Étiquette : Lutte sociale

  • Le 22 mars, toutes et tous dans la rue !

    Toutes et tous en grève le 22 mars !

    Stoppons la destruction des droits sociaux !

    La question des droits sociaux est au cœur de l’actualité. Elle ne l’est pas du fait d’une amélioration soudaine, de droits élargis. Elle l’est, malheureusement, en raison des menaces qui pèsent sur eux. Droit du travail ; protection chômage ; assurance maladie ; retraites ; accès à l’éducation et aux soins…etc. Chacun de ces aspects de la vie de tous les jours est actuellement sous un feu roulant de la part de l’artillerie législative de la bourgeoisie. En fait de réformes, ce sont des liquidations.

     Liquidation du droit du travail, déjà grandement entamée par le Parti Socialiste, qui débouche aujourd’hui sur une hausse invraisemblable des licenciement, sur une dégradation sans précédent des conditions de travail, sur une misère accrue jour après jour. L’attaque contre les régimes spéciaux est une diversion visant à susciter la division entre exploités, dans le but d’anéantir chaque droit dans le détail.

    Liquidation progressive de l’assurance maladie, de la retraite et du chômage, par le fait de supprimer ses voies de financement. La réforme fiscale de Macron n’a pour but unique que de pulvériser le salaire socialisé, qui permettait à ces protections d’exister. Le but est de faire assumer de manière individuelle -et insuffisante !- la protection sociale, laissant les plus démunis seuls face aux aléas et malheurs de la vie.

    Pendant ce temps, les financements seront passés sur la Cotisation Sociale Généralisée, laquelle est un impôt inéquitable, injuste, et qui sanctionne les petits épargnants, non les investisseurs. Le capital n’est pas touché. Tout est payé par les travailleurs et les travailleuses, y compris le carcan d’acier qui les maintient dans l’exploitation.

    Liquidation de l’accès pseudo-démocratique à l’enseignement, en soumettant l’éducation au flammes de la rentabilité et d’une rationalisation à outrance. De plus, la bourgeoisie souhaite se servir de la déstructuration des diplômes pour faire en sorte qu’ils n’aient plus de valeur aux yeux de la loi, autre qu’une valeur relative et symbolique.

    Quant aux soins, la politique de Révision Générale des Politiques Publiques ne vise qu’à les rendre rentables. Or, cette rentabilité se fait au prix de la qualité, au prix de la possibilité  d’y avoir effectivement accès. Les patients s’entassent et meurent aux urgences. Les concepteurs de cette politique s’en moquent. Ils ne vivent pas dans le même monde, dans la même réalité que les masses populaires.

    Partout sur la Terre, l’impérialisme, dont celui de la France, sème la mort et la surexploitation. Les villages éventrés, les terres ravagées, tout cela pour des bastions géopolitiques et des minerais !

    Voilà le programme de la bourgeoisie ! Cumulé avec la politique belliciste et militariste, ainsi qu’avec l’instillation de la haine de l’étranger, de l’immigré, du réfugié, et le tableau est complet. C’est contre cela qu’il est nécessaire – obligatoire – de se battre !

    La bourgeoisie mène une guerre totale contre les droits sociaux !

                    La bourgeoisie, dans une guerre totale, ambitionne de liquider chacun de ces droits durant un seul quinquennat. Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont ainsi les anges exterminateurs de ce que les travailleurs ont mis plusieurs siècles à obtenir, au prix du sang.

                    L’argument de ces fossoyeurs ? La modernité. Il est nécessaire d’évoluer, d’aller de l’avant, de ne pas rester dans les systèmes sclérosés du passé. Cet argument, fallacieux, n’est qu’un paravent. Il ne sert qu’à inverser les rôles et à faire passer la défense des conquêtes sociales pour une posture réactionnaire. Or, le modèle de la « Startup Nation » n’est ni plus ni moins qu’un modèle du XIXe siècle, du travail journalier, de l’exploitation maximale, de la misère et des journées de travail interminables.

    Tout comme au XIXe siècle, les exploiteurs veulent user jusqu’au bout les travailleurs et les travailleuses.

                    La stratégie de la bourgeoisie est simple : il lui a été imposé, par la force, des concessions. Le mouvement ouvrier, le mouvement communiste, la Résistance, ont exigé la mise en place de ces droits. Or, la bourgeoisie n’en a jamais voulu. Elle tente inlassablement de tirer vers le bas les salaires, de tirer vers le bas les conditions de travail, d’augmenter sans cesse le taux d’exploitation des travailleurs et des travailleuses. Ce taux d’exploitation atteint bientôt un seuil tel que le salaire ne permet plus que de tenir le coup jusqu’au jour de demain. Logement, alimentation, transports… les dépenses basiques aspirent tout. L’endettement, même, guette. La bourgeoisie ne paie pas, elle entretient une force de travail qui s’épuise.

    Or, aujourd’hui, elle a les coudées franches. Le résultat est à l’avenant : tandis que le niveau de vie des masses populaires stagne, diminue, tandis que la misère et les fins de mois difficiles s’accumulent, les profits du patronat décollent. Le « ruissellement » est un mythe, en vérité, la bourgeoisie fait preuve d’un parasitisme nocif  et toxique sur la société. Produire moins cher pour augmenter les profits, pour se goinfrer toujours plus, au détriment des exploités et des exploitées, voilà le programme politique de la bourgeoisie. Les élections ne sont là que pour déterminer qui réalisera ce programme, et selon quelle « saveur. » Ni plus ni moins.

    Et lorsque la colère gronde, l’extrême-droite est là pour détourner celle-ci, vers d’autres exploités et exploitées, vers d’autres opprimés et opprimées, qui souffrent des mêmes maux, qui sont nos frères et sœurs de lutte.

    Ironie des ironies, la baisse des salaires et la baisse des moyens engendre une baisse de la consommation. Moins le patronat paie, moins il gagne d’argent. Le système économique s’auto-intoxique devant la rapacité sans borne. Cette mécanique est inscrite dans le patrimoine génétique du capitalisme, elle est inéluctable. Si le capitaliste ne le fait pas, son voisin le fera pour lui faire concurrence. Les niveaux de vie s’effondrent et la crise de surproduction guette.

    Mû par la recherche avide du profit, par une politique de pénurie organisée, par la captation des richesses, le capitalisme est incapable de répondre aux problèmes de l’humanité. Il est devenu un carcan qui maintient celle-ci dans un âge de souffrance, d’obscurantisme, de pauvreté. Le capitalisme est le frein qui retient en arrière la société. Les arguments des capitalistes se retournent contre eux-mêmes. Leur impossibilité déclarée de pouvoir continuer avec un système de protection sociale correcte illustre le pourrissement de l’économie, illustre son essoufflement, illustre son caractère fondamentalement périmé et sclérosé.

