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  • Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon sur la manifestations des 3L (Luxembourg, Liebknecht, Lénine) à Berlin.

    Communiqué de l’Unité Communiste de Lyon sur la manifestations des 3L (Luxembourg, Liebknecht, Lénine) à Berlin.

    Nous, militants de l’Unité Communiste de Lyon, avons défilé dans les rues de la capitale Allemande pour cet anniversaire. 

    Nous adressons notre salut le plus chaleureux à nos camarades Allemands du MLPD, de Rebell, de Rotfüchse. Nous les félicitons pour leur 50 ème anniversaire de la construction du Parti en Allemagne.

    Nous saluons nos camarades de l’ICOR et des amis de l’ICOR, nous sommes emplis de fierté d’avoir défilé parmi eux, à leurs côtés., pour rendre hommage aux martyrs de la Révolution Allemande.

    Nous saluons ceux et celles qui participent à l’alliance internationaliste pour dénoncer la montée de la réaction, tant en Allemagne qu’en Europe.

    Nous saluons la classe ouvrière d’Allemagne, dont les luttes, les combats, ont marqué l’Histoire et la marqueront encore !

    Nous saluons les syndicats combatifs d’Allemagne et leur lutte contre l’exploitation !

    Nous saluons les participants à la manifestation des 3L -Luxembourg, Liebknecht, Lénine- car jamais l’histoire ne doit être oubliée !    

    Nous sommes fiers d’avoir pu participer, aux côtés de nos camarades de l’UPML, tant au meeting du MLPD -qui s’est tenu en dépit des manœuvres de la mairie pour le saboter- qu’à la marche de commémoration.

    Nous pouvons voir ce que peuvent réussir les organisations qui ont pris à bras le corps la question de la construction du Parti Communiste. Des cortèges imposants. Des meetings faisant salle comble. Une organisation de jeunesse dynamique. Une production théorie permettant d’apporter un éclairage sur les questions actuelles.

    Cet exemple force le respect et emplit de confiance ce les résultats qu’un travail assidu et constant permettent d’obtenir.

    C’est vêtus du Gilet Jaunes, symbole de la lutte sociale en France, que nous avons arpenté les rues de la capitale. Nous n’étions pas seuls à avoir fait ce choix. Le conflit ouvert entre les masses populaires et l’Etat bourgeois est scruté de près par de larges pans des mouvements progressistes et révolutionnaires.

    Nous avons pu voir, au regard de l’expérience du MLPD, de l’expérience de la Révolution Allemande, quel chemin reste à parcourir. La grande lutte en France n’est pas la révolution. Mais il est une étape.

    La crise du capitalisme et les appétits insatiables de la grande bourgeoisie obligent le gouvernement -laquais des exploiteurs- à ne pas céder. À choisir l’épreuve de force en la pensant courte. Mais, en faisant cela, celui-ci à jeter dans la rue des centaines de milliers de personnes qui n’avaient jamais crié leur colère et exprimé leur misère. Chaque samedi, les coups de matraques leur ont appris le sens du mot République. Chaque intervention de Macron leur a appris le sens du mot Fraternité.

    Toute une génération de lycéens et de lycéennes ont vécu dans leur chair le plus grand cours d’éducation civique de l’histoire de l’enseignement.

    Jamais ils et elles ne l’oublieront.

    Les révisionnistes et les sociaux-démocrates se sont démasqués. Ils n’ont rien eu d’autres à dire à ceux qui subissent l’exploitation que « ne parlez pas de politique, votez pour nous ! »

    Une partie des directions syndicales n’ont rien eu de mieux à dire que « ne parlez pas de politique, ne luttez que dans les entreprises. »

    Ces tentatives pour brider le mouvement social sont vaines. Les questions politiques deviennent brûlantes. Le Référendum d’Initiative Populaire pose la question du régime politique dans lequel nous vivons et du désir de plus de démocratie. C’est une première étape. La seconde est celle du pouvoir, accaparé par une clique d’exploiteurs et de bandits. Elle est tant celle de la dictature du capitalisme que de la démocratie que nous voulons, populaire et vivante.

    Alors que le mouvement, pourtant, n’écorne qu’à peine l’ordre établi, déjà le pouvoir bourgeois sort de ses gonds. Les relais de presse, détenue en très large majorité par une clique de milliardaires, entrent dans une hystérie folle. Les éditorialistes rivalisent pour s’attaquer à ce mouvement. Soit ils le déclarent mort, soit fasciste, soit les deux.

    Médias, police et justice sont unis pour annihiler le mouvement. Le gouvernement produit on « grand débat » pour tenter de faire taire la contestation et la ramener dans les rangs bien balisés d’un terrain qu’il maîtrise.

    Pourtant, ce mouvement demande seulement peu de choses, encore.

    Qu’en sera t-il le jour où la question de l’exploitation et de son abolition se posera ?

    C’est pour faire face à la machinerie de l’État que nous avons besoin d’être organisés, structuré, forts, unis. Le Parti n’est pas un fétiche qui se proclame par goût universitaire. Il est un besoin concret et impérieux. Il est le besoin de l’outil qui permet de ne pas être broyé, mais également de triompher.

    De triompher et de pouvoir bâtir le monde de demain. Sans exploitation, sans oppression. Une société communiste.

    C’est son manque qui a contribué à la défaite de la Commune. C’est son arrivée tardive qui a manqué à la ligue Spartakiste. C’est son existence qui a permis la victoire bolchevique, chinoise…

    Nous ne devons jamais l’oublier.

    C’est pour cela que nous travaillons avec nos camarades Français de l’UPML aujourd’hui.

    C’est pour cela que nous travaillons avec ceux qui luttent contre le colonialisme et l’impérialisme français.

    C’est pour cela que nous tendons également la main à tous les communistes sincères, à tous ceux qui se posent la question de comment mettre fin à la misère, à la dictature bourgeoise, aux oppressions, aux guerres. Nous les appelons, ensemble, à avancer pour que nous renforcions le camp du peuple.

    Non seulement construire le Parti, mais construire les partis, qui, partout dans le monde, porteront la voix des opprimés et des exploités.

    Jusqu’à la victoire.

    Jusqu’au socialisme.

    Jusqu’au communisme.

  • Vœux de l’Unité Communiste de Lyon

    Vœux de l’Unité Communiste de Lyon

    Vœux de l’Unité Communiste de Lyon

    L’Unité Communiste de Lyon adresse des vœux de combativité à l’ensemble de la classe ouvrière et des masses populaires de France. Elle salue ses camarades qui luttent contre l’impérialisme français et mondial. Elle salue les communistes de France et du monde entier.

    Nos vœux pour la nouvelle année sont simples : ils sont de travailler avec ardeur, avec application, à construire les outils de la victoire contre nos bourreaux, les exploiteurs, les oppresseurs, la grande bourgeoisie monopoliste, son État, ses forces de répression.

    Ils sont simples dans leur formulation, mais sont exigeants dans leur concrétisation. Pourtant, des pas sont faits jours après jours, mois après mois, années après années pour parvenir à ce que renaisse un mouvement de contestation de l’ordre bourgeois, un mouvement qui remette en cause un ordre injuste.

    L’année écoulée a été une année qui a permis des bonds de géant. La politique d’offensive à tout prix, menée par le gouvernement Macron & Philippe a lancé dans la bataille des couches entières de la population de notre pays. Elle a confronté à sa police, qui insulte, blesse, mutile, tue. Elle a confronté toute une génération, toute la jeunesse, à la transcription dans la pratique de ses prétendus fondement de loi, de démocratie, d’égalité. Sa justice s’est démasquée. Elle a montré son visage de classe, tendre avec les Sarkozy, les Benalla, mais impitoyable face à tous ceux et celles qui s’en prennent à l’ordre établi.

    Au cours de cette année, la rapacité de la bourgeoisie à fait plus fort que toutes les mobilisations précédentes : elle a jeté dans la rue des centaines de milliers de personnes qui ne l’avaient jamais arpentée pour lutter. Et elle a fait en sorte qu’elles n’oublient jamais la manière dont elles ont été traitées.

    Peut-être l’année 2019 et le printemps seront-ils celui des luttes ou celui du reflux et de la démoralisation ? Nous ne sommes pas des prophètes et nous ne pouvons prétendre être capable de discerner les futures évolutions de la mobilisation de masse dans le marc de café.

    En revanche, nous devons jouer notre rôle, parmi tous les militants sincères, parmi les communistes présents dans notre État, parmi les opprimés et les exploités. Nous ne pouvons prétendre, à nous seuls, être un barrage contre les reflux, contre les démoralisations, contre les épuisements. Mais nous pouvons transformer ceux-ci en des renforts pour les organisations de combat de la classe ouvrière et des classes populaires. Car il est sûr que les attaques ne vont pas cesser, qu’elles vont s’accroître. La misère et les tensions internationales également.

    Nous pouvons et devons apporter un bond qualitatif dans les luttes et dans la politisation de celles-ci, pour que la colère se mue en résolution, pour que la rage contre l’exploitation et contre l’oppression se mue en volonté politique de battre la bourgeoisie, le patronat, les banquiers, les rentiers. Que cela se mue également en désir conscient de vouloir construire un nouveau modèle de société. Le rejet du fascisme et de la droitisation de la société, le rejet de la politique de guerre internationale, le rejet des aventures militaires qui sèment la mort et jettent sur les routes de l’exode des millions de personnes.

    Cette année passée, un bon nombre d’opportunistes se sont prétendus amis du peuple, amis des travailleurs, amis des exploités. Mais il ne fait aucun doute que les masques vont tomber de nouveau, face à l’échéance des élections européennes. Les électoralistes vont vouloir drainer la légitime colère vers une issue sous la forme d’un bulletin de vote inutile. C’est uniquement ainsi qu’ils conçoivent les luttes sociales, comme des marchepieds pour devenir les exécutants serviles de la bourgeoisie à la place des autres.

    Notre programme de 2019 n’est pas de mener les masses vers les abattoirs électoraux, vers les pièges, les traquenards. Il est au contraire de faire éclater la vérité, de faire voler en éclat les illusions sur la nature de classe de l’État et du pouvoir de la bourgeoisie.

    Notre programme est celui d’un travail acharné, sans relâche, pour construire les outils de la victoire. Pour avancer, localement, nationalement, internationalement, vers plus d’unité, plus de coopération, plus de coordination, et, au bout d’un processus de travail commun, dans la confiance et la sincérité, que se fondent en un seul moule les communistes, pour que naissent ou se renforcent les partis révolutionnaires.

    Il est celui d’un soutien et d’un renfort aux luttes qui naissent partout dans notre pays, mais également dans le monde entier, contre les mêmes maux, contre les mêmes ennemis, contre le capitalisme, l’impérialisme, la réaction et le fascisme.

    Il n’existe pas de remède miracle, qui tombera du ciel. Ce remède ne peut-être développé et administré que par la participation du plus large nombre possible de ceux et celles qui courbent l’échine sous le poids des chaînes, sous les entraves, sous les humiliations et les oppressions.

    Nous disons à ceux et celles qui sont toujours dans la nuit delà pauvreté et de l’oppression la plus sombre « La misère n’est pas une fatalité, l’oppression non plus. Le golem qui vous écrase n’est pas invincible. Ensemble, nous pouvons le briser. Quelques soient nos origines, nos couleurs de peau, nos religions, notre sexe, notre genre, nos goûts, nous faisons face à un même ennemi. Ensemble, nous sommes un seul front, une seule ligne, un seul rang contre un même ennemi. »

    Nous saluons ceux et celles qui jettent ces chaînes à terre, qui les rejettent, qui veulent s’en débarrasser. Nous leur disons « vous n’êtes pas seuls, vous n’êtes pas que des individus face à un pouvoir autoritaire, ensemble, organisés, nous serons une déferlantes qui balaiera les exploiteurs, rejoignez-nous ! »

    Nous saluons ceux et celles qui sont organisés, dans les syndicats combatifs, dans les organisations antifascistes, dans les associations d’entraide. Ceux et celles qui œuvrent dans tous les compartiments de la lutte, parfois visible, parfois invisible.

