Étiquette : Le Pen

  • Macron l’illusion

    Macron l’illusion

    Dimanche 7 mai 2017 se tient le second tour de l’élection présidentielle. Elle oppose deux candidats empoisonnés :

    Le candidat libéral Emmanuel Macron, notoirement connu pour ses accointances envers l’Etat-major du patronat : le MEDEF. Il est l’héritier du pourrissement du Parti Socialiste, il est la somme de la déliquescence de la social-démocratie achetée par le pouvoir bourgeois.

    De l’autre la fasciste Le Pen, notoirement connue, quant à elle, pour ses accointances avec des groupes et groupuscules de sinistre réputation : G.U.D., Occident, Jeunesses Nationalistes ou Identitaires. Elle descend en droite ligne d’une idéologie portée par les collaborationnistes, par les nostalgiques de l’ordre réactionnaire, traditionnel.

    Selon toute vraisemblance, Emmanuel Macron devrait l’emporter, avec, toutefois, une marge beaucoup moins marquée que celle de Jacques Chirac contre Jean Marie Le Pen en 2002. D’une part, dans une certaine mesure, car les idées réactionnaires ont progressé, de l’autre car il existe un véritable dégoût, une véritable répugnance de la part des masses vis-à-vis de ce jeu politique pourri.

    Tout comme à l’issue du gouvernement Jospin, le PS est poussé sur le banc de touche dès qu’il a l’opportunité d’exercer le pouvoir. Il est l’incarnation directe de la faillite de la social-démocratie.

    Pour autan, Macron ne court pas un immense risque. Il bénéficie du report de nombreuses voix et sa position centrale, centriste, lui permet de ratisser très largement. De plus, énorme avantage, il bénéficie de l’appui de la plus grande majorité de la bourgeoisie, des capitalistes de l’Etat français, lesquels -contrairement aux sottises proférées par les réactionnaires et les réformistes radicaux, bénéficient grandement de l’Union Européenne. Si l’Etat français était dominé par les USA et par l’UE, comme le vocifèrent de concert de nombreux chauvins, il existerait une logique à ce que la bourgeoisie appuie de tous ses vœux le FN.

    Ce n’est pas le cas. Malgré le ralliement de poussières comme Nicolas Dupont Aignan et Christine Boutin, la bourgeoisie semble réticente à choisir cette voie. Réticente mais prudente, car le MEDEF a dors et déjà pris contact avec la direction du Front National pour ouvrir des discussions. Nous ne doutons pas que ce parti, malgré le fait qu’il joue sa carte « proche du peuple » et « sociale », s’est incliné le plus bas possible pour se plier aux désirs de la bourgeoisie de l’Etat français. Car les fascistes sont ainsi, ils sont des serviteurs zélés du patronat.

    Bien des raisons expliquent la situation face à laquelle nous nous trouvons. Elle représente un aboutissement qui mérite d’être analysé et détaillé. Il est le fruit de processus importants et logiques, non de surprises.

    D’une part car la colère populaire s’est orientée vers les issues qui lui étaient proposées. La bourgeoisie, depuis que cette idéologie existe, s’est évertuée à barrer la route des masses vers le communisme. 60 ans sans Parti Communiste correct se paient chèrement.

    D’autre part en s’évertuant à déplacer le centre de gravité des débats vers la réaction, les politiciens bourgeois ont accrédité les thèses du FN. Le débat sur la situation sociale, sur la misère, s’est mué en débat sur la sécurité, en débat sur l’immigration. Ceux et celles qui ont hurlé avec la meute des slogans réactionnaires, qui ont entretenu la flamme, sont des responsables de cette situation.

    Le débat sur l’exploitation s’est mué en débat sur le pouvoir d’achat.

    La fin de l’existence du « Bloc Est » -bien que révisionniste et social-impérialsite- signifia un boulevard pour la bourgeoisie et pour les réactionnaires. La crise a fait son chemin, aiguillonnant la bourgeoisie, la poussant à attaquer plus fort.

    Les organisations militantes et communistes en premier lieu -nous ne nous excluons pas en écrivant cela- ont une autocritique à faire sur l’incapacité à faire front contre la montée des idées réactionnaires et sur l’incapacité à juguler cette avancée.

    Dans la situation actuelle, le camp du progrès est non seulement faible et dispersé, mais il est également gangréné d’idées chauvines et réactionnaires. Il est gangréné d’illusions réformistes. Il est essentiel de se ressaisir et de serrer les rangs pour faire face à la tempête qui approche.

    Comme mentionné plus haut, selon toute vraisemblance, Macron est en très bonne position pour devenir le nouveau président du conseil d’administration de la bourgeoisie.

    Un grand nombre d’individus, de médias, de personnalités politiques appellent à voter Emmanuel Macron. Ils et elles s’effraient des 21% fait par le Front National au premier tour. Un nombre encore plus vaste d’organisations prennent des mots d’ordres centristes pour laisser, en sous main, la possibilité à leurs militants et militantes de « faire leur choix », ce qui revient à ne pas dénoncer le jeu, mais à l’accompagner en catimini, avec opportunisme.

    L’opposition interne du PCF est un exemple parfait : Elle condamne le ralliement de 20h02 de Pierre Laurent à Emmanuel Macron, opposant à ceci un courageux « pas de consignes de vote. » Slogan on ne peut plus libéral, qui laisse les positions de droite donner le ton.

    Les accusations fusent désormais : les abstentionnistes représentent le mal absolu, car ils risquent de laisser le pouvoir entre les mains du FN, empêchant la mise en œuvre de stratégies d’une subtilité absolue :

    • Voter massivement pour Macron pour lui faire comprendre que les votants ne veulent pas de son programme, mais qu’il est juste un barrage.
    • Voter en déclarant que ce vote est par dépit.
    • Voter après 17h00 pour faire créer un distinguo entre les partisans de Macron et ceux qui font juste barrage.

    L’imagination de ces maîtres du vote utile est sans bornes.

    Parmi les plus brillants zélateurs de ce vote, nous pouvons remarquer Charlie Hebdo, le journal autoproclamé satirique et sans respect, mais qui, dans un élan de réformisme typiquement issu du gauchisme, insulte et traite de « cons » les abstentionnistes.

    Nous écartons sans la moindre compassion des injures, ces insultes, qui sont-en vérité- autant de cris énamourés pour la démocratie bourgeoise. En particulier lorsqu’ils proviennent d’agents -conscients ou non- de l’anticommunisme et de la réaction.

    Emmanuel Macron, agent de la bourgeoisie, peut certes, pour une poignée de voix, accorder certaines concessions cosmétiques à son programme libéral. En revanche, jamais il ne transigera sur le fond de l’affaire : poursuivre la ligne de casse du CDI, la ligne de casse des acquis sociaux, la ligne antipopulaire et anti-ouvrière entamée avec joie par François Hollande.

    Mélenchon peut multiplier les appels, ils resteront sans effets. Tout au plus, M. Macron inclura, pour le satisfaire, mais également pour satisfaire l’autre bord, une composante plus chauvine à son discours.

    L’ironie la plus profonde est ailleurs. L’élection du FN au pouvoir, son accession à l’Elysée, ne signifie pas mécaniquement le fascisme. Les institutions républicaines peuvent -sans problème- tourner avec un régime d’extrême-droite. In fine, il s’agissait de la nature même du régime gaulliste qui mit en œuvre la Vème république. Un FN avec une opposition forte serait gêné aux entournures, et ne pourrait probablement pas appliquer son programme.

    En disant cela nous n’annonçons pas que l’élection du Front National serait une bonne et non une mauvaise chose. Elle signifierait une réaction accrue, une brutalité grandissante. Elle signifierait un pas en avant vers la caporalisation de la société. Elle serait également un blanc-seing donné aux amateurs de lynchages et de ratonades, aux violences policières les plus débridées.

    Pourtant, ceux qui considèrent que Macron représente le sauveur de la démocratie pourraient bien déchanter. Dans ses interviews, le candidat n’hésite pas : ficher les militants, les militantes, développer un plan préventif pour lutter contre les mobilisations -en somme des arrestations préventives, des assignations à résidence, des interdictions de rassemblement ou de manifestation-.

    Il lui sera d’autant plus aisé de diriger d’une main de fer la libéralisation à outrance que l’opposition serait anesthésiée par cette peur : faire le jeu du FN. Tout ce qui affaiblirait le pouvoir serait, en dernière instance, attaquable comme ouvrant la voie au fascisme.

