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  • La plus grande grève de l’histoire.

    La plus grande grève de l’histoire.

    Communique ICOR – 22 janvier 2021.

    Vive la lutte des paysans, des travailleurs et des ouvriers de l’Inde.

    Nous soutenons la protestation permanente des agriculteurs et autres travailleurs indiens. Rassemblés par dizaines de milliers dans le froid de l’hiver, campant en plein air, les agriculteurs s’opposent à trois lois qui ont été adoptées de façon anticonstitutionnelle au Parlement sous l’égide du BJP, le parti au pouvoir qui soutient le fascisme hindouiste.

    Le Covid : un catalyseur.

    Le Covid a mis en évidence la fragilité du système capitaliste mondial. Partout, les gens sont désespérés de trouver du travail et des revenus. Partout dans le monde, des gens meurent, non seulement à cause de la pandémie directement, mais aussi à cause du stress économique causé par les politiques capitalistes en arrière-plan de la pandémie. Les seules personnes qui ont tiré des bénéfices massifs de cette pandémie sont les grandes entreprises.

    Apple, Tesla, Amazon, etc. ont vu leurs actions atteindre des sommets sans précédent alors que le niveau de chômage dans le monde entier a également augmenté. Malgré cela, de nombreux gouvernements considèrent que le seul soulagement pour leur économie est de continuer à mettre en œuvre et à intensifier les politiques capitalistes en accordant des allocations et des concessions massives aux employeurs.

    En Inde également, le gouvernement, sous le couvert du covid, a décidé de réduire davantage les droits des travailleurs, des agriculteurs et des autres travailleurs par diverses politiques. Les quatre codes du travail, les trois lois sur les agriculteurs, la loi sur l’électricité et d’autres lois qui vont encore accroître la détresse économique des masses laborieuses tout en enrichissant les grandes entreprises ne sont pas les moindres.

    Le gouvernement Modi à l’attaque.

    Les codes du travail ont d’abord été introduits au nom de la consolidation d’un nombre important de lois sur le travail. Cependant, en réalité, ils autorisent le « travail à durée déterminée » (alors que, auparavant, les travailleurs avaient droit à la permanence et à la protection contre les licenciements arbitraires, les réductions d’effectifs et les fermetures à l’issue de 240 jours de service continu). Ils autorisent également le règlement individuel des conflits par les travailleurs, en contournant les syndicats, et autorisent les licenciements, les réductions d’effectifs et les fermetures dans tous les établissements de moins de 300 travailleurs (contre 100 auparavant).

    Ils ont rendu les grèves légales impossibles et réduit les protections déjà maigres accordées aux travailleurs contractuels en les limitant aux établissements employant plus de 50 travailleurs contractuels (contre 20 auparavant). En outre, de nombreuses grandes entreprises d’État comme Air India, BPCL (Bharat Petroleum Corporation Ltd), les usines d’ordonnances militaires, de nombreuses banques d’État, etc. sont en cours de privatisation. Tous les syndicats et fédérations centrales se sont opposés à ces mesures et sont en train de lutter contre elles.

    Le même jour de septembre où les quatre codes du travail ont été adoptés, le parti au pouvoir a également adopté trois projets de loi sur les agriculteurs. Ces projets de loi ont supprimé la protection accordée aux agriculteurs (comme le fait que le gouvernement a fixé un « prix de soutien minimum » pour les produits, qu’il n’autorise la commercialisation des produits agricoles que dans les comités de commercialisation des produits agricoles (APMC) où la pesée et le prix sont contrôlés, qu’il n’autorise les contrats de vente de terres agricoles que dans certaines conditions, etc.

    L’argument du gouvernement est que toutes ces mesures ne constituaient que des restrictions au droit de chaque agriculteur de conclure des contrats pour lui-même. En réalité, il s’agit de protections contre l’exploitation des agriculteurs et contre l’esclavage contractuel.

    La paysannerie indienne dans le collimateur.

    Dans un pays comme l’Inde, où les personnes possédant ne serait-ce que 10 hectares ou plus sont considérées comme de riches agriculteurs et où la superficie moyenne des terres détenues est à peine d’un hectare, de telles lois sont désastreuses. En bref, ces lois visent à asservir les agriculteurs aux grandes entreprises autant que les codes du travail visent à asservir les travailleurs. De même, la nouvelle loi sur l’électricité démantèle l’ensemble du système d’électrification protecteur en vigueur en Inde et confie le secteur de l’électricité à des acteurs privés.

    Toutes ces lois sont également clairement anticonstitutionnelles. Par exemple, la structure fédérale de l’Inde exige que les lois sur l’agriculture ne soient adoptées que par les gouvernements des États. En utilisant une faille dans d’autres entrées, le Parlement central cherche maintenant à faire ces lois. De même, l’Inde est signataire des résolutions de l’OIT appelant à une consultation tripartite (travailleurs, employeurs et gouvernement) pour apporter des modifications à certains droits du travail. Ces droits ont clairement été violés. On cherche également à restreindre les droits des États et le gouvernement central cherche à s’approprier tout le pouvoir.

    Dans cette situation, les travailleurs et les agriculteurs ont protesté. Après une série de journées de protestation dans l’atmosphère du Covid-19, dans le respect des restrictions en matière de distanciation sociale, de masques et d’assainissement, le 26 novembre a été marqué par une grève massive dans tout le pays. Les syndicats sont toujours en mode de protestation et ont fait le vœu de se joindre aux protestations des agriculteurs.

    La lutte !

    Mais c’est la protestation des agriculteurs qui a coupé le souffle. Des centaines de milliers d’agriculteurs sont descendus à Delhi depuis diverses régions du pays et ont assiégé la capitale nationale. Ils continuent à venir en bus et en tracteurs et à camper aux frontières de Delhi. De nombreux programmes de protestation sont prévus.

    Le 13 janvier sera la journée de l’incinération des nouvelles lois sur l’agriculture et des codes du travail. Le 16 janvier sera le jour des protestations des minorités dans tout le pays, qui comprendront également des protestations contre la nouvelle loi de 2019 sur la citoyenneté, qui est ouvertement discriminatoire à l’égard des musulmans.

    Le 18 janvier sera une journée de solidarité des femmes avec les agriculteurs qui protestent. Le point culminant sera le 26 janvier, qui sera célébré comme le Jour de la République de l’Inde avec un grand défilé à Delhi et dans les capitales des États. Les paysans ont lancé un appel à défiler à Delhi après le défilé du jour de la République afin d’organiser leur propre défilé au cœur de Delhi. De tels défilés auront également lieu dans toutes les capitales des États.

    En préparation de cette manifestation, des manifestations de protestation auront lieu dans toutes les capitales des États à partir du 23 janvier. Tous les syndicats, à l’exception de ceux qui sont directement contrôlés par le parti au pouvoir, ont appelé à soutenir ces manifestations. Une épreuve de force est en vue. La lutte n’est pas seulement pour les droits des travailleurs et des agriculteurs, mais aussi pour l’essence même de la démocratie et pour préserver les droits des masses populaires indiennes contre les entreprises nationales et internationales en maraude.

    Un seul monde : un seul front !

    Nous appelons toutes les forces démocratiques du monde entier à soutenir ce mouvement. C’est la tâche de toutes ces forces démocratiques dans un monde qui est de plus en plus en proie au fascisme encouragé par l’impérialisme. Nous souhaitons le plus grand succès à la lutte des travailleurs et des agriculteurs de l’Inde.


    Pour le travail, la terre, la liberté, la démocratie et le socialisme !



    Signataires (à partir du 22 janvier 2021, autres signataires possibles) :

    1. PCPCI Parti Communiste Prolétarien de Côte d’Ivoire (Proletarian Communist Party of Ivory Coast)
    2. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo
    3. UPC-Manidem Union des Populations du Cameroun – Manifeste National pour l’Instauration de la Démocratie
    4. Parti communiste du Kenya (CPK)
    5. MMLPL Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine
    6. CPSA (ML) Parti communiste d’Afrique du Sud (marxiste-léniniste)
    7. PCT Parti Comuniste du Togo
    8. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie
    9. MLOA Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan
    10. Parti communiste du Bangladesh (CPB)
    11. CPI (ML) Red Star Parti communiste de l’Inde (marxiste-léniniste) Red Star
    12. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal
    13. NDMLP Parti marxiste-léniniste néo-démocrate, Sri Lanka
    14. CPA/ML Parti communiste d’Australie (marxiste-léniniste)
    15. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    16. PR-ByH Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie-Herzégovine)
    17. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    18. UC Unité Communiste, France
    19. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France
    20. BP (NK-T) Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchevique (Kurdistan du Nord-Turquie))
    21. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation communiste du Luxembourg)
    22. RM Rode Morgen (Red Dawn), Pays-Bas
    23. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    24. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    25. KSC-CSSP Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti des travailleurs tchécoslovaques), République tchèque
    26. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti communiste léniniste marxiste Turquie / Kurdistan)
    27. KSRD Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement de la classe ouvrière), Ukraine
    28. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)
    29. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste paraguayen (indépendant))
    30. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc Démocratique Populaire), Pérou
    31. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République dominicaine
    32. PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti communiste révolutionnaire de l’Uruguay)


  • Se fédérer – appel unitaire.

    Se fédérer – appel unitaire.

    L’Unité Communiste de Lyon s’est portée signataire de cet appel. Nous considérons qu’il va dans le bon sens et qu’il est important de l’appuyer. Nous voulons mener une politique unitaire cohérente : les enjeux sont trop importants pour se contenter de ce que nous avons fait par le passé. Tout comme nous sommes signataires du Front International Antifasciste, nous le sommes de cet appel à se fédérer.

    Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux : nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps. Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées. Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance. Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements. Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer. Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence de verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale. Si « nous sommes en guerre », c’est bien en guerre sociale. D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es. Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques. Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements. Ce qui est « extrême », ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage. Ce qui est « extrême », c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

    Nous n’avons plus peur des mots pour désigner la réalité de ce qui opprime nos sociétés. Pendant des décennies, « capitalisme » était devenu un mot tabou, renvoyé à une injonction sans alternative, aussi évident que l’air respiré – un air lui-même de plus en plus infecté. Nous mesurons désormais que le capitalocène est bien une ère, destructrice et mortifère, une ère d’atteintes mortelles faites à la Terre et au vivant. L’enjeu ne se loge pas seulement dans un néolibéralisme qu’il faudrait combattre tout en revenant à un capitalisme plus « acceptable », « vert », « social » ou « réformé ». Féroce, le capitalisme ne peut pas être maîtrisé, amendé ou bonifié. Tel un vampire ou un trou noir, il peut tout aspirer. Il n’a pas de morale ; il ne connaît que l’égoïsme et l’autorité ; il n’a pas d’autre principe que celui du profit. Cette logique dévoratrice est cynique et meurtrière, comme l’est tout productivisme effréné. Se fédérer, c’est répondre à cette logique par le collectif, en faire la démonstration par le nombre et assumer une opposition au capitalisme, sans imaginer un seul instant qu’on pourrait passer avec lui des compromis.

    Mais nous ne sommes pas seulement, et pas d’abord, des « anti ». Si nous n’avons pas de projet clé en mains, nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à théoriser, penser mais aussi pratiquer des alternatives crédibles et tangibles pour des vies humaines. Nous avons besoin de les mettre en commun. C’est là d’ailleurs ce qui unit ces expériences et ces espérances : les biens communs fondés non sur la possession mais sur l’usage, la justice sociale et l’égale dignité. Les communs sont des ressources et des biens, des actions collectives et des formes de vie. Ils permettent d’aspirer à une vie bonne, en changeant les critères de référence : non plus le marché mais le partage, non plus la concurrence mais la solidarité, non plus la compétition mais le commun. Ces propositions sont solides. Elles offrent de concevoir un monde différent, débarrassé de la course au profit, du temps rentable et des rapports marchands. Il est plus que jamais nécessaire et précieux de les partager, les discuter et les diffuser.