    Nous saluons ceux et celles avec qui nous travaillons. Mais nous saluons aussi ceux et celles avec qui nous n’avons pas encore de rapport de travail, ceux et celles à qui nous tendons la main, pour que finisse l’isolement et l’éparpillement des forces.

    Nous saluons également ceux et celles qui ne portent pas le même drapeau que nous, mais avec qui nous continuons ensemble un camp du peuple, un camp de la défense populaire, qui doit être uni, soudé et solidaire, pour ne pas être fracturé et détruit dans le détail.

    Les spectres de la guerre, de la famine, du fascisme, de l’obscurité ne sont dévorants que parce que ceux qui en tiennent la laisse sont faibles, sont réduits à les agiter pour se maintenir. 2018 a été une année de résistance. Il ne tient qu’à nous de faire de 2019 une année d’offensive !

  • Le mouvement des Gilets Jaunes : Nos tâches en tant que communistes – Partie 4

    Le mouvement des Gilets Jaunes : Nos tâches en tant que communistes – Partie 4

    Nos tâches en tant que communiste.

    Partie 4

    Politiser la lutte.

    « Les masses sont les véritables héros, alors que nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. » La lutte menée par les Gilets Jaunes confirme ce que pouvait, alors, écrire Mao. La lutte sociale d’ampleur, menée sans relâche, a été un choc pour une grande bourgeoisie habituée à pouvoir imposer ses décisions et ne tenant plus compte des luttes. Cette lame de fond a balayé la poussière qui s’était déposée sur un milieu militant engoncé dans des habitudes et des schémas préétablis.

    Dans de nombreux pays, cette mobilisation est scrutée par les organisations politiques progressistes et révolutionnaires. Elle est imitée par les masses en colère. Elle est contagieuse partout où la crise économique mondiale a semé ses ravages.

    « Les masses sont les véritables héros », mais nous avons un rôle à jouer. Contrairement à ce que nous avons pu lire, la spontanéité existe. Le spontanéisme aussi de facto. Mais cela ne suffit pas. Les organisations politiques communistes -à défaut de Parti- ont des tâches à accomplir.Même seules, les masses populaires en mouvement sont capable de grandes choses. Elles sont capables de mettre en échec les exploiteurs, de lutter contre eux, de définir un cap. Mais tout n’est pas possible.

    La confrontation avec l’exploitation, avec la bourgeoisie, avec la répression et avec le mépris social forgent les consciences. Ces conflits les aiguisent. Ces vexations, ce rejet de la misère pousse à chercher des issues et à vouloir arpenter les voies qui permettent de les emprunter.

    Seulement, la bourgeoisie au pouvoir n’est pas dupe et les entrave, sème la confusion, le chaos, la dispersion, la haine -par le truchement de l’extrême-droite- au sein des masses en lutte. Les tâches des Partis Révolutionnaires sont d’apporter la ligne politique qui permet de triompher de ces obstacles, de les balayer et de permettre au mouvement de lutte de progresser et d’avancer toujours en direction de la victoire.

    De même la direction émergent spontanément du mouvement, ses têtes visibles, sont bien souvent des éléments petits-bourgeois, radicaux, certes, mais présentant les travers typiques de la petite bourgeoisie. Voilà ce qu’en disait Lénine :

    « Ils entourent de tous côtés le prolétariat d’une ambiance petite-bourgeoise, ils l’en pénètrent, ils l’en corrompent, ils suscitent constamment au sein du prolétariat des récidives de défauts propres à la petite bourgeoisie : manque de caractère, dispersion, individualisme, passage de l’enthousiasme à l’abattement. »

    Lénine, pour apporter une réponse à ce problème, pose la question de l’organisation politique et de son rôle primordial pour mener les luttes jusqu’au bout tout comme pour la transformation de la société.

    « Pour y résister, pour permettre au prolétariat d’exercer comme il se doit, avec succès et victorieusement, son rôle d’organisateur (qui est son rôle principal), le parti politique du prolétariat doit faire régner dans son sein une centralisation et une discipline rigoureuse. »

    Nous n’en sommes pas là, ces tâches ne sont pas réalisables à l’heure actuelle par nos forces seules. Mais nous devons tendre vers elles, avancer dans la possibilité de rallier, dans le flux et surtout dans le reflux, les forces qui constitueront l’ossature et la musculature d’un futur parti révolutionnaire.

    À l’heure actuelle le mouvement communiste en France n’est pas parvenu à s’imposer où que ce soit dans le mouvement comme une force dirigeante. Il n’est pas parvenu à apparaître comme une composante importante du mouvement des Gilets Jaunes, comme une force capable d’impulser une ligne et une direction. Il existe un grand nombre de raisons à cela telle que la dispersion des forces, la faiblesse générale du mouvement… Mais il n’est pas possible de se retrancher derrière ces faits en les déclarant insurmontables. Surtout, leur nature « technique » ne peut pas camoufler leurs racines, qui elles sont politiques.

    Il existe une grande confusion dans les conceptions stratégiques défendues par les organisations communistes. Certaines -comme mentionné dans les premières parties de la brochure- tendent à penser même que les exploités ne les « méritent pas ». Que le peuple n’est pas digne de leur science et de leur savoir parfait. Nous ne pouvons pas nous placer à l’extérieur de celui-ci, prendre une attitude en surplomb, nous contentant de critiques et de conseils lancés au loin. « Il faut » que les masses les rejoignent, « il faut » qu’elles changent et qu’elles « grandissent ».

    Le désarroi idéologique est tel que fondamentalement ils et elles ont oublié à quoi servent les organisations politiques, les syndicats, les partis. A leurs yeux, l’appareil est tout, le mouvement de masse n’est rien. Leurs organisations ont « besoin » des masses uniquement dans le sens où elles sont une greffe artificielle qui désespère de prendre.

    Nous pensons quant à nous que notre organisation existe pour une seule et bonne raisons : Servir le peuple. Elle n’a pas « besoin » des masses. Elle répond à leurs besoins, à leur exigence de liberté contre l’oppression et contre l’exploitation. C’est sa raison d’être. C’est la raison d’être du Parti que nous voulons construire.

    Le constat d’insuffisance, à l’heure actuelle, est pour nous, comme pour tous les communistes sincères, insupportable. Seules des sectes n’ayant d’autres désirs que de rester des sectes peuvent se contenter de cela. C’est pour cela que la question du Parti est primordiale à nos yeux.

    C’est également pour cela que nous enjoignons ceux et celles qui ne veulent pas attendre que la révolution arrive, mais qui veulent en être les artisans à collaborer avec nous en France, dans ses colonies et néo-colonies comme à l’international. Il s’agit du sens principal de l’alliance révolutionnaire que nous serons amenés à proposer conjointement avec nos camarades de l’UPML.

    Dans l’intervalle, l’action que nous avons menée et que nous menons dans la lutte a été sur plusieurs plans.

    L’Unité Communiste de Lyon considère qu’une des clés de la possibilité d’avoir un rôle effectif est dans le fait de créer les instances de débat et de prises de décision démocratiques. À Lyon, l’Unité a travaillé à l’impulsion d’assemblées populaires. Ces espaces ont permis de rompre en partie la fragmentation du mouvement des Gilets Jaunes, localement, mais également d’abattre des cloisons vis-à-vis des autres luttes.Ceux et celles qui luttent dans les lycées, dans les universités ou dans les usines ont pu prendre la parole. Ces paroles communes ont permis d’initier un creuset dans lequel peut se fondre les luttes.

    Pour nous, ces instances sont autant des lieux qui peuvent permettre à la lutte de se doter d’une direction démocratiquement déterminée, mandatée et contrôlée, mais également nouer des ponts, des passerelles, des coordinations entre les assemblées des différents lieux.

    Certains et certaines ont redouté le fait que les discours et les prises de parole soient empreints d’idées réactionnaires, conspirationnistes, fascistes. Il s’agit d’une question que tout militant et toute militante communiste peut se poser. Mais dans les faits, les militants et militantes fascistes ne sont pas venus. Qu’auraient-ils eut à dire ? Rien qui ne puisse être battu. Quant aux idées et conceptions fausse, il y en a eu. Mais nous ne devons pas les redouter. Nous devons au contraire les écouter, comprendre d’où elles proviennent et y répondre. Mais nous de devons jamais redouter la parole des masses.

    Certains la redoutent tant qu’ils imposent un contrôle bureaucratique des assemblées et des mouvements, refusant toute présence d’autres forces politiques, refusant même que la parole des participants s’écarte un tant soi peu de la ligne définie par leur organisation. En avançant ainsi, ils n’ont suscité que la frustration, la colère et le rejet.

    D’autres se sont cachés. Ils se sont mués en sous-marins opportunistes, essayant de prendre des positions clé pour imposer par la suite leur propre ordre du jour, niant les propres règles démocratiques proposées par les assemblées.

    Nous mêmes, militants et militantes de l’Unité Communiste de Lyon, nous avons pris la parole. Car dans ces instances du débat démocratique se trouve un lieu central pour exposer notre ligne, exposer nos conceptions. S’appuyer sur ce que peuvent exprimer ceux et celles qui prennent la parole et apporter une synthèse politique.

    Nous considérons que nous devons appliquer une ligne de masse. Mao la définit ainsi :

    « Dans toute activité pratique de notre Parti, une direction juste doit se fonder sur le principe suivant : partir des masses pour retourner aux masses.

    Cela signifie qu’il faut recueillir les idées des masses (qui sont dispersées, non systématiques), les concentrer (en idées généralisées et systématisées, après étude), puis aller de nouveau dans les masses pour les diffuser et les expliquer, faire en sorte que les masses les assimilent, y adhèrent fermement et les traduisent en action, et vérifier dans l’action même des masses la justesse de ces idées.

    Puis, il faut encore une fois concentrer les idées des masses et leur retransmettre pour qu’elles soient mises résolument en pratique. Et le même processus se poursuivra indéfiniment, ces idées devenant toujours plus justes, plus vivantes et plus riches. »

    Cela nous démarque du suivisme, qui consiste à accepter en bloc toutes les conceptions au sein des masses, y compris les plus réactionnaires, et à renoncer à toute impulsion de direction. Nous ne nous cachons pas, ni ne cachons nos opinions.

    Cela nous démarque aussi de la conception autoritariste portée par certains, qui ont, par exemple, ouvert sans retenue le feu sur le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) pour le démolir. Mao écrivait à ce sujet :

    « Dans tout travail, l’autoritarisme est une erreur, car il dépasse le niveau de conscience des masses et viole le principe de libre adhésion ; c’est une manifestation de ce mal qu’on appelle précipitation.

    Nos camarades ne doivent pas croire que tout ce qu’ils comprennent, les larges masses le comprennent également. Seule une enquête effectuée parmi les masses permet de s’assurer si elles ont compris telle ou telle idée, si elles sont prêtes à passer à l’action. »

    L’exemple du RIC est typique. Le RIC quelque chose que nous, communistes, comprenons comme réformiste et insuffisant. Nous voyons toutes les entraves et les impasses que contient cette solution fausse. Pour beaucoup d’entre nous, il faut donc la dénoncer et la combattre. C’est stratégiquement vrai. Mais il ne suffit pas d’avoir stratégiquement raison pour gagner. Il faut avoir raison dans la tactique et raison dans l’opérationnel.

    Nous, au sens du mouvement communiste présent en France, raisonnons trop souvent téléologiquement. Nous voyons immédiatement l’aboutissement final auquel mène telle ou telle position. La moindre faille nous paraît dès lors intolérable et insupportable. Nous ne pouvons-nous empêcher de vouloir la colmater.

    Or parfois, cette bonne volonté devient contre-productive. Dans nombre de publications, nous avons vu une levée de bouclier se faire contre le RIC. Mais peu ont compris le sens éminemment positif qu’a cette revendication dans l’esprit des masses. De ce qu’il représente pour elles et non de son sens objectif. Clausewitz, dans sa grande sagesse, avait coutume d’écrire que le subjectif est parfois plus objectif que l’objectif, dans le sens où il intègre des paramètres qui ne sont pas quantifiables, tels que les facteurs moraux.

    Dans un sens, dans la situation actuelle, nous nous retrouvons face à cela. Le RIC en lui-même est une impasse, mais il soulève une question sous-jacente fondamentale. Ce n’est pas encore la question du pouvoir, mais déjà celle du régime politique dans lequel nous sommes : celui d’une fausse démocratie, réelle dictature des marchés et de la haute bourgeoisie.

