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  • Que faire de mieux ?

    Que faire de mieux ?

    Dans notre précédent article au sujet de l’assassinat de Nahel et de ses conséquences, nous avons exposé quelques principes qui nous paraissent fondamentaux dans l’appréhension de tout mouvement collectif. L’on peut noter :

    1. Conserver et défendre une autonomie politique de classe dans notre discours, pour que ce dernier ne puisse ni être phagocyté ni participer à celui des réactionnaires.
    2. Faire preuve du discernement requis pour distinguer le nécessaire du contingent, et ne tomber ni dans la déviation gauchiste ni droitière. C’est à dire, éviter autant de projeter avec naïveté nos aspirations et nos frustrations sur la réalité, que de ne pas voir en quoi cette réalité, aussi imparfaite et insatisfaisante soit-elle, peut déjà posséder un caractère politique et populaire. Autrement dit, se prémunir tant de la cécité qui voit du politique là où il n’y en a pas (« tout ce qui bouge est rouge »), que de celle qui ne voit pas là où il y en a (« ce ne sont que de la racaille avide de pillages »).

    Oui, ces émeutes ne sont pas révolutionnaires. Comme nous le notions, il est à déplorer un total manque de direction politique, l’immaturité des mots d’ordre et l’absence d’une conscience de classe. Mais devrions-nous donc, sinon la condamner, simplement regretter cette explosion de colère ? Cette position qui semble plus modérée n’est pourtant pas plus sage. Premièrement, car pour les 2 raisons évoquées plus haut, une telle rhétorique ne reviendrait qu’à avaliser (volontairement ou non) l’ensemble des appels au calme, c’est-à-dire le discours bourgeois anti-populaire. Deuxièmement, car elle ne voit pas en quoi les perspectives de progression ne sont pas dans le rejet des émeutes qui s’observent aujourd’hui, mais dans leur dépassement.

    Quelle est la différence ? Il est indéniable — comme nous l’avons déjà dit — que ce mouvement social fait face à une impasse causée par son manque de construction politique (organisationnel, stratégique, tactique, idéologique, etc.). Cela signifie que la colère qui s’exprime, cette violence, n’est pas canalisée. Elle n’est pas « sauvage », car elle possède indéniablement un contenu politique, mais celui-ci est brut et encore stérile. Cette révolte est spontanée et désorganisée, d’où la proportion importante de dommages collatéraux qui ne peuvent pas être expliqués ou justifiés politiquement. Cependant, le politique est là — ce qui ne veut pas dire qu’il est conscientisé comme tel ou qu’il est suffisant.

    Des observateurs se croient très intelligents en disant que les violences urbaines n’ont plus rien à voir avec Nahel, ou qu’elles reviendraient à salir sa mémoire. Cette « dérive » s’appelle la « montée en généralité » : la colère dépasse le meurtre de Nahel pour révéler celle du prolétariat, plus particulièrement celui des nations dominées de métropole (celles de l’ancien empire colonial français, aujourd’hui néocolonial). L’on apprend également que les pillages ne sont pas politiques car, comme chacun le sait, les intérêts matériels, ou la haine sociale, sont apolitiques. Les pillages n’ont rien de récent dans l’histoire ouvrière, et ont été historiquement plus la norme que l’exception. Rejeter radicalement et violemment un statu quo désigné comme insupportable est toujours politique. Il est normal que ce rejet ne corresponde pas aux catégories misérabilistes ou pacifistes qui séparent la révolte acceptable de l’inacceptable, qui se voit par là déchue de son statut de politique.

    L’on constate à gauche, même chez certains communistes, l’émergence de sentiments bien paradoxaux. Celles et ceux habitués aux invocations les plus enflammées de discours révolutionnaire sont soudainement frappés de modération, et appelle à la pondération et à la retenue. Pourquoi ? Car cette violence et cette colère ne sont pas la leur, ils ne la partagent pas, ou ne l’expriment pas de cette manière, donc ne la reconnaissent pas pour ce qu’elle est. C’est ainsi que la frange du prolétariat aujourd’hui en action se voit destituée de sa nature de classe, et excommunié dans la catégorie du « sous prolétariat » (lumpen prolétariat). Cette analyse est simplement fausse, et très symptomatique d’une déviation de droite (tout comme y voir la révolution déjà là, ou n’avoir un jugement qu’a-critique, est une déviation de gauche). Aujourd’hui, 6 ans après, il est facile d’oublier que les prolétaires ayant participé aux Gilets jaunes ont d’abord été qualifiés par la même gauche qui aujourd’hui regrette l’effervescence d’alors, de petit bourgeois poujadistes et complotistes. Nous y reviendrons.

    Ils ont raison de se révolter, et ils ont raison aussi lorsque la révolte n’est pas optimale ni réfléchie. Comme nous l’avions déjà dit, la liberté et le devoir de critiquer les excès (actes et idées réactionnaires, brutalités antisociales, etc.) et les manquements (absence de projet politique et de stratégie), ne dois pas nous faire dévier de la seule position fondamentalement juste lorsque se déchaîne une révolte prolétaire (car c’est bien ce dont il s’agit) : la défense de l’autonomie politique de classe contre le bloc réactionnaire. Ce combat ne peut tolérer aucune lâcheté ni aucun pessimisme de la part des communistes. Il faut tracer une ligne de démarcation entre notre classe et les liquidateurs-pacificateurs, qu’ils le soient par frayeur des débordements ou par vaine exigence d’un mouvement pur et parfait — idéal sinon rien ! — qui n’existe que dans leur aspiration.

    Les seuls appels au calme audibles sont ceux émis par les collectifs de mères des quartiers concernés. Car elles connaissent l’ampleur de la répression qui vient, dont elles seront directement en première ligne. Cette peur n’est pas moins compréhensible que la colère de leurs fils et filles. Il faut reconnaître qu’elle est autant inévitable que cette dernière.

    À court terme, on ne peut pas s’attendre à des résultats correspondant à l’ampleur de l’énergie déployée. Cela ne veut pas dire qu’elle aura été en pure perte. Il est peu probable que la situation des banlieues s’améliore substantiellement prochainement, mais la plus-value de cette mobilisation doit être attendue ailleurs.

    Les jeunes qui par milliers ont pris la rue les nuits dernières rentreront-ils sagement et définitivement chez eux ? Cet événement — aussi dans ce qu’il a de plus négatif — marque une génération d’une expérience indélébile, c’est une connaissance intime qui ne s’oublie pas. Tous ne sont pas de futurs révolutionnaires, beaucoup en resteront là, certains n’évolueront pas dans un sens plus politiquement construit, mais le terreau existe et ces événements s’y ajoutent. Il en va de même pour tous les mouvements de lutte collective, qu’importe le degré de défaite, car chacun d’eux est une étape inévitable jusqu’à la victoire. Il ne faut pas projeter nos aspirations révolutionnaires sur les quartiers populaires, pas plus que sur les syndicats ou tout autre mouvement populaire. Mais il faut voir le potentiel et les promesses futures qu’il y existe, là aussi.

    Certains s’offusquent car la violence sociale ne brûlerait pas les bons bâtiments ou ne pillerait pas les bons magasins. Ceci serait le révélateur que ces actions n’ont rien de politique et ne serait que strictement récréatives. Il y a trois choses à répondre à cela.

    1. D’abord, il n’y a aucun sens à opposer récréatif et politique, même lorsque le premier peut être contre-productif et empiéter sur le second. Ils ne s’excluent pas, et dans les mobilisations spontanées et désorganisées que l’on observe aujourd’hui, l’un est à attendre avec l’autre. La catharsis d’une colère sociale ne serait-elle politiquement valable et apte à être exprimée violemment que si et seulement si elle est aussi correctement organisée ?
    2. Ensuite, les questions de tactiques sont justes (« Quelles cibles sont prioritaires ? Pourquoi attaquer X ou Y bâtiment ? »), mais restent hors sol lorsque nous parlons d’une révolte spontanée et désorganisée. Cela serait comme reprocher aux luddites de ralentir l’accumulation des forces productives en détruisant des machines, au lieu de s’organiser comme classe relative à celles-ci — le capital, ce qui ne serait pas faux per se, mais politiquement inutile si ce n’est pour concourir aux discours contre-révolutionnaires.
    3. Enfin, ces débats sont condamnés à rester scolastiques s’ils abordent le problème « dans l’abstrait » de « ce qu’il faudrait faire s’il y avait une direction organisée », et surtout, ils apportent de l’eau au mauvais moulin. Qui a aujourd’hui l’autorité pour dire qu’il est bon et révolutionnaire de brûler un commissariat ou une mairie mais qu’il serait mal et autodestructeur s’il s’agit d’une école ou d’une bibliothèque ? Là où nous voulons en venir, c’est qu’il n’y a personne aujourd’hui qui puisse se revendiquer capable de définir quels sont les bons symboles à attaquer, et au contraire ce qui relèverait du bien commun à protéger.

    Le récréatif est l’expression d’une haine de classe profonde, personne n’aime spontanément collectivement piller ou brûler. Ce discours part du principal qui devrait sembler évident qu’il est communément amusant de dépouiller un LIDL ou d’attaquer des institutions d’État. Comment en arrive-t-on là ? Est-ce naturel ? Culturel ? Non. C’est une catharsis de classe qui répond à une haine de classe.

    Cette haine et ce désir de destruction, ce n’est pas une violence apolitique, c’est une violence prolétaire. Beaucoup la ressentent dans leur tripe, cette envie de « tout cramer ». Il paraît si évident que « les jeunes de quartiers populaires veulent tout détruire » que l’on oublie de se rappeler que cela n’a rien d’un allant de soi, et tout d’un problème à poser dont la réponse est là encore que c’est un phénomène de classe. L’aspect prolétaire est principal, là où la dimension culturelle propre à ces quartiers est secondaire, comme toujours, il ne faut pas s’échouer dans la réification des identités — confondre cause et conséquence en utilisant comme explication ce qu’il faut expliquer.

    Les accusations de « mobilisation plus récréative que politique » ne sont pas nouvelles non plus. Les occupants des ronds-points étaient ainsi allègrement qualifiés de « chômeurs buveurs de bière ». Les Blacks blocs « d’étudiants en manque de frisson ». Ou encore les syndicalistes de « fainéants amateurss de barbecue ».

    La gauche radicale a — malgré ses divisions — ses codes. Ainsi, sans que cela ne fasse consensus, pour beaucoup attaquer une banque ou un organisme d’État est positif. Pourquoi ? Car cela revient à s’en prendre aux symboles honnis de l’État et du Capital ! Mais, attention, attaquer une école ou une bibliothèque serait le fin fond de l’erreur ! Pourquoi ? Car cela reviendrait à pénaliser les travailleurs et travailleuses du quartier. Cela peut paraître une évidence, mais cela ne fait que révéler les doubles standards de cette gauche, qui selon que les cibles de l’émeute correspondent à ses codes ou non, se croit capable de différencier le bon du mauvais vandalisme. Une école ne serait pas le lieu de la reproduction sociale de la hiérarchie capitaliste ? Le premier lieu de l’exclusion et de la distinction sociale ? Une institution de contrôle, calibré pour « surveiller et punir » ? La bibliothèque ne serait pas pareillement le temple d’une culture dominante, légitime, qui écrase et nargue celles et ceux à qui elle n’appartient pas, où certains sont refusés à l’ascension sociale qu’elle représente ? Soit, un autre lieu symbolique de l’ordre républicain, ou de la bienséance bourgeoise ? À l’opposé, une banque et une mairie ne sont-elles pas des lieux essentiels de la vie d’un quartier ? Tout et rien peuvent être des « bonnes » ou des « mauvaises » cibles. L’on peut toujours choisir de voir « l’assaut contre le monde capitaliste » ou « l’acte irréfléchi qui retombera sur le dos de monsieur et madame tout le monde ».

    Quant à la rhétorique des dommages collatéraux de la casse, elle n’est ni plus ni moins que celle qui est utilisée par les partisans de la politique bourgeoise, à chaque occasion. Et ce autant contre les Blacks blocs que les Gilets jaunes ou les mobilisations syndicales. Ce furent les arguments invoqués dès les premières casses de la Loi travail (« Ils font la faillite des petits commerçants ! »), lors des blocages de ronds-points de 2018-2019 (« Ils gênent tout le monde ! »), mais aussi à chaque grève (« Ils prennent la France en otage ! »). Il y a et il y aura toujours des dommages collatéraux. Et plus une mobilisation est anarchique, plus la proportion d’excès est à attendre dans celle-ci.

    Les tenants de la critique des violences urbaines en manifestation pourraient répondre que ce sont là de bons arguments anti-casse (« il faut user de méthodes qui n’ont pas de dommages collatéraux »). Mais nous pouvons répondre alors qu’une grève réussie est précisément une grève qui bloque le pays. Quid des pauvres usagers qui ne peuvent plus circuler lors des grèves à la RATP ou à la SNCF ? Quid des ordures qui s’accumulent aussi dans les quartiers défavorisés lors des grèves des éboueurs ? Nous pourrions continuer longtemps dans cette fuite en avant, à la recherche désespérée d’un mode d’action efficace à la précision chirurgicale (qui ne dérangerait que les « bonnes » personnes). Du côté syndicaliste des choses, le problème se pose aussi, l’on attend l’invention de la grève qui ne gêne que les bourgeois. Pourquoi serait-il glorieux que des grévistes détruisent les machines de leur usine menacée de délocalisation, mais le comble de l’autodestruction d’incendier des bâtiments de son quartier ? Sans que ces deux pratiques soient équivalentes pour autant, la différence de traitement concernant leur point commun (« l’autodestruction ») est un autre double standard.