    L’Unité Communiste de Lyon défend une société qui s’affranchit de ce poids mort, de cette ponction injuste et indue. Nous défendons une société dans laquelle ce sont ceux qui produisent qui décident, et non ceux qui exploitent. Une société dans laquelle l’économie est subordonnée aux besoins de l’humanité, non aux désirs de profits d’une clique de bandits et de criminels.

    Nous ne croyons pas dans les promesses de politiciens et de politiciennes, âmes damnées de la bourgeoisie. Les urnes ne placent que des laquais au pouvoir. Le véritable pouvoir est hors des institutions, hors des salons, il est dans la force populaire, dans l’unité des exploité.es et des opprimé.es. Le véritable pouvoir est dans la constitution d’un Parti Communiste révolutionnaire, capable d’organiser ceux qui souffrent, ceux qui subissent l’exploitation, pour renverser l’ordre injuste et criminel de la bourgeoisie.

    Créer cet outil, tel est le programme de l’Unité Communiste de Lyon. Un outil pour la révolution socialiste, un outil pour bâtir une société sans exploité.es ni exploiteurs, une société communiste !

  • Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Que chaque force politique ou syndicale ait une stratégie, cela va de soi. A l’exception de celles et ceux qui se complaisent dans le suivisme intégral -il y en a- il s’agit d’une des raisons fondamentale de l’existence des organisations et des groupes.

    Ces stratégies sont diverses et variées, elles reflètent les conceptions politiques et idéologiques de celles et ceux qui les mettent en pratique. Elles sont également diversement compatibles. Certaines se marient très bien avec d’autres, permettant la naissance d’alliances, d’autres, au contraire, sont antagoniques. Elles ne peuvent pas former de synthèse -même temporaire- et ne conduisent qu’à l’affrontement et l’anéantissement.

    Dans la situation actuelle, nous considérons qu’il existe une réelle urgence. L’offensive de la bourgeoisie, que nous avons détaillée dans notre brochure Le plan de la bourgeoisie, sera terrible. Elle concernera tous les aspects de la vie des travailleurs et des travailleuses, ainsi que des chômeurs, retraités et invalides. Ces attaques de fond sur les contrats de travail, sur le salaire, sur le niveau de vie, se traduira par une terrible vague de misère.

    Sous-estimer les ravages de cette offensive est grave. Certaines organisations ont tendance à le faire et à ne pas traiter la question de la lutte avec le sérieux nécessaire. Il s’agit d’une erreur. Mais lorsque certains tentent cyniquement de s’en servir comme d’un marchepied, quitte à causer sa faillite, une autre étape est franchie, celle de la trahison pure et simple.

    Que chaque organisation, que chaque courant politique essaie de faire triompher son point de vue au sein de la lutte, la cause est entendue. Là, encore, la cohérence règne. Le problème serait plutôt si le silence régnait au lieu du débat, et, surtout, du débat de fond. Mais les dirigeants des organisations et des mouvements qui sacrifient les luttes, en particulier les luttes aussi essentielles, pour se construire un petit promontoire, deviennent des ennemis de la lutte.

    Celle qui s’annonce est d’une importance qui dépasse la question des intérêts de telle ou telle clique de professionnels de la politique.

    Déjà, les vautours rodent.

    Force Ouvrière annonce clairement, sans ambages, son intention de trahir, en refusant toute unité le 12 septembre. Dernier coup de poignard en date, de la part d’un syndicat conçu comme fossoyeur des luttes, comme un fer de lance de l’anticommunisme.

    Le Parti Socialiste annonce sa volonté de rejoindre la lutte contre une loi qu’il a mise en œuvre lui même. Il tente de se recréer une virginité politique, après 5 ans passés à écraser les travailleurs et les travailleuses. Charognards parmi les charognards, ils attendent leur heure.

    Combien d’organisations syndicales et politiques vont jouer ce jeu de double face ? Nous l’ignorons.

    Toujours est-il qu’une légitime méfiance ne peut que résider en face de celles et ceux qui ne voient que leurs intérêts personnels au sein de la lutte.

    Il s’agit, malheureusement, de l’orientation que semble prendre la direction de  la France Insoumise, au travers du discours de Mélenchon, à Marseille.

    Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les militants et militantes qui s’engagent dans ce mouvement. Des militants et des militantes correctes, honnêtes, dévoués et sincères sont dans leur rangs, mais sa direction, quant à elle, est nettement plus sujette à caution. C’est ce que nous déplorons. La stratégie qui se met en œuvre est dangereuse, car elle n’engage pas seulement la personnalité et les désirs de la direction de la FI, dont nous n’avons que faire, mais elle a des répercutions sur la lutte sociale, sur l’unité et la force du mouvement de contestation. Elle agit comme un coin enfoncé dans le front contre les réformes de Macron, contre les attaques du patronat, contre l’abîme de misère qui nous contemple.

    Les batailles de chefs, les batailles de petites bureaucraties internes, pour des queues de cerises, ne nous intéressent guère en tant que tel, mais les répercutions qu’elles engendrent oui, car nous les payons. Les membres de l’appareil des organisations sont dans une tour d’ivoire. Ils ne sont pas les victimes des défaites. Les masses le sont, et, c’est là l’une des phrases emblématique du mouvement maoïste, nous devons « servir le peuple » et non « se servir du peuple. »

    Dans le cas de la FI, la stratégie que la direction prend est le reflet de l’origine politique de ses cadres. Au final, celle-ci est trustée par des professionnels de la politique, par des tribuns formés à la même école, partageant le même habitus de classe de membre de l’appareil d’Etat.

    Corbière et Mélenchon, pour ne citer qu’eux, ont tous les deux été formés à l’école du lambertisme, cette branche particulièrement chauvine et sectaire du trotskisme. L’un et l’autre ont été membres du PCI, dans lequel Lambert évoluait, et ont suivi sa voie, au travers de ses évolutions. Cela a laissé sa marque, a constitué leur fond politique. Celui-ci, mâtiné d’entrisme, de fractionnisme, d’avancées drapeau replié, ils ne l’ont pas renié un seul instant. Cette culture politique ne se marie pas particulièrement avec l’honnêteté politique, ni avec le fonctionnement démocratique au sein des organisations.

    La création de la FI, elle-même, est une parfaite illustration.

    Le Nouvel Observateur, dans un article intitulé La France insoumise : organisation cherche révolution ! met le doit sur cette ambigüité. Les chefs de la FI sont tous des dirigeants politiques issus du sérail, rompus à toutes les combines. Ce sont des professionnels. Ils entendent le rester, en formant, selon des méthodes éprouvées, une chape de plomb au sommet de l’organisation.