    Nous savons encore que cela ne suffira pas : nous avons conscience que la puissance du capital ne laissera jamais s’organiser paisiblement une force collective qui lui est contraire. Nous connaissons la nécessité de l’affrontement. Il est d’autant plus impérieux de nous organiser, de tisser des liens et des solidarités tout aussi bien locales qu’internationales, et de faire de l’auto-organisation comme de l’autonomie de nos actions un principe actif, une patiente et tenace collecte de forces. Cela suppose de populariser toutes les formes de démocratie vraie : brigades de solidarité telles qu’elles se sont multipliées dans les quartiers populaires, assemblées, coopératives intégrales, comités d’action et de décision sur nos lieux de travail et de vie, zones à défendre, communes libres et communaux, communautés critiques, socialisation des moyens de production, des services et des biens… Aujourd’hui les personnels soignants appellent à un mouvement populaire. La perspective est aussi puissante qu’élémentaire : celles et ceux qui travaillent quotidiennement à soigner sont les mieux à même d’établir, avec les collectifs d’usagers et les malades, les besoins quant à la santé publique, sans les managers et experts autoproclamés. L’idée est généralisable. Nous avons légitimité et capacité à décider de nos vies – à décider de ce dont nous avons besoin : l’auto-organisation comme manière de prendre nos affaires en mains. Et la fédération comme contre-pouvoir.

    Nous n’avons pas le fétichisme du passé. Mais nous nous souvenons de ce qu’étaient les Fédérés, celles et ceux qui ont voulu, vraiment, changer la vie, lui donner sens et force sous la Commune de Paris. Leurs mouvements, leurs cultures, leurs convictions étaient divers, républicains, marxistes, libertaires et parfois tout cela à la fois. Mais leur courage était le même – et leur « salut commun ». Comme elles et comme eux, nous avons des divergences. Mais comme elles et comme eux, face à l’urgence et à sa gravité, nous pouvons les dépasser, ne pas reconduire d’éternels clivages et faire commune. Une coopérative d’élaborations, d’initiatives et d’actions donnerait plus de puissance à nos pratiques mises en partage. Coordination informelle ou force structurée ? Ce sera à nous d’en décider. Face au discours dominant, aussi insidieux que tentaculaire, nous avons besoin de nous allier, sinon pour le faire taire, du moins pour le contrer. Besoin de nous fédérer pour mettre en pratique une alternative concrète et qui donne à espérer.

    Dès que nous aurons rassemblé de premières forces, nous organiserons une rencontre dont nous déciderons évidemment ensemble les modalités.

    Pour rejoindre cet appel : appelsefederer@riseup.net

    Premières et premiers signataires :

    Nicole Abravanel, Étienne Adam, Christophe Aguiton, Omar Aktouf, Dominique Alcalde, Jean-Claude Amara, Franck Antoine, Sonia Anton, Emmanuel Arvois, Jacky Assoun, Claude Bailblé, Bernard Baissat, Benjamin Ball, Philippe Banka, Ludivine Bantigny, Philippe Barre, Christophe Baticle, Franc Bardou, Stefan Bekier, Gilbert Belgrano, Olivier Belmontant, Cecilia Benevides, Rémi Bénos, Judith Bernard, Alain Bertho, Jacques Bidet, Stéphane Bikialo, Philippe Blanchet, Evelyne Bleu, Françoise Bloch, Christophe Boëte, Pascal Boissel, Françoise Boman, Thierry Borderie, Mathieu Borie, Benoit Borrits, Bernard Bosc, Stephen Bouquin, Aïcha Bourad, Leila Bourad, Driss Boussaoud, Jacques Boutault, Sarah Boyé, François Brun, Pascal Buresi, Noëlle Burgi-Golub, Laurent Bussière Saint-André, Marie-Claire Cailletaud, Claude Calame, Cécile Canut, Pépita Car, Jean-Pierre Castex, Jean-Noël Castorio, Aurélien Catin, Marc Cefallo, Christian Celdran, Dominique Cellier, Jean-Marc Cerino, Frédéric Certain, Maureen Chappuit, Bernard Charlot, Luc Chelly, Nara Cladera, Charlotte Cléro, Yves Cohen, Gérald Collas, Marie-Agnès Combesque, Jean-Louis Comolli, Léon Crémieux, Marcel Cunin, Laurence D., Alain Damasio, Hugues Débotte, Laurence De Cock, Eric Decamps, Stéphanie Dechezelles, Hervé Defalvard, Christian Delacroix, Frédéric Delarue, Jean-René Delépine, Jean-Étienne Delerue, Christine Delphy, Bruno Della Suda, Christian de Montlibert, Robert Descimon, Catherine Deston-Bottin, Rom Desh, Sophie Desrosiers, Michel Defalvard, Serge D’Ignazio, Paul Dirkx, Joss Dray, Marnix Dressen-Vagne, Jean-François Dubost, Frédéric Dufaux, Jean-Michel Dufays, Anne Dufresne, Stéphane Elmadjian, Jean-Paul Engélibert, Didier Epsztajn, Annie Ernaux, Kévin Espinas,  Jean-Claude Eyraud, Laurent Eyraud-Chaume, Guillaume Faburel, Patrick Farbiaz, Dimitris Fasfalis, Jean Fauché, Daniel Faugeron, Pascale Fautrier, Mathieu Ferradou, Alexandre Ferran, Mathieu Fernandez, Renaud Fiévet, Yann Fiévet, Sylviane Finucci, Marianne Fischman, Fabrice Flipo, Jeremie Foa, Bernard Friot, Karën Fort, Fanny Gallot, Alain Gallucci, Edith Galy, Florent Gaudez, Franck Gaudichaud, Bertrand Geay, Julie Gervais, Jean-Pierre Gesbert, Denis Gheerbrant,  Guy Giani, Pascale Gillot, Pierre-Eliel Girard, Julien Gonthier, Renée Gramaize, Christophe Granger, Lena Grigoriadou, Elie Haddad, Jean-Marie Harribey, Benoît Hazard, Odile Hélier, Leila Hicheri, Thomas Hippler, Maryvonne Holzem, Thierry Huve, Mathias Isimat-Mirin, Magali Jacquemin, Nicole Jacques-Lefèvre, Bruno Jacquin, Sylvain Jay, Samy Johsua, Anne Jollet, Claudine Katz, Jacques Kebadian, Marjorie Keters, Pierre Khalfa, Mohamed Khenniche, Jean-Luc Kop, Isabelle Krzywkowski, Anne Kubler, Marc Lacreuse, L’1consoloable, Francis Landron, Patrick Lao, Mathilde Larrère, Sylvie Larue, Ginette Lavigne, Stéphane Lavignotte,  Pascal Le Brun, Michelle Lecolle, Sylvie Le Cocq, Hervé Le Crosnier, Dominique Lefèvre, Corinne Le Fustec, Bernard Lemann, Christophe Lemasson, Romain Le Meur, Alain Lenud, Yann Leredde, Benoît Leroux, Michel Letté, Pascal Liberatore, Wenceslas Lizé, Olivier Long, Camille Louis, Michael Lowy, Fanny Madeline, Christian Mahieux, Chowra Makaremi, Pascal Maillard, Jean Malifaud, Jean-Claude Mamet, Françoise Maquin, Rémi Marie, Philippe Marlière, Killian Martin, Gilles Martinet, Gustave Massiah, Christian Maurel, Laurence Maurel, Julie Maurice, Éliane Meillier, Véronique Melchior, Irène Menahem, Rémi Merindol, Denis Merklen, Henri Mermé, Isabelle Mestre, Valérie Mettais, Stéphane Michot, Noufissa Mikou, Sylvain Milanesi, Jacques Millet, Sylvie  Monchatre, Ana Doldan Montiel, Bénédicte Monville De Secco, José-Luis Moraguès, Corinne Morel-Darleux, Marc Moreigne,  Mikael Motelica-Heino, Séverin Muller, Alain Munier, Philippe Nabonnand, Claire Nancy, Corinne Nativel, Joël Nayet, Toni Negri,  Olivier Neveux, Jean Noviel, Pierre Odin, Bertrand Ogilvie, Denis Orcel, Cléo Pace, Luca Paltrinieri, Dominique Paturel, Frédéric Paschal, Dolores Pazos, Willy Pelletier, Irène Pereira, Évelyne Perrin, Anita Perez, Elsa Peyronne, Nicole Phelouzat, Olivier Piazza, Stéphane Pichelin, Alexandre Pierrepont, Francky Poiriez, Raphael Porteilla, Emmanuelle Posse, Antoine Poulain, Paul Poulain, Claude Pourcher, Stéfanie Prezioso, Pierre Prim, Claudio Pulgar-Pinaud, Isabelle Quaglia, Yves Quintal, Makan Rafatjou,Marie  Rama-Menahem, Nelly Rintaud, Daniel Rome, Patrick Rossignol, Marc Roudet, Benoît Rougelot, Théo Roumier, Pierre Rousset, Gilles Sabatier, Isabelle Saint-Saëns, Maria Eleonora Sanna, Gaëlle Santin, Pierre Sauve, Hélène Schneider, Michel Seigneuret, Pinar Selek, Marie Sellier, Alexandre Siguier, Patrick Silberstein, Alessandro Stella, Benjamin, Tauziac, François Ternynck, Jacques Testart, Edwige Thaille, Fanny Thomas, Sylvie Thomas, Lucky Tiphaine,  Vincent Touchaleaume,  Véronique Tribouilloy, Julien Troccaz, François Tronche, Marc Tzwangue, Sixtine van Outryve, Patrick Vassallo, Sarah Vaucelle, Françoise Vergès, Francis Verne, Frédéric Verhaegen, Julien Vigouroux, PierrVila, Bastien Villeflayoux, Pascal Vitte, Elise Voguet, Nicolas Voisin, Christiane Vollaire, Sophie Wauquier, Louis Weber, Roger Winterhalter, Béa Whitaker, Sylvie Wolf, Catherine Wolff, Carole Yerochewski, Isabelle Yhuel, Pierre Zarka, Olivia Zemor, Jeanne Zoundjihekpon, Élisabeth Zucker 

    Aggiornamento histoire-géo, ACU (Association des communistes unitaires), Association De(s)générations, CAPJPO-Europalestine, Cerises la coopérative, Changer de Cap, Collectif Droit à la Belle Ville, Collect’IF paille, Émancipation collective, Fédération des syndicats SUD-Rail, Gilets jaunes enseignement recherche, Gilets jaunes de Plaine Commune, Jardins Communs, Jarez Solidarités, La Suite du monde, Le Paria, On prend les champs, PEPS (Pour une écologie populaire et sociale), Questions de classe(s), Réseau pour l’Autogestion, les Alternatives, l’Altermondialisme, l’Ecologie, le Féminisme, Union syndicale Solidaires, Union syndicale SUD Industrie, Unité Communiste de Lyon

  • Cortège de tête et autonomie prolétarienne.

    Cortège de tête et autonomie prolétarienne.

    Nous sommes très attachés à l’autonomie prolétarienne. C’est-à-dire l’autonomie vis-à-vis de la bourgeoisie, de ses institutions, de ses relais politiques. Cette autonomie est souvent traduite en « compter sur ses propres forces », ne pas dépendre du bon vouloir des autorités et de leurs décisions pour l’activité et l’expression politique.

