie de ceux qui se sont mobilisés attendent de voir comment le gouvernement réagira à la journée d’aujourd’hui. Pour le moment, les déclarations laissent entendre qu’il n’a pas l’intention de dévier dans son œuvre de destruction des conquêtes sociales. Le texte, qui sera présenté en milieu de semaine prochaine, ne sera probablement pas modifié, ou uniquement en suivant des lignes de fracture clivantes, dans le but de fragmenter le mouvement de lutte. Cette manœuvre, qui avait déjà permis a la CFDT de se placer en ennemie de la lutte, a, pour l’instant, échoué. La base de la CFDT a plutôt eu tendance à désavouer la direction.

    En revanche, il est il est important, de ce point de vue là, de regarder avec objectivité le rapport de force, tant syndical que politique. Quelles sont les chances de succès de ce mouvement ?

    Si cette réforme existe, c’est que la bourgeoisie compte en tirer profit.

    En dépit de l’image de clique d’eborgneur, d’arracheurs de main et de corrompus qu’il peut donner au premier abord, le gouvernement n’agit pas, dans ce dossier, par sadisme. Il agit parce que son action correspond à des intérêts savamment calculés : ceux de la grande bourgeoisie. Comme c’est principalement elle qui détermine les enjeux du combat à venir (enjeux offensifs, entendons-nous!), c’est également elle qui sonne les offensives ou les replis.

    Sur le dossier des retraites, il n’est absolument pas garanti que le gouvernement puisse « lâcher » quoique ce soit, ni même renoncer à sa réforme et à ses autres projets. Car derrière la réforme des retraites, il existe un immense butin : celui des retraites complémentaires, des fonds de pension. Un point d’indice trop faible, c’est l’assurance de la misère pour les uns, et l’assurance d’achats de produits financiers censés la compenser pour les autres. Tuer les retraites, c’est de l’argent.

    En réduisant la part du salaire indirect, c’est également, pour la bourgeoisie, faire en sorte de s’assurer que la consommation augmente. L’hérésie du système par cotisation est qu’il n’est pas injecté directement dans le marché. Plus de salaire direct, c’est la possibilité d’augmenter la masse monétaire en circulation, les prix, la croissance, le PIB…

    C’est également un des buts de la Cotisation Sociale Généralisée. En taxant les comptes en banque, il incite à ne pas épargner, mais à dépenser ou à investir (pour ceux qui en ont les moyens), encore du PIB en plus.

    Ces objectifs sont importants, et forment la quasi-assurance d’une manne financière énorme. Elle est à portée de main, elle ne demande qu’à être saisie. Face à cela, quelques jours de pertes financières, dans un blocage de l’économie, peuvent-ils peser suffisamment ?

    Si le gouvernement était dans une logique de réélection et du fait de conserver une base de sympathie, il pourrait chercher un moyen terme. Mais il est le missile à tête chercheuse de la bourgeoisie, servant une fois, cherchant à causer le maximum de dégâts. La retraite et l’avenir de ses agents est assuré dans tous les cas. Cela pose la question de la cohérence du camp des « marcheurs », appuyés par la droite LR.

    Dans l’optique d’une grève générale qui s’inscrirait dans la durée, il est quasiment sûr que la bourgeoisie, dans l’état actuel des choses, avec ses réserves, sa capacité à se reconstruire, à tenir, à briser et réprimer, serait en mesure de remporter la victoire. Si cette grève risquait de voir son rapport de force international se modifier, à cause d’un affaiblissement, elle serait, peut-être, en revanche, obligée de concéder. Mais dans un cadre de lutte interne au pays, la situation est difficile.

    Cela signifie t-il que les manifestations et les grèves sont inutiles ? Non, bien au contraire. Mais cela signifie en revanche qu’elles ne sont pas le bout de tout. Pourtant cette manifestation est extrêmement positive. Déjà, si elle permet un tant soit peu de sortir de la spirale infernale dans laquelle nous sommes rentrés depuis des décennies. Une spirale ou les organisations combatives, faibles, ne peuvent réussir à mobiliser largement. Elles font alors des journées d’action sans lendemain, propres à désespérer. Cette désespérance accroît le manque de confiance dans ces organisations, notamment syndicales. Elles en ressortent donc plus faibles, moins capable de mobiliser, donc accentuant encore le sentiment d’impuissance. Dans le bilan critique du travail des syndicats, cette équation ne peut être ignorée.