    La figure rassembleuse d’Emmanuel Macron est un faux semblant. Son pouvoir ne sera pas cristallisé contre le fascisme, au contraire, il est sur la ligne droite pour effectuer en pratique les tâches qu’assignerait la bourgeoisie à ce type de régime.

    La croyance, entretenue par la compréhension idéaliste de l’Histoire, tend à imprimer un idéaltype du fasciste comme présentant un véritable gouffre par rapport au démocrate.

    C’est là faire fausse route.

    Un Macron, un Valls, tout comme un Laval, sont tout à fait en mesure de pouvoir agir d’une manière réactionnaire-fasciste sans pour autant formellement en être issu.

    Pourquoi ? Parce qu’ils représentent des agents furieux du capitalisme, et qu’ils en exécutent avec zèle les ordres. Car ils sont capables de faire une synthèse que ne peut faire le FN, et de mettre au pas la société derrière un « bien commun », contre un « ennemi commun. » Ce qui, traduit, revient à ordonner de faire bloc derrière sa bourgeoisie, derrière son impérialisme, contre celui des autres. A faire bloc du côté des intérêts du patronat national.

    Les concessions, Macron les fera avec le fascisme et la réaction. Non avec le progrès.

    De fait, l’élection de Marine Le Pen ou de Macron représente deux voies à la saveur différente vers une même situation : une dictature brutale de la bourgeoisie. Fondamentalement, les deux forment des options réactionnaires proposées par la bourgeoisie, sur la forme que doit prendre le retour en arrière social : chauvin ou européiste, libre-échangiste ou protectionniste.

    Dans les deux cas, il n’existe qu’une seule et unique garantie à la protection des libertés formelles, des droits démocratiques et sociaux : le rapport de force direct. Aucun bulletin de vote ne peut garantir cela.

    La recomposition politique qui émergera des législatives est encore mal connue, difficilement appréciable. En revanche il est peu probable que les progressistes apparaissent en position de force au milieu de l’océan réactionnaire.

    La tâche des communistes, dans cette période, est de se souder, de faire front commun, de grandir en influence. Elle est de reconstituer le camp du peuple, tout en luttant contre les illusions réformistes, de lutter contre les illusions sociale-démocrates, chauvines, réactionnaires.

    Elle est de prendre les devant pour couper les fascistes de leur implantation dans les classes populaires.

    Un période de cinq ans s’ouvre devant nous, elle ne sera d’aucun repos.

    Nous devons avancer, avec fermeté, dans le renforcement des organisations communistes, dans leur unification.

    Sans ce travail, aucune avancée n’est possible.

     

     

    D’ici là, nous devons clamer notre opposition, dès la nomination du nouveau capitaine de l’impérialisme.

    Nous rejetons le jeu pourri de la démocratie bourgeoise !

    Nous voulons le pouvoir populaire !

    Nous voulons chasser la bourgeoisie !

    Tous et toutes dans la rue le 7 mai  au soir !

     

  • Rejetons les options que nous laisse l’élection. Construisons le pouvoir populaire !

    Rejetons les options que nous laisse l’élection. Construisons le pouvoir populaire !

    A L’ISSUE DU PREMIER TOUR DES ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES, LES RÉSULTATS SONT LA.

    Le pur produit du libéralisme, Emmanuel Macron, est pressenti pour être le nouveau président de l’Etat Français. En face de lui, Marine Le Pen, dirigeante du parti Fasciste, le Front National. Voici donc la configuration du match : Un combat entre une droite pro-UE, libérale, pro-OTAN et une qui est son miroir, anti-UE, xénophobe, protectionniste, pro-russe.

    Les deux représentent deux faces des intérêts des capitalistes de l’Etat Français. Les deux sont des agents de la régression sociale, de l’exploitation accrue, de l’anéantissement des conquêtes sociales. L’un et l’autre représentent les deux branches d’une tenaille faite pour attaquer les travailleurs, les travailleuses, accroitre leur oppression. Libre échangiste ou protectionniste, l’exploiteur reste exploiteur.

    Les réformistes s’empressent de déclarer que nous sommes au pied du mur, qu’il est temps d’adouber tous Macron comme un rempart face au fascisme.

    Ce fascisme, ce sont les gouvernements successifs, dont celui dirigé par le P.S. qui l’ont nourrit, qui l’agitent comme un épouvantail pour que nous avalions une fois de plus, en souriant, les couleuvres.

     

    « PESTE ET CHOLERA, CHARYBDE ET SCYLLA, CERTES, MAIS VOTEZ MACRON QUAND MÊME ! » VOILA CE QU’ON NOUS OFFRE.

    REJETONS CE CHANTAGE.

    Macron, malgré son sourire enjôleur, ses airs rassembleurs, est l’avant-garde des exploiteurs. Il est d’autant plus dangereux que, si il dispose d’une forte assisse électorale, il entraînera dans son sillage, dans un seul camp, les sociaux-démocrates valets du patronat, à la Hollande, et les réactionnaires à la Fillon. Son élection forme un redoutable pôle, une synthèse terrible des positions les plus libérales et les plus antisociales. Il représente l’aboutissement d’un long processus, entamé dès l’irruption de la crise de 2008. Son pouvoir est celui d’un comité de salut des intérêts des capitalistes et des impérialistes de l’Etat Français. Il est le sauveur du patronat français, leur messie, leur héraut le plus pur, le plus zélé.

    Nous en sommes ici aujourd’hui car une confiance aveugle a été donné aux institutions, à l’Etat, aux politiciens et aux politiciennes. Nous en sommes ici car le jeu truqué des bourgeois, fait selon leurs règles, fait selon leurs lois -qu’ils violent régulièrement, pourtant-  ne pouvait que nous y entrainer, comme une terrible lame de fond.

    Pourquoi ? Parce que la bourgeoisie est consciente de ses intérêts et qu’elle est prête à tout mettre en œuvre pour les défendre.

    La bourgeoisie a dicté le programme du président sortant, François Hollande. Elle a dicté la loi El-Khomri. Elle a dicté le 49.3 pour la mettre en œuvre. Elle dictera d’autant plus aisément celui du prochain que celui-ci sera légitimé par un grand nombre de suffrages. Les réformistes, les menteurs, les prestidigitateurs de la politique n’ont eu de cesse que d’emmener les masses populaires vers cet abattoir. Ils ont clamé que la démocratie bourgeoise est la plus pure démocratie, alors que le pouvoir réel est entre les mains du MEDEF et des organisations du patronat.

    Ils nous ont nourris de mots d’ordre stupides, sans le moindre fond, sans la moindre consistance, comme cette « révolution citoyenne par les urnes » inventée par Mélenchon.

    Hier comme aujourd’hui, tout ce que nous avons obtenu, nous l’avons arraché par la lutte. Rien n’a été donné, rien n’a été offert. Pendant cinq ans, nous avons été bernés par les courroies de transmission du PS, des sociaux-démocrates, des vermines qui nous vendent.

     

    NE LES ÉCOUTONS PLUS ! ÉCOUTONS NOTRE COLÈRE !

    LA VRAIE DÉMOCRATIE EST POPULAIRE.

    LE VRAI POUVOIR EST DANS LA LUTTE !

    N’écoutons pas les sirènes de ceux qui veulent que nous liions notre destin à celui d’Emmanuel Macron. Est-ce cela notre seul choix ? Nous prosterner devant le banquier ? Défiler, le bras tendu, devant la fasciste ?

    NON.

    Nous avons le choix de la lutte. Le choix d’avoir, de bâtir notre propre démocratie. Le choix d’avoir notre pouvoir d’opposition. Le choix du camp du peuple.

    Celui-ci n’a pas besoin des parlements, des mairies, des salons de la bourgeoisie, de ses règles étriquées, de son crétinisme. Qu’en ferait-il ? En ces lieux, les patrons donnent leurs ordres, les élus exécutent.

    NOUS VOULONS UNE OPPOSITION EXTRA-PARLEMENTAIRE !

    Les politiciens ont joué leur plus beau tour de passe-passe en se clamant les seuls représentants de la démocratie. Ils et elles l’ont usurpée, l’ont réduite, l’ont broyée, hachée menue, transformée en un simple bulletin.

    Dans les organisations politiques, dans les syndicats, dans les associations, dans tout ce qui nous permet de nous organiser, là réside le pouvoir populaire !

    Dans nos assemblée, dans nos prises de décision, là réside la démocratie.

    Assez des affairistes, des opportunistes.

    Assez des carriéristes.

    Assez du rideau de fumée, des débats de technocrates, de l’absence de contrôle populaire.