    La dépendance organisationnelle, politique, mais aussi technique ou financière est un une chaîne qui, fort souvent, contraint un grand nombre d’organisations à des concessions ou à des compromis. Tendanciellement, elles assujettissent les organisations et leurs membres, et brisent la possibilité de développer un ordre du jour indépendant. La bourgeoisie le sait, et elle achète régulièrement ses opposants. Une subvention contre une concession, un poste contre un silence, un local contre un vote… Ces « balles sucrées » sont des balles réelles. Elles tuent les organisations, car « on ne mord pas la main qui nous nourrit. »

    Cette autonomie prolétarienne n’empêche pas le travail unitaire, y compris sur des questions démocratiques, avec des organisations bourgeoises. Mais il consiste à ne jamais leur laisser la direction politique des fronts et à toujours chercher à faire triompher les lignes les plus révolutionnaires et les plus conformes aux intérêts objectifs du prolétariat, tout en tenant compte de leur état d’esprit subjectif.

    Le mouvement anarchiste autonome à repris certains éléments justes de ces conceptions. Il a repris également des éléments issus du maoïsme, telle que les zones libérées ou des tactiques de la guérilla. Mais il a fait d’éléments tactiques des fétiches stratégiques. Les zones libérées, temporaires, bases d’appui, ont été transformées en ZAD, possessions stratégiques, tandis que la tactique de la guérilla est devenu le moyen d’action principal. Le postulat de départ étant que toute manifestation, sous les bonnes conditions, peut devenir une insurrection révolutionnaire. Ce lyssenkoïsme manifestant se base sur des conceptions fausses. Quand bien même la police serait bousculée, chassée, cela n’en serait pas pour autant la révolution. Elle demande d’autres préalables qu’une simple victoire tactique. La possibilité notamment de pouvoir démolir exercer la réalité du pouvoir. Nous pensons que c’est pour réussir à réaliser ces tâches que nous avons besoin d’une organisation, qui est le Parti Communiste Révolutionnaire. Organisation dont la construction est notre préoccupation principale.

    Ces groupes cristallisent parfois des critiques acerbes. Une partie se justifie, mais certaines méritent d’être écartées. Il existe, pour une part de ceux qui pratiquent l’action dite autonome, une tendance à agir de manière parasitaire par rapport aux mouvements. Cela passe par le faire de transgresser de manière constante et consciente le consentement des manifestants et des manifestantes, en les considérant uniquement comme des protections, ou comme de la chair à canon. Cette pratique est justifiée par des procédés rhétoriques plus ou moins nauséabonds, avec un mépris plus ou moins constant pour les espaces de prise de décision démocratiques. Cette tendance existe, c’est un fait avéré, mais reste extrêmement minoritaire. De plus, la création du « cortège de tête » en a neutralisé les aspects les plus néfastes, en structurant les manifestations en fonction du degré d’acceptation de la violence de la part de ses participants et participantes.

    Le cortège de tête a été une nouveauté apparue à partir de 2016. Alors que, par le passé, les affrontements étaient en queue de cortège, ils se sont déplacés en avant de celui-ci. Alors qu’ils étaient l’apanage de petits groupes, opérant le plus souvent en marge, ces cortèges sont devenu des points de ralliement. En stratifiant les cortèges en fonction de l’acceptation de la violence, ils permettent, in fine, que chacun trouve son compte. Ceux qui sont dedans acceptent tacitement de participer de manière active ou passive aux affrontements avec la police. Il n’est pas possible de faire semblant d’ignorer ce fait.

    La mise en place des cortèges de tête s’est régulièrement heurtée au problème, qui peut paraître secondaire, mais qui est en réalité hautement symbolique, de « qui est devant ». Par le passé, c’était traditionnellement les cadres dirigeants des organisations qui tenaient la banderole de tête. Ces organisations représentaient les lignes les plus droitières, l’aristocratie ouvrière et la bureaucratie syndicale ou politique. Cela se ressentait particulièrement à Paris, où se trouve concentré une grande partie des cadres supérieurs. La permutation, parfois conflictuelle, a renouvelé l’aspect des manifestations.

    Les médias font les choux gras sur la violence des manifestations. Mais, s’ils ne vomissaient pas leur haine sur celle-ci, ils les ignoreraient et ne parleraient que de ceux qui « sont pris en otage », par les grèves. Dans un cas comme dans l’autre, leur but est de saper le mouvement social.

    Les dégradations découragent les gens de venir en manifestation. Cet argument est partiellement vrai. Mais le plus souvent, ce qui décourage n’est pas le fait d’avoir quelques vitrines cassées. C’est la forme que prend la répression policière, arbitraire, aléatoire et brutale. Ce qui effraie, c’est principalement le risque policier. Risque de prendre une grenade de désencerclement dans le visage, un tir dans l’œil, de perdre une main, ou d’être interpellé sans raison, sachant que les preuves se trouvent a posteriori. Dans le pire des cas, le duo outrage / rébellion suffit. En dernière instance, c’est le mode de réponse par l’État, spécifiquement choisi pour effrayer, qui est en cause.

    L’apparition et la massification de ces cortèges n’est pas uniquement du fait du mouvement autonome ou de franges minoritaires. Elle est révélatrice tant d’une radicalisation diffuse dans l’ensemble de la société que du fait que les cadres habituels ne paraissent plus adapté. Le cortège classique, la manifestation traditionnelle, sont vécus comme des confrontations trop timorées avec l’autorité et avec les exploiteurs.

    Non pas que les syndicats ou les organisations de masse de la classe ouvrière et des travailleurs et travailleuses soient inadaptées en tant que tels. Leur travail est irremplaçable. Cependant, il existe des limites à celui-ci. Dans le fond, il existe un sentiment général qui se traduit par le fait qu’il n’y a pas de prise et de droit de regard sur les négociations entre les « partenaires sociaux », que celles-ci se font sans que la base des syndicats, mais plus largement que les travailleurs et travailleuses dans leur ensemble ne sont pas consultés.

    De plus, les syndicats ont une estimation du gain qu’ils peuvent obtenir dans la négociation et de ce qui n’est pas possible d’obtenir. Ne rien obtenir est vu comme une défaite intolérable, mais l’obtention de demi-mesures n’est pas plus perçu comme une victoire. Cela entretient un mauvais esprit et un taux de syndicalisation bas, qui pèse à son tour dans les capacités à négocier, entraînant une spirale descendante.

    Le fait est que les syndicats ont aussi atteint certaines limites. Outils tactiques, ils ne peuvent obtenir que des victoires tactiques. Celle-ci se limite le plus souvent à une politique du moindre mal, du « toujours ça de gagné », qui finit par rogner lentement mais sûrement les droits sociaux. Ils ne sont pas conçus pour obtenir la « rupture de front » qui permet d’arracher de nouvelle victoire ou de remettre en cause le système politique en tant que tel. Cela est du ressort des organisations politiques et plus précisément des partis. Or, ceux qui existent ne le font pas, ceux qui pourraient le faire n’existent pas.

    C’est aussi ce vide stratégique qui créé l’apparition de solutions de moyen-terme comme le « cortège de tête. »

    Aux yeux des masses, il existe un certain consensus autour du fait que la grève et que la manifestation n’est pas écoutée par ceux qui possèdent le pouvoir politique et qu’il s’agit d’un outil dont la portée est trop limitée. Comme l’outil manque, ce sont d’autres formes d’expression qui prennent le relais, comme le fait de rechercher la destruction de symboles du capitalisme, ou d’affronter les forces de l’ordre. Cette forme de radicalité reste superficielle, dans le sens où elle ne vise pas le renversement du pouvoir et sa prise. Mais elle est néanmoins un début.

    Ce consensus est largement partagé, il a fait souche. Des militantes et militants CGT tout comme les Gilets Jaunes l’ont fait leur.

    Dans le fond, nous ne voyons pas tellement de contradiction entre les différentes manières de concevoir les manifestations, dans la mesure où leur existence et leur action d’entrave pas celle des autres. De ce point de vue là, cela demande des moyens des discussions et de coordination. Cette coordination doit faire fi d’un problème récurent, c’est le rapport, pour le coup, assez viriliste à la violence et à l’affrontement. C’est-à-dire que certains (surtout certains, bien plus que certaines), ont tendance, parce qu’ayant peur de participer aux affrontements (ce qui peut se comprendre parfaitement) à condamner celles-ci et à condamner le cortège de tête, car il les renvoie à leur propre peur. Cela peut se mêler à un double discours, en façade appelant sans cesse à l’émeute, et, dans la pratique, étant terrifiés. Nous ne pensons pas que cela doive être reçu comme argument pour condamner l’ensemble. Nous devons dépasser cela et nos querelles d’égo. Nous jouons tous un rôle dans la lutte sociale, et chacun de nous, dans une certaine mesure, est une pièce dans le puzzle de la lutte des classes.

    Nous ne pensons pas que le fait de casser une vitrine de banque ne soit une perte pour elle, ni réellement un électrochoc pour les consciences de ceux et celles qui observent la scène. Nous pensons que cette energie peut trouver d’autres débouchés. En revanche, nous nous refusons à hurler avec la meute pour exiger la condamnation de l’acte ou de ses auteurs.

    Nous-mêmes ne condamnons pas les « violences » et les « dégradations ». Cela nous paraît très secondaire. Nous n’appelons pas à en commettre, mais nous considérons comme injustifiable de nous faire des auxiliaires de police. Nous rappelons que la violence première est le fait de l’exploiteur, et que celui-ci définit également le degré de violence des mouvements sociaux.

    Dans ces affrontements, la police s’est démasquée, tout comme l’État en général. Celui-ci, par le fait d’avoir mis en place une politique forcenée de répression, mais également en niant totalement contre toutes les évidences l’existence des violences policières, a montré sa nature réelle. De ce point de vue là, la violence des manifestations a contribué à faire accoucher les consciences et à briser le consensus réformiste.

    Cette remise en cause de la légitimité des institutions et du régime, notamment dans le mouvement des Gilets Jaunes, débouche sur la réalisation d’une certaine forme d’opposition extra-parlementaire. Dans celle-ci, le mouvement autonome a également joué un rôle, avec des hauts et des bas, parfois positif marqué par l’esprit d’action et de décision, parfois moins, marqué par une impatience et un sectarisme gauchiste.

    Mais, dans l’ensemble, si nous devons tirer un bilan contrasté, nous ne pouvons que constater que, à choisir entre les positions réformistes, politiciennes, et les positions gauchistes et aventuristes, nous nous méfions bien davantage des premières. L’une est celle d’ennemis qui peuvent être parfois des partenaires, l’autre est celle d’amis qui commettent des erreurs. Si, tactiquement, il est arrivé que les choses se passent très mal, cela ne contredit pas cette position.

    Quoi qu’il en soit, même dans l’erreur, nous mettons en avant le fait que la solidarité est fondamentale, y compris vis-à-vis de camarades avec lesquels les relations peuvent être tendues. L’existence d’un réseau de solidarité, de protection, autour des uns (et unes) et des autres est un élément fondamental pour permettre de ne pas être balayés.

    Nous pensons, quant à nous, que les différents modes d’expression se confortent les uns les autres. Qu’ils ont tout intérêt à se fondre et à se coordonner. Nous pensons, en outre, que la question de la forme des manifestations est étroitement liée au contexte. Parfois, une manifestation agitée peut être contre-productif, parfois cela peut être extrêmement utile.