    Chaque mode d’action peut être accusé de « faire le jeu des politiques bourgeois en décrédibilisant le mouvement », de « ne pas s’en prendre aux bonnes personnes », et de « handicaper en premier les travailleurs et travailleuses ». Si nous descendons sur cette voie, nous finissons chez les partisans de la négociation et de la politique bourgeoise. Ce n’est pas alors que les émeutes ou la casse qu’il faut abandonner, mais toute forme de lutte ! Mieux vaut accepter qu’il n’existe pas, et qu’il n’y aura jamais d’omelettes sans casser des œufs. Cela ne clôt pas le débat de la juste tactique dans la juste stratégie, car il faut être le plus économe et impactant possible dans notre lutte (le meilleur rapport coût/bénéfice possible dans un plan au long terme). Mais l’existence ou même la prolifération de dommages collatéraux ne sera jamais un argument valable pour frapper d’anathème une méthode ou une autre.

    Quel est le ressort tactique d’une grève ? Bloquer le travail et le capital pour bloquer la production de profit. C’est aussi fondamentalement un principe commun avec les opérations de blocage ou d’occupation. C’est précisément l’argument invoqué par les cortèges de tête (poser un problème à l’État en s’en prenant à la propriété privée qu’il est tenu de protéger). Les émeutiers ont frappé là où ça fait mal : la propriété privée. Cette transgression est révélatrice, les révoltés s’en prennent aux lois de la société de l’accumulation. Ils prennent ou détruisent par la force ce qu’elle leur promet sans leur délivrer. Sans que cela soit consciemment conçu comme tel, c’est une attaque contre l’ossature de la société capitaliste, ses normes, ses valeurs, son appareil de subordination, ses affronts, etc., de la part de ceux qui ont appris à la détester le plus. Le prolétariat n’a pas besoin d’attendre d’être une classe pour soi (consciente) pour connaître le capitalisme en soi (le vivre et le haïr).

    Nous ne nions ni que 1) cette mobilisation présente des dommages collatéraux importants, que 2) ceux-ci sont sûrement par sa nature chaotique plus importants que nécessaires, et que 3) il existe indéniablement également un caractère récréatif et cathartique. Et alors ? En quoi cela change-t-il quoi que ce soit par rapport à tout autre mouvement ? L’on peut débattre des proportions (coût/bénéfice), et nous ne pensons pas que l’actuelle révolte soit identique à aucun des exemples cités. Mais in fine, nihil novi sub sole ! Si nous pensons qu’il est juste de se révolter contre le capitalisme et les politiques racistes héritées du système colonial, alors il n’est pas moins juste de le faire avec des méthodes qui ne seraient pas les nôtres. Nous pouvons critiquer le manque d’efficacité, ou les fautes politiques, mais nous ne pouvons pas nous permettre d’être des communistes ayant peur des ruines. Disons-nous que les émeutes équivalent à toutes ces autres mobilisations ? Non, elles ont leurs propres mots d’ordre, tactique, stratégie, etc. Mais ce que nous voulons exprimer avec ces comparaisons, c’est que ces émeutes doivent être jugées équitablement, selon les mêmes mesures que toute autre mobilisation.

    En 2018, lorsque le mouvement des Gilets jaunes a spontanément débuté, quelle était la position juste ? De le condamner car non-organisé, infesté par les fascistes (Action française, Bastion social, Front national, etc.), aux mots d’ordre vagues, et lui aussi propice aux excès ? Après plusieurs années de recul, cette position semble ridicule. Pourtant, c’était celle d’une partie non négligeable de la gauche. Les discours n’étaient en rien différents de ceux que l’on entend aujourd’hui : « ça ne mènera nulle part », « il n’y a ni objectif ni ligne politique claire », « beaucoup ont des idées réactionnaires ou confusionnistes », etc. Rétrospectivement, il est facile d’oublier que les Gilets jaunes connurent leur lot de scandale et de procès en progressisme (justifiés !). Cependant, l’on doit tous et toutes se remémorer qu’il exista alors des faits aussi graves que d’intercepter des migrants en voyage dans un camion, pour ensuite les remettre aux autorités.1

    Pour continuer avec l’exemple des Gilets jaunes, là aussi nous avions entendu un florilège de pseudo-arguments pour justifier la retenue de la gauche, qui prit plusieurs mois à dégeler. Mais que doit être notre logique maîtresse dans le jugement d’un mouvement X ou Y ? Premièrement, en connaître les mots d’ordre, explicites et implicites. Et deuxièmement, après une observation d’ensemble, distinguer le principal du secondaire, c’est-à-dire le nécessaire du contingent. Le mouvement des Gilets jaunes a — lui aussi — regorgé de slogans réactionnaires (anti-immigration, racistes, collaborationnistes de classe, etc.) et d’actes antisociaux, mais qu’est-ce qui qui était le principal? Que la sociologie était populaire, les revendications étaient concentrées sur des problématiques populaires (« justice sociale ») et des désirs d’appropriation du pouvoir politique (« démocratie directe », « 1789 »). Les aspects racistes et antisociaux n’étaient pas le cœur du mouvement, mais des dérives, importantes mais qui furent progressivement combattues et ostracisées (autant organiquement que consciemment). Les émeutes actuelles ne connaîtront malheureusement peut-être pas la même maturation (en raison de leur méthode de mobilisation plus fatalement éphémère), mais elles possèdent tout autant un aspect principal et secondaire. La nature de classe — prolétaire — et la qualité de la colère — populaire — sont principales, le reste est secondaire (ce qui ne veut pas dire négligeable !). Les idées réactionnaires et les comportements antisociaux existent dans les masses populaires, on l’a constaté, on le constate, et on le constatera toujours.

    En quoi les modes d’action traditionnels de la gauche seraient-ils fondamentalement meilleurs que ceux qu’on choisit les jeunes de banlieues ? Le récent mouvement contre la Réforme des retraites, aussi organisé et large qu’il fût, se solda par un échec, qui n’est que le dernier dans l’histoire des luttes syndicales en France. Il faut faire mieux que des émeutes sans cadre et sans projet politique positif, mais qu’avons-nous à leur proposer dans l’immédiat ? L’impasse n’est pas que celle de l’émeute, elle est plus générale face à l’État bourgeois et à la politique néolibérale.

    Il ne faut surtout pas être béatement admiratif des « réussites » martiales des émeutes (comprendre : avoir réussi à dépasser largement l’échelle des destructions matérielles de tous les apôtres du Black bloc rassemblé depuis 2016). Premièrement, car ces réussites ne sont que pyrrhiques (le nombre d’interpellations est très important et demain la répression étatique ne s’annonce pas plus douce). Deuxièmement, car malgré leur envergure, elles sont sans lendemain et ne sont que l’autre facette de l’impuissance du peuple face à la bourgeoisie et son État (l’explosion fait beaucoup de bruit et de fumée, mais elle est courte, contrôlée et n’aura qu’effleuré superficiellement la structure capitaliste et étatique). Et troisièmement, car elles sont le symptôme le plus éclatant de notre propre incapacité à convertir dans un sens transformateur et organisé ce potentiel révolutionnaire exploitable (les communistes sont encore inaptes à remplir leur devoir).

    Nous avons toute la liberté de regretter cet état de fait, ou de redouter l’envergure de la contre-offensive réactionnaire, qui exploitera autant que possible à son compte les présents événements, et qui fera peser le poids de l’oppression d’autant plus lourdement sur ces quartiers. Mais dans les 2 cas, nous n’avons aucun pouvoir sur ces événements. Nous ne pouvons ni revendiquer, ni proposer une direction communiste à ce mouvement, ni empêcher les réactionnaires d’être réactionnaire, ou l’État bourgeois d’être bourgeois. Notre seule issue par le haut n’est pas dans le rejet ou la désolidarisation, mais dans le soutien (il faut en retenir ce qu’il y a de positif). Mais celui-ci n’est pas satisfaisant en soi, il ne doit être qu’une base, un pré requis, pour le travail qui attend les communistes : reconstruire l’organisation de classe et de combat du prolétariat, grâce à laquelle la violence ne sera plus le langage de la frustration sans avenir, mais celui de la transformation révolutionnaire.

    Cet outil de notre victoire doit quitter notre imagination, pour aller s’enraciner dans les masses populaires de France. Mais en attendant qu’il existe, et puisse revendiquer avec succès être l’unité et l’arme des exploités et opprimés, nous ne pouvons pas nous contenter de réagir avec une morgue ou un défaitisme indécent devant les expressions innées de la résistance populaire et prolétaire. Pour quiconque se dit sincèrement et sérieusement communiste (sans même parler d’être une avant-garde), ce sont des principes de base.

    Nous avons dit plus haut que cette colère et cette violence étaient stériles. Est-ce vrai ? Oui, au sens où elle ne porte pas de projet transformateur et n’est donc réduite à n’être qu’une réaction, puis à se disperser par manque de cohésion et de prévision. Mais elle fait partie d’un processus d’accumulation (d’expérience, de pratique, de connaissance, etc.) qui lui n’est pas stérile, elle en est une étape. La société capitaliste « s’échauffe », la pression augmente, et les soupapes qui ont suffi ces 70 dernières années sont maintenant incapables de jouer leur rôle dissipatif face au néolibéralisme et à la crise de l’impérialisme. Le résultat, ce sont les expressions nouvelles, plus antagoniques et plus improvisées, de la violence sociale. Les Gilets jaunes en étaient aussi une étape. La dernière défaite syndicale aussi. Ce que cette progression contient en germe — seulement mais effectivement — c’est la révolution communiste.

    La tendance que nous décrivons, c’est celle de l’intensification croissante de la lutte des classes en France. Ce sont dans les quartiers populaires que la hausse du coût de la vie et que le renforcement de la violence du capitalisme et de son État se fait sentir en premier, ce n’est donc en rien étonnant que ce soit de là que proviennent aussi les premières secousses.

    Nous en revenons à notre question originelle. Que faire de mieux ? La première étape est de ne pas passer plus de temps à dénoncer les excès du mouvement qu’à le défendre face à la contre-offensive réactionnaire raciste et ses éléments de communication animalisant : défendre notre classe. La seconde est de ne pas se renfrogner dans un désespoir capricieux au vu de la présente absence de débouchés de ce nouveau mouvement, et des représailles qui s’annoncent : ne pas confondre gravité et mélancolie. La troisième est de poser à nouveau le problème stratégique qu’a ressassé le mouvement ouvrier dans son histoire : comment transformer une classe en soi en classe pour soi ?

    Deux slogans éprouvés apportent des solutions : « étude, organisation, propagande » et « servir le peuple ». Il n’y a pas de « gauche blanche » en tant que telle, en revanche, la gauche s’est embourgeoisée, et du même coup « blanchie ». La gauche des banlieues a disparu, car elle s’est détachée de l’ensemble de la classe prolétaire. Mais elle a existé (les « banlieues rouges »). Ce qu’il faut reconstruire, c’est une gauche politique et ouvrière, c’est-à-dire communiste. Celle-ci sera mécaniquement aussi une gauche des banlieues, car c’est là que se concentrent les populations prolétaires les moins « privilégiées » de nos pays impérialistes. Il n’y a que cette édification qui puisse être capable de proposer une issue de l’impuissance en donnant à la colère un pouvoir transformateur.

    C’est un travail long qui viendra autant de l’intérieur que de l’extérieur des banlieues, dans une dynamique générale portée par tous les exploités et opprimés, et toutes les exploitées et opprimées.

    Cet optimisme n’est pas celui de l’impatience, c’est tout à l’inverse, celui du temps long qui sait gagner sur la distance.

    En bref, il s’agit de penser et d’agir en révolutionnaire conséquent.

    1. https://www.leparisien.fr/faits-divers/quand-des-gilets-jaunes-remettent-des-migrants-aux-gendarmes-21-11-2018-7948308.php
  • Message de solidarité avec les luttes en France – printemps 2018

    Message de solidarité avec les luttes en France – printemps 2018

    Message de solidarité avec les luttes en France 

    ICOR

    La Coordination Internationale des Organisations Révolutionnaires salue les ouvrières et ouvriers, les étudiants et les autres travailleurs en France qui luttent contre la politique anti-ouvrière et anti-populaire du gouvernement Macron-Philippe. Votre grève est suivie et soutenue au niveau international!

    Au centre de vos luttes – la résistance contre l’attaque du gouvernement sur les cheminots! Le gvt Macron veut s’attaquer à vos statuts, acquis et défendus dans des multiples grèves et luttes.

    Le gouvernement dit vouloir «transformer» et «moderniser» la France?

    Cette soi-disant «réforme»  pour la SNCF aurait des conséquences désastreuses: des emplois supprimés ou précarisés, des conditions de travail et de combat plus dur, la division des équipes de camarades, l’affaiblissement des syndicats.

    La réforme serait aussi très négative pour l’environnement avec d’autres milliers de km supprimés et plus de trafic de voitures, des régions rurales seraient encore plus mises à l’écart.

    Ça serait cela – la France moderne??

    En fait, ce qui se passe en France – se déroule dans des multiples pays – dans les pays d’Europe et dans le monde entier. Les secteurs publics entiers sont transformés en marchés pour les grands groupes internationaux. Un peu partout, ces monopoles internationaux cherchent à investir leurs immenses profits dans les transports, les hôpitaux, les maison de retraites, écoles etc. pour en faire une marchandise.  

    La logique du profit règne sur toute la société – c’est le monde de Macron. Et en politique extérieure, c’est de l’impérialisme quand Macron avec Trump et May bombarde la Syrie.

    Dans d’autres pays, les travailleurs se battent aussi pour défendre et améliorer leur conditions de travail et de vie, parfois contre les mêmes groupes du capital international.

    Nos expériences montrent:

    Seule une grève continue et générale, soutenue par de larges parties de la population, peut nous apporter des succès !

    Retrait du projet de loi gouvernemental pour la SNCF !

    Une victoire en serait aussi une pour tous les autres travailleurs attaqués. Elle en serait aussi un encouragement énorme au niveau international. L’ICOR fera connaître votre lutte au niveau  mondial et organisera la solidarité.

    Pour l’offensive ouvrière international contre le capital financier international!

    Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

    Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés, unissez-vous!

     

    L’ICOR-Europe s’engage à faire connaître les différentes luttes et à les coordonner en Europe. Elle a déjà soutenu la lutte contre la loi travail en 2016. Les plus de 50 organisations membres de l’iCOR se soutiennent mutuellement dans la construction du Parti révolutionnaire.