    Repousser la convention nationale, pour mettre fin au « blabla » dénigré par Jean-Luc Mélenchon, cela signifie reconduire, jusqu’aux calendes grecques, une direction qui dispose du contrôle absolu de l’ordre du jour et de l’appareil.

    Elle est une organisation prétendument horizontale, mais d’une opacité totale. Les procédés employés sont obscurs et indéchiffrables. Les comités de base, nommés groupes d’appui, le terme révèle leur nature non-décisionnaire, peuvent se réunir en convention, certes. Mais le pouvoir de ces conventions n’est défini nul par. Il demeure à la discrétion des dirigeants.

    La prise de décision est le fruit des groupes dirigeants uniquement, ou, lorsque cela va dans leur sens, du plébiscite. Dans la mesure où, si des décisions leur déplaisent, il reste la manne titanesque des 500 000 adhérents internet, prêts à faire fonctionner une démocratie du clic. La dizaine de milliers d’adhérents de terrain sont ainsi noyés par les invérifiables centaines de milliers de cyber-militants.

    D’autant que les plates-formes internet ressemblent à des listes de courses infinies, où chacun peut trouver ce qui lui plait. Mais la cohérence politique n’est pas au rendez-vous. Ni le démocratisme. A nos yeux, cette manière de fonctionner ôte toute parole aux militants et militantes de la FI. Ces plateformes sont censées être le reflet de la parole de la base, mais les positions de la FI sont pourtant des copies-carbones des ouvrages du chef, écrits longtemps en amont. Il est douteux de croire que spontanément, les positions de militants, majoritairement hostiles aux aventures militaires, s’alignent sur celles d’ouvrages aussi répugnants que l’ère du peuple et le hareng de Bismarck, lesquels sont véritables incarnations du social-chauvinisme agressif. Nous ne pouvons croire que les militants et militantes sincères s’alignent sur les positions d’individus comme Djorge Kumanovic, digne héritier des barbouzes de Mitterand et des réseaux Foccart. Et ce, tandis que retentit la Marseillaise, l’hymne de l’impérialisme français. Le maquillage à coups d’Internationale n’aura duré qu’un temps, l’heure est au chauvinisme le plus brutal, sur le dos des adhérents.

    Cette prétendue démocratie interne n’est qu’un prétexte à l’adhésion, au final. Elle n’est pas un débat, elle est un collier de chaines que doivent porter les militants et militantes de la FI.

    Car la démocratie au sein des organisations ne se nourrit pas de ces « plateformes. » Au mieux, cela se termine pas la mise en œuvre d’organisations criblées de fractions, sans unités, perdues par les affrontements entre cliques et entres chapelles. Au pire, celles-ci ne sont tout simplement pas écoutées, pas prises en compte. Elles ne sont pas plus démocratiques que la démocratie bourgeoise qu’elles prétendent remplacer ou améliorer.

    Cette direction n’a pas hésité à fonctionner en décrétant des positions, en imposant des choix correspondant aux désirs de celle-ci, dévoilant le fait que la démocratie n’est que de façade. Ainsi, au cours des élections, les militants de la FI et du PCF ont parfois œuvré en bonne intelligence. Localement, les comités de base ont choisi la voie de l’alliance par opposition à celle de l’affrontement. Cela ne correspondant pas à l’ordre du jour de la direction, celle-ci n’a pas hésité à court-circuiter des candidats que les comités de base avaient pourtant intronisés, en alliance avec d’autres forces.

    Pourquoi une telle attitude ?

    Cela car les dirigeants de la FI sont affamés de postes et de fauteuils.

    Mouvement sans bases d’appui, la FI n’a d’autre choix que de les prendre là où elle peut : sur le terrain de ses proches. Sa popularité, face au PCF moribond et face au PS marqué du sceau de l’infamie, le lui permet.

    D’autant qu’en 2012, le « combat des chefs » entre Mélenchon et Le Pen, a été un échec. Courageux mais pas téméraire, le chef s’est reporté sur une cible facile, où, au lieu d’avoir une bataille, il y aurait une victoire facile. Terne, mais efficace. Oublié le tonitruant discours du 14 mai 2012 sur les parachutés, sur les planqués. La bataille d’ensemble, le raz-de-marée a échoué, place à l’avancée, les dents serrées, en prenant les places des alliés de la veille.

    Ainsi, le choix de Marseille, où Jean-Luc Mélenchon fut parachuté, est illustratif.

    Cette stratégie de vampirisation de l’espace ne contribue pas à créer les bases d’une unité, même tactique, avec des forces qui ne cherchent qu’à s’imposer comme centre unique.

    Il est notable que la grosse tête de Mélenchon n’est pas une nouveauté. Celui-ci, ainsi, le 13 mai 2017, tweetait « Je rappelle aux antifascistes d’opérette que c’est moi qui ai gagné en justice le droit de qualifier Le Pen de « fasciste. » Les antifascistes sauront apprécier cette marque de respect. Mais tant que la portée des propos se limite à blesser les égos, tant qu’il s’agit de vantardise, les choses restent gérables.

    Mais lorsque la question s’étend à la lutte sociale, la tournure devient nettement plus aigre.

    Les discours de Jean-Luc Mélenchon, à la suite des législatives, entrent dans cette droite ligne. Se proclamant centre de l’opposition, déclarant ainsi le 18 juin 2017 « c’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. » La date et le contenu en disent plus qu’un long discours. La poignée de députés FI seraient le point d’encrage de la « résistance sociale », seuls contre tous. Qu’importe le vide de sens du terme, le résultat est là. Ni syndicats, ni partis opposés à la politique du gouvernement, ni rien. L’alpha et l’oméga, pour l’ »ex »-lambertiste, c’est son mouvement. Ni plus ni moins.

    Dans un effort de gymnastique mentale intense, ils réussissent même à revendiquer les abstentionnistes comme étant des alliés, comme faisant partie du même mouvement. Y compris lorsque ces mêmes abstentionnistes « dégageaient » l’ancien PS en même temps que les autres candidats. Or, la lutte terrible qui s’annonce se marie mal de cette politique autocentrée. Pourtant c’est bien cette voie que choisit le tribun.

    Lors du discours de clôture de leur université d’été, à Marseille, entre les 25 et 27 août, Mélenchon, avant que retentisse la Marseillaise, déclarait : « La vague dégagiste va reprendre et s’amplifier, elle a rendez-vous le 23 septembre. C’est le moment de venir, les gens, d’exprimer dans la démocratie de la rue, les leçons des élections que vous avez porté avec vos bulletins de vote et par l’abstention. » Manière particulièrement dérangeante de présenter les choses. En effet, la CGT et les organisations syndicales d’une manière générale, Front Social et la plupart des organisations politiques prennent comme date le 12 septembre. Jean-Luc Mélenchon décrète, quant à lui,  que le 23 septembre sera le point de départ de la lutte. Il s’agit d’une dangereuse manière de faire cavalier seul.