    Nous pensons, en outre, que la radicalité est avant tout sur le fond de l’affaire : c’est-à-dire sur la capacité à trouver les moyens de rallier, de rassembler, d’organiser, dans le but de pouvoir faire tomber le pouvoir répressif de la bourgeoisie et de pouvoir construire celui du prolétariat.

    Nous pensons que c’est le renforcement de l’influence des idées communistes-révolutionnaires dans la société, dans le prolétariat, mais également auprès de la petite bourgeoisie radicale, qui permet de trouver une manière de résoudre positivement, dans une esprit de synthèse, la contradiction entre le « cortège » et le « cortège de tête ».

    Étant donné la situation sociale et politique, cette question prend une importance vitale. Vitale aussi, celle de la création d’une alliance des révolutionnaires, permettant la coordination, le renforcement mutuel, et la défense mutuelle. Nous continuons à placer très en avant cette question, et nous pensons que tout communiste ou tout révolutionnaire conséquent se doit d’en faire de même.

  • La lutte continue !

    La lutte continue !

    Aujourd’hui, nous étions plus de 20 000 à Lyon, à défiler contre les attaques du gouvernement. En France, nous étions 800 000. Cette journée est un succès pour tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la dictature de la grande bourgeoisie.

    A Lyon, nous avons défilé, derrière la banderole unitaire « bannière de la Révolution, bannière de la victoire. » Aux côtés de l’Union Communiste Libertaire, de la Jeune Garde, des Jeunes Révolutionnaires et de Éco Défense, nous avons avancé d’un même pas. Nous saluons tous ceux et toutes celles, organisé·e·s ou non, qui se sont joint à ce cortège. De même nous saluons tous ceux et celles qui ont défilé en ce jour, ici ou ailleurs !

    Nous voyons l’apparition d’un cortège réunissant – et ayant vocation à réunir encore plus largement – ceux qui rejettent la dictature de la bourgeoisie et qui rejettent les illusions du réformisme. Nous ne partageons pas toujours la même analyse, mais nous faisons partie du même camp : celui du peuple, celui du prolétariat, celui de la révolution et de la mise à terre de ce régime d’oppression.

    Si la manifestation est un succès, la violence policière a été, une nouvelle fois au rendez-vous. La police a chargé à plusieurs reprises, gazant, matraquant, grenadant, blessant et mutilant. Cela dans l’unique but de défendre la propriété et l’ordre bourgeois.

    Police dont les privilèges ont été confirmés par le gouvernement, pour en acheter la fidélité et la soumission. Cela ne l’empêche pas, elle aussi, d’être sur le chemin d’une certaine privatisation, dans l’application des théories de l’État-marché.

    Nous rappelons, à ce titre, notre attachement à la solidarité envers ceux et celles qui, dans le camp populaire ou progressiste, subissent les foudres des forces de répression de la bourgeoisie. Nous ne partageons pas toujours les modes d’action des un·e·s et des autres, mais nous plaçons au-dessus le principe de solidarité. Nous ne considérons pas qu’il soit de notre devoir de « condamner » quoique ce soit.

    La lutte continue et continuera. Chaque journée d’action, chaque débat, chaque assemblée générale, chaque piquet de grève est le lieu d’une effervescence démocratique. Les illusions de la démocratie bourgeoise tombent les unes après les autres.

    Tous voient quelle mascarade est la Ve République, faite pour et par la grande bourgeoisie. Nous voyons que l’État n’est administré que dans les intérêts d’une seule classe !

    Ensemble, intensifions les initiatives de lutte !

    Ensemble construisons les lieux de notre démocratie.

    Ensemble construisons l’outil de la victoire : un parti du peuple, un parti de la révolution !

  • Le 5 décembre. Et Après ?

    Le 5 décembre. Et Après ?

    La grève du 5 décembre était attendue largement. Elle est une mobilisation qui a été extrêmement suivie. Plus d’un million de personnes ont défilé en France, dont plus de 35 000 à Lyon, ville qui, pourtant, mobilise généralement peu. Nous espérons désormais qu’elle pourra déboucher sur une lutte de plus longue durée. Les premiers échos à ce sujet laissent supposer que cette possibilité existe et qu’elle est en train d’être sérieusement étudiée par les assemblées diverses et par l’intersyndicale.

    A Lyon, nous avons défilé aux côtés des Jeunes Révolutionnaires et d’Eco Défense ainsi que de Youth for climate. Nous considérons que cette politique d’unité est importante au niveau local, dans la mesure ou nous souhaitons voir émerger une coordination et une concertation entre les organisations combatives, progressistes, révolutionnaires et communistes. Nous y avons diffusé notamment le tract rédigé en commun avec notre organisation sœur UPML.

    Cette manifestation révèle un grand esprit combatif. Esprit qui ne s’est pas épuisé après un an de Gilets Jaunes, au contraire ! Cette journée d’action ne peut être vue que comme un premier succès.

    Une grande partie de ceux qui se sont mobilisés attendent de voir comment le gouvernement réagira à la journée d’aujourd’hui. Pour le moment, les déclarations laissent entendre qu’il n’a pas l’intention de dévier dans son œuvre de destruction des conquêtes sociales. Le texte, qui sera présenté en milieu de semaine prochaine, ne sera probablement pas modifié, ou uniquement en suivant des lignes de fracture clivantes, dans le but de fragmenter le mouvement de lutte. Cette manœuvre, qui avait déjà permis a la CFDT de se placer en ennemie de la lutte, a, pour l’instant, échoué. La base de la CFDT a plutôt eu tendance à désavouer la direction.

    En revanche, il est il est important, de ce point de vue là, de regarder avec objectivité le rapport de force, tant syndical que politique. Quelles sont les chances de succès de ce mouvement ?

    Si cette réforme existe, c’est que la bourgeoisie compte en tirer profit.

    En dépit de l’image de clique d’eborgneur, d’arracheurs de main et de corrompus qu’il peut donner au premier abord, le gouvernement n’agit pas, dans ce dossier, par sadisme. Il agit parce que son action correspond à des intérêts savamment calculés : ceux de la grande bourgeoisie. Comme c’est principalement elle qui détermine les enjeux du combat à venir (enjeux offensifs, entendons-nous!), c’est également elle qui sonne les offensives ou les replis.

    Sur le dossier des retraites, il n’est absolument pas garanti que le gouvernement puisse « lâcher » quoique ce soit, ni même renoncer à sa réforme et à ses autres projets. Car derrière la réforme des retraites, il existe un immense butin : celui des retraites complémentaires, des fonds de pension. Un point d’indice trop faible, c’est l’assurance de la misère pour les uns, et l’assurance d’achats de produits financiers censés la compenser pour les autres. Tuer les retraites, c’est de l’argent.

    En réduisant la part du salaire indirect, c’est également, pour la bourgeoisie, faire en sorte de s’assurer que la consommation augmente. L’hérésie du système par cotisation est qu’il n’est pas injecté directement dans le marché. Plus de salaire direct, c’est la possibilité d’augmenter la masse monétaire en circulation, les prix, la croissance, le PIB…

    C’est également un des buts de la Cotisation Sociale Généralisée. En taxant les comptes en banque, il incite à ne pas épargner, mais à dépenser ou à investir (pour ceux qui en ont les moyens), encore du PIB en plus.

    Ces objectifs sont importants, et forment la quasi-assurance d’une manne financière énorme. Elle est à portée de main, elle ne demande qu’à être saisie. Face à cela, quelques jours de pertes financières, dans un blocage de l’économie, peuvent-ils peser suffisamment ?

    Si le gouvernement était dans une logique de réélection et du fait de conserver une base de sympathie, il pourrait chercher un moyen terme. Mais il est le missile à tête chercheuse de la bourgeoisie, servant une fois, cherchant à causer le maximum de dégâts. La retraite et l’avenir de ses agents est assuré dans tous les cas. Cela pose la question de la cohérence du camp des « marcheurs », appuyés par la droite LR.

    Dans l’optique d’une grève générale qui s’inscrirait dans la durée, il est quasiment sûr que la bourgeoisie, dans l’état actuel des choses, avec ses réserves, sa capacité à se reconstruire, à tenir, à briser et réprimer, serait en mesure de remporter la victoire. Si cette grève risquait de voir son rapport de force international se modifier, à cause d’un affaiblissement, elle serait, peut-être, en revanche, obligée de concéder. Mais dans un cadre de lutte interne au pays, la situation est difficile.

    Cela signifie t-il que les manifestations et les grèves sont inutiles ? Non, bien au contraire. Mais cela signifie en revanche qu’elles ne sont pas le bout de tout. Pourtant cette manifestation est extrêmement positive. Déjà, si elle permet un tant soit peu de sortir de la spirale infernale dans laquelle nous sommes rentrés depuis des décennies. Une spirale ou les organisations combatives, faibles, ne peuvent réussir à mobiliser largement. Elles font alors des journées d’action sans lendemain, propres à désespérer. Cette désespérance accroît le manque de confiance dans ces organisations, notamment syndicales. Elles en ressortent donc plus faibles, moins capable de mobiliser, donc accentuant encore le sentiment d’impuissance. Dans le bilan critique du travail des syndicats, cette équation ne peut être ignorée.

    Elle contribue à accentuer la domination d’une aile droitière sur une grande partie d’entre eux, ainsi que des tendances à un fonctionnement routinier et bureaucratique. Mais elles les rendent également plus vulnérables aux pressions de la part de l’appareil d’État ou de la part de la bourgeoisie. Pressions plus ou moins inamicales par ailleurs.

    Les syndicats eux-mêmes, font un travail irremplaçable. Nous appelons à les soutenir, à se syndiquer, à contribuer à travailler à renforcer ces outils.

    S’il existe de critiques à faire à l’activité de ces organisations, ces critiques ne doivent pas se réduire à des déclarations destructrices, de provocation ou de défiance. Ces critiques sont des critiques, avant tout, de camarades à camarades.

    Or, des organisations ou groupes – formels ou non – qui rejettent les syndicats ou qui en font une critique destructrice existent. Mais en dépit de leur arrogance, elles n’ont pas, trouvé un moyen pour remplacer ce travail par quelque chose de supérieur. En dépit de leur vanité quant à l’activité et au bilan des syndicats, ces groupes en sont toujours tributaires, vivant en parasite du travail de fond des autres. Leur pratique de l’activisme confond bien souvent la radicalité de la forme et la radicalité du fond.

    Nous ne pensons pas que la réponse réelle à la situation, comme le pensent certains groupes gauchistes, par le fait que les manifestations se heurtent à la police. Bien souvent, derrière cela se niche une réalité qui ne les honore pas toujours, à savoir un fond réformiste. Si le rejet atavique de la violence est souvent le corollaire du réformisme, sa fétichisation ne remplace pas la réflexion sur la question du pouvoir et l’organisation des masses populaires.

    Cependant, dans les affrontements avec les forces de l’ordre, souvent provoquées, nous condamnons la violence de l’État et de la bourgeoisie. Nous ne cédons pas aux injonctions à condamner la violence issue des masses, ainsi que les « dégradations ». Nous ne mettrons jamais les deux sur le même plan, et nos critiques, aussi acerbes puissent-elles être, sont avant tout des critiques de camarades à camarades.

    Nous pensons que la réponse, la porte de sortie est politique. Elle existera si la quantité se transforme en qualité, politiquement parlant.

    Toute victoire est temporaire. Nous l’avons bien compris par rapport aux conquêtes sociales. Mais, par corollaire, toute défaite dans la lutte des classes est également temporaire. Gagner sur le dossier des retraites, c’est gagner du temps. Perdre sur le dossier des retraites, c’est perdre de l’espace pour vivre. Mais défaite ou victoire son le flux et le reflux des vagues. Ce qui reste c’est notre capacité à nous organiser, à progresser politiquement, à rendre les coups, et, surtout, à mettre en place les outils de la victoire.