    Dans ses statuts, l’ICOR écrit:  «Les masses dans le monde ne veulent pas périr dans la barbarie capitaliste! La politique méprisante pour le genre humain du capital financier international incite l’élan révolutionnaire de l’humanité vers une société sans exploitation et oppression, sans misère, destruction de l’environnement et guerre qui offre des perspectives à la jeunesse.» C’est le socialisme.

    Vive l’internationalisme prolétarien!   

    Signataires (en date du 28/04/2018, d’autres signataires sont possibles):

    1. БКП   Българска Комунистическа Партия (Parti communiste bulgare)
    2. KSC-CSSP   Komunisticka Strana Cheskoslovenska – Cheskoslovenska Strana Prace (Parti communiste de Tchécoslovaquie – Parti ouvrier tchécoslovaque), République tchèque
    3. MLPD   Marxistisch-Leninistische Partei Deutschlands (Parti marxiste-léniniste d’Allemagne)
    4. MIKSZ   Magyar Ifjúság Közösségi Szervezete (Organisation de la Communauté de la Jeunesse Hongroise)
    5. PR   Partija Rada (Parti du travail), Yougoslavie (ex)
    6. KOL   Kommunistische Organisation Luxemburg (Organisation Communiste de Luxembourg)
    7. RM   Rode Morgen (aube rouge), Pays-Bas
    8. BP (NK-T)   Bolşevik Parti (Kuzey Kürdistan-Türkiye) (Parti bolchévique (Kurdistan du Nord / Turquie))
    9. MLGS   Marxistisch-Leninistische Gruppe Schweiz (Groupe marxiste-léniniste de Suisse)
    10. KSRD   Koordinazionnyj Sowjet Rabotschewo Dvizhenija (Conseil de coordination du mouvement ouvrier), Ukraine
    11. MLP Marksistsko-Leninskaja Platforma (Plate-forme marxiste-léniniste), Russie
    12. PR-ByH   Partija Rada – ByH (Parti du travail – Bosnie et Herzégovine), Bosnie et Herzégovine
    13. MLKP   Marksist Leninist Komünist Parti Türkiye / Kürdistan (Parti marxiste-léniniste communiste Turquie / Kurdistan)
  • Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie III  : la faiblesse politique.

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie III : la faiblesse politique.

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie III : la faiblesse politique.

    Contrairement à d’autres travaux en plusieurs parties, nous ne publions pas immédiatement la brochure correspondante. En effet, à la lecture de certains commentaires produits par nos lecteurs, nous considérons que des corrections sont à apporter sur la première partie, ainsi que des éclaircissements. Ceux-ci concernent principalement la question du PCF après la Libération, et son choix de la collaboration de classe ; mais également une explication de notre position sur l’URSS d’après le XXème congrès du PC(b)US.

    Il existe, au sein du mouvement contre la Loi Travail, un facteur limitatif qui est inhérent à sa nature même. Le désespoir qui se rencontre chez celles et ceux qui luttent contre cette loi est logique. Comment croire à une victoire lorsque la situation se présente sous cette forme. La bourgeoisie ne reculera pas car cette lutte lui apparaît vitale. Elle déploie tout ce qui fait sa force, à savoir tant la brutalité et la brusquerie que le simple fait qu’elle dispose de reins d’une solidité  sous-estimée.

    Même si elle était utilisée à plein rendement, l’action des syndicats ne suffirait pas. L’attaque de la part de la bourgeoisie va au-delà d’une offensive pour baisser les salaires, d’une offensive sur les conditions de travail. L’action de la bourgeoisie frappe tous les compartiments de la vie des classes populaires, depuis le travail jusqu’à l’accès à l’éducation et à la culture, en passant par les droits démocratiques.

    Imaginons une grève massive et suivie : combien de temps tiendrait-elle avant que les ressources des travailleurs, avant que la démoralisation, avant que l’individualisme prenne le dessus ? Difficile à dire. Mais il n’est pas difficile de dire que la bourgeoisie, qui vient de passer 60 ans a tolérer des concessions temporaires issues du CNR, serait capable d’encaisser le choc et de tenir le temps que les choses se tassent.

    Après tout, le jeu en vaut pleinement la chandelle.

    De fait, l’action syndicale  touche ses limites.

    L’une des raisons de la faiblesse de l’action syndicale est qu’elle n’est pas reliée à une action politique.

    L’action syndicale ne suffit pas. C’est pour cela que l’action politique existe. Le syndicalisme possède des limites du fait de sa nature même. A l’exception de ceux et celles qui sont restés bloqués dans une conception du XIXe siècle, dans laquelle le syndicalisme en tant que tel pouvait apporter l’émancipation à l’humanité, la plupart des acteurs politiques anti-capitalistes sont unanimes pour reconnaître que l’action politique prime.

    Le syndicalisme seul opte pour une vision de la bataille centrale entre exploiteur et exploités au travers de la grève générale. Celle-ci, comme une ultime charge, doit faire tomber les patrons et remettre entre les mains des travailleurs leurs outils de production.

    D’autre part car le syndicalisme seul, tout comme l’autogestion seule, ne remettent fondamentalement pas en cause l’économie de marché et le capitalisme. Le fait d’être une usine autogérée ne prémunit nullement des questions de rentabilité, d’exploitation, de salaire et de concurrence. Non pas par égoïsme de la part des acteurs de la base, mais bien parce que l’expression de leur intérêt personnel est d’accroître leur niveau de vie, d’améliorer leur situation. Bel et bien parce que leur vue demeure « en dessous de l’horizon. »

    Mais dans le domaine de l’action politique, la force politique hégémonique, cent ans après 1917, demeure issue des organisations réformistes. L’électoralisme, le respect des institutions, des cadres définis par la bourgeoisie, de son jeu, de ses règles.

    Pourtant, dans leur fort intérieur, et l’immensité de l’abstention l’indique, les masses populaires sont conscientes de ce jeu de dupes. Elles sont conscientes que les politiciens et les politiciennes qui se battent pour gagner l’Elysée ou un siège à l’Assemblée sont mues par l’opportunisme le plus bas et le plus crasse. Les naïfs -il en existe toujours- ne trouvent guère de chemin vers le sommet de ces organisations pyramidales, lesquelles ne sont que le règne de la coterie, de la corruption, du copinage.

    Tous les petits scandales concernant les députés dits « radicaux », tous les à-côtés, tous les petits privilèges illustrent leur caractère fondamentalement petit-bourgeois.

    Et lorsque ils et elles, ces tribuns de la plèbe modernes, sont élus, ils et elles ne font rien. D’une part car le jeu est truqué. De l’autre car les balles sucrées de la bourgeoisie tuent autant que les vraies, quant il s’agit de s’intéresser aux volontés de changement.

    La social-démocratie, qui ne se limite pas au Parti Socialiste, mais embrasse le PCF comme la France Insoumise, avec leurs spécificités, à quoi se réduit-elle, finalement ?

    Un échec. Un échec qui, du fait de son caractère hégémonique, frappe durement, durablement le moral des masses populaires. Un échec qui explique cette démoralisation. Les jeux vicieux des forces politiques opportunistes n’y sont pas non plus étrangers. Dans un article récent, nous fustigions le jeu en solo de Mélenchon, le fait qu’il ait opté pour une ligne liquidatrice, dangereuse, dont le but était d’émerger comme le centre de la contestation, quelqu’en soit le prix. Ce type de jeu dangereux, pour occuper la place du PS et du PCF, pour occuper ses places fortes, comme une transposition des luttes féodales à l’heure actuelle, se paie par des défaites. Se paie par des divisions, par des affaiblissements, par des brèches profondes et qui courent le risque de s’infecter. Les carriéristes ne s’en inquiètent pas outre mesure, ont-ils déjà eu à faire au code du travail ?

    De l’autre côté de l’échiquier, une autre déviation se développe, une déviation nourrie par le gauchisme. Sans être aussi dangereuses que la première, elle n’en fait pas moins fausse route, tandis que grandit le risque de fractures nourries par le sectarisme.

    Radicalité cosmétique ou réformisme, au final, sans stratégie, amènent au même résultat. La tactique de confrontation avec la police, tout comme de menus dégâts causés aux banques et aux symboles du capitalisme, ne peut, en soi, amener à une victoire.

    Supposons un débordement complet des forces de police durant une manifestation. Supposons un champ libre pour les manifestants, comme le désirent les aficionados de la manifestation sauvage. Supposons que l’ensemble des objectifs que se fixent les autoproclamés radicaux soit atteints.

    Même en supposant tout cela, rien n’est gagné pour autant. Des débordements, des émeutes, des insurrections même, l’Histoire en a connu des centaines. Mais cette théorie qui stipule que toute manifestation porte en elle les germes du Grand Soir est illusoire.

    D’une part du fait que, spontanément, les individus se tournent vers le réformisme. Détruire un système politique et un système d’organisation de la société implique une mobilisation forte, qui ne vise pas à remplacer simplement les têtes.

    Dans ce sens, le mythe du « bon maître », ou du « gouvernement ouvrier » allant « du PS au NPA » défendu par les trotskistes, a la vie dure. Il correspond in fine, au fait de remettre au centre du jeu les organisations sociale-démocrates, à leur donner les coudées franches.

    De fait, la solution politique, le cadre qui sous-tend chacune des luttes, est la question de l’accaparation du pouvoir par la bourgeoisie, par le fait de l’existence du système d’oppression et de domination issu du capitalisme, issu de l’impérialisme, au service des intérêts d’une classe : la bourgeoisie.

    Cela, les anarchistes le comprennent, cela les autonomes le comprennent. Là où réside le vide, la faille, c’est dans la stratégie qui permet d’avancer.

    La stratégie qui permet de répondre tant à la question de la Loi Travail, mais également aux questions relatives à tout ce qui touche à l’exploitation capitaliste et impérialiste ne peut sortir de nulle part. Elle ne peut pas naître de manière spontanée. Elle est fille d’une idéologie capable d’analyser la société, capable d’analyser le fonctionnement de l’économie et de la société. Elle ne peut pas non plus s’appliquer en tombant des airs, elle nécessite des relais, qui sont les organisations révolutionnaires communistes. Or, ces organisations capable de jouer ce rôle n’existent pas à l’heure actuelle.

    Ce vide est le fruit de la pression de la bourgeoisie, certes, mais également d’erreurs de la par des organisations communistes.

    Il serait aisé de jeter la pierre sans faire un acte d’autocritique sur les faillites propres à notre mouvement et -même- à notre organisation. L’amateurisme, l’impréparation, la vulnérabilité au flux et au reflux, tout autant de travers petit-bourgeois, ne nous épargnent pas. La présomption, elle même, ainsi que les jugements à l’emporte pièce, nous touchent. Comme, nous l’espérons, d’autres, nous essayons d’avancer dans le but de les résoudre. Comme d’autres, nous l’espérons, nous essayons de le faire avec bonne foi, avec des erreurs -parfois terribles, peut-être- mais dans le but de nous corriger et d’avancer.

    C’est le fait que nous pensons sincèrement que cette position n’est pas que la notre, mais qu’elle est celle de la plupart des organisations communistes de l’Etat français, qui nous pousse à avancer sur le chemin de l’unité.

    Car les forces révolutionnaires sont particulièrement faibles, actuellement. Elles sont non seulement faibles mais dispersées. Elles sont non seulement dispersées, mais parfois même hostiles les unes aux autres. Pourtant elles sont les seules à pouvoir apporter une solution positive à cette lutte, en la replaçant dans son cadre véritable : une des batailles de la lutte des classes. Une des batailles dans une stratégie de construction et de mise en œuvre de l’outil qui nous manque : le Parti Communiste.

    In fine, la quadrature de cercle se trouve réduite à cette équation : soit la bataille pour la loi travail est vue comme une guerre en soi, dans quel cas la défaite est assurée, soit elle est vue comme une bataille dans laquelle les organisations politiques communistes doivent être capable de développer des mots d’ordres, d’intégrer les parties les plus avancées des masses populaires, de grandir en influence, en efficacité, en structuration. Dans ce cas uniquement, une défaite syndicale peut se muer en victoire politique.

    Nous sommes une année symbolique. Cent ans après la révolution bolchevique, laquelle à vu s’imposer comme une force dirigeante un Parti qui n’était pourtant considéré, huit mois avant, que comme un petit groupe, voir, pour ses détracteurs, comme une secte, voir, pour ses détracteurs, comme une secte.

    Nous devons nous inspirer du travail du Parti Bolchevik, en particulier quant à la question de l’unification, quant à la question de la construction de l’outil révolutionnaire.

    Nous sommes dans une année symbolique, à nous d’en faire une année charnière.

    A nous, communistes, de surmonter les obstacles qui nous séparent de la création de cette organisation. De surmonter les différents, de poser les questions justes, et de savoir déterminer lesquelles sont des préalables à l’organisation et lesquelles se traitent au sein d’une seule organisation.

    Au final, les difficultés que nous rencontrons proviennent toutes de là.

    A nous, communistes, de parler d’une voix unique, lorsque l’heure du combat vient. La solution à la lutte, aux luttes qui se mènent ne surgira pas ex-nihilo, elle doit être bâtie.

    A nous de relever le drapeau de la révolution prolétarienne.

    A nous de faire renaître l’espoir de 1917.

  • Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie I  : l’état de la bourgeoisie.

    Les difficultés de la lutte contre la Loi Travail – Partie I : l’état de la bourgeoisie.

    Les difficultés de la mobilisation contre la Loi Travail.

    -PARTIE 1-

    L’état de la bourgeoisie.

    Le zénith de la mobilisation serait-il déjà passé ?

    Une terrible et sourde inquiétude traverse les rangs des mobilisés contre la Loi Travail. La quatrième journée de mobilisation, le 19 octobre, s’est retrouvée marquée par une décrue importante. Des effectifs divisés par quatre comparativement à la journée du 12 septembre.

    La menace n’en est pourtant pas moindre. Plus la Loi apparait en détail, plus ses conséquences se dévoient comme  funestes pour les travailleurs, pour les travailleuses, pour les précaires et les privés d’emplois.