    Pour se placer au centre, les dirigeants de la FI se doivent de renier toute légitimité, voir toute existence aux autres forces. Cette conception sectaire, nous ne la connaissons que trop bien, hélas. A l’inverse, ce que ciblent d’ailleurs plusieurs communiqués, des comités locaux se sont emparés sans ménagement de cette date de lutte, pour en revendiquer la paternité, nous reviendrons dessus par la suite.

    Le 23 septembre n’est pas une date anodine. Elle est la « journée de la paix », journée impulsée et investie par la Némésis de la FI, le PCF. L’espoir de la direction de la FI, c’est d’apparaitre seul, tandis que ses concurrents sont occupés ailleurs.

    Ce comportement n’est pas seulement détestable, il est dangereux. Il est dangereux car il table sur la liquidation de toutes les organisations politiques et syndicales qui ne lui sont pas directement inféodées. Elle table sur le fait de tout broyer pour rester seul récipiendaire des lauriers de la victoire.
    Sauf que, sans mobilisation unitaire, sans sincérité, il n’existera pas de victoire.

    Les élucubrations marseillaises de JLM laissent un goût de cendre en bouche, un goût amer, entretenu par l’idée que la mobilisation sur la loi travail risque de se faire sur deux fronts : contre le gouvernement et contre les récupérateurs assoiffés de postes et de mairies.

    L’attitude de Jean Luc Mélenchon, en vérité, est celle d’un liquidateur, prêt à tout pour s’imposer, quitte à faire payer aux masses le prix le plus fort. En ce sens, il opère un juste retour auprès de ses sources d’origines, le trotskisme. Il ne désire rien plus que l’effondrement de la CGT, du PCF, de toutes les organisations qui sont sur le même créneau que lui. S’il ne se hisse que sur un champ de ruine, celui lui conviendra.

    Si il faut marcher seul, il le fera, car c’est là son gagne-pain, là sa carrière.

    Déjà, ses lieutenants ont manœuvré pour instiller la méfiance entre la CGT et Front Social. La CGT ressent comme une tentative de l’affaiblir la naissance de ce front. Comment la blâmer ? C’est bel et bien ce que les fidèles de Mélenchon ont à l’esprit en s’y investissant. La CGT apparaissant comme un bastion du PCF -ce qui n’est pas faux en soi- la direction de la FI impulse une ligne qui vise à ne pas marcher avec elle, voir même contre-elle, pour ne pas donner le moindre grain à moudre au PCF. Lorsqu’elle « marche » avec la CGT, la situation n’est pas forcément plus joyeuse. Ainsi, les Communistes Libertaires de la CGT – une émanation de Alternative Libertaire, se sont feint du communiqué suivant :

    Mélenchon piétine l’indépendance de la CGT

    samedi 26 août 2017

    La France Insoumise se prend maintenant pour la grenouille qui avale le bœuf !

    Nous avons pendant longtemps défendu pied à pied l’indépendance de la CGT vis-à-vis du PCF. Puis le délitement du PCF nous a conduits à défendre l’idée que l’indépendance vis-à-vis d’un parti ne veut pas dire apolitisme. Nous défendons l’idée que la CGT doit inscrire son activité dans une perspective de révolution sociale et dans le respect du pluralisme des sensibilités politiques qui partagent le mouvement le mouvement ouvrier.

    Alors quand les militants de Mélenchon veulent imposer leur calendrier et leur leadership sur le mouvement social et la CGT en entretenant une confusion complète (voir l’affiche ci-joint), nous sommes encore debout contre de telles pratiques !

    Une mise au point du Bureau confédéral devient nécessaire devant la multiplication de ces pratiques par des militants FI !

    L’affiche incriminée a de quoi, en effet, entraîner cette réaction épidermique. Entre le bleu-blanc-rouge, les portraits de Mélenchon, toute l’iconographie de la FI y passe. Cependant, le macaron de la CGT achève de créer un effet douteux  d’OPA hostile.

    Pourtant, hormis ces quelques agents, Front Social n’est pas un front visant à saper la CGT, mais au contraire, à permettre une dynamique unitaire, plus large, plus puissante. La nécessité de ce front est pourtant largement comprise.

    Dans les « cortèges de tête » de la lutte de 2016, même les mouvances autonomes, pourtant rarement pro-CGT, appelèrent au cortège de « K-ways noirs et chasubles rouges », manière de promouvoir une unité d’action large entre syndicats, forces politiques radicales et groupes variés.

    Nous ne doutons pas que ces idées puissent faire leur chemin dans la large majorité des esprits, au cours des débats et des discussions qui peuvent avoir lieu lors de la construction de ce mouvement. Nous ne doutons pas qu’une large majorité de militants et militantes FI s’y rallient et en sont convaincus.

    Mais nous redoutons que la direction liquidatrice de la FI l’emporte et poursuive ce jeu dangereux, nous redoutons qu’elle ne sabote purement et simplement le travail unitaire pour sacrifier la lutte sur l’autel de ses petits intérêts.

    Nous redoutons cela, car c’est ce qui transparait des messages de Mélenchon, ce qui transparait de ses discours, ce qui transparait de sa stratégie de lessivage de ses alliés.

    Nous pensons que cette lutte à un caractère hautement stratégique, et qu’elle ne peut être le théâtre de cette comédie ridicule.

    Nous pensons qu’une grande part des militantes et des militants de la FI feront le bon choix, le moment venu. Celui de la lutte sincère et unitaire. Mais nous espérons que cela leur ouvrira les yeux sur la direction de son mouvement, et qu’ils sauront en chasser les éléments opportunistes et carriéristes, dussent-ils en être les fondateurs et les animateurs principaux.

    Dans la lutte stratégique qui s’ouvre, il n’est possible de n’avoir qu’une seule stratégie : celle du combat sans esprit de recul, sans esprit de capitulation et de négociation.

    Ceux et celles qui luttent contre cette loi doivent ne former qu’un seul rang, une seule ligne de front. Cela n’éteint pas les divergences, les désaccords, les conflits, les hostilités en fonction des clivages politiques internes.

    Il s’agit d’un phénomène normal au sein d’une lutte. C’est ainsi également que la conscience politique évolue, dans le creuset des débats, dans la bataille d’idées, dans les échanges. Nous même ne cacherons pas notre idéologie ni notre drapeau, de même que nous invitons chacun des acteurs à faire de même.