    Construire l’unité pour construire la victoire.

    En réalité, la véritable victoire est un passage de l’action revendicative économiste à l’action politique. L’élévation du niveau de conscience politique général, de la fin des illusions sur le parlementarisme, et son corollaire, l’organisation.

    Dans la lutte économiste, syndicale, il est peut-être possible de gagner du temps. De réussir à repousser l’application de cette réforme. Nous l’espérons, et c’est avec cet espoir que nous nous lançons dans la bataille. Mais la victoire, la vraie, la stratégique, est ailleurs.

    Une vraie victoire de cette épreuve de force serait, en dépit de tout, que le camp du peuple ressorte renforcé. Un camp du peuple, qui réunisse les organisations, les groupes, les associations, les nébuleuses combatives. Un camp qui a montré qu’il pouvait exister dans les Assemblées Populaires et dans les Assemblées des Assemblées. Un camp dont la construction doit être au centre de nos préoccupations, dans l’état actuel des choses. Mais le mouvement spontané ne peut suffire, il a besoin de plus.

    Nous travaillons à cela. Nous ne sommes pas seuls à le faire. Mais nous sommes peu, faibles, dispersés. Et nous n’arrivons pas nous même à nous mettre en ordre de bataille pour que la lutte progresse sur le fond.

    Le mouvement ouvrier en France, tout comme le mouvement de revendication populaires et de lutte sociale, manque cruellement d’outils stratégiques, politiques, pour gagner en force. Le mouvement communiste français, dans toutes ses variantes, est toujours aussi faible et dispersé. En dépit de succès locaux, le chauvinisme d’organisation, la défiance, est plus la règle que la volonté de collaborer. Dans notre expérience des tentatives de travail unitaire, nous avons pu constater que le sectarisme est une vertu savamment couvée.

    Plus le temps passe, plus la situation se dégrade, plus nous regardons avec effroi ce sectarisme-parasitisme, qui pousse à créer systématique des initiatives séparées, d’ignorer les existences des uns et des autres, de chercher à se couper l’herbe sous le pied. Ces travers, nous les avons également, et nous désirons les combattre chez nous aussi, dans nos pratiques et dans nos rapports de travail. À nos yeux, le travail unitaire et le développement d’une politique d’unité ne peut être un slogan publicitaire. Il doit être une réalité.

    Pourquoi ? Parce que l’importance de la lutte que nous menons transcende les conflits absurdes entre sectes recroquevillées sur une vérité autoproclamée. Son importance la dépasse. Importance par rapport à la lutte, ici, en France. Importance par rapport à la lutte dans les pays et territoires sous la domination de notre impérialisme. Importance dans la solidarité internationale et dans les liens que nous devons nouer avec nos camarades d’ailleurs.

    Nous, et nos camarades UPML avec nous, maintenons la nécessité impérieuse d’une rencontre générale entre tous ceux qui partagent cet objectif. Quels que soient leurs noms, leurs titres et leurs chapelles, nous considérons que, à ce stade de la lutte sociale, maintenir l’ignorance les uns des autres est un acte grave, qui contribue à entraver le développement des outils de la victoire des exploités et des exploitées contre leurs exploiteurs et leurs exploiteuses.

    Nous ne pensons pas que ce soit en ignorant l’existence des autres organisations, que ce soit des organisations idéologiquement proches ou plus éloignées, que nous grandirons. Au contraire, chacun de nous participe à reconstruire et à donner vie au mouvement communiste. Reste à franchir l’étape de lui donner corps, ce dont nous avons un besoin impérieux.

    Les suites du mouvement se discutent à l’heure actuelle. Quelles qu’elles soient, nous devons jouer tous et toutes notre rôle !

    Nous avons besoin de mettre en cause la dictature de la bourgeoisie.

    Nous avons besoin de faire vivre l’opposition extra-parlementaire des Assemblées Générales, embryon de démocratie populaire.

    Nous avons besoin de nous réunir, militants et militantes politiques révolutionnaires et communistes.

    Nous avons besoin de construire un Parti révolutionnaire !

  • 5 décembre :  Ensemble contre les attaques du gouvernement !  Et après ?

    5 décembre : Ensemble contre les attaques du gouvernement ! Et après ?

    Tract UCL – UPML.

    Aujourd’hui, l’unité est dans la rue. Nous sommes rentrés dans une période de lutte sociale aiguë. Gilets Jaunes, organisations syndicales et politiques ; ouvriers, écologistes, femmes et étudiants – nous marchons ensemble. C’est déjà une première victoire.

    Les secteurs en lutte se réunissent, se rapprochent les uns des autres. Une convergence positive des luttes qui marquent par leur durée se développe.

    Construire un projet politique

    Macron représente les intérêts d’une bourgeoisie en crise, en guerre économique mondiale. Elle ne veut et ne peut pas renoncer à détruire notre système social, à le privatiser, à le monétiser pour engranger d’immenses profits.

    C’est pourquoi Macron n’a pas reculé devant la mobilisation de l’année passée.

    Aujourd’hui tous contre la réforme des retraites qui, sous prétexte d’égalité, les réduira et les soumettra à travers le système à points aux aléas d’une économie en crise. Nous avons besoin d’être plus forts, d’aller plus loin que d’affirmer « On est là » et de marcher les un(e)s avec les autres.Tous les droits sociaux sont dans le viseur. Les retraites, l’assurance maladie, le chômage. Le coût de la vie augmente, tandis que les salaires plongent vers le néant. Le plan de guerre sociale du gouvernement est connu : il se nomme Cap 2022. Nous avons besoin d’une fusion des luttes. Qu’elles s’unissent, non plus autour de revendications de secteurs, de corps de métier, de catégories sociales, mais bien autour d’un projet politique sans compromission.

    Construisons ensembleun projet radical!Les Assemblées des Gilets Jaunes cherchent une nouvelle voie : celle d’une démocratie des luttes face à la dictature du capital. Ainsi peut se constituer face aux attaques du gouvernement, une opposition réelle, concrète, unissant syndicalistes combatifs, gilets jaunes, femmes opprimées, jeunes et écologistes. A travers la multiplicité des mots d’ordre et des diverses formes de lutte, s’exprime déjà l’aspiration à une autre société fondée sur la propriété commune et sa gestion en commun assurant emploi et moyen de vivre.

    Ce que Macron a accordé aux Gilets jaunes et au personnel hospitalier, ça n’est rien par rapport au CICE (crédit impôt compétitivité, emploi), au CIR (crédit emploi recherche) et ça ne change rien à la dégradation programmée du système de santé. Ces cadeaux ne créent pas d’emploi. Pour nous, un avenir de misère, de dettes écrasantes, de salaires minables, de précarité. « Valoriser le travail » dit Macron et, avec les patrons, il supprime des emplois !

    Malgré les luttes opiniâtres des années passées, le gouvernement a, à peine, ralenti son travail de destruction de nos conquêtes sociales. Il s’agit d’assurer les profits immenses des grands exploiteurs comme Bernard Arnault, dont la fortune a doublé (33 milliards de $ en 2016, 76 en 2019), et autres Bettancourt, Pinault… etc.

    Pas de taxes, pas de travailleurs et de travailleuses revendicatifs, plus de contrat à respecter : le rêve !

    Macron a annoncé qu’il ne fera « preuve d’aucune faiblesse. », qu’il ne reculera pas. Nous, non plus et même on va continuer d’avancer ensemble.

    Notre projet de société !

    L’expérience des dernières luttes nous le démontre : les gouvernements successifs ne représentent absolument pas le peuple et ses intérêts. Ces gouvernements, quelle que soit leur couleur politique, sont aux ordres du grand patronat, de la grande bourgeoisie et des monopoles, le pouvoir doit rester dans leurs mains.

    Le système du parlementarisme est un vernis qui cache mal le fond dictatorial du régime dans lequel nous vivons. Les intérêts des grands bourgeois et des grandes bourgeoises sont suprêmes. Les élections reviennent à déterminer qui sera leur serviteur. Les partis de gouvernement sont discrédités et déstabilisés ; chaque élection sanctionne le parti au pouvoir que ce soit LREM, les LR, le PS. Pas question que le RN les remplace, lui qui dresse les travailleurs les uns contre les autres.

    Aujourd’hui, ce vernis craque, révélant la véritable nature de l’État : non seulement il attaque nos droits économiques, mais il devient de plus en plus répressif : restriction du droit de manifester, interpellations et mutilations multiples et volonté de créer un climat d’intimidation.

    Nous ne reculerons pas !

    Défendre nos droits, défendre notre avenir, c’est remettre en cause le mode de production capitaliste. Nous devons arracher le pouvoir des mains de la grande bourgeoisie. Le pouvoir aux mains des masses populaires ! Pour le socialisme révolutionnaire fondé sur la propriété commune !

    Pour construire une réelle démocratie économique, sociale, populaire, préservant la nature, nous avons besoin d’un programme et d’une organisation pour rassembler les exploité(e)s et les opprimé(e)s, ceux qui produisent tout, mais qui n’ont rien. Pour orienter la lutte d’ensemble, pour chasser les ennemis du peuple du pouvoir et construire la société dont nous avons besoin, il nous faut construire NOTRE organisation, NOTRE outil à nous, le Parti révolutionnaire.

    L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes !

    Nous ne sommes pas seul(e)s !

    En France comme ailleurs dans le monde, les travailleurs sont face aux mêmes ennemis, aux mêmes exploiteurs, aux mêmes oppresseurs. Nous formons un seul front, unique, contre le capitalisme mondial, contre l’impérialisme. Les défaites ou les victoires, au Chili, en Équateur, au Honduras, au Liban, en Turquie, au Rojava, Iran, Algérie, Irak, à Hong Kong, sont aussi les nôtres.

    Unissons-nous contre nos ennemis communs !

    Le gouvernement tente de nous diviser, il joue avec le feu de la haine raciste et anti-immigrée. Les vexations, les provocations, n’ont d’autre but que d’attiser les tensions. Or, travailleurs, travailleuses, exploités et opprimés de tous les pays, nous ne sommes pas ennemis, nos intérêts profonds sont les mêmes.

    Nous appelons tous ceux et celles qui veulent combattre pour arracher le pouvoir des mains de nos oppresseurs à travailler ensemble, dans l’esprit d’une Alliance des Révolutionnaires. Notre dispersion nous a trop fait perdre ! Ne reculons plus !

    Nos exigences immédiates-

    Macron – démission !

    Retraites à 60 ans, à 55 ans pour les travaux pénibles ! Contre la retraite à points.

    Pour la réduction du temps de travail, sans baisse des salaires et avec embauche en CDI.

    Contre toutes précarités ;

    Salaire mini à 1800€ ; Égalité salariale et sociale.

    Halte à la répression, désarmement de la police; dissolution de la BAC, des CRS, etc…

    Défense active de l’environnement.

    Ensemble contre la dictature du capital !Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

  • Appel de l’ICOR pour le 1er mai 2019 

    Appel de l’ICOR pour le 1er mai 2019 

    Après avoir publié l’appel du Conseil Continental Européen, nous publions l’appel mondial lancé par les organisations membres de l’ICOR pour faire du premier mai une journée de lutte !

    Nous saluons nos camarades du monde entier, nous saluons leur courage, leur combativité, leur abnégation face à la répression. Nous-mêmes, depuis les citadelles de l’impérialisme, dans lesquelles nous sommes, avons notre rôle à jouer pour appuyer l’ensemble des luttes.