    ASSEZ DU CRÉTINISME PARLEMENTAIRE, ASSEZ D’ÊTRE BERNES, D’ÊTRE UTILISES PAR DES CARRIÉRISTES, DES CHAUVINS, DES AGENTS DE L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS.

    Construisons aujourd’hui les bases d’une opposition, contre le pouvoir de Macron, contre la démocratie fantoche des législatives, contre le mythe de la démocratie bourgeoise. Si le fascisme de Marine Le Pen est un poison, le gouvernement instable et fragile que Macron mettra en place, si nous ne sommes pas soudé, peut aisément basculer dans quelque chose de tout à fait similaire.

    Dans les rues, dans les usines, dans les universités, dans les lycées, dans les lieux de vie, dans les prisons et les hôpitaux, unissons nous contre l’offensive du capitalisme, contre l’offensive de la réaction.

     

    FAISONS FACE, ENSEMBLE !

    CLAMONS QUE NOUS REJETONS CETTE ELECTION POURRIE, CE DÉBAT TRUQUE !

    PAS UNE VOIX POUR LE JEU DES BOURGEOIS ! CONSTRUISONS NOTRE POUVOIR, CELUI DU PEUPLE !

  • 1er round électoral : premiers constats

    1er round électoral : premiers constats

    Déclaration de l’Unité Communiste de Lyon à la suite du premier tour des élections présidentielles.

    Le premier tour de l’élection présidentielle est terminé. Il est conforme à nos estimations.

    Emmanuel Macron est un favori confirmé et dispose en face de lui d’un boulevard libre pour s’assurer la victoire au second tour. Il ne fait strictement aucun doute que le report des voix lui accordera une grande longueur d’avance sur sa concurrente directe, laquelle n’en bénéficiera que de manière marginale.

    Entre les ralliements de la part de transfuges du Parti Socialiste, le soutien d’une droite déçue de son candidat, enterré par les affaires, l’appui de la bourgeoisie, Emmanuel Macron dispose d’une conjonction d’astres favorables.

    Même François Hollande, en appelant François Fillon à se retirer, l’a adoubé indirectement : il est devenu le candidat du chef du conseil d’administration de la bourgeoisie de l’Etat Français. L’impopularité de Hollande ne l’a pas desservi pour autant.

    De ce point de vue-ci, pas de surprise.

    Le Front National est en seconde position, tout comme en 2002. Mais à la grande différence d’il y a 15 ans, cette fois, sans surprise ni choc. Pas de scène de panique, pas de stupeur. Tout au plus un haussement d’épaule.

    Comment en serait-il autrement ? Le débat de la présidentielle fut le débat du Front National. Ses thèmes y furent centraux. Pendant des années, les gouvernements successifs ont invité cette organisation à devenir un centre de gravité dans le débat politique et ont légitimé ses thèses : immigration, sécurité, terrorisme, identité nationale…

    Marine Le Pen est ingrate, elle a omit de remercier Daesh pour son soutien sans faille, par ses attentats -le dernier en date du 20 avril-, pour le fait de lui avoir tant apporté. Elle a omit de remercier les chauvins de tout poil, qui défendent « la place de la France dans le Monde » ceux et celles qui présentent l’Etat Français comme dominé par l’OTAN et par l’UE. Ceux qui furent acquis à ces thèmes n’ont pas été dupes : ils et elles ont préféré l’original au light drapé de rouge-brun.

    En revanche, contrairement à 2002 où le FN était une très forte minorité, en 2017 celui-ci se retrouve majoritaire -parfois grandement- dans une série de départements et même de régions. Cette nouveauté est révélatrice du caractère hégémonique des idées réactionnaires dans certains lieux. Situation désagréable.

    François Fillon est arrivé 3ème, avec 20%, contre la plupart des pronostics. Nous lui accordions cette place pour plusieurs raisons : sa base électorale catholique est solide, imperméable aux critiques et aux affaires. Elle ne se détourne pas aisément, comme une girouette, pour un Macron vu comme un arriviste ou pour une Le Pen dont la bourgeoisie catholique méprise les manières plébéiennes.

    De plus, beaucoup d’observateurs et de commentateurs, au sein de notre camp tout comme d’une manière générale, ont été victimes d’un biais de pensée : la base sociale de Fillon est très endogame, très repliée sur elle même. Elle est celle, habituellement discrète, qui s’était mobilisée au grand jour dans les « manifs pour tous. » L’absence de contact avec ces milieux ne signifie pas leur inexistence. Les réseaux sociaux, qui ont formé un baromètre trompeur, biaisé, éloignent parfois de la réalité.

    Le vote Fillon reste, malgré tout, un vote rationnel, avec une certaine cote de confiance. Il est probable que de nombreux électeurs aient hésité un moment entre Fillon et d’autres, mais que la rationalité ait pris le pas sur l’aventurisme -supposé ou réel.

    Mélenchon 4ème fut une déception pour de nombreux soutiens. Une déception et une véritable claque. 19% alors que nombreux étaient ceux et celles qui l’imaginaient déjà au second tour.

    Autant les soutiens de Fillon sont restés silencieux, autant ceux de Jean-Luc Mélenchon ont été hyperactifs. Attaquant sur tous les fronts, en reprenant des méthodes employées lors de la campagne de Donald Trump, en intervenant systématiquement, en créant des trollfarms spammant partout et tout le temps, la campagne de la France Insoumise fut omniprésente.

    Hélas pour eux, les soutiens à Mélenchon se sont enivrés de leur propre production et se sont enfermés dans des espaces où ils et elles étaient toutes acquis et acquises à cette cause. D’où une illusion auto-entretenue d’hégémonie. Cette illusion s’est effondrée désormais.

    La défaite de Benoît Hamon est, en revanche, intégrale. Les partisans de Mélenchon lui reprochent d’avoir été inutile, d’avoir absorbé les voix manquantes. Bel exercice comptable, belle ignorance des lignes de démarcation.

    La clivage Hamon / Mélenchon est un clivage de conception profonde de la stratégie de l’impérialisme et du capitalisme français. La vision de Hamon est celle d’un impérialisme français qui reste dans ses choix d’alliance : Libre-échange, Europe et Atlantique. Elle est une vision qui se heurte à celle de Mélenchon : protectionniste, anti-UE et ouraliste. Considérer que les deux sont compatibles montre le niveau de naïveté de la part des insoumis. Elle n’était pas possible, pas concevable, et il est logique que ceux qui rejettent Hamon mais acceptent ses conceptions stratégiques aillent plus vers Macron que vers Mélenchon.

    Hamon incarne la fin du Parti Socialiste tel que nous pouvions l’avoir connu. Passant de parti majoritaire aux élections à une organisation en 5ème position, éventrée, humiliée, il est évident qu’une étape s’est franchie dans son histoire.

    Ceci incarne en plein la faillite de la social-démocratie, du menchevisme, du réformisme, de la possibilité pour une organisation qui prétend assurer un consensus entre les intérêts de la bourgeoisie et des travailleurs de ne pas sombrer dans l’opportunisme. Cette défaite est la victoire la plus importante. Elle est l’aboutissement d’un processus de décomposition, d’effondrement, de droitisation. Elle est le champ du cygne d’une organisation ayant toujours défendu une politique fausse et anti-révolutionnaire.

    La France Insoumise se voit désormais le nouveau pôle social-démocrate. A n’en pas douter, ceci représente l’aboutissement du travail de Mélenchon depuis son départ du Parti Socialiste : organiser autour de lui, de sa clique issue de l’O.C.I., le nouveau centre réformiste. Ainsi, l’ancien ministre, l’ancien P.S., aura réussi son tour de passe-passe : sauter par dessus les cadres du PS pour former son Parti Socialiste bien à lui.

    Cependant, le P.S. nous réserve certainement bien des surprises. Son appareil, son réseau associatif, ses courroies de transmissions sont toujours là, et il est douteux que le vide temporaire qu’il laisse puisse être occupé par la F.I. ou par une organisation manquant de cadres comme « En Marche ! ». Personne ne peut être plus satisfait de la défaite massive de Hamon, du succès de Macron et de Le Pen, que des cadres opportunistes, lesquels vont pouvoir, sans risquer l’opprobre générale, passer aux côtés du traître d’hier et mendier une place.

    Les poussières qui suivent, notamment Philippe Poutou, n’ont pas réussi à capitaliser sur leurs performances dans les débats. Ils ne sont pas apparus comme des alternatives crédibles, sont restés sur un électorat faible et fractionné. Etrangement, celui qui, derrière Hamon, tire son épingle du jeu, est Nicolas Dupont-Aignant, lequel incarne une forme de FN « propre, » loin des affaires, malgré ses piètres performances et ses prises de pied dans le tapis.