    Elle contribue à accentuer la domination d’une aile droitière sur une grande partie d’entre eux, ainsi que des tendances à un fonctionnement routinier et bureaucratique. Mais elles les rendent également plus vulnérables aux pressions de la part de l’appareil d’État ou de la part de la bourgeoisie. Pressions plus ou moins inamicales par ailleurs.

    Les syndicats eux-mêmes, font un travail irremplaçable. Nous appelons à les soutenir, à se syndiquer, à contribuer à travailler à renforcer ces outils.

    S’il existe de critiques à faire à l’activité de ces organisations, ces critiques ne doivent pas se réduire à des déclarations destructrices, de provocation ou de défiance. Ces critiques sont des critiques, avant tout, de camarades à camarades.

    Or, des organisations ou groupes – formels ou non – qui rejettent les syndicats ou qui en font une critique destructrice existent. Mais en dépit de leur arrogance, elles n’ont pas, trouvé un moyen pour remplacer ce travail par quelque chose de supérieur. En dépit de leur vanité quant à l’activité et au bilan des syndicats, ces groupes en sont toujours tributaires, vivant en parasite du travail de fond des autres. Leur pratique de l’activisme confond bien souvent la radicalité de la forme et la radicalité du fond.

    Nous ne pensons pas que la réponse réelle à la situation, comme le pensent certains groupes gauchistes, par le fait que les manifestations se heurtent à la police. Bien souvent, derrière cela se niche une réalité qui ne les honore pas toujours, à savoir un fond réformiste. Si le rejet atavique de la violence est souvent le corollaire du réformisme, sa fétichisation ne remplace pas la réflexion sur la question du pouvoir et l’organisation des masses populaires.

    Cependant, dans les affrontements avec les forces de l’ordre, souvent provoquées, nous condamnons la violence de l’État et de la bourgeoisie. Nous ne cédons pas aux injonctions à condamner la violence issue des masses, ainsi que les « dégradations ». Nous ne mettrons jamais les deux sur le même plan, et nos critiques, aussi acerbes puissent-elles être, sont avant tout des critiques de camarades à camarades.

    Nous pensons que la réponse, la porte de sortie est politique. Elle existera si la quantité se transforme en qualité, politiquement parlant.

    Toute victoire est temporaire. Nous l’avons bien compris par rapport aux conquêtes sociales. Mais, par corollaire, toute défaite dans la lutte des classes est également temporaire. Gagner sur le dossier des retraites, c’est gagner du temps. Perdre sur le dossier des retraites, c’est perdre de l’espace pour vivre. Mais défaite ou victoire son le flux et le reflux des vagues. Ce qui reste c’est notre capacité à nous organiser, à progresser politiquement, à rendre les coups, et, surtout, à mettre en place les outils de la victoire.

    Construire l’unité pour construire la victoire.

    En réalité, la véritable victoire est un passage de l’action revendicative économiste à l’action politique. L’élévation du niveau de conscience politique général, de la fin des illusions sur le parlementarisme, et son corollaire, l’organisation.

    Dans la lutte économiste, syndicale, il est peut-être possible de gagner du temps. De réussir à repousser l’application de cette réforme. Nous l’espérons, et c’est avec cet espoir que nous nous lançons dans la bataille. Mais la victoire, la vraie, la stratégique, est ailleurs.

    Une vraie victoire de cette épreuve de force serait, en dépit de tout, que le camp du peuple ressorte renforcé. Un camp du peuple, qui réunisse les organisations, les groupes, les associations, les nébuleuses combatives. Un camp qui a montré qu’il pouvait exister dans les Assemblées Populaires et dans les Assemblées des Assemblées. Un camp dont la construction doit être au centre de nos préoccupations, dans l’état actuel des choses. Mais le mouvement spontané ne peut suffire, il a besoin de plus.

    Nous travaillons à cela. Nous ne sommes pas seuls à le faire. Mais nous sommes peu, faibles, dispersés. Et nous n’arrivons pas nous même à nous mettre en ordre de bataille pour que la lutte progresse sur le fond.