    Mais ce qui ne se marie pas avec la lutte, c’est la cuisine secrète, les manigances, la mesquinerie et la fourberie, dont certains courants et certaines idéologies sont coutumières. Ceux-là n’ont pas leur place dans nos rangs. Ils n’ont de place qu’auprès des bourgeois et des exploiteurs, à quémander des miettes et des postes.

    La lutte commence ! Menons-là jusqu’au bout !

  • 12 Septembre – Mobilisation !

    12 Septembre – Mobilisation !

    -Avec les Syndicats – Avec Front Social – Avec les organisations combatives-

    -Toutes et tous dans la rue-

    Depuis son élection, Emmanuel Macron a été d’une efficacité redoutable pour plaire à ses maîtres : les exploiteurs. Son gouvernement mène la politique la plus réactionnaire, la plus antisociale, la plus anti-travailleurs depuis la Libération. Ses attaques débridées se muent en véritable Tsunami contre les droits des travailleurs et des travailleuses, tandis qu’il couvre de mille cadeaux ses commanditaires.

    L’offensive Macron, cela signifie la fin du Code du Travail. Désormais, l’employeur devient un seigneur absolu : horaires, salaires, contrats, plus rien n’a de valeur. Seule sa voix compte.

    La fin des possibilités de défense pour les travailleurs. Les Prudhommes, déjà affaiblis, sont dans l’impossibilité de pouvoir défendre les exploités. Si un patron commet un acte illégal, il n’a quasiment plus aucune chance d’être condamné.

    Contourner les syndicats : en imposant des référendums d’entreprises, véritables parodies de démocratie, mais vraies guillotines à droits sociaux.

    La fin des assurances chômage et maladie : désormais, le gouvernement et l’Etat peuvent utiliser les cotisations sur le salaire des travailleurs comme bon leur semble. Moins de médicaments pour les seniors, mais plus de bombes pour l’armée.

    La destruction des aides sociales, comme les APL, rendant la vie encore plus chère et la misère plus proche.

    La baisse majeure des budgets de l’enseignement national et supérieur : Désormais, pour étudier convenablement, il faudra passer par la caisse. Ce cadeau fait au privé et aux entreprises se paie cher pour les classes populaires.

    La baisse des budgets des collectivités locales : pour des crèches, des associations, des centres aérés, des activités locales associatives, il sera nécessaire de payer chaque fois plus.

    La guerre, la guerre, toujours la guerre ! Même si le budget de l’armée baisse, ses missions continuent et s’étendent. La guerre pour AREVA, la guerre pour TOTAL, la guerre pour BOUYGUES ou LAFARGE. La guerre pour les profits des bourgeois, payés par notre sang et nos deniers, pour maintenir la domination tricolore dans le monde.

    En colère ? Gare ! Le contrôle renforcé permis par l’Etat d’urgence et son intégration dans le droit commun permet de stopper préventivement les mobilisations, d’assigner à résidence les gêneurs, d’interdire les manifestations, de créer toutes sortes d’embûches pour nuire à toute volonté de défense des droits des classes populaires.

    Mais tout n’est pas noir dans son projet. Une poignée de bourgeois est ravie de savoir que ses impôts seront allégés, lorsqu’elle daigne les payer ! Les patrons seront ravis de plonger dans la misère leurs employés pour gonfler leurs profits !

    Macron c’est la dictature intégrale de la bourgeoisie sur les travailleurs.

    MOBILISONS-NOUS !

     Le 12 septembre, la CGT et les autres syndicats combatifs, ainsi que Front Social et de nombreuses organisations politiques appellent à se mobiliser massivement, à descendre dans la rue.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre cette mobilisation, à l’intensifier, à l’unifier le plus possible. Elle doit se montrer à la hauteur des enjeux.

    La mobilisation dans la rue est notre seule arme, il n’existe aucune réelle opposition institutionnelle. L’Assemblée, le Sénat, les institutions sont aux ordres des exploiteurs. Nous devons nous mobiliser en ne comptant que sur nos propres forces, tant contre ces réformes, mais également pour qu’existe une véritable opposition extra-parlementaire.

    Cette bataille est cruciale. Si les projets du gouvernement aboutissent, les répercussions seront terribles ! La baisse programmée des salaires entrainera une misère terrible. Précarité, absence d’aides sociales, absence de soins… Le programme de Macron est celui du passé, le retour des effrayants tableaux du XIXe siècle.

    La programme Kamikaze de Macron, c’est la recette de l’implosion sociale.

    Même pour les bourgeois, l’avenir n’est pas rose. Sans argent, qui consommera les productions des usines ? De moins en moins de personnes. La crise généralisée guette, le ralentissement économique et l’asphyxie menacent.

    Le programme de Macron, c’est la crise économique.

    Cette impasse, c’est l’impasse du capitalisme. C’est l’impasse de l’avidité, du comportement de charognard des exploiteurs. C’est une impasse sociale, une impasse politique.

    Les communistes ne veulent pas sauver le système capitaliste. Il a fait son temps.

    Seule une étape nouvelle, supérieure, ôtant le parasitisme d’une poignée de bourgeois inutiles, peut permettre à l’humanité d’avancer vers une société profitable pour tous.

    Une société où le chômage est aboli.

    Une société où les soins sont accessibles à tous et toutes.

    Une société où l’éducation est de qualité, où chacun peut poursuivre des études sans contraintes financières.

    Une société où ce n’est pas l’alimentation, le logement, les frais de transport qui captent la plus grande majorité du budget des ménages.

    Nous voulons bâtir cette société, la société communiste.

    L’Unité Communiste de Lyon se bat, au côté d’autres organisations et groupes, pour construire le Parti Communiste capable d’organiser les exploités et de construire le mouvement révolutionnaire, à même de balayer les exploiteurs et leurs valets.

    Avançons dans la lutte, pour la victoire ! Osons lutter – Osons vaincre !

    Rejoignez les militants de l’Unité Communiste de Lyon dans le cortège de Front Social !

  • La mère de toutes les luttes.

    La mère de toutes les luttes.

    La mère de toutes les luttes commence.

    L’élection d’Emmanuel Macron ne peut être accueillie avec joie par les travailleurs. L’arrivée d’une large majorité d’élus à sa solde ne constitue pas non plus une nouvelle favorable.

    Les astres lui sont on-ne-peut plus favorables. Sa confrontation, au second tour, face à l’extrême-droite, lui a permis d’être élu avec une confortable longueur d’avance. L’effet d’engouement, aux législatives, lui apporte sur un plateau d’argent la majorité dont il a tant besoin. La bourgeoisie la plus rapace et la plus avide le voit comme sa parfaite machine de guerre, comme son soldat le plus zélé. Ce n’est pas pour rien qu’il est le héraut du syndicat des patrons : le MEDEF.