    L’abstention et le boycott sont restés forts, aux alentours des 22%. Nous considérons que le fait qu’un électeur sur cinq ne se soit pas exprimé est significatif de la démoralisation de ceux-ci et du dégoût pour la démocratie bourgeoise.

    Ceci représente plus que les voix de Macron (18% de l’ensemble) ; que les voix de Le Pen ( 16% ) ; que les voix de Mélenchon (15%). L’issue de ce premier tour est donc la suivante : la première force politique est le rejet du parlementarisme bourgeois, conscient, théorisé, ou non.

    Le premier tour est un séisme du fait de la disparition des deux grandes forces politiques : PS et LR. Depuis l’élection de Giscard en 1974, l’alternance était restée entre la « droite gaulliste » et la social-démocratie.

    Deuxième tour, premières manigances.

    Dès l’annonce des premiers résultats solides et fiables, les bouches se sont déliées. Sans perdre un instant, Pierre Laurent, dirigeant du PCF, s’est rué pour assurer Emanuel Macron de son soutien. Sans un suzerain P.S. pour lui assurer des places, des élus, des positions, le P.C.F. court le risque d’être victime d’un effet domino entraîné par l’effondrement de son allié et maître.

    Mélenchon et la France Insoumise sont des partenaires gênants et peuvent très bien tenter d’achever le parti zombie pour le remplacer purement et simplement. D’où la terreur du boutiquier Laurent, dont le parti dépend, plus que tout autre, des versements des élus pour tenir (55%).

    Nous nous réjouissons de cette prise de position, dans le sens où elle illustre tout l’opportunisme de cette organisation politique, toute sa soumission, toute sa décomposition et sa putréfaction.

    Philippe Poutou, qui avait voté Hollande en 2012, a appelé à participer aux manifestations anti-FN, tout en mentionnant que Macron n’était pas un rempart contre le fascisme. Si cette position n’est pas injuste en soi, elle deumeure obnubilée par l’épouvantail FN, ne se porte pas sur une position de rupture avec le réformisme bourgeois.

    Comment en serait-il autrement pour une organisation fondamentalement réformiste sous un vernis radical, qui -même dans ses clips de campagne- s’est toujours présentée comme pouvant gagner et changer les choses en étant élu ? Comment en serait-il autrement pour une organisation qui s’est aplatie, qui a quémandé le droit de concourir dans une course truquée ?

    Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, a déclaré qu’il ne prenait pas position, n’étant pas mandaté pour. Cette absence de ligne est une des caractéristiques de l’opportunisme et du centrisme. En n’appelant pas à ne pas voter pour Macron ou Le Pen, le tribun laisse la porte ouverte, admet, par la négative, que cette possibilité est juste et raisonnable. En faisant ceci, mais il est loin d’être le seul, il laisse les positions les plus droitières, les plus modérées, les plus réactionnaires prendre les décisions.

    Botter en touche sur les questions clivantes est une marque de fabrique du trotskisme dont est issu Jean-Luc Mélenchon. Tout comme la question du colonialisme, face à laquelle son sbire Corbière s’est montré d’une lâcheté invraisemblable, la question d’impulser la ligne quant au vote au second tour semble paralyser la direction de la France Insoumise.

    Ne pas avoir reçu de mandat sur cette question sonne, à nos oreilles, comme farce à double-tranchant. Cela signifie que des mandats ont été donnés sur les positions ultra-chauvines, nationalistes, de chef du PG. Cela jette un éclairage passionnant sur les opinions de ceux qui auraient composé ce mandat, sur leur véritable physionomie politique.

    Les discussions internes à la France Insoumise, quant au positionnement face à ce tour, restent en suspens. Nous les suivrons avec attention.

    Ce second tour s’annonce comme une victoire aisée de la part du candidat de la bourgeoisie, mais également comme de vaines gesticulations, comme des concessions, des compromis, des ralliements. Une comedia dell’arte passionnante se dévoile, dans laquelle chacun rivalise de coups bas pour participer au gouvernement du plus jeune président de la République.

    L’arrivée des législatives, dans ce climat de décomposition, de recomposition, de chaos électoral, laisse songeur. Bien des questions sont sans réponse à l’heure actuelle.

    Macron est-il en mesure de faire surgir des cadres et des relais locaux suffisants pour permettre d’occuper l’espace qui lui est offert ? Peut-il réussir à transformer l’essai et à constituer une majorité parlementaire solide ou, au moins, fonctionnelle ?

    Le vide laissé par le PS sera t-il comblé par un simple retournement de veste de la part des membres de l’appareil ?

    Assisterons-nous à la concrétisation d’une opposition formée d’un F.N. capable de disposer d’élus nombreux ? D’un gouvernement pris en étau par une opposition parlementaire de gauche et une de droite ? Ces questions trouveront leurs réponses d’ici quelques mois. Une certitude demeure : ces cinq années seront sous le signe du vacillement, du louvoiement, de la fragilité, donc, paradoxalement, du risque de dégénération en brutalité débridée.

    Quant à nous, notre position est simple : Préparons-nous au choc. Préparons-nous à l’offensive de la bourgeoisie. Serrons les rangs et tirons les conclusions de cette campagne électorale.

    Ceux et celles qui se réjouissent de voir les sociaux-démocrates retourner dans l’opposition doivent faire le deuil de leurs illusions. La social-démocratie se caractérise par l’opportunisme et la trahison. C’est sa physionomie première.

    De même ceux qui, une fois leur candidat mis en échec, se targuent d’être des révolutionnaires dans l’âme, et tentent diverses O.P.A. sur les mouvements abstentionnistes, de boycott, allant jusqu’à tenter de faire coexister « nuit des barricades » et « JLM 2017. »

    Notre seule option est le rejet du parlementarisme, de ses cadres étriqués. Nous devons nous rassembler, tout ceux, toutes celles qui rejettent ce système truqué, sur des bases progressistes, anti capitalistes, anti impérialistes.

    Notre réponse aux idées fascistes est dans l’unité populaire, non dans le fait de plier le genou devant les droitiers et les libéraux.

    Nous devons fonder l’opposition extra-parlementaire, l’outil de la résistance.

    Nous devons frapper et briser le mythe de la démocratie bourgeoise. Dénoncer l’opportunisme, le chauvinisme, le réformisme radical.

    Nous devons construire l’outil de la victoire, le Parti Communiste.

    Osons lutter, osons vaincre !

  • Attentat aux Champs-Elysées – combattre l’opportunisme.

    Attentat aux Champs-Elysées – combattre l’opportunisme.

     

    Jeudi 20 avril 2017, un homme a attaqué à main armée une camionnette de Police sur les Champs-Elysées, tuant un policier, en blessant grièvement un second ainsi qu’une touriste avant d’être lui-même abattu. Immédiatement après, l’organisation fasciste Daesh revendiquait l’attentat.

    Tout aussi immédiatement, les charognards habituels se sont empressés d’agir en fonction de leurs intérêts : François Fillon et Marine Le Pen ont ainsi immédiatement vociféré, s’empressant de dévorer les corps encore chauds, d’en faire des piédestaux pour lancer leurs discours de division, de haine, de fracturation des classes populaires.

    François Fillon, enfonçant le clou, parla même de « plusieurs attaques », malgré leur inexistence. Plongeant à pieds-joints dans les fake news, au détriment des preuves. Tant que la peur subsiste, la vérité peut bien être tordue en tout sens.

    Nous condamnons cet attentat comme une volonté d’attiser la division et la haine. Nous condamnons les récupérateurs, les nécrophages, qui, immédiatement, s’en emparent.

    Comme nous le mentionnions dans cet article déjà daté mais toujours valable : « Mettre dos à dos les fascistes et Daesh. » De facto, les deux sont des alliés objectifs et s’entraident dans un système de pensée circulaire qui se renforce mutuellement.

    La misère, l’exclusion sociale, le racisme sont un terreau de recrutement pour l’organisation obscurantiste. Celle-ci table son fond de commerce sur un discours symétrique à celui des fascistes : L’Islam et l’occident seraient incompatibles, antithétiques, irrémédiablement insolubles l’un dans l’autre. L’un et l’autre des discours se font écho, se répondent mutuellement, en bref, se montrent cohérents et compatibles l’un envers l’autre.

    Les deux sont les acteurs d’une prophétie auto réalisatrice.