    Chaque jour apporte son lot de nouveaux immondices, cadeaux pour les riches, coups de poignards pour les masses populaires. Avec un cynisme éhonté, les dirigeants de l’Etat, les porte-lances de la bourgeoisie, sabrent dans les conquêtes sociales, sabrent dans la protection, sabrent dans les salaires directs ou indirects.

    Suppression du code du travail, suppression des CHSTC, suppression de l’ISF… Tout est fait pour plaire à ses commanditaires. Les masses, elles, doivent se considérer heureuses : elles sont « protégées » par un Etat d’urgence permanent, par une chape de plomb. Elles sont « protégées » par une police qui est nantie du droit de tuer, le tout avec l’assentiment des ex-gauchistes du type de Cohn-Bendit.

    La réaction, viscérale, est la colère, la rage, l’indignation face à la dévastation qui s’annonce.

    L’application de ces lois se traduira par la misère, par la pauvreté, par la précarité, par la baisse de l’espérance de vie. En somme cette loi est l’incarnation même de la tendance à la paupérisation relative et absolue. Les classes populaires s’appauvrissent sans cesse, tandis qu’elle produisent l’intégralité des richesses de la société. De l’autre, une poignée de vampires en captent les bénéfices.

    Nous sommes en face d’un gouffre. Et pourtant les rangs des manifestations se clairsement. Pourtant, au lieu d’être attisée, la mobilisation décroît. La colère laisse place au fatalisme, au désespoir, à l’atonie.

    Cette situation n’est pas innée, elle est le fruit d’une terrible trajectoire. Elle est le terrible bilan d’une longue addition payée au cours des années.

    Nous avons, à la suite de l’élection présidentielle, rédigé une brochure nommée Fin de partie, dans laquelle nous revenions sur les raisons qui ont mené à l’arrivée de Macron au pouvoir. Les raisons sont sensiblement les mêmes, se recoupent, s’additionnent, se multiplient.

    L’offensive, que la bourgeoisie se permet, est le miroir de notre propre faiblesse, de nos propres failles, de nos propres faillites. Sans revenir trop en arrière, la chute de l’URSS est un point de bascule.

    L’URSS avait beau être révisionniste, elle avait beau être sociale-impérialiste depuis le XXème congrès du PCUS, elle représentait un symbole. Elle était l’affirmation que la pouvoir de la bourgeoisie pouvait trembler, pouvait être détruit. Même si, in fine, l’Union Soviétique n’était plus que l’ombre d’elle-même avant la chute finale, elle était toujours un affront au patronat.

    Sa chute fut le signal d’une campagne de triomphalisme de la part de la bourgeoisie, de la part des capitalistes. La peur -sincère- qu’avait la bourgeoisie de voir des chars soviétiques place de la Concorde était conjurée. Désormais, c’était la curée : contre les partisans de l’URSS, puis contre les communistes en général. Tous applaudissaient, du Front National aux trotskistes et aux anarchistes.

    Depuis, les applaudissements se sont ténus. Depuis il est resté un goût de cendre en bouche.

    La bourgeoisie est probablement l’acteur social qui a le plus étudié la Révolution et ses effets. Elle est probablement l’acteur qui en a tiré les conclusions les plus profondes sur comment éviter que cela se reproduise. Les théories du management, de la gestion de crise, de la gestion des masses, sont issues de cette période. Des traitres et des transfuges y ont notamment contribué, en apportant toute leur expérience de lutte à l’ennemi de classe.

    Triomphante, la bourgeoisie n’en a pas moins prudemment avancé ses pions, a lancé ses tentacules. Elle n’était pas assez forte, dès le début des années 1990, pour tout reprendre de ce qui avait été arraché lors de la Libération -grave erreur stratégique de la part du PCF, soit-dit en passant, que d’échanger des armes contre des promesses.. Mais le temps, désormais, joue pour elle. La promotion de l’individualisme, la promotion de l’anticommunisme officiel, la promotion de l’antisyndicalisme ont fait leur œuvre.

    Ces thèses ont trouvé des échos favorables au sein de cliques d’opportunistes. Comment ne pas songer à l’opération de liquidation faite par Robert Hue au sein du PCF ? Peu à peu, le camp du peuple s’est érodé. Il s’est affaibli. L’illusion s’est maintenue, mais les rangs se sont clairsemés, le niveau politique s’est effondré, affaibli.

    La crise de 2008 a servi de catalyseur. Il ne s’agissait plus, pour la bourgeoisie, de simplement augmenter le taux d’exploitation des travailleurs par gourmandise. Désormais, elle tremblait de voir le sol se dérober sous ses pieds, et elle-même être victime de la concurrence qui sévit au sein de sa classe. Le bon côté de la chose est que la crise est un argument de poids pour imposer des réformes et imposer des sacrifices. La bourgeoisie ne s’en est pas privé, sans une certaine délectation.

    Le mandat de Nicolas Sarkozy ne s’est pourtant pas trouvé être une croisière de rêve. L’opposition politique fut forte. La clique du Parti Socialiste et des organisations qui lui sont liées, pour des motifs opportunistes, s’est lancée à corps perdu dans la bataille. C’était là un moyen d’être en bonne position pour les élections.

    Le choix de soutenir le Parti Socialiste, pour une grande partie de la bourgeoisie, au travers du MEDEF, fut une choix logique et compréhensible. Le PS au pouvoir, c’était la  certitude d’avoir un laquais dévoué, un brave exécutant, tout en court-circuitant son réseau d’opposition. Précisément, la bourgeoisie a obtenu ce qu’elle désirait.

    Le PS, lui, s’est humilié, s’est roulé dans la boue et dans le sang. Il doit, ironiquement, sa défaite à sa victoire. Il n’est pourtant pas mort, car des opportunistes de bas étage, des Hamon, des Filoche, le maintiennent en vie.

    Si le Parti Socialiste et ses satellites -EELV et PRG, auxquels le pardon fut accordé bien aisément- étaient les agents de la victoire de la bourgeoisie, Macron, lui, est celui de son triomphe.

    Macron est le missile du patronat. Il est fait pour frapper et exploser sur sa cible -le code du travail. Il est conçu, architecturé pour cela. Ravager, détruire, broyer, matraquer. Qu’importe la situation qui adviendra après son quinquennat. Sa ou son successeur sera couronné d’épines pour faire suite à ce carnage.

    Macron, quelque part, est une incarnation d’une forme particulière du royalisme. Lui même, au travers du vocable « jupitérien », au travers de petites phrases du type de  « le peuple français n’a pas fondamentalement voulu la mort du roi », illustre son rapport au pouvoir. Le langage, en façade, est châtié. Lorsque le vernis tombe, en revanche, le mépris pour les classes populaires saute au visage . S’opposer à son fameux projet est « cynique. » La lutte est l’œuvre de « fainéants » qui « foutent le bordel. » Après, Macron n’en a pas le monopole, les présidents précédents avaient illustré cet état de fait général, au travers d’expressions particulièrement bien choisies telles que « pov’con », « sans dents » …etc.

    Mais chez Macron, ce mépris des masses est doublé d’un mépris des règles de fonctionnement des institutions. Le Parlement, le Sénat, l’Assemblée, sont pour lui, paradoxalement, des éléments archaïques, des lieux de perte de temps, qui ne font que ralentir l’inévitable transformation que ses commanditaires veulent imposer à la société. Dans son esprit, il est censé incarner une transcendance, être au dessus de toutes les contradictions et incarner la synthèse des « intérêts de la Nation ». Intérêts qui ne sont vus qu’a travers le prisme de sa propre classe sociale.

    Les députés LREM savent qu’ils sont élus pour une tâche précise et ne discutent pas. Ils et elles sont choisies sur des critères qui ne prennent ni en compte leur opinion ni en compte leur qualités. Ils et elles sont là pour « faire le job », rien de plus. Une nouvelle génération recrutée en entretient d’embauche, en somme. Et leur « job » est de liquider les protections sociales. Ils et elles le feront.

    Voilà le tableau général de l’ennemi de classe, sa situation.

    La bourgeoisie est en position de force, à l’heure actuelle. Elle mord à pleine dents. Quant aux forces qui s’y opposent, qu’en est-il ?

  • L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    L’Unité Communiste de Lyon est-elle réformiste ? – Un « parti » contre les masses. Troisième partie.

    Le « PCF(mlm) » un « parti » contre les masses.

    Difficile de ne pas attaquer ces drôles, lorsque de telles positions ridicules sont proférées, salissant le drapeau rouge de la révolution, salissant le maoïsme, salissant le marxisme-léninisme, salissant l’intégralité et l’ensemble du mouvement révolutionnaire, l’ensemble de son héritage, l’ensemble de ses figures et de ses acteurs.

    Le « PCF(mlm) » a beau publier des communiqués sur le Président Gonzalo et sur la Guerre Populaire Prolongée, difficile de voir la moindre trace de combativité dans ses écrits. Les dix points de son programme feraient rougir de honte et de rage tout membre actif du mouvement communiste international, tant ils sont du domaine du ridicule. Mais la suite vaut le détour. Quant à sa Guerre Populaire Prolongée, le « PCF(mlm) » la transcrit de la manière suivante dans ses écrits : Soutenir la police, soutenir la bourgeoisie, soutenir Emmanuel Macron, mais attaquer les communistes et les syndicats.

    Difficile, là aussi, de ne pas citer leur dernière vomissure, derrière quels arguments la secte justifie sa non-participation aux manifestations du 12 septembre : « Il y a deux manières de voir les manifestations contre la réforme du code du travail qui ont eu lieu hier à l’appel de la CGT.

    Soit on y voit une expression d’un mouvement social de secteurs protégés au sein d’un pays capitaliste développé, porté par un syndicat recevant un financement très important de la part des institutions dont il est à considérer d’ailleurs comme une composante. Soit on y voit une expression de la lutte des classes.

    Il va de soi que c’est la première manière de voir les choses qui est juste, et il faut relever de la petite-bourgeoisie pour s’imaginer que la seconde interprétation puisse avoir un sens.(…) Et les travailleurs en général savent très bien que les syndicalistes sont des corrompus et des opportunistes, doublés d’un culture de beauf les rendant insupportables. Qui va se mettre en grève un mardi du côté des masses pour participer à un tel folklore totalement inutile ? (…) C’est une insulte à notre époque, aux défis de notre temps. De près comme de loin, il n’y a rien à sauver, c’est entièrement condamné par l’Histoire : c’est une preuve que face au réchauffement climatique, pour la défense de la Biosphère, pour l’instauration d’une économie planifiée, pour la relance de la culture et des valeurs de civilisation, il faut un travail de fond dans les masses, avec les masses, et non se mettre à la remorque des syndicats, des cogestionnaires, des manifestations ritualisées. »

    Derrière la phraséologie gauchiste, une nouvelle fois, point le droitisme. Puisque rien n’est à sauver maintenant, ne faisons rien ! Voilà le mot d’ordre de celles et ceux qui ont déserté la rue et les masses depuis belle lurette, si tant est qu’ils s’y soient jamais aventurés. Nous aurions pu écoper cent mouvements, cent luttes, que nous n’aurions jamais pu les rencontrer pour nous expliquer avec eux. La pureté n’est pas de ce monde, et les Matérialistes non plus.

    Un exemple même de raisonnement fallacieux. Puisque la solution n’est pas parfaite, ils la rejettent en bloc, ils l’écartent et refusent de mener la lutte de ligne. Ils replient leur drapeau et retournent « embrasser des flics. » Ils ne tracent aucune ligne de démarcation entre ce qui est « à améliorer » et ce qui est « à combattre. » Ils rejettent la CGT dans les rangs de l’ennemi. Gauchisme, toujours, prétexte à la ligne de droite : ne rien faire.

     Nous aurions pu leur rappeler cette citation de Mao : « Les masses sont les véritables héros, alors que nous-mêmes nous sommes souvent d’une naïveté ridicule. Faute de comprendre cela, il nous sera impossible d’acquérir les connaissances même les plus élémentaires. »

    La culture du « il faut », la culture du « un jour » la culture de l’utopisme et du crachat facile. Si nous suivions leur ligne, il nous faudrait rentrer dans nos chaumières et attendre. Ne pas participer aux grèves, ne rien faire. Espérer qu’un messie naisse, espérer toujours et sans fin, comme dans n’importe quelle religion, comme dans n’importe quelle secte.

    L’Unité Communiste de Lyon est fière d’avoir dans ses rangs des militants et des militantes de la CGT. Elle est fier de savoir qu’ils mènent une lutte de ligne contre les tendances opportunistes et réformistes de ce syndicats. Elle est consciente que cet outil n’est pas parfait. Mais il existe. Et, contrairement à la « ligne de masse » liquidatrice du « PCF(mlm) », cet outil possède une action sur la société, une action sur les événements. Leur culture de « beauf », ciblée par le prétendu-parti leur sert d’argument massue.

    L’argument culturel sert ici de justification à tout et n’importe quoi. « Mais une telle alliance de la CGT et de l’ultra-gauche, des merguez et des kebabs, du pastis et de la cannette qui est lancée sur la police, est totalement hors-jeu historiquement. » Comment comprendre cette phrase ? Tout lecteur objectif ne peut que se demander si nous ne rentrons pas dans une performance littéraire plus qu’un texte militant. Au loin, point même une lueur de racisme, qui flamboie.

    Si les masses n’ont pas une pratique parfaite, si les organisations syndicales ont une direction droitière et bourgeoise, à qui peut-on en imputer la responsabilité, si ce n’est à notre faiblesse dans la lutte ? Si la CGT dévie, c’est au communistes de combattre cette déviation, non de se mettre en retrait et de cracher leur venin.

    Mais les masses, les travailleurs et les travailleuses, eux-mêmes, elles-mêmes, ne sont pas à la hauteur des désirs du « PCF(mlm). »

    Cette même ligne qui crache sur les ouvriers, les insulte, les injurie, sans vouloir prendre part aux organisations de masse de la classe ouvrière, en restant à l’orée des usines. Cette ligne leur a fait écrire ceci le 27 avril 2017 : « Les ouvriers de l’usine Whirlpool d’Amiens n’ont pas été à la hauteur du mot d’ordre «¡No pasarán!»