    Le fait que la question du RIC devienne chaque fois davantage plus hégémonique illustre une nature bien trop mal comprise du mouvement des Gilets Jaunes : sa nature politique, nettement plus radicale et subversive que celle de la très grande majorité des mouvements de ces dernières décennies. Et pour cause, les grandes luttes sont restées sur le terrain de l’économisme, des revendications salariales, des revendications au sein des entreprises ou de l’Etat en tant qu’employeur. D’ailleurs plusieurs communiqués d’organisations politiques ont appelé -en somme- à les maintenir dans ces cadres. Les seules issues politiques proposées au cours de ces mouvements restaient implicitement dans les cadres bien établis de la démocratie représentative et bourgeoise.

    Nous considérons que, en tant que communistes, en tant que militants politiques, notre tâche est d’impulser le fait que cette lutte se politise. Non en défendant platement le RIC en tant que tel, mais en prenant appui sur le caractère juste de ce qu’il représente aux yeux des masses populaire, aux yeux des exploités, comme contestation de la légitimité du régime et, plus en amont, du pouvoir.

  • Taxes : la véritable histoire – conférence / débat

    Taxes : la véritable histoire – conférence / débat

    « L’impôt est le sang du travailleur ».

    Impôts, taxes, cotisations, CSG, TVA… derrière ces termes se cache souvent une réalité complexe et une histoire méconnue.

    Une histoire qui n’est pas au programme de l’Education Nationale, et qui pourtant est cruciale, en particulier aujourd’hui.

    Une histoire qui porte une continuité : faire payer aux pauvres le coût de leur oppression et laisser les riches s’engraisser.

    Une histoire qui revient chaque élection, avec ses paradoxes. Quand la droite dit qu’elle veut baisser les impôts, elle parle de baisser, en réalité, les salaires. Par contre, le plus inégalitaire de tous, la TVA, n’est jamais attaqué.
    Quand la gauche en parle, c’est pour marquer son renoncement à mettre fin à cette situation criminelle : l’exploitation de l’homme par l’homme.

    L’Unité Communiste de Lyon propose de découvrir, ensemble, une autre histoire. Celle du fisc et de son lien avec la lutte contre l’exploitation, celle de batailles sociales oubliées, celles de demi-victoires et de défaites entières.

    Celle de l’avenir, aussi, avec Macron qui veut détruire, pour ses maîtres, les conquêtes sociales payées du sang des travailleurs et des travailleuses.

    Une histoire dévoilée aujourd’hui.

    CONFÉRENCE DÉBAT À L’ESPACE CULTUREL MÉSOPOTAMIE LE 13 DÉCEMBRE À 18H
    (rue Mazagran, Lyon 69007 (arrêts Saxe Gambetta, Guillotière, St André)

  • Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature  -ICOR

    Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature -ICOR

    Résistance active à l’échelle mondiale aux attaques des dirigeants impérialistes du monde contre l’homme et la nature

     Pour la sauvegarde de l’environnement naturel face à l’économie de profit !

    Du 3 au 14 décembre, la Conférence de l’ONU sur le changement climatique se réunira à Katowice, en Pologne. Malgré les 23 conférences mondiales sur le climat qui ont eu lieu jusqu’à ce jour, le mode de production impérialiste entraîne l’humanité vers une catastrophe environnementale planétaire. La destruction de la nature remet en question d’un façon centrale les bases même qui permettent l’existence de l’humanité. En 2018, il y a eu de nouveau des périodes de chaleur et de sécheresse, parfois mortelles, une augmentation d’incendies de forêt, de chutes de pluie très fortes, d’inondations et de tempêtes record à l’échelle mondiale…

    L’intensification des contradictions inter-impérialistes et de la préparation générale des impérialiste à la guerre font que les mesures de protection de l’environnement sont réduites. Elles sont réduites par la pression sur les sphères du pouvoir et à l’augmentation de l’influence du capital financier international, qui agit ainsi pour ses profits. Cela fait que les attaques contre l’homme et la nature sont intensifiées. Les forces dirigeantes répandent l’impression trompeuse que les masses n’auraient de choix qu’entre le fauteur de troubles Trump et des « impérialistes » en apparence « plus modérés ». Si, dans les questions de la paix, de l’environnement ou des emplois, on se fie à l’un ou l’autre des impérialistes, à l’une ou l’autre entreprise ou qu’on se laisse manipuler, on tombe dans le piège du social-chauvinisme.

    L’ICOR (la Coordination internationale de partis et organisations révolutionnaires) appelle, encourage et soutient la réalisation d’une journée de lutte commune pour l’environnement le 8 décembre avec des manifestations, des rassemblements et des activités combatives dans le monde entier.

    Le mouvement écologique a besoin de d’une union combative mondiale et de l’unité des ouvriers, des paysans, des femmes, des jeunes et des peuples indigènes. Il a également besoin que se coordonne et s’unisse la résistance active pour sauver l’environnement, en menant la lutte contre les guerres impérialistes, l’exploitation et l’oppression. La construction d’un front uni international contre l’impérialisme et la guerre, contre la destruction de l’environnement est à l’ordre du jour.

    Nous avons besoin de transformations immédiates, radicales et cohérentes ! Un changement de paradigme en ce qui concerne les modes de production, de consommation et de vie sous la ligne directrice de l’unité de l’homme et de la nature exige que l’impérialisme et le capitalisme soit surmontés de manière révolutionnaire pour ouvrir la voie à une société socialiste libérée.

    Organisez et participez à la journée mondiale de lutte pour l’environnement, le 8 décembre, pour sauver l’environnement de l’économie de profit !

    Renforcez l’ICOR et ses organisations membres !

    Devenez amis de l’ICOR !

  • 17 novembre : un bassin révélateur.

    17 novembre : un bassin révélateur.

    17 novembre : un bassin révélateur.

    Entre le miroir aux alouettes et la faillite d’une partie de la gauche.

    Depuis un mois environ, des appels à des blocages et à des manifestations se lancent un peu partout dans l’ensemble du territoire contrôlé par l’Etat français. Ces manifestations se sont dotés de symboles : le gilet haute-visibilité jaune.

    Cette colère s’est cristallisée contre la hausse des prix du carburant à la pompe, hausse liée à l’augmentation des taxes et du coût du pétrole. L’une des raisons principales est le rattrapage fiscal que connaît le diesel, sur lequel pourtant l’industrie automobile française avait largement misé durant des décennies.

    Ce mouvement s’est transformé en traînée de poudre par l’intermédiaire des réseaux sociaux et des pétitions. Difficile pourtant de savoir ce qui en sera concrètement le jour venu, tant ces événements prennent souvent l’apparence de feux de paille. Il est difficile de croire que cette mobilisation débouchera sur des résultats tangibles, car même si un mouvement d’ampleur avait lieu, il aurait de grande difficultés à s’inscrire dans la durée et à pouvoir créer un rapport de force sur le long terme. Au mieux, il sera un coup d’éclat, au pire, il sèmera une amertume et une désillusion accrue chez les participantes et les participants.

    Pour le moment, cependant, il fait parler. Face à cette flambée, un contre-feu s’est lancé, notamment à gauche et à l’extrême-gauche, pour dénigrer cette mobilisation, la jugeant peu importante en regard d’autres enjeux et récupérée politiquement par l’extrême-droite. Nous tenions à apporter notre pierre au débat.

    Oui, le 17 novembre est la cible de la récupération politique par l’extrême-droite. C’est une certitude. Mais non parce que la lutte contre la hausse du prix du carburant est fasciste ou poujadiste en soi, mais bien parce que les organisations progressistes et révolutionnaires qui la condamnent ont fait le choix d’abandonner ce terrain à l’extrême-droite, de lui offrir un boulevard, de lui donner un cadeau.

    Les fascistes sont des maîtres dans l’art d’utiliser les affaires de corruption, dans l’art d’utiliser les scandales, dans l’art d’utiliser tout ce qui frappe aux viscères les masses populaires. Ils sont des professionnels de l’excitation de la colère, de son détournement, du fait d’entraîner les masses dans des voies pires encore. Les fascistes sont prêts à instrumentaliser la grogne contre les taxes pour l’utiliser contre les migrants, d’utiliser la situation dans les EHPAD pour parler de délinquance, de maquiller les chiffres du passage à l’euro pour nourrir le chauvinisme et le nationalisme le plus putride.

    Alors que sur le terrain des questions sociales ils sont incapable de pouvoir s’exprimer et se positionner sans tomber dans le ridicule le plus achevé, ils manœuvrent habilement sur ces terrains, pour livrer les travailleurs pieds et poings liés à leur plus grand bourreau : la grande bourgeoisie monopoliste française, « bien de chez nous ».

    Une des choses que nous enseigne l’histoire du combat contre le fascisme et le nazisme, c’est bien qu’il faut faire extrêmement attention à ne pas laisser ce genre de boulevards ouverts.

    Dans les années 30, Dimitrov, dirigeant l’Internationale Communiste, revenait sur ces problèmes : Je me souviens, par exemple, d’une réunion de chômeurs tenue à Berlin avant l’arrivée de Hitler au pouvoir. C’était pendant le procès des fameux accapareurs et spéculateurs, les frères Sklarek, procès qui durait depuis plusieurs mois. L’orateur national-socialiste qui parla à cette réunion, utilisa ce procès pour ses buts démagogiques. Il cita les spéculations, les affaires de corruption et les autres crimes commis par les frères Sklarek ; il souligna que le procès intenté contre eux traînait depuis des mois ; il calcula combien de centaines de milliers de marks ce procès avait déjà coûté au peuple allemand et, aux vifs applaudissements des assistants, il déclara qu’il fallait, sans tarder, fusiller des bandits comme les Sklarek et verser au profit des chômeurs l’argent dépensé pour le procès.

    Un communiste se lève et demande la parole. Le président refuse d’abord ; mais, sous la pression des assistants qui voulaient entendre le communiste, celui-ci obtient enfin la parole. Lorsque le communiste monta à la tribune, tous les assistants dressèrent l’oreille dans l’attente de ce qu’il allait dire. Eh bien, que dit-il : « Camarades, déclare-t-il d’une voix ferme et puissante, l’assemblée plénière de l’Internationale communiste vient de terminer ses travaux. Elle a indiqué la voie du salut pour la classe ouvrière. La tâche essentielle qu’elle pose devant vous, c’est, camarades, la « conquête de la majorité de la classe ouvrière ». L’assemblée plénière a indiqué qu’il est nécessaire de « politiser » le mouvement des chômeurs. L’assemblée plénière vous invite à élever ce mouvement à un degré supérieur. » Et l’orateur continua à parler dans le même sens, convaincu apparemment qu’il « expliquait » les décisions authentiques de l’assemblée plénière. Un tel discours pouvait-il émouvoir les chômeurs ? Pouvaient-ils être satisfaits qu’on s’apprêtât d’abord à les politiser, puis à les révolutionnariser et ensuite à les mobiliser pour élever leur mouvement à un degré supérieur ?

    Assis dans un coin, j’observais avec amertume comment les chômeurs présents, qui avaient tant voulu entendre le communiste pour apprendre de lui ce qu’il leur fallait faire concrètement, se mettaient à bâiller et à manifester une déception bien claire. Et je ne fus pas du tout étonné qu’à la fin, le président retirât brutalement la parole à notre orateur sans aucune protestation dans les rangs de l’assemblée… »

    Or, nous agissons bien souvent de cette manière. Nous oublions bien souvent un principe édicté par Mao : « Le marxisme comporte de multiples principes, mais ils peuvent tous se ramener en dernière analyse à une seule phrase : on a raison de se révolter contre les réactionnaires. »

    Or, nos « gilets jaunes » ont-il raison d’être en colère ?