    Plus l’extrême-droite avance ses pions idéologiques, plus ses tentacules pénètrent la société, les pensées, les actes, plus – par effet de symétrie – celles de Daesh trouvent un appui. Daesh, au contraire d’autres organisations prosélytes, ne prône pas un « califat mondial », une volonté d’évangéliser la Terre entière.

    Elle veut, dans une espèce de soupe informe mêlant nationalisme et messianisme, la création d’un califat localisé dans le Levant et en Irak. Au maximum, l’ensemble de ses branches revendique un territoire qui correspond grossièrement à l’expansion maximale du monde musulman avant la Reconquista et les Croisades.

    Les fascistes, eux aussi, défendent une propagande axée sur une volonté de contrôler, de conserver, de structurer un espace revendiqué comme national. Cela ne se double pas d’un message universaliste, d’une prétention d’apporter à l’humanité entière une réponse à ses problèmes, mais bien, uniquement, de clamer « chacun chez soi et chacun ses problèmes. »

    L’un et l’autre des projets ne s’excluent pas mutuellement. Les fascistes se gargarisent du chaos que peut semer Daesh -n’hésitant pas, comme en est soupçonné le Flamand Claude Hermant, à fournir aux assassins l’armement nécessaire à leurs opérations. D’une part par appât du gain, de l’autre par véritable intérêt politique. Le chaos réactionnaire est l’opportunité, pour les fascistes, d’arriver comme des sauveteurs, des sauveurs, et d’être appelés au pouvoir. C’est ainsi qu’ils ont toujours obtenu leurs fonctions, les urnes étant, au final, secondaires. Faciliter la tâche de leurs alliés -objectifs et même subjectifs dans ce cas de figure – est donc parfaitement dans leurs cordes.

    Il ne fait pas de doute que la présidentielle dans l’Etat Français est dans les esprits de Daesh. Cette attaque est un cadeau fait à l’extrême-droite. C’est une offrande.

    L’ironie des ironies est que ceux qui s’empressent de jouer les spéculateurs forcenés, de faire monter les enchères, sur la mort de ce policier, n’auraient probablement pas bénéficié du moindre soutien de celui-ci de son vivant.

    Xavier Juegle, 37 ans, était un policer membre du syndicat FLAG !, la branche LGBT+ de la Police, au sein duquel il était particulièrement impliqué. Il était également pacsé avec son compagnon, et, depuis peu, père adoptif. Les documents qui ont pu être rassemblés sur ses opinions et sur ses pensées laissent peu de doutes quant au fait qu’il n’aurait probablement pas glissé un bulletin national-catholique ou fasciste dans l’urne.

    François Fillon et Marine Le Pen, tous deux hostiles au mariage pour tous et toutes, tous deux hostiles au PACS, tous deux hostiles à l’adoption pour les couples homosexuels, n’indiquent pas une forte proximité avec les positions de la victime.

    Les opportunistes n’en ont cure, ils se nourrissent, en bons charognards, de tout ce qu’ils peuvent trouver, quitte à tordre la vérité.

    En revanche une partie de l’extrême-gauche a été immédiatement ciblée par les « démocrates », les « progressistes », sous le prétexte qu’un policier progressiste ait été tué, et que cela exige que les communistes et les anarchistes marchent main dans la main et pleurent de concert avec la police républicaine.

    Il est essentiel de répondre à ceci.

    Lorsque les manifestations de policiers eurent lieu, l’an passé, l’Unité Communiste de Lyon avait déjà donné une position sur la Police. Oui, il existe des policiers authentiquement progressistes, gentils, aimables, sincères dans leur volonté de faire régner une certaine idée de la justice et de l’ordre public. C’est une indéniable vérité. Cependant, il est tout aussi indéniable que les idées progressistes sont loin d’être hégémoniques au sein de ce groupe social.

    Il existe une grande part de membres de la police qui, à l’inverse, sont des réactionnaires convaincus, des fascistes de premier ordre, des brutes épaisses enrobées de sadisme. C’est, également, un fait indéniable.

    L’existence d’une aile gauche et d’une aile droite, de positions plus progressistes et de positions plus réactionnaires est une constante dans chacun des compartiments de la société, quelque soit l’échelle. Même entre deux individus, l’un sera plus progressiste, l’autre sera plus réactionnaire. De même Il existe des ouvriers réactionnaires et des bourgeois progressistes.

    Cependant, notre rapport à la Police n’est pas un rapport individuel, il est une question de fonction sociale.

    La fonction de la police est d’exécuter les ordres de l’Etat bourgeois, de maintenir l’exploitation la plus efficace des travailleurs par la bourgeoisie. Elle est le moyen par lequel l’ordre tient, reste, résiste contre les volontés de changement, contre les volontés de transformation de la société. Elle n’est pas, contrairement aux prétentions de Lutte Ouvrière, une part de la classe ouvrière, elle est un corps détaché, séparé, dévoué uniquement à la répression. Par sa fonction, elle représente, indépendamment de la qualité de ses membres, un ennemi.

    Que la police le fasse dans le respect de la déontologie, comme le voudrait Mélenchon, ou dans la violence maximale, comme l’appelle de ses vœux Le Pen, ne change pas le fond de l’affaire. Elle est une ligne de défense de l’ordre bourgeois contre les travailleurs, contre les révolutionnaires.

    Certes, il est plus agréable de savoir la police contenue par des règles et des brides, mais elles sont illusoires et seront lâchées dès qu’une menace apparaîtra.

    C’est pour cela que nous ne nous réclamons pas de l’esprit « Charlie », que nous n’avons pas « embrassé un flic. »

    Nous condamnons cet attentat comme étant l’expression d’une volonté de chaos réactionnaire, d’une volonté consciente de servir la soupe aux fascistes.

    Nous sommes solidaires des familles des victimes et nous exprimons notre solidarité. Nous ne nous réjouissons jamais des tueries et des massacres.

    Mais nous ne saurions clamer « vive la Police. » Nous ne saurions soutenir les forces de répression et acclamer leur œuvre.

    Nous ne saurions acclamer l’Etat bourgeois et de ses gouvernements, grands fournisseurs du terreau fertile d’où naissent les réactionnaires.

    Les thèses et les discours qui promeuvent la division, la fracturation des classes populaires, ces thèses dont les fascistes et les obscurantistes sont porteurs, doivent être balayées sans la moindre concession.

    L’unité populaire est l’arme contre ceux qui veulent instiller la division.

    L’unité populaire est le fer de lance de la contre-offensive contre les exploiteurs et leurs alliés réactionnaires -occasionnels ou réguliers.

  • Guyane : le bal des impérialistes.

    Guyane : le bal des impérialistes.

    Nous retransmettons les revendications émises par le Mouvement de Décolonisation et d’Émancipation Sociale le premier octobre 1997.

    Ces revendications sont toujours légitimes et nécessaires.

    Sans être une déclaration de guerre contre l’Etat colonisateur, elles représentent quelque chose d’infiniment supérieur à tous les discours de compradores, de clients, de l’impérialisme français. Elles posent la volonté d’une rupture entre la métropole et la cage de fer qu’elle tisse sur le sol Guyanais. 

    Nous saluons la lutte menée par les guyanais et guyanaises contre le dépeçage de leur pays, la spoliation de leur terre, l’exploitation, la misère.

    Nous soutenons leur mot d’ordre de lutte contre l’impérialisme français, contre l’occupation, tout comme nous saluons toutes volontés d’indépendance.

    Les Communistes ont pour tâche de lutter contre leur propre impérialisme, de briser ses serres.

    A l’heure où certains caractérisent la Guyane comme un bijou, comme la perle de l’impérialisme français, nous la caractérisons comme un espace d’où l’impérialisme français doit être chassé.

    Dans l’actualité, pourtant, c’est le carrousel des chauvins et des impérialistes:

    Benoît Hamon a ainsi dit qu’il était « le seul candidat à proposer de doter les Outre-mer d’un fonds pour l’égalité réelle de 2,5 milliards d’euros sur 5 ans ». Il a indiqué « maintenir la sur-rémunération des fonctionnaires ». Une manière de maintenir une élite coloniale bien disposée. Grassement payés, les fonctionnaires venus de la métropole ne risquent pas de remettre en cause leurs avantages.