    En acceptant hier la présence de Marine Le Pen sur le parking de l’usine Whirlpool d’Amiens, les ouvriers de cette usine qui va fermer ont été en-dessous de tout. Quelle honte ! » Belles et sages paroles. Est-ce là leur vision du maoïsme ? Est-ce là leur regard sur les masses ?

    Lorsque nous lisons leurs communiqués, comment ne peut pas penser au communiqué qui nous cible, et appliquer à eux-mêmes leur propre médecine : « Il n’y a, ici, du point de vue maoïste, rien à sauver. »

    Chaque position du « PCF(mlm) » est à l’avenant. Dès que l’opportunité de présenter une position répugnante se présente, ils s’en saisissent. Dès que quelque action que ce soit est faite, dès qu’un mouvement naît, il est immédiatement conspué par cette secte, car imparfait. Incapable de se saisir de la réalité, incapable de proposer quoique ce soit de correct, cette organisation agit comme le Renard dans la fable de la Fontaine, ne pouvant trouver à portée de main les fruits mûrs, qu’il envie : « Mais comme il n’y pouvait atteindre :

    « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. «  « 

    Voilà la base de leur aigreur contre notre organisation, voilà pourquoi, dans un même paragraphe, ils nous associent à Soral et Dieudonné. Rouges de honte d’être pris la main dans le sac de leur inconséquence, ils s’aigrissent et injurient leurs détracteurs.

    Voilà pourquoi nous avons donc eu l’honneur de leurs colonnes au travers d’un article sur la Corée du Nord.

    Parce que cette secte est un conglomérat qui essaie de justifier par sa peur panique du fascisme des positions réactionnaires. Elle traite la police comme un rempart pour défendre la République, alors qu’elle est l’outil premier de l’écrasement des masses. Elle traite les bourgeois comme des alliés dans un front uni, alors qu’ils sont les premiers bourreaux des exploités. Eux, trouvent grâce à leurs yeux.

    Mais en revanche, des ouvriers, des travailleurs, des exploités qui ne seraient pas assez révoltés, assez révolutionnaires, assez végan, assez straight edge. Comble du comble, ils n’auraient pas assez la culture prolétarienne pour être digne d’être dans le grand parti « PCF(mlm) ».

    Voilà pourquoi nous les avons cités. Nous maintenons ce choix. Eux nous ont répondu, avec leur coprolalie habituelle. Mais à frapper trop vite, le paladin de la pureté dérape et tombe.

    Dans leur attaque contre l’UCL, dans leur tentative de nous faire endosser la tunique de Nessus et de nous faire passer pour des réformistes, le « PCF(mlm) » échoue. Il échoue même à faire un communiqué correct sur la Corée !

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la manifestation du 12 septembre.

    Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la manifestation du 12 septembre.

    Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon concernant la manifestation du 12 septembre.

    L’Unité Communiste de Lyon considère que cette manifestation est un succès. Elle est un succès dans le sens où les travailleurs et les travailleuses de l’agglomération et de la région lyonnaise, tout comme celles et ceux de l’ensemble de l’Etat français, se sont mobilisés d’une manière importante contre les ordonnances de Macron. A Lyon, entre 10 000 et 15 000 personnes, selon les sources, ont défilé. 

    La première sortie en force s’est montrée à la hauteur de la tâche et en laisse présager d’autres, toutes aussi remplies de succès. Malgré ses déclarations, Macron devra compter avec les fainéants, avec les cyniques et avec les extrémistes dans sa course à l’anéantissement du code du travail.

    Au sein de cette manifestation, les militants de l’Unité Communiste de Lyon ont écoulé de nombreux tracts, lesquels ont été accueillis positivement par les manifestants. Ils ont également porté des slogans de lutte et de solidarité entre les différentes forces combatives de ce mouvement.

    Une immense lame de fond enfle contre les ordonnances, une lame de fond qui déferlera bientôt !

    Mais cette manifestation, la première sous le règne du président jupitérien, s’est montrée annonciatrice de bien des difficultés. A Lyon, fief de Gérard Collomb, grand répresseur en chef, les manœuvres de la police ont annoncé le ton.

    Dès le départ de la manifestation, les CRS ont profité d’un creux entre le premier cortège et le second pour s’infiltrer et l’isoler, l’encerclant dans une manœuvre particulièrement rapide. Cette séparation fut huée par les manifestants des deux côtés, et vécue comme une perfide provocation à laquelle ils n’accordèrent pas prise.

    La police a, ainsi, nassé 200 personnes dans une rue adjacente, dans le but de les retenir et -probablement- de procéder à des arrestations ciblées sur des militants et des militantes repérés de longue date. Pendant deux heures, un double siège s’est opéré : les encerclés, entourés par la police, et le gros des manifestants, qui attendaient à l’angle de la rue Pierre-Robin. Loin derrière, quelques fascistes du GUD, que les questions de lutte sociale laissent froid, cherchaient à happer quelques cibles isolées.

    La police offrit une coupe de poison aux manifestants : sortir les uns après les autres, mais sous contrôle. Pour la plupart de ceux qui choisirent cette option, l’aventure se poursuivit à l’arrière d’un fourgon cellulaire. L’ensemble des nassés rejeta alors cette inacceptable capitulation, laquelle les mettaient à la merci du pouvoir d’une police agressive et provocatrice. Et, tapis dans les recoins, les charognards fascistes guettaient toujours.

    La CGT est parvenue à obtenir un deal avec la police : libération de la nasse, sous condition d’un contrôle des sacs, mais sans contrôle d’identité. Cette solution permis alors la sortie de la nasse, après un passage au compte-goutte.

    Finalement, la manifestation put reprendre son chemin, après deux heures d’arrêt.

    Bien que les médias bourgeois s’empressent de qualifier cette opération de lutte contre les « ultras », contre les « jeunes », contre les « anarchistes » et les « lycéens », celles et ceux qui étaient présents et présentes savent que la vérité n’est pas celle-ci.

    Ce que les policiers ont encerclé correspondait au « cortège de tête », réunissant effectivement des jeunes, effectivement des lycéens, des antifascistes ou des anarchistes. Mais réunissant aussi des moins jeunes, des syndiqués -que ce soit à la CGT; à SUD; au SNES ou même à FO-, des militants et militantes politiques, mais également les membres de Front Social Lyon.

    Nos militants  étaient dans ces rangs.

    Il s’agissait, pour la police, de tenter une manœuvre de provocation à la césure entre ce cortège hétéroclite et le reste de la manifestation. Elle voulait isoler les éléments les plus revendicatifs et les plus radicaux du reste de la mobilisation. La police voulait que les choses dégénèrent. Elle voulait que la manifestation échoue et soit noyée sous les lacrymogènes. Elle a manœuvré pour parvenir à cet objectif, pour tenter de briser l’unité entre toutes et tous, pour tenter d’instaurer un climat de peur et de paranoïa. Pour susciter, également, la désapprobation de la part de ceux qui assistent à la manifestation et pour tenter de les dissuader de rejoindre les rangs de celles et ceux qui luttent.

    Mais aux cris de « on lutte ensemble, on marche ensemble ! », la solidarité n’a pas été brisée. Certes, nous avons pu voir tout l’éventail des positions prendre corps. Nous avons pu voir, en action, la lutte de ligne au sein de la CGT, laquelle s’est divisée en deux : ceux qui voulaient abandonner à leur sort les militants et les militantes, ceux et celles pour qui la solidarité n’est pas un vain mot. Entre les deux, certains ont fait la navette, dans un opportunisme total, cherchant à concilier l’inconciliable.

    Nous saluons ceux qui ont fait le choix de l’unité, de la camaraderie, de l’unité contre la tentative de division opérée par la police.

    Certes deux gardes à vue clôturent cette journée, mais les mobilisés ont démontré qu’ils serreraient les rangs et feraient front commun contre la répression.

    Ils ont montré aussi que la police et le gouvernement possédaient une conception du dialogue très particulière. La répression n’a pas attendu la moindre occasion pour frapper. Elle les a elle-même générée. Cette évolution du modus operanti de la police n’est pas rassurante en soi.

    Elle est dans la droite ligne de l’Etat d’urgence : une conception plus seulement « curative », frappant les manifestants, mais bien des frappes préemptives. Interdictions, assignations, provocations.

    L’évolution de la lutte des classes et la politique kamikaze de Macron emmène vers cette seule issue : une politique brutale, vicieuse et sans scrupules.

    Le bilan est lourd : plus de dix blessés et deux interpellations. L’Unité Communiste de Lyon se déclare en solidarité avec ces personnes interpellées, tout comme avec l’ensemble de réprimés du mouvement social. Elle se déclare également solidaire des blessés et appellera à tous les événements organisés en solidarité.

    Comme nous le mentionnions dans notre communiqué sur le mépris de Macron, la bourgeoisie concentre en elle ce dont elle accuse les travailleurs : la fainéantise ; le cynisme ; l’extrémisme.

    Nous continuerons à nous mobiliser et à lutter. Nous continuerons, avec fraternité, sororité et camaraderie, à avancer en commun contre les attaques des exploiteurs !

    Vive la lutte sociale !

  • FO-PS, la ballade des traîtres.

    FO-PS, la ballade des traîtres.

    FO-PS, la ballade des traîtres.

     

    Nous avons écrit ce communiqué à la suite des annonces de Force Ouvrière et du Parti Socialiste. Ce dernier s’étant rétracté et ayant annoncé qu’il ne serait pas présent « en tant qu’organisation » à la manifestation du 12, certains changement ont été effectués. Cependant, sous leur drapeau ou non, ces individus, ces corrompus et ces compromis n’ont pas de place dans nos rangs. Nous maintenons le fait que nous considérons qu’ils n’ont pas à défiler avec nous, qu’ils se présentent sous la bannière d’une syndicat, d’une association, ou en leur nom propre. 

    Dans notre publication du 31 Aout 2017, nous fustigions l’attitude de cavalier seul de Jean-Luc Mélenchon. Elle nous paraît inconséquente et dangereuse, tandis que se rapproche de jours en jours la rentrée sociale.

    Cependant, Jean-Luc Mélenchon est loin d’être seul à tremper dans le cynisme et dans l’opportunisme de bas étage.

     A sa décharge, nous pouvons même affirmer qu’il est loin d’être le lauréat de la mesquinerie. La concurrence est bel et bien rude, cette année.

    La bataille débute à peine que, déjà, les lignes se dessinent. Ceux qui penchent du côté du gouvernement et qui sont prêt à se vendre pour devenir ses interlocuteurs privilégiés. Ceux qui, au contraire, vont faire mine de lutter pour engranger des soutiens, une audience, une nouvelle virginité politique.

    Ainsi, nous pouvons en épingler deux acteurs majeurs, d’entrée de jeu : Force Ouvrière et le Parti Socialiste. Ironie des ironies, ce dernier, par ailleurs, fustige Jean-Luc Mélenchon pour sa politique en solo et se réclame de l’unité avec les syndicats, avec la CGT, pour ensuite revenir sur ces paroles, du fait du tollé que leur participation a déclenché. Belle leçon de virvoletage la part des plus grands traitres de l’histoire sociale.

    Jean-Claude Mailly, secrétaire confédéral de FO, l’a annoncé. Les treize membres du bureau confédéral de Force Ouvrière ont voté à l’unanimité. Ils ne participeront pas à la grande manifestation du 12 septembre, appelée notamment par la CGT, SUD, Front Social et sa myriade de composantes.

    Officiellement, FO ne soutient pas le projet de loi « dans son intégralité », indiquant dans une entretient au journal « Les Echos » : « Je suis sûr qu’il y a des choses sur lesquelles nous serons en désaccord fort demain. Mais nous allons peser le pour et le contre. » Au cours de ce même entretient, Jean-Claude Mailly a déclaré qu’un véritable « dialogue social » avait eu lieu. Petite nuance cependant : « Ce n’est pas une négociation juridiquement, c’est une concertation. Mais cela ressemblait beaucoup à une négociation .» Comment ne pas être soudain rassuré ?

    L’argument pour baisser les armes est le suivant « L’un des objectifs [de la réforme Pénicaud] au départ – qui était la poursuite dans d’autres domaines que le temps de travail de ce qui était fait l’année dernière [dans le cadre de la Loi El Khomri] -, c’était de dire – en gros -que l’on supprime la branche sur tout une série de points, et que tout allait dans l’entreprise [pour négocier] ». « J’ai dit dès le départ que c’était exclu. Il y a donc des thèmes qui sont garantis dans les négociations au niveau des branches […]. Tout n’est pas réglé je pense, nous verrons demain. » FO annonce donc que l’un des objectifs centraux de la réforme, un des points fondamentaux, la remise en cause de la hiérarchie des normes, serait soudain abandonnée. Pour quelle raison ? Le mystère règne avec une terrible opacité. Nul doute que la réponse à la question du revirement de FO ne se trouve pas ici.

    Une piste cependant. Politis sous titrait un article du 24 mai 2017 ainsi : Stéphane Lardy, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle à FO pendant neuf ans, devient directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud. Est-il possible d’y déceler une relation de cause à effet ? Nous ne pouvons exclure cette piste de la corruption pure et simple. Une autre piste possible est que FO table sur une défaite du mouvement, sur des hémorragies terribles dans les syndicats, et qu’elle veut d’ores et déjà tirer son épingle du jeu.

    FO s’est, également, fait une réputation dans le fait de marcher seule, que ce soit dans les mobilisations ou dans les manifestations du 1er mai. Ce sectarisme particulier est sa marque de fabrique, tout comme sa très large tolérance politique, aux militants d’extrême-droite comme aux individus les plus nauséabonds. Comment ne pas penser à Luc Poignant, ce policier de SGP-FO, dont les propos sur le fait que le terme de « bamboula » soit « convenable » avaient défrayés la chronique après le viol commis, par des policiers, sur la personne de Théo.