    Peut-on condamner la mobilisation contre la hausse des prix ? Dans sa forme, peut-être, elle est critiquable, elle est insuffisante, elle présente des failles. Bertolt Brecht est souvent cité pour avoir dit « si le peuple pense mal, changeons le peuple ». Certains s’en sont servi dans une dimension anticommuniste pour prétendre que Brecht appelait à manipuler l’esprit des masses pour les faire obéir. Or, il s’agit de l’inverse. Brecht voulait, par cette phrase, indiquer que les analyses politiques qui permettent de luter contre les idées fausses n’apparaissent pas spontanément. Elles ne peuvent être qu’apportées par un travail en amont. Lorsque Mao dit que les idées justes proviennent du peuple, il n’omet pas de mentionner que les communistes, pour appliquer une ligne de masse qui leur permettre d’aller vers la victoire, doivent combattre les idées fausses et réactionnaires, mais également reformuler les mots d’ordres spontanés pour les rendre politiques. Partir des masses pour revenir vers les masses.

    Certains en ont déduit un culte de la spontanéité qui les ont amenés à considérer avec angélisme que toute ce qui provenait des masses populaires était un pur cristal. Certains spontanéistes en sont allés jusqu’à voir dans les pogroms l’expression d’un sentiment d’injustice qu’il fallait soutenir, tout comme les lynchages.

    D’autres ont, à l’inverse, déjà renoncé. Les idées fausses au sein des masses, les imperfections, les failles, les faiblesses, leurs sont rédhibitoires. A leurs yeux, les travailleurs et travailleuses sont des moutons, sont abrutis, sont trop souillés pour être la force révolutionnaire.

    Dans un cas comme dans l’autre, les positions sont fausses. Par un étrange retournement de situation, ce sont souvent ceux-là et celle-là même qui clament au fait de ne pas hiérarchiser les luttes qui se sont empressés de catalogue la lutte contre la hausse du carburant comme indigne, comme inférieure aux autres.

    Une partie de la gauche petite-bourgeoise et intellectuelle s’est ainsi démasquée pour ce qu’elle est : donneuse de leçon, méprisante et singulièrement inadaptée à mener la lutte des classes.

    Comment reprocher à des individus qui ne sont pas communistes de ne pas agir en communistes ? De ne pas avoir une « correcte pensée politique » ? Au lieu de chercher à faire progresser politiquement les forces motrices de la société, ces organisations, ces individus se réfugient dans un idéalisme béat, dans un utopisme de bon aloi.

    Parmi les classe populaires, il existe des tares. Il existe des sexistes, des homophobes, des xénophobes, des individus aux tendances mafieuses, des individus aux désirs petits-bourgeois…Ils sont le reflet de la société et le reflet de l’idéologie dominante, bourgeoise, qui est le vecteur de ces conceptions réactionnaires. Ces idées réactionnaires traversent tout la société. Mais il existe trois voies : les nier, les juger indépassables ou les combattre et rallier sur la base des idées justes qui existent. Or cela ne peut arriver spontanément, sans un apport exogène, de l’extérieur.

    Qu’une partie plus ou moins grande de celles et ceux qui participent au mouvement des « gilets jaunes » soit capable de défiler avec Le Pen, avec Dupont Aignant, avec Wauquiez, comment en serait-il autrement ? Ils et elles ont le sentiment de trouver des oreilles compatissantes, des démagogues qui leur parlent, les écoutent les comprennent. Notamment parce qu’une grande partie du camp du peuple, ou du soi-disant camp du peuple, a renoncé à les regarder, à les entendre, à les écouter.

    Nous, nous ne ferons pas ce jeu du silence. Nous nous adressons aux « gilets jaunes » comme à l’ensemble de la société. Nous pensons que le fait de se mobiliser contre la vie chère, contre l’étranglement financier, contre la paupérisation sous toutes ses formes est justifié et nécessaire.

    Par contre, nous leur disons que les alliés d’aujourd’hui sont les bourreaux de demain. Où étaient ces messieurs Wauquiez, ces mesdames Le Pen quand leurs droits sociaux étaient bafoués ? Quand leurs salaires étaient baissés, quand leurs usines, leurs maternités fermaient ? Nulle part. Lorsque des organisations progressistes méprisent les travailleurs et les travailleuses, il s’agit d’une erreur terrible, certes, mais d’une erreur tout de même. Quant à ces organisations et leurs représentants, pour eux, c’est une stratégie.

    Ils ne lorgnent sur le pouvoir que pour appliquer la même politique, sinon une politique pire. Ils ne sont là que pour servir la bourgeoisie et se doter de places de fauteuils, de sinécures. Ils se disent « anti-système » mais sont les agents les plus fanatiques de la baisse du niveau de vie et de l’écrasement des travailleurs et des travailleuses, en particulier les plus pauvres et les plus précaires.

    Ce sont des agents de la division et de l’opportunisme.

    Lutter contre la TVA, cet impôt injuste et cynique, lutter contre la vie chère, lutter contre les manœuvres de l’Etat bourgeois pour faire endosser la plus grande partie des taxes par les masses populaires, cela leur a paru trop trivial, trop matérialiste au sens négatif du terme. En somme, trop sale. Il faudrait se cantonner aux luttes qui ennoblissent l’esprit, pures, éloignées, pour de grands principes, pour de belles phrases.

    Même si il est vrai que le carburant n’a pas tant augmenté que ça par rapport à l’inflation, il n’en demeure pas moins qu’il est un poste de dépense important pour les travailleurs et les travailleuses, d’autant plus que nombre des plus précaires sont relégués aux confins des villes ou des zones périurbaines par les coûts des loyers ou par le désir d’un cadre de vie moins affreux. A cela s’ajoute le fait que les transports en communs entre les banlieues et les zones industrielles sont du domaine du cauchemar et que, avec des moyens financiers limités, il n’est pas possible matériellement de se doter de la nouvelle hybride qui consomme peu, mais bien souvent il faut accepter de rouler avec des véhicules hors d’âge, polluants et puants. Pas par amour de la belle mécanique, mais par absence de choix.

    Rouler plus chèrement, d’autant, non pour le loisir, non pour le voyage, mais bien pour aller sur son lieu d’exploitation. Payer plus pour être exploité, tandis que la grande bourgeoisie échappe aux taxes, aux impôts. Ne s’agit-il pas là du suprême cynisme ?

    Alors, logiquement, le prix du carburant, auquel tout automobiliste est confronté, est un prix marquant, un prix symbolique plus que concret. L’évolution du cour du yaourt est plus difficile à suivre, est moins affichée sur d’immense panneaux. En France, la part du transport automobile dans le budget des ménages est l’une des plus élevées d’Europe avec 15% environ des dépenses.

    Nous regardons la hausse des taxes du carburant de la même manière que la volonté de mettre des péages urbains en ne voyant là qu’une manière inégalitaire de faire rentrer des deniers dans les caisses de l’Etat tout en peignant cela en vert. Il est fascinant de voir le nombre de groupes et d’individus qui, tout en traitant ceux qui se mobilisent de dupes, sont eux-mêmes dupés par ces taxes prétendument écologiques. Peut-être que ceux qui se vêtiront du gilet jaune iront ensuite participer aux promotions sur le Nutella, sans penser aux Orangs-outans. Pas par mépris pour leur existence, pas par haine cynique et veule, mais parce que, dans la situation sociale où sont certains et certaines, étranglés par un niveau de vie qui ne fait que baisser, une promotion sur un produit de consommation courante est toujours ça de pris. Et le fait que nous l’expliquions ne signifie pas que nous le considérions comme juste politiquement.

    Il est terrible de voir les méfaits qui sont causés, notamment par les extractions d’hydrocarbures, par les ravages des industries automobiles, par l’exploitation au sein de celle-ci. Il est bien sût terrifiant de voir les chiffres sur les disparitions des espèces animales. Mais ceux qui écrivent « va te faire foutre avec ton putain de 17 novembre » et qui se figurent que ceux qui sont exaspérés sont des promoteurs du tout voiture, de la pollution, se trompent. Bien sûr, nous sommes pour un respect de l’environnement, pour le développement de technologies réellement vertes – non ces faux semblants. Qui ne le serait-pas ? La bourgeoisie elle-même, même la plus rapace, ne se réjouit pas de la destruction de la planète et des conditions qui permettent à la vie d’exister sur elle.

    Mais la solution, la vraie, n’est pas une taxe marginale, n’est pas de faire payer le coût d’une prétendue transition écologique aux masses populaires. La solution n’est pas dans des mesures fiscales ou individuelles.

    La solution est politique : elle est dans le contrôle réel de la production par les masses populaires, par les travailleurs eux-mêmes. Ce qui fait que la bourgeoisie, que les capitalistes, que les investisseurs détruisent la planète, c’est une recherche effrénée du profit. Pas seulement du profit moyen, mais des plus hautes sources. Les capitalistes sont persuadés que s’ils n’exploitent pas ce gisement sous une réserve, leur taux de profit baissera et ils seront broyés par la concurrence. Et même si leur « conscience » parle, elle se dit surtout que « si ce n’est pas eux qui en profitent, s’en seront d’autres. » D’où cette spirale infernale, mortifère, dévastatrice.

    C’est cette spirale qu’il faut briser, et elle ne peut être brisée que par l’action révolutionnaire, pour chasser du pouvoir les agents de la bourgeoisie, pour détruire les outils de l’oppression, et l’exploitation. Par le fait de remettre entre les mains des travailleurs les moyens de contrôler réellement l’économie mondiale, mais également de conserver ce contrôle, face aux immanquables tentatives de restauration.

  • Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Déclaration du Comité Central du MLPD. L’anticommunisme frappe.

    Nous republions ce communiqué du MLPD – ICOR d’Allemagne car, d’une part il est particulièrement informatif sur la droitisation de la politique outre-Rhin, de l’autre il est tout aussi illustratif de la manière dont se forme un « cordon sanitaire » anticommuniste contre le MLPD, tant de la part des institutions que de la gauche modérée ou radicale. Dans notre expérience militante, cette politique du cordon sanitaire s’est exprimée à de nombreuses reprises, dans l’engagement syndicaliste, dans les fronts antifascistes, dans la censure au niveau des médias, même « alternatifs » tout comme dans l’activité politique. Il est même arrivé que ces campagnes de dénigrements soient en réponse à des incitations provenant de l’extrême-droite.

    A titre d’exemple, les fascistes lyonnais, en 2010, s’étaient époumonés contre la présence de léninistes au sein de collectifs antifascistes.  Ces articles avaient pour visée de semer la confusion dans les rangs de l’alliance antifasciste à Lyon. Elle a donné naissance à des pamphlets anticommunistes publiés sur certains sites d’informations libertaires, qui par ailleurs ont une pratique fort limitée du droit de réponse. Heureusement, dans ce cadre précis, l’opération fit long feu. 

    Nous savons pertinemment que cette tendance existe de manière constante dans la gauche anticommuniste. Dans le cas du MLPD, l’influence grandissante de cette organisation, notamment dans les luttes ouvrières et écologistes, a entraîné, en réaction, des tentatives de sabotage, de liquidation ou de scissions au sein des mouvements pour le contrer, en accord avec les services secrets allemands. Il ne faut pas oublier que, en Allemagne, ceux-ci sont tous nés des cendres du IIIème Reich. L’organisation Gehlen, qui est à l’origine du BND (les services secrets ouest-allemands), s’est bâtie dans l’objectif premier de traquer les communistes en RFA et d’aider les mouvements anti-communistes dans les pays de l’est (notamment en aidant des guérillas dans les pays Baltes et en Ukraine jusqu’en 1956). Si Gehlen lui-même n’était pas un nazi, la plus grande partie de l’encadrement de ses services le furent, tout comme la police et la justice. Cela donne une tradition particulière qui se perpétue toujours et qui s’est exprimée à divers reprises, notamment dans le scandale du NSU (un groupe nazi opérant pour l’Etat Allemand et pour les Turcs).

    Voilà ce que le MLPD dit sur les tentatives faites contre leur mouvement:

    Cher-e-s ami-e-s, chèr-e-s camarades,

    Nous publions ici un tract avec une déclaration du CC du MLPD « Renforçons la lutte contre le développement du gouvernement vers la droite! – Attention : Des scissionnistes à l’œuvre. » Dans un tirage de 300 000 il est largement distribué, ceci aussi lors de la manifestation ce week-end à Berlin avec plus de 240 000 participants. L’alliance internationaliste ainsi que le MLPD y avaient participé avec un bloc et une présence importants (voir les photos https://www.rf-news.de/bildreports/unteilbar-herbstdemonstration-2018-in-berlin ). Nous nous réjouissons de connaître votre opinion et de vos expériences dans la lutte contre le développement vers la droite des gouvernements et de savoir aussi quels débats il y a dans la construction du front uni anti-impérialiste et antifasciste !