    François Fillon, lequel a probablement d’autres chats à fouetter, s’est contenté d’un laconique trait sur une situation étant « la conséquence de l’échec de la politique de François Hollande. »

    Marine Le Pen a éructé, comme à son habitude, des platitudes sans nom. « J’ai vu et j’ai compris que nos compatriotes de Guyane n’en peuvent plus, ils sont comme nous tous, ils n’en peuvent plus d’une immigration massive; de l’insécurité qu’elle génère, quand 50% des détenus en Guyane sont étrangers; que la Guyane soit devenue le département le plus criminogène de France; de la saturation des services publics et de ne plus avoir accès à des services de santé débordés. (…) Je nommerai un ministre d’Etat de l’Outre-mer et de la Mer qui, en Guyane, s’attellera à la lutte contre l’immigration, l’insécurité, au développement économique, au travail de désenclavement ».

    Au fin fond d’un système colonial pourrissant, Marine Le Pen réussit le tour de force de parler de l’immigration. Quelle ironie mordante, dans une région occupée et colonisée par un conquérant venu de l’autre côté de l’Atlantique, que de vomir la haine sur les habitants de l’autre côté du fleuve.

    Ce n’est nullement une surprise. Mais la palme de l’impérialiste le plus splendide revient sans conteste à Jean Luc Mélenchon, lequel, non seulement, trouve à s’exprimer de la manière la plus cocardière possible, mais, encore, réussit à flétrir l’impérialisme américain. Vendre notre impérialisme comme plus doux, plus humain, plus inspiré par les Lumières, quelle audace.

     « C’est à la Guyane française à laquelle nous adressons un immense salut de solidarité! La Guyane, c’est nos petits chéris, c’est la France en Amérique du sud, tel que, si j’étais élu, nous prendrions place non pas comme le fourgon de l’armée nord-américaine mais comme un partenaire direct avec les pays de l’Amérique latine, puisque la France est un pays d’Amérique latine! »

    Non seulement Jean Luc Mélenchon ne veut pas entendre parler d’indépendance, de décolonisation, mais il tente d’emballer l’impérialisme français dans un costume de velours. Voilà qu’il veut lancer les tentacules du 4ème exportateur d’armes mondial, de la 6 ème ou 9 ème puissance mondiale [selon la méthode de calcul], à l’assaut de l’Amérique Latine.

    Son bijou, sa perle, à porté d’autre noms avant : Indochine, Algérie…

     

    Nous savons quel genre de partenaires notre impérialisme a été.

    Nous sommes des occupants, non des partenaires.

    Quant à la réponse aux problèmes, selon lui, la voici : « Ce sont les questions que nous mettons à l’ordre du jour: la disparition de l’Etat qui a plongé la société dans le chaos, des richesses immenses que personne ne pense à utiliser d’une manière respectueuse de la nature. »

    Ni critique du capitalisme, ni de l’impérialisme. Et pour cause, sa base sociale se trouve dans la petite bourgeoisie et dans l’aristocratie ouvrière. Ceux-là même qui touchent les miettes de la domination coloniale et néocoloniale. « Sous la VIème République, l’impérialisme sera transfiguré, deviendra l’ami des peuples, son outil d’émancipation.  » Voilà, en somme, la teneur de ce discours.

    L’élection présidentielle démasque chacun des acteurs qui la compose comme des valets de la bourgeoisie, des grands monopoles économiques, de l’impérialisme.

    Rien à attendre de ce côté.

    Nous n’avons pas besoin d’un impérialisme plus beau, mais bien de sa défaite.

    Nous avons besoin d’une union rassemblant les forces révolutionnaires, progressistes, anti-impérialistes qui se battent au sein de et contre l’Etat Français.

    Nous devons battre le chauvinisme et le social -impérialisme.

    Halte à l’impérialisme français !

    Hors de Guyane ! Hors des colonies !

  • Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Épouvantail fasciste, fantasme et réformisme.

    Bienvenue dans les années 30 du journal Slate, Le front des affaires s’épaissit, Marine Le Pen menace , du Figaro, mais aussi, dans un autre registre Pourquoi est-ce que plus les gens sont « de gauche », plus ils nient le danger fasciste de Marine Le Pen ? du site internet « Les matérialistes. » Ces articles sont autant d’exemples d’un discours d’actualité, celui de pointer du doigt la menace présentée par le Front National. 

    Dans chacun de ces textes, ce qui est mis en avant est le risque de basculement dans un régime fasciste. La conclusion est donc la suivante : votez. Votez utile, même sans conviction, pour faire barrage.

    Le corolaire est simple : si vous ne votez pas, vous êtes in fine un agent larvé des fasciste, un idiot utile, en bref, un marchepied de la fascisation.

    La logique mise en avant est la suivante : la situation est difficile, depuis la crise de 2008, la population est dégoûtée de la politique, donc cela laisse le champ libre aux fascistes. Même des marxistes, ou prétendus marxistes, font un parallèle entre les années 30 et aujourd’hui.

    Pour illustrer ce propos, comment ne pas songer à l’article Lénine, organisateur et chef du Parti Communiste de Russie de la Pravda écrit par Staline en 1920, à l’occasion du 50e anniversaire de Lénine:

     » Il y a deux groupes de marxistes. Tous deux travaillent sous le drapeau du marxisme et se croient « authentiquement » marxistes.

    Et cependant ils ne sont pas identiques, loin de là. Bien plus : un abîme les sépare, leurs méthodes de travail étant diamétralement opposées.

    Le premier de ces groupes se borne d’ordinaire à reconnaître extérieurement le marxisme, à le proclamer avec solennité.

    Ne sachant pas ou ne voulant pas pénétrer l’essence du marxisme, ne sachant pas ou ne voulant pas le faire passer dans la vie, il transforme les principes vivants et révolutionnaires du marxisme en formules mortes, qui ne disent rien.

    Il fait reposer son activité, non sur l’expérience, ni sur les enseignements du travail pratique, mais sur des citations de Marx. Indications et directives, il les puise non dans l’analyse de la réalité vivante, mais dans les analogies et les parallèles historiques. »

    Voilà justement ce que signifie cette comparaison avec les années 1930. Elle est fausse, historiquement, idéologiquement. Elle est fausse et elle est toxique politiquement.

    Des années 30 amputées de leur aspect politique principal : la menace révolutionnaire.

    Chacune des comparaisons faites par ces journaux, ces organisations, ces rabatteurs agissant pour la social-démocratie, est escamotée d’une chose essentielle : la question politique, l’influence des idées communistes dans les masses.

    Le journal Slate, aimant à se vernir de radicalité pour cacher sa vacuité, explique ceci: Sans la grande dépression née du krach de 1929, la plus grande crise que le capitalisme ait connue, et l’effondrement social et moral qu’elle a créé, les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne. La Seconde Guerre mondiale n’aurait sans doute pas eu lieu. L’URSS de Staline ne serait sans doute pas devenue la superpuissance qu’elle a été jusqu’en 1989.

    Laissons de côté la répugnante petite diatribe anticommuniste de l’auteur. Après tout, Slate a soutenu Finkielkraut contre Nuit Debout, plus rien ne peut nous surprendre de leur part. L’intérêt réside ailleurs, dans une formation malheureuse : Les démocraties n’auraient pas été aussi affaiblies. Hitler n’aurait sans doute jamais pris le pouvoir en Allemagne.

    L’auteur, dans ce raisonnement, fait l’impasse sur plusieurs choses : d’une part le jeu vicieux des « démocraties », soufflant sur les braises, excitant Hitler à la guerre contre l’URSS. D’autre part cette négation de la réalité : jamais pris le pouvoir. Hitler n’a ni été élu, ni n’a pris le pouvoir. Il a été appelé à le prendre.

    Les « matérialistes », quant à eux écrivent :  » Le résultat est que des gens de centre-gauche, qui ne veulent nullement du socialisme, comme Manuel Valls ou Anne Hidalgo, qui est maire de Paris, comprennent bien mieux qu’il y a une menace terrible d’extrême-droite que les gens les plus à gauche, qui balaient cela d’un revers de la main, criant au chantage.

    On risque alors de connaître la même situation qu’en Italie au tout début des années 1920. La grande vague de contestation sociale s’est enlisée, elle n’a rien produit sur aucun plan, ni culturellement, ni politiquement, ni idéologiquement. Et la menace sociale a fait basculer la bourgeoisie hésitante dans les bras de la haute bourgeoisie fasciste. »

    Encore une fois, l’escamotage, l’analogie bâclée, toute est mis en œuvre pour instituer ce fameux chantage.

    Le choix du fascisme par la bourgeoisie répondait à deux questions: d’une part celle de la situation internationale, où le repartage du monde se ferait par la guerre. Il était donc nécessaire de mobiliser et de préparer les masses à celle-ci.

    Le second aspect, l’aspect primordial, était celui d’écraser les menaces révolutionnaires, de juguler les risques d’un fort mouvement de contestation politique, dirigé par un Parti Communiste. L’ombre de l’URSS planait sur les bourgeoisies de tous les pays.