    Entravons l’action de notre impérialisme ! Unissons et coordonnons nos forces avec ceux et celles qui en subissent le joug. Frappons comme une seule lance portée contre le cœur de l’impérialisme français !

    L’Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, Partizan et nous même, Unité Communiste de Lyon, appelons à marcher ensemble, à Lyon, pour donner corps à cette unité politique et cette unité d’action.

    Dans la rue le 1er mai – la journée internationale de lutte de la classe ouvrière !

    Partout dans le monde, le mouvement ouvrier est mis au défi : Combattons l’exploitation transnationale intensifiée et l’oppression de la classe ouvrière ! Arrêtons le développement vers la droite des gouvernements, le renforcement des forces fascistes et les crues menaces de guerre !

    Face à l’augmentation des crises et à l’intensification de la concurrence, l’agressivité de tous les impérialistes s’accroît. La guerre commerciale ouverte des États-Unis contre leurs concurrents impérialiste est menée sur le dos des masses. Une série de nouveaux foyers de guerre extrêmement explosifs se développe. Des catastrophes environnementales régionales, la fracturation hydraulique ou la fraude dans l’affaire des gaz d’échappement des groupes automobiles manifestent la menace d’une destruction des bases de l’existence humaine. Aujourd’hui, la lutte pour l’emploi et la lutte pour la protection de l’environnement ne doivent plus être jouées l’une contre l’autre !

    L’impérialisme us-américain est toujours la puissance impérialiste la plus forte et le principal fauteur de guerre. Ce sont en particulier les États-Unis qui soutiennent l’expansion sioniste et l’agression en Palestine ou de manière systématique les activités subversives et l’agression contre-révolutionnaires contre la souveraineté du Venezuela.

    Il faut constamment analyser précisément les changements dans le système impérialiste mondial, les discuter dans le mouvement ouvrier et en tirer des conclusions afin de développer une stratégie et une tactique correctes. Dans tous les continents, les ouvriers industriels et les travailleurs ressentent les conséquences d’une concurrence fébrile des monopoles impérialistes qui s’approfondit de plus en plus. Des licenciements massifs dans l’industrie automobile, hiring and firing de dizaines de milliers de salariés intérimaires, l’étranglement des droits ouvriers qui va jusqu’aux formes d’esclavage des ouvriers sont les lourdes expériences du prolétariat international. Les masses dans toutes les parties du monde se voient incitées à la rébellion, en liaison avec la recherche d’une alternative sociétale. Tandis que le manque inhumain de perspectives de la vie sous l’impérialisme augmente, une nouvelle perspective naît dans la lutte et l’orientation communes des larges masses. Nous assistons à des manifestations de masse comme celles contre le sommet du G20 en Argentine ou avant l’élection de Bolsonaro au Brésil. Au Moyen Orient et en Afrique du Nord le mécontentement général de la classe ouvrière et des opprimés et leurs leçons des rébellions de 2010/2011 se manifeste dans des nouveaux soulèvements puissants. Des dictateurs de longues années tombent comme au Soudan et en Algérie.

    Le mouvement combatif mondial des femmes lancent un signal fort avec des manifestations puissantes. Il deviendra un potentiel révolutionnaire, s’il comprend et attaque les structures patriarcales implicites au système capitaliste avec sa double exploitation et oppression de la masse des femmes.

    Actuellement le mouvement écologique grandissant attire des centaines de jeunes gens à l’échelle mondiale et leur permet d’exprimer leur colère sur l’exploitation capitaliste de l’homme et de la nature. En Pologne, en Hongrie ou en Allemagne, des centaines de milliers de personnes ont manifesté contre le démantèlement des droits et libertés démocratiques. En France, en un rien de temps, un mouvement politique de masse contre la politique gouvernementale a émergé du mouvement des « gilets jaunes » contre la hausse des prix de l’essence. Les travailleurs industriels sont souvent à la tête, comme les mineurs en Afrique du Sud et en Ukraine avec leurs grèves durant des semaines. C’est juste le 1er mai en tant que journée de lutte internationale de la classe ouvrière que le socialisme doit être propagé et mis au centre de la discussion comme seule perspective orientée vers l’avenir !

    Les forces dirigeantes réagissent à ce nouveau revirement de l’état d’esprit progressiste international par une oppression accrue, une fascisation des appareils d’État et la promotion des forces ultra-droitières et fascisantes. Des régimes réactionnaires et fascisants comme au Brésil, aux Philippines, en Inde ou en Hongrie exigent beaucoup de courage et de détermination au mouvement ouvrier. En témoigne comment le gouvernement chinois criminalise les travailleurs de Jiashi à Shenzen. À ce jour, 44 travailleurs et étudiants marxistes ont été arrêtés sans inculpation ou ont disparu.

    La guerre commerciale commencée par les États-unis va de pair avec une propagande chauvine et une préparation psychologique à la guerre. Les dirigeants appellent les mêmes mesures réactionnaires sont appelées « tarifs douaniers punitifs » ou « tarifs de protection » ; mais ce que l’on protège de la sorte, ce ne sont que les intérêts des monopoles dans leur base national respective. La diffusion du social-chauvinisme vise à ce que les masses prennent parti pour l’un ou l’autre impérialiste dans les questions de la paix, de l’environnement ou de l’emploi, ou que les travailleurs se laissent attacher au char de leur « propre » entreprise. Cependant, la force des travailleurs réside dans l’unité ouvrière internationale. Ainsi les travailleurs de Ssangyong en Corée du Sud ont ainsi remporté une victoire enthousiasmante en septembre 2018 au bout de 10 ans de lutte contre la fermeture des usines et contre la criminalisation. Tous les travailleurs licenciés ont été réintégrés. Les travailleurs d’Audi à Györ/Hongrie ont également mis à genoux les capitalistes de VW par une grève totale de 7 jours.

    Face au développement mondial vers la droite, toute lutte progressiste doit s’inscrire dans une lutte à l’échelle mondiale. Soutenez l’initiative de l’ICOR visant à construire un front uni anti-impérialiste contre le fascisme et la guerre ! Les travailleurs doivent en prendre la tête ! La construction de partis marxistes-léninistes révolutionnaires et de l’organisation mondiale révolutionnaire ICOR est la conclusion la plus importante aujourd’hui !

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous ! Vive le 1er mai comme journée de lutte internationale de la classe ouvrière !

    Signataires (en date du 25/04/2019, liste actuelle des signataires sur www.icor.info ):

    1. ORC Organisation Révolutionnaire du Congo, République démocratique du Congo

    2. CPK Communist Party of Kenya (Parti communiste de Kenya)

    3.MMLPL Moroccan Marxist-Leninist Proletarian Line (Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine)

    4. PPDS Parti Patriotique Démocratique Socialiste, Tunisie

    5. CPB Communist Party of Bangladesh (Parti communiste du Bangladesh)

    6.CPI (ML) Red Star Communist Party of India (Marxist-Leninist) Red Star (Parti communiste d’Inde (marxiste-léniniste) Etoile Rouge)

    7. NCP (Mashal) Nepal Communist Party (Mashal) (Parti communiste du Népal (Mashal))

    8. PPRF Patriotic Peoples Republican Front of Nepal (Front républicain du peuple patriotique du Népal)

    9. БКП Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)

    10. MLPD Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)

    11. UCLyon Unité Communiste Lyon, France

    12. UPML Union Prolétarienne Marxiste-Léniniste, France

    13. KOL Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)

    14. MIKSZ Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)

    15. RM Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas

    16. MLGS Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)

    17. TIKB Türkiye İhtilalci Komünistler Birliği (Union de communistes révolutionnaires de Turquie)

    18. MLKP Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)

    19. PCC-M Partido Comunista de Colombia – Maoista (Parti communiste de Colombie – maoïste)

    20. NPCH (ML) Nouveau Parti Communiste Haϊtien (Marxiste-Léniniste)

    21.PC/ML Partido Comunista (Marxista-Leninista) de Panamá (Parti communiste (marxiste-léniniste) du Panama)

    22. PCP (independiente) Partido Comunista Paraguayo (independiente) (Parti communiste Paraguayen (indépendant))

    23. BDP Bloque Democratico Popular (Bloc démocratique populaire), Pérou

    24. PC (ML) Partido Comunista (Marxista Leninista) (Parti communiste (marxiste-léniniste)), République Dominicaine

    25. PS-GdT Plataforma Socialista – Golpe de Timón (Plate forme Socialiste – Changement de direction), Vénézuela

    26. ROL Revolutionary Organization of Labor (Organisation révolutionnaire du travail), États Unis

    27.PCR-U Partido Comunista Revolucionario del Uruguay (Parti révolutionnaire communiste d’Uruguay)


  • Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Quelle situation pour le mouvement des Gilets Jaunes ?

    Depuis maintenant 21 semaines, le mouvement des Gilets Jaunes se poursuit et continue d’être le centre de gravité des luttes sociales en France.Il s’agit d’un mouvement d’ampleur d’une durée incomparable avec ce qui a pu être connu sous la Cinquième République.

    Ce mouvement possède une double nature : il est un mouvement social, un mouvement possédant des revendications économiques, relatives au niveau de vie, au salaire, aux impôts et aux taxes. 
    Mais il est également un mouvement politique au sens premier du terme, en ce sens qu’il porte des revendications qui concernent le fonctionnement du régime, de la démocratie bourgeoise, du pouvoir d’Etat. 

    À ce titre, il s’inscrit dans une continuité avec d’autres mouvements politisants, tel que les indignés, ou nuit debout. Cependant, la classe sociale qui l’anime n’est pas la même. Les premiers mouvements étaient surtout organisés par la petite bourgeoisie urbaine, intellectuelle. Les Gilets Jaunes, quant à eux, possèdent une base populaire, prolétarienne et ouvrière.

    Les 21 semaines de lutte ont été pour des pans entiers de la population, un véritable bassin révélateur. Elles ont démasqué le caractère dictatorial du régime dans lequel nous vivons, régime au service de la grande bourgeoisie monopolistique.

    Elles ont démasqué la nature de l’Etat, nature de classe au service des exploiteurs et des oppresseurs.Ces semaines de lutte ont également démasqué le rôle de la police, comme agent de la répression des masses, comme agent de la protection des intérêts des puissants. Elles ont pour, finir, démasqué le rôle des médias bourgeois comme fer de lance de la propagande anti-populaire.

    Ce mouvement a brisé les mythes d’un « exceptionnalisme » démocratique dont la France serait championne.

    À l’inverse, les tendances réactionnaires, fortes au départ, appuyées par certaines organisations -comme le Bastion Social ou l’Action Française- ou par des tribuns réactionnaires -à l’exemple de Wauquiez- ont progressivement renoncé, été mis en minorité ou éjectés. 
    Il est aussi une fantastique expérience politique et démocratique. Les ronds-points, les assemblées populaires, les assemblées des assemblées forment une expérience de la démocratie populaire, une expérience de la prise de décision, de l’application de celle-ci. Une expérience de la liberté, fondamentalement. À l’inverse, ce mode de fonctionnement à permis de détacher les opportunistes, les électoralistes, les parasites-sectaires du mouvement, qui voulaient le détourner, l’enfermer vers des voies électoralistes, ou même le solder pour compte dans l’intérêt de leur organisation. Cette expérience immense doit décanter pour renforcer la capacité des mouvements de lutte à avancer et à être plus efficaces. 