    Toujours est-il que FO ne participera pas.

    Probablement, certains militants, certaines sections – celle du Finistère l’a ainsi annoncé – participeront néanmoins à la lutte. La direction les laissera faire. C’est une manière de jouer sur les deux tableaux. Ainsi, FO pourra prétendre, auprès des patrons, avoir collaboré ; auprès des ouvriers, avoir résisté. Même si la moquerie accompagne ce constat : « Je ne suis pas un PDG, je suis un secrétaire général qui a un mandat. C’est toujours arrivé dans l’histoire de FO, il y a des grognards fidèles et des grognons râleurs; bon ben, il y en a qui font partie toujours des grognons râleurs, c’est leur droit d’exister » a t’il ainsi déclaré le 1 septembre.

    Coluche, même, dans son sketch « Le délégué syndical » se moquait de cette propension qu’a FO à trahir sans vergogne. « Si il penche trop du côté des ouvriers, les patrons payent plus. Et puis si il penche trop du côté des patrons, ça va finir par se voir ! Vu que c’est eux qui payent. Et c’est pas le but de la manœuvre ! «  La messe est dite.

    Cette position ne peut que faire écho à celle d’une autre organisation : le Parti Socialiste.

    Aujourd’hui, le PS rétropédale de toute urgence, devant la levée de boucliers liée à sa volonté de participer, en tant qu’organisation, aux manifestations du 12 et du 23 septembre. Ce retour en arrière urgent s’est accompagné d’une annonce indiquant qu’en tant qu’individu, les militants participeraient. Manière de continuer leur travail en sous-marin, d’être là, de conspirer dans nos rangs, tout en se proclamant neutres.

    Existe t’il donc une limite à la possibilité de se montrer cynique et méprisant ? Existe t’il un fond aux abysses de l’opportunisme ? L’attitude du PS démontre que cette question est loin d’être tranchée.

    Le Parti Socialiste est une organisation efficace, quand il s’agit de sacrifier les droits des travailleurs, quand il s’agit d’œuvrer à l’écrasement des contestations, à la mise en place d’une législation liberticide, d’un état d’urgence permanent. Le PS est également un maître dans le fait de servir d’Etat-major de l’impérialisme français, comme il l’a démontré tant sous Mitterrand que sous Hollande.

    Les services rendus par cet parti politique, ainsi que par son réseau d’alliés -ne les oublions pas !- PRG et EELV, sont innombrables. Innombrables pour la bourgeoisie. Ils sont allés plus loin que l’UMP/LR dans la casse sociale, ils ont appliqué le programme réactionnaire du FN quant à l’accueil des immigrés, quant à la réduction des droits sociaux, ils ont privatisé tout ce qui pouvait encore l’être. La bourgeoisie a de quoi être fier de ses laquais. Ils ont parfaitement exécuté leur tâche.

    Seulement, à être un valet trop servant, on ne peut décidemment servir deux maîtres. A trop se proclamer héraut du peuple tout en étant le fer de lance de la bourgeoisie, la contorsion est devenue ingérable. Le PS s’est démasqué au vu et au su de tous comme un ennemi des travailleurs. Sa base électorale l’a lâché sans regrets, le ravalant au rang d’un parti de second ordre aux présidentielles et aux législatives.

    Mais l’hydre du PS se régénère sans cesse, c’est là sa force. Elle se régénère car il peu se permettre de dire tout et n’importe quoi, étant constitué de bric et de broc, de débris divers, de fractions et de cliques.

    C’est ce qui lui permet de rabattre largement. Ainsi, ses portes paroles de « gauche », comme le trotskiste Filoche, ont continué leur travail, en entretenant le mythe que le PS pourrait être, pourrait revenir du côté du peuple. Il a vociféré contre la direction du parti, bien qu’il soit partie-prenante lui même. Son petit jeu revient à faire croire que le PS est victime d’une mauvaise direction, mais que tout peu changer si on le soutient et qu’on soutient sa clique de conspirateurs. Cette position était, par ailleurs, celle de Jean-Luc Mélenchon et d’Alexis Corbière durant des années. Elle est le poumon du Parti Socialiste.

    Dès lors, tout est permis, puisqu’il suffit au PS de dire « nous avons changé ! » pour espérer que toutes ses trahisons soient effacées.

    Dès le lancement de la campagne présidentielle, le Parti Socialiste s’est mis en marche en prétextant qu’il serait le bouclier contre la loi travail, contre la droite de Fillon et le conglomérat de Macron. Déjà, cette ligne nous avait paru le comble du ridicule. Les affiches « avec LR les français vont prendre cher » ne pouvait que faire rire aux éclats ceux dont les yeux étaient rougis de lacrymogènes.

    Mais voilà que le PS réussit à faire plus fort ! Il se proclame, aujourd’hui, prêt à rentrer dans la lutte contre sa propre œuvre, prêt à marcher dans la rue, au côté des syndicats et des organisations qu’il a contribué à broyer cinq années durant.

    Accepter de marcher aux côtés des Myriam El-Khomri ? De François Hollande ? Hors de question.

    Déjà nous entendons les suppliques de ceux qui osaient déployer le drapeau à la rose : « nous étions du côté des frondeurs, tout du long. », « nous étions dans telle tendance, dans telle fraction, opposée -évidemment- à la politique du gouvernement. » « Nous étions hamonistes, filochiens ou autre. »

    Lorsqu’on marche sous le drapeau d’un parti, on peut avoir certains désaccords, mais on assume le bilan de ce parti. On assume ses actes, la direction qu’il prend. Sinon, il faut le quitter. Songeons que ces individus n’ont pas jugé que les actes, devrions nous dire les crimes, de leur parti soient suffisamment répugnants pour justifier de jeter au feu leur drapeau.

    Déjà nous entendons ceux qui se réjouissent de voir le PS reprendre le bon chemin, qui se ruent pour leur baiser les pieds et se pelotonner contre eux. Tout ceux et celles qui ne voient pas la rupture avec la social-démocratie comme un pas en avant, mais qui ne rêvent que de la ramener au centre, d’en faire le point central de la lutte, pour se terrer dans son ombre et dévorer les miettes qu’il laissera tomber.

    Ceux là, qui sont compromis avec le PS et la bourgeoisie, en valent pas mieux. Ils ne sont que les valets des valets. Les laquais des laquais. Pourtant, ils sont nombreux dans nos rangs. Nombreux à faire appel à la social-démocratie, à l’Etat, aux institutions, à la police et à la préfecture. Nombreux à briser l’indépendance de classe.

    Il n’existe pas de place pour l’opportunisme dans les rangs de la lutte. Pas de place pour les mercantis pourris du PS, pour ces laquais et ces serviteurs.

    Le PS mérite d’être chassé d’être expulsé des manifestations, des rassemblements, des assemblées militantes. Il mérite d’être pourchassé jusqu’à ce qu’il disparaisse.

    Nous ne marcherons pas avec les ennemis d’hier, qui sont les traitres d’aujourd’hui. Nous sommes pour l’unité la plus large, mais sur des bases minimales qui ne se négocient pas. Nous ne servirons pas la soupe aux traitres et aux opportunistes, au contraire, nous n’aurons de cesse de les dénoncer et de les attaquer publiquement.

    Nous ne sommes pas les marchepieds des carrières, des élections, des postes des uns ou des autres !

    FO – hors de nos usines !

    PS – affichés ou non – hors de nos luttes !

    Pas de place pour les opportunistes et les traitres !

  • Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Le dangereux solo de Mélenchon.

    Que chaque force politique ou syndicale ait une stratégie, cela va de soi. A l’exception de celles et ceux qui se complaisent dans le suivisme intégral -il y en a- il s’agit d’une des raisons fondamentale de l’existence des organisations et des groupes.

    Ces stratégies sont diverses et variées, elles reflètent les conceptions politiques et idéologiques de celles et ceux qui les mettent en pratique. Elles sont également diversement compatibles. Certaines se marient très bien avec d’autres, permettant la naissance d’alliances, d’autres, au contraire, sont antagoniques. Elles ne peuvent pas former de synthèse -même temporaire- et ne conduisent qu’à l’affrontement et l’anéantissement.

    Dans la situation actuelle, nous considérons qu’il existe une réelle urgence. L’offensive de la bourgeoisie, que nous avons détaillée dans notre brochure Le plan de la bourgeoisie, sera terrible. Elle concernera tous les aspects de la vie des travailleurs et des travailleuses, ainsi que des chômeurs, retraités et invalides. Ces attaques de fond sur les contrats de travail, sur le salaire, sur le niveau de vie, se traduira par une terrible vague de misère.

    Sous-estimer les ravages de cette offensive est grave. Certaines organisations ont tendance à le faire et à ne pas traiter la question de la lutte avec le sérieux nécessaire. Il s’agit d’une erreur. Mais lorsque certains tentent cyniquement de s’en servir comme d’un marchepied, quitte à causer sa faillite, une autre étape est franchie, celle de la trahison pure et simple.

    Que chaque organisation, que chaque courant politique essaie de faire triompher son point de vue au sein de la lutte, la cause est entendue. Là, encore, la cohérence règne. Le problème serait plutôt si le silence régnait au lieu du débat, et, surtout, du débat de fond. Mais les dirigeants des organisations et des mouvements qui sacrifient les luttes, en particulier les luttes aussi essentielles, pour se construire un petit promontoire, deviennent des ennemis de la lutte.

    Celle qui s’annonce est d’une importance qui dépasse la question des intérêts de telle ou telle clique de professionnels de la politique.

    Déjà, les vautours rodent.

    Force Ouvrière annonce clairement, sans ambages, son intention de trahir, en refusant toute unité le 12 septembre. Dernier coup de poignard en date, de la part d’un syndicat conçu comme fossoyeur des luttes, comme un fer de lance de l’anticommunisme.

    Le Parti Socialiste annonce sa volonté de rejoindre la lutte contre une loi qu’il a mise en œuvre lui même. Il tente de se recréer une virginité politique, après 5 ans passés à écraser les travailleurs et les travailleuses. Charognards parmi les charognards, ils attendent leur heure.

    Combien d’organisations syndicales et politiques vont jouer ce jeu de double face ? Nous l’ignorons.

    Toujours est-il qu’une légitime méfiance ne peut que résider en face de celles et ceux qui ne voient que leurs intérêts personnels au sein de la lutte.

    Il s’agit, malheureusement, de l’orientation que semble prendre la direction de  la France Insoumise, au travers du discours de Mélenchon, à Marseille.

    Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur les militants et militantes qui s’engagent dans ce mouvement. Des militants et des militantes correctes, honnêtes, dévoués et sincères sont dans leur rangs, mais sa direction, quant à elle, est nettement plus sujette à caution. C’est ce que nous déplorons. La stratégie qui se met en œuvre est dangereuse, car elle n’engage pas seulement la personnalité et les désirs de la direction de la FI, dont nous n’avons que faire, mais elle a des répercutions sur la lutte sociale, sur l’unité et la force du mouvement de contestation. Elle agit comme un coin enfoncé dans le front contre les réformes de Macron, contre les attaques du patronat, contre l’abîme de misère qui nous contemple.

    Les batailles de chefs, les batailles de petites bureaucraties internes, pour des queues de cerises, ne nous intéressent guère en tant que tel, mais les répercutions qu’elles engendrent oui, car nous les payons. Les membres de l’appareil des organisations sont dans une tour d’ivoire. Ils ne sont pas les victimes des défaites. Les masses le sont, et, c’est là l’une des phrases emblématique du mouvement maoïste, nous devons « servir le peuple » et non « se servir du peuple. »

    Dans le cas de la FI, la stratégie que la direction prend est le reflet de l’origine politique de ses cadres. Au final, celle-ci est trustée par des professionnels de la politique, par des tribuns formés à la même école, partageant le même habitus de classe de membre de l’appareil d’Etat.

    Corbière et Mélenchon, pour ne citer qu’eux, ont tous les deux été formés à l’école du lambertisme, cette branche particulièrement chauvine et sectaire du trotskisme. L’un et l’autre ont été membres du PCI, dans lequel Lambert évoluait, et ont suivi sa voie, au travers de ses évolutions. Cela a laissé sa marque, a constitué leur fond politique. Celui-ci, mâtiné d’entrisme, de fractionnisme, d’avancées drapeau replié, ils ne l’ont pas renié un seul instant. Cette culture politique ne se marie pas particulièrement avec l’honnêteté politique, ni avec le fonctionnement démocratique au sein des organisations.

    La création de la FI, elle-même, est une parfaite illustration.

    Le Nouvel Observateur, dans un article intitulé La France insoumise : organisation cherche révolution ! met le doit sur cette ambigüité. Les chefs de la FI sont tous des dirigeants politiques issus du sérail, rompus à toutes les combines. Ce sont des professionnels. Ils entendent le rester, en formant, selon des méthodes éprouvées, une chape de plomb au sommet de l’organisation.

    Repousser la convention nationale, pour mettre fin au « blabla » dénigré par Jean-Luc Mélenchon, cela signifie reconduire, jusqu’aux calendes grecques, une direction qui dispose du contrôle absolu de l’ordre du jour et de l’appareil.

    Elle est une organisation prétendument horizontale, mais d’une opacité totale. Les procédés employés sont obscurs et indéchiffrables. Les comités de base, nommés groupes d’appui, le terme révèle leur nature non-décisionnaire, peuvent se réunir en convention, certes. Mais le pouvoir de ces conventions n’est défini nul par. Il demeure à la discrétion des dirigeants.

    La prise de décision est le fruit des groupes dirigeants uniquement, ou, lorsque cela va dans leur sens, du plébiscite. Dans la mesure où, si des décisions leur déplaisent, il reste la manne titanesque des 500 000 adhérents internet, prêts à faire fonctionner une démocratie du clic. La dizaine de milliers d’adhérents de terrain sont ainsi noyés par les invérifiables centaines de milliers de cyber-militants.