    Dans les années 30, le contexte politique et économique avait principalement favorisé la montée des idées révolutionnaires et des forces communistes. C’est pour répondre à cette menace que la bourgeoisie à pris le choix de faire appel aux fascistes.

    C’est ainsi que Krupp, Thyssen, I.G. Farben, Blohm & Voss ont financé Hitler pour qu’il renforce son influence anticommuniste et nationaliste dans la population. C’est ainsi qu’en 1933, Paul Hindenburg finit par appeler Hitler à la chancellerie, sous les vivats des grands propriétaires de trusts.

    C’est ainsi que Mussolini fut appelé par le Roi d’Italie, pour liquider les grèves d’Italie du Nord.

    C’est ainsi que les latifundiaires et l’Eglise à appelé au pouvoir Franco pour qu’il règle son compte à un gouvernement de Frente popular  qui menaçait ses intérêts.

    Les schémas se répètent.

    C’est ainsi qu’agit la bourgeoisie lorsqu’elle est menacée, c’est pour cela que nous ne sommes pas des réformistes, mais des révolutionnaires.

    Aujourd’hui, en France, sommes nous dans cette situation ?

    Non.

    La bourgeoisie n’est pas en face d’un Parti Communiste puissant, d’organisations qui sont capables de pouvoir présenter une remise en cause, une menace, sur l’ordre défini par les bourgeois et les bourgeoises.

    Cela, et c’est bien regrettable, nous ne l’avons pas.

    Dans ce cadre là, la bourgeoisie n’a pas besoin d’instruments particuliers pour imposer l’ordre et la discipline dans la population. Ces instruments, elle les a déjà bien en main, ils ne sont nullement débordés par des mobilisations massives, par la constitutions de doubles pouvoirs…etc.

    A l’heure actuelle, nous sommes encore à l’ère des cercles, pour les organisations révolutionnaires. Nous sommes un embryon.

    Il n’existe pas un camp du peuple suffisamment intimidant pour que, toutes affaires cessantes, la bourgeoisie s’empresse de l’écraser.

    Les discours électoraux sont tous des discours qui flattent les projets de la bourgeoisie. Certes, comme le note les « matérialistes », il existe une bourgeoisie libre-échangiste et une protectionniste. C’est l’un des clivages. Il existe des pro-russes et des atlantistes.

    Mais il n’existe aucun anticapitaliste, aucun ennemi de la bourgeoisie qui soit en mesure de s’exprimer d’une manière suffisamment influente.

    Pourtant, notent la plupart des observateurs, il existe décidemment quelque chose de pourri, de menaçant, dans l’attitude de la bourgeoisie. C’est un fait. Mais il demande à être élucidé.

    Les confusion aux service de la capitulation.

    L’articles des « matérialistes » note :

    «  Ils ne peuvent donc pas comprendre que si l’État passe au service d’une fraction de la haute bourgeoisie en particulier, les conséquences sont innombrables.

    Si c’est Marine Le Pen qui gagne les élections présidentielles, par exemple, ce serait un pas en avant vers le fascisme, c’est-à-dire la mise en place d’institutions à vocation terroriste.

    Les gens qui pensent être le plus à gauche ne croient pas en ce terrorisme. Pour eux, la France vivrait déjà ce terrorisme. Nous connaîtrions une « austérité » terrible, les policiers seraient tous des violeurs et des assassins, les manifestations seraient déjà sauvagement réprimés.

    Partant de là, ils ne peuvent pas reconnaître que c’est faux, que la répression était bien plus grande même au début des années 1990 et encore plus dans les années 1970. Que l’austérité réelle représenterait bien autre chose, que le fascisme interdirait toute structure contestataire en général, afin de généraliser un apolitisme nationaliste. »

    Les « matérialistes » ayant apporté leur soutien aux manifestation des policiers, paradoxe intéressant, nous doutons du bien fondé de ces remarques. Cependant, elles soulèvent quelque chose d’intéressant.

    Comme le P.C.F., le P.C.F. MLM, que se targue d’être les « matérialistes », commettent bien des oublis.

    Entre 1936 et 1991, la bourgeoisie a offert des concessions. Elle n’avait guère le choix. Pour offrir un modus vivendi à la lutte des classes, celle-ci étaient incontournables. Pendant le Front Populaire, où les manifestations, les grèves massives, mais également l’existence de l’URSS rouge inquiétaient lourdement les patrons et les patronnes.

    Dans l’après guerre, ou un P.C.F. armé existait, bien qu’il eût -contre l’avis du Kominform- rendu les armes. La menace d’un basculement de l’Etat Français était une chose réelle, concrète. C’est ce qui a justifié l’acceptation du programme de la C.N.R., de la sécurité sociale, du chômage…etc.

    Même pendant la Guerre Froide, malgré le déviationnisme du P.C.F. et de l’URSS, les enjeux justifient, là encore, le fait de maintenir ces concessions là. Nous interprétons cela par le fait que la bourgeoisie n’a plus peur du P.C.F. révisionniste, ni de l’URSS, d’une manière stratégique, mais qu’ils sont toujours horrifiés par ce que ces entités représentent aux yeux de la classe ouvrière.

    A noter que cela justifie un mouvement en tenaille de la part de la bourgeoisie. D’une part, une relative candeur au niveau des conditions de travail et de vie, mais, de l’autre, une répression féroce et brutale des mouvements révolutionnaires, des manifestations, des troubles politiques.

    Beaucoup mordent dedans et oublient totalement la tendance à la paupérisation relative et absolue. La croyance que la capitalisme peut faire ruisseler les richesse, apporter la prospérité, satisfaire les besoins, déboucher « naturellement » vers le socialisme, arrive dans les discours.

    C’est la période de la putréfaction idéologique, laquelle a amené bon nombre de « communistes » à défendre le salaire socialisé, à défendre les nationalisations « démocratiques », en bref à renoncer idéologiquement aux fondements du marxisme.

    La fin de l’URSS supprime brutalement le besoin de compromis. Il n’existe plus de rivalité géopolitique et idéologique -même déviationniste. Dès lors, l’offensive reprend, d’abord doucement, puis en s’emballant.

    C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui :

    Premièrement au fait que la bourgeoisie met fin au modus vivendi de la lutte des classes, à la corruption grâce à laquelle elle s’attachait la fidélité de l’aristocratie ouvrière et de la petite bourgeoisie. Elle n’a jamais considéré ces aspects là autrement que comme temporaires. Nous assistons à un capitalisme beaucoup plus agressif qui revient en force. Il ne s’encombre guère de droits sociaux.

    Deuxièmement, l’endettement des banques, des ménages et des Etats, produit également des concessions accordées, est devenu un fruit pourri et toxique, qui ronge la solidité nombreux rouages du système capitaliste, et devient menaçant pour sa solidité immédiate -Sans menace directe, le capitalisme se régénérera, à terme.

    Troisièmement, l’affaiblissement relatif des impérialismes occidentaux, au profit de la concurrence des BRICS [BRIICS avec l’Indonésie] et de l’émergences de nouveaux acteurs géopolitiques, de nouvelles formes de menaces, à laquelle le format des armées occidentales n’est pas adapté.

    Ces trois aspects conjugués donnent la situation actuelle.

    Ces trois aspects n’appellent pas à l’apparition d’un fascisme immédiat en France, ni a une dictature ouverte et terroriste.

    Ils appellent à un durcissement de l’attitude de la répression, à un durcissement des conditions de travail, de vie, à une paupérisation de plus en plus violente et brutale des travailleurs et des travailleuses.

    Cela appelle à une transformation des discours sur la guerre, à un retour de l’embrigadement et des thèses sur le service militaire. Cela appelle à la préparation de la population, en particulier de la jeunesse, à la possible guerre de masse.

    Cela appelle donc à un retour, relatif, à un capitalisme pré-première guerre mondiale.

    La bourgeoisie a-t-elle besoin du fascisme  pour y parvenir ? Nous en doutons fortement.

    Ce durcissement, ce chauvinisme, ces tendances pro-impérialistes sont hégémoniques dans le discours de la présidentielle. Chaque candidat qui aborde les questions politiques défend ces positions. Du social-chauvin Mélenchon à la réactionnaire Le Pen, les discours intègrent tous le « produire français », la « place de la France dans le Monde », ou d’autres thèses du même acabit.

    Notons au passage que L.O. et le N.P.A. ne posent pas politiquement les questions, et se contentent d’agir comme des syndicats.