    Certaines organisations -y compris parmi celles se revendiquant du communisme- ont été dépassées par la question politique au sein du mouvement.Ou elles ne l’ont pas comprise, en ne voyant dans ce mouvement qu’une simple force d’appui des luttes économistes et syndicales, ou elles ont carrément été effrayées par le développement politique interne, essayant même de le combattre. Dans les deux cas, même à leur corps défendant, ces organisations ont joué un rôle réactionnaire : elles ont lutté contre l’approfondissement du mouvement et ont travaillé à freiner la conscientisation politique. 

    Les organisations sont passées également par un processus de décantation. Celles qui sont restées à l’écart du point central de la lutte des classes ont été marginalisées, tandis que celles qui se sont investies dans ces questions en ressortent renforcées, au minimum en termes d’expérience.

    Nous considérons que notre rôle est, au contraire, l’inverse : permettre un approfondissement politique, en appuyer les tendances du mouvement qui défendent la nécessite de la faire sur des bases progressistes, et, au contraire, mener une lutte -avec elle- contre le développement de tendances réactionnaires et liquidatrices.

    Notre position est synthétisée dans le Manifestedu Parti communiste.

    Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers.

    Ils n’ont point d’intérêts qui les séparent de l’ensemble du prolétariat.

    Ils n’établissent pas de principes particuliers sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

    Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : 1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité.

    Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule toutes les autres; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien.

    La fin générale, nous, nous ne la percevons pas comme devant être guidée vers les urnes, vers la soumission à un autre laquais de la bourgeoisie, qui n’aurait comme avantage par rapport à Macron que l’unique fait d’être un peu plus consensuel.


    Notre fin générale, elle est dans l’avancée vers le pouvoir populaire.

    Le poids de l’usure. 

    Après autant de temps, cependant, il est indéniable qu’une certaine usure est apparue dans le mouvement des Gilets Jaunes. D’une manière générale, deux tendances apparaissent au sein du mouvement 
    Une tendance au découragement, du fait de la brutalité avec laquelle répond le gouvernement, du fait de son absence de réaction face aux revendications qui ont été avancées par ceux et celles qui combattent et qui manifestent depuis 150 jours.

    De l’autre, une tendance à l’approfondissement du mouvement, à sa structuration, impulsée notamment par Commercy hier, par Saint-Nazaire aujourd’hui. Lyon a été également parmi les pionniers, en impulsant les Assemblées Populaires. 

    Le gouvernement fait tout pour que la première tendance soit dominante. Il veut liquider au plus vite le mouvement des Gilets Jaunes. Par la propagande mensongère, par le déni de l’existence du mouvement, mais aussi par la force brute et l’intimidation. Mais cette brutalité n’est pas un signe de force, mais bien de faiblesse, pour un gouvernement qui doit recourir au mensonge constamment. 

    En revanche, il fera également tout pour que la deuxième soit marginale. Il veut liquider ce mouvement, car il prévoit d’autres attaques, terribles, contre tous les secteurs de la société. Il sait que ces attaques entraîneront des réactions vives, mais qu’il espère canaliser, en comptant sur le fait qu’elles restent isolées, tandis que les forces mobilisables seront épuisées et usées par un conflit de grande durée. 

    Le gouvernement est sommé par ses commanditaires de la grande bourgeoisie d’avancer dans les réformes à marche forcée. Cet empressement, reflet notamment de l’angoisse de la crise qui étreint cette grande bourgeoisie, fait qu’il ne peut attendre patiemment que les luttes s’éteignent avant d’allumer un nouvel incendie. Et ses objectifs sont immenses. Ils sont synthétisés dans le document CAP 2022. 

    Déjà, la réforme Blanquer est en marche, ayant pour objectif de rationaliser le nombre d’établissements scolaires et de réduire le nombre de personnels enseignants. Elle prépare également la voie à la privatisation générale de l’enseignement, maternelle, primaire et secondaire. 

    À sa suite s’accumulent un grand nombre de projets dans la même veine : réduire les services publics, réduire les dispositifs de solidarité, faire de la santé, de l’éducation, du transport des marchés offerts à leurs commanditaires. Et, comble, certaines ont été intégrées comme proposition du grand débat ! Une manière de faire plébisciter aux masses l’instrument même de l’aggravation de leur situation. 

    Il est certain que des luttes syndicales vont naître prochainement du fait de la mise en place de ce programme. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. Il se pose la question cruciale de savoir s’il sera possible d’unifier les forces qui luttent ou si elles continueront à rester séparer les unes des autres. C’est une question dont la réponse n’est pas définie. 

    En tant qu’organisation politique, nous appelons à ce que les barrières entre les luttes soient abolies, qu’elles puisse -non pas seulement « converger »- mais faire naître une synthèse, marcher ensemble, comme un seul front, un seul rang. 

    Nous pensons qu’à l’heure actuelle, il existe le cadre qui permette de pouvoir réaliser cette synthèse des luttes. Ce cadre est celui des Assemblées Populaires. Toutes les forces combattant avec résolution et sincérité contre la politique gouvernementale ont leur place en son sein.

    Déjà, des liens se tissent grâce à son activité, elle a permis, sur Lyon, plusieurs actions communes et concrètes depuis le début du mouvement. Que ce soit des actions rassemblant écologistes, syndicats, étudiants et étudiantes, membres du corps enseignant… Elles se poursuivent et se systématiseront.

    Les lieux de débat et de prise de décisions communes doivent être renforcés. L’Unité Communiste de Lyon considère que l’accroissement de l’influence des Assemblées Populaires est fondamental dans la poursuite d’une lutte de longue durée contre la politique du gouvernement. 

    L’Unité Communiste de Lyon appelle également à renforcer les organisations combatives qui luttent politiquement, syndicalement, mais également par l’autodéfense, contre les attaques des exploiteurs et de leurs agents provocateurs fascistes. 

    La contre-offensive qui vient.


    Pour le moment, la mobilisation demeure stable. Elle incarne une véritable lame de fond qui secoue les masses populaires. Nous pensons que ceux et celles qui veulent l’utiliser pour leurs intérêts électoraux, qui essaient de la subordonner en catimini seront engloutis par le torrent que la colère populaire représente. 

    Il n’est pas possible, cependant, de ne pas évoquer la question de l’avenir et d’un reflux possible du mouvement des Gilets Jaunes. Nous devons prendre en considération l’approche des élections européennes, qui forment, comme toutes les élections, une diversion et une chape de plomb, mais aussi de l’été.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a généré, de fait, une opposition aux différentes formes d’expression de l’idéologie bourgeoise et petite-bourgeoise. Cet espace gagné aux idées de pouvoir populaire et prolétarien est intolérable pour la bourgeoisie. Il n’est pas possible pour elle de laisser, même dans le reflux, les choses en l’état. Elle doit regagner cet espace perdu par une contre-offensive idéologique.

    Au reflux fera suite la répression, sous des formes potentiellement encore plus aigües qu’aujourd’hui, notamment dans les réquisitions des procureurs. Mais à la répression fera également suite une phase de réaction. 

    Cette phase de réaction avait été déjà tentée au travers de l’affaire Finkielkraut, qui, derrière le vernis louable de la lutte contre l’antisémitisme, ouvrait, en réalité, une boîte de Pandore. La boîte de Pandore de l’opposition entre musulmans et juifs, permettant aux discours les plus réactionnaires et les plus agressifs de s’exprimer. Discours qui se traduisent également par des intégrations de thèses ultra-réactionnaires dans les programmes électoraux. 

    Ainsi, nous avons pu constater que les thèses identitaires sont maintenant répercutées dans le programme des Républicains, mais, également, même, dans des organisations issues de la gauche. La création de « République Souveraine » par l’ancien porte-parole de la France Insoumise, Djordje Kuzmanovic, illustre cela. Nous reviendrons d’ailleurs sur cette création à l’occasion d’une autre publication.

    L’affaire Finkielkraut à fait long feu, mais il est impensable que la bourgeoisie ne relance pas un coup de boutoir réactionnaire. Car, au-delà de la question des mouvements se pose également une question politique fondamentale. Il est clair que la destruction des droits économiques se traduira également, mécaniquement, par des attaques sur les droits démocratiques et politiques. 

    A moyen-long terme, il se profile une question, derrière le gouvernement LREM, qui ne sera jamais réélu, qui est un gouvernement à usage unique, missile téléguidé contre les droits sociaux. Cette question est celle du successeur qui sera adoubé par la grande bourgeoisie pour parachever le travail de liquidation de tout ce que les luttes du XIXe et du XXe siècle ont arraché. 

    Au travers des appels du pied que se font les uns et les autres, des tractations, des imitations de programme, ce qui apparaît, à l’horizon, est la question de la droite élargie. Ce cartel des droites, réunissant les notables des Républicains, les orateurs du RN/FN, les nervis fascistes du Bastion Social, de Génération Identitaire ou de l’Action Française, se dessine. Il est ce qui semble être la réponse la plus cohérente de la part de la grande bourgeoisie au climat de tension sociale prévisible à la suite de la destruction du niveau de vie, mais également des risques de conflits internationaux. 

    Nous avons pu voir des ponts se lancer, déjà, d’un côté à l’autre des deux rives de la droite.

    La grande bourgeoisie monopoliste a toujours choisi comme héraut des groupes qu’elle jugeait les plus aptes à défendre cet intérêt le mieux possible. Cependant, avec l’aggravation des tensions, il n’est pas exclu qu’elle fasse un choix plus dur, plus brutal pour les protéger au mieux.

    L’Unité Communiste de Lyon considère qu’il faut regarder avec sérieux l’apparition de ce pôle politique ultra-réactionnaire. Même la dissolution possible de Génération Identitaire, qui peut être perçue comme une victoire, peut paradoxalement permettre à celle-ci de renaître sous une forme compatible avec une ligue ultra-réactionnaire.

    Nous considérons que face au triptyque Reflux-Répression-Réaction nous devons développer la nôtre : Organiser-unifier-consolider qui permette de transformer la victoire morale du mouvement des Gilets Jaunes et des luttes sociales et écologiques en victoire durable. 

    La meilleure manière de conjurer cette menace est par le renforcement des luttes, mais également par le renforcement du camp populaire et des organisations communistes révolutionnaires partout où elles sont. Nous appelons à l’unité et au travail commun pour être préparés à faire face aux questions qui s’imposeront à nous dans les années futures.


    Ensemble, construisons la réponse politique aux projets de la bourgeoisie !

  • Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)

    Sur le mouvement des Gilets Jaunes en France – Le point de vue de l’International League of People Struggle. (ILPS)


    Par le professeur Jose Maria Sison
    Président de l’International League of People Struggle.
    Le 19 mars 2019

    Le professeur José Maria Sison, président de la Ligue internationale de la lutte des peuples (ILPS), compare favorablement le mouvement français des Gilets Jaunes  » aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste « . Il explique que les manifestants en gilet jaune  » bénéficient du soutien des larges masses populaires  » qui condamnent le banquier néolibéral français devenu président, Emmanuel Macron. Alors que le mouvement « souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste » et de l’absence de direction prolétarienne révolutionnaire, Sison souligne que « le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges, pour avoir accepté les revendications justes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, et exposé les graves maux du système capitaliste oppresseur et exploiteur au pouvoir« . Le texte intégral de la déclaration du président de l’ILPS suit.

    Le 17 novembre 2018, 300 000 personnes de la classe ouvrière et de la classe moyenne, principalement des banlieues et des zones rurales de France, se sont mobilisées lors de manifestations de masse. Leur but était de protester contre la hausse des taxes sur les carburants et la hausse des prix des carburants. Comme symbole de ralliement, ils portaient la veste jaune pour signaler leur détresse économique et sociale. Ils avaient été inspirés par une pétition en ligne signée par près d’un million de personnes.