    Le mouvement ouvrier en France, tout comme le mouvement de revendication populaires et de lutte sociale, manque cruellement d’outils stratégiques, politiques, pour gagner en force. Le mouvement communiste français, dans toutes ses variantes, est toujours aussi faible et dispersé. En dépit de succès locaux, le chauvinisme d’organisation, la défiance, est plus la règle que la volonté de collaborer. Dans notre expérience des tentatives de travail unitaire, nous avons pu constater que le sectarisme est une vertu savamment couvée.

    Plus le temps passe, plus la situation se dégrade, plus nous regardons avec effroi ce sectarisme-parasitisme, qui pousse à créer systématique des initiatives séparées, d’ignorer les existences des uns et des autres, de chercher à se couper l’herbe sous le pied. Ces travers, nous les avons également, et nous désirons les combattre chez nous aussi, dans nos pratiques et dans nos rapports de travail. À nos yeux, le travail unitaire et le développement d’une politique d’unité ne peut être un slogan publicitaire. Il doit être une réalité.

    Pourquoi ? Parce que l’importance de la lutte que nous menons transcende les conflits absurdes entre sectes recroquevillées sur une vérité autoproclamée. Son importance la dépasse. Importance par rapport à la lutte, ici, en France. Importance par rapport à la lutte dans les pays et territoires sous la domination de notre impérialisme. Importance dans la solidarité internationale et dans les liens que nous devons nouer avec nos camarades d’ailleurs.

    Nous, et nos camarades UPML avec nous, maintenons la nécessité impérieuse d’une rencontre générale entre tous ceux qui partagent cet objectif. Quels que soient leurs noms, leurs titres et leurs chapelles, nous considérons que, à ce stade de la lutte sociale, maintenir l’ignorance les uns des autres est un acte grave, qui contribue à entraver le développement des outils de la victoire des exploités et des exploitées contre leurs exploiteurs et leurs exploiteuses.

    Nous ne pensons pas que ce soit en ignorant l’existence des autres organisations, que ce soit des organisations idéologiquement proches ou plus éloignées, que nous grandirons. Au contraire, chacun de nous participe à reconstruire et à donner vie au mouvement communiste. Reste à franchir l’étape de lui donner corps, ce dont nous avons un besoin impérieux.

    Les suites du mouvement se discutent à l’heure actuelle. Quelles qu’elles soient, nous devons jouer tous et toutes notre rôle !

    Nous avons besoin de mettre en cause la dictature de la bourgeoisie.

    Nous avons besoin de faire vivre l’opposition extra-parlementaire des Assemblées Générales, embryon de démocratie populaire.

    Nous avons besoin de nous réunir, militants et militantes politiques révolutionnaires et communistes.

    Nous avons besoin de construire un Parti révolutionnaire !

  • Toutes et tous unis contre les exploiteurs

    Toutes et tous unis contre les exploiteurs

    Toutes et tous unis contre les exploiteurs


    Nous sommes pour l’unité la plus large contre les attaques du gouvernement, contre sa répression et sa violence, contre ce régime despotique au service des exploiteurs capitalistes.

    Notre unité s’est faite dans la lutte, dans le fait de marcher ensemble, de subir ensemble les tirs de Flash-balls, les bombardements de lacrymogènes, les lancers de grenades. C’est une unité qui a été scellée dans le sang. Nous étions des étrangers les uns pour les autres, des inconnus. Désormais tous ceux qui portent le gilets jaunes sont devenus des frères et sœurs de combat.

    Halte aux diviseurs et aux provocateurs racistes

    Seulement certains veulent briser cette unité. Ils décrètent que des camarades gilets jaunes, parce qu’ils sont nés avec une autre couleur de peau, parce qu’ils aiment d’autres personnes, parce qu’ils pratiquent d’autres religions, sont indignes de vivre et doivent être liquidés. Voilà ce que pensent ces agresseurs lâches. Ils instillent la haine et fracturent nos cortèges pour imposer leurs mots d’ordres.

    Le samedi 26 janvier, à Lyon, une bande de 80 militants fascistes ont formé une colonne pour attaquer des gilets jaunes jugés «gauche» ou des d’origine immigrée. Ce n’était pas le premier incident de ce type. Des groupes fascistes organisés, essentiellement du «Bastion social», identitaires ou Action Française, ont entrepris à plusieurs reprises d’infiltrer les cortèges de gilets jaunes pour commettre ce type de forfaits. Et les choses s’aggravent semaine après semaine.