    D’autant que les plates-formes internet ressemblent à des listes de courses infinies, où chacun peut trouver ce qui lui plait. Mais la cohérence politique n’est pas au rendez-vous. Ni le démocratisme. A nos yeux, cette manière de fonctionner ôte toute parole aux militants et militantes de la FI. Ces plateformes sont censées être le reflet de la parole de la base, mais les positions de la FI sont pourtant des copies-carbones des ouvrages du chef, écrits longtemps en amont. Il est douteux de croire que spontanément, les positions de militants, majoritairement hostiles aux aventures militaires, s’alignent sur celles d’ouvrages aussi répugnants que l’ère du peuple et le hareng de Bismarck, lesquels sont véritables incarnations du social-chauvinisme agressif. Nous ne pouvons croire que les militants et militantes sincères s’alignent sur les positions d’individus comme Djorge Kumanovic, digne héritier des barbouzes de Mitterand et des réseaux Foccart. Et ce, tandis que retentit la Marseillaise, l’hymne de l’impérialisme français. Le maquillage à coups d’Internationale n’aura duré qu’un temps, l’heure est au chauvinisme le plus brutal, sur le dos des adhérents.

    Cette prétendue démocratie interne n’est qu’un prétexte à l’adhésion, au final. Elle n’est pas un débat, elle est un collier de chaines que doivent porter les militants et militantes de la FI.

    Car la démocratie au sein des organisations ne se nourrit pas de ces « plateformes. » Au mieux, cela se termine pas la mise en œuvre d’organisations criblées de fractions, sans unités, perdues par les affrontements entre cliques et entres chapelles. Au pire, celles-ci ne sont tout simplement pas écoutées, pas prises en compte. Elles ne sont pas plus démocratiques que la démocratie bourgeoise qu’elles prétendent remplacer ou améliorer.

    Cette direction n’a pas hésité à fonctionner en décrétant des positions, en imposant des choix correspondant aux désirs de celle-ci, dévoilant le fait que la démocratie n’est que de façade. Ainsi, au cours des élections, les militants de la FI et du PCF ont parfois œuvré en bonne intelligence. Localement, les comités de base ont choisi la voie de l’alliance par opposition à celle de l’affrontement. Cela ne correspondant pas à l’ordre du jour de la direction, celle-ci n’a pas hésité à court-circuiter des candidats que les comités de base avaient pourtant intronisés, en alliance avec d’autres forces.

    Pourquoi une telle attitude ?

    Cela car les dirigeants de la FI sont affamés de postes et de fauteuils.

    Mouvement sans bases d’appui, la FI n’a d’autre choix que de les prendre là où elle peut : sur le terrain de ses proches. Sa popularité, face au PCF moribond et face au PS marqué du sceau de l’infamie, le lui permet.

    D’autant qu’en 2012, le « combat des chefs » entre Mélenchon et Le Pen, a été un échec. Courageux mais pas téméraire, le chef s’est reporté sur une cible facile, où, au lieu d’avoir une bataille, il y aurait une victoire facile. Terne, mais efficace. Oublié le tonitruant discours du 14 mai 2012 sur les parachutés, sur les planqués. La bataille d’ensemble, le raz-de-marée a échoué, place à l’avancée, les dents serrées, en prenant les places des alliés de la veille.

    Ainsi, le choix de Marseille, où Jean-Luc Mélenchon fut parachuté, est illustratif.

    Cette stratégie de vampirisation de l’espace ne contribue pas à créer les bases d’une unité, même tactique, avec des forces qui ne cherchent qu’à s’imposer comme centre unique.

    Il est notable que la grosse tête de Mélenchon n’est pas une nouveauté. Celui-ci, ainsi, le 13 mai 2017, tweetait « Je rappelle aux antifascistes d’opérette que c’est moi qui ai gagné en justice le droit de qualifier Le Pen de « fasciste. » Les antifascistes sauront apprécier cette marque de respect. Mais tant que la portée des propos se limite à blesser les égos, tant qu’il s’agit de vantardise, les choses restent gérables.

    Mais lorsque la question s’étend à la lutte sociale, la tournure devient nettement plus aigre.

    Les discours de Jean-Luc Mélenchon, à la suite des législatives, entrent dans cette droite ligne. Se proclamant centre de l’opposition, déclarant ainsi le 18 juin 2017 « c’est notre groupe qui appellera le pays, le moment venu, à une résistance sociale. » La date et le contenu en disent plus qu’un long discours. La poignée de députés FI seraient le point d’encrage de la « résistance sociale », seuls contre tous. Qu’importe le vide de sens du terme, le résultat est là. Ni syndicats, ni partis opposés à la politique du gouvernement, ni rien. L’alpha et l’oméga, pour l’ »ex »-lambertiste, c’est son mouvement. Ni plus ni moins.

    Dans un effort de gymnastique mentale intense, ils réussissent même à revendiquer les abstentionnistes comme étant des alliés, comme faisant partie du même mouvement. Y compris lorsque ces mêmes abstentionnistes « dégageaient » l’ancien PS en même temps que les autres candidats. Or, la lutte terrible qui s’annonce se marie mal de cette politique autocentrée. Pourtant c’est bien cette voie que choisit le tribun.

    Lors du discours de clôture de leur université d’été, à Marseille, entre les 25 et 27 août, Mélenchon, avant que retentisse la Marseillaise, déclarait : « La vague dégagiste va reprendre et s’amplifier, elle a rendez-vous le 23 septembre. C’est le moment de venir, les gens, d’exprimer dans la démocratie de la rue, les leçons des élections que vous avez porté avec vos bulletins de vote et par l’abstention. » Manière particulièrement dérangeante de présenter les choses. En effet, la CGT et les organisations syndicales d’une manière générale, Front Social et la plupart des organisations politiques prennent comme date le 12 septembre. Jean-Luc Mélenchon décrète, quant à lui,  que le 23 septembre sera le point de départ de la lutte. Il s’agit d’une dangereuse manière de faire cavalier seul.

    Pour se placer au centre, les dirigeants de la FI se doivent de renier toute légitimité, voir toute existence aux autres forces. Cette conception sectaire, nous ne la connaissons que trop bien, hélas. A l’inverse, ce que ciblent d’ailleurs plusieurs communiqués, des comités locaux se sont emparés sans ménagement de cette date de lutte, pour en revendiquer la paternité, nous reviendrons dessus par la suite.

    Le 23 septembre n’est pas une date anodine. Elle est la « journée de la paix », journée impulsée et investie par la Némésis de la FI, le PCF. L’espoir de la direction de la FI, c’est d’apparaitre seul, tandis que ses concurrents sont occupés ailleurs.

    Ce comportement n’est pas seulement détestable, il est dangereux. Il est dangereux car il table sur la liquidation de toutes les organisations politiques et syndicales qui ne lui sont pas directement inféodées. Elle table sur le fait de tout broyer pour rester seul récipiendaire des lauriers de la victoire.
    Sauf que, sans mobilisation unitaire, sans sincérité, il n’existera pas de victoire.

    Les élucubrations marseillaises de JLM laissent un goût de cendre en bouche, un goût amer, entretenu par l’idée que la mobilisation sur la loi travail risque de se faire sur deux fronts : contre le gouvernement et contre les récupérateurs assoiffés de postes et de mairies.

    L’attitude de Jean Luc Mélenchon, en vérité, est celle d’un liquidateur, prêt à tout pour s’imposer, quitte à faire payer aux masses le prix le plus fort. En ce sens, il opère un juste retour auprès de ses sources d’origines, le trotskisme. Il ne désire rien plus que l’effondrement de la CGT, du PCF, de toutes les organisations qui sont sur le même créneau que lui. S’il ne se hisse que sur un champ de ruine, celui lui conviendra.

    Si il faut marcher seul, il le fera, car c’est là son gagne-pain, là sa carrière.

    Déjà, ses lieutenants ont manœuvré pour instiller la méfiance entre la CGT et Front Social. La CGT ressent comme une tentative de l’affaiblir la naissance de ce front. Comment la blâmer ? C’est bel et bien ce que les fidèles de Mélenchon ont à l’esprit en s’y investissant. La CGT apparaissant comme un bastion du PCF -ce qui n’est pas faux en soi- la direction de la FI impulse une ligne qui vise à ne pas marcher avec elle, voir même contre-elle, pour ne pas donner le moindre grain à moudre au PCF. Lorsqu’elle « marche » avec la CGT, la situation n’est pas forcément plus joyeuse. Ainsi, les Communistes Libertaires de la CGT – une émanation de Alternative Libertaire, se sont feint du communiqué suivant :

    Mélenchon piétine l’indépendance de la CGT

    samedi 26 août 2017

    La France Insoumise se prend maintenant pour la grenouille qui avale le bœuf !

    Nous avons pendant longtemps défendu pied à pied l’indépendance de la CGT vis-à-vis du PCF. Puis le délitement du PCF nous a conduits à défendre l’idée que l’indépendance vis-à-vis d’un parti ne veut pas dire apolitisme. Nous défendons l’idée que la CGT doit inscrire son activité dans une perspective de révolution sociale et dans le respect du pluralisme des sensibilités politiques qui partagent le mouvement le mouvement ouvrier.

    Alors quand les militants de Mélenchon veulent imposer leur calendrier et leur leadership sur le mouvement social et la CGT en entretenant une confusion complète (voir l’affiche ci-joint), nous sommes encore debout contre de telles pratiques !

    Une mise au point du Bureau confédéral devient nécessaire devant la multiplication de ces pratiques par des militants FI !

    L’affiche incriminée a de quoi, en effet, entraîner cette réaction épidermique. Entre le bleu-blanc-rouge, les portraits de Mélenchon, toute l’iconographie de la FI y passe. Cependant, le macaron de la CGT achève de créer un effet douteux  d’OPA hostile.

    Pourtant, hormis ces quelques agents, Front Social n’est pas un front visant à saper la CGT, mais au contraire, à permettre une dynamique unitaire, plus large, plus puissante. La nécessité de ce front est pourtant largement comprise.

    Dans les « cortèges de tête » de la lutte de 2016, même les mouvances autonomes, pourtant rarement pro-CGT, appelèrent au cortège de « K-ways noirs et chasubles rouges », manière de promouvoir une unité d’action large entre syndicats, forces politiques radicales et groupes variés.

    Nous ne doutons pas que ces idées puissent faire leur chemin dans la large majorité des esprits, au cours des débats et des discussions qui peuvent avoir lieu lors de la construction de ce mouvement. Nous ne doutons pas qu’une large majorité de militants et militantes FI s’y rallient et en sont convaincus.

    Mais nous redoutons que la direction liquidatrice de la FI l’emporte et poursuive ce jeu dangereux, nous redoutons qu’elle ne sabote purement et simplement le travail unitaire pour sacrifier la lutte sur l’autel de ses petits intérêts.

    Nous redoutons cela, car c’est ce qui transparait des messages de Mélenchon, ce qui transparait de ses discours, ce qui transparait de sa stratégie de lessivage de ses alliés.

    Nous pensons que cette lutte à un caractère hautement stratégique, et qu’elle ne peut être le théâtre de cette comédie ridicule.

    Nous pensons qu’une grande part des militantes et des militants de la FI feront le bon choix, le moment venu. Celui de la lutte sincère et unitaire. Mais nous espérons que cela leur ouvrira les yeux sur la direction de son mouvement, et qu’ils sauront en chasser les éléments opportunistes et carriéristes, dussent-ils en être les fondateurs et les animateurs principaux.

    Dans la lutte stratégique qui s’ouvre, il n’est possible de n’avoir qu’une seule stratégie : celle du combat sans esprit de recul, sans esprit de capitulation et de négociation.

    Ceux et celles qui luttent contre cette loi doivent ne former qu’un seul rang, une seule ligne de front. Cela n’éteint pas les divergences, les désaccords, les conflits, les hostilités en fonction des clivages politiques internes.

    Il s’agit d’un phénomène normal au sein d’une lutte. C’est ainsi également que la conscience politique évolue, dans le creuset des débats, dans la bataille d’idées, dans les échanges. Nous même ne cacherons pas notre idéologie ni notre drapeau, de même que nous invitons chacun des acteurs à faire de même.

    Mais ce qui ne se marie pas avec la lutte, c’est la cuisine secrète, les manigances, la mesquinerie et la fourberie, dont certains courants et certaines idéologies sont coutumières. Ceux-là n’ont pas leur place dans nos rangs. Ils n’ont de place qu’auprès des bourgeois et des exploiteurs, à quémander des miettes et des postes.

    La lutte commence ! Menons-là jusqu’au bout !

  • 12 Septembre – Mobilisation !

    12 Septembre – Mobilisation !

    -Avec les Syndicats – Avec Front Social – Avec les organisations combatives-

    -Toutes et tous dans la rue-

    Depuis son élection, Emmanuel Macron a été d’une efficacité redoutable pour plaire à ses maîtres : les exploiteurs. Son gouvernement mène la politique la plus réactionnaire, la plus antisociale, la plus anti-travailleurs depuis la Libération. Ses attaques débridées se muent en véritable Tsunami contre les droits des travailleurs et des travailleuses, tandis qu’il couvre de mille cadeaux ses commanditaires.

    L’offensive Macron, cela signifie la fin du Code du Travail. Désormais, l’employeur devient un seigneur absolu : horaires, salaires, contrats, plus rien n’a de valeur. Seule sa voix compte.

    La fin des possibilités de défense pour les travailleurs. Les Prudhommes, déjà affaiblis, sont dans l’impossibilité de pouvoir défendre les exploités. Si un patron commet un acte illégal, il n’a quasiment plus aucune chance d’être condamné.

    Contourner les syndicats : en imposant des référendums d’entreprises, véritables parodies de démocratie, mais vraies guillotines à droits sociaux.

    La fin des assurances chômage et maladie : désormais, le gouvernement et l’Etat peuvent utiliser les cotisations sur le salaire des travailleurs comme bon leur semble. Moins de médicaments pour les seniors, mais plus de bombes pour l’armée.

    La destruction des aides sociales, comme les APL, rendant la vie encore plus chère et la misère plus proche.