    Les cinq années qui s’achèvent furent sous le signe de l’offensive débridée de la part des capitalistes : L’ANI, la loi El-Khormi, la loi Macron, la loi Fioraso… la liste est longue et fastidieuse. Le résultat, lui, est sans appel : la destruction de l’ensemble des protection sociales, gagnées de haute lutte, a été entamée. La succession de lois antisociales formait le plan de guerre de la bourgeoisie. la brèche est ouverte, elle ne se refermera pas sans combat.

    Emmanuel Macron, est le maître d’oeuvre de l’offensive redoublée qui s’annonce : Le nouveau président ne l’a pas caché, il sera celui qui déchaînera le Blitz pendant l’été, gouvernant par ordonnances, avançant à marche forcée, saccageant ce que les travailleurs ont mis des années – des siècles – à0 obtenir. L’Assemblée, entre ses mains, applaudira.

    Travail, santé, chômage. Voilà le triplé d’objectifs que veut frapper le nouveau porte-étendard des bourgeois.

    Là où la loi El-Khomri se contentait d’inverser la hiérarchie des normes, de faire passer les accords d’entreprise au dessus des accords de branches sur la question du temps de travail, Macron va plus loin. Les nouvelles lois veulent l’étendre à des domaines tels que les salaires ou les conditions de travail. Cela signifie que le patronat, à force de pressions, peut obtenir de la part de ses employés une soumission totale.

    La farce des référendum d’entreprises sert à atomiser les travailleurs, à les fragmenter, sous le faux prétexte de démocratie. Ces référendum ne sont des opérations ayant pour but de saboter toute lutte au sein des entreprises, de court-circuiter les syndicats, en somme d’effectuer un mise au pas des travailleurs.

    Le plafonnement des indemnités de licenciement, là aussi, revient à faciliter la gestion de la masse salariale, à l’entier bénéfice des patrons. Un plafonnement à 10 mois de salaire, cela revient à un aumône de misère.

    Quant à la Sécurité Sociale et l’Assurance Chômage, l’ambition est sans limite : dès le premier janvier, les versements de cotisations seront refondus dans une seule ligne de compte. Ce qui ne change rien en apparence change tout dans le fond : désormais l’Etat aura la haute main sur l’ensemble de cette manne financière et pourra la ventiler comme bon lui semble.

    Le résultat de ces réformes : des travailleurs pauvres, corvéables à merci.
    Une explosion de misère s’annonce, pour le bénéfice d’une clique de bandits.

    Couronne d’épines pour le prince des patrons.

    Derrière ces considérations sombres se profile une lutte terrible. Terrible tant pour les travailleurs que pour leurs exploiteurs.

    Si les législatives ont donné la majorité à Macron est ses sbires, celle-ci demeure fragile. Le divorce entre les masses et la démocratie bourgeoise s’étend. 57 % d’abstentions parmi les inscrits; 61% en comptant les bulletins blancs ou nuls. Le rejet est intégral, tant des pions du patronat que des roquets qui prétendent incarner le peuple, que ceux-ci soient de droite ou de gauche.

    Cette situation emmène à la croisée des chemins pour ceux et celles qui luttent :

    Il est possible, désormais, de saisir cette opportunité pour exister comme un camp indépendant de la bourgeoisie, de ses institutions, de son ordre et de ses règles. Il est possible de clamer la légitimité de la rue, de l’extra-parlementarisme, de la vie réelle contre les tours d’ivoire.

    Le rejet du crétinisme parlementaire, le rejet de la démagogie, le rejet de la démocratie pseudo-représentative ouvre une voie, celle de l’affirmation d’un pôle défendant le pouvoir populaire et la démocratie bourgeoise.

    Si les progressistes et les révolutionnaires ne s’en saisissent pas, ce seront les fascistes, les réactionnaires qui s’en saisiront.

    La bourgeoisie est consciente de sa faiblesse, elle se raidit et se durcit : l’état d’urgence est une arme dressée en priorité contre les travailleurs et contre les travailleuses. Elle est la lance mortelle grâce à laquelle le patronat veut écraser les mobilisations naissantes. L’Etat marche sur les piles de cadavres des victimes des attentats et s’en fait un prétexte : frapper les ouvrier, les ouvrières, les exploités et les opprimés. Défendre sa police, aussi, qui opprime, arrête, blesse, mutile et assassine. 

    La riposte à déjà commencé : Le Front Social est une des pierres pour organiser la lutte contre les ordonnances du nouveau pouvoir. Cet outil, durant un été qui s’annonce terrible, forme, avec les syndicats, le premier moyen de la lutte, unitaire, centralisée, contre l’offensive.

    Macron va faire pleuvoir un feu roulant de réformes, d’attaques. Son gouvernement n’aura de cesse de frapper, jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut. Cette lutte ne doit pas épuiser les force combatives, elle doit au contraire les renforcer, les faire grandir, leur permettre de se hisser à la hauteur des enjeux.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle a rejoindre et à renforcer les Fronts Sociaux, partout au sein de l’Etat français. La lutte s’annonce âpre et difficile. Elle doit être victorieuse !

    Plus un pas en arrière face au offensives du patronat !

  • Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon sur le jour de lutte qu’est le 8 mars.

    Aujourd’hui, nous célébrons la Journée Internationale des droits des femmes.

    Depuis le 28 février 1909, instaurée à l’époque par le Parti Socialiste d’Amérique, cette journée est une journée qui doit servir de point d’orgue aux luttes féministes, mais également de rappel du travail qui reste à accomplir, au sein de la société, pour que l’égalité soit effective, indépendamment des genres et des sexes.

    (Affiches soviétiques et Allemandes; source TV5 Monde.)

    Alors que cette journée, à son origine, est un coup de tonnerre dans un univers dominé sans le moindre partage par les hommes, beaucoup de son sens s’est perdu au fil des années. C’est là une illustration de l’influence débilitante de l’idéologie bourgeoise, laquelle tente de traiter tout comme une marchandise, y compris les jours de lutte. Ce qu’elle ne peut acheter, elle le salit ou le détruit.

    Défendre le sens originel de cette journée est déjà une lutte en soi.

    Cette journée fut impulsée de manière internationale par la militante communiste Clara Zetkin, également enseignante et journaliste. Adoptée lors de la 2e conférence internationale des femmes socialistes de Copenhague, cette journée devait servir, à la base, pour organiser la propagande en vue d’obtenir le droit de vote pour les femmes. Cette journée devint par la suite un repère de lutte et un symbole pour toutes les forces progressistes. Manifestations pour le droit de vote, manifestations pour la paix, le 8 mars fut un jour de mobilisation.

    Cette journée de lutte, s’est muée également en journée révolutionnaire.