    Hormis ceux là, les différences entre les candidats se font sur le dosage de miettes que l’impérialisme livrera aux travailleurs.

    La répression féroce, le viol des libertés formelles, l’Etat d’urgence, le plan Vigipirate permanent…etc. Tout ceci n’a nullement besoin de Mme. Le Pen pour exister. Tout ceci, c’est la bourgeoisie, tout en maintenant le jeu démocratique, qui peut le mettre en œuvre, dans la joie et la fraicheur d’une démocratie bourgeoise.

    Ce n’est pas le fascisme, c’est la dictature de la bourgeoisie.

    Car l’ironie de la chose est là, le fascisme est le miroir de nos succès, de la pression des organisations révolutionnaires sur la bourgeoisie, de sa force. C’est dans cette situation que les organisations fascistes sont appelées au pouvoir, pour réprimer, écraser, massacrer les révolutionnaires.

    Nous ne sommes pas en Turquie, où Erdogan arrête tout opposant, muselle, assassine massivement.

    Que la bourgeoisie protectionniste soit opposée à la libre échangiste ne suffit pas à justifier le fascisme. A moins que l’une ne prenne les armes contre l’autre, les deux peuvent très bien trouver un modus vivendi légal pour faire concorder leurs intérêts, en fonction des secteurs. Nous ne sommes pas dans un cas de Guerre de Sécession, où deux bourgeoisies US étaient sur un terrain d’antagonisme fort.

    Nous restons face à une démocratie bourgeoise, non un fascisme.

    Jeu de sémantique ? Non.

    Question de stratégie.

    Dire « la menace fasciste est devant nous si Mme Le Pen est élue », c’est courber l’échine sous le vent, c’est également dire « il faut voter », « il faut défendre la démocratie bourgeoise et ses valeurs ». C’est un sacrifice intégral de toute indépendance dans une période où, pourtant, la priorité devrait être la construction d’un parti communiste. C’est une manière de crier au loup, de clamer « défendons » au lieu de « attaquons. »

    C’est une manière de reculer et d’appeler les travailleurs, les travailleuses, à respecter le jeu de la bourgeoisie. C’est une manière d’occulter le fait que le gouvernement n’est qu’un exécutant de l’agenda de la bourgeoisie.

    C’est un renoncement de lâche devant les tâches qui sont devant nous.

    Oui, la réaction monte. Elle monte partout.

    Oui, les organisations antifascistes doivent être rejointe, renforcées, soutenues par les communistes.

    Oui, elles doivent être un front avec les forces progressistes, un ciment de l’unité d’action, de la lutte tant contre les fascistes qu’un outil pour défendre et propager les conceptions progressistes.

    C’est un fait indéniable.

    Mais se cacher derrière la social-démocratie, dans cette période où le PS est décrédibilisé, où ces vermines flanchent, c’est les conforter, les remettre en selle, redorer leur blason de notre sang et de notre sueur.

    Nous ne confondons pas la menace des fascistes, menace tactique, et la menace du fascisme, stratégique. Confusion entre l’augmentation des conceptions réactionnaires, des idées fascistes et de la volonté de la part de la bourgeoisie d’instaurer ce régime. Nous rejetons la thèse selon laquelle nous serions au bord du gouffre.

    Non, nous ne travaillerons pas pour nos bourreau et pour les réinstaller sur leur trône.

    Nous travaillons pour construire l’unité du peuple, pour construire un camp du peuple hors des institutions. Nous travaillons à créer l’indépendance de classe, non à prêter l’oreille aux sirènes de nos ennemis.

    Nous prenons le risque de maintenir notre mot d’ordre de boycott et de construction d’une opposition extra-parlementaire.

    Renforçons les organisations antifascistes, mais construisons également la lance qui percera le cœur de la bourgeoisie.

    A bas les paniquards et ceux qui détournent les masses de la lutte.

    A bas les lâches et leur peur.

    Construisons notre front, notre Parti, balayons la bourgeoisie !

  • Communiqué de presse de l’Unité Communiste de Lyon sur le rassemblemennt anti-électoral du 4 / 02.

    Le Pen, Macron, Mélenchon ne sont pas les bienvenus à Lyon !

    L’Unité Communiste Lyon, l’organisation Groupe Antifasciste de Lyon et Environ ainsi que de nombreux individus, aux idéologies et opinions variées, appellent à se rassembler le 4 février 2017, place Raspail, dans le 7ème arrondissement, à 11h00.

    Ce rassemblement est le meeting de celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans les cadres étroits, étriqués, de la démocratie bourgeoise. Ce rassemblement est celui de ceux et celles qui considèrent que les courses à l’Elysée sont les courses au populisme, au clientélisme, aux promesses intenables. La bourgeoisie en établit les règles, le fonctionnement, mais elle encadre aussi strictement les postes à pourvoir. L’alpha et l’oméga de ce jeu de lumière se déroule sur son tapis de jeu privé, jalousement gardé. Le vainqueur devient le président du conseil d’administration des grands bourgeois, des monopoles, mais -suprême pouvoir- il lui est laissé la possibilité d’aménagements à la marge. Les élus ne représentent pas le peuple, les élus représentent Total, Areva, Dassault, la BNP Paribas.

    Nous rejetons ce système dans son ensemble. Mais comment ne pas bondir lorsque viennent s’imposer, dans notre ville, les rassemblements de ceux qui jouent ce jeu pervers ?
    Macron, avatar du monde de la loi travail, qui exhorte à suer plus dans le labeur, lui-même n’ayant jamais travaillé de ses mains, n’ayant jamais été qu’un parasite.
    Le social-chauvin Mélenchon, au verni « humaniste » écaillé, cachant mal son chauvinisme outrancier. Pestant contre Bruxelles, Washington et Berlin, dissimulant à grand peine son adhésion à l’impérialisme français. Nous n’avons rien en commun avec cet autoproclamé « champion de la gauche. »
    Le Pen, la fascistoïde, prétendant une proximité avec le peuple, mais dont le programme se caractérise par son contenu anti-social, réactionnaire et xénophobe.

    Nous nous rassemblons pour rejeter en bloc leurs programmes pourris, leurs idées réactionnaires, leur vision étriquée. Certes, le raz-de-marée des moralisateurs déferle, hurlant que ne pas voter est faire le jeu de l’ennemi. Ce discours a amené François Hollande au pouvoir. Nous vîmes quel allié ce fût.

    Que devrions nous faire ? Rester murés dans le silence, tandis que se perpétue cette mascarade ? Non. Nous venons réclamer, nous aussi, notre droit à l’expression. Nous venons clamer le fait que la démocratie n’est pas celle des urnes, n’est pas celle des salons, pas celles des assemblées cossues. La démocratie ce n’est pas lorsqu’un nom sort d’un chapeau, lorsqu’on remet un chèque en blanc à un individu qui va s’empresser de bazarder son programme tout en clamant que « le peuple » l’a mandaté.

    Nous appelons au boycott des élections, mais nous ne nous en tenons pas là ! Nous appelons à l’organisation, indépendamment des élus, des institutions, des liens avec la bourgeoisie.

    Notre démocratie est populaire. Elle est directe. Elle est assumée. Elle est également dirigée contre les exploiteurs, contre les parasites qui se gavent de profits sans jamais trimer un jour de leur vie.

    Nous proclamons que nous sommes une opposition extra-parlementaire.

    Nous ne sommes pas qu’une clique, qu’un groupuscule. Nous sommes l’union de ceux qui comprennent que ce système pourrissant est à bout de souffle. Nous sommes un camp qui existe, un camp qui ne demande qu’a émerger, au milieu du marasme politique, au milieu de la corruption et du compromis. Dans toutes les villes de l’Etat français, des initiatives similaires éclosent, fleurissent et donneront bientôt leurs fruits.

    Nous appelons aux réunions qui visent à constituer un camp antiparlementaire et anti-électoral. Nous appelons à la constitution d’un front, d’une alliance refusant le parlementarisme et la démocratie bourgeoise. Nous appelons à une expression politique commune, sur les bases de l’anticapitalisme, de l’opposition -en premier lieu- à l’impérialisme français, sur la dénonciation de la parodie de démocratie et le rideau de fumée des élections.

    Nous appelons à constituer ce camp du peuple, seul à même de pouvoir exister et peser, à l’heure actuelle, comme une force antibourgeoise. Nous appelons à l’existence d’une opposition au pouvoir de la bourgeoisie, non pas dans les salons et les fauteuils, mais dans la rue, dans les usines, dans les champs, les écoles, les universités, les pôles emploi et les prisons.