     Section de l’internationalisme du CC du MLPD

    Déclaration du Comité central du MLP

    Un mouvement fort contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois se forme de manière visible. Plus d’un million de personnes ont déjà participé à des protestations et à des actions combatives cette année : contre de nouvelles lois sur la police, contre le défrichage et les opérations de police dans la forêt de Hambach, contre la campagne de dénigrement de Seehofer et Co, pour le sauvetage en mer et une politique progressiste relative aux réfugiés, contre l’AfD et les menées fascistes, pour de meilleurs soins, des logements abordables, des garderies et pour l’avenir de la jeunesse. On s’indigne de plus en plus contre la politique monopoliste concernant la fraude criminelle des constructeurs automobiles dans l’affaire des gaz d’échappement, la pauvreté croissante des personnes âgées, l’exploitation accrue, la réduction des salaires et la division managériale dans les entreprises. Le point de départ de ce revirement progressiste de l’état d’esprit ont été les luttes ouvrières syndicales. Début 2018, plus de 1,5 million de personnes y ont participé ; ces luttes étaient imprégnées du combat pour chaque emploi et chaque emploi-formation dans diverses entreprises et pour l’égalisation et l’amélioration des conditions de travail à l’Est et à l’Ouest.

    En l’espace d’un an, il y a déjà eu trois crises gouvernementales ouvertes. La crise de confiance dans le gouvernement et dans ses partis CDU, CSU et SPD s’approfondit. Selon un sondage Forsa, 57 pour cent de tous les électeurs interrogés ne croient aucun parti capable de résoudre les problèmes en Allemagne. D’ailleurs : Bien que l’AfD gagne du terrain dans certains sondages, seulement trois pour cent des électeurs interrogés le jugent être capable de vraiment pouvoir résoudre les problèmes ! Dans presque tous les sondages, la grande coalition a perdu sa majorité et la critique de sa politique réactionnaire est répandue largement. Plus de 8 000 travailleurs du secteur de la culture ont signé une déclaration demandant la démission du ministre de l’Intérieur Horst Seehofer. Les revendications du MLPD, émises durant l’été,  exigeant la démission de M. Seehofer et réclamant de nouvelles élections, actant de fait la « destitution » de l’ensemble du gouvernement, deviennent de plus en plus des revendications de masse. Selon des sondages actuels, 49 %1 se prononcent en faveur de la réélection du gouvernement. Avec certaines concessions sociales et une démagogie inouïe, le gouvernement tente de dissimuler sa droitisation. D’autre part, Dieter Kempf, président de la Bundesverband der Deutschen Industrie (BDI) [fédération des industries allemandes], a exigé le 25 septembre que « la politique doive oser plus d’économies » ; «simplement plus de politique sociale ne résout aucun des problèmes »2. En clair : imposer les intérêts des monopoles de manière plus rapide et plus cohérente. Les activités militantes opposées à la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois augmentent dans les entreprises. Cela commence par des discussions animées, se poursuit par des prises positions claires dans les assemblées du personnel et lors des récoltes de signatures, et va jusqu’à des propositions de grèves politiques contre le développement vers la droite. Pour ces dernières, un travail intensif de persuasion est encore nécessaire. Mais ce ne serait pas la première fois en Allemagne que des luttes et des grèves ouvrières font tomber des lois ou un gouvernement. Tout comme la grande grève des mineurs en 1997 avec la participation de 130 000 mineurs. Elle a faite tomber les plans du gouvernement Kohl, qui étaient de licencier 68 000 mineurs. Cette grève, avec entre autres le mot d’ordre « Le gros doit partir ! », a déclenché la fin du gouvernement ultra-réactionnaire de Kohl. Le mouvement ouvrier doit s’appuyer sur ces expériences. Pour que la résistance active obtienne la force percutante d’arrêter la droitisation, la classe ouvrière doit en être la force motrice.

    Où va le mouvement contre la droitisation ?

    Voilà ce qui s’est révélé comme force et comme attractivité particulières, ces derniers mois, dans le mouvement contre la droitisation : Différentes personnes, de la « révolution à la religion », des marxistes-léninistes aux sociaux-démocrates, des ouvriers aux artistes, des fans de football aux féministes, y travaillent ensemble sans affiliation à un parti et sur un pied d’égalité.

    En plein milieu, en tant qu’atout reconnu et épine dorsale du mouvement : Le MLPD avec son organisation de jeunes Rebell. Il est pionnier de la lutte contre la droitisation et participe, depuis déjà 2016, de façon déterminante, à la fondation de l’Alliance Internationaliste. Celle-ci compte aujourd’hui 31 organisations de soutien et 24 000 partisans. Dans son travail quotidien, elle gagne des partisans par son activité de lutte, organise une coopération sur un pied d’égalité et assume la responsabilité dans l’organisation des protestations. Le MLPD s’engage de façon cohérente pour que le mouvement contre la droitisation du gouvernement s’élargisse progressivement et reste indépendant à la fois. Le MLPD répond à la recherche croissante d’alternatives sociétales avec l’alternative révolutionnaire au capitalisme, le véritable socialisme.

    Cela signifie la libération de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, une large démocratie pour les masses et la lutte contre toute tentative réactionnaire de restaurer l’ancien ordre des exploiteurs. Et cela signifie d’apprendre des acquis de la construction socialiste, mais aussi des erreurs qui ont conduit à la trahison du socialisme dans tous les pays anciennement socialistes. Dans ce but, renforçons le MLPD et son organisation de jeunes Rebell !

    Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants voient cette évolution avec inquiétude. Déjà au début du mouvement, la CSU en Bavière, le FDP et le Bund Deutscher Kriminalbeamter [Association des enquêteurs criminels allemands] en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont demandé ouvertement l’exclusion du MLPD des manifestations. Le mouvement ne s’est pas laisser cependant diviser par cela. Dans le porte-voix des monopoles, le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 25 septembre, Reiner Burger s’inquiète actuellement : Le «consensus anti-extrémiste» se dissout dans des mouvements de protestation, tels qu’au sujet de la forêt de Hambach. Mais ce consensus est «essentiel pour l’ordre constitutionnel libéral-démocratique» – c’est-à-dire pour l’ordre capitaliste au pouvoir. Et cela inclut «l’obligation de se démarquer …. non seulement du côté droit du spectre politique, mais aussi du côté gauche». Un tel amalgame de la gauche avec la droite, du socialisme avec le fascisme, c’est de l’anticommunisme pur et une banalisation dangereuse du fascisme.

    Dans ce sens, les alliances contre les lois policières furent fracturées en Bavière, à Brême, à Göttingen, en Basse-Saxe et en Saxe, en y excluant presque simultanément le MLPD et l’Alliance internationaliste, en septembre. Dans la forêt de Hambach, lors de la grande manifestation de Hambourg « We’ll Come United » – ou lors de manifestations kurdes, des représentants du SPD, des Verts, d’Attac, des Antideutschs ou de l’appareil syndical ont agi simultanément contre la présence, les drapeaux… du MLPD avec des «arguments» fallacieux. C’est une attaque liquidatrice3 contre l’ensemble du mouvement ! Dans le cas du MLPD, les droits et libertés démocratiques les plus élémentaires ne devraient pas s’appliquer et son droit de coalition devrait être refusé ou restreint. Objectivement, en Allemagne, certains réclament la mise en place de lois telles que celles qui sont en vigueur, par exemple, dans les pays d’Europe de l’Est, avec des gouvernements fascisants : Victor Orban en Hongrie, par exemple, a fait interdire les drapeaux et les symboles de partis marxistes-léninistes.

    Qui coordonne ces attaques en arrière-plan ?

    Les forces motrices de cette scission sont les fonctionnaires du SPD/Jusos (Jeunes Socialistes) et de Bündnis 90/Die Grünen/Grüne Jugend [Les Verts et la Jeunesse Verte], ainsi que d’Attac et des groupes Antideutschs Oui, précisément, ce SPD qui est en train de perdre massivement son soutien et son prestige et qui, depuis longtemps déjà, ne peut plus s’appeler parti des ouvriers. Dans son désespoir, il a recours aux méthodes de fond de tiroir, tels que de l’anticommunisme du style d’Adenauer, avec sa persécution des communistes. Les représentants des Verts veulent apparemment faire oublier que leur parti a soutenu ou soutient avec diligence la politique monopoliste dans tous les gouvernements aux niveaux national et au sein des Länder. De l’Agenda 2010 aux opérations à l’étranger de la Bundeswehr jusqu’aux nouvelles lois sur la police ou le défrichement de la forêt de Hambach.

    En Basse-Saxe, le gouvernement du Land dirigé par le SPD prévoit de renforcer les lois sur la police réactionnaires. Au Bade-Wurtemberg, les Verts avec la CDU ont posé les premiers des points essentiels de la nouvelle loi sur la police. De tels points clés ont également été convenus en juin 2018 dans le Land de Hesse, par un gouvernement noir et vert. C’est exactement ceux qui font parti des « responsables » de ce développement vers la droite au sein des gouvernements fédéral et des Länder qui essaient maintenant d’avoir, en tant qu’« agents », un impact sur le mouvement.

    L’alliance en Basse-Saxe a été divisée par le président régional des Jeunes socialistes de là-bas, Jakob Blankenburg, – en complicité avec Paula Rahaus et Timon Dzenius, porte-paroles de la Jeunesse des Verts en Basse-Saxe. Et ceci avec des méthodes extrêmement antidémocratiques. On a fait passer un vote comme un raid, sans informer les personnes concernées et les 120 organismes d’appui – dans une assemblée de composition arbitraire et un nombre supérieur à la moyenne de partisans de la Jeunesse des Verts.

    En Bavière et à Brême, le SPD et les forces vertes étaient également les principaux acteurs de la scission du mouvement. En Basse-Saxe, on a exclus sur le champ tous ceux qui font parti de l’Alliance internationaliste ou n’ont pas de pris position contre les membres du MLPD. Ainsi par exemple l’association des femmes non affiliée à des partis « Courage » ou le Comité VW. Ceci suit la publication de la liste des prétendues « organisations proches » du MLPD, qui provient directement des services secrets « Verfassungsschutz ». Un choix sémantique, par ailleurs, contre lequel l’association des femmes « Courage » vient de gagner clairement dans le procès contre les services secrets. Stefan Laurin, ultra-réactionnaire, se vante sur son Blog « Les Ruhrbarone » [Les barons de la Ruhr], d’avoir orchestré la scission en Bavière par la mise à disposition du matériel.4 Déjà en 2010 Laurin lui-même a informé de « visites de recherche », motivées par l’anticommunisme, chez les services secrets de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Des méthodes telles que l’espionnage, des intrigues anticommunistes ou la diffamation vont-elles maintenant jusque dans le mouvement ? N’est-ce pas exactement contre cela qu’il a démarré ? Quiconque participe à ces attaques, qu’il se dise anarchiste, anti-allemand ou autre, est impliqué dans cette affaire. Les méthodes sont pour la plupart complètement arbitraires et extrêmement anticommunistes. On prétend avoir entendu dire que là où le MLPD collabore, il y aurait du « stress ». Ce qu’on entend par là est une chose qui reste toujours dans le noir, pas une seule « preuve » présumée a pu être maintenue jusqu’à présent. Le « stress » est causé uniquement par les diviseurs et les anticommunistes qui veulent à tout prix « liquider » les alliances du MLPD. Qui d’autre se sentirait dérangé par la participation sans stress et sur un pied d’égalité du MLPD, par un drapeau du MLPD lors d’une manifestation ou par des représentants du MLPD aux réunions des alliances,  parmi jusqu’à 120 organisations ?

    Quel est l’objectif des liquidateurs ?