    Le 8 mars 1917, les ouvrières de Petrograd se mettent en grève et manifestent, impulsant la révolution russe. Dès la fondation de l’Union, la direction de la jeune URSS inscrivit, dans le calendrier de ses fêtes,  le 8 mars comme journée nationale des droits des femmes. Cela fit de l’Etat prolétarien le premier Etat au monde à reconnaître cette journée.

    Il faut attendre 1977 pour voir l’ONU avaliser à son tour cette date, toujours célébrée aujourd’hui.

    Il est essentiel de porter encore avec fermeté la nécessité de lutter pour cette égalité, laquelle est loin d’être acquise, et, dans certains Etats, tend même à reculer avec une virulence terrible.

    Au sein de la vague réactionnaire qui déferle, nous devons résister et défendre cette égalité plus que nécessaire.

    Malgré l’apparence, même au sein de l’Etat Français, cette égalité est très loin d’être acquise. Les inégalités de salaires, les inégalités de carrière, les inégalités de considération sont tout autant de point qui briment l’égalité économique, indépendamment des genres et des sexes. Cette déconsidération contribue à perpétuer une forme de « salaire féminin », vu comme un revenu d’appoint, pour des femmes toujours vue comme dépendantes du foyer.

    Les rapports sociaux, le harcèlement de rue, les violences, les crimes sexistes, sont un fléau qui révèle la mentalité retardataire d’une très grande partie de la population. Ce sont des aspects qui traversent l’ensemble de la société et qu’il est nécessaire de combattre avec vigueur.

    Lutter contre le sexisme ne peut se faire à coup de déclarations générales, de simples annonces. C’est une forme de domination qui est ancrée profondément dans la société actuelle, et dont on ne se débarrasse pas d’un coup de baguette magique.

    Nous sommes fondés à faire, sur ce sujet, notre bilan critique.

    Un long chemin reste à traverser pour les organisations politiques communistes de l’Etat français, vis-à-vis de cette question. Notre composition essentiellement masculine est le reflet, là aussi, de failles au sein même de notre organisation quant à notre rapport à ces questions.

    Nous portons avec nous, malgré le fait que nous soyons militants communistes, de nombreuses tares qui sont du fait que nous soyons issus de cette société inégalitaire.

    Un long travail reste devant nous pour progresser, non seulement dans notre capacité à analyser la situation, mais également dans nos rapports personnels.

    Ce chemin, nous tentons de l’emprunter avec honnêteté, avec des succès et des reculs, avec des erreurs, avec des stupidités commises, mais avec la volonté inébranlable d’avancer.

    Cependant, nous sommes également critiques quant à certains discours libéraux, qui tentent de dissocier la lutte des classes de la question de l’égalité entre genre et sexes.

    Une branche libérale petite-bourgeoise de ce mouvement est capable d’annoncer que cette lutte est en soi révolutionnaire. Nous ne pouvons que réfuter cette thèse erronée.

    La base matérielle du sexisme est la division genrée du travail, la division en tâches attribuées à un genre ou un autre. C’est cette division, dont la forme moderne est née avec le capitalisme, qui explique bon nombre de rapports sociaux inégalitaires, bon nombre de conceptions réactionnaires.

    Mais la résolution de cette contradiction, à savoir l’égalité entre les genres et les sexes, le fait que cette distinction disparaisse, ne signifie pas l’abolition de toute l’exploitation.

    Contrairement à certains point de vue erroné, le capitalisme peut très bien survivre tout en ayant liquidé ses pans patriarcaux. C’est une position défendue d’ailleurs par les libéraux, y compris par Laurence Parisot, ancienne représentante du MEDEF.

    L’exploitation, par le travail domestique, des travailleurs et des travailleuses par leurs frères et sœurs peut très bien passer par d’autres rapports de domination que ceux liés au sexe. C’est le cas dans les couples homosexuels, ou l’un des partenaires peut assujettir l’autre, alors qu’ils possèdent fondamentalement le même genre ou le même sexe.

    Car ce n’est pas la division genrée du travail qui est intrinsèque au capitalisme, mais c’est l’exploitation jusqu’à l’os des travailleurs et des travailleuses, ce qui les pousse à forcer au surtravail, aux tâches domestiques, d’autres. C’est cette exploitation en poupée russe qui poussa Marx à écrire : « dans le couple, l’homme est le bourgeois et la femme le prolétaire. »

    Cette exploitation peut très bien se répercuter ailleurs, sous d’autres formes, sous d’autres aspects.

    C’est en cela que le féminisme est une lutte démocratique, nécessaire, indéniablement, mais qui doit être intégrée dans la lutte des classes pour triompher intégralement de l’exploitation. Sans cela, c’est combattre contre une hydre qui renaîtra sans cesse, contre un marécage dont on ne peut se sortir.

    Car c’est par l’abolition de l’exploitation que la base matérielle de la division du travail, des contradictions de genre, pourra être détruite. C’est là la racine à trancher pour permettre l’anéantissement de toutes les formes de domination et d’exploitation, mais également du poison mortel formé par le sexisme, le racisme, et les nombreuses formes de discriminations.

    Les exemples internationaux ne manquent pas. 

    Que cela soit au Kurdistan, en Inde, au Népal, aux Philippines, les femmes combattent les réactionnaires, les armes à la main. Elles se battent pour leur émancipation et pour celle de l’humanité.
    Par le passé, les combattantes -d’armées régulières comme l’Armée rouge, ou de milices-, les militantes, les résistantes ont démontré une chose : l’égalité se gagne par le combat, elle n’est jamais donnée.

    Cette égalité militante et combattante jette les base d’une société égalitaire. La liberté défendue par les libéraux est une liberté de façade. De fait, l’histoire le démontra et le démontrera encore, l’AK 47 et le treillis ont plus fait pour l’égalité que Moulinex et l’Oréal.

    C’est en anéantissant la société de classe que toutes les oppressions seront détruites.

    Certains et certaines indiquent que cela ne sera pas automatique. C’est un fait. Même une fois que la base matérielle de l’exploitation aura été balayée, il sera nécessaire de poursuivre la lutte. A la fois contre les tendances à la restauration de l’ordre ancien, mais également pour nettoyer cette crasse instillée dans nos esprits, dans nos pratiques.  

    La lutte pour la révolution ne se fera pas sans le féminisme, et le féminisme sera victorieux avec destruction de l’exploitation et du capitalisme !

    Progressons sur la voie de l’égalité, célébrons le 8 mars !

  • Déclaration du collectif unitaire antifasciste de Lyon.

    Nous retransmettons ici le communiqué fait par le collectif unitaire antifasciste auquel nous participons. 

    Pas de place au pouvoir pour le FN ni pour ses idées !

    A propos du congrès du Front National, à Lyon, le 4 février 2016.