    Le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’antisémitisme… C’est cela qui créé la division ! Les dénoncer et les chasser nous rend plus fort, plus unis, plus sincèrement liés dans un combat commun. D’autant que ce combat commun, ils s’en moquent !

    Ne laissons pas les gilets jaunes être les otages de traîtres !

    Nous savons qu’il existe des positions différentes dans le mouvement, que chacun porte son opinion. C’est très bien ainsi. Mais nous dénonçons les manœuvres de ces traîtres à la cause ! Ils ont commis un acte d’une gravité extrême en prenant en otage les cortèges de gilets jaunes pour imposer leurs mots d’ordres de diversion, pour éloigner le combat de ses revendications !

    Ils diffusent de fausses informations, des rumeurs, des mensonges conspiratifs car ils ne veulent pas de revendications sociales ! Ils sont contre ce pour quoi les gilets jaunes se battent. Ils ne sont ni pour l’augmentation du SMIC, ni pour la justice fiscale. Ils ne combattent pas le capital financier et ne son pas pour une démocratie du peuple. Eux ne sont que pour un Etat policier dont ils seraient les maîtres absolus !

    Jamais ils n’ont été dans la rue pour défendre le code du travail, pour défendre l’école, pour défendre les hôpitaux, pour défendre les opprimés et les exploités. Au contraire ! ils ont toujours voté pour les lois qui écrasent le peuple, tout ce qui alourdit son fardeau. Ces mercenaires au service des capitalistes attaquaient les manifestations. Ils servaient d’auxiliaires zélés de police, toujours prêts à servir d’indicateurs, de mouchards.

    Les fascistes poignardent dans le dos les Gilets Jaunes

    Hier, le rassemblement national s’est prononcé contre la hausse du SMIC. Demain il votera la loi anti-gilets jaunes, traîtreusement nommée loi « anti-casseurs », car elle correspond à son programme anti-populaire et anti-social.

    Jamais le « bastion social » ne parle des revendications populaires. Jamais il ne parle du RIC. Il ne fait que diffuser ses mensonges haineux. Et quand ils disent « nos SDF d’abord » c’est uniquement pour diviser entre français et immigrés. Mais chaque fois que des mairies deviennent d’extrême-droite, voire des pays, les premières lois passées ont été contre ceux qui n’ont rien, pour aggraver leur misère, voir les mettre en esclavage. C’est ce que fait l’Italie, c’est ce que fait la Hongrie.

    En France, le RN/FN est le 1er parti en termes d’élus mis en examen. Les fascistes sont les élus les plus corrompus de France. Ils sont dans tous les coups tordus, dès qu’il y a des profits à en tirer.

    Dehors les agents des exploiteurs !

    Ils se disent « patriotes » mais ce sont eux qui négociaient des contrats avec Daech pour la société Lafarge. Ce sont eux qui ont vendu les armes qui ont servi à faire les attentats en France. En fait de « patriotes », leur seul travail est d’anesthésier ceux qui souffrent, ceux qui se révoltent, et de les vendre pieds et poings liés à leurs premiers bourreaux : les banquiers et les grands patrons français. Leurs discours pleurnichant ont le même fond : qu’ils disent défendre la race, la patrie, la nation, dans le fond ils ne défendent que les intérêts d’impitoyables exploiteurs.

    Nous ne voulons pas d’un Führer, d’un Roi, d’un dictateur aux ordres des cartels de la bourgeoisie. Nous voulons remettre le pouvoir entre les mains du peuple, créer la démocratie populaire, unir tous les exploités et les opprimés dans leur combat contre nos bourreaux.

    Eux, leur seul rêve est d’être appelés au pouvoir pour réprimer de toutes leurs forces ceux qui ne veulent plus être écrasés sous les chaînes de l’exploitation, ceux qui veulent mettre fin à l’oppression et à la misère.

    Ce sont des traîtres à la lutte, des ennemis du peuple, les sbires des exploiteurs !

    Ils n’ont pas leur place dans les manifestations, dans les cortèges ! Chassons-les !