    Il s’agit d’orienter les protestations de masse dans des voies assouplies, conformes au capitalisme, parlementaires et donc sans danger pour les forces dirigeantes. Ce qui détruirait leur caractère indépendant et leur orientation claire contre le gouvernement et tous les partis au pouvoir. Le MLPD et d’autres forces révolutionnaires et conséquentes avec leur critique fondamentale du capitalisme entravent cet objectif. Pourtant, si les révolutionnaires et les marxistes-léninistes « sont évincés » de ce mouvement, alors il est mort !

    Cela nous mène au comportement d’Attac en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (RNW). Un membre du Conseil de coordination à l’échelle nationale d’Attac (Sabine Lassauer) a ébruité lors de la réunion de l’Alliance RNW le 25/8/18, que la tentative de scission anticommuniste échouée de l’alliance RNW avait été convenue au sein du Conseil allemand d’Attac en juillet. Déjà en 2003 et 2004, l’organisation Attac s’est distinguée par des manœuvres de scission contre le mouvement indépendant et de masse des manifestations du lundi contre les lois Hartz et l’agenda 2010. La tentative d’exclusion du MLPD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie s’est accompagnée de la tentative de transformer la lutte contre la nouvelle loi sur la police en « accompagnement critique » du processus législatif et d’accepter ainsi l’essence de la nouvelle loi sur la police. Ceci a été formulé dans un e-mail d’un groupe autour de Sabine Lassauer dans la nuit du 24 au 25/8/18 de la façon suivante : « Nous considérons toujours qu’il est extrêmement important d’accompagner le processus législatif de manière critique et avec des forces regroupées. … En outre, nous ne considérons pas qu’une autre grande manifestation au niveau des Länder soit une forme de protestation tactiquement sensée pour de nombreuses raisons et nous ne participerons pas à son organisation ». Cette capitulation ouverte devant la lutte contre le gouvernement des CDU/FDP du Land a été rejetée par la grande majorité de l’alliance du NoPG [non à la loi sur la police].

    La page d’accueil « Belltower » se présente comme un fournisseur de mots-clés en matière de dénigrement et de diffamations contre le MLPD. C’est un organe des soi-disant « Antideutschs ». Ce « mouvement » réactionnaire est sans aucune importance parmi la masse de la population. Valet des forces impérialistes ultra-réactionnaires d’Israël ou des États-Unis et des cercles des services secrets en Allemagne il a été utilisé comme roquet contre le MLPD pendant les mois passés. Ses adversaires l’inondent de reproches abstrus d’«antisémitisme», selon la devise, « un peu de saleté va toujours éclabousser ». En fait, ce sont eux qui soutiennent le développement extrême vers la droite du gouvernement impérialiste d’Israël. Celui-ci ne respecte même pas les résolutions de l’ONU, qui exigent les droits de l’homme les plus élémentaires. La page d’accueil, nommée ci-dessus, a écrit après des attaques anticommunistes sur une manifestation antifasciste à Solingen : « Au plus tard après ce nouveau scandale (qu’ils ont eux-mêmes organisé de manière provocante – l’auteur), un consensus de gauche est nécessaire pour que l’apparition de cette secte stalinienne antidémocratique MLPD ne soit plus tolérée, à l’avenir, lors des manifestations de gauche ».5 Ce site appartient à la Fondation Amadeo Antonio, qui est financée à 52 % par des fonds du gouvernement fédéral (870 000 euros par an). Stephan Kramer, président de l’Office des services secrets de Thuringe siège au Conseil de fondation !

    Les services secrets de Thuringe sont du même acabit que la NSU, la bande des meurtriers fascistes, et sont notoires pour le camouflage de leurs liens avec l’Etat. Jusqu’à nos jours sous Kramer, cela n’a pas été analysé et assumé, et les anciennes structures n’ont toujours pas été détruites. De telles forces se cachent souvent derrière un masque pseudo-antifasciste. Mais : se réduire à la lutte contre l’antisémitisme, nier le rôle des communistes dans la résistance antifasciste – c’est de l’« antifascisme » bourgeois sur la base de l’anticommunisme. Celui-ci divise la résistance antifasciste contrairement au consensus largement établi d’un large mouvement antifasciste et non affilié à des partis, au plus tard depuis « Dresde libre de nazis » !

    Il faut reconnaître ces différentes mises en scène d’un théâtre de diffamation comme ce qu’elles sont : la tentative organisée de partis bourgeois et de forces réactionnaires qui vise à détruire le mouvement politique indépendant. De telles forces ne font pas partie du mouvement, mais ce sont des agences de la droitisation en Allemagne. Elles n’ont rien à faire dans le mouvement !

    Les machinations des liquidateurs rencontrent de plus en plus de problèmes, de questions et de résistance. Partout les forces augmentent, qui s’engagent pour la coopération sur un pied d’égalité, non affiliée à des partis, qui ont de l’estime pour le MLPD et sont outrées par les méthodes antidémocratiques. C’est ce que les manifestations de masse ont montré le week-end du 28 et 29 septembre à Berlin, à Cologne, à Hambourg et dans la forêt de Hambach. Les tentatives d’exclusion constatées n’y ont rencontré aucune sympathie et le MLPD était un composant actif et marquant. Le 28 septembre 2018, le comité directeur du Linkspartei [parti de gauche] de Basse-Saxe a adopté la résolution suivante : « 1. Lors de la dernière plénière de l’alliance à l’échelle du Land, les représentant-e-s de notre parti ont été complètement surpris de cette demande d’exclusion ad hoc (contre le MLPD et d’autres – l’auteur). Ils ont réclamé qu’une question d’alliance d’une si grande ampleur aurait dû être annoncée dans l’ordre du jour, et qu’une telle décision ne peut pas être soumise à la simple majorité des personnes présentes, notamment pas dans de telles circonstances. …

    2. L’exécutif du Linkspartei du confirme expressément ce comportement de nos représentant-e-s …. dans cette affaire d’alliance (le refus de l’exclusion – l’auteur) et recommande à nos membres qui travaillent dans des alliances locales, d’agir dans le même esprit. … 4. En même temps, il s’agit de tout faire pour que l’effet de l’alliance NoNPROG [non à la loi sur la police en Basse-Saxe], après un bon début, augmente encore considérablement son impact politique, au lieu de s’occuper de sensibilités internes ! »Le militant d’un conseil de réfugiés a formulé à l’occasion d’une réunion de l’alliance nationale contre les lois sur la police : « Je trouve étrange qu’on se prononce ici surtout contre le MLPD, si quelqu’un n’a rien à faire ici, ce sont le SPD et les Verts. »

    Ce qui compte maintenant – une résistance active au lieu de capituler devant le développement vers la droite du gouvernement !

    Il est urgent d’unir les forces. Il faut qu’un mouvement fort et organisé s’accroisse qui peut arrêter le développement alarmant. Qui ne s’inquiète pas de la préparation à la guerre par les impérialistes, du démantèlement des droits et libertés démocratiques, de l’augmentation croissante de l’inégalité sociale ? Afin de devenir puissant et fort, le mouvement a besoin de principes clairs : un véritable caractère de non-affiliation à des partis, une ouverture idéologique, une large démocratie dans la prise de décisions, une indépendance financière, une coopération égale sur la base de la lutte commune et sur un pied d’égalité, une culture de débat démocratique et une concertation étroite avec le mouvement ouvrier.

    Le MLPD ne se laissera pas décourager de renforcer et développer la lutte contre le développement vers la droite du gouvernement et des partis bourgeois en commun avec beaucoup d’alliés dans des alliances démocratiques – aussi avec les membres honnêtes des Verts et du SPD. Il œuvre pour que la grande manifestation du 13/10/18 à Berlin devienne un signal de la lutte commune et cohérente contre le développement vers la droite. Cela aussi doit s’imposer contre la ligne de faire du mouvement de masse le jouet des partis bourgeois et de leur campagne électorale et de falsifier les revendications dans le sens d’illusions d’un « capitalisme pacifique et social ».

    Pour la résistance active contre la droitisation du gouvernement et des partis bourgeois – au lieu de la division et de la capitulation !

    1Kurier.at 21-9-18

    2Süddeutsche Zeitung 244-9-18

    3Courant liquidateur : activité scindée et destructrice dans le mouvement syndical.

    4 https://www.ruhrbarone.de/bds-anhaenger-unter-druck/158833 (01.10.2018)

    5 www.belltower.news/artikel/eine-erinnerung-den-25-Jahre-zurückliegenden-mörderischen-brandanschlag-solingen-13737, 28/05/2018

  • 22 offensives pour 2022 : Le cadre général. Partie 2

    22 offensives pour 2022 : Le cadre général. Partie 2

    22 offensives pour 2022 : Le cadre général.

    Partie 2

    Le cœur même de ces propositions est donc de faire des économies et de substituer le secteur privé au secteur public dans la plus grande majorité des cas de figures. Bien que défrayant quelque peu la chronique, l’affaire Benalla n’est pas, au stricto-sensu, une tentative de remplacement du public par le privé dans les forces de répression. Certaines pistes vont pourtant dans ce sens avec des opérateurs privés pour les radars de contrôle de vitesse sur les routes. Ce type de pistes ne semble donc pas totalement tabou.

    L’un des axes forts, mentionné d’entrée de jeu, est celui de la question de la prise de risque et de la « responsabilisation » budgétaire. La première proposition déclare ainsi vouloir mettre fin à un «  un pilotage budgétaire qui ne responsabilise pas les acteurs publics. » L’idée sous-jacent serait celle de pouvoir récompenser l’austérité d’un service par la possibilité de répercuter les gains sur l’année suivante. Cela pourrait passer pour une sympathique méthode permettant de faciliter le lancement de projet, mais dans les faits, ce qui transpire est le fait que les administrateurs les plus avares sont récompensés, poussant à l’être chaque fois d’avantage.

    Autre idée évoquée d’entrée de jeu, celle de « donner de la souplesse en matière de recrutement et de gestion des ressources humaines, en passant d’un pilotage des effectifs (plafond et schéma d’emploi) à un pilotage par la masse salariale ». Il s’agit là d’une transformation importante, puisqu’elle met fin de facto au statut de fonctionnaire pour les nouveaux recrutements. Elle introduit également une échelle des salaires calquée sur le privé « Cette évolution supposerait de ne plus recourir à des mesures générales de revalorisation ».En somme, les avancements sont faits au bon vouloir de l’administrateur ou de l’administratrice, sur des critères discrétionnaires.

    Pour accompagner cette transformation radicale du fonctionnement des administrations, plusieurs autres aspects sont proposés : « passer d’une logique de contrôles a priori à une logique de contrôles a posteriori recentrés et plus efficaces. » Changement allant de paire avec une « culture du risque » et de l’aventurisme -en particulier budgétaire. « sortir d’une culture de la norme encadrant toute décision, pour permettre aux agents de prendre des décisions adaptées au cas par cas. » En somme, passer d’une gestion passive à une initiative active. Mais vers quelles fins ?

    Le document cible cinq ministères particulièrement concernés par ces transformations : ministères économiques et financiers où « par exemple, le recouvrement de l’impôt et le contrôle, aujourd’hui exercés par la direction générale des finances publiques, le conseil aux entreprises exercé par la direction générale des entreprises, les statistiques ou les études économiques de l’Insee, les missions de la direction générale des douanes et des droits indirects » passeraient aux mains d’agences dont la nature ne peut être comprise que comme une intrusion du secteur privé.

    Ministère de la transition écologique et solidaire : « la régulation du trafic aérien, la mise en œuvre des mesures de contrôle et de répartition des produits et matières premières énergétiques ; la mise en œuvre de la politique d’aménagement sur le territoire…; »

    Ministère de l’enseignement supérieur : «  la stratégie nationale de recherche et la tutelle des organismes de recherche continueraient à être assurés par l’administration centrale alors que l’ensemble des autres missions seraient prises en charge par des agences ; » Dire que cela est vaste est un euphémisme.

    Culture : « refonte de l’organisation administrative des musées pour leur laisser davantage d’autonomie. Nous proposons de faciliter la gestion des établissements publics en leur confiant de nouvelles responsabilités (notamment en matière de gestion de leurs personnels), de donner de nouvelles perspectives aux musées nationaux constitués sous forme de service à compétence nationale (SCN), afin d’assurer leur autonomie et de centrer le rôle de l’administration centrale vers ses missions fondamentales de conception, de normalisation et de tutelle » En somme, il s’agit d’introduire des normes de rentabilité en catimini dans les musées.