    Dix-huit manifestations de masse, centrées à Paris et organisées dans tout le pays, ont éclaté jusqu’à la dernière du 16 mars 2019 surnommée « L’Ultimatum ». Les justes revendications du mouvement des Gilets Jaunes se sont étendues de la baisse des taxes sur les carburants à la réintroduction de l’impôt de solidarité sur la fortune, l’augmentation du salaire minimum, l’expansion des services sociaux, la mise en place de référendums d’initiative citoyenne et la démission du président Macron et [la fin de] son régime.

    Le régime Macron a réagi d’une main de fer en lançant des attaques physiques, réalisées par la police, contre les manifestants. Ces attaques ont été faites à l’aide de canons à eau, de grenades lacrymogènes, de flashball et de charges à la matraque. Il est juste que les manifestants aient riposté en utilisant des bâtons, des pavés, des barrages de voitures, par le contrôle des routes et des ronds-points, par la destruction des caméras de surveillance de la circulation, par l’incendie des voitures chères des grands bourgeois et par des invasions de restaurants et de magasins de la classe supérieure.

    Les manifestants en gilet jaune bénéficient du soutien des larges masses, qui condamnent Macron. Macron, le banquier d’affaires devenu président, promoteur et exécutant de la politique néolibérale qui favorise la grande bourgeoisie et ses cadres les mieux payés au détriment des travailleurs et des populations rurales. Ils sont enragés par le recours à la violence policière lors des actions de masse et par les fausses promesses faites par Macron avant et après chaque action de masse.

    Le mouvement des gilets jaunes a influencé des mouvements de masse similaires en Europe et ailleurs dans le monde, dont les participants portent le gilet jaune et soulèvent des revendications contre les politiques fiscales et d’exploitation du gouvernement grand-bourgeois. La plupart des mouvements influencés par les Gilets Jaunes ont un caractère positif [le terme employé était intraduisible, NdT] et progressiste dirigé contre les politiques d’exploitation des gouvernements bourgeois. Mais quelques-uns se sont dirigés contre les travailleurs migrants et d’autres qui ne sont pas liés à la bourgeoisie monopoliste.

    Le mouvement des Gilets Jaunes peut être favorablement comparé aux manifestations de masse de mai 1968 en France, notamment en ce qui concerne le militantisme et l’opposition à l’establishment capitaliste. Mais elle souffre du même caractère populiste excessivement horizontaliste et du manque de leadership d’un parti révolutionnaire du prolétariat. Il peut également être comparé à l’Occupy movement de mémoire récente, qui a bénéficié d’un soutien populaire pendant un certain temps. Mais cela s’est évanoui par manque de leadership de la part d’un parti révolutionnaire du prolétariat.

    Quoi qu’il en soit, un phénomène tel que le mouvement des Gilets Jaunes est le bienvenu et digne d’éloges pour avoir accepté les justes revendications de la classe ouvrière et de la classe moyenne et exposé les graves maux du système capitaliste oppressif et exploiteur au pouvoir. Elle montre qu’il existe une large et profonde base de mécontentement social et de résistance que le parti révolutionnaire marxiste-léniniste du prolétariat peut utiliser pour gagner la bataille pour la démocratie et viser à la révolution socialiste.

    [NdT : L’ILPS est une ligue internationale d’organisations issues principalement de pays dominés par l’impérialisme. Elle est centré notamment autour du Parti Communiste des Philippines (CPP) qui mène depuis 50 ans maintenant la guerre populaire prolongée pour lutter contre la domination des Philippines et contre les pouvoirs réactionnaires qui se sont succédés. 

    L’ILPS et l’ICOR ont participé à plusieurs initiatives conjointes par le passé, et contribuent, l’une et l’autre, à ce qu’une reconfiguration majeure des relations entre organisations – et entre ligues d’organisations – naisse. 

    Le texte suivant illustre l’intérêt qui est porté, y compris depuis l’autre côté de la planète, pour les luttes menées par les prolétaires dans les pays impérialistes. Nous remercions le Pr. José Maria Sison de sa contribution au débat sur le mouvement social en France.

    Les regards extérieurs sur notre situation nationale nous mettent également en face de nos responsabilités, en tant que communistes. Ils contribuent à nous faire prendre conscience de la nécessité du Parti non comme un fétiche, comme un luxe, mais comme une étape fondamentale vers la possibilité de mettre fin à l’exploitation et à l’oppression. 

    Les situations de lutte extrêmement difficiles dans lesquelles doivent travailler certaines organisations doivent également être un
    memento mori qui nous rappelle constamment qu’il n’existe aucune barrière étanche dans la manière dont la répression se déroule dans les Etats ultra-réactionnaires et ici. La répression bourgeoise est aussi le fruit d’un processus dialectique, et rien ne fait obstacle de manière infranchissable au développement, dans le cadre d’une aggravation de la situation, d’une répression de type fasciste-terroriste en France. ]

  • Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Contre la destruction de l’environnement, détruisons le capitalisme !

    Une nouvelle fois, un appel international à marcher pour protester contre la destruction du climat et de l’environnement a été lancé. Ces appels font écho à l’urgence dans laquelle nous sommes. Malgré les promesses des politiciens, la dégradation de l’environnement et le dérèglement du climat se poursuivent toujours et s’intensifient.

    Les températures continuent de monter, du fait des rejets de gaz à effet de serre.

    La biodiversité, en particulier dans les océans, subit de plein fouet la pêche intensive, qui transforme les océans en désert.

    Des espaces immenses sont rasés pour être transformés en pâture pour l’élevage extensif, tandis que les sols et les eaux sont rendus toxiques par les déchets de l’industrie porcine.

    Des forêts sont détruites pour accéder aux richesses en sous-sol, ou pour faire place à des plantations commercialement porteuses….

    En moyenne 280kg de nourriture sont gaspillés par ans et par personnes en Europe, dont 190kg durant la production et la vente. Cela représente presque 1/3 de la production de nourriture. Cette surproduction est organisée par les capitalistes pour s’assurer que leurs produits sont bien en rayon dans les supermarchés… même si personne ne les achète.

    Car la nature est, en système capitaliste, une marchandise dont il faut tirer le plus de profit possible et le plus rapidement possible. Et pour cause ! Hésiter reviendrait à courir le risque de voir un concurrent s’emparer du dernier thon rouge, de la dernière goutte de pétrole, de la dernière parcelle de forêt vierge. L’importance des rendements des investissements et des taux de profit est telle qu’elle justifie tout. Elle justifie notamment les expéditions militaires de l’impérialisme, dans le but de prendre le contrôle des zones de ressources. Elle justifie la domination coloniale et néo-coloniale dans le but d’imposer un développement économique uniquement centré sur les intérêts de la métropole. Elle crée une division internationale du traitement des déchets, dans laquelle ce sont les pays les plus pauvres qui se retrouvent noyés sous les flux de produits toxiques.

    Les grands capitalistes s’en moquent. Ils ne subissent pas directement les méfaits de leurs affaires. Le plus souvent, ce sont les quartiers pauvres des villes qui sont dans les nuées de pollution, comme à Mumbai, où on estime que celle-ci fait perdre jusqu’à 10 ans d’espérance de vie.

    Ils sont en revanche prompts à s’en prendre au mode de vie des classes populaires, exigeant qu’elles se serrent la ceinture, qu’elles paient des taxes lourdes, pendant qu’eux peuvent continuer à mener un train de vie sans commune mesure.

    Le mouvement des Gilets Jaunes a démontré l’hypocrisie des gouvernements capitalistes. Les « taxes carbone » ne sont en réalité qu’une pénalité imposée aux plus pauvres. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une manière de leur faire assumer les coûts d’une possible « transition écologique » sans toucher aux bénéfices des grands pollueurs.

    Les ressources renouvelables et les nouvelles technologies ne sont, pour les capitalistes, que de nouveaux marchés comme les autres, qui n’attirent les investissements que dans la mesure où ils peuvent rapporter gros. Greenwasher (maquiller d’écologie) est un argument commercial, rien de plus. Bien souvent, ces produits cachent des méthodes de production polluantes, car il est toujours plus rentable de ne pas respecter les règles que de les suivre !

    Ce n’est pas une fatalité ! Nous pouvons enrayer la catastrophe avant qu’il ne soit trop tard !

    Il existe un grand nombre de personnes, qui, individuellement, font des efforts immenses pour réduire leur impact personnel sur l’environnement. Ces efforts sont à saluer. Mais la seule possibilité qui permette de mettre fin au gaspillage des ressources, à leur surexploitation, à la destruction de l’environnement de manière globale, c’est par un changement radical d’économie. Aujourd’hui, le marché dicte sa loi. Le seul critère est la rentabilité des productions, au mépris de toute projection dans l’avenir.

    C’est autour des besoins que doit s’axer la production, non du profit !

    Nous avons besoin d’une nouvelle économie, d’une nouvelle politique, non pas avec les profiteurs, avec les capitalistes, mais bien contre eux ! L’attrait du gain, la rapacité, ne peuvent être négociés. Le capitalisme, basé sur la recherche du profit maximal, ne peut être le système économique qui permettra de surmonter le terrible obstacle que nous rencontrons.

    Nous avons besoin d’une économie organisée, planifiée, permettant de connaître les besoins matériels de la population et d’y répondre avec efficacité, économie et en éliminant le gaspillage. Des productions basées sur la durabilité, sur la possibilité de réparation, de recyclage, de réutilisation. Une production alimentaire basée sur les capacités de la Terre à produire et à se régénérer, non sur le fait d’extraire au plus vite, à marche forcée, la richesse du sol.

    Une lutte pour la recherche de nouvelles sources d’énergie qui ne dépendent pas des ressources fossiles, qui se détruisent pas l’environnement. Un urbanisme nouveau, capable de mettre fin à la fragmentation des écosystèmes et de résoudre les contradictions entre les villes et les campagnes. Une possibilité de débattre démocratiquement de ce qu’on produit et de comment cela est produit, pour mettre fin à la dictature des corporations de l’agro-alimentaire et à la division internationale de la production agricole.

    Nous savons que les exploiteurs et les exploiteuses, ceux qui font des fortunes sur le fait de saigner la terre et de la ravager, n’acceptent pas de renoncer à leurs fortunes et leurs trains de vie. Nous savons toute la puissance de ces firmes. Nous savons comment elles traitent ceux qui s’opposent à elles.

    Nous savons que pour cela, il nous faudra être forts et fortes, nombreux et nombreuses, organisés, ensemble. Nous savons que ce changement ne peut provenir des urnes, qui ne servent qu’à élire de nouveaux exécutants de l’ordre du jour de ces immenses conglomérats.

    Aujourd’hui en France, comme partout dans le monde, de plus en plus d’individus mettent en cause le régime dans lequel nous sommes. Pour sa soumission intégrale aux désirs des patrons. Pour le fait que les grands monopoles ont fusionné depuis longtemps avec l’État. Cette remise en cause est légitime et nécessaire !

    La Terre est bien assez riche pour nourrir dignement l’humanité entière. Assez riche pour offrir un avenir radieux. Mais celui-ci ne peut émerger que si la réalité du pouvoir est assurée par ceux et celles qui produisent ces richesses. Que si ce sont les travailleurs et les travailleuses de l’industrie, de l’agriculture, des services, qui définissent les besoins auxquels l’économie doit répondre, dans le respect de l’environnement.

    Ensemble, défendons l’environnement et le climat : abattons le capitalisme ! Construisons le socialisme !