    Depuis plusieurs années la parole fasciste se libère partout en France et en Europe. Dans un contexte de crise et d’instabilité permanente, l’état ainsi que toutes les forces politiques se dirigent vers des positions, toujours, de plus en plus fascisantes. Ce terreau fertile permet alors un déferlement de haine anti-migrant.e.s, raciste et islamophobes. Pendant ce temps, l’extrême droite française jubile, elle a de quoi !
    Son discours, ses idées, s’invitent partout. Ses thèses sont au centre des débats de la présidentielle. Sécuritaire, chauvinisme, impérialisme et xénophobie se retrouvent dans les discours de tous les candidats, du Parti de Gauche au Front National.
    Le gouvernement sortant ne s’est pas gêné, bien qu’il s’en défende, pour appliquer de grands pans du programme des fascistes.

    Alors l’extrême-droite prend ses aises, s’installe et étend son emprise jusqu’au centre des villes, se taille des royaumes dans les campagnes. A Lyon, elle se dote d’un vrai réseau de magasins, de salons de tatouages, de bars. ELle ne se cache pas de vouloir crée un véritable quartier nationaliste  à St Jean. Là-bas, les groupes identitaires ne cessent de multiplier les provocations ainsi que les agressions.

    Les campagnes électorales ont commencé et 2017 va connaitre une nouvelle fois cette grande mascarade présidentielle. Comme à son habitude nous aurons les mêmes pions sur notre échiquier. Des partis et des individus dans lesquels nous ne nous reconnaîtrons jamais.  Il est temps de reprendre la rue, comme nous l’avions fait lors du Mouvement Loi Travail, réunissons nous, soyons présent.e.s et indomptables, refusons que nos vies soient guidées par de nouvelles chemises brunes.

    Ripostons le 4 Février lors du congrès du front national à Lyon, par une manifestation centrale. Plus que jamais ce parti est une menace, c’est lui qui impose son ordre du jour dans les débats houleux du monde politique dans lequel s’engouffre tous les partis électoralistes !

    Plus que jamais, luttons contre tous les fascismes, qu’ils soient vêtus de costards ou de croix celtiques.

    REUNION PUBLIQUE LE 10 Janvier à 19h.
    Librairie la Gryffe.

    Sus aux présidentielles, sus aux fascismes, 2017 n’aura pas lieu.

  • Valls ne ment pas.

     

    Dernièrement, devant les médias, Manuel Valls a réussi à déclencher un torrent de rires et de moqueries. Dans « L’Emission politique » sur France 2, jeudi 5 janvier, l'ancien premier ministre a affirmé qu'il avait été obligé de recourir au 49.3, contre sa volonté. Son excuse étant que les députés frondeurs de son parti -dont il semble grossièrement surestimer la combativité- auraient gêné la mise en œuvre de la loi El-Khomri.

    Chacun et chacune est allé de son bon mot sur le fait d'avoir subi cette terrible douleur que d'avoir appliqué le 49.3.

    Pourtant, derrière les rires, derrières les moqueries, autre chose se trame.

    Manuel Valls ne ment pas lorsqu'il affirme qu'on l'a forcé à appliquer cette mesure.

     

    "On" lui a imposé le 49.3.

    "On" lui a ordonné d'appliquer 6 fois cette procédure pour forcer la main des députés.

    "On" lui a demandé d'imposer la loi El-Khomri.

    Ce "on" n'est pas un mystique groupe, une chose obscure, c'est simplement une classe qui défend ses intérêts, la bourgeoisie.

     

    Valls ne ment pas quand il se défend d'avoir voulu, dès le départ, appliquer cette méthode. Et c'est là justement le point de clivage avec les futurs candidats à la présidentielle. Ceux qui, parmi une "gauche" qui se dissout lentement dans l'opportunisme et le ridicule, voudraient croire que Manuel Valls a choisi d'appliquer le 49.3, par conviction profonde.

    Manuel Valls, comme le Parti Socialiste, ne se caractérise pas par une idéologie libérale, la loi El-Khomri n'était pas dans leur programme présidentiel. Ils ne sont pas des libéraux faisant de l'entrisme et qui se sont démasqués, ricanant, une fois à l'Elysée.

    La vérité est toute autre.

    Une fois arrivé au pouvoir, le Parti Socialiste s'est mis sous les ordres de ceux qui sont les véritables maîtres de l'Etat; la bourgeoisie. C'est là cette vérité que refusent d'énoncer les partis réformistes, c'est que la démocratie bourgeoise n'est que la dictature des intérêts de cette classe. C'est le programme de la bourgeoisie qu'a été contraint d'appliquer le Parti Socialiste.

    C'est l'ordre du jour des capitalistes, des patrons et des patronnes, des exploiteurs, des rentiers, qui s'est imposé contre le menu programme du PS. C'est la bourgeoisie qui a ordonné la loi El-Khomri, elle est l'émanation de son intérêt.

    Et le PS a appliqué servilement, comme un brave valet, cet ordre du jour.

    Car ce qui caractérise le Parti Socialiste, ce n'est pas le libéralisme. Non. C'est l'opportunisme lâche. Ils n'ont pas renâclé, ils ont exécuté la tâche qui leur était demandée par les bourgeois. C'est cette même tâche qui sera exigée au parti qui le remplacera.

    C'est la bourgeoisie qui a imposé le 49.3, que le laquais Valls a appliqué.

    C'est vers elle que nous devons tourner notre colère, vers tous ceux qui, aussi, sont ces mercenaires de la politique, mentent sur la nature réelle du pouvoir et de l'Etat, sur sa nature de classe.

    Ceux qui veulent jouer ce jeu de tricheur que sont les élections présidentielles.

    Ceux qui mentent en prétendant que votre bulletin est votre arme la plus puissante.

    Ceux qui vous promettent monts et merveilles en omettant ceci: si vous voulez toucher aux intérêts de la bourgeoisie, préparez vous à la guerre.

    Non par méchanceté. Simplement parce qu'elle a une conscience aiguë de ses intérêts et qu'elle se donne les moyens de les défendre.

    Tout comme nous, nous désirons renverser la bourgeoisie et tailler en pièces son ordre injuste. Nous parce que nous serions d'une méchanceté sans bornes, mais car tel est notre intérêt, l'intérêt de la classe que nous défendons. Tel est l'intérêt de l'humanité.

    Tant que le système capitaliste durera, la bourgeoisie imposera son ordre du jour, ses intérêts, au détriment de l'humanité. Tant qu'elle aura la haute main sur les institutions, elle ordonnera à des Manuel Valls d'utiliser le 49.3, voire même de violer sa propre légalité.

    Tant que l'opportunisme régnera, il existera de braves Valls pour exécuter servilement ces tâches.

    Refusons l'échéance pourrie de 2017.

    Pas une voix pour le jeu des bourgeois !