    Sports : « dans le domaine des sports, nous proposons de créer une Agence nationale du sport, établissement public cogéré avec le mouvement sportif, en charge du sport de haut niveau et de la préparation sportive pour les grandes compétitions. (…) La création d’une telle agence pourra d’ailleurs conduire à s’interroger sur l’opportunité du maintien d’un ministère de plein exercice. »

    En somme : nombre d’administrations seront sabrées avec virulence, pour laisser intervenir de manière directe ou indirecte l’intérêt privé, la rentabilité, la privatisation. Mais ce n’est qu’un début !

    La seconde proposition concerne les statuts des fonctionnaires qui travaillent dans ces administrations, déjà effleuré dans la première partie.

    Mauvaise nouvelle pour celles et ceux qui envisageraient de devenir fonctionnaire et de bénéficier d’une garantie de l’emploi, cela n’est pas à l’ordre du jour. En revanche le recrutement de contractuel est une piste davantage usitée, d’année en année. Le rapport regrette ainsi que « la prépondérance du statut de la fonction publique pour les embauches, le recours au contrat ne pouvant s’entendre que dans des cas spécifiques. » Il opte donc pour la proposition suivante :

    « offrir davantage d’agilité et de souplesse aux employeurs publics et leur donner des marges de manœuvre accrues dans leur politique de recrutement :

    assouplir le statut pour offrir la possibilité d’évolutions différenciées, notamment des rémunérations, entre les trois fonctions publiques ;

    élargir le recours au contrat de droit privé comme voie « normale » d’accès à certaines fonctions du service public. (…) Tout d’abord, il n’y a pas de spécificité telle du secteur public qui nécessiterait de créer un autre type de contrat à côté du statut. Ensuite, le contrat de droit privé est plus protecteur pour les agents. Enfin, l’État, générateur de normes en matière de droit du travail, doit s’appliquer les mêmes règles qu’il entend définir pour les autres ;

    recourir aux « pré-recrutements » en élargissant le recours aux apprentis (…)

    mettre en place une gestion active de l’emploi en accompagnant à la reconversion professionnelle et en prévoyant le cas échéant des plans de départ volontaire, en cas de restructuration de service ; »

    Pour accentuer cette proposition, les rédacteurs et rédactrices proposent également des modalités de négociation qui ne peuvent qu’évoquer ce qui se fait désormais dans le privé :

    «  donner la possibilité au management de négocier des accords dérogatoires au cadre de la fonction publique, sur l’ensemble des points du statut (rémunération, temps de travail, mobilité …) et de mettre en place des accords sociaux locaux, y compris d’intéressement collectif.

    donner la possibilité au management de recruter, faire évoluer et promouvoir les talents sans autres contraintes préalables que celles de droit commun… »

    En somme, il s’agit de fonctionner comme dans le secteur privé. Et dans ce domaine, l’Etat et ses managers n’ont pas à rougir de la comparaison avec les Ressources Humaines des secteurs privés.

    Les propositions 3 & 4 semblent innocentes, se basant uniquement sur une plus grande intégration du numérique dans les services publics. Pourtant elles ne le sont pas. Dans l’esprit des concepteurs de ce document, le numérique est un prétexte pour rationaliser et concentrer l’activité, tout en réduisant, au final, le contacte entre le service public et son usager.

    « La révolution numérique constitue une rupture majeure pour la transformation de l’action publique car, en l’utilisant à son plein potentiel, on peut sortir de la contradiction apparente entre deux objectifs majeurs : un meilleur service public et une diminution des dépenses de fonctionnement. Le numérique nous permet de remplir conjointement ces deux objectifs et c’est ce qui change, aujourd’hui, par rapport aux exercices précédents de réforme de l’action publique. »

    Le numérique est un moyen d’automatiser le maximum de tâches auparavant l’apanage de fonctionnaires.

    Dans un monde socialiste, cela serait une bonne nouvelle, elle libérerait de tâches fastidieuses des individus qui pourraient se consacrer à des activités autrement plus épanouissantes. Mais dans le monde dans lequel nous sommes, cela ne reste qu’a augmenter la rentabilité, quitte à ce que les fonctions premières d’un service soient impactés. Le suivi post-opératoire par SMS, pour les hôpitaux, fait partie de ces mesures qui peuvent avoir un caractère criminel. La télémédecine et la télésurveillance ne sont que des pis allers. Et quand le système connaît une défaillance ou une spécificité imprévue, les dégâts peuvent être terrifiants.

    Pour économiser, les auteurs proposent également de « développer les lieux d’accueil uniques.

    Il s’agit de mettre en place un seul lieu pour tous les services publics offerts aussi bien par l’État, les collectivités territoriales et les opérateurs, afin que l’usager n’ait plus à se déplacer plusieurs fois. C’est la traduction physique du principe « Dites-le nous une fois » en quelque sorte. Il faut améliorer le maillage territorial actuel, sur le principe d’une grande modularité pour s’adapter aux spécificités des territoires. Le guichet de premier niveau doit pouvoir apporter une assistance pour l’ensemble des services publics. L’axe de développement pour ces structures mutualisées repose principalement sur l’enrichissement du niveau d’information et d’accompagnement des usagers. Cela passe par plusieurs leviers complémentaires : polyvalence des agents, mise en place de référents uniques, utilisation d’agents conversationnels (ou chatbot), y compris sous la forme de robots physiques, pour assurer une partie de l’accueil de premier niveau, sur des plages horaires plus étendues. »

    Remplacer les services par un guichet unique, avec des interlocuteurs robotisés. Cela n’oriente effectivement pas vers une idée d’améliorer les services, autrement que sur le plan comptable.

    Ce premier set de propositions confirme les objectifs de ce rapport : liquider une partie des administrations, remplacées par des agences. Introduction de normes basées sur la rentabilité et l’économie au delà du service rendu, mais également concentration des pouvoirs entre les mains de chefs et de cheffes qui ont la haute main sur les initiatives et sur la masse salariale.

    Le recours aux recrutements de contractuels s’érige également en norme, permettant une gestion différentes des agents, tant individuellement que collectivement. En somme, ce rapport est l’application de la Loi Travail au futur-ex-secteur public. Dans les secteurs qui ont déjà connu ce bouleversement, les résultants ont été désastreux tant au niveau de la qualité du travail que la qualité de vie au travail.

    Après ce cadre général, le rapport débouche sur un certain nombre de propositions concrètes, toutes plus glaçantes les unes que les autres.

  • 1er Mai Déclaration commune de l’UPML et de l’UCL

    1er Mai Déclaration commune de l’UPML et de l’UCL

    Pour un premier mai de lutte de classes, pour un 1er mai de solidarité,

    pour un premier mai révolutionnaire !

    Préface de l’Unité Communiste de Lyon.

    Partout dans le monde, les bourgeoisie, les impérialismes frappent.

    Partout dans le monde, l’exploitation s’accroît.

    Partout dans le monde, la police frappe.

    Partout dans le monde, le sang coule.

    Partout dans le monde, la misère, la famine, le fascisme gagnent du terrain.

    La bourgeoisie est l’ennemie de l’humanité !

    Ceux et celles qui organisent l’exploitation des richesses, l’exploitation des travailleurs et des travailleuses, la ruine de l’environnement, promettent un avenir sombre. Un avenir néfaste pour l’humanité entière.

    Détruire les protections sociales, réduire les salaires, presser jusqu’à la dernière goutte la sueur et le sang de ceux qui produisent toutes les richesses du monde. Voilà le programme des bourgeois et des bourgeoises.

    En concurrences les unes avec les autres, les bourgeoisies et les impérialismes embrigadent les masses pour les dresser les unes contre les autres. Les guerres de repartages menacent.

    Ce n’est pas une fatalité ! Ce n’est pas inéluctable !

    Partout sur le monde, les masses en colère se rebellent.

    Partout dans le monde, elles s’organisent pour lutter, pour combattre.

    Partout dans le monde, le drapeau de la révolution prolétarienne se dresse.

    Partout dans le monde, le spectre du communisme cause la terreur de la bourgeoisie.

    En Asie, en Afrique, aux Amériques, en Europe, en Océanie, partout sur la Terre, les organisations révolutionnaires défilent, aujourd’hui, jour international de la lutte des travailleurs et des travailleuses.

    Contre la terreur du régime d’Erdogan dans l’Etat Turc, contre le fascisme de Duterte aux Philippines, contre les réactionnaires Hindoux en Inde, les drapeaux rouges sont dressés. Contre les régimes réactionnaires partout dans le monde, le drapeaux des organisations révolutionnaires, sous la bannière de l’ICOR, défilent.

    Combattons l’exploitation partout dans le monde ! Combattons contre la bourgeoisie et ses Etats réactionnaires !

    Vive la premier mai de lutte internationale !

    Déclaration commune de l’Unité Communiste de Lyon et de l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste

     

    Le premier mai est la journée internationale de lutte de la classe ouvrière. Il est le jour du combat des travailleuses et des travailleurs du monde entier contre l’oppression organisée par les capitalistes, par la bourgeoisie, par les exploiteurs et les exploiteuses.

    L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste et l’Unité Communiste de Lyon, sont toutes deux membres des Amis de la Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires (ICOR) en France. Nous clamons, d’une seule voix, la nécessité de faire de ce jour une date illustrant la combativité des masses populaires et leur solidarité internationale.

    Dans le monde, les impérialistes poussent à la guerre. Les USA, la France,  le Royaume-Uni, la Russie soufflent sur les braises ! Poussée par la concurrence exacerbée entre puissances impérialistes, celles-ci désirent partager le monde à nouveau. Le camp de la paix existe, mais reste fragile. Les Amis de l’ICOR et l’ICOR contribuent à travailler à le renforcer, à le solidifier, à lui donner corps.

    Dans notre État, la bourgeoisie monopoliste mène une charge, tambour battant, contre les droits des travailleurs et des travailleuses. Le gouvernement de La République en Marche, véritable missile de croisière du patronat, mène frappes sur frappes contre les conquêtes sociales.

    La bourgeoisie mène une stratégie ambitieuse. Son but n’est ni plus ni moins que de reprendre le terrain perdu durant un XXème siècle de lutte. Elle veut tout ; elle veut briser chaque droit :

    • Détruire le Code du Travail, opération dans laquelle les laquais sociaux-démocrates du gouvernement précédent ont ouvert largement la voie. Plus de conventions collectives, plus de lois contraignantes, plus de droit de grève –de facto. Les travailleurs et les travailleuses sont à la merci de leur patron ou de leur patronne.

    • Démanteler les protections sociales. La réforme de l’impôt, préparée par le gouvernement, vise à asphyxier l’intégralité des caisses fonctionnant par cotisation. Le chômage, l’Assurance Maladie, les retraites passent entre les mains de l’État. Désormais, elles sont à sa merci. Pourtant, la ponction repose toujours sur les masses populaires, au travers de la hausse de la CSG, que la bourgeoisie sait contourner par ses experts fiscaux, par ses évasions, par sa triche.

    • Pulvériser le service public. Macron et ses sbires ouvrent des marchés immenses aux investisseurs. Le rail, la santé, l’éducation, l’énergie sont en droite ligne de mire. Cela permet d’offrir de splendides cadeaux à la bourgeoisie, aux frais des masses. Qu’importe si la mort frappe les malades, qu’importe si les prix des transports sont exorbitants… tout est bon pour répondre à la commande de la bourgeoisie. D’autant que casser la reconnaissance des diplômes revient à attaquer en douce le code du travail.

    • Un changement dans le rapport de l’État bourgeois aux masses populaires. La suppression de la taxe d’habitation étrangle les collectivités locales, qui repassent, comme sous De Gaulle, entre les mains de l’État. Une commune se montre insolente ? Les vivres lui sont coupées. De plus, le mode de gouvernement restreint les débats à l’Assemblée, déjà peu démocratiques. Macron, finalement, agit comme un royaliste dans son style de direction.

    • Les lois répressives et les opérations de police sont là pour écraser toute résistance populaire. De manière croissante, les mouvements sociaux connaissent une répression sans bornes. Lorsque la police ne peut intervenir, ce sont les fascistes, qui la remplacent, agissant en toute impunité.