    La baisse majeure des budgets de l’enseignement national et supérieur : Désormais, pour étudier convenablement, il faudra passer par la caisse. Ce cadeau fait au privé et aux entreprises se paie cher pour les classes populaires.

    La baisse des budgets des collectivités locales : pour des crèches, des associations, des centres aérés, des activités locales associatives, il sera nécessaire de payer chaque fois plus.

    La guerre, la guerre, toujours la guerre ! Même si le budget de l’armée baisse, ses missions continuent et s’étendent. La guerre pour AREVA, la guerre pour TOTAL, la guerre pour BOUYGUES ou LAFARGE. La guerre pour les profits des bourgeois, payés par notre sang et nos deniers, pour maintenir la domination tricolore dans le monde.

    En colère ? Gare ! Le contrôle renforcé permis par l’Etat d’urgence et son intégration dans le droit commun permet de stopper préventivement les mobilisations, d’assigner à résidence les gêneurs, d’interdire les manifestations, de créer toutes sortes d’embûches pour nuire à toute volonté de défense des droits des classes populaires.

    Mais tout n’est pas noir dans son projet. Une poignée de bourgeois est ravie de savoir que ses impôts seront allégés, lorsqu’elle daigne les payer ! Les patrons seront ravis de plonger dans la misère leurs employés pour gonfler leurs profits !

    Macron c’est la dictature intégrale de la bourgeoisie sur les travailleurs.

    MOBILISONS-NOUS !

     Le 12 septembre, la CGT et les autres syndicats combatifs, ainsi que Front Social et de nombreuses organisations politiques appellent à se mobiliser massivement, à descendre dans la rue.

    L’Unité Communiste de Lyon appelle à rejoindre cette mobilisation, à l’intensifier, à l’unifier le plus possible. Elle doit se montrer à la hauteur des enjeux.

    La mobilisation dans la rue est notre seule arme, il n’existe aucune réelle opposition institutionnelle. L’Assemblée, le Sénat, les institutions sont aux ordres des exploiteurs. Nous devons nous mobiliser en ne comptant que sur nos propres forces, tant contre ces réformes, mais également pour qu’existe une véritable opposition extra-parlementaire.

    Cette bataille est cruciale. Si les projets du gouvernement aboutissent, les répercussions seront terribles ! La baisse programmée des salaires entrainera une misère terrible. Précarité, absence d’aides sociales, absence de soins… Le programme de Macron est celui du passé, le retour des effrayants tableaux du XIXe siècle.

    La programme Kamikaze de Macron, c’est la recette de l’implosion sociale.

    Même pour les bourgeois, l’avenir n’est pas rose. Sans argent, qui consommera les productions des usines ? De moins en moins de personnes. La crise généralisée guette, le ralentissement économique et l’asphyxie menacent.

    Le programme de Macron, c’est la crise économique.

    Cette impasse, c’est l’impasse du capitalisme. C’est l’impasse de l’avidité, du comportement de charognard des exploiteurs. C’est une impasse sociale, une impasse politique.

    Les communistes ne veulent pas sauver le système capitaliste. Il a fait son temps.

    Seule une étape nouvelle, supérieure, ôtant le parasitisme d’une poignée de bourgeois inutiles, peut permettre à l’humanité d’avancer vers une société profitable pour tous.

    Une société où le chômage est aboli.

    Une société où les soins sont accessibles à tous et toutes.

    Une société où l’éducation est de qualité, où chacun peut poursuivre des études sans contraintes financières.

    Une société où ce n’est pas l’alimentation, le logement, les frais de transport qui captent la plus grande majorité du budget des ménages.

    Nous voulons bâtir cette société, la société communiste.

    L’Unité Communiste de Lyon se bat, au côté d’autres organisations et groupes, pour construire le Parti Communiste capable d’organiser les exploités et de construire le mouvement révolutionnaire, à même de balayer les exploiteurs et leurs valets.

    Avançons dans la lutte, pour la victoire ! Osons lutter – Osons vaincre !

    Rejoignez les militants de l’Unité Communiste de Lyon dans le cortège de Front Social !

  • Menace sur les APL

    Menace sur les APL

     

    Menace sur les APL: le gouvernement affame les plus précaires.

    L’idée ne date pas d’hier.  Après avoir germé durant le quinquennat précédent, l’idée de baisser les APL, pour in fine les supprimer, est désormais annoncée. Une nouvelle fois, la clique de bandits macronistes frappe, et frappe fort.

    Depuis quelques jours, cette opération occupe le devant de la scène. Elle commence par une baisse de 5€ par mois. Cette première baisse s’appliquera en octobre, par la suite, le gouvernement compte l’amplifier pour la doubler puis la tripler.

    5€ nous dit-on, ce n’est pas grand chose. Mais 5€, dans le budget resserré d’une personne étranglée par la pauvreté, cela n’a pas la même valeur que pour un bourgeois. Pour les uns, c’est un pourboire, pour d’autres, ce sont des choix cruciaux.

    Nombre de tweets et de publications dans les réseaux sociaux se sont empressés de fournir une illustration concrète de ce que signifie cette somme :


    Ce tweet de Merry Laballe, en date du 24 juillet 2017, illustre parfaitement l’attaque qui est faite aux précaires, aux personnes en difficulté, aux étudiants. En tout 20% des ménages bénéficient de ces aides, 20% de la population n’étant pas en mesure d’envisager sereinement l’avenir.

    Ce n’est pas un maigre droit que l’on retire à ces individus, même si pour certains ou certaines, qui ne connaissent pas le sens du labeur, pour qui la misère est une abstraction, cette liquidation n’a rien d’important. Comment, notamment, ne pas penser à la députée LREM Claire O’Petit, qui a ainsi expliqué que c’était « ou ça, ou on augmente les impôts »- impôts auxquels la bourgeoisie échappe- en enchainant avec : « Mais bon sang, allez voir ailleurs… Ça va messieurs dames. Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? »

    Passons sur le cynisme affiché de ces députés, lesquels ont le mérite, il est vrai, de dire ce qu’ils pensent sans langue de bois. Intéressons-nous à l’argumentaire.

    Le perpétuel couteau économique, placé sur la gorge du prolétariat est plus qu’évident ici : «ça, ou augmenter les impôts », menace permettant de séparer en deux  la population : les pauvres, profiteurs, opportunistes, toujours à l’affût de l’aide sociale ; la brave classe moyenne, écrasée par l’impôt, devant se saigner pour entretenir la plèbe oisive. Une manière d’exciter les uns contre les autres.

    En second lieu, nous retrouvons également cette déconnexion totale et intégrale de la part de la bourgeoisie de ce que signifient la vie et le travail des masses prolétariennes. 5€, ce n’est pas qu’un « tacos », pas qu’une « pinte », pas qu’un loisir. Pour certains, pour certaines, c’est le sacrifice d’un rare loisir, le sacrifice d’un peu de qualité de vie…Toute action impactant le budget d’un ménage modeste entraine une réaction sur sa qualité de vie, voire même sur sa possibilité à faire face aux dépenses courantes.

    Cette mesure est un marché de dupe. Son intérêt est double pour la bourgeoisie :

    Sous prétexte de faire des économies pour l’Etat, les APL, lesquelles « coutent en tout 18 Milliards d’euros par an au Budget de l’Etat » sont ciblées. Une baisse de 5 euros par mois et par ménage représenterait ainsi une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros, soit 97,5 millions sur les trois derniers mois de l’année en cours.

    « Dépenser moins« , pour l’Etat, c’est une manière de réaliser un tour de passe-passe.

    C’est une manière de retirer une partie du salaire réel des travailleurs.

    En réduisant les dépenses de l’Etat, le gouvernement prétend ainsi réduire la ponction opérée par les impôts. Il se présente ainsi en porte étendard du pouvoir d’achat, en agent grandiose du retour des richesses usurpées.

    Or, l’impôt, qui finance les APL, tout comme les charges finançant les retraites, l’Assurance Maladie ou l’assurance chômage, redistribue cet argent. Certes la bourgeoisie y échappe, par milles manigances, mais dans son principe, ce système contribue à une redistribution moins injuste.

    Ce système contribue à une forme de salaire élargi, comprenant les bénéfices retirés de l’accès à ces droits sociaux et à ces services.

    Rendre l’argent aux contribuables, ne plus « ponctionner » les salaires, revient en fait à accroitre les inégalités. Pour une poignée d’euros en plus sur le salaire, fondés à être dépensés dans la consommation, la perte de salaire réelle est immense.

    De l’autre côté, les cadeaux se multiplient envers les riches, comme des annonces de réduction de l’ISF.

    Ce n’est qu’un début

    Les APL sont dans le collimateur des gouvernements depuis un certain temps, ainsi en juillet 2015, la commission des finances du Sénat déclarait : « Du point de vue de leur gestion, les aides se présentent par ailleurs comme une prestation coûteuse. Fondées sur un barème excessivement complexe, elles mettent en œuvre des règles d’abattement et de neutralisation visant à tenir compte des variations de revenus et d’activité des bénéficiaires, qui sont à l’origine d’un montant significatif d’indus : 43 % du total des indus identifiés en 2013 par les caisses prestataires, soit 1,57 Md€. Pour la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), qui en verse la quasi-totalité, elles représentent un coût de gestion que l’on peut estimer à environ 600 M€, soit 3,5 % de leur coût total. Ces prestations engendrent par ailleurs une fraude qui peut être estimée à environ 280 M€, soit 28 % du total des fraudes détectées par la CNAF… »

    Dans la bouche des bourgeois, « fraude » signifie « arrêt de mort », sauf lorsqu’elle est accompagnée du terme « fiscale. » Cette volonté de liquidation n’est pas toute neuve, mais elle n’est pas non plus isolée.

    Cette mesure, envisagée depuis longtemps par les cabinets de conseil et autres commissions ministérielles de la bourgeoisie, avait tardé jusqu’ici à être mise en place. En effet, en rognant sur la solvabilité des locataires, elle se heurte aux intérêts d’un secteur particulier du capitalisme français, mais néanmoins très importants : celui de la spéculation immobilière.

    Certes, il est vrai que les APL engraissent en partie l’inflation des loyers. Les propriétaires et les agences s’en servent pour se goinfrer d’argent public. Mais l’argument s’effondre, miné par l’hypocrisie d’un gouvernement intégralement à la solde de la bourgeoisie.

    Car, lorsque interpellé sur le sujet, le gouvernement a annoncé ne pas vouloir légiférer sur une limitation des loyers, pour ne pas pénaliser les propriétaires -qui vivent parfois en rentiers et en parasites, entretenant un parc de logements vides pour maintenir la spéculation immobilière.

    L’immobilier français est déjà à la peine depuis quelques années, et ses difficultés risquent d’être amplifiées par la baisse des dotations aux collectivités territoriales, qui assument en pratique une part essentielle des projets des promoteurs.

     S’attaquer aux APL, ce n’est pas anodin. C’est la mise en place, dans les années 70, des APL (en lieu et place de l’ancien système d’aide à la pierre) qui avait à l’époque ouvert la voie à la flambée de l’immobilier. Il est difficile de mesurer à l’avance les conséquences d’une mesure de ce type. La spéculation immobilière joue en effet un rôle absolument fondamental, ici comme dans tous les principaux pays capitalistes.

    En France, la seule bulle immobilière a tiré à bout de bras la « croissance » pendant des années. Un bien immobilier, c’est une garantie qui permet aux ménages, aux entreprises, aux Etats et aux banques d’emprunter, de s’endetter. Que la valeur de leur bien s’effondre, pour cause d’éclatement de la bulle immobilière, et ils n’auront plus de garantie, ils ne seront plus solvables, et risquent la faillite pure et simple. Et cette faillite peut engendrer des réactions en chaine, étant donné le fonctionnement instable du capitalisme financier.

    Aux Etats-Unis, c’est le retournement en 2006 du marché immobilier américain qui avait provoqué la crise des subprimes et avec elle la crise de 2008 qui avait déstabilisé le capitalisme mondial. Nous verrons prochainement si la rapacité aveugle des capitalistes français, et si la politique à courte vue des gouvernements à leurs ordres ne finira pas, en définie, par se retourner contre eux-mêmes.

    Elle s’inscrit également dans une volonté de supprimer les concessions accordées aux classes laborieuses. Elle s’inscrit dans l’offensive généralisée et débridée contre l’ensemble des conquêtes sociales.

    Elle forme l’un des fronts d’attaque, dans la bataille d’anéantissement que veut provoquer le gouvernement.

    La nécessité de la Lutte

    La récente réaction du gouvernement face aux réactions quant à sa réforme ne peut que nous encourager à poursuivre dans le sens de la lutte. En effet, furieux de son impopularité, Le président Macron aurait déclaré à ses troupes que la baisse des APL était d’une « Connerie sans nom ». Une réaction qui tranche avec l’attitude d’arrogance de ses sbires.

    Mais aucun projet ne se retire sans combat. Nous aurons à protéger nos droits de la même manière que nous les avons obtenus :

    Par la lutte.

    Macron a raison d’attaquer en été, quand les travailleurs, quand les travailleuses se reposent. Mais cet été est sous le signe de la préparation intense de la lutte.

    Front social a multiplié les initiatives pour mobiliser la population. La CGT et les syndicats combatifs se préparent.

    La lutte s’annonce, cruciale et sans répit.

    La contestation de pacotille, à l’Assemblée, ne suffira nullement. Au mieux, elle n’est qu’une tribune du refus. Bien souvent, elle tourne à la farce, à la bouffonnerie, incapable de briser le quatrième mur : le fait de déclarer que la démocratie bourgeoise est la dictature des capitalistes.

    Ce n’est que dans la rue, par l’occupation de lieu de travail, par la grève que nous réussirons à imposer un coup d’arrêt à ces réformes.

    Le 12 septembre, la CGT déclenchera les hostilités, nous devons rejoindre et investir nos forces dans le Front Unis contre le Gouvernement Macron et l’offensive bourgeoise !

    LUTTONS AUJOURD’HUI POUR NOUS DROITS.

    DEMAIN CONSTRUISONS NOTRE POUVOIR !