    • L’impérialisme français porte la mort et la guerre partout où ses intérêts sont présents. Bombes sur la Syrie, interventions en Libye, au Mali, en Centrafrique, Afghanistan,… néo-colonialisme en Afrique… Et ceux qui fuient la guerre et la misère sont refoulés, emprisonnés -mineurs comme adultes- ou meurent dans la neige des Alpes, dans les vagues de la mer.

    Le monde d’avant Macron était un monde d’inégalité, un monde d’exploitation. Mais le monde qui s’annonce est glaçant, rétrograde. Nul doute que ce qui attend les masses populaire sera une illustration de la tendance à la paupérisation, tant relative qu’absolue, prédite par Marx.

    Les communistes ont des tâches à remplir. La lutte économique seule ne suffit pas. Les grèves seules ne feront pas plier le gouvernement, et encore moins la bourgeoisie et son pouvoir d’État. Nous ne sommes pas de ceux ou de celles qui défendent des mots d’ordres creux de nationalisations « démocratiques ». La réponse ne saurait être un simple rejet de la politique gouvernementale ou la remise entre les mains de l’État des moyens de production. Non, la réponse est politique.

    Les croyances dans la possibilité d’une alternance politique par la voie des urnes sont des chimères. « Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun », clame l’Internationale. A raison. Les politiciens et les politiciennes bourgeoises sont passées maîtresses dans l’art de tromper les masses populaires. Ils et elles ne voient la misère que comme un moyen d’accéder aux postes, aux sinécures, aux fauteuils du pouvoir.

    Le cadre de la démocratie bourgeoise est un cadre étriqué, trompeur, traître. Nous le rejetons. Pourtant, nous clamons le fait que nous sommes légitimes à représenter une opposition au gouvernement, aux programmes des bourgeois et des bourgeoises. Seulement cette opposition ne peut être que hors des pièges de la bourgeoisie, elle ne peut être qu’extra-parlementaire. La démocratie des masses, des assemblées générales d’usine, de lieu de travail ou d’étude, de lieu de vie ou de lutte. Une démocratie réelle, une démocratie populaire.

    Organisons-nous !

    Reconstruisons le camp du peuple, « celui de la fraternité et de la liberté » !

    Prenons part aux mobilisations des ouvriers, à la défense des services publics, des étudiants, des femmes, des écolos, du personnel aérien, contre tout licenciement…

    Assurons la victoire des cheminots qui mènent une lutte pour les générations à venir.

    Avec l’ICOR, renforçons la coopération des prolétaires à l’échelle internationale contre les capitalistes et les chauvins qui veulent nous dresser les uns contre les autres.

    L’Unité Communiste de Lyon et l’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste veulent contribuer à construire un Parti Révolutionnaire. Un Parti Communiste réel, qui ne soit pas le croupion de la social-démocratie, le paravent de l’abandon. Un Parti, qui organise les exploités et exploitées, les opprimées et opprimés, ceux et celles qui subissent la dictature de la bourgeoisie.

    Nous voulons construire le Parti qui dirigera et qui mènera le prolétariat au pouvoir, par la révolution. Le Parti qui bâtira une société sans classes, ni État. Le Parti qui mettra fin à la misère, à la guerre, à la précarité, à la souffrance. Le Parti qui chassera du pouvoir les ennemis du peuple, qui les chassera de leurs palais, de leurs hôtels particuliers, de leurs forteresses.

    Pour un Parti qui mènera les masses à l’assaut du ciel !

    Le capitalisme a fait son temps – vive le communisme !

  • Osons poser la question de la politique dans la grève !

    Osons poser la question de la politique dans la grève !

    Oser poser la question de la politique dans la grève.

                    L’offensive du patronat bat son plein. La bourgeoisie monopoliste, profitant du champ libre, frappe de toutes ses forces de larges parties de la population, des pans entiers de la société. Santé, chômage, retraites, éducation, SCNF, code du travail… En quelques mois, les exploiteurs et les exploiteuses tentent de reprendre l’équivalent de dizaines d’années de luttes.

                    Pourtant, les masses ne se laissent pas faire. Les syndicats -bien que la CFDT, dont le sens proverbial de la trahison s’illustre de nouveau- appellent à résister, à combattre. Les grèves sont suivies, les manifestations sont denses, les facultés sont bloquées.

                    Cependant, pour le moment, les liens entre les mobilisations demeurent ténus. Les luttes sont parallèles, se regardent mutuellement, se soutiennent mutuellement, mais demeurent des luttes. Elles comptent sur leurs forces séparées, sur leurs capacités de résistance, sur leurs capacités à durer dans le temps. Elles sont des fronts. Souvent, hélas, ces fronts sont battus les uns après les autres, dans le détail. Ils tombent les uns après les autres.

                    L’idée de répondre à ce problème de division ne date absolument pas d’hier. Elle est une thématique récurrente, constante, au travers des forces qui luttent. Il faut dire qu’elle est logique et répond à un besoin reconnu par tous. C’est de ce constat que sort l’idée de convergence des luttes, notamment popularisée par l’organisation trotskiste N.P.A. et par les interventions de son leader, Olivier Besancenot.

    Qu’est ce que la convergence des luttes ?

                    L’idée de la convergence des luttes est définie par Wikipédia de la manière suivante : La convergence des luttes est une démarche syndicale en usage dans le syndicalisme de lutte, mais aussi parfois dans le monde associatif militant, qui tend à faire converger dans un mouvement social commun des luttes différentes mais proches.

                    La convergence des luttes est donc une manière de tenter de faire marcher ensemble différent secteurs, de les coordonner, de les synchroniser. C’est une étape importante dans le fait de constituer un front unique contre la politique gouvernementale, mais il s’agit fondamentalement d’une étape insuffisante.

                    Nous défendons l’idée qu’un comité national de grève puisse émerger et représenter une instance de débat et de coordination des différents secteurs en lutte, que cela permette de concrétiser cette jonction. Mais, surtout, nous défendons le fait qu’il ne suffit pas d’adjoindre les revendications les unes aux autres, comme dans un empilement accidentel. Une unification des luttes, ce n’est pas une addition, c’est une synthèse.

                    La lutte heurte un plafond de verre. Celui du traitement économiste et sectoriel de questions qui dépassent ce cadre. Restant dans l’idée de revendications -légitimes au demeurant- concernant les conditions de travail, celles-ci forment une riposte au coup-par-coup, une contre-offensive limitée.

                    Les syndicats ont leurs limites. Ils sont des outils de défense des droits des travailleurs, et dans ce rôle, sont irremplaçables. Mais la question qui se pose, à l’heure actuelle, n’est plus celle de l’adjonction de revendications nouvelles, mais bien celle de leur synthèse.

                     leur synthèse est politique, elle ne peut être que politique.

                    C’est  là la tâche des communistes, d’apporter cette synthèse politique, laquelle est le fruit d’un travail demandant une réflexion théorique et idéologique préalable.

                     Les réformistes le font d’une manière mensongère, en orientant les voix des ouvriers vers leurs organisations, en surfant sur la colère des masses pour gagner en postes et en sièges.

                    Quant aux trotskistes, un simple coup d’œil sur leur programme politique permet de déterminer la fausseté de leur pratique. Ces programmes « politiques » sont des programmes de syndicats : hausse des salaires, baisse du temps de travail… Au lieu de faire progresser la conscience politique des masses, ces organisations la maintienne en arrière, la rabaisse au niveau le plus platement économiste de la lutte.

                    Dans la bouche des syndicats, parler de hausses de salaires, de réduction de temps de travail, de nationalisations, tout cela est logique et cohérent. Dans celles des organisations politiques, elles sont des reculs et des diversions.

                    Les organisations politiques posent la question en termes politiques, ou se muent en échecs. Lénine écrivait que « hors du pouvoir, tout est illusion. » Or, c’est bel et bien le rôle des organisations politiques d’expliquer, de défendre, l’idée que seule la question du pouvoir est à même de résoudre les problèmes de la société. De défendre que le front uni, le front unique des travailleurs, ne peut que se créer derrière une conception politique -même minimale- commune.

                    La bourgeoisie n’a qu’a attendre. Elle est patiente. Elle peut tenir le choc des grèves et des mouvements, comme l’a fait Thatcher. Tant que le mode opératoire et les mots d’ordre demeurent économistes, rien de mal ne peut se passer. Le pire scénario serait d’avoir une opposition politique sociale-démocrate. Elle serait un marchepied, un paillasson, tout comme l’ont été Mitterrand et Hollande.

                    Une grève générale pourrait faire reculer certaines attaques. Mais l’unité de volonté de la bourgeoisie semble être de fer. La bourgeoisie veut remporter cette bataille centrale, celle du contrat de travail, celle de pouvoir faire travailler les exploités avec un revolver sur la tempe. Même la plus grande des grèves générales demeure défensive. L’offensive est politique. L’offensive se fait derrière l’idée que c’est la conquête des outils du pouvoir qui permet la victoire.

                    C’est pour cela que la bourgeoisie exècre la politisation des luttes. Elle exècre le fait que les masses puissent mettre en doute la légitimité de son pouvoir et de son ordre. La politisation de la lutte et le renforcement des organisations politiques révolutionnaires, des organisations de masse, des fronts, l’avancée de la conscience politique sont tout autant de menaces pour elle.

                    C’est pour cette raison, justement, que les questions politiques doivent être développées.

                    Le mouvement du 5 mai, maladroitement, derrière une ambition opportuniste et électoraliste, pose néanmoins la question de la politique. La France Insoumise, en effet, veut sortir de la lutte économiste, mais bel et bien pour fédérer celles et ceux qui sont en colère dans les rangs de leur organisation, pour que ceux-ci et celles-ci votent Mélenchon et l’acclament comme le tribun de la plèbe qu’il rêve d’être.

                    La question politique est pourtant légitime, tout comme l’est la question du pouvoir. Le gouvernement est un gouvernement au service de la bourgeoisie. L’Etat est l’instrument de cette même bourgeoisie. l’Assemblée Nationale est une chambre d’enregistrement des désirs de cette classe sociale. Les élections n’existent que pour la légitimer.

                    La question politique se pose donc, sous une forme qui est hors des cadres établis, qui est hors des salons, des institutions. Elle est dans le fait de réclamer, pour les masses, une légitimité. Une légitimité politique, basée non pas sur la démocratie bourgeoise, sur les élections organisées par celle-ci, mais sur la démocratie populaire, sur les assemblées de lutte, sur les assemblées générales organisées par les masses populaires. Elle est le fait de réclamer, comme le disait Mao, une fraction du pouvoir réel.

                    L’Unité Communiste de Lyon défend depuis fin 2016 la notion d’opposition extra-parlementaire. Une opposition hors des lieux et des cadres de la bourgeoisie. Une opposition dont le but n’est pas de concurrencer sur son propre terrain les organisations de cette classe, mais bel et bien de se réclamer comme un noyau légitime.

                    Car, la vérité, la voilà : les masses populaires produisent l’intégralité des richesses de la Terre. Les travailleurs, les travailleuses, sont celles et ceux qui sont les forces créatrices du monde. La bourgeoisie les en spolie et les spolie également du pouvoir. Or, ceux et celles qui produisent doivent être ceux et celles qui dirigent !

                    Cette question est cruciale, au final, car elle est ce qui sépare deux conceptions de la lutte. Une vue comme restreinte au cadre bourgeois et parlementaire, comme une prière adressée au gouvernement, aux députés, pour qu’ils et qu’elles abandonnent leurs attaques. L’autre vu comme le fait que la légitimité du pouvoir bourgeois est remise en question, et que l’édification d’un pouvoir populaire est le point central des luttes.

                    Même si une défaite apparaît, elle ne sera pas une réelle défaite si les organisations révolutionnaires ressortent grandies, renforcées, légitimées par leur action dans les luttes. Si le drapeau rouge de la révolution est plus présent, plus fort, si les idées révolutionnaires font leur chemin, alors c’est la bourgeoisie qui aura subit une défaite stratégique.

                    Politisons les luttes ! Dénonçons le pouvoir de la bourgeoisie ! Défendons l’opposition extra-parlementaire !